- Speaker #0
Bonjour, bienvenue dans ce nouvel épisode de Murmure de Joie. Je suis Bintou Mariko, ambassadrice de la joie. J'aime tisser des liens et célébrer la singularité de chacun. À travers ce podcast, je vous invite à découvrir des voix inspirantes, à célébrer ensemble la joie et à laisser résonner ce qui nous relie. C'est ce que je transmets à travers mes sociétés. Imaridia destinée aux entreprises, Djamma dans la mode et maintenant avec ce podcast Murmure de joie que j'ai l'immense bonheur de vous offrir. Aujourd'hui, je vous amène loin de Paris. Je vous amène dans un lieu vibrant, habité, où l'amour, l'art et la conscience se rencontrent. Je suis allée à la rencontre de Sophie. J'ai connu Sophie pendant le confinement. dans des cercles de reliance du mouvement Éclore. Éclore est une communauté de créateurs et créatrices de culture qui aspire à redonner du sens au travail et à contribuer à une société plus humaine. Ces espaces, pendant le confinement, étaient des espaces où l'on venait s'inspirer, où l'on venait respirer, méditer, partager, en toute sécurité, dans le respect et la présence. Déjà à cette époque, Sophie m'avait touchée par sa lumière, par la justesse de ses mots, par cette douceur qui traverse sans bruit, sans éclat. Elle était très présente à nous, nous étions très présents les uns aux autres. Depuis, j'ai suivi le parcours de Sophie sur les réseaux sociaux, j'ai pris des nouvelles de temps en temps et je peux vous dire qu'elle a tracé une belle route. Et à ses côtés aujourd'hui, il y a Nartan, Nartan, son mari. Ensemble, ils tissent un casque et transmettent leur parcours de vie. Alors j'ai pris la route pour venir jusqu'à eux, ici à Saint-Antoine-l'Abbaye, à Nisère, aux portes de la Drôme. Un village tellement chargé énergétiquement. En tout cas, c'est ce que je ressens et que c'est ce que j'ai ressenti. J'ai pu donc assister à leur dernière création, le spectacle L'Appel du Tantra. Alors, cette pièce, ce spectacle n'est pas qu'un mouvement artistique, n'est pas qu'un mouvement artistique. C'est une expérience, une expérience unique, sensorielle, poétique et vivante. Alors, ils ne sont pas deux, ils sont trois dans ce spectacle. Selon leur propre dire, l'appel du tantra explore les chemins de l'amour, de la conscience, de la résilience, oui de la résilience, et de la transcendance. Et puis j'ai fait un saut rapide dans leur vie après ce spectacle pour converser avec eux, parler de joie, de liberté et de retour à soi. Et bien maintenant, je ne vais pas vous en dire plus, je vous propose... de faire place à l'épisode. Très bonne écoute. Allez vraiment jusqu'au bout. Sophie et Nartan sont tout simplement incroyables et riches de leur parcours. Bonne écoute. Bonjour Sophie. Bonjour Nartan.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Alors, je suis ce matin chez vous. J'ai fait le chemin depuis Paris pour venir vous voir, voir votre spectacle hier. Je pense qu'on aura l'occasion d'en parler. Pour commencer, est-ce que vous pouvez me dire chacun de vous qui vous êtes ? Et puis on parlera bien sûr de joie ensuite et d'autres sujets fort intéressants.
- Speaker #1
Merci Bintou d'être venu à nous.
- Speaker #2
Moi j'aurais bien l'inspiration que tu me présentes et que je te présente.
- Speaker #1
Wow ok, surprise, c'est ok ? J'adore. Tu veux commencer ?
- Speaker #2
Vas-y.
- Speaker #1
Eh bien, Nartan, c'est... Je vais commencer par ce que j'ai vu en toi tout de suite. C'est le danseur de l'extase et de l'amour. Nartan, ça veut dire le danseur. Et quand je t'ai rencontré, tu t'appelais Jean-Baptiste. Et tu cherchais ta danse. Et quelque part, je t'ai rencontré en formation de tantra. Et j'ai tout de suite vu que... au fond de Jean-Baptiste, il y avait ce nartane, même si le mot nartane n'existait pas encore. C'est-à-dire, j'ai vu comme ton naissance première dans le spectacle, je dis, tu es le saltimbanque du divin. Pour moi, tu es un artiste qui chante, qui danse profondément avec le cœur ouvert, la tête dans les étoiles, les pieds vraiment sur terre. Comme tu dis, tu as cette culture en toi d'engagement pour la vie. Tu dis souvent que tu es tombée dans la marmite quand tu étais petite, parce que tu as grandi dans le village et une communauté de l'arche, donc pas de l'arche de Jean Vannier, mais de l'arche qui est liée à Gandhi, un disciple de Lanzadelle Vasto. Et je dis ça parce que tu as grandi dans cette communauté qui est dans le village, et ça fait vraiment de toi quelqu'un... Oui, d'incroyablement, depuis toujours, branchée à une forme de spiritualité incarnée. Il y a les oncles et les tantes autour, le village qui est là. On dit en Afrique qu'il y a besoin de tout un village pour élever un enfant. Et Nartan, il a ça en lui. Et puis, quelque part, tu cherchais ta danse parce qu'on a tous des conditionnements. Et tu avais envie d'aller vers ta... Encore autre chose qui est... Jean-Baptiste, c'est celui qui annonce la joie quelque part. Et Nartan, c'est celui qui la danse. Et quand je t'ai vue, tu m'as réveillée à ça en moi en fait, parce que tu vibres ça fort. Et aujourd'hui, tu étais militant engagé dans le monde et aujourd'hui tu es toujours militant, mais peut-être plus intérieurement en étant animateur de tantra avec moi, en étant aussi thérapeute pour aider les gens à retrouver leur sécurité profonde. Et la sécurité, c'est ce qui permet de s'ouvrir à l'audace, à la liberté, à l'extase de vie. Voilà, tu es aussi parent magnifique d'un enfant de 11 ans, Amael, qui partage notre foyer une semaine sur deux. Et j'aime beaucoup la manière dont tu partages ta vision de la vie avec lui, dans cette écoute de ce qu'il le traverse, cet enfant. Et tu es aussi, à la base, éducateur spécialisé. Et tu me fais la joie de m'offrir une famille, parce qu'on a des gens en situation de handicap qui viennent aussi à la maison. Et tu transmets qui tu es et qui on est aussi dans ces espaces-là. Donc tu es, pour moi, ce Nartan incarné et toujours en chemin.
- Speaker #0
Merci Sophie.
- Speaker #1
Merci,
- Speaker #2
Alors, pour toi Sophie, Sophia. Donc j'ai connu moi comme Sophia, bien que ton prénom c'était Sophie. Et quand je t'ai connue, tu t'es présentée comme Sophia. C'était un stage où c'était possible de choisir un nom qu'on avait envie. C'est celui-là qui t'habitait. Ce qui est rigolo pour la petite histoire, c'est qu'après, quand on s'est revus, j'ai dit, moi, je connais beaucoup de Sophie. Est-ce que je peux t'appeler Sophia encore ? Et c'était oui, mais on n'imaginait pas tous les deux qu'on vivait ensemble et que tu deviendrais finalement Sophia au quotidien avec nos amis ici.
- Speaker #1
Et c'est bon d'entendre Sophie, parce que Bintou, il connaît tout mon chemin.
- Speaker #2
Bien sûr. Tu es Sophie, Sophia, et puis... Tu as aussi un prénom d'initiation qui est Guitama, que tu ne portes pas dans le quotidien, mais qui veut dire la chanteuse. Moi, c'est le lanceur et elle, c'est la chanteuse. Et chanteuse de l'amour et de la vérité. Parce que j'ai vu ça aussi en toi, une personne vraiment alignée dans son être et qui exprime sa vérité et qui chante l'amour quelque part dans ton être. Voilà, une magnifique chanteuse, danseuse aussi. Elle nous a fait une petite blague, notre enseignant, en disant, moi, c'était le danseur et toi, la chanteuse. Parce qu'en fait, moi, je chante beaucoup plus que je ne danse, à la base. Et toi, tu danses plus que tu ne chantes. Mais voilà, on se transforme ensemble. Et toi, Sophie, Sophia, tu as grandi plutôt en ville, à Paris. Tu as eu un parcours plus classique, on peut dire, avec toute sa beauté, sans jugement. Et ça t'a amené à faire une école de communication, grande école, de travailler dans ce milieu-là de la communication à Paris, avec quelque part beaucoup de beauté, de créativité, et en même temps, comme tu le dis dans le spectacle, un système qui t'étouffait. Tu as vécu aussi une histoire de vie personnelle avec une difficulté à avoir un enfant, une impossibilité, et des traumas avant ça qui ont peut-être contribué probablement à ça. et du coup à un moment donné grosse épreuve de vie avec voilà on n'arrive pas à avoir d'enfant finalement ton compagnon te quitte et puis la vie perd de plus en plus son sens dans une grande boîte de com à travailler pour un système qui se nourrit de ton énergie mais toi tu t'y retrouves pas au niveau du sens même si t'explores ta créativité tu te découvres là dedans, tu es reconnu pour ça tu gagnes bien ta vie, mais il y a quelque chose vraiment qui te manque au niveau du sens profond.
- Speaker #1
Qui appelle.
- Speaker #2
Qui appelle, qui pousse, jusqu'à ce qu'à un moment donné, tu fasses le pas de quitter ce travail. Et je crois que c'est à ce moment-là que vous êtes rencontrée avec Bintou, au sein du mouvement Éclore.
- Speaker #1
Oui, merci Éclore.
- Speaker #2
Une magnifique association qui cherche des chemins d'humanité au travail. Et puis de là, tu as cheminé vers le tantra. vers la peinture, vers le life art process dont tu parleras peut-être puisque c'est aussi une des clés d'ouverture vers la joie pour toi la peinture, l'expression artistique Que d'ailleurs, dans le tantra, on en reparlera certainement, mais c'est aussi depuis des siècles, des millénaires, une des voies spirituelles, l'expression artistique. Je trouve qu'on est aussi artistes. Et puis à un moment donné, de façon assez improbable, tu te retrouves, je passe plein d'étapes bien sûr, mais tu te retrouves dans cette formation d'animateur avec notre enseignant Chetan, et puis on se rend compte ce jour-là. Et très vite, il y a quelque chose qui émerge de nous, beaucoup plus fort que nous, beaucoup plus vaste que nous. qu'on n'imaginait pas, qu'on ne cherchait pas du tout.
- Speaker #1
Et on devient ensemble, quelque chose d'autre quelque part. Il y a Nartan, il y a Sofa, et on devient ensemble. On prend encore d'autres formes tous les deux en étant ensemble.
- Speaker #2
Comme si cette relation nous aidait à nous révéler un peu plus encore. Et je vois en toi, que j'ai vue dès le début, une femme vraiment extraordinaire, qui danse, qui rayonne. Vraiment la joie. Je comprends Bintou que tu veuilles interviewer Sophia. Je pense que j'avais vraiment ça en moi mais j'avais du mal à le manifester. Je dirais que c'est le tantra qui m'a aidé à débloquer tout ça en moi et toi. Je ne sais pas lequel est le plus important des deux.
- Speaker #1
C'est le duo gagnant.
- Speaker #2
C'est ça. Pour moi, un mot qui te décrirait bien, c'est embraser. embraser le cœur du monde, embraser... Tu vois, aller dans le monde pour embraser ce monde qui est quelque part un endroit assez triste, assez gris, et il y a tellement de gens qui ont besoin de cette joie que quelque part tu es née jumelle aussi, je dois le dire, je ramène ça à la fin, mais c'est aussi important parce que tu as connu l'unité, l'union profonde dans l'incarnation, sur cette terre, et puis après, la vie fait que tu n'es plus ensemble, c'est normal. Mais tu as gardé cette sensation d'union et d'unité.
- Speaker #1
Très forte.
- Speaker #2
Et de joie. Vous étiez deux petites filles, elle est vraiment pétillante, extraordinaire, qui apportait de la joie autour d'elle. Et là, tu retrouves pleinement ça depuis quelques années, et tu le partages. Je remercie vraiment la vie de cette rencontre.
- Speaker #0
C'est vrai que, Sophie, oui, j'ai pensé à toi pour ce podcast, du coup à vous, parce que, Nartan, je te connaissais sans t'avoir vue, mais je... J'ai suivi Sophie, les aventures de Sophie, tout le long, je t'ai toujours gardé quelque part dans mon cœur. Et j'ai pensé à toi pour ce podcast parce que, justement, je t'ai connue à travers les cercles de reliance, de paroles, d'éclore. Et c'est vrai que tu avais cette humanité, cette lumière en toi, la joie de vivre aussi. Et voilà, donc c'est des choses qui ont, à un moment donné, touché mon cœur. Et donc, tu es resté dans mon cœur, vraiment, même si on était éloignés. Et donc, quand j'ai commencé à faire la liste des futurs invités de mon futur podcast, eh bien, tu étais sur la liste. Voilà. Donc, c'est pour ça que je suis là aujourd'hui. Merci de vous être présentés l'un et l'autre. Et ça montre aussi à quel point vous vous connaissez. Je pense que c'est un exercice qu'on pourrait peut-être recommander au couple, d'ailleurs.
- Speaker #1
Carrément.
- Speaker #0
D'essayer de présenter l'autre. son parcours, qui il est profondément et de voir si c'est validé par celui qui est présenté ou celle qui est présentée. Je trouve ça hyper intéressant l'exercice que vous venez de faire qui était complètement spontané.
- Speaker #1
Ah ouais, merci Nartan.
- Speaker #0
Merci pour la proposition Nartan. Alors, on est là pour parler de vous, pour parler de joie. On va beaucoup parler de tantra aussi et le lien avec la joie. J'ai cru comprendre qu'il y en a beaucoup. Déjà, dans le spectacle que j'ai eu la chance de voir hier, Je ne vais pas spoiler, mais il y a de l'interaction avec le public dans ce spectacle. Et souvent, le mot qui revenait quand même, je l'ai noté plusieurs fois, il y avait le mot « joie » . Très souvent. Là, maintenant, à cet instant précis, qu'est-ce qui est en vous, vraiment, si vous pouvez exprimer ce que vous ressentez là, maintenant ? Hum.
- Speaker #2
Moi, je dirais de la communion. Comme si la vie nous réunissait, là, tous les trois pour cet instant magique. Je vois tes petites larmes qui perdent dans tes yeux, Sophia. Et je sens de la communion, et dans laquelle j'intègre aussi les personnes qui nous écouteront. Comme si je sentais qu'on vivait un moment important et fort. Et je suis touché aussi par cette connexion avec des gens qui nous écouteront. Voilà, qu'on se rencontrera peut-être un jour, peut-être pas, mais qu'on est ensemble sur cette terre. Et pour moi, c'est vraiment ça qui me touche dans cette voie du tantra, mais qu'on peut trouver dans d'autres voies, évidemment, dans la musique, le chant, la poésie, etc. C'est de sentir cette... ce frémissement et cette vie qui pulse en moi, mais en toi, et en toi, et en toi, et en toi, et en toi, et qu'en fait c'est la même, et qu'on a cette source commune, et que je le ressens très fort dans cet instant.
- Speaker #1
Merci Martin. Waouh, c'est vrai que, effectivement, ta question me porte aux larmes, parce que... En fait, elle me permet vraiment de vivre l'instant avec toi, avec toi Nartan, avec vous qui nous écoutez, et en même temps avec moi profondément. Et là, dans cet instant, comment je me sens ? En fait, c'est comme si tu venais exactement dire c'est quoi le tantra pour moi, c'est reconnaître. Souvent, il n'y a pas le temps de reconnaître. Et donc là, je reconnais qu'en fait, à l'intérieur de moi, il y a un sentiment de joie, d'extase toute simple, qui est juste de se poser cette question-là et de me rendre compte que... Rien que te voir, Bintou, c'est une joie parce que tu rayonnes ça. Mais c'est aussi, si je parle de moi, mesurer le chemin parcouru et juste l'apprécier. L'apprécier encore et encore. Quand tu me dis qu'il y a quatre ans, tu voyais déjà cette joie en moi, je ne suis même pas sûre que moi je la voyais complètement parce qu'elle était encore en devenir. Et là, d'un coup, je suis propulsée cinq ans plus tard. Et je suis touchée dans comment je me sens. Je me sens émerveillée par le chemin qu'il est possible de parcourir. parcourir sur cette terre, même quand il y a une grosse épreuve que je vivais quand même à l'époque, de ne plus savoir exactement qui j'étais, où j'allais, mais en fait j'avais des cercles, comme tu dis, une communion possible avec des êtres en chemin comme nous, qui cherchent en fait, sans forcément savoir ou trouver, mais qui sont ouverts à sentir qu'il y a quelque chose de plus grand, et on peut se relier ensemble, que ce soit de la joie ou de la souffrance. Et là du coup, j'ai toutes ces images qui reviennent de ces cercles éclores, qui nous amènent à nous retrouver aujourd'hui, et à juste goûter l'instant présent de je suis Merci. tellement vivante. Je vois mon jardin, je vois le sureau du jardin qu'on est en train de boire. Je vois la main de Nartane qui est dans la mienne. Ta qualité de présence. Et je me sens à la maison, avec vous. Et j'en pleure de merci.
- Speaker #0
Merci Sophie. C'est vrai qu'on est dans une... Jolie maison, pleine nature, avec des fleurs autour, des arbres, avec des feuilles magnifiques, colorées. Voilà. Et en fait, ça me donne goût à la vie. C'est pas que j'en manquais, mais là, je suis en train de me dire, elle est vraiment belle la vie, les rencontres. Si on s'était dit pendant nos cercles que quelques années après... où chacune aurait traversé son chemin et qu'on se retrouverait là, toi avec Nartan à tes côtés, à parler de joie et de tantra. Franchement, merci la vie.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et donc le tantra, qu'est-ce que c'est ? Parce qu'on entend beaucoup de choses sur le tantra. C'est souvent relié au sexe, à la sexualité. Moi, je sais que ce n'est pas... ce n'est pas le sexe pour le sexe et que ce n'est pas que du sexe le tantra. Mais je n'ai pas suivi les enseignements donc je vais vous laisser en parler à nos auditeurs et moi apprendre en même temps aussi. Qu'est-ce que c'est que le tantra pour vous ? Et qu'est-ce que ça a changé dans vos vies surtout ? Et depuis quand vous l'avez rencontré ? Ça fait plein de questions mais vous avez la parole libre là-dessus.
- Speaker #2
Eh bien... Je pourrais commencer par comment j'ai rencontré, avant de dire un peu plus ce que c'est. Mais moi, je vivais donc un gros, gros deuil de vie. J'ai perdu un enfant avec ma précédente compagne. Et un moment de, en même temps, de grande, grande vulnérabilité, en même temps de grande ouverture aussi à la vie. à explorer. Et là, un ami m'a dit, écoute, je crois vraiment que tu devrais explorer le tantra. Et moi, je cherchais aussi à explorer c'est quoi le masculin, et je sentais un manque de ce côté-là. Et donc, c'était par ce prisme-là. Quelqu'un m'a dit, cet homme-là m'a dit... J'ai fait un stage de tantra homme et je crois vraiment que tu dois y aller. Et moi, j'étais là, bon, le tantra, pour moi, c'est un truc vraiment bizarre. Il y a de la sexualité, de la spiritualité. C'est quoi ce truc-là ? Bon, j'y vais. Je fais confiance. Je suis vraiment dans cet état. Bon, ben, il faut explorer la vie de toute façon. Elle me présente ça. Et là, je prends une grande, grande claque. Parce que je rencontre une voix qui me bouscule un petit peu. Parce que, voilà, moi, j'étais d'origine chrétienne à la base. Et j'ai toujours, voilà... des racines dans mon cœur en lien avec le Christ. Et j'avais cette culture aussi. Donc là, c'était une culture assez différente. Ça vient d'Inde. C'est une voie spirituelle plurimillénaire qui vient d'Inde, qui a d'autres référentiels, qui n'a en même temps pas vraiment de dogme, de « il faut croire ci, il faut croire ça » . C'est très, très libre. C'est plutôt une voie d'expérience. Donc j'ai plongé dans l'expérience avant vraiment de connaître qu'est-ce que c'est, d'où ça vient, etc. Et la claque, ça a été de... Je résume un peu dans le spectacle de... Je peux vraiment rencontrer ma puissance d'être et qui part notamment de ma racine, de mon élan vital, de ma sève de vie et de mon énergie de vie que j'avais vraiment perdue dans la vie. Il y a l'éducation, il y a les traumas, il y a le travail tel qu'il est, il y a toutes sortes de choses qui nous coupent notre élan vital. Et là, je commence à le recontacter et à sentir que je peux me redresser. Après, le fait d'être entre hommes aussi, c'était comme une initiation. Je pense que dans toutes les sociétés, à la base, avant de devenir adulte, on passait par un temps entre hommes et puis un temps entre femmes. Et là, on manque cruellement de ça. Et là, je me retrouve avec des hommes à travailler et sur cette dimension de puissance, d'alignement, de verticalité qu'on peut trouver dans le masculin, mais en chaque personne, homme ou femme, et sur la sensibilité profonde que j'avais, mais que j'avais du mal à exprimer aussi. Et donc, je pouvais... réunir quelque part les aspects du yang et du yin à l'intérieur. Le tantra ne parle pas de ça de cette façon-là, mais clairement il y a plongé dans, on pourrait dire, le masculin et le féminin, dans les polarités, quelque part les alchimiser en soi. Donc ça, ça a été très très très fort. Et puis après j'ai poursuivi le tantra plus mixte aussi avec des femmes, et c'est vrai que j'ai découvert... qu'il y avait une forme de sensualité, de sensorialité qu'on pouvait explorer sans que ça soit connoté sexuellement, avec des femmes, des hommes, des êtres, au-delà de la forme, du sexe, de l'âge, etc. On pouvait se rencontrer par le toucher, et un toucher qui nous rend présent et vivant. Un toucher, quelque part, des fois on peut dire même dévotionnel, c'est un mot un peu étrange dans notre société, mais dévotionnelle au sens de waouh ! Cette personne, c'est une parcelle de l'univers, du cosmos, que je viens reconnaître avec mon toucher, ou qui vient me reconnaître, et ça me rend totalement présent et vivant. Avant, j'ai beaucoup médité, beaucoup cherché à cette présence intérieure, mais j'étais coupé de mon corps et de mon énergie de vie, et beaucoup dans ma tête, donc je passais beaucoup de temps à réfléchir. Et là, tout d'un coup, je découvre une voie où je trouve des clés, pour moi en tout cas, de « Ah ! » Voilà, là je goûte vraiment enfin la présence et la joie qui revient bien sûr par l'énergie qui recircule partout. Parce qu'elle était coupée, elle était un peu tordue l'énergie comme je peux dire. Et là voilà, là j'ai décrit un petit peu par l'expérience, je ne sais pas si tu veux décrire un petit peu autrement.
- Speaker #1
Je pense qu'il y aurait une définition du tantra peut-être à chaque instant, mais dans l'instant qu'elle a, ce qui me vient... C'est que le tantra, on appelle ça une voie d'éveil. Mais je dirais une voie d'éveil qui n'est pas coupée de mon corps, qui n'est pas coupée de l'autre, qui englobe tout. Une des définitions de tan, la racine du mot tantra, c'est à la fois tisser, tisser entre toutes nos dimensions, mais aussi tan comme totalité. Et ce mot pour moi, il est tellement réparateur, réunificateur. Je suis... Tout cela à la fois. Je n'ai plus besoin de séparer mon corps, mon cœur, mon esprit. Ça peut être l'ensemble. Et je m'éveille à la vie en intégrant toutes mes dimensions. Ma dimension d'énergie vitale, d'énergie sexuelle. C'est pour ça qu'il y a beaucoup d'idées reçues mal comprises sur le tantra. C'est une des seules voies spirituelles qui accueille l'énergie de vie, l'énergie vitale, au même titre que l'énergie du cœur ou que l'énergie plus subtile. Parce qu'en fait, c'est une seule et même énergie quand on coupe. pas les cheveux en quatre, ou qu'on coupe pas l'être humain en quatre, eh ben c'est ok, tu es présent dans ton énergie vitale, tu l'as fait monter au cœur, tu es ce cœur aussi, tu es cet être d'émotion, cet être de relation, cet être psychologique aussi, et puis tu es cet être spirituel. Et donc dans le tantra, en fait, on vit des expériences pour se rappeler cela. Tout ce qu'on fait en tantra quelque part, que ce soit de la danse, des massages, des respirations, des mantras, des visualisations, du toucher présent conscient, comme si on a parlé d'Artane, c'est dans l'unique intention de se rebaigner dans la source que nous sommes, dans cet être de, je vais reprendre ce mot, cet être de joie que nous sommes au fond, de le reconnaître, il n'y a rien à fabriquer. C'est parce que cette vibration-là, quand tu m'as demandé comment ça allait tout à l'heure, je fais ce pas et je la retrouve en fait. Donc le tantra, c'est une voie d'éveil par la reconnaissance de ce qui est déjà là. Et les pratiques que l'on fait, c'est pour se reconnaître. en tant que cet être total, parce que notre éducation, certains préceptes religieux, la société actuelle nous en coupent largement. Et même dans les temps anciens du tantra, millénaires, il y avait des dogmes, l'hindouisme, les castes, etc., où il y avait besoin de se rappeler, en fait, non, on n'est pas séparés. Donc, voie de reconnaissance, voie d'acceptation de tout ce que nous sommes, voie d'abandon, donc une voie assez... entre guillemets yin, au sens où on n'est pas là pour volontairement vouloir s'éveiller. En fait, l'éveil, il est déjà là. Et on te demande plutôt de te détendre, de retrouver ta spontanéité pour que ce frémissement de joie puisse revenir, réémerger. Donc c'est une voie de l'abandon aussi. Et parfois, il y a des endroits dans le tantra où on oublie pourquoi on fait des massages, pourquoi il peut y avoir un toucher ou quoi, et du coup on peut tomber dans quelque chose qui utilise le tantra pour juste vivre des moments un peu de kiff. Mais en fait, le risque là, c'est de créer des addictions à ces moments-là. Alors qu'en fait, si tu te rappelles bien de l'intention qui est de revenir dans ce bain d'amour, ou quelque part, oui l'autre il est là pour t'aider, mais tu peux le vivre seul, tu peux le vivre devant ton thé, au sur-eau. devant tes yeux, devant l'arbre qui est là, dont on parlait tout à l'heure, et reconnaître. Je dirais que c'est ça pour moi le tantra. Et du coup, m'éveiller à ma nature profonde. S'il y avait une définition, c'est revenir réveiller ma nature profonde. De Sophie, qui vibre ça à l'origine, qui l'a plein de fois oubliée à cause des épreuves dont on a parlé. Et on peut faire le choix qui est tout le temps des épreuves, tout le temps des circonstances extérieures qui nous coupent de cette félicité, de cet extase. Amanda.
- Speaker #0
Et bien sûr, on le sait, pour certaines personnes, c'est très difficile d'accéder à cette joie, au sens où on vit dans un système qui nous coupe de ça. Le tantra nous rappelle juste que peut-être cet extase est quasiment sans condition, mais il y a tout un travail pour le reconnecter. J'avais envie de rappeler que pour moi, le tantra, c'est replonger à cette source-là et toutes les pratiques que je fais, ou les non-pratiques que je fais, c'est me rappeler ça.
- Speaker #1
Et puis, aussi, pour compléter, Tu disais que ça peut se faire seul. Bien sûr, c'est une voie permanente. Ce n'est pas de temps en temps, on le pratique, quand on fait un stage ou quoi que ce soit. C'est vraiment une voie à vivre dans le quotidien. Seul, soit avec soi. Mais ce que je trouve vraiment magnifique, qui n'existe pas tant que ça de voie, c'est que c'est une voie relationnelle qui nous enseigne et nous propose des expériences pour faire revivre cette... état d'unité aussi avec l'autre. Parce qu'il y a pas mal de voies dans lesquelles je vais méditer tout seul dans une grotte, où à un moment donné, peut-être j'atteins un certain état de connexion avec le grand tout, on va dire, et puis je reviens, je sais pas, en ville, voilà, et puis là, les gens, ils sont comme ils sont, puis ça m'énerve, et puis je perds cet état, quelque part. Et là, dans le temps, il ne s'agit pas non plus de maintenir totalement un état de pur extase débordante en permanence. Mais disons qu'on peut regouter ça de plus en plus avec l'autre. Et ça pour moi c'est vraiment extraordinaire. Parce qu'après ça se manifeste aussi dans la vie. Une rencontre, on est moins fermé à l'autre. Et on peut goûter cette joie. Alors pas forcément comme un truc totalement débordant. Peut-être des fois oui et génial. Et puis d'autres fois c'est tout simple. Margot Hanon, là, une des piliers du... qui a fait redécouvrir le tantra en Occident, qui a créé quelque part le néo-tantra. Elle a un livre, L'art de l'extase au quotidien. Elle dit qu'il y a des grandes extases fabuleuses qui arrivent quelquefois dans la vie, on connecte hyper fort, intense, sur-intense, et puis il y a toutes les petites extases du quotidien qui est simplement de la présence. On aime bien parler de présence amoureuse.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. La présence, c'est-à-dire cet état assez vaste, assez épuré, assez minimaliste. Je suis présent. et en même temps amoureuse, c'est-à-dire que je ne me coupe plus de cette vibration peut-être amoureuse, de mes sens, de l'intensité de la vie. Je les alchimise ensemble et ma présence devient de plus en plus intense au monde parce que j'intègre aussi toutes les dimensions sensorielles de la vie.
- Speaker #1
Et dans les toutes petites choses, vraiment minimes, comme boire son thé, marcher dans la rue.
- Speaker #0
S'embrasser en conscience. Et c'est là où le tantra peut changer ta sexualité. Le tantra, ce n'est pas le sexe, mais ça a des impacts sur toute ta vie. Et donc, la sexualité mécanique d'aujourd'hui, très pénétrante uniquement dans... Couper du corps. Couper du corps, qui utilise souvent l'autre, qui a un programme préliminaire, orgasme ou souvent pas orgasme, et puis on s'endort. Ce n'est pas tantrique, ça, en fait. Ce n'est pas que le tantra fait de la sexualité, c'est qu'il va te dire, en fait, amène juste que tu rencontres en tantra la présence. La connexion par le regard, le souffle, et du coup ta sexualité ne peut plus être la même en fait. Ça peut être juste laisser nos peaux vibrer l'une contre l'autre, et rentrer dans ce frémissement, c'est peut-être ça faire l'amour aussi.
- Speaker #1
Ça peut être très très lent, ça peut être très très fougueux, ça peut avoir toutes sortes de couleurs. Le tantra ne dit rien sur la sécurité, il dit juste soit présent, écoute ce qui est là, laisse émerger, plonge dedans, et on apprend à le faire avec l'autre, et du coup... ça devient un voyage, une danse qui ne peut jamais ressembler à celle d'avant. Jamais, jamais, jamais.
- Speaker #0
Tu me posais la question de comment je suis venue au tantra. C'est vrai qu'il y a beaucoup de personnes qui vont peut-être arriver avec ces questions-là, parce qu'il y a une telle pauvreté et traumatisme et violence sur la sexualité que quelque part on cherche des solutions. Et on se dit, pourquoi pas le tantra ? Et c'est ok d'arriver par cette porte. C'est juste qu'elle va te permettre, effectivement, d'aller observer, régler, regarder peut-être tout... toutes ces coupures ou toute cette avidité, pas pour en rester là, mais pour permettre justement de se rendre compte que cette énergie, en fait, elle a toute sa place. Tu peux circuler avec, tu peux respirer avec, et ça va ouvrir ton cœur, et ça va ouvrir ton esprit. Donc ça peut être un point de départ. Il y en a qui vont peut-être arriver au contraire par le haut, par la spiritualité, et ils sont très coupés du bas, ils vont faire redescendre. Moi, la question de comment j'ai commencé le tantrage, ça m'est venu par cette question, après ce deuil de ne pas avoir pu donner d'enfant, comme un... un effondrement un peu de ma vie où plus rien n'avait de sens. La question qui m'est venue et que je dis au spectacle hier, c'est Sophie, Sophia, as-tu déjà écouté tes désirs ? Je dirais même ton désir avec un grand D. Mais non. Mais c'est pas le désir, le petit désir, le plaisir superficiel. C'est ton désir profond d'être, en fait. Et bien sûr, dans ma sexualité, j'étais assez coupée de ça. C'est pas de la faute de l'autre, c'est parce que moi j'ai une histoire de trauma, un abus quand j'étais enfant. Je me suis construite, si tu veux, de manière dangereuse autour de ça, et puis de manière dissociée, de manière un peu anesthésiée. Et quand j'ai pensé désir, c'était, si c'est coupé ici, comment tu veux que ce désir soit là dans le choix de mon travail, dans le choix avec qui je relationne ? C'est coupé, donc c'est pas authentique quelque part. Et là, il y avait, écoute ce grand désir, et je suis arrivée, et je me suis rendue compte que par des pratiques très simples, ce désir, cette énergie vitale, elle était là, en fait. Je croyais qu'elle était coupée. Je croyais que ça marchait pour certains et pas pour d'autres, en fait. Ça, c'est ce que me raconte mon mental. Mais quand tu t'accroches à tes croyances, tes croyances deviennent réalité. Donc, revivre des expériences, on va dire correctrices, où je vais pouvoir réassocier le toucher, le contact avec l'autre, que ce soit une femme ou un homme, un être, sentir que cette joie, elle est là, ça va transformer ma vie derrière. Parce que je recrée des expériences qui me disent, oui, c'est possible et c'est toujours intact en toi.
- Speaker #2
Super, merci. Et Nartane, nous voici revenus autour de cette table. Alors, pour nos auditeurs, on avait fait une pause de quelques heures. Oui. Nartane avait une réunion sur un projet dont on parlera probablement. Et Sophie et moi, on est partis faire de la cueillette. Donc, on a pu cueillir des asperges, des cerises, de la menthe, du romarin. Voilà, je repars avec mon sac rempli de plein de trucs très sympas. Du jardin. Voilà, de votre jardin.
- Speaker #0
Des cerises.
- Speaker #2
Du sirop. Du sirop. Et tout est bio, c'est ça.
- Speaker #0
C'est ça, bah ouais, tout est fait avec amour dans le jardin. Super.
- Speaker #2
Et donc là, on reprend. Alors, on s'était arrêté, t'avais parlé d'éveil. d'éveil de soi par le tantra et j'avais une question justement avant d'arriver à l'étape d'éveil, est-ce qu'il y a une étape de connaissance de soi ou pas forcément ? Ou est-ce que tout se fait en même temps, tout est imbriqué ? Si tu peux nous éclairer là-dessus.
- Speaker #0
C'est vrai que le tantra... nous amène à cette connaissance de soi. On parlait de nature profonde, d'essence première. Et quelque part, on parle beaucoup de la connaissance de soi dans le développement personnel. Et c'est vrai qu'on a besoin de ça, de savoir quels sont nos talents, quelle est notre personnalité, notre manière de faire. Je dirais que le tantra l'aborde de manière un peu plus fondamentale sur retrouver cette essence première de « je suis » . Je crois que le mot sanscrit pour dire « je suis » , Merci. « Aham » et on se répète ce mantra-là « Aham, je suis » . Mais on est plutôt, je dirais, moins à se poser la question de « il faut que je trouve qui je suis » que reconnaître déjà ce « je suis » . C'est-à-dire quand je respire, quand je reviens à moi et que je sens cette vibration à l'intérieur de moi. Quand simplement je pose ma main, peut-être que les auditeurs peuvent le faire sur ma peau, en présence, où je ne suis plus en train de faire autre chose. Je sens ma peau, la peau de ma main sur la peau de mon bras par exemple, et je me plonge totalement dans ça en respirant. Et je peux me dire « je suis » . Et en fait, mon mental pourrait avoir envie de partir ailleurs, mais si je ramène ma présence à cette peau qui vibre, peut-être on sent des petites vaguelettes de présence, c'est reconnaître fondamentalement que derrière tous les tracas, Derrière toutes les obligations, les agendas surchargés, je peux respirer dans mon cœur et sous ma peau et sentir « je suis » . Peut-être une minute par jour, deux minutes, respirer, inspirer, expirer et sentir ta peau. Donc, on pourrait dire que ce n'est pas une connaissance de soi quelque part, où on ne ressort pas de cette pratique en se disant « qui suis-je ou vais-je ? » Par contre, on ressort avec une expérience de, en fait, derrière tout le brouhaha, il y a ce « je suis » fondamental.
- Speaker #1
C'est la connaissance du soi.
- Speaker #0
La connaissance du soi.
- Speaker #2
La reconnaissance du soi, peut-être.
- Speaker #0
La reconnaissance du soi. Donc ça, ça serait la vision. Et parfois, dans les stages de tantra, on va amener ce qu'on appelle la dyade, où pendant, ça peut être cinq minutes, une heure, Deux jours. 10 jours, se poser la question 2 à 2 comme ça, en se regardant dans les yeux, les yeux portent de l'âme et portent de qui tu es. Quand je te regarde Bintou, là, et que je te dis, dis-moi qui tu es. Et on va se poser la question comme ça pendant des heures, mais ça peut être encore une fois 10 minutes. Et au fond, on va dire, je suis ça, je fais ça, mon boulot c'est ça. La question classique, qu'est-ce que tu fais dans la vie, qui ne nous définit pas en fait. Mais on a besoin de passer par ces couches pour dire, je suis ça, je suis ça. Et quand on te repose la question, dis-moi qui tu es, dis-moi qui tu es, au fond, qu'est-ce qui reste ? Et c'est ça qu'on va chercher dans le tantra. Donc des pratiques très simples, très fondamentales pour aller redécouvrir ce je suis quelque part très universel et en même temps très singulier. C'est ce que j'aime aussi dans le tantra c'est que c'est universel et en même temps chacun vibre la musique différemment. On est des instruments de musique en tantra. On apprend à redécouvrir notre musique intérieure, notre harmonie, nos cordes sensibles. On s'harmonise et on joue de la musique différemment. Martin, tu joues de la musique différemment.
- Speaker #1
Oui, ça ne passe pas par une uniformisation des êtres dans un « je suis » totalement impersonnel et universel. Il y a cet universel de fond qui est la pure vibration d'être, la pure joie, on pourrait dire, la pure félicité. On peut ressentir de façon très fine et subtile, même dans des moments de cafarnaum extérieur et intérieur. C'est toujours là, toujours présent au fond. Ça passe par la couleur que j'ai en fait. Ça ne demande pas de renoncer à qui je suis, à mes aspirations, etc. Au contraire, plus je plonge dans ce que je suis, plus j'affine mon être et ça passe vraiment par ma couleur. C'est aussi... Voilà,
- Speaker #0
une voix magnifique. J'ai très identifié à mon travail, comme beaucoup de nous tous, et j'ai eu besoin de ça. Et c'est important aussi de... Le mouvement, c'est plutôt descendre dans tes profondeurs et à partir de là, laisser ton je suis aussi pour le monde émerger. Et souvent, on veut tout dire. Qu'est-ce que je fais ? C'est quoi mon activité professionnelle ? Qu'est-ce que mon projet ? D'abord, va à l'intérieur et respire avec cette sensation pure d'être toi.
- Speaker #2
Tout à l'heure, quand on est partis se balader, on a parlé de mission de vie. Et donc, je sais... Est-ce que tu peux dire à nos auditeurs quelle est ta mission de vie ? Et enchaîner, pour que je ne t'interromps pas, Nartan aussi d'ailleurs, sur la définition de la présence amoureuse.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai que cette mission de vie, quelque part, je crois que je n'ai pas attendu d'avoir la phrase clé pour pouvoir vivre ce que... Découvrir quelle était ma mission de vie en la vivant, et j'ai envie de dire simplement, ma phrase elle n'est pas vraiment écrite, et en même temps Nartane tout à l'heure tu m'as présenté en disant Sophia c'est embraser le cœur du monde, et quelque part peut-être que ça, ça pourrait être le grand titre, pour l'instant peut-être que ça prendrait une autre forme, mais j'aime ce mot embraser, qui parle vraiment de ma nature profonde et du tantra aussi, qui fait aussi un parallèle avec embrasser. Et embraser, c'est vraiment permettre à... aux flammes du cœur de s'expandre. Et dans les flammes, il y a aussi les bûches, il y a aussi les scories, il y a aussi les ombres. S'il n'y a pas de bûches, il n'y a pas de fumée quelque part. Il n'y a pas de flammes, il n'y a pas d'étincelles de vie. Donc je mets les bûches, je mets les ombres, je mets les soucis dans le feu. Non pas pour juste les brûler, mais pour permettre que la chaleur du cœur puisse s'ouvrir. Et le cœur du monde, c'est parce que c'est mon monde à moi, mon monde intérieur, mon cœur profond. Voilà, ce qui me... touche, ce qui me fait vibrer, le cœur c'est vraiment en tantra et dans ma vie, ce qui peut alchimiser, et du monde parce que je ne suis pas coupée du monde. La philosophie du tantra c'est soit ce cet amoureux de la vie, au cœur de la vie, t'as pas besoin forcément d'aller dans un temple reculé, parfois c'est bien d'y aller, les retraites, mais ton temple c'est ta vie, c'est ta famille, c'est ton jardin, c'est ton couple, c'est avec lequel tu te disputes, c'est ce qui te fait chier aussi, fais-en quelque chose, donc au cœur du monde. Et si je décline un peu, embraser le cœur du monde, comment on le fait avec Martin ? D'ailleurs, c'est tomber par toi, ce mot-là. Donc je ne l'ai pas cherché, c'est pareil, il arrive en fait. La présence amoureuse à soi, aux autres et au monde. Cultiver la présence amoureuse à soi, aux autres et au monde. Et je vais passer la parole à Martin, mais quelque part, présence amoureuse, présence, c'est comme je le disais tout à l'heure, soit là quand tu es là en train de... Martin mange son dessert au coco, soit là en train de manger ton dessert au coco. Ou quand tu pèles une orange, sois là en train de peler ton orange. Quand tu parles à Bintou, sois là en train de parler. Donc c'est présent, c'est l'instant présent. Comment je peux vraiment être là dans l'instant ? Ressentir, voir, entendre, goûter. et en même temps amoureux, m'émerveiller. M'émerveiller de cette pulsation de vie, désirer avec un grand D, et réunir le côté un peu peut-être plus froid de la présence avec le feu de l'amour, dans une présence amoureuse, qui n'est pas celle du couple, qui est présence amoureuse à soi, d'abord s'aimer soi, qu'est-ce que ça veut dire, aimer l'autre, mais l'autre au sens large, pas que l'amoureux, et aimer la vie.
- Speaker #1
Ah ben là, je ne sais pas ce que je peux rajouter, c'est complet. Mais pour faire le parallèle avec, le tantra traditionnel. On parle de Shiva, la conscience, et Shakti, l'énergie.
- Speaker #0
On va simplifier le dire, mais on va le dire comme ça.
- Speaker #1
C'est très simplifié, mais quelque part c'est une voie qui cherche à réunir en soi cette dimension de la conscience, de la présence, avec la dimension de l'énergie vitale, de la vitalité. Quelque chose de pétillant, de vraiment vivant. Et en fait, on peut voir qu'il y a des personnes, ou peut-être même des voix qui prônent une forme de conscience un peu sèche, très dépouillée, très épurée. Et Tantra reconnaît cela, bien sûr. Mais on peut voir aussi des personnes qui s'assèchent un peu là-dedans, qui humainement ne sont pas vraiment dans la reliance, dans l'ouverture. Quelque chose de très solitaire, finalement, et très sec. Et on peut voir aussi des gens dans ce côté feu, mais qui se brûlent aussi, qui vont être dans les passions, mais sans vraiment qu'il y ait de conscience, ça peut être très destructeur, épuisant en fait. Et Ausha mené cette très belle image, il voyait l'humain réunifié comme, il parlait de Zorba le Bouddha, Zorba le grec, c'est un personnage d'un film grec. un fêtard incroyable qui célèbre la vie, qui jouit de la vie par toutes les possibilités. Et puis le Bouddha, c'est être de pure conscience, être éveillé, de méditation, et de réunir les deux. Dans ce monde-là du néo-tantra, et je crois qu'on le retrouve dans le tantra traditionnel aussi, il y a quelque chose d'extrêmement vivant en développant cette dimension de la présence, de la conscience. Du coup, ça donne des pratiques assez... C'est extraordinaire parce qu'on va par exemple danser comme des fous pendant 15 minutes, dans notre totalité d'être vraiment sans retenue.
- Speaker #0
Un peu comme on a fait avant de commencer ce podcast.
- Speaker #1
On a fait ça pour se mettre en énergie.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Et puis, tout d'un coup, je m'arrête. Déjà, pendant que je danse, je suis en conscience, je plonge totalement et en même temps, j'observe ce qui se passe en moi. Et puis, d'un coup, je m'arrête et là, je goûte à toute cette énergie qui inonde toutes mes cellules, tout en étant dans une totale présence vivante. Et ça pour moi c'est vraiment révolutionnaire, ça a été révolutionnaire dans ma vie, dans ma façon d'appréhender la vie en fait. Parce qu'en étant coupé, comme je disais tout à l'heure, un peu de ma source d'énergie intérieure, vitale, et bien je cherchais cette vie, je voyais le côté un peu mort en moi, parfois en d'autres, qui me faisait souffrir. Et là je peux juste y goûter et le partager.
- Speaker #2
Super, merci. Et bien moi, je sens beaucoup de joie dans ce que vous racontez finalement. Est-ce que le tantra, ça serait la joie aussi ?
- Speaker #0
Oui, tellement.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Tellement cette forme de joie profonde en fait, qui est aussi ta définition, je crois Bintou, d'une joie profondément intérieure, profondément incarnée, profondément, je dirais, intime. On l'a dit tout à l'heure, le tantra c'est Ananda, la félicité. Et c'est des mots, tu me le disais, qu'en France on a du mal. Même Nartan, ça veut dire le danseur. C'est associé à le danseur de l'amour et l'extase. Et en France, quand on dit ça, ça paraît vraiment... Alors que cette joie, en fait, dans le tantra, c'est cette vibration, c'est cette connexion à ce qui vit en moi. Et que ce soit quelque chose de douloureux ou quelque chose d'extatique, qu'en fait, il y a toujours la possibilité de se connecter à cette présence, cette saveur d'exister, qui est cette pure joie, finalement, un peu indépendante des circonstances, même si, bien sûr, les circonstances, elles nous affectent, mais que, quelque part, dans un grand choc, dans une grande douleur, tu partages souvent cet exemple de Nartan, quand ton enfant est décédé à la naissance, tu as eu ce deuil horrible, cette rage, mais tu ne l'as pas gardé, tu as crié, tu as exprimé, et tu as rêvé quelque chose derrière, de l'ordre de larmes, de... d'accueil, d'acceptation, qui ouvre à l'amour, qui ouvre à cette joie inconditionnelle. Et je parle de joie inconditionnelle, dans le tantra traditionnel, il y a ce livre fondamental du tantra non-duel qui s'appelle le Vigan Bhairava Tantra. Et en fait, Shakti pose des questions à Shiva sur le sens de la vie, de l'existence. Et Shiva va lui répondre plutôt par un discours intellectuel, par des pratiques 112 techniques du quotidien quasiment. Même si elles sont parfois un peu mystérieuses. Mais il y a une de ces pratiques, je ne sais plus exactement la forme, mais dans l'essence ça dit, dans le souvenir de l'être aimé, replonge-toi dans ce souvenir de je suis avec mon être aimé, ça peut être un ami ou un amoureux, un enfant, peut-être un moment où on s'est pris dans les bras. où on avait la main dans la main, ou les yeux dans les yeux, ou même un moment d'amour charnel, souviens-toi de ce moment-là. Goûte à la sensation, à tout ce qui vit dans ton corps à ce moment-là. Imprègne-toi à cela. Et puis, dans le troisième temps de cette méditation, laisse la personne juste aller un peu plus loin. Laisse-la aller, cette personne, en fait. Et continue à ressentir la joie indépendamment de la personne. Et là, tu découvriras... que la joie en fait est en toi. Et j'invite nos auditeurs à vivre cette pratique en fait. Dans des moments où on se sent seul, dans des moments où on croit que la joie c'est pas nous, souviens-toi, parce que tu as déjà vécu ça. Le tantra dit, le tantra ne cherche pas la joie, le tantra sait que la joie elle est là, et qu'il faut juste la reconnaître. Et donc cette pratique elle est juste magnifique pour ça.
- Speaker #2
C'est, alors tu sais ça m'évoque un truc, donc j'ai enregistré... podcast où c'est moi qui... Je suis interviewée par une amie, je t'en avais parlé. Je ne l'ai pas encore mise en ligne, mais ça sera le 2. Donc, ça arrivera avant le vôtre. Et là-dedans, justement, j'expliquais que moi, ce que je fais, je prends les moments de joie et je les transforme un peu en une boule magique et que je viens mettre au chaud dans mon cœur, que je réactive dans mes moments de... de souffrance, de tristesse, etc. Donc c'est exactement ce que tu dis, sans que je ne sache que ça existait cette forme-là. Et je peux confirmer que ça fonctionne très très bien, quand on le fait en conscience, bien évidemment.
- Speaker #0
Tout à fait.
- Speaker #1
Je pourrais ajouter aussi un complément qui est je trouve magnifique la proposition que tu offres de se souvenir, de faire comme une boule de joie avec des souvenirs et de les ramener dans un moment de tristesse. Dans le tantra, il est aussi Merci. Proposer, dans des moments de souffrance, de colère, de tristesse, de honte, de toutes sortes d'émotions inconfortables, de prendre un temps pour le goûter aussi, sans vouloir forcément transformer, d'y plonger pleinement avec toute sa conscience et sentir par exemple l'énergie de colère, c'est une énergie puissante en fait. Et même si je ne vais pas forcément aller la projeter sur l'autre que je crois, que je prends pour la source de ma colère, ma colère, elle est en moi, il a été un déclencheur, mais maintenant qu'est-ce que j'en fais ? Et ce que je peux faire, c'est vraiment, tu vois, m'arrêter, fermer les yeux et goûter à l'énergie de cette colère. Parce que dans l'énergie de cette colère, le tantra traditionnel dit, ça, c'est aussi la conscience, c'est l'énergie de vie, c'est le désir pur, c'est la félicité. C'est un peu paradoxal et un peu fou tant qu'on ne l'a pas expérimenté. Mais de fait, toute énergie et émotion, même une énergie très basse comme la tristesse ou le désespoir... Par contre, il faut avoir cette conscience, bien sûr. Je peux l'oublier parce que c'est très dur de penser dans ces moments-là, de dire « je vais faire une pratique, je vais le goûter » , etc. Mais plus je l'imprègne, je me le souviens, je l'expérimente, plus ça devient possible. Et je ne dis pas que ça va transformer en un clin d'œil magique ta tristesse, mais de la goûter comme un mouvement au fond de vie. d'être vivant là-dedans et de ne pas s'en couper parce qu'on a plutôt proposé dans d'autres traditions ou dans la société de s'en couper parce que c'était mal, parce que ça dérange,
- Speaker #2
parce que ça gêne mais en fait c'est une porte d'éveil super merci Nartan merci Sophie on va continuer je pense sur vos projets mais j'ai une question, là pour tout dire à nos auditeurs, on doit partir dans 15 minutes Donc, on va encore prendre dix minutes pour échanger sur... J'aimerais bien qu'on parle de votre projet à venir. Tout à fait. Qu'on parle de là où on se trouve, donc à Saint-Antoine-les-Abbayes.
- Speaker #0
L'abbaye. Saint-Antoine-l'abbaye, oui.
- Speaker #2
Alors, j'en ai rajouté d'autres. Saint-Antoine-l'abbaye. J'ai l'impression qu'on est au croisement de plusieurs régions assez chargées quand même spirituellement. Donc, si vous pouvez juste, l'un ou l'autre, nous situer géographiquement là où on se trouve. Et ensuite, parler de votre projet.
- Speaker #0
Le territoire aussi.
- Speaker #1
Voilà. Saint-Antoine l'Abbaye, c'est en Isère, entre Grenoble et Valence. C'est un petit village de 1000 habitants, mais dans lequel il y a une histoire assez fantastique que je vais essayer de synthétiser en trois mots. En gros, il y a un seigneur local au Moyen-Âge qui a ramené des reliques de Saint-Antoine l'Égyptien, qui était un guérisseur. C'est devenu un lieu de pèlerinage, un lieu de... Tiens, il y a une cloche qui sonne, on n'arrive pas à ne pas que je raconte ça.
- Speaker #2
Je ne sais pas si on l'entend, mais nous on l'entend bien. Elle est avec nous.
- Speaker #1
C'est devenu un centre très important spirituel au Moyen-Âge de guérison des malades. Et aujourd'hui, il y a donc la communauté de l'Arche dans laquelle j'ai grandi, que tu évoquais tout à l'heure, fondée par Lanza del Basto, disciple de Gandhi. Donc c'est un centre qui rayonne. où il y a beaucoup de monde qui passe par an pour se former. C'est un lieu de formation avec toutes sortes d'approches. Il y a du Qigong, du Zen, il y a la dimension chrétienne qui est très présente évidemment, mais dans une version très ouverte. La méditation de pleine conscience, de l'hindouisme. Il y a vraiment un lieu multiculturel. Le soufisme aussi est présent. Et il y a aussi un autre centre de stage qui s'appelle Massabielle. qui accueille aussi des sessions notamment de tantra, mais aussi d'autres approches. Il y a déjà deux centres assez forts, et puis beaucoup d'habitants qui sont... Lié finalement à ces projets qui se sont installés dans le village du fait du rayonnement de ces lieux, et qui contribuent avec des associations, des mouvements, des rencontres, une dimension spirituelle, et qui est reliée aussi avec un territoire en Rhône-Alpes qui est extrêmement riche à ce niveau-là. Il y a différents monastères, abbayes de différentes spiritualités.
- Speaker #0
Oui, et concrètement, dans le quotidien, ça se traduit aussi. Tu me parlais de « est-ce que je connais mes voisins ? » Ben oui, on se connaît, les jardins sont ouverts, on fait du covoiturage ensemble pour aller dans les endroits, on s'invite les uns les autres. Il y a Jean qui a 95 ans, qui vient faire des cercles d'hommes avec Nartane. Donc, créativité. là on va se balader dans le village rencontrer les gens, on se connait, on s'embrasse donc ça m'émerveille moi je reviens à cette présence amoureuse avec moi ça me parait naturel je lui rappelle souvent, pour eux c'est normal et donc c'est ça oui toi qui viens de Paris c'est ça mais tous on pourrait se dire est-ce que je décide que ça c'est normal que je le vois plus ou c'est que c'est ça le tantra aussi ou juste être vivant en présent amoureux rappel toi que c'est exceptionnel il y a beaucoup de choses comme ça dans la vie donc le lien avec le projet il est... Il est tout là en fait, quelque part. Toine Artan t'est retournée à l'Arche pour fonder la FEV, Formation, Expérimentation, Au Vivre Ensemble, puisque tu avais cette culture-là depuis tout petit, pour des gens qui ont envie de monter des oasis, c'est-à-dire des espaces où on vit cette fraternité, cette coopération, cet amour, cette permaculture, très concrète et en même temps ancrée dans une spiritualité du vivant, on peut dire. Donc il y a beaucoup de gens qui ont essaimé ça par là, et tu es porteur de cette histoire, et c'est vrai que moi je me rendais compte dans ma vision un peu matérialiste des choses avant, parce que je n'avais pas d'autre modèle, j'ai cherché, j'ai été dans d'autres communautés à Paris, j'ai cherché, et arrivé ici, ça nous semble évident que... notre projet de vie. Déjà dans cette maison où on est, il y a déjà des familles d'accueil pour des personnes handicapées. Il y a des gens qui viennent se ressourcer chez nous. Nos stagiaires qui n'ont pas assez d'argent pour payer les stages, ils viennent faire du jardin avec nous. Donc ça, c'est déjà une maison ouverte. Mais c'est petit. Et donc il y a eu vraiment cet appel. Il y a une ambition. Si tu veux, de partager la présence amoureuse, d'embraser le cœur du monde plus largement. à partir de notre amour, et puis de plus vaste, d'avoir un lieu qui puisse être un lieu de vibration, de cette présence amoureuse au monde, un lieu où c'est pas juste un lieu de stage, mais un lieu où il y a un collectif, donc six personnes en l'occurrence, qui se réunissent pour partager cette envie de vivre. des pratiques, de la reliance, de la conscience, que ce soit dans la gestion de nos conflits, du quotidien, de l'argent, de pouvoir mettre vraiment de la présence sur ça, et d'inviter des gens qui auraient envie de venir se brancher un peu sur ce bain, de s'extraire un peu peut-être de leur vie et venir... partager cette présence amoureuse juste venir mettre les mains dans la terre venir faire des stages mais on fait le stage et ensuite on sort on n'est pas en train de passer à autre chose on va chanter autour du repas, on va préparer la nourriture ensemble ceux qui veulent payer en faisant du woofing y pourront tout un travail avec le tissu local sur des événements de table ronde, de partage de cercles de chant localement avec le... Donc en Ardèche, près de Lamastre. Et ça s'appelle l'Oasis Terre-Arc-En-Ciel.
- Speaker #2
L'Oasis Terre-Arc-En-Ciel, donc c'est le nom de nouveaux lieux, de vies, de communautés, de partages, de co-créations que vous allez ouvrir à peu près quand ?
- Speaker #0
Alors, c'est en cours déjà depuis un moment. Et puis nous,
- Speaker #1
on est les six d'où tu parles, Sophia. On a déjà racheté le lieu pour faire court. Donc il existe déjà, il y a déjà des stages qui s'y passent, qui s'y passaient et qui continuent de s'y passer. Et l'installation est en cours. Mais on accueille déjà des gens qui viennent donner des coups de main, des allures et tout ça. On va faire une grande fête là en juin pour célébrer ce passage.
- Speaker #0
Et grosso modo, à partir de septembre, on y sera tous. Ça va plutôt se mettre en place à ce moment-là.
- Speaker #1
Il y a des gens, déjà hier au spectacle, il y a quelqu'un qui me dit « En ce moment, faire des stages, c'est peut-être trop pour moi, mais j'ai envie de venir à l'Oasis parce que je vais pouvoir mettre les mains à la terre peut-être et profiter de ces champs, juste être là avec vous ensemble. » C'est aussi simple que ça quelque part. Et c'est vraiment l'idée d'être à la croisée des chemins entre l'ashram traditionnel, La SRAM qui est un peu le... plus coupée quelque part. On vient prier, on vient méditer, on vient faire du yoga. Et l'Oasis Contemporaine, avec le réseau des Oasis en tout lieu, de Pierre Rabhi, qui nous accompagne dans ce projet-là, qui est ouvert sur le monde pour faire changer les systèmes, pour faire changer les cultures, le rapport à l'argent, à la nourriture, aux vivants. Donc on est en train de réunir un peu la tradition et le monde futur, que j'appelle, je dis souvent, je ne vais pas attendre que le monde de demain arrive. nous décidons de le vivre maintenant et de créer les conditions possibles pour ça et bienvenue à l'Oasis Terre Arc-en-Ciel il y aura aussi l'école du Tantra Arc-en-Ciel avec laquelle on s'est formés mais dont on est aussi les co-formateurs aujourd'hui avec notre ami enseignant Chetan qui nous passe un peu le relais et qui va aussi être là dans cette Oasis
- Speaker #2
Donc, shaitan qui veut dire aussi, j'ai appris ça hier parce que c'est vrai que ça a une connotation dans la langue arabe où ça veut dire le diable. Et vous m'avez dit hier que ça voulait dire conscience. Exactement,
- Speaker #1
en sanscrit.
- Speaker #0
Lui, c'est en sanscrit, c-h-e-t-a-n, ça veut dire conscience. Ce n'est pas le même mot que le shaitan de l'arabe.
- Speaker #1
Et en même temps, c'est un clin d'œil, juste un clin d'œil parce que conscience, c'est un chemin, on n'y est jamais, on a des ombres. On a des choses à regarder et du coup, c'est un cloud. On n'est jamais arrivé quelque part. On ne prétend pas ça, c'est un chemin. C'est vraiment l'image du lotus dont je te parlais tout à l'heure, qui nous est très chère en tant que trace. Et le lotus, il prend sa racine dans la boue. Et nous, notre boue, n'en ayons pas honte. C'est vraiment un terreau aussi pour laisser l'essence de notre être fleurir en lotus.
- Speaker #2
Merci. On va bientôt mettre fin à cet entretien. J'aurais pu, on aurait pu continuer encore des heures et des heures.
- Speaker #1
Il y aura peut-être une V2.
- Speaker #2
Il y aura probablement une V2. Et qu'est-ce que vous voulez laisser à nos auditeurs avant la fin de cet entretien ? Et alors, attends, j'ai une question, du coup, sur le lieu. Donc, n'importe qui peut venir, même si ce n'est pas des personnes qui ont entamé une démarche spirituelle, forcément. C'est ouvert à tout le monde, c'est une question. Et est-ce que c'est qu'autour du tantra ou on peut aussi venir chercher ? Tu t'avais parlé de mettre la main à la terre, voilà. Juste pour des gens qui veulent venir, qui ne sont pas du tout initiés, ou qui ne veulent pas faire de tantra, est-ce que c'est ouvert aussi ?
- Speaker #0
Absolument, c'est un lieu dans lequel le tantra a sa place, puisque nous sommes plusieurs à être dans cette voie. Mais c'est un lieu, je pense... tu as évoqué ce mot-là qui me parle beaucoup, de spiritualité du vivant, où finalement, tout le monde est bienvenu, avec sa couleur, la voix qui est la sienne, et où nous, on va accueillir aussi des stages qui ne sont pas que autour du tantra, on est vraiment ouvert à d'autres approches, et c'est un lieu où c'est possible, effectivement, de venir simplement découvrir le travail de la Terre. Notre amie Hélène, qui est maraîchère... qui cultivent des légumes, quelques poules, sans doute des ruches aussi bientôt. Et puis, je préfère mon pain. Je fais du pain.
- Speaker #1
Oui, je pense qu'il n'y a pas besoin d'avoir aucune démarche ou quoi. C'est juste sentir que ça résonne pour moi, que ça m'appelle et que ça fait écho, que j'ai envie de goûter à ça. Parce que voilà, il faut que ça soit dans un même mouvement, une même résonance pour qu'on se retrouve. Il faut un élan. L'élan suffit. L'élan suffit, oui, tout à fait. L'élan.
- Speaker #0
Ça peut être aussi simplement venir faire des vacances. Il y a des petits gîtes, des chambres. Et voilà, en période hors stage, quand c'est libre, de venir louer un petit bout du lieu et s'imprégner de cette énergie aussi.
- Speaker #2
Donc seul, en famille ou entre amis ou avec les enfants, ou un amoureux, voilà.
- Speaker #0
Bien sûr, c'est un lieu dans lequel il y aura des enfants aussi, parce que nos amis Hélène et Hugo ont cinq enfants à eux deux, famille recomposée, une semaine sur deux. Donc il faut tomber la bonne semaine. Si on veut qu'il y ait des enfants ou qu'il n'y ait pas d'enfants.
- Speaker #2
Qu'est-ce que vous voulez... laissé comme message à la fin, comme message de joie, comme message de... J'aurais voulu poser la question sur votre joie avant de découvrir le tantra. Ça sera pour une prochaine. Donc, on se le note pour la prochaine. Mais dites-moi ce que vous laissez à la fin de cet entretien pour nos auditeurs. Ce qui vous vient là, maintenant.
- Speaker #0
Moi, ce qui me vient fort, c'est... Souvenons-nous que nous venons tous et toutes d'une même source, et que quoi qu'il arrive sur cette terre, quoi qu'il arrive dans nos vies, on est tous et toutes reliés à cette source, et que c'est possible à chaque instant de s'y relier. Ce n'est pas toujours facile, il faut y penser, il faut trouver le chemin, mais on est ensemble là-dedans. Donc quoi qu'il arrive, j'ai envie de dire, on se soutient, on est solidaires. Cette période de l'humanité est quand même très très dure. Il y a toutes sortes de défis. Soyons ensemble et reliés par les cœurs, par les âmes, par les esprits. Et envie d'envoyer plein plein plein d'amour et de courage à chaque personne qui nous écoute. Parce que notre vie peut être fluide et puis parfois c'est un combat. Et de savoir qu'on n'est pas seul là-dedans.
- Speaker #1
Merci Nartan. Merci Nartan. J'aurais envie de rester sur ces mots. Hum, peut-être, c'est quand même très proche que je ressens de ce souvenir que la joie a un endroit, je peux la goûter dans l'instant présent, peut-être juste quand je respire là maintenant, des simples choses. Il n'y a pas forcément à tout changer. Moi, ça a été un peu ça, mon chemin de tout changer. Mais peut-être qu'en fait, dans les conditions qui sont les tiennes pour l'instant... On n'a pas besoin de tout révolutionner. Ça peut plutôt être enlever des petites choses et revenir à quelque chose de plus essentiel en acceptant qu'il y a peut-être des contraintes fortes, mais que dans chaque instant, je peux décider d'avoir un nouveau regard. La situation ne change pas, mais je peux avoir un nouveau regard dessus. Et ça, c'est accessible à nous tous, nous toutes. Alors, la joie accessible au plus grand nombre, ça sera mon mot de la fin, qui démarche comme ça.
- Speaker #0
J'ai envie qu'on célèbre Si tu me permets, par un petit rituel qui dure vraiment quelques secondes, qui est quelque chose qu'on nous a appris qui vient de Mongolie, qui est le mot... qui ressemble un peu à et on fait un petit geste les auditeurs ne vont pas voir mais on fait un petit mouvement avec les mains comme un cercle et qui est un on peut répéter 2-3 fois le mot on envoie
- Speaker #2
toute cette joie partout on vous envoie de la joie super merci beaucoup merci pour cette parenthèse pour moi qui ai quitté Paris pour venir vous voir et voilà, j'ai trouvé tellement d'humanité et de simplicité pendant ce tout petit séjour vraiment merci ça me fait énormément de bien aussi cette parenthèse et je vais la prolonger je pense absolument,
- Speaker #1
des parenthèses qui ne sont plus fermées mais qui sont ouvertes et qui deviennent des accélérateurs de possible merci merci à toi pour tes questions,
- Speaker #0
pour ton sourire, pour ton amour et ta présence qui m'a beaucoup touché aussi merci
- Speaker #2
A très bientôt.
- Speaker #1
A très bientôt Bintou. Merci à vous tous.
- Speaker #2
Alors on a un bonus
- Speaker #1
Sophie. Bah oui parce qu'en fait on est en train de se prendre les mains avec Bintou. Et de célébrer et de remercier ça. Et quelque chose qui me venait vraiment très fort. Et qui parle de notre histoire aussi avec Bintou. Parce qu'on s'est rencontré dans cette communauté Eclore. Où en fait en moment de Covid. Et quand on est dans ces moments d'ouverture à la vie. On a envie d'autre chose. Une des clés pour moi, c'est de se... Réunir, de trouver des personnes qui nous aident à être dans cette vibration intérieure de joie, de présence. Trouver quelques personnes qui vous rappellent et qui nous soutiennent sur ce chemin. Et en fait, ça, ça change tout. Parce qu'on est la somme des personnes qu'on fréquente. Et l'intuit, tu disais, comment faire pour qu'on puisse le vivre plus ? Juste entoure-toi, entoure-nous. On ne demande pas de forcer la joie, mais de gens dont on se soutient. Et du coup, quand il y en a un qui peut sombrer dans sa tristesse ou sa rage, les autres sont là aussi pour accueillir ça et savoir que c'est un mouvement. Soyons ensemble, créons des nouvelles communautés. Pas forcément des communautés religieuses, spirituelles, mais des communautés des vivants. De soutien, de cœur,
- Speaker #2
de solidarité.
- Speaker #1
Voilà, et de vibrations. de conspiration extatique, pour reprendre ce terme, de Margot Anand, de conspirons la joie, en étant ensemble et en vibrant cela ensemble dans des liens créateurs d'amour et de confiance et de conscience. Donc on reste sur conspirons la joie. Conspirons la joie, oui. Merci. Oui, il fallait le remettre, excellent.
- Speaker #2
C'est la fin de cet épisode avec Sophie et Nartan. J'espère qu'il vous a plu, qu'il vous a inspiré. Si c'est le cas, n'hésitez pas à partager autour de vous, à liker, surtout à commenter. J'aimerais bien voir vos retours, ça m'aide énormément pour améliorer ce podcast. Merci et à très vite.