- Speaker #0
Bienvenue dans Murmure Atypique, je suis Adeline, femme neuroatypique et maman. Ici, seule ou avec des invités inspirants, on brise le silence autour du TDAH, de l'autisme, de la parentalité et de la santé mentale. A travers mes partages et des témoignages sans tabou, on parle vrai pour mieux comprendre votre fonctionnement et nourrir votre quête de sens. Un souffle de bienveillance dans un espace intime pour se reconnaître, s'inspirer et Et enfin,
- Speaker #1
Ne plus se sentir seule.
- Speaker #0
Bonjour à tous, on se retrouve aujourd'hui pour un épisode à deux voix, un épisode un peu particulier puisqu'aujourd'hui c'est Samuel, donc mon conjoint, qui me rejoint au micro.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Je crois que Sam n'est pas très à l'aise avec l'exercice mais ça va très très bien se passer. Pourquoi cet épisode ? Tout simplement parce qu'on parle souvent du TDAH. du point de vue de la personne concernée, mais rarement de la personne qui partage la vie de la personne concernée. Et je trouvais ça intéressant, du coup, de parler de l'impact du TDAH dans un couple, sur la relation, etc. Alors déjà, quand on s'est rencontrés, on ne savait pas que j'avais un TDAH. Je l'ai su il y a quelques années maintenant. Maintenant, ça devait faire 8 à 9 ans qu'on était ensemble, peut-être. Bref, pendant longtemps, on a vécu certaines choses sans mettre vraiment de mots dessus. On sait que dans tous les cas, mes neuroatypies ont pu presque directement impacter la relation. En tout cas, une fois la première année terminée, la première année de vie de couple, je veux dire. Je trouvais ça important de raconter un peu ce qu'on a pu vivre, ce que ça a changé. De justement découvrir que j'avais un TDAH. Et le tout après plusieurs années de relation, parce que ça fait combien de temps qu'on est ensemble ?
- Speaker #1
12 ans.
- Speaker #0
12 ans ? Ok. Il y a eu des années où certains comportements faisaient clairement partie de notre quotidien, sans qu'on sache vraiment pourquoi. C'était des choses qu'on prenait plus pour des traits de caractère, surtout me concernant. Ou pour des défauts, en tout cas de moi à moi. Et j'imagine que de ton côté, ça n'a pas toujours été simple à comprendre.
- Speaker #1
Non, après, ça serait peut-être bien de les énoncer.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pour qu'on sache au moins de quoi on parle. Tu avais quoi en tête, toi, pour commencer ?
- Speaker #0
J'avais rien en tête parce que j'ai pas préparé cet épisode. Ah,
- Speaker #1
ok.
- Speaker #0
Mais, ben, qu'est-ce qu'il y a ? Qu'est-ce qu'il y a ? Ben, je sais qu'au début de notre relation, ce qui a pu poser souci, c'était mon impulsivité.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ma dérégulation émotionnelle.
- Speaker #1
Ouais, après, il y avait différents... Comment dire ? Différents degrés d'impulsivité, parfois. Tu ne pouvais pas mettre de mots dessus, c'est un TDAH ou quoi, parce que les gens ne savaient pas ce que c'était. Mais au-delà de ça, tout le monde peut avoir des élans d'impulsivité. Mais il se servait que parfois, c'était plus démesuré par rapport aux situations. Ça, on pouvait l'avoir. Notamment quand on recevait du monde, par exemple.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Moi, je me souviens très bien. Je vois encore la scène où, en fait, il y a un moment donné, on a eu euh Clairement assez. Et tu me disais, parce que c'est vrai que j'avais... Bon, après, on a aussi découvert le TSA, donc bien, bien après, puisque c'est tout récent. Mais je pense qu'en fait, au-delà de la dysrégulation émotionnelle, je faisais des meltdowns. Et je me souviens très bien que tu me disais qu'en fait, c'était à peu près un an de relation, que si ça continuait comme ça, en fait, on ne pourrait pas rester ensemble. Je ne sais pas si tu as des souvenirs de ça, toi.
- Speaker #1
Absolument pas.
- Speaker #0
Moi j'ai des souvenirs de ça justement, c'était visiblement assez dur pour toi à vivre, et je sais qu'à partir de ce moment-là, moi j'ai fait beaucoup d'efforts pour essayer de justement mieux canaliser ces émotions, mieux les accueillir, alors ça a été très dur.
- Speaker #1
Je me souviens que c'était parfois très très très intense, parfois d'un point de vue extérieur complètement démesuré. Après le fait de recevoir des personnes, ça a toujours été compliqué pour toi, je reviens là-dessus parce que c'est vraiment le truc dont je me souviens. Et du coup, être dans le rush de préparer des repas, de préparer la table, que ce soit un petit peu clean à la maison, tout ça, ça te submergeait. Et c'est là que ça devenait vraiment explosif.
- Speaker #0
C'est vrai que souvent le ménage, c'est pas hyper évident pour moi. Et de maintenir en tout cas l'intérieur rangé, et pour toi non plus je pense, parce que finalement...
- Speaker #1
Mais à ça s'ajoutait ton exigence de... Il faut que le repas soit bien, il faut que ce soit bon, il faut que ce soit beau, il faut que ce soit fait à temps, mais pas trop tôt parce qu'il faut que ce soit chaud. Et je pense que tout ça, c'était beaucoup.
- Speaker #0
C'est vrai que je pouvais vraiment perdre pied. dans ces moments-là. Il y avait d'autres exemples dont tu te souviens ? Non, pas particulièrement.
- Speaker #1
C'était surtout quand on recevait du monde, en fait. J'ai deux, trois épisodes où c'était quand on préparait les repas ou les apéritifs avant que les gens arrivent. Où ça te submergeait. Sans parler après du monde pro où t'enchaînais les burn-out et c'est la répétition. Ça, c'est encore autre chose.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai qu'aussi loin que ça, en tout cas dans les premières années de relation, j'ai aussi du mal à... Un peu voir ce qui pouvait en tout cas se voir de l'extérieur, parce que finalement j'avais pas mal de stratégies de compensation je pense.
- Speaker #1
Oui c'est ça.
- Speaker #0
Avant qu'on mette le mot sur le TDAH, je me demande comment toi tu vivais certaines situations.
- Speaker #1
Situations précises ?
- Speaker #0
Ouais, comme ce qu'on a évoqué, alors on peut même viser plus large, mais qu'est-ce que tu te disais ? Déjà tu te disais que c'était démesuré. Les réactions étaient démesurées, donc là je pense qu'on parle plutôt de l'impulsivité.
- Speaker #1
Ouais, bah après...
- Speaker #0
Parce que c'est quoi le souvenir que t'as, toi ? Qu'est-ce que je faisais dans ces moments-là ?
- Speaker #1
C'était des pleurs, des crises de colère, des... Tu perds des pieds, complètement. Tu fonds dans l'arme, tu criais, tu pouvais... Indirectement t'en prendre à moi, on va dire. Mais je pouvais pas rester dans la même pièce que toi.
- Speaker #0
On est d'accord, on précise juste verbalement.
- Speaker #1
Verbalement, oui, non, non, non, bien sûr.
- Speaker #0
Ouais, c'est important de le dire.
- Speaker #1
et ça maintenant tu vois je me souviens tu l'avais aussi beaucoup avec les shootings photos oui c'est vrai parce que tu te mettais une grosse pression il faut que la photo elle soit bien tu faisais des shootings qui duraient des plombes sans parler de la préparation de la recette qui était aussi
- Speaker #0
à faire avant la vaisselle et du coup en fait tu te mettais une grosse pression je sais pas trop c'est un peu difficile parce que comme j'ai un double profil donc TSA et TDAH C'est un peu difficile, tu vois, même quand je réfléchis à ça, je sais pas trop qu'est-ce qui découle du TDAH, qu'est-ce qui découle du TSA. Ouais, c'est...
- Speaker #1
Bah t'avais une grosse exigence parce que c'était pour ton blog, qui était pas encore ton métier à l'époque. T'avais toute la fatigue que t'avais accumulée. Je pense que t'avais peut-être aussi un ras-le-bol, en fait, derrière. Tu te mettais la pression, mais t'avais plus l'énergie de le faire. Je pense que t'avais peut-être un mix des deux. Et du coup, la plupart du temps, tu fondais en larmes.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. Et toi, du coup, tu le fais comment de ton point de vue à toi ?
- Speaker #1
de l'incompréhension, et surtout de l'impuissance, parce que tu ne sais pas trop quoi faire, parce que je t'aidais déjà pour les photos, enfin, dans la mesure de ce que je pouvais faire. Mais, quand tu es extérieur à ça, tu te dis, mais pourquoi, qu'est-ce qui se passe, quel est le ressenti ? Et tu voulais aussi, quand je te disais respire un coup, prends ton temps, tu ne voulais pas t'arrêter, tu voulais le finir. Pour ce que je peux comprendre, ne plus avoir à le faire, ne plus à en parler. Mais du coup, tu restais coincée un certain temps.
- Speaker #0
En fait, au-delà de ça, d'avoir eu envie de finir, c'est de... Ouais, je restais coincée dans l'émotion et dans ce besoin, en fait, que ça fonctionne. Alors que ton conseil était tout à fait valide. C'était de respirer pour mieux revenir. Mais en fait, ça, c'est quelque chose que j'ai toujours eu du mal à faire. Parce que je reste vraiment bloquée dans l'émotion. Et je me retrouve submergée complètement d'émotions. Et je n'arrive pas à... à raisonner en fait je pense. Est-ce qu'il y a eu des moments où tu t'es demandé si c'était juste comme ça que j'étais ? Genre si c'était mon caractère ? Est-ce que tu t'es dit ça ? Est-ce que t'as associé ça à mon caractère ?
- Speaker #1
Bah oui, on n'avait pas d'autres mots. Enfin moi j'étais complètement à l'opposé de toi. Moi j'étais quelqu'un de très posé, très calme. M'emballais beaucoup moins qu'aujourd'hui je précise. Là où toi tu étais beaucoup plus... Pulsif, je ne sais pas si le mot est juste.
- Speaker #0
Oui, si, si.
- Speaker #1
Du coup, oui, ça faisait un peu yin-yang. Tu avais plus d'énergie, tu mettais beaucoup plus de passion. On sentait que c'était quelque chose que tu adorais faire, mais que ça te submergeait trop vite. Et pour le ressentir, effectivement, c'était juste de l'impuissance que je ressentais. Parce que moi, on ne m'a jamais appris vraiment à gérer une personne qui est en face de moi, qui perd pied. Oui,
- Speaker #0
surtout que toi, tu es quand même quelqu'un qui... Et t'es peu confronté à ce genre d'émotions ? Type justement colère, tristesse, etc.
- Speaker #1
Non, j'étais confronté, mais on ne m'a pas appris à les gérer. Comme beaucoup de personnes, malheureusement, d'autres générations, les émotions, il ne fallait pas en parler, il ne fallait pas pleurer, il ne fallait pas crier. Et quand on avait le malheur de crier, c'était mal vu, il fallait s'isoler. Donc tu n'arrives pas à gérer tes émotions, tu peux encore moins gérer celles des autres.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Et comment est-ce que tu vivais le fait que, parce que là on a parlé effectivement de l'impulsivité, mais j'avais déjà de l'hyperactivité à l'époque, puisque je l'ai déclaré, je dirais... Oui, à l'âge adulte, vraiment, en tout cas, l'hyperactivité physique a vraiment été majorée à l'âge adulte. Je pense à partir du moment, en fait, j'y ai pensé hier, on dit que les traumas peuvent majorer les symptômes du TDAH, et moi je pense que le décès de mon frère, ça a été un moment justement qui a amplifié mes symptômes, parce que j'ai souvent dit que du moment où mon frère était décédé, j'étais plus complètement la même, et en fait... Je ne l'avais jamais associé à ça, je pensais juste que c'était normal parce que j'avais vécu un deuil et que ça m'avait changé. Mais en fait, je pense que c'est vraiment mon TDAH qui s'est révélé à ce moment-là.
- Speaker #1
Ça a débloqué un truc, peut-être.
- Speaker #0
Et à cette époque-là, je sais que l'hyperactivité se manifestait dans le fait que je prévoyais toujours mille choses.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et ça, comment tu le vivais, toi, justement ? Parce que du coup, toi, tu prévoyais rarement.
- Speaker #1
Mais encore aujourd'hui, c'est comme ça, c'est toi qui prévois énormément de choses, enfin, j'allais dire que t'es dans le futur, non, mais tu prévois juste, voilà, pour les jours à venir, des activités, ce genre de choses, ce qui est très bien, et si on a fait le tour du monde, c'est aussi parce que t'as été instigatrice de ça, mais oui, parfois ça pouvait être fatigant,
- Speaker #0
parce que,
- Speaker #1
ah, il faut aller là, on va faire ça, c'était des week-ends qui étaient très vite très très très très chargés, en fait. surtout que je ne prévoyais pas un ou deux trucs par jour comme aujourd'hui je me souviens surtout que quand on avait quelqu'un de la famille ou peu importe qui venait nous dire on pourrait se voir à telle date on était booké parfois pendant des mois après on bossait en semaine donc c'était compliqué et les week-ends étaient vite pleins 2-3 mois à l'avance et
- Speaker #0
c'est vrai que l'entourage a encore l'habitude de nous prévenir longtemps à l'avance en me disant « Non, mais je sais que tu as beaucoup de choses au programme, alors qu'aujourd'hui, je ne fonctionne plus du tout comme ça. J'essaye d'alléger mon planning. » Aussi du fait d'avoir Alice. Mais c'est vrai qu'à l'époque, on avait tout le temps plein de choses de prévues.
- Speaker #1
On n'arrêtait pas de bouger.
- Speaker #0
On n'arrêtait pas de bouger. Et à côté de ça, tu vois, j'avais quand même ce truc de... Cette stratégie, je pense, de compensation. En fait, quand on partait en vacances, je ne sais pas si tu te souviens, mais je prévoyais tout presque à l'heure près. Tu te souviens de ça ? Quand on partait, qu'on allait faire à Paris, à Porto, je prévoyais toutes les visites, tous les restaurants. Je me mettais dans un planning, tel jour on va faire ça, l'après on va faire ça,
- Speaker #1
Un peu à l'image de quand on est parti en Chine, quoi. Tout était prévu.
- Speaker #0
Et c'est qu'à partir d'ailleurs du tour du monde que j'ai vraiment changé ma façon de voyager. Toi, tu le vivais comment, ça ? C'était OK pour toi ? Ou est-ce que t'avais besoin de plus de temps pour l'imprévu ?
- Speaker #1
Je crois qu'on en avait déjà parlé quelques fois. du fait que c'était trop contrôlé.
- Speaker #0
Oui, je crois.
- Speaker #1
Mais est-ce qu'on avait besoin, ou j'avais besoin moi personnellement, d'une place pour l'imprévu ? Non. On l'avait remarqué tous les deux, tu m'arrêtes si je me trompe, quand justement on avait fait ce voyage et qu'on était en Chine et qu'on voulait sortir des sentiers battus, entre guillemets, et qu'on ne pouvait pas se le permettre parce que justement tout était booké au jour près. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai que je pense que c'est à partir de ce moment-là qu'on s'est rendu compte que Merci. Trop prévoir, ça nous a enlevé un peu cette liberté, et que cette liberté, c'est ce dont on avait besoin en voyage.
- Speaker #1
C'est là que ça avait tilté, c'est là qu'on s'était dit, c'est l'occasion ou jamais justement de laisser place à de l'imprévu.
- Speaker #0
Donc tu me disais qu'il y avait eu de l'incompréhension, de la fatigue même par rapport à justement le fait de toujours avoir plein de choses, peut-être parfois de la colère, quand justement je perds des pieds, quand je me défoulais un peu sur toi, soyons honnêtes, même si c'est pas ce que je voulais. Est-ce que toi, ça te mettait en colère aussi ?
- Speaker #1
Je crois que... Je ne me souviens pas très bien, ça fait quand même vachement loin. Je crois que oui, j'ai toujours eu un tempérament colérique, donc je ne peux pas dire que je n'étais pas en colère. Donc je pense que oui, je ne m'en souviens pas plus que ça, en fait.
- Speaker #0
Ouais, moi, je me souviens que ça te mettait en colère. Je me souviens justement de cette fois où tu m'as dit que, en fait, si ça continuait comme ça, on ne pourrait pas rester ensemble. Et moi, ça a vraiment été un peu un électrochoc parce que... En plus, j'ai cette blessure d'abandon, donc très clairement, j'avais vraiment peur de perdre. Et du coup, j'ai fait en sorte de mettre des choses en place. Alors je ne sais même plus, je pense que ça doit être à partir de ce moment-là que j'ai dû me tourner un peu vers tout ce qui est développement personnel pour essayer de trouver justement comment je pouvais faire, ne serait-ce que par rapport aux émotions. Je pense que ça a été un peu le moment où j'ai dû me tourner vers ça. Du coup, moi, je sais que forcément, du fait de cet épisode-là notamment, ça m'a fait me dire que je n'étais pas forcément « comme il faut » et que je devais changer. Vraiment que c'était ma personnalité, que c'était mon caractère qui n'allait pas. Aussi parce que j'ai une maman que j'ai toujours connue, enfin dont on disait toujours parce que moi finalement, je pense que j'ai toujours trouvé ma mère assez douce, mais en même temps si je compare à mon père c'est pas étonnant. Et en fait, mais par contre on disait d'elle qu'elle avait un sale caractère. Et elle-même disait qu'elle avait un sale caractère.
- Speaker #1
Elle est franche, elle est impulsive aussi.
- Speaker #0
Ouais, c'est ça. Et du coup, moi, je me disais juste, en fait, j'ai pris le caractère de ma mère. Tout simplement. Je me suis dit ça. En fait, j'ai juste pris le caractère de ma mère. Et en fait, aujourd'hui, très clairement, il n'y a pas de... Ma mère, en fait, a un TDAH. Elle n'est pas diagnostiquée, mais il n'y a pas...
- Speaker #1
Il n'y a pas de doute là-dessus.
- Speaker #0
Du coup, non, je n'avais pas pris son caractère, mais j'avais pris son TDAH. Et puis, j'avais aussi l'impression... Je me souviens aussi... Je ne sais pas si c'est un lien avec le TDAH particulièrement, ou le TSH, je ne sais pas. Mais j'avais cette tendance à être très perfectionniste. Autant, je suis quelqu'un qui est... Tu m'as toujours connu bordelier, qu'on est d'accord.
- Speaker #1
Mais je ne me souviens pas que tu l'étais autant. Je pense que tu compensais quand même. Moi, je ne me souviens pas d'un appart... Alors, tout ce qui était cuisine, la vaisselle, si je ne la faisais pas, après tes shootings photos... Ça, je m'en occupais énormément. Mais après, je ne me souviens pas voir des vêtements partout, tes tasses. tu bois,
- Speaker #0
tu la laisses ça j'ai toujours eu déjà on n'avait pas d'enfant donc je pense effectivement que j'avais plus de temps plus d'énergie pour réordonner l'appartement régulièrement j'ai eu aussi quand même si, c'est ce qu'on se disait en fait moi j'ai beaucoup de stratégies de compensation qui ont sauté du moment où Alice est arrivée et en plus quand on s'est mis ensemble c'était peu de temps après que j'ai travaillé que j'ai eu de travailler en tant que femme de ménage à l'hôpital tu sais en tant qu'ASH et en fait j'avais c'était hyper strict et je pense que ça m'a un peu modelé un certain temps, un certain temps je je nettoie encore mes toilettes en 3 temps quand je le fais c'est moi qui t'ai appris à nettoyer les toilettes en 3 temps ce qui est très très bien parce que c'est très bien pour l'hygiène mais je sais aussi que ça m'avait un peu dégoûté je sais que j'avais quand même tendance à Merci. Le rangement, c'était mieux, mais par contre, le ménage,
- Speaker #1
ça me saoulait.
- Speaker #0
Le ménage, ça m'a toujours saoulée. Non seulement parce que je déteste le bruit de l'aspirateur, pour commencer. Maintenant, je sais que c'est ma sensibilité au bruit, en fait. Mais ouais, c'est vrai que j'étais peut-être un peu moins bordélique qu'aujourd'hui. Et en même temps, j'ai toujours dit que j'avais un bordel organisé.
- Speaker #1
T'étais peut-être pas moins bordélique, mais t'avais l'énergie pour ranger derrière.
- Speaker #0
Ouais, t'as raison.
- Speaker #1
C'était plus ça.
- Speaker #0
Ouais, t'as raison. Et ouais, on est d'accord pour dire que je suis une bordélique organisée quand même. Je sais toujours où sont mes affaires.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Enfin, je sais majoritairement où sont mes affaires. Oui. Pas toujours, je ne peux pas dire toujours, mais... Et c'est aussi pour ça que quand tu me bouges mes affaires, ça me saoule, parce qu'en fait, moi, je sais où elles sont, et quand tu les bouges, je ne sais plus où elles sont. Il y a un truc que je voulais évoquer, parce que je relis une phrase là. En fait, j'avais toujours l'impression que je faisais de mon mieux, mais je n'y arrivais pas. Je sais que tu me reprochais beaucoup. de te demander de faire les choses et que quand tu les faisais, je repassais derrière toi ou je te reprochais que c'était pas assez bien fait. Tu te souviens de ça ? Ça, j'ai beaucoup travaillé dessus, on est d'accord. Parce que je repasse plus derrière toi.
- Speaker #1
Là, c'était de la frustration pure. Quel intérêt de moi dépenser de l'énergie pour faire une chose pour qu'au final, déjà, tu me reprennes verbalement dessus, tu dépenses de l'énergie, tu crées une émotion qui n'est pas très bonne chez moi, et en plus, tu refais la même chose que j'ai déjà fait. Du coup, en fait, c'était une perte de temps monstrueuse.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, j'ai appris à faire ces concessions-là. En fait, j'avais justement... Le développement personnel m'avait aidée là-dessus. C'est que j'avais beaucoup vu, en fait, que c'était important aussi de faire des concessions. Et je pense que toi, comme moi, on a appris à faire des concessions sur des choses qui nous agaçaient chez l'un ou chez l'autre. Et en fait, comme on faisait tous les deux des concessions, c'était plus simple aussi. Et c'est vrai que sur le linge, notamment.
- Speaker #1
Il y avait plein de choses. Il y avait le ménage aussi de mémoire.
- Speaker #0
Oui, c'est possible. Aujourd'hui encore, tu ne fais pas du tout le ménage comme moi.
- Speaker #1
Après les repas, non, sans plus. Ça, je ne me souviens pas maintenant.
- Speaker #0
Je cuisinais beaucoup plus que toi avant. Aujourd'hui, tu prends beaucoup le relais. Tu as appris à cuisiner à mes côtés, je pense. Moi, forcément, je ne sais pas si tu t'en étais rendu compte. Et encore aujourd'hui, par contre, je te le verbalise. c'est que... Quand en fait, tu venais à me reprocher les comportements que j'avais, et que c'était légitime, parce que c'était pas normal. Tu vois, ces excès de colère, mais par contre, je m'excusais toujours, je pense. Parce que j'ai vraiment appris, enfin, on m'a tellement bassinée quand j'étais petite pour que je m'excuse que c'est vraiment un automatisme que j'ai, on va dire. Même si je pense que c'est pas un automatisme dans le sens où je dis juste pardon et je le pense pas. Mais ouais, c'est un automatisme pour moi de m'excuser, c'est logique de le faire. Mais par contre, je suis culpabilisée énormément parce que, je sais pas, est-ce que c'était les mots que tu... tu es employée dans tes reproches ou pas, mais je sais que je culpabilisais d'être comme je suis. Après, ça vient aussi probablement beaucoup plus loin que toi, parce que d'aussi loin que je me souvienne, on m'a toujours reproché d'être comme je suis. Et puis, finalement, petit à petit, on a découvert que j'avais un TDAH. On a mis un mot dessus. Le diagnostic, il est arrivé assez tard. Ce que je disais tout à l'heure, je pense après 8 ans de relation, quelque chose comme ça.
- Speaker #1
C'était quand, tu te souviens ?
- Speaker #0
Je ne m'en souviens pas précisément. Avant Alice ? C'était avant Alice, ça c'est sûr. C'était avant Alice. En fait, je me souviens que j'ai pris rendez-vous chez la neuropsy quand on était un jour en vacances chez Loubna. C'était après le Tour du Monde. Et je me vois très bien sur le canapé. J'écrivais à Laurin et je lui disais « Je pense qu'il faut que j'aille voir quelqu'un, ça ne va plus. » Elle m'a dit « Écoute, moi je connais quelqu'un en plus qui est spécialisé dans les TCA. » Dans l'hypersensibilité, ça peut te correspondre. Et du coup, elle m'avait redirigée vers la neuropsychiatrie. Et j'avais finalement assez vite discuté du TDAH avec elle parce qu'au fil des séances, elle se rendait compte que...
- Speaker #1
Ça se dessinait tout de suite.
- Speaker #0
Ça se dessinait, oui. On avait fait l'évaluation et sans surprise, c'était le cas. Et oui, parce que moi, je la consultais pour des surmenages à répétition. Mais ça, je l'ai déjà évoqué dans mon épisode sur... mon parcours diagnostique. Je me souviens que ça avait été à la fois un soulagement et aussi un bouleversement. Mais par contre, je ne sais pas du tout comment toi, tu l'as accueilli. Je pense qu'à l'époque, tu n'avais pas du tout conscience.
- Speaker #1
Conscience de quoi ?
- Speaker #0
Du diagnostic. Je ne te parle pas du diagnostic que j'ai fait chez la psychiatre. Donc effectivement, une fois qu'elle y s'est là, mais vraiment, quand la neuropsy m'avait dit que j'avais un TDAH.
- Speaker #1
Je ne m'en souviens pas tant que ça. Après, ce que je me souviens, c'est que toi, ça t'avait fait un grand bien de mettre un mot sur quelque chose. Du coup, j'étais content pour toi par rapport à ça. Mais oui, c'est plus tard quand on discutait justement avec la psychiatre. Je me suis plus intéressé au truc aussi. Et je me suis aussi dit qu'en fait, on ne nous a pas appris à gérer avec une personne qui fonctionne entre guillemets différemment. Du coup, ça m'a aussi moi remis en question par rapport à comment faire finalement, parce que tu as des comportements, c'est pas un reproche, tu as des comportements envers moi qui pouvaient me mettre en colère ou m'agacer ou me faire perdre patience très rapidement. Ça l'est toujours, mais j'arrive quand même maintenant à dire « Ok, il faut que je m'écarte ou il faut que je lui laisse un peu d'espace. » C'est son fonctionnement, voilà, c'est rien contre moi, c'est juste, il faut un peu de temps. J'ai encore beaucoup de chemin à faire là-dedans, ça je le sais. Mais ouais, il faut que je réapprenne en fait,
- Speaker #0
à gérer le quotidien. Ouais, c'est clair, c'est pas simple, surtout qu'on n'avait qu'une partie du puzzle, parce que finalement, je pense que ce qui est le plus dur à gérer pour tout, en fait, c'est les meltdowns. Il y a la dysrégulation émotionnelle, l'impulsivité, mais je pense que ce qui est le... Tu m'arrêtes si je me trompe, mais les mal-downs, je pense que c'est vraiment ce qu'il y a de plus dur pour toi.
- Speaker #1
Ouais, c'est pas évident à gérer. En tant que personne extérieure, on ne peut pas faire grand-chose directement. C'est laisser de l'espace, juste donner le casque.
- Speaker #0
Ouais, pour ça, pour les mal-downs, ouais. Et après, même pour le TDAH, en fait, quand on parle... Parce que la dérégulation émotionnelle, la dysrégulation émotionnelle n'est pas un symptôme officiel. Donc, notez dans le DSM-5 pour le diagnostic du TDAH. Mais c'est quand même présent chez énormément de personnes qui ont un TDAH. Et dans mon cas, c'est vraiment là et c'est vraiment impactant. Mais qu'est-ce que je voulais dire ? Oui, toi, tu avais tendance à me dire, tu vois, même quand je stressais, tu me disais juste, oh, c'est bon, il n'y a pas besoin de stresser. Je sais que moi, ça m'a agacée.
- Speaker #1
Oui, ça, c'était avant. Parce que moi, j'étais très cool. Oui, c'était avant,
- Speaker #0
tu étais très cool. Et moi, je me disais... C'est pas grave. Oui, c'est pas grave, c'est bon. Et puis toujours à me donner des solutions. Alors que moi, en fait, j'étais dans mes émotions. Ce n'est pas du tout ce dont j'avais besoin. Et je me souviens, je me disais, mais qu'est-ce que j'en ai marre qu'il soit toujours positif. D'un côté, je trouvais ça super. Mais par contre, quand je n'allais pas bien, ça m'agacait au possible. Et en vrai, je comprends, parce que c'était juste ta personnalité. Je dis c'était parce que ça a quand même tendance à évoluer, à un peu changer. Mais c'est vrai qu'à l'époque, comme j'avais encore beaucoup de stratégies de compensation, je pense que ça te permettait de savoir qu'il y avait une explication. Et encore, je pense que tu ne réalisais pas à l'époque.
- Speaker #1
Je ne pense pas. Après, tes DH à l'époque, c'était... Merci. On ne savait pas vraiment ce que c'était.
- Speaker #0
Toi, tu ne savais pas parce que moi,
- Speaker #1
je m'étais quand même bien renseignée. C'est ton côté hyper, ça. Tu te documentes à 1000%. Effectivement, c'était assez flou.
- Speaker #0
Oui, c'était flou pour toi. Oui, parce que c'est vrai qu'il y a un reproche que je t'ai beaucoup fait, c'est de ne pas assez t'intéresser à mon fonctionnement, de ne pas te documenter. Et je pense qu'à l'époque... À l'époque, c'était moins important pour moi, je pense. Parce qu'aussi, comme on n'était que tous les deux, il y avait moins de... En fait, je pense que ça impactait moins le couple. T'es d'accord pour dire ça ou pas ?
- Speaker #1
Je pense que ça impactait notre couple, mais on était moins surmenés, en fait, qu'aujourd'hui. On avait encore un espace... On pouvait s'attribuer un temps calme, de manière générale. On ne vivait pas dans le bruit, on n'était que deux, quoi. On était moins surstimulés. Du coup, oui, c'est ça. T'as moins de fatigue, t'as moins de surstimulation.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. Parce que j'essaye, en fait, de retrouver des moments... C'est vrai que nous, finalement, je pense que pour notre couple, ce qui a été le plus dur avec ce TDAH, c'est vraiment la dysrégulation émotionnelle. Parce que ça crée des disputes, en fait. Ça crée des disputes, des problèmes de communication.
- Speaker #1
Parce que je savais pas gérer non plus, en fait. Je savais pas utiliser les bons mots avec toi non plus.
- Speaker #0
Oui, et puis moi, en plus, je suis vraiment très à cheval sur les mots. Maintenant, on sait pourquoi. Là, pour le coup, c'est vraiment le TSA. Et du coup, il suffisait que... Surtout que tu as tendance quand même à être assez maladroit dans ta communication. Oui. Et c'est vrai que moi, un mot qui n'était pas le bon, il suffisait que je sois déjà un peu en ébullition et ça débordait. Oui,
- Speaker #1
c'est ça.
- Speaker #0
Donc toi, en fait, tu ne dirais pas que ton regard sur moi a changé du moment où tu as su que c'était un TDAH pour toi ? Ça ne changeait rien ?
- Speaker #1
Est-ce que mon regard a changé tout de suite ? Non. Comme dit, j'étais très content de voir que toi, tu étais soulagé, parce qu'il y avait un réel soulagement à mettre des mots sur un mal-être, on peut appeler ça comme ça, parce que tu le vivais vraiment très très mal. Mais c'est plus après Alice où je me suis plus investi dans cette histoire de TDAH. C'est assez récent, en fait. Ouais,
- Speaker #0
c'est vrai. C'est vrai que c'est assez récent. T'as mis du temps et t'as eu du mal. Et je pense que c'est aussi parce que j'avais pas verbalisé à quel point, en tout cas pas assez tôt, à quel point c'était important pour moi que tu comprennes ça. Et c'est aussi, je pense, est-ce que t'es d'accord pour dire ça ? En fait, encore il y a quelques mois, tu me faisais beaucoup de reproches sur des comportements que j'avais. Par exemple... Mes affaires qui traînent toujours sur le canapé. Et moi, en fait, je te disais que ça me faisait de la peine parce que tu savais... En tout cas, pour moi, tu étais censé savoir que ça avait un lien avec le TDAH. Mais tu me le reprochais comme si c'était justement ma personnalité. Comme si je pouvais changer... Enfin, moi, c'est l'impression que j'avais.
- Speaker #1
En fait, le truc, c'est qu'à ce moment-là, moi, j'avais le besoin aussi, parce qu'on avait aussi un peu discuté avec la neuropsy. Moi, j'avais un besoin qui n'était pas respecté, le fait que le canapé est en bazar, c'est une chose. Mais de l'autre côté, je n'avais pas le droit de ranger tes affaires, parce que sinon, tu ne les trouvais plus. Du coup, en fait, moi, je me retrouvais coincé parce que le canapé était en bazar, c'était tes affaires. Tu ne le rangeais pas parce que c'est ton fonctionnement. Mais moi, je n'avais pas le droit de le ranger non plus. Du coup, mon besoin de pouvoir accepter... C'est même pas de l'ordre, c'est de pouvoir utiliser le canapé assez fin. Je ne pouvais pas, et du coup ça a créé une frustration que j'exprimais à travers la colère et des mots pas forcément très justes.
- Speaker #0
Oui, c'est peut-être ça en fait, c'est peut-être simplement le fait que...
- Speaker #1
Tu me retrouvais coincée dans certaines situations.
- Speaker #0
Et puis de toute façon, la colère généralement, elle vient d'un besoin qui n'est pas respecté.
- Speaker #1
Plus la fatigue.
- Speaker #0
Plus la fatigue, c'est clair. Tes mots pouvaient dépasser tes pensées.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et c'est vrai que moi par contre, je suis quelqu'un qui... va assez vite à te blesser. Et comme j'ai très peu confiance en moi, j'ai pas une très bonne estime de moi, qu'en plus, j'ai, je pense, beaucoup entendu des choses sur moi. qui aujourd'hui, je le sais, ne sont pas vraies. Par exemple, que je suis folle, que je suis hystérique. Je le dis moi-même que je suis bordélique, mais je sais en fait qu'au fond de moi, je ne suis pas une bordélique. C'est juste que je n'ai pas encore trouvé les stratégies qui m'aident à être plus ordonnée.
- Speaker #1
On en met en place.
- Speaker #0
On en met en place, petit à petit, ouais. Mais je pense que c'était aussi ça. En fait, je pense que tes mots, parfois, me ramenaient à ce que j'ai toujours entendu, sauf que ce qui avait changé... C'est que moi maintenant je savais d'où ça venait, je savais que c'était pas moi. Et du coup ça me mettait très en colère qu'on me dise que c'était moi le problème, alors qu'en fait je savais très bien que le TDAH était l'explication. Alors évidemment on dit toujours, enfin on dit souvent, et en tout cas moi je le dis souvent, le TDAH c'est pas une excuse, c'est une explication, dans le sens où c'est important quand même d'essayer de mettre des choses en place pour que tout le monde le vive au mieux.
- Speaker #1
Mais c'est comme si maintenant tu reprochais un dyslexique de ne pas pouvoir lire un mot. C'est aberrant. Il faut que tu te mettes en tête que la personne fonctionne autrement et que c'est ok.
- Speaker #0
Là, depuis que tu t'es intéressé au sujet, est-ce qu'il y a des choses que tu arrives à voir différemment ?
- Speaker #1
Tout simplement, au quotidien, quand Alice, avec la fatigue ou peu importe, elle commence à faire des crises, toi aussi tu as tout ton côté TDAH. qui va aussi ressortir, tu vas te drainer en énergie, tu vas aussi devenir très vite impatiente ou colérique si ça ne s'arrête pas. Et oui, là, moi, j'ai réussi, entre guillemets, quand ça va, à voir quand ça va exploser, à réussir à essayer de temporiser, à te ramener le casque si tu en as besoin, ce genre de choses. À ne plus te parler aussi, parce que ça aussi, c'est un besoin en général que tu as quand tu montes en pression.
- Speaker #0
Après, c'est... Ouais, ce besoin qu'on me laisse tranquille, ça t'a mis énormément de temps à le comprendre.
- Speaker #1
Mais j'y arrive pas toujours parce que t'as parfois cette fatigue qui prend le dessus aussi. Et du coup, quand je dis t'as chez moi, je suis moins vigilant à ce qui se passe. Et du coup, j'ai du mal à voir à quel moment ou qu'est-ce qui a déclenché le shutdown, le meltdown, ou ta grosse fatigue ou peu importe.
- Speaker #0
Parce que là, effectivement, ça relève plus du TSA. Mais je me souviens que quand... Enfin, ça fait très longtemps, le réflexe que t'avais quand je commençais à me mettre en colère, que ce soit envers toi ou envers, je sais pas, quelque chose, c'est que tu venais chercher un contact physique et en fait, tu le prenais hyper mal, même si c'était dans un but, par exemple, de t'excuser ou quoi, tu le prenais hyper mal quand je refusais le contact physique. Et jusqu'à ce qu'on comprenne en fait que c'était quelque chose à pas du tout faire quand une personne TSA est en meltdown. Mais en tout cas, pour moi, parce qu'il y en a qui ont juste ce moment, ce besoin de contact, d'être vraiment serré très fort et tout, mais c'est pas mon cas. Mais bref, on s'éloigne un peu du sujet parce que ça ne relève pas vraiment du TDAH. Est-ce que tu penses que le fait d'avoir eu ce diagnostic de TDAH a apaisé certaines tensions ? Ou est-ce que ça en a créé d'autres aussi ?
- Speaker #1
Je pense qu'à partir du moment où tu as mis le mot sur tout ça, ça a fait sauter tous les filtres que tu avais. Déjà, il faut commencer par là. Tout ce que tu compensais, je pense que toi, du coup, tu l'avais déjà... Tu t'es dit, bon, ok, je fonctionne comme ça. Du coup, tu as vécu pleinement la personne que tu es.
- Speaker #0
Mais là, tu parles plus du TSA, je pense.
- Speaker #1
Je ne sais pas. Je pense qu'il y avait un peu... Non, je ne sais pas. Entre temps, il y a eu Alice en même temps, pour circuiter tout ça.
- Speaker #0
Oui, il y a beaucoup. Parce que c'est vrai que ça, je le dirais vachement pour le TSA, que du moment où j'ai eu mon diagnostic, c'est comme si j'avais effectivement relié ce qui découle du TSA et que je m'étais autorisée à le vivre. Et que du coup, effectivement, je n'étais pas devenue une autre personne. Mais il y a eu quand même pas mal de changements. Je pense que pour le TDAH, ça ne s'est pas passé exactement comme ça.
- Speaker #1
Je me souviens pas trop. Ouais,
- Speaker #0
tu te souviens pas trop, mais c'est vrai que finalement... Je confonds peut-être, ouais. Ben déjà, je pense que ce serait ultra pertinent qu'on discute un jour, ou alors que t'écoutes les épisodes sur le sujet, mais parce que... en fait, de qu'est-ce qui découle du TSA, qu'est-ce qui découle du TDAH, parce que finalement, c'est pas les mêmes choses.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est pas les mêmes choses.
- Speaker #0
Et pour moi, les choses sont très claires, encore que des fois... Ça peut s'entremêler, comme je disais avant, je ne sais pas trop si c'est de ça ou de ça, mais il y a des choses que j'arrive très clairement à associer à mon profil TSA et d'autres à mon profil TDAH. Je sais en tout cas que tu as eu quand même des fois, et là on parle... les derniers mois, où, sur le coup un peu de l'énervement, tu me disais que c'est pas parce que j'étais TDAH que... Ou que... Oui, tu vas encore me dire que c'est ton TDAH, c'est ça ?
- Speaker #1
C'est possible, oui. Ça ne m'étonnerait pas de moi, en tout cas. Mais comme dit, je me souviens pas non plus.
- Speaker #0
Ben, je pense que c'est peut-être parce que c'était sur le coup de l'énervement. Peut-être que tu ne le pensais pas, mais... Du coup, moi, ça m'a fait penser, en fait, que tu avais l'impression que... Qu'en fait, je me servais de mon TDAH comme excuse, alors que c'était pas le cas. Oui, je scrutinais. Et c'est là où je me dis, ça a peut-être pu créer des tensions, justement, de savoir, parce que, en fait, moi, ce que j'essayais de démontrer par là, c'était que mon comportement avait une explication. Pour moi, je l'utilisais pas comme excuse, mais pour toi, peut-être que t'as pu penser que je m'en servais comme excuse.
- Speaker #1
Ouais, je t'avoue que je me souviens pas spécialement. Ma mémoire, elle a beaucoup flanché depuis Alice.
- Speaker #0
Ouais, mais là, c'était il y a quelques mois. Oui,
- Speaker #1
mais même, je sais pas ce qu'on a mangé la semaine dernière. Non, euh... Bah, est-ce que... Là,
- Speaker #0
si maintenant... Est-ce que, aujourd'hui, à l'instant présent, tu as l'impression que je me sers justement de ce TDAH comme une excuse ?
- Speaker #1
Non, non, pas du tout. Mais peut-être qu'à l'époque, tu utilisais quand même beaucoup cette phrase, parce que je montais très vite dans les tours, ça c'est vrai, et tu disais... Peut-être souvent pour me le rappeler, tout simplement, que ce n'était pas toi, que c'était le TDAH. Et du coup, à un moment, dans ma colère, ça me gavait. Je me disais, mais si c'est le TDAH, ça veut dire que tu peux te permettre de faire ces choses comme ça, sans forcément penser aux besoins de l'autre. Et du coup, j'ai dû te dire ça, peut-être plus dans ce sens-là, finalement. Oui,
- Speaker #0
mais en fait, c'est exactement comme ça que j'ai entendu. Et alors que vraiment, moi... Je sais pas si t'es d'accord avec ça, mais...
- Speaker #1
C'était plus un rappel, en fait.
- Speaker #0
Oui, pour moi, c'était un rappel, mais parce qu'en fait, justement, tu t'intéressais peu à mon fonctionnement, et que du coup, je voyais que tu n'avais pas conscience que ça faisait partie de mon fonctionnement. Et du coup, je te le rappelais parce que c'était plus fort que moi. En fait, ouais, c'était vraiment des comportements que je ne maîtrisais pas, en fait, que je n'arrivais pas à maîtriser. Et je pense que, pour moi, ce qui a été difficile... C'est justement que tu te dis ça, que tu te dises en gros, ben ouais, c'est bon, c'est pas parce que t'as un TDAH que tu peux tout te permettre, même si tu me l'as jamais dit dans ces termes-là, mais c'est, voilà, je caricature le truc, alors que je mettais beaucoup de choses en place pour essayer de faire différemment. Et je pense que c'était ça ma frustration à moi, parce que je pense qu'on peut dire, tu vois, que je suis pas une personne qui... Qui va se contenter du diagnostic pour expliquer tous ses faits et gestes. Non, pas du tout. Au contraire.
- Speaker #1
Tu ne l'as jamais fait. Tu n'as jamais dit non, c'est comme ça et puis c'est tout. Oui, c'est ça. Au contraire, tu as toujours bossé sur le truc.
- Speaker #0
Oui, j'essaye quand même d'améliorer en fait, de m'améliorer. Même si c'est vraiment long et difficile.
- Speaker #1
Non, mais ce n'est pas évident pour moi qui vit avec une personne qui a un TDAH. parce que déjà Je le découvrais, je ne m'en suis pas spécialement intéressé, ça c'est ma faute complètement, mais après, à partir du moment où j'ai commencé à m'intéresser, c'est tout réapprendre, réapprendre entre guillemets à vivre avec l'autre, à s'adapter aussi à l'autre, à s'adapter à ses besoins, enfin voilà, c'est pas évident, et on ne nous apprend pas à se soucier tant de l'autre, encore moins quand il est entre guillemets différent.
- Speaker #0
Ouais c'est vrai, et puis très clairement... Bon là ça va concerner, mais bon je pense que des personnes le vivent aussi quand elles découvrent leur TDAH. Quand j'ai découvert, quand j'ai eu mon diagnostic de TSA, j'étais en burn-out et j'étais pas à même de pouvoir mettre en place des choses, des stratégies, des choses comme ça. En fait j'avais pas l'énergie pour ça, même si j'essayais de me faire accompagner, mais c'est même finalement les personnes qui m'accompagnaient qui me disaient que c'était pas le moment en fait de mettre des choses en place. Et en fait à l'instant T j'étais dans l'incapacité de faire quoi que ce soit. pour que ce soit plus facile pour tout le monde. Et du coup, j'imagine que ça pouvait être d'autant plus frustrant parce que toi, tu devais vivre avec les inconvénients et les impacts au quotidien. Par contre, je pense que ça nous a quand même permis d'arrêter de nous battre contre les mauvaises choses. Tu vois, si on parle maintenant de cette table qui est souvent encombrée, parce que bon, je n'ai jamais trop dit dans le podcast, je vais le dire quand même. Enfin, je ne crois pas que je l'ai dit. On a une table... à manger quoi, pour manger dessus. Sauf que moi, j'ai besoin d'avoir les choses visibles chez moi pour que j'y pense. Ça peut être des livres, ça peut être des papiers officiels, des tâches administratives à faire. Si je reçois... Un courrier que je ne veux pas le faire tout de suite, mais qu'il faut que j'y penche, je vais le laisser sur cette table. Sauf qu'à un moment donné, la table, les choses s'accumulent jusqu'à ne plus, presque plus pouvoir manger dessus. Et c'est un peu pareil sur le canapé, sauf que sur le canapé, c'est mes vêtements de la veille, parce que je n'ai pas d'endroit.
- Speaker #1
Ou de l'avant-veille, ou de l'avant-avant-veille.
- Speaker #0
Voilà, parce que, donc, je précise qu'ils sont propres, et c'est parce que je n'ai pas d'autre endroit en vrai. On a déjà discuté, mais aujourd'hui, on n'a pas d'autre endroit pour moi pour les mettre. Mais je sais que, par exemple... Pour les vêtements, tu ne me dis plus trop rien. Moi, j'ai entendu quand même que... Parce qu'à force de me le répéter, j'ai bien compris que ça t'agassait. Du coup, de temps en temps, je les range.
- Speaker #1
Après, on avait discuté justement avec la neuropsy. On avait un petit peu expliqué les besoins de chacun. Ce n'est pas tant le fait qu'il y ait des choses sur la table, qu'il y ait des choses sur le canapé qui est problématique pour moi. Je parle pour moi. C'est plus qu'à un moment, on ne peut plus utiliser la table ou le canapé pour...
- Speaker #0
Ce pourquoi elle est là.
- Speaker #1
Ce pourquoi elle est là. Donc la table, à partir du moment où on ne peut plus manger sur la table parce qu'il y a trop d'affaires à pousser, là, ça devient très problématique pour moi. Le canapé, pareil, si je ne peux plus m'asseoir parce qu'il y a trop de bazar, c'est pareil. Donc c'est plus ça, en fait. Donc moi, là, je lui laisse sur les vêtements. Si c'est sur un coin, voilà, ça ne dérange personne. Après, voilà, Alice contribue activement à mettre des affaires. Des ordres de la maison. Oui, oui, voilà. Mais oui, voilà. C'est pour ça que je dis plus rien non plus. On s'était mis d'accord sur certaines choses.
- Speaker #0
Oui, mais c'est vrai que ça a été ultra pertinent, cette discussion qu'on a eue chez la neuropsy, parce que moi, je n'avais pas du tout... En fait, pour moi, tu râlais parce que c'était en désordre. Et pour moi, c'était une question d'ordre ou de désordre. Sauf que moi, le problème, c'est que je n'ai pas aujourd'hui encore trouvé... Je commence à trouver des astuces, mais c'est difficile pour moi de maintenir les choses en ordre. Et du coup, je n'avais pas trop de solutions. Sauf que le fait d'avoir compris qu'en fait, pour toi, ce qui était important, c'était l'utilité de l'objet. Donc le fait de pouvoir utiliser sa fonction de base et pas forcément le bazar qui était problématique. Et bien, ça nous a permis effectivement de réfléchir à des choses à mettre en place qui répondraient à ce besoin. Et pour moi, c'était beaucoup plus accessible. Parce que finalement, demander à une personne TDAH de toujours avoir son intérêt rangé. C'est ultra compliqué, sauf si elle a toutes les bonnes stratégies en place.
- Speaker #1
Oui, encore, il faut avoir le temps et l'énergie.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Mais lui demander de répondre à un besoin précis, qui ne dépend pas forcément de cette notion d'ordre et de désordre, je pense que c'est plus accessible.
- Speaker #1
Oui, mais voilà, c'est faire un compromis, de toute façon, c'est ça. Je ne te demande pas de ne plus rien mettre sur la table, de ne plus rien mettre sur le canapé, parce que ce n'est pas possible. C'est juste, voilà. Donc le soir, si on veut se poser sur le canapé, il faut qu'on puisse le faire. Si on ne peut pas le faire, à ce moment-là, on peut même à deux un peu ranger. Et à ce moment-là, on peut nous utiliser le canapé. Et la table, c'est pareil. Si on ne peut plus poser trois assiettes sur la table, c'est qu'un problème.
- Speaker #0
On parle peu, en fait, de la place du conjoint ou de la conjointe quand le diagnostic arrive tard. Et c'est vrai que c'est bien d'avoir eu ce point de vue. Alors toi, c'est encore un peu... Je pense que presque, il faudrait parler de... Pas du moment où j'ai vraiment eu ce diag... C'était pas une diag, c'était évaluation chez la neuropsy. Mais presque du moment où j'ai eu ce diagnostic chez la psychiatre. Parce que je pense que c'est plutôt là que ça a été... Ça a été compris et entendu chez toi. Mais c'est vrai qu'on parle peu de l'impact que ça peut avoir. Si je devais te poser une question... Assez simple, c'est pour toi, c'est comment de vivre avec une personne qui a un TDAH ?
- Speaker #1
Moi, je ne suis pas le bon exemple parce que je ne me suis pas assez intéressé assez vite à tout ça. Parce que je pensais que rien ne découlait de moi, que c'était toi qui avais le TDAH et du coup que c'était à toi de mettre en place tes stratégies. Mais finalement, j'ai aussi un rôle à jouer là-dedans. J'aurais dû m'y intéresser plus vite, je le dis quand même. C'est aussi apprendre à s'adapter à... faire des compromis, ce qu'on fait aujourd'hui finalement, c'est comme ça, tu peux pas changer une personne ou demander à une personne de changer ou demander à une personne de compenser alors qu'elle l'a déjà fait toute sa vie, c'est aberrant après je pense que la première chose à faire c'est vraiment s'y intéresser, regarder ce que c'est que le TDAH ou en tout cas chez la personne ce que ça engendre, voir ce que en tant que conjoint on peut faire aussi pour aider en fait, parce que finalement c'est un comportement que tu vas que moi je vais avoir peut avoir des répercussions chez toi, peut faire empirer les choses, ou au contraire, montrer que j'ai compris et calmer les choses.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. C'est tout bête, mais j'avais vu un jour... Pour un réel passé sur Insta qui disait que c'était mieux de pas dire à une personne, là pour le coup c'était sur un enfant mais bref, tu es trop impulsif, tu es désordonné, tu es ci, mais de dire plutôt ton TDAH te rend désordonné, ton TDAH impacte aussi, parce qu'en fait c'est une façon aussi de pas un peu, de moins casser l'estime de la personne, je sais pas pourquoi. pourquoi je dis ça, mais je pense que c'est quand même important de se dire que l'objectif, en fait, c'est pas de changer la personne, mais c'est de... L'aider à fonctionner, en fait.
- Speaker #1
Accepter.
- Speaker #0
Accepter le fonctionnement de l'autre, c'est vrai.
- Speaker #1
Par exemple, ce que tu fais souvent, et qui avait tendance beaucoup à m'agacer avant, c'est que tu finis pas tes phrases. Quand tu m'interpelles, tu me parles, tu finis pas tes phrases. Qu'est-ce que ça pouvait me saouler.
- Speaker #0
Mais ça te saoule encore.
- Speaker #1
Oui. Mais je te le dis quand même beaucoup moins régulièrement. Ouais, c'est vrai. Je me dis, bon, c'est comme ça. Ouais,
- Speaker #0
c'est vrai, tu vas plus me le dire.
- Speaker #1
Ou alors te parler et tu m'entends pas parce que t'es dans ta bulle.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Mais voilà.
- Speaker #0
Ça,
- Speaker #1
c'est quand je fais du garçon plus. Oui, voilà. À l'époque, ça pouvait me saouler. C'est parce qu'une personne, entre guillemets, normale, une personne, quand tu l'appelles, elle t'entend. Et tu peux lui parler, elle te répond. Toi, tu restais dans ta bulle.
- Speaker #0
Ouais,
- Speaker #1
c'est vrai. Donc, il fallait un contact physique. Maintenant, même si ça m'agace encore souvent, parfois, j'arrive quand même... J'arrive un petit peu plus souvent, on va dire, à prendre du recul là-dessus et à me dire, bon, ou alors je vais vers elle pour qu'elle s'arrête et que je puisse discuter, ou alors je répète pas et je passe à autre chose, et puis voilà, c'est comme ça.
- Speaker #0
Ouais, et puis moi, a contrario, tu vois, là où... Parce que j'ai quand même été quelqu'un qui s'excusait de tout, tout le temps. Et je pense que c'est ça aussi qui a changé. C'est qu'en fait, le fait d'avoir eu ce diag, je vais, en fait, pour moi, rappeler le fait que j'ai un TDAH. c'est aussi affirmer que je ne suis pas le problème. Parce que je pense que j'ai toujours ressenti que c'était moi le problème. On en a déjà discuté tout à l'heure, mais là, tu vois, quand toi, tu viens et que tu me dis « Ouais, j'en ai marre, tu m'écoutes jamais » , quand je te parle, admettons, moi, je vais te dire « Non, mais en fait, je t'ai déjà expliqué, quand je suis en hyper-focus, je ne t'entends pas. » Donc, en fait, on avait décidé aussi, on avait mis des choses en place du genre Si tu veux, déjà, si tu me parles, il faut que tu m'interpelles par mon prénom. Si je suis en train de faire quelque chose, il faut que tu attendes que j'ai terminé. Parce qu'en fait, moi, je ne t'entends pas. Et si ça te saoule parce que je ne t'entends pas, ma foi, les règles étaient claires. Mais oui, je trouve que c'est tout un panel de choses à mettre en place et surtout de discuter. de discuter, tu vois, si tu n'avais pas exprimé chez la neuropsy cette histoire de fonction d'objet, et bien en fait, je n'aurais jamais compris quel était le vrai fond du problème. J'aurais toujours associé ça à juste, en fait, lui, son problème, c'est le désordre, il veut que tout soit rangé. Et moi, je n'avais pas de solution à ça, comme je le disais avant, alors qu'en fait, quand on discute vraiment, quand on passe du temps à repérer les besoins des uns et des autres, et bien on peut mieux comprendre. Alors, ce n'est pas toujours... On ne peut pas toujours y répondre.
- Speaker #1
Non, bien sûr. Mais tu vois, là, c'est parce qu'on s'est octroyé ce temps. Parce que moi-même, je n'avais jamais verbalisé, même pour moi, en fait, que mon besoin, il était là.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Parce que je n'ai jamais réussi à te le verbaliser non plus. C'est parce qu'en fait, je ne m'en rendais pas compte, tout simplement. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. Oui, c'est vrai qu'il faut aussi se prendre le temps de réfléchir et de...
- Speaker #1
Le fait qu'il y ait du bazar, alors certes, ce n'est pas beau dans l'appart, mais en soi, ce n'est pas important. On s'en fout, c'est chez nous.
- Speaker #0
Oui, c'est secondaire. Oui,
- Speaker #1
c'est ce qui... Ce qui m'embêtait dans ce cas-là, c'est que l'objet principal, je ne pouvais plus l'utiliser. Mais ça, si tu ne réfléchis pas,
- Speaker #0
tu ne peux pas le deviner. Oui, ce qui est important, c'est qu'effectivement, même si ce n'est pas toujours simple, on comprend mieux ce qui se joue. On ne cherche plus forcément à corriger les choses, mais à les ajuster. Et ça, je pense que c'est important.
- Speaker #1
Se les ajuster, s'adapter, comprendre le fonctionnement de l'autre, mais aussi le sien. Parce que finalement, si tu veux faire des compromis, il faut aussi que tu saches que toi, Tchouuuu Tu veux ce dont tu as besoin, et jusqu'où tu es prêt à aller pour aider l'autre, accepter l'autre comme il est, finalement.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. En fait, je pense que toutes les personnes devraient pouvoir accéder à un bilan neuropsychologique, peu importe la raison, mais juste pour connaître son propre fonctionnement. Tu vois, si tu devais avoir besoin de le connaître pour x ou y raison, en fait, que ça soit rendu possible pour tout le monde, et évidemment de façon remboursée. C'est pour ça que je dis un mot totalement utopique. Mais parce que, en fait, comment vivre avec l'autre si on ne sait même pas comment on fonctionne soi-même, quoi ?
- Speaker #1
Je pense que c'est même pas... important aujourd'hui parce qu'on ne nous l'apprend pas. On ne nous l'a jamais appris, nos parents ne l'ont jamais appris, du coup ils ne nous l'ont pas inculqué. À l'école, on ne t'apprend pas à vivre en société, mais on ne t'apprend pas forcément à écouter tes propres besoins, à les formuler de façon bienveillante, à écouter les besoins des autres de façon bienveillante, à leur répondre de façon... Ça n'existe pas, et c'est ça le problème.
- Speaker #0
C'est dommage parce qu'en plus... Pour moi, c'est vraiment la base de tout. On nous apprend à être pareil. On nous apprend à faire les choses tous de la même manière, sauf qu'on est tous différents.
- Speaker #1
Je l'ai fait, le bilan neuropsy. Pour différents trucs, on avait décidé que j'allais le faire. Ça m'a permis de voir certaines choses. Sinon, tu vas te baser sur quoi ? Tu vas te baser sur ce que disent les autres, ce que pensent les autres. T'es tête en l'air, t'es colérique, t'es dissipé. Ton prof va dire que tu bavardes. Mais ça t'apporte rien.
- Speaker #0
Non, c'est vrai.
- Speaker #1
Ça t'apporte rien, parce que finalement, tu sais quand même pas quitter. Tu mets pas de vrai mot sur ça. Ouais,
- Speaker #0
c'est clair. Et puis finalement, c'est tout un peu sous couvert de jugement, alors que... Enfin, ça n'aide en rien. Ça n'aide en rien. Il n'y a pas d'action possible à mettre en place. Est-ce qu'il y a des choses qui découlent de mon TDAH et que tu aimes bien ?
- Speaker #1
Quand t'aimes une chose, tu l'aimes à 1000%. Ça, c'est chouette. parce que du coup tu t'intéresses à ces trucs là à fond, tu t'investis à fond et ça c'est très enrichissant on peut parler par exemple du pain du levain pendant le Covid on s'était plongé un peu là-dedans et tu t'es pas plongé là-dedans comme d'autres ont pu le faire juste en surface et voilà ensuite passer à autre chose non toi t'es allé vraiment à fond là-dedans et encore il y a pas longtemps on est allé faire un cours chez un boulanger sur un levain mais en niveau ou avancer pour comprendre encore plus de subtilité et ça c'est quand même c'est incroyable quoi, je trouve ça super génial.
- Speaker #0
Et c'est vrai qu'en plus pour le coup ça répond aussi à ton fonctionnement à toi, si j'ai le droit d'en parler du fait que tu que t'es au potentiel et c'est aussi un
- Speaker #1
C'est un trait.
- Speaker #0
Un trait, ouais. Enfin, voilà.
- Speaker #1
Quand je m'intéresse à quelque chose, je m'intéresse aussi à quelque chose à 1000%. Ouais. Mais je m'en lasse tout aussi vite.
- Speaker #0
Ouais, toi, tu t'en lasse aussi vite. Alors que moi, finalement, je pense que le TSA m'aide à rester assez constante. En fait, je vais m'intéresser à des sujets, mais quand on regarde, c'est souvent autour de mon intérêt spécifique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et du coup, tu vois, on a l'impression...
- Speaker #1
Tu reviens toujours à un moment ou à un autre.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Que moi je peux divaguer
- Speaker #0
Toi tu peux t'intéresser Moi je trouve ça super enrichissant aussi Parce que t'as énormément de connaissances T'as énormément de connaissances Moi il y a bien souvent des choses Que j'apprends dans le livre d'Alice Et toi t'es là bah oui tu savais pas ça Bah évidemment si c'est ça Toi tu sais énormément de choses Alors que moi Moi c'est pas que je sais pas les choses C'est que je les oublie Je pense que c'est surtout ça C'est mon plus grand malheur Par contre j'ai écouté un podcast hier Où la nana, elle expliquait qu'elle avait, je sais plus comment ça s'appelle, mais en fait, elle enregistre tout dans sa mémoire. Donc en fait, chaque bouquin qu'elle lit, chaque truc, même un article de journal, elle retient tout. C'est une hypermnésie, je crois. Attends, il faudrait que je vérifie. Je vais vérifier tout de suite parce que si je dis n'importe quoi, là... Hypermnésie. L'hypermnésie est un syndrome peu connu, très rare, caractérisé par une mémoire infaillible. L'individu est capable de se souvenir très précisément de chaque jour de son existence. jusqu'à un moment précis de son enfance. Ok.
- Speaker #1
C'est incroyable.
- Speaker #0
Et du coup, elle disait qu'elle avait arrêté de lire le journal parce qu'en fait, vu qu'elle retenait tout, en fait, elle était saturée tout le temps. Et du coup, j'ai un peu revu mon truc parce que moi, je me disais toujours, moi, mon plus grand malheur, c'est en fait de ne pas enregistrer les informations que je lis. Et puis, quand je l'ai entendu, je me suis dit, bon, vaut mieux quoi ? Ne pas les enregistrer ou tout enregistrer vu mon niveau de saturation déjà sans... Sans enregistrer, je pense que c'est mieux comme ça.
- Speaker #1
T'as toujours un revers de médaille, de toute façon.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr. Donc il y a ça que t'aimes bien chez moi. Est-ce qu'il y a d'autres choses ?
- Speaker #1
Il faut se poser la question, qu'est-ce que le TDAH...
- Speaker #0
Qu'est-ce que le TDAH... Quels vont être mes comportements avec le TDAH ? Par exemple, c'est... Tu disais que quand je... En fait, je prévois toujours plein de choses. Tu disais qu'à l'époque, c'était fatiguant pour toi. Mais par contre, tu vois, ça nous a permis de faire le tour du monde, comme tu le disais. Je pense que c'est quand même quelque chose... Parce que finalement, toi, t'es pas du tout dans l'organisation. Ouais,
- Speaker #1
je suis type dernière minute. Moi, je vis au jour le jour. C'est la grosse différence avec toi.
- Speaker #0
Ouais, mais du coup, c'est vrai que... Peut-être que... Le fait que justement, j'aime bien faire 10 000 trucs, ça aura quand même enrichi nos expériences. Dans le même sens,
- Speaker #1
c'est ton côté impulsif qui permet aussi finalement de lancer des projets.
- Speaker #0
Bah oui.
- Speaker #1
Oh tiens, si on allait en Australie.
- Speaker #0
Ouais, voilà.
- Speaker #1
Enfin, une personne lambda qui te dirait, tiens, si on allait en Australie, on se regardait, ils vont rigoler un coup, ils vont passer à autre chose. Toi, non, toi tu vas faire tes valises, tu vas partir.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. C'est vrai que ça, c'est le côté impulsif que j'aime bien. Mais ce que je racontais dans l'épisode sur les symptômes du TDAH, c'est que j'ai quand même une chance, c'est que moi, mon impulsivité ne m'a jamais vraiment coûté en négatif. Parce que tu vois, tu as des gens qui vont le faire, qui vont avoir ce côté impulsif pour tout, par contre, qui ne vont pas forcément avoir les finances. Moi, tu vois, je vais me dire ça, mais je vais analyser avant d'y aller. Oui, ça reste raisonné. Et ça, j'ai vraiment de la chance là-dessus, parce qu'on n'a jamais été dans la... galère financièrement du fait de mon impulsivité ce qui est quand même peu arrivé chez une personne TDAH malheureusement donc ouais ça c'est vrai mon côté désorganisé ne t'apporte pas de positif dans la vie je pense que ça on peut le dire non je vois pas spécialement du positif à ça après bah si après j'ai mon côté émotif mon côté hautement sensible Parce que tu vois, la dysrégulation émotionnelle, on en parle souvent pour l'aspect négatif, mais ça va aussi, en fait, c'est dans les deux sens. Tu vois, quand on est très joyeux, enfin tu vois, on va être très très joyeux.
- Speaker #1
Oui, oui, oui, c'est décuplé dans les deux sens.
- Speaker #0
C'est vrai que ça peut, en tout cas, être vu comme quelque chose de chouette, de s'émerveiller pour un rien, tu vois. Rien que de voir les oiseaux, de voir le petit hérisson la dernière fois, il était tellement mignon. Tu vois, t'as des gens, ils vont regarder, ils vont passer à autre chose. Moi, je vais le prendre en photo. Je vais en parler encore, tu vois, des mois après, des semaines après. Et si tu devais citer justement les choses qui sont les plus pesantes.
- Speaker #1
Moi, ce que j'aime vraiment pas, c'est le fait que tu commences tes phrases, mais que tu les finis pas. Parce que tu fais autre chose. Et après, quand tu reviens, t'es plus là. Tu sais même plus de quoi tu parlais.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
Ça, c'est... C'est pas grave, pas du tout.
- Speaker #0
Ouais, mais c'est agaçant.
- Speaker #1
Ouais, c'est ça, c'est agaçant. C'est agaçant. Et je suis désolé pour toutes ces personnes, mais j'aime pas les personnes qui commencent des phrases, qui engagent une conversation, mais qui la finissent pas.
- Speaker #0
Ouais, en fait, en plus, ça m'arrive énormément quand je suis fatiguée.
- Speaker #1
Oui, mais parce que t'es plus concentrée.
- Speaker #0
Je suis plus là, quoi.
- Speaker #1
Mais c'est pas un truc grave. Non,
- Speaker #0
c'est pas un truc grave.
- Speaker #1
C'est juste, voilà, moi, j'aime pas ça. C'est tout.
- Speaker #0
Quoi d'autre ? Je dirais quand même que pour l'impulsivité, je me suis quand même calmée.
- Speaker #1
Moi, c'est plus ce côté « t'arrives pas à t'arrêter »
- Speaker #0
qui m'agace. Ouais, je sais que ça, ça t'agace.
- Speaker #1
Et c'est pas pour moi, c'est pour toi. Parce que tu vas te vider complètement de ton énergie avant de passer à autre chose. Enfin, de passer à autre chose. Et après, c'est ton côté hyperactif, parce que tu n'arrives pas à, entre guillemets, rien faire. T'arrêter pour recharger les batteries, tu ne sais pas le faire. Et ça te pèse au quotidien, ça te draine souvent.
- Speaker #0
Et moi, ça fait partie des choses qui m'agacent quand tu me le dis. Parce qu'en fait... J'y arrive pas, tu vois, c'est plus fort que moi. Et en fait, je sais pas si je te l'ai déjà verbalisé comme ça, mais tu vois, quand tu vas m'octroyer du repos et que j'arrive pas, enfin, quand tu vas prendre le relais avec Alice pour que j'aie du repos, et que j'arrive pas à réellement me reposer, en fait, limite, tu vas t'énerver parce que je me suis pas reposée, alors qu'en fait, moi, je culpabilise déjà de pas avoir réussi à me reposer. Et du coup, je me dis, mais putain, merde, j'y peux rien, en fait.
- Speaker #1
Moi, derrière, je me suis énervé. Pourquoi ? Parce qu'il y a une frustration qui est née du fait que moi aussi, je suis fatigué. Mais je te prends la petite pour que toi, tu puisses justement recharger un petit peu tes batteries. Moi, je vide encore plus les miennes avec Alice. Pour finalement que je me recousse à ça. Ouais, ça sera. Et du coup, c'est frustrant, même si c'est le côté hyperactif, tu ne peux rien y faire. Non,
- Speaker #0
mais je comprends la frustration. Après, ce que tu peux te dire quand même, c'est que d'avoir pris Alice... Ça m'a forcément reposé.
- Speaker #1
Oui, c'est certain.
- Speaker #0
Parce que même si je fais des choses, en fait, rien que le fait d'être au calme, rien que le fait de ne pas avoir la surstimulation associée à Alice, rien que ça, en vrai, ça me repose. C'est vrai que des fois, tu vois, je vais te dire je ne me suis pas reposée parce que je vais être active, mais en réalité, quand je cherche à me reposer, je pense que je me repose de toute façon un peu plus que si j'étais juste active sans me dire que je me repose. C'est vrai qu'il faudrait peut-être aussi que je... que je revois ce que c'est vraiment de se reposer. En fait, le repos pour une personne hyperactive, c'est pas la même définition que pour une personne...
- Speaker #1
Faire une activité calme, quoi.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Peut-être.
- Speaker #0
Ouais, peut-être.
- Speaker #1
Moi, je pense que c'est ça le truc le plus compliqué.
- Speaker #0
Ouais, je comprends. Il y a sûrement des couples qui nous écoutent et qui se reconnaissent... Il y a sûrement des couples qui nous écoutent et qui se reconnaissent dans ce... avant le diagnostic ou après le diagnostic. Des personnes aussi qui vivent des choses difficiles sans savoir pourquoi. Et j'aimerais qu'on leur dise qu'elles ne sont pas seules. Et surtout que ça ne veut pas dire que ce sont des mauvais partenaires de vie. Parce que c'est vrai que tu vois, il y a peut-être des personnes là qui se disent qu'en fait, du fait de leur fonctionnement, elles ne pourront jamais être aimées par quelqu'un. Tu vois, même moi, des fois, je te le dis que... En fait, j'aimerais être une autre personne. Que tout le monde serait mieux si j'étais une autre personne. Toutes les personnes autour de moi seraient mieux. Parce que j'ai l'impression parfois de gâcher la vie des autres, tu vois. Et toi, de ton point de vue, est-ce que tu penses que c'est possible d'être en couple avec une personne TDAH en étant heureux ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Après, c'est comme dans tous les couples. T'as pas besoin d'un TDAH ou peu importe autre chose. Être en couple, c'est toujours aller vers l'autre. C'est penser à l'autre, c'est... aider l'autre et si tu fais ça, tu arrives dans un cercle vertueux et peu importe qu'il y ait un TDAH, un TSA ou un handicap ou peu importe quoi, si à partir du moment où tu considères l'autre et que tu vas vers l'autre, ça va, mais il faut être prêt à faire un pas vers l'autre en fait, à faire des concessions sur certaines choses. Le canapé, je reviens sur moi, le canapé, bordel, c'est pas grave, on s'en fout. le ménage il est pas fait, c'est pas grave on s'en fout personne n'est parfait et on demande à personne d'être parfait et si ça dérange certaines personnes,
- Speaker #0
c'est leur problème ouais c'est vraiment effectivement faire un pas vers l'autre c'est vrai que tu vois, moi j'ai quand même pas mal souffert du regard des autres sur notre couple tu le sais parce que les autres ont souvent eu l'image de moi comme étant je déteste cette expression mais celle qui porte la culotte En plus, oui, je porte la culotte, j'ai une culotte, n'importe quoi. Bah oui, parce qu'en plus, je suis TSA et que je ne comprends pas le second degré. Donc, moi, tu me dis que tu portes la culotte, bah oui, je porte une culotte, effectivement.
- Speaker #1
On n'a même pas parlé de ça, ouais. Moi, je suis beaucoup second degré, en plus.
- Speaker #0
Ouais, parce que là, on parle de TDA, on fera un épisode sur le TSA, si tu veux. Mais c'est vrai que... Ouais, en fait, on a souvent considéré que...
- Speaker #1
Que t'étais dure.
- Speaker #0
Que j'étais dure avec toi et que toi t'étais un peu soumis. Je déteste ça aussi. Mais étonnamment, les personnes qui disent que tu es soumis sont souvent des hommes. Peut-être parce que la majorité des... Non, je ne veux pas faire de généralité parce que ça ne sera pas vrai.
- Speaker #1
On va dire que ces personnes-là...
- Speaker #0
Non, même pas ces personnes-là. En fait, on va parler de toi plutôt que parler des autres. En fait, c'est parce que t'es un homme qui... prend en considération justement la vie de sa compagne tu vas, en fait on prend les décisions à deux tu vas...
- Speaker #1
c'est ça être en couple en fait,
- Speaker #0
pour moi c'est ma définition du couple c'est considérer l'autre parce que sinon on vit tout seul bah oui c'est ça mais c'est peut-être pas la vision du couple de tout le monde c'est sûr tu vois toi tu vas souvent en fait tu vas faire attention à moi, à mes besoins tu es tourné vers l'autre aussi Merci. T'es vachement tournée vers l'autre, je trouve. Et t'es gentille, t'es profondément gentille. Combien de fois t'as refusé d'aller quelque part, de faire une soirée ou quoi ? Parce que la Aline, elle est fatiguée, elle n'est pas en forme. Donc en fait, je reste avec elle. Et ça, même avant Alice. Après, moi, j'avais cette tendance à être assez... Est-ce que ce serait vraiment directif ? Parce qu'en tout cas, ce n'était pas mon intention d'être... directive, mais d'être assez... Comment on peut dire ça ?
- Speaker #1
Un peu sèche, non ? C'est un côté un peu impulsif, finalement.
- Speaker #0
Ouais, je dis les choses comme elles sortent, et c'est vrai que je le fais avec toi, mais que je le fais pas forcément avec les autres. On en a déjà parlé, c'est parce qu'en fait, je suis hyper en confiance avec toi. Du coup, t'es sans filtre. Ouais, je suis sans filtre. Et très clairement, aujourd'hui, je sais que tout ça, ça découle probablement... Alors, il y a le côté impulsif du TDAH. Mais il y a aussi, en fait, le TSA. Et je pense que tu sais, le fait que... Tu vois, les gens ont parfois assisté, par exemple... à ce qu'eux avaient l'impression que c'était des disputes, et pour nous en fait ça n'était pas. C'est juste que j'exprimais quelque chose chez toi, d'une certaine manière, et en fait toi c'est une manière dont t'as l'habitude, enfin voilà t'es habitué à ça, et en fait les personnes pensaient qu'on était, pas vraiment de se disputer, mais voilà d'argumenter, et en fait quand je te demandais à toi tu me disais bah non y'a aucun problème. Oui bon. Peut-être le ton utilisé, les mots utilisés, j'en sais rien.
- Speaker #1
Oui, c'est possible.
- Speaker #0
Mais ouais, je sais que moi, j'avais beaucoup souffert de ça. En fait, j'avais l'impression qu'on me prenait pour... Enfin, tu vois, pas que j'étais maltraitante, mais... Tu vois, j'ai pas le terme.
- Speaker #1
Un peu dominatrice.
- Speaker #0
Ouais, disons ça. Et ouais, moi, ça... Et surtout que c'est pas du tout moi.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
Je pense qu'on peut pas dire que je suis comme ça. Alors, c'est vrai que j'ai tendance à prendre le lead sur certaines choses, mais parce que toi, tu le prends pas. Tu vois, c'est une question de tempérament, je pense aussi. C'est que moi, je suis plus dans l'organisation, et j'ai mon impulsivité, en fait. Après, ça a quand même un peu évolué, tout ça. Je trouve que, en tout cas... Et puis, les gens ne nous voyaient pas au sein du foyer.
- Speaker #1
Mais de toute façon, les personnes qui vont se mettre à juger, que ce soit nous ou d'autres couples, ou peu importe, ce sont des personnes qui n'ont pas toutes les pièces du puzzle.
- Speaker #0
Sinon,
- Speaker #1
elles ne se permettraient pas de juger, elles comprendraient.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
On va appartenir au moment où on dira celui-là, pourquoi il se met dans un coin et il met un casque ? On le voit même avec la petite. Pourquoi la petite a un casque ? Pourquoi vous l'isolez ? On ne l'isole pas. C'est ses besoins, surtout. Mais c'est des personnes qui ne comprennent pas.
- Speaker #0
Qui ne se renseignent pas aussi, qui ne peuvent pas les questions, qui ne cherchent pas à comprendre.
- Speaker #1
Pourquoi chercher à comprendre ? On veut tous nous mettre dans la même case.
- Speaker #0
C'est vrai que les personnes auraient tout simplement pu se demander pourquoi J'agissais comme ça plutôt que de tout de suite prendre le raccourci de se dire...
- Speaker #1
Ou de ne pas se mêler, tout de suite.
- Speaker #0
Ou de ne pas se mêler, ouais.
- Speaker #1
Ou juste demander quand on revient, est-ce que tu vas bien ? Point.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Pas chercher à interpréter.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai. Est-ce que toi, il y a quelque chose que t'aurais aimé comprendre plus tôt ?
- Speaker #1
Je pense plutôt qu'on met les mots sur ce genre de choses. Quand je dis ce genre de choses, c'est les comportements liés au TDAH. Plus vite, on peut aussi apprendre à réapprendre à vivre avec l'autre. à s'équiper des bonnes stratégies pour vivre plus sereinement. C'est surtout ça. Quand je remonte à 6 ou 7 ans en arrière, quand tu partais en pleurs sur tes shootings ou compagnie, si on avait su qu'il y avait peut-être d'autres stratégies à mettre en place pour limiter la casse, on l'aurait fait. Ça aurait été beaucoup plus bénéfique.
- Speaker #0
Et puis pour tout le monde.
- Speaker #1
Et pour tout le monde.
- Speaker #0
C'est ça aussi. c'est que finalement En fait, on ne se rend pas compte à quel point comprendre et, entre guillemets, étudier le fonctionnement de la personne, on ne le fait pas que pour elle, on le fait aussi pour soi, parce qu'en fait, on impacte forcément l'autre dans le quotidien.
- Speaker #1
Et pour, finalement, toutes les personnes qui nous entourent aussi, parce que si elles comprennent certaines choses, elles sont aussi déjà moins dans le jugement et plus dans l'acceptation. Et à force, si c'est des personnes qui sont vraiment proches ou qui t'estiment vraiment, c'est des personnes qui vont être bienveillantes avec toi. Tu ne veux pas venir, c'est comme ça. Tu parles un peu sèchement, c'est OK. Enfin, voilà. C'est juste une question de respect.
- Speaker #0
Oui, et puis tu vois, par exemple, je le disais déjà, mais c'est vrai qu'il m'arrive de te parler sèchement, tout comme il t'arrive de me parler sèchement.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #0
Par contre, je m'en excuse toujours, et pour moi c'est important, c'est là où en fait le TDAH n'est pas une excuse mais une explication. C'est en fait quand on impacte négativement l'autre, je trouve ça ultra important de s'en excuser. Parce que, et je pense, ouais, je l'ai déjà dit tout à l'heure, mais je pense que c'est vraiment pour ça que ça me rendait ouf quand tu me disais « Ah ouais, mais tu vas encore me dire que c'est ton TDAH ? » Mais parce qu'en fait, déjà oui, c'est mon TDAH, mais surtout que... tu vois, quand tu as conscience que ça impacte l'autre, que tu t'en excuses, pour moi, tu fais déjà un pas vers l'autre. Et après, l'étape d'après, c'est effectivement d'essayer de trouver des solutions. Et le mieux, moi, je trouve que vraiment le mieux, c'est d'essayer de les trouver ensemble. Après, comme on disait, ça demande de se prendre le temps et de communiquer beaucoup.
- Speaker #1
Et souvent, ça demande un espace neutre ou une tierce personne. Ça aide.
- Speaker #0
Oui, ça aide. Ça nous a beaucoup aidé. On n'a pas fait beaucoup de séances, on a fait deux séances, je crois, avec l'anorexie. Ça a été productif de ouf. Mais ça a été hyper productif. Est-ce qu'il y a quelque chose que tu aimerais dire aux... personnes qui vivent ça aujourd'hui et quand je parle de ces personnes-là je parle bien des personnes qui sont dans ta position donc une personne qui vit avec une personne qui a un TDAH si ça n'a pas déjà été fait c'est de commencer juste par s'intéresser à ce que c'est le TDAH pas
- Speaker #1
besoin de lire mille bouquins ou ce genre de choses, juste échanger avec l'autre personne pour savoir quel trait elle a poser simplement même prendre un papier juste les lister et suite à ça Déjà se dire que quand ça arrive, essayer dans la mesure du possible de prendre du recul, parce que notre état d'esprit, quand tu es en fin de journée, fatigué, c'est plus difficile aussi, parce que finalement, il va falloir apprendre à revivre avec l'autre, c'est ce que je disais avant. Et ensuite, la troisième partie, c'est mettre des stratégies en place, et comme tu l'as dit, à deux, c'est encore mieux, c'est plus facile. Mais voilà, c'est un chemin à faire, et comment dire ça ? Si on veut vivre de façon pérenne et tranquillement et sans conflit, c'est inévitable en fait.
- Speaker #0
Oui, parce qu'on ne le dit pas, je ne sais pas si toi tu le sais, et je n'ai plus les chiffres en tête, mais il y a énormément de divorces dans les couples quand il y a une des personnes qui est EDH. Je pense que c'est étroitement lié justement à soit les personnes qui ont... qui ont l'impulsivité, et puis même, tu vois, qui vont mal gérer leur argent, etc., ça crée des trop gros problèmes, et voilà. T'as ces personnes-ci qui vont changer de job tout le temps, et t'as les personnes qui vont être impulsives d'un point de vue aussi émotionnel, et qui, du coup, ben voilà, c'est lourd pour l'autre.
- Speaker #1
Mais il faut être prêt à faire les concessions. Après, il y a TDAH et TDAH, je pense que t'as...
- Speaker #0
Il y a différents niveaux. Ouais,
- Speaker #1
t'as différents niveaux, du coup, après, c'est plus ou moins évident à faire. Mais si on veut que ce soit pérenne, il faut de toute façon aller vers l'autre. Il n'y a pas de choix. Et si on n'y arrive pas, c'est que ça risque de rester conflictuel.
- Speaker #0
Et ce n'est pas viable à terme. Après, je pense que quand on n'y arrive plus, ça peut être intéressant de se faire accompagner.
- Speaker #1
Combien de fois on a entendu ça ? En général, les identiques s'attirent aussi.
- Speaker #0
C'est vrai. Super. Ce fut enrichissant comme épisode. Je te remercie.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
L'épisode touche à sa fin. S'il vous a plu, n'hésitez pas à le partager à quelqu'un qui en aurait besoin, à laisser un avis 5 étoiles.
- Speaker #1
Toujours.
- Speaker #0
À le commenter. Vous pouvez venir en discuter avec moi en message privé sur Instagram, sur mon compte Murmure Atypique. Et puis, on se retrouve tout bientôt pour un nouvel épisode et de nouvelles... réflexion atypique prenez soin de vous