- Speaker #0
Se lancer en ostopathie animale, ce n'est pas toujours évident, et on peut vite se retrouver avec beaucoup de questions et pas toujours quelqu'un à qui les poser. C'est justement pour ça que j'ai créé la Mordant Académie. La deuxième édition aura lieu du 4 novembre au 4 décembre pendant un mois, avec 5 modules en visio live en petits groupes et les replays disponibles en cas d'absence. J'y ai rassemblé plus de 10 ans d'expérience, tous mes conseils, mes erreurs, mes apprentissages, mais aussi tout ce que mes consoeurs et mes confrères m'ont transmis au fil des années. L'idée est simple, répondre de manière... très concrètes aux problématiques que rencontrent les futurs et les jeunes ostéo-animaliers. Notamment celles que j'entends régulièrement pendant mes formations ou sur les WooFest, telles que comment trouver mes premiers clients, comment me faire connaître, comment créer mon réseau, comment m'organiser au quotidien, comment trouver ma place dans ce milieu et surtout, comment avoir enfin confiance en moi. La première édition a réuni 20 participants et je suis très heureuse de repartir pour cette deuxième édition. Si tu as envie d'être accompagnée dans tes débuts, de ne pas tout construire seule et surtout d'éviter de perdre du Merci. temps et de l'argent en faisant les mêmes erreurs que moi, alors Mordant Académie est faite pour toi. Les inscriptions sont ouvertes et tu trouveras toutes les informations dans le lien en description de cet épisode et dans ma bio Instagram, at mathildosteo. Et maintenant, place à l'épisode ! Bienvenue sur Mordant, le podcast sur la santé et le bien-être animal. Je m'appelle Mathilde Chalut-Natal et je suis ostéopathe animalier. Passionnée par mon métier, j'avais envie d'aller plus loin dans la connaissance du vivant et c'est ainsi que j'ai décidé de partir à la rencontre des acteurs de la santé animale. Dans ce podcast, je vous partage mes discussions avec des vétérinaires, des ostéopathes, des comportementalistes, des sportifs de haut niveau et bien d'autres. J'espère qu'à votre tour, vous enrichirez vos connaissances sur le monde du vivant. Bonne écoute ! Quand on devient ostéopathe animalier, on ne se demande pas forcément si un jour on deviendra formateur. Et pourtant, transmettre finit souvent par prendre une place importante dans nos parcours. Mais enseigner l'ostéopathie, ce n'est pas simplement maîtriser une matière et savoir l'expliquer, c'est aussi apprendre à accompagner des étudiants, à leur donner confiance, à trouver le bon équilibre entre exigence et bienveillance, et surtout à transmettre quelque chose qui est parfois très difficile à mettre en mots, la manualité. qu'est-ce qui nous déstabilise lorsqu'on devient formateur pour la première fois ? Comment mettre un étudiant en confiance sans faire disparaître l'exigence ? Quelles sont les matières qu'on adore enseigner ? Et pourquoi est-ce si compliqué d'enseigner un geste, une sensation, une palpation ? Dans cette table ronde, on parle aussi de la génération Z, de ses particularités et de la manière dont elle change peut-être notre façon de transmettre. Et parce que former, c'est aussi accompagner de futurs confrères et consoeurs, on terminera avec quelques conseils, aussi bien pour ceux qui souhaitent se lancer dans l'enseignement, que pour les étudiants qui sont aujourd'hui de l'autre côté du bureau. Pour en parler, j'ai réuni autour de cette table plusieurs formatrices en ostéopathie animale, avec des parcours et des expériences différentes, mais un point commun, cette envie de transmettre. Salut les filles et bienvenue dans Mordant ! Aujourd'hui, table ronde sur l'enseignement de l'ostéopathie animale, et je suis très contente de vous recevoir, les copines du Sud comme on dit. Déjà je vous remercie aussi de m'avoir accueillie comme ça dans votre Sud, parce que On peut se voir en tant que concurrente et en fait vous m'avez tout ouvert les bras alors qu'on ne se connaissait pas. Peut-être que vous me connaissiez du podcast mais franchement j'étais super bien accueillie et c'est très agréable, merci beaucoup. Et donc pour cette table ronde, je te laisse commencer Charline.
- Speaker #1
Et bien coucou les filles, contente de faire cette expérience avec vous. Alors moi c'est Charline Fèvre, du coup je suis ostéopathe animalier installée à côté d'Avignon depuis 11 ans bientôt. Originaire à la base de Seine-et-Marne. Je suis descendue directement après mes études, m'installer dans le sud. Je n'ai jamais exercé en Seine-et-Marne. J'ai fait ma formation à l'école d'ostéopathie animale à Rennes, qui s'appelle désormais Biopraxia. Et j'enseigne du coup depuis six ans dans une école, qui est une expérience un peu particulière, parce qu'on n'était pas trop formés pour faire ça. Mais mes super expériences et qui est vraiment un plus je trouve par rapport à notre métier, qui m'apporte personnellement un plus, même par rapport à ma façon d'exercer.
- Speaker #2
Bonjour à toutes, trop contente qu'on se retrouve ensemble aujourd'hui pour cette expérience effectivement. Moi c'est Camille Fré, je suis ostéopathe animalier depuis 9 ans maintenant. J'enseigne depuis 5 ans en école d'ostéopathie animale dans le Sud. J'exerce sur les chevaux principalement et les chiens également. Et en fait, j'ai un parcours un peu atypique parce qu'avant de me lancer dans les études d'ostéopathie animale, j'avais un parcours universitaire. J'ai passé une licence à la fac en géographie et un master ensuite enseignement. Je m'ai prédestinée à être professeure des écoles.
- Speaker #0
Et tu as travaillé entre ça et tes études d'ostéo ?
- Speaker #2
J'ai travaillé en tant qu'enseignante parce que j'ai réussi le concours directement. Et en fait, je n'étais pas à ma place à cet endroit-là. Donc j'ai rebondi et je suis repartie dans une école d'ostéopathie animale. Donc à l'époque, il n'y avait pas autant de choix qu'aujourd'hui dans les écoles. Et le format d'études était encore un peu différent. ce qui moi m'a Je me suis poussée à faire une école en 3 ans, parce qu'avec un bac plus 5, je n'avais plus trop le courage de repartir dans 5 ans d'études à nouveau. Puis bon, mine de rien, j'avais un bagage qui, même si ce n'était pas lié à l'ostéopathie, m'a servi dans mes études ensuite. Et donc j'ai fait une école en 3 ans en Normandie, qui m'a formée essentiellement sur les chevaux et sur les chiens aussi, mais c'est ce qui... Je suis venue à ce métier pour les chevaux principalement. Donc très spécialisée dans les chevaux. Et ensuite, il a fallu passer le CNOV. Je me suis formée, c'est ce qui m'a poussée à me former sur toutes les autres espèces pour me préparer à ça. Et à côté de tout ça, je suis maman de deux enfants, donc une vie bien remplie.
- Speaker #3
Coucou les filles, trop contente d'être avec vous pour ce nouveau podcast, ma deuxième expérience avec Mathilde. Claire Charpentier, ostéopathe diplômée en humain en 2012 et ensuite en animalier. Ça fait en gros 15 ans que je travaille en ostéopathie. et donc installée à Aix-en-Provence, uniquement sur le carnivore domestique, en cabinet. Et une expérience d'enseignante, trois expériences différentes on va dire. D'abord pour l'école qui m'a formée, donc pour des écoles qui sont plutôt pour des ostéopathes humains ou des vétérinaires qui veulent se spécialiser. Ensuite, dans une école un peu plus entre guillemets classique, en cinq ans en ostéopathie animale. Et depuis peu, j'ai créé une formation pour les ostéopathes animaliers déjà diplômés, plutôt en post-diplôme.
- Speaker #0
Et si vous ne l'avez pas encore écouté, je vous conseille l'épisode avec Claire qui est vraiment un banger, comme dirait la jettine. Mais vraiment, en plus, il est vraiment trop bien et j'ai trop de bons retours encore récemment. Je te partagerai. Et moi, c'est Mathilde, je me présente encore succinctement. Donc je suis... ostéo depuis 2015, diplômée du NIAO à Rouen. Donc à l'époque, il n'y avait que 3-4 écoles donc je n'avais pas énormément de choix. Je ne m'étais pas renseignée tant que ça. En fait, je connaissais quelqu'un qui avait fait cette école, qui en était ravie. Du coup, c'était une des plus proches de Paris. Donc moi, je viens de Seine-et-Marne. Donc j'ai fait ça pour le cheval à la base et au final, je pratique uniquement... Enfin, je fais un peu de chevaux, mais vraiment, moi, c'est carnivore et NAC. J'adore. Je suis descendue dans le sud il y a deux ans et en tant que formatrice, c'est ma sixième année, mais j'ai fait un petit arrêt. En fait, j'ai fait trois ans en tant que formatrice à Paris au bout de quelques années d'expérience. Après, j'ai arrêté et là, j'ai repris dans le sud. Donc là, c'est ma troisième année dans le sud. Et voilà. Et comme Claire, je vais aussi créer une formation en ostéopathie féline sur l'approche du chat particulièrement. Et donc, c'est encore un autre public parce que c'est du post-grad où c'est des gens qui vont payer la formation en plus de leur cursus. Et voilà, une autre audience peut-être plus attentive, on va dire.
- Speaker #3
Très certainement.
- Speaker #0
Et donc voilà, donc les filles, je vais vous commencer par cette question. Pourquoi vous avez choisi d'enseigner ?
- Speaker #1
Je ne saurais pas forcément dire le pourquoi. J'avoue que ça s'est fait un peu naturellement, en fait, en discutant.
- Speaker #0
On est venu te chercher ou pas ?
- Speaker #1
Alors, on n'est pas venu me chercher. En fait, j'avoue, je ne sais même plus exactement comment ça s'est fait. En fait, j'ai été mis en contact avec le directeur de l'école et on s'est rencontrés, on a discuté et on s'est bien entendus. Puis voilà, d'une discussion à une autre, il avait besoin d'enseignants. Et c'est vrai que l'expérience m'intéressait. Enfin voilà, j'aime transmettre les choses. Je pense que aussi la formation que j'ai eue était vraiment dans cet axe de transmission, en fait, de savoir. pas d'enseignement strict, j'allais dire un peu scolaire. Et j'avais vraiment cette envie de partager ce que moi j'avais vécu en fait comme expérience d'enseignement.
- Speaker #0
Et qu'est-ce que tu as vécu ?
- Speaker #1
Justement cette approche en fait un peu, je ne sais pas si on peut dire un peu comme les compagnons du devoir, mais voilà un peu vraiment ce compagnonnage de petites promos, vraiment presque un enseignement individuel mais pas loin. T'as le temps de prendre le temps pour chaque personne. Voilà, t'as vraiment le temps, on t'explique vraiment les choses, on prend le temps avec toi. Pas le truc de t'es en amphi, on te balance des infos et t'as juste besoin d'avoir une note à la fin de l'année.
- Speaker #0
Parce que tu t'occupes de quelle matière ? Parce que je pense que c'est différent aussi de selon les matières.
- Speaker #1
Oui, sûrement. Alors moi, depuis 6 ans, j'enseigne l'arthrologie. anatomique et après je fais la biologie cellulaire et l'embryologie. Alors ces deux matières-là, j'ai aussi pris parce qu'avant de faire mon école d'ostéopathie, j'avais fait une classe prépa en biologie. Donc du coup, j'avais un peu ce bagage qui me permettait aussi d'enseigner ces deux matières et que peu de profs voulaient enseigner aussi. Ce n'est pas les matières les plus simples dans le sens où pour les élèves, c'est un petit peu moins concret. que de l'anatomie, de la pratique, des matières un peu... où ils ont l'impression que ça va leur servir. C'est vrai que biologie, embryologie, ils n'ont pas tout de suite... Ils ne voient pas tout de suite l'intérêt d'apprendre ces matières-là. Mais du coup,
- Speaker #0
c'est aussi un peu un challenge de leur faire aimer ce genre de matière. Et la pratique aussi, tu donnes.
- Speaker #1
Et du coup, la pratique aussi, oui.
- Speaker #0
Alors moi, je vais enchaîner avec moi et après, on tournera. Je n'ai que deux micros encore. Oui, je vais investir un jour ou l'autre à force de faire des tables rondes. Je le dis à chaque fois, mais ça va arriver. Moi on est venu me chercher, il y a une nouvelle école qui s'ouvrait à Paris et on m'a envoyé un mail peut-être juillet-août pour septembre, est-ce que ça te dit de faire la NAT première année ? Donc c'était ostéo-arthro-myo du membre antérieur, donc j'avais un peu tout et du coup j'étais calée en membre antérieur à cette époque. Et je trouvais que j'étais pas trop légitime parce que j'avais que 3-4 ans je crois, mais au final ça me remettait un bon pied dans la NAT, qu'on oublie souvent. Donc c'était vraiment trop bien, mais après c'était dur d'avoir la posture, ça sera peut-être la question d'après, mais quelle posture avoir, la légitimité, la crédibilité en tant que prof. Moi c'était une grosse promo quand même, enfin je trouvais grosse, mais il y a deux fois plus grosse, c'était une 30-35 je pense, on sait très bien que ça peut faire le double maintenant. Et voilà, donc en fait si on est venu me chercher, j'ai dit why not, et en même temps ça fait un peu du bien, tu te dis on vient me chercher c'est que je suis quelqu'un, après tu te rends compte qu'en fait non on vient chercher tout le monde. Je suis pas si quelqu'un que ça. Et voilà, et dans le sud, par contre, c'est un peu moi qui suis venue me chercher, quoique non, parce que... En fait, c'était un peu une condition, je me suis dit, il faut que je recrée ma patientèle de zéro, et en même temps, j'étais enceinte, donc en même temps, tu te dis, ouais, je vais avoir un petit humain à charge, donc j'ai envie quand même d'un petit fixe par mois, donc il y a aussi le côté financier qui fait que ça pesait dans la balance pour ma deuxième expérience. Même si ce n'est pas énorme, mine de rien, dans la tête, ça rassure quand même de te dire que tu as ça, il te faut tant en consulte. Tu as un peu moins de stress. Donc j'avoue qu'il y a le côté financier pour le deuxième. Même si j'aime beaucoup faire ça, il faut aussi dire que ça compte.
- Speaker #2
Moi, du coup, pareil. Ce n'est pas vraiment par choix que je suis devenue formatrice. À partir du moment où j'ai eu le CNOV, je l'ai eu en 2021. Donc ça faisait 4 ans. 4 ans, 5 ans que j'étais sortie de l'école déjà. En fait, par une collègue qui m'a mis en relation, qui enseignait dans une école d'ostéopathie. Elle m'a mis en relation avec le directeur parce qu'il cherchait de nouveaux formateurs parce qu'il avait des nouvelles promos et des besoins en tant d'enseignant. Et du coup, pareil, je l'ai rencontré et le projet m'a beaucoup plu et notamment le projet de l'école parce que c'était pareil, c'est une école dans laquelle les promos sont petites. Et moi j'avoue que dans ma formation initiale, on était une dizaine. Et j'ai tellement aimé cette proximité, le fait d'être peu nombreux dans les promos et vraiment d'entretenir, un peu comme tu disais Charline, une relation de compagnonnage. C'est vraiment un accompagnement. Moi j'ai vécu ma formation comme un accompagnement vers le métier. Et du coup, le projet de l'école me plaisait bien. Ça fait cinq ans maintenant. Maintenant, j'ai commencé... pareil j'étais enceinte la première année où j'ai commencé de ma fille donc de mon deuxième enfant donc j'ai commencé à enseigner ça s'est arrêté un petit peu puis j'ai repris à la rentrée d'après mais tout de suite dans le bain avec des cours théoriques il a fallu que je crée donc ça c'était un boulot que j'avais pas anticipé
- Speaker #0
ouais on en parle pas ça parce que souvent on pense que les heures de travail c'est juste les heures de cours mais en fait quand tu dois préparer le cours c'est genre peut-être deux fois plus long que le cours en lui-même ou trois fois même trois fois 4 fois, 5 fois, je vois plein de doigts qui se lèvent.
- Speaker #2
Non, c'est clair.
- Speaker #0
Et après, quand t'as les contrôles, quand t'as les partiels, enfin bref.
- Speaker #2
Ouais, c'est un boulot énorme. Et puis en plus, je te rejoins Mathilde aussi sur la légitimité. Au début, tu te retrouves devant des élèves, 15 pères dieux qui te regardent. Forcément, la légitimité, tu te demandes, est-ce que je suis suffisamment compétente pour pouvoir transmettre ce que j'ai à transmettre ? Est-ce que je le fais bien ?
- Speaker #0
Et dans tes 5 ans d'études d'enseignement ? C'était quoi le nom de ton matin ?
- Speaker #2
Enseignement, formation... Ouais, il y avait quand même le mot enseignement.
- Speaker #0
Qu'est-ce qu'on t'a appris et qu'est-ce qui t'a servi ?
- Speaker #2
Alors, j'avoue que c'était un vrai plus quand j'ai démarré à enseigner l'ostéopéatie animale, dans la structuration en fait, des cours et de la manière de... de présenter, notamment en théorie, parce que ce qu'on m'a appris, c'est la didactique, les différentes méthodes de pédagogie.
- Speaker #0
Qu'est-ce que la didactique ?
- Speaker #2
La didactique, justement, c'est l'art d'enseigner, en fait. Donc, c'est savoir comment transmettre un cours, comment le structurer, comment présenter les apprentissages de manière à ce qu'ils soient reçus le mieux possible par les élèves, en fait.
- Speaker #0
Ouais, donc heureusement que t'as eu ça, parce que toi, t'as dû préparer tes cours. Moi, j'ai fait en sorte, à chaque fois, de négocier de ne pas avoir à les faire.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Moi, ça me passionnait. Je ne sais pas pourquoi je me suis dit que c'était super long à faire. Soit on me paye pour le faire, soit je négocie. Parce que l'école existait déjà, moi, dans les deux cas. Donc, au fait, ça veut dire qu'il y a déjà un programme de faits, qu'il y a déjà des cours de faits. Et après, tu les retravailles parce que forcément, c'est toi qui les donnes. Donc, il faut quand même être à l'aise avec ce que tu vas donner. Tu pars arriver en touriste le matin même. Mais voilà.
- Speaker #2
Oui, j'avoue que c'est un boulot énorme. Du fait de ma formation initiale, j'ai toujours adoré les sciences de l'éducation. J'ai toujours adoré la transmission, un peu comme toi, Charlene. Charlene, pardon. Pour moi, c'est vraiment... Non, mais c'est passionnant.
- Speaker #0
C'est passionnant, mais ça prend du temps.
- Speaker #2
Mais ça prend énormément de temps. Et comme j'étais enceinte, j'ai profité aussi de ce moment-là où j'avais moins de consultes. Du coup, j'ai consacré vraiment beaucoup de temps à ça. Et donc, j'ai commencé par ça. Et puis après, j'enseigne essentiellement de la pratique. Et donc, en fait... Il faut se caler sur l'école, parce que chaque école a un peu son prisme en termes de ce qu'il veut transmettre. Donc c'est rentrer dans ce qui est attendu dans cette école-là, qui n'est pas forcément ce qu'on a reçu nous-mêmes. Et ça aussi, c'est un travail de déconstruction, mais de reconstruction aussi, parce que ça m'a apporté énormément d'enseigner et de devoir transmettre des choses que je n'avais moi-même pas apprises, parce que du coup, c'est double jeu. À la fois, il faut transmettre et à la fois, ça permet d'apprendre soi-même. Donc c'est très enrichissant.
- Speaker #3
Alors moi j'ai deux histoires différentes du coup pour les deux écoles que j'ai faites. La première, donc la mienne, en fait c'est à la fin de mon cursus pour les chevaux où en faisant les révisions avec mes copines, les copines m'ont dit « Non mais Claire, il faut que tu sois prof parce que tu nous fais comprendre des choses que le prof ne nous avait pas fait comprendre et toi tu nous l'expliques différemment et on le comprend. Donc il faut à tout prix que tu sois prof. » Et elles m'ont cassé la tête et j'ai pris mon courage à deux mains parce que je m'étais toujours dit justement ils vont venir te chercher si un jour quelqu'un veut de toi et en fait bah non pas forcément et je me suis fait violence et je me suis dit tu sais quoi bah pour une fois ose, j'étais hyper bien dans cette école ose, pas ose et encore j'ai pas beaucoup l'accent je me suis dit ose parce que pour une fois c'était vraiment quelque chose qui faisait écho quand elle m'ont dit ça et c'était vraiment une école dans laquelle je me sentais bien comme c'était déjà entre professionnels tout ça, c'était vraiment, on passait des moments en plus on allait sur les sites, c'était des week-ends donc on mangeait ensemble le soir, tout ça, on parlait donc c'était des gens avec qui j'étais vraiment à l'aise Et j'ai envoyé un petit mail en disant, voilà, on m'a dit que ce serait une bonne idée. Et là, tout de suite, le directeur m'a répondu, ah mais trop génial, mais évidemment, pourquoi on n'y a pas pensé plus tôt ? Et là, je me suis dit, mais t'es vraiment très bête d'attendre à chaque fois et d'attendre, d'attendre et d'attendre. Ose. Ouais, ose. Voilà, exactement. Et donc ça, c'était pour la mienne. Et ensuite, pour l'école en cinq ans, pour le coup, c'est le directeur qui est venu me chercher parce que j'étais déjà installée depuis un moment et que j'étais là depuis déjà six ans, je crois, quand j'ai commencé à enseigner dans l'école. Et là, pour le coup, dans la première école que j'ai faite, j'étais assistante et pas professeur. C'est-à-dire que c'est quand il y avait des promos un petit peu trop grandes. Nous, quand ça excédait six personnes, on prenait un deuxième prof pour la pratique. Enfin, un assistant qui, du coup, pouvait faire...
- Speaker #0
C'est vrai que dans certaines écoles, il y a ça...
- Speaker #3
Ouais, et du coup, j'avais un rôle d'assistant, t'es pas de prof. Donc, j'avais jamais été vraiment prof d'une matière toute seule.
- Speaker #0
Quelle est la différence ? Qu'est-ce que tu fais ou que tu ne fais pas en tant qu'assistant par rapport à un vrai prof ?
- Speaker #3
En fait, tu... passes dans les groupes en pratique et tu corriges et tu aides, mais c'est pas toi qui est le moteur et c'est pas toi qui crée le cours et c'est pas toi qui l'enseigne. C'est vraiment tu sers d'aide en fait, un petit peu. Et je trouve ça juste parce que justement, je venais juste d'être diplômée en équin, donc ça faisait déjà deux ans que je travaillais en canin, mais bon, c'était quand même pas suffisant. Et par contre, pour enseigner dans une école à temps plein, je m'étais promis une chose parce que moi, j'avais vraiment une difficulté avec ce système des écoles où souvent, nous, en humaine, Ils finissaient leur sixième année, ils étaient pris en tant que profs directement derrière. Moi, je m'étais toujours promis de ne pas le faire. Et du coup, je m'étais dit, tu attends cinq ans. Et pendant les cinq premières années de ma pratique, j'avais été contacté par d'autres écoles dans le sud et ça ne le faisait pas. Et je me disais, non, tu n'as pas assez d'expérience. Puis, comme tu disais, le truc des grosses écoles avec les grosses promos et tout, ça ne m'inspirait pas. Et quand ce directeur-là de cette petite école est venu et m'a expliqué son projet, J'avoue que j'ai été séduite et en plus, ça faisait pile cinq ans que je travaillais. Donc, je me suis dit, allez, c'est le bon moment.
- Speaker #0
C'est marrant. Pourquoi tu t'es dit cinq ans ?
- Speaker #3
Je ne sais pas, ça me semblait parce que je me disais dix ans, il ne faut pas pousser non plus, c'est trop. Dix ans,
- Speaker #0
ça a fait beaucoup.
- Speaker #3
Dix ans, je trouvais ça génial, mais en même temps, je trouvais que c'était se couper de beaucoup de demandes parce qu'en fait, c'est pareil, les écoles ont commencé à ouvrir quand on n'était pas nombreuses sur le marché. Donc, en fait, moi, j'ai été beaucoup contactée par les écoles pour venir parce qu'en fait, comme tu disais tout à l'heure, ils contactaient un peu. toutes celles qui étaient sur le terrain et qui avaient eu le CNOV, vu qu'on n'était pas nombreuses.
- Speaker #0
Maintenant, oui, parce qu'il y a... Enfin, quoi que... Non, à l'époque, c'est ça. Et maintenant, c'est plutôt les jeunes ostéos qui contactent pour avoir un taf.
- Speaker #3
Et c'est vrai qu'à l'époque, je m'étais dit que 5 ans, c'était quand même... Je trouvais que c'était raisonnable, c'est-à-dire que tu commences à avoir une petite expérience. Je voulais avoir des trucs à raconter aux élèves, en fait.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça, surtout. Faire des liens.
- Speaker #3
Faire des liens. Et c'est vrai qu'on l'a dit dans l'autre épisode où j'étais avec toi, Moi, je trouvais ça hyper intéressant quand nos profs, en plein cours de théorie ou de myologie, te balançaient une expérience qu'ils avaient vécue au cabinet la semaine d'avant. Et du coup, c'est vrai que je voulais un petit peu avoir ce truc-là. C'est pour ça que je m'étais donné un certain nombre d'années d'expérience avant de pratiquer.
- Speaker #1
Oui, moi, je rebondis sur ce que tu dis parce que j'ai eu un peu ce même cheminement de me dire « Alors, pourquoi le 5 ans ? » Je ne sais pas. Est-ce que dans les écoles, on nous disait « Faut 5 ans ? » ? Je ne sais pas. Non, je ne crois pas. Je n'ai jamais entendu ce français. J'avais cette échéance de 5 ans aussi. C'est que tu n'es plus si jeune, mais tu n'es pas si vieux. C'est ça. J'avais aussi été contactée par d'autres écoles dans le Sud où j'avais dit non, alors un peu comme toi, parce que trop tôt et parce que trop de grosses promos. Et ce n'était pas mon truc. Et je voulais rebondir aussi sur le côté dont tu parlais, la cistana. Moi, dans mon expérience, quand j'étais à l'école, on avait les dernières années, en fait, les cinquièmes années. Alors nous, c'était les quatrièmes années parce que c'était une école en quatre ans à l'époque. Il n'y avait pas cette obligation des cinq ans quand moi, j'étais à l'école. Mais en fait, on avait les dernières années qui faisaient de la cistana. c'est-à-dire qu'ils venaient assister le prof et en fait on avait quasiment un cinquième année enfin un dernière année par groupe en pratique et c'était juste trop bien parce qu'on avait quasiment du cours particulier parce qu'ils étaient à deux ou trois mois d'être diplômés alors c'est sûr qu'ils n'avaient pas l'expérience du prof mais ça permettait d'être repris tout de suite d'être vraiment dans le bain d'avoir toujours quelqu'un qui te corrige tout de suite quand tu fais une erreur de te montrer les choses proprement de ne pas partir et de ne pas avoir de temps mort En fait, dans le cours, on avait toujours quelqu'un qui nous disait « Là, fais ça, là, tu sens ça, là, tu peux faire ça. » Et du coup, le cours était hyper enrichissant, il n'y avait pas de temps mort. Ça passait tellement vite et tellement, je redis le mot, enrichissant. C'était vraiment ça qui était hyper intéressant et qui rebondit avec ton côté, je trouve, à Sistana, qui est super chouette.
- Speaker #2
Oui, je rebondis sur ce que vous avez dit toutes les deux. Sur les anecdotes, en fait, moi, les profs que j'avais eus à l'école, c'était des professionnels, mais depuis 10 ans, pas loin de 10 ans. Et ce qui m'a marquée et ce qui m'a permis, moi, à l'époque, de retenir les choses, c'était par les expériences des professeurs également. Et du coup, c'est vrai que, comme toi, j'adore en pratique parler de mes cas, quoi, parce qu'en fait, c'est la vie de tous les jours. Et effectivement, ça permet de se détacher, pas de se détacher, c'est-à-dire de ne pas apprendre ce qui est donné à l'école. mais de remettre en perspective et de voir que dans la vraie vie, il se passe parfois d'autres choses. Et pour rebondir sur le compagnonnage, je pense que le format petite école peut permettre ça. Et en fait, moi, pendant mon cursus à l'école, c'était trois ans, c'était court, mais la deuxième année, on m'a demandé d'encadrer des groupes de pratiques de première année. Alors j'avais très peu d'expérience, mais c'était juste d'être là à côté, répondre des questions. Moi, ça me permettait d'apprendre à nouveau. Et c'était vraiment sous le format d'échange. Et ça, je trouve que c'est vraiment hyper riche.
- Speaker #1
C'est vrai que moi, ce que je dis souvent aux élèves, c'est que pour pouvoir enseigner, si tu arrives à l'enseigner, c'est que tu l'as compris. Et en fait, c'est vrai qu'un peu comme disait Mathilde tout à l'heure, je trouve que le fait d'enseigner, ça nous replonge dans des choses qu'on a vues, pour certaines, il y a dix ans et qu'on a un peu oubliées. Voire plus,
- Speaker #0
parce que tu le vois en première année. Exact, tu rajoutes 5 ans. Oui,
- Speaker #1
la première année, elle remonte à loin. Et c'est vrai que du coup, quand tu arrives à l'expliquer, et c'est vrai que par le biais d'anecdotes ou d'expériences, et là, les 5 ans sont intéressants d'expériences, parce que du coup, on a un peu ce genre d'anecdotes, ça fait des fois un peu dévier le cours, et on parle dans des discussions,
- Speaker #0
mais qui sont super intéressantes. Et comme dit Camille, c'est ça qui fait que tu retiens. Parce que si tu juste donnes ton cours et t'enchaînes, sans petit plus, sans expérience, Ça sort complètement. C'est quand tu attires l'attention avec du concret, quelqu'un qui est dans son histoire et du coup qui est passionné et passionnant. Il y a des petites étoiles dans les yeux du prof, tu l'écoutes. C'est pour ça que moi, j'ai toujours dit que je ne donnais pas de cours d'équin. Je crois que je l'avais fait un petit peu à Paris. Parce qu'à l'époque, je faisais plus de chevaux. Mais là, dans le sud, j'ai dit non, parce que ce n'est pas mon espèce que je pratique au quotidien. Et du coup, je n'aurais rien à dire de particulier. Je ne serais pas une bonne prof. une bonne formatrice, je préfère donner des cours sur une espèce que je connais très bien, avec lesquelles j'aurai des choses à raconter.
- Speaker #3
Et je viens de penser à quelque chose de tout simple quand on disait pourquoi 5 ans ? 5 ans, c'est aussi un petit peu l'année où tu commences à marcher et que tu commences à avoir...
- Speaker #0
Des feedbacks.
- Speaker #3
Des feedbacks et que tu commences à avoir beaucoup de consultes. En tout cas, assez de consultes pour avoir du recul et te dire ça, ça marche, ça, ça marche pas. Ça, ça fait ça comme conséquence, etc. Il y a aussi ça, le 5 ans, je pense que ce n'était pas que en nombre d'années, c'était aussi pour pouvoir avoir touché un nombre d'animaux quand même un peu conséquent.
- Speaker #0
C'est exactement ce que tu dis dans ton épisode. Tu dis qu'il faut à peu près 3 à 5 ans, 5 ans pour avoir un bon carnet d'adresses et pour tourner sans stress. Et donc, c'est d'avoir, voilà, de tourner, d'avoir des trucs à dire temps plein.
- Speaker #3
Pour pouvoir faire du temps plein en ostéopathie animale.
- Speaker #0
Et qu'est-ce qui vous déstabilise plus dans l'enseignement ? ou qu'est-ce qui vous a déstabilisé le plus à vos débuts, ou qui vous le fait encore aujourd'hui ?
- Speaker #3
Moi, je suis quelqu'un de quand même très stressé. J'ai toujours l'impression que même un première année va me poser une question auxquelles je ne vais pas avoir la réponse. Ça n'est jamais arrivé.
- Speaker #0
Alors que tu es une encyclopédie sur pattes, et que s'il y a bien quelqu'un qui aura la réponse, c'est toi,
- Speaker #3
plus que d'autres. Est-ce que je ne suis pas une encyclopédie sur pattes à cause de ce stress-là ? C'est-à-dire que je suis tellement stressée de ne pas avoir la réponse qu'en fait, je vais chercher toutes les réponses pour pas le faire.
- Speaker #0
C'est moteur. Oui, exactement.
- Speaker #3
Et j'ai toujours eu ce truc-là, j'avoue, de me dire... Et puis en fait, ce n'est même pas un stress parce qu'en fait, quand tu renseignes finalement, il y a des fois où tu dis, écoute, je ne sais pas, je me renseigne et puis je te répondrai au prochain cours. Mais ça, ça m'a toujours fait stressée. Et ensuite, les examens, je déteste ça. Devoir évaluer des gens qui sont en situation de stress, C'est vraiment... Oui, toi, tu es jury Cnov en plus. Je ne sais même pas comment tu fais pour gérer tout ce stress et cette mise en pression. Mais oui, c'est quelque chose. Les examens, c'est vraiment une partie que je n'ai jamais aimée.
- Speaker #0
Et moi, j'avais oublié dans ma présentation. Donc, j'ai fait un jury. J'ai fait un jury observation et un jury en tant que jury. Vrai jury. Et je peux te dire que je ressentais le stress sois mille et que parfois, je tremblais. Au même... En fait, au même... à la même fréquence que l'animal qui tremblait par rapport à son praticien candidat qui allait être examiné. Moi, pareil, j'étais avec des vétos qui avaient plus d'expérience, donc eux, ils arrivaient à avoir plus de recul. Ils n'étaient pas insensibles du tout, ils ressentaient tout le stress aussi, mais il y avait un peu plus de recul et de maturité face à cette situation. Moi, franchement, j'ai mis plusieurs jours à m'en remettre. Mais par contre, en tant qu'examinateur, examinatrice dans les écoles, ça va, j'arrive. Mais du coup, c'est x100 le CNOV, donc ne le tente pas toi-ci. Non, pas du tout.
- Speaker #1
Mais quand on a eu les demandes et qu'on a reçu des mails en disant « si vous voulez être jury du CNOV, envoyez un mail » , je n'ai pas envoyé de mail. Alors que je pense que je pourrais le faire. Et puis, ce n'est pas quelque chose qui me fait vibrer d'être jury. Moi, j'adore vraiment faire comprendre aux gens. Ou que la personne me dise « ah, je n'avais jamais senti et d'un coup j'ai senti parce que tu me l'as expliqué différemment » . mais ça c'est mon grand clip c'est une réussite parce que En fait, je pense que ça fait aussi écho à ce que nous avons ressenti en études. C'est-à-dire que moi, il y a eu beaucoup de fois où j'ai eu des difficultés à sentir les choses. Et c'est vrai que quand tu as enfin quelqu'un qui te l'explique de la bonne manière, la révélation, c'est vraiment ça. Mais en fait, il suffit des fois de trois mots différents. Et en fait, c'est ça, il faut arriver à analyser chaque élève et se dire comment lui, il va comprendre ça. Et en fait, ça va être 15 manières différentes d'expliquer par rapport aux 15 élèves. Et ça, c'est vraiment mon petit jeu et le truc que j'adore faire. C'est vraiment mon kiff à moi.
- Speaker #2
Moi, je rebondis parce que ça a été un peu, moi, la difficulté. Quand tu arrives devant une quinzaine de personnes qui te regardent et t'expliquent d'une façon et que tu vois dans le regard qu'il y en a qui ne comprennent pas que tu as complètement perdu, notamment même en théorie. Les matières que j'enseigne, dont je parlais tout à l'heure, la biologie cellulaire, quand on a un public qui n'a pas fait de biologie depuis des années. qui n'est pas issu d'une formation scientifique, parce qu'il faut juste un bac et pas forcément un bac scientifique, et que j'attaque sur des sujets un peu précis, cellulaires, j'essaye toujours de chercher des images de la vie de tous les jours, vraiment des exemples concrets, des choses pour imager. Et c'est vrai que par moments, il faut se torturer un peu le cerveau et pour se dire « mais je ne comprends pas qu'ils ne comprennent pas » . Il faut que je trouve une autre façon de leur faire comprendre. Et effectivement, quand tu vois dans le regard le... Ah, ça y est, j'ai compris. Là, tu dis, bon, ça va, j'ai pas trop mal réussi mon truc. Mais ça, moi, ça fait partie d'une difficulté au départ. Et puis la légitimité aussi, comme tu disais, en tant qu'examinatrice, de se remettre en question des fois quand on met pas forcément des bonnes notes. Et en fait, on se dit, oh là là, je suis peut-être trop sévère. Bon, on a des grilles qui, normalement, nous permettent d'être objectifs. Mais c'est vrai que des fois, on a ce truc de se dire, est-ce que je suis vraiment objective ? Est-ce que je suis juste ? Est-ce que je suis légitime à être juste ? Est-ce que... Voilà, il y a plein de choses comme ça. Moi, en plus, en ayant fait une formation très axée sur du structurel, n'ayant pas fait de crânio-sacré, de fluidique, d'énergie éthique, de choses comme ça, c'est des choses où je ne me sentais pas. Et même en ayant fait des formations post-graduées, je ne me sens pas toujours légitime à évaluer ce genre de pratiques. Savoir dire aux élèves, bah ça, je ne sais pas. Voilà, ça, moi, j'avoue que ce n'est pas quelque chose qui me... pose problème de savoir, de dire ça je sais pas, allez demander à Claire elle le saura sûrement mais voilà, dire je sais pas parce que moi c'est pas quelque chose que je pratique, c'est pas quelque chose qu'on m'a enseigné et c'est pas en ayant fait une formation sur 5 jours que je vais pouvoir être légitime à vous l'enseigner quoi.
- Speaker #3
Je rebondis sur ça, enfin moi c'est pareil j'ai pas de difficulté à dire que je sais pas, en théorie ou comme toi Claire je cherche l'information et je reviens vers vous. Et en fait, à nouveau, moi, je trouve que dans mon parcours d'apprentissage à moi, j'avais un respect pour les profs qui étaient humbles et qui disaient justement, je ne sais pas. Et en fait, je préfère quelqu'un qui me dit je ne sais pas plutôt que quelqu'un qui va chercher une explication sans concret. Ou quelque chose de faux. Voilà, ou quelque chose de faux. Et en fait, je trouve que c'est déjà suffisamment difficile d'avoir certaines informations que quand on ne sait pas, on ne sait pas.
- Speaker #0
Tu donnes quoi comme cours des matières ?
- Speaker #3
En théorie, je donne pas mal de choses. Je donne physiologie digestive, des équidés, physiologie de l'effort, de la biomécanique aux trois premières années, ophtalmologie, des équidés, maladies infectieuses, toutes des petites choses. Et de la pratique. Tout ce que les autres n'ont pas voulu aussi quand je suis arrivée, c'est qu'il manquait des cours. Il y avait des cours qui n'avaient pas encore été créés parce que l'école démarrait. Donc, il fallait créer du contenu pour certaines choses. Donc, j'ai dit oui parce que j'adorais ça. Puis, au moment de demi-mètre, je me suis dit « Wow, wow, wow, wow, wow ! » Pourquoi j'ai dit oui ? Mais bon, finalement, c'est hyper enrichissant. Mais par contre, une des difficultés au début, c'était le stress. Parce que franchement, je crois que avant de donner certains cours pour la première fois, je ne dormais pas une semaine avant. parce que effectivement, le besoin de se sentir légitime, le besoin de se dire, mais si on me pose une question, bon ben voilà, je sais pas, mais il faut quand même en savoir un minimum, pour pas dire je sais pas. Je sais pas, je sais pas, je sais pas. Donc, donc...
- Speaker #2
T'es plus légitime.
- Speaker #3
Exactement. Donc voilà, un énorme stress au début. Et puis aussi, ce qui a été ma difficulté, c'est de faire face à un public qui, parfois, sortait du bac. Et moi, c'est vrai que j'ai fait cette formation après un master. Donc en fait, j'avais une maturité... Enfin, j'étais avancée dans la vie, quoi. En fait, je n'étais pas lycéenne. Et là, quand on nous fait face à des premières années qui sortent du bac, parfois, je dis un milliard de choses, je vais hyper vite. Enfin, parce que pour moi, je ne me rends pas compte que... Eux ne savent pas apprendre en fait. Parce qu'en fait, au lycée, on t'écrit au tableau encore des choses à écrire. Il faut un titre, un sous-titre, un A, un B, et quand ça passe après... Exactement, c'est répéter 50 fois la même phrase. Et souvent, en début d'année, quand j'ai les premières promos, j'ai besoin de faire pause parce que quand je les vois me regarder, ça va beaucoup trop vite ou je suis perdue, je me dis, ah oui, ok, bon, c'est pas des étudiants, ils savent pas comment apprendre, on va reprendre doucement, etc.
- Speaker #0
Ouais, et je te rejoins sur le stress. Il y a le stress aussi de parler à une audience parce que moi, je n'avais jamais parlé à une 35 personnes en même temps quand j'ai commencé. Et donc, tu as la légitimité, tu te demandes si tu vas répondre aux questions et puis tu as aussi parlé en public. Moi, tout simplement, moi, quand je levais la main à l'école, je devenais toute rouge. Enfin, je ne levais pas la main en fait, mais quand on me donnait la parole, je devenais toute rouge. Rien que ce premier stress, ça va mieux. ce qui est bien, c'est que plus tu pratiques, plus tu te détends sur ça. Après, la légitimité, toujours pas, mais un peu plus. Je pense que si tu fais la même matière pendant longtemps, au bout de la troisième année, quand je donnais la pratique sur l'anatomie de l'intérieur, vraiment, je la connaissais vraiment bien par cœur. Là, je fais que de la myologie. La myologie, c'est quand même plus dur de tout connaître par cœur. En fait, t'as des muscles qui ressortent, qui rentrent, qui sortent, qui rentrent, qui sortent. Et donc là, les élèves, je trouve qu'ils sont un petit peu durs. Ils ont compris, mais les premières années ne comprennent pas trop qu'on est formateur, comme tu disais Charline, et qu'on n'est pas prof. Ce n'est pas notre métier principal. Déjà, on n'apprend pas à l'être. On n'a aucun cours.
- Speaker #2
Camille nous passe des formations.
- Speaker #0
Oui. On ne sait pas donner des cours. On ne sait pas être pédagogue. On n'apprend pas à être pédagogue. On n'a même pas une petite formation en ligne ou rien du tout. Dans les deux écoles dans lesquelles j'ai donné cours, je n'ai pas eu ça. Donc, au-delà de savoir donner les informations, il faut aussi savoir son contenu. Et c'est quand même des gros contenus, ce qu'on donne. C'est des gros contenus, donc on n'a pas la science infuse. Et c'est ça qui peut être parfois mal perçu par les élèves. Et du coup, on peut vite perdre en crédibilité si on n'a pas la réponse. Même si on dit « je ne sais pas » et qu'on est à l'aise avec le « je ne sais pas » , l'élève ne va pas forcément être à l'aise avec le fait que le prof ou le formateur dit « je ne sais pas » . Mais après, en fait, c'est à nous de convaincre. Il a fallu convaincre, je trouve, beaucoup, surtout récemment, par rapport à... Il y a mes trois premières années qui remontent à longtemps finalement. Il y a beaucoup d'exigences et il faut convaincre sur le fait que, regarde, moi j'ai de l'expérience. Moi, enfin c'est horrible de dire ça, mais j'ai du résultat en tant que STO. Oui, je ne connais pas exactement par cœur à chaque jour de l'année tous mes muscles. Mais par contre, je sais où il se situe, qu'est-ce qu'il fait, etc. Je pense que je te défonce quand même si on fait un contrôle. Mais par contre, on n'est pas des encyclopédies. Voilà, je suis désolée, je ne connais pas tout par cœur, par contre je peux te l'enseigner. Et je le comprends quand je l'enseigne. Même si je ne le connais pas par cœur, je me remets dedans. Et qu'on est des professionnels, on est des professionnels en fait. C'est notre métier l'ostéopathie, ce n'est pas notre métier l'anatomie. Oui, on n'est pas anatomistes. Et en fait, après ils l'ont compris, surtout quand ils ont plein de matières à apprendre, qu'ils oublient forcément leur première année, et après ils se disent, ah oui, alors toi ça fait 15 ans, non,
- Speaker #2
Oui, c'est sûr. Et puis, je voulais, par rapport à ce que disait Camille, sur la façon d'enseigner un jeune public. Effectivement, moi, c'est pareil. Je sortais d'un bac plus deux. À l'époque, c'était aussi beaucoup de gens en reconversion professionnelle. C'était vraiment une formation professionnelle et pas forcément post-bac. Moi, je crois que l'année où j'ai commencé, ils commençaient seulement à accepter des post-bacs. Sinon, dans les conditions d'inscription, il fallait un bac plus deux. Donc, c'est vrai que ce public est vraiment différent et on le sent au sein des promos. Quand on a des gens plus âgés, plus matures. qui ont fait des expériences professionnelles ou scolaires, mais un petit peu plus poussées que juste sorties de bac. Et cette difficulté, je trouve, pour eux, de comprendre que ce qu'on enseigne est pour leur servir et pas juste pour avoir une évaluation. Je trouve que sur les premières années, ce qui est difficile, c'est vraiment qu'ils apprennent pour la note du partiel.
- Speaker #0
Oui, ils sont un mindset lycée.
- Speaker #2
Et en fait, quand on leur repose, comme tu disais, une question en mois de juin sur ce qu'ils ont fait en septembre... Ils ont fait leur partiel au mois de décembre, c'est bon, on a oublié. Alors qu'en fait, tous les ans, souvent en anatomie, ils me posent la question « Mais tu vas nous poser la question sur ce qu'on a fait au début d'année ? » Oui, mais en fait, pendant trois ans, je vais te reposer la question de ce qu'on a fait au début de première année, parce qu'il faut que ça soit acquis. Et toute la vie, on le répète.
- Speaker #1
Et moi, je ne sais pas si ça vous l'a fait, mais quand j'ai révisé pour l'examen du CNOV, j'ai compris un nombre de trucs en révisant toutes les matières en même temps. Parce que le problème, c'est que la biocé, tu l'as fait en première année. Enfin, je ne sais pas vous, mais moi, je l'ai fait en première année. Sauf qu'en fait, la biocé va te faire comprendre, par exemple, comment fonctionne l'administration d'un médicament. Mais ça, tu ne le sauras qu'après. Et quand j'ai révisé pour le CNOV, que je me suis rendu compte qu'en fait, biocé, hémato, immunologie, histologie, en fait, c'était les mêmes matières, j'étais en mode, waouh, mais c'est... incroyable et j'avais l'impression de découvrir un nouveau monde que j'avais absolument pas eu avec ce concept des études qui est normal mais chaque trimestre tu valides une matière et machin et après tu l'oublies et ça c'est un peu dommage parce qu'on le met pas forcément moi c'est le CNOV qui a fait que ça m'a mis ça en que
- Speaker #2
tout a été relié et que ça a connecté en fait toutes ces matières je l'avais pas eu en cinquième année par exemple tu vois parce qu'on les revoit pas non plus biocé on revoit quand même pas mais après je pense qu'il y a été différent pour nous aussi c'est que cet examen du CNOV il est tombé alors qu'on exerçait déjà Donc on a eu aussi ce côté, j'étais déjà en pratique, j'étais déjà en exercice, donc se remettre dans les révisions au bout de quelques années, on était un peu moins dans ce truc-là, mais par contre, comme tu dis, je pense qu'on avait ce recul de voir peut-être l'intérêt justement de certaines matières qu'en tant qu'étudiant, on apprenait, parce qu'on l'a fait aussi, d'apprendre par la note sur une matière comme la bio-sel, où on ne voyait pas l'intérêt pour plus tard.
- Speaker #3
Je suis tout à fait d'accord, le fait d'être déjà sur le terrain, ça remet en perspective et en fait ça ça Ça finit de donner du sens à tout ce que tu as appris. Et pour moi, réussir à être un bon enseignant, un bon formateur, c'est essentiellement donner du sens, essayer de faire comprendre aux étudiants que ça a du sens ce qu'ils font. Mais ça, effectivement, je trouve qu'il faut un peu de maturité.
- Speaker #0
C'est vrai que la Gen Z est en recherche de sens, et si ça n'a aucun sens, ils n'ont aucun intérêt. à suivre un truc. Oui,
- Speaker #3
mais je pense que n'importe quel enseignement, en fait, si tu ne mets pas de sens, si tu ne vois pas de sens, de la maternelle, je trouve, à la formation professionnelle... Oui,
- Speaker #0
non, parce que moi, j'étais un peu une élève, genre, on me donnait des cours, j'apprenais, j'avais des bonnes notes, je faisais le truc mécaniquement. Oui,
- Speaker #3
mais en tout cas, moi, ma manière de retenir les choses et les cours qui me passionnaient, je n'avais aucun problème à les apprendre parce que, justement, ça avait du sens pour moi. Et effectivement, je trouve que... C'est un peu l'obligation de créer une formation. En fait, il faut séquencer, il faut organiser. Enfin, je veux dire, ça doit être un casse-tête pas possible, en fait. Mais séquencer les compétences, en fait, on va dans le précis de tout. Et en fait, au bout des cinq ans, ce qui est difficile, je trouve, pour les dernières années, c'est de remettre en perspective tout ce qui a été vu à fond et précisément pour une application. Et en fait, tu deviens professionnel après.
- Speaker #0
Mais ce qu'ils veulent... Ouais, mais... On n'a plus trop ça parce que ce qu'ils veulent, c'est pas mettre en lien tout pour être professionnels. Ce qu'ils veulent, c'est obtenir le CNOV. Et le CNOV, c'est des questions quand même très précises sur n'importe quelle matière. Donc on est encore dans ce truc très théorique, je trouve.
- Speaker #3
Oui, mais du coup, je trouve que ça fait la différence entre les élèves qui sont là pour être ostéopathes animaliers.
- Speaker #0
Clairement.
- Speaker #3
Et qui ont ça, en fait. Et qui veulent faire ça, que c'est un passion métier. Et ceux qui sont là... Enfin... Je veux dire, on ne peut pas leur en vouloir. On peut se tromper d'orientation, on peut varier dans les choix. Mais je trouve qu'il y a certains profils d'élèves où, en fait, c'est effectivement, c'est plus obtenir une année, valider, avoir cinq ans d'études.
- Speaker #0
Sans bien savoir ce qu'est l'ostéopathie animale, je trouve. Ce qu'est le métier d'ostéopathe animalier, il y en a, je sens, qui ne savent pas ce que c'est. Et qui comprennent peut-être trop tard ou jamais.
- Speaker #3
Oui, c'est ça. Alors, dans les premières années, moi, je trouve que c'est... C'est systématique, en fait. Et effectivement, notamment pour des bacheliers. Je veux dire, le principe de la fac, où tu as plus, entre guillemets, de liberté de faire évoluer ton parcours, ça veut dire que tu peux faire une licence, puis changer de master. Tu peux même faire une licence en quelque chose, avoir un pont dans une autre matière. Je trouve que ça laisse la liberté de mûrir, en fait. Et c'est vrai que quand tu t'engages dans une école d'oséopathie animale en cinq ans, qui a un certain coût... En fait, je ne sais pas si les élèves ont la même « liberté » de se dire « je peux faire évoluer mon parcours » ou peut-être que je me suis trompée, ce n'est pas ça.
- Speaker #2
Moi, je trouve qu'on a surtout ça sur les trois premières années. En fait, c'est vraiment trois premières années un peu, pas que théoriques parce qu'ils ont beaucoup de pratiques, mais vraiment d'enseignement où il n'y a pas encore de lien entre tous les fondamentaux. Et c'est vrai que je trouve que les trois premières années, c'est quand même dans leur tête, en tout cas dans leur façon d'apprendre, très scolaire. J'apprends par cœur, j'ai un examen. Il y a cette échéance du CNOV aussi, effectivement, qui est une sorte d'examen, enfin c'est pas une sorte d'examen, c'est un examen final, une autorisation d'exercer, qui leur met une pression de fou, qui nous l'a mise aussi à l'époque.
- Speaker #1
Comme tu disais tout à l'heure, nous on l'a eu, on était déjà diplômés, ça n'a rien à voir.
- Speaker #2
Oui, c'est leur objet.
- Speaker #1
pendant toutes leurs études.
- Speaker #2
C'est ça, voilà, c'est comme le bac.
- Speaker #1
Et en fonction de les écoles, en plus, l'école axe plus ou moins les études en fonction de ce CNOV, ce que je trouve un peu dommage.
- Speaker #2
Et on en oublie un peu le côté métier.
- Speaker #1
Exactement, c'est un peu réducteur. Je trouve, moi, que finalement, ça devient des écoles qui préparent au CNOV et qui ne les préparent pas à être ostéopathe animalier. Enfin, en tout cas, plus au CNOV qu'à être ostéopathe animalier, ce qui est complètement différent. Ce qui est totalement différent. Parce qu'une séance du CNOV... 20. Le protocole du CNOV, ça ne ressemble pas du tout à une vraie séance. Donc c'est un peu dommage.
- Speaker #2
Et le public, le CNOV, on passe devant un jury. Dans la vraie vie, on est devant un propriétaire qui, lui, n'a pas les connaissances que le CNOV attend. Enfin, ce n'est pas du tout la même chose. Et c'est vrai que je trouve que ce CNOV met une pression différente par rapport à nous quand on était en études. Et je trouve que vraiment, il y a un déclic en général, en tout cas dans l'école où j'enseigne. à partir de la quatrième année où il commence à avoir toutes les notions d'anath et où tout commence à faire un lien et où il percute justement de ah mais ça ça entraîne ça, qui entraîne ça c'est pour ça que mon animal il marche comme ça aujourd'hui etc et là du coup je trouve que à partir de quatrième et encore plus en cinquième année et bien ça se décide encore plus ceux qui sont vraiment passionnés par ça et qui cherchent à comprendre pourquoi il marche comme ça, qu'est-ce qui s'est passé, etc et ceux qui ont eu le déclic et puis ceux au contraire qui resteraient scolaires très théoriques, qui appliquent ce qu'on leur fait, ce qu'on leur dit, mais qui n'ont pas ce côté un peu curieux de comprendre l'animal. Ok, pourquoi lui aujourd'hui il est comme ça ? Qu'est-ce qu'il a eu ? Qu'est-ce qu'il fait ? Qu'est-ce qu'il explique ? Et qui vont, j'allais dire que ce soit cet animal-là ou un autre, ils vont faire la même séance. Et ceux qui vont vraiment s'appliquer sur, ok, cet animal, il est là aujourd'hui avec moi. Qu'est-ce qu'il a ? Qu'est-ce qu'il fait qu'eux ? Et cela, je pense que ça fera la différence sur le professionnel plus tard.
- Speaker #0
Je rebondis sur ce que tu viens de dire, ce sera la même séance. C'est exactement ce que j'ai ressenti quand j'ai été jury au CNOV en février dernier. C'est-à-dire que j'avais l'impression, alors après ils n'ont pas d'expérience puisqu'ils sortent maintenant des 5 ans, il y a le facteur stress qui joue un rôle énorme, mais quand même, ils auraient pu faire la séance sur n'importe quel animal. Pas tous, il y en a quelques-uns qui sortent du lot, mais on sent un truc scolaire où le déroulé de ce qu'ils ont fait, là La liste des dysfonctions, l'enchaînement des manips, la présentation du cas, ça aurait pu être sur n'importe quelle espèce, n'importe quel cas. Ce qui est normal, mais il faut quand même un petit peu... Quand tu as une anamnèse, alors là, tu peux quand même broder autour d'une anamnèse, autour d'un cas. Et quand tu n'as rien, tu n'as rien. Mais quand tu as une anamnèse, tu ne peux pas faire comme s'il n'y avait pas l'anamnèse, tu vois.
- Speaker #1
Mais est-ce que justement, par rapport à ce que je disais tout à l'heure, ce n'est pas le fait que les écoles forment au CNOP et puent être ostéopathes animaliers ? parce que je trouve qu'ils mettent... tellement de pression à être rapide, parce que c'est vrai qu'il y a un timing qui est quand même assez court, puis faire ce fameux schéma lésionnel que je pense que personne ne comprend. Et je pense qu'il y a tellement de faux trucs sur ce schéma lésionnel, les gens n'ont pas compris pourquoi on demandait un schéma lésionnel, ils cherchent juste à faire une liste de dysfonctions et des liens et les trouver les plus rapidement possible, parce que c'est vrai que c'est chaud le jour J de mettre tes liens anatomiques. Mais en fait, ce schéma, normalement, c'est ça qui fait que tu as compris ton patient. Et il n'y a personne qui l'utilise pour ça. C'est juste une liste, quelques-uns.
- Speaker #0
Quelques-uns, mais tu vois, ceux qui le font, c'est ceux qui ont l'expérience. Et c'est normal parce que c'est super dur quand tu sors d'avoir la mécanique de réflexion de quelqu'un qui a de l'expérience. Ceux qui sont sortis, ils ont quand même eu leur diplôme, puis le temps pour passer l'écrit, puis le temps pour passer la pratique sans normalement avoir le droit de pratiquer entre-temps. Donc en fait, ce qui fait qu'ils n'ont aucun cas normalement dans leurs mains. Donc c'est compliqué.
- Speaker #1
Oui, et puis moi, je sais qu'en école d'ostéopathie humaine, par exemple, Le diplôme de fin d'école c'était un clinica, on te regardait, on ne disait rien. Tu faisais une séance, un vrai patient qui venait comme si tu étais dans ton cabinet avec 5 jurys derrière une table. Et à la fin, il y avait un petit débrief de 5 minutes où on expliquait etc. Mais il n'y avait pas tout ce protocole et cette entre guillemets mise en scène qu'il y a au CNOV. Au CNOV quand même, ils s'arrêtent beaucoup, ils font l'anamnèse, ils font les testings, ils notent, ils font une liste, ils font un schéma, ils notent. Ils te présentent, ils ne sont encore pas sur leur patient. Quand ils font la présentation devant le jury, au départ...
- Speaker #0
ils sont encore pas sur le patient et du coup ça déconnecte beaucoup ça déconnecte en plus le praticien de l'animal moi à chaque fois je leur disais au candidat ne me regardez pas je vous écoute, connectez-vous ne lâchez pas votre animal, ne lâchez pas votre chat ne lâchez pas votre chien, surtout si c'est des animaux qui ressentent le stress de l'élève la reconnexion après reprend un petit temps mais ils oublient parce qu'ils veulent quand même nous regarder ils veulent quand même bien présenter et ce qui est normal en fait de... Moi franchement, je ne veux pas me voir le jour de mon CNOV. Je pense que j'ai été quand même étrange.
- Speaker #1
C'est sûr, mais je pense qu'ils sont quand même dans une représentation. Ils jouent un truc et pas dans une séance normale. Ça ne ressemble pas à une séance normale et ça ne peut pas y ressembler. Il y a certainement beaucoup de choses à modifier dans cet examen pour que ce soit plus proche de la vie réelle. Mais il y a aussi, je pense, aux écoles de bien séparer. On vous prépare au CNOV et on vous prépare à être ostéopathe animalier.
- Speaker #3
Moi, je rebondis sur le thème des examens, du coup, même hors CNOF. C'est vrai que je fais passer aussi des examens pratiques aux élèves. Et je trouve que c'est super dur. Je ne pourrais pas être juré du CNOF parce que moi, j'ai besoin de parler avec les élèves. En fait, moi, je trouve que quand je fais passer les examens, ça ressemble plus à une séance, en fait, parce que j'ai des questions à leur poser. J'essaye de... J'essaye pas de les sauver, mais en tout cas, j'essaye de les faire réfléchir à ce qu'ils sont en train de dire. J'essaye de leur faire prendre un peu de recul. Et du coup, souvent, mes examens, ça ressemble plutôt à un échange. Et du coup, je ne pourrais pas être juré au CNOF. parce que je pense que je couperais tout le temps ou j'aurais tout le temps envie de rebondir.
- Speaker #0
Moi, j'étais comme toi avant. Et en fait, au Cnov, maintenant, il y a une formation pour le jury qui fait qu'il ne faut pas non plus... Parce que quand on parle, on les incite à partir dans certaines voies. Et en fait, c'est un peu de la triche. Tu vois, c'est que normalement, il faudrait que ça vienne du candidat. Donc, je suis tout à fait d'accord avec toi. Moi, j'étais plus dans ce sens-là pour ne pas laisser le candidat buguer. Et franchement, ça fait vraiment mal au cœur quand tu vois la personne qui ne sait pas quoi faire et tout. Mais en même temps, c'est « tricher » quand même de poser des questions. Alors, même s'il faut le faire, il faut poser des questions pour inciter à partir sur cette voie, sur cette voie, pour ouvrir des réflexions. Il ne faut jamais laisser le candidat... dans le rien, dans le noir, dans son blackout ou coincé, tu vois, tu poses des questions tu poses des questions,
- Speaker #2
tu poses des questions mais des fois c'est pire,
- Speaker #0
mais en posant la question il te regarde en pensant est-ce que c'est un piège alors que c'est pas un piège, t'essayes de le sortir de la situation en voulant les aider, mais il veut pas il voit pas là où tu veux en venir et là tu fais mince, je voulais vraiment pas te coincer, ce que je veux c'est de te faire sortir mais...
- Speaker #2
et du coup on passe pour un jury sadique alors qu'en fait au départ on veut les aider et même, alors en dehors du CNOF je trouve que même à l'école on a un peu ça Des fois de partir sur une question en disant, de rebondir sur quelque chose qu'ils ont dit pour essayer de les pousser un petit peu plus à comprendre, à chercher. Et en fait, on voit dans leur regard la panique et on se dit, oh là là, en fait, en voulant l'aider, je vais encore plus paniquer. Puis, des fois, ce n'est pas forcément évident de nous gérer. En CNOF, ça doit être x1000, comme tu disais tout à l'heure. Mais quand on voit l'élève qui perd ses moyens, qui panique, voire qui pleure, on en a eu. Moi, personnellement, j'en ai déjà eu un partiel qui se met d'un seul coup à pleurer. Et là, on leur dit, bon voilà, respire un coup, ça va bien se passer, on essaie d'être rassurant, mais on doit rester aussi à notre place. Voilà, on ne peut pas non plus leur mettre toutes les notes qu'il faut. Il faut rester objectif, mais on est humain aussi.
- Speaker #0
Mais tu vois, moi, je me rappelle encore de la première élève que j'ai fait pleurer quand j'étais à Paris. À Canomarque. Elle s'en souviendra, elle aussi. Et moi, je me souviens aussi des fois où je n'ai pas eu la moyenne. Et je suis passée à compter de mon cas et en fait c'est des choses que je ne referai plus jamais.
- Speaker #2
Ah bah ça nous marque les erreurs.
- Speaker #0
Et ça marque et en fait je me dis si tu fais jamais d'erreur, si tu fais un truc un peu tout le temps moyen, est-ce que vraiment le jour du CNOV ou le jour après sur le tas tu vas faire des grosses erreurs. Donc en fait il faut tenter quand même des trucs et oser, ose.
- Speaker #2
Et après moi dans ce que je dis souvent aux élèves quand ils ont peur avec ce CNOV, je leur dis quand même faites attention à ce que vous dites parce que le jury va rebondir. Sur ce que vous dites. Donc vous tendez pas des pièges tout seul non plus, quoi. Partez pas sur des techniques que vous maîtrisez pas. Moi, clairement, je serais jamais partie sur du tricot, quoi.
- Speaker #0
Alors, on est vachement parti dans le knov. Je pensais pas du tout, c'était pas du tout dans mes questions, mais c'est pas grave, c'est intéressant. Je pense que il y a beaucoup de gens qui vont écouter ça et qui vont comprendre ce qu'on raconte. Mais si on parle hors knov et hors examen, comment vous faites pour remettre un élève en confiance vraiment en cours, quoi ? Par exemple, en cours de pratique. Parce qu'on a dit que c'est des jeunes élèves, c'est des bacheliers. Et parfois, enfin des bacheliers, il y en a qui savent pourquoi ils sont là, il n'y en a pas trop, il y en a qui se cherchent. Ou alors, il y a les élèves au début qui ont du mal à ressentir. Et il y a les élèves en fin de cursus qui ont le stress de bientôt, je suis sur le terrain et je ne me sens pas prêt.
- Speaker #2
Oui, il y a ça. Et je trouve qu'il y a aussi les élèves des fois au milieu de cursus qui ont l'instant de je ne sens plus rien, je suis nulle et je n'y arriverai jamais.
- Speaker #0
Le plateau un petit peu. Oui,
- Speaker #2
la phase un peu de « mais qu'est-ce que je fais là ? » Et ça, je trouve qu'on en a quand même quelques-uns. Souvent, entre troisième et quatrième année, je trouve que c'est vraiment les années un peu charnières où ils ont le déclic ou au contraire, ils ont un moment d'hésitation complète et l'impression de ne plus rien sentir, de ne plus rien savoir. Ce n'est pas toujours évident et je trouve que c'est vraiment propre à chaque élève. ce qui va marcher pour un, ne va pas marcher pour l'autre. Moi, dans ces cas-là, c'est vrai qu'on essaye de voir en cours. Alors, on est tout seul avec 15 élèves, on ne peut pas être derrière chacun non plus. Il y a un peu le côté, des fois, dès qu'on a le dos tourné, où ils décrochent avec ce fameux téléphone portable qu'ils ont toujours dans la poche. Donc voilà, ce côté, des fois, où il faut répéter, les conditionner un peu et être un peu derrière eux. Ça va aussi avec le côté qu'on a dit tout à l'heure, le côté, ils sortent du bac, ils sont un peu moins autonomes. que quelqu'un qui a déjà un peu d'expérience. Et après, moi, j'essaye dans ce genre de cas de prendre du temps, vraiment me poser. Alors certes, sur l'instant T, au détriment peut-être d'autres, mais vraiment cet élève, voilà, je veux trouver une façon de faire qui va faire qu'à la fin du cours, il va dire OK, j'ai senti. Et aussi leur dire que des fois, c'est pas grave de ne pas sentir. Moi, j'ai souvenir d'un cours qui m'a traumatisée où j'ai appris un premier cours de test sur un sacrum de cheval. où je n'ai rien senti. Le sacrum,
- Speaker #1
c'est toujours la bête noire.
- Speaker #2
Et où j'avais des copines qui sentaient, et je suis repartie du cours en me disant « Non mais c'est bon, il faut que je fasse autre chose, je n'y arriverai jamais, je ne sens rien, je suis nulle. » Et ce cours, je l'ai donné plusieurs fois à l'école. Et c'est vrai que je commence toujours, on en parlait un peu tout à l'heure, de nos expériences, mais en leur disant « Si vous ne sentez pas, ce n'est pas grave, ça viendra. » Le toucher se développe aussi, la sensibilité de la main, ce n'est pas quelque chose d'acquis, enfin d'inné, pardon, c'est acquis. Ça s'apprend, ça se développe, et même encore après 10 ans. C'est des choses qu'on ne sentait pas il y a 10 ans, qu'on sent aujourd'hui. Donc vraiment, leur donner confiance en leur disant, ne te mets pas la pression, ce n'est pas parce qu'aujourd'hui tu ne sens pas que tu n'y arriveras pas.
- Speaker #3
Je rebondis, pareil. Moi, je dis toujours que l'apprentissage, ça prend du temps, et qu'en fait, on ne devient pas maçon en une journée. C'est pareil pour les métiers manuels, et d'autant plus manuels. Et après, moi, je leur dis souvent, en fait, il faut pratiquer. Vous allez peut-être faire 50 cas, vous n'allez rien sentir. Et c'est parce que vous n'avez rien senti 50K que le jour où vous avez une sensation qui vient dans la main, du coup, ça sera différent. Et moi, je prends souvent l'analogie de... Je leur dis qu'ils commencent en première année avec une valise à sensation qui est vide, ce qui est normal, et qu'en fait, le but des 50K, c'est qu'ils vont se faire un panel de sensations, qu'ils vont développer leur sens, et qu'au fur et à mesure, même si ce n'est pas forcément ce qui est attendu, dès qu'ils ont une sensation, qu'ils la rangent dans leur valise. En gros, pour les aider, moi, j'essaie souvent de leur faire mettre des mots sur ce qu'ils ressentent. c'est chaud, c'est froid, c'est ondulé, c'est bleu, ou ça pique, ou c'est profond, ou c'est superficiel, ou c'est dur. Et en fait, je leur dis tout ça. Mettez des mots, vous le rangez dans votre valise à sensations et en fait, un jour ça fera sens et ce que vous n'avez pas senti en première année, peut-être qu'un jour vous vous direz, ah mais c'était ça que j'avais dans les mains. Et effectivement, ils sont tellement stressés de vouloir bien faire et ils sont tellement dans le cerveau, ce qui est normal, que du coup, ils se coupent de leur corps. Et en fait, souvent aussi, je les renvoie en cours quand j'ai des élèves qui ont qui sont coupés, quoi. J'essaie vraiment de les renvoyer à leurs sensations corporelles. Ok, respire un coup, je suis avec toi, si tu veux, on met la main ensemble. Ce qu'il faudrait sentir, c'est ça. Après, si tu le sens pas, c'est pas grave. Mais respire et attends. Et puis, un jour, ça te viendra.
- Speaker #1
Et moi, je sais que j'ai toujours... Je commence très souvent mes cours en disant je vous interdis de ne pas me dire que vous sentez pas. C'est-à-dire que je ne veux pas que quelqu'un... Parce que très souvent, en fait, quand on dit... C'est bon, vous avez senti. Il y en a qui sont un peu trop très expressifs, voire trop expressifs. Ah ouais, j'ai trop bien senti, c'était machin. Et je pense que certains, du coup, ils ont honte de réagir à ça en disant, ben moi, j'ai pas senti. Ben moi,
- Speaker #2
c'était ça avec le sacrum.
- Speaker #1
Ben voilà. Et ben moi, en fait, justement, au début du cours, je leur dis presque, les gars, c'est plus normal si vous sentez pas que si vous sentez. Du coup, ça calme un peu ceux qui surréagissent à la sensation. Et du coup, je leur dis, quand vous sentez pas, vous venez me dire, je ne sens pas. Et moi, je passe du temps avec vous et on sent. Parce qu'il y a toujours un truc à sentir. Comme disait Camille, il y a toujours quelque chose, même en tissu l'air, si tu ne sens pas en écoute, tu peux faire une induction, tu peux amener toi-même le tissu en avant, en arrière, et là, tout de suite, quand tu fais ça, ils te disent « Ah oui, effectivement, quand j'envoie en avant, ça tire plus. » Je leur dis « Voilà, c'est ça en fait ce qu'il faut sentir. » Et en fait, il y a toujours un moyen de faire. Mais c'est vrai que des fois, selon les caractères, selon la manière d'exprimer, etc., il y en a aussi qui, je pense, partent.
- Speaker #0
Comme tu étais un peu peut-être à l'école, c'est-à-dire par honte, et qui ne veut pas intervenir, et qui ne veut pas lever la main, et qui ne veut pas machin, il va se ranger un peu. Si tout le monde a dit... Enfin, si en gros, il y a trois personnes qui ont dit « C'est bon, on a senti » , en fait, il y en a souvent qui vont se dire « Bon, bah tant pis, moi, j'ai pas senti, je suis une dobe. » Et puis,
- Speaker #1
t'as ceux qui disent « J'ai senti » et qui n'ont pas vraiment senti, mais qui ne veulent pas admettre qu'ils n'ont pas senti.
- Speaker #0
Voilà. Et moi, c'est ceux-là que je recherche et que je rassure en disant « Dites-le-moi » , parce que c'est ça qui est hyper intéressant. En fait, nous, on est là... Enfin, notre rôle de professeur, moi, quelqu'un qui me dit « J'ai senti au bout de deux minutes, j'ai plus rien à faire avec lui ce jour-là » , je vais me focaliser sur l'élève qui, justement, ne sent pas. Donc, j'essaie vraiment de leur dire, de s'exprimer. Et c'est pareil pour les questions. Moi, je dis toujours, je commence toujours par une formation en disant, il n'y a pas de questions bêtes. Je veux que vous posiez toutes les questions qui vous viennent à la tête, même si, des fois, peut-être que je regrette sur certaines.
- Speaker #1
Et souvent, en plus, une question va aider plusieurs élèves. Parce qu'ils n'oseront pas forcément. Et par rapport, je trouve qu'il n'y a pas que sur le ressenti, notamment Camille qui fait de la biomécanique, quand on doit regarder l'animal marcher, C'est vrai qu'au tout début, quand on fait ces cours-là, on leur dit alors qu'est-ce que vous voyez ? Et beaucoup d'élèves me disent, je vois rien. Alors sur les chevaux, un peu mieux. Mais quand vous faites ça sur du petit chien, vous avez un petit bichon ou un chihuahua ou un gros chien, mais à poil long. Et là, ils disent, je vois rien, je vois rien. Ou alors, ils ne savent pas mettre les mots sur ce qu'ils voient. Moi, le petit truc, c'est que je leur dis, mime, montre-moi comment il fait avec le bassin, avec l'épaule, avec le truc. Alors des fois, je le fais moi, alors ça les fait beaucoup rire. Mais je leur dis, mais on s'en fiche, il n'y a pas de honte. Voilà, il n'y a pas de ridicule en fait, je préfère que tu mimes et après du coup tu vois en mettant en miment, tu vois bien ton bassin, t'avances plus le bassin à droite, tu pousses plus avec le pied gauche, tu machins. Et en fait en faisant comme ça, alors certains qui sont timides n'oseront pas parce qu'il y a le regard des autres malgré tout toujours, même sur des petites promos. Mais sur certains ça aide, je sais que moi c'est quelque chose qui m'aidait beaucoup, en fait j'ai un prof qui faisait ça. En fait il disait vous ne me parlez pas, vous marchez comme le cheval. Alors en restant debout. On ne se mettait pas quatre pattes. Mais juste, voilà, vous marchez comme lui marche. Et après, vous mettez les mots dessus. Et sur certains élèves, pas tous, ça aide. Voilà, ça peut marcher comme petit tips, entre guillemets, de... Voilà, je ne sais pas comment il fait. Enfin, je ne sais pas dire comment il fait, mais je peux te montrer comment il fait.
- Speaker #2
Comme ce que disait Camille tout à l'heure, je pense aussi que parfois, on ne se ressent rien pendant des cours, des années. Et d'un coup, on sent. Et ce n'est pas parce que... c'est un jour on sent, un jour on sent pas, c'est parce qu'il faut toucher 50 fois et tester 50 fois pour le ressentir. Et c'est pas parce qu'on ressent rien qu'il se passe rien. En fait, dans nos connexions nerveuses, il se passe des choses. Au niveau du cerveau et de notre corps, on va pas les ressentir. La sensation ne va pas ressentir, mais elle va arriver au bout d'un moment. Le système nerveux est en train de se maturer. Je sais pas comment l'expliquer, mais en fait, ça met du temps. On sait très bien que ça met du temps et il faut pratiquer. il faut pratiquer en cours, parce que souvent, quand il n'y a pas le prof, les élèves arrêtent de pratiquer. Ou alors, ils disent, je l'ai fait une fois et c'est bon. Et non, en fait, il faut le faire, il faut le refaire, il faut le refaire, le re-re-re-refaire et le refaire à la maison si on a des animaux ou alors sur des gens, toucher des gens. Non,
- Speaker #0
mais c'est vraiment une difficulté de l'ostéopathie animale, parce que nous, en cours d'humaine, tu prends ta salle de... théories que vous avez vous, en fait nous on faisait la théorie, on avait les cahiers sur lesquels on notait sur les tables de pratique et on passait direct à la pratique, donc en fait le prof il avait l'oeil sur tout le monde tu ne pouvais pas t'arrêter de pratiquer tu peux mettre les patients,
- Speaker #2
tu les colles les patients il n'y a pas de réactivité,
- Speaker #0
normalement ça passe et quand t'es à la SPA en box et que chaque élève est dans un box et qu'à chaque fois toi en tant que prof tu dois rentrer, sortir avec des trucs de sécurité que tu mets des fois 20 minutes à aller voir un nouveau groupe Mais ça leur laisse tellement de temps de ne pas faire.
- Speaker #2
Et je ne les en veux pas trop en même temps. Mais non, mais on aurait fait pareil si c'était la même chose. Et on a fait pareil avec les box, même avec les box dans des écuries. Tu es loin et puis après tu parles d'un truc, tu parles d'un autre truc.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que le fait de pratiquer, moi je parle toujours du MRP. Et je leur dis, nous, nous nous ont mis sur le crânien en première année. J'ai senti le MRP en quatrième année. Et pourtant, on en faisait plusieurs heures par semaine. Il y a un moment où, et je crois que je l'ai dit dans notre podcast Mathilde, j'ai aussi senti le MRP le jour où je me suis dit, en fait, ah non, mais en fait, je le sens depuis longtemps, c'est juste, ok, c'est ça.
- Speaker #2
C'est ça, mais c'est que voilà, l'apprentissage du ressenti, c'est difficile de dire tu dois ressentir ça. C'est qu'en fait, déjà, on a chacun notre ressenti pour la même chose qui va être, je pense, différent dans nos doigts. Et en plus, nous, on va le décrire différemment. Donc il y a double... Enfin, double transmission, comment dire. Et du coup, déjà, c'est compliqué. On ne va pas avoir le même ressenti. Et après, même si on a le même ressenti, on ne va pas l'exprimer de la même façon. Et le prof, voilà. Et il y a ça. Et il y a le fait aussi qu'on n'a pas la même progression. Il y en a qui vont ressentir rapidement des choses. Et c'est vrai. Il n'y en a qui ne mentent pas, je pense. Il y en a qui mentent un peu. Il y en a qui... Ouais, fake it until they make it. mais ça marche finalement et il y en a qui vont ressentir vite, ils vont avoir un plateau tout de suite ils vont ressentir plus vers la fin de l'année il y en a qui vont rien ressentir pendant 4 ans et puis d'un coup ça va arriver et c'est hyper dur de pas se comparer et il faut le faire mal je le dis souvent aussi de pas se comparer parce que je me suis beaucoup comparée et quand on se compare,
- Speaker #1
on se compare en négatif en général c'est pas pour dire moi je ressens mieux et juste leur dire de faire confiance à leur ressenti un peu comme disait Claire Merci. Si tu le sens, c'est que tu le sens. Enfin voilà, t'inventes pas. Peut-être, il y en a qui inventent. Mais normalement, quand t'as une sensation, et faire confiance à son ressenti, je sais qu'il y a souvent des élèves qui ont un blocage à un moment donné, qui disent « je sens rien » . Mais parce qu'en fait, dans leur tête, ils sentent rien. C'est pas que leurs mains sentent rien, c'est qu'ils analysent pas. Ils font pas confiance à leur ressenti en disant « non, non, je sens quelque chose, mais c'est pas ça » . Ou alors,
- Speaker #2
tu penses que tu ressens parce que tu veux tellement le ressentir que tu dis « ah, tu vois l'expansion, tu ressens ça » . Mais je sais pas si c'est...
- Speaker #3
moi qui le ressens ou si c'est je l'invente dans ma main et c'est vrai ou c'est pas vrai c'est exactement ça et moi en fait je leur dis souvent votre première sensation est la bonne en fait à partir du moment où tu commences à intellectualiser ce que t'as senti t'es plus dans ta main c'est là où je parle de ma valise de sensation c'est qu'en fait garder votre première sensation vous la mettez de côté vous la coffrez ça vous l'avez senti et ça appartient qu'à vous et en fait après tout le mental que vous allez mettre par dessus forcément ça viendra biaiser quoi. mais gardez ça et je voulais juste rebondir sur le fait de pratiquer pratiquer pratiquer et effectivement on sent rien jusqu'au moment où on sent après aussi à contrario moi je me rappelle de certains cours où on me faisait passer une après-midi entière sur un sacrum, à écouter un sacrum en première année tu sens pas et puis tu sais pas ce que tu dois sentir et puis il fait froid, il fait 3 degrés et qu'en fait c'est long c'est vrai que parfois il y a certains cours où il y a peu de volume à transmettre et où en fait c'est normal que les élèves saturent
- Speaker #2
et même dans ces cours là je leur dis profitez de ça je sais que c'est pas forcément hyper sexy parce que je suis d'accord qu'il faut pas faire un truc pendant 3 heures d'affilée au bout d'un moment on sature il faut faire une pause de sensation une pause ouais et le recommencer le lendemain, t'as raison carrément faut pratiquer mais en faisant des pauses et quelle est votre matière préférée dans l'enseignement et vos promos préférés ?
- Speaker #1
alors moi ça revient un peu à ce qu'on disait tout à l'heure je pense que c'est qu'à Merci. Au bout d'un moment, quand on enseigne depuis plusieurs années, on est plus à l'aise. Moi, c'est vrai que l'arthrologie, c'est une matière que j'aime beaucoup parce que le côté anatomie a toujours été quelque chose qui m'intéresse. Et quand j'ai repris l'embryologie, c'est une matière qui n'emballait pas grand monde. Mais c'est vrai que c'est une matière que j'aime beaucoup, qui est dure à enseigner parce que les élèves, toujours pareil, ne voient pas trop l'intérêt. Mais justement, en fait, mon challenge, et j'en ai discuté ça avec certains élèves qui sont arrivés en disant « l'embryologie, j'aime pas ça » , et mon challenge, c'était à la fin des dix cours qu'ils me disent « mais j'aime bien » . Et en fait, leur faire comprendre pourquoi l'embryologie est intéressante, parce qu'après, c'est comprendre pourquoi ça, c'est relié à ça, parce qu'au niveau embryologie, c'est l'issue du même tissu, etc. Enfin, le côté concret, en fait, essayer de rendre une matière peu concrète, concrète. Donc c'est vrai que l'embryo, c'est vraiment une matière, quand j'ai vu que personne ne voulait le faire, je me suis proposé Je pense aussi parce que j'ai eu un prof d'embryologie qui m'a fait aimer l'embryologie. Et pardon, du coup, la deuxième question, du coup, sur mes promos. J'allais dire, je n'ai pas forcément de promo préféré, mais pas pour les mêmes choses. En fait, j'aime bien les premières parce que justement, ce côté anate, un peu terre à terre, un peu concret. Et j'aime beaucoup les dernières années pour le côté, justement, où on commence à mettre tout en lien et où vraiment, ça commence à être des pré-professionnels où on peut du coup discuter. leur montrer peut-être d'autres techniques moins théoriques que le protocole qu'on apprend en première année des petits tips à nous que nos profs nous ont eux-mêmes montrés parfois à l'école parfois en stage et je trouve qu'il y a ce côté plus échange sur les dernières années alors que c'est beaucoup plus protocole théorique sur les premières
- Speaker #3
Oui et puis je rebondis, moi je trouve que il y a aussi le facteur humain qui est hyper important tu te découvres des premières années tu les connais pas, ils te connaissent pas ils connaissent pas l'école, ils savent pas ce qu'ils font là toi tu les découvres là où les 5ème année tu les connais depuis 5 ans, donc en fait tu n'as pas le même lien. Et je trouve que ce n'est pas facile de tisser quelque chose, après l'idée ce n'est pas d'aimer des élèves, mais c'est vrai que ce qui est sympa dans les promos quand tu avances, c'est qu'au-delà de l'enseignement, tu connais les personnes, et tu ne t'adresses plus forcément à des élèves, mais tu t'adresses à des personnes, et je te rejoins sur le fait d'aimer bien enseigner. dans les dernières années pour ça, c'est que tu commences à parler de père à père et ça je trouve ça assez sympa. Et pour les matières moi j'ai toujours J'ai toujours eu besoin de comprendre dans le moindre détail jusqu'à l'échelle de la cellule, comment ça se passait pour retenir et comprendre, un peu comme toi peut-être Claire. Et du coup j'adore enseigner la physiologie, la physiologie digestive du cheval, c'est ma passion. J'adore ça parce qu'il faut comprendre au niveau cellulaire ce qui se passe, ça recoupe tout un tas de choses, il y a l'histologie qui va avec. Alors les élèves n'ont pas forcément toujours la même passion que moi, mais j'essaie de leur transmettre Du coup,
- Speaker #2
vous diriez qu'il faut être passionné pour former ?
- Speaker #3
Moi, je trouve que la passion, je ne sais pas, mais moi, je vois ça par rapport aux profs que j'ai eus. La différence entre un prof passionné et un prof qui ne l'est pas du tout, c'est ce qui me faisait aimer un cours ou ne pas l'aimer.
- Speaker #2
Oui, carrément. Et c'est les profs dont on se souvient après.
- Speaker #3
Oui. Et juste pour une des difficultés liées à l'enseignement. Il faut que je progresse sur le fait d'écrire au tableau et faire des dessins. Je suis vraiment très, très nulle. Et malheureusement, je m'excuse auprès des élèves à chaque fois, mais ce n'est pas mon fort.
- Speaker #0
Moi, mes matières préférées... Alors, je n'ai pas fait beaucoup de matières théoriques dans les écoles dans lesquelles j'ai enseigné, parce que quand j'ai commencé à enseigner, du coup, j'avais déjà plus de cinq ans d'expérience et je n'avais pas beaucoup de temps. Donc, j'avais fait comme toi, Mathilde, j'avais négocié pour ne faire que de la pratique. Et ne pas avoir surtout de support de cours qui sont, moi je vous respecte cent mille fois pour le travail que vous accomplissiez à faire des supports de cours. Parce que je pense que tout à l'heure, on disait deux fois, ma sœur travaille dans le milieu de la formation, c'est quatre fois. Tu mets quatre fois le temps.
- Speaker #2
J'avais dit ça un peu au pif, mais ouais.
- Speaker #0
Deux fois, c'est quand tu reprends ton cours et que tu le retravailles. Quatre fois, c'est quand tu le crées. Donc tu mets quatre fois. Ça ne m'étonne pas du tout. C'est terrible. Donc pour 3 heures, ça en fait 12. Donc c'est énorme. C'est énorme. Même des fois, beaucoup plus. Ça, ça dépend à quel point on est psychopathe, Camille, comme nous deux.
- Speaker #2
Tu te rends compte le nombre d'heures bloquées pour ça dans ton agenda ?
- Speaker #0
Bien sûr. Moi, je sais que le dernier séminaire que j'ai créé pour 3 jours, je l'ai préparé pendant 4 mois. Alors pendant 4 mois d'ostéopathes animaliers et de femmes, etc. Je ne l'ai pas en non-stop. Mais c'est énorme le temps que je passe à lire des études, etc. pour pouvoir donner quelque chose. et être carré aussi, encore une fois, sur ce que tu donnes. Moi, mes matières préférées, ensuite, donc la pratique, j'adore ça, et ensuite, c'est des pathologies. Un peu dans l'esprit que tu disais, Camille, c'est-à-dire que la pathologie, moi, ce que j'aime, c'est de l'expliquer, de comprendre pourquoi il y a cette pathologie, comment ça arrive et du coup, qu'est-ce que tu dois faire après. Ça, c'est hyper passionnant pour moi. Et dans la même veine, la neurologie, que personne n'aime beaucoup, mais qui reste quand même, l'électricité, ça reste quand même, ce qui fait qu'on est des êtres et que le mouvement est dirigé, donc du coup, Du coup, moi, ça, ça me passionne et ça fait faire de grands liens. Et je trouve qu'elle est souvent mal enseignée, la neuro, surtout la neuro-végétative. Et du coup, souvent, les élèves, ils sont un peu paumés. Et pourtant, je trouve qu'avec la neuro, tu peux tout comprendre et tu peux faire tous les liens que tu veux dans notre métier.
- Speaker #2
Si tu la comprends pas bien, tu l'expliques pas bien. Moi, j'ai eu une super preuve à l'école. Et toi, quand j'ai fait ta formation, tu expliques tellement bien que tout est clair. Tu ressors, le petit nuage, il revient un petit peu. Hop, tu nous expliques. Hop, ça s'éclaircit. Il faut quelqu'un qui le comprenne 100%. Bonne nuit.
- Speaker #0
Et la neurologie, je trouve que c'est pareil, c'est hyper... C'est un peu le principe de quand tu as compris, après tu vas pas trop l'apprendre par cœur parce que tu comprends à peu près comment ça fonctionne. C'est presque un peu de la physique, quoi, comme au lycée. Donc ça, ça me passionne. Et moi, pour les promos, moi j'ai plus... Alors bizarrement, alors ça dépend si... Pour donner des cours, moi je préfère quand même les premières années parce que je trouve qu'il y a tout à faire. Et que je trouve que, justement, quand ils arrivent en quatrième, cinquième année, je pense qu'au bout d'un moment, on est trop formaté pour changer. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est-à-dire qu'une fois qu'on a fait première, deuxième, troisième année et qu'on a pris un certain style, après, du coup, tu es face à, comme tu disais tout à l'heure, des praticiens et plus des élèves. Alors que première, deuxième année, c'est là où vraiment tu peux aller les aider et leur faire découvrir plein de choses. Donc moi, c'est vrai que j'ai plus de facilité à faire de la pratique et à encadrer les pratiques avec les premières, deuxièmes, troisième années. Merci. parce qu'après, on fait des cliniques et que je trouve que les cliniques, c'est tellement chaud d'être partout à la fois pour pouvoir aider les élèves, nous, en tout cas, dans le système, dans l'école dans laquelle enseigner. On ne peut pas assister du début à la fin à la séance de l'élève vu qu'il y a souvent deux ou trois séances en même temps. Et donc, du coup, je trouve ça hyper compliqué parce que tu entends l'anamnèse de l'un, tu vois les tests de l'autre et du coup, tu corriges les techniques du troisième et en fait, tu n'as pas vu son anamnèse, etc. Et ça, pour moi, de ne pas pouvoir avoir. les tenants et les aboutissants et ensuite quand il me dit du coup qu'est ce que tu peux me dire sur ma séance bah en fait j'ai pas pu te regarder du début à la fin donc j'ai vraiment une difficulté avec ça quoi et ça ça me frustre sur les dernières années les cliniques ça me frustrait beaucoup par rapport à par rapport à ça ouais je suis d'accord et les élèves se rendent pas forcément compte de la charge de
- Speaker #1
concentration que ça nous demande en fait c'est comme si on faisait trois ou quatre cliniques en même temps de se souvenir qu'est ce qui m'a dit qu'est ce qui est vrai alors moi j'essaie de noté parce que sinon entre deux je sais plus ce qu'il m'a dit la phrase d'avant et c'est vrai que voilà le débrief à la fin moi si j'ai pas noté je suis incapable parce que j'ai oublié ce qu'il y avait Ah mais moi pour tout, même pour les examens de première année si j'ai rien noté je suis incapable de le tenir et c'est vrai que ce côté effectivement en dernière année quand il commence à faire les cas concrets la concentration c'est des journées où on est, enfin moi personnellement je suis beaucoup plus fatiguée que d'avoir enseigné de l'arthrologie ou de la pratique en première ou deuxième année C'est pire qu'une journée de consulte parce que t'as fait 4 consultes en une fois.
- Speaker #0
Moi je suis beaucoup plus fatiguée après une journée d'enseignement qu'après une journée de consultation, même quand je n'en ai fait 8. C'est pas la même fatigue que c'est la fatigue du cerveau, c'est pas la même, t'es brumeuse après. Non mais vous voyez ce que je veux dire ? T'es là, tu sors sur tes yeux, tu sais plus. Alors que les consultations c'est un peu la fatigue physique mais c'est pas du tout pareil. C'est très fatigant d'enseigner, de répondre tout le temps aux questions. D'être attentif à ce que les élèves font, en plus on travaille avec de l'animal, donc c'est terrible. Il faut gérer les animaux, la sécurité, s'ils ne les lâchent pas, si les chiens ne sont pas réactifs, si les chevaux ne sont pas trop proches, ça demande... D'autant plus quand tu n'as pas dormi, effectivement.
- Speaker #2
Et gérer l'humain, parce que parfois ça se disperse, il faut avoir leur attention en plus de tout le reste. Et moi, je n'ai pas donné mes matières préférées, moi à l'inverse, je préfère donner la pratique aux 4e et 5e années, parce que je ne trouve pas qu'ils soient encore formatés. Et j'aime bien justement rajouter, alors moi c'est marrant parce que moi, tu disais Camille qu'il y a le côté humain, on les connaît en 5 ans. Mais moi je suis arrivée, j'ai eu des 4-5 et je ne les connaissais pas. Et j'aimais beaucoup aussi ça, arriver et ne pas connaître et du coup de ne pas avoir d'a priori ou de chouchou, tu vois, parce que tu ne connais pas les gens. Et du coup de donner des tips sans plus, de donner des petits déblocages, des trucs un peu hors qui a marqué sur les fiches de cours, j'aime bien ça. J'aime bien donner moi mon expérience et ce qui a marché. Et essayer de les faire évoluer dans la leur aussi, parce qu'on a chacun un peu notre style de pratique. Alors que les premières années, j'ai beaucoup de mal à comprendre qu'ils ne comprennent pas. Et à partir d'une page de zéro et de répéter un truc simple, je ne sais pas, je trouve ça plus compliqué. Je préfère les cinquièmes années et faire des cliniques.
- Speaker #0
Il y en a qui aiment plus les premières deuxièmes années, dans ces dernières années, c'est bien, ça équilibre.
- Speaker #2
Et les examens et tout, j'aime bien le côté clinique, histoire, faire un truc complet, c'est super compliqué au niveau de la concentration et du cerveau. Mais après, c'est une mécanique, plus on en fait et plus on est à l'aise avec l'exercice. Le CNOV, on en fait quand même combien dans la journée ? Je ne sais plus, 12 ? Oui, beaucoup. Et au niveau de la théorie, c'est marrant, j'avais jamais réfléchi à ça, mais c'est l'inverse, je préfère les premières années avec l'ostéologie. En fait, j'adore l'ostéologie, là je ne le fais plus du coup. Mais c'est ce que je préférais. Et même la biomécanique, je ne l'ai jamais enseignée, mais j'adore. C'est les trucs vraiment concrets. C'est trop bizarre. C'est les structures à nates concrètes pour la théorie. Par contre, la pratique, je préfère quand ça part un peu dans tous les sens et mettre des liens dans tout et être moins un peu scolaire. Je viens de réaliser ça. Dernière question. Phrase qu'on répète le plus souvent. Est-ce que vous avez des petites... Vous vous voyez vous répéter. Comme j'ai le micro, je vais commencer. Moi, je me vois leur dire... de leur demander s'ils respirent. Mais tu respires là ? Respire ! Ah oui, c'est vrai qu'ils ne respiraient pas. Et en fait, j'aime bien les pousser sur le MRP, sur le TCR, sur le FACIAS, qu'on n'apprend pas trop à l'école. En tout cas, dans l'école dans laquelle on enseigne, ce ne sont pas des cours très très longs là-dessus. Et du coup, si on ne leur fait pas à chaque fois, ils zappent un peu ou alors ils survolent tout ce genre de pratiques moins structurelles. Et du coup, j'aime bien... On peut remettre ça un peu dans chaque cours de pratique. Et pour ça, il faut se reconnecter à son corps, comme dit Camille, et respirer. Et du coup, d'avoir un bel ancrage aussi. Souvent, il y a les pieds à droite, à gauche, le corps qui est tordu dans tous les sens. Donc, je pense que je reviens aussi beaucoup à leur corps.
- Speaker #1
Oui, je pense que j'ai un peu ça aussi. Alors, le côté respiration, parce que des fois, effectivement, avant d'envoyer une technique, ils sont en apnée. Donc, du coup, tout le corps est figé. Donc, forcément, leurs mains sont figées. Donc, l'animal est figé. Donc, il n'y a rien qui bouge. Et ils te disent, bah c'est pas passé. Bah non. Forcément, c'est pas passé. Donc le côté, ouais, effectivement, la respiration. Le côté, un peu ce que je disais tout à l'heure, fais-toi confiance. Parce que beaucoup disent, bah je crois que j'ai senti, mais je suis pas sûre que, peut-être que. Fais confiance dans ce que t'as senti. Et dans le truc un petit peu plus terre-à-terre de on m'écoute et on se concentre. Qu'on peut répéter 15 fois, 20 fois, 30 fois dans un cours. Où, voilà, ça... Des élèves qui perdent un peu la concentration. En général, quand on leur dit « là, il faut écouter » , la question d'après, en tout cas en théorie, ça sera demandé à l'interro, parce qu'il y a le côté scolaire. Mais ce côté, des fois, je trouve plus dur en théorie, où des fois, ils font autre chose. En fait,
- Speaker #2
il faut se répéter. Et ça, en fait, quand tu n'as jamais enseigné, tu ne te rends pas compte à quel point tu te répètes. Mais dans un même cours, et puis dans les cours d'après, tu dis « ce n'est pas possible » . « Ce n'est pas possible qu'ils aient oublié les insertions du biceps brachial » . Je l'ai dit 40 000 fois depuis euh Mais il t'écoutait pas à ce moment-là. En fait, il faut avoir... Déjà, t'as pas tout le monde en même temps, et c'est normal, on peut pas se concentrer trois heures focus. Mais en fait, ouais, tu te répètes. Et après, il faut accepter le fait de pas être écoutée tout le temps, de se répéter, et de pas s'énerver.
- Speaker #1
Et de dire quelque chose, et d'avoir la question sur ce que tu viens de dire deux secondes après, parce que l'élève t'a pas écoutée. Faut garder la patience. Donc du coup, moi je sais que souvent, quand je sens que ça part un peu, qu'il y a de la déconcentration, Je dis, bon, allez, on m'écoute, on se concentre encore un peu, c'est bientôt la fin. Essayer un peu de les capter tout le temps. Et ce qui est vraiment, en tant que formateur, n'ayant pas été formé pour être formateur, ce qui n'est pas évident, en fait, de garder cette audience et de garder les captiers. Parce que des fois, on doit être embêtant pour eux. Ce qu'on raconte n'est pas forcément toujours passionnant pour eux. Mais comme nous, en tant qu'élèves, je pense, on a été. Sauf que nous, on n'avait pas les portables à proximité sur notre table et qu'on avait ce côté... Je ne vais pas partir sur un côté respect du prof, mais voilà, nous, notre portable, il était dans le sac. On peut partir là-dessus. Mais je pense qu'il y a cette génération, on a un peu le portable greffé dans la main. Donc, on dérive sur une autre question. Mais voilà, c'est le portable, en fait, tout le temps dans la main. Ou clairement, des fois, pendant les cours, ils sont sur TikTok, ils sont sur Instagram, voire en train de faire leurs courses et leurs achats. Et vous avez l'impression de parler à deux élèves sur quinze, et forcément, après, ils vous posent la question sur ce que vous venez de dire, et là, il faut un peu de sang-froid pour dire, je viens de le dire, si t'écoutais. Donc voilà, dans les phrases, concentrez-vous encore un peu, où je viens de le dire, fallait écouter, ou des choses comme ça. Donc ça, sur le côté un peu, je vais dire, un peu terre-à-terre, pragmatique de gestion de cours. Mais sinon, c'est plus le, ouais, fais-toi confiance, qu'est-ce que t'as senti, et respire et détends, effectivement. Et c'est tout ton corps qui fait, c'est pas que tes petits doigts, parce que tes petits doigts s'ils sont crispés, l'animal il se dit oulala lui il est crispé, donc moi je me crispe aussi.
- Speaker #3
Ouais moi une des premières phrases, en pratique en tout cas je passe mon temps à leur dire, parce que c'est mon truc, c'est ça qu'on m'avait donné, mais déverrouille tes genoux, ça je pense qu'ils doivent l'entendre tout le temps, parce que quand on est en hyperextension... Ah ouais bah voilà, moi c'était déverrouille tes genoux, baisse tes épaules, parce que franchement baisse tes épaules c'est hyper important, parce qu'en fait... C'est normal, on est dans son cerveau, on est hyper concentré. Alors, est-ce que je suis bien sur T17 ? Oui, je suis bien là, OK. Et du coup, les épaules, elles sont dans les oreilles. Il n'y a aucune sensation qui peut passer jusqu'aux mains. Donc, ça, ça ne marche pas. Je dis souvent, déverrouille tes genoux, baisse tes épaules et respire avec le ventre. Parce que c'est vrai que la respiration, c'est essentiel pour se reconnecter. Pour reconnecter, je pense, la sensation au cerveau. Pour moi, c'est important. Après, fais-toi confiance aussi. Je pense, fais confiance en tes mains. comme je disais tout à l'heure. Ta première sensation est la bonne. Tu stockes et après, c'est le cerveau. Et dernière chose, c'est un ton plus humoristique, mais quand je suis fatiguée en cours et que j'en peux plus, surtout quand j'ai une journée de théorie, je commence à parler en anglais, les élèves le savent et j'ai un peu d'éthique de langage et je vais dire « alright » tout le temps. Et là, ça veut dire en général, les élèves, ils savent que je commence à fatiguer.
- Speaker #0
Alors moi je viens de réaliser que j'avais pas vraiment de phrases comme vous là, respire tout ça.
- Speaker #2
Je pense que t'en as mais tu t'en rends pas compte.
- Speaker #0
Ouais peut-être que je m'en rends pas compte. Moi je suis un peu la prof mi-torsionnaire mi-déconnade. C'est-à-dire que moi soit ça rigole, soit par contre je les pourris très fort. Je sais qu'il y a plusieurs élèves qui m'ont fait des retours et qui m'ont déjà dit qu'au début je leur avais fait peur parce que j'avoue que déjà sur le respect dont tu parlais Charline au départ, j'avoue qu'il y a des trucs qui me gavent très très rapidement et en fait je vais leur dire très vite pour que ce soit dit et qu'on passe à autre chose.
- Speaker #2
C'est une qualité de savoir faire ça. Moi j'ai beaucoup de mal parce que je te coupe juste, je te dis un petit truc, c'est on a peur d'être embêtant comme disait Charline et on le devient et si on le devient on a peur de pas être aimé. et en fait on veut être aimé, c'est bizarre mais on veut être prof aimer. Et en même temps... Et on veut être aimé tout le temps dans sa vie, en fait. En fait, c'est ça. On veut de l'amour. Mais le truc, c'est que parfois, on en perd le respect. Et en fait, il faut savoir se faire respecter. Et c'est pas parce qu'on se fait respecter qu'on se fait pas aimer aussi. C'est rien à voir.
- Speaker #0
Moi, je pense que mon expérience, j'ai été pionne en lycée, ce qui est pas simple parce que les gamins, ils sont quand même hard. Enfin, tu t'effaces à des choses que tu vas même pas imaginer en école d'ostéo. Ils font plus ça. Donc ça m'a pas mal donné ce truc de... Et en fait, je me suis rendu compte de cadres et je me suis rendu compte que souvent, les élèves me respectaient plus moi qui mettais un cadre que les gens qui voulaient être trop sympas avec eux. C'est ça,
- Speaker #2
c'est ce que je viens de dire. Quand tu te respectes toi-même, on te respecte.
- Speaker #0
Exactement. Donc, c'est vrai que moi, souvent, il y a des fois où je leur secoue un peu les puces parce que je trouve que des fois, ils sont un peu légers. Et oui, des fois, je pète un câble et je leur dis, attendez, là, vous êtes en train littéralement de vous foutre de ma gueule. Notamment quand on cherche un biceps sur une homoplate. Là, je ne vais pas être sympa. Voilà. En troisième année, attention, pas quand ils... Ils ont fait le cours la fois d'avant, mais comme tu disais aussi tout à l'heure, après je pense que le biceps, ils vont toujours le mettre au bon endroit, bizarrement. Du trauma positif. Exactement, du trauma positif. Éducation négative mais positive en même temps. Et après, souvent je vais dire aussi montre-moi, parce qu'ils vont poser beaucoup de questions, ils vont machin, et je vais leur dire montre-moi, on met les mains, refaire avec eux. Donc je vais souvent dire ça. Et c'est vrai que ce que je dis toujours, c'est sortez vos planches. d'anatomie.
- Speaker #2
J'ai cru que t'allais dire autre chose.
- Speaker #0
J'étais partie sur autre chose là. Ah c'est affreuse. Non, sortez vos planches d'anatomie.
- Speaker #1
Je l'ai regardé,
- Speaker #0
j'aurais pas le dire. Je pense que j'ai pu la dire aussi, celle auquel vous avez pensé. Non, c'est sortir ses planches d'anatomie parce que je trouve qu'il travaille toujours... En fait, il voit un cours qu'il n'intègre pas. Il ne faut pas les lire. Et en fait, on pratique, vu qu'on est dans des refuges, machin. Nous, en fait, en ostéopathie humaine, on avait notre carnet, notre cahier où on avait fait le cours d'anatomie. Et en fait, on palpait avec la natte dans les yeux. Ça, c'est une grosse difficulté. Et en fait, des fois, ils sont là et ils repèrent et ils ne savent plus. Mais je leur dis, mais c'est normal, tu ne l'as pas encore appris. Tu ne peux pas le retrouver. Et en fait, dès qu'on sort un schéma, je leur dis, regardez celui-là, il est dans tel sens. Du coup, là, si tu mets tes doigts dans tel sens, c'est celui-là, c'est sûr que tu vas sentir de muscles. Et si tu tombes sur ce relief, regarde, il est entre celui-là et celui-là. Mais en fait, sans images, je trouve ça très compliqué, la visualisation. Et moi, je me sers de beaucoup d'applications, je me sers de beaucoup de planches d'anatomie. Et je les ai... Alors, c'est un peu à double tranchant parce que du coup, je leur demande d'être sur leur téléphone parce qu'actuellement, il n'y a plus personne qui imprime les planches d'anatomie. Donc, ils ne viennent pas avec les planches d'anatomie. Mais du coup, avec le téléphone, je leur remontre et je leur dis maintenant, avec ça, regarde, est-ce que tu trouves mieux, etc. Et souvent, ça enlève pas mal de difficultés.
- Speaker #1
Je trouve ça difficulté dans les premières années de faire le lien théorique pratique, de retransposer des planches en 2D sur du 3D.
- Speaker #0
Complètement.
- Speaker #1
Ça, je trouve que c'est une des grosses difficultés pédagogiques.
- Speaker #0
Et ça, on les a vu sous les yeux encore plus quand tu les as vus en cours, que Camille, tu as fait un super dessin. Et qu'après, tu le retrouves sur le chien qui n'a ni la même forme, ni la même taille que celui que tu as vu sur les planches d'anatomie. En plus, il y a ça. Surtout sur le chien,
- Speaker #1
on a de telles différences de morphos comparé à du cheval. un poney et un cheval c'est plus petit mais c'est un à peu près fait pareil.
- Speaker #0
Entre un teckel et un berger allemand, on n'est pas sur les mêmes.
- Speaker #1
J'allais partir sur du Lundberg, mais après, on est... Et je revends aussi sur ce que tu disais tout à l'heure, sur la frontière en tant que prof, entre familiarité, parce qu'on est quand même sur des petites promos où on leur dit, vous nous tutoyez, vous nous appelez par mon prénom, il n'y a pas de souci, je n'ai pas de problème avec ça. Et le tronc familier.
- Speaker #0
J'ai un problème. Je pense que c'est à cause de ça qu'on a du mal à se positionner. Parce que moi, dans mon école, je ne tutoyais pas les profs. On les appelait par notre prénom. Nous, on les appelait par leur prénom. Mais c'est vrai qu'il y avait quand même ce vous. Et ce vous-là, c'est quand même avec les clients, je trouve qu'à un moment, ça met quand même une petite distance. Et comme elle n'y est plus, c'est vrai que moi, par contre, quand je tutoie, après, ça part en deux minutes coup de coude et on se fait des blagues. Non, mais c'est vrai que ça...
- Speaker #1
Du coup, c'est dur. Moi, c'est vrai que j'ai ce côté où vous pouvez me dire tu, vous pouvez m'appeler moi. Ça me fait toujours bizarre quand dans une promo, il y a quelqu'un qui m'appelle madame et qui me dit vous. Ça, c'est quand tu sors du bac. Mais par contre, il faut arriver quand même à mettre des barrières de « ok, on peut rigoler, on peut se tutoyer, mais par contre, on bosse, on bosse » . Et ça, du coup, sur certains élèves, c'est des fois difficile. Cette frontière, comme tu dis, d'être carré et à quel moment on passe dans le manque de respect, c'est des fois un peu difficile de mettre la frontière.
- Speaker #0
Et c'est d'autant plus dur que nous, on ne l'a pas appris, du coup. Parce que je pense que quand tu es professeur, tu as des méthodes.
- Speaker #2
Alors les filles, avant de commencer cette table ronde, hier j'ai demandé sur les réseaux d'avoir des avis pour connaître un peu notre style d'enseignement parce que finalement on n'a jamais de retour sur notre enseignement. La première école dans laquelle je donnais des cours, il y avait des formulaires qu'ils donnaient aux élèves et c'était anonyme, ils donnaient des avis. Il y avait énormément de questions, de points différents sur lesquels ils pouvaient donner leur avis sur l'enseignement, sur leur prof, leur formateur. Et là, il n'y a pas ça. Et je trouve que c'est dommage. Et du coup, en posant cette question, je me suis dit « Ah, j'aurais dû poser avant tellement on a eu des choses chouettes. » Donc, je voulais vous le partager en live. J'en ai eu pas mal. Peut-être que je ne lirai pas tout parce que ça va être un peu long pour les auditeurs. Je suis désolée. Et je vous jure que je ne les ai pas payés. Un premier retour sur quelqu'un qui nous a eu nous quatre. Mais en fait, sur cette dernière colle, ils vous auront eu plus vous que moi. Donc, moi, peut-être que j'aurai aussi des retours à dire en plus sur mon autre école. Alors, je cite peut-être un retour constructif, mais ces trois personnes ont été de véritables guides pendant nos années d'études. On disait toujours que c'était le combo gagnant quand on les avait en pratique ou en théorie.
- Speaker #0
Elles ont une approche tellement différente et en même temps qui se rejoint sur tellement de points. Donc ces trois personnes, c'est bien Charline, Camille et Claire. Ce qui est certain, c'est que nos années de pratique et même les praticiens que nous sommes devenus et qui continueront à évoluer, n'auront pas été les mêmes sans elles. Alors juste un grand merci à elles trois. Et pour toi Mathilde, même si nous ne t'avons pas eu beaucoup en cours, ton approche unique des carnivores nous a vachement aidé à appréhender les cliniques d'une autre façon et de trouver d'autres solutions quand on était face à un obstacle. et t'avoir eu en jury a finalement bien clôturé tout cet apprentissage scolaire. Merci à toi pour ta patience, merci à Claire pour sa passion, merci à Charline pour ses conseils et ses entraînements au Trust, et le temps qu'elle nous a accordé pour le CNOV, merci à Camille pour sa pédagogie, merci à vous toutes pour nous avoir transmis votre vision, d'avoir pris le temps. Je ne pense pas que nous aurions pu avoir une meilleure équipe de formatrices. Et ça c'est une personne ! Oh là là, on va sortir les mouchoirs, j'avais pas vu vos petits regards !
- Speaker #1
Frissons les yeux humides !
- Speaker #0
Je continue une autre élève. Claire, ça a été un honneur de la voir en prof pendant presque la totalité de notre cursus. Ses connaissances précises sur l'espèce canine ont presque l'air d'être infinies. Ça a été très enrichissant pour nous, surtout dans nos premières années d'études où nous avons beaucoup eu en cours. C'est la preuve vivante qu'être proche de ses élèves, savoir casser cette barrière prof-élève par moment, parfois trop présente chez certains, n'empêche pas le respect, bien au contraire. Appeler ses élèves par leur surnom, rire ensemble, rester le lundi soir après les cours pour qu'on lui raconte nos vies perso d'étudiants, n'a jamais empêché qu'on soit tous à l'heure, en cours le mardi matin pour parler uniquement d'ostéopathie. Elle est passionnée par les animaux, par son métier et surtout par l'enseignement, ce qui fait d'elle une prof exceptionnelle. Pédagogue, elle écoute, elle nous a toujours poussé dans nos retranchements lorsqu'il le fallait. Elle est très honnête aussi. Donc quand c'est mauvais, elle ne se cache pas de le dire, mais lorsque c'est positif, elle n'oublie jamais de nous féliciter. Arrivé en fin de cursus, je peux affirmer que c'est l'une de mes mentors. Donc je continue avec Charline de la même élève. Charline a fait partie des premières profs de l'école. On l'a énormément eu en cours les premières années de cursus et ça a été un plaisir. Elle nous a aussi appris beaucoup de choses, surtout sur l'aspect mécaniste et structurel de l'ostéopathie. Tout comme Claire, Charline a forcé le respect de ses étudiants. pas avec sa dureté et sa froideur, mais au contraire par sa proximité avec ses étudiants. On connaissait le nom de tous ses animaux, le déroulé de ses séances de travail à pied avec son poulain et pourtant ça nous a jamais empêché de travailler et d'être attentif. Très à l'écoute, pédagogue également, passionnée des animaux et juste, elle a su nous accompagner tout au long avec ses cinq années d'études de la plus belle des manières. Camille, très douce, toujours souriante, on sent que les années de terrain ont fait d'elle une praticienne aguerrie. Très polyvalente dans son enseignement. Elle nous a enseigné plusieurs matières théoriques avec la biomécanique ou l'anatomie, mais aussi beaucoup de pratiques, aussi bien dans le mécanique structurel que dans le vitaliste tissulaire, très pédagogue et à l'écoute des étudiants. Désolée, les qualités se ressemblent pour vous quatre, mais pour moi ce sont les essentiels à avoir pour être une bonne enseignante, donc prenez-le comme un compliment, j'ai adoré l'avoir en tant que prof. Et moi d'une élève que j'ai eue à Paris, tu as été hyper bienveillante, tu véhiculais déjà une belle mentalité en ne parlant pas de... concurrence comme d'autres. Douce, à l'écoute, un exemple. De façon plus personnelle, tu as été celle qui a fait la différence lorsqu'il y avait eu cet acharnement en première année, que tu m'as proposé d'aller prendre ce café, de t'accompagner à la SPA et que tu m'as parlé de créer une bulle protectrice. Vraiment, si j'ai continué la formation, c'est grâce à toi car je n'en pouvais plus de tous au mauvais esprit, ça gâchait tout. Ton impact en tant que formatrice est très important. Et une autre élève de... Paris à l'époque, qui m'a fait plusieurs vocaux, donc j'ai fait un résumé. Elle me disait « Calme et capacité à accepter que tout le monde évolue à son rythme. Prendre le temps de décrire l'intérêt de chaque chose. On sentait que j'étais passionnée et comme j'avais des années d'expérience, j'avais la capacité de faire des liens. Prof favori même des années après. Plein de calme, énormément de patience. Pendant les partiels, ton calme et ta douceur m'ont permis d'être à l'aise à 100%. Ça m'a permis d'aimer aller à l'école. »
- Speaker #2
Ça, c'est trop beau. Je trouve que dans tes deux retours, toi, il y a ce côté où tu as aidé des élèves qui auraient peut-être lâché. Et en fait, leur vocation, tu les as aidés à aller au bout. Et c'est beau, je trouve. Ah oui, non, mais c'est trop beau et ça fait trop plaisir de te dire que des années après,
- Speaker #0
parce qu'elles sont sorties il n'y a pas longtemps, mais moi, ça fait longtemps que je ne les ai pas eues. Tu dis que tu restes encore dans leur esprit, mais comme nous, finalement, on a des profs qui sont encore dans notre esprit. Donc, de se dire qu'on a l'impact qu'on a eu par d'autres enseignants, en fait, c'est fort. On ne se rend pas compte de l'impact qu'on a.
- Speaker #2
En fait, on se rendait compte de l'impact de certains profs qu'ont eu sur nous. Moi, j'ai certains profs, par exemple, avec qui j'ai fait des stages, beaucoup de stages. Et notamment un prof, je ne sais pas si on peut citer les noms, mais Alexis Lion, qui a été un peu comme disait une élève tout à l'heure sur Claire, un mentor, qui a vraiment été un de ceux avec qui j'ai fait beaucoup de stages, beaucoup de formations, qui a toujours eu des mots bienveillants et toujours d'une douceur et d'une justesse. Ce côté encore, on pouvait être familier, les appeler par nos prénoms, mais on bossait et c'était carré. Et voilà, j'ai deux, trois autres profs comme ça qui nous ont marqués et de voir qu'à notre tour, c'est nous. qui sommes ses profs. Alors ça m'a un coup de vieux, mais en fait c'est chouette de se dire qu'on a réussi. On en revient au tout début de la conversation de pourquoi on est venu à l'enseignement. Et d'avoir ce genre de retour, on se dit ok je ne le fais pas pour rien, je le fais parce que ça me passionne, parce que ça m'intéresse. Et au moins, peut-être pas sur tous, mais au moins sur certains, on aura eu cet impact que d'autres ont eu sur nous.
- Speaker #1
Oui, les retours négatifs n'ont peut-être pas été communiqués, mais bon. Voilà,
- Speaker #2
c'est biaisé,
- Speaker #1
je pense qu'il y a un biais.
- Speaker #2
C'est un peu biaisé, mais bon,
- Speaker #1
ça fait un peu booster d'ego, c'est chouette. Et effectivement, de recevoir des commentaires comme ça, qui sont ceux qu'on aurait pu faire à nos profs mentors, c'est hyper touchant. Ça donne du sens, moi, je trouve.
- Speaker #0
Il y en a un dernier, d'une élève de l'école du Sud, qui a fait un petit résumé pour nous quatre, je veux le dire aussi. Alors moi, l'approche de toute la sphère crânienne, savoir s'adapter à son cas en toutes circonstances et comprendre les réactions et les postures de son patient, savoir justifier précisément l'intérêt et l'action de cette technique. C'est marrant parce que ça, en fait, tout ce que je lis, c'est ce qu'on a raconté pendant une heure et demie. Moi, c'est vraiment l'adaptation, le fait des dernières années, le tissu, le crânien et tout. Et vous, c'est la pédagogie, la précision, la métaphore, vous allez voir. Donc je reprends les avis de cet élève pour Claire. La précision... Plus, plus, plus. Connaître l'anatomie. Sortez vos planches ! Connaître l'anatomie pour comprendre sur quoi on agit et les pâteaux. Savoir transmettre ce que l'on a compris du cas au propriétaire, de manière claire et pouvoir le conseiller au mieux. Et gestion du propriétaire. Camille, la locomotion au centre de la séance. Biomécanique, plus, plus. Comprendre ce qu'on observe et ce qui en découle. Être capable de... dézoomer le cas pour le voir en globalité et avoir une stratégie de correction. Charline, pédagogie plus plus plus et retour concret de nos pratiques pour s'améliorer. L'apprentissage des techniques structurelles claires et efficaces. Ah ça, ça revient souvent. C'est aussi d'où tu es issue finalement. La capacité à comprendre et à expliquer ce que l'on fait. La connaissance des sujets un peu annexes comme le sport, les équipements etc. Donc voilà, c'est très beau. Franchement, j'étais contente d'avoir tous ces retours. Même pour l'ego, ça fait plaisir. Et je voulais le dire en fin, pour ne pas être biaisée dans ce qu'on allait raconter aujourd'hui. Et franchement, ça colle pas mal. Est-ce que pour finir, vous auriez des conseils à des futurs formateurs, formatrices ou des conseils aux étudiants qui nous écoutent ?
- Speaker #3
Je vais essayer de parler après toutes ces émotions. Pour les futurs formateurs, je sais, c'est difficile. Mais moi, je conseille quand même de ne pas faire ça directement après l'école. Parce que... Même pour eux, je trouve que le positionnement est très compliqué. D'autant plus déjà quand ça fait quelques années qu'on est sur le terrain, je pense que c'est compliqué. Mais alors quand on vient de sortir et encore plus quand on sort de l'école dans laquelle on va enseigner, c'est-à-dire qu'on a fait des soirées étudiantes avec les élèves qu'on va avoir le lendemain en cours, je trouve que c'est très complexe. Et donc je pense aux formateurs et je pense aussi aux élèves parce que je trouve qu'avoir quelqu'un qui nous enseigne une matière alors qu'elle l'a elle-même eu deux mois avant, je trouve que ça fait perdre un petit peu de sens à l'enseignement parfois. Donc, attendez un petit peu. Je sais qu'au niveau alimentaire, c'est pratique, les écoles, mais je trouve qu'il faudrait quand même se donner un petit laps de temps avant de pouvoir être prof et d'être prof de qualité. Et pour les élèves, n'oubliez pas pourquoi vous avez fait ces études, pour les animaux et pas pour, justement, le CNOV. Je sais que c'est l'objectif de fin d'études, mais c'est pas pour ça que vous êtes rentrés dans vos études.
- Speaker #2
Bon, on va se répéter un petit peu, je pense. Mais effectivement, alors moi, je vais commencer par les élèves. On revient aux mots qu'on dit depuis tout à l'heure, mais faites-vous confiance. Pour moi, c'est un métier qu'on peut faire que si on est passionné, en mots un peu plus terre à terre. Mais si en première année, ça ne vous passionne pas, c'est que ce n'est peut-être pas une voie pour vous. Ce n'est pas un échec. Voilà, c'est votre chemin. Vous ferez autre chose qui vous plaira sûrement plus. Mais en fait, poursuivre dans cette voie, si ce n'est pas une passion, je pense que ça ne fera pas de vous un bon praticien. Ou alors, s'il y a le déclic, peut-être un petit peu plus tard. Mais c'est vraiment un métier où il faut être passionné. Par contre, si ça vous passionne, faites-vous confiance et donnez-vous les moyens. Ce ne sont pas des études faciles. C'est beaucoup de boulot, beaucoup d'investissement, beaucoup d'apprentissage. Des fois, je pense qu'ils ne se rendent pas forcément compte en arrivant de la quantité de choses à ingurgiter et qu'il va falloir connaître pour se cnovre. mais même pour la vie future parce qu'en fait comme je leur dis dès la première année ce que vous apprenez ça vous servira encore quand en première année on leur apprend à tester une épaule mais tous les jours nous on teste une épaule et on répète le mouvement qu'on a appris nous même en première année donc vraiment voilà c'est vraiment des études et un métier passion et pour les formateurs je vais un peu répéter comme Claire je pense que pour être légitime se sentir légitime et que les élèves vous considèrent comme légitime faut avoir un peu de recul et du coup pour avoir ce recul faut un peu d'expérience moi on m'aurait proposé au bout d'un an ou deux j'ai dit non parce que comme tu dis enseigner avec des élèves que j'ai vu en soirée ou des matières que j'ai appris en cinquième année et qu'eux maintenant sont en cinquième année mais moi j'ai que deux ans d'expérience enfin voilà ce côté légitimité et crédibilité je dirais presque parce qu'en fait quand t'es en tant qu'élève et que face à toi t'as celui qui était en soirée avec toi et qui a un an ou deux plus que toi et qui va te dire tu m'écoutes et t'apprends bon voilà au niveau crédibilité et respect je pense que c'est plus dur de se faire respecter d'élèves il y a le côté différence d'âge aussi je pense qu'en ayant acquis de l'expérience et de la maturité ça fait que ça crée une différence d'âge avec les élèves qui crée j'allais dire de façon un peu inévitable une petite distance mais qui crée un respect aussi quoi.
- Speaker #1
Pour pas redire ce que vous avez déjà dit je suis totalement d'accord avec vous mais un conseil en tant que Que formateur, ça serait l'humilité. Parce que franchement, moi je trouve que, c'est très personnel peut-être, mais des profs qui arrivent avec leur science et qui se mettent dans la posture de tout savoir, je trouve qu'en tant qu'élève, j'aimais pas ça. Et je pense que c'est hyper important de considérer les élèves qu'on a comme des personnes. Ça serait mon petit truc. Et pour les élèves, bosser, Parce qu'en fait... Enfin... Ils vont construire en 5 ans, tu construis peut-être ou pas, parce que la vie, elle change. Je suis la première bien placée pour le savoir, mais je veux dire, c'est ton futur, quoi. Et en fait, c'est pour toi. Et n'apprends pas pour les notes, n'apprends pas pour tes parents, n'apprends pas pour plaire, apprends pour toi. Et en fait, même si tu ne deviens plus ostéopathe animalier dans 5 ans, tout ce que tu as appris, c'est capitalisé, quoi. Mais ça te servira forcément un jour dans ta vie.
- Speaker #0
Je suis d'accord avec vous trois. Je n'ai pas grand-chose à rajouter. Peut-être en plus de beauté, de ne pas se contenter seulement de l'école, de s'ouvrir à tout ce qui est autour du bien-être animal. Écoutez Mordant, bien sûr. Non, mais il faut être proactif. Parce qu'en plus, de toute façon, quand vous allez sortir, si vous ne faites rien, il ne se passera rien. Donc la proactivité, il faut la commencer déjà quand on est étudiant. Peut-être en première année, c'est un peu dur. Mais quand on se rapproche à la fin, demander des stages. en plus des stages obligatoires avec l'école, demander à suivre des ostéos, juste dans l'observation, vous allez voir tellement de choses, c'est tellement la vie en plus de l'école, et de s'ouvrir, d'écouter, de lire, même si je sais que parfois on n'a pas le temps parce qu'il y a le mémoire, il y a le machin, il y a les cours, mais il y a tellement de temps pour regarder de la télé-réalité et d'être sur Snapchat pendant 5 heures par jour qu'il y a le temps pour faire ça aussi, donc en fait, il faut juste... Juste savoir et faire des priorités sur savoir comment allouer son temps. Et après, pour les profs et aussi les élèves, n'oubliez pas que les formateurs sont des humains, sont des humains qui n'ont pas appris à être enseignants. Et on est sur le terrain depuis plus ou moins longtemps. Et on vous entend aussi quand vous vous moquez de nous ou quand vous êtes sur vos portables. On vous voit en fait. De toute façon, on a des yeux, on a des oreilles. La valeur numéro un, un des critères forts de l'ostéopathe, c'est d'être observateur. Donc, on vous voit. c'est juste qu'on choisit après de passer outre parce que sinon on fait que ça du flicage et encore une fois on n'est pas formé pour ça donc faites attention vous avez un humain en face de vous et faites attention parce que dans quelques années peut-être que ce sera vous et dans ce cas là vous allez avoir un point de vue différent et aussi pour les futurs formateurs donc il faut un peu se blinder, attendez un peu je pense comme Claire disait d'avoir du recul pour votre posture et légitimité, pour la crédibilité de vous, mais aussi du métier. Je trouve que ça décrédibilise le métier, d'avoir des gens qui sortent, qui n'ont aucune expérience et qui vont être profs, et en fait du coup, ça dilue le savoir de quelqu'un qui n'a pas beaucoup de retour, et tu le dilues comme ça, et du coup, tu apprends, tu donnes ce que tu viens d'apprendre, mais t'as même pas le recul. Du coup, ouais, ça appauvrit, je pense, ta connaissance.
- Speaker #3
Je suis complètement d'accord.
- Speaker #0
Mais en tant que formateur, c'est un vrai challenge. Tu en avais parlé, je pense, Charline, tout à l'heure, ou Camille, c'est qu'en fait, on se remet beaucoup en question et du coup, on rouvre ses cours et du coup, on apprend différemment les choses. Ça fait qu'on évolue en tant que personne et en tant que pro. Clairement, franchement, on rouvre ses cahiers. Donc, on est meilleur au STO,
- Speaker #2
on a une autre vision après de notre pratique et c'est un challenge de tous les jours qui nous fait évoluer, je trouve. Et de rester dans le côté humilité, on ne sait pas tout. on a toujours à apprendre et de continuer en fait à se former parce qu'une école elle vous ouvre il y a des écoles qui ouvrent sur plus ou moins de techniques mais moi personnellement je sais quand je suis sortie de l'école j'avais un bagage solide mais j'avais des manques et du coup d'être humble en disant bah voilà comme les élèves nous demandent des fois bah ça je sais pas mais d'aller du coup derrière faire des formations, se réapprendre je crois que c'est Camille qui disait aussi que selon l'école en fait quand on enseigne aux élèves des fois on apprend Des choses que nous, on n'a pas appris, en fait, et en fait, on apprend en enseignant à l'élève. Et il faut être humble de le dire et de l'acquérir et pas hésiter à aller toujours se former et d'avoir toujours le respect pour les formateurs qui nous refèrent à nous.
- Speaker #3
De toute façon, je trouve que ce soit là, dans le rôle de formateur ou que ce soit dans la vie, l'honnêteté, elle paye toujours. Les élèves, ils vont te respecter si tu es honnête. Ils ne vont jamais mal prendre quelque chose. Et c'est ça aussi, peut-être, d'avoir de l'expérience. c'est qu'on va... moins avoir besoin d'être malhonnête pour cacher des manquements, je pense. Et du coup, on n'aura plus besoin de se mettre dans cette posture où on est en stress, etc. Et après, ça devient du plaisir parce que, comme on a pu écouter les témoignages de nos petits élèves, quand ça en arrive là, on sait pourquoi on enseigne. Ça fait plaisir aux élèves, ça fait plaisir aux formateurs, tout le monde prend du plaisir et ça, c'est hyper satisfaisant. Oui,
- Speaker #1
et puis moi... Un dernier petit conseil aux élèves aussi, c'est que ce n'est pas en sortant de l'école qu'on est ostéopathe animalier, on le devient. Ça fait neuf ans que j'enseigne, je ne suis pas la même que quand je suis sortie de l'école et je ne serai pas la même dans dix ans. Donc en fait, c'est toute la vie. D'où l'importance d'avoir un bagage solide pour partir armée. Mais après, la vie, elle évolue et je pense qu'on évolue avec elle.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour ces derniers mots. Merci à vous d'avoir accepté l'invitation de cette belle table ronde. Ou c'est peut-être moi qui ai accepté. Je crois que l'idée venait de vous. Mais en tout cas, merci beaucoup. J'espère que cet épisode vous plaira. Et si c'est le cas, partagez-le, commentez-le sur Spotify, mettez des étoiles. C'est comme ça que Mordant peut évoluer et avoir de nouveaux sponsors. Merci beaucoup. C'est la fin de cet épisode de Mordant. Merci beaucoup pour votre écoute. Si vous avez aimé, pensez à vous abonner sur votre plateforme d'écoute, à laisser 5 étoiles, à écrire un petit avis, ou tout simplement à le partager autour de vous. Ça fait toute la différence. Pour suivre l'actualité du podcast, retrouvez-nous sur Instagram, et si vous avez des suggestions, des questions, ou juste une envie de dire bonjour, écrivez-nous, on sera ravis de vous lire. On se retrouve très vite pour un prochain épisode de Mordant. D'ici là, prenez soin de vous. et de vos animaux. A bientôt !