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La retraite, et pourquoi pas un accomplissement?
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
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La retraite, et pourquoi pas un accomplissement?
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Transcription
Mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants par Monique. Coucou les pétillants, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de mon dentier sur la commode. C'est toujours Monique, 68 ans, qui vous parle et je suis à nouveau en mode citadine dans ma petite garçonnière, ma filière comme j'aime l'appeler. Quand on a un mari amoureux des champs, il faut bien s'adapter pour ne pas s'endormir devant le silence de la campagne. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne s'aime pas. Au contraire, un pied à la ville et un pied à la campagne, c'est ça la retraite du XXIe siècle. Et cela permet de réactiver un amour de plus en plus grand après 40 ans de mariage. Alors aujourd'hui, on met le dentier de côté et on se lance dans une grande discussion sur... Aujourd'hui, je vous parle de ces femmes pétillantes qui ont fait du bruit sur le tard. Effectivement, comme on en avait parlé précédemment, partir à la retraite pour aller rejoindre le seul but final, à savoir le cimetière, n'est pas la vraie vie des retraités pétillants. Ne plus avoir son travail, c'est se trouver enfin le temps de se réaliser à travers des projets porteurs et innovants, et souvent des projets artistiques. Nul n'est besoin d'avoir fait les beaux-arts durant sa jeunesse pour savoir peindre ou pour monter sur scène. Des exemples concrets s'offrent à nous, mais il suffit de bien vouloir les voir comme la peintre, Grande Maman ou Mamie Moïse. Imaginez, cette dame de son vrai nom, Anna Marie Robinson Moss, vivait tranquillement la campagne. faisant de la broderie pour s'occuper. Mais quand l'arthrite est arrivée vers 78 ans, elle a dû laisser tomber l'aiguille. Sous les conseils de sa sœur, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle prend les pinceaux et là, c'est la révélation. Elle devient célèbre pour ses scènes de vie rurales. Elle a peint jusqu'à 101 ans. Si vous pensez qu'il est trop tard pour commencer un art, rappelez-vous de Grande Mamma Moss. Elle a prouvé que la retraite n'est pas la fin, c'est l'atelier. La deuxième personne, c'est la sculpture. Louise Bourgeois. Parlons d'une artiste franco-américaine dont l'art est monumental, au sens propre du terme. Louise Bourgeois. Ces célèbres et gigantesques araignées, vous les connaissez forcément, on les appelle les mamas. Eh bien, elle a explosé sur la scène internationale. et reçut la consécration pour ce type d'œuvre après ses 70 ans. Elle a continué à sculpter et à créer jusqu'à sa mort à 88 ans. L'âge ne l'a pas ralenti, au contraire. L'expérience de toute une vie est devenue la matière première de son art. Troisièmement, parlons de l'écriture. Laura Ingalls Wilder Excusez-moi pour mon anglais, je ne suis pas trop anglais. Vous connaissez sûrement la série de La Petite Maison dans la Prairie. L'auteur Laura Ingalls Velder a commencé à écrire cette saga de son enfance qui a bercé des générations quand elle avait plus de 60 ans. Elle a transformé ses souvenirs en un trésor littéraire. La morale, c'est que votre vie entière est une source d'inspiration. Il suffit de s'asseoir et de se laisser couler la plume, même quand à l'âge de raconter des histoires à ses petits-enfants est terminé. Quatrièmement, le cinéma et la scène. Judi Dench. Enfin, regardez les actrices. Prenons la britannique Judi Dench. Oui, elle était déjà connue, mais elle continue d'enchaîner les rôles majeurs, souvent drôles et parfois après 80 ans. Elle refuse de s'arrêter et montre que le talent n'a pas de date de péremption. Elle incarne cette énergie où l'on continue à se lancer des défis qu'il s'agisse de recevoir un Oscar ou de faire des claquettes. Alors, mes amis retraités pétillants, si ces dames l'ont fait, pourquoi pas vous ? Quel pinceau ? Quelle plume ? Ou quel pas de danse allez-vous ressortir de votre grenier ? Maintenant, je vais vous parler de mon expérience auvergnate, le théâtre contre l'agisme. Et justement, Je n'ai même pas besoin d'aller chercher à Hollywood ou dans les musées de New York pour vous prouver la force de l'art à un âge avancé. J'ai eu la chance, ici, en Auvergne, tout près de chez nous, de me rendre compte de la portée de ces projets artistiques. Récemment, j'ai été l'animatrice et la metteur en scène d'un groupe de... oui, on va les appeler les vieux, mais seulement pour se moquer de mots. Ces participants, tous des retraités de plus de 60 ans, n'avaient jamais fait de théâtre de leur vie. Et pourtant, pendant 16 après-midi, ils n'ont pas hésité à se livrer, à se remuer les ménages, et accoucher sur le papier tout ce que représentait pour eux l'âgisme dans leur vie. Ils ont exploré les clichés, les petites vexations, mais aussi la force de leur génération. Ils ont mis en scène leur histoire. Ce n'était pas de l'art pour l'art, c'était de l'art thérapeutique, de l'art revendicateur. Et je peux vous dire qu'il n'y a pas d'âge pour avoir le tract, ni pour recevoir des applaudissements. Ces retraités pétillants ont prouvé qu'on peut faire des débuts sur les planches à 70 ans passés et que l'expérience d'une vie est le meilleur des textes. Grâce à cette expérience, j'ai pu me rendre compte à quel point l'agisme pouvait faire des dégâts. Effectivement, n'ayant jamais souffert d'agisme moi-même, je ne pouvais m'en rendre compte. Mais après avoir partagé cette création théâtrale collective, j'ai réalisé Merci. que tout était possible. Effectivement, ces personnes qui n'étaient jamais montées sur scène ont pu s'exprimer librement car elles avaient été prises en considération et car on les avait acceptées telles qu'elles étaient. Cela leur a permis de prendre confiance en elles et de venir explorer des champs d'action qu'elles ne se soupçonnaient même pas. Là, subitement, elles se révélaient elles-mêmes. prenant conscience qu'elles avaient des possibilités et surtout des compétences inexploitées qu'elles ignoraient totalement. La créativité était là. Elles n'attendaient que l'occasion de sortir. Et c'est grâce à cette expérience collective qu'elle s'est réalisée en peu de temps. Mais parlons justement de ce temps qui file, mes chers auditeurs, car ils se moquent bien de nos dents et de nos rides. Nous, les humains, Nous sommes toujours en train de courir, on dirait des hamsters sous caféine. Je me souviens du temps où j'étais la chef d'orchestre du chaos familial, avec mes trois gamins n'ayant qu'un an d'écart. Mon réveil, ce n'était pas une mélodie apaisante, c'était un sifflet de sergent-chef. Je veux lever en regardant ma montre comme si elle allait m'échapper. Il fallait planifier l'impossible, jongler avec les activités extra-familiales. L'orthodontie, j'en frissonne encore, sans oublier le travail et la maison. Certes, mon chéri participait beaucoup, mais avions-nous tout été calé ? Au quart de poil pour faire rentrer un maximum de choses dans un minimum de temps. Le boulot, la famille, la maison et le temps pour soi. Alors c'est une option qui n'existait pas, que dans les magazines de luxe. Une fois que les enfants ont grandi et ont enfin compris comment utiliser une machine à laver, ouf, j'ai plongé dans l'engagement politique et associatif. Et là, la course du temps a repris, mais avec un nouveau dossard. Puis, la retraite est arrivée. Et là, je me suis dit, comme vous tous, ça y est, le temps va s'arrêter. Je vais enfin pouvoir le déguster comme un bon gâteau. Sans la pression de la contrainte. Mais pensez-vous ? Non, le temps a défilé de plus belle. On dirait qu'en vieillissant, il change de rythme et qu'il se transforme, sur la partition de la vie, en une succession de croches qui se reproduisent sans cesse, sans jamais nous offrir un soupir de pause. Pourquoi cette sensation de rapidité, dites-moi ? Est-ce que c'est parce que je prends enfin le temps de prendre mon temps ? Et que du coup, le temps me paraît plus rapide ? C'est le paradoxe du retraité pétillant. Alors, cher auditeur, je vous le dis, faites attention à ce temps qui vous échappe. Il faut pouvoir le savourer comme un bon gâteau. Un opéra, par exemple, riche et complexe, et non pas chercher à le combler à tout prix. N'ayons pas peur du vide, de peur de s'arrêter de vivre. S'arrêter ! C'est justement prendre une grande inspiration avant de se lancer dans une nouvelle croche. Qu'est-ce qui remplit ce temps qui file si vite, si ce n'est nos projets ? Le temps est là, certes, mais il est comme une belle assiette vide. Si on la laisse sans rien, on ne voit que la poussière s'y déposer. Et la poussière, pour nous, c'est quoi ? C'est le risque de se focaliser sur la petite douleur qui pique, sur la contrariété qui passe, et de laisser ces bobos passagers occuper tout l'espace. Ah non, non, non, merci, hein ! Non, non, non. La vraie recette pour ne pas voir le temps passer, c'est surtout ne pas s'attarder sur ces mots qui pourraient nous envahir. C'est bien se mettre en mouvement, c'est de se bouger, c'est de participer. C'est ça la magie des projets, qu'ils soient artistiques comme le théâtre de mes Auvergnats ou simplement de grandes balades ou l'apprentissage de l'italien. C'est le fait de stimuler nos émotions, d'alimenter nos désirs de connaissances. Quand on a un projet, le temps ne nous échappe plus. On l'attrape au vol et on le remplit de sens. C'est le meilleur antidouleur du marché. On oublie le genou qui graisse quand on est en train de se demander quelle couleur utiliser sur la toile ou quelle réplique on doit apprendre pour la scène. Alors, cher auditeur, n'ayez pas peur d'ajouter des ingrédients à votre gâteau du temps. Lancez-vous dans l'inconnu, faites du bruit, éprouvez autant. que c'est vous qui menez la danse, même si c'est un tango endiablé sur des croches. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, vos projets sont votre priorité. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. Vous pouvez toujours me les faire parvenir à mon adresse mail mondentiersurlacommode.com gmail.com Je m'en servirai pour les publier de façon anonyme, car cette chronique, c'est la vôtre. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
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Mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants par Monique. Coucou les pétillants, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de mon dentier sur la commode. C'est toujours Monique, 68 ans, qui vous parle et je suis à nouveau en mode citadine dans ma petite garçonnière, ma filière comme j'aime l'appeler. Quand on a un mari amoureux des champs, il faut bien s'adapter pour ne pas s'endormir devant le silence de la campagne. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne s'aime pas. Au contraire, un pied à la ville et un pied à la campagne, c'est ça la retraite du XXIe siècle. Et cela permet de réactiver un amour de plus en plus grand après 40 ans de mariage. Alors aujourd'hui, on met le dentier de côté et on se lance dans une grande discussion sur... Aujourd'hui, je vous parle de ces femmes pétillantes qui ont fait du bruit sur le tard. Effectivement, comme on en avait parlé précédemment, partir à la retraite pour aller rejoindre le seul but final, à savoir le cimetière, n'est pas la vraie vie des retraités pétillants. Ne plus avoir son travail, c'est se trouver enfin le temps de se réaliser à travers des projets porteurs et innovants, et souvent des projets artistiques. Nul n'est besoin d'avoir fait les beaux-arts durant sa jeunesse pour savoir peindre ou pour monter sur scène. Des exemples concrets s'offrent à nous, mais il suffit de bien vouloir les voir comme la peintre, Grande Maman ou Mamie Moïse. Imaginez, cette dame de son vrai nom, Anna Marie Robinson Moss, vivait tranquillement la campagne. faisant de la broderie pour s'occuper. Mais quand l'arthrite est arrivée vers 78 ans, elle a dû laisser tomber l'aiguille. Sous les conseils de sa sœur, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle prend les pinceaux et là, c'est la révélation. Elle devient célèbre pour ses scènes de vie rurales. Elle a peint jusqu'à 101 ans. Si vous pensez qu'il est trop tard pour commencer un art, rappelez-vous de Grande Mamma Moss. Elle a prouvé que la retraite n'est pas la fin, c'est l'atelier. La deuxième personne, c'est la sculpture. Louise Bourgeois. Parlons d'une artiste franco-américaine dont l'art est monumental, au sens propre du terme. Louise Bourgeois. Ces célèbres et gigantesques araignées, vous les connaissez forcément, on les appelle les mamas. Eh bien, elle a explosé sur la scène internationale. et reçut la consécration pour ce type d'œuvre après ses 70 ans. Elle a continué à sculpter et à créer jusqu'à sa mort à 88 ans. L'âge ne l'a pas ralenti, au contraire. L'expérience de toute une vie est devenue la matière première de son art. Troisièmement, parlons de l'écriture. Laura Ingalls Wilder Excusez-moi pour mon anglais, je ne suis pas trop anglais. Vous connaissez sûrement la série de La Petite Maison dans la Prairie. L'auteur Laura Ingalls Velder a commencé à écrire cette saga de son enfance qui a bercé des générations quand elle avait plus de 60 ans. Elle a transformé ses souvenirs en un trésor littéraire. La morale, c'est que votre vie entière est une source d'inspiration. Il suffit de s'asseoir et de se laisser couler la plume, même quand à l'âge de raconter des histoires à ses petits-enfants est terminé. Quatrièmement, le cinéma et la scène. Judi Dench. Enfin, regardez les actrices. Prenons la britannique Judi Dench. Oui, elle était déjà connue, mais elle continue d'enchaîner les rôles majeurs, souvent drôles et parfois après 80 ans. Elle refuse de s'arrêter et montre que le talent n'a pas de date de péremption. Elle incarne cette énergie où l'on continue à se lancer des défis qu'il s'agisse de recevoir un Oscar ou de faire des claquettes. Alors, mes amis retraités pétillants, si ces dames l'ont fait, pourquoi pas vous ? Quel pinceau ? Quelle plume ? Ou quel pas de danse allez-vous ressortir de votre grenier ? Maintenant, je vais vous parler de mon expérience auvergnate, le théâtre contre l'agisme. Et justement, Je n'ai même pas besoin d'aller chercher à Hollywood ou dans les musées de New York pour vous prouver la force de l'art à un âge avancé. J'ai eu la chance, ici, en Auvergne, tout près de chez nous, de me rendre compte de la portée de ces projets artistiques. Récemment, j'ai été l'animatrice et la metteur en scène d'un groupe de... oui, on va les appeler les vieux, mais seulement pour se moquer de mots. Ces participants, tous des retraités de plus de 60 ans, n'avaient jamais fait de théâtre de leur vie. Et pourtant, pendant 16 après-midi, ils n'ont pas hésité à se livrer, à se remuer les ménages, et accoucher sur le papier tout ce que représentait pour eux l'âgisme dans leur vie. Ils ont exploré les clichés, les petites vexations, mais aussi la force de leur génération. Ils ont mis en scène leur histoire. Ce n'était pas de l'art pour l'art, c'était de l'art thérapeutique, de l'art revendicateur. Et je peux vous dire qu'il n'y a pas d'âge pour avoir le tract, ni pour recevoir des applaudissements. Ces retraités pétillants ont prouvé qu'on peut faire des débuts sur les planches à 70 ans passés et que l'expérience d'une vie est le meilleur des textes. Grâce à cette expérience, j'ai pu me rendre compte à quel point l'agisme pouvait faire des dégâts. Effectivement, n'ayant jamais souffert d'agisme moi-même, je ne pouvais m'en rendre compte. Mais après avoir partagé cette création théâtrale collective, j'ai réalisé Merci. que tout était possible. Effectivement, ces personnes qui n'étaient jamais montées sur scène ont pu s'exprimer librement car elles avaient été prises en considération et car on les avait acceptées telles qu'elles étaient. Cela leur a permis de prendre confiance en elles et de venir explorer des champs d'action qu'elles ne se soupçonnaient même pas. Là, subitement, elles se révélaient elles-mêmes. prenant conscience qu'elles avaient des possibilités et surtout des compétences inexploitées qu'elles ignoraient totalement. La créativité était là. Elles n'attendaient que l'occasion de sortir. Et c'est grâce à cette expérience collective qu'elle s'est réalisée en peu de temps. Mais parlons justement de ce temps qui file, mes chers auditeurs, car ils se moquent bien de nos dents et de nos rides. Nous, les humains, Nous sommes toujours en train de courir, on dirait des hamsters sous caféine. Je me souviens du temps où j'étais la chef d'orchestre du chaos familial, avec mes trois gamins n'ayant qu'un an d'écart. Mon réveil, ce n'était pas une mélodie apaisante, c'était un sifflet de sergent-chef. Je veux lever en regardant ma montre comme si elle allait m'échapper. Il fallait planifier l'impossible, jongler avec les activités extra-familiales. L'orthodontie, j'en frissonne encore, sans oublier le travail et la maison. Certes, mon chéri participait beaucoup, mais avions-nous tout été calé ? Au quart de poil pour faire rentrer un maximum de choses dans un minimum de temps. Le boulot, la famille, la maison et le temps pour soi. Alors c'est une option qui n'existait pas, que dans les magazines de luxe. Une fois que les enfants ont grandi et ont enfin compris comment utiliser une machine à laver, ouf, j'ai plongé dans l'engagement politique et associatif. Et là, la course du temps a repris, mais avec un nouveau dossard. Puis, la retraite est arrivée. Et là, je me suis dit, comme vous tous, ça y est, le temps va s'arrêter. Je vais enfin pouvoir le déguster comme un bon gâteau. Sans la pression de la contrainte. Mais pensez-vous ? Non, le temps a défilé de plus belle. On dirait qu'en vieillissant, il change de rythme et qu'il se transforme, sur la partition de la vie, en une succession de croches qui se reproduisent sans cesse, sans jamais nous offrir un soupir de pause. Pourquoi cette sensation de rapidité, dites-moi ? Est-ce que c'est parce que je prends enfin le temps de prendre mon temps ? Et que du coup, le temps me paraît plus rapide ? C'est le paradoxe du retraité pétillant. Alors, cher auditeur, je vous le dis, faites attention à ce temps qui vous échappe. Il faut pouvoir le savourer comme un bon gâteau. Un opéra, par exemple, riche et complexe, et non pas chercher à le combler à tout prix. N'ayons pas peur du vide, de peur de s'arrêter de vivre. S'arrêter ! C'est justement prendre une grande inspiration avant de se lancer dans une nouvelle croche. Qu'est-ce qui remplit ce temps qui file si vite, si ce n'est nos projets ? Le temps est là, certes, mais il est comme une belle assiette vide. Si on la laisse sans rien, on ne voit que la poussière s'y déposer. Et la poussière, pour nous, c'est quoi ? C'est le risque de se focaliser sur la petite douleur qui pique, sur la contrariété qui passe, et de laisser ces bobos passagers occuper tout l'espace. Ah non, non, non, merci, hein ! Non, non, non. La vraie recette pour ne pas voir le temps passer, c'est surtout ne pas s'attarder sur ces mots qui pourraient nous envahir. C'est bien se mettre en mouvement, c'est de se bouger, c'est de participer. C'est ça la magie des projets, qu'ils soient artistiques comme le théâtre de mes Auvergnats ou simplement de grandes balades ou l'apprentissage de l'italien. C'est le fait de stimuler nos émotions, d'alimenter nos désirs de connaissances. Quand on a un projet, le temps ne nous échappe plus. On l'attrape au vol et on le remplit de sens. C'est le meilleur antidouleur du marché. On oublie le genou qui graisse quand on est en train de se demander quelle couleur utiliser sur la toile ou quelle réplique on doit apprendre pour la scène. Alors, cher auditeur, n'ayez pas peur d'ajouter des ingrédients à votre gâteau du temps. Lancez-vous dans l'inconnu, faites du bruit, éprouvez autant. que c'est vous qui menez la danse, même si c'est un tango endiablé sur des croches. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, vos projets sont votre priorité. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. Vous pouvez toujours me les faire parvenir à mon adresse mail mondentiersurlacommode.com gmail.com Je m'en servirai pour les publier de façon anonyme, car cette chronique, c'est la vôtre. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
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Mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants par Monique. Coucou les pétillants, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de mon dentier sur la commode. C'est toujours Monique, 68 ans, qui vous parle et je suis à nouveau en mode citadine dans ma petite garçonnière, ma filière comme j'aime l'appeler. Quand on a un mari amoureux des champs, il faut bien s'adapter pour ne pas s'endormir devant le silence de la campagne. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne s'aime pas. Au contraire, un pied à la ville et un pied à la campagne, c'est ça la retraite du XXIe siècle. Et cela permet de réactiver un amour de plus en plus grand après 40 ans de mariage. Alors aujourd'hui, on met le dentier de côté et on se lance dans une grande discussion sur... Aujourd'hui, je vous parle de ces femmes pétillantes qui ont fait du bruit sur le tard. Effectivement, comme on en avait parlé précédemment, partir à la retraite pour aller rejoindre le seul but final, à savoir le cimetière, n'est pas la vraie vie des retraités pétillants. Ne plus avoir son travail, c'est se trouver enfin le temps de se réaliser à travers des projets porteurs et innovants, et souvent des projets artistiques. Nul n'est besoin d'avoir fait les beaux-arts durant sa jeunesse pour savoir peindre ou pour monter sur scène. Des exemples concrets s'offrent à nous, mais il suffit de bien vouloir les voir comme la peintre, Grande Maman ou Mamie Moïse. Imaginez, cette dame de son vrai nom, Anna Marie Robinson Moss, vivait tranquillement la campagne. faisant de la broderie pour s'occuper. Mais quand l'arthrite est arrivée vers 78 ans, elle a dû laisser tomber l'aiguille. Sous les conseils de sa sœur, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle prend les pinceaux et là, c'est la révélation. Elle devient célèbre pour ses scènes de vie rurales. Elle a peint jusqu'à 101 ans. Si vous pensez qu'il est trop tard pour commencer un art, rappelez-vous de Grande Mamma Moss. Elle a prouvé que la retraite n'est pas la fin, c'est l'atelier. La deuxième personne, c'est la sculpture. Louise Bourgeois. Parlons d'une artiste franco-américaine dont l'art est monumental, au sens propre du terme. Louise Bourgeois. Ces célèbres et gigantesques araignées, vous les connaissez forcément, on les appelle les mamas. Eh bien, elle a explosé sur la scène internationale. et reçut la consécration pour ce type d'œuvre après ses 70 ans. Elle a continué à sculpter et à créer jusqu'à sa mort à 88 ans. L'âge ne l'a pas ralenti, au contraire. L'expérience de toute une vie est devenue la matière première de son art. Troisièmement, parlons de l'écriture. Laura Ingalls Wilder Excusez-moi pour mon anglais, je ne suis pas trop anglais. Vous connaissez sûrement la série de La Petite Maison dans la Prairie. L'auteur Laura Ingalls Velder a commencé à écrire cette saga de son enfance qui a bercé des générations quand elle avait plus de 60 ans. Elle a transformé ses souvenirs en un trésor littéraire. La morale, c'est que votre vie entière est une source d'inspiration. Il suffit de s'asseoir et de se laisser couler la plume, même quand à l'âge de raconter des histoires à ses petits-enfants est terminé. Quatrièmement, le cinéma et la scène. Judi Dench. Enfin, regardez les actrices. Prenons la britannique Judi Dench. Oui, elle était déjà connue, mais elle continue d'enchaîner les rôles majeurs, souvent drôles et parfois après 80 ans. Elle refuse de s'arrêter et montre que le talent n'a pas de date de péremption. Elle incarne cette énergie où l'on continue à se lancer des défis qu'il s'agisse de recevoir un Oscar ou de faire des claquettes. Alors, mes amis retraités pétillants, si ces dames l'ont fait, pourquoi pas vous ? Quel pinceau ? Quelle plume ? Ou quel pas de danse allez-vous ressortir de votre grenier ? Maintenant, je vais vous parler de mon expérience auvergnate, le théâtre contre l'agisme. Et justement, Je n'ai même pas besoin d'aller chercher à Hollywood ou dans les musées de New York pour vous prouver la force de l'art à un âge avancé. J'ai eu la chance, ici, en Auvergne, tout près de chez nous, de me rendre compte de la portée de ces projets artistiques. Récemment, j'ai été l'animatrice et la metteur en scène d'un groupe de... oui, on va les appeler les vieux, mais seulement pour se moquer de mots. Ces participants, tous des retraités de plus de 60 ans, n'avaient jamais fait de théâtre de leur vie. Et pourtant, pendant 16 après-midi, ils n'ont pas hésité à se livrer, à se remuer les ménages, et accoucher sur le papier tout ce que représentait pour eux l'âgisme dans leur vie. Ils ont exploré les clichés, les petites vexations, mais aussi la force de leur génération. Ils ont mis en scène leur histoire. Ce n'était pas de l'art pour l'art, c'était de l'art thérapeutique, de l'art revendicateur. Et je peux vous dire qu'il n'y a pas d'âge pour avoir le tract, ni pour recevoir des applaudissements. Ces retraités pétillants ont prouvé qu'on peut faire des débuts sur les planches à 70 ans passés et que l'expérience d'une vie est le meilleur des textes. Grâce à cette expérience, j'ai pu me rendre compte à quel point l'agisme pouvait faire des dégâts. Effectivement, n'ayant jamais souffert d'agisme moi-même, je ne pouvais m'en rendre compte. Mais après avoir partagé cette création théâtrale collective, j'ai réalisé Merci. que tout était possible. Effectivement, ces personnes qui n'étaient jamais montées sur scène ont pu s'exprimer librement car elles avaient été prises en considération et car on les avait acceptées telles qu'elles étaient. Cela leur a permis de prendre confiance en elles et de venir explorer des champs d'action qu'elles ne se soupçonnaient même pas. Là, subitement, elles se révélaient elles-mêmes. prenant conscience qu'elles avaient des possibilités et surtout des compétences inexploitées qu'elles ignoraient totalement. La créativité était là. Elles n'attendaient que l'occasion de sortir. Et c'est grâce à cette expérience collective qu'elle s'est réalisée en peu de temps. Mais parlons justement de ce temps qui file, mes chers auditeurs, car ils se moquent bien de nos dents et de nos rides. Nous, les humains, Nous sommes toujours en train de courir, on dirait des hamsters sous caféine. Je me souviens du temps où j'étais la chef d'orchestre du chaos familial, avec mes trois gamins n'ayant qu'un an d'écart. Mon réveil, ce n'était pas une mélodie apaisante, c'était un sifflet de sergent-chef. Je veux lever en regardant ma montre comme si elle allait m'échapper. Il fallait planifier l'impossible, jongler avec les activités extra-familiales. L'orthodontie, j'en frissonne encore, sans oublier le travail et la maison. Certes, mon chéri participait beaucoup, mais avions-nous tout été calé ? Au quart de poil pour faire rentrer un maximum de choses dans un minimum de temps. Le boulot, la famille, la maison et le temps pour soi. Alors c'est une option qui n'existait pas, que dans les magazines de luxe. Une fois que les enfants ont grandi et ont enfin compris comment utiliser une machine à laver, ouf, j'ai plongé dans l'engagement politique et associatif. Et là, la course du temps a repris, mais avec un nouveau dossard. Puis, la retraite est arrivée. Et là, je me suis dit, comme vous tous, ça y est, le temps va s'arrêter. Je vais enfin pouvoir le déguster comme un bon gâteau. Sans la pression de la contrainte. Mais pensez-vous ? Non, le temps a défilé de plus belle. On dirait qu'en vieillissant, il change de rythme et qu'il se transforme, sur la partition de la vie, en une succession de croches qui se reproduisent sans cesse, sans jamais nous offrir un soupir de pause. Pourquoi cette sensation de rapidité, dites-moi ? Est-ce que c'est parce que je prends enfin le temps de prendre mon temps ? Et que du coup, le temps me paraît plus rapide ? C'est le paradoxe du retraité pétillant. Alors, cher auditeur, je vous le dis, faites attention à ce temps qui vous échappe. Il faut pouvoir le savourer comme un bon gâteau. Un opéra, par exemple, riche et complexe, et non pas chercher à le combler à tout prix. N'ayons pas peur du vide, de peur de s'arrêter de vivre. S'arrêter ! C'est justement prendre une grande inspiration avant de se lancer dans une nouvelle croche. Qu'est-ce qui remplit ce temps qui file si vite, si ce n'est nos projets ? Le temps est là, certes, mais il est comme une belle assiette vide. Si on la laisse sans rien, on ne voit que la poussière s'y déposer. Et la poussière, pour nous, c'est quoi ? C'est le risque de se focaliser sur la petite douleur qui pique, sur la contrariété qui passe, et de laisser ces bobos passagers occuper tout l'espace. Ah non, non, non, merci, hein ! Non, non, non. La vraie recette pour ne pas voir le temps passer, c'est surtout ne pas s'attarder sur ces mots qui pourraient nous envahir. C'est bien se mettre en mouvement, c'est de se bouger, c'est de participer. C'est ça la magie des projets, qu'ils soient artistiques comme le théâtre de mes Auvergnats ou simplement de grandes balades ou l'apprentissage de l'italien. C'est le fait de stimuler nos émotions, d'alimenter nos désirs de connaissances. Quand on a un projet, le temps ne nous échappe plus. On l'attrape au vol et on le remplit de sens. C'est le meilleur antidouleur du marché. On oublie le genou qui graisse quand on est en train de se demander quelle couleur utiliser sur la toile ou quelle réplique on doit apprendre pour la scène. Alors, cher auditeur, n'ayez pas peur d'ajouter des ingrédients à votre gâteau du temps. Lancez-vous dans l'inconnu, faites du bruit, éprouvez autant. que c'est vous qui menez la danse, même si c'est un tango endiablé sur des croches. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, vos projets sont votre priorité. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. Vous pouvez toujours me les faire parvenir à mon adresse mail mondentiersurlacommode.com gmail.com Je m'en servirai pour les publier de façon anonyme, car cette chronique, c'est la vôtre. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
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La retraite, et pourquoi pas un accomplissement?
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Mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants par Monique. Coucou les pétillants, je suis ravie de vous retrouver pour ce nouvel épisode de mon dentier sur la commode. C'est toujours Monique, 68 ans, qui vous parle et je suis à nouveau en mode citadine dans ma petite garçonnière, ma filière comme j'aime l'appeler. Quand on a un mari amoureux des champs, il faut bien s'adapter pour ne pas s'endormir devant le silence de la campagne. Mais cela ne veut pas dire pour autant qu'on ne s'aime pas. Au contraire, un pied à la ville et un pied à la campagne, c'est ça la retraite du XXIe siècle. Et cela permet de réactiver un amour de plus en plus grand après 40 ans de mariage. Alors aujourd'hui, on met le dentier de côté et on se lance dans une grande discussion sur... Aujourd'hui, je vous parle de ces femmes pétillantes qui ont fait du bruit sur le tard. Effectivement, comme on en avait parlé précédemment, partir à la retraite pour aller rejoindre le seul but final, à savoir le cimetière, n'est pas la vraie vie des retraités pétillants. Ne plus avoir son travail, c'est se trouver enfin le temps de se réaliser à travers des projets porteurs et innovants, et souvent des projets artistiques. Nul n'est besoin d'avoir fait les beaux-arts durant sa jeunesse pour savoir peindre ou pour monter sur scène. Des exemples concrets s'offrent à nous, mais il suffit de bien vouloir les voir comme la peintre, Grande Maman ou Mamie Moïse. Imaginez, cette dame de son vrai nom, Anna Marie Robinson Moss, vivait tranquillement la campagne. faisant de la broderie pour s'occuper. Mais quand l'arthrite est arrivée vers 78 ans, elle a dû laisser tomber l'aiguille. Sous les conseils de sa sœur, qu'est-ce qu'elle fait ? Elle prend les pinceaux et là, c'est la révélation. Elle devient célèbre pour ses scènes de vie rurales. Elle a peint jusqu'à 101 ans. Si vous pensez qu'il est trop tard pour commencer un art, rappelez-vous de Grande Mamma Moss. Elle a prouvé que la retraite n'est pas la fin, c'est l'atelier. La deuxième personne, c'est la sculpture. Louise Bourgeois. Parlons d'une artiste franco-américaine dont l'art est monumental, au sens propre du terme. Louise Bourgeois. Ces célèbres et gigantesques araignées, vous les connaissez forcément, on les appelle les mamas. Eh bien, elle a explosé sur la scène internationale. et reçut la consécration pour ce type d'œuvre après ses 70 ans. Elle a continué à sculpter et à créer jusqu'à sa mort à 88 ans. L'âge ne l'a pas ralenti, au contraire. L'expérience de toute une vie est devenue la matière première de son art. Troisièmement, parlons de l'écriture. Laura Ingalls Wilder Excusez-moi pour mon anglais, je ne suis pas trop anglais. Vous connaissez sûrement la série de La Petite Maison dans la Prairie. L'auteur Laura Ingalls Velder a commencé à écrire cette saga de son enfance qui a bercé des générations quand elle avait plus de 60 ans. Elle a transformé ses souvenirs en un trésor littéraire. La morale, c'est que votre vie entière est une source d'inspiration. Il suffit de s'asseoir et de se laisser couler la plume, même quand à l'âge de raconter des histoires à ses petits-enfants est terminé. Quatrièmement, le cinéma et la scène. Judi Dench. Enfin, regardez les actrices. Prenons la britannique Judi Dench. Oui, elle était déjà connue, mais elle continue d'enchaîner les rôles majeurs, souvent drôles et parfois après 80 ans. Elle refuse de s'arrêter et montre que le talent n'a pas de date de péremption. Elle incarne cette énergie où l'on continue à se lancer des défis qu'il s'agisse de recevoir un Oscar ou de faire des claquettes. Alors, mes amis retraités pétillants, si ces dames l'ont fait, pourquoi pas vous ? Quel pinceau ? Quelle plume ? Ou quel pas de danse allez-vous ressortir de votre grenier ? Maintenant, je vais vous parler de mon expérience auvergnate, le théâtre contre l'agisme. Et justement, Je n'ai même pas besoin d'aller chercher à Hollywood ou dans les musées de New York pour vous prouver la force de l'art à un âge avancé. J'ai eu la chance, ici, en Auvergne, tout près de chez nous, de me rendre compte de la portée de ces projets artistiques. Récemment, j'ai été l'animatrice et la metteur en scène d'un groupe de... oui, on va les appeler les vieux, mais seulement pour se moquer de mots. Ces participants, tous des retraités de plus de 60 ans, n'avaient jamais fait de théâtre de leur vie. Et pourtant, pendant 16 après-midi, ils n'ont pas hésité à se livrer, à se remuer les ménages, et accoucher sur le papier tout ce que représentait pour eux l'âgisme dans leur vie. Ils ont exploré les clichés, les petites vexations, mais aussi la force de leur génération. Ils ont mis en scène leur histoire. Ce n'était pas de l'art pour l'art, c'était de l'art thérapeutique, de l'art revendicateur. Et je peux vous dire qu'il n'y a pas d'âge pour avoir le tract, ni pour recevoir des applaudissements. Ces retraités pétillants ont prouvé qu'on peut faire des débuts sur les planches à 70 ans passés et que l'expérience d'une vie est le meilleur des textes. Grâce à cette expérience, j'ai pu me rendre compte à quel point l'agisme pouvait faire des dégâts. Effectivement, n'ayant jamais souffert d'agisme moi-même, je ne pouvais m'en rendre compte. Mais après avoir partagé cette création théâtrale collective, j'ai réalisé Merci. que tout était possible. Effectivement, ces personnes qui n'étaient jamais montées sur scène ont pu s'exprimer librement car elles avaient été prises en considération et car on les avait acceptées telles qu'elles étaient. Cela leur a permis de prendre confiance en elles et de venir explorer des champs d'action qu'elles ne se soupçonnaient même pas. Là, subitement, elles se révélaient elles-mêmes. prenant conscience qu'elles avaient des possibilités et surtout des compétences inexploitées qu'elles ignoraient totalement. La créativité était là. Elles n'attendaient que l'occasion de sortir. Et c'est grâce à cette expérience collective qu'elle s'est réalisée en peu de temps. Mais parlons justement de ce temps qui file, mes chers auditeurs, car ils se moquent bien de nos dents et de nos rides. Nous, les humains, Nous sommes toujours en train de courir, on dirait des hamsters sous caféine. Je me souviens du temps où j'étais la chef d'orchestre du chaos familial, avec mes trois gamins n'ayant qu'un an d'écart. Mon réveil, ce n'était pas une mélodie apaisante, c'était un sifflet de sergent-chef. Je veux lever en regardant ma montre comme si elle allait m'échapper. Il fallait planifier l'impossible, jongler avec les activités extra-familiales. L'orthodontie, j'en frissonne encore, sans oublier le travail et la maison. Certes, mon chéri participait beaucoup, mais avions-nous tout été calé ? Au quart de poil pour faire rentrer un maximum de choses dans un minimum de temps. Le boulot, la famille, la maison et le temps pour soi. Alors c'est une option qui n'existait pas, que dans les magazines de luxe. Une fois que les enfants ont grandi et ont enfin compris comment utiliser une machine à laver, ouf, j'ai plongé dans l'engagement politique et associatif. Et là, la course du temps a repris, mais avec un nouveau dossard. Puis, la retraite est arrivée. Et là, je me suis dit, comme vous tous, ça y est, le temps va s'arrêter. Je vais enfin pouvoir le déguster comme un bon gâteau. Sans la pression de la contrainte. Mais pensez-vous ? Non, le temps a défilé de plus belle. On dirait qu'en vieillissant, il change de rythme et qu'il se transforme, sur la partition de la vie, en une succession de croches qui se reproduisent sans cesse, sans jamais nous offrir un soupir de pause. Pourquoi cette sensation de rapidité, dites-moi ? Est-ce que c'est parce que je prends enfin le temps de prendre mon temps ? Et que du coup, le temps me paraît plus rapide ? C'est le paradoxe du retraité pétillant. Alors, cher auditeur, je vous le dis, faites attention à ce temps qui vous échappe. Il faut pouvoir le savourer comme un bon gâteau. Un opéra, par exemple, riche et complexe, et non pas chercher à le combler à tout prix. N'ayons pas peur du vide, de peur de s'arrêter de vivre. S'arrêter ! C'est justement prendre une grande inspiration avant de se lancer dans une nouvelle croche. Qu'est-ce qui remplit ce temps qui file si vite, si ce n'est nos projets ? Le temps est là, certes, mais il est comme une belle assiette vide. Si on la laisse sans rien, on ne voit que la poussière s'y déposer. Et la poussière, pour nous, c'est quoi ? C'est le risque de se focaliser sur la petite douleur qui pique, sur la contrariété qui passe, et de laisser ces bobos passagers occuper tout l'espace. Ah non, non, non, merci, hein ! Non, non, non. La vraie recette pour ne pas voir le temps passer, c'est surtout ne pas s'attarder sur ces mots qui pourraient nous envahir. C'est bien se mettre en mouvement, c'est de se bouger, c'est de participer. C'est ça la magie des projets, qu'ils soient artistiques comme le théâtre de mes Auvergnats ou simplement de grandes balades ou l'apprentissage de l'italien. C'est le fait de stimuler nos émotions, d'alimenter nos désirs de connaissances. Quand on a un projet, le temps ne nous échappe plus. On l'attrape au vol et on le remplit de sens. C'est le meilleur antidouleur du marché. On oublie le genou qui graisse quand on est en train de se demander quelle couleur utiliser sur la toile ou quelle réplique on doit apprendre pour la scène. Alors, cher auditeur, n'ayez pas peur d'ajouter des ingrédients à votre gâteau du temps. Lancez-vous dans l'inconnu, faites du bruit, éprouvez autant. que c'est vous qui menez la danse, même si c'est un tango endiablé sur des croches. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, vos projets sont votre priorité. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. Vous pouvez toujours me les faire parvenir à mon adresse mail mondentiersurlacommode.com gmail.com Je m'en servirai pour les publier de façon anonyme, car cette chronique, c'est la vôtre. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
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