Description
La retraite, ma nouvelle vie: J'OSE!
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Description
La retraite, ma nouvelle vie: J'OSE!
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
« Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants par Monique. Bonjour à tous et bienvenue dans « Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants. C'est Monique qui vous parle et si vous avez cliqué sur cet épisode, c'est peut-être que vous aussi, vous en avez marre de cette petite phrase « qu'est-ce que tu fais dans la vie ? » C'est la première chose que l'on nous demande, n'est-ce pas ? Et quand on répond « je suis à la retraite » , on sent parfois que la conversation s'arrête là. On a l'impression d'être immédiatement mis hors circuit, comme si notre identité s'était envolée en même temps que notre badge du bureau. On nous relègue dans une case, la classe déclassée, avec l'image persistante de la personne qui attend sagement son tour en jouant au scrabble déambulateur à portée de main. Mais moi je dis non. Nous ne sommes pas juste des personnes en attente. Nous sommes des personnes à part entière, avec une vie entière derrière nous et surtout toute une nouvelle vie qui s'ouvre devant nous. Nous avons de l'expérience, un cœur, des sentiments, des rires et nous avons surtout des projets. Nous sommes les retraités pétillants. Nous rendons service, nous voyageons, nous nous engageons, nous apprenons, nous aimons. Il suffit de nous regarder avec un autre regard, de voir ce feu qui continue de brûler en nous. C'est pour cela que j'ai décidé de lancer mon dentier sur la commode, pour créer du lien entre toutes les générations, pour rompre ce sentiment d'isolement et surtout pour crier haut et fort que l'agisme, ça suffit! Alors, mettez votre dentier où vous voulez, mais surtout, installez-vous confortablement. On va parler de tout ce qui rend nos années formidables. Au programme, des rires, des histoires vraies, des idées pour garder la flamme. On commence tout de suite avec mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants. Vous l'avez compris, moi c'est Monique, 68 ans. Et si j'ai décidé de prendre le micro aujourd'hui, c'est pour prouver que l'âge n'est qu'un numéro sur une carte d'identité. Pour ce premier épisode, je vais vous raconter comment, à 64 ans, j'ai failli devenir la gardienne d'un musée de la ruralité, avant de m'octroyer un petit sursis de liberté. Imaginez la scène. 40 ans de mariage. 40 ans à vivre avec Francis, un homme merveilleux, mais avec un petit grain de sable dans la machine. Moi, j'ai toujours été un rat des villes avignonaises pur jus. J'aime le béton, les bruits du klaxon et le sentiment que la librairie est ouverte à 22h. Mais la vie, c'est comme la SNCF, parfois vous atterrissez là où vous ne l'avez pas prévu. Pour des raisons professionnelles, nous voilà donc largués dans un village de 2500 habitants. 2500 ! Autant dire le parking du centre commercial d'Avignon un samedi après-midi. Notre ferme était magnifique. Des murs maîtres d'épaisseur, de grandes cheminées où on pouvait faire griller un sanglier, des pierres apparentes, un vrai décor de carte postale. Ma cuisine faisait 20 mètres carrés. Ma chambre aussi. On avait 240 mètres carrés de vieilles pierres. C'était la caverne d'Ali Baba. Mais Ali Baba, lui, il n'avait pas besoin de tondre 5000 mètres carrés de pelouse. Et puis, la retraite est arrivée. 64 ans. Les trois enfants ? Envolés. Ville. Étranger. Bref, la relève n'est pas assurée. On se retrouve donc, Francis et moi, à deux, perdus dans 240 mètres carrés de tranquillité assourdissante. Francis, lui, il aime ses pierres. Il aime sa campagne. Il est fait pour ça. Moi, j'étais en train de développer une allergie aux mouches. et un déficit en événements culturels. Je voyais ma fin de vie se résumer à compter les tracteurs qui passent et à regarder pousser l'herbe. Hors de question. Moi, le rat des villes, je n'allais pas mourir enfermée dans un potager. Alors j'ai mis au point ma stratégie de la filière. Non, non, je n'ai pas dit garçonnière. C'est un mot qui n'existe pas pour nous les femmes. Nous, on a le droit de s'acheter. Une base opérationnelle culturelle, c'est tout. À 15 km de notre ferme, il y a une ville de 10 000 habitants. J'ai trouvé mon bonheur, une mini maison de ville, et depuis, ma vie est divisée en deux, comme un beau gâteau. Du lundi au jeudi, je suis à la ville. C'est le marathon de Monique. Atelier Stendham, théâtre, aquagym, Zumba pour la ligne et Qigong pour le karma. Bref, je me remplis de vie, de bruit, de café et d'odeur de trottoir mouillé. Et le week-end ? Je rentre à la ferme, je retrouve Francis, mes vieilles pierres et le champ du coq. Mais attention, si le théâtre du coin programme une pièce géniale, la filière est réactivée. Au revoir, la binette. Bonjour, les paillettes. Mon Dieu, vous n'imaginez pas les regards, les commentaires, l'épouse du voisin avec une moue d'enterrement qui me dit « Monique, à 64 ans, tu ne peux pas quitter ton mari. » Tu te dois d'être là pour lui. Pourquoi ? Parce que je suis une femme ? Je devrais me conformer au désir de mon mari et m'oublier ? Mettre ma joie de vivre sous le paillasson ? Me sacrifier sur l'autel de la vie conjugale parfaite ? Mais la réponse est non, non, non. Et c'est là que j'ai une question pour vous, chers auditeurs, que je vous invite à méditer dans la vie d'une femme de plus de 60 ans. Après avoir élevé les enfants, soutenu le mari, étenu la maison et travaillé pour nourrir sa famille, qu'est-ce qui est le plus essentiel ? Est-ce le devoir conjugal ou le droit au bonheur personnel ? Voilà, chers auditeurs, c'est la fin de ce premier épisode de « Mon dentier sur la commode » . On a parlé de liberté, de choix et de nécessité de se donner le droit de continuer à vibrer. Et puisque tout cela nous ramène à l'essentiel, j'aimerais vous laisser avec quelques définitions du bonheur, parce qu'après 60 ans, on a bien le droit de le définir comme on veut, n'est-ce pas ? Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède. Ce n'est pas une destination, c'est une manière de voyager. Le bonheur, il se trouve dans le petit, le simple. comme un rayon de soleil sur le visage ou le café bien chaud du matin le bonheur c'est de se lever un lundi matin de se demander si on a envie d'aller à la zumba ou de rester en pyjama devant netflix et d'avoir le droit de choisir les deux Le bonheur, c'est le bruit d'un agenda rempli par ses propres envies et non plus par les contraintes professionnelles et familiales. Le bonheur, c'est d'être à 15 km de son mari du lundi au jeudi. Le bonheur, c'est le sentiment de glisser son dentier sous l'oreiller sans avoir à s'inquiéter de la critique. Le bonheur, c'est quand on prend un cours de stand-up et que la blague sur sa belle-mère fait rire tout le monde. Le bonheur, c'est le plaisir de ne plus avoir à se battre avec la Wi-Fi de la campagne. Le bonheur... c'est de s'autoriser, sans complexe, une petite révolution personnelle. Le bonheur, c'est le frisson de faire quelque chose qu'on s'est toujours interdit. Le bonheur, c'est d'envoyer balader le candiraton et de se dire « Je m'en fous d'être une grand-mère, je veux être une femme heureuse. » Le bonheur, c'est quand on se rend compte que le plus beau projet de notre retraite C'est nous-mêmes. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, votre bonheur est une priorité. Et pour que ce podcast soit vraiment le nôtre, j'aimerais publier vos histoires de vie, vos anecdotes, vos questionnements. Envoyez-les-moi par mail à mondentiersurlacommode.com Je les lirai et les publierai anonymement dans des prochains épisodes. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
Description
La retraite, ma nouvelle vie: J'OSE!
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
« Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants par Monique. Bonjour à tous et bienvenue dans « Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants. C'est Monique qui vous parle et si vous avez cliqué sur cet épisode, c'est peut-être que vous aussi, vous en avez marre de cette petite phrase « qu'est-ce que tu fais dans la vie ? » C'est la première chose que l'on nous demande, n'est-ce pas ? Et quand on répond « je suis à la retraite » , on sent parfois que la conversation s'arrête là. On a l'impression d'être immédiatement mis hors circuit, comme si notre identité s'était envolée en même temps que notre badge du bureau. On nous relègue dans une case, la classe déclassée, avec l'image persistante de la personne qui attend sagement son tour en jouant au scrabble déambulateur à portée de main. Mais moi je dis non. Nous ne sommes pas juste des personnes en attente. Nous sommes des personnes à part entière, avec une vie entière derrière nous et surtout toute une nouvelle vie qui s'ouvre devant nous. Nous avons de l'expérience, un cœur, des sentiments, des rires et nous avons surtout des projets. Nous sommes les retraités pétillants. Nous rendons service, nous voyageons, nous nous engageons, nous apprenons, nous aimons. Il suffit de nous regarder avec un autre regard, de voir ce feu qui continue de brûler en nous. C'est pour cela que j'ai décidé de lancer mon dentier sur la commode, pour créer du lien entre toutes les générations, pour rompre ce sentiment d'isolement et surtout pour crier haut et fort que l'agisme, ça suffit! Alors, mettez votre dentier où vous voulez, mais surtout, installez-vous confortablement. On va parler de tout ce qui rend nos années formidables. Au programme, des rires, des histoires vraies, des idées pour garder la flamme. On commence tout de suite avec mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants. Vous l'avez compris, moi c'est Monique, 68 ans. Et si j'ai décidé de prendre le micro aujourd'hui, c'est pour prouver que l'âge n'est qu'un numéro sur une carte d'identité. Pour ce premier épisode, je vais vous raconter comment, à 64 ans, j'ai failli devenir la gardienne d'un musée de la ruralité, avant de m'octroyer un petit sursis de liberté. Imaginez la scène. 40 ans de mariage. 40 ans à vivre avec Francis, un homme merveilleux, mais avec un petit grain de sable dans la machine. Moi, j'ai toujours été un rat des villes avignonaises pur jus. J'aime le béton, les bruits du klaxon et le sentiment que la librairie est ouverte à 22h. Mais la vie, c'est comme la SNCF, parfois vous atterrissez là où vous ne l'avez pas prévu. Pour des raisons professionnelles, nous voilà donc largués dans un village de 2500 habitants. 2500 ! Autant dire le parking du centre commercial d'Avignon un samedi après-midi. Notre ferme était magnifique. Des murs maîtres d'épaisseur, de grandes cheminées où on pouvait faire griller un sanglier, des pierres apparentes, un vrai décor de carte postale. Ma cuisine faisait 20 mètres carrés. Ma chambre aussi. On avait 240 mètres carrés de vieilles pierres. C'était la caverne d'Ali Baba. Mais Ali Baba, lui, il n'avait pas besoin de tondre 5000 mètres carrés de pelouse. Et puis, la retraite est arrivée. 64 ans. Les trois enfants ? Envolés. Ville. Étranger. Bref, la relève n'est pas assurée. On se retrouve donc, Francis et moi, à deux, perdus dans 240 mètres carrés de tranquillité assourdissante. Francis, lui, il aime ses pierres. Il aime sa campagne. Il est fait pour ça. Moi, j'étais en train de développer une allergie aux mouches. et un déficit en événements culturels. Je voyais ma fin de vie se résumer à compter les tracteurs qui passent et à regarder pousser l'herbe. Hors de question. Moi, le rat des villes, je n'allais pas mourir enfermée dans un potager. Alors j'ai mis au point ma stratégie de la filière. Non, non, je n'ai pas dit garçonnière. C'est un mot qui n'existe pas pour nous les femmes. Nous, on a le droit de s'acheter. Une base opérationnelle culturelle, c'est tout. À 15 km de notre ferme, il y a une ville de 10 000 habitants. J'ai trouvé mon bonheur, une mini maison de ville, et depuis, ma vie est divisée en deux, comme un beau gâteau. Du lundi au jeudi, je suis à la ville. C'est le marathon de Monique. Atelier Stendham, théâtre, aquagym, Zumba pour la ligne et Qigong pour le karma. Bref, je me remplis de vie, de bruit, de café et d'odeur de trottoir mouillé. Et le week-end ? Je rentre à la ferme, je retrouve Francis, mes vieilles pierres et le champ du coq. Mais attention, si le théâtre du coin programme une pièce géniale, la filière est réactivée. Au revoir, la binette. Bonjour, les paillettes. Mon Dieu, vous n'imaginez pas les regards, les commentaires, l'épouse du voisin avec une moue d'enterrement qui me dit « Monique, à 64 ans, tu ne peux pas quitter ton mari. » Tu te dois d'être là pour lui. Pourquoi ? Parce que je suis une femme ? Je devrais me conformer au désir de mon mari et m'oublier ? Mettre ma joie de vivre sous le paillasson ? Me sacrifier sur l'autel de la vie conjugale parfaite ? Mais la réponse est non, non, non. Et c'est là que j'ai une question pour vous, chers auditeurs, que je vous invite à méditer dans la vie d'une femme de plus de 60 ans. Après avoir élevé les enfants, soutenu le mari, étenu la maison et travaillé pour nourrir sa famille, qu'est-ce qui est le plus essentiel ? Est-ce le devoir conjugal ou le droit au bonheur personnel ? Voilà, chers auditeurs, c'est la fin de ce premier épisode de « Mon dentier sur la commode » . On a parlé de liberté, de choix et de nécessité de se donner le droit de continuer à vibrer. Et puisque tout cela nous ramène à l'essentiel, j'aimerais vous laisser avec quelques définitions du bonheur, parce qu'après 60 ans, on a bien le droit de le définir comme on veut, n'est-ce pas ? Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède. Ce n'est pas une destination, c'est une manière de voyager. Le bonheur, il se trouve dans le petit, le simple. comme un rayon de soleil sur le visage ou le café bien chaud du matin le bonheur c'est de se lever un lundi matin de se demander si on a envie d'aller à la zumba ou de rester en pyjama devant netflix et d'avoir le droit de choisir les deux Le bonheur, c'est le bruit d'un agenda rempli par ses propres envies et non plus par les contraintes professionnelles et familiales. Le bonheur, c'est d'être à 15 km de son mari du lundi au jeudi. Le bonheur, c'est le sentiment de glisser son dentier sous l'oreiller sans avoir à s'inquiéter de la critique. Le bonheur, c'est quand on prend un cours de stand-up et que la blague sur sa belle-mère fait rire tout le monde. Le bonheur, c'est le plaisir de ne plus avoir à se battre avec la Wi-Fi de la campagne. Le bonheur... c'est de s'autoriser, sans complexe, une petite révolution personnelle. Le bonheur, c'est le frisson de faire quelque chose qu'on s'est toujours interdit. Le bonheur, c'est d'envoyer balader le candiraton et de se dire « Je m'en fous d'être une grand-mère, je veux être une femme heureuse. » Le bonheur, c'est quand on se rend compte que le plus beau projet de notre retraite C'est nous-mêmes. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, votre bonheur est une priorité. Et pour que ce podcast soit vraiment le nôtre, j'aimerais publier vos histoires de vie, vos anecdotes, vos questionnements. Envoyez-les-moi par mail à mondentiersurlacommode.com Je les lirai et les publierai anonymement dans des prochains épisodes. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
Share
Embed
You may also like
Description
La retraite, ma nouvelle vie: J'OSE!
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
« Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants par Monique. Bonjour à tous et bienvenue dans « Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants. C'est Monique qui vous parle et si vous avez cliqué sur cet épisode, c'est peut-être que vous aussi, vous en avez marre de cette petite phrase « qu'est-ce que tu fais dans la vie ? » C'est la première chose que l'on nous demande, n'est-ce pas ? Et quand on répond « je suis à la retraite » , on sent parfois que la conversation s'arrête là. On a l'impression d'être immédiatement mis hors circuit, comme si notre identité s'était envolée en même temps que notre badge du bureau. On nous relègue dans une case, la classe déclassée, avec l'image persistante de la personne qui attend sagement son tour en jouant au scrabble déambulateur à portée de main. Mais moi je dis non. Nous ne sommes pas juste des personnes en attente. Nous sommes des personnes à part entière, avec une vie entière derrière nous et surtout toute une nouvelle vie qui s'ouvre devant nous. Nous avons de l'expérience, un cœur, des sentiments, des rires et nous avons surtout des projets. Nous sommes les retraités pétillants. Nous rendons service, nous voyageons, nous nous engageons, nous apprenons, nous aimons. Il suffit de nous regarder avec un autre regard, de voir ce feu qui continue de brûler en nous. C'est pour cela que j'ai décidé de lancer mon dentier sur la commode, pour créer du lien entre toutes les générations, pour rompre ce sentiment d'isolement et surtout pour crier haut et fort que l'agisme, ça suffit! Alors, mettez votre dentier où vous voulez, mais surtout, installez-vous confortablement. On va parler de tout ce qui rend nos années formidables. Au programme, des rires, des histoires vraies, des idées pour garder la flamme. On commence tout de suite avec mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants. Vous l'avez compris, moi c'est Monique, 68 ans. Et si j'ai décidé de prendre le micro aujourd'hui, c'est pour prouver que l'âge n'est qu'un numéro sur une carte d'identité. Pour ce premier épisode, je vais vous raconter comment, à 64 ans, j'ai failli devenir la gardienne d'un musée de la ruralité, avant de m'octroyer un petit sursis de liberté. Imaginez la scène. 40 ans de mariage. 40 ans à vivre avec Francis, un homme merveilleux, mais avec un petit grain de sable dans la machine. Moi, j'ai toujours été un rat des villes avignonaises pur jus. J'aime le béton, les bruits du klaxon et le sentiment que la librairie est ouverte à 22h. Mais la vie, c'est comme la SNCF, parfois vous atterrissez là où vous ne l'avez pas prévu. Pour des raisons professionnelles, nous voilà donc largués dans un village de 2500 habitants. 2500 ! Autant dire le parking du centre commercial d'Avignon un samedi après-midi. Notre ferme était magnifique. Des murs maîtres d'épaisseur, de grandes cheminées où on pouvait faire griller un sanglier, des pierres apparentes, un vrai décor de carte postale. Ma cuisine faisait 20 mètres carrés. Ma chambre aussi. On avait 240 mètres carrés de vieilles pierres. C'était la caverne d'Ali Baba. Mais Ali Baba, lui, il n'avait pas besoin de tondre 5000 mètres carrés de pelouse. Et puis, la retraite est arrivée. 64 ans. Les trois enfants ? Envolés. Ville. Étranger. Bref, la relève n'est pas assurée. On se retrouve donc, Francis et moi, à deux, perdus dans 240 mètres carrés de tranquillité assourdissante. Francis, lui, il aime ses pierres. Il aime sa campagne. Il est fait pour ça. Moi, j'étais en train de développer une allergie aux mouches. et un déficit en événements culturels. Je voyais ma fin de vie se résumer à compter les tracteurs qui passent et à regarder pousser l'herbe. Hors de question. Moi, le rat des villes, je n'allais pas mourir enfermée dans un potager. Alors j'ai mis au point ma stratégie de la filière. Non, non, je n'ai pas dit garçonnière. C'est un mot qui n'existe pas pour nous les femmes. Nous, on a le droit de s'acheter. Une base opérationnelle culturelle, c'est tout. À 15 km de notre ferme, il y a une ville de 10 000 habitants. J'ai trouvé mon bonheur, une mini maison de ville, et depuis, ma vie est divisée en deux, comme un beau gâteau. Du lundi au jeudi, je suis à la ville. C'est le marathon de Monique. Atelier Stendham, théâtre, aquagym, Zumba pour la ligne et Qigong pour le karma. Bref, je me remplis de vie, de bruit, de café et d'odeur de trottoir mouillé. Et le week-end ? Je rentre à la ferme, je retrouve Francis, mes vieilles pierres et le champ du coq. Mais attention, si le théâtre du coin programme une pièce géniale, la filière est réactivée. Au revoir, la binette. Bonjour, les paillettes. Mon Dieu, vous n'imaginez pas les regards, les commentaires, l'épouse du voisin avec une moue d'enterrement qui me dit « Monique, à 64 ans, tu ne peux pas quitter ton mari. » Tu te dois d'être là pour lui. Pourquoi ? Parce que je suis une femme ? Je devrais me conformer au désir de mon mari et m'oublier ? Mettre ma joie de vivre sous le paillasson ? Me sacrifier sur l'autel de la vie conjugale parfaite ? Mais la réponse est non, non, non. Et c'est là que j'ai une question pour vous, chers auditeurs, que je vous invite à méditer dans la vie d'une femme de plus de 60 ans. Après avoir élevé les enfants, soutenu le mari, étenu la maison et travaillé pour nourrir sa famille, qu'est-ce qui est le plus essentiel ? Est-ce le devoir conjugal ou le droit au bonheur personnel ? Voilà, chers auditeurs, c'est la fin de ce premier épisode de « Mon dentier sur la commode » . On a parlé de liberté, de choix et de nécessité de se donner le droit de continuer à vibrer. Et puisque tout cela nous ramène à l'essentiel, j'aimerais vous laisser avec quelques définitions du bonheur, parce qu'après 60 ans, on a bien le droit de le définir comme on veut, n'est-ce pas ? Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède. Ce n'est pas une destination, c'est une manière de voyager. Le bonheur, il se trouve dans le petit, le simple. comme un rayon de soleil sur le visage ou le café bien chaud du matin le bonheur c'est de se lever un lundi matin de se demander si on a envie d'aller à la zumba ou de rester en pyjama devant netflix et d'avoir le droit de choisir les deux Le bonheur, c'est le bruit d'un agenda rempli par ses propres envies et non plus par les contraintes professionnelles et familiales. Le bonheur, c'est d'être à 15 km de son mari du lundi au jeudi. Le bonheur, c'est le sentiment de glisser son dentier sous l'oreiller sans avoir à s'inquiéter de la critique. Le bonheur, c'est quand on prend un cours de stand-up et que la blague sur sa belle-mère fait rire tout le monde. Le bonheur, c'est le plaisir de ne plus avoir à se battre avec la Wi-Fi de la campagne. Le bonheur... c'est de s'autoriser, sans complexe, une petite révolution personnelle. Le bonheur, c'est le frisson de faire quelque chose qu'on s'est toujours interdit. Le bonheur, c'est d'envoyer balader le candiraton et de se dire « Je m'en fous d'être une grand-mère, je veux être une femme heureuse. » Le bonheur, c'est quand on se rend compte que le plus beau projet de notre retraite C'est nous-mêmes. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, votre bonheur est une priorité. Et pour que ce podcast soit vraiment le nôtre, j'aimerais publier vos histoires de vie, vos anecdotes, vos questionnements. Envoyez-les-moi par mail à mondentiersurlacommode.com Je les lirai et les publierai anonymement dans des prochains épisodes. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
Description
La retraite, ma nouvelle vie: J'OSE!
Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.
Transcription
« Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants par Monique. Bonjour à tous et bienvenue dans « Mon dentier sur la commode » , le podcast des retraités pétillants. C'est Monique qui vous parle et si vous avez cliqué sur cet épisode, c'est peut-être que vous aussi, vous en avez marre de cette petite phrase « qu'est-ce que tu fais dans la vie ? » C'est la première chose que l'on nous demande, n'est-ce pas ? Et quand on répond « je suis à la retraite » , on sent parfois que la conversation s'arrête là. On a l'impression d'être immédiatement mis hors circuit, comme si notre identité s'était envolée en même temps que notre badge du bureau. On nous relègue dans une case, la classe déclassée, avec l'image persistante de la personne qui attend sagement son tour en jouant au scrabble déambulateur à portée de main. Mais moi je dis non. Nous ne sommes pas juste des personnes en attente. Nous sommes des personnes à part entière, avec une vie entière derrière nous et surtout toute une nouvelle vie qui s'ouvre devant nous. Nous avons de l'expérience, un cœur, des sentiments, des rires et nous avons surtout des projets. Nous sommes les retraités pétillants. Nous rendons service, nous voyageons, nous nous engageons, nous apprenons, nous aimons. Il suffit de nous regarder avec un autre regard, de voir ce feu qui continue de brûler en nous. C'est pour cela que j'ai décidé de lancer mon dentier sur la commode, pour créer du lien entre toutes les générations, pour rompre ce sentiment d'isolement et surtout pour crier haut et fort que l'agisme, ça suffit! Alors, mettez votre dentier où vous voulez, mais surtout, installez-vous confortablement. On va parler de tout ce qui rend nos années formidables. Au programme, des rires, des histoires vraies, des idées pour garder la flamme. On commence tout de suite avec mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants. Vous l'avez compris, moi c'est Monique, 68 ans. Et si j'ai décidé de prendre le micro aujourd'hui, c'est pour prouver que l'âge n'est qu'un numéro sur une carte d'identité. Pour ce premier épisode, je vais vous raconter comment, à 64 ans, j'ai failli devenir la gardienne d'un musée de la ruralité, avant de m'octroyer un petit sursis de liberté. Imaginez la scène. 40 ans de mariage. 40 ans à vivre avec Francis, un homme merveilleux, mais avec un petit grain de sable dans la machine. Moi, j'ai toujours été un rat des villes avignonaises pur jus. J'aime le béton, les bruits du klaxon et le sentiment que la librairie est ouverte à 22h. Mais la vie, c'est comme la SNCF, parfois vous atterrissez là où vous ne l'avez pas prévu. Pour des raisons professionnelles, nous voilà donc largués dans un village de 2500 habitants. 2500 ! Autant dire le parking du centre commercial d'Avignon un samedi après-midi. Notre ferme était magnifique. Des murs maîtres d'épaisseur, de grandes cheminées où on pouvait faire griller un sanglier, des pierres apparentes, un vrai décor de carte postale. Ma cuisine faisait 20 mètres carrés. Ma chambre aussi. On avait 240 mètres carrés de vieilles pierres. C'était la caverne d'Ali Baba. Mais Ali Baba, lui, il n'avait pas besoin de tondre 5000 mètres carrés de pelouse. Et puis, la retraite est arrivée. 64 ans. Les trois enfants ? Envolés. Ville. Étranger. Bref, la relève n'est pas assurée. On se retrouve donc, Francis et moi, à deux, perdus dans 240 mètres carrés de tranquillité assourdissante. Francis, lui, il aime ses pierres. Il aime sa campagne. Il est fait pour ça. Moi, j'étais en train de développer une allergie aux mouches. et un déficit en événements culturels. Je voyais ma fin de vie se résumer à compter les tracteurs qui passent et à regarder pousser l'herbe. Hors de question. Moi, le rat des villes, je n'allais pas mourir enfermée dans un potager. Alors j'ai mis au point ma stratégie de la filière. Non, non, je n'ai pas dit garçonnière. C'est un mot qui n'existe pas pour nous les femmes. Nous, on a le droit de s'acheter. Une base opérationnelle culturelle, c'est tout. À 15 km de notre ferme, il y a une ville de 10 000 habitants. J'ai trouvé mon bonheur, une mini maison de ville, et depuis, ma vie est divisée en deux, comme un beau gâteau. Du lundi au jeudi, je suis à la ville. C'est le marathon de Monique. Atelier Stendham, théâtre, aquagym, Zumba pour la ligne et Qigong pour le karma. Bref, je me remplis de vie, de bruit, de café et d'odeur de trottoir mouillé. Et le week-end ? Je rentre à la ferme, je retrouve Francis, mes vieilles pierres et le champ du coq. Mais attention, si le théâtre du coin programme une pièce géniale, la filière est réactivée. Au revoir, la binette. Bonjour, les paillettes. Mon Dieu, vous n'imaginez pas les regards, les commentaires, l'épouse du voisin avec une moue d'enterrement qui me dit « Monique, à 64 ans, tu ne peux pas quitter ton mari. » Tu te dois d'être là pour lui. Pourquoi ? Parce que je suis une femme ? Je devrais me conformer au désir de mon mari et m'oublier ? Mettre ma joie de vivre sous le paillasson ? Me sacrifier sur l'autel de la vie conjugale parfaite ? Mais la réponse est non, non, non. Et c'est là que j'ai une question pour vous, chers auditeurs, que je vous invite à méditer dans la vie d'une femme de plus de 60 ans. Après avoir élevé les enfants, soutenu le mari, étenu la maison et travaillé pour nourrir sa famille, qu'est-ce qui est le plus essentiel ? Est-ce le devoir conjugal ou le droit au bonheur personnel ? Voilà, chers auditeurs, c'est la fin de ce premier épisode de « Mon dentier sur la commode » . On a parlé de liberté, de choix et de nécessité de se donner le droit de continuer à vibrer. Et puisque tout cela nous ramène à l'essentiel, j'aimerais vous laisser avec quelques définitions du bonheur, parce qu'après 60 ans, on a bien le droit de le définir comme on veut, n'est-ce pas ? Le bonheur, c'est de continuer à désirer ce que l'on possède. Ce n'est pas une destination, c'est une manière de voyager. Le bonheur, il se trouve dans le petit, le simple. comme un rayon de soleil sur le visage ou le café bien chaud du matin le bonheur c'est de se lever un lundi matin de se demander si on a envie d'aller à la zumba ou de rester en pyjama devant netflix et d'avoir le droit de choisir les deux Le bonheur, c'est le bruit d'un agenda rempli par ses propres envies et non plus par les contraintes professionnelles et familiales. Le bonheur, c'est d'être à 15 km de son mari du lundi au jeudi. Le bonheur, c'est le sentiment de glisser son dentier sous l'oreiller sans avoir à s'inquiéter de la critique. Le bonheur, c'est quand on prend un cours de stand-up et que la blague sur sa belle-mère fait rire tout le monde. Le bonheur, c'est le plaisir de ne plus avoir à se battre avec la Wi-Fi de la campagne. Le bonheur... c'est de s'autoriser, sans complexe, une petite révolution personnelle. Le bonheur, c'est le frisson de faire quelque chose qu'on s'est toujours interdit. Le bonheur, c'est d'envoyer balader le candiraton et de se dire « Je m'en fous d'être une grand-mère, je veux être une femme heureuse. » Le bonheur, c'est quand on se rend compte que le plus beau projet de notre retraite C'est nous-mêmes. Voilà, j'espère que cette petite dose de pétillant vous a donné l'énergie pour la semaine. N'oubliez pas, votre bonheur est une priorité. Et pour que ce podcast soit vraiment le nôtre, j'aimerais publier vos histoires de vie, vos anecdotes, vos questionnements. Envoyez-les-moi par mail à mondentiersurlacommode.com Je les lirai et les publierai anonymement dans des prochains épisodes. On se retrouve très vite pour une nouvelle chronique pleine d'histoires vraies et d'autodérisions. En attendant, prenez soin de vous et surtout, continuez à faire du bruit !
Share
Embed
You may also like