Speaker #0La justice française est-elle capable de protéger nos enfants des prédateurs sexuels ? C'est la question que nous allons tenter de répondre aujourd'hui à travers quelques témoignages de femmes ayant témoigné devant les autorités françaises ainsi que dans des médias. Nous allons également parler de divers rapports de membres spécialistes de l'ONU. L'affaire Epstein a démontré à l'échelle internationale que ce phénomène touche tous les milieux sociaux, y compris de hauts lieux de pouvoir. Malgré le fait qu'il y a plus de 20 ans, ce phénomène était ignoré du grand public. Bonjour tout le monde, bienvenue. Ici, nous essayons de répondre à des questions importantes et nécessaires sur des faits de société passés et présents. Aujourd'hui, vous l'aurez compris, la pédocriminalité, un virus qui pollue notre société depuis de nombreuses années. Nous allons le voir avec des cas de jeunes femmes témoignant à visage découvert. Ces femmes qui ont eu à subir un harcèlement et une telle pression de la part de l'autorité judiciaire pour avoir ne serait-ce que voulu protéger leurs enfants en dénonçant les penchants pédophilies de leur mari et compagnon, qui par ailleurs n'ont jamais été plus inquiétés que ça de la part des autorités, preuve à l'appui notamment par l'affaire Le Squarneck. Ce médecin qui faisait partie d'un réseau pédocriminel d'envergure, selon le FBI avec l'opération Falcon. En 2005, le médecin pédocriminel est condamné à quelques mois de prison. Plus tard, le Conseil national de l'ordre des médecins ne tiendra pas compte de sa condamnation ni de son passé avec les autorités. Il restera médecin auprès des enfants et notamment titulaire au centre hospitalier de Quimperlé dans le Finister jusqu'en 2017. Au total, ce sont 299 victimes qui ont dû faire face à ce prédateur pendant de nombreuses années. Récemment, La cour criminelle du Morbihan a condamné en mai 2025 l'ex-chirurgien à 20 ans de réclusion criminelle pour violences sexuelles. A noter que la plupart des patients mineurs au moment des faits étaient en état d'endormissement pendant que le chirurgien passait à l'acte. C'est à ce moment que le collectif Médecins Stop Violence dénonce l'inactivité et le non-regard du Conseil de l'Ordre des médecins. vis-à-vis des plaintes déposées à l'encontre des prédateurs, continuant à exercer malgré tout. Récemment, l'actuel et l'ancien président de l'Ordre des médecins du Finisper ont été visés par une procédure disciplinaire pour de possibles manquements graves aux obligations déontologiques. Comme le stipule l'article 43, le médecin doit être le défenseur de l'enfant lorsqu'il estime que l'intérêt de sa santé est mal compris ou mal préservé par son entourage. Finalement, il faut comprendre que la justice s'est réveillée 20 ans plus tard. 20 ans de calvaire pour les victimes, 20 ans d'ignorance quant à leur souffrance tant mentale que physique. En fin de compte, lorsque les affaires patate chaude, comme celle-ci, parviennent jusqu'aux tribunaux et aux mains des hautes autorités françaises, Elles préfèrent se renvoyer la balle pour ne pas avoir affaire à leurs responsabilités. Comme en témoigne le fait que l'ordre des médecins vota non à la quasi-unanimité, que la consultation d'images pédopornographiques mettant en scène des enfants porte atteinte à la déontologie médicale, laissant l'administration par ailleurs gérer la situation. Voilà la première étape de la torture exercée sur les victimes de la part des autorités. L'ignorance. Alors, pourquoi est-ce que la justice française a du mal avec ce genre d'affaires ? Pour répondre à cette question primordiale, aujourd'hui, pour les femmes et les enfants victimes tous deux des prédateurs, nous allons devoir aborder trois choses. L'une d'elles est le principe de précaution. Cela signifie prendre des mesures pour éviter les risques hypothétiques, non confirmés scientifiquement, mais dont la possibilité... et peut être identifiée à partir de connaissances. En l'occurrence, diverses plaintes dans les affaires pédocriminelles. La deuxième est le manque de preuves tangibles, ce qui va amener la justice à se retourner contre les victimes plutôt que les pédophiles accusés. Ce qui va par la suite entraîner les victimes à un manque de confiance envers les autorités, et pour finir, il faut que je parle de la présomption d'innocence. Pour rappel, juridiquement, c'est un principe fondamental qui fait reposer sur l'accusation, c'est-à-dire le procureur de la République, la charge d'apporter la preuve de la culpabilité d'un prévenu. Or, cela n'empêche pas l'application d'un principe de précaution. Par exemple, la mise en place en détention provisoire si le suspect est réputé. à haut risque de prendre la flic, de faire pression sur les témoins ou d'entrer en contact avec des complices ou pire encore de fausser l'enquête. On sait donc que protéger un enfant d'un père soupçonné d'inceste ne constitue pas une peine pénale, n'entraîne aucune inscription au fichier des auteurs d'infractions sexuelles ou violentes ou au casier judiciaire. Alors la question que l'on devrait se poser est la suivante. En quoi ? protéger un enfant d'un agresseur sexuel nuirait-il à la présomption d'innocence ? En d'autres termes, il met à dos le droit des enfants et un droit supposé à l'enfant. L'intérêt du mineur, comme indiqué dans la Convention internationale des droits de l'enfant, en prend un coup. Pour rappel, l'article 3 stipule que les États s'engagent à assurer à l'enfant la protection et les soins nécessaires à son bien-être. Compte tenu de ses droits et des devoirs de ses parents, Tuteur est responsable légalement de lui et il prenne à cette fin toutes les mesures nécessaires, législatives et administratives appropriées. Je ne vais pas vous citer tous les articles dans cet épisode, alors je me répète la convention que la France a par ailleurs signée en point coup. Pour que le justiciable accepte de se plier à la décision, il faut qu'elle bénéficie d'un certain crédit. Si la justice se retrouve défaillante, on va non seulement lui reprocher, mais également retirer la confiance qu'en a vers elle. Le justiciable mécontent des mesures prises est dans l'obligation de se taire. Pourquoi ? Eh bien tout simplement grâce à une loi du 22 juillet 1992, qui a inscrit dans le code pénal le fait de chercher à jeter le discrédit par acte de parole écrit Merci. ou image de toute nature sur un acte ou décision juridictionnelle dans des conditions à portée atteinte à l'autorité judiciaire ou à son indépendance, est puni de 6 mois d'emprisonnement et de 7500 euros d'amende. En d'autres termes, les magistrats preuves peuvent critiquer la justice, mais quelques-uns seulement et pas trop fort. Il se trouve que les gens sont plus mécontents quand les criminels se retrouvent dehors, alors que la place est en prison. On attend de nos juges qu'ils identifient, sanctionnent et mettent hors d'état de nuire les criminels. Et plus l'insuffisance judiciaire est grave, plus le danger est important, quel que soit le type d'affaire, bien évidemment. Donc, l'institution est bien embêtée quand elle est dans la capacité de ne pas trouver... l'innocence ou le crime d'une personne. Elle ne peut se permettre de courir de risques pour la population dans son ensemble. Le Sénat, réuni le mardi 28 mai 2019, publie un rapport sur les violences sexuelles sur mineurs en institution. Plusieurs points importants sont notifiés dans ce rapport, notamment qu'en 2015, l'Institut National d'Études Démographiques réalise une enquête appelée « Virage » qui révèle que 0,8% des femmes ont déjà subi, avant leur majorité, des violences sexuelles commises par un professionnel dans le cadre scolaire. Un autre point est éclairci dans ce rapport sur la libération de la parole des victimes des prédateurs, par la mise en place de numéros d'appels dédiés, ainsi que des campagnes de communication régulières pour sensibiliser le grand public. Et enfin... Le thème de la prévention de la récidive comme premier passage à l'acte est abordé. Depuis la mise en place en 1998 de la peine de suivi socio-judiciaire, la prise en charge des auteurs d'infractions sexuelles a considérablement augmenté. En matière pénale, les choses se sont un peu complexifiées. Il ne s'agit plus de punir ou de soigner, mais de punir et soigner. Ce sont deux choses distinctes. qu'il ne faut ni confondre ni mélanger. Parce que d'une part, c'est au judiciaire d'assurer la protection de la société. et de punir le pédophile, à savoir que la notion de punition n'est pas une vengeance de la part de la société, mais bien une première étape d'une réinsertion dans celle-ci. Il s'agit pour le criminel de réparer la faute commise, si possible. Vu de la seconde perspective, c'est aux praticiens de santé d'assurer la prise en charge psychologique pour certains auteurs de crimes. Quant au type de traitement, chaque patient est différent, et donc les besoins en matière. psychopathologiques aussi. Prendre un traitement des sujets pédophiles n'est pas toujours facile, notamment parce qu'il n'est pas question d'être complaisant vis-à-vis des actes commis. Il faut également savoir que la majorité des pédophiles ne récidivent jamais. L'interpellation judiciaire et l'emprisonnement sont des événements suffisamment marquants pour mettre fin au passage à l'acte, selon IAPACA, un programme de prévention de la maltraitance pour le ministère de la Fédération Wallonie-Bruxelles de Belgique. Face au nombre de plaintes déposées par les victimes, la Commission indépendante sur l'inceste et les violences sexuelles faites aux mineurs proposera six grands axes d'action. En premier point, les pédocriminels dangereux sont capables de répéter leurs crimes sur plusieurs enfants. En deuxième point, il y a une forte probabilité pour qu'un enfant ne soit pas cru et protégé. C'est pour cette raison qu'il faut poser la question des violences aux enfants pour qu'ils soient en mesure d'accorder leur confiance. Et enfin, en troisième point, il faut mettre en sécurité immédiatement l'enfant. Et en cas de doute, l'enfant doit être surveillé en permanence. Durant de nombreuses années, le travail de la civise va être remarquable. Et certains de ces conclusions vont faire débat. Notamment sur le fait que les agresseurs bénéficient d'une impunité totale à... à quelques exceptions près, les enfants victimes sont obligés de vivre avec leurs agresseurs, et les adultes qui veulent protéger leurs enfants sont victimes elles aussi de menaces et de sanctions. Petit aparté, j'aimerais insister sur le fait que notre droit est si complexe qu'il est facile de s'y perdre. En cas de séparation d'un couple, le juge aux affaires familiales est le magistrat chargé notamment d'organiser les visites, d'organiser la résidence des enfants, et d'organiser l'hébergement du parent qui n'en a pas la garde. Cependant, le juge des enfants a pour mission de veiller à la sécurité des mineurs et il a le pouvoir de suspendre les décisions du juge aux affaires familiales, notamment en cas de danger. Ainsi, il peut placer des enfants chez un membre de la famille qui n'en a pas la garde habituelle. Pour en revenir aux parents, ils sont souvent qualifiés de manipulateurs, imprudents, intrusifs dans la vie de leurs enfants, complotistes, fanatiques, voire militants. Et c'est à ce moment-là qu'on se rend compte que le premier réflexe des institutions démunies est de minimiser les faits et leurs conséquences. C'est cet acharnement envers les parents ainsi que l'ignorance des victimes faites aux enfants qui va attirer l'attention de l'ONU dès le début des années 2000. Des rapporteurs spéciaux sont envoyés en France pour enquêter. en rencontrant des membres de la police, mais également des journalistes et jusqu'aux plus hautes sphères du gouvernement. Et chaque cas évoqué durant l'enquête va nous amener à la même conclusion. Pas de preuves suffisantes, parents et plus particulièrement les mères accusées de manipulation, comme dit Plutôt, et surtout de classement sans suite. Plusieurs cas dit Plutôt et surtout de classement sans suite. Plusieurs cas évoqués par les rapporteurs de l'ONU sont inquiétants. Les individus accusés de commettre des abus étaient proches de la haute fonction publique, susceptible d'influencer l'issue des procédures. Plus de 20 ans plus tard, l'ONU interpelle à nouveau le gouvernement français quant à la violation de la Convention relative aux droits des enfants, entre autres. In fine, l'ONU... accuse la justice française de ne pas statuer dans l'intérêt supérieur de l'enfant, de sexisme et notamment de suspicions d'inceste et de violences intrafamiliales. Malgré une relance de l'ONU qui exige une explication claire par voie diplomatique, le gouvernement français répond mais pas aux questions qui lui sont posées. Pentant de justifier les décisions judiciaires prises dans les dossiers de l'ONU, en donnant des explications confuses en d'autres termes le gouvernement français ne sait pas gérer la situation qui est grave et tente de répondre avec de belles paroles ce qui ne suffit évidemment pas une chose est sûre L'ONU n'en a pas fini avec ce sujet, car il soupçonne également le système judiciaire français de traiter les affaires pédocriminelles avec un schéma constant de discrimination sur le genre, en d'autres termes, de misogynie. Pourquoi ? Parce que la société est encore fondée sur des principes patriarcaux, et donc par conséquent, ce sont les femmes qui sont le plus souvent critiquées et accusées d'hystérie. et autres paroles abominables. En revanche, les hommes, eux aussi, sont aussi représentés. On les qualifie de possessifs, voulant utiliser leurs enfants pour se venger d'une femme ou d'une ex pour continuer à les contrôler. Même s'ils sont minoritaires, il ne faut surtout pas les oublier. Mais l'ONU n'est pas la seule à accuser la justice française de sexisme misogyne. En 2015, la Cour européenne des droits de l'homme rend... une décision. Elle remarque les manquements des juridictions françaises quant à la protection des mineurs victimes de violences sexuelles et l'impunité qui sévit en France. La Cour reproche également à la France d'avoir, et je cite, « manqué à l'obligation de protéger la dignité de l'intéressé, c'est-à-dire l'enfant, en l'exposant à des propos culpabilisants, moralisateurs et en véhiculant véhiculant des Stéréotypes graves pour encourager la confiance envers la justice. Pour décourager la confiance envers la justice. Le collectif incesticide a présenté un rapport dans le cadre de l'examen de l'action de la France par le comité des Nations Unies contre la torture. Le collectif dénonce un crime systémique sur le fait que, je cite, la double violence que constitue l'abus de pouvoir infligé par des parents à leurs enfants et son traitement de par son prolongement par les institutions judiciaires ainsi que médicales et sociales constitue une forme de torture selon la convention internationale de la torture au long de la justice les mécanismes institutionnels continuent à faire souffrir tant physiquement que psychologiquement Les enfants, au lieu de les prévenir et de les combattre, ce qui prolonge leur calvaire. La tendance à retirer les enfants de leur mère quand les violences sont révélées a pour conséquence de faire comprendre à l'enfant qu'il n'y a pas d'issue possible. Il ne peut compter sur personne pour le protéger en acceptant souvent de vivre avec le syndrome, stress post-traumatique et les conséquences qui vont avec maladie psychique. suicides, maladies mentales et addictions, tout cela dans l'indifférence générale de la part des institutions et politiques. De l'autre côté, quand les mères ne sont pas condamnées, on leur inflige la souffrance d'être éloignées de leurs enfants, sans parler de l'angoisse permanente sur le fait que leur enfant vit avec leur géniteur incestueux. Le collectif mentionne également dans son rapport les indulgences occasionnelles de la... par de la justice, ce qui signifie une stratégie claire de contrôle où l'autorité accorde ponctuellement un droit de visite ou des privilèges quand les maires cessent de dénoncer ou se conforment à la pensée institutionnelle, selon lequel un conjoint violent peut être un bon père, au même titre qu'un père qui se montre violent peut de temps en temps se montrer gentil et attentionné. Les autorités vont faire de même, comme expliqué juste avant, pour asseoir leur emprise sur les victimes pour mieux contrôler les fortes têtes. En conclusion, beaucoup d'opérations sont effectuées partout dans le monde, dans le but de stopper ce fléau qu'est la prédo-criminalité. Les revenus de ce business, et je mets les guillemets, sont quasiment comparables à ceux de la drogue. Un marché juteux qui pousse les criminels à investir dans des plateformes toujours plus sophistiquées. comme par exemple l'ICA, l'IA ou encore les crypto-monnaies pour ne pas être tracées par les autorités. Les études sont formelles, beaucoup d'arrestations et de preuves, peu de condamnés et pour cause, la justice se retrouve bloquée par dogmatisme et par manque de moyens. Les conséquences sont désastreuses pour nos enfants, mais également pour les mères impuissantes face aux institutions. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir écouté jusqu'à la fin. Vous pouvez nous retrouver sur Spotify, Apple et Deezer. N'hésitez pas à vous abonner et de mettre un commentaire. On se retrouve tous les dimanches pour un nouvel épisode. Passez une bonne journée. A très bientôt.