Speaker #0Quand on évoque le trafic de drogue mexicain, les images qui viennent à l'esprit sont souvent celles des cartels modernes, des chefs de guerre milliardaires et de la violence qui marquent encore aujourd'hui certaines régions du pays. Pourtant, cette histoire ne commence ni avec El Chapo, ni avec les grands cartels de la fin du XXe siècle. Pour comprendre les origines de ce phénomène, il faut remonter près d'un siècle en arrière. dans un Mexique encore marqué par les conséquences de la révolution. À cette époque, dans les montagnes isolées du Sinaloa, de Durango et de Chihuahua, des paysans cultivent discrètement une plante qui va transformer l'histoire du pays, le pavot à opium ramené par les travailleurs asiatiques. Au même moment, de l'autre côté de la frontière, les États-Unis durcissent leur loi contre les stupéfiants. Cette interdiction crée une opportunité inattendue pour les trafiquants, là où certains voient une politique de santé publique ou encore un marché extrêmement lucratif. D'autres, comme moi, voient que vous n'êtes toujours pas abonné. Messieurs, dames, je me répète, si vous aimez ce podcast, abonnez-vous, laissez un avis et un commentaire. Je les lis tous et vos retours m'aident et m'encouragent à créer du contenu toujours plus utile pour vous. Alors je vous remercie et je vous souhaite une bonne écoute. Dans cet épisode, nous allons explorer les débuts souvent méconnus du narcotrafic mexicain en répondant à plusieurs questions. Qui étaient les premiers producteurs ? Comment les réseaux de contrebande se sont-ils organisés ? Quel rôle ont joué les autorités locales et fédérales ? Et comment quelques vallées reculées du nord-ouest du Mexique sont-elles devenues le... berceau d'un commerce qui finira par influencer la politique, l'économie et la sécurité de tout un continent. Bienvenue dans cette plongée aux origines du trafic de drogue au Mexique. Au début du 20e siècle, l'opium est déjà cultivé dans certaines régions du nord-ouest, notamment dans les états du Sinaloa, du Durango, de Sonora et du Chihuahua. Plusieurs facteurs favorisent son développement. Premièrement, l'immigration chinoise au Mexique à la fin du 19e siècle apporte certaines connaissances liées à la consommation et à la transformation de l'opium. Deuxièmement, les États-Unis commencent à interdire progressivement l'opium et d'autres drogues selon l'Harrison Act de 1914. Troisièmement, la prohibition de l'alcool aux États-Unis entre 1920 et 1933. créent des réseaux de contrebandes qui peuvent aussi servir au trafic de drogue. Et pour finir, les zones montagneuses du nord-ouest sont difficiles à contrôler par l'État. Le Sinaloa devient progressivement le centre de la culture du pavot à opium et du narcotrafic national. La région dite du triangle d'or, c'est comme ça qu'on l'appelle, Sinaloa, Durango et Chihuahua offrent des montagnes isolées. un faible contrôle gouvernemental et des conditions favorables à la culture du pavot. Contrairement aux cartels modernes, les organisations sont alors petites et souvent familiales. C'est là que se développent les premières familles impliquées dans le commerce de l'opium, avec des propriétaires terriens, des intermédiaires locaux et des contrebandiers qui transportent l'opium vers la frontière. Apparaissent donc les... premiers conflits d'une violence assez rare, où l'on parle souvent de faits divers disant l'extermination de familles entières ou encore la découverte de corps décapités. De nombreuses familles qui joueront plus tard un rôle majeur dans le narcotrafic mexicain, trouvant leurs racines dans ces réseaux ruraux des années 1920 à 1940. Faisons maintenant un bond dans le temps pour retrouver les années 1950. À cette époque, la demande de la drogue aux États-Unis est exponentielle, et plus précisément la marijuana. Dans certaines régions, des policiers locaux ferment les yeux contre rémunération. Des responsables politiques locaux protègent certains producteurs, et des militaires participent parfois à la répression, mais plus à la protection des réseaux. Cette relation ambiguë entre trafiquants et autorités apparaît très tôt. Citons notamment le cas de Pedro Aviles Perez, souvent considéré comme l'un des pionniers du narcotrafic moderne mexicain, notamment parce qu'il améliore la logistique et plus particulièrement... L'envoi de stupéfiants vers les États-Unis en avion, il n'émerge réellement qu'à partir des années 60. Il n'est donc pas une figure clé, mais illustre l'évolution des réseaux issus du Sinaloa. Dans les années 60, du coup, les États-Unis considèrent de plus en plus la drogue comme un enjeu de sécurité nationale. Jusqu'alors, le trafic de stupéfiants était principalement traité comme une question criminelle ou sanitaire. Mais avec l'augmentation de la consommation d'héroïne, de marijuana et de substances psychédéliques, notamment parmi les jeunes, les autorités américaines commencent à durcir leur approche. À cette époque, les États-Unis sont en pleine mutation. Le pays vit au rythme des bouleversements sociaux les plus importants de son histoire récente. Le mouvement des droits civiques remet en question l'ordre établi. La guerre au Vietnam divise profondément la société. Une nouvelle génération conteste l'autorité politique, rejette les valeurs traditionnelles et expérimente de nouvelles formes de culture et de liberté. Dans ce contexte apparaît un phénomène qui inquiète de plus en plus les autorités américaines, la consommation de drogue. La marijuana circule principalement dans les universités et les communautés hippies. Les amphétamines se répandent dans plusieurs grandes villes. L'héroïne, quant à elle, gagne du terrain dans les quartiers urbains les plus pauvres. Pour une partie de la classe politique américaine, ces substances deviennent le symbole d'une crise plus grande encore, touchant à la fois les jeunes, la sécurité et l'identité même de la nation. Même si les consommateurs se trouvent aux États-Unis, les responsables politiques cherchent rapidement l'origine du problème au-delà de leurs frontières, le regard se tourne alors vers le sud. Au cours des années 60, les responsables américains commencent à considérer ces régions comme une menace directe pour la sécurité intérieure. Une nouvelle doctrine va alors prendre forme. Selon cette vision, la lutte contre les drogues ne peut plus se limiter aux arrestations effectuées. Dans les rues de New York, de Los Angeles ou de Chicago, elle doit commencer là où les substances sont produites, autrement dit dans les champs, les montagnes, les laboratoires, à l'extérieur du territoire national américain. Cette décennie marque un tournant dans les relations entre les États-Unis et le Mexique. Les autorités américaines exercent alors une pression croissante sur le gouvernement mexicain. pour qu'il renforce ses campagnes d'éradication des cultures illicites et lutte plus activement contre les réseaux de contrebande. Cette idée paraît aujourd'hui familière, pourtant dans les années 60, elle constitue une véritable révolution stratégique. Pour la première fois, Washington cherche à exporter sa politique antidrogue au-delà de ses frontières. Les autorités américaines intensifient leurs échanges avec le gouvernement mexicain. Des programmes de coopération sont mis en place, les renseignements sont partagés, les pressions diplomatiques augmentent. L'objectif est simple et clair, convaincre le Mexique de participer activement à la réduction de l'offre de drogue destinée au marché américain. Parmi les figures clés de cette période figure Harry Hansliger. ancien dirigeant du fédéral bureau of narcotique dont l'influencent continue aujourd'hui de façonner la politique anti drogue américaine son héritage repose sur une vision prohibitionniste street la drogue doit être combattue par la répression tant à l'intérieur qu'à l'extérieur des frontières américaines cette coopération n'est pas toutefois exempte de tension du point de vue mexicain La situation apparaît souvent plus complexe. Les responsables politiques du pays rappellent que la demande provient avant tout des États-Unis. Sans consommateurs américains, il n'existerait pas de marché aussi lucratif pour les producteurs mexicains. Une question commence alors à émerger. Qui est réellement responsable du problème ? Le pays qui produit la drogue ou celui qui la consomme ? Ce débat va marquer les relations entre les deux nations pendant des décennies. Pendant ce temps, les trafiquants s'adaptent, les réseaux restent encore relativement modestes, certes, comparé au cartel moderne. Nous sommes loin des organisations milliardaires disposant d'armées privées et de réseaux internationaux sophistiqués. Pourtant, les fondations sont déjà présentes. Dans les régions montagneuses du Mexique, Certaines familles construisent progressivement leur influence grâce à la culture du pavot, à la contrebande et aux relations qu'elles entretiennent avec des responsables locaux. Des intermédiaires assurent le transport de la marchandise jusqu'aux frontières et des passeurs organisent les traversées. Puis des réseaux de corruption permettent parfois d'éviter les contrôles. Peu à peu, une véritable économie clandestine se met en place face à cette révolution, j'ai envie de dire. Les États-Unis décident d'augmenter la pression. Washington, de nombreux responsables, considèrent que les mesures adoptées jusque-là sont insuffisantes. Ils souhaitent des actions plus visibles, plus rapides et plus spectaculaires. Cette volonté atteint son paroxysme à la fin de la décennie, à la fin des années 60. Les États-Unis commencent également à renforcer leur présence dans les opérations de renseignement liées au trafic international. Des agents fédéraux coopèrent de plus en plus avec les autorités mexicaines pour identifier les zones de culture, suivre les routes de contrebande et cibler les principaux intermédiaires. Cette coopération atteint un point culminant en 1969 avec l'opération Intercept. Lancé par le président Richard Nixon, quelques mois seulement après son arrivée à la Maison-Blanche, pendant plusieurs semaines, les autorités américaines ralentissent considérablement le passage à la frontière mexicaine en inspectant presque tous les véhicules entrant et sortant des États-Unis. Officiellement destinés à empêcher l'entrée de marijuana, l'opération provoque d'importantes perturbations économiques et diplomatiques. Les files d'attente s'étendent sur plusieurs kilomètres, les échanges commerciaux sont affectés et le gouvernement mexicain dénonce une mesure unilatérale. Le message adressé au gouvernement mexicain est sans ambiguïté. Les États-Unis sont prêts à utiliser leur puissance économique et politique pour obtenir une coopération dans la lutte contre la drogue. Petit point historique, l'opération Intercept. qui a lieu du coup en 69, donc à la charnière entre les années 60 et 70. Beaucoup d'historiens la considèrent comme le prélude direct à la war on drugs, officiellement déclaré par Nixon en 71. Mais pour Washington, le message est clair, la lutte contre la drogue ne se limite plus au territoire américain. Désormais, les États-Unis entendent influencer directement les politiques de leurs voisins et partenaires. Cette stratégie marque le début d'une longue... période de coopération, de tensions et parfois d'ingérences qui façonnera durablement l'histoire du narcotrafic mexicain. Les années 60 constituent ainsi une étape essentielle. Elle voit naître les fondements de ce qui deviendra dans les décennies suivantes la guerre contre la drogue, une politique où les enjeux de sécurité, de diplomatie et de contrôle des frontières se mêlent étroitement à la lutte contre les délinquants. Une guerre qui est accentuée dans les années 60 et 70, où les États-Unis se sont confrontés à une crise grandissante liée à la consommation d'héroïne. Dans cette épidémie se cache un vaste réseau criminel international que les enquêteurs et les médias baptisent la French Connection. Cette organisation n'est pas une structure unique avec un chef clairement identifié, mais plutôt un ensemble de filières de contrebandes. de laboratoires clandestins et de réseaux criminels qui relient plusieurs continents. Son histoire illustre la manière dont le trafic de stupéfiants devient, au cours du 20ème siècle, un phénomène véritablement mondial. Pour comprendre la relation entre les États-Unis et la French Connection, il faut remonter à l'origine du produit. À cette époque, une grande partie de l'opium qui est utilisé est fabriqué en Turquie. Les cultivateurs y produisent du pavot dont on extrait l'opium. Celui-ci est ensuite transformé en morphine base avant d'être acheminé clandestinement vers l'Europe. Une fois arrivé en France, notamment dans la région de Marseille, via les ports, cette morphine est raffinée dans des laboratoires secrets. afin de produire une héroïne de très haute qualité. Marseille occupe alors une position stratégique dans l'histoire. Son grand port méditerranéen constitue depuis longtemps une porte d'entrée vers l'Europe et un point de départ vers l'Amérique du Nord. La ville dispose également de réseaux de contrebandes expérimentés, capables d'organiser des transports discrets à travers les frontières. Plusieurs groupes criminels, souvent associés dans l'imaginaire collectif, à des figures du milieu corse et marseillais participent à ces opérations. Les trafiquants utilisent différentes méthodes pour faire parvenir la drogue aux États-Unis. Cargaison maritime dissimulée, valise à double front, véhicules modifiés ou encore passeurs individuels. Une fois l'héroïne arrivée sur le territoire américain, elle est distribuée par des organisations criminelles locales. Une fois l'héroïne arrivée sur le territoire américain, elle est distribuée par des organisations criminelles locales. New York devient l'un des principaux centres de diffusion. Au cours des années 1960, la consommation d'héroïne augmente fortement dans plusieurs grandes villes américaines. Les autorités fédérales constatent une hausse des overdoses, de la dépendance également et de la criminalité associée au trafic de drogue. Progressivement, les enquêtes révèlent que la majorité de l'héroïne saisie sur le territoire semble provenir des filières marseillaises. Certaines estimations de l'époque affirment que jusqu'à 80% de l'héroïne consommée aux États-Unis est liée à la French Connection. Même si ce chiffre est discuté par certains historiens, il témoigne quand même de l'importance considérable du réseau. Face à cette menace, les autorités américaines décident d'intensifier leurs efforts. Les services spécialisés dans la lutte contre les stupéfiants multiplient les enquêtes internationales. Les agents américains coopèrent de plus en plus étroitement avec les Français. Cette collaboration est parfois difficile, car les systèmes judiciaires, les méthodes d'enquête et les priorités publiques ne sont pas la même d'un pays à l'autre. Néanmoins, la pression exercée par Washington pousse progressivement les gouvernements à renforcer leur coordination. Au début des années 1970, la lutte contre l'organisation marseillaise devient une priorité publique. Au début des années 1970, la lutte contre la French Connection devient une priorité politique aux États-Unis. Le président Nixon déclare ce qu'il appelle la guerre contre la drogue. Dans ce contexte, les autorités américaines cherchent non seulement à arrêter les trafiquants présents sur le territoire, mais aussi à attaquer l'ensemble de la chaîne d'approvisionnement. L'objectif est encore une fois très clair et simple, empêcher l'héroïne d'atteindre les consommateurs américains avant même qu'elle ne franchisse les frontières. La France joue alors un rôle central dans cette stratégie imposée par les Américains. Sous la pression diplomatique américaine et face à l'ampleur du problème, les autorités françaises renforcent leurs opérations contre les laboratoires clandestins de Marseille. Les services de police surveillent davantage les réseaux criminels suspectés de participer au trafic. Plusieurs laboratoires sont découverts et démantelés. Des chimistes spécialisés dans la transformation de la morphine sont arrêtés. Les saisies de produits chimiques nécessaires à la fabrication de la drogue se multiplient. La même période est marquée par la création de nouvelles structures américaines, spécialisées cette fois-ci dans la lutte anti-drogue. Ainsi, en 1973, naît la DEA. Cette agence fédérale a pour mission de coordonner les enquêtes sur les stupéfiants aux États-Unis et à l'étranger. Ces agences sont déployées dans de nombreux pays afin de surveiller les réseaux internationaux. La coopération avec la France devient alors encore plus étroite. À mesure que les arrestations se multiplient et que l'approvisionnement en opium diminue, La French Connection commence à s'affaiblir. Au milieu des années 70, si je ne me trompe pas, plusieurs figures importantes du trafic sont arrêtées ou contraintes de réduire leurs activités. Les laboratoires clandestins de Marseille deviennent plus rares et les routes traditionnelles du trafic perdent progressivement leur efficacité. La disparition de l'organisation marseillaise ne signifie cependant pas la fin du commerce mondial de l'héroïne. Les trafiquants s'adaptent rapidement. De nouvelles zones de production émergent, notamment dans le croissant d'or qui comprend l'Afghanistan, le Pakistan et l'Iran. Ces régions vont progressivement remplacer la Méditerranée comme principal centre d'approvisionnement du marché occidental. Au cœur de l'histoire du narcotrafic mexicain se trouve la Dirección Federal de Seguridad, la DFS. le principal service de renseignement mexicain entre 1947 et 1985. Créé avec l'appui des États-Unis pour lutter contre le communisme et surveiller les mouvements politiques jugés submersifs, la DFS devient rapidement un acteur incontournable de la sécurité intérieure du Mexique. Pendant la guerre froide, l'organisation entretient des relations étroites avec les services américains et notamment la CIA. Officiellement, la mission de la DFS consiste à protéger l'instabilité du régime mexicain et à recueillir des renseignements sur les menaces politiques. Cependant, plusieurs enquêtes journalistiques, témoignages d'anciens agents également, et travaux universitaires ont mis en lumière une réalité plus complexe. Selon ces sources, certains responsables de la DFS auraient utilisé leur pouvoir Pour protéger des trafiquants de drogue en échange de pot de vin, transformant progressivement certaines structures de l'État en intermédiaires entre le monde politique et le crime organisé. C'est dans ce contexte qu'émerge une figure centrale, Miguel Angel Félix Gallardo. Souvent surnommé « le parrain » , c'est un ancien policier et homme de confiance de personnalité politique influente du Sinaloa. Il contribue à structurer un vaste réseau de trafic qui deviendra plus tard le cartel de Guadalajara. De nombreux témoignages recueillis au fil des années suggèrent que Félix Gallardo bénéficiait d'une protection exceptionnelle de la part des responsables politiques, policiers et membres de la DFS. La controverse prend une dimension internationale avec les accusations concernant la CIA. Il est important de souligner qu'aucune preuve officielle n'est démontrée que la CIA a participé directement au trafic de drogue. Toutefois, plusieurs enquêtes journalistiques, encore une fois, et déclarations d'anciens responsables ont alimenté les soupçons. Selon certaines théories, la priorité absolue de Washington pendant la guerre froide était de lutter contre l'influence soviétique et les mouvements révolutionnaires. en Amérique latine. Dans cette logique, certains réseaux clandestins auraient bénéficié d'une certaine tolérance lorsqu'ils servaient des objectifs géopolitiques plus larges. Le point de rupture survient en 1985 avec l'assassinat de Henrique Camarena, agent de la DEA infiltré au Mexique. Il mène des investigations. particulièrement sensible sur le cartel de Guadalajara. Ces informations auraient permis la destruction de vastes plantations de marijuana, notamment appartenant aux trafiquants. Le 7 février 1985, Camarena est enlevé en plein jour à Guadalajara. Pendant plusieurs heures, il est interrogé, torturé, puis assassiné par Rafael Caro Quintero et Don Netto Fonseca. son meurtre. provoque une crise diplomatique énorme entre le Mexique et les États-Unis. Au fil des années, cette affaire devient l'une des plus controversées de l'histoire du narcotrafic. D'anciens agents de la DEA ont affirmé que des agents de la DFS étaient présents lors de l'interrogatoire de Camarena. Certains témoignages vont encore plus loin et prétendent que des individus liés au service de renseignement américain auraient eu connaissance de certaines activités du cartel. Ces informations n'ont jamais été démontrées. de manière définitive devant un tribunal, mais elle contribue d'alimenter de nombreuses enquêtes et documentaires. Ce qui est en revanche largement établi, c'est que plusieurs membres de la DFS entretenaient des relations étroites avec les dirigeants du cartel de Guadalajara. D'après le scandale Camarena, les révélations sur la corruption interne se multiplient. L'image de la DFS est profondément discréditée et l'organisme Et l'organisme est dissous en 1985. La disparition de la DFS ne marque pourtant pas la fin du problème. Au contraire, la fragmentation du cartel de Guadalajara à la fin des années 1980 va donner naissance aux grandes organisations criminelles que l'on connaît, le cartel de Sinaloa, de Tijuana, de Juarez et de plusieurs autres groupes régionaux. Aujourd'hui encore, plus de 40 ans après le meurtre de Camarena, les zones d'ombre continuent toujours d'exister, les archives restent incomplètes, certains témoins sont décédés et plusieurs documents demeurent encore classifiés. Cette absence de réponse définitive nourrit les spéculations et les controverses. Ce qui demeure incontestable en revanche, c'est que la combinaison de la corruption institutionnelle et... et l'immense demande américaine de stupéfiants et des enjeux géopolitiques de la guerre froide a créé un environnement favorable à l'émergence des organisations criminelles les plus puissantes du continent américain. L'histoire de la DFS, de la CIA et du cartel de Guadalajara illustre comment les intérêts politiques, les services de renseignement et le crime organisé évolue dans des sphères dangereusement proches, laissant un héritage qui continue d'influencer la sécurité du Mexique jusqu'à aujourd'hui. C'est la fin de cet épisode, merci d'avoir écouté jusqu'au bout. 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