Speaker #0Je vous réveille dans ce nouvel épisode de La Femme à Femme, le podcast qui parle famille, enfants, séparation et surtout émotions, ces émotions qui nous submergent quand notre famille traverse des tempêtes. Je suis ravie de vous retrouver pour parler aujourd'hui d'un sujet aussi intime que bouleversant, la séparation. Lorsqu'un couple se sépare, tout un monde bascule. Il est la fin d'une relation amoureuse, bien sûr. Mais il y a aussi la réorganisation de toute une vie, les repères émotionnels, les rôles parentaux, le quotidien des enfants. La séparation peut être vécue comme une injustice, un échec ou une libération. Mais quelle que soit la manière dont elle arrive, elle laisse des traces. Et parfois, ces traces se prolongent bien après la fin officielle du couple. Dans cet épisode, je vais vous proposer une traversée complète de ce moment charnière. On va parler de ce que vivent les parents, psychologiquement et émotionnellement. Comment la séparation fragilise parfois le rôle de parent ? Ce que vivent réellement les enfants, souvent en silence, et surtout ce qu'on peut faire en tant qu'adulte pour limiter les blessures et préserver au mieux l'équilibre familial. Tout d'abord, regardons ce que la séparation déclenche chez les parents. Il faut bien comprendre une chose, la séparation est un traumatisme, même quand elle est voulue et même quand elle est attendue. Pourquoi ? Parce qu'elle met fin à un projet de vie. On ne parle pas seulement d'un lien amoureux, on parle d'une vision du futur à deux, d'un modèle familial dans lequel on s'est projeté, et parfois du temps partagé avec ses enfants. C'est une perte au sens le plus profond du terme. Les étapes du deuil amoureux. Les spécialistes parlent souvent de deuil de la relation. Et ce deuil suit des étapes. Il y a tout d'abord le déni, avec des phrases comme « ce n'est pas possible » , « il va changer d'avis » ou « elle va revenir » . C'est une forme de protection psychique, une tentative de retarder la douleur. Puis vient la colère. Contre l'autre, comment a-t-il pu me faire ça ? Ou contre soi-même, pourquoi je ne l'ai pas vu venir ? Cette phrase est souvent marquée par des tensions, des accusations et parfois de la violence verbale. Lui vient alors la tristesse, profonde, la résignation. L'impression de ne plus avoir de prise, de ne plus pouvoir rien faire. C'est une phase de grande vulnérabilité. Puis vient l'acceptation. Elle arrive progressivement et commence à réaménager ses souvenirs, à redéfinir son rapport à soi, à l'autre et à l'avenir. Mais attention, les deux parents ne traversent pas ces étapes en même temps. Le parent qui prend la décision de partir a souvent commencé ce deuil en amont, parfois depuis des mois. L'autre prend la séparation en direct, avec une intensité souvent sidérante. Et ce décalage peut rendre le dialogue extrêmement difficile. et on... semble déjà être passé à autre chose pendant que l'autre est encore en état de choc. Et puis cette séparation, elle va bouleverser le rôle parental. La séparation ne dissout pas la parentalité mais elle la met à rude épreuve. On peut rencontrer le cas où un parent s'effondre. Il arrive qu'un parent soit tellement envahi par sa douleur qu'il ne parvient plus à jouer son rôle. Ce parent peut refuser de prendre son enfant, de plus répondre aux sollicitations de l'autre parent. voire négliger certains besoins fondamentaux de l'enfant. Il ne s'agit pas forcément d'un désintérêt, mais d'une détresse psychique extrême. Dans cette situation, il est crucial de proposer du soutien, car cette parentalité fragilisée peut, avec un accompagnement adapté, retrouver sa place. L'enfant peut devenir également le partenaire émotionnel. C'est une dérive fréquente. Le parent qui s'effondre trouve refuge auprès de son enfant. Il lui confie ses doutes, ses souffrances, ses colères, comme si c'était son ami. Et l'enfant, pour aider, prend une posture d'adulte, de confident, de soutien. C'est un renversement des rôles. L'enfant ne peut pas être le thérapeute de son parent. Même si les intentions sont bonnes, de lui expliquer la situation pour qu'il comprenne, cela va priver son insouciance et de son droit d'être un enfant. Et puis on rencontre parfois le parent nouveau. A l'inverse, certains parents qui étaient peu impliqués pendant la vie commune souhaitent reprendre une vraie place après la séparation. C'est souvent le cas des pères dans un modèle qui évolue vers plus d'équilibre parental. Et c'est une bonne chose, mais cela peut créer de nouvelles tensions si cela se fait de manière brutale ou si cela est vécu comme une prise de territoire ou une injustice. L'idéal ici, c'est la progressivité, la communication. et la reconnaissance mutuelle de chacun comme parent légitime. Et puis si nous regardions du côté de ce que vivent les enfants, on pense souvent que les enfants s'adaptent et c'est en partie vrai. Les enfants sont résilients. Mais cette résilience a un prix. Tout d'abord, n'oubliez pas que les enfants ressentent tout. On dit souvent que ce sont des éponges. Même sans mots, les enfants captent les tensions, les silences, les larmes. Ils perçoivent l'hostilité du parent, même si elle est dissimulée et même si elle est tue. Et lorsqu'ils sont pris dans un conflit de loyauté, ils souffrent. Entendre un parent dire du mal de l'autre, c'est comme entendre du mal d'une partie de soi-même. Ils peuvent aussi se sentir responsables. Lorsqu'un parent s'éloigne, qu'un lien se rompt, certains enfants pensent que c'est peut-être parce qu'il n'a pas été assez sage, ou ils se disent « si je lui montre que je l'aime, il reviendra » . Ils surinvestissent parfois un lien avec les parents qui ont la résidence dans une relation fusionnelle qui va les sécuriser, mais qui peut étouffer leur développement. Dans le cas de conflits très intenses, on voit apparaître des situations où l'enfant rejette totalement un parent. Cela peut être dû à un conflit de loyauté, ou à une forme d'aliénation volontaire ou involontaire, alimentée par l'autre parent. C'est une spirale dangereuse, car un enfant a besoin de ses deux parents, même si l'un d'eux est imparfait. Ce lien est fondateur pour sa construction psychique. Mais alors que faire ? Voici quelques clés que je vous partage. que je partage souvent en accompagnement. Ce que les parents doivent savoir, ce n'est pas à l'enfant de décider s'il voit l'autre parent. Un refus n'est pas toujours un signe de danger. Parfois, c'est juste l'expression d'une loyauté déplacée. Bien entendu, je ne parle pas des cas où il y aurait de la violence intrafamiliale, où l'enfant serait en danger avec son parent. Dans ce cas-là, il... Il convient de saisir rapidement le juge aux affaires familiales pour qu'il puisse trancher la question de la résidence de l'enfant. Un enfant qui pleure au moment du départ n'est pas forcément malheureux chez l'autre pari. C'est une réaction d'attachement normale. Il exprime une émotion, pas un jugement. Les conflits détruisent l'enfant plus sûrement que la séparation elle-même. Ce dont les enfants ont besoin. Ils ont besoin de cohérence éducative. Pas besoin que ce soit identique chez chacun des parents. Vous ne ferez pas les choses de la même manière, vous avez chacun votre personnalité. Mais il faut que cela soit stable et structurant. Ils ont besoin d'une sécurité affective avec chacun de leurs parents. Ils ont besoin de savoir que chacun de leurs parents les aime, peu importe ce qu'il se passe et peu importe s'il passe de bons moments chez l'autre parent. Ils ont besoin qu'on leur rappelle qu'ils ont le droit d'aimer les deux parents sans avoir besoin de choisir entre eux. Il convient également de créer un cadre, ce qu'on va appeler le plan parental. Mettre à plat les points d'accord et de désaccord. Définir ce que sont des actes usuels que l'on peut prendre sans l'accord de l'autre en considérant qu'on a un accord tacite et les actes importants. établir une base de discussion même minimale et surtout prendre le temps. Le temps pour que la colère retombe, le temps pour que l'enfant s'adapte et le temps pour que chacun trouve sa place dans cette nouvelle organisation. La séparation est un séisme, mais ce n'est pas une fatalité. C'est un moment de crise, oui, mais aussi une opportunité de reconstruire autrement. En tant que parent, vous avez le pouvoir d'écrire une nouvelle page. même si ce n'est pas celle que vous aviez imaginée. Et dans cette nouvelle page, vos enfants ont besoin de savoir qu'ils comptent, qu'ils sont aimés et qu'ils n'ont pas à choisir. Si cet épisode vous a touché ou si vous pensez qu'il peut aider quelqu'un autour de vous, n'hésitez pas à le partager et à me mettre une très bonne note sur les plateformes d'écoute afin que d'autres parents puissent découvrir l'avocat, ma famille et moi.