Speaker #0Bonjour et bienvenue dans Mon avocat, ma famille et moi, le podcast qui parle de famille, d'enfants, de séparation et surtout d'émotions. Ces émotions qui nous submergent quand notre famille traverse des tempêtes. Aujourd'hui on démonte une idée reçue, une phrase que j'entends presque chaque semaine au Kevin May. De toute façon à 13 ans c'est l'enfant qui décide chez qui il veut vivre. Allons, vrai ou faux ? C'est faux. Et derrière cette croyance très répandue, il y a un vrai danger pour votre enfant. Je vous explique. D'abord, ce que j'entends au cabinet. Cette phrase me la dit souvent avec les meilleures intentions du monde. Je ne veux pas le forcer. Il a l'âge de savoir ce qu'il veut. Je le laisse choisir, c'est plus respectueux. Et parfois, je l'entends dans l'autre sens, avec de l'inquiétude. J'ai peur qu'il soit influencé par son père ou par sa mère. S'il choisit, je vais le perdre. Dans les deux cas, on part de la même idée. L'idée qu'à partir d'un certain âge, l'enfant déciderait. Alors, clarifions parce que c'est important. Qu'est-ce que dit vraiment le droit ? Premier point, et c'est le plus important. Un enfant ne décide jamais chez quels parents il va vivre. Jamais. Ni à 13 ans, ni à 15 ans, ni à 17 ans. Tant qu'il est mineur, c'est soit les parents qui s'accordent, soit le juge aux affaires familiales qui trompe. toujours en fonction d'un seul critère, l'intérêt de l'enfant. Alors d'où vient cette histoire d'âge ? De quelque chose de réel, mais de différent. L'enfant a le droit d'être entendu. C'est ce que l'on appelle l'audition de l'enfant. S'il est capable de discernement, il peut demander à être entendu par le juge. Et le juge ne peut pas le lui refuser, sauf cas particulier. Mais, et c'est là que la légende se forme, Il n'y a pas d'âge fixe. La loi ne dit pas 13 ans. Elle parle de discernement. Le discernement, c'est la capacité de l'enfant à comprendre la situation et à s'exprimer. Ça s'apprécie au cas par cas. Un enfant de 9 ans peut être entendu. Un adolescent peut, lui, ne pas le souhaiter. Et lors de cette audition, l'enfant peut même être accompagné d'un avocat d'enfant, dont le rôle est de l'aider à s'exprimer sur ce qu'il ressent. Mais retenez bien ceci, la parole de l'enfant est écoutée, elle compte, elle éclaire la décision du juge. Mais ce n'est pas sa parole qui prend la décision. Cela dit, soyons honnêtes, plus l'enfant grandit, plus son avis pèse en pratique. Il est rare qu'un juge impose une organisation à un adolescent de 16 ans qui la refuse fermement. Mais je l'ai déjà vu, car le juge considérait que cela était dans son intérêt. regard de la situation parentale mais peser ce n'est pas décidé le juge garde la main et il garde la main pour une bonne raison pour protéger l'enfant pourquoi l'enfant ne doit surtout pas décider et c'est là que je veux vous alerter parce que cette idée reçue en apparence respectueuse peut lui faire beaucoup de mal demander à un enfant de choisir entre son père et sa mère c'est le lui demander de trahir l'un pour l'autre. C'est lui mettre sur les épaules une responsabilité d'adulte. Et un enfant n'est pas armé pour ça. Ce qui se passe alors, et ça je le vois très souvent, l'enfant dit ce qu'il pense que vous voulez entendre. Chez son père, il dit qu'il veut rester chez son père. Chez sa mère, qu'il veut rester chez sa mère. Non pas parce qu'il ment, mais parce qu'il cherche à protéger tout le monde et à ne perdre personne. Et derrière, il y a la culpabilité. Un enfant à qui on fait porter ce choix peut le traîner pendant des années. C'est ce qu'on appelle le conflit de loyauté. Être tiraillé entre deux personnes qu'on aime et avoir l'impression que choisir l'un, c'est blesser l'autre. Donc quand on lui dit « je te laisse choisir » en se disant que c'est plus respectueux, en réalité on lui transfère un poids qui ne devrait jamais être le sien. Alors, qu'est-ce que vous pouvez faire en tant que parent ? Concrètement, qu'est-ce qu'on fait ? D'abord, on retire à l'enfant la charge de la décision. Vous pouvez lui dire très simplement, ce sont les adultes qui vont décider de l'organisation. Toi, tu n'as pas à choisir. Ton avis compte, mais ce n'est pas à toi de porter ça. Cette phrase, pour un enfant, c'est un immense soulagement. Ensuite, on l'autorise à aimer l'autre parent. L'enfant a besoin d'entendre que c'est bien d'être heureux chez papa, comme chez maman. Tout ce qui dénigre l'autre parent, même à demi-mot, alourdit le conflit de loyauté. Enfin, si un enfant exprime un vrai mal-être, on l'écoute. Mais on cherche à comprendre ce qui se passe, plutôt que d'en faire un « il veut habiter chez moi » . Parfois, un enfant qui ne veut plus aller chez l'autre parent ne rejette pas ce parent. Il exprime une difficulté, une fatigue, un besoin. Et là, l'audition ou un accompagnement ont tout leur sens, dans un cadre pas au milieu du conflit. Je pense à un adolescent dont les parents étaient persuadés, chacun de leur côté, qu'ils voulaient vivre chez eux. En réalité, quand il a enfin pu parler dans un cadre neutre, il a dit une chose très simple. Je veux qu'on arrête de me demander de choisir. Tout était là. Alors, à 13 ans, l'enfant choisit. Vrai ou faux ? Faux. L'enfant a une voix, pas une décision. Sa parole est précieuse. Le droit lui donne une vraie place. Mais c'est aux adultes de porter le choix et de le protéger de ce poids. Si vous traversez cette situation et que vous ne savez pas comment vous positionner, n'hésitez pas à vous rapprocher d'un avocat en droit de la famille qui saura vous guider. Je vous remercie pour votre écoute. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à le partager. Et je vous dis à très bientôt pour un nouvel épisode de Mon Avocat.