Speaker #0Police, gendarmerie et douane, tant de services complexes qui sont souvent mal coordonnés et en même temps tous concentrés sur le trafic de stupéfiants. Ministère de l'Intérieur, Ministère de la Justice, Ministère des Actions et des Comptes Publics, Ministère de la Défense également, une concurrence évidente. pour les milliers de personnes qui travaillent sur ces affaires pour obtenir la médaille d'or du « c'est moi qui ai gagné » . Mais ce n'est pas la seule raison. Avec tous les services spécialisés, quasi impossible de savoir qui travaille sur quoi. Dans ce milieu où chaque jour compte pour arrêter un trafic de grande ampleur, les policiers, gendarmes et services douaniers enquêtent tous de leur côté avec des informateurs. Et pour cause, cela nécessite une confiance. et une confidentialité absolue. Pourtant, selon un haut responsable de l'octrice, tous les services ont de quoi travailler sans se marcher dessus pour autant. Ils souffrent plus du manque de moyens et de personnel que de concurrence réelle. En ce qui me concerne, messieurs-dames, je souffre du fait que vous ne soyez toujours pas abonnés. Si vous aimez ce podcast, messieurs-dames, s'il vous plaît, abonnez-vous, laissez un avis ainsi qu'un commentaire. Je les lis tous et vos retours m'aident et m'encouragent à créer du contenu toujours plus utile pour vous. Alors je vous remercie et je vous souhaite une bonne écoute. Selon le DNRED, la peur d'une fuite serait le premier frein à une coopération entre services. Les plusieurs équipes chargées d'enquêter seraient dans une cultivation du secret et de la dissimulation des informations récoltées, ce qui par ailleurs fait perdre... un temps précieux au cadre. Alors pour changer la donne, en 2019, le plan STUP est mis en place par l'ancien ministre de l'Intérieur, Christopher Castaner. Une stratégie qui consistait à réorganiser la gestion du trafic de drogue à la manière de la DGSI dans sa lutte anti-terrorisme, avec la création de l'OFAST notamment, dont l'organisation a quelque peu changé. Avec les gendarmes qui prennent des postes de direction en renseignement, les douaniers quant à eux prennent des directions en stratégie, alors que les policiers prennent des postes de direction plutôt opérationnels. En France, les CROSS ont été créés, ce sont des structures de partage du renseignement sur les trafics présents dans les aires urbaines principalement, comme indiqué selon l'article 2 du décret. En décembre 2019, l'Office a pour compétence la lutte contre la production, la fabrication, l'importation, l'exportation, le transport, la détention, l'offre et l'acquisition ou l'emploi illicite de stupéfiants, contre les opérations de blanchiment liées au trafic de stupéfiants et contre l'usage illicite de l'une des substances ou plantes classées comme stupéfiants. En 2020, il devait y avoir au moins... une cellule par département, eux-mêmes en relation avec une cellule nationale pour faire remonter les informations les plus importantes. En d'autres termes, le but principal est une collaboration efficace entre les services français sur le trafic de stupéfiants présents partout sur le territoire national, et notamment la police et la gendarmerie via la direction centrale de la police judiciaire et le SCRCGN de la Gendarmerie nationale. Mais la collaboration de ces deux institutions ayant fondamentalement le même objectif est pourtant complètement opposée et quasi concurrentielle. Plusieurs cas l'ont démontré en 2019 notamment où les gendarmes ont une meilleure collaboration avec Europol qu'avec la police judiciaire et pour cause un parti pris évident de la police envers la hiérarchie. Une rivalité à mon sens ridicule, qui montre une guerre envers deux institutions ayant pour rôle l'autorité et l'exemplarité. Cette interrogation que j'ai pu entendre me perturbe sincèrement. Pour y répondre simplement et clairement, il faut se centrer sur plusieurs points. Premièrement, c'est une rivalité qui remonte à plusieurs décennies historiques. la police nationale est fortement implantée dans les grandes villes. La gendarmerie, quant à elle, contrôle traditionnellement les zones rurales, les petites villes et les axes routiers. Et pendant longtemps, cette répartition fonctionnait relativement bien, mais le trafic de drogue moderne a plutôt changé la donne. Aujourd'hui, un réseau peut importer de la cocaïne depuis l'Amérique du Sud, stocker la marchandise dans un port, la redistribuer dans plusieurs régions et blanchir l'argent dans différents pays européens. Les organisations criminelles ignorent totalement les frontières administratives, ce qui peut conduire à des enquêtes parallèles ou à des débats sur le service qui doit piloter l'enquête. Sans compter le fait que les grandes affaires de stupéfiants sont souvent médiatisées et représentent un enjeu important pour les carrières des enquêteurs, les budgets, les effectifs et la reconnaissance institutionnelle. Deuxièmement, La police judiciaire est historiquement spécialisée dans les enquêtes criminelles complexes, le renseignement judiciaire et les infiltrations, alors que la gendarmerie est une force militaire qui dispose également d'unités d'enquête très spécialisées et d'une forte présence territoriale. Il faut comprendre qu'elles ont des mentalités et une histoire différentes. Elles ne tiennent généralement pas un désaccord sur l'objectif, à savoir que les deux institutions veulent lutter contre le trafic. mais plutôt à des questions d'organisation, de culture professionnelle et de répartition des compétences. Par exemple, la police judiciaire valorise traditionnellement l'enquête longue, le renseignement criminel, les dossiers complexes et la spécialisation. Alors que la gendarmerie met l'accent davantage sur la présence territoriale, le maillage du territoire, la discipline militaire et la polyvalence opérationnelle. Et troisièmement, et pour finir, c'est aussi une bataille pour l'information, qui est la ressource la plus précieuse actuellement. Les enquêteurs vivent grâce aux écouts téléphoniques, aux surveillances, aux infiltrations, aux indicateurs et aux ressources humaines. Donc, partager une information signifie parfois perdre le contrôle d'une enquête, comme le confirment certains responsables qui, eux, craignent que leur travail soit récupéré par un autre service. que les résultats médiatiques leur échappent et que les crédits ou effectifs futurs soient affectés. Mais ce phénomène n'est pas propre à la France. Aux États-Unis, par exemple, des rivalités existent bien sûr entre le FBI, la DEA, la police locale et d'autres agences fédérales. Pour résumer, le problème n'est généralement pas que la police judiciaire et la gendarmerie ne s'entendent pas sur le trafic de drogue. les tensions qui apparaissent parfois proviennent surtout de la coexistence des deux forces ayant des compétences judiciaires, de rivalité institutionnelle et budgétaire, de différence de culture professionnelle et de débat sur l'organisation de la lutte contre la criminalité organisée. Malgré ces frictions, la majorité des grandes enquêtes reposent sur une coopération quotidienne entre policiers, gendarmes, magistrats et autres services spécialisés. Tout simplement parce qu'un réseau de narcotrafic moderne ne peut plus être combattu par une seule administration. Les enquêteurs sont contraints de travailler ensemble parce que les criminels, eux, fonctionnent déjà à l'échelle nationale et internationale. Lorsqu'on parle de tensions entre la police judiciaire et la gendarmerie dans la lutte contre le trafic de drogue, il ne faut pas imaginer une opposition permanente entre ces deux camps. Les désaccords existent, certes. comme dans toute grande organisation d'ailleurs, mais ils trouvent surtout leurs origines dans des questions de compétences, de culture professionnelle et de gestion de l'information. Face à des réseaux criminels mondialisés qui brassent des milliards d'euros, la véritable difficulté n'est pas tant de savoir qui mène l'enquête que de construire une coordination suffisamment efficace pour garder une longueur d'avance sur les trafiquants. Les douaniers, notamment la DNRED, ont historiquement développé une expertise sur les ports, les aéroports, les flux commerciaux, les circuits financiers internationaux et les imports-exports. Et l'un des sujets les plus sensibles concerne la livraison surveillée, c'est-à-dire que les autorités repèrent une cargaison de drogue, mais décident de ne pas intervenir immédiatement. Par conséquent, elle surveille son trajet afin d'identifier davantage de membres du réseau. Cette technique est extrêmement efficace, mais comporte des risques comme la perte de la marchandise, la corruption, la fuite d'informations ou encore le scandale politique en cas d'échec. Plusieurs débats ont opposé les services de police et les services douaniers sur la gestion de ces opérations, notamment avec le FNOS ou le FAUVES. tous deux créés en 2012, qui sont une base commune pour la police, la gendarmerie et la douane. Elle permet concrètement un partage d'informations importants sur l'identité des individus suspectés entrant, circulant et sortant du territoire national, où certains douaniers ne respectaient pas tout le temps la procédure, comme certains policiers, ce qui parfois a failli virer au fiasco ou à des drames. comme avec l'affaire dite du Go Fast, d'Air Cocaine, et surtout l'affaire du trafiquant informateur Sofiane Ambly, qui ont tous deux alimenté des débats très vifs sur la gestion des sources, le contrôle des opérations. et la frontière entre renseignements et procédures judiciaires. Même si ces affaires ne concernent pas directement un affrontement en police-douane, elles ont renforcé la méfiance entre certains services quant au partage de l'information. Le véritable sujet n'est pas tant que la police nationale et les douanes ne s'entendent pas, le sujet est que ces deux administrations sont extrêmement puissantes, appartenant à deux ministères différents, travaillant sur les mêmes réseaux criminels tout en disposant de leurs propres sources de renseignements. Le FNOS et le FAUVES ont été créés pour fluidifier les échanges, mais ils révèlent aussi une réalité dure dans la lutte contre le narcotrafic. L'information est un pouvoir et partager ce pouvoir n'est jamais totalement neutre pour une administration. Car lorsque plusieurs administrations travaillent sur un même domaine, La création d'un organisme central peut parfois être perçue comme une redistribution du pouvoir. L'information est un pouvoir. Comment et pourquoi doit-il être utilisé dans la lutte contre le trafic de drogue ? Comme nous l'avons vu, l'information joue un rôle essentiel dans la lutte contre le trafic de drogue, dans un monde où les réseaux criminels sont de plus en plus organisés et utilisent des moyens sophistiqués pour dissimuler leurs activités. La maîtrise de l'information constitue une arme stratégique pour les autorités, les gouvernements et les organisations internationales. L'expression « l'information, c'est le pouvoir » prend tout son sens dans ce contexte, car disposer d'informations fiables et précises permet de comprendre le fonctionnement des trafiquants, d'anticiper leurs actions et de mettre en place des stratégies efficaces pour les combattre. en droit administratif. Le Conseil d'État a qualifié les informateurs de « collaborateurs occasionnels de la justice » , ce qui leur permet par ailleurs d'obtenir réparation d'un dommage subi pendant la mission et d'engager la responsabilité de l'État, même sans faute de l'administration. Depuis cette règle, tous les cas que la justice a eu à trancher ont été de l'ordre de faute personnelle, comme ça a été le cas de Marc Fievray, et cette affaire est souvent étudiée en droit administratif. parce qu'elle concerne la responsabilité de l'État lorsqu'il utilise un informateur rémunéré dans le cadre de la lutte contre le trafic de drogue et contre la fraude. À savoir que Marc Fievray était un agent infiltré travaillant pour la douane permettant de détecter et de réprimer certaines infractions douanières. C'est au cours de cette collaboration qu'il a participé à des opérations qui ont conduit à des poursuites pénales. Par la suite, il a été conduit pénalement et a estimé que l'État devait le protéger ou l'indemniser en raison de son rôle au sein du service. En 2017, la justice a donc décidé de le condamner à la prison et de refuser une indemnisation pour faute personnelle. En d'autres termes, la juridiction a considéré que les actes reprochés à l'intéressé constituaient une faute personnelle détachable du service. Autrement dit... son comportement ne pouvait pas être considéré comme la simple exécution des instructions de l'administration. Ce qui est intéressant avec cette affaire, c'est qu'elle montre la limite du recours aux informateurs. Un informateur peut participer à une mission publique. L'État peut parfois être responsable des dommages subis par cet informateur, mais cette protection disparaît lorsque l'informateur commet une faute personnelle suffisamment grave et indépendante de sa mission. L'information permet d'identifier les acteurs impliqués dans le trafic de drogue. Les réseaux criminels sont souvent structurés de manière complexe, avec des producteurs, des transporteurs, des distributeurs également, et des responsables financiers. Grâce aux enquêtes, aux témoignages et aux surveillances, et aux analyses de données, les forces de l'ordre peuvent recueillir des renseignements sur les personnes impliquées et sur leurs activités. Ces informations facilitent les arrestations ciblées et permettent de remonter jusqu'aux responsables des organisations criminelles plutôt que de se limiter aux petits revendeurs. Ensuite, l'information est indispensable pour comprendre les méthodes utilisées par les trafiquants. Ces derniers adaptent constamment leurs techniques afin d'échapper au contrôle. Ils peuvent modifier leur itinéraire de transport, utiliser des nouvelles technologies de communication. ou encore recourir à des méthodes de blanchiment d'argent toujours plus sophistiquées. La collecte et l'analyse d'informations permettent aux autorités de suivre ces évolutions et d'adapter leurs moyens d'action. Ainsi, ils peuvent mieux anticiper les mouvements des trafiquants et renforcer la surveillance dans les zones les plus sensibles. L'information joue également un rôle fondamental dans la coopération internationale. Le trafic de drogue est un phénomène mondial qui dépasse largement les frontières nationales. Une drogue produite dans un pays peut être transportée à travers plusieurs continents avant d'être vendue dans un autre état pour lutter efficacement contre ces réseaux, les services de police, les douanes et la gendarmerie. mais également les agences de renseignement doivent échanger des informations en permanence. Cette coopération permet de suivre les itinéraires du trafic, d'identifier les organisations impliquées et de coordonner les opérations de démantèlement à l'échelle internationale. D'autant plus que les marchés de la drogue évoluent rapidement avec de nouvelles drogues créées, de nouveaux modes de distribution également. et de l'utilisation des réseaux sociaux ou de messageries chiffrées et cryptées comme WhatsApp, Telegram, etc. Et les personnes proches du milieu peuvent fournir des informations sur ces changements avant qu'ils ne soient largement connus par les services. En conclusion, l'information est un véritable pouvoir dans la lutte contre le trafic de drogue, parce qu'elle se penche sur quatre axes, la connaissance, la compréhension, l'anticipation, et l'action. Grâce à la collecte, l'analyse et au partage des renseignements, les autorités disposent d'un outil essentiel pour démanteler les réseaux criminels, prévenir les trafics également et protéger la population. Dans une lutte où les trafiquants cherchent constamment à rester invisibles, l'accès à l'information représente l'un des moyens les plus efficaces pour les combattre. C'est la fin de cet épisode. Merci d'avoir écouté jusqu'au bout. Si vous avez aimé, messieurs, dames, abonnez-vous et laissez un avis ainsi qu'un commentaire. Je les lis tous et vos retours m'aident et m'encouragent à créer du contenu toujours plus utile pour vous. Alors, je vous remercie. Je vous souhaite une bonne journée. A très bientôt.