- Speaker #0
Bonjour chères auditrices, chers auditeurs, bienvenue sur Mon Pas de Côté, le podcast qui te donne la parole et met en valeur ton expérience et ton audace. On m'a dernièrement fait un super feedback en osant actionner de nouveaux leviers dans la vie. Il paraît que j'ai donné de l'énergie à d'autres pour se lancer. On appelle ça la modélisation en psychologie. Alors, je te propose de venir à mon micro pour me parler de ta personne et te permettre à d'autres de modéliser sur toi. Prêt ? Prête ? A raconter ton pas de côté ? C'est parti ! Bonjour Axel.
- Speaker #1
Bonjour Dine.
- Speaker #0
Merci d'être venu à mon cabinet ce matin.
- Speaker #1
Merci de m'avoir invité. Je suis ravi d'être là.
- Speaker #0
Est-ce que dans un premier temps tu pourrais te présenter s'il te plaît ?
- Speaker #1
Ouais, donc je m'appelle Axel, j'ai 43 ans, j'ai deux filles.
- Speaker #0
Elles ont quel âge ?
- Speaker #1
Elles ont 11 et 9 ans. Et je suis devenu photographe. et je me suis spécialisé en photo thérapeutique.
- Speaker #0
Génial. Ça, tu vas nous raconter ça plus en détail tout à l'heure.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Super, merci. Est-ce que tu pourrais nous raconter un peu d'où tu viens, dans quel environnement tu as évolué, tu as grandi, tes valeurs ?
- Speaker #1
Alors, moi, mon enfance, j'ai évolué dans un milieu féminin, puisqu'en fait, mes parents ont divorcé quand j'étais tout petit. J'avais... Ils ont dû se séparer, je devais avoir 3 ans, quelque chose comme ça, 3-4 ans. Et j'ai grandi avec ma mère, c'est ma mère qui avait la garde, donc j'ai grandi avec ma mère et mes deux sœurs. Donc j'ai grandi dans un milieu...
- Speaker #0
De grandes sœurs ou petites sœurs ?
- Speaker #1
De grandes sœurs.
- Speaker #0
Grandes sœurs.
- Speaker #1
Donc milieu féminin, puisqu'il n'y avait pas de garde alternée, donc j'étais principalement chez ma mère.
- Speaker #0
Elles avaient quel âge tes sœurs ?
- Speaker #1
Alors mes sœurs, elles ont 5 et 7 ans de plus que moi.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et donc du coup, une enfance marquée par ce divorce. qui ne s'est pas bien passée.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et les suites du divorce ne se sont pas bien passées non plus entre mes parents. Et du coup, nous, on s'est retrouvés au milieu de ça. Donc voilà, une enfance un peu compliquée psychologiquement avec cette situation.
- Speaker #0
Quelle trace tu as gardée de ça, justement, aujourd'hui, adulte ?
- Speaker #1
Écoute, j'essaye encore de les identifier, de les traiter correctement, en fait. Parce que je me suis rendu compte qu'il y avait beaucoup de choses que j'avais mis sous le tapis à un moment donné, adolescents et jeunes adultes, et puis qui sont ressorties, évidemment, qui ressortent. Donc voilà, après, j'en ai surtout... Ce que j'en tire surtout de positif, c'est finalement un mauvais exemple à ne pas suivre.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc voilà, quelque chose que j'essaye de ne pas reproduire, en fait, dans ma vie, avec mes propres enfants, bien sûr. Donc c'est surtout ça que j'en tiens. Et puis voilà, aussi une certaine... Alors j'aime pas trop le terme, mais une certaine force de caractère dans le sens où... Savoir se débrouiller tout seul en fait. Savoir prendre son autonomie, assumer ce qu'on fait, s'assumer et pas dépendre des autres.
- Speaker #0
Et ça en termes de valeur, tu dirais que ce serait quoi ?
- Speaker #1
Bonne question en termes de valeur. J'ai un peu de mal à mettre un mot exact dessus.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te vient ?
- Speaker #1
Ce qui me vient, c'est l'importance de créer un environnement qui soit sain pour les autres.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Pour moi, bien sûr, mais évidemment maintenant pour mes filles. Voilà, un environnement qui soit psychologiquement sain, avec des comportements qui sont sains. Et puis, ne pas faire porter aux autres son propre parcours, ses propres difficultés, etc.
- Speaker #0
C'est vrai que ce n'est pas facile d'en tirer un mot.
- Speaker #1
Voilà, en un mot, c'est un peu compliqué.
- Speaker #0
Mais c'est clair, c'est hyper clair.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Bon, tant mieux.
- Speaker #0
Le message est clair. Et donc dans cet environnement-là, enfin tu t'es dit, moi je serai...
- Speaker #1
Beaucoup plus cool.
- Speaker #0
Beaucoup plus cool. Et en termes de job, par exemple ?
- Speaker #1
Alors, en termes de job, je ne me suis rien dit. En fait, les vraies questions sur mon job, je me les ai posées il y a... Ça fait 4 ans maintenant,
- Speaker #0
4-5 ans.
- Speaker #1
C'est assez récent.
- Speaker #0
Parce que tu as quand même travaillé.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Tu as quand même pris des décisions.
- Speaker #1
Oui, tout à fait. J'ai commencé même très tôt à travailler puisque du coup, j'ai voulu m'extraire très rapidement de cet environnement.
- Speaker #0
Donc en fait, tu te dis que tu étais en quelque sorte dans un environnement qu'on pourrait qualifier un peu de toxique ?
- Speaker #1
Complètement, oui, bien sûr. Et tu vois, vers 15 ans, c'est l'âge où je me suis dit, le jour où je suis majeur, je m'en vais. Quel que soit, enfin voilà, je ne sais pas comment ça se passera, mais le jour où je suis majeur.
- Speaker #0
Donc c'est ça que tu t'es dit ?
- Speaker #1
C'est ça que je me suis dit il y a 15 ans. Et à 18 ans et 15 jours, je suis parti. Donc effectivement, c'est ce que j'ai fait. Et donc je suis parti alors que je venais de passer de mon bac. Ouais. Et je suis parti. Et donc j'ai fait des études supérieures. Et en fait, j'ai fait mes études. Et en parallèle, j'avais des boulots pour payer mon loyer. Enfin voilà, tout ça, tout le quotidien. Donc voilà.
- Speaker #0
Une sorte d'émancipation de ta famille.
- Speaker #1
Exactement, ouais, dont j'avais besoin, qui m'a fait beaucoup de bien. Et voilà, et donc effectivement, même si du coup, matériellement, c'était compliqué ces années-là, parce que voilà, bosser pendant les études supérieures, c'est pas forcément évident, mais c'était des années que moi, j'ai vécues et dont j'ai des super souvenirs, en fait, mais que j'ai vécues de façon ultra positive, parce que justement... Cette émancipation était au-dessus de toutes les difficultés quotidiennes que je pouvais avoir.
- Speaker #0
Qu'est-ce que ça t'a appris sur toi ?
- Speaker #1
Que j'étais capable de mettre en place justement cette vie plus saine dont je voulais en fait. C'était la concrétisation de ça en fait.
- Speaker #0
Il te manquait juste la majorité pour pouvoir le faire ?
- Speaker #1
Il me manquait la majorité. Donc quand je l'ai eu, effectivement, je l'ai fait. Mais du coup, à ce moment-là, je ne me suis pas posé de questions au niveau du travail. C'est-à-dire que j'ai pris des jobs étudiants pour vivre.
- Speaker #0
Et tu as fait quoi comme études ?
- Speaker #1
J'ai fait une école d'ingé.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Classe prépa et école d'ingénieur.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui t'a poussé à faire ça ?
- Speaker #1
Eh bien, en fait, j'aimais plutôt les domaines scientifiques.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'étais bon à l'école.
- Speaker #0
Ingénierie.
- Speaker #1
Pas plus de questions que ça.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'ai hésité entre classe prépa ou IUT parce que j'aimais bien le côté assez concret, pragmatique. Je suis parti finalement dans une prépa mais plutôt technique. Et puis ensuite, même les concours sont bien passés, etc. Donc j'ai intégré une bonne école et finalement, ça s'est fait un peu naturellement. en fait un peu tout seul, ça m'intéressait, j'étais bon, j'y suis allé. Mais sans interroger moi, mes vrais besoins, tout ça. Et puis je pense que ça remonte maintenant, et je pense que c'était aussi une époque où on interrogeait moins son rapport au travail, ce qu'on veut faire, etc. C'était plus par rapport à ce dont on était capable scolairement. qui dessinaient finalement la carrière ou le chemin qu'on suivait.
- Speaker #0
En fonction de tes facilités, en fait.
- Speaker #1
Exactement, c'est ça. Ce qui est une approche possible, mais pas la seule. Ça, j'ai découvert plus tard.
- Speaker #0
Tu as fait ta carrière dans l'ingénierie ?
- Speaker #1
Exactement, c'est ça. J'ai travaillé dans l'automobile pendant presque 20 ans.
- Speaker #0
D'accord. Et tu faisais quoi ?
- Speaker #1
La sortie d'école. Je travaillais sur les moteurs thermiques, moteurs de voiture. J'étais dans l'automobile. Donc ça pendant un bon moment.
- Speaker #0
Ça t'a plu ?
- Speaker #1
Oui, j'ai vraiment beaucoup aimé ce que j'ai fait. Et puis là aussi, ça se passait bien, les promotions, etc. Donc en plus, j'avais de la reconnaissance dans le travail, etc.
- Speaker #0
Un environnement sain.
- Speaker #1
Voilà, au début.
- Speaker #0
Au début.
- Speaker #1
Mais oui, je m'épanouissais là-dedans. Sur la fin, j'ai fait le virage vers l'électrique.
- Speaker #0
OK.
- Speaker #1
Un virage que tous les constructeurs automobiles prennent, enfin continuent de prendre maintenant. Mais voilà, j'ai connu ce virage-là avant de partir.
- Speaker #0
Et ce virage, comment tu l'as vécu ?
- Speaker #1
Alors, ce virage, c'est pas tellement le virage de l'électrique, c'est tout ce qu'il y a eu autour, en fait, qui a été plus compliqué. C'est à ce moment-là, en fait, où la situation s'est compliquée pour moi dans le travail.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Et ce qui m'a fait prendre conscience de plein de choses.
- Speaker #0
Donc, c'est là qu'on voit, c'est au moment où il y a une difficulté, qu'il y a cette prise de conscience.
- Speaker #1
Ah ouais, complètement.
- Speaker #0
Qu'il y a quelque chose à l'intérieur de toi qui n'est pas forcément aligné entre ce que tu fais... Et ton désir profond, en fait.
- Speaker #1
Exactement. Donc, ça s'est fait en deux étapes, en fait, qui ont été deux burn-out, tout simplement.
- Speaker #0
Wow, OK.
- Speaker #1
Donc, le premier, en fait, il est arrivé pas par le travail. En fait, il se trouve qu'à ce moment-là, ma femme était en reconversion. Elle s'est reconvertie avant moi. Elle était en reconversion, donc pas mal de choses à faire. Et nous, à ce moment-là, les petites étaient en... en bas âge, toute petite. Donc, je m'occupais beaucoup des filles. Donc, évidemment, en plus du travail. Et en parallèle, on a eu une opportunité absolument géniale, c'est qu'on a pu faire construire notre maison. Mais je gérais aussi ce truc-là. Enfin, gérer.
- Speaker #0
Ce truc, c'est quoi ce truc ?
- Speaker #1
Le chantier de la maison.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Alors, je ne gérais pas le chantier, mais c'est moi qui faisais beaucoup l'interface avec le constructeur de la maison, etc. Donc tout ça a fait trop en fait, beaucoup et trop. Et donc un jour, j'ai fait un petit malaise au boulot. Rien de... Un malaise évidemment pas grave physiologiquement.
- Speaker #0
T'as fait un malaise vagal ?
- Speaker #1
Ouais, c'est ça.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et du coup évidemment, batterie de test, etc. Mais tout va bien. Physiologiquement, tout allait bien. Mais voilà, obligé de s'arrêter. Donc je me suis arrêté. je me suis arrêté 3 mois et à ce moment là au bout de 3 mois je me sentais beaucoup mieux et donc je suis retourné au boulot et c'était le moment où justement je changeais de poste et c'est le moment où j'ai fait ce virage et j'ai pris un poste qui était le poste finalement dont je rêvais depuis longtemps c'était quoi comme poste ? En fait, à ce moment-là, je suis parti techniquement sur les batteries des voitures hybrides. Et donc, j'étais responsable de tout le développement et toute la validation de toutes les batteries hybrides pour le constructeur pour lequel je travaillais. Et en plus, c'était très sympa parce que j'avais un collègue qui était un ami et qui était un pote de promo au départ, qui lui faisait la même chose pour les véhicules électriques. Donc on était deux copains et on faisait toutes les batteries.
- Speaker #0
Une bonne équipe.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. C'était assez sympa. Sauf que, alors ça faisait déjà quelques temps, mais là je me suis pris de plein fouet. Le management avait changé dans son attitude, dans sa façon de gérer les choses. Et en fait, c'était notamment des postes où on est censé avoir justement beaucoup d'autonomie et être responsable de son truc. à développer. Sauf qu'en fait, j'avais mes patrons qui passaient leur temps à avoir leur tête par-dessus mon épaule pour m'expliquer qu'eux, à ma place, ils auraient fait différemment. Ce qui est tout à fait logique, puisque chacun est unique, donc chacun fait à sa façon. Sauf qu'en fait, ça empêche d'avancer complètement, ça sclérose le truc. Et dès qu'on dit quelque chose, on dit « Ah ouais, mais t'aurais pu le faire autrement. » Ok, oui, j'aurais pu le faire autrement, mais à un moment donné, soit on avance, soit...
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Soit tu passes ton temps à me dire comment je devrais faire mon travail. Donc ça s'est très mal passé. Et puis en plus, avec des pressions énormes, un management complètement déconnecté de la réalité, qui demande tout et son contraire dans des délais absolument impossibles. C'était au moment du confinement, du Covid.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et je me rappelle des week-ends de ponts. Le pont du mois de mai notamment, où j'ai passé mes week-ends. On avait une première sortie en série de la première batterie. Des week-ends entiers passés au téléphone avec les usines. Et le rythme de vie devenait vraiment n'importe quoi. C'est-à-dire que je démarrais le matin à 7h, je finissais à 21h, sans aucune pause dans la journée, avec tout le temps en permanence dans mon agenda, 4 ou 5 rayons en parallèle, donc obligé de jongler avec tout ça, de ne pas avoir le temps de faire des choses, et puis d'être juste... épuisé en fait et là j'ai senti que le deuxième burn out arrivait j'ai senti que là ça allait pas tenir et sur ces entrefaites là coup du sort ou synchronicité ma boîte annonçait un plan de départ donc là je me suis dit bon c'est l'occasion cet environnement ne me convient pas il faut que je parte mais au départ sans me dire je vais partir faire autre chose au départ en me disant je vais rester dans le même type de métier mais je vais choisir un environnement plus sain Et j'ai même passé quelques entretiens, et je me rappelle très bien pendant ces entretiens-là, notamment un, où c'était comme si je passais l'entretien et en même temps j'étais un peu au-dessus, pas une dépersonnalisation, mais presque, en fait j'avais un côté où je me disais « mais qu'est-ce que je fous là en fait ? » Et là vraiment je me suis dit « non, en fait j'ai besoin de quelque chose de plus profond, d'un changement plus profond, c'est pas que l'environnement, il y a autre chose qu'il faut que j'aille chercher. »
- Speaker #0
Comment tu as ressenti ça ?
- Speaker #1
C'est de l'ordre de l'intuition en fait.
- Speaker #0
Oui, une sorte d'évidence.
- Speaker #1
Exactement, exactement. Et ça c'est un truc dont je me suis rendu compte, c'est que finalement, quand on réussit justement à se connecter à cette intuition, cette sorte d'évidence, les décisions sont 1. faciles, et 2. paraissent évidentes en fait. En mettant un peu de conscience là-dessus en fait. On sait très vite ce qu'on veut et ce qu'on ne veut pas, en fait. On le ressent tout de suite.
- Speaker #0
Et là, justement, qu'il y a eu un pas de côté.
- Speaker #1
Et c'est là qu'il y a eu un pas de côté.
- Speaker #0
Alors, parlons de ça.
- Speaker #1
Donc, ce pas de côté, en fait, du coup, au lieu de... Il y avait plusieurs dispositifs dans ce plan de départ. Donc, il y avait un dispositif pour partir avec un nouveau travail. Et puis, il y avait un dispositif pour se reconvertir. Du coup, j'ai switché sur ce dispositif-là. J'ai fait le dossier, etc. Et je suis parti. Alors, ce qui se trouve, c'est que... En même temps de ça, mon père a déclaré un cancer, un cancer déjà un peu compliqué. Ok. Donc du coup, voilà. Et sachant que moi, j'étais complètement épuisé, Zermann out, il est arrivé, etc. Et puis du coup, ça a traîné le temps de faire ce dossier, de partir. Moi, je suis parti complètement claqué. Donc, j'ai pris quelques mois pour moi. J'ai accompagné mon père en fin de vie. Et moi, je me suis juste posé un peu ressourcé, etc. Avant de de vos parties. Et puis ensuite, moi j'ai eu cette phase-là de plus tranquille. Et je me suis dit, ok, je sais ce que je ne veux pas, mais je ne sais pas exactement ce que je veux. Et pour ça, je vais avoir besoin d'aide pour me poser les bonnes questions en fait. Je ne savais pas par quel bout prendre le sujet en fait. Et donc j'ai fait un coaching hors conversion à ce moment-là.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Que j'ai choisi parce que... Ce n'était pas simplement quelque chose de professionnel. C'est-à-dire que, évidemment, c'était un but professionnel, pouvoir choisir sa voie professionnelle. Mais la méthode de cette coach-là, c'était justement d'aller interroger toutes les dimensions de la personne. Donc, quelles sont tes valeurs ? On en parlait tout à l'heure. Quelles sont tes valeurs ? Quel est le rythme de vie dont tu as envie ? Qu'est-ce que tu aimes faire ? vers quoi tu te projettes, enfin voilà, plein de façons différentes d'aborder ce sujet-là. Et puis en parallèle, on met dans la balance les différentes idées qu'on peut avoir de domaines dans lesquels on veut aller. Et ensuite, on fait le croisement, évidemment, et c'est là où la méthode fonctionne très bien, puisque finalement, moi, j'avais que des idées de domaines que je connaissais très peu.
- Speaker #0
D'accord. Comme quoi, par exemple ?
- Speaker #1
Alors la première idée c'était de partir dans le domaine du bien-être.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et puis la deuxième idée ça a été la photo qui est arrivée. Donc voilà, deux domaines où professionnellement j'y connaissais rien. Et on ressort de ce coaching-là avec l'intime conviction que c'est la bonne voie, alors que c'est quelque chose qui est inconnu. C'est là où j'ai trouvé ça assez fort.
- Speaker #0
Donc pour faire ton pas de côté, tu t'es fait accompagner.
- Speaker #1
Ah oui, oui. Oui, parce que...
- Speaker #0
Ça a duré combien de temps ?
- Speaker #1
Ce coaching-là, c'est deux à trois mois, quelque chose comme ça.
- Speaker #0
C'est relativement rapide ?
- Speaker #1
C'est assez rapide, ouais.
- Speaker #0
Parce que deux, trois mois avant, tu te dis, ok, je quitte l'ingénierie, l'industrie automobile.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et trois ans plus tard, tu te dis, ok, je te photographe.
- Speaker #1
Exactement. Et en étant persuadé que c'est exactement ce qu'il me faut.
- Speaker #0
Génial.
- Speaker #1
Ouais, ouais. Mais ça, effectivement, c'est le fait de m'être fait coacher qui me...
- Speaker #0
Puis ça t'a permis d'aller à ton désir profond.
- Speaker #1
Oui, exactement. Exactement. Et le fait finalement d'être déjà parti m'a aidé aussi là-dessus, parce que finalement j'avais déjà débranché toute ma vie d'avant.
- Speaker #0
Tout était possible en fait.
- Speaker #1
Exactement. Toutes les voies étaient déjà ouvertes en fait. Il y a beaucoup de... d'autres personnes qui sont coachées, parce qu'on a des coachings de groupe, etc., donc j'en ai croisé pas mal aussi. Notamment, les inquiétudes liées à l'aspect financier sont assez récurrentes, logiques, mais moi, finalement, je m'étais déjà libéré de ça, parce que j'étais parti, en fait. Donc, c'était plus un obstacle à partir. Donc, finalement, c'était assez facile, en fait, pour moi.
- Speaker #0
Et comment t'as fait, alors, pour devenir photographe ?
- Speaker #1
Et bien alors ensuite, une fois que je me suis dit je veux être photographe...
- Speaker #0
C'est évident, il n'y a pas besoin de le dire.
- Speaker #1
Non, non, c'est pas évident, mais j'ai fait une école photo en fait. Parce que je voulais deux choses. Un, évidemment, avoir l'ensemble des compétences techniques dont j'avais besoin. Et puis deux, me sentir complètement légitime moi dans ma position de photographe. Donc j'ai fait une école photo. pendant... ça a duré entre un et deux ans. Et puis ensuite...
- Speaker #0
C'était comment, de retourner aux études ?
- Speaker #1
C'était génial, c'était très chouette, j'étais dans un truc qui m'intéressait. En plus, on explore plein de domaines différents de la photo, ce qui permet aussi justement de se confronter à la réalité des différents domaines, et là aussi, aller faire appel à son intuition, son ressenti, qu'est-ce qui nous plaît, qu'est-ce qui nous plaît pas. C'est d'ailleurs... À ce moment-là que j'ai orienté mon domaine, enfin le domaine de la photo que je voulais aller explorer.
- Speaker #0
C'est quoi ce domaine ?
- Speaker #1
Donc c'était plutôt le portrait.
- Speaker #0
Ouais, qu'est-ce qui te plaît dans le portrait justement ?
- Speaker #1
Ce qui me plaît en fait c'est justement d'aller me connecter avec quelque chose de profond dans les gens que je rencontre. finalement d'aller derrière le masque social et d'aller à la rencontre de ce que les gens sont vraiment.
- Speaker #0
De l'intimité.
- Speaker #1
Oui, exactement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui te plaît dans cette démarche-là ?
- Speaker #1
Le fait d'aller chercher une forme de lâcher prise, une forme d'intimité effectivement, et finalement quelque chose d'essentiel dans la vie. tout le monde en fait, qui va au-delà de qui on est, de la vie sociale qu'on s'est construite, la vie familiale qu'on s'est construite, le travail qu'on a, et finalement d'aller chercher plus loin que ça.
- Speaker #0
Quand tu dis une forme d'essentiel dans la vie de tout le monde, en quoi ça pourrait parler de toi ?
- Speaker #1
C'est parce que c'est l'exact miroir de ce qui, moi, me touche. Et que moi, finalement, le travail que j'ai et la valeur sociale qu'il renvoie, je m'en fiche complètement. Alors qu'effectivement, j'étais ingénieur, donc avec un truc socialement qui renvoie plutôt quelque chose de bien, de valorisant. Mais en fait, je m'en fous.
- Speaker #0
C'est pas ta valeur à toi ?
- Speaker #1
Non, c'est pas ma valeur à moi. et je préfère me connecter réellement aux gens et à ce qu'ils ressentent, à leurs émotions, à ce qui les touche. Pour moi, ça a infiniment plus de valeur.
- Speaker #0
Et ça, ça t'anime.
- Speaker #1
Exactement.
- Speaker #0
Et ça s'entend.
- Speaker #1
Et c'est ce qui fait que finalement, j'en suis arrivé à la photographie thérapeutique. Parce que quand je suis parti dans la photo, je voulais justement garder aussi cette dimension du bien-être. Je t'ai dit que dans les idées de reconversion, c'était le bien-être même en premier. La photo est arrivée ensuite. Finalement, c'est plutôt la photo qui l'a, entre guillemets, emportée, qui matchait plus avec qui je suis. Mais cette histoire de bien-être me trottait dans la tête. Alors, j'ai mis du temps, mais voilà, en un à deux ans, en malaxant finalement ce concept, cette alliance des deux, etc., c'est là où j'ai fini par construire justement mon approche de la photo thérapeutique, qui, du coup, allie les deux et allie justement cette connexion. profonde aux gens. Donc ouais, effectivement, moi, c'est ce qui m'intéresse et qui suis, c'est ce qui m'anime et donc c'est ce que je vais amener aux gens.
- Speaker #0
Ça a complètement du sens tout ça, c'est hyper logique. Et est-ce que tu peux te décrire ce que c'est la photothérapeutique ?
- Speaker #1
Ouais, bien sûr. Alors la photothérapeutique... Ça consiste en fait à aller, à ne pas faire de la photo pour les photos. Et finalement, à aller chercher ce que l'image de soi peut nous apporter en termes de, justement, de reconnexion à qui on est, d'avancement sur un chemin personnel de meilleur. connaissance de soi ou de réconciliation ou d'acceptation, et donc de façon générale d'estime de soi en fait. Et donc en fait, la photographie thérapeutique, ce n'est pas une séance photo. Il y a bien sûr une séance photo, mais en fait c'est tout un processus d'accompagnement de la personne dans lequel évidemment va y avoir la photo. Je suis photographe, je ne suis pas thérapeute, et c'est d'ailleurs pour ça que j'utilise ce terme-là. photographie thérapeutique et pas photothérapie, parce que ça existe aussi, mais là ce sont des thérapeutes qui utilisent la photo comme un outil, mais comme un outil dans une thérapie, donc avec un objectif de soin et de mieux-être. Moi je suis pas dans le soin de quelque chose chez la personne, je suis dans l'accompagnement et le fait de faire un pas dans cette direction là pour la personne je me suis entouré Justement de thérapeute, etc. pour les personnes qui ont besoin de ce côté thérapie. Mais voilà, moi c'est de la photo thérapeutique, donc c'est vraiment de la photo, mais amenée d'une certaine façon, faite d'une certaine façon avec un processus, avec des... En fait on a plusieurs rendez-vous, plusieurs séances, et on ne fait pas de photo dans un certain nombre de séances. Et en fait c'est tout ça...
- Speaker #0
Et vous faites quoi ? Pendant les séances, est-ce que tu peux raconter justement ton processus ? Par exemple, si je viens te voir pour faire de la photothérapeutique, pour travailler mon estime de soi, qu'est-ce que tu me proposes comme parcours alors ?
- Speaker #1
Alors, il y a plusieurs parcours possibles, mais on va dire qu'il y a des fondamentaux qui se retrouvent à chaque fois. Le premier fondamental, évidemment, c'est toute la partie... Prise de connaissances, évidemment, échanges avant, il y a évidemment des premiers échanges, et ensuite, je vais te demander, toi, de réfléchir sur toi, en fait, pourquoi est-ce que tu as envie de venir faire ça, justement, qu'est-ce qui est important pour toi, où est-ce que tu sens que ça peut bloquer, quel est ton rapport à ton image, à ton corps, voilà, et puis qu'est-ce que tu... Qu'est-ce que toi tu attendrais en fait ? Quel est l'objectif en tout cas avec lequel tu viens ? Donc voilà, il y a une partie vraiment introspective pour toi. Là c'est entre guillemets un travail que toi tu vas faire. Et alors évidemment, comme je pense n'importe quel même thérapeute, il n'y a aucune obligation et la personne dit ce qu'elle a envie de dire, ce qu'elle a envie d'y amener. ou en tout cas ce qui est important pour elle à ce moment-là. Donc il y a cette partie-là où je vais faire en sorte qu'elle puisse se poser là-dessus. Ensuite, on va évidemment avoir un ou plusieurs échanges. Donc là, c'est des séances où on va tout simplement discuter. Comme aujourd'hui, on boit une boisson, on discute, et on part finalement des éléments que la personne m'a amenés pour aller un peu plus loin et commencer là vraiment à définir la partie photo. ce qu'elle veut aller chercher, etc. Ensuite, bien sûr, viendra la partie photo.
- Speaker #0
Et donc là, j'imagine, c'est dans ton studio ?
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Alors, le lieu, là aussi, il y a beaucoup de possibilités, en fait. Moi, j'ai un studio, mais j'ai aussi, je peux recevoir chez moi et faire des photos, non pas type studio avec un fond uni, mais en environnement naturel. Je peux aller chez la personne. un lieu qu'elle a, même en extérieur. On peut faire une multitude de choses. Et souvent, d'ailleurs, on va aller travailler différentes choses. L'extérieur, il y a une espèce de liberté, par exemple, ou de reconnexion à la nature qu'on peut aller chercher beaucoup plus facilement. À l'inverse, en intérieur, c'est beaucoup plus cocooning, beaucoup plus intime. Donc on peut donner une tonalité à la séance en fonction du lieu dans lequel on l'a fait.
- Speaker #0
Et puis ensuite, il y a la partie découverte des photos, qui est très importante en photographie thérapeutique, puisque là aussi, il faut accompagner la personne à se voir. Parce qu'en fait, on se voit tous dans son miroir de salle de bain le matin, donc sous un angle frontal, pas forcément le plus flatteur, avec une lumière souvent pas terrible. Et puis c'est souvent le matin, on n'est pas réveillé. Le cerveau, au bout d'un moment, il engraine une image de soi qui n'est pas flatteuse et qui ne correspond pas à l'image qu'on renvoie aux autres, forcément. Donc forcément, il y a... Alors, ce n'est pas un choc, il ne faut pas exagérer, les gens se connaissent, mais il y a quand même toujours une forme de surprise, justement dans la découverte des photos, et qui peut parfois, là aussi, faire remonter des choses. Donc c'est important d'accompagner ça.
- Speaker #1
T'observes... ce moment d'effet de surprise, qu'est-ce qui se passe chez toi ?
- Speaker #0
De la surprise aussi. Parce que finalement, c'est là où je vais vraiment être confronté au point de vue de l'autre personne et à la différence finalement de nos points de vue. Notamment par rapport au rendu des photos et au fait que la personne va aimer ou au contraire ne pas aimer, entre guillemets, certaines images. et que moi, ce n'est pas forcément les mêmes. Et donc, justement, c'est cette confrontation de point de vue et cet accompagnement qui est nécessaire pour aussi, moi, amener mon point de vue à la personne, pour l'aider aussi à se détacher de son propre regard. Et justement, essayer de se voir d'une autre façon, et juste d'une façon plus bienveillante, parce qu'en fait, bien souvent, on se voit de façon très négative. Et finalement, on a tous un truc qu'on n'aime pas chez nous. Mon nez, il est comme ci. Mon oreille, je ne l'aime pas. Enfin, voilà, on a tous des trucs. On a tous des trucs.
- Speaker #1
Et cet accompagnement, il dure combien de temps ?
- Speaker #0
C'est sur quelques semaines, généralement. Voilà, c'est des choses qui sont assez courtes, mais après, qui sont personnalisables suivant la personne. Tu vois, notamment les rendez-vous de préparation d'échange avant. Il y en a toujours au moins un, c'est nécessaire. Il y a des personnes pour qui un rendez-vous, entre guillemets, suffit. Il y a d'autres personnes qui ont besoin d'aller explorer plus de choses, d'exprimer. Donc c'est plusieurs rendez-vous, et dans ce cas, on les étale, donc ça rallonge le processus. Mais voilà, en soi, souvent c'est quelques semaines.
- Speaker #1
Comment tu vis ce switch de vie, toi ?
- Speaker #0
Ah bah alors moi je...
- Speaker #1
Parce que ça n'a rien à voir ?
- Speaker #0
Ah non, plus rien à voir, mais je me... Je me sens beaucoup plus à l'aise avec ce que je fais.
- Speaker #1
Ça vient répondre à quel besoin intérieur ?
- Speaker #0
Une sorte de besoin de tranquillité et de sérénité. Je n'ai plus de « il faut faire ça » .
- Speaker #1
Il n'y a plus d'injonction.
- Speaker #0
Il n'y a plus d'injonction. Je fais les choses parce que j'ai envie de le faire, parce qu'à chaque fois que je rencontre quelqu'un, j'ai envie de faire ses séances, de lui apporter ça, enfin voilà, donc ouais, je ne suis pas du tout effectivement dans une injonction ou une forme d'obligation. Je ne le fais pas parce que je dois le faire, je le fais parce que j'ai envie de le faire. Ça change tout. En fait, c'est la motivation intrinsèque qui... qui du coup est hyper forte, qui fait qu'on ne fait plus les choses en se sentant obligé de les faire, mais on fait les choses pour autre chose.
- Speaker #1
Et là, c'est pour quoi ?
- Speaker #0
Pour être aligné avec ce que je pense et ce que je suis, en fait. Oui, c'est ça, c'est l'alignement.
- Speaker #1
Si, là, aujourd'hui, tu pouvais aller parler au petit Axel.
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu auras envie de lui dire, déjà, et quels conseils tu pourrais lui donner ?
- Speaker #0
Un, de s'écouter, de s'écouter beaucoup plus, parce qu'on a tendance à... Enfin, en tout cas, moi j'avais cette tendance-là. à finalement beaucoup écouter les autres et puis à se dire que Que s'écouter, quelque part, c'est être un peu égoïste. Sauf qu'en fait, je me suis rendu compte que ça n'est pas du tout. Donc paradoxalement, en fait, s'écouter, c'est justement la base du reste. Si on ne prend pas soin de soi, on ne peut pas prendre soin des autres. Et donc, il faut s'écouter, et entre guillemets, peu importe les conséquences que ça peut avoir sur... sur les autres, etc. Alors, c'est pas être...
- Speaker #1
Alors, pense à ce que tu lui dis directement, à ce petit garçon.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Si tu lui parles directement...
- Speaker #0
Ce serait de s'écouter et de faire appel à son intuition.
- Speaker #1
Parle-lui directement. Ça a beaucoup plus d'impact.
- Speaker #0
Eh ben, Axel... Alors, comment lui dire ? Ce qui est important, ce n'est pas d'écouter les autres, c'est d'écouter toi, de suivre ton intuition surtout. Donc de prendre le temps de ressentir les choses et du coup de ressentir l'évidence en fait. Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Comment tu te sens d'avoir dit tout ça ?
- Speaker #0
Moi maintenant je me sens beaucoup mieux parce que finalement tout ça je suis capable justement d'avoir cette conscience de tous ces sujets là parce que justement j'ai fait ce parcours. Donc je suis très content d'en être arrivé là où j'en suis arrivé maintenant.
- Speaker #1
Super ! Est-ce que T'as d'autres choses à exprimer par rapport à ce pas de côté, à cette reconversion, à cette permission que tu t'es donnée de devenir photographe ?
- Speaker #0
Alors c'est très marrant parce que la permission, j'ai pas eu l'impression de me donner une permission en fait. J'ai rencontré plusieurs personnes qui m'ont dit... C'est courageux d'avoir osé, d'être parti de ton travail, d'avoir osé le faire, etc. En plus, tu ne savais pas ce que tu allais faire et tout. Je ne l'ai pas du tout vécu comme un truc courageux. Absolument pas. Pour moi, ce n'est pas courageux. Pour moi, ça s'est imposé à moi-même. Même physiquement. Je suis parti après deux burn-out. C'est juste que je ne pouvais plus. Donc la décision a été pour moi ultra facile. Et finalement, ultra évidente. Et donc, pour moi, le courage n'est venu à aucun moment.
- Speaker #1
Pas d'effort.
- Speaker #0
Pas d'effort. Pas d'effort. Mais par contre, des grosses lacs. Ça, on est d'accord. Et je pense qu'effectivement, tout l'intérêt, c'est d'être capable finalement de faire ce chemin-là avant, pour justement éviter d'arriver à des situations comme des burn-out, ou ce genre de choses, parce que c'est quand même des passages compliqués. Donc, c'est bien d'en avoir conscience avant et justement de réussir à s'écouter plus tôt, en fait. Ça évite ce passage douloureux, mais...
- Speaker #1
Donc, alors, si je précise, si je comprends bien ce que tu dis, c'est la permission de t'écouter, en fait. Oui. C'est ça. De quoi tu aurais eu besoin pour te donner cette permission-là, de t'écouter plus tôt, au juste moment ?
- Speaker #0
De quoi tu aurais eu besoin à ce moment-là ? À ce moment-là ? Non, je pense, et là, j'en reviens au début de l'entretien, je pense qu'en fait, c'est lié justement au schéma de protection que j'ai développé dans l'enfance, par rapport à mon environnement toxique. Donc, j'aurais eu besoin, en fait, juste d'un autre environnement. plus sain, quand j'étais enfant. Et c'est pour ça que je ne l'ai pas développé naturellement. Et qu'il a fallu que j'aille au point de rupture pour m'en rendre compte, et pour en prendre conscience.
- Speaker #1
Donc quelque part, le fait de savoir faire avec un environnement toxique, ça t'a amené au burn-out ?
- Speaker #0
Oui, complètement, bien sûr. Oui, parce qu'en fait, tu mets en place des schémas qui en fait sont... sont adaptés à la situation mais qui en fait ne sont pas des schémas sains pour soi-même en fait. Ce sont des schémas de protection pure, donc qui n'ont qu'un temps. le temps de sortir de cet environnement toxique. Mais comme tu les as mis en place, après, c'est des schémas qui restent gravés en toi, que tu continues d'appliquer, même dans un environnement devenu sain. Sauf que, bah ouais, ça finit par appuyer, en fait, ce genre de schéma.
- Speaker #1
C'est ce que t'as vécu.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Et c'est ce moment de fracture qui t'a permis, quelque part, d'en sortir.
- Speaker #0
Exactement. C'est ça. Oui, tout à fait.
- Speaker #1
Bien. Est-ce que t'as autre chose à ajouter ou pas ?
- Speaker #0
Je pense que j'ai fait le tour.
- Speaker #1
Tu as fait le tour ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Est-ce que tu serais d'accord qu'on fasse un petit exercice ensemble de visualisation ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr.
- Speaker #1
Oui, ça te va ? Alors, tu connais un peu le bien-être, donc peut-être que tu connais la façon de s'installer pour rentrer un peu en méditation ? Oui. Oui ? Donc je t'invite à t'installer confortablement dans le canapé, les pieds bien à plat, le dos bien... Voilà, tu connais par cœur. C'est bon. Et je t'invitais à prendre 2-3 respirations bien profondes ventrales afin d'installer la détente à l'intérieur de ton corps. Et quand ce sera ok pour toi, je t'invite à te projeter dans 5 ans, en 2030, dans un futur idéal où tout est possible. où tu veux, comme tu le souhaites, avec qui tu veux, aucune contrainte. Où es-tu ?
- Speaker #0
Je suis dans un environnement au milieu des pins.
- Speaker #1
Au milieu des pins, ok. Qu'est-ce que t'entends ?
- Speaker #0
J'entends le bruit de petits oiseaux et le bruit du vent dans les branches.
- Speaker #1
Est-ce que tu ressens ce vent aussi sur toi, peut-être ?
- Speaker #0
Un petit peu, mais c'est léger, c'est une petite brise.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y a des odeurs ?
- Speaker #0
Oui, l'odeur de pain.
- Speaker #1
Et qu'est-ce qui se passe autour de toi ?
- Speaker #0
Il y a des rires d'enfants. Oui, il y a des rires, des éclats de rire.
- Speaker #1
Et toi, tu fais quoi ?
- Speaker #0
Moi, je regarde ça avec une espèce de sourire béat.
- Speaker #1
Et que ressens-tu ?
- Speaker #0
La détente et de la sérénité. Une espèce de sentiment d'accomplissement.
- Speaker #1
Et ce sentiment d'accomplissement, il vient de quoi ? Qu'est-ce que tu as accompli ?
- Speaker #0
C'est pas forcément ce que j'ai accompli, mais c'est cette impression d'être au bon endroit au bon moment en fait. D'être arrivé là où je voulais arriver.
- Speaker #1
Au milieu des pains avec des rires d'enfants.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça.
- Speaker #1
Quelle est ta mission ? de vie à ce moment-là.
- Speaker #0
De transmettre ça.
- Speaker #1
Alors je te laisse respirer dans cette détente, dans cet environnement serein, afin que tu puisses bien en profiter. Et puis de prendre à nouveau quelques respirations bien profondes, de t'étirer si tu en as besoin, de bailler peut-être. Et de rouvrir les yeux, de revenir dans ce cabinet à Versailles, tranquillement. Comment ça va ?
- Speaker #0
Ça va très bien. Les exercices de visualisation, c'est quelque chose que j'ai découvert pour la première fois.
- Speaker #1
Alors on va rester là avec ce que tu ressens, je t'en prie, reste avec ça. Et qu'est-ce que tu pourrais mettre en place pour aller vers ce futur idéal ?
- Speaker #0
Je pense qu'en fait je le mets déjà en place. C'est-à-dire justement de... Mais c'est de mettre encore plus de conscience sur l'importance, même dans le quotidien, de se sentir aligné avec son intuition, ce qui nous fait vibrer. Et je pense que c'est comme ça qu'on arrive dans ces situations où à un moment donné on se dit « voilà, ça y est » .
- Speaker #1
Est-ce que je peux me permettre de te demander de le redire à la première personne ?
- Speaker #0
Oui, alors... Alors attends, qu'est-ce que j'ai dit exactement ? Ça y est, j'ai oublié.
- Speaker #1
Afin de bien l'ancrer à l'intérieur.
- Speaker #0
Oui. Je pense qu'en faisant appel à mon intuition et en mettant justement de la conscience au quotidien sur le fait d'être aligné avec ce qu'on ressent et son intuition, c'est comme ça qu'on crée les conditions pour justement... qu'autour de moi, je puisse avoir justement cet environnement où d'un coup, j'en arrive à me dire, bah oui, c'est là où je voulais être.
- Speaker #1
Super. Est-ce que tu aurais un conseil à donner à ceux qui nous écoutent ?
- Speaker #0
De faire un premier pas pour justement... se reconnecter à son intuition à soi quel qu'il soit et quelle que soit la façon de l'amener tu vois toi tu es psy et coach et tu amènes ça je suis photographe, j'amène ça aussi au travers de ma photo il y a plein de il y a plein encore d'autres façons de le faire et chaque Chaque domaine peut amener quelque chose, mais c'est justement de faire un premier pas vers cette connexion qui en amènera d'autres et qui finira par construire un chemin. Super.
- Speaker #1
On arrive au bout de ce chemin-là, ensemble. Tu repars avec quoi en deux, trois mots ?
- Speaker #0
En deux, trois mots, eh bien le... Moi, je suis toujours content de partager mon expérience, parce que, ce n'est pas juste pour parler de moi, mais c'est parce que je sais que ça peut aussi aider d'autres personnes, justement, à un moment donné, à se... au moins alimenter une réflexion. Peut-être du coup qu'on continuera un premier pas, etc. Et en fait, c'est ça. Moi, je trouve que c'est un chemin qui m'a tellement apporté. Je ne suis encore pas au bout du chemin. Mais déjà, justement, faire ce pas de côté est tellement important et m'a permis de me recentrer, de tellement me sentir mieux, etc. dans ma vie. Oui, c'est quelque chose que j'ai envie de faire. de partager aux autres et de montrer que c'est possible. Et que justement, il faut essayer d'enlever un certain nombre de barrières qu'on a. Souvent, on entend « enlever ses propres barrières » , etc. Mais je trouve ça très culpabilisant. Les barrières, on les a aussi par l'environnement, la société, ce que nos parents nous ont apporté, plein de choses. Donc, c'est malgré soi. Mais il y en a, des barrières, et donc il faut les faire sauter une à une. Donc ouais, un premier pas, c'est déjà un bout de barrière qui saute.
- Speaker #1
Un bout de barrière qui saute.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
J'aime bien. Eh ben écoute, merci pour tous ces mots, pour ce moment partagé.
- Speaker #0
Eh ben merci à toi de m'avoir invité. Je suis ravi d'avoir pu partager juste mon expérience, et puis voilà, si effectivement ça peut aider les gens, eh ben j'en serais ravi.
- Speaker #1
Super. À bientôt.
- Speaker #0
À bientôt.