Speaker #0Bienvenue sur Musulmane en chemin, le podcast qui t'accompagne à cheminer vers Allah, te connaître, t'apprécier pour une vie épanouie ici-bas en préparant l'au-delà. Je suis Amina Zamoun, ingénieure, coach professionnel, étudiante en sciences islamiques et ici ta coach musulmane qui t'aide à prendre soin de toi et de ta foi. Ça te dit ? Alors c'est parti ! Assalamu alaikum wa rahmatullahi wa barakatuh mes soeurs et bienvenue dans l'épisode 46 du podcast Musulmane en chemin. Dans cet épisode, vous l'avez vu, on va parler de pourquoi est-ce qu'on ne prend pas le temps de se poser avec soi, de travailler sur soi. En sachant notamment que dans le dernier épisode, je vous ai parlé du fait de vivre sa vie en pilote automatique, de traverser sa vie sans jamais la vivre, de jamais se poser de questions, et on a vu les dégâts que ça pouvait engendrer. Pourtant, on le sait, on sait que travailler sur soi c'est important, on en a parlé déjà dans plein d'épisodes, notamment les épisodes 2 et 35 où on a parlé spécifiquement... du travail sur soi, du travail sur son nefs, de la purification de l'âme, etc. Et donc aujourd'hui, la vraie question que j'ai envie de vous poser, c'est pas est-ce que c'est important, parce que ça on le sait déjà, la vraie question c'est pourquoi on ne le fait pas ? Qu'est-ce qui fait qu'on ne prend pas ce temps ? Qu'est-ce qui fait qu'on repousse ? Qu'est-ce qui fait qu'on trouve toujours autre chose à faire que de se poser avec soi ? Donc j'insiste un peu, mais qu'est-ce qui fait qu'on ne prend pas ce temps ? C'est la question du jour. Et pourquoi est-ce que je vous pose cette question ? Eh bien... c'est tout simplement pour comprendre, parce que souvent on va essayer dans plein de situations de se forcer à faire les choses. Et j'aime toujours revenir aux enfants. Imaginez un enfant qui ne veut pas faire une activité, qui ne veut pas faire quelque chose, et vous vous le forcez à le faire. Est-ce que ça va marcher ? Peut-être sur un temps, mais sinon non, ça va juste le braquer encore plus. Et l'objectif ça va être de comprendre pourquoi d'aller au fond et d'écouter, de l'écouter tout simplement. C'est quelque chose de simple, mais qu'on ne fait pas, notamment avec soi, et parfois aussi avec les enfants, c'est logique, parce que quand on ne sait pas comment faire quelque chose avec soi, on a du mal à le faire avec les autres. Et du coup, l'objectif, il est simple, c'est d'écouter, de comprendre, et ensuite de trouver des solutions pérennes, Inch'Allah. Et vous savez, ça me fait penser à un truc, c'est comme quand on a mal à la tête, vous voyez, il y a des personnes qui ont souvent mal à la tête, et qu'est-ce qu'elles font ? Elles vont juste prendre un Doliprane. Et on ne se demande jamais. Pourquoi est-ce qu'on a mal à la tête en fait ? Surtout si on a mal à la tête tous les jours, très souvent, le sujet c'est vraiment pourquoi en fait ? Qu'est-ce qui fait que j'ai mal à la tête ? Est-ce que c'est que je suis trop sur les écrans ? Est-ce que je suis trop stressée ? Est-ce que c'est le manque de sommeil ? Est-ce que c'est le manque d'hydratation ? Est-ce que c'est un certain surmenage mental ? Vous voyez ? Et du coup, quand on fait que prendre ce Doliprane, on ne règle pas le problème à la source. On vient seulement masquer les symptômes. Alors même que ces symptômes, ce sont des alertes. Subhanallah, Allah il nous a créé parfaitement. Et ça me fait penser aussi, vous savez, là je suis en mode digression plus plus, mais ça me fait penser aux enfants qui ont une maladie rare qui fait qu'ils ne ressentent pas la douleur, je ne sais plus comment ça s'appelle. Si vous ne connaissez pas, n'hésitez pas à vous renseigner, Subhanallah, je trouve que c'est un signe impressionnant pour nous, pour la majorité des gens qui du coup ressentent la douleur. En fait, il y a des personnes qui ne ressentent pas la douleur physique, et du coup ces personnes-là, elles ont une espérance de vie très très faible. Pourquoi ? Parce que la douleur, c'est une alerte. Et donc quand ils vont tomber, ils vont se faire mal, ils ne vont pas s'en rendre compte. Parfois, ils vont avoir les os cassés. Et en fait, ils ne s'en rendent pas compte. Et donc, à un moment donné, ils vont mourir, par exemple, d'une appendicite non traitée ou encore d'infections répétées, de complications internes non ressenties. Tout ça pour dire que si on n'arrive pas à s'écouter, c'est la catastrophe. Et donc là, je reviens au travail sur soi. Parce que le travail sur soi, c'est exactement ça. L'objectif du travail sur soi, c'est d'arrêter de traiter uniquement les symptômes et de commencer à regarder la cause. Et donc aujourd'hui, on va aller regarder, incha'Allah, ce qui fait qu'on ne travaille pas sur nous, qu'on se trouve mille et une excuses pour ne pas prendre du temps avec nous-mêmes. Et on va commencer par la première, la plus récurrente. Est-ce que vous l'avez ? C'est la fameuse « je n'ai pas le temps » . Phrase qu'on a toutes déjà dite, franchement, et... Je comprends, vraiment je comprends tellement que j'en ai fait un épisode de podcast que je vous laisserai aller écouter si vous-même vous ressentez ce j'ai pas le temps. Mais soyons honnêtes deux secondes. Est-ce qu'on est d'accord pour dire, pour se dire, qu'on a toutes, qu'on peut toutes prendre cinq minutes dans une journée ? On peut les trouver. Je parle pas de deux heures, d'accord ? Je parle pas d'une retraite spirituelle de trois jours. Je parle de cinq minutes. On prend bien du temps pour manger. On prend bien du temps pour aller aux toilettes. On prend du temps pour répondre à un message. On prend du temps pour scroller. On prend du temps pour regarder juste une vidéo, n'est-ce pas ? Et vous ne me voyez pas faire les guillemets là. On prend du temps pour plein de choses. Ne me dites pas qu'on n'a pas cinq minutes. Le temps, il est là. Allah nous offre ce temps. Donc, arrêtons de blâmer le temps. Et donc, Allah derrière, c'est à refaire Allah. Parce que la question c'est, qu'est-ce que je fais de mon temps ? Et ici, plus spécifiquement, pourquoi ces cinq minutes, on ne les prend pas pour nous en fait ? Pour travailler sur nous. Et là, on arrive au cœur en fait, à la vraie raison. La raison profonde et principale. Eh bien, c'est la peur. Oui, la peur. Si on ne se pose pas avec nous-mêmes, c'est parce qu'on a peur de ce qu'on va trouver quand on se pose avec nous-mêmes et qu'on se pose des questions. La peur de ce qu'on va ressentir. La peur de réaliser certaines choses. La peur de voir qu'on n'est pas bien en fait. La peur de voir qu'on est tabou. La peur de voir qu'on n'est pas aligné. La peur de voir qu'on est dans une situation qui ne nous convient pas. Et de ne pas savoir comment en sortir. Mais... Le truc, c'est que c'est pas parce qu'on regarde pas que le problème n'est pas là. Vous voyez, c'est comme si on avait mis plein plein de choses sous un tapis. Plein de saleté, plein de poussière, plein de choses qui sentent pas très bon en fait. Et ensuite, on a peur de soulever le tapis. Mais qu'on soulève le tapis ou pas, et ben c'est là. Et qu'on le voit ou pas, ça sent mauvais. Et généralement, ça ne va pas en s'arrangeant. Bien au contraire. Parce que si on regarde jamais, la saleté, elle va s'accumuler. Les moisissures vont empirer, ça va se propager, l'odeur va empirer. Et tant que je suis dans la métaphore de la propreté là, en fait c'est comme le ménage. Si tu ne nettoies jamais, au bout d'un moment ça devient invivable. Tu peux faire semblant deux semaines, un mois, mais à un moment ça y est, c'est là. Et même toi, t'es même plus bien chez toi. C'est exactement pareil avec nous-mêmes, avec notre cœur, avec notre vie. C'est pas parce qu'on ne regarde pas en nous que ça n'est pas là. Et encore moins que ça ira mieux. Mais du coup, au-delà de ce qu'on va découvrir, on a surtout peur de ce qu'on va se dire, en fait. De notre discours intérieur. C'est quelque chose que je répète souvent. Si il y a des coachés qui m'écoutent, elles le savent. Mais généralement, on n'a pas peur, vraiment. Encore une fois, je le répète, on n'a pas peur de ce qu'on va découvrir. On a peur de ce qu'on va se dire. On a peur de la future nous qui va venir nous taper dessus, en fait. Et là, je vous renvoie vraiment à l'épisode sur la bienveillance. C'est l'épisode 19. C'est un... indispensable, mes chers musulmans, non seulement. Parce que, ici précisément, en fait, quand on commence à regarder ce qui se passe, quand on commence à se poser des questions, à regarder les choses en face, eh bien, on va se dire tout un tas de choses absolument horribles qu'on n'oserait jamais dire à quelqu'un d'autre. Je vous fais une petite liste d'exemples non exhaustives. On va se dire « Mais regarde comment t'es nul, t'es à côté de la plaque, t'es une mauvaise musulmane, tu sers à rien. Attends, mais regarde, t'écoutes des podcasts sur le travail sur soi. » Et tu fais rien derrière, mais regarde ta vie. Franchement, si tu étais sincère, tu ferais mieux. Ah là là, ça me tend rien que de vous dire ça. Parce qu'avec une voix comme ça dans la tête, comment est-ce que tu veux avoir envie de t'asseoir avec toi, ma chère sœur, ma chère musulmane en chemin ? Et honnêtement, si c'était quelqu'un d'autre qui te parlait comme ça, est-ce que tu t'assierais à côté d'elle ? Est-ce que tu lui partagerais tes pensées et tes problèmes ? Franchement, non. Je pense pas. On est d'accord. Et subhanallah, on est souvent douce avec tout le monde. On excuse les autres, on comprend les autres, on prend des pincettes pour les autres. Mais avec nous-mêmes, on est dur. Subhanallah. Même plus que dur. On se juge avant même de s'écouter. Subhanallah. Et le truc, c'est que si dès que tu te retrouves face à toi, tu te critiques, ben tu vas fuir, c'est logique. Et en fait, à ce moment-là, tu ne vas pas fuir le travail sur toi, en fait. Tu fuis cette violence intérieure. Vraiment, on va mettre les mots dessus. C'est violent. Si n'importe qui d'autre que vous vous dirait ce que vous vous dites, mais vous ne l'accepteriez pas. Subhanallah. Et du coup, ce que j'ai envie de dire, c'est que la rahma envers soi, ce n'est pas un luxe, d'accord ? Ce n'est pas quand j'aurai le temps, je serai plus bienveillante avec moi. La rahma envers soi, c'est une condition. Ce n'est pas de l'autocomplaisance, encore une fois. Parce que quand je parle de Rahmah envers soi, souvent quand je parle de bienveillance, etc., on a tendance à imaginer tout un discours très autocomplaisant, en mode, c'est bon, t'inquiète pas, c'est pas grave, change pas, t'es bien comme ça. Alors qu'au fond, tu sais très bien que c'est pas ça. Et non, la Rahmah, c'est pas ça non plus, d'accord ? La Rahmah, c'est pas se mentir à soi, bien le contraire. Et subhanallah... On a le meilleur des exemples, Allah est là pour nous montrer la voie, Allah c'est Ar-Rahman Ar-Rahim et par sa Rahma il nous éveille, par sa Rahma il nous éprouve, par sa Rahma il nous montre qui ne va pas, par amour pour nous. Et quand on veut le bien de quelqu'un, on ne va pas le laisser s'enfoncer sous prétexte de ne pas le froisser, on est d'accord. Mais on ne va pas non plus lui taper dessus, l'humilier, le détruire. Vous voyez ce que je veux dire ? C'est ce juste milieu qu'on n'a pas avec nous-mêmes. Et c'est cette rahma qu'on a besoin de cultiver avant de pouvoir se poser. Et encore une fois, je vous renvoie vers l'épisode sur la bienveillance si vous ne l'avez pas déjà écouté, même si vous l'avez écouté en fait. Parce que c'est toujours un rappel utile. Inch'Allah. Vous voyez déjà tout ce qu'on vient de dire, tout ce qu'il y a derrière ce « j'ai pas le temps » Subhanallah, et c'est pas fini. C'est pas fini, parce que souvent il y a autre chose, chez nous, les femmes en général, mais encore plus en tant que femmes musulmanes, c'est le fait de toujours prioriser les autres. Et on va se dire « j'ai pas le temps pour moi, les autres passent avant » . Une bonne musulmane, c'est celle qui se sacrifie, c'est celle qui pense aux autres avant elle, c'est celle qui supporte sans se plaindre, c'est celle qui tient. même quand c'est dur. C'est celle qui se sert, même si elle est épuisée. Et si je pense à moi, c'est égoïste en fait. Si je dis non, je ne suis pas une bonne personne et je veux être une bonne personne. Et en fait, vous voyez tout ce que je viens de dire ? Pris séparément. Ce sont de belles valeurs en fait. C'est vraiment très bien même de vouloir faire passer les autres avant soi, de supporter les choses sans se plaindre, de tenir quand c'est dur. Tout ça pris séparément, oui. Servir les autres, oui. Être patiente, oui. Être généreuse, bien sûr. Être présente, oui. Le problème, ce n'est pas le service, d'accord ? Le problème, c'est le déséquilibre. On se rappelle ? Juste au milieu. On se rappelle aussi de la métaphore de l'avion, que j'ai déjà vu de vous donner plein de fois dans d'autres épisodes, mais je la redis parce que c'est toujours un bon rappel, et pour celles qui n'ont jamais écouté la métaphore, je ne vais pas vous en priver parce qu'elle est essentielle. Vous savez, dans l'avion, quand on prend l'avion, il y a toujours un petit discours au début des hôtesses de l'air, etc., pour nous dire, nous inviter, si jamais il y a un problème, à d'abord mettre notre masque dans l'avion, notre masque à oxygène, avant de mettre celui des autres, et notamment celui de nos enfants. Parce que... Intuitivement, la maman, elle veut protéger ses enfants. Mais s'il se passe quelque chose dans l'avion, s'il y a un problème, et que finalement, moi je ne mets pas mon masque, je mets celui de mon enfant, et que je m'émanouille entre-temps, à quoi est-ce que je sers en fait ? Pire encore, je vais desservir mon enfant parce qu'il n'aura plus de maman. Vous voyez ce que je veux dire ? Donc c'est vraiment, je mets mon masque et ensuite je mets celui des autres. Parce qu'est-ce qu'on arrive vraiment à être au service des autres, à servir au mieux les autres ? lorsqu'on veut, nous, on n'est pas bien. Franchement, je vous renvoie à plein de situations où vous, vous n'êtes pas bien. Est-ce que vous arrivez à prendre soin des autres ? Vraiment, mais bien, quoi. Je ne sais pas. Et ça me fait penser à un élément. J'ai eu une discussion avec une coachée, elle a 7 semaines, où on a fait un petit bilan. Et en fait, elle s'était rendue compte qu'elle ne faisait pas assez preuve de l'amour envers elle, vraiment. C'était quelque chose de très difficile à faire. Elle a commencé à le faire tout doucement. Et elle s'est rendue compte, en fait, par la suite, qu'elle a su faire preuve. de plus de l'ahma envers ses enfants. Et on a l'impression qu'on fait preuve de l'ahma, qu'on est bienveillante, etc. Mais si on ne se donne pas quelque chose à soi, c'est difficile de donner aux autres. Et donc je reviens sur un point que j'ai dit tout à l'heure, parce que je trouve ça hyper intéressant. Tout à l'heure, je vous disais qu'on faisait souvent preuve de l'ahma pour les autres et pas envers soi. Et c'est vrai de manière générale. Mais regardez vos proches. Regardez votre entourage intime, d'accord ? Franchement, je suis quasiment sûre que si vous ne faites pas assez preuve de l'ahma envers vous, Je suis quasiment sûre qu'ils en passent dix. Et ça me fait penser à un hadith du prophète, j'avais pas prévu de vous parler de tout ça et de dériver, mais qui nous dit que le meilleur d'entre nous, c'est celui qui est le meilleur avec sa famille. Et vraiment, on ne connaît pas quelqu'un sans vraiment vivre avec lui. C'est là qu'on voit vraiment tous les états d'âme, parce que c'est facile d'être bienveillant avec les autres, vous voyez, moi avec vous, c'est facile. Mais dans ma famille, comment est-ce que je suis ? Et vraiment, c'est sur ça qu'Allah nous juge. travaillons sur ça. Et pour pouvoir travailler sur ça, être le meilleur avec sa famille, je dois être bon avec moi. Je dois avoir de la rahman vers moi. Et vous voyez là, je vous parle des autres, mais au-delà des autres, il y a une réalité qu'on oublie complètement. Cette réalité, c'est que tu es, ma sœur, ta première responsabilité. Tu es ta première emmena, ce dépôt qu'Allah t'a donné. Parce que tu ne t'appartiens pas. en fait, tu vas partir à ton créateur Allah subhanahu wa ta'ala il y a une phrase qu'on entend souvent c'est je fais ce que je veux, c'est mon corps c'est pas totalement ton corps en fait c'est un prêt et est-ce que tu prends soin de ce prêt ? de ce dépôt, de ce dépôt que tu vas rendre. Et d'ailleurs, il y a un hadith du Prophète Salam qui nous dit, qui est dans le Sahih al-Bukhari, qui nous dit, dans le sens, ton Seigneur a un droit sur toi, ton âme a un droit sur toi, ton corps a un droit sur toi, et ta famille a un droit sur toi. Donc, donne à chacun son droit. Ça me donne des frissons juste de vous lire ça, je vous avoue, parce que c'est... Est-ce que je réussis ? Est-ce que je donne son haq, son droit à chaque chose ? Souvent on a des manquements, mais khair inshallah, c'est toujours des bons rappels. Et je vous dis ça et je me le rappelle à moi en première, parce que c'est important de l'entendre. Le jour du jugement, on ne va pas d'abord nous demander des comptes par rapport à notre mari, nos enfants, notre mère, ni... Quant à la communauté, on va nous demander des comptes par rapport à nous. On va te demander des comptes, ma sœur, sur toi. Ton cœur, ton intention, ton comportement, ta relation à Allah, ce que tu as nourri à l'intérieur, et est-ce que tu as pris du temps pour toi. Prendre du temps pour toi, ce n'est pas égoïste, c'est être responsable. C'est prendre soin de ce dont tu devras rendre des comptes plus tard, Inch'Allah. Et vous le voyez, l'islam c'est l'équilibre. L'islam ne nous demande pas de nous oublier. L'islam nous demande de donner à chaque chose sa juste place. Donc, pour clôturer cette partie-là, maintenant qu'on a compris que ce n'était pas un problème de temps, mais de peur et de priorité, on va aller regarder un peu plus en détail les peurs. Parce qu'il y a plein de peurs derrière. Et on va commencer par la peur du changement. On a commencé à le dire tout à l'heure parce que... Qu'on soit honnête, dans le fond, on le sait qu'il y a des choses à changer. Même quand on ne veut pas regarder. Quand on se retrouve mille et une excuses, on le sait. Et justement, on ne veut pas y aller parce que, qu'est-ce que je fais de ces prises de conscience en fait ? Et la première chose, c'est ce que j'appelle la peur de la montagne. En gros, on voit la personne qu'on aimerait être, globalement même si ce n'est pas dans les détails, mais on voit la personne qu'on aimerait être. On voit la musulmane qu'on voudrait devenir, on voit la version plus apaisée, plus alignée, plus consciente de nous qu'on aimerait être. Et en face, on voit là où on est aujourd'hui. Et là, il y a un gap, il y a un écart. Un écart entre ce que je vis et ce que je veux pour moi, ce que je sais être juste pour moi. Un écart entre qui je suis aujourd'hui et qui j'aimerais être, tout simplement. Et cet écart, il fait peur. Et on voit ça comme une montagne. On s'imagine gravir d'ailleurs la montagne, vous voyez, imaginez avec moi une montagne. Vous imaginez une montagne et on s'imagine la gravir tout droit, vous voyez, à toute vitesse. Mais est-ce que c'est possible ? Est-ce que vous imaginez, voilà, vous avez une montagne devant vous, et vous allez courir en basket d'ailleurs, pas du tout en botte de ski, vous allez courir en basket, tout droit, pour atteindre le sommet. Est-ce que c'est possible ? Est-ce que ça marche ? Non, on va retomber direct. Et franchement, si vous me dites ça, vous me dites, allez vas-y Amina... monte mal équipé et court tout droit sur la montagne. Ben j'y vais pas en fait. Et du coup c'est ce qui se passe, on fait rien. Mais en réalité, on ne monte jamais une montagne tout droit. On y va un pas après l'autre, en collimation, en zigzag, on tourne tout doucement autour de la montagne, un pas à l'éprès l'autre, et en plus de ça bien équipé. Et c'est exactement ça qui va nous aider à effectuer le flangement. Et aussi à faire face à la peur du changement. Parce qu'au-delà de la montagne de choses à faire qu'on voit, il y a la peur de qui je vais devenir en fait. Ça vient toucher à l'identité. Et le changement c'est inconfortable déjà. Et un changement durable, ça se fait étape par étape. On le voit rien qu'avec la révélation qui a pris 23 ans, n'est-ce pas ? On se le rappelle. Donc tranquille ! Parce que ce qui grossit cette montagne, c'est aussi cette peur de ce qu'on va devoir mettre à l'intérieur. en place. Et de tout le travail inconfortable qui suit. Quand on travaille sur soi, quand on chemine vers Allah, on sait qu'il y a des choses auxquelles on va devoir dire non. On va devoir peut-être reposer ses limites. Peut-être qu'on va devoir revoir certaines relations, modifier un rythme de vie, etc. Et c'est inconfortable. Tout simplement. Donc qu'est-ce qu'on fait ? On évite. Parce que le piège dans tout ça, ah oui, je ne suis même pas arrivée au bout, le piège dans tout ça, c'est qu'on pense que si on commence à travailler sur soi, ça veut dire tout changer maintenant. Alors que non, se poser avec soi, ce n'est pas prendre toutes les décisions aujourd'hui. C'est pas transformer toute sa vie en une semaine, c'est juste y voir clair. Et y voir clair, c'est le premier pas, mais c'est juste arrêter de faire l'autruche, en fait. Et quand je vous dis ça, j'ai envie d'aborder un autre point très important, surtout chez nous, encore une fois, femmes musulmanes, un point qui bloque énormément, mais de manière très subtile, c'est la confusion entre la patience, le sabar, et la fuite. L'évitement. Parce que souvent, on va se dire, voilà, je dois être patiente, c'est une épreuve, je dois l'accepter, Allah sait. Et on est d'accord, la patience c'est un indispensable, qu'on doit tous et toutes travailler, clairement. L'acceptation du décret divin, mais, mais, il y a un gros mais, il y a une confusion hyper dangereuse et subtile entre la patience et, encore une fois, l'évitement. parce que la patience Ce n'est pas nier ce qu'on ressent. La patience, ce n'est pas étouffer ce qui se passe en nous. La patience, ce n'est pas non plus faire semblant que tout va bien. D'accord ? Parce que souvent, on va dire, oui, il faut juste patienter, je patiente, je patiente. Et en fait, cette patience, c'est juste qu'on évite de regarder cette colère qu'on a en nous, cette frustration, le fait qu'on s'éloigne peut-être d'Allah. On va tout mettre, vous voyez, tout, tout, tout mettre sous l'étiquette de « je suis patiente » . Mais ce n'est pas ce qu'Allah nous demande. Allah, il nous demande de faire les causes en sachant que le résultat, la finalité, lui appartient. En acceptant son décret divin. Et le vrai sabar, c'est justement d'oser regarder ce qui fait mal. En sachant qu'on n'a pas le pouvoir de changer les choses, on a le pouvoir de faire les causes. C'est ça le vrai sabar. Et d'ailleurs l'isti'ada, quand on demande l'aide d'Allah, ce qu'on dit d'ailleurs dans le surat al-Fatiha, c'est demander. Mais pas juste demander quelque chose, c'est demander après avoir fait les causes. J'ai ma part de responsabilité, je fais les causes et je patiente. C'est ça, agir en faisant preuve de « t'es way cool » . Et c'est ça d'ailleurs la vraie force, être une femme forte. Je vous dis ça parce que souvent, il y a cette pensée de « je dois être forte, je suis forte, je gère, je dois tout faire, etc. » On ne demande pas d'aide, on ne délègue rien, et on pense que c'est ça, être une femme forte, être une surhumaine. Mais Allah n'a pas fait de nous des surhumains. Allah nous a créés humaines, faillibles, et c'est important de reconnaître ça. Et c'est ça la vraie force en fait, c'est de reconnaître ses limites. Ce qu'Allah attend de nous, ce n'est pas qu'on soit des anges. Il nous l'a dit dans le Coran, il nous dit que s'il avait fait de l'homme quelqu'un de parfait, alors il aurait créé une autre créature qui, elle, est imparfaite. Donc, Allah n'attend pas de nous qu'on soit des anges, ni des surhommes, mais simplement des hommes, des humains, faibles, faillibles, qui pêchent, qui reviennent à lui, qui sont utiles les uns aux autres, qui reconnaissent leurs limites, qui vivent comme des êtres humains, comme ses serviteurs. Et ce printemps-là, c'est comme si on avait peur d'être humain. On attend tellement de nous quelque chose de surhumain. Je vous le disais, la femme forte, qui réussit tout, qui sait tout faire, qui met tout en place, qui gère, etc., qui ne demande pas d'aide, qu'on ne veut pas voir qui on est vraiment. Et ça me fait penser à une métaphore, et aujourd'hui je ne sais pas ce que j'ai avec les métaphores, mais il y en a plein qui me viennent. Ça me fait penser, il y a un dicton, je ne l'ai pas exactement en tête, mais globalement qui nous dit que quand un poisson essaye d'être un oiseau, clairement il ne va faire qu'échouer, d'accord ? Un poisson ne peut pas voler. Par contre, quand le poisson voit enfin qu'il est un poisson, il va pouvoir agir comme un poisson et de la meilleure manière. Ben nous, pourquoi est-ce qu'on essaie d'être quelque chose qu'on n'est pas ? Et la première chose qu'on doit faire, qu'on a besoin de faire, c'est de regarder qui on est. Et là, si je reviens au sujet du jour, en fait, en regardant nos pensées, on a peur de regarder qui on est vraiment. Et il y a cette peur de qui est-ce que je vais découvrir, en fait, quand je regarde mes pensées. Et notamment dans toutes ces pensées-là, ce que j'entends souvent, c'est la peur de découvrir qu'on doute. par exemple. Et du coup, qu'est-ce que je fais avec ces doutes ? La peur de découvrir qu'on est loin, qu'on n'est pas là où on pensait être, que ce soit de manière spirituelle ou pas, même dans notre vie mondaine. Spirituellement, la peur de découvrir qu'on est une mauvaise musulmane. Mais en fait, ce qui est important, il faut qu'on se le rappelle, et je vous le rappelle, et je me le rappelle. C'est hyper important de savoir que douter, ça fait partie de la vie. Et d'ailleurs, qu'on veuille le voir ou non, si on doute, le doute il est là. Alors autant regarder les choses en face et trouver des solutions. Important qu'on se rappelle qu'on ne sera jamais parfaite, parce qu'on est humaine. Qu'on le veuille ou non. Donc, important de voir les choses en face et de ne pas se considérer comme une surhumaine. Et donc, hyper important de se rappeler que le fait de voir ses manquements ne fait pas de nous une mauvaise musulmane. Au contraire. Le fait de vouloir comprendre ne fait pas de nous une hypocrite. Le fait de se poser des questions ne nous éloigne pas d'Allah. Bien au contraire. Et honnêtement, quand on est sincère, c'est même l'inverse. Parce qu'Allah aime la sincérité. Il attend ça de nous. Juste une recherche sincère de la vérité. Et en parlant de sincérité, je viens de faire une interview là. hier, au moment où j'enregistre... Non, pas hier. Avant-hier, au moment où j'enregistre l'épisode d'une musulmane en chemin qui était hyper belle, machin là. On a parlé notamment de sincérité. J'espère que ça vous plaira. Je pense que ça vous plaira. En tout cas, moi, ça m'a beaucoup apporté. Un interview plein de sagesse. Et ça sera le prochain épisode qui sortira. Sinon, du coup, pour revenir dès là sur ce qu'on a vu aujourd'hui... Je m'avance, je m'avance. Si on fait le bilan de tout ce qu'on a vu, globalement, on a vu que c'était pas un problème de temps. C'était pas un manque de volonté. C'était pas un manque de foi. On a vu que c'était notamment de la peur. Beaucoup de peur. Notamment la peur de ce qu'on va découvrir. La peur de ce qu'on va ressentir. La peur du changement. La peur de qui on va devenir. De ce qu'on va devoir faire. Mettre en place. La peur d'être une mauvaise mulemane, etc. On a vu que c'était aussi beaucoup de dureté envers soi. Et là, je peux encore que vous renvoyer vers l'épisode sur la bienveillance. On a vu que c'était aussi parfois du déséquilibre. dans ses priorités et qu'on ne se mettait pas assez en priorité, que ce n'était pas un bon juste milieu. Et on a vu aussi que on avait souvent une fausse idée, une vision faussée du changement. Parce que non, on ne va pas tout faire d'un coup, n'est-ce pas ? Mais du coup, maintenant, on fait quoi ? Et j'ai envie de finir avec quelque chose de très important, qui est le fait que se poser avec soi, travailler sur soi, ça n'est pas régler toute sa vie. Ça n'est pas tout comprendre, ça n'est pas non plus tout changer, c'est juste arrêter de se fuir. Alors aujourd'hui, je n'ai pas te demandé de transformer ta vie, mais je vais te proposer quelque chose de simple et d'accessible. Je vais te proposer de prendre 5 minutes pour toi. Je ne parle pas de 5 minutes par jour, d'accord ? Mais juste prendre 5 minutes, une fois, déjà juste une fois. de te prendre 5 minutes avec un stylo, une feuille, et de répondre à une seule question. Vous avez vu, on y va petit à petit, étape par étape. Et du coup, de se poser une question, mais qui est essentielle. Qu'est-ce que j'évite de regarder en ce moment ? L'objectif de cette question, c'est pas d'agir, c'est pas de décider, c'est juste de voir. Et Inch'Allah, une fois que vous poserez cette question et que vous noterez, vraiment je vous invite à noter, pas juste rester dans votre tête, hyper important, arrêtez-vous sur ça, arrête-toi sur ça ma sœur, sur ce que tu viens de noter, et dis Alhamdulillah. Alhamdulillah, Alhamdulillah, Alhamdulillah. Parce que c'est un énorme bienfait de pouvoir faire ça. Parce que commencer, c'est déjà immense. Le premier pas, c'est le plus difficile. Et rien que si tu m'écoutes là, bravo. Et Alhamdoulilah, Parce que déjà, se remettre en question, c'est un grand bienfait. C'est une ni'ma, vraiment. Alors soyons reconnaissants. Et Allah nous l'a dit, là je vous renvoie d'ailleurs à l'épisode sur la gratitude, mais si on est reconnaissant, plus on va être reconnaissant, et plus il nous augmentera en bienfait. Donc qui ne veut pas de ça ? Donc Alhamdoulilah. Voilà pour cet épisode, j'espère que ça vous aura apporté, vous aura aidé à comprendre un peu ce qui vous bloquait pour travailler sur vous. D'ailleurs, que ce soit pour... si vous travaillez déjà sur vous ou si vous ne travaillez pas assez sur vous. On va pouvoir, maintenant qu'on a compris ça, on a compris ce qui nous empêche de travailler sur nous, on connaît aussi l'importance de travailler sur soi, eh bien on va pouvoir aller se poser des questions essentielles. J'espère que vous êtes prêts parce que les prochains épisodes, Inch'Allah, on va se poser des questions qui piquent un peu. Et avant de vous quitter, dernier élément mais pas des moindres, l'objectif des podcasts, vous le savez, c'est que ça soit écouté. Mon objectif, j'essaie de mettre mon attention et... qu'à la même période de clarifier mon intention constamment, que ce soit en bien, que ce soit aussi une sadaqa jariya, parce que subhanallah, en fait les podcasts, ils peuvent être écoutés au moment où on les sort, mais bien après, et je l'ai vu pendant la pause que j'ai faite au niveau du podcast, le podcast a continué à être écouté, et alhamdoulilah pour ça, encore une fois. Mais du coup, là, je reprends le podcast, et je fais les causes, et je vous demande de faire des causes, pour que le podcast continue à être écouté. Alors n'hésitez pas, si le podcast vous a plu, à mettre un avis accompagné de 5 étoiles, parce que c'est ce qui permet vraiment aux plateformes comme Apple Podcasts, Spotify et autres de propulser ce podcast et faire du coup qu'il soit plus écouté. Vous voyez, ça remonte, ça fait des propositions à des personnes qui écoutent des podcasts similaires. Et bien sûr, n'hésitez pas à le partager autour de vous. C'est ce que je fais aussi avec les podcasts qui me parlent. Je les partage sur les réseaux, à mes proches, en direct, etc. Donc, n'hésitez pas. Barak laofi koum, à vous par avance. On n'oublie pas de faire les exercices. et qu'Allah nous permette d'être un bien les unes pour les autres. Amen. Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. Si c'est le cas, j'imagine qu'il l'a apporté. Et dans ce cas, n'hésite surtout pas à le partager autour de toi. C'est un vrai cercle vertueux de Hesenet. Et bien entendu, si ce n'est pas déjà fait, n'hésite pas à laisser un avis accompagné de 5 étoiles sur la plateforme de ton choix. Car Allah te préserve, ma sœur, et te facilite tout ce qui est un bien pour toi.