Speaker #0« Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants par Monique. Mon troisième podcast, « Osez le Vietnam » . Bonjour les pétillants ! Je suis ravie de vous retrouver pour un nouvel épisode de « Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants. Cet épisode, je vous l'avoue, est un peu particulier. Il vient de m'arriver quelque chose de spécial, une expérience qui a transformé ma vie et je tenais absolument à en vous en faire part. Le déclic et le carnet de rêve. Je ne me souviens plus si je vous en avais parlé, mais depuis ma retraite, j'ai acheté un petit carnet où je note tout ce que je voudrais faire. Cela va d'apprendre à faire un baba au rhum jusqu'à faire le tour du monde en bateau. Chaque fois que je réalise un de ses désirs, je le coche en disant « Fais ! » Je reprends mon petit carnet et... Qu'est-ce que je vois inscrit ? Partir en sac à dos comme quand j'avais 20 ans, en voyage, dans un pays d'Asie, sans prévoir rien à l'avance. Ah, le souvenir de ma jeunesse ! Cette phrase me fait rire ! Elle me rappelle immédiatement Anne, une amie d'enfance. À 20 ans, nous étions partis faire toutes les talies avec seulement un sac à dos et notre pouce levé pour faire du stop. À cette époque, nous étions insouciantes, rien ne nous faisait peur et notre enthousiasme dépassait toutes les appréhensions de nos parents et amis. Cette aventure qui a duré un mois est restée gravée dans mon cœur. Elle résonne encore aujourd'hui comme si c'était hier, tant nous avions vécu des événements et des rencontres fantastiques. Alors là maintenant, le nouveau défi, le Vietnam. C'est pour cela que quand mon amie Isabelle m'a dit « Monique, pour mes 60 ans, je voudrais partir voyager au Vietnam » , je lui ai répondu « Mais du tac au tac ! » Ok, mais en sac à dos. Comme à 20 ans, il faut que je cause cette case sur mon petit carnet. Isabelle m'a regardée éberluée. Elle ne comprenait absolument pas où je voulais en venir. J'ai donc mis des sous-titres et je lui ai expliqué mon désir de revivre cette aventure insouciante, de partir en sac à dos sans rien prévoir du tout. Grande fut ma surprise quand Isabelle m'a répondu « Allez, chiche ! » ce que nous avons fait. Nous sommes partis toutes les deux durant trois semaines et en sac à dos au Vietnam, sans avoir réservé la moindre chose à l'avance : la préparation. Nous avons vite regardé les prix des billets. Isabelle malheureusement pour elle est encore obligée de poser des vacances pour voyager alors que moi, la retraitée, je suis libre comme l'air. Je la charrie souvent là-dessus mais elle en rigole. Elle sait au fond d'elle que c'est une chance incroyable de pouvoir faire ce que l'on veut sans obligation professionnelle ou familiale. Une fois les dates fixées et les billets en poche, nous l'avons annoncé à nos proches : "Oh la Nous étions loin d'imaginer les réactions que nous allions recevoir. Mais ça va pas ? A ton âge ? Partir en sac à dos ? Mais tu es folle ! Mais tu n'as plus 20 ans ! Qu'est-ce que tu cherches à te prouver ? Avec tes problèmes cardiaques ? « S'il t'arrive quelque chose, comment vas-tu faire ? » « C'est un pays où il n'y a rien. Personne ne pourra te soigner et tu mourras sur place. » J'ai préféré en rire. Face à ces jugements, ma réponse a été immédiate et pareil du tac au tac. « Mais je m'en moque de ce que vous pensez. Il peut m'arriver mais n'importe quoi, n'importe quand. » « Demain, je peux très bien me faire écraser par un camion en traversant la route et mourir sur place. » « Et toi, mon mari adoré, je te ramènerai du bon thé de là-bas. » « Et tu adoreras ! » Il a souri. La conversation s'est arrêtée là. Ils savaient tous et de toute façon que c'était acté. Le départ était éminent, j'étais prête à cocher la case rêve effectué. Le jour J arriva de la peur à l'exaltation. Malgré ma détermination affichée face à mes proches, Je dois vous avouer quand même que le jour du départ, l'excitation s'est mélangée à une petite dose de panique. Après tout, il y a une différence entre prendre une décision audacieuse dans un salon et se retrouver à l'aéroport sac au dos. On avait beau se dire « rien de prévu, on se débrouillera sur place » , le fait de n'avoir que la première nuit réservée au Vietnam, aucun plan de transport, ça donnait quand même un peu le vertige. Le poids du passé. Je regardais Isabelle, on se regardait et on se disait : est-ce qu'on est vraiment en train de faire ça ? Je repensais à Anne et moi il y a 40 ans, partis sans un sou, sans téléphone, sans carte bancaire. Aujourd'hui avec Isabelle, on avait le confort des GPS, des smartphones mais le défi émotionnel restait le même : faire comme confiance à l'inconnu. J'ai senti que l'esprit de mes 20 ans était toujours là, juste un peu plus recouvert par les décennies. Et puis, après de longues heures de vol, nous sommes enfin arrivés à Hanoï. Le premier défi, l'humidité, le bruit, l'odeur, c'était un véritable assaut sensoriel. Le Le chaos magnifique des deux roues qui remplissaient les rues, les klaxons de comptants, la foule ! C'était à mille lieues de la petite ville tranquille que j'avais quitté. Isabelle et moi on s'est regardés, on a posé nos sacs et un seul mot nous est venu. « Allez chiche, on commence par où ? » Et ça a été la traversée de l'impossible ! Eh oui, eh oui ! On s'est vite rendu compte qu'il fallait commencer par l'étape la plus simple ! Traverser la rue pour rejoindre la seule adresse d'hôtel que nous avions trouvée. Mais traverser une avenue aussi grande que le Champs-Élysées à Paris, sans signalétique, où seuls les klaxons vous indiquent qu'un deux-roues ou une voiture peut passer, cela semblait mais carrément relever du surnaturel. Alors oser, avancer, s'imposer. Alors on a osé. On s'est accrochés toutes les deux par le bras et sans réfléchir, on a avancé dans la mêlée des scooters, des voitures qui nous passaient à un cheveu. Nous avions vite compris qu'il ne fallait surtout pas hésiter. Il fallait s'imposer et avancer et que les véhicules s'aligneront sur nos pas. On a osé avancer et on a continué à oser tout le temps. Et c'est comme ça qu'on a pu traverser et en plus, on a pu se faire un peu plus de temps. Et puis, l'organisation s'est mise en place. Une fois que nous avions pris la température émotionnelle de la ville, que nous avions compris que notre existence sur cette terre consistait à ouvrir grand les yeux et avancer quoi qu'il arrive dans une fourmilière de deux roues, de pousse-pousse et de voitures, nous nous sommes mis à organiser notre voyage en planifiant ce que nous désirions visiter. Bon d'abord la baie de la Longue, ça c'était sûr. Et la baie de la Longue terrestre, on avait vu ça harter sur les revues et ça il fallait absolument le voir. Et puis ça pas au nord, sur les grands plateaux, les rizières près de la frontière chinoise avec la tribu Kong. Et puis on devait prendre le train à Hué en descendant dans le sud. Et Hoi Hang, le contraire de Hanoi, ville près de la mer. En un rien de temps, nous rencontrions les bonnes personnes qui nous donnaient les bons tuyaux et nous proposaient les services pour y parvenir. Nous étions dans un autre monde, où seule la gentillesse, l'entraide existe. Malgré la dureté de la vie dans un système communiste, pas de sécurité sociale, pas de retraite, pas de place pour les femmes dans ce monde patriarcal où la domination masculine est prépondérante, mais nous étions là pour profiter, et connaître ce pays et ses habitants, et c'est tout cela qui a contribué à changer ma vision de ma vie. Effectivement, avant de partir, j'étais toujours en train de réfléchir à ce que j'allais faire après, à ce qui s'était passé avant dans ma vie, à ce que l'autre pensait de moi, à ce besoin d'être toujours présente, à rendre service afin de se sentir aimée certainement, à ce besoin enfin, je pense, de reconnaissance. Là, dans ce pays qui n'avait rien à voir avec le monde occidental, je me retrouvais sereine, plus confiante, plus rien ne me préoccupait. La vie coulait sans accrocs et je me laissais aller doucement en prenant les choses qui m'arrivaient sans aucune résistance, avec la joie et je devenais, sans m'en rendre compte, comme la population vietnamienne, à savoir moi aussi hyper cool ! Oser se laisser aller, s'abandonner complètement. Je vais vous raconter une anecdote pour que vous puissiez prendre la dimension de mes propos. Nous avions décidé d'aller voir les hauts plateaux, comme je vous l'ai dit, des rizières à sapas. Et nous avons pris une guide pour nous y rendre. La randonnée comprenait une heure de montée et trois heures de descente, voire de chemin plat. Au vu d'un problème cardiaque, je ne pouvais pas faire ce grand dénivelé. La guide très gentille m'a proposé d'attendre à l'hôtel le temps que le groupe grimpe Puis un taxi viendrait me chercher pour m'accompagner à un endroit où je pourrais rejoindre le groupe pour pouvoir faire la fin de la randonnée. Chose dite, chose faite. Me voilà partie avec un taxi qui, après une heure, me laisse en pleine pampa en m'expliquant, dans un charabia mi-viétanemain, mi-anglais, que quelqu'un viendrait me chercher. Donc, je sors du véhicule, je vois le chauffeur s'éloigner Et d'un coup, mais vraiment d'un coup, je réalise, mais que je ne me rappelle plus du tout le nom de l'hôtel où nous étions. Je réalise que je n'avais même pas les coordonnées du guide qui devait me rejoindre et qu'en plus, je n'avais pas de réseau de toutes les façons. Eh bien, aussi surprenant que cela puisse paraître, je n'ai même pas été angoissée. Je me suis dit « Bon, mais de toute façon, je ne peux rien changer à la situation » . Autant l'accueillir avec joie et attendre. Quelque chose va certainement arriver. Et c'est ce qui s'est passé. Vingt minutes plus tard, un semblant de mobilette est arrivé avec la guide. Elle m'a fait comprendre que je devais embarquer sur ces deux roues pour rejoindre les autres. Du coup, je suis montée derrière l'homme qui conduisait ce véhicule indescriptible et la guide s'est installée derrière moi. C'est ainsi qu'à trois sur cette pétarade, nous avons dévalé un chemin de randonnée tortueux, parsemé de creux, de bosses et rythmé par des virages en épingle à cheveux qui masquaient à peine le ravin sur notre gauche et le randonneur sur notre droite. Notre seule et unique technique pour signaler notre présence était le son du klaxon que notre conducteur faisait retentir à tout instant afin d'éviter le pire. Eh bien, chères auditrices, chers auditeurs, tous ces événements ont changé ma vie. Effectivement, j'ai toujours eu des objectifs et des buts à atteindre. Ils ont évolué et pris des formes diverses au fil du temps, me consacrant à ma famille et à mon travail, en y intégrant les valeurs nobles comme l'éducation, la justice, l'équité, la convivialité ou l'entraide. Tout cela a alimenté mon désir de connaissance et d'ouverture au monde, et j'ai toujours oser me lancer les défis les plus fous. Mais là, à la retraite, à 68 ans, je me suis rendu compte que tout était possible une fois de plus. Il suffisait que je choisisse une direction et que je m'y tienne pour trouver encore du plaisir dans la découverte des autres et du monde. Il suffisait que j'ose et que je reprenne confiance en moi. Sénèque a dit « il n'y a point de vent favorable » pour celui qui ne sait dans quel port se rendre. Je vous la répète, il n'y a point de vent favorable pour celui qui ne sait dans quel port se rendre. Alors, chères auditrices et chers auditeurs, osez, choisissez votre port et les vents favorables vous y mèneront. Voilà le troisième podcast de Monde Entier sur la Commode, le podcast des retraités pétillants. Vous pouvez me joindre par mail à mondentiersurlacommode.com et sur mon Facebook Mondentiers sur la Commode et m'entendre sur Youtube et plein de plateformes Spotify et autres. J'attends avec impatience vos retours et vos récits de vie pétillants. Et en attendant, continuez à faire du bruit !