Speaker #0bonjour et bienvenue dans mon avocat ma famille et moi le podcast qui parle famille enfants séparation et surtout émotions aujourd'hui j'aimerais vous parler d'une situation que je rencontre très souvent les parents viennent me voir après une décision de justice et ils me disent on a un jugement mais rien ne va mieux parfois même c'est pire qu'avant. Et ça, c'est extrêmement déroutant. Parce que dans l'esprit de beaucoup de parents, le jugement est censé régler le problème. Alors pourquoi, dans certains cas, le conflit continue ? Il y a d'abord ce que les parents attendent d'un jugement. Quand on saisit un juge, il y a une attente très forte. On est souvent fatigué, on a essayé de s'adapter, on a tenté de discuter et à un moment, on n'y arrive plus. Et on se dit, il faut que quelqu'un tranche. On attend une décision claire, une solution et surtout une forme d'apaisement. Et parfois même que quelqu'un dise qui a raison. L'idée est simple, une fois que ce sera tranché, ça ira mieux. Et parfois c'est vrai. Mais dans beaucoup de situations, le conflit continue. D'abord il faut être clair sur ce que fait le juge et ce qu'il ne fait pas. Un juge tranche, il fixe un cadre, il pose des règles. Mais il ne répare pas la relation, il ne change pas les comportements et il ne recrée pas de communication. Et surtout, il n'est pas dans votre quotidien. Il prend une décision à un instant donné et ensuite, ce sont les parents qui doivent vivre avec. La première raison que ça ne s'améliore pas, c'est que le problème, en fait, n'était pas la règle. Dans beaucoup de dossiers, les parents arrivent avec un désaccord. Un désaccord sur les vacances, le rythme, l'organisation. Mais en réalité, le problème n'est pas le sujet. Le problème, c'est la manière dont les parents interagissent. Je vous donne un exemple très concret. Un parent décide régulièrement seul. L'autre accepte, puis explose. Un juge va intervenir. Il fixe un cadre. Mais si derrière, l'un continue d'imposer et l'autre continue de s'adapter, alors le problème reste le même. La deuxième raison, c'est le temps judiciaire. Et là, on arrive à un point essentiel. Parce que ce n'est pas quelque chose que les parents anticipent. Dans beaucoup de juridictions, notamment à Nantes, il faut souvent entre 15 et 18 mois pour obtenir une audience. Donc concrètement, vous saisissez le juge aujourd'hui, mais la situation que vous vivez, vous allez devoir la gérer pendant plus d'un an. Et ça change tout. Parce que pendant 15 à 18 mois, les retards continuent. Les désaccords se répètent et les tensions s'installent. Et parfois, la situation se dégrade fortement. Et c'est là que beaucoup de parents me disent « je ne pensais pas que ce serait aussi long » . Donc la vraie question devient « qu'est-ce que je fais pendant ce temps-là ? » Parce que oui, qu'est-ce qui se passe pendant ces 15 mois ? Parce que le temps n'est pas neutre, il produit des effets. Très souvent, on observe de l'épuisement. Un parent qui s'adapte en permanence, qui gère, qui encaisse. Jusqu'au moment où il n'en peut plus. Deuxième effet, la radicalisation. À force de tensions, les positions se figent. Chacun campe sur sa position. Et là, le conflit devient structurel. Et puis il y a l'installation d'un fonctionnement. Ce qui était exceptionnel devient habituel. Par exemple, il est en retard devient il est toujours en retard. On s'adapte ponctuellement devient je dois... toujours m'adapter. Et là, le déséquilibre s'installe. Alors, qu'est-ce qui peut faire la différence pendant ce temps-là ? C'est précisément là que mon rôle prend tout son sens. Pas seulement pour préparer une audience, mais pour vous aider à tenir et à structurer la situation pendant ces mois-là. Déjà, poser un cadre rapidement, même sans jugement. On écrit, on clarifie, on formalise. Parce que sans cadre, la situation dérive. On peut aussi recadrer par l'intermédiaire des avocats. Un courrier, une prise de position, c'est une clarification. Et très souvent, ça change immédiatement la dynamique. Et puis, il y a aussi la possibilité de sortir du face-à-face. Les avocats organisent régulièrement des rendez-vous à quatre. Ils peuvent proposer la mise en place d'une médiation, des échanges encadrés. Parce que seuls... les parents restent bloqués dans le même schéma. Ils font toujours plus de la même chose qui ne fonctionne pas. Et puis on va pouvoir anticiper la suite. Si on doit aller devant le juge, on prépare, on structure, on sécurise. Et surtout, on évite que ces 15 mois aggravent la situation. La dernière raison pour laquelle le jugement n'améliore pas forcément les choses, c'est que le jugement est parfois utilisé comme une arme. Et c'est une réalité. Dans certains dossiers, le jugement devient un outil de conflit. Le jugement peut conduire à une application rigide, à des reproches permanents, à des interprétations. Et là, le cadre ne protège plus, il alimente le conflit. Je voudrais vous parler de l'impact sur l'enfant. Parce que pendant ce temps-là, l'enfant est au cœur. Et ce qu'il vit, c'est de l'instabilité, des tensions et des changements. Et surtout, une absence de cadre stable. La bonne question à vous poser si vous avez un jugement est que ça ne fonctionne pas. La question n'est pas est-ce que le jugement est bon, mais pourquoi ça ne fonctionne pas malgré le cadre. En conclusion, un jugement peut être nécessaire. Il pose un cadre, mais il ne règle pas tout. Et surtout, il n'intervient pas tout de suite. Et pendant ce temps, votre vie continue. Et c'est souvent là que tout se joue. Merci d'avoir écouté cet épisode. Et si vous êtes dans cette situation, avec un cadre mais sans apaisement, vous savez que ce n'est pas simple de sortir seule. Je vous dis à très bientôt dans un nouvel épisode de Mon Avocat, ma famille et mon corps.