- Speaker #0
Bonjour chères auditrices, chers auditeurs, bienvenue sur mon pas de côté, le podcast qui te donne la parole et met en valeur ton expérience et ton audace. On m'a dernièrement fait un super feedback en osant actionner de nouveaux leviers dans ma vie. Il paraît que j'ai donné de l'énergie à d'autres pour se lancer. On appelle ça la modélisation en psychologie. Alors, je te propose de venir à mon micro pour me parler de ta personne et permettre à d'autres de modéliser sur toi. Prêt ? Prête ? À raconter ton pas de côté ? C'est parti ! Bonjour France.
- Speaker #1
Bonjour Odine.
- Speaker #0
Je suis ravie d'être à ton cabinet aujourd'hui.
- Speaker #1
Ben, moi je suis ravie de t'avoir ici.
- Speaker #0
Merci. Peut-être que dans un premier temps tu pourrais te présenter. Alors je t'écoute.
- Speaker #1
Alors je m'appelle France Brécard, je suis psychopraticienne et aussi formatrice à l'école d'analyse transactionnelle de Paris dont je suis aussi la gérante c'est la personne qui s'occupe avec notre directeur administratif de tout ce qu'il y a à faire, du suivi, du travail avec l'école.
- Speaker #0
Les coulisses de l'école.
- Speaker #1
Les coulisses de l'école. Donc ça veut dire que je m'occupe à la fois des comptes, de la communication, du rapport avec les élèves. Je suis un peu tout terrain.
- Speaker #0
Il y a combien d'élèves à peu près ?
- Speaker #1
Alors il y a à peu près... 150 élèves sur 5-6 années, 7 années de formation, entre le début de la base et la fin.
- Speaker #0
Donc beaucoup de travail.
- Speaker #1
Il y a pas mal de travail, oui.
- Speaker #0
Et d'où tu viens alors ?
- Speaker #1
Alors je viens du lycée Victor-Duruy, où j'ai fait toutes mes études secondaires du jardin d'enfants au bac.
- Speaker #0
Alors Victor-Duruy, c'est quoi symboliquement ?
- Speaker #1
Alors Victor Durhui, c'était un très grand lycée parisien quand j'étais jeune et dont on disait que c'était le meilleur lycée de Paris.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
C'est ce qu'il disait. Et quand on n'était pas gentille et pas contente, les profs nous disaient, si vous n'êtes pas contente, il y a dix personnes qui attendent votre place.
- Speaker #0
Waouh.
- Speaker #1
Donc, comme moi j'étais entrée à quatre ans, j'avais une espèce de... De chemin tout tracé jusqu'au bac, voilà.
- Speaker #0
Et ça t'a appris quoi alors d'être dans cette excellence-là ?
- Speaker #1
Ça m'a appris à être belle.
- Speaker #0
Ok !
- Speaker #1
Et à me bagarrer sans arrêt avec les profs. Mais j'ai réussi à tenir jusqu'à la fin. C'était moins une à la fin.
- Speaker #0
C'est vrai ? Pourquoi ?
- Speaker #1
Parce qu'ils ont... La directrice a écrit une lettre à ma mère disant qu'en cas de... D'échec au baccalauréat, je ne serais pas admise à redoubler en terminale parce que je n'avais pas l'esprit scolaire. Ce à quoi ma mère a répondu très bien, qu'elle était très étonnée puisque je n'avais jamais été dans un autre établissement que celui-là et qu'elle ne comprenait pas pourquoi je n'avais pas l'esprit scolaire.
- Speaker #0
Tu lis quoi comme petite ligne dans ce discours-là ?
- Speaker #1
Je ne suis pas trop responsable des bêtises de ma fille.
- Speaker #0
Bien répondu.
- Speaker #1
Voilà, mais c'était une époque où on était très serrés. Les profs étaient plutôt âgés, c'était des vieilles bonnes femmes qui n'aimaient pas les enfants. Et je pense que j'ai compris là quelque chose, qu'on ne pouvait pas enseigner sans avoir un lien avec les enfants. Je l'ai compris dans ma rébellion, mais c'est intéressant que je sois prof maintenant. parce que j'avais décidé que je ne serais jamais prof à cause de cet exemple de ces vieilles bonnes femmes qui essayaient de nous coincer tout le temps Est-ce qu'il y aurait quelque chose de réparateur ? Non, je ne dirais pas de réparateur parce que j'ai souffert dans cette école mais en même temps ça m'a appris beaucoup de choses euh... Ça m'a appris à me débrouiller, ça m'a appris à réfléchir, ça m'a appris quand même pas mal de choses.
- Speaker #0
Et en termes de valeur alors, qu'est-ce que ça t'a inculqué ?
- Speaker #1
Peut-être la force de la rébellion.
- Speaker #0
Alors tu parles deux fois là de rébellion, c'est quoi ta rébellion à toi ?
- Speaker #1
Alors moi j'ai une théorie là-dessus, j'ai des théories sur beaucoup de choses. Je ne pense pas que j'étais rebelle, j'étais considérée comme une rebelle et une jeune fille difficile. Mais moi je pense que j'étais une résistante.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et la différence, c'est que je pense qu'il y avait quand même de la dupe là-dedans, parce que je pense que je trouvais que ce n'était pas normal qu'on nous traite mal comme ça.
- Speaker #0
Une sorte de résistance à l'oppression scolaire.
- Speaker #1
Oui, et à la domination du fort contre le faible. Donc c'est peut-être ça que ça m'a appris.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Mais je dirais que les valeurs que j'ai apprises, c'est plus... Moi, je suis protestante, j'étais à l'école du dimanche, j'étais aux éclaireuses. Et c'est dans ces lieux-là que j'apprenais les valeurs d'entraide, de solidarité, de respect de l'autre, je dirais. C'est pas au lycée.
- Speaker #0
Donc tu viens et du lycée, et de l'école du dimanche et des éclaireuses.
- Speaker #1
Voilà. Qui était très importante pour moi quand j'étais enfant, parce que c'était un endroit de respiration.
- Speaker #0
De respiration ?
- Speaker #1
Oui. Parce que justement... C'était un endroit où on nous laissait beaucoup de liberté et où on pouvait faire des expériences, des essais, de se débrouiller tout seul. Et tout ça dans une atmosphère plutôt chaleureuse et positive.
- Speaker #0
T'as un souvenir à nous partager, marquant, de cette période-là ?
- Speaker #1
Eh bien, je suis partie en week-end avec une copine. On faisait des expéditions. Et on est partis deux jours. On avait 14 et 15 ans. Même pas, peut-être 14 ans, je ne sais plus. Faire deux jours toutes seules, à dormir dans une ferme, à rencontrer des gens. On nous faisait confiance. Et je pense qu'on ne ferait plus jamais ça avec des enfants maintenant.
- Speaker #0
Tu te sentais comment à ce moment-là ?
- Speaker #1
Libre.
- Speaker #0
Libre. C'est important la liberté pour toi.
- Speaker #1
C'est fondamental.
- Speaker #0
Ça fait partie de tes valeurs.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et à cette époque-là, tu disais, plus tard je serai ? Alors pas prof normalement.
- Speaker #1
Alors pas prof, ça c'était sûr. Ma mère m'avait dit, t'es bonne en gym, tu pourrais faire prof de gym. J'ai dit ça jamais. Moi je voulais être architecte.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc construire.
- Speaker #0
Qu'est-ce que t'aimais dans ce métier-là ?
- Speaker #1
Alors, je pense qu'il y avait un souci esthétique. J'ai toujours été sensible à la beauté des choses et à la beauté des maisons. Et peut-être aussi l'idée qu'on est dans la construction de quelque chose. Mais ça, c'était pas très... C'est peut-être quelque chose que je sentais, mais c'est pas quelque chose que je savais. Ce que je savais, c'est que ça m'intéressait de construire des maisons. Sauf que moi j'ai été élevée par ma mère toute seule, donc c'était elle qui faisait les rôles de père et de mère. Et quand je lui ai dit que je voulais être architecte, elle m'a dit « moi vivante jamais » . C'était un peu lourd.
- Speaker #0
Oui ?
- Speaker #1
Oui, parce que les beaux-arts à l'époque n'avaient pas de très bonne réputation et on pensait que les filles se faisaient vouilloler, ce qui n'était peut-être pas tout à fait juste. Juste, mais peut-être pas tout à fait faux. Donc, elle a voulu protéger sa fille.
- Speaker #0
C'était dangereux de faire des études d'archi.
- Speaker #1
Alors, c'était dangereux, c'est ce qu'elle pensait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Ce n'était pas forcément vrai, mais c'était l'image qu'elle en avait.
- Speaker #0
D'où la réaction...
- Speaker #1
Violente.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc, je ne savais pas trop quoi faire. J'étais bonne en maths. Mais je me suis dit je vais faire une école d'ingénieur, mais j'étais très mal avec mon prof de maths. Et pour postuler aux écoles d'ingénieur, il fallait avoir une attestation du prof de maths.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Qui ne voulait pas le maire. Donc, j'étais un peu rebelle. Donc, je me suis dit bon, je vais aller à la fac en maths physique chimie.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Donc, je me suis inscrite à MPC. Et là, ça a été horrible, une catastrophe. Il y avait un amphi de 300 élèves avec un prof loin là-bas, qui faisait des trucs au tableau, je ne comprenais rien à ce qu'il faisait. À un moment, c'était au cours de physique, je crois, je me suis penchée vers mon voisin et je lui ai demandé « mais qu'est-ce qu'il fait là-bas ? » Il me dit, il fait des intégrales triples. Je dis, ah bon, c'est quoi ça ? Il me dit, oh mais t'en fais pas, on apprend ça en maths à la fin de l'année.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
On était au début de l'année. Et je lui dis, ben alors comment on fait ? Il me dit, ben comme moi, on redouble.
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #1
Waouh ! Alors je l'ai regardé et je me suis dit, ça, alors ça, je crois pas que c'est pour moi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
C'était encore une façon d'enseigner, mais complètement folle. et Du coup, j'ai commencé à sécher les cours, à ne pas y aller. J'ai beaucoup augmenté ma connaissance du cinéma. J'ai été au cinéma à peu près tous les après-midi. Au Champagne-Lourdes, ce n'était pas cher. Et puis, je ne me suis pas inscrite. Il fallait qu'on s'inscrive en février pour les examens. Je ne me suis pas inscrite. Donc, j'étais un peu embêtée quand même. Parce que j'étais un peu sans... sans but, et je me suis dit qu'est-ce que je vais faire. Et puis j'avais entendu parler d'une école qui s'appelait HCCJF. A l'époque ça s'appelait HCCJF parce que c'était l'équivalent d'HCC mais pour les filles, parce que ça dépendait de la chambre de commerce et ces messieurs de la chambre de commerce pensaient que si on mélangeait les filles et les garçons ça serait dangereux et donc ils avaient dit on ne peut pas faire ça parce qu'il faudrait une pouponnière à côté.
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #1
Waouh ! Ok ! Je viens de loin, hein ! Donc, il y avait cette école d'HECJF, je me suis dit, finalement, je suis assez bonne, il fallait des maths, il fallait un peu de français, j'étais un peu assez bonne dans toutes ces matières, je me suis dit, bon, je vais me présenter. Il y avait un examen en septembre.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Parce que ça permettait au... aux filles qui sortaient du bac de passer leur concours.
- Speaker #0
Malin.
- Speaker #1
Sauf que moi, je n'ai pas travaillé et j'ai été collée au concours. Donc, je me suis dit, bon, là, ça y est, il va falloir quand même que je revienne à des choses plus sérieuses dans ma vie. Donc, je me suis inscrite à une préparation qui était assez bonne. Et ce n'était pas très dur parce que c'était le programme de terminale, en fait.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Donc, j'ai été reçue à HECJF sans problème l'année d'après. Et j'ai fait trois années d'école là, où ce n'était pas tellement mieux vis-à-vis de l'enseignement.
- Speaker #0
Ça se répète.
- Speaker #1
Ça se répétait un peu. J'étais un peu rebelle toujours. Mais j'ai rencontré des filles. Je me suis fait des amis. Et puis, il y avait l'association des élèves. Ça, c'était assez marrant. Et avec une copine, on s'est proposé d'être celle qui faisait les fêtes.
- Speaker #0
D'accord !
- Speaker #1
Donc on a organisé le bal de l'école.
- Speaker #0
Hyper sympa !
- Speaker #1
Ça c'était sympa, et on a fait pas mal de choses comme ça. Donc on s'est chargé de la communication de l'école pour le bal, de se chercher une... Enfin bon, ça nous mettait dans le bain plus tôt, et puis c'est... C'était des relations amicales importantes. Donc je suis sortie avec mon diplôme et j'ai cherché du travail. Et moi j'avais un peu l'idée de faire de la publicité, mais quand j'ai dit à l'association des anciennes élèves que je voulais faire de la publicité, est-ce qu'ils avaient des... Ils m'ont dit qu'il n'y avait pas de travail chez les fous. Donc, d'accord. De nouveau, je n'étais pas conforme. Du coup, j'ai dit, est-ce que vous avez des trucs pour moi ? Ils m'ont proposé de postuler un poste chez Schlumberger.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Une superbe et grande entreprise protestante qui fabriquait des... Du matériel pour les pétroliers et qui travaillent dans le monde entier. C'est une très très grosse entreprise. Donc ma mère était très contente. Donc j'ai été postulée à ce poste. C'était pour être assistante du directeur de l'exportation. Je me suis dit, ça peut être sympa, peut-être je vais voyager. Alors quand j'ai demandé qu'est-ce que fait l'assistante, elle m'a dit, elle s'occupe des voyages. du directeur, mais elle reste au bureau. Mais bon, j'ai passé les tests et tout, et à la fin, j'ai été choisie.
- Speaker #0
Bravo !
- Speaker #1
Ils m'ont appelée, ils m'ont dit que j'étais choisie pour ce poste, et là, un grand moment de panique m'a pris, et je me suis dit, mais je ne peux pas y aller. Et donc j'ai discuté avec ma mère, je lui ai dit tu sais, je crois que je vais refuser ce poste. Et elle a été sympa, elle m'a dit écoute si tu le sens pas, tu vas trouver du travail ailleurs. C'était pas une période où on trouvait pas de boulot.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui allait pas pour toi dans ce poste-là ?
- Speaker #1
Ah c'était l'enterrement de première classe.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Les bureaux c'était sinistre, je me suis dit je vais mourir là. Je me suis dit...
- Speaker #0
Il manquait la créativité ?
- Speaker #1
Il manquait la créativité, il manquait le... Le lien, il manquait beaucoup de choses.
- Speaker #0
Très austère en fait.
- Speaker #1
Austère, oui. Très protestant. Alors moi je connais bien les protestants parce que j'ai été élevée là-dedans. Ils ne sont pas que ça. Mais il y a un côté d'austérité qui est...
- Speaker #0
Ça peut exister aussi.
- Speaker #1
Ça peut exister aussi. C'est certainement une bonne boîte. J'aurais pas tenu, je crois.
- Speaker #0
C'était pas dans ton ADN ?
- Speaker #1
C'était pas dans mon ADN. Donc j'ai dit, je vais travailler dans la publicité. Et là, comme j'avais fait une école commerciale, j'ai dit que je vais travailler comme assistante de chef de publicité.
- Speaker #0
Alors pourquoi on disait que c'était les fous, les pubards ?
- Speaker #1
Parce que c'était des années 60 et c'était tout le début de la publicité. Et pour les gens comme HEC, ce n'était pas des gens sérieux.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Ils avaient un peu raison parce que j'avais un collègue longtemps après qui disait « On s'emmerde ici » . Mais au moins, on ne travaille pas. Effectivement, c'est un travail qui est joyeux. Et justement, par rapport à tout ce que j'avais vécu, le travail n'était pas joyeux. C'est ça, je pense, la différence. Et donc, j'ai commencé à chercher du travail. Et puis, j'ai trouvé du travail dans une petite agence qui s'appelait Delpire, qui était une agence très, très créative, où j'étais assistante du chef de publicité. Et c'était sympa. J'aimais bien les créatifs. J'aimais bien ce qu'on faisait. C'était très, très créatif, ce qu'ils faisaient.
- Speaker #0
Tu as bossé sur quelle pub ?
- Speaker #1
Alors, j'ai bossé sur Citroën. Il avait surtout un gros... budget, c'était Citroën.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et après, je ne me souviens plus, on a fait des trucs dans l'immobilier. Mais malheureusement, comme souvent dans ces petites boîtes, le patron a ses têtes.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et mon patron, tout d'un coup, il n'a plus la tête de l'emploi. Il s'est fait virer.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et du coup, moi, j'étais un peu en surnuméraire. Je n'ai pas... plus à la fille qui l'avait remplacée. Et j'ai été virée aussi.
- Speaker #0
Bon.
- Speaker #1
Bon. Donc, c'était un peu dur, mais c'était des expériences.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Et à l'époque, j'ai commencé à chercher du travail. J'ai trouvé du travail dans une agence très marketing comme assistante du directeur de marketing. Ça ne s'est pas bien passé non plus. Au bout de mes trois mois, ils m'ont dit qu'il fallait que je m'en aille. Donc, voilà. Mais ça apprenait, ça apprenait des choses. Je pense que je n'avais pas l'esprit vraiment à ça.
- Speaker #0
Oui, mais en fait, tu faisais ton chemin et tu apprenais que ce n'était pas ça à chaque fois. Ce n'était pas le lieu pour toi.
- Speaker #1
Oui. Et puis, quand j'étais dans cette boîte, j'étais aussi assistante de chef de publicité, J'avais travaillé avec Europe n°1, qui avait un département de... qui écrivait les textes publicitaires, les messages radio. Donc j'avais eu un bon contact avec le gars qui était venu me voir. Je l'ai appelé, je lui ai dit « j'ai pas de boulot, est-ce que vous voyez beaucoup d'agences ? Est-ce que vous entendez parler de quelque chose ou tout ? » Il m'a dit « bah écoutez, je vais voir, je vais en parler, je sais rien » . Et puis, peut-être un peu de temps après, il y a une femme qui m'a appelée et qui m'a dit « moi je suis… » Rédactrice, est-ce que vous voulez venir me voir ? Alors j'ai dit bah oui, et elle m'a dit on va faire un test, on va voir comment vous écrivez des messages publicitaires. Alors j'ai dit bah d'accord, et puis j'ai fait ça et puis elle m'a pris.
- Speaker #0
Conceptrice, rédactrice ?
- Speaker #1
Conceptrice, rédactrice de messages publicitaires à la radio. Ce qui était sympa et à la fois un peu répétitif.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais bon, c'était très sympa l'ambiance, c'était très sympa. De nouveau, je retrouvais quelque chose où il y avait de la convivialité, on rigolait bien, on était tous dans une grande pièce, on travaillait les pieds sur la table en rigolant. Et on avait un patron, j'ai trouvé que c'était un de mes meilleurs patrons, qui était à la fois assez rigoureux. et très ouvert.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et qui nous laissait beaucoup de liberté. Ça,
- Speaker #0
c'était important pour toi ?
- Speaker #1
C'était important pour moi. Du coup, j'ai travaillé pendant un tout coup de temps, et puis après, j'ai trouvé que je n'allais pas faire des messages radio toute ma vie, qu'il fallait que j'entre dans une agence. Donc, j'ai cherché du boulot dans une agence, c'était compliqué, enfin bon bref, je vais faire court, je vais finir. J'ai fini par entrer à VAS.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Ah oui.
- Speaker #1
J'ai fini par entrer à VAS Conseil comme rédactrice publicitaire de tout.
- Speaker #0
De grands groupes publicitaires.
- Speaker #1
De grands groupes publicitaires. Et là, j'avais ce que je voulais.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a changé cette fois-ci pour que tu t'y sentes bien et que tu restes ?
- Speaker #1
Alors, il se trouve que le gars qui m'a engagée, je le connaissais très bien, et qui m'avait connue chez Delpire et que... C'était devenu un ami. Donc, c'est parce qu'il était aussi mon ami qui m'a engagée. Mais il m'a fait confiance. Il m'a fait confiance parce qu'il me connaissait comme ça. Il connaissait qui j'étais. Il voyait comment j'écrivais. Mais je n'avais jamais fait d'annonce publicitaire. Je n'avais fait que des messages radio. Mais il voyait que j'avais une bonne plume. Donc, c'était une très grosse agence. qui changeait, qui était très ringarde et qui devenait moins ringarde. Et lui, il était un de ceux qui avait été engagé pour donner une vision plus moderne à la publicité. Donc, il y avait beaucoup d'histoires avec les commerciaux. Mais on rigolait bien et on travaillait bien. Mais lui, c'était quelqu'un qui était assez difficile. Il était assez difficile avec nous. et en même temps Très amical, mais il était très exigeant. Donc il m'a beaucoup appris à travailler.
- Speaker #0
Et c'était une exigence différente de celle que tu avais pu connaître dans ton enseignement scolaire ?
- Speaker #1
Oui, parce qu'à la fois il créait du lien et à la fois quand il n'était pas content, il le disait. Mais il nous poussait. Mais ce n'était pas quelque chose... Il n'y avait pas un côté « je suis plus, plus, moins » , je dirais. C'est peut-être ça.
- Speaker #0
La grande différence.
- Speaker #1
Parce que nous, on pouvait discuter avec lui. C'est une grande différence. Mais il avait un caractère de cochon. Et avec les patrons de l'agence, ça ne marchait pas toujours bien parce qu'il les engueulait aussi.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Et donc à la fin, il s'est fait virer. Et on a tous été virés avec lui. Mais bon. Alors, lui, il a fait son chemin. Moi, j'ai retrouvé du boulot. J'ai fait ce boulot pendant un certain temps dans différentes agences. Et après, j'ai fait ça quand même pendant 15-20 ans dans beaucoup d'agences. Mais je me suis dit, je ne vais pas faire ça toute ma vie.
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a déclenché cette prise de conscience-là ?
- Speaker #1
Parce que je voyais que ce n'était pas bien d'être vieux dans ce métier. que les jeunes, que quand on vieillissait, on devenait une vieille rédactrice et que les jeunes rédacteurs nous méprisaient avec ardeur. Et je ne voulais pas ça, moi. Je voulais rester... Ce n'est pas que je voulais rester chef ou n'importe quoi. Je voulais toujours... Je pense que je voulais avoir un rapport sain avec les gens.
- Speaker #0
Et dans ce que tu dis, c'est rester aussi respectable.
- Speaker #1
Respectable, oui, voilà. Du respect.
- Speaker #0
et ce qu'on dit en analyse transactionnelle une position plus plus que j'ai toujours recherché finalement sans le savoir et alors à ce moment là tu te dis bon je vais pas faire je vais pas continuer ma carrière là dedans il faut que je trouve un autre boulot et
- Speaker #1
c'est là que t'as fait ton pas de côté alors j'en avais fait plusieurs quand même mais je l'ai pas fait aussi Je ne l'ai pas fait d'une façon volontaire comme ça. Moi, je suis quelqu'un qui laisse les choses venir à moi. Et j'avais une amie qui était une amie de notre couple, qui était aussi dans la pub, et qui un jour me dit, j'ai rencontré des gens vachement bien qui font de l'analyse transactionnelle.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ok, j'ai dit, ah bon ? Qu'est-ce qu'ils font ? Alors, elle m'explique un peu. Et puis, elle me dit, il y a un type en Amérique qui a écrit un bouquin qui s'appelle « Que dites-vous après avoir dit bonjour ? » Je me dis, mais on l'a ce bouquin à la maison ! Et mon compagnon l'avait acheté parce que, il avait beaucoup d'humour, il disait, je l'ai acheté parce que je me demande toujours ce qu'il faut que je dise dans l'ascenseur après avoir dit bonjour. Sauf que ce bouquet n'était pas du tout là-dessus. Et moi je l'avais lu en travers, ça m'avait intéressé, mais je n'avais pas beaucoup adhéré, enfin j'avais adhéré sans adhérer. Et puis donc je... Ma copine Marisha, parce qu'elle s'appelait Marisha, me dit « Mais je fais un truc à la maison où ils vont présenter ce qu'ils font, les jaouis. » Je dis « Ah ben, je vais venir. » Et donc je rencontre Giza Jaoui, que je trouve très intéressante. Et elle dit « Je vais faire un groupe. » Alors elle ne dit pas un groupe de thérapie, elle dit un groupe sur la communication. Oh, je dis « Tiens, j'irais bien à ce truc-là. » Et avec Marisha, ma copine, on dit on irait bien. Et puis, je reste assez passive par rapport à ça. Je dis on irait bien, mais je ne l'appelle pas, je ne fais rien. Je dis oui, j'irais bien. Et puis Marisha me dit, mais tu sais Giza, elle dit que si tu veux, il faut... Je dis ah oui, oui, c'est vrai, il faudrait que je l'appelle. Puis je ne l'appelle pas. Et elle m'appelle. cette Giza. Alors, je parle avec elle, et elle me dit, « Venez me voir, je vais vous expliquer ce que c'est. » Et là, je la rencontre, et ça paraît... J'avais une crise dans mon couple, j'avais une crise dans mon boulot. Je me dis, ça va peut-être me faire du bien de travailler un peu sur moi. Et du coup, je décide de faire le groupe avec elle. Et ma copine, Marisha, ne vient pas.
- Speaker #0
Finalement.
- Speaker #1
Finalement. C'est intéressant. Et du coup, j'ai commencé ce groupe sans savoir vraiment pourquoi c'était plutôt personnel. Ça s'appelait pas vraiment groupe de thérapie, mais c'était quand même un groupe de thérapie. Je me suis vraiment intéressée à ça. Et à un moment, il y a quelqu'un dans le groupe qui parle de la formation.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
Et du coup, je dis, mais c'est quoi la formation ? Et je m'intéresse à la formation. Et Giza m'explique. Et je dis, ah oui, tiens, je pourrais peut-être faire ça. Et ce n'était pas du tout dans l'idée d'être thérapeute. Alors, on ne parlait pas de coaching encore. Mais moi, mon idée, c'était plutôt de faire du coaching, justement. D'aider les gens dans les entreprises de faire ça. Donc, je dis, oui, je pourrais faire cette formation. Et je m'inscris à la formation. Je lui ai dit, tu sais, ça va te prendre du temps et de l'argent. Je lui ai dit, oh, je m'en fous, j'en ai. Et c'est intéressant parce que je n'avais pas un but final d'être formateur en analyse transactionnelle et d'être gérante d'une école. J'ai avancé pas à pas en me disant, ça me servira toujours.
- Speaker #0
Tu as été dans l'accueil de ce qui se présentait et de ta curiosité.
- Speaker #1
Voilà. Et du coup, j'ai commencé la formation. J'ai avancé dans la formation. Au bout d'un temps, je me suis installée. Après, j'ai eu des clients.
- Speaker #0
Pour ceux qui ne savent pas forcément, ça veut dire quoi s'installer ?
- Speaker #1
Ça veut dire avoir un cabinet, recevoir des gens. Alors, à l'époque, on était thérapeute, psychothérapeute, coach, on était un peu tout. Mais je me suis professionnalisée, en fait.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et du coup... Comme je n'étais pas psychologue au départ, je me suis dit, il faut que j'ai quand même des certifications, parce qu'un jour on va m'embêter que je n'ai rien qui dise qui je suis. Donc je me suis prise au jeu de passer la certification d'analyse transactionnelle, alors de thérapeute, de psychothérapie. Et puis après, je me suis prise au jeu de faire de la formation. Et à l'époque, nos formateurs, donc il y avait Giza qui était nos formateurs, il y avait Isabelle Crespel, il y avait des gens que j'avais rencontrés bien sûr dans ma formation, ils ont décidé de fonder une école. Au lieu de faire chacun leur formation de leur côté, de se regrouper pour former une école. Et mon ami Laurie Hawkes et moi-même, qui étions les plus les benjamines de cette histoire, Ils nous ont...
- Speaker #0
accepté et comme je dis toujours après nous la porte s'est fermée parce qu'on était suffisant on était neuf formateurs c'était déjà beaucoup et pendant longtemps on n'a pas du tout ouvert la porte et c'était il y a 30 ans on va fêter les 30 ans de l'école cette année.
- Speaker #1
Waouh !
- Speaker #0
Waouh !
- Speaker #1
Ça tombe bien cette interview ! Oui ! Eh bien justement on pourrait prendre un petit temps peut-être pour parler de ce que propose aujourd'hui l'école Après 30 ans d'existence ?
- Speaker #0
Bien sûr. Alors, on a beaucoup affiné ce qu'on était, et on a beaucoup changé dans l'école, parce qu'on a eu malheureusement des décès, des gens qui sont partis. Donc, on a dû... Le groupe de début n'est plus le même, sauf qu'il y a quand même 5 personnes des débuts qui sont encore là, dans l'école, et des autres qui sont arrivées, qui ne sont pas tous associées. Enfin bon, je ne vais pas entrer dans le détail. de la façon dont ça marche, mais l'idée c'est de proposer un cursus de formation à l'analyse transactionnelle dans le champ de la psychothérapie, c'est-à-dire qu'on forme des gens qui sont à la fois analystes transactionnels et psychothérapeutes, alors on n'est plus psychothérapeutes parce que l'État n'accepte que les psychologues comme psychothérapeutes, mais on forme des gens qui sont formés à la psychothérapie, qui sont psychopraticiens. reconnue par la FF2P, Fédération Française de Psychothérapie, et qui est un cursus qui commence un peu au début, par une année de base, où on accepte tout le monde d'ailleurs, pas forcément des gens qui vont faire de la psychothérapie après, parce que ça peut être intéressant dans son boulot, dans le coaching, etc. Et puis petit à petit, l'entonnoir se réduit. Et on fait à la fois des cours de pratique très importants, c'est-à-dire on apprend aux gens pratiquement comment être thérapeute, et des cours de théorie sur la théorie de l'analyse transactionnelle, mais aussi sur la psychopathologie, sur d'autres formations. C'est-à-dire que c'est assez ouvert. Et petit à petit, les cours de pratique prennent plus de place que les cours de théorie, bien qu'on continue toujours la théorie. Et on donne une autorisation d'exercer à nos élèves sous supervision. Et la dernière partie de l'école, c'est la supervision. C'est-à-dire, pour nous, il n'y a pas de pratique de thérapie sans supervision.
- Speaker #1
Tu dis que vous accueillez tout le monde, mais finalement, est-ce qu'il y aura un profil type ou plusieurs profils types de personnes que ça pourrait intéresser ?
- Speaker #0
Alors, on accueille tout le monde, mais quand même au niveau Bac plus 3. C'est-à-dire qu'on veut que les gens aient une certaine pratique de la réflexion ou du travail. Et on demande aux gens de faire un travail sur soi. Ça, c'est les deux choses importantes. Parce que ce qui est important pour nous, c'est autant le travail théorique et pratique que le travail sur soi. Alors, quels sont les gens qui viennent chez nous ? C'est des gens un peu comme moi qui veulent changer de métier. Et c'est intéressant parce qu'on a des gens, évidemment, de la relation d'aide. On a des infirmières, on a des éducateurs spécialisés, on a des gens qui font peut-être de la formation ailleurs, on a des coachs, mais on a aussi des ingénieurs, on a aussi des architectes, on a aussi des avocats, on a aussi des RH. Donc on a beaucoup de gens qui viennent de beaucoup d'endroits. Ce qu'on leur demande, c'est de travailler sur eux pour avoir justement un rapport à l'autre plus plus, de savoir comment l'autre nous impacte, de ne pas projeter sur lui ce que nous avons à l'intérieur. Donc le travail personnel est très important et ça continue aussi dans la supervision.
- Speaker #1
Évidemment.
- Speaker #0
Et c'est important de bien se connaître. On ne demande pas aux gens de bien se connaître au début, souvent ils font ce travail sur eux en même temps qu'ils font notre formation. Et une des choses que je trouve vraiment, j'allais dire, épatante, merveilleuse, c'est la transformation de nos élèves. Comment, quelquefois, de quelque chose de fermé, ils commencent à s'ouvrir, à s'ouvrir à l'autre, à s'ouvrir à leurs émotions, à s'ouvrir... à ce qu'ils sont, à s'ouvrir, à accepter l'autre. Voilà. Donc, voilà, je fais un travail d'enseignante, ce que je ne voulais jamais faire quand j'étais enfant.
- Speaker #1
Et alors justement, c'est intéressant parce que tu fais exactement ce que tu ne voulais pas. On pourrait dire que c'est un peu ça ton pas de côté quelque part par rapport à tout ton parcours professionnel. Et quand tu regardes justement cette petite, cette petite France, aujourd'hui tu auras envie de lui dire quoi ?
- Speaker #0
Ça va bien se passer.
- Speaker #1
Ça va bien se passer.
- Speaker #0
Ça va bien se passer et accepte d'être toi-même.
- Speaker #1
Accepte d'être toi-même.
- Speaker #0
Et je pense que ma rébellion initiale était vraiment dans quelque chose où je n'acceptais pas d'être formatée. Et une des choses que j'aime dans mon métier, c'est que je réunis tout ce que j'ai appris à faire. Parce que je m'occupe quand même de la gestion de l'école, donc le fait d'avoir fait HEC, ça me sert un petit peu. Je m'occupe de la newsletteur de l'école, donc j'écris tous les trois mois un édito. Je travaille avec les gens qui veulent écrire des articles, je les aide, etc. Donc mon travail de rédactrice me sert.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Et puis je travaille en supervision avec mes élèves, je les aide à devenir meilleurs. Donc ça, c'est mon travail d'enseignement. Beaucoup, parce que je fais beaucoup de supervision, mais je fais aussi encore des cours. Et tout ça fait que j'ai l'impression d'avoir dans mon panier toutes les boules que j'avais au départ.
- Speaker #1
Mais oui, parce que tu disais au tout début que tu voulais être dans la construction de quelque chose.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu es en plein dedans.
- Speaker #0
Oui, j'aide à construire.
- Speaker #1
Et tu as construit l'école.
- Speaker #0
Et j'ai construit. Tu as co-construit. J'ai co-construit. Et je trouve que ce qui est important aussi, c'est sans doute ce que j'avais enfant, ce besoin d'être en lien avec les autres pour faire des choses avec les autres. Quand j'ai dit que les éclaireuses, c'était bien pour moi, on construisait ensemble. Je me souviens d'avoir construit avec mes petites copines une plateforme pour mettre notre tente dans les arbres. C'était du boulot, hein ?
- Speaker #1
C'est génial ! On voit l'archi, quand même !
- Speaker #0
On voit l'archi, là ! J'étais chef de projet dans ce coup-là ! Donc, cette construction ensemble, c'est ça que j'aime. Et j'aime bien que chacun mette du sien et que ce ne soit pas moi qui décide pour tout le monde. Je pense que c'est une de mes qualités, c'est de laisser... Les autres, être eux-mêmes aussi. Pas décider comment ils doivent être.
- Speaker #1
Et les laisser venir à toi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Aussi, de la même façon.
- Speaker #0
De la même façon.
- Speaker #1
Tu t'enfonces pas les portes.
- Speaker #0
Non. Non, pas du tout. Pas du tout, c'est pas mon truc. Et j'aime beaucoup mes élèves, je pense que tu le sais. Je les apprécie beaucoup et je les apprécie beaucoup dans leurs différences. Et je pense que c'est pour ça que... Ça marche bien avec moi en général.
- Speaker #1
Et justement, je pense qu'il y a beaucoup de personnes qui vont écouter et qui vont se reconnaître dans le fait d'accepter d'être soi-même. Quel conseil tu pourrais leur donner ?
- Speaker #0
N'ayez pas peur, comme dirait l'autre. Je ne suis pas pape.
- Speaker #1
Et comment on fait pour ne pas avoir peur ?
- Speaker #0
Je pense que ne pas avoir peur, c'est ne pas avoir peur de l'avenir et ne pas avoir peur du présent. Et c'est d'accepter ce qu'on est. Et d'accepter ce qu'on est, c'est d'accepter ses qualités, mais aussi ses défauts. C'est aussi accepter ce qu'on ne sait pas faire et accepter ce qu'on sait faire. C'est d'être souple avec soi-même en fait, c'est de la souplesse.
- Speaker #1
Donc tu leur recommandes de faire du yoga ?
- Speaker #0
Oui, je viens du cours de yoga ce matin.
- Speaker #1
Oui, c'est pour ça que je dis ça, ça ne m'étonne pas.
- Speaker #0
Et dans le yoga, ce que j'aime, c'est que le prof dit, faites chacun comme vous pouvez.
- Speaker #1
Oui, il y a une liberté.
- Speaker #0
Il y a une liberté. On ne te dit pas comme ça.
- Speaker #1
Ok, merci pour tous ces éléments. J'aurais envie de te proposer un petit exercice pour clôturer notre échange, si tu es d'accord.
- Speaker #0
Je suis d'accord.
- Speaker #1
donc c'est un exercice de visualisation toi qui connais le yoga tu connais aussi un peu l'état méditatif donc si t'es d'accord je vais t'inviter à bien t'installer confortablement dans ton fauteuil moi pendant ce temps là je te regarde pas comme ça t'es tranquille si c'est possible de bien poser les pieds au sol bien à plat, les mains sur les genoux bien confortables pas de croisement afin que l'énergie circule bien dans tout ton corps et... Si c'est ok pour toi de fermer les yeux, mais c'est pas obligé non plus, et de prendre 2-3 respirations bien profondes et ventrales, afin de détendre à l'intérieur. Et puis je vais t'inviter à te projeter dans un futur idéal, en 2030, dans 5 ans. Il n'y a aucune contrainte, tu es... où tu veux, avec qui tu veux, comme tu veux. Où es-tu ?
- Speaker #0
La première vision qui me venait, c'était dans un grand champ plein de fleurs.
- Speaker #1
Dans un grand champ plein de fleurs, ok. Et quelles sont ces fleurs autour de toi ?
- Speaker #0
Les fleurs des champs plutôt.
- Speaker #1
Oui. Quelle est la lumière ?
- Speaker #0
Il fait beau, c'est le printemps, fin du printemps.
- Speaker #1
Oui. Quels sont les bruits qui sont autour de toi ?
- Speaker #0
Il y a des oiseaux, ça chante.
- Speaker #1
Ça chante. Tu sens des odeurs peut-être ?
- Speaker #0
Je n'ai pas beaucoup d'odorat, alors ce n'est pas ma... Ce n'est pas ma truc préférée.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je suis plutôt une visuelle, moi.
- Speaker #1
Oui. Et toi, tu es habillée comment ?
- Speaker #0
Sportive, comme j'aime bien, pantalon, t-shirt, à l'aise.
- Speaker #1
À l'aise. Donc, tu es dans ce champ fleuri, il fait beau, c'est le printemps. Et qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #0
Je suis assise, bien qu'à 90 ans ou presque, ça va être difficile d'être assise en... Par terre, mais enfin j'essaierai.
- Speaker #1
Tout est idéal.
- Speaker #0
Idéal, en tailleur.
- Speaker #1
Alors tu es assise en tailleur. Et qu'est-ce que tu fais comme ça ?
- Speaker #0
Eh bien j'ai des élèves autour de moi.
- Speaker #1
Il y a des élèves avec toi.
- Speaker #0
Voilà. Et on discute ensemble de la vie, de la mort, du travail sur soi. Mais ce n'est pas un cours, c'est plutôt comme un état philosophique.
- Speaker #1
Ok, super. Et tu te sens comment ?
- Speaker #0
Je me sens bien, je me sens à ma place, je me sens à la fois donnant et recevant beaucoup.
- Speaker #1
Quel est ton rôle à ce moment-là ?
- Speaker #0
Je pense que c'est juste comme un chef d'orchestre, mais pas un chef d'orchestre dur, un chef d'orchestre qui donne la parole à chacun et qui écoute chacun, qui aide chacun à dire ce qu'il a à dire.
- Speaker #1
Et ta mission de vie, ce serait quoi ?
- Speaker #0
C'est important d'aider les... De m'aider, d'aider les autres à être soi-même peut-être, à trouver leur voie, oui à trouver leur voie.
- Speaker #1
Et qu'est-ce que tu ressens à l'intérieur de toi dans cet élément-là et dans cette mission de vie-là ?
- Speaker #0
J'ai beaucoup d'émotions et j'ai envie de te remercier de m'avoir donné l'occasion de voir ma vie. Dans un tout, parce que c'est comme si je la regardais par petits bouts, mais jamais complètement comme on l'a fait aujourd'hui.
- Speaker #1
C'est un plaisir en tout cas.
- Speaker #0
Voilà, une ligne directrice comme ça.
- Speaker #1
Profite de ça, de ce que tu viens de dire, de tout ce que tu reçois, de tout ce dont tu profites là. Garde-le à l'intérieur de toi bien précieusement et profite. en respirant de cet état-là. Et quand ce sera OK pour toi, tu pourras recommencer à t'étirer, enfin recommencer, t'étirer tout court, respirer et rouvrir les yeux quand ce sera bon pour toi.
- Speaker #0
Quel voyage, Vondine ! Merci.
- Speaker #1
Je t'en prie.
- Speaker #0
C'était super. Mais ce que j'ai dit est vrai. C'est que je ne regarde jamais ma vie comme ça, enfin un petit peu, parce que vu mon âge quand même, un petit peu, mais avec cette ligne directrice, je n'avais pas senti que ça avait commencé si tôt quand j'étais enfant.
- Speaker #1
Et là, pour arriver à ce futur idéal, il faudrait que tu mettes quoi en place ?
- Speaker #0
que je continue ce que je fais et que ça continue que ceux que j'enseigne veuillent bien continuer avec moi aussi voilà super,
- Speaker #1
bah écoute merci pour tout France pour ta confiance et pour ce moment partagé et tu fais ça très bien c'est super merci non c'est vrai t'es calme vraiment je veux
- Speaker #0
Te féliciter parce que tu as vraiment le talent pour... Bon, on se connaît bien, bien sûr, mais c'était très agréable.
- Speaker #1
Merci beaucoup, France. Au revoir. Au revoir.