- Speaker #0
Bienvenue dans Murmure Atypique, je suis Adeline, femme neuroatypique et maman. Ici, seule ou avec des invités inspirants, on brise le silence autour du TDAH, de l'autisme, de la parentalité et de la santé mentale. A travers mes partages et des témoignages sans tabou,
- Speaker #1
on parle vrai pour mieux comprendre votre fonctionnement et nourrir votre quête de sens. Un souffle de bienveillance dans un espace intime pour se reconnaître, s'inspirer et enfin... Ne plus se sentir seule.
- Speaker #0
Bonjour à tous, on se retrouve aujourd'hui pour un nouvel épisode à deux voix. Et aujourd'hui, c'est à nouveau Sam, mon conjoint, qui nous rejoint.
- Speaker #1
Bonjour tout le monde.
- Speaker #0
On a déjà enregistré un épisode avec Sam sur le TDAH dans le couple. Et il m'a été demandé de faire un épisode similaire sur le TSA dans le couple. C'est parti ! Ma première question, c'est est-ce que tu te souviens de ce que tu savais de l'autisme ? avant de me connaître, avant mon diagnostic ?
- Speaker #1
On ne m'a jamais réellement parlé d'autisme. Les seuls exemples d'autisme que j'avais, c'est plus ce qu'on voyait maintenant à la télé. Du coup, c'était peut-être parfois des stéréotypes, ce qu'on pouvait voir même dans les séries tous les deux, dans des films, autour de moi. Dans mon enfance, en tout cas, il n'y avait personne de diagnostiqué, je précise, de diagnostiqué autiste. Du coup, je ne pouvais pas forcément lier des symptômes à l'autisme, disons-le voir.
- Speaker #0
Moi, avant d'être diagnostiqué... autiste, j'avais justement une seule représentation de l'autisme, comme beaucoup de personnes d'ailleurs, c'est en fait l'autiste non-verbal. Est-ce que c'était ton cas aussi ou est-ce que toi tu avais... Parce qu'on parle aussi souvent de justement ce qu'on appelait avant autiste Asperger, qui était effectivement représenté dans des films. Moi, je les avais jamais trop vus, ces représentations. Est-ce que toi, oui ?
- Speaker #1
De mémoire, ce que moi je voyais, C'était cette notion d'avoir besoin d'un casque, de s'isoler, et un intérêt très particulier pour des sujets très précis.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Je précise du coup pour les auditeurs et auditrices qui nous écoutent qu'on ne dit effectivement plus autiste Asperger aujourd'hui. Pour plusieurs raisons. Déjà, dans le DSM-5 aujourd'hui, on parle de troubles du spectre de l'autisme. Et aussi parce que Asperger était un homme peu recommandable. qui a eu des pratiques horribles. Du coup, c'est vraiment important pour moi de le préciser. Et là, j'en ai parlé parce que ce sont les termes que l'on utilisait avant et on était dans le passé, mais on ne les utilisera plus maintenant. Comment est-ce que tu as vécu l'annonce de mon TSA, toi, en tant que conjoint ?
- Speaker #1
C'était quand qu'on t'a annoncé que tu avais le TSA ? C'est assez récent, non ?
- Speaker #0
Oui, alors j'ai entamé le parcours diagnostique l'année dernière.
- Speaker #1
C'est tout frais.
- Speaker #0
Chez la neuropsy, en juillet. juin-juillet. Et en septembre ou en août, fin août, début septembre, elle me disait que ça penchait en faveur d'un TSA. Alors attends, je m'en mêle les pinceaux ou pas ? Oui, je m'en mêle les pinceaux parce qu'on est début 2026. Donc c'était en 2024. Et en 2025, l'année dernière, en janvier, mon diagnostic était confirmé par le psychiatre. Donc ça dépend à partir de quand pour toi c'était déjà réel. Parce que finalement, moi, quand j'ai été faire mon évaluation chez la neuropsy, pour moi, c'était déjà réel.
- Speaker #1
Je ne me souviens pas avoir une réaction particulière par rapport au fait qu'on t'ait annoncé que tu avais un TSA et TSA. Tu dis quoi ?
- Speaker #0
Que j'ai un TSA et que je suis autiste.
- Speaker #1
Oui. Je ne me souviens pas d'un truc en particulier à ce moment-là.
- Speaker #0
Tu n'as pas eu un ressenti particulier ? Tu ne t'es pas dit quelque chose ?
- Speaker #1
Non, pas que je me souvienne. Vraiment pas.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
tu t'étendais à autre chose je sais pas c'est bizarre d'avoir rien ressenti du tout pas que je me souvienne en tout cas je me souviens pas avoir c'était comme le TDAH finalement non moi j'ai une mémoire qui flanche essaye
- Speaker #0
de vraiment revenir en arrière quand j'ai commencé à te parler de l'autisme même quand je faisais mes recherches tu te souviens je lisais beaucoup de livres j'écoutais des podcasts et tout je partageais des choses avec toi est-ce que tu t'es dit déjà oui c'est possible Ou non, c'est pas possible ?
- Speaker #1
Mais franchement, je ne m'en souviens pas. Vraiment, je ne me souviens pas des réactions que je pouvais avoir par rapport à ça. Je ne sais plus comment je me positionnais par rapport à ça.
- Speaker #0
Ok.
- Speaker #1
Vraiment pas, c'est pas...
- Speaker #0
D'accord, ouais, ouais, non, mais pas de soucis. Est-ce que tu te souviens de ce que ça a pu impacter dans notre relation, justement, le fait que j'ai... été diagnostiquée, est-ce que ça a changé quelque chose ?
- Speaker #1
Le fait de mettre des mots sur ton fonctionnement, ça a aussi enclenché un changement dans notre quotidien, à savoir, plus adapter le quotidien pour que tu vives mieux. Je peux penser, par exemple, à tout ce qui est surcharge sensorielle, ce genre de choses.
- Speaker #0
Et toi, en tant que personne, on va dire, indépendamment de ce qu'on a fait pour moi, est-ce que comment toi t'as vécu les choses. Parce que du coup là c'est vraiment important qu'on parle de ce que toi t'as vécu. Alors ça demande de creuser à l'intérieur de toi. Je sais que c'est pas facile pour toi mais est-ce que par exemple ça a changé ton regard sur certaines situations qui avaient pu se passer ? Est-ce que t'as compris certaines choses ?
- Speaker #1
Oui et ça demande, même aujourd'hui encore, ça me demande de m'adapter en fonction des situations, de comprendre, voire parfois même d'anticiper certaines choses pour éviter au Je pense maintenant à un shutdown ou un meltdown de ta part. Anticiper des surcharges, anticiper les bruits. Il peut y avoir des surcharges avec la petite, avec Alice. Ce qui peut aussi te changer. Enfin, essayer de trouver toutes les sources qui peuvent te nuire à court terme.
- Speaker #0
Et est-ce que pour toi, c'est contraignant ? Ou est-ce que c'est OK pour toi ? Comment tu le vis ?
- Speaker #1
C'est les deux. C'est contraignant, oui, parce qu'il faut... Encore plus, veiller à son environnement pour éviter que ça ait un effet sur toi. Après, je trouve ça normal de le faire, d'essayer de le faire du mieux que je peux. Mais quand je dis environnement, il y a aussi mon comportement à moi, les choses que je fais ont une répercussion directe chez toi aussi.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des exemples ? Des choses que tu dois adapter ?
- Speaker #1
La façon dont je te parle, par exemple. on en a parlé beaucoup de fois déjà le ton quoi les mots employés qui ont quand même une grosse importance pour toi même quand je te parle de manière générale il faut que je sois précis dans ce que je te dis parce que tu vas comprendre ce que je te dis s'il y a des sous-entendus ou autre ça tu
- Speaker #0
vas pas forcément toujours le comprendre donc c'est ce genre de choses dans notre quotidien quels sont selon toi les aspects qui sont le plus impactés par le TSA ?
- Speaker #1
qu'est-ce que ça engendre dans notre quotidien tu veux dire ?
- Speaker #0
point. Parce que finalement, j'ai quand même beaucoup masqué le TSA. La preuve est qu'on l'a découvert très tard. Autant le TDAH, on le voyait vraiment impacter notre quotidien, on savait où est-ce qu'il était, plus ou moins, et encore. Je pense qu'il y a des choses qu'on a confondues. On pensait, tu vois, par exemple, quand je pouvais me mettre très en colère par moment, je pense qu'on pouvait croire que c'était, entre guillemets, que de l'impulsivité. Or, je pense que c'était majoritairement des meltdowns, du fait d'une surcharge. ou d'une fatigue, est-ce que tu as l'impression que... Quels sont les...
- Speaker #1
Les changements que ça a impliqués.
- Speaker #0
Les changements que ça a impliqués et surtout qu'est-ce que ça impacte dans notre quotidien.
- Speaker #1
Déjà, tu t'écoutes beaucoup plus. Du coup, par exemple, quand on va voir des gens, on anticipe beaucoup plus les conditions dans lesquelles on va aller Et... les voir, les rencontrer. Est-ce qu'il va y avoir du bruit ? Où est-ce que c'est ? Est-ce que c'est un endroit dans lequel tu te sens en sécurité ? Combien de temps on va rester ? On est plus à l'écoute de ça, je trouve. Que ce soit de la famille ou des amis.
- Speaker #0
Tu parles... Depuis que j'ai eu mon diagnostic, c'est bien ça. Ouais.
- Speaker #1
Avant, on le faisait moins.
- Speaker #0
On savait que c'était quelque chose dont j'avais entre guillemets besoin. Enfin, dont j'avais besoin, y'a pas de guillemets.
- Speaker #1
Mais on n'écoutait pas,
- Speaker #0
en fait. Bah en fait, on ne savait pas que c'était essentiel. Parce qu'on ne savait pas que c'était lié à l'autisme, en fait. Et je pense que le fait qu'on ait découvert que savoir, par exemple, qui sera présent à une soirée, c'était pas juste un peu rassurant pour moi. C'était vital pour que...
- Speaker #1
Oui, ça l'est toujours. Ça l'a toujours été,
- Speaker #0
mais c'est juste que je pense qu'on minimisait l'importance et l'impact que ça pouvait avoir si, finalement, ce besoin n'était pas respecté.
- Speaker #1
On a aussi cette notion, là, du coup, ça me fait penser à les changements de plan, les changements de plan de dernière minute. Tu l'as verbalisé aussi, que tu avais besoin d'anticiper les choses. Pour les mêmes raisons, du coup, quand on a des changements de dernière minute, ça t'impacte aussi beaucoup, du coup, on les évite.
- Speaker #0
Est-ce que tu dirais que, justement, le diagnostic a permis comme de valider certaines choses ?
- Speaker #1
Valider, non. Comprendre, oui.
- Speaker #0
Ouais. Est-ce que ça t'a aidé, par exemple ? Est-ce que tu pouvais penser... On va prendre l'exemple des changements de plan. Est-ce que tu pouvais penser que c'était juste une lubie ou juste... Non. Qu'est-ce que tu disais ? Parce que je sais notamment, tu vois, les départs en vacances, ça a toujours été une horreur. On s'est toujours énormément pris la tête sur ce sujet. Durant ces départs en vacances, est-ce qu'aujourd'hui, t'arrives à te dire, c'est pas juste du simple stress ?
- Speaker #1
Oui, avec du recul, oui. Après, quand tu es... Dans ton quotidien, à l'instant T, je n'arrive pas toujours à prendre ce recul-là non plus.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Le moment instantané, je ne me rends pas forcément compte. Parfois, c'est un peu comme le TDAH, finalement. Quand il y a encore cette énergie, cette présence d'esprit, j'arrive à prendre du recul, parfois à me dire OK. Comme pour anticiper les meltdowns, les shutdowns. Mais quand il y a de la fatigue, ou quand tu es dans ton train quotidien avec la petite et compagnie, il y a moins d'espace pour ça. Du coup, ça demande beaucoup plus de réflexion, de gymnastique et d'effort.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il peut arriver dans ces moments-là où tu me dis « mais qu'est-ce qui t'arrive ? » Et souvent, comme je ne peux pas dire grand-chose parce que je suis déjà un peu en crise, je te dis juste « je suis autiste en fait » .
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Parce que je vois bien que tu ne...
- Speaker #1
Que je ne fais pas le lien.
- Speaker #0
Que tu ne fais pas le lien. Et en fait, moi des fois, ça me rend un peu folle parce que je me dis « mais juste l'explication là, c'est le reste autour qui ne va pas, quoi » . Est-ce qu'il y a des choses qui te semblaient un peu bizarres ou incompréhensibles au début ? et que tu comprends du coup aujourd'hui ? Donc, qui te semblait bizarre avant le diagnostic et que tu comprends aujourd'hui ?
- Speaker #1
Je comprends mieux la notion de shutdown, meltdown, déjà. Je comprends mieux pourquoi ça arrive, d'où le fait de réussir parfois. J'ai dit bien parfois, c'est parce que c'est pas quelque chose qui arrive tout le temps, d'anticiper les faits pour éviter justement que tu partes en crise.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des choses qui te semblaient être juste des traits de personnalité avant ? Est-ce que, par exemple, je vais te donner des exemples parce que je sais que c'est pas facile pour toi de réfléchir sans exemples concrets. Est-ce que tu comprenais, par exemple, que je puisse être à une soirée et parler à personne de la soirée ? Je sais qu'on a souvent eu cette discussion où, en fait, on rentrait de soirée et je te disais...
- Speaker #1
Personne t'a parlé.
- Speaker #0
Personne m'a parlé. J'étais dans mon coin. En fait, que je sois là ou que je sois pas là, c'est pareil.
- Speaker #1
Ça, tu l'avais souvent dit.
- Speaker #0
En fait, j'ai beaucoup de difficultés à aller vers les autres. Forcément, j'ai compris aujourd'hui que... penser à de la timidité, c'est en fait clairement, c'est mon fonctionnement. Tu me disais parfois, mais pourquoi tu ne vas pas parler aux gens ? Pourquoi tu restes dans ton coin ? Est-ce que aujourd'hui, tu vois les choses différemment si maintenant tu reprends les choses ?
- Speaker #1
Ben oui, très clairement. Ça coule de sens d'un coup. Je ne me suis même jamais posé la question, on fait le rapprochement par rapport à ça. Mais oui, je comprends beaucoup mieux maintenant pourquoi. Un des traits du TSA, je crois d'ailleurs. Oui.
- Speaker #0
Je pense que cet épisode, parce qu'au moment où on enregistre cet épisode, je n'ai pas encore fait l'épisode sur les symptômes du TSA, avec plein d'exemples concrets qui permettent justement de...
- Speaker #1
J'ai regardé quand même avant de faire l'enregistrement un petit peu. Mais je n'avais jamais fait le lien entre ça maintenant et le TSA, effectivement.
- Speaker #0
Mais c'est vrai que je pense que c'est la différence entre la personne qui le vit et la personne qui vit avec. C'est que quand on a un diagnostic de TSA, c'est vraiment inconscient. Ça se fait tout seul, mais en gros, on repense à tout ce qui a pu se passer dans notre vie, des situations qu'on n'avait pas comprises, et on le voit dans le prisme du TSA, et en fait, on comprend. Et c'est vrai que c'est intéressant, parce que peut-être qu'on pourrait, en tant que personnes concernées, échanger avec le conjoint, pour lui dire « tu te rappelles ça ? » Et bien, tu vois, ça, c'était lié au TSA, en fait, parce que C'est vrai qu'on ne l'a jamais fait,
- Speaker #1
ça.
- Speaker #0
On ne l'a jamais fait, et pourtant, moi, j'ai repassé ma vie en... en long, en large et en travers. Et j'ai compris tellement de choses. Mais oui, ça peut être intéressant parce que je vois bien que ce que nous, on comprend et on vit de l'intérieur, eh bien, visiblement, la personne qui vit avec, c'est des choses qui ne sont pas perceptibles. En tout cas, vous ne faites pas le lien directement, quoi.
- Speaker #1
Il y avait le film qu'on avait vu au cinéma qui était pas mal, qui permettait de bien voir...
- Speaker #0
Quel était son nom, de ce film ? Bon, on regardera. Tu vas mettre... Je ne sais plus, maintenant.
- Speaker #1
Celui-là, il était bien.
- Speaker #0
Oui, parce qu'en fait, un film est sorti l'année dernière.
- Speaker #1
Je crois, oui.
- Speaker #0
Sur l'autisme. Et j'avais proposé à Sam qu'on aille le voir ensemble. Parce que j'en avais entendu beaucoup de bien. Et j'avais surtout lu que c'était un film qui serait parfait pour des personnes... En fait, pour les proches de personnes qui ont un TSA.
- Speaker #1
Qui s'appelle Différente.
- Speaker #0
Différente, ouais.
- Speaker #1
De 2025.
- Speaker #0
Et je me souviens bien que quand on est sortis de ce film, tu m'as dit...
- Speaker #1
C'est celui-là.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Tu m'as dit... Enfin, je t'ai plutôt moi questionné et je t'ai dit « qu'est-ce que t'as pensé du film ? » etc. Et je t'ai demandé ce que t'avais pensé des réactions du conjoint. Et tu m'avais dit « en fait, je m'aperçois que des réactions qu'il a, je les ai aussi » .
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je t'avais demandé, est-ce que tu trouves que ces réactions, ce sont des bonnes réactions ou pas ? Et tu m'as dit, évidemment que non. Mais ouais, je trouve que c'était un... Une bonne manière aussi d'échanger sur le sujet. Que de voir une autre personne, en fait. En fait, je pense que...
- Speaker #1
Voir les scènes de l'extérieur.
- Speaker #0
Oui, et justement, parlons de ça. Toi, quand tu as vu ce film, quand tu as vu cette femme qui est autiste, qu'est-ce que tu t'es dit ?
- Speaker #1
C'est-à-dire, qu'est-ce que je me suis dit ?
- Speaker #0
Est-ce que tu as trouvé qu'il y avait des ressemblances avec moi ?
- Speaker #1
Oui, très clairement. Mais dès le départ, en fait, il pose tout de suite le ton. De mémoire, tu la vois bosser, elle met son casque, elle est dans sa bulle. Ce genre de choses, finalement, il y avait beaucoup de points communs.
- Speaker #0
Et est-ce que ça a rendu les choses plus concrètes pour toi, du coup ? De voir qu'une autre personne avait les mêmes symptômes que moi, les mêmes besoins que moi.
- Speaker #1
Justement, c'est très intéressant ça, parce que c'est invisible, entre guillemets, l'autisme.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Si tu ne fais pas attention vraiment à la personne ou à une personne, tu ne le vois pas, ça ne se voit pas en fait. Mais ça pousse à la réflexion. Et c'était d'autant plus intéressant que quand on est sorti de la salle, tu avais soulever des points justement par rapport aux conditions dans lesquelles on a regardé le film. Ils sont trop forts, il faisait froid, ce genre de choses.
- Speaker #0
Je me souviens qu'il y avait une dame qui avait confirmé ce que ça avait dit d'ailleurs. Qui avait dit, vous avez bien raison madame, et c'est fou parce que je parle très peu aux inconnus. Moi je suis très peu à l'aise avec les personnes que je ne connais pas et je sais que c'est très caractéristique de l'autisme. Et le simple fait qu'on avait un... eu un ressenti commun, je sais très bien que cette dame, pour qu'elle l'échange avec moi, c'est vraiment qu'elle avait été très d'accord avec ce que je disais. Bref, si on reprend un peu certaines choses du passé, on peut peut-être parler justement des... En fait, j'ai déjà fait des crises où on partait d'un meltdown et ça se finissait en shutdown. Tu te souviens de ça ? Je passais même par une phase d'anxiété. Tu sais, ces scènes, ça a dû arriver 3-4 fois ces dernières années. où en fait, je pense que j'étais déjà au bord du meltdown et que tu dis un truc, ce truc, ça me déclenche. Et on vient à se prendre la tête, ça escalade parce que tu as aussi un tempérament où les émotions, c'est difficile pour toi. Et en fait, moi, je finissais en pleurs, vraiment en crise. Et après, au point où je me retrouvais à ne plus pouvoir parler, à pleurer, à avoir les dents qui claquent. Et je sais que toi, ça t'a vachement paniqué, ce genre de moment. Tu ne comprenais pas ?
- Speaker #1
Oui, tu ne comprends pas ce genre de réaction. Je n'avais jamais vu ça avant, donc je ne pouvais pas...
- Speaker #0
Et il se passait quoi dans ta tête quand ça arrivait, ce genre de...
- Speaker #1
Je ne sais pas où tu me connais. J'essaie de rationaliser, de comprendre les choses. Mais là, du coup, je n'avais pas les outils pour comprendre ce qui se passait. Pourquoi tu te retrouvais dans cet état-là ?
- Speaker #0
Si on prend un cas un peu moins extrême, si on prend un... même si un meltdown, c'est déjà extrême. Quand je vais être en meltdown, que je vais commencer à m'énerver fort, à me taper un peu sur la tête...
- Speaker #1
À voir les premiers signes du meltdown, quoi.
- Speaker #0
Ouais. Comment tu le vis, toi ?
- Speaker #1
Ça dépend dans quel état, moi, je suis, émotionnel, en termes de fatigue et tout ça aussi. Est-ce que je suis disposé à reconnaître le meltdown encore, même si là, c'est déjà presque trop tard ? Comment je le vis ? J'essaie de prendre de la distance par rapport à ça pour te laisser de l'espace, dans la mesure du possible, pour que tu puisses redescendre. Mais en général, c'est déjà trop tard quand tu fais ça. Mais c'est déjà d'anticiper pour ne pas en arriver là.
- Speaker #0
On est d'accord que toi, aujourd'hui, quand tu as un meltdown, tu ne sais absolument pas quoi faire.
- Speaker #1
Ça dépend des circonstances, en fait. Ça dépend de pourquoi le meltdown est là aussi. Comment dire ? Quand je vois que tu commences à avoir un meltdown, un shutdown, je peux te filer le casque quand on en a besoin. Si par exemple, il y a beaucoup trop de monde autour de toi ou que Alice a fait une crise. J'arrive à anticiper certaines choses.
- Speaker #0
Ça, c'est avant que je sois en meltdown.
- Speaker #1
C'est avant, ouais. Mais quand c'est du dernière minute, enfin, quand le meltdown, il arrive, j'essaie d'abord de donner de l'espace, en fait, finalement. Je ne sais pas si c'est la bonne chose à faire, d'ailleurs.
- Speaker #0
La réalité, c'est que moi-même, je ne sais pas ce dont j'ai besoin quand je fais un meltdown.
- Speaker #1
Tu n'as pas besoin de proximité, tu n'as pas besoin qu'on te touche.
- Speaker #0
Non, ça, c'est sûr.
- Speaker #1
C'est tout ce qu'il ne faut pas faire.
- Speaker #0
Ça, c'est sûr, en fait.
- Speaker #1
Tu peux t'isoler, quand tu t'isoles, c'est te laisser dans ta bulle au calme.
- Speaker #0
prendre la petite pour que tu aies ton espace pour pouvoir redéfinir tout doucement c'est ça exactement il y a quand même quelque chose qui je pense qu'il est important d'évoquer c'est la fatigue chronique alors il y a plusieurs choses déjà moi j'ai quand même remarqué que j'avais une fatigue sociale. C'est-à-dire que quand on voit des personnes, je suis très fatiguée après.
- Speaker #1
Et le lendemain même parfois.
- Speaker #0
Et le lendemain, voire le soir. C'est encore plus vrai depuis qu'il y a Alice. À l'époque, ça semblait pas être le cas. Je parle ça il y a longtemps. Est-ce que c'est justement parce que peut-être que le lendemain, en fait, j'étais à la maison vu que je travaillais à mon compte. J'étais à la maison et que du coup, j'étais moins... Stimulée. Ouais, stimulée parce que toi, t'étais salariée. Moi, j'étais à mon compte, j'étais seule à la maison.
- Speaker #1
T'avais pas d'enfant, donc t'étais tranquille, ouais.
- Speaker #0
finalement j'avais ce moment pour...
- Speaker #1
Est-ce que tu te souviens avoir été quand même fatiguée ?
- Speaker #0
J'arrive pas à me souvenir j'ai l'impression que ça me fatiguait pas autant mais peut-être parce que j'avais un quota, en fait c'est comme si j'ai un quota c'est cette théorie des cuillères j'ai ce quota de sociabilisation sauf que aujourd'hui moi il est quasiment exclusivement atteint avec Alice hein Je pense que c'est ça, le truc. C'est que peut-être que mon quota est moins bas que je l'imagine. C'est juste que, comme j'ai Alice, je suis beaucoup stimulée.
- Speaker #1
Tu dors plus de la même manière, non plus.
- Speaker #0
Je dors plus de la même manière. Il y a la fatigue. Il y a beaucoup de choses qui jouent, finalement. Mais c'est vrai qu'aujourd'hui, j'ai quand même ce contre-coup à chaque fois qu'on va quelque part. Oui,
- Speaker #1
plus qu'avant, en tout cas.
- Speaker #0
Beaucoup plus qu'avant. Et c'est pour ça, d'ailleurs, qu'on a des week-ends beaucoup moins chargés. Alors, ce n'est pas vrai en ce moment, mais ça devrait l'être. Parce qu'on voit... comme ça me met dans un état de fatigue. Et toi, ça, c'est quelque chose qui te dérange ? Qui t'est OK avec ?
- Speaker #1
Non, je respecte ça. Je n'ai jamais été quelqu'un qui sortait beaucoup le soir, de manière générale. Du coup, non. Parce que c'est pas bien.
- Speaker #0
C'est pas bien comme au lieu de faire de vie.
- Speaker #1
Je pense. Et après, on était aussi d'accord. Et c'est ce qu'on faisait, peut-être un petit peu moins maintenant, mais si l'un ou l'autre prévoit une soirée avec les amis et compagnie, on n'a pas besoin de tout faire en couple non plus.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Donc finalement...
- Speaker #0
C'est vrai. Et puis aujourd'hui, tu as l'aïkido.
- Speaker #1
Oui, je fais des trucs de mon côté.
- Speaker #0
Une fois par semaine. Ce qui fait que tu as aussi... En fait, tu sociabilises différemment.
- Speaker #1
Mais là, c'est pareil. C'est aussi de l'anticipation. C'est aussi t'en parler en amont pour que tu puisses te préparer. Et ça, je pense, ça a un lien aussi avec le TSA.
- Speaker #0
Ah bah, bien sûr.
- Speaker #1
Si je veux faire...
- Speaker #0
Prévisibilité.
- Speaker #1
Si je veux faire une heure de pratique de sport de plus le mardi soir, il faut que je te prévene aussi bien en amont que tu puisses l'anticiper. Peut-être même que je prépare Alice en amont pour que toi tu aies moins de fatigue, selon les choses.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est quelque chose que tu as mis du temps à comprendre, mais maintenant je trouve que c'est assez acquis. Et aussi parce que je pense que j'ai réussi à bien exprimer mon besoin, à savoir te dire, en fait, moi j'ai besoin que tu puisses me dire en amont, parce que j'ai besoin de m'y préparer. Et je pense que du moment où je l'ai formulé comme ça, ça a été aussi plus compréhensible pour toi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que ça a pu arriver où finalement tu me disais... En fait, l'aïkido, notamment le vendredi, c'était jamais trop sûr qui y est, qui y est pas et tout. Et en fait, moi, si je partais du principe qui y est, j'avais mon plan, quoi. Et en fait, si mon plan bouge en dernière minute, ça me stressait, en fait.
- Speaker #1
C'était plus dans l'autre sens où ça te stressait. Quand je disais que j'étais là et que finalement, je voulais quand même y aller.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Cet handicap est beaucoup plus à ce moment-là.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Parce que du coup, j'avais d'autres responsabilités que ça engendrait alors que j'avais imaginé autre chose. C'est vrai. Est-ce que tu as l'impression que notre rythme de vie est différent que celui d'autres couples, principalement du fait du TSA ou post-specialement ?
- Speaker #1
Je pense. Après, bien sûr, on est tous différents. Tous les couples sont différents. De toute façon, oui. Après, je pense qu'on a quand même adapté un petit peu notre vie à... ce TSA-là, par rapport aux sorties, notamment, par rapport à l'organisation familiale, du quotidien ou mensuel. Des parents en vacances, toujours pas.
- Speaker #0
On essaye, franchement, on trouve que ça se passe bien.
- Speaker #1
On a le déménagement qui se prépare aussi, donc c'est encore différent. Oui. Après, dans quelle mesure, je ne sais pas.
- Speaker #0
Est-ce que toi, aujourd'hui, tu te dis que... Par exemple, que c'était mieux avant ? C'est OK de le penser. Moi, personnellement, je le pense. D'ailleurs, est-ce que c'était mieux avant ? J'en sais rien. Enfin, dans le sens où j'avais d'autres problèmes, en fait.
- Speaker #1
Est-ce que c'était mieux avant ? Non. Je pense que c'est mieux quand même de savoir ce qui te fait du bien et ce qui te met mal à l'aise, en fait.
- Speaker #0
Oui, mais pour toi.
- Speaker #1
Non, mais moi, ça me dit, non. Je n'ai pas l'impression que, en tout cas, ça me... m'handicap ou me pénalise.
- Speaker #0
Tu ne te retends pas ?
- Speaker #1
Non, je ne crois pas.
- Speaker #0
Il y a un point qui n'est pas facile dans notre couple, c'est la communication. Qu'est-ce qui est le plus difficile pour toi dans notre communication ?
- Speaker #1
Le plus difficile ?
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des moments où tu as l'impression que je ne te comprends pas, ou bien l'inverse ?
- Speaker #1
Je pense qu'il y a de temps en temps cette part d'incompréhension de l'un, de l'autre. Après, Moi, ça n'a jamais été mon fort, la communication. Au-delà du TSA, je ne suis pas un exemple ou un modèle en termes de communication de manière générale. Je sais que les tons sont très importants pour toi, mais tu peux aussi avoir des tons secs quand ça ne va pas. Et moi, malheureusement, je peux aussi réagir à ça plutôt que de me dire qu'il y a peut-être un... Je ne sais pas, une surstimulation à un moment ou à un autre, et du coup, tu es fatigué.
- Speaker #0
Je pense que tu as peut-être... tendance à prendre personnellement les choses et je peux comprendre, moi je suis hyper sensible au ton employé par les personnes, donc c'est vrai que c'est et j'entends que c'est pas simple, surtout que je vais pas forcément demander à des personnes avec qui je partage pas ma vie de faire attention à leur ton, ça va en fait, j'ai que heurter me heurter qui vient en tête, mais je pense, je sais pas si c'est aussi fort, mais en fait comme ça va être sur de la courte durée Je pense que c'est moins compliqué, alors que c'est vrai que nous, on vit au quotidien ensemble. Donc, c'est plus important pour moi que ce ton soit différent. Et en même temps, je me rends compte que pour toi, ça ne semble pas possible que le ton soit différent. Donc, c'est un peu pas simple.
- Speaker #1
Après, en termes de communication, ce que tu as réussi à verbaliser aussi, c'est que tu avais besoin de détails. Il faut que ce soit précis pour toi. Quand je ne suis pas assez précis, tu peux t'imaginer... Enfin, ça laisse la porte ouverte à... plein de possibilités pour toi et tu vas en choisir une qui n'est pas forcément celle que moi je pense. Je repense par exemple à la préparation des cartons pour les verres. Moi, j'ai conscience qu'on ressent encore des personnes, mais quand je te dis je vais m'occuper d'emballer les verres, toi tu entends il va vider le placard et on va être embêté quand on va inviter des gens.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. C'est qu'en fait, moi, si tu me dis j'emballe les verres, et bien c'est j'emballe tous les verres.
- Speaker #1
Oui, sans prendre en considération tout le reste.
- Speaker #0
Bah oui, parce que sinon tu m'aurais dit j'emballe une partie des vers. Ce petit détail, pour moi, ça change toute la compréhension. C'est comme quand, par exemple, je vais te demander de faire quelque chose et que tu vas me dire que tu vas le faire. Tu me dis ok, je le fais. Moi, je m'attends à ce que tu le fasses tout de suite. Je le fais. Je le fais, c'est du présent. Et toi, quand tu vas dire je le fais, ça peut être que tu le ferais. Du coup, moi, je n'entends pas du tout la même chose. C'est vrai que ça peut créer un peu des incompréhensions, ça c'est sûr, voire des tensions. Qu'est-ce qui te demande le plus d'effort, justement ? Quand on parle de la communication et du TSA, qu'est-ce que tu as dû changer qui te demande le plus d'effort ? Ou qu'est-ce que tu n'arrives pas à changer parce que ça te demande trop d'effort ?
- Speaker #1
Déjà, changer mon ton pour te parler. Ça, j'ai beaucoup de mal à le faire. Parce que je ne m'en rends peut-être même pas compte, en fait, du temps que j'emploie, lorsqu'on discute. C'est souvent, en fait, lorsque le ton monte, entre guillemets.
- Speaker #0
Même pas, hein. Même pas, c'est... Non, je pense qu'il y a des fois où peut-être tu es fatigué et tu ne t'en rends pas compte. Oui, c'est possible. Et du coup, tu vas parler sur un ton qui n'est pas, entre guillemets, ce n'est pas qu'il est désagréable, mais il n'est pas agréable. Et comme je suis sensible au changement de ton, moi, j'ai tout de suite l'impression que tu es presque énervé. Et forcément, moi, ça me déclenche. Et c'est ça aussi qu'on s'est rendu compte, c'est que finalement, tu venais souvent me déclencher, sans le vouloir. Mais il y avait des choses que tu disais ou que tu faisais qui me déclenchaient. Et c'est là où c'est toute la difficulté de trouver qu'est-ce qui va me déclencher. Et pour en discuter et voir si on peut faire différemment. Si c'est des situations qui se répètent, évidemment. Ou qu'est-ce que je peux moi-même aussi changer. Parce qu'il y a un moment donné, j'ai bien conscience que tu ne peux pas être responsable de tous les changements. Mais c'est juste qu'il y a des choses que je ne peux pas forcément changer.
- Speaker #1
Tu le disais souvent que tu n'arrivais pas non plus à gérer. mes émotions à moi, donc quand moi j'ai un ras-le-bol, même qui n'a rien à voir avec toi, et que je l'exprime à voix haute, pareil, ça peut me surcharger aussi.
- Speaker #0
C'est vrai que c'est assez insupportable pour moi quand tu vas râler. Je différencie vraiment, entre guillemets, se plaindre, mais je préférais remplacer par exprimer ce qui nous pèse, quoi, que râler, parce que pour moi râler, c'est entre guillemets râler pour râler.
- Speaker #1
Ça sert à rien.
- Speaker #0
Ça sert à rien, et au contraire du coup, oui. moi ça m'ajoute du négatif comme j'essaye justement de voir du positif d'aller bien etc et bien en fait moi le problème c'est que j'ai absorbé et ça me plombe c'est tout le problème aussi de l'hypersensibilité malheureusement et de l'empathie ce qu'on peut dire ici aussi c'est que depuis qu'Alice est née toi-même tu as un peu changé
- Speaker #1
Ah oui, c'est sûr.
- Speaker #0
T'es passé de quelqu'un d'extrêmement jovial, qui trouvait du positif dans tout. Je le disais déjà dans l'épisode sur le TDA Jean-Coupe, mais ça en était presque chiant pour moi, parce que moi qui étais un peu ton extrême inverse. Toi, t'étais toujours là à positiver, à dire « Mais ça va bien aller, t'inquiète pas, il y a des solutions. » Et moi, en fait, j'avais juste besoin de libérer ce qui me pesait. Et aujourd'hui, moi j'essaye de tendre vers l'inverse. Et j'ai l'impression que toi, c'est comme si t'avais pris ma place. alors est-ce que c'est un peu aussi un effet miroir qui se joue et que du coup ça me met très inconfortable mais c'est pas simple c'est pas simple je sais pas si c'est un effet miroir je pense que c'est juste notre situation familiale elle a changé les
- Speaker #1
conditions dans lesquelles on vit ont changé la qualité de notre sommeil a changé enfin voilà il cumule beaucoup de choses aussi qui vont avoir un impact sur moi aussi finalement oui et puis je pense qu'il y a des choses beaucoup plus profondes que ça aussi Merci.
- Speaker #0
de ne pas aller encore creuser. Ma théorie sur le sujet, c'est qu'on parle beaucoup de la matrescence. En tout cas, moi, j'entends beaucoup parler de matrescence, donc ce gros changement identitaire qu'on vit après la naissance d'un enfant. Et il y a évidemment la patrescence. Je ne veux pas me faire des ennemis en disant cela, mais je pense que cette patrescence, on peut la vivre que si on est très impliqué. Alors, ce n'est pas tout à fait vrai. Parce que je pense qu'on peut vivre une patricence, justement, dans le sens où on peut avoir un enfant, et que ça va tellement nous chambouler qu'on n'arrivera pas à s'impliquer dans la vie de notre enfant, dans cette nouvelle vie familiale. Ça, je pense que c'est aussi une manière de vivre sa patricence. Mais moi, celle dont je parlais tout à l'heure, c'est plutôt de se retrouver très impliquée dans sa vie de famille, et de se perdre, en fait... au même titre qu'une femme dans tout ça et de plus avoir en fait ce qu'on veut, ce qu'on est, ce qu'on...
- Speaker #1
C'est possible,
- Speaker #0
oui. Et toi, finalement, en plus, t'as eu des changements professionnels, t'as aussi dû être beaucoup présent par rapport au burn-out, ce qui fait que t'as dû arrêter de travailler, alors que t'es quelqu'un quand même de très actif et qui a besoin, en fait, de travailler, d'avoir une stimulation intellectuelle, ce qui est pas si simple à avoir quand on a un enfant en bas âge.
- Speaker #1
Carrément pas.
- Speaker #0
Et je pense que tout ça, en fait, ça laisse des traces aussi. Et ça peut clairement mener à des états de dépression. On s'éloigne un peu du sujet, mais bon, on sait jamais. Ça peut servir à quelqu'un. Est-ce que t'as déjà eu l'impression que j'étais distante émotionnellement ? Oui, on passe un peu du coq à l'âne, mais c'est le...
- Speaker #1
Distante émotionnellement. Qu'est-ce que t'appelles distante émotionnellement ?
- Speaker #0
Je suis bloquée sur du coq à l'âne parce que je trouve que cette expression est très vieille. Ça me perturbe. distant émotionnellement, je vais te donner un très bon exemple. Quand t'es pas bien et que t'en parles, je peux manquer d'empathie, par exemple, parfois.
- Speaker #1
Ça arrive souvent, ça.
- Speaker #0
Ça, ouais. J'en suis pas très fière. J'en suis pas très fière parce que je suis quelqu'un d'hyper-empathique. J'en ai d'ailleurs parlé avec la neuropsychiatre. C'est très perturbant pour moi de manquer d'empathie à ton égard parce que je sais que je ne suis fondamentalement pas comme ça. J'avais beaucoup rapproché ça à un manque d'amour. J'avais peur que ce soit une histoire d'amour. Est-ce que je ne l'aime plus assez pour en venir à ne plus être empathique avec lui ? Mais en fait, non, c'est juste... Je pense que c'est plein de facteurs, c'est plein de choses, c'est plein de... Là, on en revient encore, je pense, à la naissance de... Et encore, est-ce que c'est que lié à la naissance d'Alice ? En vrai, on ne sait pas. Ce que je veux dire, on en revient à la naissance d'Alice où finalement... on doit se redécouvrir dans le couple puisqu'aujourd'hui on n'est plus qu'un couple mais on est aussi des coparents et ça ça vient quand même chambouler un peu le tout est-ce que toi tu me disais,
- Speaker #1
ça a peut-être un lien aussi c'est qu'il faut que tu t'occupes de toi il faut que tu t'occupes de la petite et du coup t'as plus d'espace pour mes ressentis en fait oui c'est ça c'est horrible tu priorises Alice puis toi et du coup sur les trois je passe en dernier entre guillemets moi je pense que je priorise Alice et même moi mes ressentis en fait il passe un peu à la trappe donc je n'arrive pas à m'occuper de toi en fait la priorité c'est la petite bon là maintenant elle grandit donc peut-être qu'il y a aussi un petit peu plus d'espace qui est dédié mais du coup à ta personne à toi ouais peut-être tu as l'impression que je me priorise par rapport à toi j'espère que tu le fais en tout cas j'allais te dire que c'est une super nouvelle et merci de me dire j'espère que tu le fais j'arrive à faire ça je trouve que tu te donnes quand même du temps pour toi donc c'est bien ouais trop bien
- Speaker #0
Je ne réalise pas toujours, je ne sais pas trop, parce que c'est un peu un objectif pour moi de réussir à inverser cette tendance, à plutôt me faire passer avant les autres plutôt que de faire toujours passer les autres avant moi, parce que c'est ce que j'ai fait toute ma vie et ça m'a vraiment desservi d'un point de vue énergie et émotionnel. Ok, mais dans ces moments-là, forcément, tu as dû me sentir distante émotionnellement. Et comment tu le vivais, toi ?
- Speaker #1
Bah forcément bien, parce que moi je me retrouve dans un état où je suis pas bien émotionnellement, et du coup j'ai pas de soutien, enfin c'est même pas une question de soutien, c'est parfois même pas d'écoute en fait, tu vois.
- Speaker #0
Ouais, en fait toi t'as l'impression que je t'écoute pas, je sais que tu me l'as déjà dit, et moi ce que je te disais, c'est que c'est la manière dont t'exprimes les choses.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
sans doute. Alors je vais le dire comme ça sort, de toute façon normalement il y a plein de... Enfin ce sont majoritairement les personnes autistes qui vont écouter ça, donc ils comprendront que les choses des fois elles sortent comme elles sortent. mais en fait c'est que j'ai pas envie de t'écouter de cette manière là parce que ça te plombe justement ouais en fait la manière dont tu l'exprimes souvent il y a de la colère dedans tu sais en fait c'est râler ou être en colère alors que si tu me disais les choses du type franchement en ce moment je me sens pas bien parce que déjà je dors pas très bien je pense que je suis fatiguée et puis tu sais le fait de pas travailler et en fait c'est jamais comme ça que t'exprimes les choses
- Speaker #1
toi. Parce que quand je te l'exprime, je suis bloqué dans une émotion et du coup, déjà la communication, c'est pas mon fort, mais en plus, quand je suis bloqué dans une émotion, c'est encore pire.
- Speaker #0
En fait, c'est ça, c'est que toi, tu vas... En fait, tu ne parles pas et quand tu vas parler, souvent, ça va être dans l'émotionnel, mais avec de la colère et tout. Et moi, notamment la colère, c'est une émotion qui peut me mettre, je pense, mal à l'aise, voire un peu complètement me bloquer, en mode j'ai pas envie de dealer avec quelqu'un qui se met en colère. J'ai un passif aussi très compliqué du fait de mon enfance par rapport à la colère. Et je pense que ça y contribue. Mais ouais. Ce qui est sûr, c'est que c'est pas que j'ai pas envie de t'écouter. C'est qu'au contraire, j'ai envie que tu me parles et de t'écouter, de te soutenir, etc. Mais je pense que le moment où tu vas l'exprimer n'est peut-être pas le meilleur moment pour que ça puisse se faire.
- Speaker #1
Et la façon dont je le fais aussi.
- Speaker #0
Ouais. Après, je reprends un peu le conseil de la neuropsychologue, que pour aborder des choses un peu soit chiantes, soit sensibles, de se mettre dans des bonnes conditions. Et c'est vrai que parfois même, tu vas vouloir parler de ce genre de choses quand il y a Alice. Pour moi, c'est impossible. Il faut qu'on soit tous les deux. Et tu vois, à la limite, on se fait du chocolat, on se fait une boisson chaude et on discute. Mais plutôt qu'à chaud, ça ne marche pas. Nous, en tout cas... Entre nous, ça ne marche pas. Je crois que de manière générale, parler à chaud, ce n'est pas la meilleure idée du siècle.
- Speaker #1
Ce n'est pas une bonne idée.
- Speaker #0
Mais avec notre dysrégulation émotionnelle, je pense que c'est vraiment une très mauvaise idée. Comment est-ce que tu perçois ma manière d'exprimer l'amour ou l'attachement ? Par exemple, là où avant, j'étais très... dans ce que dicte, c'est pas ce que dicte la société. Salomé me dirait, est-ce que c'est vraiment la société qu'il dicte ? Mais en tout cas, de la représentation qu'on a du couple. On se fait un bisou, le mène pour se dire bonjour, on se fait un bisou.
- Speaker #1
Ça remonte à assez loin, entre guillemets, parce que je me souviens qu'il y avait des personnes qui ne savaient parfois même pas qu'on était ensemble, parce qu'on se tient pas forcément la main. Ça remonte à avant ton diagnostic, déjà. Ah ouais ? En public. Se tenir la main, se faire des bisous, ce genre de trucs.
- Speaker #0
En public, c'est vrai. T'as raison.
- Speaker #1
En public, ça n'a jamais été le cas.
- Speaker #0
Très peu le cas. Oui, mais t'as raison.
- Speaker #1
Tu t'en rendais pas compte. On avait même déjà eu des personnes qui pensaient...
- Speaker #0
Qui ne savaient pas qu'on était ensemble.
- Speaker #1
Notamment la famille de Loubna. C'est ce qui me revient. Ah ouais ?
- Speaker #0
On ne parle pas de ça.
- Speaker #1
Il y en avait qui ne savaient pas qu'on était ensemble.
- Speaker #0
Je ne suis pas très démonstration en public. Ça, c'est vrai.
- Speaker #1
Mais ça colle avec le TSA. Le fait de ne pas vouloir... de contact physique de manière générale, ce genre de choses.
- Speaker #0
En fait, comme c'est un spectre, il y a de tous les besoins, de tous les comportements possibles. Effectivement, intéressant. Mais là, ça s'est un peu généralisé dans notre couple, je trouve, au sein de notre foyer.
- Speaker #1
C'est con, mais depuis qu'elle a petite, de nouveau.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Elle prend de l'espace. Du coup, je pense que toi, tu as aussi besoin de ta bulle et encore un contact physique, tenir la main, bisous, machin. Quand il y a Alice, c'est jamais le cas. Plus le soir, quand on est juste entre nous, tu te rapproches un peu plus de moi, mais en journée, quand la petite est là, jamais. Enfin, jamais, presque jamais.
- Speaker #0
Après, c'est vrai qu'on avait assez vite mis le doigt dessus sur le fait que... Déjà, les premières années, j'ai allaité. Enfin, les deux premières années. J'ai allaité et je t'ai expliqué qu'en fait, j'avais déjà quelqu'un qui était scotché à mon corps.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et je ne pouvais pas... En fait, c'était ma limite acceptable de... Tu avais besoin de ton espace,
- Speaker #1
en fait.
- Speaker #0
J'avais besoin de mon espace. J'avais besoin, en fait, que... Parce que c'est vrai que, très clairement, je n'ai jamais été très bisou et câlin. En tout cas, petite, il faudrait que je demande à ma mère. Mais je pense que ce n'était pas le cas. Déjà, on ne se faisait pas trop de câlins ni de bisous dans la famille. Si, on devait absolument se faire un bisou pour se dire bonjour le matin. Et franchement, pour moi, c'était l'enfer. Parce que le matin, en plus, je ne suis pas du matin. Donc, ce n'est vraiment pas le moment où il faut me brusquer. Mais à part ça, je n'ai pas trop de souvenirs. Et même encore aujourd'hui, je vais parfois faire des câlins à mes copines. Mais à mes copines vraiment les plus proches. Ou alors quand je vais avoir passé un super moment comme Alice. Tu vois, Alice, quand elle passe des super moments...
- Speaker #1
C'est ce que j'allais dire.
- Speaker #0
Elle déteste les câlins, elle déteste les bisous. Mais quand elle passe un super moment, elle va avoir envie. Elle va avoir ce petit truc où, en fait, limite, elle s'oublie, elle oublie qu'elle n'aime pas ça. Et c'est plus fort qu'elle, elle va le faire. Et puis, mais ça va être super rare. Moi, je pense que je suis vraiment comme ça aussi. J'en ai pas foncièrement besoin. Mais du coup, ça veut dire que quand je le fais, c'est super qualitatif. Dans le sens où c'est vraiment une preuve d'amour pour moi.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Là où, dans les relations de manière générale, se faire des bisous pour se dire bonjour et au revoir, on peut se poser la question de est-ce que c'est juste une habitude ou est-ce que c'est un vrai geste d'amour ? Ce qui de base était associé à un geste d'amour, est-ce que ça l'est encore ou pas ? Est-ce que c'est juste de la routine ? Alors que moi, finalement, quand je vais te faire un bisou, ça va être un bisou choisi vraiment d'amour. Mais est-ce que toi, Est-ce que... Parce que je sais que ma manière de montrer l'amour a pu changer. Est-ce que toi, ça t'a perturbé ?
- Speaker #1
Oui. Parle-nous. Oui, ça m'a perturbé. J'ai vu le changement avec l'arrivée d'Alice.
- Speaker #0
Et surtout, je pense avec le diagnostic TSA aussi.
- Speaker #1
Je pense que ça avait déjà commencé avec Alice, qui, comme tu disais, te collait beaucoup. Et du coup, tu l'avais verbalisé. Tu lui avais dit, j'ai besoin d'espace.
- Speaker #0
J'ai besoin que mon corps soit mon corps, en fait.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Donc ça fait que l'on sait là.
- Speaker #0
Et ensuite, parce que du moment où après j'allais être plus Alice, c'était pas la même chose. Mais toi peut-être que tu l'as pas perçu.
- Speaker #1
Non, je l'ai pas perçu je crois.
- Speaker #0
En fait, moi je pense qu'en me renseignant sur le TSA, en voyant en fait que c'était ok de pas voir, et non, et en fait ça va plus loin que ça, c'est en ayant appris le consentement à Alice, en fait en lui disant, est-ce que tu veux un bisou ? Et qu'elle me disait non. Est-ce que tu veux un câlin ? Et qu'elle me disait non. Et qu'en fait, c'était normal d'accepter ça. et que ça n'enlevait rien à l'amour, je pense que je me suis autorisée à refuser. C'est vrai qu'aujourd'hui...
- Speaker #1
Mais c'est vrai qu'on ne pense pas au consentement pour une notion de bisou ou de câlin. Oui,
- Speaker #0
mais c'est normal. Ce n'est pas que c'est normal. Dans un couple, de longue durée, ça peut être logique de ne pas en avoir, parce que je le demande à chaque fois. Mais moi, j'en ai besoin.
- Speaker #1
J'essaie de plus te le demander.
- Speaker #0
Et tu me le demandes. Et il y a des fois où je te dis non. Et il y a des fois où je te dis oui. Mais tu sais... Je pense que tu sais qu'aujourd'hui, quand je te dis non, c'est pas parce que je t'aime pas.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Pour toi, c'est quoi ? Pourquoi je te le dis ?
- Speaker #1
Si je te le demande, c'est que j'en ai conscience. C'est que j'ai conscience que tu as des besoins et que faire un câlin, ça va au-delà de ces besoins. Justement, ça peut te mettre mal à l'aise ou dans une situation plus inconfortable. C'est pour ça que je demande.
- Speaker #0
Aujourd'hui, en fait, les bisous... Enfin, tu vois, si tu viens de faire un bisou et que je m'y attends pas, alors ça va être un peu fort, ce que je vais dire. Mais je n'ai pas d'autres mots. En fait, c'est comme si mon corps évitait ça comme une agression.
- Speaker #1
Oui, ça te met mal à l'aise.
- Speaker #0
Oui, ça me met mal à l'aise, en fait.
- Speaker #1
Parce que ça ne répond pas à un besoin, en gros.
- Speaker #0
Oui, oui. Et puis, je pense que j'ai besoin d'être dans de bonnes conditions. C'est con, mais tu vois, par exemple, si j'ai les lèvres sèches, je ne peux pas faire de bisous. Avant, je pense que je m'oubliais complètement. Tu ne t'écoutais pas non plus. Et en fait, ça pouvait être désagréable, mais je ne disais rien. Et en fait, si j'ai les lèvres sèches, c'est pas possible. Si tu viens de boire et que tu as les lèvres mouillées, je ne peux pas. À l'époque, oui, j'acceptais. Je ne sais pas comment c'est possible.
- Speaker #1
Mais est-ce que tu appréciais ? Ou c'était comme aujourd'hui ? Est-ce que tu t'en souviens ?
- Speaker #0
En fait, je pense que je ne me posais pas de questions. C'est la norme, entre guillemets. En fait, j'étais complètement dissociée de mon corps à l'époque. Et on l'a vraiment vu en séance psy, même avant le TSA, tout ça. C'est qu'en fait, j'étais dissociée de mon corps. Donc, je pense que je ne m'en apercevais pas. Parce que je ne ressentais plus mon corps. Parce que c'est comme si je n'étais plus à l'intérieur de mon corps. Et que toutes les sensations physiques, en fait, c'est assez étrange. Mais ouais, c'est... Est-ce que tu arrives quand même à te sentir aimé dans notre relation ?
- Speaker #1
Oui, je pense.
- Speaker #0
Genre comment ? Qu'est-ce qui te... Qu'est-ce qui... Quelles vont être les...
- Speaker #1
C'est plus des attentions du quotidien, plus... se soucier de l'autre, enfin voilà, ça va plus loin que juste un contact physique finalement.
- Speaker #0
Ouais, en fait moi je pense que je me rends compte que le geste de l'amour c'est vraiment pas le contact physique.
- Speaker #1
C'est plus comme ça je pense.
- Speaker #0
Ben Salomé m'a dit quelque chose la dernière fois, c'était très drôle. Je faisais la vaisselle et il y avait sa cousine chez elle, bref. Et je faisais la vaisselle et elle me dit « Ah mais tu fais la vaisselle encore ? » Et elle m'a dit « Non mais en fait j'ai compris, c'est ton langage de l'amour en fait. Tu sais que j'aime pas faire la vaisselle, alors tu la fais parce que t'as envie de faire quelque chose pour moi. » Et en fait c'est tout à fait ça. Et sauf que ça, ça peut être très peu perceptible au quotidien. Tu vois, je pense même qu'il y a des choses que je fais au quotidien, entre guillemets pour toi, ça va même... être parfois juste dans un repas. Tu vois, le tiramisu, quand je t'ai dit, parce qu'on a reçu des amis, j'ai fait un tiramisu, quand je t'ai dit, à chaque fois que je fais un tiramisu, je suis trop contente de le faire, moi, je déteste ça. Mais en fait, je suis trop contente de le faire. Enfin, je déteste manger le tiramisu. Parce que je sais que toi, tu adores ça. Et du coup, je peux même pas te dire, tu vois, là, j'ai presque les larmes aux yeux, te dire à quel point ça me fait plaisir de faire ça. Parce que je sais que t'aimes ça, tu vois, enfin...
- Speaker #1
Oui, c'est plus dans ce sens-là.
- Speaker #0
Le problème, c'est que ça, enfin, c'est pas un problème, mais... En fait, vu de l'extérieur, ça, les gens ne le verront jamais. Et même toi, parfois, je pense que tu peux ne pas le voir.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Parce que c'est pas...
- Speaker #1
Oui, sur le coup, je...
- Speaker #0
Bah, tu as mangé ton tiramisu et voilà, tu vois. Alors que moi, en fait, je l'ai vraiment fait en me disant, je vais lui faire plaisir, tu vois. Quand je partage un chocolat avec toi...
- Speaker #1
T'as intérêt plutôt, ouais.
- Speaker #0
Ouais, mais quand je partageais, parce que bon... Bah, en fait, pour moi, c'est une vraie démonstration d'amour aussi. Parce que je pourrais le manger seule.
- Speaker #1
Tu n'as pas encore donné de chocolat qui pétille.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Ça, c'est la demande dans ma vie.
- Speaker #0
Peut-être, ouais. Non, mais j'avoue, c'est le chocolat qui pétille, qui pépite, là, ça, c'est... C'est trop dopamine pour que je consente. En fait, et puis c'est trop rare pour que je consente à le partager, mais t'as raison. Peut-être une prochaine step. Est-ce que tu penses que le TSA change un peu notre façon d'être en lien, du coup ? Je pense, par la force des choses, oui.
- Speaker #1
Vu de l'extérieur, c'est ce qu'on dit. On est, entre guillemets, l'un et l'autre, on est plus distants. que dans un couple lambda, tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Ouais. Moi, des fois, ça me fait de la peine parce que je pense que j'aimerais... En fait, des fois, quand je vois des couples, je me souviens, tu vois, quand on était en tour du monde et qu'on avait rencontré Hélène et Arnaud, je m'étais dit, mais waouh, c'est fou comme ça se voit qu'ils sont amoureux.
- Speaker #1
Oui, c'est moins démonstratif chez nous, ça, c'est sûr. Et même à l'intérieur du couple, dans notre vie perso.
- Speaker #0
Et en même temps, j'avais évidemment aucune conscience de l'autisme à cette époque-là, ni du TDAH.
- Speaker #1
Tu l'avais formulé plusieurs fois, déjà, ça. Souvent en voyage, quand on voyait plein de gens, tu disais...
- Speaker #0
Ça se voit qu'ils sont nombreux. C'est fou. Et je me demandais pourquoi on n'avait pas ça, nous. Maintenant, je pense comprendre pourquoi. C'est parce qu'en fait, c'est juste différent. Mais c'est vrai que ce n'est vraiment pas ce qu'on nous montre. Et du coup, c'est dur parce que comme cette représentation du couple, elle n'est pas mise en avant. Eh bien, des fois, tu peux croire à tort, je pense, qu'il y a un truc qui cloche. Et même toi... Je pense qu'au début, tu t'es demandé s'il y avait un truc qui cloche. Ne serait-ce que quand j'ai eu... Quand, justement, il y a eu un peu cette distance physique. Bien sûr.
- Speaker #1
Tu te poses des questions. Pourquoi ? Qu'est-ce qui se passe ?
- Speaker #0
Et moi, je te l'avais expliqué. Et quand je te l'avais expliqué, je pense que tu avais compris.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Après, est-ce que ça te coûte ? Est-ce que toi, tu aurais besoin de plus ? De démonstration physique ?
- Speaker #1
Je pense que je m'y suis fait aujourd'hui. Au début, c'était plus difficile. Maintenant, je pense que je m'y suis fait.
- Speaker #0
Et c'est vrai que même, tu me disais, tu m'as parfois dit, ouais, mais regarde, là, je vais donner des exemples, mais qui étaient en postpartum immédiat, donc il y a aussi un peu...
- Speaker #1
Il y a d'autres trucs en plus. Il y a d'autres choses,
- Speaker #0
ouais. Je ne parle pas vraiment que de l'autisme, là. Les causes peuvent être variables, je dirais, mais tu me disais, ah, mais on ne fait rien ensemble. Et moi, en fait, je ne comprenais pas, parce que pour moi, et je te disais, mais attends, tous les soirs, on est ensemble et on regarde une série. Et en fait, pour toi, ça, c'était pas forcément faire quelque chose ensemble. Alors que pour moi, c'était partager un moment ensemble. Et tu sais que ça, j'ai vu je ne sais pas combien de réels sur le sujet, où en fait, dans des couples autistes, même parfois, ils font pas la même activité, mais ils sont juste l'un à côté de l'autre et ça suffit.
- Speaker #1
Oui, il y a plus ce côté présence, en fait.
- Speaker #0
Ouais. En fait, c'est juste, t'es avec l'autre, et en fait, pour moi, c'est déjà passer un moment ensemble. Mais j'avais compris que pour toi, c'était... Autre chose que tu cherchais, évidemment qu'on a trouvé des solutions. On a alors essayé de se voir le midi pour déjeuner ensemble. Ou on a essayé de... Je te proposais en fait de faire des activités et tout. Après, il y avait aussi eu le burn-out qui fait que j'étais très fatiguée et que j'avais peu d'énergie. Mais est-ce que tu ressens encore ça aujourd'hui ou c'est différent ?
- Speaker #1
Non, c'est différent maintenant.
- Speaker #0
Ouais. Est-ce que c'est parce que tu...
- Speaker #1
J'ai conscientisé les besoins aussi que tu as.
- Speaker #0
Est-ce que c'était quand même lié à l'autisme ça ? Ou est-ce que tu penses que c'était que lié au postpartum ?
- Speaker #1
Je pense que c'était un mélange de tout.
- Speaker #0
Ouais. Et est-ce que tu dirais que c'est parce que toi, tu t'y es fait, que t'as compris en fait que ça pouvait quand même être des moments de couple ? Ou est-ce que c'est parce qu'on a quand même réussi à équilibrer les choses ?
- Speaker #1
Non, on en a discuté, on l'a verbalisé et c'est plus un travail que j'ai fait sur moi maintenant.
- Speaker #0
Et est-ce que ça te convient ?
- Speaker #1
Aujourd'hui, oui.
- Speaker #0
Oui, ok. Je pense qu'en fait, c'est aussi ça, c'est de réussir à trouver un équilibre. En fait, quand l'un est TSA et que l'autre n'est pas...
- Speaker #1
C'était comme avec le TDA, je vais dire la même chose, il faut faire un pas vers l'autre. Donc si tu restes tout le temps bloqué dans ton truc, non, moi je préfère que ce soit comme ça, comme ça, mais l'autre ne peut pas le faire, tu seras malheureux tout le temps.
- Speaker #0
Ou alors, malheureusement, il faut changer de personne.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
En fait, si ça ne matche plus, parce que ça pourrait ne plus matcher.
- Speaker #1
Il faut trouver un équilibre en fait, c'est ça. Et l'équilibre, je l'ai aussi trouvé en reprenant une activité sportive, dans ce genre de choses, tu vois.
- Speaker #0
Oui, et puis, en fait, moi, pendant un certain temps, et encore aujourd'hui, j'adore les jeux de société, mais le soir, ça me stimule de trop.
- Speaker #1
Tu n'as plus d'énergie aussi pour ça.
- Speaker #0
Voilà, ça me stimule de trop, je n'ai pas trop d'énergie, ça me demande de la concentration.
- Speaker #1
Mais tu vois, quand moi, je veux en faire des jeux de société que toi, tu ne veux pas, on passe notre moment à regarder la série, et quand tu te couches, je joue moi à des jeux de société. Oui,
- Speaker #0
juste comme je t'allais dire, en fait, tu as trouvé des jeux que tu peux faire seul.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et je pense qu'en fait... ça t'a permis de...
- Speaker #1
J'ai mis du temps à le faire parce qu'à la base, on devait le faire à deux. Je pense au micro-macro. Je me suis dit, écoute, elle, elle ne peut pas, elle n'a pas l'énergie. Je respecte ça et si un jour, elle veut le faire avec moi, je l'aurais déjà fait, mais ce n'est pas grave.
- Speaker #0
Parce que si vous ne connaissez pas le jeu micro-macro, c'est un jeu...
- Speaker #1
Non,
- Speaker #0
oui, non. C'est un jeu que j'adore parce que je suis fan de... de retrouver des petites choses, des petits détails.
- Speaker #1
C'est un peu un Où est Charlie ? Oui, Où est Charlie ? Moi,
- Speaker #0
j'étais tellement fan. C'est un jeu de détective, mais en mode Où est Charlie ? Les créateurs du jeu seraient peut-être en PLS s'ils nous écoutaient résumer le jeu comme ça, mais ce n'est pas grave. Mais en fait, moi, ça me demande d'avoir de l'énergie parce que... ça demande beaucoup de concentration.
- Speaker #1
Il y a beaucoup d'éléments sur les capes.
- Speaker #0
C'est très stimulant, visuellement. Et c'est vrai que moi aussi, j'avais très hâte de pouvoir y jouer et aujourd'hui, je ne trouve pas l'énergie de faire ça. Mais peut-être que ça reviendra. Bref. D'ailleurs, sans transition, ou plutôt transition parfaite, comment est-ce que tu vis ma fatigue chronique et mon besoin d'avoir souvent besoin de récupérer ?
- Speaker #1
C'est pas facile, ça. C'est pas facile parce que ça nécessite de... De tout revoir dans son quotidien, quoi. Et on en a parlé, je l'ai formulé il n'y a pas très longtemps. Comment ça va se passer le jour où je reprends un boulot, quand Alice, elle est à l'école ou à la maison, comment on gère le quotidien ? Je me suis posé la question. Même si aujourd'hui, ce n'est pas à l'ordre du jour, parce qu'on a d'autres projets perso, mais quand on se retrouve dans notre train quotidien, comment ça se passe ? Je me pose la question. Est-ce que je vais me retrouver à faire un... Un boulot et au bout de six mois, devoir de nouveau démissionner parce qu'il y a un semblant de burn-out qui arrive de nouveau. Du coup, la fatigue que tu as au quotidien n'est pas évidente. Alors, depuis qu'Alice est à l'école, ça a un petit peu changé.
- Speaker #0
Oui, parce que j'ai pu reprendre le travail, du coup.
- Speaker #1
Aussi, parce qu'elle est à l'école en journée.
- Speaker #0
Mais comme j'ai repris le travail...
- Speaker #1
Oui, il y a une autre fatigue qui s'installe aussi. Je pense que déjà, de ton côté, tu m'arrêtes si je me trompe, je pense que c'est toi trouver ton rythme. pour pas que tu sois complètement grillé à la fin de la journée. Parce que le problème aussi qu'on a, c'est que c'est le soir qu'on a Alice. Quand t'as plus d'énergie,
- Speaker #0
les beurres...
- Speaker #1
Donc si tu t'es pas reposé dans la journée, le soir, t'es sur les rotules. Et c'est à ça que je disais, si je travaille et que le soir, je suis pas là tout de suite, comment ça va se passer ?
- Speaker #0
Et en même temps, on est dans une société où en fait, t'as pas le choix de bosser. Et si tu bosses pas 8h, surtout quand t'es à ton compte même 8h c'est même pas suffisant et c'est ça qui est dur en fait c'est que pour beaucoup de personnes autistes c'est qu'en fait voire TDAH c'est qu'en fait notre batterie d'énergie se vide très vite, ce qui peut mener en fait à avoir des difficultés à vivre une vie entre guillemets normale et en même temps on n'a pas le choix, en fait c'est hyper compliqué il y a des personnes qui en fait font des demandes enfin qui font des dossiers MDPH quoi Parce que c'est un vrai handicap dans leur vie. Et je sais que toi, tu as des difficultés à le comprendre. Parce que... En fait, ce n'est pas que tu as des difficultés à le comprendre. C'est que souvent, tu me dis... Mais je ne comprends pas que tu sois tout le temps fatiguée. Il n'y a pas longtemps, je t'ai expliqué. Et je t'ai dit que même si ça me saoule, clairement, d'être tout le temps fatiguée. J'ai compris aujourd'hui que le... TSA en était responsable en grande partie, ou en tout cas que si je n'aménage pas ma vie complètement en fonction de mes besoins, je finis en fatigue chronique. C'est comme ça. Et je le sais parce qu'en fait, notamment sur les réseaux, je suis énormément de personnes qui via murmure atypique qui ont un TSA et que je vois qu'on a toutes le même problème. Et c'est là où je vois que... De toute façon, le psychiatre me l'a dit. Ça engendre de la fatigue du moment où tu ne respectes pas tes besoins.
- Speaker #1
Oui, oui.
- Speaker #0
C'est là où c'est compliqué.
- Speaker #1
C'est comme pour une personne normale. Si tu vas faire un footing et que tu n'écoutes pas ton corps, à un moment, tu tombes.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
C'est un peu le même principe.
- Speaker #0
Est-ce que ça te donne l'impression de porter plus dans le couple ?
- Speaker #1
Par la force des choses, je dois prendre plus. Enfin, je dois m'investir davantage, c'est sûr, qu'avant. Après, est-ce que c'est une mauvaise chose ? Je ne pense pas. Mais oui, je pense que c'est nécessaire.
- Speaker #0
Moi non plus, parce que du coup, on se rapproche un peu plus d'un modèle... égalitaire qui devrait être la norme dans un couple. J'allais dire homme-femme, mais parce que c'est plutôt un problème hétéronormé qu'apparemment, il y a moins de disparités dans les couples homosexuels que dans les couples hétérosexuels. Bref. Mais oui, c'est sûr que quand je suis très fatiguée, après aussi parce que je te le demande, j'ose te le demander. Je suis assez triste de me dire qu'il y a des personnes qui qui ne vont pas forcément pouvoir demander à leurs conjoints de les aider, mais non, en fait, de faire leur part, alors qu'elles sont au bout du rouleau, tu vois. Et ça, ça m'a assez triste. C'est vrai que moi, finalement, je te le dis, et je trouve ça normal que tu prennes le relais, notamment quand il s'agit soit du foyer, soit d'Alice. Je sais que ça a été très inégalitaire, justement, quand j'étais en burn-out, forcément.
- Speaker #1
Oui, mais c'est normal.
- Speaker #0
Je ne pouvais quasi plus rien faire.
- Speaker #1
Ça, c'est normal.
- Speaker #0
Par contre, je pense que... aujourd'hui, on a un certain équilibre. Toi, t'en as moins l'impression parce qu'en fait, t'as l'impression de faire que des tâches ménagères parce que tu travailles pas actuellement. Mais moi, en travaillant, ça me semble égalitaire. C'est juste que ton travail consiste à être plus ou moins employé. Par contre, effectivement, quand tu vas reprendre un travail, il faudra...
- Speaker #1
C'est là qu'il y a un autre équilibre à trouver.
- Speaker #0
Il y aura un autre équilibre à trouver.
- Speaker #1
Il faudra agencer les emplois du temps différemment. Enfin bref. C'est un autre sujet.
- Speaker #0
Est-ce que tu arrives à repérer les signaux, soit de fatigue, soit carrément de surmenage, de burn-out avant moi ou pas ?
- Speaker #1
Avant toi ?
- Speaker #0
Oui. Est-ce que tu arrives à voir justement quand j'en fais trop ?
- Speaker #1
Je le vois en général à ton visage ou alors à ton corps. Tu commences à te gratter. Tu compenses. Tu vas prendre ton fidget en main, tu vas te gratter, tu vas avoir besoin de ton casque, tu vas... moins parler. Du coup, ça, c'est certains signes. Mais après, si je fais pas attention à toi et que moi aussi, je suis dans mon train quotidien, là, je peux pas le voir.
- Speaker #0
Ouais, ouais, je vois. Cette notion de moins parler, je sais que ça a été pas facile pour toi, parce que je me souviens très bien, quand tu rentrais du boulot, souvent, je te répondais le strict minimum. Ça va, oui. Enfin, j'ai pas d'autres exemples. Mais bref, je te répondais que par mots, quoi. Une très courte phrase. Et toi, tu pensais que j'étais de mauvais poil.
- Speaker #1
Oui, on n'échangeait pas, en fait.
- Speaker #0
Et en fait, j'étais juste surchargée. Parce que j'avais généralement Alice le jeudi et le vendredi seule. Et en fait, ma batterie, elle était vide. C'est d'ailleurs à ce moment-là que je me suis dit que ça pouvait être cool de créer ces cartes-là. Tu as pu l'utiliser. Ça, c'est le problème du TDAH. J'ai un outil, mais je n'arrive pas à l'utiliser. Alors peut-être que ce n'est pas un outil assez...
- Speaker #1
Il fallait les avoir sous la main, choisir la bonne carte.
- Speaker #0
Je ne sais même pas où elles sont. Bref, j'avais une carte. qui montrait que je ne peux pas parler. Je suis fatiguée. Ma batterie d'énergie est vide. C'est là où je m'étais dit que ça serait bien que je réapprenne quelques signes de la langue des signes. Pour pouvoir signer, vu que parler, c'est trop compliqué pour moi. D'avoir juste un signe à faire, ça pourrait être bien. Je garde quand même cette idée.
- Speaker #1
Parce que tu ne l'as pas appliqué.
- Speaker #0
Je ne l'ai pas appliqué, non. J'ai pas eu l'énergie d'apprendre des signes que je ne connaissais pas. Mais je pense que ça pourrait être une bonne solution. Ouais, et c'est là qu'on voit en fait le décalage. C'est que toi tu pensais soit que je faisais la gueule, soit que j'étais de mauvaise humeur. Alors que moi j'étais juste en fait vidée d'énergie quoi. Et je pouvais te répondre en mots ou en courtes phrases et parfois sur un ton entre guillemets sec. Mais en fait c'est juste que j'avais pas d'énergie. T'en avais rien à voir avec toi. Et bien sûr que j'ai conscience que c'est pas facile pour l'autre personne. Je le vois bien, parce que toi, quand tu vas me parler sur un ton plus sec, parce que tu es fatigué ou autre, je ne le vis pas bien non plus. Qu'est-ce qu'on a mis en place concrètement pour que ça fonctionne mieux entre nous ? Il y a des choses qu'on aurait mis en place ?
- Speaker #1
On va déjà dire équilibrer le quotidien, essayer de mettre des mots sur les choses, de communiquer.
- Speaker #0
Bien exprimer nos besoins respectifs, même si ce n'est pas facile. Faire appel à une tierce personne, si neuropsych, thérapie familiale, si besoin. ce qu'on a fait.
- Speaker #1
Si on n'arrive pas à communiquer correctement dans le couple, c'est bien d'avoir une tierce personne, de se retrouver dans un lieu entre guillemets neutre. Justement, dire les choses sans émotion ou quoi, sans s'emballer.
- Speaker #0
Surtout quand on a un fonctionnement différent parce qu'en fait, ça peut créer des... Moi, je trouve que ça peut vraiment faire douter des fois du couple. De se dire... En fait, d'avoir l'impression que c'est un problème de couple alors que c'est juste un problème de fonctionnement ou de communication.
- Speaker #1
Ça me fait penser, ça va loin, parce que même pour les repas, finalement, tu vois, quand je prépare les repas, ça aussi, il faut que je vois avec toi qu'est-ce que tu as envie, parce qu'il y a des textures que tu n'aimes pas, il y a des goûts que tu n'aimes pas, ou que tu n'as pas envie à un instant précis. Donc ça aussi, c'est... Enfin voilà, ça va jusqu'à là, quoi.
- Speaker #0
En fait, c'est hyper chaud, en plus, parce que moi, je ne m'en apercevais pas. Et c'est vrai que quand tu prenais à charge les repas, ben moi...
- Speaker #1
Ben maintenant, je te demande tout le temps, qu'est-ce que tu veux manger ? quel féculent tu veux. Parce que sinon, si je le fais et que je vois que tu ne le manges pas, alors moi, maintenant, mais avant, je le prenais parfois mal.
- Speaker #0
Oui, parce que maintenant, tu as compris que c'est une question de texture, d'envie, que en fait, si j'ai quelque chose qui ne me donne pas envie dans l'assiette, je ne peux pas le manger.
- Speaker #1
Je l'anticipe aussi en te demandant en amont. Et comme ça, toi, finalement, ça te prépare aussi.
- Speaker #0
C'est ça. Et en fait, c'est ce que je t'ai expliqué, que si tu me prépares en ce moment la semoule, je n'y arrive pas. Comme Alice, d'ailleurs, c'est trop drôle. On a le même problème en ce moment, toutes les deux. Mais je te disais, si tu me prépares... En fait, si tu me le dis bien en amont du repas, pas quand je commence déjà à avoir faim, eh bien, en fait, je peux me préparer à me dire, OK, je vais manger de la semoule. Et c'est bête, mais...
- Speaker #1
Faut pas changer les plans, quoi.
- Speaker #0
Faut pas changer les plans après, ouais. Et c'est vrai que c'est des ajustements à faire. Alors bon, aujourd'hui, on cuisine les deux à part égale, plus ou moins. Ça dépend, moi, plus le midi, toi, plus le soir. Mais oui, c'est vrai que tu pouvais le prendre mal. Merci. Mais du moment où t'as compris, en fait, c'est ça. C'est aussi qu'on peut avoir des comportements ou des comportements, pour simplifier, qui peuvent être pris personnellement par l'autre personne. Alors qu'au final, du moment où l'autre personne comprend que c'est pas personnel, mais que c'est juste un ira en fonctionnement et que c'est verbalisé, je pense que ça aide.
- Speaker #1
Mais c'est pour ça qu'il faut s'y intéresser. Ça demande une certaine gymnastique. Ça demande beaucoup de choses, finalement.
- Speaker #0
Est-ce que toi, tu t'es intéressé au TSA ?
- Speaker #1
J'ai regardé un petit peu tout ce qui pouvait en découler. Parce que moi, j'ai beaucoup de mal à faire la distinction TSA-TDH. Après, je crois que j'aurais pu faire mieux. Tu ne dois plus savoir de choses.
- Speaker #0
Oui, parce qu'aujourd'hui, je dois encore beaucoup t'expliquer. Et en un sens, je comprends. Et dans l'autre, je n'ai pas envie de porter la responsabilité de ta psychoéducation.
- Speaker #1
Oui, mais je pense que ça va plus loin. Ça va aussi... C'est ce qu'on disait tout à l'heure. C'est dans quel état, moi, je me retrouve à l'instant précis. Parce qu'il y a des moments où je suis plus disponible à comprendre les choses. que d'autres. Ça a peut-être un lien direct aussi avec la psychoéducation, comme tu dis.
- Speaker #0
Peut-être, ouais. Mais en tout cas, ce qui est sûr, c'est que j'ai vraiment le souhait que tu écoutes... Alors, t'as écouté l'épisode sur les symptômes du TDAH ?
- Speaker #1
Non. Le tien ? Je sais plus.
- Speaker #0
Non, je pense pas que tu l'aies écouté. Mais j'ai vraiment besoin que tu écoutes cet épisode et cet épisode sur le TSA. C'est important. Enfin, sur les symptômes du TSA qui n'est pas encore sorti, mais...
- Speaker #1
Comme dit, là, j'avais un petit peu regardé aussi les symptômes du TSA. Oui.
- Speaker #0
Il y a aussi un truc qu'on a mis en place, c'est que quand Alice pleure, parce que moi, c'est quelque chose qui me déclenche fort, qui me fait très mal parce que je suis très sensible au bruit, tu m'amènes mon casque anti-bruit. Parce que moi, l'instant T, en fait, ça me paralyse tellement que je suis dans l'incapacité de le chercher. D'ailleurs, quand tu vas faire du bruit dans la maison,
- Speaker #1
tu nous préviens.
- Speaker #0
Majoritairement, tu nous préviens. Tu me dis, attention, je vais passer l'aspirateur, mettez vos casques. Attention, je vais allumer le mixeur, mettez vos casques.
- Speaker #1
Si ce n'est pas toi, c'est Alice, de toute façon, qui me le rappelle.
- Speaker #0
Du coup, c'est vrai que ça, c'est bien. Après, quand tu vas voir que je commence à fatiguer, justement quand tu vas le voir sur mon visage et tout, tu vas me proposer d'aller me poser et de soit terminer ce que je suis en train de faire, soit de prendre le relais avec Alice. Qu'est-ce qu'on a encore mis en place ? On a mis nos rendez-vous hebdomadaires aussi en place. Bimensuels, pas hebdomadaires.
- Speaker #1
Qu'on avait arrêté pendant un certain temps.
- Speaker #0
Ouais, qu'on n'avait pas repris. Mais je pense que... C'était suite au voyage,
- Speaker #1
je crois. C'est quand on est partis voyager en Europe qu'on avait arrêté. Arrêté,
- Speaker #0
bah oui. On en avait moins besoin parce qu'il y avait moins de gestion du quotidien.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Mais des rendez-vous où en fait, on a une petite série de questions qu'on se pose, notamment quel est notre état de fatigue physique de 0 à 10, notre état de fatigue émotionnelle de 0 à 10, qu'est-ce qui nous pèse le plus en ce moment ? de quoi on a besoin, quelle est la problématique qu'on aimerait vraiment résoudre, est-ce qu'il y a des choses importantes qu'on a besoin de dire, est-ce qu'il y a une chose que l'on a pu dire qui a blessé l'autre, est-ce qu'il y a une chose qu'on a pu dire qui a fait plaisir à l'autre, entre les deux rendez-vous. Et en fait, ça nous forçait déjà à trouver un moment hors crise pour discuter.
- Speaker #1
Oui, on ne le faisait pas à la maison.
- Speaker #0
On ne le faisait pas forcément à la maison, effectivement. et même si en fait on pleurait très bien mais c'est vrai qu'on souvent on profitait de nos trajets en voiture pour le faire et ça nous permettait d'échanger parce que c'est vrai que toi t'es quelqu'un qui communique pas beaucoup et ça nous permettait d'échanger et même moi d'avoir un moment parce que moi j'ai besoin de communication et d'avoir un moment où en fait je peux aussi lâcher ce que j'ai à lâcher surtout dans les choses qui ont pu me blesser Parce que c'est vrai que, en fait, je vais te le dire au moment de la crise, mais comme ça va être des moments un peu de dispute, mais comme c'est au moment de la dispute, en fait, toi, je pense que tu n'entends pas que ça a pu me blesser. Et du coup, de pouvoir le ressortir dans un moment où, en fait, on est tous les deux dans de bonnes conditions. J'ai en tout cas l'impression d'être plus entendue et qu'on peut essayer de trouver une façon de faire différente. alors que si c'est à chaud, j'ai pas l'impression d'être entendue. Et surtout, on va... Pas discuter de comment on peut faire pour que ça soit évité. Mais ça, je pense que c'était effectivement un outil qui nous a pas mal aidé aussi. Et puis, on est allé faire des rendez-vous neuropsychologiques à deux pour un peu mettre à plat nos fonctionnements respectifs. Voilà, je pense à rien d'autre pour le moment. Est-ce qu'il y a des choses qui ont changé positivement depuis qu'on a conscience que j'ai un TSA ?
- Speaker #1
Le fait que tu t'écoutes plus déjà. Du coup, je pense que ça engendre aussi moins de fatigue chez toi. ou le fait que tu te respectes plus.
- Speaker #0
Et je pense aussi que le fait que je m'écoute plus me rend plus attentive à mes besoins, me fait prendre conscience du coup de mes besoins, que je peux ensuite t'exprimer et qui, par effet ricochet, fait qu'on va possiblement pouvoir moins se prendre la tête sur des sujets récurrents, puisqu'on arrive à les solutionner parce qu'on comprend nos besoins respectifs. Parce que du coup, quand je vais l'évoquer, peut-être que toi tu vas évoquer un truc.
- Speaker #1
on va comprendre pourquoi ça ne marche pas je peux reprendre ce week-end par exemple quand on est allé au salon miniature tu disais que tu n'étais pas bien que tu avais besoin de sortir je n'ai pas mal réagi j'ai compris ton besoin j'ai compris qu'il y avait trop de stimulation dans le lieu en question entre les odeurs, les bruits tout ce qu'il y avait à voir finalement mais si on ne se rend pas compte que tu as ce besoin là ça peut partir en conflit Merci.
- Speaker #0
parce que tu veux partir plus tôt oui parce que je vais peut-être commencer à m'énerver parce que justement je suis pas bien et l'après coup t'es moins fatiguée du coup parce que tu t'es écoutée t'es quand même fatiguée parce que ça t'a quand même surstimulé ça n'a pas trop marché sur ce coup là mais oui mais moins que si tu étais restée encore une demi-heure de plus ouais ouais c'est vrai et c'est vrai que j'ose plus l'exprimer aussi aux yeux des gens ça je pense que ça nous aide aussi il y a d'autres choses ?
- Speaker #1
je pense qu'il y a moins de conflits dus à des gènes ou des besoins non respectés. Ça, on ne s'en rend peut-être pas compte.
- Speaker #0
Il faudrait qu'on analyse ça, effectivement.
- Speaker #1
Si je reprends les repas, par exemple.
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #1
c'est vrai. Ou si on prend en considération le fait que tu as besoin de savoir ce qui va se passer, de tenir un planning et de ne pas y déroger en dernière minute. Parce que ça arrive encore de temps en temps et que... Le planning change en dernière minute et tu te braques. Je pense à ta mère. Ta mère, elle ne le comprend pas toujours. Mais moi, je le sais. Le fait de le savoir, ça permet aussi de désamorcer un petit peu les situations.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Si tu devais donner trois clés à un couple dont l'un est autiste, c'est quoi ?
- Speaker #1
Communiquer. Comme pour le TDAH. C'est con, mais communiquer... Après, c'est toujours difficile de communiquer à chaud. mais de revenir sur des événements pour en discuter sur pourquoi ça s'est passé comme ça pour pas que ça se reproduise ou pour que ça se reproduise dans de meilleures conditions ça je pense que c'est important même moi qui suis un petit peu plus averti qu'il y a quelques années il y a des choses qui m'échappent encore c'est quand même bien que toi t'arrives à me dire attention je me suis énervé parce que ça ou j'ai fait un shutdown parce qu'il y avait ça ça je me rends pas compte de tout et tu me dis encore plus
- Speaker #0
très souvent, mais qu'est-ce qui t'arrive ?
- Speaker #1
Parce que très souvent, je n'arrive pas à associer la cause de ta réaction.
- Speaker #0
En fait, moi, ça, je l'entends complètement. Mais en fait, il y aurait juste besoin de supprimer la phrase « qu'est-ce qui t'arrive ? » . En fait, tu vois, tu ne comprends pas. Ça, je peux l'entendre. Mais en fait, cette phrase, pour moi,
- Speaker #1
elle est « ouf » .
- Speaker #0
Ce que j'ai envie de te dire, est-ce qu'il faut que je me tatoue TSA sur le front pour que tu n'oublies pas, tu vois ? Et en même temps, je dis ça, mais j'ai bien conscience à quel point ça peut être difficile, surtout quand on n'a pas connu la personne comme ça. Parce que moi, vu que j'ai beaucoup masqué mon TSA...
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'est pas comme ça que tu m'as connu, en fait.
- Speaker #1
Non, pas du tout.
- Speaker #0
J'avais le TDAH qui était prédominant à l'époque.
- Speaker #1
Et même masqué aussi.
- Speaker #0
Masqué aussi, mais quand même prédominant. Et aujourd'hui, en fait, je pense que j'ai un TSA prédominant. Même si j'ai l'hyperactivité qui prend de la place, mais ouais. Ok, une clé, la communication. Deuxième clé ?
- Speaker #1
L'écoute. Non, je sais pas.
- Speaker #0
Non, mais oui, l'écoute.
- Speaker #1
Il faut se renseigner, de toute façon. Il n'y a pas de succès.
- Speaker #0
Oui, c'est important.
- Speaker #1
pas hésiter à faire appel à une tierce personne. Neuropsychologue, médiateur, un ami, peu importe, quelqu'un. Mais quelqu'un qui ne prend pas parti, c'est important. Tu ne peux pas aller chez quelqu'un qui prend parti parce qu'il va défendre l'un et l'autre va se sentir lésé. Et ça, c'est pas bon.
- Speaker #0
Mais normalement, si tu vas chez un professionnel, il ne prend pas parti.
- Speaker #1
Mais si on parle de pas professionnel, il faut une personne neutre.
- Speaker #0
Et c'est là où c'est compliqué. Ok, troisième clé, fuir.
- Speaker #1
non une petite c'est jamais une solution troisième clé troisième clé est-ce qu'on pourrait pas dire accepter l'autre tel qu'il est de toute façon t'as pas le choix mais t'as pas le choix mais en même temps je pense que dans un couple en fait il faut faire des concessions ouais de toute façon c'est faire un pas vers l'autre et l'autre doit faire de même dans la mesure de son possible c'est sûr et si c'est pas possible bah trouver d'autres solutions ouais ouais
- Speaker #0
En quoi est-ce que tu penses que notre relation, elle est riche, différente ?
- Speaker #1
Riche, différente ? Alors, ce qui est quand même bien, c'est qu'avec le temps, on a quand même appris à écouter plus l'autre. On n'est plus dans cette notion-là. J'ai la notion de consentement qui revient, qui est beaucoup plus présente aujourd'hui qu'avant.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Et je pense que c'est une bonne chose en soi.
- Speaker #0
Je pense que mon fonctionnement nous oblige à... aller justement beaucoup plus en profondeur dans la relation que ce qu'on pourrait faire en temps normal parce qu'en fait il n'y a pas le choix. Parce qu'on se retrouve face à des difficultés qu'on doit solutionner et forcément ça implique même de revoir les bases, même de se questionner qu'est-ce qu'en fait, qu'est-ce que c'est un couple pour nous et pas...
- Speaker #1
Et c'est pas un travail que tu fais seule, t'es obligée de le faire deux.
- Speaker #0
Ouais, ouais. Et c'est vrai que je suis pas sûre qu'on se serait autant questionné si mon fonctionnement avait été neurotypique. Je pense. Tu vois, même cette notion de besoin, d'écouter des besoins, de concessions. En fait, quand tout roule, est-ce que tu te poses vraiment ces questions ? Après, est-ce que t'as vraiment besoin de faire des concessions ? Peut-être que oui, parce que nous, ça nous force à communiquer.
- Speaker #1
Mais en vrai, t'as toujours besoin d'en faire, parce qu'on est tous différents, peu importe le sujet. Mais c'est vrai que là, j'allais dire, il y a un plus gros décalage entre nous deux.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Le gars est plus important. Du coup, l'effort est plus important aussi.
- Speaker #0
C'est vrai. Est-ce que tu te sens parfois, et justement aux yeux des autres, est-ce que tu te sens parfois un peu obligé de traduire ou d'expliquer mon comportement ?
- Speaker #1
Ça m'est déjà arrivé, oui. Si on reprend le fait, par exemple, avec ta mère, quand elle change les plans sans trop nous prévenir. Parfois, ça peut être juste... On a prévu d'aller manger, j'ai dit une bêtise, un poulet frites chez quelqu'un, on arrive et c'est pas du tout ça, quoi. Le repas. Toi, ça peut te bloquer, ça peut créer une frustration, enfin voilà, créer une réaction chez toi que l'autre va pas comprendre, et du coup, moi, je temporise en expliquant.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Donc là, c'est un exemple qui vient, après, il y en a sûrement d'autres. Le fait de devoir partir plus tôt de chez quelqu'un.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai.
- Speaker #1
Ça peut être mal pris. Donc, réussir à expliquer ça. Ou alors... J'ai un autre exemple qui vient, c'est quand il y a une tierce personne qui arrive dans le lieu où nous on va aussi, et qu'elle n'était pas prévue, toi tu n'as pas eu le temps de te préparer, et ça te bloque aussi. On peut aussi réussir à désarmancer le truc en disant que ce n'est pas personnel, que ce n'est pas parce qu'il y a cette personne-là qui vient que voilà.
- Speaker #0
Oui, c'est vrai. Tu vis comment justement le regard un peu social sur l'autisme en tant que conjoint ?
- Speaker #1
Je ne suis pas trop confronté à des avis négatifs par rapport à ça, à des critiques négatives, tu vois.
- Speaker #0
En réalité, oui, mais c'est juste que les personnes n'ont pas conscience que c'est de l'autisme, que ça découle de l'autisme. Oui,
- Speaker #1
mais ce n'est pas des critiques envers ton TSA, c'est plus envers toi directement. Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Oui, et ça, tu le vis comment ?
- Speaker #1
Dans la mesure du possible, j'essaie d'expliquer les choses, finalement. Je ne peux pas faire grand-chose de toute façon.
- Speaker #0
Parce que si justement je me retrouve en mode à m'énerver ou parce qu'en fait, soit je suis stimulée, soit trop de bruit, soit autre chose, ça peut interpeller les gens et ils peuvent critiquer,
- Speaker #1
juger. Je suis très peu confronté à ça parce que finalement notre cercle de personnes, il est très petit. Du coup, les personnes qui vont, entre guillemets, faire une réflexion, c'est des personnes qui sont proches et j'ai moins de mal à les... à les reprendre, entre guillemets, si on est à une soirée avec des gens qu'on ne connaît pas.
- Speaker #0
Et toi, ça te... Mais ces personnes-là, quand tu vas les reprendre, parce que c'est vrai que bien souvent, ce n'est pas vraiment à moi qu'elles vont venir dire quelque chose, c'est à toi. Est-ce que ces personnes-là, est-ce que ça te fait de la peine pour moi qu'on puisse juger justement ma façon d'être ? Ou est-ce que, genre, en fait, tu restes juste neutre et t'expliques et c'est bon, quoi ?
- Speaker #1
Non, j'essaie de rester neutre, mais après, ça... Ça montre un petit peu aussi le fonctionnement de la personne. Tu as des personnes, tu vas leur expliquer, elles vont comprendre. Tu en as d'autres, elles ne vont pas comprendre. Et puis, j'estime que ce n'est pas à moi de les éduquer non plus.
- Speaker #0
Qu'est-ce que tu aimerais dire à un ou une partenaire d'une personne autiste ?
- Speaker #1
Qu'il faut du temps, que ce n'est pas personnel, les réactions du conjoint. Il faut beaucoup de patience et beaucoup d'écoute. Après, dans la mesure du possible, vraiment être tourné vers l'autre pendant un certain temps pour comprendre le comportement, les déclencheurs, et du coup, pouvoir dans la mesure du possible aussi anticiper. Parce que finalement, si je reprends les exemples les plus simples, c'est te prévenir en amont. Ça a déjà fait beaucoup, ça évite beaucoup de crises finalement.
- Speaker #0
C'est vrai.
- Speaker #1
Te prévenir en amont d'une sortie, d'un changement de planning, ce genre de choses.
- Speaker #0
Éviter les changements de plan en dernière minute. Comprendre en fait que c'est inconfortable.
- Speaker #1
Ou quand même, même si on s'en rend compte, c'est de prévenir le plus vite possible finalement. et de le consentement. C'est con, mais dans le quotidien. Est-ce que t'es OK que ce soir, je sorte alors que c'était pas prévu ? Est-ce que t'es OK qu'on fasse ça à manger ce soir ou qu'on aille dans ce resto ou qu'on aille voir un film au cinéma ou peu importe ? Parce que finalement, quand t'as un TSA, toutes ces activités, toutes ces choses vont avoir une répercussion à un moment ou à un autre. Et les éléments déclenchent partout.
- Speaker #0
Et c'est vrai que... C'est peut-être pas le cas de toutes les personnes, mais pour moi, c'est important, en fait. Comme ça va être inconfortable, c'est important pour moi que je fasse partie de la prise de décision parce que ça m'aide en fait à accepter le truc, quoi.
- Speaker #1
Mais ça te permet de te préparer. Ouais, c'est ça. Ça te permet juste de te préparer.
- Speaker #0
Oui, parce que tu vois, quand on dit ça, on pourrait se dire mais en fait, t'as pas à demander mon autorisation, tu vois ? Tu vois ce que je veux dire ?
- Speaker #1
Ouais, mais non, mais... Oui. Vu de l'extérieur, ça va être ça. Il faut qu'il dise tout à sa nana avant de partir parce qu'elle le contrôle. mais en fait non, ça va beaucoup plus loin que ça oui c'est pas ça parce qu'en plus c'est juste te préparer à toi à ce que tu le vives le mieux possible ça peut être, je prends un exemple bête c'est un soir, j'allais jouer avec les amis plutôt que de regarder la série avec toi je te préviens en amont pas tant pour voir si toi t'es ok mais plus parce que je suis te préparé oui parce que je suis toujours ok mais tu me dis pas non, c'est juste que toi tu puisses te préparer à changer tes plans pour la soirée que ça se passe bien quoi après là où la donne change
- Speaker #0
Je trouve que c'est encore plus fondamental que de donner le choix, c'est quand on parle du fait qu'il y a un enfant. Parce que...
- Speaker #1
C'est un enfant et qu'il faut s'en occuper, tu dis ?
- Speaker #0
Et qu'il faut s'en occuper.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
C'est là où, pour moi...
- Speaker #1
Les parents sauront à quel point c'est énergivore.
- Speaker #0
Oui. Et qu'en fait, ce n'est pas toujours à la même personne, souvent la femme, désolée, de s'occuper de son enfant comme c'était un accord tacite. Et que le conjoint peut faire un peu... peut programmer tout ce qu'il souhaite sans forcément prendre en compte ce facteur-là, alors qu'en fait...
- Speaker #1
Oui, mais ça peut être dans les deux sens, parce que le TSA, ça peut être l'homme aussi, tu vois, et dans quel cas c'est l'inverse. L'inverse, c'est vrai. Enfin, ça dépend des gens, de toute façon. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Et qu'est-ce que tu dirais à une personne autiste qui se sent trop ou pas assez dans son couple ?
- Speaker #1
Bah, de réussir à verbaliser d'une manière... Enfin, verbaliser, de communiquer son besoin à l'autre, d'une façon ou d'une autre. Donc, si à l'oral, c'est trop compliqué, le faire par écrit peut-être. Ou, comme on disait, le faire avec une tierce personne qui peut comprendre et restituer, tu vois. Ce qu'on avait fait chez l'opneuropsychiatre, qui, par exemple, écoutait ton besoin, qui le reformulait pour voir si elle avait bien compris. Et du coup, en utilisant d'autres mots, peut-être que l'autre personne le comprend aussi.
- Speaker #0
Ouais, c'est vrai.
- Speaker #1
Donc ça, ça peut beaucoup aider. Après, la communication. Expliquer. Pas à chaud, parce que à chaud c'est de toute façon impossible, surtout quand t'es dans un meltdown, shutdown. Mais après, expliquez la prochaine fois, donne un moment que c'est ce que t'as fait. La prochaine fois, donne-moi mon casque.
- Speaker #0
Et puis, je pense que c'est important d'être avec une personne qui nous accepte et qui est dans cette démarche d'être OK, de s'adapter, parce que malheureusement, il y a forcément de l'adaptation.
- Speaker #1
C'est maintenant, par exemple, si j'étais un gros fêtard, et tu ne viendrais pas avec moi à toutes les soirées jusqu'à 4h du matin, parce que ça te mettrait inconfortable tout de suite.
- Speaker #0
Il faut trouver des... Dernière petite question Est-ce que si tu avais su ça Que j'étais TDAH et autiste Avant de Se mettre ensemble Est-ce que tu te serais quand même mis avec moi ?
- Speaker #1
Je me dis que déjà de toute façon A l'époque je ne savais pas ce que c'était Je pense que Je pense pas que c'est une question qui a du sens Est-ce que c'est vraiment un point important Parce que tu découvres la personne En vivant avec Merci. Donc, c'est pas, tu rencontres une personne, ah, je suis TDAH, non, je pense pas que ça aurait changé quelque chose.
- Speaker #0
Genre, c'est ok pour toi d'avoir construit ta vie avec une personne comme moi ?
- Speaker #1
Non, je veux dire, si maintenant, quand on s'était rencontrés, tu m'avais dit, ouais, j'ai un TSA, TDAH, ça aurait changé quoi ? Ça aurait rien changé, tu vois. Enfin, t'es quand même la même personne, tu comprends ce que je veux dire ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
T'es quand même la même personne. Et de toute façon, tant que tu vis pas avec, tu vois que t'as peu de choses.
- Speaker #0
Pas que toi. Tu vois ce que je veux dire ? Tu regrettes pas, quoi.
- Speaker #1
Breaking news !
- Speaker #0
C'est jamais. Bon, ben, je crois qu'on a assez de matière pour cet épisode. On va s'arrêter là. J'espère que cet épisode vous a plu. Si c'est le cas, n'hésitez pas à laisser un commentaire. Un avis 5 étoiles qui permet tout simplement à l'algorithme de mettre en avant le podcast Murmure Atypique. On peut aussi en discuter en MP, donc en message privé sur Instagram, sur le compte Instagram de Murmure Atypique. Je vous souhaite une très belle journée, soirée. Prenez soin de vous et à très bientôt pour de nouvelles réflexions atypiques.
- Speaker #1
À plus !
- Speaker #0
Salut !