- Speaker #0
A tous les pet parents qui souhaitent prendre soin de la santé de leur animal, à tous ceux qui se sont fait surprendre par les frais vétos, et à tout simplement ceux qui veulent anticiper des dépenses et avoir l'esprit plus serein, je vous présente Lassie, le sponsor de cet épisode. Lassie est une assurance santé 100% modulable. Vous choisissez votre formule, bronze, argent ou or, en fonction du plafond de remboursement annuel. Vous optez ensuite pour votre taux de remboursement Et enfin, vous fixez votre budget de soins préventifs, entre autres vaccins, vermifuges, antiparasitaires, stérilisation, détartrage et même ostéopathie, phytothérapie et compléments alimentaires. L'ACI a un service client ultra disponible géré par une équipe basée à Paris. Les remboursements des factures vétérinaires sont traités sous 24 heures. Et autre point fort, il n'y a pas de limite d'âge pour souscrire votre animal et toutes les races sont admises. J'ai le plaisir de vous offrir 40 euros à... toute nouvelle inscription avec le code MORDANT40 en majuscule. Je vous laisse le lien dans la description de l'épisode. Bienvenue sur MORDANT, le podcast sur la santé et le bien-être animal. Je m'appelle Mathilde Chalut-Natal et je suis ostéopathe animalier. Passionnée par mon métier, je suis passionnée j'avais envie d'aller plus loin dans la connaissance du vivant et c'est ainsi que j'ai décidé de partir à la rencontre des acteurs de la santé animale. Dans ce podcast, je vous partage mes discussions avec des vétérinaires, des ostéopathes, des comportementalistes, des sportifs de haut niveau et bien d'autres. J'espère qu'à votre tour, vous enrichirez vos connaissances sur le monde du vivant. Bonne écoute ! Aujourd'hui, dans Mordant, on reçoit Thibaut, la voix et le visage derrière le conte La vie de Sola. Si vous le connaissez pour ses trois huskies, Sola, Suki et mises au micro. Vous allez vite comprendre que derrière les images virales se cache surtout un parcours fait de remises en question, d'erreurs assumées et d'une vision très personnelle du lien humain-chien. Dans cet épisode, Thibaut revient sur son rapport aux animaux depuis l'enfance, sur sa première expérience avec T-Ice, un husky qu'il a dû rendre à l'élevage, et sur ce que cet échec lui a appris. On parle sans filtre d'éducation canine, être un guide plutôt qu'un chef, accepter l'imperfection, apprendre à gérer ses émotions autant que celles de ses chiens. et éduquer en entravant le moins possible leur liberté, quitte à se tromper. On aborde les sujets qui dérangent, le jour où Thibaut a testé le collier électrique sur lui-même pour démontrer que ce n'est pas un outil éducatif, mais bel et bien un outil de torture. Puis la réalité du quotidien avec des chiens aux besoins spécifiques, vivre avec l'épilepsie idiopathique de Tsuki, apprendre à anticiper et gérer les crises, et accompagner Mizumi, tripède, dans le port de sa prothèse. Et pour finir... Thibaut nous livre des conseils concrets pour vivre de sa passion, créer une chaîne autour du monde canin et comprendre la réalité des revenus quand on choisit cette voie. Je vous souhaite une très belle écoute. Salut Thibaut, merci beaucoup d'avoir accepté l'invitation, merci d'être là aujourd'hui avec moi.
- Speaker #1
Avec plaisir, merci beaucoup.
- Speaker #0
Alors j'ai préparé énormément de questions, mais j'aime bien commencer un petit peu par l'origine. Et je ne sais pas si on t'a déjà posé cette question, mais quel est ton rapport ? Aux animaux, quand tu étais enfant, quel est le rapport avec les animaux de ta famille quand tu étais enfant ?
- Speaker #1
Alors c'est très particulier, la question commence super fort, c'est hyper dur. Mon rapport avec les animaux, il a été assez classique, c'est le rapport de l'animal-objet. On veut un animal, on veut un chien, parce qu'on veut que ce soit mignon, gentil, tendre, à disposition quand on veut. Pas trop s'en occuper parce que c'est un petit peu le rapport de la peluche, de l'objet. C'était mon rapport que j'avais avec les animaux. Mais puisqu'en fait, j'ai vécu comme ça, on m'a éduqué comme ça.
- Speaker #0
T'en avais ?
- Speaker #1
En fait, oui et non. Alors oui, non, parce que ma mère a toujours refusé. Parce qu'elle savait ce que ça allait prendre comme temps, comme énergie, comme ressources. Et elle nous connaissait très bien. En plus, on était une famille nombreuse. On n'avait pas eu beaucoup d'argent et on a pas mal souffert de ce manque d'argent. On manquait de pas mal de choses, pas d'amour. Mais voilà, ma mère s'est vraiment battue longtemps pour faire en sorte qu'on...
- Speaker #0
Donc elle se rendait quand même compte que c'était un objet finalement.
- Speaker #1
Elle se rendait compte qu'un chien c'est compliqué.
- Speaker #0
Ouais, ok.
- Speaker #1
Et donc elle nous a refusé jusqu'à ce qu'on soit plus ou moins tous adolescents, donc entre le passage entre l'adolescence et l'âge adulte. Et là, on a fait des premières expériences qui n'ont pas du tout été fructueuses. Mais pas du tout. Mais moi, j'ai toujours eu ce fantasme, cette envie de vivre avec un animal. Et en fait, ça s'est un jour matérialisé parce que le destin a fait que la mère de mon beau-père avait un élevage de husky. Donc, c'était vraiment une race qui me faisait vraiment fantasmer. Donc, c'est vraiment le hasard. Je ne sais pas s'il fait bien les choses ou pas, mais en tout cas, elle avait un élevage. Et lorsque j'ai eu l'âge d'avoir mon propre appartement, je lui ai demandé de me donner des chiens. et elle, elle me confiait, entre guillemets, les... Des chiens qui étaient à la retraite, des champions qui étaient à la retraite, qui avaient fait du show et qui, à la fin, ne pouvaient plus concourir. Et entre guillemets, ils n'avaient pas trop l'intérêt qu'ils restent dans son élevage. Et donc, moi, je les récupérais, mais je n'avais pas le temps de m'en occuper de ces chiens-là. Donc, ils faisaient souvent des allers-retours entre chez moi et l'élevage. Je ne me rendais pas compte, en fait, que le problème, c'était moi. pour moi le problème c'était le chien alors qu'en fait le problème c'était moi Jusqu'au jour où j'ai eu T-Ice, donc c'était vraiment ma plus grosse blessure. Et T-Ice, effectivement, c'est un chien merveilleux dont je me suis très mal occupé. J'ai fini par rendre définitivement à ma grand-mère. Et c'est vrai qu'elle me l'a récupéré. Et je me suis aperçu des années plus tard, quand ma mentalité avait changé, que l'erreur immense que j'ai faite, je te la fais courte parce que l'histoire est longue.
- Speaker #0
Ouais, je l'ai lu dans le livre tout ça. Ouais,
- Speaker #1
je la raconte dans le livre. Et encore, même dans le livre, la version est un peu édulcorée.
- Speaker #0
Oui, ok.
- Speaker #1
Tu l'entends ?
- Speaker #0
Là, j'entends,
- Speaker #1
oui. On est avec Utsuki, donc elle est un petit peu nerveuse. Elle cherche sa place,
- Speaker #0
mais il faut que ce soit bon.
- Speaker #1
Donc voilà, ça a été le jour où j'ai pris conscience de ce que j'avais fait à ce chien et à tous les autres qui étaient passés avant. Ça a laissé chez moi une blessure qui aujourd'hui ne s'est pas refermée, non pas parce qu'elle ne peut pas se refermer, mais parce que je ne veux pas qu'elle se referme. Parce que je veux toujours qu'elle ait ce petit, même cet immense goût de « souviens-toi » . Souviens-toi que les décisions que tu prends, que les actes que tu fais ont des conséquences sur toi et surtout sur les autres.
- Speaker #0
À quel moment tu t'es rendu compte que ce que tu faisais, c'était mal ? Pas sur le moment, mais…
- Speaker #1
C'est une nuit où j'ai rêvé de Thiaïs et je me suis revu dans la même situation qu'au moment où je l'ai laissé à l'élevage. Mais il y avait entre-temps deux, trois ans qui étaient passés. Vous n'êtes plus la même personne qu'il y a l'année dernière, qu'il y a deux ans, qu'il y a trois ans. Et en fait, là, j'ai pris conscience de ce que j'avais fait. Et je me souviens de m'être réveillé, mais comme si j'avais fait un cauchemar horrible, avec beaucoup de transpiration, des grosses sueurs froides, le cœur battant.
- Speaker #0
Et c'est vrai que ce jour-là,
- Speaker #1
je me suis vraiment aperçu de ce que j'avais fait. Et je me suis dit que plus jamais je ferais une chose pareille. Et j'ai bien mis dix belles années avant de reprendre un chien. Et j'ai fini par reprendre un chien quand je me suis vraiment senti prêt.
- Speaker #0
Donc tu t'es rendu compte tout seul, il n'y a pas eu un moment où des podcasts, des lectures, peut-être qu'à l'époque il n'y avait pas beaucoup de choses, il n'y avait rien, il n'y avait pas d'empathie trop pour le chien.
- Speaker #1
Non, ce qu'on appelle le fameux bien-être animal, on en parlait extrêmement peu. C'est un peu comme le véganisme, ce n'était pas du tout admis, ce n'était pas du tout écouté. Ou alors peut-être on commençait un petit peu à regarder à travers la fenêtre, mais la porte n'était pas ouverte. Vraiment pas. Et tu sais, c'est vraiment l'éducation à l'ancienne avec le chien. Le jour où il a goûté, le goût du sang s'est terminé. C'est toujours les mêmes histoires. Il faut le tenir, il faut lui montrer c'est qui le patron. Ça, c'était vraiment le quotidien et c'était ce que j'entendais dans l'éducation canine.
- Speaker #0
Quelle est ta vision de l'éducation canine ?
- Speaker #1
Alors, certains l'appellent bienveillante. Moi, j'aurais tendance à dire basé sur de la réflexion. Je pars du principe qu'un chien, c'est un être vivant et surtout, c'est une personnalité. C'est un être à part. On aimerait bien standardiser. Aujourd'hui, on standardise tout, c'est tellement plus simple. Moi, je suis coach sportif, on n'arrête pas d'essayer de standardiser des méthodes d'entraînement. Tout le monde, tu le vois par exemple dans les cours collectifs. C'est-à-dire que tout le monde doit bouger à la même vitesse, au même rythme, sur la même musique, en faisant les mêmes mouvements. Mais on sait bien que c'est plus compliqué que ça. Chaque corps est différent. esprit est différent, chaque personnalité est différente et les chiens c'est exactement la même chose, on veut simplifier on veut faire en sorte de dire si tu veux un chien calme si tu veux un chien sociable, prends telle ou telle race on sait très bien qu'en fait c'est fini ça, on s'est aperçu que ça ne marche plus, aujourd'hui pour moi l'éducation et le rapport que j'ai avec les animaux c'est au cas par cas
- Speaker #0
Et c'est ça que tu as voulu partager avec la vie de Sora ? Comment est né le projet ?
- Speaker #1
Comment il est né le projet ? Ce n'était pas un projet au départ. Je ne me suis pas levé un matin en me disant « aujourd'hui, je veux partager mon expérience avec mes animaux et ça commence maintenant » . Pas du tout. C'est vraiment, ça a été fait par sérendipité, si je puis dire. C'est vraiment genre…
- Speaker #0
Je ne l'avais jamais entendu en français.
- Speaker #1
Ah ouais ?
- Speaker #0
Je ne savais même pas qu'il existait ce mot.
- Speaker #1
C'est un mot français. À l'inverse, c'est un mot français.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Comme beaucoup de mots en anglais barbecue par exemple c'est français donc effectivement vraiment par hasard si je puis dire parce que j'ai posté un jour une vidéo sur tiktok mais mon tiktok c'était vraiment un tiktok perso je l'utilisais d'abord pour voir du contenu quand je m'entraînais pendant mes séances de cardio je postais des petits trucs comme ça Ça faisait 100 vues, 300 vues. J'avais une vidéo qui avait fait 65 000 vues. C'était Las Vegas pour moi, c'était Dallas. Mais en soi, il n'y avait pas de projet. Un jour, j'ai effectivement posté une vidéo parce que tous les matins, j'allais voir un monsieur sans abri qui s'appelait Bruno. Je lui offrais un café, un croissant et un câlin de sola tous les matins depuis plusieurs semaines. Et un jour, en partant de chez moi, je cherche mon portefeuille, je ne le trouve pas. Ma femme me dit « Mais pourquoi est-ce que tu as besoin de ton portefeuille pour… » pour aller promener ton chien, je lui explique l'histoire et ma femme me dit, mais t'as pas pensé à filmer quoi. C'est-à-dire que tu me filmes un bouton dans le dos pour me montrer, pour me demander ce que c'est, ça, ça pose pas de problème, par contre, ton chien qui passe un moment extraordinaire avec un monsieur au pied de sa tente, ça, j'ai pas le droit de le voir. Et donc, je lui dis, ok, d'accord, donc j'ai filmé, j'ai filmé la scène d'une traite, et en fait elle a fini par, donc je filme la vidéo, je la poste, mais comme je le fais d'habitude parce que moi surtout quand je postais mes vidéos c'était aussi pour pouvoir les sauvegarder entre guillemets Oui,
- Speaker #0
c'est ton album photo perso. Exactement. Après, tu retrouves tout au même moment. Voilà,
- Speaker #1
exactement. Et donc, j'ai mis des sous-titres sur lesquels je suis sûr qu'il y a des fautes d'orthographe. C'était un peu gnangnan. Bref, ça tremble. C'est vraiment amateur au possible. Je la poste et elle a fait, je crois, 5 millions de vues. C'est-à-dire qu'en une demi-heure, elle avait fait 300 000 vues. Pour moi, ça me dépassait complètement. Et en fait, en une semaine, j'ai récupéré 20 000 abonnés. Et je me suis posé la question de savoir, mais qu'est-ce que j'allais faire de cette nouvelle... de cette nouvelle notoriété. Et je me suis dit, c'est quoi ? En fait, on va parler de notre vie, parce que j'avais déjà plein de problèmes avec cela. J'avais traversé plein de trucs difficiles. L'anorexie canine, les problèmes de comportement, enfin, il y avait plein de trucs. En plus, mon chien était promené sans laisse en ville. Je me suis retrouvé avec cette décision de me dire, c'est quoi ? Je vais partager mon quotidien avec mes chiens. Voilà, ce sera comme ça. Avec mon chien, d'ailleurs, parce que j'avais pas encore Tsuki Et je voulais vraiment faire quelque chose que je ne voyais nulle part. C'était vraiment tout montrer.
- Speaker #0
Montrer tes erreurs, ce qui ne fonctionne pas au quotidien.
- Speaker #1
Exactement. On ne voit pas ça. La vie, tout simplement. Et c'est vrai que ça choque beaucoup de personnes. Les gens disent, ouais, c'est scénarisé. Ouais, tu montres ça pour faire des vues. Pas plus que quand je montre des moments de bonheur. Non, tu te couches mon cœur maintenant, ça suffit. Suki, tu te couches. Sinon, je ne te prends plus avec moi, c'est fini. Ce n'est pas la solution, tu me diras. parce qu'au contraire. Et comment faire en sorte que le chien n'apprenne pas, c'est justement d'éviter toutes les situations qui sont complexes. Tu vois, par exemple, ça fait partie des choses... Ma femme, elle déteste aller au restaurant avec mes chiens. Parce que, ou bien on est interrompus systématiquement parce que des abonnés viennent nous voir. Alors, ils ne me dérangent pas, ils nous interrompent. Mais quand je suis avec ma femme, elle, par contre, ça la dérange. Et donc, tu vois, ça, par exemple, éviter les situations complexes ne permet pas d'apprendre. Le but, au contraire, c'est de répéter... régulièrement dans de bonnes conditions d'apprentissage la situation qu'on souhaite résoudre mais donc j'essaye de partir au restaurant seul avec mes chiens partir au restaurant seul avec mes chiens comme ça ça permet de faire en sorte que mes chiens finissent par apprendre à se comporter comme il devrait se comporter voilà mais voilà donc en fait je voulais vraiment partager mon expérience avec les gens et ce qui est bien mais également ce qui est mal
- Speaker #0
Et t'écris d'ailleurs dans ton livre, j'ai cité une phrase, « Seulement 20% de la vie avec un chien est magique, et les 80% restants sont faits de responsabilités, d'ajustements et d'organisations. » Et c'est exactement ce que tu es en train de dire. Est-ce que tu le penses une fois aussi qu'ils sont adultes ? Et aussi une autre question, quelles sont les limites personnelles auxquelles tu t'es sentie confrontée ?
- Speaker #1
Répète la question.
- Speaker #0
Est-ce que tu penses, une fois adulte, cette phrase encore, une fois les chiens adultes ? 20% de la vie avec un chien, c'est magique. Le reste, c'est organisation, ajustement, responsabilité.
- Speaker #1
Je vais répondre à ta question par une autre question. Est-ce que tu penses que la proportion de ton quotidien est différente que celle qu'on vient de citer dans le livre ? Ton quotidien à toi, je veux dire.
- Speaker #0
Est-ce que mon quotidien est 20%
- Speaker #1
magique ? Est-ce que la proportion est différente ? Est-ce que c'est plutôt l'inverse ? Est-ce que c'est 80% de magie pour 20% de responsabilité, d'ajustement, de travail au quotidien ?
- Speaker #0
Ah non, ouais non.
- Speaker #1
Bah voilà, c'est la même chose pour les chiens, même quand ils sont adultes. C'est même quand ils sont adultes, même pour nous en fait. En réalité, notre quotidien c'est 80% de travail, d'ajustement, de responsabilité au quotidien. Pour 20% de magie. Et encore, je me trouve quand même super généreux sur les 20%.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pour ceux qui sont employés, par exemple, ils ont combien de semaines de repos ?
- Speaker #0
Un salarié, 5 semaines en général.
- Speaker #1
5 semaines. T'as combien de semaines dans une année ? 52 ? T'as vu la proportion ? 10%. Ouais,
- Speaker #0
mais un chien, ça travaille pas.
- Speaker #1
Ça travaille pas. Mais imagine qu'ils sont plongés dans un quotidien avec des règles qui sont complètement ubuesques. Ou même nous. On les respecte parce qu'on doit les respecter, mais qu'on ne les comprend pas forcément.
- Speaker #0
Ah oui, clairement.
- Speaker #1
Et eux, c'est encore pire. C'est-à-dire qu'ils ont un cortex préfrontal qui n'est pas développé comme le nôtre. Donc le siège de la compréhension, de la rationalité, il est moins efficace que nous. Et on leur impose de respecter au quotidien des règles et de vivre ce quotidien constamment, laisse ou pas laisse. Donc c'est vraiment, pour eux, c'est même plus que 20%.
- Speaker #0
Ça me fait vraiment penser aux enfants, parce que moi, j'ai une petite qui va avoir deux ans. et ce que tu écris dans le livre, c'est exactement ce avec quoi je suis confrontée en ce moment. C'est-à-dire qu'il y a la gestion des émotions et parfois, ils ne comprennent pas, ils s'énervent, il y a de la colère, il y a du stress. Au final, ce que tu dis aussi dans ton livre, c'est que la gestion de l'enfant ou du coup la gestion du chien, des émotions, ce n'est pas ce qui est le plus dur, c'est nous, comment on gère nos émotions face à leur gestion de leurs émotions. et c'est ça qui est hyper dur, c'est nous de rester tout le temps calme, posée et de réagir avec bienveillance et de se comporter en guide en fait. Comment t'as réussi à faire ça en restant zen ?
- Speaker #1
En fait, déjà non, je reste pas zen. Tu montes pas dans les tours non plus. Ah si ? Tu rigoles ou quoi ? Un jour j'ai hurlé tellement fort que j'ai eu les yeux qui se sont révulsés j'ai, mais, un jour j'ai littéralement pété les plombs face à mes chiens. Mais vraiment. Il ne manquait plus que les coups de latte et on était bien. Non mais vraiment, je n'ai pas passé le cap du coup de latte, mais pourtant je peux t'assurer que j'en avais vraiment très très envie. Mais c'est souvent ce que je dis, c'est qu'en fait, ce n'est pas parce qu'on demande et qu'on sait qu'il faut se gérer au quotidien et gérer notre émotion que ça veut dire qu'on y arrive tout le temps.
- Speaker #0
Ah bah ça je suis d'accord, c'est hyper dur et je le vois là, je compare encore avec un enfant parce que c'est vraiment la sensation que... Et c'est vraiment ce dans quoi je suis, moi avec mon chien j'ai pas autant de problèmes, mais avec mon enfant oui. Je me dis mais en fait ce qui est dur c'est vraiment soi quoi. Il y a des jours c'est nickel, j'ai l'impression d'être une mère parfaite. Oui je fais une comparaison enfant-chien mais pour moi c'est pas mal. Mais c'est des enfants ? C'est des enfants, voilà. Pareil, le cortex préfrontal n'est pas terminé et du coup ils peuvent pas, physiologiquement de toute façon, ils peuvent pas gérer comme nous on gère.
- Speaker #1
Non, c'est pas possible. Non. Alors je vais même te dire un truc, même des adultes. Le cortex préfrontal, c'est une zone qui s'entraîne. C'est une partie du cerveau qui s'entraîne. Gérer son émotion, c'est quelque chose qui s'apprend. Ça se gère une émotion. C'est-à-dire qu'elle est là, elle est présente. On ne peut pas l'empêcher d'intervenir, mais on peut empêcher les actions qui vont découler de cette émotion. on ne peut pas s'empêcher d'avoir peur mais on peut gérer les actions qui découlent de la peur et ça c'est le cortex préfrontal et les chiens eux, il est moins fort que le nôtre, mais il peut s'entraîner, il doit s'entraîner exactement comme le nôtre. Et c'est notre responsabilité à nous de faire en sorte que nos animaux puissent vraiment arriver à comprendre des situations et à choisir le bon comportement.
- Speaker #0
Et comment tu les entraînes alors ?
- Speaker #1
C'est des mises en situation régulières, tout simplement. On essaye vraiment de les mettre dans des situations où on maximise. les chances de réussite et on minimise les risques d'échec, mais l'échec, il est toujours là. Le problème, c'est qu'aujourd'hui, on a moralisé l'échec. Aujourd'hui, tu échoues, c'est mal, c'est mauvais, t'es une mauvaise personne. En plus de ça, alors là, cette partie de ton podcast, elle va faire un pic d'écoute. Il y a une phrase que je ne supporte pas, mais vraiment, en fait, je crois que c'est la phrase que je déteste le plus au monde, et pourtant, il y en a beaucoup que j'aime parler, mais celle-ci, c'est la pire. La liberté des uns, commence là où s'arrête celle des autres et inversement. Cette phrase-là, je ne peux plus l'entendre, j'en ai marre. Je la trouve odieuse. Mais odieuse parce qu'en fait, tu arrives comme ça dans l'œuf. dans l'œuf, à tuer toute forme de prise de risque, peu importe laquelle c'est. Ne fais pas ça parce que si jamais ça ne se passe pas comme tu veux, ça pourrait avoir des conséquences, et notamment sur les autres. Mais les gars, c'est la vie. Mais en fait, c'est la vie. L'impermanence de l'existence, les mauvaises décisions qui sont prises à droite à gauche, ça fait partie de la vie, en fait. C'est pas agréable, on est d'accord, mais moi, tous les jours, je supporte les mauvaises décisions et les conséquences qui vont avec. Bah, je fais avec.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, sinon tu restes cloîtré chez toi et tu vis pas.
- Speaker #1
Exactement. Et en fait, avec cette phrase-là, on a réussi à donner aux personnes qui veulent surtout ne rien risquer de leur existence, la possibilité d'argumenter avec un truc. En plus, la phrase, elle est jolie, tu vois. La liberté des uns commence, la haute serre est celle des autres. C'est vraiment de la masturbation intellectuelle haut de gamme. On vient comme ça te jeter. Au visage, si tu fais « respecte pas cette phrase-là » , tu ne respectes pas les autres. Eh les gars, on se calme. En fait, la plupart des grandes avancées de la science, et notamment en matière médicale, et même en matière de technologie au niveau du confort, ont été faites par prise de risque. Parce qu'il y a des gens qui ont accepté de prendre ces risques et d'assumer ces risques. Et en fait, aujourd'hui, on se retrouve dans une situation où si ton chien se trompe, c'est mauvais. Mais en fait, c'est un être vivant, l'erreur, elle n'est pas humaine. On arrive même aujourd'hui à s'octroyer le droit à l'erreur, mais pas les autres.
- Speaker #0
Quelle est la dernière erreur qui a été faite avec tes chiens ?
- Speaker #1
La dernière erreur que j'ai faite avec mes chiens, c'était hier. J'ai promené ma chienne sans laisse dans un endroit la nuit où je savais qu'il ne fallait pas qu'elle y aille parce que c'était tentant, parce qu'il y a des gens qui aiment bien déféquer, et surtout la nuit, parce qu'il fait sombre, donc on les voit moins. résultat des courses, je suis quand même allé là je pensais maîtriser ma chienne à ce moment là or elle a beaucoup de mal à gérer ses émotions en ce moment, on travaille là dessus elle s'est barrée dans la forêt, pas loin même pas à 15 mètres, en plein jour je la vois mais là, bah voilà donc elle est revenue,
- Speaker #0
elle s'est gavée une crotte humaine et elle est revenue dans le peu pour elle,
- Speaker #1
est-ce que c'est de sa faute ? Bah non, c'est moi qui choisis le trombade. C'est moi qui décide de la promener sans laisse à cet endroit-là, j'ai pas de visibilité, je sais que c'est tentant, je connais les choses, mais en fait l'erreur c'est pas ma chienne qui l'a faite, c'est moi. Elle est coupable de s'être barrée, je suis responsable de sa culpabilité. Mais est-ce que ça veut dire que plus jamais en fait je ne dois promener ma chienne à cette heure-ci ? Non, je vais juste adapter, je prends la leçon, je la retiens.
- Speaker #0
Donc là, concrètement, qu'est-ce que tu vas faire ?
- Speaker #1
Concrètement, je n'irai plus à cet endroit-là avec ma chienne à cette heure-ci.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tout simplement.
- Speaker #0
Et tu réajustes ? Je réajuste mon comportement.
- Speaker #1
Je prends la leçon. C'est souvent ce que je dis, notre rôle en tant que parents, que ce soit pour les enfants, pour les animaux, c'est qu'on n'est pas là pour empêcher l'autre de faire des erreurs. Les erreurs, elles sont nécessaires à l'apprentissage. On est là pour avertir, on est là pour faire un... partage d'expérience, laisser l'autre prendre ses décisions et faire ses expériences. Et après, on est là pour réparer, on est là pour soigner, on est là pour consoler.
- Speaker #0
Et tu penses qu'un chien peut apprendre de ses erreurs ?
- Speaker #1
Évidemment, évidemment. On regarde mes chiens, ils s'arrêtent au passage piéton.
- Speaker #0
Mais parce qu'ils t'écoutent,
- Speaker #1
ils ont confiance en toi. Ils ont vu, ils m'ont vu faire, ils ont vu ce qui se passait quand ils traversaient sans autorisation. C'est-à-dire que hop ! demi-tour, tu reprends ta place, on s'arrête, on repart. Et à force de le faire 400, 500, 1000 fois, 2000 fois, le chien finit par comprendre qu'on s'arrête systématiquement au passage piéton. On ne va pas voir le copain de l'autre côté de la route. Mais ça, il m'est arrivé combien de fois d'aller devoir récupérer mon chien de l'autre côté de la route. C'est pour ça que quand je leur ai appris ce genre de compétences, je me suis levé à 4 heures du matin, où il n'y a personne ni sur la route, ni sur les trottoirs. Et progressivement, j'ai décalé mes heures. de lever, encore heureux, mais pour rapprocher mes chiens des horaires classiques. Et aujourd'hui, mes chiens, c'est 6h du matin ou midi ou minuit, mes chiens savent les règles. Mais il a fallu beaucoup d'essais, donc beaucoup d'erreurs et ils en font encore aujourd'hui. Mais c'est comme nous. Moi, je vais te filmer 10 minutes dans ta voiture, tu vas voir un peu, si tu as le permis, tu vas voir qu'en 10 minutes, tu vas me faire 10 infractions routières particulièrement graves et dangereuses.
- Speaker #0
Ouais, donc ce que tu dis, c'est que souvent, on est trop dur avec ses chiens, plus dur qu'on attendrait vraiment la perfection alors que nous-mêmes, on ne l'est pas.
- Speaker #1
Je pense que le chien, c'est l'animal le plus malheureux du monde avec le cochon. Les cochons, c'est encore autre chose. Eux, ils vivent vraiment l'enfer. Mais le chien, ça fait partie vraiment des animaux les plus malheureux du monde. On a l'impression qu'ils sont heureux parce qu'on leur offre tout le confort. Mais en fait, ce qui rend heureux, ce n'est pas le confort.
- Speaker #0
Non, c'est les moments partagés.
- Speaker #1
C'est la liberté. C'est ça qui rend heureux. La seule chose qui rend vraiment les animaux heureux, c'est la liberté. C'est un droit fondamental de la nature. On est avec. Tout être vivant naît avec le droit absolu de la liberté. C'est un droit que l'être humain s'évertue tous les jours à violer. C'est un viol, c'est-à-dire que c'est une prise par la force et sans consentement. Ce n'est pas forcément un caractère sexuel. Tu violes une règle, tu violes une loi, tu violes un droit. Là, pour le coup, le chien... tous les animaux, c'est vraiment une prise par la force et son consentement. Mais en fait, ils naissent avec. Et par notre souci de confort et de besoin de sécurité, qui au final n'est qu'un fantasme absolu, en fait, la sécurité n'existe pas.
- Speaker #0
C'est hyper intéressant. Du coup, on viole la liberté de nos chiens.
- Speaker #1
Voilà. Pourquoi ? Par souci d'être dans le sentiment de sécurité. Mais t'es pas du tout en sécurité. À quel moment, on regarde par exemple, l'être humain, c'est 400 000 meurtres par an. Officiel. On sait que c'est 3, 4, 5, 6, 7 fois plus. Mais officiellement, c'est 400 000 morts par an. Les chiens, c'est 60 000 morts par an. Est-ce que tu penses que là, maintenant, là, tout de suite, t'es plus en sécurité avec moi qu'avec 3 chiens dans une pièce ? Même mal éduqué.
- Speaker #0
Ah non, mais moi, de toute façon, j'ai plus peur des hommes que des chiens.
- Speaker #1
Et encore plus lors du temps. Regarde,
- Speaker #0
c'est pour ça que j'ai fait le pâte animalier et pas humain.
- Speaker #1
Donc ce que je veux dire par là, c'est que en fait, concrètement... Si on reste vraiment sur du très concret et du rationnel, mais vous n'êtes absolument pas, et là où vous êtes encore le moins en sécurité, c'est avec vos proches dans votre famille. Donc c'est de dire que la sécurité n'existe pas et que pour cette espèce de fantasme qu'on peut avoir, de ressentir ce sentiment, on va arbitrairement priver les animaux de leur liberté. Alors certains disent, mais non, mais c'est pour leur sécurité. Vous allez dans des pays où il y a des chiens libres partout. C'est marrant, il y en a très peu qui meurent. Va au Maroc, va en Argentine, t'as plein de chiens errants, va en Inde. Allez en Inde, vous allez voir. Il y a des reportages extraordinaires là-dessus, des chiens errants en Inde. Il y en a très peu qui meurent. Il y en a, mais moins que d'êtres humains qui se font éclater dans les transports, ou en traversant la route. Et surtout, ils se battent très peu entre eux. Ils sont hyper calmes, hyper placides.
- Speaker #0
Ils sont tous libres de...
- Speaker #1
Pas d'humains pour les éduquer. Ils savent faire.
- Speaker #0
Du coup, comment tu définirais le bien-être d'un chien ? D'un chien domestique, du coup.
- Speaker #1
À sa liberté.
- Speaker #0
Et concrètement ?
- Speaker #1
À son éducation.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Tu veux être libre, il faut être éduqué. Et surtout, il faut avoir quelqu'un qui accepte que tu ne seras jamais parfait.
- Speaker #0
Mais tu vois, avec l'éducation, tu coupes la liberté. Parce que l'exemple du passage piéton, tu prives la liberté de choisir de rejoindre le chien en face. Et du coup, en fait, tu vas... Tu vas un peu le formater pour qu'il soit plus libre derrière et plus en sécurité, on revient à ça. Et pourtant, tu lui fais gagner de la liberté en lui privant de la liberté.
- Speaker #1
Parce qu'en fait, tu confonds l'éducation et le dressage. Le dressage, t'as un signal, t'obéis. L'éducation, c'est un choix. La liberté, c'est le choix. C'est ça, la liberté.
- Speaker #0
Oui, mais tu les travailles jusqu'à ce qu'il n'ait plus le choix.
- Speaker #1
Il a toujours le choix, il est libre. S'il veut traverser, il traverse. S'il veut traverser... Il traverse. Mais il sait que s'il traverse, il y aura une réaction à l'action. Il y aura une conséquence à sa prise de décision. Mais c'est comme ça pour tout, en fait. Si moi, je prends la liberté de partir en Amazonie, rien ne m'empêche de le faire. Mais je vais me retrouver dans un environnement qui n'est pas adapté pour moi. Je ne sais pas comment y vivre. Je vais faire... Me connaissant, moi, je fais 45 minutes et je me fais pulvériser par une fourmi rouge. Non mais... C'est une réalité. Mais j'avais le choix d'y aller. J'ai pris la décision et j'ai dû assumer les conséquences de cette décision. Donc,
- Speaker #0
tu aurais dû aller préparé ou pas préparé, tu vois, avec des stages de survie. Exactement.
- Speaker #1
Mais le chien, c'est pareil. Il est libre. Tu veux y aller, vas-y. Mais tu sais très bien ce qui va se passer si tu fais ça. Tu le sais. Voilà, tu vas devoir retourner sur le trottoir de l'autre côté sans avoir, en plus de ça, la personne en face, si ça se trouve, si elle est... Et alors, elle doit... pas agréablement surprise, peut se mettre à crier, peut se mettre à s'énerver. Le moment, il ne va pas être agréable, tu le sais, mais il a la liberté de le faire. L'éducation, ce n'est pas obliger le chien à, c'est lui expliquer la règle, les conséquences du refus de respecter cette règle, mais il a le choix de ne pas la respecter, il a le choix de prendre une mauvaise décision. Et c'est ça en fait mon travail. Mon travail, c'est... Fais en sorte que tu puisses utiliser l'espace public sans pour autant que ce ne soit une pression pour les autres. Moi, si je vois quelqu'un qui a peur de mes chiens, par exemple, et je le vois quand je promène mes pieds, il faut arrêter de croire que c'est agréable pour moi. Attendez, on se met d'accord, si je le fais, c'est pour le plaisir de mes chiens, c'est pas pour moi. C'est pas par flemme de les attacher. Mes chiens marchent très très bien en laisse. Ils tirent pas, ils restent à côté de moi quand ils sont en laisse. super agréable pour moi mais ça n'a aucun intérêt pour eux
- Speaker #0
Moi je suis en hyper vigilance tout le temps quand je promène mes chiens sans laisse, tout le temps.
- Speaker #1
Je vais bien le croire.
- Speaker #0
Je suis obligé de regarder partout, je suis obligé de les regarder eux, je suis obligé de regarder les gens en face pour voir s'ils n'ont pas peur, s'il n'y a pas une maman avec une poussette, avec des enfants, parce que je sais qu'elles ont tendance, et c'est normal, à faire très attention à leurs enfants. Donc tout ça c'est fait en sorte que... Et moi je passe tout mon temps à être en hyper vigilance avec mes chiens. Et je le fais parce que c'est important pour eux, et aussi parce que... On m'a déjà volé mes laisses. Et j'ai dû rentrer avec mes chiens sous le bras. À l'époque, ils ne savaient pas marcher sans laisses. Et là,
- Speaker #1
pas éduqués, trois huskies sous le bras.
- Speaker #0
T'as laissé la casse, tu fais quoi ? J'ai déjà vu un chien se faire tuer comme ça.
- Speaker #1
C'est le genre de truc où on ne se pose pas la question.
- Speaker #0
Parce qu'on est là en train de dire, oui, mais la laisse, c'est la sécurité. Bah non, en fait. Je veux même te dire un truc. La laisse, à mon avis, telle qu'elle est utilisée aujourd'hui, à nettement plus pulvérisé de chiens. qu'elle n'en a vraiment protégé.
- Speaker #1
Là, je vois plein d'histoires avec le passage piéton, des voitures qui ne voient pas le chien au bout de la laisse. C'est horrible.
- Speaker #0
Et puis, au-delà de ça, le nombre de chiens comme ça, de personnes qui utilisent cet objet sans vraiment savoir l'utiliser. Le nombre de chiens qui, psychologiquement, ont été rendus hyper réactifs à leur congénère parce que le maître, le parent chien, n'a pas su utiliser cet objet convenablement. Mais en fait, la laisse, c'est un objet Mais comme tout objet, si tu l'utilises mal, ça blesse, tu prends une fourchette, ça me permet de pouvoir prendre ma bouffe correctement. Mais si je te la plante dans la main, c'est autre chose déjà. Même chose, un couteau de cuisine, c'est vachement bien pour couper ma bouffe. Si je t'en mets un coup dans la tronche, même chose, c'est une mauvaise utilisation. Et donc, tous les objets doivent être utilisés avec une bonne méthode, une bonne technique. On a tellement banalisé cet objet, il n'y a peut-être qu'à lui mettre une laisse. Mais en fait, ça ne règle pas le problème. empêcher un animal de faire une erreur n'est pas l'éduquer. En fait, empêcher son chien de faire des erreurs, c'est comme de faire les devoirs de son gamin pour pas qu'il ait de mauvaises notes. Eh, ça marche pas ça. Parce que le jour du contrôle, il était pas là. Et ça va mal se mettre.
- Speaker #1
J'ai envie de maintenant parler du collier électrique parce que là, on n'est plus du tout dans l'éducation. Je sais pas dans quoi on est d'ailleurs. Donc comment t'es venue l'idée d'essayer un collier électrique et c'était comment de se faire électrocuter comme un chien ?
- Speaker #0
Alors, ça m'est venu un jour parce que j'étais en soirée comme ça et je discutais avec un de mes potes qui me parlait de ses parents qui utilisaient un collier électrique pour le chien. Et je disais, écoute, un collier électrique, mais on électrifie le chien là ? Enfin, je comprends pas, on électrifie un être vivant ? Il me fait, bah ouais, je fais, bah t'as déjà mis ça sur toi, tu le seras pas non ? Je fais, bah je sais pas, tu le mets sur un chien, pourquoi tu le mets pas sur toi ? Il me dit, bah parce que c'est pas pareil. Pourquoi c'est pas pareil ? Mais parce que les chiens... C'est comme ça, sinon ils n'apprennent pas. En fait, tu utilises un objet qui est interdit dans les conventions de Genève. C'est-à-dire que, les gars, l'utilisation de l'électricité est interdite sur les êtres humains. En fait, j'ai dit... Et ce jour-là, je me suis dit, tu sais quoi ? Je vais me le mettre autour du cou pour voir ce que ça fait. En fait, j'ai besoin de savoir si ça marche vraiment en termes d'éducation. J'ai besoin de savoir ce que ça fait de mettre ce truc autour de ma tronche. Parce que je veux savoir si vraiment ça marche. Mais vraiment, j'ai vraiment fait cette démarche pour comprendre l'intérêt de l'utilisation de ce truc.
- Speaker #1
Non mais trop intéressant parce que c'est tellement banalisé. Le nombre de gens qui en utilisent, c'est incroyable. Et en plus sans se dire, ça fonctionne, il ne la boit plus, c'est cool. Et du coup, ça ne l'électrocute plus.
- Speaker #0
Alors en fait, il faut comprendre une chose, c'est que déjà c'est de la torture. C'est un outil. de torture. La torture, c'était obtenir des informations ou un comportement par un outil de sanction douloureuse ou de coercition. Coercition, c'est juste en forçant. La coercition, c'est par obligation. C'est le mot que préfèrent utiliser les éducateurs qui sont particulièrement violents pour donner un côté scientifique à l'action. Plutôt que de dire on va l'obliger en mettant des grands coups par la contrainte, on va dire coercition parce que ça fait technique. Mais c'est de la torture. Et en plus quand vous utilisez un objet de torture, vous n'êtes pas éducateur, vous êtes un bourreau. En fait, quand vous mettez ça à votre chien, vous êtes un bourreau, vous n'êtes pas un parent. Non, vous ne le faites pas pour le protéger, vous le faites parce que c'est plus simple pour vous. C'est par confort.
- Speaker #1
Plus simple et plus rapide.
- Speaker #0
C'est plus rapide et ça ne marche pas. Le chien, il y a toutes les études qui le prouvent, ils associent ce truc-là à vous. Ils savent que c'est vous qui êtes responsable de ça. Ils le savent. Mais allez voir les études, ils savent que vous êtes responsable de ça. Ils associent la douleur électrique à vous. Et en fait, ce qui est intéressant sur cette vidéo, c'est que du colis électrique... C'est que tu vois qu'à un moment, je deviens paniqué. Je suis comme ça, je regarde mon environnement. En fait, je n'ose plus bouger. Je voulais faire tout le podcast avec ça sur mon cou, mais je n'arrivais pas à parler en fait, parce que je ne savais pas ce qui déclenchait. J'avais une liste de mots qui avait été notée par ma social media manager et par mes stagiaires que je ne connaissais pas et qui, quand je les prononçais, devaient déclencher le collier électrique. Je devais, par association d'action, repérer... quels étaient les mots qui déclenchaient ça ? Tout simplement. Et en fait, à la fin, plutôt que d'arriver à trouver, je finissais par ne plus pouvoir parler. Je ne voulais plus parler. C'était fini. Et le pire là-dedans, c'est que c'est moi qui ai demandé à ma stagiaire de déclencher. Ma stagiaire, au début, ça la faisait marrer. Elle était là, trop bien, je vais appuyer. Je fais, vas-tu avoir. Quand tu vas voir les premières fois ce que ça fait chez la personne, tu n'auras plus envie. Et en fait, effectivement, elle ne voulait plus déclencher. Même si je prononçais les mots, elle ne voulait plus déclencher. Tu vois ? Et même moi, tu me vois un moment, je la regarde, j'avais envie de la tuer, sincèrement. J'avais vraiment envie de faire mal à cette personne, pourtant, à qui c'est moi qui ai donné la télécommande. Mais tu me vois la regarder, je veux vraiment te faire du mal. Je veux vraiment.
- Speaker #1
Tu quantifiais la douleur à combien sur 10 ?
- Speaker #0
On l'avait réglée... je crois à 20%
- Speaker #1
je crois ouais c'est un truc comme ça je crois à 20 ou 30%
- Speaker #0
je crois que c'était 20% mon équipe a refusé que je fasse plus moi au début je voulais le mettre au max à commencer par le max ?
- Speaker #1
il y a une sorte d'habituation ou pas ? tu peux augmenter ?
- Speaker #0
non non je ne peux pas t'habituer et en fait à 20% je mets à 7 sur 10 parce que c'est hyper intrusif en fait comme douleur en plus moi je l'ai posé sur mon cou c'est là où on pose sur le chien alors pour la petite information un chien est plus sensible à ce genre de douleur qu'un être humain. C'est-à-dire qu'en fait, on croit que le poil ça isole. Alors, ça isole, mais l'appareil est fait pour que ça ne puisse pas isoler, puisque tu as des pointes en métal pour aller directement toucher la peau. Donc, en fait, poil ou pas poil, une fois que la partie en métal est au contact de la peau, il n'y a plus d'aspect isolant du poil. Le courant, il passe à travers la peau. Et ils ont une peau qui est plus fine que la nôtre. Les chiens, ont une peau plus fine que la nôtre. Ils sont plus sujets à la douleur. Si j'avais vraiment voulu... Oui,
- Speaker #1
puisqu'ils ont des poils qui protègent, donc la peau est plus fine. Exactement.
- Speaker #0
Si j'avais vraiment voulu jouer le coup à fond en termes de sensibilité, pour ne pas jouer ma fragile, j'aurais dû mettre l'appareil sur ma langue. Et si tu veux perdre fond en humanité, va dans l'espace commentaire de cette vidéo.
- Speaker #1
ah non j'ai pas été c'est à vomir
- Speaker #0
Tu as même des mecs qui sont capables de l'écrire sur les réseaux sociaux. Moi, je l'ai mis sur moi et sur mon gamin. Il y a des mecs qui en disent. Il y en a même un qui me donne l'âge de son gamin. Il avait 10 ans. Il l'a mis sur la tronche de son gamin de 10 ans.
- Speaker #1
Il ne la boit plus, du coup, son gamin.
- Speaker #0
Et il l'écrit. Mais tranquille, c'est te dire. Aujourd'hui, les gens, ils sont...
- Speaker #1
Ça fait super peur.
- Speaker #0
En plus, forme de déconnexion vis-à-vis de la douleur, vis-à-vis de la violence. On est même plus près, en fait. et les gens qui étaient en train de dire Mais non, elle exagère, c'est de l'acte. Oui, je pense qu'il y a eu ça aussi. Tu vois en fait que ce n'est pas de l'acting.
- Speaker #1
Ben essaye.
- Speaker #0
Tu vois même qu'un possier qui se... Ouais, on voit les muscles. Un muscle qui est comme ça, qui part au niveau du visage et qui descend jusqu'au coup qu'on appelle le possier. Tu le vois qui se contracte en fait. Tu le vois et c'est ultra violent en fait. Mais non, c'est exagéré, c'est de l'acting. Mais parce qu'il y a une forme de déni. Et les gens en fait, ça les arrange le déni. Il préfère se dire « Mais non, mais c'est pas grave. » Donc ça m'est venu comme ça, je me suis dit, on va le mettre. Et en fait, ça choque les gens. Quand je disais ça, je vais me mettre un collier électrique sur moi. Non, mais ça ne va pas. Quand c'est un chien, c'est bon, ce n'est pas grave. Ça fait un peu mal au cœur, mais c'est tout. Quand c'est un être humain, ah non, ça ne va pas, non. Mais les gars, ce n'est pas parce que vous avez décidé que vous étiez plus précieux que vous l'êtes vraiment, en fait.
- Speaker #1
Et tu as eu des séquelles après ? Tu as eu mal longtemps ? Tu l'as utilisé combien de fois ? Non,
- Speaker #0
je l'ai utilisé 40 minutes. pendant 40 minutes je vous ai choqué 3 fois Après j'étais obligé de le retirer, j'arrivais plus à trouver mes mots
- Speaker #1
J'arrivais plus à organiser mes idées J'y arrivais plus en fait Donc la cognition a changé J'avais plus parlé
- Speaker #0
Mon corps refusait de parler, je réfléchissais plus Donc j'ai retiré le truc parce que j'avais invité des gens pour parler
- Speaker #1
Est-ce que tu t'es demandé si t'allais essayer D'autres trucs comme ça qu'on fait aux chiens Des colliers de panglers ou quoi Je pensais à ça Ma femme elle veut pas,
- Speaker #0
elle a peur pour ma trachée Parce que si jamais ça perce la trachée Ça va être compliqué Merci. On le fait sur les chiens.
- Speaker #1
On ne va peut-être pas te donner un grand coup de la directe.
- Speaker #0
Pourquoi pas ? On le fait sur le chien. Tu l'as vu tout de suite ? Tu le fais sur le chien.
- Speaker #1
Les gens sont là. J'en vois des gens qui sont vraiment dans leur site. C'est une super éduque. Elle a éduqué tous mes chiens. C'est mon quatrième berger allemand. Elle est super.
- Speaker #0
Si on ne fait pas ça, on fait quoi ? On fait autrement.
- Speaker #1
C'est très entré, c'est très compliqué de discuter avec ces gens.
- Speaker #0
T'as des mollusques, encore une fois, dans les pays dont je t'ai cité tout à l'heure, t'as des mollusques qui se baladent dans la rue, ils n'attaquent pas les gens. Et ils n'ont pas de torcatus, ils n'ont pas de collier électrique, c'est bizarre quand même. C'est-à-dire qu'en fait, c'est marrant, mais juste montrez-moi les gens qui sont au bout de la laisse et on va comprendre. Montrez-moi la personne qui est au bout du torcatus.
- Speaker #1
et du coup tu penses que ta vidéo elle a pas quand même ouvert les yeux à certaines personnes ?
- Speaker #0
J'ai reçu 43 messages.
- Speaker #1
C'est hyper clivant. Ceux qui étaient déjà convaincus ont continué. Et ceux qui étaient convaincus, de toute façon, tu faisais de l'acting et c'était OK pour les chiens. Ça a aidé, tu penses, au final, rien du tout.
- Speaker #0
Dans ce genre de vidéos, t'as toujours des personnes qui, au contraire, vont s'obstiner parce que c'est ce qu'on appelle un plein paradoxe cognitif. Ils voient que c'est mal, mais ils sont tellement allés loin qu'ils ne peuvent pas faire l'inverse. Ils ne peuvent plus faire demi-tour. Ce serait accepté que pendant des années, ils ont fait des horreurs. En fait ils vont même s'obstiner Au delà de tout en fait
- Speaker #1
Au delà de tout De la conscience ils ont
- Speaker #0
Même en leur montrant même en leur prouvant Et puis t'en as d'autres par contre qui Acceptent d'avoir été dans l'erreur pendant des années Et j'ai reçu 43 messages de personnes Qui m'ont dit j'ai retiré le collier de mon chien après avoir vu la vidéo Rien que pour ça tu vois ça me suffit
- Speaker #1
C'est cool c'est pas énorme par rapport au nombre Mais c'est 43 c'est déjà 43 chiens sauvés mais
- Speaker #0
C'est quand même 25 millions de vues tout réseau confondu ces vidéos.
- Speaker #1
Ah ouais, c'est comme ça que je t'ai connu la première fois.
- Speaker #0
Comme quoi ?
- Speaker #1
Avec un collier.
- Speaker #0
Voilà pourquoi j'ai fait cette vidéo. Je voulais montrer aux gens ce que ça faisait.
- Speaker #1
Alors maintenant, j'aimerais bien un peu parler des particularités de santé de tes chiens. Comme je suis ostéo, c'est quelque chose qui m'attire. Et Tsuki, qui est ici présente, est épileptique.
- Speaker #0
Oui, qui est idiopathique. C'est-à-dire que c'est génétique chez elle.
- Speaker #1
Ok. Je voudrais savoir comment tu as adapté son quotidien et comment tu gères les crises sur le plan émotionnel et sur le plan médical ?
- Speaker #0
Alors, un chien épileptique, au-delà de l'aspect extrêmement impressionnant des crises, le plus dur à gérer au quotidien, c'est sa gestion des émotions. Un chien épileptique va gérer...
- Speaker #1
On en revient toujours à ça.
- Speaker #0
Voilà. Plus difficilement gérer ses émotions. Ça ne veut pas dire qu'il ne peut pas le faire, mais ça va être plus compliqué pour lui. Ça ne veut pas dire que tous ne sont pas capables de le faire facilement, mais la grande majorité va avoir des soucis de gestion émotionnelle. Dans le cas de Tsuki, ça se manifeste beaucoup, mais elle avait déjà une base de départ de gestion des émotions, une intelligence émotionnelle extraordinaire. Donc, j'ai envie de te dire, Tsuki qui aurait pu être un husky qui s'apparentant au comportement de chien de berger particulièrement bien éduqué, se retrouve à être un husky...
- Speaker #1
bien éduqué mais c'est difficile de faire plus ouais et tu dirais que c'est parce que toi même avec l'effet miroir comme tu gères bien tes émotions et comme tu as bien appris aussi avec cela
- Speaker #0
Tu dirais que c'est aussi grâce à ça que maintenant elle gère bien ouais ça m'est déjà arrivé d'avoir ma chienne par exemple c'est souvent on fait le reproche d'avoir mon chien qui gère mal ses émotions qui déclenche c'est très devenu extrêmement rare et dans des situations où je suis en grande partie responsable, où l'humain est en grande partie responsable, mais en réalité, ça m'est déjà arrivé d'avoir mes chiens. qui se fasse choper par d'autres chiens. Alors que, par exemple, un jour, il s'est fait attraper sur un trottoir. Un chien a échappé au contrôle de son maître et a sauté dans le dos de mon chien. Nous, on était sur le trottoir d'en face. Mon chien était en laisse, ce qui est assez rare pour être souligné. Et il s'est fait attraper dans notre dos. J'ai entendu un truc, je me suis retourné et j'ai vu le chien courir et sauter littéralement sur mon chien. Le maître est arrivé en courant derrière. catastrophe, il récupère son chien, il a commencé à me dire « je suis désolé ! » « Monsieur, calmez-vous s'il vous plaît ! » Je la regarde et je fais « c'est pas grave ! » Je l'ai en vidéo. « Monsieur, c'est pas grave ! » « Arrêtez de crier, je vous demande juste d'arrêter de crier. Ne criez pas, calmez-vous s'il vous plaît. » « Je vous demande pardon, je suis désolé, est-ce qu'il va bien ? » Je fais « oui, il va bien. » « Mais ne criez pas. » Parce qu'en fait, le fait de hurler dans ces genres de moments-là, c'est là où on traumatise le chien. Il faut comprendre une chose, c'est que la violence... physique dans le règne animal, elle les admise. Ça ne veut pas dire que ça arrive souvent, mais ça arrive et ils le savent, les animaux. Par contre, les cris, les hurlements qui précèdent alors que c'est fini, ça, ça traumatise. Je dis toujours, une attaque de chien, c'est un tatouage. Je crois que c'est comme ça que s'appelle le stent. C'est le dessin qu'on pose sur ta peau avec l'encre pour faire le traçage. Ça, c'est l'attaque. Le tatouage, l'encre qui pénètre dans la peau, c'est tes hurlements et tes cris post-attaque.
- Speaker #1
C'est ça qui ancre psychologiquement le trauma dans le cerveau du chien. Oui, carrément. Dans le cerveau, dans les tissus, dans la mémoire. Et est-ce que cet effet miroir et cet effet de synchronisation du chien avec toi, tes émotions, tes réactions, te fait culpabiliser ou te met la pression ? En te disant, il faut que je sois vraiment tout le temps au top de ma gestion émotionnelle.
- Speaker #0
Je fais ce que je peux, je fais au mieux.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Mais j'accepte mes erreurs.
- Speaker #1
T'acceptes, ouais, ok.
- Speaker #0
Mes erreurs. J'en ai parlé récemment, j'ai fait une vidéo là-dessus, où Tsuki, après son cluster épileptique, elle avait des comportements qui étaient... Tu vois le comportement qu'elle a eu au début du... Imagine-toi, tout le temps, tout le temps, tout le temps. Elle est autour de toi et elle fait des petits sons. Elle a mangé. Elle est sortie, elle n'a pas de besoin. Et elle est là.
- Speaker #1
Elle n'arrive pas à se poser. Comment tu as géré ça ?
- Speaker #0
Elle ne peut pas se poser. Et moi, j'étais fatigué parce que toute la nuit, je l'éveillais. C'était vraiment 48-72 heures après son cluster. J'étais fatigué.
- Speaker #1
Tu peux rappeler ce qu'est un cluster ?
- Speaker #0
Un cluster épileptique, c'est un enchaînement de crises d'épilepsie dans un très court laps de temps. En règle générale, un chien comme Suki fait une crise d'épilepsie. En moyenne, elle en faisait une tous les deux mois, trois mois. Là, elle m'en a fait 8 en une journée. Donc ça a fait des dommages dans son système nerveux, neurologique. Et donc moi, derrière, on a dû tout refaire. Et dans le cas de Tsuki, elle faisait un... Et j'étais fatigué, j'en pouvais plus. Et je me rappelle m'être retourné un moment et je lui dis comme ça, avec les yeux révulsés, mais ferme ta gueule ! Et là, je me suis repris d'un coup. Et je me vois encore faire « Oh, pardon ! » Et ma chienne qui me regarde m'est complètement hallucinée. Elle est allée dans son panier et elle s'est allongée. Moi, j'étais là « Je te demande pardon, je suis désolé. » Mais en fait, c'est sorti d'un coup. Je n'en ai même pas eu conscience de le faire, en fait. Et ça arrive, ça arrive. Et en fait, moi, maintenant, tu vois, par exemple, quand mes chiens me font des dingueries et que je suis obligé de les rattacher en laisse, tu sais ce que je fais ? Le réflexe que j'ai, c'est de tenir la laisse avec mon petit doigt. Parce que je sais que si je mets la main entière sur la laisse, je serais susceptible de faire des à-coups. Parce que je suis saoulé, parce que j'en ai marre, je veux pas qu'il s'arrête sur une odeur et je vais mettre des à-coups.
- Speaker #1
C'est un bon tip, c'est ça, pour pas mettre ton chat sur la laisse. Si t'arrives à tenir ton chien avec le petit doigt, c'est que... Ouais, tu fais pas d'à-coups.
- Speaker #0
Fais-toi un à-coups avec ton petit doigt, tu vas voir comment ça va se passer. Et en fait, je fais ça parce que je sais que je peux avoir ce comportement-là. Gérer ces émotions, ça ne veut pas dire ne pas les ressentir. Ça veut dire faire attention aux actions qui vont découler. Et ça nous arrive à tous. Comme à mes chiens, si j'accepte que mes chiens puissent dépasser leurs émotions, moi aussi je l'accepte pour moi. Mais le but, c'est que ça soit le plus rarement possible. Et oui, je le montre aussi sur mes réseaux que je pète les plombs. Je le dis aussi, pas parce que j'ai besoin qu'on me plaigne, je n'ai pas besoin de ça, mais parce que les gens ont besoin de voir et de savoir que ça peut arriver.
- Speaker #1
Et comment tu gères les crises quand elles arrivent ?
- Speaker #0
Alors ça c'est très technique. Et ça m'intéresse. C'est super violent pour le corps. Le pire truc qu'on puisse faire c'est prendre le chien contre nous pour empêcher le fait que ça tremble.
- Speaker #1
Pourquoi ?
- Speaker #0
Parce que vous n'allez pas empêcher que ça tremble déjà pour commencer. On a l'impression qu'on va rassurer le chien en faisant ça et qu'il arrêtera de trembler. Pas du tout. On ne rassure pas du tout le chien à ce moment-là. Déjà le chien n'a même pas conscience qu'il est en crise. Il ne sait pas que vous êtes là. Il ne se passe plus rien. En fait, les intensités de décharge d'influx nerveux que reçoit le chien dans sa masse musculaire, c'est mon métier là, cette fois-ci on rentre dans le... parce que je suis coach sportif, s'apparentent très très proche à ce qu'on appelle la tétanie parfaite, soit la force absolue. C'est l'influx nerveux le plus fort qu'on puisse ressentir. On n'est pas très loin de la crampe en termes de douleur. Le système nociceptif, donc la perception de la douleur est coupée. Le chien ne souffre pas pendant, après peut-être, mais pendant non. Donc ça veut dire quoi ? Ça veut dire que, heureusement, parce que sinon ce serait insupportable à ressentir. Par contre, même si tu enfermes et tu empêches le membre de bouger, l'influx nerveux part quand même dans le muscle. Donc les contractions se font quand même. Donc en fait, tu vas...
- Speaker #1
Ça va aller quelque part ailleurs quoi. En fait, tu vas juste déboîter l'os en fait.
- Speaker #0
Parce que le mouvement va quand même se faire.
- Speaker #1
La force va partir ailleurs. Mais elle va partir.
- Speaker #0
Elle ira quand même dans le muscle Et donc en fait tu vas juste déboîter les os, casser les os Déchirer les muscles parce que l'influx nerveux va passer Donc il faut laisser le corps libre de ses mouvements Faire en sorte par contre de faire en sorte Que autour le chien ne puisse pas se blairer Faire en sorte de baisser les lumières Tout ce qui pourrait Stimuler le système nerveux Qui est absolument défaillant Le bruit,
- Speaker #1
la lumière On ne crie pas
- Speaker #0
On ne hurle pas On ne parle pas Ça ne sert à rien de tout de suite. De toute façon,
- Speaker #1
il n'entend pas.
- Speaker #0
Ça ne sert à rien. Il est peut-être prolongé. Il y a des gens, pour eux, ils sont vraiment dans le déni. Si il m'entend, je sais qu'il m'entend. Non, il ne t'entend pas. Arrête. Demande à un épileptique si on a entendu ce qu'on a dit. Il te dira non, je ne sais même pas, j'ai fait une crise. Ça ne sert à rien d'espérer qu'il entende. Il ne vous entend pas. Le mieux qu'on puisse faire, c'est on coupe les lumières, on coupe la musique. On attend patiemment que ça finisse. On ne se précipite pas sur le Valium pour lui en enfoncer tout de suite. Parce que le Valium ne s'utilise qu'en cas de répétition de crise d'épilepsie. Ou d'une crise d'épilepsie qui dure plus de 2 minutes, 2 minutes 30. Où là, ça commence à devenir particulièrement dangereux pour le chien. Parce que pendant la phase de convulsion complète, où le chien ne s'arrête pas de tétaniser, il ne respire pas le chien. Le souffle est coupé. Donc on ne peut pas laisser le système... Prendre de l'oxygène. À partir de 3 minutes, c'est dangereux pour le cerveau. Mais on utilise le Valium que si la crise dure plus de 2 minutes, 2 minutes 30, ou si elle se répète directe. C'est-à-dire qu'elle fait une première crise, une deuxième crise. Là, on va effectivement mettre un Valium.
- Speaker #1
T'es déjà arrivé ?
- Speaker #0
Qu'elle fasse deux crises, oui, d'affilée. Je n'ai pas utilisé de Valium. On n'a pas fait une troisième d'affilée.
- Speaker #1
Mais t'étais prêt.
- Speaker #0
Mais en fait, le Valium, je ne veux pas l'utiliser. Parce que le problème de ça, c'est que c'est hyper violent comme truc. Ça arrête la crise, effectivement, le déclenchement. Mais derrière, le chien, il est dans l'espace. Attendez, injecter du Valium en intrarectal, on n'en voit pas du Périer-Citron. C'est une substance qui est hyper violente et on le voit. Le chien, derrière, après, il est complètement... Oui, c'est en cas d'extrême urgence.
- Speaker #1
Il ne se tient plus debout.
- Speaker #0
Et en plus, les effets du Valium sont beaucoup plus longs que les effets d'une crise d'épilepsie. donc ça veut dire, je ne suis pas en train de dire ne le faites pas je suis en train de le dire, attention il y a des conditions pour le faire super intéressant et on va parler de Mizumi,
- Speaker #1
on n'en a pas beaucoup parlé et sa prothèse donc c'est une tripate c'est hyper intéressant aussi au niveau bioméca et ostéopathie, c'est pour ça que je vais parler de ça donc elle était en croissance je ne sais pas si elle a terminé sa croissance voilà elle a un an et demi donc si elle a terminé si elle n'a pas fini,
- Speaker #0
elle ne va prendre pas grand chose ...
- Speaker #1
Oui, carrément. Et j'ai vu qu'il lui manque un membre antérieur, ce qui est assez gênant dans la biomechanique, un peu plus gênant que postérieur, parce qu'il y a plus de poids sur l'avant avec la cachot racine, la tête, etc. Elle a eu une prothèse quand elle était chiot. Elle a eu à 6 mois. Voilà. Et à quelle fréquence elle la porte dans la journée ?
- Speaker #0
Elle la porte à chaque promenade. Je lui laisse un tout petit peu à la maison aussi, quand on rentre de promenade, pendant une petite demi-heure. Et après, je le retire.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Il faut comprendre une chose, c'est que dans le cas de Mizuomi, son cas est particulier. Souvent les gens disent, ouais, c'est pas l'utiliser. Alors... Il faut comprendre une chose, c'est que déjà, Mizumi, elle a perdu sa patte avant ses un mois.
- Speaker #1
Et ouais, donc en fait, elle a vécu quasi trois pattes.
- Speaker #0
C'est pendant les premiers mois du chiot, c'est là où le système nerveux se paramètre au max.
- Speaker #1
Les propriocepteurs, c'est ça. Au début, les chiens, ils se cognent dans tous les sens. En ostéopathie, on en voit tout le temps avec des bassins tordus, c'est normal. Les chiens, ils font des virages pas contrôlés tout le temps. Et en plus, ils ne sont pas musclés, donc ça bouge, tu vois. Et surtout,
- Speaker #0
c'est des articulations qu'on appelle myotendineuses. Il n'y a pas d'emboîtement articulaire. Peut-être pas encore aussi. Les os ne se font pas face frontalement. Ce qui fait la jonction entre les deux os, c'est les fascias, les muscles et les tendons. C'est pour ça que quand ils courent, on a l'impression qu'ils sont tout mous, ils sont hyper souples. Mais c'est parce qu'en fait, les articulations ne sont pas encore finies d'être emboîtées. C'est pour ça qu'il ne faut pas faire courir de chien. leur faire faire du canicros non, pas de façon importante avant que l'emboîtement articulaire ne soit terminé parce que ça peut nuire gravement à la construction articulaire et à la qualité du cartilage et de l'os secondral pour toute sa vie et bien justement, on va en parler de ça, donc t'as plein de personnes qui me disent mais regarde, elle n'utilise pas sa prothèse déjà, en fait c'est pas qu'elle n'utilise pas sa prothèse c'est qu'elle n'utilise pas sa quatrième patte même si tu lui mettais une patte tu lui faisais repousser sa patte, elle ne l'utiliserait pas. Donc là,
- Speaker #1
quand elle a la prothèse, tu sais qu'elle ne met pas de poids dessus ? Elle met du poids dessus quand elle court avec. Quand elle court, ok.
- Speaker #0
Voilà, quand elle marche, elle ne l'utilise pas du tout. C'est vrai que c'est un peu encombrant pour elle quand elle marche. D'accord. Quand elle trotte, elle l'utilise.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est par diagonaux. Donc là, elle arrive à l'utiliser. Et elle l'utilise quand elle court. Et au galop, elle arrive.
- Speaker #0
Voilà.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Et ça lui permet justement d'avoir aussi un petit rebond sur son côté droit qui lui permet de recentrer sa patte. Faire en sorte que quand elle court, elle arrête de courir avec sa patte centrée vers l'avant, au centre de son corps. Elle est obligée de faire une rotation interne de son épaule gauche, ce qui désaxe sa cage thoracique, ce qui désaxe sa colonne vertébrale et qui fait des zones de frottement pour lesquelles le squelette n'est pas adapté à long terme. Souvent, il y a des gens qui me disent « Ouais, moi mon chien, ça fait des années qu'il est tripode et il se débrouille très bien. » Alors ? Je dis aux auditeurs, les problèmes ostéo-articulaires mettent plusieurs années à apparaître.
- Speaker #1
Bien sûr, au début le chien est jeune, la viscoélasticité est bonne, tout le reste est super mobile, donc il y a de quoi compenser. Il y a trois autres pattes, donc ça compense. Mais après, au bout d'un an, vers 5 ans, 6, 7, 8, ça dépend des races, ça dépend du passage.
- Speaker #0
La perte de masse musculaire fait que plus il y a de ça, les articulations seront moins soutenues par cette masse musculaire, les zones de frontement vont être plus importantes, le tissu... chondral va s'user, donc le cartilage va s'user, le tissu sous-chondral, celui qui est sous le cartilage, va être apparent et le tissu sous-chondral, il a une particularité, c'est qu'en fait, c'est des petites dents, comme ça, c'est hyper abrasif parce qu'en fait, il faut que le cartilage soit soudé dessus, c'est ça qui le tient et une fois que ça, c'est apparent et que ça va frotter sur l'os au-dessus, mais les douleurs, elles sont... Ah oui,
- Speaker #1
s'il n'y a plus de cartilage et tu fais os, os, ouais, c'est l'enfer.
- Speaker #0
Et puis alors, le chien, il vous le dit pas forcément en plus qu'il est malin Si ça se trouve l'usure cartilagineuse elle est déjà en train de se faire mais il ne vous le dit pas et il n'est pas capable de vous dire ah ça frotte un petit peu là c'est marrant je suis en petite gêne
- Speaker #1
Non il va utiliser une autre partie de son corps pour avancer Arrivé à 8-9 ans le chien ne peut plus marcher
- Speaker #0
Résultat qu'est-ce qu'on fait ? On va le bourrer d'antidouleurs mais les antidouleurs déjà ce n'est pas des tic-tacs en plus de ça le corps finit par s'y habituer donc on va devoir augmenter les doses et puis à un moment si vous voulez qu'est-ce qui gère les antidouleurs, après le foie il sature complètement On se retrouve avec un chien qui se retrouve avec plein de maladies, mais c'est parce que... Mais trop, les gars, trop ! Donc en fait, cette prothèse, elle est hyper importante. Parce que même si à certains moments, elle est un peu encombrante, et même si ça coûte cher, mais en fait, c'est pas le sujet. Le sujet, c'est que ma chienne doit apprendre à utiliser cet objet, et quand bien même, c'est pas pratique au début. Je vous rappelle que l'utilisation d'un stylo pour écrire, ça vous a pris des années.
- Speaker #1
Et est-ce que tu fais des exercices particuliers pour qu'elle... utilise sa prothèse et qu'elle utilise ce membre.
- Speaker #0
En fait, on fait beaucoup de proprioception.
- Speaker #1
Ouais, ok, tu fais des exercices de proprioception. Parfait.
- Speaker #0
Exactement, voilà. Donc on a des choses un petit peu spéciales, beaucoup aussi en promenade, en balade, on se balade dans des endroits qui sont un petit peu des terrains qui sont un petit peu accidentés pour qu'elles puissent comprendre la hauteur de cette prothèse, comment elles l'utilisent et puis...
- Speaker #1
Et elles progressent ?
- Speaker #0
Elles progressent vraiment beaucoup maintenant, elles tapent avec. Trop bien. Et puis après,
- Speaker #1
ça doit être pas évident parce que... Il faut qu'elle se dise, ok, là, je suis sur trois pattes. Ok, j'ai la prothèse. Hop, mon équilibre est différent. Ma proprioception est différente. Elle a deux modes, après, tu vois.
- Speaker #0
Et puis, en plus de ça, il ne faut pas oublier quand même que c'est un peu comme vous avec le fait d'écrire. Plus le temps passe, c'est moins vous écrivez bien. Pourquoi ? Parce que vous passez votre temps à taper sur votre... Ah bah là,
- Speaker #1
j'ai préparé mon... J'ai préparé mes questions sur le téléphone. J'ai voulu mettre au propre sur le carnet, dans le train. J'étais là, oh là là, je ne sais plus écrire, j'ai mal aux doigts.
- Speaker #0
parce que vous passez votre temps à taper sur votre ordinateur donc Mizumi faut la comprendre, elle la porte pas H24 sa prothèse, il ne faut pas qu'elle apporte non plus H24. Pourquoi ? Parce qu'il faut aussi qu'elle puisse conserver la possibilité de bien maîtriser sa tripédie. Parce que le jour où je perds sa prothèse, où elle est cassée, elle est accidentée, ou qu'elle est blessée, il faut qu'elle puisse faire autrement. C'est un petit peu comme le fait d'apprendre à mes chiens à être séparés les uns des autres. Quand je pars en vacances, je les fous dans une famille différente. Pourquoi ? Parce qu'il faut qu'ils apprennent aussi à ne pas être ensemble.
- Speaker #1
Quel est ton rapport avec l'ostéopathie, toi personnellement, et puis ensuite avec tes chiens ?
- Speaker #0
Alors, je vais d'abord répondre pour moi. Moi, je suis coach sportif. Je fais... 5 séances de musculation par semaine. Donc l'ostéopathie c'est quelque chose que je connais très bien. Je suis également un passionné d'anatomie et de physiologie. Mais vraiment. J'aime beaucoup, pour ce qui est de l'ostéopathie, j'aime beaucoup les pratiquants. J'ai vraiment du mal avec les pratiqués. Je pense qu'il faut arrêter avec l'ostéopathie. Ce n'est pas des gourous les ostéopathes. Ce n'est pas des magiciens non plus. Arrêtez d'aller les voir pour tout et rien. À un moment, les gars, on ne soigne pas l'épilepsie avec l'ostéopathie.
- Speaker #1
Ça ne se soigne pas.
- Speaker #0
Ce n'est pas parce que vous allez voir votre ostéopathe que votre chienne fait moins de crises d'épilepsie. Ça ne se passe pas comme ça. C'est... non. C'est-à-dire qu'elle permet de mieux vivre la maladie, elle ne la soigne pas. C'est pas un traitement, c'est un accompagnement, l'ostéopathie. Voilà. Même chose, il faut arrêter de les voir pour tout et rien, quoi. Moi, quand j'ai un problème myotendineux, c'est-à-dire quand j'ai un problème à un muscle de la coiffe de mes rotateurs, je vais voir mon kiné, je vais pas voir mon ostéo. C'est pas un problème ostéo-articulaire que j'ai. Un ostéopathe, c'est un spécialiste de l'appareil ostéo-articulaire.
- Speaker #1
Je ne suis pas d'accord là. Intéressant. Non, pas que, bien sûr, ostéo-articulaire, pas que, on fait tout.
- Speaker #0
Que vous connaissiez tous les tissus, c'est une chose.
- Speaker #1
On les touche tous.
- Speaker #0
Mais votre zone, votre spécialité ?
- Speaker #1
Zone de génie, oui, c'est le squelette, la bioméca. Mais bien sûr, il y a le fascia, il y a le muscle, il y a les viscères, il y a le crâne, il y a les sutures.
- Speaker #0
Je suis d'accord là-dessus. Mais moi, quand j'ai un problème à l'estomac, je vais voir un gastro-entérologue.
- Speaker #1
Ça dépend si c'est fonctionnel ou organique. Si c'est fonctionnel, l'ostéopathe va pouvoir t'aider à le faire mieux.
- Speaker #0
Mais pour diagnostiquer...
- Speaker #1
Si tu as un ulcère, non, bien sûr.
- Speaker #0
Voilà, donc pour diagnostiquer et pour comprendre l'origine du problème, je vais d'abord aller voir mon gastro-entérologue.
- Speaker #1
Oui, tu peux.
- Speaker #0
Et ensuite, je vais aller voir un ostéopathe si je veux pouvoir avoir des soins complémentaires. mais moi j'en ai marre d'avoir des gens qui... T'as un problème à la cuisse, t'es allé voir ton ostéo ? Alors attends, je suis déjà allé voir un médecin, j'ai fait des examens avec imagerie pour comprendre. Ensuite, je suis allé voir un kiné. Après, je suis allé voir éventuellement un ostéo. Mais je suis d'abord allé voir un médecin. Quand j'ai un problème au niveau de mon cerveau, je vais voir un neurologue. Au niveau de mon estomac, je vais voir un gastro-entérologue. Et quand j'ai un problème au niveau de ma plomberie, je vais voir un plombier. Je ne vais pas voir mon ostéo. Il y a des gens, ils vont voir leur ostéo. pour tout, c'est incroyable c'est à dire que ta baguette de pain là, elle est trop cuite t'es allé voir ton insta ou ? et on se calme avec ça quoi je caricature beaucoup et je trouve que c'est pas rendre service à cette d'en attendre trop et après justement on parle de gourou mais ça vous délégitime en plus voilà exactement Ça vous fait passer pour des vendeurs de poudre de perlimpinpin, alors que ce n'est pas le cas. C'est un métier qui est sérieux, mais qu'on doit respecter. Et pour que cette discipline soit respectée, il faut que les gens aillent les voir pour des soucis qui concrètement peuvent vraiment être réglés par de l'ostéopathie.
- Speaker #1
Après, que ce soit en animalier. ou en humaine, c'est une médecine de première intention, c'est-à-dire que si tu veux aller d'abord chez ton ostéo, tu peux. Après, c'est à lui de bien t'éclairer et t'expliquer. Moi, je peux régler ça, je peux régler ta biomécanique, je peux faire en sorte que ton muscle et ton fascia bougent de nouveau et retrouvent toute sa souplesse et sa mobilité. Par contre, s'il y a un souci organique, s'il y a une pathologie véto, il va falloir après savoir référer avant ou après la séance si c'est urgent. Chez le vétérinaire ou chez le médecin. Et donc, c'est après, aux professionnels ostéopathes, d'avoir le bon discours.
- Speaker #0
C'est pour ça que je te dis, moi j'ai beaucoup de respect pour les ostéopathes, je suis passionné d'anatomie et de physiologie, donc forcément, voilà. Mais c'est pour ça que je te dis, j'ai aucun problème avec les pratiquants, j'ai un problème avec les pratiqués qui passent leur existence à faire des trucs pas possibles.
- Speaker #1
Est-ce que tu l'as fait pratiquer à tes chiens, par exemple, Mizumi, qui a un... Pat un membre en moins ou alors à Atsuki avec son épilepsie idiopathique ?
- Speaker #0
Alors, bien sûr, bien sûr. Je vais même te dire que la compagne de mon petit frère est ostéopathe canin.
- Speaker #1
Ah, ben voilà.
- Speaker #0
Ça règle le problème. Alors, elle ne manipule pas Atsuki parce qu'elle n'a pas la spécialité pour manipuler un chien épileptique parce qu'il semblerait que ce soit particulier pour les chiens épileptiques. Il faut une formation particulière. Elle, en tout cas, elle me dit qu'elle ne l'a pas. pour ce qui est de Mizumi. problème. Mais c'est important parce qu'on a besoin de savoir si effectivement les effets de la prothèse, si ma chienne a besoin de soins particuliers, d'une attention particulière parce qu'il y a des déséquilibres. Il y a des déséquilibres qui se créent. Il faut en avoir conscience. Il ne faut pas oublier qu'elle sera toujours déséquilibrée ma chienne.
- Speaker #1
Toujours, ce sera quelque chose qui sera chronique et du coup il faudra l'aider dans toute sa vie. Voilà,
- Speaker #0
en fait l'ostéopathie ne va pas... empêcher les déséquilibres de ma chienne, mais va les limiter, va les encadrer et faire en sorte de les...
- Speaker #1
Que la torsion du dos faite par le manque d'un membre antérieur soit moins douloureuse et ne prenne pas trop de place quoi, diffuse surtout le dos juste vraiment sur une charnière et cette charnière allez la libérer régulièrement.
- Speaker #0
Exactement et ça c'est vraiment ça c'est important.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Mais faut pas s'imaginer que parce que mon chien était Mon chien voit un ostéopathe, alors c'est terminé, il aura... Non, ça fait des miracles,
- Speaker #1
tu vois. Elle est épileptique, donc elle va faire des épilepsies, tu dis à peu près une fois, une crise, une fois tous les deux mois. Alors l'épilepsie, l'ostéopathie, pardon, ne va pas la guérir, elle va être épileptique. Par contre, il y a de très très bons résultats quant à la fréquence et à l'intensité des crises que tu... peut gérer avec l'ostéopathie. Bien sûr, avec le côté aussi effet secondaire, comme tu disais, la tétanie des muscles qui après fatiguent le corps énormément. Donc ça, on peut avoir une action. Et les articulations aussi. Oui, bien sûr, parce qu'il y a un choc.
- Speaker #0
Il y a un choc qui est terrible. Il faut se rendre compte.
- Speaker #1
Il y a le côté conséquence qu'on peut aider, mais il y a le côté cause en baissant cette activité neuronale et en travaillant sur cette tension du système neuro qu'on peut carrément travailler avec des techniques crâniosacrées, membranes de tension réciproque, etc. Il y a plein de trucs et j'ai beaucoup de patients chiens sur qui je travaille et que ça fait des super résultats. Mais bien sûr que tu n'enlèves pas l'épilepsie, mais tu peux carrément l'aider et même baisser le traitement derrière.
- Speaker #0
Moi, je suis convaincu de ça. Je suis vraiment convaincu de ça. Mais encore une fois, je reste prudent et surtout...
- Speaker #1
Il ne faut rien promettre. Moi, je ne promets jamais rien. Je dis que c'est du vivant. Il y a trop de facteurs qui rentrent en compte. Je travaille sur ça. Je vais tenter de l'aider. Mais après, le corps, c'est lui qui gère.
- Speaker #0
Évidemment. Et c'est pour ça qu'il y a beaucoup de personnes qui vont voir des praticiens et s'imaginent que c'est tout de suite... Moi, j'ai un client comme ça, à qui j'ai confié à mon kiné. Et en fait, mon kiné lui a donné des exercices à faire, mais le mec, comme il ne bosse pas de son côté...
- Speaker #1
Ah bah la kiné c'est pas magique
- Speaker #0
Y'a rien qui est magique Même le médecin quand il donne un traitement à faire Moi je connais des personnes on leur donne le traitement Mais ils le prennent pas correctement On dit 3 cachets matin midi et soir Ils en prennent un le matin et puis c'est tout Et après ce soir là je comprends pas ça marche pas Mais les gars y'avait une posologie vous l'avez pas respecté
- Speaker #1
Ah c'est beaucoup de bon sens Quel message tu veux faire passer avec la vie de Sora ? Des gros messages Quelle trace tu souhaites laisser ?
- Speaker #0
C'est la vie
- Speaker #1
C'est la vie Voilà Tout est dit.
- Speaker #0
C'est le nom de mon livre et je sais pourquoi je l'ai donné. Au grand désespoir de mes éditeurs, je ne voulais pas d'un titre « Comment j'éduque mes chiens » . Je ne suis pas éducateur, donc je n'ai pas à expliquer aux gens comment j'éduque mes chiens. Effectivement, en bas, c'est marqué « Aimer, comprendre, éduquer mes chiens » . Je ne suis pas éducateur.
- Speaker #1
Pourquoi tu ne veux pas être éducateur avec tout l'intérêt que tu portes et toutes tes connaissances ?
- Speaker #0
Ma femme m'a posé la même question avant-hier. Elle m'a dit mais t'aurais la légitimité auprès des gens On te foutra la paix,
- Speaker #1
je dis non on me foutra jamais la paix Alors au lieu de dire T'es pas sûr mais t'auras un peu plus de légitimité
- Speaker #0
Justement j'aime bien J'aime bien justement cette casquette de mec ordinaire Ouais je comprends Déjà j'ai pas envie d'en faire mon métier finalement C'est pas parce qu'on est bon, alors je dis pas que je suis bon Mais c'est pas parce qu'on est bon dans quelque chose Qu'il faut systématiquement en faire son métier C'est pas parce que t'es bon au piano qu'il faut être pianiste Voilà si ça se trouve t'es bon dans plein d'autres trucs qui te plaisent plus Moi, j'adore mes chiens, j'aime les comprendre. Je n'ai pas spécialement envie d'être éducateur parce que j'aime le côté. Je suis effectivement et j'ai envie de le rester un homme ordinaire qui vit avec des chiens extraordinaires. Mais parce qu'il faut se le dire, les chiens, ils sont parfaits. C'est nous qui les cassons.
- Speaker #1
Et sur quoi tu as changé d'avis récemment ? Et au contraire, quelles certitudes se sont renforcées avec les années avec tes chiens ?
- Speaker #0
Qu'est-ce qui a changé ? En fait, justement, c'est accepter que les gens ne savent pas. Ils ne savent pas. Ce n'est pas évident. C'est évident pour nous, ça ne l'est pas pour les autres. Et mes évidences à moi ne sont pas celles des autres et inversement. Et ça, c'est ma femme qui me l'apprend tous les jours. moi je fais partie des personnes les plus intolérantes que je connaisse Mais vraiment, un jour j'étais en entretien de motivation et la personne qui me faisait passer l'entretien me dit, les questions classiques monsieur, mais on les pose parce que c'est important, quels sont vos défauts, quelles sont vos qualités ? Et moi je le regarde, je lui fais, on va commencer par le défaut, c'est souvent le plus complexe. Alors c'est pas compliqué, en termes de défauts, je les ai tous. Le moyen me fait, pardon ? Je lui fais, oui, je les ai tous. Je suis menteur, je suis manipulateur, je suis agressif, je suis voleur aussi, je suis retardataire. Je suis colérique. Je suis procrastinateur aussi. En fait, ce n'est pas très compliqué. Le seul truc qui m'a été épargné par la nature, je pense, c'est tous les délires sexuels. Je sais, c'est chiant. Je n'ai pas ce délire-là. Mais par contre, tous les autres défauts, les amis. Mais comme tout le monde, en vrai.
- Speaker #1
Comme tout le monde. Après, c'est juste la petite jauge qui n'est pas au max à chaque fois. Comme un petit jeu vidéo avec son personnage.
- Speaker #0
Et il me fait, d'accord. il me dit, sinon vos qualités j'en ai deux, c'est vachement simple je fais un, je suis tout à fait conscient par rapport aux autres que j'ai tous ces défauts, je suis pas dans le déni, je le sais et la deuxième chose, c'est que j'ai mis en place des choses pour faire en sorte de lutter contre ça, comme je sais que j'ai tendance à être retardataire je fais toujours en sorte de partir en avance t'es conscient, ouais comme je sais que je suis extrêmement colérique je m'entoure d'un staff qui fait en sorte non pas de gérer mes colères mais d'apprendre à faire en sorte que ça ne se déclenche pas. Comme je sais que je suis voleur, j'ai tendance, dès que j'arrive, la première chose que je fais, c'est que je repère où sont les choses et quelles sont les systèmes pour faire en sorte de voler. Et derrière, à côté de ça, je me laisse des procédures pour faire en sorte que ça ne puisse pas se passer. Même quelqu'un de très malin n'y arrivera pas. Même moi qui ai fait les procédures, elles sont faites en sorte pour que même moi, je ne puisse pas les contourner. Donc je pars du principe que pour être un bon voleur, il faut être un bon policier et inversement. Et c'est comme ça pour tout en fait. J'ai tendance à être menteur, je fais en sorte de ne pas avoir à mentir en fait. Et c'est comme ça pour tout. Et je rajouterais, je me rappelle de lui avoir dit, je rajouterais une petite qualité comme ça, c'est qu'en fait avec moi il n'y a pas de problème. Il n'y a que des situations qui nécessitent mon attention. Et c'est comme ça dans mon quotidien. C'est comme ça. Et donc je sais que ce n'est pas évident pour tout le monde. J'apprends la tolérance.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant comment tu parles de toi, de tes chiens, et tu as une conscience de toutes les situations, et de la gestion des situations, et pas que des émotions. Et c'est marrant comment tu décortiques tout ça. Tu as vachement conscience de tout ça. Et tu te remets beaucoup aussi en question par rapport à toi de maintenant, toi d'hier, toi d'il y a dix ans. C'est hyper intéressant comment tu en es conscient en fait.
- Speaker #0
Je l'ai dit un jour en interview, je disais si je me croisais moi il y a dix ans, je ne serais pas mon pote. Mais vraiment, je ne serais pas mon pote. Et je l'ai mis dans mon bouquin. Si je me croisais moi dans le passé, je ne serais pas mon ami.
- Speaker #1
Et où tu te vois dans 5 ou 10 ans ? Papote avec toi d'aujourd'hui ?
- Speaker #0
Je crois que je ne serais plus en France déjà.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Je crois que je ne serais plus en France.
- Speaker #1
Par rapport à l'entente avec le chien ? Ok.
- Speaker #0
Je veux aller dans un pays où ça avance.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Je ne peux plus en fait. T'aurais peut-être... La Suède.
- Speaker #1
Ouais. Les pays du Nord. Les pays du Nord.
- Speaker #0
Les pays du Nord. Principalement. Je... Ou un pays qui est en train de déclencher un système pour améliorer ça. Et la France, c'est...
- Speaker #1
L'Italie un peu plus, non ?
- Speaker #0
L'Italie plus, oui. L'Italie plus. Mais il y a des pays, je n'y foutrais pas les pieds pour y vivre.
- Speaker #1
Oui, non.
- Speaker #0
L'Espagne, la France, si tu veux. Moi, j'y suis là maintenant actuellement pour ça. Mais je vois en fait. On essaye d'avancer.
- Speaker #1
L'avantage avec ton métier, je ne sais pas si ça peut être ton métier la vie de Sora. Mais tu peux le faire de partout.
- Speaker #0
Je peux le faire de partout. aujourd'hui même mon métier coach sportif je peux le faire de partout c'est vrai il y a des musclos partout voilà donc si tu veux non moi je peux travailler d'où je veux est-ce que t'aurais alors ça c'est plus perso vraiment des petites questions qui peuvent m'aider des
- Speaker #1
astuces pour ne pas s'oublier pour ne pas s'épuiser quand on fait un métier passion ça c'est une super question quand on fait un métier passion on sait pourquoi on le fait déjà et rien que là déjà déjà
- Speaker #0
Rien que là, ça change tout. Le problème de la passion, si vous sentez que ce soit un problème, c'est pas nous, c'est les autres. Parce qu'en fait, en vrai, tu te lèves le matin, tu penses à ça, tu manges, tu penses à ça, tu dors, tu penses à ça. Enfin, tu dors, tu rêves de ça. Les autres qui nous entourent, c'est pas pareil. Et on a besoin des autres.
- Speaker #1
Un petit peu, ouais.
- Speaker #0
Donc, en fait... C'est pas nous qu'on oublie, c'est les autres. Et on a besoin des autres. Donc il faut savoir bien s'entourer quand on vit de sa passion. Parce qu'on te dira toujours non.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant, moi je vois, j'ai beaucoup aussi l'image que comme on est un peu son propre patron, qu'on se met pas de limites, qu'on est à fond et qu'au bout d'un moment on peut se fatiguer, pourquoi pas aller jusqu'au burn-out souvent, parce qu'on est des personnalités, on va être à fond tout le temps, mais t'as carrément raison sur le fait qu'on peut en oublier et être trop dans notre bulle, et en fait évincer les gens autour sans le faire exprès.
- Speaker #0
Question de choix, t'as mal choisi ton entourage. Quand tu es fatigué de vivre de ta passion, c'est que tu n'es pas accompagné, c'est que tu n'es pas aidé. Les personnes qui t'aident, ce sont des personnes qui sont censées te soutenir. Ça ne veut pas dire que tu n'as pas des périodes de dur.
- Speaker #1
Ah non, mais elles me soutiennent, mais je m'auto-fatigue quand même, tu vois ? Non ?
- Speaker #0
Je ne sais pas. Je ne sais pas parce que si tu regardes bien, les fois où...
- Speaker #1
C'est peut-être pas la bonne passion. Normalement, ça doit te recharger aussi, non ?
- Speaker #0
Non mais c'est plutôt Regarde bien les fois où tu dis j'en fais trop C'est toi qui te le dis ou on t'en appelle à remarque
- Speaker #1
Ah non c'est moi
- Speaker #0
Parce que moi en règle générale c'est toujours la même chose C'est les gens autour de moi T'en fais trop Effectivement tu finis par t'écrouler C'est possible si on te le dit pas Tu peux t'écrouler Mais au final tu récupères vite En vrai tu récupères vite Quand tu vis ta passion tellement envie d'y retourner que tu finis par récupérer vite. Je pense que c'est moins usant de vivre de sa passion et c'est moins fatigant que de faire un métro boulot-dodo sur un job alimentaire que tu fais parce qu'il faut bien faire quelque chose. Et attention, je ne juge pas les gens qui ont fait ce choix-là. Je dis juste que vivre de sa passion est beaucoup moins usant et beaucoup moins destructeur que de faire le choix inverse, quand bien même tu échoues. au moins t'as essayé en fait c'est même pas ça c'est que quand tu as voulu vivre de ta passion et que tu n'as pas réussi à en vivre monétairement t'as quand même vécu des choses extraordinaires beaucoup plus intéressantes que d'avoir eu plein d'argent et
- Speaker #1
d'avoir pu payer tes factures je suis d'accord mais au bout d'un moment le nerf de la guerre c'est l'argent donc au bout d'un moment d'ailleurs ça me fait une belle transition sur Sur la dernière question, est-ce que tu aurais des conseils à quelqu'un qui veut développer un podcast, par exemple, une chaîne YouTube ou les réseaux sociaux autour du monde canon ?
- Speaker #0
Je vais citer quelqu'un qui n'est pas populaire. Mais je vais quand même le citer parce qu'effectivement, même s'il n'est pas populaire et qu'il a fait récemment une prise de parole qui n'est vraiment pas ouf, mais il a dit une chose en tout cas qui m'ont vraiment... Voilà, qui m'a vraiment touché, c'est quelqu'un qui a écrit récemment un livre extraordinaire qui s'appelle, je crois, Journal d'un prisonnier. Voilà, c'est... T'as lu ? Non, c'est un riol ou quoi. Tu as passé 21 jours dans une prison, c'est comme si tu faisais un rapport de stage et tu m'en fais un livre. Donc, non, ça c'est vraiment... Cette personne-là a dit quelque chose que j'ai trouvé ultra pertinent à l'époque. Il a dit, c'est le projet qui fait l'argent, ce n'est pas l'argent qui fait le projet. Si vous attendez d'avoir de l'argent pour faire un projet, vous ne ferez rien. Moi, quand j'ai vraiment voulu développer vraiment la vie de cela, je suis allé voir mon banquier et j'ai pris des crédits que je paye encore aujourd'hui. Je suis allé voir mon banquier et je lui ai dit, voilà. Actuellement, la croissance de mes réseaux sociaux, c'est ça. Les réseaux sociaux, potentiellement, peuvent rapporter ça. Mais j'ai joué carte sur table avec lui. Je lui ai fait, j'ai besoin de blé. J'ai besoin d'acheter un ordinateur performant. J'ai besoin d'acheter des caméras performants. J'ai besoin d'acheter un téléphone performant. J'ai besoin de cash flow pour pouvoir payer des podcasts, une équipe technique, ce genre de choses. J'ai besoin de fric.
- Speaker #1
Pour le podcast, pas pour TikTok par exemple.
- Speaker #0
Si.
- Speaker #1
Pour TikTok aussi, tu as besoin d'un investissement ?
- Speaker #0
Oui, parce que tu vois, moi par exemple, si je dois faire... Souvent les gens me disent, comment tu te filmes quand tu parles ? J'ai des gens avec moi. J'ai des stagiaires par exemple, mes stagiaires je les paye, moi un stagiaire, même si c'est un stagiaire, je le paye. C'est comme ça. Je ne porte pas que les gens travaillent à l'œil, sous prétexte qu'ils ont le privilège de travailler avec moi. Même les photographes qui m'approchent me proposent des shootings photos gratuits en échange de visibilité. Je ne paye pas en visibilité, je paye en argent. C'est ça qui paye les factures. Et donc moi je suis allé voir mon banquier et j'avais besoin de cashflow. Et je me suis endetté. Et je rembourse. chaque mois, l'argent que je dois à ma banque. Et c'est comme ça. Le coût de fonctionnement de la vie de Sola, il est très élevé. Parce que quand tu as une communauté qui fait 1,5 million d'abonnés, tout réseau confondu, si tu veux que les gens puissent avoir des interactions avec toi, il faut que tu aies du temps. Et le temps, ce n'est pas quelque chose que tu peux inventer. Donc, si je veux me dégager du temps, il faut que je délègue. Et pour déléguer, il faut des gens. Et pour avoir des gens, il faut les payer. je me suis endetté. Donc si vous croyez en votre projet, vous allez voir des gens qui ont de l'argent. Vous leur montrez les perspectives de retour sur investissement pour les gens qui vont vous le prêter. Et c'est comme ça que ça fait.
- Speaker #1
Et comment on gagne de l'argent ?
- Speaker #0
Alors, tu as plusieurs systèmes. Tu as plusieurs systèmes. Tu vas avoir premier système, le RPM, le revenu pour mille vues. Toutes les plateformes... Ne le font pas Instagram, ne rémunèrent pas pour les vues, c'est pour ça que les gens qui viennent « Ouais tu fais ça que pour les vues ! » Bah je suis pas rémunéré pour les vues alors allez dire, ma vidéo a fait 50 millions de vues, ça changera rien du tout à mon argent. TikTok oui, paye, très peu, j'étais en podcast la semaine dernière et pour être très franc j'ai sorti mon téléphone, enfin j'ai dit en live, ce que j'avais touché pour chaque vidéo que j'avais fait sur les 6 dernières vidéos que j'avais faites. Et bah t'avais 0,56 centimes, 12 euros, 1,50 euros.
- Speaker #1
Sur ton TikTok ?
- Speaker #0
Sur mon TikTok ouais.
- Speaker #1
Mais non.
- Speaker #0
Donc, ça paye très peu. Quoique là, actuellement, comme je fais un très bon travail, TikTok a décidé de mettre en avant ma chaîne en m'octroyant une double récompense. Mais tous ne l'ont pas. YouTube, même chose, paye les shorts, mais très peu, encore moins que TikTok. Paye très bien les formats longs, mais pour faire des centaines de milliers de vues, il faut se lever tôt le matin.
- Speaker #1
C'est clair.
- Speaker #0
Voilà. Et après, c'est le partenariat rémunéré, la publicité qu'on fait. Donc quand vous allez... des consommateurs d'un podcast ou des consommateurs de vidéos sur les réseaux sociaux et que vous vous plaignez que la personne fasse un placement produit, excusez-la d'arriver à trouver les moyens que vous puissiez continuer à consommer le contenu qu'on vous propose. Parce que vous, en fait, c'est pas parce que vous le consommez gratuitement que ça n'a pas de valeur et que ça n'a pas un coût. Donc arrêtez de vous plaindre de voir une pub sur les réseaux sociaux par un créateur de contenu parce que c'est parce qu'il fait ça qu'il est capable de vous fournir Du contenu. Voilà. Encore une fois, je le dis, ce n'est pas parce que vous avez du mépris pour ce métier que ce métier est méprisable. Ce n'est pas parce que vous consommez gratuitement ce contenu qui n'a pas de valeur et qui ne coûte rien. C'est important de le rappeler.
- Speaker #1
Quelle est la question qu'on ne te pose pas et à laquelle t'aimerais répondre ?
- Speaker #0
Elle est géniale cette question. Il y en a une qu'on ne me pose jamais. On m'en a posé une seule fois et c'était ma belle-sœur. Comment ça va Thibaut ?
- Speaker #1
On te la pose pas sur les réseaux ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Comment tu vas Thibaut ?
- Speaker #0
Comment tu vas vraiment ? Comment tu vas Thibaut ? Pas le mec de la vie de Sola. Ma belle-sœur quand m'a posé cette question-là, elle s'en foutait de mes réseaux sociaux. Elle voulait juste savoir comment j'allais. Et c'est une question qu'on ne me pose jamais. Comment tu vas Thibaut ? Bah ça va pas bien. Il y a des périodes comme ça, bah ça va pas bien. Il y a des périodes où les emmerdements s'accumulent, où on parlait justement de l'argent, tu as des factures qui sont en retard et qu'il faut payer. Tu as des problèmes de santé de tes chiens parce qu'ils sont promenés sans laisse et que quand ils sont promenés sans laisse, ils peuvent faire des bêtises, mais ça fait partie de leur bonheur, ça fait partie de leur épanouissement. C'est comme ça et tu acceptes. t'as envie de t'acheter certaines choses tu peux pas parce que t'as Tu as fait des choix de vie qui sont autres que ça. Et que ça ne s'est pas passé comme tu veux. Tu es fatigué aussi. Ça ne va pas bien. Là, maintenant, tout de suite, ça ne va pas très bien. Est-ce que ça veut dire que je suis malheureux ? Non. Est-ce que je suis heureux ? Oui.
- Speaker #1
Tu sais que c'est une phase ?
- Speaker #0
Ce n'est pas parce que tu ne vas pas bien que tu n'es pas heureux. Tu sais ce que c'est pour moi, vraiment, être heureux ? C'est être en mesure de pouvoir gérer ses problèmes. Voilà, c'est ça, être heureux. être heureux, c'est d'avoir des problèmes mais qui ne dépassent pas La capacité à les gérer seuls. C'est ça, être heureux. Ce n'est pas cette espèce de nirvana émotionnelle et intellectuelle, le confort, la joie perpétuelle. Non, être heureux, c'est avoir un quotidien que tu as choisi, qui a ses emmerdements, et que tu es en mesure de les gérer. Là, tu es heureux, tout simplement. Alors certains te diront, ils auront raison, Grand-Core Malade disait on est heureux à partir d'une femme et un enfant. Tu vois comme quoi on a tous notre...
- Speaker #1
Merci. Merci beaucoup pour ton authenticité. Ta transparence, c'est ce que tu veux terminer avec un message particulier pour ceux qui nous écoutent.
- Speaker #0
N'ayez pas peur de faire des erreurs, sans déconner, vraiment.
- Speaker #1
C'est la vie.
- Speaker #0
Voilà, c'est la vie, c'est comme ça. Voilà, c'est la vie. C'est essayer, tenter, échouer, réparer, parfois longtemps, c'est comme ça.
- Speaker #1
Est-ce qu'il y aurait quelqu'un que tu aurais envie d'entendre sur Mordant ?
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a quelqu'un que j'aurais envie d'entendre sur Mordant ? Annabelle Baratta. ma comportementaliste, l'advocatrice comportementaliste.
- Speaker #1
Ça marche.
- Speaker #0
Vraiment. Elle est géniale.
- Speaker #1
Oui, je l'ai déjà croisée. Je lis ses articles aussi, dans le bâtard.
- Speaker #0
On la retrouve dans mon livre et on voit. Oui, aussi. C'est vraiment des personnes qui ont consacré leur vie à ça. Un peu comme toi, c'est des personnes intéressantes. J'aime parler aux gens qui sont passionnés. On le sent quand tu écoutes des personnes qui sont passionnées, mais même un expert comptable qui est passionné par ça, il te fait vibrer la comptabilité.
- Speaker #1
C'est ça. Ou comme certains profs, on connaît encore leur nom. Exactement. Trop bien. Merci beaucoup Thibaut.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
C'est la fin de cet épisode de Mordant. Merci beaucoup pour votre écoute. Si vous avez aimé, pensez à vous abonner sur votre plateforme d'écoute, à laisser 5 étoiles, à écrire un petit avis ou tout simplement à le partager autour de vous. Ça fait toute la différence. Pour suivre l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram arrobase mathilde-ostéo et si vous avez des suggestions, des questions ou juste une envie de dire bonjour, écrivez-nous, on sera ravis de vous lire. On se retrouve très vite pour un prochain épisode de Mordant. D'ici là, prenez soin de vous et de vos animaux. À bientôt !