Speaker #0En 2016, Tom Parker et Nick Sitter publient un article intitulé « The Four Horsemen of Terrorism, it's not a wave, it's a strain » . Leur objectif est de réexaminer la théorie de Rappoport, car ils estiment que cette représentation est trop linéaire. Selon eux, l'histoire du terrorisme ne fonctionne pas comme une succession de vagues qui disparaissent les unes après les autres. Les différentes formes de terrorisme continuent d'exister simultanément, s'influencent mutuellement et s'adaptent au nouveau contexte politique. Ils proposent donc de remplacer la notion de vague par celle de courant. Un courant représente une tradition idéologique durable qui peut réapparaître à différentes périodes de l'histoire. Contrairement à une vague, un courant ne disparaît jamais complètement. Il évolue, se transforme, emprunte des idées. ou des méthodes à d'autres courants et peut redevenir particulièrement actif lorsque le contexte lui est favorable. Les auteurs identifient quatre grands courants qu'ils appellent les quatre cavaliers du terrorisme. Le premier courant est le courant socialiste. Contrairement à David Rappoport qui distingue une première vague anarchiste et une troisième vague révolutionnaire de gauche, Parker et Sitter estiment que ces deux périodes appartiennent en réalité à un même courant de pensée. Selon eux, elles poursuivent un objectif commun, renverser l'ordre politique, économique et social existant afin de construire une société considérée comme plus juste et plus égalitaire. Les auteurs soulignent que les idéologies changent, mais que les mécanismes restent très proches. Dans les deux cas, Les organisations dénoncent les inégalités sociales, le capitalisme, l'impérialisme ou l'autorité de l'État. Elles considèrent la violence comme un moyen d'accélérer l'histoire, de provoquer une crise politique ou de susciter une mobilisation populaire. Pour les auteurs, les groupes des années 70 ne rompent pas avec les anarchistes de la fin du XIXe siècle. Ils héritent une partie de leurs idées, de leurs méthodes. et de leur vision de la violence politique. Le courant socialiste illustre ainsi l'idée centrale défendue par Parker et Sitter. Les formes de terrorisme ne disparaissent pas lorsqu'une nouvelle période historique commence. Elles se transforment, s'adaptent aux évolutions du contexte international et réapparaissent sous de nouvelles formes, tout en conservant un noyau idéologique commun. Le deuxième est le courant nationaliste. Selon les auteurs, cette forme de violence ne se limite pas à la période de la décolonisation, comme le suggère la théorie des vagues de Rappoport. Le terrorisme nationaliste apparaît dès la fin du XIXe siècle, se développe au cours des guerres d'indépendance du XXe et continue d'exister encore aujourd'hui sous des formes variées. Il ne disparaît jamais complètement, car les revendications nationales et territoriales demeurent... présents dans de nombreuses régions du monde. Parker et Sitter soulignent également que les groupes nationalistes adaptent continuellement leurs méthodes. Certaines organisations privilégient les attaques contre des objectifs militaires, d'autres s'en prennent à des représentants de l'État ou à des infrastructures stratégiques, tandis que certaines choisissent également des cibles civiles afin d'exercer une pression politique plus importante. Les méthodes évoluent, mais la logique reste la même. Utiliser la violence pour défendre un projet national. C'est sur ce point que Parker et Sitter se distinguent de David Rappoport. Là où Rappoport considère le terrorisme anticolonial comme une vague ayant atteint son apogée après la Seconde Guerre mondiale, Parker et Sitter estiment que le nationalisme constitue un courant permanent de la violence politique. Les contextes changent, les acteurs évoluent et les méthodes se transforment. Mais les revendications territoriales et identitaires continuent d'alimenter des formes de terrorisme jusqu'à aujourd'hui. Le troisième est le courant religieux. Contrairement à David Rappoport, qui considère le terrorisme religieux comme la quatrième vague, Parker et Sutter estiment que la religion est utilisée pour justifier la violence politique depuis bien longtemps. Selon eux, le terrorisme religieux n'est pas un phénomène nouveau, il s'agit d'un courant qui traverse l'histoire et qui réapparaît. lorsque les conditions politiques, sociales et géopolitiques lui sont favorables. Parker et Sitter insistent également sur le fait que ce courant ne se limite pas à une seule religion, comme nous l'avons vu dans les derniers épisodes. Bien que le terrorisme djihadiste occupe une place importante depuis plusieurs décennies maintenant, les auteurs rappellent que des organisations se réclamant du christianisme, du judaïsme, de l'hindouisme ou encore de certaines sectes 1. également utilisé la violence au nom de croyances religieuses. Ce qu'il définit, c'est le courant, n'est donc pas une religion particulière, mais la manière dont la religion est mobilisée pour légitimer l'action violente. C'est sur ce point que Parker et Sitter se distinguent de David Rappoport. Là où Rappoport considère le terrorisme religieux comme une vague apparue à la suite de la révolution iranienne de 1979, Parker et Sitter estiment que la religion constitue un courant beaucoup plus ancien. Selon eux, les événements de 79 n'ont pas créé le terrorisme religieux, ils l'ont simplement favorisé son retour au premier plan de la scène internationale. La religion n'est donc pas une idéologie nouvelle dans l'histoire du terrorisme, mais une tradition de violence politique qui connaît, selon les périodes, des phases de recul ou de renouveau. Enfin, Parker et Sitter ajoutent un quatrième courant absent du modèle de Rappoport. Selon eux, il existe une forme de terrorisme qui ne cherche ni à renverser le système politique, ni à obtenir l'indépendance d'un territoire, ni à instaurer un ordre religieux. Son objectif principal est d'exclure, de persécuter ou d'éliminer un groupe humain considéré comme une menace pour l'identité nationale, ethnique et religieuse. raciale, culturelle ou religieuse. Pour les auteurs, ce courant est fondé sur une logique d'opposition entre un « nous » et un « eux » . Les organisations qui s'y rattachent construisent leurs discours autour de l'idée qu'une population est victime d'un danger existentiel. Ce danger peut être attribué aux immigrés, aux minorités ethniques, aux minorités religieuses, aux adversaires politiques ou à toute autre catégorie. présenté comme responsable du déclin de la société. La violence devient alors un moyen de défendre une identité perçue comme une menace. Les auteurs y incluent notamment les mouvements suprémacistes, les organisations d'extrême droite et certains groupes xénophobes. Selon eux, cette forme de terrorisme existe depuis la seconde moitié du XIXe siècle et ne constitue pas un phénomène récent. Une autre idée importante de leur article est que et que les organisations terroristes apprennent les unes des autres. Les organisations utilisent largement Internet, les réseaux sociaux et les plateformes numériques pour diffuser leurs idées, recruter de nouveaux sympathisants et construire des communautés transnationales. Bien que leurs revendications soient souvent liées à un contexte national, leur propagande circule désormais à l'échelle mondiale et favorise l'influence réciproque entre différents groupes. Elles observent les tactiques utilisées par d'autres groupes, les adaptent à leurs propres idéologies et les diffusent à travers le temps. Les innovations ne sont donc pas propres à une seule période historique, elles circulent entre les différents courants de la violence politique. C'est pourquoi Parker et Sitter parlent davantage de contagion que de succession. Selon eux, Cette approche rend mieux compte de la réalité historique que l'image de vagues successives. Mais les deux approches ne sont pas nécessairement incompatibles. La théorie de Rappoport est particulièrement utile pour comprendre les grandes périodes de l'histoire du terrorisme moderne et les changements du contexte international. Le modèle de Parker et Sitter permet quant à lui de mieux expliquer pourquoi certaines formes anciennes du terrorisme Merci. comme le nationalisme, continue d'exister aujourd'hui, continue d'exister aujourd'hui aux côtés du terrorisme religieux. Les deux modèles offrent donc des grilles de lecture complémentaires pour analyser l'évolution de la violence politique contemporaine. D'autres chercheurs vont adopter une perspective différente. Plutôt que de s'intéresser aux idéologies dominantes, Ils vont chercher à comprendre comment les pratiques terrorisme se diffusent d'une organisation à une autre, pourquoi certaines tactiques apparaissent-elles à un moment précis. Comment une organisation influence-t-elle les stratégies d'une autre, parfois située à plusieurs milliers de kilomètres ? C'est dans cette perspective que s'inscrit le travail de Mark Sedwig. En 2007, dans son article « Inspiration and the origin of global waves of terrorism » , il propose une lecture différente de l'évolution du terrorisme. Selon lui, les grandes transformations du phénomène ne s'expirent pas. n'explique pas uniquement par les idéologies ou les contextes géopolitiques. Elle résulte également de mécanismes d'inspiration, d'imitation et de contagion entre organisations. Les groupes terroristes observent leurs succès, les échecs et les innovations de leurs prédécesseurs, puis adaptent ces méthodes à leur propre contexte. Le terrorisme apparaît ainsi comme un phénomène d'apprentissage collectif. dans lequel les idées, les tactiques et les modes d'action circulent à travers le temps et les frontières. C'est pourquoi Sedwig ne parle pas de vagues anarchistes, anticoloniales ou religieuses, mais identifie quatre grandes séquences historiques qu'il nomme les vagues italiennes, allemandes, chinoises et afghanes. Commençons par la première, la vague italienne. Pour Marc Sedwig, La première grande séquence de diffusion du terrorisme moderne trouve son origine dans l'Italie du XIXe siècle. À cette époque, la péninsule est divisée en plusieurs États et de nombreux mouvements révolutionnaires cherchent à réaliser l'unification italienne. Les organisations clandestines comme les Carbonari, puis la jeune Italie fondée par Giuseppe Maggini, développent une nouvelle manière de mener le combat politique. Leur objectif n'est pas de vaincre militairement les armées en place, ils savent que cela est impossible. En revanche, ils comprennent qu'un petit groupe déterminé peut produire un impact politique considérable grâce à des actions spectaculaires. La violence devient alors un outil de communication. Les attentats, les assassinats politiques ou les insurrections ne sont pas uniquement destinés à éliminer un adversaire, il serva attirer l'attention de la population, fragiliser la légitimité du pouvoir et à provoquer une mobilisation encore plus large. C'est précisément cette logique qui inspire de nombreux mouvements révolutionnaires à travers l'Europe. Des organisations nationalistes, des révolutionnaires russes puis des groupes anarchistes reprennent progressivement ces méthodes d'action. Cette première vague montre déjà que des acteurs très différents peuvent adopter des méthodes d'action des stratégies similaires lorsqu'ils sont convaincus de leur efficacité. La deuxième vague est ce que Sedwig appelle la vague allemande. Elle apparaît au lendemain de la Première Guerre mondiale, dans une Europe bien sûr profondément déstabilisée par l'effondrement des grands empires et les crises politiques. Contrairement à la première vague, la violence ne provient plus seulement de petits groupes clandestins, elle est désormais organisée par des mouvements politiques de masse. Les milices fascistes italiennes, puis les organisations paramilitaires allemandes, notamment les SA du parti nazi, démontrent qu'une violence systématique peut être utilisée pour intimider les adversaires, contrôler l'espace public et faciliter la conquête du pouvoir. Les affrontements de rue, les campagnes de terreur et les actions de milices deviennent des instruments politiques assumés. Ce qui inspire d'autres mouvements est le constat qu'une organisation disciplinée, utilisant la violence de manière méthodique, peut profondément transformer un régime politique. Cette stratégie influence plusieurs mouvements nationalistes et autoritaires bien au-delà de l'Allemagne, illustrant une nouvelle fois que les méthodes circulent souvent plus facilement que les doctrines. La troisième vague est la vague chinoise. Elle prend naissance avec la guerre civile chinoise et surtout avec la victoire de Mao Zedong en 1949. Ce succès démontre qu'un mouvement révolutionnaire relativement faible peut vaincre un adversaire bien plus puissant grâce à une combinaison de guérillas, de terrorisme, de propagande et de mobilisation populaire. Cette démonstration est rapidement renforcée par deux autres événements majeurs. La révolution cubaine de 59, menée par Fidel Castro et Ernesto Che Guevara, puis la victoire du Front de Libération Nationale Algérien contre la France en 62. Ces deux conflits constituent autant de preuves qu'une guerre révolutionnaire prolongée peut permettre à des acteurs non étatiques de vaincre des puissances militaires largement supérieures. Le modèle se diffuse alors à une vitesse remarquable en Asie, en Afrique, en Amérique latine et au Moyen-Orient. De nombreux mouvements indépendantistes ou révolutionnaires reprennent ces méthodes. Guerrillas rurales, attentats. Sabotage, propagande et recherche du soutien populaire deviennent les principaux instruments de la lutte armée. C'est d'ailleurs sur ce point que Sedwig se distingue le plus de David Rappoport. Là où David Rappoport sépare la vague anticoloniale de la vague de la Nouvelle-Gauche, Sedwig considère qu'il s'agit en réalité d'une seule et même vague. Selon lui, ces organisations utilisent toutes un même modèle stratégique inspiré des succès chinois, cubains et algériens, quelles que soient leurs différences idéologiques. Enfin, la quatrième vague est la vague afghane. Elle débute avec l'invasion soviétique de l'Afghanistan en 1979. Lorsque l'Union soviétique se retire en 1989, cette victoire est interprétée par de nombreux militants comme la preuve qu'une guérilla peut vaincre une superpuissance. C'est cet événement qui constitue, selon Sedwig, le véritable point de départ de la quatrième vague. Les volontaires étrangers repartent ensuite dans leur pays avec une expérience militaire, des réseaux internationaux, des contacts, des financements et une vision commune de la lutte armée. Certains participeront à la création ou au développement d'organisations comme Al-Qaïda. tandis que d'autres diffuseront ces méthodes dans différentes régions du monde. Cette vague se caractérise par l'internationalisation du terrorisme. Les combattants circulent entre plusieurs zones de conflit, les réseaux dépassent largement les frontières nationales et les nouvelles technologies, puis Internet, permettent de diffuser beaucoup plus rapidement les discours, les savoir-faire et les méthodes d'action. Toutefois... Une question demeure, les travaux de Rappoport, Parker et Sitter puis de Sedwig, décrivent-ils réellement la réalité historique ou constituent-ils simplement des cadres d'interprétation ? En d'autres termes, peut-on démontrer, à partir des données empiriques, que le terrorisme évolue effectivement selon les dynamiques décrites par ces auteurs ? Les vagues identifiées par Rappoport Correspondent-elles à des transformations observables par les faits ? Ou bien s'agit-il d'une lecture essentiellement théorique de l'histoire du terrorisme ? C'est précisément à ces interrogations que vont répondre les politologues Karen Ressler et William Thompson. À partir d'une analyse quantitative en utilisant la base de données ITERET portant sur la période de 68 à 2004, Ils cherchent à confronter la théorie des quatre vagues de Rappoport aux données disponibles. Leur objectif n'est pas de proposer un nouveau modèle, mais de vérifier si les évolutions observées dans les bases de données sur le terrorisme confirment réellement l'existence des grandes vagues identifiées par Rappoport. Les résultats de leurs travaux montrent qu'entre la fin des années 60 Et le milieu des années 80, les organisations appartenant à la troisième vague de rappe aux portes, celle de la Nouvelle-Gauche, dominent largement le terrorisme international. On y retrouve notamment les RAF en Allemagne, les Brigades Rouges en Italie, Action Directe en France, le Weather Underground aux États-Unis et la Japanese Red Army au Japon. Ces résultats... montre que le terrorisme international de cette période est largement structuré par des idéologies marxistes, révolutionnaires et anti-impérialistes. Par la suite, Ressler et Thompson observent un déclin progressif de ces organisations. Ils constatent une démunition du nombre de groupes marxistes actifs, mais aussi du nombre d'attentats qu'ils revendiquent. Selon eux, cette évolution s'explique principalement par plusieurs facteurs. La fin progressive de la guerre froide, la perte d'attractivité du marxisme révolutionnaire, le renforcement des politiques de la lutte contre le terrorisme et la disparition progressive des soutiens étatiques. Leurs études constituent une étape importante dans les études sur le terrorisme. Elles illustrent le passage d'une réflexion essentiellement théorique à une démarche empirique fondée sur l'analyse statistique des données. Leur résultat tend à confirmer la théorie des vagues proposées par Rappoport. Toutefois, ils refusent de considérer ces vagues comme des périodes parfaitement distinctes. Selon eux, plusieurs vagues peuvent coexister au même moment, certains groupes poursuivent leurs activités bien après le déclin de la vague à laquelle ils appartiennent, et les transitions entre les vagues sont progressives plutôt que brutales. Autrement dit, les vagues se chevauchent davantage qu'elles ne se succèdent de manière nette. Leur contribution est donc majeure. Ils ne cherchent plus uniquement à proposer une lecture historique de l'évolution du terrorisme, mais à vérifier, à partir des données quantitatives, si cette théorie résiste effectivement à l'épreuve des faits. Ils démontrent ainsi Merci. que le modèle de David Rappoport constitue un cadre d'analyse robuste, tout en soulignant que l'évolution du terrorisme est plus complexe que de penser qu'une succession de vagues soit parfaitement séparée. Nous arrivons au terme de cet épisode consacré à l'historiographie du terrorisme et aux principaux modèles qui ont cherché à expliquer son évolution. Au fil de cet épisode, nous avons vu que le terrorisme ne peut pas être compris à travers une seule théorie. Les travaux de Rappoport, de Tom Parker, de Sitter, de Mark Sedgwick et de Karen Ressler montrent que chaque chercheur apporte un regard complémentaire sur un phénomène particulièrement complexe. Certains mettent en avant les grandes ruptures historiques. D'autres insistent sur la permanence des idéologies, les mécanismes de contagion entre organisations, ou encore la validation empirique des modèles théoriques. Mais plusieurs questions fondamentales demeurent toujours. Lorsque l'on parle d'une organisation terroriste, de qui parle-t-on réellement ? Qui prend les décisions ? Qui finance les opérations ? Qui planifie les attentats ? Qui les exécute ? Et comment ? Ces organisations sont-elles structurées et comment fonctionnent-elles dans la pratique ? C'est précisément ce que nous verrons dans le prochain épisode. Nous guiderons le terrain des théories pour entrer au cœur du complexe terroriste. Nous analyserons les différents acteurs qui composent une organisation terroriste, les commanditaires, les organisateurs, les exécutants, mais aussi les groupes. les cellules, les réseaux et les relations qui les unissent. Comprendre cette architecture est indispensable pour saisir la manière dont les organisations terroristes se développent, survivent et mettent en œuvre leurs stratégies. Merci d'avoir suivi cet épisode. Si ce contenu vous a intéressé, n'hésitez pas à le partager et à suivre Naritas afin de ne manquer aucun prochain épisode. Je vous souhaite une excellente journée et je vous donne rendez-vous très bientôt pour poursuivre ensemble cette exploration scientifique des études sur le terrorisme.