Speaker #0Mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants par Monique. Chères auditrices, chers auditeurs, bienvenue à mon dentier sur la commode que j'ai posé sur une drôle de commode aujourd'hui, puisque je suis dans les Caraïbes, et oui, ma commode est donc costaricienne. Je suis en voyage au Costa Rica, où il fait bon vivre. Je voulais vous parler d'un sujet sensible sous les tropiques. Et c'est en écrivant sous le soleil, face à cette mer houleuse, remplie de surfers, qui n'arrivaient même pas à pointer leur nez au-dessus des vagues, tellement la mer était démontée, c'est en regardant la flemme des gens qui envahissaient cette plage, emplis du son des vagues et des oiseaux de mer qui turbuyonnaient au-dessus de ma tête, que j'ai eu envie de vous parler de la notion du temps qui passe, autrement ici, sous les tropiques. Je m'étais longuement penchée déjà sur ce sujet, sur le tic-tac des aiguilles qui se transforment en minutes, en heures et en jours. J'avais souvent réfléchi à ces périodes comblées de moments sombres et joyeuses qui marquent les rides de nos anciens visages d'enfants. J'avais même philosophé sur le sujet en disant qu'en vieillissant, nous avons l'impression que le temps passe plus vite qu'avant, alors qu'en fait, il n'en est strictement rien. Car c'est nous-mêmes, par la lenteur de nos mouvements, qui prenons plus le temps pour réaliser les choses de la vie quotidienne, ce qui nous fait croire que le temps prend une autre dimension. Mais ce n'est pas pour autant qu'il change. Depuis que je suis au Costa Rica, comme je vous le disais auparavant, chères auditrices, chers auditeurs, mon jugement sur ce sujet a bien changé. Effectivement, ici les gens vivent tranquillement. Ils ne s'énervent jamais. Dans les magasins, personne ne vous saute dessus. Vous ne voulez rien acheter ? Pas de problème, libre à vous. On vous laisse regarder tranquillement. Ici, les noms des rues n'existent pas. Vous avez bien des plans pour aller dans les villages ou à l'endroit où vous devez vous rendre. Mais pour y accéder, vous avez une notice qui vous explique. Deux points. Le gîte, le colibri... se trouve à côté de la poste et en face de l'association au service, ou alors il est à 300 mètres à gauche, après la fontaine et face à l'église. Nous avons tourné en rond avant d'oser demander à un habitant du quartier et nous avons été surpris de sa réaction. Au lieu de nous envoyer balader, il a vite saisi que, malgré ses explications, Nous n'arriverions toujours pas à comprendre, alors gentiment, il nous a proposé de nous tracer le chemin avec sa voiture. Ce genre de relation, tout au long de notre voyage, nous avons pu la vivre, et toujours avec autant de délicatesse, et surtout, sans rien attendre en retour. Nous venions d'être confrontés à un monde relationnel que nous ne connaissions pas. qui nous a surpris au début et auquel, je vous l'avoue, nous nous sommes vite adaptés. Et cette façon d'être, cette flemme particulière où le moindre acte du quotidien est vécu comme un rituel à prendre en considération et avec intention, m'a renvoyé à notre civilisation occidentale. Nous, a contrario, nous nous dépêchons sans cesse. Notre agenda... et rempli de rendez-vous pris à l'avance. L'alarme nous rappelle notre prochaine activité planifiée. L'organisation du temps des vacances pour notre famille est déjà prête des mois à l'avance. Tout est ordonné, programmé, cadencé, à une allure folle où tout est prévu à la minute près, ne laissant aucune liberté d'improvisation quelconque car le vide ne peut exister. Il faut à tout prix le combler. « Mais tout cela ne suffit pas. Il faut pouvoir sortir du rang. » Vivre des événements extraordinaires, se tenir au courant des dernières désinformations, des dernières activités à la mode, afin de rester dans le rang des meilleurs, de ceux qui font pour se faire valoir, pour se sentir exister, pour se sentir reconnu. Dans ce monde de fonctionnement, la rapidité de mise. Il faut faire, faire, faire sans relâche, comme si on allait mourir demain. Il faut manger la vie par les deux bouts. Alors des idées prédominent pour se rendre intéressant et invincible. Pourquoi pas gravir le dernier sommet, jamais fauché par des souliers ? Pourquoi pas faire un saut élastique d'un pont le plus haut du monde ? Tout est dans l'excès et dans le paraître. Il faut donner à voir, se montrer, se démarquer, sortir du lot. Tout le contraire de la vie au Costa Rica. Ici, au Costa Rica, rien n'est dans le paraître, tout est dans l'être, pura vida. Ici, il suffit de respirer, de se déplacer, de sourire, d'être, d'être soi-même, d'être comme on est, avec nos émotions du moment qui peuvent changer, évoluer. Dans la journée, il suffit simplement de les accueillir sans réfléchir au pourquoi, du comment, du passé ou du présent, sans projeter quoi que ce soit sur les autres, sans rien attendre en retour. Ici, au Costa Rica, les rayons des magasins sont remplis de bouteilles de coca ou de Fanta de 3 litres, sur des mètres et des mètres des biscuits d'arrives pélitifs. et tous les condiments industriels salés sont proposés en format XXL. De ce fait, un grand nombre de personnes passent leur temps sous le soleil, à grignoter et à boire des boissons sucrées, ce qui engendre des prises de poids considérables. Mais les femmes se baladent le ventre à l'air avec des maillots de bain très échancrés, sans aucune honte. Elles s'assument pleinement, telles qu'elles sont. Elle se promène. Avec de l'embonpoint, le ventre à l'air et montre leurs multiples bourrelets qui deviennent étrangement comme des trophées supplémentaires, une marque spéciale, celle de leur beauté suprême. Personne ne se moque, car personne ne se compare. Chacun est comme il est, et ce, c'est ce qui fait son charme. Un vent de confiance souffle sur cette population. qui n'attend rien des autres et qui se permettent d'être tels qu'ils sont, et n'obtiennent pas de soucis. Comme on souhaiterait qu'ils soient. Et cette posture leur apporte une certaine sérénité. Pour Avida est inscrit partout. Et on le lit sans cesse. Quand on vous rend un service, quand on vous dit au revoir, et sans cesse on vous dit « Pour Avida ! Pour Avida ! » Pour Avida signifie « vie pure » . quand on le traduit. Mais en fait, c'est une philosophie de vie. Cela signifie vivre tranquille, sans contraintes, sans se prendre la tête pour des bêtises, des suppositions, des préjugés, des attentes des autres qui ne viennent pas. Et la notion du temps, dont je vous parlais, revient sur le devant de la scène. Effectivement, comme ils prennent le temps de vivre et d'être ce qu'ils sont, le temps semble s'allonger. Et il prend de la profondeur, tout le contraire de ce qui se passe sur l'horloge qui se situe de l'autre côté du Pacifique, chez nous. Je vous avoue qu'au bout de quelques jours, nous avons nous aussi été atteints par cette nouvelle façon de fonctionner, plutôt de vivre. Le soldat aidant et le mode relationnel nous entourant, nous montrant la voie, très vite, Nous avons diminué notre cadence pour prendre le temps de vivre nous aussi. Du reste, comme le soleil se lève très tôt, 5 heures, et se couche très tôt aussi, vers 17h30, nous avons été obligés de nous adapter avec une facilité qui n'a pour le moins surprise. Ainsi, un jour que nous étions sur une presqu'île, Tortuguero, nous avions rencontré des confrères de la Savoie. avec lesquels nous avions échangé quelques mots. Quelques jours plus tard, nous les croisions à Fortuna, dans le centre de Costa Rica. Comme ils n'avaient pas de voiture, on leur proposait de venir avec nous voir le volcan connu dans cette région. Chose dite, chose faite, mais nous avons passé une journée fantastique et nous avons échangé comme si nous nous connaissions depuis des lustres. Par la suite, comme ils continuaient leur chemin vers le Nicaragua, nous continuions à échanger via WhatsApp sur nos destinations respectives. Cette expérience, qui paraît simple quand on la raconte, me donne à voir Que la vie est simple quand on veut bien la voir sous cet angle-là. Alors, chère auditrice, cher auditeur, faut-il avoir du courage ou faut-il simplement se donner l'autorisation d'arrêter de vouloir paraître pour Pierre, Paul ou Jacques ? Faut-il avoir du courage ou faut-il se donner l'autorisation d'arrêter la télévision, de courir dans tous les sens dans un but en devenir pour Avida ? c'est un point d'orgue sur une partition parfois tumultueuse qui nous rappelle que seule la mélodie de la vie nous relie au monde des humains tout cela ne nous empêche pas de faire du bruit bien sûr mais en connaissance de cause alors comme eux n'hésitez pas à rendre service sans entendre rien en retour alors comme eux ayez le courage d'être ce que vous êtes avec vos ce qui vous rend encore plus particulier. Alors comme eux, faisons du bruit, mes chères auditrices et auditeurs, mais dans le bon sens. C'était, mon dentier sur la commode, le podcast des retraités pétillants. Hier et derrière, demain est un mystère, aujourd'hui est un cadeau. Eleonore Roosevelt. Prenez soin de votre flamme intérieure. Elle éclaire bien plus loin que vous ne l'imaginez. Et n'oubliez jamais, on ne peut s'empêcher de vieillir, mais on peut s'empêcher de devenir vieux. Henri Matisse le dit. À très bientôt. Et pour AVIDA, nous nous retrouverons une fois par mois sur le net, YouTube et sur les différentes plateformes Spotify, Deezer, Apple Podcast. Vous pouvez me joindre sur Facebook. ou sur mon dentier sur la commode arrobage gml.com Envoyez-moi vos récits. Le dentier se repose, mais l'élan reste vivant. Je vous embrasse tendrement, mes auditrices et mes auditeurs.