Speaker #0Bienvenue dans Murmure Atypique, je suis Adeline, femme neuroatypique et maman. Ici, seule ou avec des invités inspirants, on brise le silence autour du TDAH, de l'autisme, de la parentalité et de la santé mentale. A travers mes partages et des témoignages sans tabou, on parle le vrai pour mieux comprendre votre fonctionnement et nourrir votre quête de sens. Un souffle de bienveillance dans un espace intime pour se reconnaître, s'inspirer et enfin... Ne plus se sentir seule ! Bonjour à tous, j'espère que vous allez bien. On se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode dans lequel nous allons parler du TDAH et plus précisément de comment reconnaître le TDAH. Car non, le TDAH, ce n'est pas une mode, mais un trouble neurodéveloppemental bien réel qui impacte vraiment le quotidien. La première chose que j'ai envie de vous dire, c'est que cet épisode ne remplace en aucun cas une consultation spécialisée, mais il est là pour informer les personnes qui se poseraient tout simplement des questions sur le sujet. D'ailleurs, cet épisode n'est pas que pour les personnes concernées, n'hésitez pas à l'envoyer à vos proches, car ça peut vraiment les aider à comprendre ce trouble qui est malheureusement un peu pointé du doigt ces derniers temps, ces dernières années, justement du fait que de plus en plus de personnes sont diagnostiquées. Et du coup Mais forcément, qu'est-ce qu'on vient dire ? On vient dire que c'est tout simplement une mode, sauf que pour moi, une mode, c'est un truc plutôt cool. Et je pense qu'on peut dire que quand on a un TDAH, on s'en passerait bien. C'est d'ailleurs pour cette raison que j'ai choisi de faire cet épisode, parce qu'il y a beaucoup de clichés, de jugements et de banalisations autour du TDAH. Et aujourd'hui, je ressens vraiment un besoin de clarté. cet épisode est vraiment là pour donner une base d'informations qui, je l'espère... vous aideront à avoir des repères concrets. Dans cet épisode, on va essayer de comprendre ensemble ce qu'est le TDAH, comment reconnaître les symptômes, même les plus invisibles, comment identifier les impacts dans le quotidien, sur l'organisation, les émotions, la parentalité, et aussi faire la différence entre un trait de caractère et un trouble. Mon objectif, c'est qu'à la fin de l'épisode, vous ayez une vision claire du TDAH adulte, parce que c'est sur le TDAH adulte qu'on va se concentrer aujourd'hui, des exemples concrets qui vous... permettrez de mieux reconnaître les signes et aussi des pistes pour avancer si vous vous posez des questions. Sans plus attendre, je vous propose de plonger dans le vif du sujet et de démarrer par et bien définir ce que veut dire TDAH parce que là encore il y a souvent des erreurs. TDAH c'est pour trouble du déficit de l'attention avec ou sans hyperactivité. Ça ne veut pas dire qu'on n'a Pas d'attention, ça veut dire qu'on a un trouble du déficit de l'attention. Et ça, c'est pas la même chose, on y reviendra. C'est un diagnostic qui est établi selon des critères très précis, officiels et énoncés dans le DSM-5. Donc si vous ne connaissez pas le DSM-5, c'est un manuel diagnostique et statistique qui régit l'ensemble des troubles mentaux. Alors concernant la prévalence, on parle d'environ 5% d'enfants ayant un TDAH diagnostiqué et 2,5% chez les adultes, En sachant que, très clairement, ces chiffres ne représentent probablement pas la réalité puisqu'il y a encore beaucoup d'enfants qui ne sont pas diagnostiqués et aussi beaucoup d'adultes qui ne l'ont jamais été. Ce qu'il faut savoir aussi, c'est qu'il y a une composante génétique du TDAH et qu'il n'existe pas une seule cause génétique, mais une constellation de gènes et de modifications génétiques très variables d'une personne à l'autre. Donc, tout n'est pas encore connu. Ça explique très clairement pourquoi, bien souvent, les adultes diagnostiqués tardivement le sont en fait grâce à leurs enfants qu'ils ont été faire diagnostiquer et forcément en faisant ce diagnostic, ça peut faire écho parce qu'il y a cette forte hérédité et du coup on s'y retrouve et on se retrouve nous-mêmes à se questionner et possiblement à se faire diagnostiquer. Il faut aussi savoir que le TDAH, ça se traduit aussi par un déficit en dopamine donc la dopamine c'est un neurotransmetteur qui provoque un afflux de plaisir Pour vulgariser un peu, je parlerai probablement souvent dans mes épisodes de cette fameuse dopamine, parce que c'est celle que l'on va vraiment chercher en tant que personne TDAH, et celle qui va un peu parfois nous mettre des bâtons dans les roues, parce qu'au lieu de se concentrer sur quelque chose qui est important, on va plutôt chercher quelque chose qui va nous apporter du plaisir. Et c'est vraiment pas parce qu'on ne veut pas faire autrement, mais parce qu'on ne peut pas faire autrement du fait de ce déficit en dopamine. Il est d'ailleurs possible d'avoir plusieurs troubles et comorbidités associés au TDAH. Donc on peut avoir par exemple des troubles dys, dyscalculie, dysorthographie, dysgraphie, dyspraxie, dysphasie, dyslexie. Oui, je sais, ça en fait beaucoup. On peut aussi avoir un haut potentiel associé, un TSA, donc trouble du spectre de l'autisme, un trouble anxieux, un trouble dépressif, un burn-out, un trouble bipolaire, ou encore un trouble de la... personnalité borderline. Il est aussi fréquent d'avoir des addictions, des TCA. Bref, pour ma part par exemple, j'ai un TSA et un TDAH, j'ai fait un burn-out, j'ai eu un trouble dépressif et j'ai également eu des troubles du comportement alimentaire. On m'a aussi dit que j'avais une petite dyspraxie et je suspecte probablement le fait d'avoir une petite dyscalculie mais je ne Je ne suis pas encore allée interroger cela. Aussi, le TDAH n'est pas une maladie, c'est bel et bien un trouble du neurodéveloppement. Ça ne se guérit pas. Il y a un traitement qui peut aider à réduire les symptômes, si besoin. Il y a aussi la psychoéducation, des thérapies comportementales et cognitives, donc les fameuses TCC, qui peuvent venir aider. Généralement, le traitement arrive quand cette psychoéducation et cette TCC ne suffisent pas à aider au quotidien. Par rapport au traitement, c'est aussi important de savoir que... 60 à 70% des patients répondent favorablement au traitement avec peu d'effets secondaires. Pour ma part, j'ai tenté le traitement et très sincèrement, ça a été un gros échec. J'ai tenté plusieurs molécules et en fait, à part augmenter au possible mon anxiété sans avoir aucun effet positif autre, j'ai pas eu plus de chance que ça. Il y a aussi des personnes chez qui ça fonctionne très bien. Là, vraiment, ça va être au cas par cas. et en fonction des besoins de chacun. Je pourrais peut-être évoquer ce test de traitement que j'avais essayé, si ça vous intéresse. N'hésitez pas à me le dire en description. Comme je vous le disais, moi, je vais me concentrer sur le TDAH adulte. Mais il faut savoir que ce trouble se manifeste dès l'enfance. On est avec, c'est comme ça. Il peut être amplifié en fonction de différents traumatismes qu'on va pouvoir avoir dans notre vie. Mais par contre, ce ne sont pas des traumatismes qui vont venir. créer entre guillemets le TDAH, faire naître un TDAH, mais en fonction du vécu, de l'environnement dans lequel on évolue, les symptômes peuvent être majorés ou pas. D'ailleurs, avant l'âge de 5 ans, il est difficile de diagnostiquer un TDAH chez l'enfant du fait des similitudes de fonctionnement entre un enfant neurotypique et neuroatypique à cet âge-là. Donc généralement, c'est à partir de 5 ans que l'on peut commencer un parcours diagnostic. Pour ma part, j'ai été diagnostiquée tardivement. et je l'évoquais d'ailleurs dans un précédent épisode dans lequel je retrace mon parcours diagnostique. Si le sujet vous intéresse, je vous invite à aller l'écouter. Je vous mets le lien dans la description également. Parce que oui, il faut savoir qu'on peut avoir un TDAH qui est totalement passé inaperçu dans l'enfance. Ça peut être pour diverses raisons, la méconnaissance du sujet, des symptômes discrets ou jugés comme découlant de la personnalité de l'enfant. Ça a été mon cas. Et finalement... Ça s'est vraiment révélé une fois que j'ai été maman. Non, c'est faux. Ça a été révélé avant. Ça a été révélé une fois que j'ai été à mon compte. En fait, c'est mon burn-out. Enfin, ce sont mes surmenages, mes burn-in qui m'ont révélé mon TDAH. Mais bref, je vous explique ça de façon très claire dans l'épisode dont je vous parlais tout à l'heure. Et c'est vrai qu'enfant, ça n'a pas du tout été soupçonné ou discuté. Mais bon, il faut savoir que j'ai, je crois, 34 ans. Oui, je ne connais jamais mon âge. À l'époque, on parlait très peu du TDAH. On parlait surtout de l'hyperactivité que l'on retrouvait principalement chez les petits garçons qui sautaient partout. Bref, le vieux cliché. Moi, finalement, quand j'étais plus jeune, c'était surtout l'inattention qui était présente plutôt que l'hyperactivité. Ça a eu tendance à s'inverser à l'âge adulte. Mais du coup, quand j'y réfléchis, c'était vraiment présent parce que ça se voyait sur mes bulletins scolaires. On en reparlera tout à l'heure, mais pour autant, personne ne s'est jamais dit que c'était peut-être issu d'un trouble du neurodéveloppement. On se disait tout simplement que ça faisait partie de ma personnalité. Parce que oui, la majorité des personnes ont un TDAH plutôt dit combiné, à savoir des symptômes attentionnels combinés à une hyperactivité et... ou à une impulsivité, on y reviendra aussi. Et il faut aussi savoir que 50 à 70% des adultes ont également ce que l'on nomme une dérégulation des émotions, une dysrégulation émotionnelle. Et même si ce n'est pas un symptôme officiel du DSM-5, ça se retrouve vraiment chez beaucoup de personnes et souvent ça cache un trouble du neurodéveloppement. Aussi, le dernier point que j'aimerais aborder, c'est que les symptômes peuvent être ou avoir été compensés ou masqués toute une vie, rendant le diagnostic difficile, voir impossible. Pour ma part, ça a été le cas pour le TSA et très clairement, même des professionnels de santé qui m'avaient vu lors du diagnostic de TDAH n'ont pas forcément vu le TSA parce que je le masquais énormément. D'où l'importance de se tourner vers une personne spécialisée sur le sujet parce que ces personnes-là sont vraiment à même de faire un diagnostic qu'on appelle un diagnostic différentiel qui leur permet en fait de savoir déjà quels symptômes associés à quels troubles. Ils ont aussi l'habitude de creuser pour révéler ce qui pourrait être masqué. L'idéal, c'est de se tourner vers une neuropsychologue ou un psychiatre spécialisé. Et quand je dis spécialisé, c'est réellement spécialisé en TDAH. Assurez-vous vraiment des formations qu'ils ont fait et reçues, parce que tous les psychiatres et tous les neuropsychologues ne sont pas nécessairement spécialisés en TDAH ou en un autre trouble du neurodéveloppement. il est possible que des symptômes se rendre visible après un gros changement ou un événement. C'est ce que m'expliquait mon psychiatre. Tout simplement parce que, en fait, lors d'un grand changement, les mécanismes adaptatifs qu'on a mis en place, ça peut être par exemple une vérification excessive, un perfectionnisme, la mise en place de rappels, des post-its partout, des notes, etc. En fait, tout ça, c'est fragile et ça peut très facilement sauter quand il y a un gros changement. Et alors, à ce moment-là... Les symptômes sont visibles et peuvent devenir très handicapants. Et c'est souvent à ce moment-là qu'on va consulter. C'est le cas notamment de la maternité. Généralement, quand on devient parent, il y a énormément de choses à revoir dans son organisation. En fait, tout change. Et du coup, tout ce qu'on avait mis en place n'est plus adapté. Et là, ça peut vraiment décompenser et devenir très très gênant et impactant au quotidien. Justement, parlons plus précisément. De ces symptômes, c'est tout l'objet de l'épisode, dans la plupart des pays, il faut présenter au moins 5 symptômes d'inattention et 5 symptômes d'hyperactivité pour pouvoir être diagnostiqué comme ayant un TDAH, et ce depuis au moins 6 mois. C'est important, il faut le savoir. Ils doivent aussi avoir un impact sur au moins 2 aspects de la vie quotidienne, donc travail, relations sociales, vie familiale. Je pense que rien que ça, ça prouve à quel point, Quand on est diagnostiqué... TDAH, c'est loin d'être une mode parce qu'il y a vraiment un protocole de diagnostic très très très précis et même s'il est possible de passer à côté d'un diagnostic, je pense que d'être diagnostiqué par erreur, mine de rien, ça doit être plutôt rare, sauf si on est malheureusement tombé sur un professionnel qui n'a pas trop bien fait son job. Évidemment, il peut y avoir des cas plus complexes mais on va dire, en temps normal, je pense que les diagnostics sont assez fiables. Commençons par parler de l'inattention et des difficultés attentionnelles. Alors déjà, là on ne parle pas d'une impossibilité de se concentrer, comme je le disais avant, mais plutôt d'un problème de régulation de l'attention. C'est vraiment différent, parce que la personne TDAH a un problème d'attention sélective, soit dans le sens d'une trop grande distraction, soit au contraire d'une hyper focalisation, jusqu'à en oublier ses besoins vitaux. Donc en gros, soit on va être totalement distrait, ou un peu distrait, Soit on va hyper focaliser. Donc pour vous donner des petites répercussions possibles dans la vie, ça peut être oublier un anniversaire, ne pas prêter attention quand quelqu'un parle, avoir du mal à se concentrer, être dans la lune, perdre ses affaires, être facilement distraite, faire du double tasking durant un film, une série. Donc c'est alors qu'on est en train de regarder un film, une série, on va aller scroller sur son téléphone ou je sais pas, faire autre chose en même temps. Ça peut être aussi la difficulté à lire un livre quand une lecture n'est pas assez passionnante. Bref, ça se manifeste dans plein de domaines de vie. Ça peut être aussi tout simplement, on est dans une discussion et puis tout à coup, on entend une autre discussion à côté. Ça nous hape et finalement, on n'est plus du tout en train d'écouter la personne qui nous parlait initialement. Bref, vous voyez un peu comment peut se manifester l'inattention. Ensuite, il y a l'hyperactivité. Donc ça peut être une agitation physique et ou mentale. des pensées qui défilent tout le temps, cette tendance à beaucoup parler rapidement, à bouger constamment. On a tendance à vraiment penser que l'hyperactivité serait que physique, mais en fait, la plupart des personnes ayant un TDAH ont une hyperactivité mentale, donc vraiment avec ces pensées qui ne cessent jamais. Et mine de rien, ça, ça ne se voit pas, c'est assez invisible. Nous, on le sait, et encore, c'est notre réalité, c'est notre normalité, donc on n'a parfois même pas... conscience à quel point c'est prenant et à quel point cette hyperactivité est vraiment réelle. Et pourtant, il paraîtrait que pour les personnes TDAH qui ont réussi à justement couper ce flot de pensée, que ce soit par la médicamentation ou par la pleine conscience ou autre, qu'une fois qu'on a plus le cerveau qui fuse dans tous les sens, c'est incroyable le changement. Il y a aussi l'impulsivité, donc ça peut être le fait de couper la parole, de prendre des décisions sur un coup de tête, de... S'énerver rapidement d'avoir des émotions vraiment explosives. Et comme je le disais tout à l'heure, la plupart des personnes ont un TDAH dit combiné. Donc soit de l'inattention et de l'hyperactivité, soit de l'inattention avec de l'impulsivité, soit les trois, soit de l'hyperactivité et de l'impulsivité. Bref, ça peut vraiment se combiner de différentes façons. En fonction, là encore, les impacts ne sont pas les mêmes et les outils à mettre en place ne sont pas les mêmes non plus. Pour vous illustrer un peu tout ça, je vais vous dire comment se manifeste le TDAH chez moi. à travers ces symptômes. Pour ce qui est de l'inattention, comme je vous le disais, moi finalement cette inattention elle a été ultra présente quand j'étais plus jeune, beaucoup plus qu'aujourd'hui, même si j'ai encore évidemment de l'inattention. Ça se manifestait tout simplement dans le fait d'être dans la lune. C'est vraiment quelque chose qu'on me disait souvent à l'école, que j'étais dans la lune, qu'il fallait que je redescende sur Terre. Et c'est vrai, je passais beaucoup de temps à déconnecter, j'étais là, mais pas là en même temps. J'avais tendance en classe à souvent regarder dehors, que ce soit les oiseaux qui volent ou quelqu'un qui passe dans la cour. Vraiment, rien ne pouvait me distraire. J'étais aussi facilement distraite par les bruits ou par les événements. Par exemple, si un camarade de classe allait tousser ou un bruit de stylo ou si le maître ou la maîtresse allait se lever de son bureau pour faire quelque chose. ça pouvait très facilement me sortir de ce que j'étais en train de faire et me happer vraiment. Et j'avais pas mal de mal d'ailleurs à reprendre les choses une fois que j'en avais été distraite. Donc vraiment, si j'étais en plein exercice, j'avais du mal à m'y remettre. Et puis en plus, j'avais tendance à faire des erreurs parce que finalement, j'avais oublié ce que j'étais en train de faire. J'avais aussi tendance à mal lire les consignes, c'est-à-dire que je les lisais trop vite et du coup, je faisais des erreurs. Ça m'est déjà arrivé aussi de rater complètement une question. sur un contrôle, un devoir, parce que tout simplement, j'ai pas été assez attentive. On devait souvent me rappeler les choses, j'oubliais souvent d'apporter certaines affaires à l'école. J'ai quand même passé beaucoup de temps à emprunter des stylos, à emprunter des feuilles. Au collège, c'était pire encore, parce qu'il fallait penser à encore plus de choses. Mais du coup, j'étais celle qui demandait toujours une copie double. parce que j'en avais pas, j'en avais plus, j'avais oublié de dire à ma mère qu'il fallait en racheter. Je suis déjà allée aussi plusieurs fois à l'école en chaussons, tout simplement parce que j'ai oublié de mettre mes chaussures et je suis sortie en chaussons. Aussi parce que je partais en dernière minute, donc ça c'était plutôt à l'école primaire. Et ça m'est arrivé quelques fois et en plus c'était horrible parce que j'avais vraiment ce sentiment de honte d'arriver à l'école en chaussons alors qu'aujourd'hui je me dis bon, en vrai c'était pas si grave. Mais c'est vrai qu'à l'école, bon on évite ce sujet au moquerie. C'était vraiment pas évident. Et je ne l'ai pas encore précisé, mais évidemment qu'oublier ces affaires, ça peut arriver à tout le monde. Mais ce qui est important en fait, c'est la fréquence et l'intensité des symptômes. Je ne le répéterai jamais assez. En fait, les symptômes que l'on va retrouver chez une personne TDAH peuvent évidemment être vécus par des personnes neurotypiques. Mais la différence, c'est que ça va être très exceptionnel chez une personne neurotypique, alors que chez une personne neuroatypique qui a un trouble du neurodéveloppement, et bien très clairement les oublis sont fréquents. Moi j'étais pas juste une fois dans la lune. C'était pas genre ce jour-là j'étais fatiguée ou... Non, non. C'est vraiment c'était fréquent, suffisamment fréquent pour que ce soit une remarque récurrente sur mes bulletins scolaires. Parce que si on prend l'hyperactivité, comme je vous le disais, j'étais pas du tout une enfant qui avait tendance à sauter partout. comme le veut le gros cliché, ou en tout cas l'image qu'on a eue pendant très très longtemps de l'hyperactivité, parce qu'on peut avoir cette hyperactivité physique dès tout petit, à savoir on remue souvent les jambes, on a tendance à taper avec un stylo, jouer avec un objet, on peut tortiller ses cheveux autour de son doigt, ronger ses ongles, être incapable de rester assis vraiment longtemps, et encore longtemps, ça dépend de l'âge, mais en tout cas de rester assis sans trop remuer quoi. peut aussi souvent se lever pendant les repas ou en classe, on peut trouver ça difficile de rester assis pendant les repas. Ça peut être justement des enfants à qui on a souvent dit de rester assis. Là, je sais que je m'éloigne un peu du sujet, et pas vraiment parce que j'allais vous dire, je m'éloigne du sujet parce que je vous parle de l'enfant, mais en fait, aujourd'hui, vous êtes des adultes, mais vous avez aussi été des enfants, et si vous vous questionnez justement sur la question, il faut savoir que, généralement, les symptômes doivent être présents dans l'enfance. J'ai lu qu'il était possible que l'on n'ait pas forcément, en tout cas, suffisamment de symptômes dans l'enfance, mais que pour autant, on soit effectivement bien TDAH. Mais ça reste quelque chose d'assez exceptionnel. Et donc, c'est des questions qui se posent. qu'on va vous poser de comment vous étiez enfant. Et ça, c'est vraiment important de se le dire, parce que déjà, il faut avoir des souvenirs. Et si on n'en a pas, il faut pouvoir s'entourer de personnes qui en auraient, à savoir possiblement vos parents. Et si ce n'est pas possible à travers vos parents, ça peut être d'autres personnes. Vous pouvez essayer de retrouver vos bulletins scolaires. Mais bref, c'est aussi pour ça que je détaille un peu plus les symptômes dans l'enfance. Je n'étais pas non plus une enfant qui courait partout, qui grimpait sur les meubles. qui se sentaient vraiment agitées. Je n'avais pas tendance non plus à faire du bruit, à jouer en classe. J'étais capable de regarder la télé tranquillement. Je n'étais pas non plus cet enfant qui débordait d'énergie. Par contre, j'étais connue comme étant très bavarde. Et ça aussi, ça a été noté un bon nombre de fois sur mes bulletins scolaires. C'était assez terrible. Alors déjà, je me souviens très très bien de ma maman qui me disait, plus petite, d'arrêter de parler parce que je parlais trop. Je parlais énormément et encore aujourd'hui, je peux. parler énormément. Je crois que c'est pas pour rien que j'ai choisi le format du podcast qui me permet justement de parler et parler sur un sujet qui me passionne. J'ai déjà été séparée de mes camarades de classe donc pour éviter qu'on dérange trop le cours. Ça a été aussi le cas au collège et au lycée même si j'ai quand même eu tendance à en fait si je m'ennuyais, vu que j'étais vite distraite, je faisais des petits trucs dans mon coin en silence histoire qu'on m'embête pas trop. En revanche, À l'âge adulte et assez tôt, j'ai assez vite ressenti une hyperactivité physique en ayant du mal à rester assise, immobile, ou en tout cas en ayant toujours besoin de faire autre chose en même temps. J'avais tendance justement à me tortiller les cheveux, j'avais tendance à me gratter la tête et ça c'est quelque chose que j'ai énormément gardé. Alors aujourd'hui, je me questionne, est-ce que c'est plutôt... un moyen de régulation, donc un steam que j'ai du fait de mon TSA ou est-ce que c'est l'hyperactivité ou les deux. Mais bref, je préférais largement marcher plutôt que de rester assise. J'étais assez stressée par cette obligation de rester assise, notamment lors des repas de famille. Moi, je trouvais ça toujours trop long en fait. Je m'ennuyais et j'avais besoin de bouger. C'était vraiment inconfortable pour moi. Et tout comme d'ailleurs les réunions quand j'étais salariée, je me sentais aussi assez hum hum agitées et nerveuses à l'intérieur avec toujours cette sensation d'avoir besoin de faire quelque chose, de trouver vraiment difficile le fait de juste se poser de ne rien faire, rien faire encore aujourd'hui pour moi c'est pas possible et pour cause j'ai vraiment une forte hyperactivité qui a été diagnostiquée et ce n'est pas pour rien que j'ai fait plusieurs surmenages et un burnout assez sévère et là vous voyez je suis en train de vous parler, je suis en train de jouer avec mes bagues. Je suis en train d'agiter mes mains. C'est vraiment très difficile pour moi juste de me poser et de rien faire. J'ai toujours été occupée à faire mille et une choses, à être toujours en mouvement. Les week-ends, j'ai besoin de toujours avoir plein de choses de prévues. Alors aujourd'hui, j'ai un peu levé le pied parce que je me suis rendue compte justement que c'est ce qui m'a menée à l'épuisement. et que ce n'était pas du tout compatible avec mon niveau d'énergie et surtout avec mon TSA. En fait, du fait d'être autiste, j'ai vraiment besoin d'avoir des moments où je suis moins stimulée, alors que mon TDA me demande énormément de stimulation. Ce n'est vraiment pas facile quand on a deux troubles du neurodéveloppement, parce que justement, on ressent beaucoup d'ambivalence, on a l'impression d'être tiraillé entre deux envies, deux besoins qui sont en fait complètement opposés. Et ouais, c'est pas simple. J'ai aussi souvent tendance à être encore et toujours assez bavarde. Je pense qu'il ne faut jamais me lancer sur un sujet qui me passionne parce que je peux en parler pendant des heures. Une fois que je commence, je peux être un vrai moulin à paroles, parler très vite, parler beaucoup. Et je ne m'en aperçois pas toujours à l'instant T. Et même, je pense que j'ai vraiment du mal à arrêter le flot de paroles. Même si vraiment j'essaye de le faire parce que pour moi c'est important en fait de pouvoir répartir le temps de parole entre les personnes. Et même si c'est pas facile j'essaye de faire attention à ça. Et puis il y a cette hyperactivité mentale que j'ai peut-être un peu moins... Alors j'allais dire un peu moins subie quand j'étais petite et je pense que c'est le cas. Je me posais quand même beaucoup de questions mais je pense que c'était plus lié du coup à de l'anxiété qu'à de l'hyperactivité mentale. Même si je pense qu'il y en avait. mais c'est vrai que À l'âge adulte, l'hyperactivité mentale a été très rapidement présente avec une pensée en arborescence, vraiment ce flot de pensée qui ne s'arrête jamais. Le besoin très tôt de me dire que j'aimerais bien mettre mon cerveau sur stop, juste arrêter de penser et ne pas comprendre pourquoi je pensais tellement. Je pensais aussi d'ailleurs que tout le monde était comme ça. Je me disais mais en fait tout le monde pense tout le temps, enfin... C'est vrai, en réalité, tout le monde pense tout le temps, mais on va dire que chez moi, et peut-être chez vous aussi, c'est vraiment ce... Ouais, je vais penser... Là, vous voyez, je vois un lapin. Je suis dans la chambre. Je vois une peluche d'Alice. C'est un lapin. Là, du coup, ça me fait penser au jour où on l'a acheté. On était en vacances en van. C'était l'heure de notre road trip. Si je pense à mon road trip, ça va me faire penser à tel souvenir. Tel souvenir va me faire penser à ce que j'avais mangé à ce moment-là, à ce que j'avais mangé. ça ne s'arrête jamais, c'est vraiment... Tout est bon pour continuer de penser, penser, penser, penser. Et c'est vraiment ultra fatigant. Cette hyperactivité, elle se manifeste aussi chez moi. Avec, par exemple, je suis vraiment presque incapable, ça dépend de mon niveau de fatigue, mais de rester assise. Ouais, regarder un film ou une série sans rien faire. Souvent, je vais me lever 15 fois. Je vais me lever 15 fois, je ne peux même pas vous dire pourquoi faire. Parce que je vais toujours trouver quelque chose à faire. Ça m'a fait me rendre compte qu'en fait, je pouvais me lever 10 fois sur un épisode de... je sais pas, 40 minutes. Un coup, je vais aller chercher à boire. Un coup, je vais avoir un petit creux. Je vais me déjanger un truc. Je vais me rasseoir. Je vais penser à un truc. Je vais noter quelque chose. Ah ouais, ok. Alors, je me force à ne pas avoir mon téléphone à partir d'une certaine heure le soir. Donc, j'ai pas ce truc de scroller. Sinon, je pense que je le ferais, en fait. Je scrollerais devant une série. Je vais sans cesse me lever. J'avais jamais relié ça à l'hyperactivité. Et je m'étais même jamais rendue compte à quel point c'était fréquent et à quel point je me levais tout le temps. Quand je vais téléphoner aussi, je vais faire C'est rare que je téléphone, très rare. Pourquoi je donne cet exemple ? C'est même pas vrai. Non, en fait, ce que je voulais dire, c'est si, ça va m'arriver de téléphoner, mais c'est rare. Mais quand je vais faire des vocaux, par exemple, je vais faire le tour, en fait, de la maison, en faisant les vocaux. C'est... Ouais, toujours être en mouvement. Et pour le petit dernier, l'impulsivité. Alors, comment ça se manifeste chez moi ? Alors, enfant, j'avais tendance à dire les choses sans réfléchir. Je voulais être la première à répondre aux questions en classe, mais j'étais trop timide pour lever la main. J'avais tendance à interrompre les autres aussi quand ils parlaient, donc vraiment à couper la parole. Du mal à attendre mon tour quand c'était une question de faire certains sports ou des jeux. Surtout pendant les jeux de société, j'avais vraiment hâte que mon tour arrive. J'avais tendance à m'impatienter assez vite de souvenirs. À traverser la route sans regarder, voilà. Faut vraiment pas faire ça, vraiment vraiment pas faire ça. D'ailleurs je me suis fait renverser une fois, donc je crois que ça m'a un peu vaccinée pour la suite. C'est vraiment des comportements comme ça qui font vraiment écho à l'impulsivité, même si on ne s'en rend pas forcément compte. Mais en réalité, en termes d'impulsivité, je pense que ce que... Et encore, est-ce que c'était vraiment l'impulsivité ? Oui, je ne sais pas. Est-ce qu'on lit ça à la dysrégulation émotionnelle ? Ou est-ce qu'on lit ça à l'impulsivité ? Mais j'avais tendance à... Parce qu'en plus, maintenant, j'ai mon profil TSA. Donc, est-ce que c'était aussi en lien avec le TSA ? Bref, vraiment... assez vite m'énerver, à assez vite crier, à être en colère très fort. Ouais, c'était vraiment... émotionnellement, j'avais tendance à être assez impulsive quand même. À l'âge adulte, j'ai toujours eu du mal à attendre dans une file d'attente. C'est vraiment compliqué pour moi, je déteste attendre mon tour à la caisse. Généralement, j'ai... en fait, je vadrouille entre différentes caisses pour essayer de trouver la plus rapide. Ça rend totalement fou, Sam, mais moi, vraiment, c'est... Ça me tend, ça me tend vraiment. Tout comme être dans les bouchons, c'est compliqué pour moi. J'ai tendance à être impatiente et en même temps je suis d'une infinie patience avec Alice. Donc c'est vraiment très ambivalent. J'ai d'ailleurs tendance aussi à vouloir finir la phrase des autres ou à donner des réponses avant que les gens aient terminé leur phrase. J'ai aussi tendance à m'impatienter quand une personne ne parle pas assez vite mais que je sais déjà ce qu'elle va dire. J'ai tendance à vouloir finir la phrase de l'autre, ce qui m'arrive des fois. Et des fois en fait je me plante. Mais ouais, c'est pas du tout ce que la personne voulait dire. Mais moi, en fait, j'ai tellement... Ouais, je le fais pas exprès, mais c'est vraiment ce... Ça va pas assez vite, quoi. Si on parle encore d'impulsivité, je peux... Ou en tout cas, j'ai pu. Parce que j'ai beaucoup travaillé dessus, mais assez facilement m'emporter. Je sais que ça a été un point difficile entre Sam et moi, dès le début de notre relation. Parce que j'avais vraiment tendance à vite m'emporter, à vite monter dans les tours. et à tout vouloir envoyer balader. Et ça, c'est pas simple. Je trouve que l'impulsivité, en plus, chez une femme, c'est vraiment pas simple parce qu'on peut vite être catégorisé comme étant hystérique, folle. Et c'est vrai que c'est tellement plus complexe que ça, c'est tellement pas ça. Mais je trouve que l'impulsivité, chez une femme, c'est vraiment mal reçu, mal perçu. Malheureusement, c'est aussi ça la réalité. c'est qu'on peut... avoir de l'impulsivité liée à son TDAH et en fait, évidemment, on peut travailler dessus, mais c'est de se dire que il y a peut-être une raison à cela. Et ça peut être intéressant de creuser le pourquoi du comment. Qu'est-ce que j'aurais pu oublier de vous dire ? Je crois que j'ai un peu fait le tour par rapport à la façon dont je vis l'impulsivité en tant qu'adulte, ainsi que l'hyperactivité et l'inattention. Mais je pourrais vous rajouter deux, trois choses, peut-être, notamment, je le disais en ... en début d'épisode, mais... Personnellement, j'ai tendance à oublier les anniversaires. En fait, je ne retiens aucune date. Je dois toutes les noter dans mon agenda, me mettre un rappel associé, me mettre un rappel associé la veille et le jour J. Et encore, parfois, il m'arrive de zapper un anniversaire malgré tout. C'est vraiment pas simple. En même temps, vraiment, c'est impossible pour moi de m'en souvenir. J'ai parfois tendance aussi à ne pas prêter attention à quelqu'un qui est en train de me parler. Ça aussi, c'est un peu difficile parce que parfois, ça m'est en train de me parler. Il suffit que je sois... soit en hyper focus, soit distraite et en fait je ne l'écoute pas il peut aussi arriver qu'il soit en train de me parler et que je sois happée par autre chose et je ne l'écoute plus j'ai encore tendance à perdre mes affaires j'ai d'ailleurs déjà retrouvé mon téléphone dans le frigo, j'ai déjà retrouvé des aliments qui sont censés à l'offre dans un placard on a perdu les lunettes de soleil d'Alice entre 3 et 4 fois, on a dû en racheter quand je n'ai pas mon téléphone avec moi je peux très facilement l'égarer aussi Merci. et je suis toujours sur silencieux, ce qui fait que je ne le retrouve jamais facilement. C'est une tannée pour moi de prendre des compléments alimentaires ou un traitement parce que j'ai tendance à l'oublier ou à le prendre et oublier que je l'ai pris. Donc aujourd'hui, j'ai un pilulier de mamie parce que c'est mon seul moyen de savoir si j'ai pris mon traitement ou pas en fait, ou mes compléments. Et encore, il faut que je le fasse vraiment en pleine conscience. Ça m'est déjà arrivé, en fait, de prendre deux fois mon traitement parce qu'en fait, je ne sais pas ce que j'ai fait, mais je me suis plantée. Si, je sais, je croyais qu'on était mardi. J'ai pris mardi. En fait, on est mercredi. J'ouvre le pilulier. Je me rends compte qu'en fait, je n'ai pas pris mon traitement. Oui, parce qu'on est mercredi. En fait, ma pilule est toujours là. Donc, je prends mercredi jusqu'à ce que je me rappelle qu'en fait, j'avais pris mardi parce qu'en fait, la veille, j'avais oublié. Enfin bref. Et ce que je vous dis là, c'est pas quelque chose qui arrive... Peu, c'est quelque chose... Alors, prendre deux fois mon traitement, je vous rassure, ça m'arrive peu. Parce que je l'essaye vraiment d'y être attentive. Mais par contre, à l'époque où je prenais la pilule, c'était il y a longtemps, c'était vraiment ultra fréquent que je l'oubliais, en fait. J'ai d'ailleurs besoin de rappels un peu pour tout. J'y pense parce que, justement, j'avais tenté les rappels pour la pilule. Ça ne peut pas trop fonctionner. Parce qu'encore faut-il que le rappel sonne au moment où t'as la pilule avec toi. Bref, mes rendez-vous sont tous dans un agenda avec... des rappels, là encore j'ai un rappel souvent la veille parfois encore une semaine avant j'ai un rappel le jour J une heure avant, une demi-heure avant et vraiment pour ne pas oublier parce que ça m'est déjà arrivé d'oublier des rendez-vous, il suffit que je sois super fatiguée et en fait ça pour moi c'est l'enfer oublier un rendez-vous pour moi c'est vraiment, alors je vous le dis en fonction de moi et de mes valeurs mais pour moi c'est un manque de respect envers la personne si j'ai pas pu la prévenir, que j'ai pris un créneau qui aurait pu être pour quelqu'un d'autre Ça me rend malade, en fait. Donc, c'est aussi pour ça que je mets plein de choses en place pour, justement, que ce soit... Ben, que ça n'arrive pas, quoi. Mais c'est vraiment pas simple. Je ne vous raconte pas non plus le nombre de fois où j'ai dû faire demi-tour pour essayer de trouver quelque chose que j'avais perdu. Ben, pas plus tard qu'hier, j'étais à la médiathèque avec Alice et j'avais posé une enveloppe, en fait, que je devais envoyer. Donc, en plus, une commande pour un client. Merveilleux. Je l'avais posée sur un meuble le temps de... juste vérifier que le jeu de société qu'on allait rendre avait toutes ses pièces, puisque je ne l'avais pas fait avant de partir de la maison, n'est-ce pas ? Tim lasse minute, et en fait, je le fais, et puis je vais lire un livre avec Alice dans la médiathèque, et d'un coup, j'ai un titre, je fais, attends, mon enveloppe, j'avais une enveloppe, elle est où l'enveloppe ? Je cherche dans mon sac, n'importe quoi. Je me dis, mais oui ! Elle est posée sur le meuble, j'y suis retournée, elle y était, mais bon, j'aurais très bien pu déjà être chez moi, vous voyez ? Et le nombre d'affaires qu'on oublie à chaque fois qu'on va chez ma mère, par exemple, on y va tous les mercredis. La plupart du temps, on oublie nos affaires. On oublie toujours un truc, c'est vraiment catastrophique. Et je dis on parce qu'en fait, Sam n'est pas mieux loti de ce côté-là que moi. Et du coup, il n'y en a vraiment pas un pour rattraper l'autre. Et on ne peut évidemment pas compter sur Alice qui est pour le moment trop petite. Donc voilà, des rappels à gogo de tous les côtés. et Pas d'agenda. J'ai jamais réussi à tenir un agenda. J'oublie de le consulter. Je parle d'un agenda pour, je sais pas, pour mes journées en fait, pour mon organisation au travail par exemple. Je m'organise différemment, j'y viendrai peut-être, si ça vous intéresse de savoir comment je m'organise à mon boulot. A savoir que c'est vraiment une organisation assez atypique et que beaucoup de personnes ne considèreraient pas. Pas comme étant de l'organisation, mais moi, ça me permet d'avancer. Et j'ai pu faire tout plein de projets, mettre en place tout plein de projets et y arriver à bout de ces projets grâce à ça. Donc, j'estime que ça fonctionne pour moi, en tout cas. Donc ça, c'est pour les symptômes hyperactivité, impulsivité et inattention. Mais le TDAH a aussi un gros impact sur les fonctions exécutives et la perception du temps. C'est vraiment quelque chose qu'il est important de savoir, car... Il y a fort à parier que vous vous flagellez pour plein de choses qui malheureusement peuvent vraiment dépendre et être impactées par votre fonctionnement. Alors les fonctions exécutives, c'est tout ce qui va vous permettre d'organiser, de planifier et d'inhiber, vraiment à mettre de côté certaines choses. La mémoire du travail, elle est aussi impactée et tout ça, ça impacte vraiment beaucoup le quotidien parce qu'on peut avoir des difficultés à bien s'organiser côté ménage, rangement. Ça va. impacter l'organisation familiale qui peut être chaotique. On va pouvoir se retrouver dépassé par les choses à faire, les difficultés administratives qui vont s'accumuler. On va parfois même avoir du mal à vraiment gérer tout ce qui est hygiène corporelle. C'est un grand tabou, on en parle peu, mais c'est une réalité. On ne compte plus le nombre de personnes TDAH qui n'aiment pas se brosser les dents, pour qui c'est dur de se brosser les dents. Tout simplement parce qu'en fait, ça ne procure pas assez de dopamine. Donc, ce n'est pas une tâche qu'on va aller chercher de soi-même. Et que, en fait, c'est une tâche qui demande de la rigueur, qui demande de mettre en place une organisation, vraiment des routines. Et ça, ce n'est vraiment pas le fort du TDAH. Je vous parlais aussi de la perception du temps. Ça aussi, je l'ai découvert, en fait, quand j'ai fait mon parcours diagnostique. Mais en fait, on a une perception du temps qui est biaisée. On a tendance soit à surestimer le temps, soit à le sous-estimer. Et ça, c'est vraiment compliqué parce que ça va vraiment impacter la difficulté de planification et de gestion des tâches, l'estimation du temps, comme je le disais. Parce que finalement, on va se dire, bon ben, je vais faire ça, ça, ça aujourd'hui. Sauf qu'on n'a pas du tout une réelle conscience de la durée que va nous prendre chacune de ces tâches. Et du coup, il y a fort à parier en fait qu'on ne pourra pas faire toutes ces tâches ou alors qu'on va se retrouver avec beaucoup trop de temps libre. De mon côté, je m'en suis vraiment rendue compte par rapport justement à cette tendance à être en retard. C'est vraiment lié au déficit de la perception du temps. Déjà, j'avais tendance à penser que je m'organisais parce que je regardais combien de temps de trajet il y avait entre mon point A et mon point B. Par contre, je ne prenais pas du tout en considération le fait qu'il fallait que je me prépare. Donc le temps de préparation, le temps de descendre en bas de mon appartement, le temps de marcher jusqu'à la voiture, d'éventuelles petites choses qui vont pouvoir se passer sur place. Bref, je me retrouvais assez régulièrement en retard. Ce qui est ultra difficile pour moi parce que la ponctualité est très importante, d'où mon ambivalence entre le TSA et le TDAH. Par contre, depuis que j'ai compris ça, c'est beaucoup plus facile pour moi parce que, certes, je vais être maintenant parfois trop en avance, mais je vais essayer de vraiment prendre en considération toutes les étapes et tout le temps associé à ces étapes pour vraiment soit être à l'heure, soit... soit mener un travail dans les temps, etc. Après, ce n'est pas toujours si simple. Tous les lundis, j'ai ma séance de yoga qui est à 9h15. Et en fait, je veux travailler avant d'y aller. Du coup, je travaille, mais jusqu'à presque la dernière minute. Et Sam rentre, il me voit travailler, il me dit « Tu sais, chérie, tu as tendance à être en retard. Alors, je voulais juste te rappeler que tu as yoga tout à l'heure. » Et moi, je lui dis « T'inquiète, je gère. Je regarde l'heure qu'il est régulièrement. » J'ai bien calculé, si je pars à temps, c'est ok. Mais en fait, j'ai de nouveau oublié de prévoir le temps de descendre, le temps d'aller à la voiture. Je n'avais pas prévu qu'il avait gelé, que je devais gratter la voiture et que du coup, ça n'allait me faire pas du temps. Bref, j'étais tout pile à l'heure, alors que le temps que j'avais estimé, moi, me permettait d'être 5 à 10 minutes en avance. C'est aussi pour ça que les personnes qui ont un TDAH ont tendance à tout faire à la dernière minute. c'est parce qu'il y a une perception du temps qui est biaisée, mais aussi des fonctions exécutives qui ne sont pas toujours ultra fonctionnelles, ou en tout cas qui ne sont pas optimales, et ce qui rend en fait l'organisation très très difficile. Et ce n'est que mon avis, mais moi je pense foncièrement que les méthodes d'organisation qui sont prônées, utilisées un peu partout, ne sont pas adaptées aux personnes neuroatypiques. En tout cas, moi j'en ai testé mille, j'exagère un petit peu, mais je n'en ai pas trouvé une. qui fonctionnait sur la durée. Ça a fonctionné un temps, et puis après, ça ne fonctionnait plus. Et je pense que c'est, je le répète souvent, mais c'est très important de connaître réellement son fonctionnement, parce que justement, ça permet de savoir ce dont on a besoin, ce qui est notre point fort et ce qui ne l'est pas, et du coup, d'adapter vraiment les outils à tout cela, pour essayer de trouver ce qui fonctionne le mieux pour nous et ce qui fonctionnera sur la durée. En sachant que c'est rare de trouver quelque chose qui fonctionne du premier coup, Ça va être vraiment des tests, des retests et des ajustements, mais j'ai mis certaines choses en place qui fonctionnent très bien et qui fonctionnent très bien depuis des années. A contrario, j'ai des choses où je vais encore tâtonner. Mais oui, il faut vraiment garder à l'esprit que justement, nos fonctions exécutives et notre perception du temps vont rendre les choses plus difficiles. Donc je parle de la vie quotidienne, mais je parle aussi de la vie au travail. surtout pour les personnes qui sont à leur compte parce que finalement, quand j'étais salariée, j'avais beaucoup moins de soucis parce que j'avais des comptes à rendre. Et quand on a des comptes à rendre, alors il y en a chez qui ça ne va pas fonctionner, mais c'est vrai que pour moi, ça m'aide vraiment d'avoir un cadre. Par contre, une fois qu'on se retrouve à son compte, le cadre saute. Et là, on a plutôt intérêt à mettre des stratégies et des outils en place pour que justement, on puisse avancer parce que sinon, on peut vite se retrouver au revoir J'ai une procrastination de l'enfer qui est un vrai problème chez les personnes TDAH là encore. Une difficulté du passage à l'action où on va se retrouver en mode paralysie parce qu'on ne sait pas en fait par quoi commencer. Tout nous paraît être une montagne. La tâche ne nous apporte pas assez de satisfaction immédiate, de dopamine et du coup on va la procrastiner jusqu'à la mort. Bref, ça peut être aussi des difficultés à gérer les priorités, à les planifier. J'ai une pensée toute particulière pour mon très cher Sam. qui n'est pas diagnostiqué TDAH, mais qui a vraiment des difficultés à gérer les priorités, à les planifier. Moi, autant j'ai des difficultés de planification. La réalité, c'est que j'ai besoin de planification, mais que c'est compliqué pour moi de planifier trop à l'avance. En revanche, ma gestion des priorités n'est pas mauvaise. Il faut savoir que j'ai fait un BTS assistant de manager où j'ai appris différents outils qui, pour le coup, sont très utiles pour les TDAH, dont la gestion des priorités, avec toute cette notion de Qu'est-ce qui est urgent, important, urgent et important, important et pas urgent, bref. On en reparlera si vous voulez, mais c'est vrai que pour ça, je n'ai pas trop de soucis. Je vous donne juste en vrac quelques autres petites choses que vous pouvez rencontrer, qui pourraient être associées à un TDAH. Ce qui me vient en tête, il y a la difficulté notamment sur les instructions orales, justement du fait de l'inattention et de la mémoire de travail également. Vraiment cette impression que quand on vous donne des instructions à l'oral, quand on vous... parle de quelque chose à l'oral, en fait, vous n'arrivez pas à le retenir. En tout cas, vous ne retenez pas l'entièreté de l'information, et du coup, ça peut poser des soucis. Là encore, mon BTS m'a plutôt servi, parce qu'on nous apprenait déjà à reformuler systématiquement les choses, et à toujours demander des écrits. Et c'est vrai que, du coup, j'ai peu été confrontée à ça. Si, j'y suis encore parfois confrontée, quand les personnes veulent m'expliquer par où passer, pour aller quelque part, dont je ne connais pas la direction. et en fait... J'écoute, mais je suis incapable de retenir. C'est pas possible. Moi, j'ai mon GPS. Heureusement qu'il est là, il me sauve, parce que j'ai un sens de l'orientation absolument abominable. Mais du coup, dans ces cas-là, je me rends compte à quel point, effectivement, les consignes orales ne fonctionnent pas. On peut avoir du mal à trouver le sommeil. Donc ça, c'est vraiment par rapport justement à ces pensées parasites, à ce moulin-là qui tourne constamment. Ce moulin de pensée. Difficulté à se détendre, mais ça j'en ai déjà parlé du fait de l'hyperactivité. Qu'est-ce qu'il y aurait encore ? Alors moi, j'ai cette tendance à vouloir toujours optimiser au maximum mon temps et à rentabiliser chaque déplacement. Donc ça veut dire que si j'ai prévu par exemple d'aller, je dis n'importe quoi à la poste parce que je dois faire partir un colis pour un client. Eh bien, je vais vérifier que je n'ai pas des courses à faire parce que le magasin est dans la même ville, que je n'ai pas besoin d'aller... récupérer un autre colis, ou d'aller déposer un livre à la médiathèque, ou d'aller chercher du pain, parce que vu que tout est au même endroit, pour m'éviter de faire deux déplacements, je veux tout faire en même temps. Sauf qu'avec une perception du temps assez nulle, et la difficulté, allez, j'ai été jugeante envers moi-même, donc je me reprends, une perception du temps altérée, et la difficulté à justement estimer le temps que tout va me prendre, et bien je peux me retrouver complètement sur les autules. à ne pas avoir pris de pause, tout simplement parce que j'ai voulu optimiser au maximum mon temps. Ce qui ne laisse absolument d'ailleurs aucun temps pour les imprévus, qui vont généralement être des moments qui vont être assez anxiogènes, justement du fait qu'en fait, on a déjà le temps de rien, parce que la difficulté d'organisation est déjà tellement réelle que de mettre encore quelque chose d'autre dans notre planning, en fait, ce n'est pas possible. On parlait du déficit en dopamine tout à l'heure. J'aimerais revenir dessus. parce que je parlais justement de la procrastination et de la difficulté de passage à l'action. En fait, le souci des actions qui sont généralement procrastinées, c'est qu'elles nous apportent peu de plaisir immédiat. On n'a pas de récompense immédiate et du coup, ça va rendre le passage à l'action pour une action ennuyeuse difficile à réaliser. On peut donner comme exemple les tâches administratives qui sont généralement quelque chose que les personnes TDAH n'apprécient pas. Ou alors, descendre les poubelles. nettoyer le frigo ou alors plier et ranger le linge. Bref, vous voyez. Et à contrario, on peut être ultra attiré par la nouveauté et avoir souvent envie de changer de loisir ou de boulot. Parce que c'est vrai que je vous ai parlé de la dopamine pour tout ce qui est tâche, mais je n'ai pas parlé de la dopamine pour tout ce qui est loisir ou boulot. Et clairement, ça peut avoir un impact significatif. Tout simplement, parce qu'on peut se retrouver à se dire j'ai vu une vidéo sur, je ne sais pas, la broderie et ça m'a donné trop envie d'en faire. Alors qu'est-ce que je fais ? Je vais m'acheter tout ce qu'il me faut pour broder. Le kit de broderie arrive, soit mon envie m'a déjà quitté, je mets ça dans un placard et j'espère un jour m'y remettre, ou plutôt m'y mettre, soit je commence, c'est un peu long, j'ai envie d'avoir tout de suite le résultat final en claquant des doigts, mais ce n'est pas possible. Donc j'arrête la tâche, je me dis que je la reprendrai un jour et je ne la reprendrai jamais. Ça c'est un grand classique chez les personnes TDAH aussi, c'est vraiment... La nouveauté nous envoie un shot de dopamine de ouf et puis ben ça peut repartir aussi vite que c'est arrivé. On peut croire qu'on le fait exprès. Non non non, pas du tout. Qui a envie de claquer de l'argent inutilement ? Personne. Mais en effet c'est pas toujours facile de se contenir et ça peut être le cas pour le travail. Je sais que je connais des personnes qui changent de travail très régulièrement parce qu'en fait elles en ont trop vite fait le tour. et une fois qu'elles s'ennuient en fait elles ne peuvent pas rester c'est juste pas possible, il faut quelque chose qui les stimule et qui leur donne envie de rester quoi que ce soit pour l'un ou pour l'autre ça peut vraiment engendrer en fait des problèmes financiers j'ai parlé des loisirs mais ça peut être n'importe quel en fait achat qui peut nous apporter de la dopamine donc on peut acheter des choses, ne jamais les utiliser ne pas les vendre parce que en fait c'est pas stimulant de mettre en vente un truc et du coup ne pas récupérer l'argent qu'on a investi, sachant qu'on ne le récupère jamais vraiment entièrement. En quittant un boulot, on espère juste ne pas avoir d'impulsivité, parce que sinon on peut se dire, allez c'est fini, j'en ai trop marre de ce taf, demain j'arrête, et de se retrouver sans rien, ça arrive à des personnes. Là, on peut clairement dire que dans ces cas-là, dès que ça engendre des impacts aussi significatifs, qui peuvent engendrer aussi de la souffrance à terme, c'est vraiment important. d'aller se faire diagnostiquer, se faire accompagner par un professionnel spécialisé dans le sujet, parce que tout simplement, là, l'impact est beaucoup trop grand. De mon côté, j'ai tendance à être assez comment dire, raisonnable. Je quitterai rarement un travail sans avoir de filet de sécurité. Par contre, il m'arrive de prendre des décisions très rapidement, mais c'est jamais sans y avoir vraiment réfléchi. J'ai vraiment ce côté impulsif, mais je pense que vraiment mon TSA m'aide, parce que parce que j'ai quand même besoin de... Ouais, ce besoin de prévisibilité, ce besoin d'analyse qui va faire qu'en fait, si les feux sont pas ouverts, je vais pas y aller. Par contre, si les feux sont ouverts, je peux décider, comme ça a été le cas pour le road trip, je peux me lever un jour et me dire bon, bah, dans trois mois, on part faire un road trip en Europe et dans trois mois, je partirai faire un road trip en Europe. C'est une forme d'impulsivité, mais qui n'a jamais pour l'instant, je crois que je peux le dire, mise dans des situations compliquées. On n'en a pas encore trop. parler non plus, mais il y a tout cet aspect émotionnel aussi parce qu'en fait, c'est malheureusement pas encore un symptôme officiel présent dans le DSM-5. Ce qui me semble complètement fou quand on sait qu'il y a tellement de personnes qui sont concernées par tout ça. Mais justement, il peut y avoir de l'hypersensibilité, de l'irritabilité, des changements d'humeur très fréquents, des manifestations de dépression, des grosses explosions émotionnelles. Ça, c'est souvent lié Et... aussi à de l'impulsivité, mais ouais, vraiment, cette dérégulation émotionnelle, elle peut être très très importante. Il y a d'ailleurs des personnes qui, à tort, sont diagnostiquées, ou en tout cas, on leur pose des diagnostics de bipolarité. C'est parfois un diagnostic différentiel qui a mal été fait, donc soyez quand même vigilants. Si vous n'êtes pas en accord avec le diagnostic, je vous dis pas de le réfuter, mais par contre, de peut-être demander un deuxième avis. Si vous, ça vous parle pas du tout. Il y a par exemple une personne qui m'a dit, ben moi, on me dit que je suis peut-être bipolaire, mais franchement, j'ai bien creusé, je me sens vraiment pas concernée par ça. Et du coup, dans ces cas-là, je pense que c'est important quand même de s'écouter et de demander un deuxième avis. L'idée, c'est pas de faire l'autruche, évidemment, mais c'est vraiment de... Je pense qu'on se connaît bien. Il y a quand même des pathologies psychologiques qui font qu'on peut vraiment passer à côté de quelque chose, qu'on peut avoir l'impression que non, on n'est pas concernée. En fait, on l'est vraiment, mais on ne peut pas le voir. mais ouais n'hésitez pas de demander un deuxième avis mais effectivement cette dimension émotionnelle est quand même très marquée tout comme d'autres symptômes qui sont clairement non officiels mais communs à un grand nombre de personnes TDAH telles que les troubles du sommeil une forte sensibilité au rejet et aux critiques, on parle de dysphorie du rejet, hypersensibilité j'en ai parlé mais aussi l'hypersensibilité sensorielle elle est moins fréquente et moins intense je dirais que chez les personnes TSA même si je n'ai peut-être pas assez de données pour l'affirmer Mais en tout cas, on peut justement être sensible sensoriellement, donc ce soir un peu au bruit, à certaines textures, etc. Je reviens quand même un petit peu sur cette notion d'émotion. La plupart des personnes neuroatypiques sont hautement sensibles, qui est un autre terme pour dire hypersensible, mais j'ai entendu récemment et j'ai trouvé ça très vrai, hyper veut dire trop, donc trop sensible. Hautement sensible veut dire très sensible, plus sensible que la normale, entre guillemets. ouais c'est quand même quelque chose qui se retrouve énormément. Parfois, on vous dira en fait que vous êtes trop sensible justement, trop stressé, trop ci, trop ça. Dites-vous que ça peut tout simplement être lié à votre fonctionnement ou à votre personnalité et en fait c'est ok. C'est ok et ça se travaille, ça s'accompagne, ça s'accueille. C'est le cas aussi des humeurs changeantes. On peut se retrouver justement dans un mood tellement incroyable parce qu'on aura fait quelque chose qui nous aura apporté beaucoup de plaisir. Et en fin de journée, je sais pas, on aura eu un truc qui s'est passé dans la journée qui nous aura mis complètement le moral à zéro. Ça peut être hyper fréquent d'avoir justement ces hauts et ces bas bien plus que chez les personnes neurotypiques et c'est... pas facile à vivre. Je pense que j'y dédierai vraiment un épisode spécifique parce que ouais, il y aurait beaucoup à dire mais essayez de vous souvenir que vous n'êtes pas trop mais que vous êtes très sensible. Il y a des choses à faire mais en fait je ne suis pas sûre que ce soit ok qu'on vous juge pour ça. De toute façon, je pense que on ne devrait juger personne dans tous les cas même si ce n'est pas toujours facile parce que ce n'est pas ce qu'on nous apprend. Pour finir, j'aimerais bien parler des conséquences d'un TDAH. dans la vie d'un adulte. Je le disais plus tôt dans l'épisode, les symptômes sont parfois masqués dans l'enfance, ce qui génère un diagnostic tardif. Un diagnostic tardif qui fait qu'on a mis en place des stratégies compensatoires toute notre vie. Donc ça peut être du perfectionnisme, ça peut être une organisation très rigide justement pour pallier notre inattention, notre difficulté d'organisation. Et bien justement, on va essayer d'éviter les oublis au maximum. Je sais que ça a été mon cas à l'époque, quand je voyageais. C'est fou. quand j'y pense, mais je prévoyais absolument tout, tout, tout, tout. Je prévoyais presque à l'heure près mon programme. Chaque endroit où j'allais manger, les hôtels, alors les hôtels, on peut comprendre évidemment, mais chaque visite, vraiment je prévoyais absolument tout et jusqu'à m'épuiser en fait, je laissais aucune place à l'imprévu et je le faisais aussi dans ma vie de tous les jours, vraiment à essayer de m'organiser au plus possible. pour vraiment compenser tous les symptômes. Mais en fait, ce n'était pas possible. Et en fait, ces stratégies compensatoires, quand elles vont sauter, craquer, ça peut être un réel tsunami. Alors parfois, ça n'arrive pas et c'est super. Parfois, ça arrive et on peut vivre un effondrement, on peut vivre un burn-out professionnel, personnel. On peut avoir ce sentiment de ne plus réussir à suivre, de vraiment être largué tout le temps. C'est comme un barrage qui finit par céder après des années de petites fissures. Et en fait, les impacts que ça va avoir dans la vie ne sont vraiment pas négligeables. Il y a des personnes qui se retrouvent complètement à l'arrêt. Il y a des personnes qui se retrouvent à vraiment ne plus savoir comment gérer le quotidien. Qui vont se retrouver dans des situations de dépression ou alors qui vont vraiment exploser. Ça peut être ultra violent. Évidemment, ça n'arrive pas toujours. évidemment que Ça peut très bien se passer aussi. Bon, généralement, quand on en vient écouter des podcasts sur le TDAH, c'est qu'on a besoin d'avoir plus de clarté ou on recherche quand même des solutions parce qu'en fait, un TDAH qui n'est pas impactant ne va même pas forcément être relevé, vous voyez. Le psychiatre m'expliquait qu'en fait, il y a des personnes qui vivent très bien, que ce soit avec un TDAH ou un TSA ou les deux, mais en fait, ces personnes-là ne... ne franchissent jamais les portes de son cabinet, parce qu'en fait, ils n'ont pas besoin d'aide. Ils le vivent bien, ils ont réussi à trouver des outils, des stratégies qui fonctionnent dans la durée. C'était d'ailleurs mon cas pendant des années. Et voilà, c'est OK. Et en fait, on peut aussi avoir été très bien accompagné enfant. Je pense que ça sera peut-être plus pour les générations d'après, mais j'ai déjà lu que quand on est super bien accompagné, justement quand on accepte notre différence et qu'on va nous donner des outils qui sont... adaptés à notre fonctionnement, la vie sera peut-être plus paisible après. Et c'est vraiment possible, mais ça nécessite vraiment de bien se comprendre. Et surtout, de ne pas s'épuiser. Et pour ne pas s'épuiser, il faut se comprendre, comprendre ses besoins, ses envies, son fonctionnement, pour pouvoir vraiment mettre les choses les plus adaptées possibles. S'il y a vraiment trois choses à retenir, c'est que le TDAH, non, ce n'est pas une mode, mais un trouble neurodéveloppemental réel. la deuxième chose c'est qu'il touche l'attention, l'organisation, la perception du temps, mais aussi les émotions. Même si ce n'est pas un symptôme officiel, je pense que c'est important de le dire. Et la troisième, c'est qu'il peut rester invisible longtemps, mais avoir un impact majeur. Il y a vraiment des solutions à ça. N'hésitez pas à vous documenter et à lire sur le sujet, à écouter sur le sujet, à vous faire accompagner. Et il y a vraiment plein de choses à faire. Je vais vous mettre en description les livres qui sont pour moi des indispensables. des incontournables quand on s'intéresse au sujet du TDAH. Je pense les avoir déjà mis dans mon épisode sur le parcours diagnostique, mais je vais les remettre ici. Si ça peut aider l'un ou l'une d'entre vous, c'est fantastique. Et si vous avez aimé cet épisode, s'il vous a appris quelque chose, n'hésitez pas à le partager. N'hésitez pas à l'envoyer à quelqu'un qui en aurait besoin, à qui ça pourrait être utile. Vous pouvez aussi me laisser un avis, un commentaire, à venir discutez avec moi en message privé sur Instagram, donc sur le compte Murmure Atypique, pour me dire ce que vous avez pensé de cet épisode. Si vous avez l'impression que j'ai oublié quelque chose, n'hésitez pas à le mentionner en commentaire également. Dans les prochains épisodes, j'aimerais évoquer encore plus de choses autour du TDAH, notamment les idées reçues, l'impact du TDAH dans la parentalité, ou justement ces émotions intenses que ça peut provoquer. Mais pour l'heure, je vous souhaite une très belle journée ou soirée. Je vous remercie d'être nombreux et nombreuses à m'écouter. Merci de contribuer à faire vivre ce podcast et à faire circuler l'information. Et je vous dis à très bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.