Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Ancrâge Coparentaux, le podcast qui vous aide à construire une parentalité stable et respectueuse après une séparation. Je suis Océane Gourceau, avocate, médiatrice, coach coparental et coordonnatrice parentale. Aujourd'hui, je vais vous parler d'un outil très connu, parfois trop, et souvent mal compris, la médiation familiale. À quel moment peut-elle être utile ? Qu'est-ce qu'on y fait vraiment ? Et surtout, quand vaut-il mieux choisir un autre type d'accompagnement ? Une petite phrase pour commencer, que j'entends presque à chaque accompagnement. On nous a dit d'aller en médiation, mais je ne sais même pas à quoi ça sert, ni si c'est fait pour nous. Alors aujourd'hui, on clarifie tout. Parce que bien utilisée, la médiation peut transformer une situation bloquée. Et mal utilisée, elle peut l'aggraver. Allons ! Pour commencer, qu'est-ce que la médiation familiale ? La médiation familiale, c'est un processus structuré de gestion des conflits. Elle permet aux parents séparés de dialoguer avec l'aide d'un tiers neutre, le médiateur. Pour prendre des décisions ensemble, mieux comprendre les besoins de chacun, poser les bases d'une nouvelle organisation familiale. Le cadre est volontaire, confidentiel et impartial. Chacun peut s'exprimer librement, dans un climat sécurisé. Et cette confidentialité est essentielle. Ce qui se dit en séance ne pourra pas être ressorti contre vous ailleurs. C'est précisément ce qui permet de parler vraiment. Le médiateur ne prend pas parti. Il ne juge pas et il ne propose pas de solution toute faite. Il va accompagner le dialogue. Et pour bien comprendre, disons aussi ce que la médiation n'est pas. Ce n'est pas une thérapie de couple. On n'y vient pas pour se remettre ensemble. Ce n'est pas un tribunal. Personne ne va trancher ni désigner un gagnant ou un perdant. Et ce n'est pas un interrogatoire. On ne vient pas se justifier, mais tenter d'avancer. La médiation ne regarde pas en arrière pour savoir qui a tort. Elle regarde devant. Comment on s'organise maintenant pour les enfants ? Alors, comment se déroule concrètement une médiation ? Beaucoup de parents hésitent simplement parce qu'ils ne savent pas à quoi s'attendre. Alors voilà très concrètement comment ça se passe. On commence souvent par un entretien d'information, individuel ou commun. Il sert à comprendre le cadre et à voir si la médiation est adaptée à votre situation. Ce premier rendez-vous d'information est sans engagement. Viennent ensuite les séances, en général d'une ou deux heures, espacées de quelques semaines. On y traite les sujets un par un, la résidence, les vacances. La communication l'effraie. On ne refait pas le passé, on construit le présent et l'avenir. Mais il est aussi possible de parler du passé pour comprendre comment il se répercute sur le présent. Certaines blessures non dites ou non digérées peuvent avoir des impacts sur votre posture actuelle. Et à la fin, les accords trouvés peuvent être mis par écrit. Si vous le souhaitez, ils peuvent même être soumis au juge pour être homologués. C'est-à-dire qu'ils auront alors la même valeur qu'un jugement. Autrement dit, la médiation, ce n'est pas une discussion en l'air. C'est un espace cadré qui peut déboucher sur du concret et sur du durable. Dans quelle situation la médiation est adaptée ? Eh bien, la médiation, elle fonctionne bien quand les deux parents reconnaissent mutuellement leur rôle parental, lorsqu'ils sont prêts à dialoguer, même s'ils ne sont pas d'accord, quand ils souhaitent co-construire des décisions. plutôt que de les subir, et quand ils sont dans un rapport d'équilibre, sans violence ni domination. Quelques exemples. On peut aller en médiation pour ajuster le mode de garde, pour organiser des vacances scolaires, répartir des frais ou des décisions scolaires, mettre à jour les modalités de communication, ou quand l'un des parents a un projet de déménagement à discuter. Parfois, une ou deux séances suffisent à débloquer une situation. D'autres fois, le processus se construit sur plusieurs semaines. Je pense à deux parents qui ne se parlaient plus que par message sec au sujet des activités du mercredi. Deux séances en suffit. Non pas parce qu'ils étaient redevenus proches, mais parce qu'ils avaient enfin un espace pour décider ensemble, au lieu de se renvoyer la balle. C'est ça une médiation réussie. Pas l'entente parfaite retrouvée, mais une organisation qui tient, et des enfants qui respirent. Alors, quand la médiation ne fonctionne pas ou n'est pas adaptée ? Parce que la médiation n'est pas toujours possible. Et ce n'est pas un échec. Il est important de reconnaître les situations où le cadre de la médiation peut aggraver les choses. Notamment en cas de violence conjugale, qu'elle soit physique, verbale ou psychologique. Lorsqu'un parent ne reconnaît pas l'autre dans son rôle, autant de le discréditer. Quand l'un des deux parents n'est pas sincèrement disposé à coopérer mais veut prouver quelque chose. Et puis en cas de manipulation ou d'instrumentalisation de l'enfant ou dans des situations de forte emprise. La médiation suppose un minimum de sécurité relationnelle et de loyauté au processus. Sans cela, on risque de reproduire les rapports de force sous couvert de dialogue. Et j'insiste sur le premier point parce qu'il est vital. En cas de violence, la médiation est contre-indiquée. Mettre face à face une victime et l'auteur des violences dans un cadre qui suppose l'équilibre, c'est exposer la victime. Là, il ne s'agit pas de médiation, mais de protection et de mise en sécurité. Alors retenez ceci, reconnaître que la médiation n'est pas adaptée, ce n'est pas renoncer. C'est choisir le bon outil. Forcer une médiation dans un rapport de domination, c'est souvent offrir une tribune de plus à celui qui domine. Mais alors quelles alternatives quand la médiation ne suffit pas ? Si la médiation ne fonctionne pas ou n'est pas recommandée, d'autres accompagnements existent. Il y a tout d'abord le coaching coparental, qui peut permettre de structurer le dialogue, de poser des règles de fonctionnement claires et de débloquer les points qui croisent. Le coaching coparental est utile quand on veut avancer mais qu'on ne sait pas comment se parler. Vous avez également la coordination parentale. en cas de conflit persistant, pour faire appliquer des décisions et rétablir un cadre protecteur. La coordination parentale est utile quand des accords existent mais qu'ils ne sont jamais respectés. On est souvent dans des situations où on retourne très régulièrement devant le juge comme si rien ne fonctionnait jamais. Et puis vous avez aussi les thérapies individuelles ou familiales. Quand les émotions débordent, donc les blessures sont trop vives pour... pouvoir décider sereinement. Parfois le bon outil est un outil complémentaire, avant ou après une médiation. Un coaching peut par exemple préparer le terrain pour qu'une médiation devienne possible plus tard. Et puis parfois il faut tout simplement du temps avant de revenir dans un cadre coopératif. Et ce n'est pas grave, chaque situation a son rythme. Et si c'est le juge qui vous propose une médiation ? De plus en plus de magistrats proposent ou imposent une tentative de médiation. Il s'agit en fait d'une obligation de se rendre à une séance d'information sur la médiation. Cela ne signifie pas que vous êtes obligé d'aboutir à un accord. Mais cela peut permettre un espace d'expression hors de l'audience, d'éviter un contentieux plus long ou simplement poser une base d'apaisement. Même si vous êtes réticent. Cette première séance d'information permet de comprendre que vous pouvez, ce que vous pouvez ou non en attendre. Et vous gardez toujours la main. La médiation ne vous prive d'aucun de vos droits. En conclusion, la médiation est un formidable outil quand elle est utilisée au bon moment, avec les bonnes personnes, dans un cadre sécurisé. Mais elle n'est pas une solution miracle, ni une obligation de résultat. Et surtout, elle n'est pas adaptée à toutes les situations et c'est normal. Si vous êtes dans une impasse, n'hésitez pas à vous faire accompagner pour identifier ce qui serait le plus adapté à votre situation. Médiation, coaching, coordination parentale, il existe plusieurs voies possibles. Et si vous ne savez pas par où commencer, ni quel outil est fait pour vous, c'est exactement ce que je fais avec Encrache Co-Parentaux. Un accompagnement à distance partout en France, pour identifier la voie la plus adaptée à votre situation. et reconstruire un cadre apaisé pour vos enfants. Je vous remercie de votre écoute. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le diffuser autour de vous et je vous dis à très bientôt dans un nouvel épisode dédié à Oncrash Coparental.