- Speaker #0
Cet épisode est soutenu par le Télésecrétariat Animalier. Si vous êtes ostéopathe animalier, vous savez ce que c'est. Les appels pendant une séance, les annulations de dernière minute, l'agenda à gérer le soir après une journée bien remplie et pendant vos vacances. Derrière le Télésecrétariat Animalier, avec qui je travaille depuis des années, il y a Chloé et Caroline. Les filles accompagnent les professionnels du bien-être animal au quotidien pour gérer les appels et l'organisation avec une vraie connaissance du terrain. Elles prennent le temps d'écouter et de rassurer vos clients, parce que derrière chaque appel, il y a une relation de confiance à préserver. Elles comprennent vos contraintes, vos urgences, et elles sont aussi là quand une journée a été bien compliquée, un peu comme des collègues à distance qui écoutent et qui comprennent votre réalité. Moins de charge mentale et un meilleur équilibre de votre vie professionnelle et personnelle. Et si vous avez envie de passer le cap du secrétariat, n'hésitez pas à les contacter par mail ou sur leurs réseaux sociaux. Et maintenant, place à l'épisode ! Bienvenue sur Mordant, le podcast sur la santé et le bien-être animal. Je m'appelle Mathilde Chalut-Natal et je suis ostéopathe animalier. Passionnée par mon métier, j'avais envie d'aller plus loin dans la connaissance du vivant et c'est ainsi que j'ai décidé de partir à la rencontre des acteurs de la santé animale. Dans ce podcast, je vous partage mes discussions avec des vétérinaires, des ostéopathes, des comportementalistes, des sportifs de haut niveau et bien d'autres. J'espère qu'à votre tour, vous enrichirez vos connaissances sur le monde du vivant. Bonne écoute ! Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir au micro de Mordant Claire Charpentier, ostéopathe animalier installée en cabinet depuis plus de dix ans. Dans cet épisode, on parle de son quotidien auprès des chiens et des Ausha, de la gestion de son planning et de la manière dont elle a réussi à monter un cabinet à succès avec aujourd'hui plusieurs semaines d'attente. Pourtant, à l'époque, il n'y avait aucun modèle. Claire fait partie des pionnières du milieu. Elle a d'ailleurs commencé par des études d'ostéopathie humaine avant de se spécialiser en ostéopathie animale. Avec sa double casquette ostéopathe humain-ostéopathe animalier, elle crée des ponts entre les deux disciplines et nous décrit selon elle les forces et les faiblesses de chaque univers. Avec Claire, on a aussi parlé des extrêmes en ostéopathie, de la légende de la dysfonction primaire, de son combat contre le retard de diagnostic et d'honne... plein de conseils à la nouvelle génération pour démarrer son activité. Je vous souhaite une excellente écoute.
- Speaker #1
Hello Claire,
- Speaker #0
comment vas-tu ?
- Speaker #1
Ça va super et toi ?
- Speaker #0
Merci de m'accueillir chez toi pour notre petit podcast du jour.
- Speaker #1
Merci de t'intéresser à moi.
- Speaker #0
Je m'intéresse depuis longtemps mais il fallait trouver le bon moment et là, avant que tu fasses ton petit bébé, c'est le bon moment. Après, tu seras trop occupée. Donc, pour commencer, pour ceux qui ne... ne te connaissent pas, est-ce que tu peux te présenter de la façon dont tu le souhaites et puis de toute façon au fur et à mesure de la discussion on va apprendre à te connaître plus en profondeur.
- Speaker #1
Donc je m'appelle Claire Charpentier, je suis ostéopathe pour les animaux depuis 2014, je suis passée avant par l'ostéopathie humaine et j'exerce dans la région d'Aix-en-Provence donc à Venelle qui est une petite ville au-dessus d'Aix-en-Provence en cabinet exclusivement sur les carnivores domestiques.
- Speaker #0
Alors, je sais que ta... pas une formation de base sur les carnivores, tu as commencé par l'humaine. Et c'est la première fois qu'on a cette formation dans le podcast, donc ça va être intéressant de faire des comparaisons entre les formations et la pratique entre ostéodéo et ostéo-OA. Donc je suis très contente de faire ce podcast et je pense que ça va intéresser plein de petits gens. Et donc, pour commencer, comment tu t'es orientée vers l'ostéopathie humaine ?
- Speaker #1
Alors, en fait, je ne me suis pas orientée vers l'ostéopathie humaine, je me suis orientée vers l'ostéopathie animale. Et en 2005 ou en 2006, quand j'ai commencé à m'intéresser à l'ostéopathie animale, il n'y avait pas d'école en 5 ans d'ostéopathie animale en France. Et du coup, il y avait deux chemins pour avoir accès aux formations d'ostéopathie animale, c'est d'être vétérinaire et de se spécialiser en ostéo-animal, ou d'être ostéopathe humain et de se spécialiser en ostéopathie animale. Mais les deux... Les deux voies, l'ostéopathie animale, c'était une deuxième étape, on va dire.
- Speaker #0
Il n'y avait pas d'école à l'époque ?
- Speaker #1
Il n'y avait que Brighton, je pense, en Angleterre. Ou alors peut-être qu'il y en avait une, mais qui n'était pas très connue. Et de toute façon, le diplôme n'était pas reconnu, tout ça. Donc avec mes parents, ça ne nous a pas inspirés, vu le prix des études. Et sachant que ce n'était pas encore bien carré, la France n'avait pas légiféré sur le statut des ostéopathes animaliers, etc. Donc, ce n'était pas une option. très viable on va dire pour nous.
- Speaker #0
Comment tu as vécu ces études d'ostéopathie humaine ? Donc tu as fait 5 ?
- Speaker #1
J'ai fait 5 ans en ostéopathie humaine, mon école proposait une 6ème année de perfectionnement, mais comme j'avais décidé depuis le début d'aller dans l'ostéopathie animale, pour moi mon perfectionnement c'était l'ostéopathie animale, donc j'ai pas fait la 6ème année proposée par mon école.
- Speaker #0
Ouais tu m'étonnes, moi j'avais pensé à faire comme toi, mais c'est vrai que d'apprendre sur 5 ans sur une espèce... Tu sais, tu ne vas pas pratiquer plus tard, c'est limite dommage. Mais tu as été motivée en tout cas, parce qu'il faut le faire.
- Speaker #1
J'ai été motivée, surtout qu'à la base, l'humain en soi, ce n'était vraiment pas ma passion, on va dire. Donc, il y a vraiment eu... J'étais tellement passionnée par les animaux et je voyais tellement cet objectif de l'ostéopathie animale que je suis partie là-dedans. Et puis alors, il faut dire aussi que l'année de ma terminale, je me suis luxé l'épaule et j'ai fait beaucoup de kinésithérapie. Et en fait, ça m'a aussi mis un petit pied dans le... dans le côté manipulation, thérapie manuelle. Et je me suis dit, finalement, ce n'est pas si pire. Ça a l'air intéressant, tout ça. Mais oui, pendant cinq ans, je me suis un petit peu fait violence pour pratiquer et travailler sur les humains. Mais ce n'est vraiment pas un choix que je regrette aujourd'hui. Donc, c'est bien.
- Speaker #0
Et comment tu as vécu ces cinq ans ?
- Speaker #1
Je les ai plus ou moins bien vécues. C'est-à-dire qu'au départ, je n'étais vraiment pas motivée par l'humain. mais en soi, j'ai appris tout. tellement de choses et c'est... En fait, tu découvres l'ostéopathie, finalement. L'ostéopathie, c'est la même pour les humains, pour les animaux, c'est la même pour tous les mammifères, on va dire, et du coup, c'est l'ostéopathie qui en devient passionnant et pas le fait de travailler que sur les humains. Après, la particularité de l'ostéopathie humaine, c'est le fait d'être... d'avoir le toucher, de se toucher entre élèves tout le temps, d'être dans la... Pas la nudité parce qu'on n'est pas nus, mais... En slip,
- Speaker #0
quoi. Vraiment, il n'y a pas grand-chose. Ah non, il n'y a rien.
- Speaker #1
On est en pilote sous-tip tout le temps, toute la journée. Donc, c'est vraiment ce côté-là de la pudeur, etc., qui est un petit peu... Mais bon, pour être honnête... C'est épudique de base ? Ouais, ouais, ouais. Épudique de base. Ça t'a décoincée ? Ah bah non, mais ça te... La pudeur, elle pète très, très rapidement. Et puis, c'est assez rigolo parce que tu apprends vraiment à séparer le côté corporel... pour elle que nous on voit dans le...
- Speaker #0
Il n'y a pas d'attirance, il n'y a pas de sexualité. C'est vraiment juste une enveloppe charnelle. C'est fou. C'est ce qu'on dit mais c'est dur à imaginer.
- Speaker #1
Mais c'est un peu comme les ostéopathes animaliers. Quand vous regardez un cheval ou quand vous regardez un chien dans la rue, vous ne voyez plus juste le chien qui est mignon, vous regardez son mouvement, son machin. C'est exactement pareil pour nous. En fait, quand la personne se met en sous-vêtement... Tu regardes, tu te dis, ah tiens, l'épaule droite, elle est comme ça, elle est plus basse que l'épaule gauche, c'est bizarre. Il a le nombril qui est un peu décentré, il a l'œil droit qui part en cacahuète. Et en fait, tu ne vois plus s'il a une grosse poitrine, pas une grosse poitrine, s'il a un peu du ventre, s'il a des poils. Non, tu ne regardes pas ça, en fait.
- Speaker #0
Tu ne cherches pas à savoir s'il est beau ou pas. Non,
- Speaker #1
ça sort complètement de ton œil, en fait. Tu n'as plus cet œil-là. Et là encore,
- Speaker #0
tu as cet œil-là sur le corps ?
- Speaker #1
Sur les humains ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Je peux l'avoir, oui, complètement. Oui, tout à fait. Sur le corps et la locomotion. parce que quand tu vois des humains, la plupart du temps, ils sont... Ils sont habillés, donc ils regardent plutôt les humains en mouvement.
- Speaker #0
Sauf à la plage, peut-être. Et encore,
- Speaker #1
vu que je fais de la poldesse, j'en vois beaucoup en petite tenue. Mais oui, bien sûr que j'ai cette vision-là du corps. T'es obligée, c'est une déformation. Comme quand je caresse un animal, je ne peux pas m'empêcher de sentir les zones de tension. Et en premier, sans faire exprès.
- Speaker #0
Non, mais c'est vrai. Comment tu dirais que t'as fait évoluer le ressenti de ta main ? Est-ce que tu as vite ressenti les choses quand t'es arrivée en école ? ça t'a pris du temps d'avoir un Un ressenti précis ?
- Speaker #1
Alors non, ça n'a pas été rapide. En plus, en école d'ostéopathie, enfin dans mon école en tout cas d'ostéopathie humaine à Marseille, c'est très cadré, c'est très carré, et c'est très structurel au départ. Donc en plus, ils ne travaillent pas du tout sur le ressenti. Tu vois, moi quand j'ai commencé l'ostéopathie animale, c'est la première fois de ma vie que j'ai entendu parler d'ancrage. Par exemple, à l'école, je n'ai jamais entendu parler de ça.
- Speaker #0
Je te rigole.
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Et tu me dis ça, c'est marrant. pour Pourtant, tu me dis que, la dernière fois, on parlait et tu me disais que si cette manipulation, tu ne la faisais pas avec cette position du praticien, pour eux, ce n'était pas valide. Donc, ils prenaient quand même en considération la position du praticien, mais pas sa présence, son encrage ou quoi ?
- Speaker #1
Je pense exactement. C'est un problème de terminologie. On nous parlait de fulcrum en nous disant, par exemple, qu'il fallait qu'on ait des points fixes. C'est-à-dire que, par exemple, quand on travaillait assis... Il voulait qu'on ait les deux pieds au sol, qu'on n'ait pas les jambes croisées, qu'on ait les coudes posées sur la table, etc. Oui, mais pas du tout pour le ressenti. Tu vois, on ne nous demandait pas de se poser, de se concentrer, comme j'ai beaucoup pu le voir en ostéopathie animale. Et parce que, aussi, je pense que, moi, dans mon école à Marseille, c'est le côté ressenti fin et moins développé, ou en tout cas, il l'aborde vraiment quatrième, cinquième année. Quand je dis ressenti fin, ça va être tout ce qui est mouvements tissulaires, facial, etc. ou crânien. Et même pour le structurel, j'ai envie de dire, c'est quand même quelque chose qui m'a pris, je pense, du temps. Ça a vraiment été une découverte et un perfectionnement de la main. C'est pas venu tout de suite du tout, quoi. J'ai été du genre à beaucoup me remettre en question, à me dire, je sens rien, etc., etc. Et après, ça me faisait un peu comme, tu sais, quand t'apprends une chorégraphie à la danse, tu rates, tu rates, tu rates, et tu sais pas pourquoi, un jour, tu dors et le lendemain, t'arrives et la chorégraphie, elle passe. Ça a été un peu comme ça pour moi, l'ostéopathie. C'est-à-dire que le MRP, je l'ai cherché pendant des années. Et un jour, je me suis dit, ah bah c'est bon, c'est ça. Mais je pense qu'il y a aussi beaucoup de validation de ton cerveau. C'est-à-dire qu'il y a un moment où tu te dis, mais en fait, ça fait des années que je sens ça. Mais c'est le jour où tu te dis, ok, c'est bon, je valide que c'est ce mouvement-là que je recherche, en fait. Que après, tu te dis, bon bah c'est bon, en fait, je le sens.
- Speaker #0
Ah, c'est intéressant de savoir comment tu t'auto-valides et comment le cerveau, parfois, il ne veut pas entendre parler d'un truc.
- Speaker #1
Eh oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et tu as parlé de MRP, donc ton école était assez ouverte sur ce mouvement.
- Speaker #1
Ah oui, en tout cas, nous, dans notre école, on nous a tout enseigné. On nous a vraiment... Enfin, ça dépend, parce que maintenant, je trouve que c'est tellement ouvert en ostéopathie, il y a tellement de disciplines différentes qu'on ne nous a peut-être pas tout enseigné, mais on nous a enseigné les basiques, quand même, qui ont été découvertes et décrites par Steele, Sutherland, et toute la clique qui a suivi derrière. Donc le MRP fait quand même partie, oui, des notions qu'on a abordées dès la première année. On ne nous demandait pas de le sentir. Parce que c'était très bien construit, je trouve, parce que d'abord, en première année, on nous faisait plutôt l'anatomie des os du crâne, toute la topographie, tu sais, les points, le repérage des sutures, etc. Ça partait toujours de quelque chose de très concret. Et ensuite, on nous lançait sur des écoutes. Une fois qu'on savait où positionner les mains, être précis dans notre anatomie et savoir où on était, là, on nous lançait sur des écoutes et des ressentis plus fins. à avoir dans la main. Et ça, je trouve que c'était chouette parce que du coup, c'était moins frustrant peut-être.
- Speaker #0
Oui, parce que si tu es bien placé, c'est tout de suite plus simple.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
très bien. On va en parler après. Je voulais juste un dernier point sur les études d'ostéopathie humaine parce qu'on sait qu'il y a énormément d'ostéopathes humains, énormément d'écoles et il y a des grosses classes, des grosses promos. Est-ce que tu sentais une concurrence ? Est-ce que vous étiez mis en concurrence ou vous étiez vraiment dans un esprit de... camaraderie, comment vous envisagiez le futur ? Bon, toi, tu m'as dit que tu envisageais de bifurquer en animal, mais j'imagine que ce n'était pas le cas des autres.
- Speaker #1
Non, non, bien sûr. Et puis nous, en plus, moi, j'ai vraiment commencé mes études dans une année charnière. J'ai commencé les études d'ostéopathie en 2007, l'année de reconnaissance du déo, du déploiement d'ostéopathie par l'État français. Donc, il y a eu un boom, c'est-à-dire qu'ils ont fait un peu comme là, on est en train de subir en ostéopathie animale. On est passé de 7 à 70 écoles en 3 ans. Et moi j'ai un souvenir absolument incroyable, on a un espèce de syndicat des élèves ostéopathes humains qui était venu en troisième année nous voir en nous disant « Mayday, mayday, la profession est saturée, les gars attention ce qu'on se raconte » . En 2007 ? Ah non, en 2010 on était en troisième année.
- Speaker #0
Ah ouais marrant.
- Speaker #1
Mais en nous disant, les gars, la publicité mensongère avec toutes les audits que vous avez dans le parking de l'école avec vos profs, c'est fini. On est en train de faire des stats. Dans cinq ans, si ça suit la courbe, il y a un Français sur deux qui est ostéopathe. C'est n'importe quoi. Et ils nous ont complètement... Il y a beaucoup, beaucoup de monde qui s'est remis en question en troisième année. Mais en fait, on nous a vraiment annoncé cette saturation du marché. qui était réelle et qui a été très compliquée et qui fait que nous, quand on est sortis en 2012, du coup, en ostéopathie humaine, il y avait déjà énormément d'ostéopathes sur le marché et c'était déjà très, très, très compliqué de s'installer. On savait qu'après cinq ans, après le diplôme, il y avait, je crois, trois élèves sur quatre qui étaient plus... Enfin, trois sortants sur quatre qui étaient déjà plus ostéos.
- Speaker #0
Combien de temps après, pardon ?
- Speaker #1
Cinq ans après le diplôme. Donc, on nous a vraiment... Nous, c'était en mode... un peu la belle vie et la publicité pendant les trois premières années. Arrivé en 3-4, on nous a dit, les gars, ça va être l'enfer. Vous n'allez jamais arriver à vous installer. Ça va être n'importe quoi. Donc, on nous a vraiment...
- Speaker #0
Je ne savais pas.
- Speaker #1
On a vraiment été dans les années où on nous a averti que ça allait être compliqué. Et ça l'a été pour toutes mes consoeurs qui se sont installées.
- Speaker #0
Ok. Et toi, comment tu ressentais ça ? Tu disais, ça ne me concerne pas. Moi, ça va être facile.
- Speaker #1
Alors, je ne me disais pas que ça allait être facile parce que pour le coup, l'ostéopathie animale n'était vraiment pas connue. Donc là, c'était encore un autre truc. Oui,
- Speaker #0
il fallait d'abord convaincre, partir en croisade et ensuite peut-être transformer.
- Speaker #1
Et puis, à cette époque-là, j'en étais tellement loin. C'est-à-dire que quand même, quand j'ai fait mes études d'ostéopathie humaine, je me suis quand même mis à fond dans l'humaine pendant cinq ans. Donc en fait, je n'avais quand même pas encore cette vision à long terme de quand je serai ostéopathe animalier, je m'installerai comme ça, etc. Mais je savais que je ne voulais pas faire ça. Donc, ce n'était pas quelque chose qui me pesait autant que mes collègues de promo, on va dire. Ce n'est pas quelque chose qui me stressait autant que les pauvres.
- Speaker #0
Et quand tu es enfin diplômée, tu enchaînes directement avec une formation d'ostéopathie animale ?
- Speaker #1
Oui, j'obtiens mon diplôme en juin 2012 et en septembre, je commence la formation. Alors moi, c'était une formation, et ça l'est encore, une formation qui était en deux parties. Donc, ostéopathie canine d'un côté, ostéopathie équine de l'autre. Et à chaque mois de septembre, il y avait une seule formation qui démarrait. Et donc, par le plus grand des hasards, j'ai commencé par l'ostopathie canine en 2012, du coup, directement.
- Speaker #0
Et alors, comment ça se présentait ?
- Speaker #1
C'était une formation, un week-end de formation tous les deux mois pendant 18 mois. Donc, ça faisait huit week-ends. Quand j'y pense, c'est ridicule. J'ai eu 16 jours de formation sur les chiens pour un métier que je pratique au quotidien depuis 10 ans.
- Speaker #0
Ah oui, après, tu avais quand même 5 ans d'ostéopathie dans les mains.
- Speaker #1
J'avais 5 ans d'ostéopathie dans les mains, mais sur les chiens, j'ai fait 16 jours.
- Speaker #0
C'était une formation qui était ouverte à tous ou juste au déo ?
- Speaker #1
Alors, c'était ouvert au déo, aux kinésithérapeutes et aux vétérinaires.
- Speaker #0
Ok. Et comment tu as vécu cette formation ?
- Speaker #1
Cette formation, je l'ai vécue comme... Déjà, c'était un aboutissement parce que je touchais enfin du doigt le vrai métier, le métier que je voulais faire depuis que j'étais petite, c'est-à-dire travailler avec les animaux. Mise à tête. Assez compliqué parce que c'était un prof, que je salue d'ailleurs, qui était assez rentre-dedans dur et qui était très dans le trash. T'as pas encore eu le déclic en ostéopathie, faut se remettre en question, machin. Donc ça m'a beaucoup poussé dans mes retranchements. Et je pense que si on m'avait sorti ça en ostéopathie humaine, j'aurais été dans tous mes états. Et là, en fait, j'étais tellement motivée en me disant attends, t'as attendu cinq ans, t'as fait cinq ans d'études, t'as eu un diplôme, un truc que tu pouvais pas. pas forcément te voir, c'est pas lui maintenant qui va réussir à te démotiver pour travailler sur les chiens alors que c'est vraiment ta motivation depuis le début. Et du coup je me suis accrochée, accrochée, accrochée et au final je l'ai pris un peu à revers, c'est-à-dire que j'ai décidé de jouer dans son jeu et de lui rentrer dedans aussi. Et en fait maintenant on s'entend super bien.
- Speaker #0
Ça marche pas avec tous les caractères ce type d'enseignement. Ah non,
- Speaker #1
il aurait clairement pu me détruire.
- Speaker #0
Moi ça marche pas, tu vois, moi pour être bienveillant. Il faut me brosser dans le sens du poil. Pas forcément, mais tu peux me dire les choses, mais de façon douce. Sinon, je me braque et je pleure.
- Speaker #1
Oui, exactement. Mais moi, ça aurait pu faire ça, parce que je suis clairement de ce caractère-là aussi. Avec un papa militaire, j'ai quand même l'habitude des enseignements un peu rudes. Donc, c'était quand même un peu ma cam, on va dire. Enfin, pas ma cam, mais c'était mon fonctionnement.
- Speaker #0
C'était la norme.
- Speaker #1
La norme pour moi. Mais vraiment, le fait que ça concerne les chiens et que je sois trop accrochée et trop passionnée a vraiment fait que là, je me suis dit, Claire, s'il y a un moment dans ta vie où là, tu ne vas pas te laisser faire et tu ne vas pas le laisser avoir raison et que tu vas lui prouver que le déclic, tu l'as eu et que ça va être ton métier, c'est maintenant.
- Speaker #0
Et lui, c'était ton seul et unique formateur ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Ouais,
- Speaker #0
ouais. Donc, il fallait s'accrocher.
- Speaker #1
Non, il y avait en fait le directeur de l'école qui faisait sa dernière promotion, mais genre, il avait 80 ans. Et c'était vraiment sa dernière, mais on l'avait qu'en théorie. On avait en fait, sur les week-ends, il y avait le samedi théorie et le dimanche pratique. Et là, la personne dont je te parle, c'était le prof de pratique.
- Speaker #0
Ok. Et est-ce que tu vois des différences ? J'imagine qu'il y en a beaucoup. Entre huit week-ends.
- Speaker #1
Ouais, c'est dur à dire. Chaque fois que je raconte cette histoire, je me fais...
- Speaker #0
Entre huit week-ends et cinq ans à temps plein. J'imagine qu'il y a des différences. Après maintenant, les différences sont moindres parce qu'il y a des écoles aussi à temps plein en ostéopathie animale. Mais est-ce que tu pourrais nous dire les plus grosses différences que tu as perçues à l'époque et de nos jours aussi ?
- Speaker #1
Alors à l'époque sur les 8 week-ends, ce qui était bien et en même temps pas bien, c'est que c'était une formation extrêmement pratique. C'est-à-dire qu'on nous a enseigné et on nous a montré que les choses qui vont être extrêmement utiles sur le terrain, et donc du coup en fait on n'a pas passé des heures à étudier la parasitologie les trucs, les champignons je ne sais quoi ils nous balançaient le poli en disant vous regarderez ça à la maison pendant les deux mois qu'ils séparaient de séminaire et puis voilà mais par contre ils ont à mort insisté sur les choses qu'allait nous servir et qu'allait faire qu'on allait être de bons ostéopathes animaliers qu'on allait pouvoir se faire une relation avec les vétérinaires donc tous les tests médicaux de faire un examen palpatoire très précis, très correct et vraiment beaucoup de pratiques. Après, pour être honnête, l'anatomie, c'est la même. Il y a très peu de variations dans les mammifères, même entre l'humain et les quadrupèdes au final. Donc, quand tu as eu un enseignement d'anatomie en humaine qui est quand même très poussé, parce qu'en anatomie humaine, on a quand même des choses qui sont très précises par rapport à l'animalier, du coup, ce n'est pas non plus insurmontable, on va dire. Et puis là, ça concernait que le chien, il ne faut pas oublier. Moi, je n'ai pas étudié les quatre espèces en même temps, comme le font les étudiants en ostéopathie animale maintenant. Donc, c'est pareil, l'anatomie allait assez vite. La biomécanique, au final, ils insistaient quand même, parce que c'était ça surtout qu'il fallait retranscrire, c'est-à-dire le fait de s'adapter entre un bipède et un quadrupède dans notre œil, dans notre façon de voir la locomotion, etc. C'était plutôt ça qui changeait. Et après, beaucoup les positionnements pour les techniques. Mais sinon, ça allait assez vite parce que, comme tu disais tout à l'heure, on avait déjà la main. Donc, en fait, la dysfonction, on la trouvait déjà. Donc, en fait, c'était juste les positions de test, les positions de technique. Mais en fait, on était déjà assez...
- Speaker #0
Pas les vétérinaires. Parce que tu me dis, il y avait les vétérinaires. Parce que tu vois, là, toi, tu avais appris avec du feedback, puisque les étudiants étaient des humains pendant tes cinq ans d'ostéopathie humaine. Donc, tu avais un feedback. Là, ça me tire. Là, ça me fait mal. Là, tu es dans le bon. Là, tu es dans le mauvais. Là, tu t'entraînes sur des chiens. Donc, tu n'as pas de feedback. Donc, ta main, elle peut être un peu maladroite, on va dire.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Toi, comment tu l'as ressenti, le changement de l'humain à l'animal ? Et comment tu as vu, par exemple, un vétérinaire apprendre ?
- Speaker #1
Alors, c'était beaucoup plus galère pour les kinés et les vétos que pour nous, les ostéopathes. Cette formation, effectivement, pour un vétérinaire... Alors, pour le coup, lui, il avait toutes les connaissances médicales. Donc, tout ce qu'on a étudié en pathologie, tout ça, il le maîtrisait déjà. Mais faire sa main en 8 week-ends, c'est... pas du tout la même chose que juste apprendre l'anatomie d'un chien en 8 week-ends. Ça me paraît simple.
- Speaker #0
En 5 ans, tu sors ta main, elle est jeune.
- Speaker #1
Ouais, on n'était pas du tout sur le même pied d'égalité. Kinésithérapeute, j'en ai pas eu sur la formation canine, mais j'en ai eu après une amie dans ma formation équine. Même elle, ça lui a demandé énormément d'adaptation, contrairement aux ostéos humains qui sortaient de l'école et qui venaient se spécialiser. Donc oui, on n'était pas sur le même pied d'égalité par rapport à ça, les pauvres.
- Speaker #0
Et toi, tu l'as ressenti comment, le changement ?
- Speaker #1
Moi, j'étais tellement passionnée par l'animal que le changement ne m'a pas gênée. Je dirais que comme j'ai une pratique assez... Alors déjà, on pratiquait sur des chiens de chasse à cour, dans un domaine de chasse à cour. Donc les petits gars, ils n'étaient pas doudouilles. Ils sortaient de chenilles de 80. Ils étaient juste ravis de voir des humains. On ne les avait jamais caressés de leur vie. Je pense qu'on aurait pu leur luxer l'épaule, qu'ils n'auraient pas chouiné, tu vois. Oui,
- Speaker #0
donc tu n'avais pas trop de retours. Alors là, zéro feedback. C'est quoi ? Verbal ou corporel ?
- Speaker #1
Ah bah corporel, si. Il y a eu un feedback, tu vois. Je me souviens d'une anecdote. On a quand même des élèves qui avaient réussi à faire vomir un chien en le manipulant. Tellement, je pense, elle y était à l'effort. Je ne sais plus sur quelle manipulation. Comme ça nous arrivait en école d'ostéopathie humaine, on se faisait aussi vomir sur des manimes viscérales, mais là, quand même, sur un chien, parce que forcément, lui, il n'avait rien dit. Donc voilà, moi, ça ne m'est pas arrivé, mais ça aurait pu m'arriver. Mais du coup, non, le feedback, je l'ai appris sur l'humain, clairement. Les chiens, après, en fait, tu as le feedback du tissu. C'est-à-dire que quand tu sais comment réagir un muscle quand il est trop comprimé et que tu sais que toi, chez l'humain ou chez tes collègues, quand tu étais à l'école, Quand le tissu, sous les doigts, avait cette texture-là, la personne commençait à te dire « aïe, aïe, aïe, là, ça commence à faire mal » ou alors « ça brûle » ou machin, tu relâches. Et du coup, je me suis servi de ce feedback sur l'humain pour l'appliquer sur le chien, même si la sensation est la même, mais elle n'arrive pas au même moment. C'est-à-dire que...
- Speaker #0
L'humain va prendre sur soi avant ?
- Speaker #1
Non, ce n'est pas ça. Les tissus, en fonction des espèces, je trouve, sont plus ou moins souples, sont plus ou moins... voilà exactement rapide et donc en fait tu vas rechercher cette sensation en te disant ok là à cette densité là là chez l'humain ça c'est mal mais chez l'humain tu vas mettre deux secondes à l'atteindre alors que chez le chien tu vas peut-être mettre dix secondes tu vois mais dans le ressenti tu sais quand même que quand t'as ça sous le doigt là ça fait mal et ça pour moi c'est pareil sur à peu près tous mais ça n'a rien à voir entre un cheval, un chien un chat,
- Speaker #0
même chien et chat et même chien entre deux races Oui,
- Speaker #1
complètement. En fonction de la tension de l'animal, en fonction de son caractère, en fonction de sa race.
- Speaker #0
Le staff et le chihuahua, ils n'ont pas le même muscle.
- Speaker #1
C'est pas le même muscle et puis c'est pas la même sensation non plus. C'est-à-dire qu'un staff, tu peux pas beaucoup enfoncer tes doigts parce que c'est déjà très dense.
- Speaker #0
C'est très dense, oui.
- Speaker #1
Mais ça leur fait pas super mal.
- Speaker #0
Non. Ils sont très cools.
- Speaker #1
Tu prends le cavalier King Charles qui est tout mou. Lui, il va être hyper sensible et quand tu vas enfoncer tes doigts, il va y avoir directement le muscle opossi qui va se contracter. Alors que t'as pas beaucoup mis de pression, donc après ça ouais tu t'adaptes. Ça c'est la pratique qui m'a...
- Speaker #0
Moi je dirais que ça c'est vraiment des points forts de l'osteopathe animalier, c'est l'adaptation plus plus plus, que ce soit dans sa main. Parce que même si on a l'habitude, tu vois moi ça fait 10 ans, toi aussi ça fait longtemps maintenant. Chaque animal tu le connais pas quoi. Chaque espèce est différente et chaque individu tu t'attones. Et comme il parle pas, tu fais vachement gaffe et tu t'adaptes aussi dans ton positionnement. T'es toujours... Avachi, sur le côté, machin. Alors après, tu peux être aussi sur la table. Toi, je sais que tu pratiques beaucoup sur la table. Tout ça pour en venir à... Est-ce que tu vois des forces ? Quelle est la force de l'ostéopathie humaine et sa faiblesse comparée à la force de l'ostéopathie animalier et sa faiblesse ?
- Speaker #1
Alors, je dirais que la force de l'ostéopathie humaine, c'est quand même... La précision, dans le sens où l'humain, il décrit les choses, donc dans les symptômes, tout ça. Et l'humain, il te fait un feedback directement sur ta technique, sur l'endroit où tu es. C'est-à-dire que quand tu sens une tension, tu vas lui dire, c'est là que ça fait mal, non, c'est juste un petit peu plus bas. Et du coup, tu vas ajuster ton doigt, tu vas dire, ah tiens, c'est là que ça fait mal, ah bah ouais, mais c'est rigolo, parce qu'en fait, c'est pas là que c'est le plus tendu, etc. Ça, c'est quand même une force en ostéopathie humaine. Il te dit exactement là où il a mal,
- Speaker #0
et dans quel mouvement, à la maison, etc.
- Speaker #1
Et du coup, dans tes études, tu te sers de ce feedback-là de tes collègues pour l'apprentissage. C'est-à-dire que tu te dis, là, tu vois, la zone était plus molle, mais c'est là que ça lui faisait plus mal, ou c'est là que ça lui faisait les décharges, alors qu'en fait, dans la zone dure, il ne sentait absolument rien. Chez l'animal, ça, tu ne peux pas. pas avoir, ou pas directement, ou alors il faut atteindre des niveaux de douleur qui ne déchargent,
- Speaker #0
tu ne sauras jamais.
- Speaker #1
En plus, tu ne sais pas exactement. Chez l'animal, tu ne sais pas si c'est un picotement, une douleur, une irradiation, enfin, tu n'as pas tout ça qui est précis. Donc, l'ostéopathe humain, voilà. Alors, en ostéopathie humaine, après, moi, la grosse différence que je vois, c'est aussi le fait de pouvoir conditionner ton patient, c'est-à-dire très facilement, c'est-à-dire lui demander quelque chose. Levez le bras, non pas aussi haut, tournez-vous sur le côté, mettez la jambe comme ça, etc. Ce que tu peux quand même faire chez les animaux, mais dans une moindre mesure. On va dire que tu t'adaptes beaucoup plus. Donc les ostéopathes animaliers, je pense qu'ils sont beaucoup plus dans l'adaptation à l'être qu'ils soignent, vu qu'ils ne peuvent pas imposer tout ce qu'ils veulent à leurs patients, alors qu'en ostéopathie humaine, on impose... impose quand même beaucoup de choses. Alors ça ne nous semble pas à nous humains, en tout cas quand on va chez l'ostéopathe, on ne se dit pas il m'a imposé plein de trucs, mais en vrai si. Asseyez-vous, mettez-vous sur le côté, mais retournez-vous, tatati, laissez tendre le bras, faites ce mouvement, forcez contre moi, etc. L'animal, ça l'est quand même un petit peu moins. Et ensuite les forces. Du coup je dirais que l'ostéopathe animalier, en tout cas dans ce que j'en ai vu maintenant à force d'en côtoyer, est plus...
- Speaker #0
Plus dans le ressenti, du coup, que l'ostéopathe humain, dans le ressenti profond des tissus, tout ça, parce que comme je pense qu'il n'a pas accès à certaines informations qu'on va lui donner, lui dire, du coup, il est obligé d'aller chercher les informations dans le corps. Alors que l'ostéopathe humain, du coup, il va beaucoup écouter aussi ce qu'on lui dit, même si on nous dit qu'il ne faut pas se laisser avoir par ce qu'on entend, parce que le problème n'est pas forcément là où la personne le décrit. Mais il va quand même avoir tout ce discours-là qui va possiblement chanter ou alors le perdre ou des choses comme ça.
- Speaker #1
Qu'as-tu appris chez l'humain qui ne marche pas chez l'animal ?
- Speaker #0
En termes de technique, tu veux dire ?
- Speaker #1
Oui, en termes de tout.
- Speaker #0
Qui ne marche pas chez l'animal.
- Speaker #1
Tu l'as dit déjà, le fait de faire des techniques. on demande à son patient de forcer, de relâcher, de respirer fort, par exemple. On ne peut pas le faire.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de techniques qu'on ne peut pas complètement adapter à l'animal. C'est-à-dire qu'effectivement, quand on suit les protocoles que les ostéos, les pionniers de l'ostéopathie ont mis en place, en tout cas ont découvert et mis en place et développé, ce sont des protocoles qui sont extrêmement rigoureux. Donc, c'est des trucs en huit. points, des fois quand tu lis les bouquins, tu le positionnes dans ce paramètre-là, tu lui demandes d'inspirer, après il fait une apnée inspiratoire, quand tu sens le tissu qui se relâche, tu lui demandes de souffler, etc. Je pense notamment aux techniques de Jones qui sont vraiment assez complexes à mettre en place avec trois étapes différentes sur différents rythmes respiratoires, etc. Ça, c'est vrai que sur l'animal, tu ne peux pas tout appliquer. Les techniques, pareil, ce qu'on appelle l'énergie musculaire, les fameuses myotensives, De Mitchell, par exemple, parce que c'est les plus connus, c'est pareil, c'est des protocoles qui sont assez rigoureux. Et donc, on te demande, on demande aux patients, par exemple, c'est un exemple qui me vient en tête, de forcer avec la force qui correspond à ton contre-appui, c'est-à-dire de ni dépasser ni de faire moins. Ça, l'animal, tu peux lui demander de forcer, tu peux trouver des petites astuces pour forcer et encore pas pour tout te... Les parties du corps, parce qu'il y a des fois où c'est un petit peu compliqué, mais tu trouves un petit peu des astuces pour forcer, que ce soit avec une friandise, ou des fois les chiens, en leur chatouillant les pattes, t'arrives à avoir un retrait de patte. Mais tu peux pas avoir un retrait de patte qui correspond exactement, en termes de durée et en termes d'intensité, à exactement ce que tu voulais mettre en place et ce que t'aurais mis en place chez l'humain. Donc on va dire que cette précision-là, tu peux pas des fois l'avoir. Voilà, ça, ça change un petit peu. L'immobilité. Ça, c'est un truc...
- Speaker #1
Ah oui, clairement, oui.
- Speaker #0
Oh là là, pour le crânien, par exemple. En tout cas, moi, chez le carnivore... Parfois,
- Speaker #1
ce n'est pas possible.
- Speaker #0
Non, voilà. Je ne dirais même pas sur le carnivore, parce que je pense que, par exemple, les Ausha, tu seras certainement d'accord avec moi, le crânien, quand même, ils aiment pas mal.
- Speaker #1
Ah oui, ils aiment bien. Ah ouais.
- Speaker #0
Mais du coup, ils restent immobiles. Tu peux clairement mettre une main sous le menton, le chat, il se pose sur toi, il ne bouge pas pendant 20 minutes. Le chien, si tu arrives à ne pas le faire bouger pendant 20 minutes avec une main sur le crâne, il faut y aller.
- Speaker #1
Le crânien, pour le chien, ce n'est pas toujours possible.
- Speaker #0
C'est compliqué parce que je pense que l'abord de la main sur la tête leur fait poser beaucoup de questions. Et en fait, ils cherchent à voir la main sur la tête. La main immobile. Oui,
- Speaker #1
parce que la main qui gratte, ça c'est nickel. Exactement. Mais la main qui ne bouge plus, il ne se pose pas de questions.
- Speaker #0
Ils ne comprennent pas, ils essayent de la regarder, ils essayent de la choper. Et du coup, c'est impossible. Et moi, par exemple, manipuler en essayant de chercher un MRP avec un chien qui bouge, je ne sais pas le faire. Même après 13 ans de mains ostéopathiques, je ne sais pas. Donc l'immobilité, c'est quand même un truc pour ressentir chez l'humain. qui est d'un confort incroyable.
- Speaker #1
J'imagine même pas, ouais. Ça doit être trop simple, en fait. Ton patient, il bouge pas, il est couché, tranquille. Exactement. Tu fais tous tes tests et en plus, tu sais s'il a mal ou pas.
- Speaker #0
Voilà. Tu sais s'il a mal ou pas, tu sais s'il est contracté ou pas, tu sais si plein de choses. Alors que chez les chiens, c'est beaucoup plus subtil que ça. Alors moi, j'ai une particularité, c'est que du coup, j'ai été tellement formée et du coup déformée par mes études d'ostéopathie humaine que j'essaye de... de travailler avec le chien toujours allongé en décubitus latéral. Parce que moi, on m'a éduqué pendant 5 ans à ne sentir une dysfonction que s'il y a zéro contraction musculaire. Donc je suis complètement conditionnée à ça, ce qui est vraiment une particularité pour un ostéopathe animalier, sachant que vous, vous ne travaillez pratiquement que sur un animal debout, vu que ça... Moi,
- Speaker #1
je fais ce que l'animal me propose. C'est-à-dire qu'en général, il ne veut pas être couché tout de suite. Donc ça dépend si c'est une table de consultation, je le prends debout, s'il ne veut pas s'asseoir, parce que souvent, en consulte, il ne t'écoute pas en plus. Même si c'est un chien qui écoute beaucoup, en général. Donc, assis s'il est assis, et après, au fur et à mesure, il va se coucher. Je le prends comme ce qu'il me propose, pour éviter déjà de rajouter de la contrainte, alors que c'est déjà de la contrainte d'être immobile pendant 30, 45 minutes, une heure. Et au final, s'il est couché, mais il ne voulait pas être couché, je trouve que parfois il est plus tendu que s'il est assis, mais... tranquille, tu vois.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Je ne sais pas si elle m'a ressenti. Non, mais je le comprends totalement. Mais c'est comme que moi, comme on ne m'a pas appris comme ça, j'ai vraiment développé une méthode de pratique qui fait que je suis vraiment entre l'ostéopathie humaine et l'ostéopathie animale comme vous, vous la connaissez. Mais c'est-à-dire que je contrains quand même, entre guillemets, le chien à avoir la position que je veux, sans le plaquer au sol, évidemment. Mais en fait, je vais... aller utiliser de l'effriandise.
- Speaker #1
C'est hyper intéressant de te voir faire. On voit l'animal qui se couche et qui résiste et puis qui lâche. Tu as une technique qui est assez forte.
- Speaker #0
C'est pour ça que je dis contrainte. Je ne veux pas qu'on imagine que je prends l'animal et que je le plaque au sol. Ça peut m'arriver, mais comme il faut. Je vais lui suggérer de lui dire, écoute Kiki, fais-moi confiance. C'est la bonne position. Je sais que ça va te faire moins mal et je sais que ça va être moins désagréable, etc. Et en fait, il y a Merci. Il y a un moment où l'animal doit me faire confiance. Et une fois qu'il arrive dans cette position et qu'il se dit « Ah tiens, après attention, je travaille sur une table qui est rembourrée, qui est grande, qui est moelleuse. Le chien, quand il est sur le côté, il est censé être bien. Je ne vais pas aller sur une surface comme les tables de toiletteurs ou les tables de vétérinaires où c'est froid, c'est dur, etc. Le chien, il a du kiri, il a du machin. Donc voilà, je demande la participation des proprios. » Mais en fait... souvent, comme tu dis, quand le chien se rend compte et se dit « Ah, en fait, c'est comme à la maison quand je suis allongée par terre et qu'en fait, ça ne fait pas du tout mal, ça me fait la dame, voire même c'est plutôt agréable » , après, il lâche. Mais j'en passe toujours par, au départ, je lui demande quelque chose. Et je lui demande une position. La position assise va me servir, mais pour moi, la position assise et ce que je vais ressentir dans sa position assise n'est pas la vérité au fond de son corps. C'est-à-dire que j'ai vraiment besoin, et d'ailleurs, ça m'arrive très souvent de trouver des dysfonctions. assise et quand au final il se couche sur le côté et relâche complètement, je me dis mais en fait la dysfonction est dans l'autre sens.
- Speaker #1
Ça change les tensions musculaires. Et en plus maintenant ton ressenti, il est vraiment basé sur chien relâché. Donc toute ta mémoire que tu as dans la main, c'est sur ça. Il va falloir que tu te reposes sur ça.
- Speaker #0
Et la richesse de la chose, c'est que ce qui est hyper intéressant, c'est qu'à côtoyer des ostéopathes animaliers, je me rends très bien compte qu'en fait ça marche très bien comme vous faites. Donc je sais très bien qu'en plus ce qu'on m'a appris à l'école, c'est faux. C'est-à-dire que mes techniques ne sont pas caduques quand elles sont pratiquées sur un animal debout, sinon l'ostéopathie équine ne fonctionnerait pas. Oui, c'est vrai. Oui, c'est vrai. Mais comme j'y ai été conditionnée, que c'est comme ça qu'on m'a appris, trop dur de modifier ton apprentissage. Une fois qu'on t'a appris quelque chose, c'est vraiment, je trouve, compliqué, surtout quand c'est la main.
- Speaker #1
D'où l'importance d'avoir des super profs dès la première année.
- Speaker #0
Exactement, d'avoir une super école dès la première année, c'est ça. Mais du coup, c'est vrai que moi, je suis tellement conditionné comme ça que je fais comme ça et que c'est ma manière de faire. Après, si ça ne correspond pas à certains chiens ou à certaines personnes, il y a plein d'autres ostéos qui font différemment. Donc, c'est ça qui est chouette aussi. Mais moi, c'est comme ça que je fais.
- Speaker #1
Ça fonctionne très bien et ton cabinet est bien rempli. Donc, tout va bien. Quelle est la vision de l'ostéopathie ? Ta vision de l'ostéopathie, je pense que quand on rentre en école, on a une certaine vision et elle se transforme au fur et à mesure de ses études. Et puis après, quand on pratique, quand on commence à se former, quand on lit, on écoute des podcasts, on a encore une autre vision de l'ostéopathie. Est-ce que tu peux me parler, toi, de ce que tu penses de l'ostéopathie en général et puis après de toi, de ta pratique, comment tu la décrirais ?
- Speaker #0
Bien sûr. Pour être honnête, quand je suis rentrée en études d'ostéopathie humaine, je pense que je ne connaissais rien en ostéopathie, mais vraiment rien. Et en fait, j'ai eu la chance de faire encore partie des dernières promos en ostéopathie humaine qui ont eu des profs de 60 balais qui étaient kinés, qui ont fait ostéopathie humaine alors que c'était illégal, et qui avaient 40 ans d'expérience. Et ces profs-là nous donnaient des cours théoriques, mais surtout en fait... de passer leurs cours à nous raconter leurs expériences qu'ils avaient eues au cabinet. C'est génial. Leur réussite, leur machin. Et en fait, quand tu as des profs qui te racontent que ils ont soigné quelqu'un qui faisait des sinusites chroniques depuis 20 ans et que depuis qu'ils l'ont soigné, il n'a plus de sinusites, en fait, tu découvres. Parce que c'est vrai que l'ostéopathie, souvent, les gens se disent, j'ai un limbago, je vais chez l'ostéo. tellement plus large que ça. Et donc du coup, en fait, quand tes profs te parlent, ça m'a ouvert tout un pan de la... de vision de l'ostéopathie en me disant, mais c'est génial, cette discipline, elle peut vraiment soigner énormément de choses. J'en ai fait aussi l'expérience parce qu'en ostéopathie humaine, nous, en quatrième et en cinquième année, je crois qu'on avait 150 consultations à faire sur des vrais patients. On avait une clinique à l'école. Donc c'est pareil, t'as tes petites réussites d'étudiant et puis moi, après, j'ai fait du remplacement. Donc tu te rends bien compte que ça marche. Donc ça m'a vachement ouvert... Et ce que ça a créé chez moi l'ostéopathie dans mon cerveau de cartésienne, c'est qu'avant je me disais tant qu'on ne m'a pas prouvé que ça existe, j'y crois pas. Et maintenant je me dis tant qu'on ne m'a pas prouvé que ça n'existe pas, j'y crois.
- Speaker #1
J'adore. C'est très beau.
- Speaker #0
Voilà. Donc en fait, je suis quelqu'un de très ouvert. C'est-à-dire que je ne crois pas en tout et n'importe quoi. Mais par contre, je sais que... Moi, j'adore, je suis très dans l'anatomie, dans la science, dans le machin et tout. Mais en fait, je sais qu'il y a des choses qu'on n'arrive pas encore à expliquer avec la science. Et je suis quand même ouverte à ça. Alors, pas à tout et n'importe quoi. Mais je sais qu'il y a des choses où je sais que moi, j'ai fait passer des choses sur des patients humains que jamais j'aurais pu me dire avec mes petits doigts, je vais réussir à soigner telle pathologie ou en tout cas à soulager telle pathologie. Et en fait, c'est le cas. Donc alors après, est-ce que c'est placebo ? Est-ce que ce n'est pas placebo ? Après, ça donne tous ces discours-là. Ça m'a ouvert quand même vachement l'esprit sur le monde et comment ça fonctionnait. Et je pense que quand tu as cette ouverture à près d'esprit-là, tu regardes tout différemment. Tu regardes la nature différemment, tu regardes les animaux différemment, tu te dis que la vie, elle est quand même... Enfin, la vie, c'est quand même incroyable. La chose qui fait que tu plantes une graine et qu'il y a une plante qui pousse. Et je pense que se limiter à des choses très... Je ne sais pas comment dire, pas matérielles, mais très mécaniques. C'est dommage. Après, moi, il me faut un cadre.
- Speaker #1
C'est ça. Là, en arrivant, j'écoutais un podcast, tu dois connaître, d'Étienne Bullidon, et surtout de la santé. Je ne sais pas si tu as écouté l'épisode numéro 99 avec Marco Gabutti.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Et en fait, ça me fait penser que lui, Marco, il est un peu comme toi, c'est-à-dire qu'il croit en tout tant que c'est expliqué et que le modèle explicatif est très clair. Parce que quand tu es...
- Speaker #0
Et à la page.
- Speaker #1
À la page, voilà. Et trois petites phrases par-ci, par-là. Par exemple, tricot, pour lui, ce n'est pas assez clair. C'est trop... Complètement.
- Speaker #0
Moi, je suis de cette type-là. Et toi, tu es comme ça.
- Speaker #1
Quand tu parles de tricot, tu es là. Mais je ne comprends pas, Mathilde. Je ne comprends pas. Je ne comprends pas. Mais il n'y a personne qui me fait comprendre. Et je pense que ton cerveau, de toute façon, il a besoin d'un autre modèle explicatif.
- Speaker #0
Exactement. Exactement ça. Moi, j'ai juste... Moi, je ne peux pas être juste dans le ressenti. Ce n'est pas possible pour moi. J'ai le ressenti. J'ai une main, je pense, qui est fine et que je ressens beaucoup de choses. Mais si derrière, je n'arrive pas à avoir une explication de ce que je suis en train de faire, ça ne me va pas. Donc moi, les techniques où on me dit, tu y vas, tu suis le tissu et puis tu verras où ça t'emmène. Je suis en mode, pas du tout. Je suis complètement paniqué. Ça m'amène que je vais me noyer et que je peux passer trois heures et demie sur un tissu et le suivre. Donc moi, si je n'ai pas ce cadre-là, en me disant, il y a quand même un protocole, il y a quand même un truc à suivre. C'est quand la fin ? C'est quand le début ? Et si là, quand je commence ma technique et que ça m'envoie là, du coup, ce n'est pas ce qu'on m'avait décrit, du coup, il faut que j'aille où ? Si tout ça, je ne sais pas, c'est des techniques que je ne pratique pas. Et ça m'arrive très souvent parce que je me forme beaucoup. J'adore ça. Je suis vraiment une consommatrice de formation, que ce soit sur le web ou en présentiel. Et tout, je veux dire en ostéopathie, en fitness canin, en plein de trucs, en nutrition, en tout, j'ai fait tout. Si ce n'est pas carré, mon cerveau, il ne sait jamais.
- Speaker #1
Assez carré pour toi. On se le dit.
- Speaker #0
Mais rarement en ostéopathie.
- Speaker #1
Et comment tu qualifierais ta pratique ?
- Speaker #0
Comment je qualifierais ma pratique ? De carré, j'imagine. Dans le sens où je vais faire très attention à ce que j'ai sous les mains. J'ai une main, je pense, assez fine et assez... Tête chercheuse, c'est-à-dire que je ne veux rien laisser passer. Donc, je ne vais pas pouvoir faire une consultation où j'ai touché une lombaire et un sacrum et un tard, c'est basta. Et je ne suis pas allée voir le reste. Donc, je vais être très carrée, protocolaire et je vais aller tout sentir. Donc, voilà. Et je vais avoir une pratique.
- Speaker #1
Dans tes techniques ?
- Speaker #0
Ouais, mais... J'ai l'habitude de dire structurel, mais en fait, c'est faux parce que tous les stagiaires qui viennent me voir, ils me disent mais en fait, meuf, t'es pas du tout que structurel. Je vais toujours d'abord traiter les tissus mous pour pouvoir avoir accès après aux articulations. Donc, je vais toujours aller chercher en fait la tension. Qu'est-ce qui me crée la tension autour d'une zone ? Est-ce que c'est un muscle ? Est-ce que c'est un fascia ? Est-ce que c'est un ligament ? Est-ce que c'est une viscère ? Le traiter. Le faire relâcher et ensuite aller voir au niveau articulaire ce qui reste au niveau osseux en dessous et le traiter. Ça, c'est vraiment ma pratique de base. Après, chez l'animal, je n'ai pas eu de formation solide en viscérale. Et je ne sais pas si ça existe encore parce que je pense qu'on ne l'a pas encore très bien décrit, etc. Quand je dis solide, c'est dans mon esprit de psychopathe du carré. Et de la qualité, tac, tac, tac, machin.
- Speaker #1
Oui, pas qu'une formation où c'est très anatomie-physio, c'est vraiment, toi, le côté ostéo, quoi.
- Speaker #0
Le côté ostéo, comme a pu le décrire Jean-Pierre Barral dans ses bouquins d'ostéopathie viscérale en humaine, c'est-à-dire, comme une épaule, l'estomac, il travaille sur cet axe, il tourne dans tel sens... Ah ouais, non, mais moi, je dis...
- Speaker #1
Non, mais je comprends.
- Speaker #0
Tu vois ? Et il peut faire... telle rotation, telle rotation, tel machin, tel truc et du coup s'il ne va pas là, c'est la dysfonction enfin c'est la restriction, donc tu l'amènes de l'autre côté avec ta technique, voilà, ça ça n'existe pas encore très bien carré chez les animaux c'est beaucoup de la technique par projection par de l'intention etc que je ne maîtrise pas donc en viscérale je suis quand même assez limitée et frustrée de ne pas trouver de formation ou de choses qui... Tu ne voudrais pas la créer ? Bah il faudrait avoir les connaissances c'est le problème, il me manque Merci. La dissection, et il me manque le côté véto pour faire ça. C'est-à-dire que si je pouvais avoir accès à des corps et voir comment c'est vraiment fait à l'intérieur, je pourrais essayer de créer quelque chose.
- Speaker #1
Ça peut se faire.
- Speaker #0
Ouais, je sais. Peut-être que dans 30 ans, on parlera de cette formation. Mais non, voilà. Le seul truc, c'est que le viscéral, ça me limite un petit peu. Le crânien, chez le chien, ça me limite un petit peu. Mais je trouve que quand même, par rapport à l'humain, et peut-être par rapport au cheval qui est harnaché, etc., il y a quand même moins de dysfonction crânienne chez le... Le chien, mais du coup voilà c'est...
- Speaker #1
Moi je suis pas d'accord, il y a plein de trucs sur le crâne chez le chien.
- Speaker #0
Ah non mais il y a plein de trucs, mais je veux dire à bout d'un moment quand on se prend un mort dans la bouche, des rêves sur la tronche et tout, au quotidien, je pense qu'ils sont plus embêtés. Un cheval je pense que si tu vas pas voir le crâne t'es dans l'erreur. Tu vois ce que je veux dire, un cheval monté, les chiens sur lesquels je n'arrive pas à pratiquer le crânien. Et que des fois, je me dis, bon, bah, tant pis, sur ma séance, j'ai pas pu faire de crâne.
- Speaker #1
On peut pas, de toute façon. Voilà,
- Speaker #0
mais je m'en veux pas en me disant, là, vraiment, c'était une erreur, il aurait fallu que j'aille voir le crâne. C'est n'importe quoi de pas l'avoir fait, tu vois, c'est plus là-dedans. Je comprends. Voilà, donc je dirais plutôt dans le... Dans le mio-facial, osseux.
- Speaker #1
Et structurel.
- Speaker #0
Ouais, structurel, ça dépend comment on l'entend. J'ai une pratique assez...
- Speaker #1
Tu ne fais pas tout péter.
- Speaker #0
Ah, pas du tout. Je ne truste jamais pratiquement. Je ne truste très peu parce que je trouve que le chien réagit, c'est pareil, pas forcément bien au trust. Au niveau comportemental, je parle là.
- Speaker #1
Oui, oui, ça surprend.
- Speaker #0
Voilà, ça surprend en fonction du caractère du chien. Je trouve que c'est... des fois assez touchy. Et puis comme moi, je te disais, vu que je mets 20 minutes à essayer de les avoir sur le côté détendu, si je leur envoie un gros trust à ce moment-là ou un gros recoil, bon, il va se lever, c'est sûr. Donc c'est parce que moi, je travaille beaucoup en pompage. Donc des allers-retours très rythmés.
- Speaker #1
Ça vient de l'humaine ? Parce qu'avant de ne pas avoir connu, je n'avais jamais entendu ce terme. Ah ouais, du pompage.
- Speaker #0
Ouais, je pense que ça vient de l'humaine. La technique qui est plus connue, ça va être le TOG, qui est un genre de pompage mais circulaire. Mais du coup, c'est le même genre de principe. Pour moi, le pompage, c'est vraiment juste d'aller dans la restriction sur des allers-retours en revenant toujours au point neutre. Mais déjà sur un paramètre. Sur un paramètre. Enfin,
- Speaker #1
je veux dire sur un axe.
- Speaker #0
Sur un axe, exactement. Sur plusieurs, mais en tout cas dans une direction. De revenir au neutre, de refaire et vraiment de pomper comme si tu avais le pied sur une pompe pour gonfler un matelas. et en fait c'est surtout que je trouve que sur le chien les dysfonctions elles lâchent les restrictions en tout cas elles lâchent très rapidement par rapport à l'humain donc je peux vraiment me permettre de faire ça ça c'est vraiment une facilité déconcertante par rapport à l'humain donc le pompage souvent suffit comme on le dit toujours quand on est prof on le sait, c'est à dire que quand tu trouves une dysfonction que tu veux faire sentir à tes élèves, tu sais très bien que le quatrième élève il va être deg parce qu'il va pas la sentir parce qu'en fait le test des trois autres auront suffi Merci, Bernard.
- Speaker #1
C'est un pompage en fait.
- Speaker #0
Ils ont fait les trois une technique pour aller dans la restriction. Ils sont allés jusqu'à la barrière qu'ils n'ont certainement pas très bien senti, un petit peu dépassé vu que c'est des élèves. Et en fait, le quatrième élève, du coup, il n'a plus de dysfonction, c'est normalisé. Donc en fait, c'est juste un pompage fait pour plusieurs personnes différentes.
- Speaker #1
Nous, à l'école, pour te dire, le trust, c'était pas clair et pas bien précis comme apprentissage. C'était, tu vois, tu te mets bien dans tes paramètres de ton testing et c'est en fait un testing un peu plus poussé.
- Speaker #0
Voilà. Ok. Alors qu'il y a vraiment une impulsion dans le trust. Oui. Et je trouve que c'est ça qui est surprenant, surtout souvent pour le chien.
- Speaker #1
Mais c'est ça qu'on n'apprend pas bien, je trouve, en ostéopathie animale. Tu ne trouves pas ? En tout cas, moi, dans mon école... Moi, comme ça va être...
- Speaker #0
Les ostéopathes humains, l'ostéopathie animale, du coup... Moi,
- Speaker #1
je ne me rappelle pas avoir vu des beaux trusts.
- Speaker #0
Ah non, on avait des cours de trust et tout.
- Speaker #1
Peut-être, mais pas beaucoup. Enfin, peut-être en cheval, oui. Mais pas en chien.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de gens qui me disent ça.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Alors que pour moi,
- Speaker #1
le cheval aussi, c'est un peu plus simple dans le sens où comme c'est plus gros, tendu, tu vas, t'es plus facilement sur la barrière motrice. Tu peux plus facilement aller envoyer parce que c'est moins subtil. Voilà, tout simplement. Alors qu'un chat et un chien, c'est plus lent. Et parce que le cheval, il faut être beaucoup plus précis.
- Speaker #0
Ah oui, il faut être beaucoup plus précis. Et puis parce que le cheval, c'est pareil. Tu pousses, il est sympa, quoi.
- Speaker #1
Oui, voilà.
- Speaker #0
Tu fais ça à un border collique.
- Speaker #1
À moins à gérer tout le côté comportemental. Il faut le gérer, bien sûr, mais t'en as, t'as pas grand-chose à gérer.
- Speaker #0
Eh oui, voilà. Alors que tu fais ça à un border collique, il y a déjà les neurones au bord du gouffre, juste parce qu'il est sur une table et qu'il faut patienter deux secondes et qu'il sait pas faire. Tu lui envoies un trust, c'est feu d'artifice dans son corps, quoi. Donc, faut faire. Mais c'est pareil, moi, ça m'arrive de truster. C'est-à-dire, quand le pompage dure trop longtemps, que ça me gave... Il faut le sentir. Oui, je sens que ça va passer et que je truste, il n'y a aucun souci. Mais quand c'est bien fait et que tu es vraiment sur ta barrière et que tu es vraiment à l'écoute des tissus et que tu sais que c'est à cet endroit-là, l'animal ne bouge pas d'une oreille souvent. Oui,
- Speaker #1
c'est vraiment pile dans les paramètres.
- Speaker #0
Exactement. Quand tu es pile dans les paramètres, c'est souvent, même quand il y a un bruit, c'est plus le propriétaire qui entend le bruit. Moi, ça m'arrive de faire des fois des trusts au niveau, par exemple, les gléno-humérales, ça peut faire du bruit. Enfin, un gros crack. Les gens font comme ça, alors que le chien, limite, il était en train de dormir et il ouvre une paupière parce que les gens se sont affolés. Mais il n'a même pas capté qu'il s'était passé quelque chose dans son corps. Donc, c'est assez rigolo. Je pense que ça, c'est le trust qui est juste et pas le trust qui est forcé.
- Speaker #1
Il ne doit pas faire mal. C'est ça que tu dis.
- Speaker #0
Il ne doit pas faire mal. Il doit surtout passer entre guillemets tout seul. Mais que ce soit un trust, un recoil ou quoi, on n'est pas censé faire passer des choses en force. Normalement, ce n'est pas ça dans la description des techniques.
- Speaker #1
Oui. Que penses-tu des courants assez extrêmes des Evidence-Based Practice, EBP ?
- Speaker #0
On en a déjà un petit peu parlé. Moi, je suis plutôt... Si l'idée, c'est un peu affreux sur le papier, je pense que je pourrais être définie là-dedans parce que j'aime ce qui est carré et j'aime ce qui est scientifiquement prouvé. Mais je pense qu'il se coupe. de choses qui n'ont pas encore été prouvées par la science. C'est-à-dire que je trouve ça malheureux, parce que quand on étudie l'histoire, on se rend compte que si on se réfère à ce qui aurait été le VB il y a 200 ans, on aurait été beaucoup dans le faux au niveau de la médecine, ou au niveau de la Terre. On pensait que la Terre était plate. Et pourtant, c'était des scientifiques qui le disaient, et pourtant c'était machin. Donc en fait, ils ne voient pas le côté de, Ok, au jour d'aujourd'hui... Ça n'a pas été prouvé, mais et demain ? Peut-être qu'en fait, on va te prouver qu'il y a des mouvements dans les os du crâne et que du coup, tu vas te rendre compte que c'est complètement faux. Donc ne te ferme pas, c'est juste ça, le côté fermé. Moi, du moment de toute façon que c'est fermé, ça ne m'intéresse pas.
- Speaker #1
Mais moi, je comprends tout à fait la vibe. Ce que je ne comprends pas, c'est le... Bah du coup, ceux qui font ces techniques, ils sont dangereux. Tu vois, c'est les extrémistes que je comprends. Ouais. Parce que ça, ils sont très...
- Speaker #0
Les extrémistes, on les comprend pour rien. Ouais, mais ils sont vénères,
- Speaker #1
ils vont... passer leur temps à dire, toi tu fais rien à afficher sur les réseaux et tout c'est ça qui...
- Speaker #0
Mais tu vois moi dans les deux sens, parce que c'est vrai que à l'inverse, je trouve qu'en ostéopathie animale on l'a pas abordé tout à l'heure, moi je taboue quand je suis arrivé dans le milieu de l'ostéopathie animale je me suis dit, c'est qui c'est fou quoi
- Speaker #1
Ouais mais on peut carrément en parler, je trouve ça hyper intéressant
- Speaker #0
Alors moi je... Vas-y,
- Speaker #1
exprime un petit peu ta tête Bah du coup,
- Speaker #0
comme on le disait moi je sors d'une école qui est quand même assez structurelle même si j'ai quand même étudié le MRP et tout ça qu'on disait tout à l'heure, mais quand je suis arrivée en ostéopathie animale, et là, j'ai découvert un monde de licornes, de paillettes, de papillons, et de trucs, je me suis dit mais c'est qui ces gens ? Parce que moi, en plus, je viens pas, il y a des écoles dans cette mouvance-là en humaine, moi, mon école n'en font pas partie, donc en plus, moi, j'avais aucune connaissance de ce truc-là. Donc, je t'avoue que tout ce qui est énergétique, machin et tout, nous, on s'était même pas abordés à l'école, tu vois, l'émotionnel, c'était pas abordé, tout ça, donc... Et... Ils nous disaient, si vous voulez vous former à ça, vous vous formerez après, on va dire. Ce n'est pas la base de notre métier. Et maintenant, je trouve qu'on met énormément de choses sous le couvert de l'ostéopathie, c'est-à-dire qu'on va faire de l'ostéopathie émotionnelle, de l'ostéopathie énergétique, de l'ostéopathie... Et en fait, tout peut être ostéopathie au final. Maintenant, j'ai l'impression, tu vois, il y a toutes les disciplines qui peuvent être mises dans ce sac de l'ostéopathie. Et ça, je trouve que c'est pareil, une personne qui est extrémiste. Dans ce sens-là, vu que là on parlait des extrémistes dans l'autre sens, dans le sens de la science, quand tu es dans l'extrême dans ce truc-là, c'est exactement pareil. C'est-à-dire que c'est des gens qui vont te dire « Ouais, ceux qui font que de l'os, du machin, du truc, ça va pas marcher, c'est nul. » De toute façon, du moment que tu critiques et que tu dis que ça va pas marcher, alors qu'en vrai, je veux dire, moi je suis en structurel, mes patients sont très contents et il y a d'autres personnes qui ne font uniquement que de l'émotionnel et leurs patients sont très contents, au bout d'un moment, il faut avoir juste l'ouverture d'esprit de se dire « Et est-ce que tout pourrait pas marcher en fait ? » Tout simplement, c'est juste, est-ce qu'on n'est pas juste des humains ? Et qu'en fait, ça, c'est praticien dépendant. C'est-à-dire que toi, tu vas être doué pour faire de l'émotionnel et du machin, et tu vas réussir à soigner avec ces outils-là, alors que moi, je vais faire différemment, parce que mon cerveau est formaté différemment, mon corps est formaté différemment, mon éducation a fait que je suis formaté différemment. Et voilà, donc moi, ce qui ne me plaît pas, que ce soit d'un côté ou de l'autre, c'est les gens qui sont fermés, qui ne croient... Quand leur entre guillemets religion, parce que pour moi, ça en arrive carrément là dedans, c'est religieux, c'est à dire qu'ils ont un dogmatique, c'est dogmatique exactement. Et qui vont surtout critiquer les autres. Oui, c'est ça qui manque. Et être là dans le sens comme dans le... Exactement. Et qui vont être là en mode non, toi, ce que tu fais, c'est pas bien et c'est nul. Et toi, tu n'es pas dans l'évidence basse médecine et toi, tu n'es pas dans l'énergie éthique et tu passes à côté de tellement de choses. Du moment qu'on arrive à soulager nos patients, qu'est-ce qu'on s'en tape en fait ? Au final,
- Speaker #1
quand l'intention est bonne et si on n'est pas dangereux, voilà. Exactement. Faut pas faire la guerre au sol. Exactement.
- Speaker #0
Et si le retour en fait fait que le chien il boitait quand il arrivait chez toi et il repart, il boite plus, mais qu'est-ce qu'on s'en tape ? Que t'aies parlé aux planètes, aux extraterrestres, aux ligaments, aux tendons, ou à tout en même temps, et si t'y arrives à faire tout en même temps, mais tant mieux pour toi. Moi, ce qui me préoccupe, c'est l'efficacité et c'est ce pourquoi je me bats par contre. contre, c'est le retard de diagnostic.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Voilà. Moi, ce que je veux pas et ce que je combats, c'est le fait que des personnes soient allées plusieurs fois chez des praticiens et que c'est retarder un diagnostic qui aurait pu être fait plus tôt si on avait orienté l'animal là où il fallait, ou l'humain d'ailleurs. Telle fois,
- Speaker #1
par exemple, quelle pathologie tu remarques qui est vite pas perçue par les osteopathes animaliers ?
- Speaker #0
Ça peut aller de la rupture de ligaments croisés à la tumeur. Et ce n'est pas que par les ostéopathes animaliers. Des fois, c'est des vétos, mais des vétos qui sont partis dans des trucs, tu vois, ésotériques et machins, qui parlent du fait que la personne n'a pas fait le deuil de sa mère et que du coup, c'est machin et qu'il faut qu'elle fasse ça. Mais en fait, qui n'a pas capté qu'il y avait un cancer de la vessie, quoi. Tu vois, et l'animal qui souffre pendant des mois avant qu'on le réoriente. qu'on lui fasse des examens et qu'en fait, on se rende compte qu'il y avait une chumeur.
- Speaker #1
Pendant tout ce temps-là, c'est propagé. Exactement,
- Speaker #0
c'est propagé et fait que maintenant, elle ne peut plus être soignable, alors qu'à l'époque, elle l'était. Ça, pour moi, c'est vraiment scandaleux. Et en ostéopathie animale, ça va plutôt être le fait de ne pas aller mettre les mains partout, qui fait que des fois, les ostéos peuvent passer à côté de certains noms de pathologie. Moi, des fois, ça m'arrive où les gens me disent, je vais dire, le genou est trois fois plus épais que celui d'à côté, et les gens vont me dire... On a vu un ostéologue la semaine dernière, mais en fait, il n'a pas touché les genoux. Ah bah oui, je leur dis, c'est sûr que s'il n'a pas touché les genoux, il ne peut pas sentir que le genou est plus épais. Logique imparable, ça va plutôt être là-dedans, dans le côté retard diagnostique. Vraiment, ça me dérange pour l'animal.
- Speaker #1
Oui, c'est pourquoi on fait ce métier et là, on ne nous soulage pas du tout. On soulage la petite dysfonction cervicale, mais qui ne fait pas du tout. qui n'est pas le problème du chien ce jour-là.
- Speaker #0
Voilà, c'est ça. Je trouve qu'on a vraiment un rôle. On passe plus de temps. On a la chance d'avoir des consultations qui sont, par définition, plus longues normalement que celles des vétérinaires. Il faut prendre ça comme une chance et comme le fait de pouvoir aller tout voir. Les pauvres, les vétos, ils n'ont pas le temps. Ils ont tellement de choses à aller voir et ils doivent penser aux maladies, au sang. au machin, au truc, au parasite. Nous, on n'a que la structure, déjà, à aller voir. On n'a que le physique du chien. Si, en plus, notre examen en une heure...
- Speaker #1
On n'a que ça, oui et non. Parce que, comme on est une médecine de première intention, parfois, il y a une réaction.
- Speaker #0
On n'a que le corps, on ne peut pas aller faire une radio, on n'a pas l'examen complémentaire. Mais du coup, notre examen du corps, en présence avec l'animal, il doit être impeccable. Si, au bout d'un moment, tu as loupé qu'il y avait un abcès au niveau de la cuisse, parce que tu n'as pas soulevé la queue, Alors que t'es resté une heure avec le chien, pour moi t'as fait une faute pro, tu vois ?
- Speaker #1
Je pense que ça c'est un problème qui vient du professionnel, ou c'est un problème peut-être que dans les écoles c'est un petit peu plus laxiste que dans l'école d'ostéopathie humaine.
- Speaker #0
Ah non, en ostéopathie humaine c'est pareil, je pense qu'il y en a qui sont...
- Speaker #1
Qui oublient un petit peu ce qu'ils ont appris.
- Speaker #0
Alors, je vais te dire, en ostéopathie humaine, t'as quand même moins de... Chez les animaux, il y a quand même beaucoup plus de vis fourrées qu'en ostéopathie humaine. T'as pas un humain qui arrive avec un énorme abcès au milieu de la cuisse sans que personne l'ait vu et sans que lui s'en soit rendu compte.
- Speaker #1
C'est ça, je sais qu'il se dit, il a mal, donc forcément...
- Speaker #0
Puis lui-même se sera regardé, puis il a pas de poils. Là, c'est parce que c'est déjà un animal qui se fait pas lui-même un autodiagnostic et les propriétaires qui ont pas eu l'idée de soulever les poils ou qui ont pas la connaissance. et des fois le vétérinaire qui est passé à côté parce qu'ils sont venus pour une vaccination qu'ils ont fait une vaccination et que du coup ils n'ont pas pris le temps de regarder les dents, le machin, le truc tu vois c'est que nous en fait on a le temps donc pour moi il faut qu'on aille voir et il faut qu'on soit aussi performant sur des disciplines qui ne sont pas les nôtres oui puisque ça parle pas donc il faut aller tout checker il faut tout connaître un petit peu au moins jusqu'au Parce que moi,
- Speaker #1
mon ostéo, il ne regarde pas mes ongles, par exemple. Il regarde à peine mes bras et mes doigts, d'ailleurs. Je trouve qu'il reste vachement dans tous les ostéos que j'ai faits. Et je ne sais pas, alors que nous, on doit vraiment tout regarder, tu vois, entre les doigts, les poils. S'il n'y a pas des tiques, combien de tiques j'ai découvert en séance, la base. Les élus,
- Speaker #0
les fameux spigaos chez lui. Ah oui,
- Speaker #1
les spigaos. Au début, j'étais là, mais qu'est-ce que c'est ? Un peu cher, il a plein de spigaos. J'étais là, what ? Maintenant, je comprends un peu le marseillais.
- Speaker #0
Ça va mieux. le provençal est acquis. Alors après, l'ostéopathe humain, tu vois, en fonction du problème, bon alors les ongles, c'est peut-être certainement parce que ça ne peut pas te gêner dans ta locomotion, mais normalement, il regarde les dents, tu vois, l'occlusion, il va regarder les yeux, si t'as un oeil qui part en cacahuète, ou que t'as les oculomoteurs qui fonctionnent mal, par exemple, normalement, il est censé le remarquer, quand il te demande les mouvements de tête, etc. On a quand même un regard qui est censé être très large sur beaucoup de choses. Et ensuite, moi, c'est comme ça qu'on m'a appris en école d'ostéopathie. Ensuite, orienter, avoir juste, en fait, un panel de professionnels en qui tu as confiance. Alors ça, ça, c'est...
- Speaker #1
Il y en a tellement en humaine, c'est ça aussi. C'est ça.
- Speaker #0
Et puis ça s'acquiert aussi avec les années d'expérience, parce que tu ne peux pas tout de suite avoir le pot d'eau, le machin, le truc et tout, qui sont bons et qui peuvent orienter. Mais au moins dire, là, écoutez, ce n'est pas pour moi. Là, en fait, votre problème au cervical, il vient parce que vous avez un décalage de longueur de jambe, et ça, je ne pourrai jamais le soigner. Donc, allez faire des semelles. Et c'est exactement pareil pour les animaux. On ne peut pas parler de simèles,
- Speaker #1
malheureusement.
- Speaker #0
Non, malheureusement. Pas encore. Ça viendra, je suis sûre. Mais ça viendra. Mais du coup, ce truc-là, du diagnostic différentiel, c'est vraiment un combat pour moi, en ostéopathie canine en tout cas. Et féline.
- Speaker #1
Et une dernière petite question par rapport à la pratique ostéopathique. Que penses-tu, toi, de la théorie de la dysfonction primaire ?
- Speaker #0
Cette théorie me nifle énormément. Elle me nifle énormément parce que j'ai été prof pendant quelques années et que malheureusement, elle conditionne ce fameux examen qu'on doit obtenir pour valider notre pratique en ostéopathie humaine en France et pour être inscrit au RNA. La dysfonction primaire, pour moi, c'est un mythe et c'est un modèle explicatif. Donc, je comprends qu'on l'enseigne, je la trouve très intéressante pour faire un schéma, etc. Mais pour moi, la vie, c'est beaucoup plus complexe qu'une dysfonction primaire. Et... Dans ma logique, je ne sais pas si c'est possible, par exemple, de faire une chute et de se bloquer qu'un seul truc en même temps qui aurait mis le bazar dans tout. Tu vois, pour moi, ça ne me semble pas débile que si je tombe sur une plaque de verglas, je me bloque la hanche, je me contracte le fessier, je me fais la sacroiliac plus une L3 en même temps. Je ne vois pas pourquoi ce ne serait pas possible. Et c'est là-dedans que la disfonction primaire met encore une fois le côté dogmatique de cette disfonction. primaires et puristes me dérange. Et après, il y a une deuxième chose, il y a aussi le fait que selon certains ostéopathes animaliers et discours, et je pense que ça c'est vraiment dû à l'examen qu'on passe pour obtenir notre place sur le registre national d'aptitude, qu'une pathologie ne puisse pas être une dysfonction primaire. Ça aussi, sur un schéma, il y a des ostéos. J'ai déjà entendu des profs dire à des élèves « Ah non, de l'arthrose, ça ne peut pas être une dysfonction primaire, ce n'est pas ça, etc. » Pour moi, tu peux avoir très bien un schéma... de compensation qui se crée parce que t'as un bec de perroquet ou parce que t'as un genou avec une rupture de ligament croisé qui est devenu douloureux et arthrosique.
- Speaker #1
Une grosse cicatrice.
- Speaker #0
Une grosse cicatrice, etc. Donc pour moi, pourquoi ça pourrait pas être une dysfonction primaire ? Est-ce que c'est que par définition parce que la dysfonction primaire doit être ostéopathique, etc. Mais je trouve qu'en fait, on y met trop de règles. Ouais, trop de règles. Alors que pour moi, vraiment, pour le coup, un animal peut complètement s'adapter à une pathologie, n'importe quel corps, et et voilà.
- Speaker #1
Il y a une promenade, tu vois, on promène les chiens tout le temps à gauche, il y a le harnais, la laisse qui tire. Ce serait peut-être aussi pas une dysfonction primaire, mais tu vois, une cause primaire de tout ça.
- Speaker #0
Et puis, primaire sur quoi ? C'est-à-dire que, comme je disais toujours à mes élèves, dans quel sens ça arrive ? Dans quel sens ? C'est-à-dire que tu veux aller chercher la dysfonction qui s'est faite en premier dans l'utérus de sa mère parce qu'il était comprimé contre le diaphragme et que... Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Moi, je dis tout le temps, mais bien... Les clients, donc c'est les humains. Je dis, là, il y a ça, Peut-être que ça arrivait dans ce sens. Parfois, je n'arrive pas du tout à savoir d'histoire. Parfois, je me dis, bon, là, ça a l'air d'être ça en premier, Mais je lui dis, de toute façon, là, c'est juste moi. On n'en saura jamais rien.
- Speaker #0
Ouais, moi, j'ai toujours ce discours-là aussi. Je n'aime pas avoir ce discours. Je dis toujours à mes clients, parce que tu as beaucoup de clients qui te posent la question, parce que je pense qu'ils ont eu des discours un peu de médium, tu sais. Ça, c'était il y a trois ans, quand il s'est foulé la cheville. Ça, c'était machin. Moi, je leur dis. Des fois, ils me disent « Et du coup, c'est dû à quoi ? » Je leur dis « Je n'en sais fichtrement rien. »
- Speaker #1
Cette question vient tout le temps. Vraiment. Et ce n'est pas facile. Vraiment,
- Speaker #0
ce n'est pas facile. Mais quand tu vois la vie d'un chien, quand des fois, je suis certains de mes clients sur Instagram et que je regarde juste les stories de leurs chiens qui courent après une balle, je me dis « Mais tu en veux des dysfonctions primaires ? »
- Speaker #1
La fameuse balle.
- Speaker #0
Non, mais ça, ils font des sauts de cabri, ils se retournent, ils jouent ensemble, ils se plaquent, ils se prennent des arbres. Qu'est-ce que tu veux savoir qui arrive en premier ? Moi, je trouve qu'il y a quand même une certaine... Au niveau du ressenti dans les tissus, il y a quand même des choses où tu te dis, là, c'est ancien, mais juste parce que c'est fixé, figé. Et que tu sens que les tissus autour, au fur et à mesure, se sont vraiment figés, presque fibrosés. Tu sens que les tissus... Ils n'ont plus la bonne texture. Ils ne sont plus hydratés comme il faut. Ils ne sont plus étirables comme il faut. Et ça, tu te dis, c'était pas hier. Non,
- Speaker #1
mais carrément, tu le ressens.
- Speaker #0
Tu sens que ça ne s'est pas créé en 24 heures. Alors que des fois, quand les gens m'amènent des chiens, il y a eu un énorme trauma, mais c'était il y a trois jours. En fait, c'est assez facile à libérer. Le piste, il lâche direct. Donc ça, j'arrive à faire une espèce de chronologie, une temporalité dans les dysfonctions par rapport à ça. Donc me dire, la zone lombaire, elle s'est bloquée avant l'avant-main. Donc en fait, l'avant-main est plutôt compensatrice de la zone lombaire.
- Speaker #1
Super intéressant. Mais quand tout est un petit peu au même niveau...
- Speaker #0
t'amènes un chien de 14 ans qui a plus rien qui bouge et tout et qu'on te dit c'est dû à quoi ouais les gars j'en sais rien c'est ça c'est sa vie trop bien trop trop intéressant et je voulais faire une dernière partie de cette interview sur tout ton quotidien en fait c'est
- Speaker #1
comment d'avoir un cabinet petits animaux au quotidien alors moi j'adore ça alors
- Speaker #0
J'ai été encore une fois conditionnée par mes études sur l'ouverture d'un cabinet. Ça ne me faisait pas du tout peur parce qu'en fait, nous, en ostéopathie humaine, c'est la seule voie, on va dire, possible.
- Speaker #1
Tu es diplômée, tu sors, tu prends un cabinet. Même si tu as zéro entrée d'argent, tu as une sortie d'argent.
- Speaker #0
Pratiquement tout le monde. On fait du domicile au départ, mais l'objectif premier de tout le monde, c'est d'ouvrir son cabinet. C'est vraiment le graal et ça arrive très tôt. C'est-à-dire qu'effectivement, on n'a pas cette réflexion de l'ostéopathe animalier qui dit... j'attends d'avoir des sous avant d'ouvrir mon cabinet en ostéopathie humaine c'est vrai qu'on fait différemment c'est comment au début c'est des sous qui sortent j'avais un travail alimentaire comme tout le monde mais en même temps comme t'as personne qui vient t'as vraiment au début j'avais quoi 5-6 patients par mois, les premiers mois t'as largement le temps d'avoir un job à côté en faisant autre chose donc moi j'ai été surveillante en internat ou pionne pour les intimes pour payer les charges de mon cabinet tout simplement mais voilà ça c'est fait et moi j'aime... J'aime cette routine. Comme je suis quelqu'un, justement, qui a besoin d'un cadre, etc. Ouais,
- Speaker #1
on revient encore là, dans tous tes pans de ta vie.
- Speaker #0
Ah oui, oui, c'est comme ça. En fait,
- Speaker #1
il faut savoir bien se connaître en tant qu'humain pour être un bon thérapeute, que ce soit dans sa façon de pratiquer l'ostéopathe, dans les mains, mais également son quotidien, comment on envisage. Parce que tu vois, tous les interviews que j'ai faites, chaque ostéopathe a un quotidien, une semaine type complètement différente. Mais il faut vraiment se connaître parce que moi, je crois que je ne me connais pas encore parce qu'à chaque fois, je ne me trouve pas équilibrée, pas alignée. Je cherche toujours plein de nouveautés. Je ne suis pas encore là où je dois être.
- Speaker #0
Je suis complètement d'accord avec toi. Je pense que tu ne peux pas, quand un jeune vient te demander... Tu penses que je devrais faire commande ? Je ne peux pas lui répondre. Il faut qu'il fasse comme lui, ça va lui plaire. Et ça, ça se travaille, ça se trouve. Et puis, il faut qu'il, effectivement, comme tu dis, qu'il se connaisse. Parce que sinon, voilà. Moi, j'avais vraiment le cabinet. Ça m'a tout de suite rassurée. Certainement, je te dis, parce que j'y ai été conditionnée. Il y a aussi ça, le conditionnement aussi, dans lequel tu as été.
- Speaker #1
Mais si tu vois que ça, c'est un modèle qui fonctionne, ça ne te fait pas peur d'y aller, puisque c'est un modèle qui existe déjà. Nous, le problème, c'est que... Et toi, d'ailleurs, quand tu as ouvert ton cabinet, je pense qu'il n'y avait aucun autre cabinet. Moi,
- Speaker #0
j'ai été la première au Tepat exclusive. Il y avait des vétos ostéo, mais en paca. Donc, c'était énorme. Moi, je suis arrivée, c'était... Toi,
- Speaker #1
t'es vraiment la première. La route. Moi, quand j'ai ouvert aussi un cabinet, il y en avait très, très peu. Et en fait, du coup, t'as pas de modèle, t'as peur. Tu sais pas si c'est... Alors que moi, j'avais pas de modèle. Oui. Mais toi... Pour moi,
- Speaker #0
ça me semblait tellement simple.
- Speaker #1
T'as pas eu peur. Tu t'es dit, je vais recréer le modèle humain en animalier.
- Speaker #0
Alors, attention, pas... pas si simple parce qu'en fait, c'est une des personnes avec qui j'ai fait la formation d'ostéopathie canine, qui avait mon ancienne collaboratrice donc, qui avait 50-55 ans, qui s'approchait de la retraite, qui s'était formée au chien parce qu'elle était dans les quins et qu'elle commençait à sentir que ça tirait dans le corps et tout, et qui m'a proposé d'ouvrir un cabinet. Je pense que toute seule, je me serais financièrement, j'aurais peut-être eu du mal à me lancer et c'est elle qui m'a proposé de prendre un cabinet et de faire un tiers, deux tiers sur les charges. Donc moi, je l'avais deux tiers du temps et elle un tiers. Et c'est ça qui m'a mis le pied à l'étrier. Il s'est avéré que cette personne, au bout de six mois, m'a dit écoute, c'était une grosse erreur parce qu'en fait, je ne me vois pas tout recommencer du début et me refaire une patientelle au niveau canine. Donc en fait, je vais arrêter. Donc ça s'est très vite arrêté. Et à ce moment-là, moi, je me suis dit ok, ça te plaît trop, continue. Pas grave, tu prends 100% des charges. Vas-y, yalla, on verra comment ça se passe, tu vois. Donc voilà, ça s'est fait comme ça. Donc c'est quand même quelqu'un, il ne faut pas cracher dans la soupe, c'est quand même quelqu'un qui m'a tiré et qui m'a dit viens, on fait ça.
- Speaker #1
mais moi ça me convient ça me convient en fait ça me convient très bien de tous les matins d'aller au même endroit d'enchaîner tes clients toute seule t'es pas toute seule t'es avec les clients et les patients mais tu restes seule humaine c'est ça d'avoir un truc ils sont dans la salle d'attente ils peuvent pas se croiser y'a pas de bagarre entre chiens moi
- Speaker #0
j'ai pas à me déplacer moi chez les gens je me faisais bouffer du temps parce que je suis quelqu'un qui parle beaucoup et Donc, je pouvais rester mes deux heures et demie. Ça se voit bien.
- Speaker #1
Non, mais de toute façon, c'est parfait pour le podcast.
- Speaker #0
Mais je pouvais rester, je pense, deux heures et demie chez un client. En fait, au début, quand tu commences, ça va. Ça va.
- Speaker #1
C'est bien parce que du coup, tu fidélises un Mac. Exactement.
- Speaker #0
Mais après, ce n'est pas efficace. Non, ce n'est pas rentable. Ce n'est pas rentable. C'est exactement ça. Ce n'est vraiment pas rentable parce qu'évidemment, je ne facturais pas deux heures et demie. Donc voilà, c'est vrai que le cabinet, le fait qu'il y ait un cadre, que chaque heure ça sonne. Moi, la sonnette à la porte fait que je me dis, Claire, accélère, il faut que tu finisses ta séance parce que je suis toujours à la bourre. Sinon, pareil, je resterai deux heures avec chaque client à parler de nutrition, de machin, de truc. Ça me cadre, ça m'arrête et du coup, je passe au client suivant. En tout cas, je me mets une limite dans ma tête, ça me va très bien d'être dans le même endroit. je vais juste refaire la déco au bout de 7 ans pour changer un petit peu c'est gentil pour changer un petit peu le cadre visuel mais sinon ça me va bien aussi parce que c'est pareil je l'ai beaucoup réfléchi ce cabinet quand on a pris ce local là c'est parce que pour moi ça allait bien dans ma tête par rapport au chien le fait que la salle d'attente soit séparée, que les chiens ne se croissent pas, qu'il y ait quand même un accès à l'extérieur, que dehors ce soit un jardin, que ce ne soient pas des voitures qui passent, que le chien ne puisse pas être trop déconcentré, etc. Enfin voilà, c'est un cadre vraiment qui me convient.
- Speaker #1
Ce n'est pas facile à trouver.
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Et aussi que ce soit au rez-de-chaussée. Je me rappelle en Seine-et-Marne, le temps de trouver un cabinet, j'ai galéré parce qu'en plus souvent les locaux que tu trouves, c'est immense aussi. Tu n'as pas besoin de payer 1000 euros, 2000 euros. Il ne faut pas qu'il y ait des marches, parce que souvent, on a des chiens âgés ou des chiens boiteux, c'est quand même la base. Donc, ça fait beaucoup, beaucoup de critères. Ça fait beaucoup de critères.
- Speaker #0
Moi, il y a un critère qui n'est pas cool, c'est qu'il n'est pas aux normes handicapées. Donc, j'ai peu de patients qui ont des fauteuils roulants, mais du coup, quand ça arrive, ça passe tout juste. Et ça, c'est vraiment le seul reproche que je pourrais faire à mon cabinet. C'est vraiment celui-là, mais encore que ça passe. Mais tu vois, il faut que je les assiste pour qu'ils puissent rentrer à l'intérieur, faire le demi-tour dans le couloir, rentrer dans la salle de consultation. Et ça, ce n'est pas cool. cool, mais c'est un très vieux cabinet donc il est juste pas aux normes voilà donc ça c'est le petit défaut mais sinon moi ce truc là me va très bien, me permet de faire des journées assez condensées d'enchaîner des consultations et d'avoir une petite routine et d'être surtout très confortable, j'ai la table montée qui descend, j'ai l'ordinateur enfin voilà pour moi c'est vraiment chouette c'est plus confort que la majorité des ostéos quoi,
- Speaker #1
c'est souvent La norme, c'est l'inconfort quand on est toujours en mouvement. Mimé, mouvement en voiture, mouvement dehors dans le froid pour ceux qui font les chevaux et les bovins, chez les gens, paf, on repart, on prend la voiture, on galère à trouver une place, ou même si t'as un cabinet que tu partages, t'as déco ton machin, ton truc, là t'es chez toi.
- Speaker #0
Ouais, je suis chez moi, et puis même dans votre pratique, moi je sais pas comment vous faites, si j'ai deux ou trois patients dans la journée que je suis obligée de faire par terre parce que ça arrive, les phobiques de la table ou les très très grands chiens qui paniquent parce qu'ils ont pas assez d'espace. Au bout de deux ou trois patients à terre, le soir, je ne me relève pas. On dirait une vieille dame. Donc, moi, je suis tellement confortable physiquement à travailler sur table et même au niveau de la sécu. Je trouve qu'au niveau sécuritaire, je me dégage. Un chien qui se retourne pour faire genre il attaque, je me dégage beaucoup plus vite en étant debout, en travaillant justement avec la table. Oui, parce que ta table,
- Speaker #1
elle est assez basse. Parce que si tu la mets, tu la montes pour que ton chien soit presque la gueule à la niveau de ta tête, c'est hyper dangereux.
- Speaker #0
Bah oui, mais non, parce qu'en fait, moi, je peux faire un pas et sauter en arrière. Alors que quand je suis au sol...
- Speaker #1
Le temps de te relever... Non,
- Speaker #0
mais c'est bien beau, la théorie du genou pas par terre et tout, mais je suis désolé, moi, je finis toujours avec les jambes en grand écart, le chien au milieu, machin, et en vrai, je peux pas me relever. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
Tu vois ? Et là, pour le coup, s'ils se retournent, parce que eux, de toute façon, qu'ils soient sur la table ou qu'ils soient par terre, ils se retournent très rapidement, même s'ils étaient couchés, ils peuvent être très vite debout et t'attaquer. Moi, je suis justement beaucoup plus à l'aise avec quelqu'un qui tient son chien sur la table et moi qui peux sauter en arrière. Et du coup, le chien, il est retenu par le propriétaire sur la table et moi, je peux me dégager qu'en étant par terre. Je suis vraiment plus sécu avec ça.
- Speaker #1
Ouais, je comprends. Et en combien de temps, du coup, tu as arrêté ton job alimentaire ?
- Speaker #0
Le job alimentaire, je l'ai gardé, je pense, les deux premières années, même si la troisième année, je ne gagnais pas encore ma vie. mais on va dire que j'arrivais à peu près à tout payer, mais je ne me sortais pas encore de salaire, enfin de salaire de revenu, pardon. On va dire que ça a commencé à rouler, troisième année, quatrième année, et cinquième année, j'étais bien. Cinquième année, on va dire que j'étais dans ma phase de... pas de stagnation, mais on va dire que j'avais atteint le niveau où je pouvais choisir le nombre de consultations que je fais par mois. Voilà. Il a fallu 4 ou 5 ans pour me faire une patientèle solide et avoir du monde tous les jours et de pouvoir remplir et faire des mois.
- Speaker #1
C'est intéressant à savoir parce que je ne suis pas sûre que tout le monde le sait et tous les jeunes ostéos. Je pense qu'il y a beaucoup de faux discours des écoles et qu'on pense qu'en quelques mois, c'est bon.
- Speaker #0
Pas du tout.
- Speaker #1
Je ne sais pas ce qu'ils entendent. Pourtant, je n'avais pas de concurrence. Oui, c'est ça. Je n'avais zéro concurrence. Je ne sais pas ce qu'ils entendent par là. Mais oui, mais après, toi, tu avais des frais tout de suite, tu vois.
- Speaker #0
Alors, j'avais des frais tout de suite et après, moi, j'ai une déontologie particulière. C'est-à-dire que nous, on nous a appris en école d'ostéopathie humaine, si vous voulez être respecté par les médecins, appliquez la déontologie d'un médecin. C'est-à-dire que les médecins, ils n'ont pas le droit à la publicité, ils ne font pas du démarchage, ils ne mettent pas leur carte et leur flyer partout, etc. Donc nous, on nous a dit, si vous voulez que les médecins vous regardent... un peu moins mal que ce qu'ils le font actuellement, déjà, essayez de vous adapter un petit peu à eux. Donc moi, c'est ce que j'ai fait quand je me suis installée. Je me suis d'abord présentée, en fait, j'ai pris rendez-vous avec tous les vétérinaires qu'il y avait sur Aix-en-Provence, et autant te dire que tu as dû le voir, il y en a. J'ai pris un rendez-vous comme si j'étais une cliente pour me présenter. Donc ça m'a pris énormément de temps parce qu'il y a beaucoup de cliniques, et pour juste me présenter. C'est-à-dire que je ne suis pas arrivée avec mon tas de cartes en disant... En disant, voilà, je me présente, je suis Madame Charpentier, j'arrive et je vais faire machin. C'était juste pour dire, voilà, je viens, je m'installe, je fais de l'ostéopathie animale. Est-ce que vous connaissez ? Est-ce que vous voulez que je vous décrive ce que c'est ? Parce qu'il y en avait plein qui ne connaissaient pas à l'époque. Et c'est parti comme ça. Autant te dire que ce n'est pas ça qui a fait qu'ils m'ont envoyé du monde tout de suite. J'avais demandé si ça allait marcher. Pas du tout, mais je pense que déjà...
- Speaker #1
Et est-ce que tu payais la consultation ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Parce que tu bloquais un créneau. Non,
- Speaker #0
il n'y en a pas un qui m'a fait payer. Mais je pense que je le disais quand même au secrétaire. Mais tu vois, je veux dire, je leur bloquais un créneau. Je n'ai pas comme ça entre deux patients. En disant, je peux parler vite fait à un véto parce que je pense que sinon j'aurais pas été... Moi,
- Speaker #1
pour avoir essayé de démarcher, j'ai jamais pris de rendez-vous. Si, une fois. Mais sinon, je venais comme ça. Mais en fait, le véto est toujours occupé. Donc tu ne le vois jamais. Donc ce véto est là, la carte est là, mais tu ne sais pas où elle finit la carte.
- Speaker #0
Tu ne sais pas où elle finit, tu ne sais pas comment ça va être transmis. Là, ce qui était bien, c'est qu'à chaque fois, je parlais avec les vétérinaires. Donc je pense que ça leur permettrait de se dire...
- Speaker #1
De voir qui est là, quoi. Exactement. De te voir en chair et en os, de te voir... parler, c'est super important.
- Speaker #0
C'est un bon tips,
- Speaker #1
tu vois, ma question d'après, c'était est-ce que t'avais des tips pour les jeunes qui veulent s'installer et ouvrir leur cabinet ?
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Ça, c'est pas mal.
- Speaker #0
Moi, après, donc, j'ai pas fait de publicité, j'ai pas fait de démarchage, j'ai pas déposé mes trucs, j'ai pas mis de grandes affiches, etc., parce qu'on me l'avait déconseillé, après, je...
- Speaker #1
Après, déposer des cartes, t'as pas de publicité ?
- Speaker #0
Ça dépend où. Moi, tu vois, j'ai déjà trouvé des flyers d'ostéopathie animale dans une boucherie. Je trouve ça un peu limite, quoi. Je trouve ça un peu chelou. Enfin, dans une boucherie et dans tous les commerces de la ville, tu vois. Enfin, j'étais en mode là, c'est trop. Enfin, tu vois, je trouve qu'il y a un moment où, voilà, il faut un petit peu être... Cibler. Ouais, cibler. Alors, c'est compliqué parce que quand tu fais du carnivore domestique, tu cibles quoi, en fait ? Parce que les gens qui sont là avec leur petit bulldog de canapé, ils vont pas au club d'éducation. Ils vont machin, ils vont que chez le véto, en fait.
- Speaker #1
Et chez Animalis, les animaleries ? Voilà,
- Speaker #0
dans les animaleries, etc. Donc c'est compliqué. Non, moi, j'ai vraiment fait sur le fait que l'évêto savait que j'étais là. Et après, le site internet. J'ai fait que ça. Et encore une fois, je n'avais pas de concurrence. Donc ça a été facile pour moi. Mais par contre, ça a été très long. Selon moi, en ostéopathie, si tu fais bien ton travail, le chien, tu ne le vois pas fréquemment. Tu le vois fréquemment, mais à une fréquence qui est assez longue. c'est à dire que Tu peux voir les chiens tous les ans. Des fois, il y a des gens qui sont venus il y a 4 ans qui reviennent là parce que le chien n'avait rien entre temps. Tu leur as dit de faire des bilans, qu'ils ont zappé, etc. Donc, avant d'avoir...
- Speaker #1
Un carnet de clients énorme.
- Speaker #0
Mais en fait, il faut vraiment avoir... Moi, je crois qu'on m'avait dit 3500 fiches patients pour pouvoir tourner au quotidien et être tranquille dans ta tête pour remplir tes semaines. Donc, c'est énorme. C'est ça qui prend du temps. Mais en même temps... Et c'est pour ça qu'en ostéopathie, on ne peut pas... comparer avec un kinésithérapeute qui s'installe et le kiné qui va avoir sur deux mois 20 séances à faire à une personne. Ça n'a rien à voir au niveau fréquence, etc. C'est vraiment... Nous, on a un métier très particulier. C'est pour ça qu'il ne faut pas prendre ça comme un échec pour moi qu'au départ, on n'ait pas beaucoup de monde. C'est normal. Même si t'es bon, même si t'as réussi ton patient, il va revenir dans un an. Donc pendant un an, il va un petit peu parler de toi, machin, mais il faut qu'il trouve le chien qui boite, le machin, pour dire aux gens « Ah, allez voir un tel parce qu'il m'a soigné mon chien il y a six mois. » Mais tu vas peut-être avoir ce truc-là. que 6 mois après cette retombée et en fait après le bouche à oreille c'est exponentiel c'est à dire que tu touches 2 personnes qui sont contentes qui vont en parler chacune à 5 et en fait quand les 10 vont revenir et en fait c'est l'année où tu vas avoir les 60 qui vont revenir et qui vont en parler chacun à 5 que là ça va être l'expérience.
- Speaker #1
Mais t'as rien au début moi c'est ça mon ressenti pendant 2-3 ans c'était tout petit enfin tout petit ça montait mais pas de façon exponentielle on va dire et après Il y a l'arbre qui crée toutes ces branches.
- Speaker #0
Et après, il y a un moment où c'est trop. Et tu ne sais même plus quoi faire. Tu n'as plus de temps. Je voulais en parler.
- Speaker #1
Je n'en ai pas mis dans mes questions. C'est très intéressant. Parce que j'ai l'impression qu'en parlant autour de moi, on a tous eu ce moment-là où c'est un métier passion. Tu es trop content. Tu galères au début. Au bout d'un moment, ça marche. Tu prends tout. Tu prends tout. Tu es trop content. Ça monte. Tu prends. Tu prends. Tu es fatigué, mais tu ne le vois pas. Tu ne le ressens pas. Un jour, tu le ressens. Et sauf que t'as pas de patron, t'as personne qui te met le fameux cadre. Donc comment tu fais ? Comment tu l'as vécu ?
- Speaker #0
Alors moi, tu sais ce qui m'a sauvée ? C'est le Covid. En fait, j'ai fait mon explosion. Donc je me suis installée en 2015, si je dis pas de bêtises, ou en 2016. Et donc en fait, quand arrive le Covid, je mange... cabinet, je vis cabinet, je me réveille à 6h du matin en me disant j'ai pas répondu aux mails de monsieur machin ou aux vétérinaires, je n'ai plus de vie. Et mon conjoint me le dit à l'époque, mais les conjoints c'est un peu comme la famille, tu sais t'es en mode oui oui ça va, je travaille trop, c'est bon lâche-moi. Et le truc qui me fait le petit électrochoc, c'est quand mes potes un dimanche me disent Claire ça fait deux heures que t'es là, ça fait deux heures que t'es sur ton téléphone professionnel à écrire à des gens. Là, je la regarde, je suis en mode, non, pas du tout. Tu vois ? Et le fait que ce soit des amis qui sont, à mon sens, plus objectifs que quand c'est ton conjoint parce que tu vis H24 avec, qui me le disent, là, j'ai commencé à me dire, si tes potes te le disent, c'est que c'est chaud. Voilà. Et là, en fait, ton... Un dimanche. Un dimanche. Où j'envoyais mes SMS de rappel de rendez-vous du lundi, où je répondais à des gens. En fait, parce que tu fais le dimanche que tu n'as pas eu le temps de faire les autres jours. Parce qu'en fait, à cette époque-là, j'avais énormément de consultations. j'avais pas encore de secrétariat, ça ça m'a sauvé la vie donc j'avais au moins deux heures de rappel patient et de mailing et de SMS dans notre métier on croit qu'il y a que l'ostéopathie en le temps,
- Speaker #1
mais moi j'ai cru ça au début bah tu dis que ta semaine elle est pleine ou ta semaine n'est pas pleine mais c'est très bien parfois parce que tu fais quand ça ? Les mails, les appels les SMS de rappel la compta ça te réveille à 5h du mat il faut savoir le caler dans la jambe Ouais.
- Speaker #0
et donc je faisais tout ça le dimanche et puis les heures, moi je faisais des journées je faisais 8h, 22h, 30h je faisais que du travail mais ça me plaisait ah ouais parce que je te dis je finissais au cabinet à 20h et puis après je rappelais les gens et puis après en fait je pensais à écrire les messages il n'y avait pas de pole dance à ce moment je ne faisais pas de sport, je ne me laissais pas l'oeil la possibilité de faire du sport à ce moment là clairement pas et donc arrive le covid et là on nous dit finito activité arrêtée. Donc là, moi, je tombe complètement dénue. Je me dis, mais qu'est-ce qui va se passer ? Comment je vais faire, etc. ? Et passé le côté stressant, des charges, de l'URSSAF, du machin, du financier, en fait, je me retrouve à ne pas travailler pendant deux mois, ce qui ne m'était plus arrivé depuis des années. Et là, en fait, je me dis, c'est trop le moment, en fait, de t'organiser pour avoir plus de temps quand tu reprends.
- Speaker #1
Ouais, tu t'es dit c'est trop bien d'avoir du temps comme ça. Exactement,
- Speaker #0
là exactement. En fait, je me suis dit, en gros, c'était deux mois d'administratif que tu n'as pas le temps de faire dans l'année, tu vois. Tu vas pouvoir les faire. Et en fait, ça faisait très longtemps que j'avais l'idée de passer à un secrétariat. Sauf que j'étais vraiment à l'ancienne, donc j'avais toutes mes fiches qui étaient en papier. Et qu'en fait, du coup, j'ai pris le temps pendant ces deux mois de taper toutes mes fiches à l'ordinateur. sur le logiciel sur lequel je travaille maintenant, avec mon équipe de secrétaires avec qui je travaille maintenant, et de pouvoir, en fait, quand je suis repartie au Covid, les secrétaires avaient tous mes patients enregistrés, toutes mes séances enregistrées, tous mes machins, tous mes trucs. Donc, en fait, j'étais encore une fois carrée, comme j'aime l'être, et que je ne me donnais pas le temps, en fait. C'est exactement ça. Il y a un moment où tu n'as pas le temps de gagner du temps. Tu vois, quand tu exploses, tu as tellement de consultations,
- Speaker #1
tu n'as plus le temps d'y réfléchir. Tant d'y réfléchir en fait.
- Speaker #0
Parce qu'on t'appelle, on te dit, il faut à tout prix prendre mon chien. Et puis, quand c'est toi qui gères au téléphone, moi, je ne sais pas dire non.
- Speaker #1
Ah non, mais totalement.
- Speaker #0
J'ai pris, je suis passée de 15 jours de délai à un mois et demi en ayant des secrétaires. Parce qu'en fait, tout simplement, les secrétaires... T'es obligée de leur donner des limites. Ouais, je vois, t'as dit, on perd avec des créneaux.
- Speaker #1
On fait comme en clair, de temps à temps, et ben voilà, elles respectent.
- Speaker #0
Exactement. Toi,
- Speaker #1
tu te respectes pas.
- Speaker #0
Pas du tout. donc j'en mettais à 19h30 j'en mettais à 8h30,
- Speaker #1
j'en mettais pendant ma pause déjeuner c'est un bon problème je pense que tous ceux qui nous écoutent ils se disent elle râle mais franchement j'aimerais tellement être à sa place de nos jours c'est très stressant de rentrer dans le monde moi je le raconte toujours,
- Speaker #0
j'ai passé les 3 premières années à pleurer parce que j'avais pas assez de patients et puis j'ai passé les 2 années d'après à pleurer parce que j'en avais trop parce qu'en fait tu... au début tu stresses de pas pouvoir manger juste financièrement et en fait après par contre tu rentres dans vraiment une boucle, un cercle infernal où là pour le coup tu peux vite arriver au burnout et vous en avez super bien parlé à la table ronde que vous aviez faite sur le travail sur le job et les statuts et tout c'est que vraiment ça va très vite c'est ce qu'on parlait elle était en plein dedans et c'est vraiment comme tu dis en fait le côté j'en ai pas assez et j'en ai trop
- Speaker #1
Et du coup, quand t'en as trop, t'as tellement de gratitude que tu peux... C'est dur de dire non.
- Speaker #0
Ah non, mais c'est dur de dire non. Et puis, t'as pleuré pendant trois ans parce que t'avais peur de pas manger. Et là, tu vas commencer à dire non à des gens. Bah non. En fait, tu dis pas non et tu t'enchaînes, C'est surtout que c'est vicieux parce que tu t'en rends pas compte que c'est trop. Moi, si mes copines m'avaient pas dit c'est too much le dimanche. Moi, ça allait que le dimanche, tu vois. Je sois sur mon téléphone jusque là, tu vois. Si c'est pas mes copines qui me font la réflexion... Moi, je passe deux heures du repas du dimanche sur mon téléphone à envoyer mes SMS. Mais ça va, je me dis, j'étais quand même en repas avec mes potes. Enfin, tu vois, ça ne me choque pas tant. Et je pense que c'est insidieux parce qu'il faut plusieurs années dans ce mood-là pour te détruire. Et moi, le Covid n'est pas d'un coup. Moi, le Covid est vraiment tombé au bon moment. J'ai réussi du coup à m'organiser. Le secrétariat m'a fait gagner, je te dis, je pense, deux heures par jour d'admin. Donc ça, c'est quand même énorme sur une journée de boulot. Donc en fait Je fais mes 7-8 heures de consultation, mais je n'ai pas les 2 heures en plus de...
- Speaker #1
Le soir, là.
- Speaker #0
Le soir, de rappel. Ah ouais, là, quand tu rappelles le premier patient qui t'a laissé un message vocal à 9h et qui te parle pendant 25 minutes et que tu en as 13 derrière à rappeler.
- Speaker #1
À l'époque, il n'y avait que toi, mais maintenant, tu fais ça, tu perds des clients.
- Speaker #0
En plus, oui, oui. Parce qu'ils ont appelé quelqu'un. Voilà, mais moi, c'est vrai, je finissais mes journées de travail, des fois, j'avais 13-14 messages vocaux à rappeler, avec les gens qu'il fallait rappeler. Le lundi. Ah ouais, non, mais c'était l'an.
- Speaker #1
Est-ce que tu peux nous parler du coup de ta semaine type actuelle ? Comme tu l'as rééquilibrée et là tu te sens à l'aise avec celle-ci ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui, tout à fait. Ma semaine type, alors moi je m'organise, je travaille. Alors avant du coup j'étais prof dans une école, donc les jours où j'étais à l'école évidemment j'étais pas au cabinet. Donc j'étais au cabinet... 3, 4 ou 5 jours par semaine en fonction parce qu'à l'école c'est assez régulier, il y a des fois où c'est les vacances et les machins donc tu n'as pas les cours. Mon objectif ce serait plutôt d'avoir 4 jours par semaine en cabinet mais je ne sais pas encore bien bien le faire donc c'est plutôt j'enchaîne des semaines de 4 jours avec des semaines de 5 jours. J'alterne entre les deux. Sur ces journées, ma journée type, on va dire mon planning ouvert type c'est 5 consultations et 3 créneaux d'urgence. Donc en fait, je garde... J'ai un maximum de 8 consultations par jour que je m'impose, pour ne pas être trop fatiguée, parce que sinon, pour moi, c'est trop, parce que mes consultations sont très longues, je garde les gens une heure et quart. Donc 8, ça fait déjà un bon 10 heures de boulot, plus le ménage à la fin de la journée. Donc je fais 5 créneaux ouverts, et ensuite, je cale mes urgences sur les créneaux un peu stratégiques, c'est-à-dire le matin tôt, entre midi et deux, et le soir. Comme ça, au moins, en fait, si je ne les remplis pas, ce qui n'arrive pas très souvent, mais qui peut arriver, du coup, ça me fait juste le matin où je pars plus tard au travail ou le midi où j'ai une plus grosse pause déjeuner ou le soir où je finis plus tôt. Voilà, ces créneaux, ils me servent d'une part pour les urgences, mais aussi pour les deuxièmes séances, parce que comme là, dernièrement, j'avais un mois et demi de délai et que moi, les deuxièmes séances, j'aime les voir trois semaines après quand les gens font leur. première séance, j'ai déjà les plannings de rempli pour les semaines où je suis censée les revoir. S'il y a besoin de la deuxième séance. C'est pour ça que ça peut sembler énorme, trois créneaux de dispo par jour, mais en fait, ça me sert aussi à caler. C'est juste des créneaux que les gens ne peuvent pas prendre tout seuls avec le secrétariat ou sur Internet. Et donc, sur cinq jours, ça fait quand même 15 créneaux de dispo dans la semaine où je peux faire un peu ce que je veux. Et ça me permet aussi des fois de bloquer et de faire des trucs perso. Je te dis une bêtise, aller manger avec ma grand-mère parce que ça fait qu'un jour que je ne l'ai pas vue. pratiquer du sport parce que ça c'est pareil après le covid je me suis inscrite à l'Apple Dance et j'ai pratiqué l'Apple de manière assez intensive vu que j'étais entre 4-6 heures de cours par semaine donc ça m'a imposé aussi je crée maintenant mon planning en fonction de ce que j'ai prévu de faire et c'est plus l'inverse c'est plus le planning et après je vois ce que je peux faire parce que c'est clairement sinon tu finis à 22h et tu peux rien faire donc voilà donc quand j'ai cours Je bloque mon planning pour avoir mon cours à 18h. Je sais qu'à 17h30, j'ai fini mes consultations et je l'organise comme ça. Donc je fais des journées assez pleines et j'alternais jusque-là entre école et cabinet. Et depuis cette année, plus que le cabinet.
- Speaker #1
Trop intéressant. Merci beaucoup pour toute cette transparence. Franchement, ça va nous aider, je pense, toutes les ostéos à se rendre compte un peu de toutes les façons de pratiquer. Est-ce que tu as une vision de toi dans 5 ans, dans 10 ans ? Est-ce que tu te vois toujours au cabinet avec cette semaine type ?
- Speaker #0
Alors là, du coup, je suis enceinte de bientôt 8 mois révolus. Donc du coup, je vais avoir...
- Speaker #1
Tu es dans ton 9e et dernier mois, normalement.
- Speaker #0
Dans la dernière ligne droite. Donc je vais avoir normalement une petite puce en décembre. À la reprise, je ne sais pas exactement encore comment je vais m'organiser, mais c'est là où est notre force. d'indépendant, c'est qu'on paye beaucoup de choses, mais n'empêche, on fait un peu ce qu'on veut. Donc là, je pense que je vais essayer de m'organiser pour reprendre un peu plus light, évidemment, que quand je suis partie.
- Speaker #1
Faire les fameux quatre jours, ça va être l'occasion.
- Speaker #0
Les quatre jours, ou alors peut-être de faire des journées plus condensées, tu vois, d'en faire six, mais par exemple, d'enchaîner de 8h du matin à 15h, tu vois, et après de sortir plus tôt et de profiter de l'après-midi avec ma fille, je ne sais pas.
- Speaker #1
Et après, dans 5-10 ans...
- Speaker #0
Voilà, il faudra vraiment que je teste. Et dans 5-10 ans, vu qu'elle sera à l'école, je ne sais pas exactement comment ça sera, mais oui, je me vois toujours en cabinet. Je me vois toujours avec les chiens et les Ausha parce que c'est des espèces que j'affectionne particulièrement et avec qui je m'entends parfaitement. Là, tu vois, ça fait un peu plus de 15 jours que je suis partie en congé maternité. Je suis déjà au bout de ma vie de ne pas avoir de chiens autour de moi. C'est terrible. Mais vraiment, ça me manque. Je ne pensais pas que ça me manquerait aussi rapidement. Ça me manque déjà.
- Speaker #1
J'aurais pu ramener la mienne.
- Speaker #0
J'aurais pu te dire. Mais ça manque déjà beaucoup, donc ça me pose aucun souci de me voir dans 5-10 ans avec ces animaux-là. Je me suis fait une promesse, je me suis toujours dit, le jour où t'es saoulé par ce métier, tu l'arrêtes. Parce que je vois tellement de personnes, que ce soit dans le milieu vétérinaire, de machins, qui, je pense, arrêtent d'être passionnés et du coup, après, font du mauvais travail, que je me suis dit, si un jour, ça me fait pas peur, moi, je pense qu'on est des générations qui pouvons travailler dans plein de trucs différents dans une seule vie. Si un jour, je n'ai plus de plaisir à dire bonjour à mon premier petit patient du matin, je change de job, tu vois. Donc, écoute, dans 5-10 ans, j'espère que je serai toujours autant passionnée par les animaux, mais si ce n'est pas le cas, je ferai autre chose, mais ça m'étonnerait grandement. Et après, là, j'ai commencé à... J'ai créé une formation sur les pathologies... Canines. Ouais, canines, qu'on rencontre le plus en pratique d'ostéopathie animale sur le terrain. et sur lesquels on peut avoir un effet, évidemment, en ostéopathie. Sinon, je ne vais pas faire une formation sur les trucs sur lesquels on ne peut pas avoir d'effet. Et du coup, c'est vraiment quelque chose, moi, l'enseignement, c'est vraiment quelque chose qui me passionne. Donc, pourquoi pas envisager aussi un avenir dans l'enseignement avec d'autres projets. On en parlait tout à l'heure du viscéral, des techniques à adapter sur les animaux, plein de choses. comme j'adore apprendre et que j'adore et apprendre et partager et enseigner c'est ça, apprendre moi, apprendre et apprendre aux autres j'adore vraiment ça donc c'est aussi une voie qui m'intéresse mais sinon voilà ok,
- Speaker #1
avant dernière petite question, est-ce que t'aurais des conseils aux jeunes ostéopathes ou aux étudiants d'ostéopathie animale à leur donner pour leur future vie de professionnel ?
- Speaker #0
Alors, je vais parler uniquement dans mon domaine, dans le carnivore domestique, parce que je t'avoue qu'en équine, je ne suis tellement pas dedans que je ne pense pas être de bon conseil. Je pense que si on veut pouvoir travailler en pluridisciplinarité, il faut qu'on parle le même langage que les autres professionnels. On est ostéo, on fait des techniques, on a une biomécanique bien particulière, etc. Mais je pense qu'il faut qu'on ait des connaissances, un langage et des choses qui sont adaptées au discours avec les vétérinaires ou les éducateurs et tout. Mais c'est quand même moins compliqué normalement d'avoir un discours adapté avec un éduc. Au niveau vocabulaire, tout ça, c'est quand même différent. Mais moi, je sais que je travaille beaucoup avec les vétérinaires autour de chez moi. Et en fait, quand je leur parle, je leur parle dans leur langage. Je ne vais pas commencer à leur dire qu'il avait la SSB en strain latérale et qu'il avait une FRS droite de la lombaire. Ils ne vont pas comprendre, ils ne vont pas savoir ce que je dis, etc. Donc, le fait d'avoir des connaissances et un discours, enfin pas un discours, mais un parler qui s'adapte au véto, fait qu'en fait, les vétérinaires vont déjà se dire, et en plus d'avoir un diagnostic, parce que moi, je n'ai pas peur de dire qu'on a un vrai pouvoir de diagnostic, même si ça fait beaucoup débat, le diagnostic auprès des ostéopathes animaliers. Moi, quand j'envoie un chien chez le véto, je lui dis quand même ce que je pense que le chien a au moins comme symptôme ou comme pathologie, si jamais c'est un véto avec qui je bosse et avec qui j'ai confiance et qu'il n'a aucun problème à ce que je fasse ça. Et en fait, les vétérinaires, si sur leur terrain, on est bon, c'est-à-dire s'ils disent « Ah tiens, elle a trouvé cette patho alors qu'elle, elle n'a pas accès à une radio, elle n'a pas accès à un machin, elle n'a pas accès à des trucs. » dans ses mains elle est au moins partie sur la bonne articulation elle est au moins partie sur le bon Le bon chemin, on va dire, parce que ce n'est pas un vrai diagnostic, vu qu'il n'y a pas eu d'imagerie, tout ça, je ne vais pas jusqu'au bout du diagnostic. Mais quand je leur envoie l'animal et qu'ils trouvent que c'est pertinent, en fait, je pense que c'est déjà une clé pour que le vétérinaire juge que tu es bon. C'est-à-dire que le véto, il n'a pas les connaissances en ostéopathie. Donc, il ne va pas pouvoir évaluer ton ostéopathie. Tu vois ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'il va avoir le retour de ses clients qui vont lui dire « Ouais, il boité, il ne boite plus. » Mais il ne va pas pouvoir se dire « Ouais, son trust ou son recoil, il est bon. » Comme nous, on va se faire en trustéo. Par contre, si tu vas sur son terrain et que tu lui renvoies un de ses patients en lui disant « je vous le renvoie parce que pour moi, là, ce n'est pas pour moi, il y a peut-être ça qui est caché, il y a cette articulation qui ne m'inspire pas confiance, etc. » et que c'est vrai, je trouve que ça met dans un climat de confiance. Et du coup, ça fait que les vétos, ils se disent « ok, j'y connais rien en ostéo, mais elle, elle a l'air de bien s'y connaître dans notre médecine vétérinaire et au moins, ce n'est pas quelqu'un de dangereux. » Je pense que ça part de là. parce que les vétérinaires... Moi je trouve que franchement pour avoir connu le milieu humain, je trouve qu'ils sont plutôt ouverts en vrai. Par rapport à ce que nous on nous avait sorti en médecine humaine par rapport aux médecins et comment on était accueillis sur le terrain par les médecins, je trouve que les vétos, moi le nombre de fois où les gens me disent « Oh mon véto il a dit que si ça pouvait pas faire de bien, ça fera pas… » Oui c'est quoi la phrase ? « Si ça fait pas de bien, ça fait pas de mal » en gros. Tu vois donc ils pensent… Ce qui est faux je trouve. Ce qui est complètement faux mais eux ils le pensent donc tout va bien pour nous. Mais... Euuuuh... Ils sont vraiment pas dans le... Moi, ça ne m'est vraiment pas arrivé de tomber sur des vétérinaires qui étaient... Je n'ai jamais eu de problème avec des vétos, etc.
- Speaker #1
Ce n'est pas cash. De toute façon, au pire, ils disent « vous faites ce que vous voulez » .
- Speaker #0
Oui, et puis je pense que quand tu fais bien les choses et que tu es respectueux envers eux et que tu ne fais pas n'importe quoi, au final, ça se passe bien. Et je pense que vraiment de passer par là, parce que les vétérinaires, c'est pareil, c'est très long. C'est-à-dire que moi, il m'a fallu, entre le jour où je me suis présentée en cabinet vétérinaire...
- Speaker #1
C'est très long.
- Speaker #0
Voilà, au départ. et le jour où un vétérinaire m'a envoyé du monde, je pense qu'il a fallu, pareil, compter 3-4 ans, je pense qu'il leur a fallu beaucoup de retour de leurs clients pour se dire, OK, c'est bon, elle, on peut y aller, on lui envoie du monde. Mais c'est pareil, quand tu as un véto qui t'envoie du monde et qui est surtout à confiance en toi, mais moi, je me régale, j'échange avec les vétérinaires autour de chez moi et on travaille en collaboration et c'est génialissime. On a confiance les uns dans les autres. Quand moi j'ai un doute, je leur envoie. Quand eux ils ont un doute, ils me l'envoient. Et quand tu tombes sur des personnes qui sont super ouvertes, moi je travaille avec un chirurgien orthopédiste à Venelle, dans ma ville donc. C'est trop cool parce que le chir envoie les gens en disant « Ah non mais là il n'y a pas besoin d'opération, allez voir Claire. » Et moi j'envoie les chiens en disant « Non mais là je ne peux rien faire, il y a besoin d'une opération, allez voir le docteur Eroso. » Et c'est juste merveilleux en fait de travailler comme ça. Les gens sont ravis, des fois ils sont en errance thérapeutique, Ça fait deux ans qu'on les trimballe. de partout, que tous les ostéos leur disent je vais régler le problème, que tous les vétos leur disent je vais régler le problème mais en fait il n'y a personne qui l'a réglé parce qu'ils ne l'ont jamais trouvé et en fait quand tu travailles ensemble moi je n'ai pas accès à la radio je n'ai pas accès à tout ça, mais quand j'envoie chez le vétos et que je lui dis moi je pense que c'est cette zone qui bug que du coup le vétos fait la radio au bon endroit parce qu'il y a ça aussi chez l'animal c'est que comme la douleur on ne peut pas la décrire Des fois, tu te retrouves avec des radios du TARS, le problème, il venait de L7-S1 et il n'y a personne qui a capté que c'était un bec de perroquet qui faisait une sciatique et pas le TARS qui était arthrosique, tu vois. Donc, quand tu peux orienter le vétérinaire sur une zone, que le vétérinaire t'écoute radiographie cette zone et qu'en plus on trouve la solution et que du coup, on peut donner soit un traitement médical adapté, soit des soins ostéo adaptés parce que du coup, on se rend compte que finalement, c'est pour nous, c'est génial. C'est trop trop cool.
- Speaker #1
Merci beaucoup de raconter tout ça Je pense que certains sont un peu frileux Envers les vétérinaires Peuvent avoir un petit peu peur Ou peuvent se dire que ça va jamais arriver Cette collaboration si serrée Que tu as avec celui-là C'est trop bien d'avoir ce témoignage-là Merci beaucoup Et dernière question Qui aimerais-tu entendre sur Mordant ? Pas forcément un ostéo-animalier
- Speaker #0
Alors, j'ai... J'ai réfléchi à cette question parce que j'écoute tous tes podcasts, donc je savais que j'allais devoir répondre à cette question. Il y a une personne que j'aimerais entendre, que j'ai déjà entendue sur le podcast, du coup, de Tienne Bulidon, c'est ça ? Et surtout la santé. Mais j'aimerais bien qu'on l'interroge d'un point de vue ostéopathique animalier. C'est Serge Paoletti, le monsieur qui a travaillé à fond sur les fascias, tout ça. Moi, j'adore son travail. et en fait, il a une vision du facia. qui est dans ce que je préfère, tu sais, moi, donc le carré, l'anatomie, le machin, que je trouve qu'on ne voit pas beaucoup par rapport justement à tout ce qui est travail tissulaire en tricot, etc. Donc, je trouve ça hyper intéressant et c'est quelqu'un vraiment dont je voudrais suivre une formation et du coup, je pense que ce serait hyper intéressant de l'avoir dans ton podcast. Et ensuite, j'ai pensé à deux ostéopathes animaliers. C'est juste des filles qui m'ont vachement... toucher et réconcilier avec la formation, tout simplement, parce que j'ai fait leur formation et j'ai trouvé que c'était des super pédagogues qui n'avaient pas tout ce côté un peu gourou, je dirais, que je retrouve beaucoup.
- Speaker #1
On peut vite avoir dans ce milieu, c'est vrai. Exactement,
- Speaker #0
on peut vite, vite avoir dans ce milieu de l'ostéopathie, et je pense dans la vie en général, mais voilà que souvent l'enseignant prend vite le dessus et elle, je les ai trouvées très bienveillantes. très carrée aussi, donc le truc qui me plaît, c'est Amandine Paquet qui fait des formations aussi sur les facias. Bah oui,
- Speaker #1
je l'ai pensé à elle quand tu as dit facia aussi. J'aimerais bien l'avoir aussi.
- Speaker #0
C'est vraiment quelqu'un dont j'ai adoré les formations et la manière d'enseigner la bienveillance et le discours. Et une deuxième personne avec qui j'ai fait une formation il n'y a pas très longtemps aussi, c'est Laetitia Paris.
- Speaker #1
Ouais, pareil. C'est normaliste. Tout à fait normaliste. Bon bah voilà. Les deux sont à l'ice,
- Speaker #0
mais c'est vrai que c'est des filles, je trouve, qui sont carrés qui vont chercher les informations qui vraiment bossent à fond et qui ont pas du tout la même vision de l'ostéopathie que moi parce que justement je pense qu'elles partent dans d'autres disciplines et tout mais dans l'essence du truc le fait de...
- Speaker #1
Elles sont très carrées, elles recherchent Amandine je sais pas mais Laetitia je l'avais une fois en formation, elle va rechercher ses sources comme toi, même si elle pense elle va dire quelque chose de tout simple qui pour nous va être en fait sûr en fait moi je veux pas remettre tout en question, alors qu'elle et toi, vous allez remettre tout en question, se dire mais est-ce que vraiment, c'est vrai ça ? Ou est-ce qu'il faut quand même aller vérifier ? Est-ce que c'est une personne qui l'a écrit ? Je ne suis pas sûre.
- Speaker #0
Qui l'a dit ?
- Speaker #1
Mais ce qui est sûr, c'est qu'il faut des personnes comme vous pour faire toutes ces recherches et après pour les enseigner à des personnes comme moi, qui sont un peu plus flémardes ou ce n'est pas trop forcément mon attrait. Par contre, j'aime bien aller les chercher avec des formations. Mais moi, ce n'est pas moi qui vais chercher et lire tous les articles, le point vétérinaire, etc. Mais j'aime bien qu'on me le fournisse comme ça, en un week-end.
- Speaker #0
Alors que moi, c'est ça qui me passionne.
- Speaker #1
Oui, chacun sa passion. Après,
- Speaker #0
tu débordes du cadre.
- Speaker #1
Voilà. Moi, je suis dans le cadre, je suis assise dans le cadre et j'écoute. Voilà,
- Speaker #0
c'est ça. Parfait.
- Speaker #1
Ok, merci beaucoup Claire. Je suis trop contente.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
C'est la fin de cet épisode de Mordant. Merci beaucoup pour votre écoute. Si vous avez aimé, pensez à vous abonner sur votre plateforme d'écoute, à laisser 5 étoiles, à écrire un petit avis, ou tout simplement à le partager autour de vous. Ça fait toute la différence. Pour suivre l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram, et si vous avez des suggestions, des questions, ou juste une envie de dire bonjour, écrivez-nous, on sera ravis de vous lire. On se retrouve très vite pour un prochain épisode de Mordant. D'ici là, prenez soin de vous. et de vos animaux. A bientôt !