- Speaker #0
Allez, on y va. Vous êtes prêts ? Ça passe. Ça veut dire qu'on peut lancer le générique et tout. Donc, let's go. Ça me met en joie.
- Speaker #1
Nipédu. Nipédu.
- Speaker #0
Nipédu.
- Speaker #1
Le podcast.
- Speaker #0
Le podcast.
- Speaker #1
Qui décode l'école et ses transformations. De toute façon, formation, recherche.
- Speaker #2
Nipédu, le podcast qui décode l'école et ses transformations.
- Speaker #0
Bienvenue chez Nipédu, Nipédu le podcast qui décolle l'école et ses transformations. C'est la saison 13 et l'épisode 6. Et dans cette émission, on va se balader sur un chemin que tout le monde connaît, que tout le monde pratique ou a pratiqué, mais à propos duquel on ne réfléchit jamais vraiment. Un impensé, comme dirait notre chercheur Jean-Philippe Maître. Un moment où l'école n'a pas encore commencé, mais où il s'en passe pourtant déjà beaucoup. Bref, aujourd'hui, on arpente les chemins de l'école. Qu'est-ce qui s'y passe ? Quels enjeux peuvent s'y nouer ? Qu'est-ce que ça dit ou pas ? de l'école, etc. Et tout ça, bien sûr, à la sauce Nipédu, on vous promet comme toujours nos avis sincères, des éléments de recherche, une pointe d'humour et un peu beaucoup de mauvaise foi, ça dépend des podcasteurs, suivez mon regard. Et qui va nous causer de tout ça ? Allez, dans le désordre. Pour le premier, son trajet quotidien pour se rendre au taf est tout bonnement aquatique et magnifique puisqu'il traverse en bateau le lac Léman. Il y a pire quand même comme chemin. Comme chemin pour se rendre au boulot, et qui se rend au boulot comme ça, c'est bien sûr Jean-Philippe Maître, qui est professeur associé à la haute école pédagogique du canton de Vaud. Ça va comme chemin d'école, Jean-Philippe ?
- Speaker #3
Ouais, ça va. Surtout qu'on pourrait dire que je suis passé du RER B au bateau sur le lac Léman. Le contraste à l'époque, en 2017, avait été absolument sédissant.
- Speaker #0
Pour le second, le trajet quotidien ne fait que quelques mètres, puisqu'il est en full télétravail depuis des années maintenant. Heureusement qu'il fait du sport en salle et pas mal de vélos pour s'entretenir. ce cher Fabien Ausha, directeur de la production chez École Humain. Court trajet, Fabien, en vrai, tous les jours.
- Speaker #4
C'est à moitié vrai, puisque ça n'est pas du full télétravail. Et lorsque je me rends au travail, j'y vais à vélo, une quarantaine de kilomètres à peu près, Régis.
- Speaker #0
Je savais qu'il se sentirait obligé de dire un truc dans le temps. Merci, Fabien. Le troisième larron, c'est moi, c'est celui qui fait le plus long trajet. J'ai deux TVR chaque matin, plus 20 minutes de marche. Donc bon, allez, à la fois le temps un peu de travailler déjà dans le train. et puis de prendre un minimum soin de ma santé. Je ne fais pas du vélo comme Fabien, donc ces 20 minutes à aller, 20 minutes retour de marche tous les jours me font plutôt du bien. Allez, on file vers le fun fact de la rédac.
- Speaker #5
Le fun fact de la rédac.
- Speaker #0
Alors, fun fact, monsieur Ausha.
- Speaker #4
En préparant cette émission, on est tombé, toi et moi, Régis, sur un poste de l'ami Christophe Salomé. Vous vous en souvenez peut-être, Christophe Salomé, c'est cette tirene qui avait produit, jusqu'en 2023, l'excellent podcast... prof, etc., qui est toujours sur les plateformes de streaming. Donc, je vous invite à y jeter un coup d'œil. D'ailleurs, il a fait une petite réédition avec un nouvel épisode, un nouvel ajout au mois de juin de cette année autour de... Tiens, tiens, d'une question autour de l'IA. Il fallait tous qu'on se remette un petit peu à niveau. Et pourquoi il a attiré mon attention, ce poste de Christophe ? C'est parce qu'il revient sur la suspension par le tribunal de Toulon d'une interdiction qui avait été proférée, posée par une école. d'équiper les enfants d'AirTag. Vous savez, c'est ces petits mouchards GPS qui permettent de suivre, là, en l'occurrence, les chemins qui sont empruntés par les élèves, les enfants. Et en fait, le tribunal a dit que c'est autorisé. Et du coup, avec sa casquette d'Iron, Christophe revient sur le... Qu'est-ce qu'on peut faire de cette autorisation pour pouvoir allier l'équipement via ces AirTag par les parents d'élèves sur leurs enfants et puis le bien-vivre à l'école. donc je vous recommande ce Ce poste que je mettrai dans les notes de l'émission.
- Speaker #0
Eh ben, on file tout droit vers le sommaire de l'émission.
- Speaker #2
Le sommaire.
- Speaker #0
Monsieur Ausha, dites-nous tout. De quoi va parler cette émission ?
- Speaker #4
Après avoir donné la parole au poditeur, on tentera de répondre à la question qui nous aura été soumise par Sophie. Et c'est toi qui te colles à la FAQ du poditeur, Jean-Phi.
- Speaker #3
Ouais, et on se demandera si c'est la route qui fait l'école.
- Speaker #4
Et ensuite, chronique, c'est toi Régis, ce mois-ci.
- Speaker #0
Oui, carrément. Écoute, entre témoignages et souvenirs, on va découvrir ce qui se passe vraiment sur vos chemins de l'école.
- Speaker #4
Waouh ! Et puis moi, je me demanderais avec vous, les garçons, si on livre un élève à l'école comme on livre un colis Amazon dans nos boîtes aux lettres, et quelles sont les conséquences sur les principaux intéressés, mais pas que. On finira avec une reco de la rédac sur les routes de l'école, et puis on file tout de suite vers la parole au poditeur.
- Speaker #5
La parole au poditeur.
- Speaker #0
Alors, pas mal de... paroles aux poditeurs pour cet épisode et notamment on voulait saluer et remercier Pierre qui est IAIPR en histoire géo et qui nous a fait l'amitié de nous adresser plusieurs témoignages d'intérêt, des messages privés, des republications sur LinkedIn. Merci à Pierre, ça fait toujours hyper plaisir.
- Speaker #4
Moi, je voulais faire un petit coucou à Fanny Fanny, avec un seul N, qui est la fondatrice du site Les Bonnes Questions, et qui nous dit « J'aime pas les podcasts longs, mais vous me faites tellement rire que vous me tenez pendant les 60 minutes de vos émissions. » J'ai trouvé que c'était plutôt sympa comme retour. Merci à toi, Fanny.
- Speaker #0
Trop bien, j'espère qu'on est drôle, mais qu'on a du fond. Il y a aussi beaucoup de retours, Fabien, sur le dernier épisode, L'Enfer, c'est les profs.
- Speaker #4
Là, on nous a trouvé beaucoup moins drôle sur cette émission qui a été extrêmement clivante, notamment via un post sur LinkedIn. Elle a suscité beaucoup de réactions extrêmement contrastées, donc des témoignages de collègues qui, effectivement, relaient le fait qu'ils ont été victimes de micro-violences, voire de harcèlement au travail. Je pense à Stéphanie, à Lionel, à Charlotte. On a aussi eu des messages de collègues qui nous disent « Moi, je n'ai jamais rencontré ce type de situation » en nous traitant peut-être d'un peu de la même façon. d'affabulateurs, je pense notamment à Agnès et Aude, je les ai invitées à aller écouter l'émission bien sûr, et puis on a beaucoup beaucoup beaucoup de postes qui rappellent que la dimension le mal-être enseignant tient plus à une dimension systémique et que c'était un petit peu grossier de le réduire au comportement des collègues mais là encore, ça c'est ce que nous disent Maria et Antonin par exemple, là encore bien sûr ça c'était le post-linked-in un peu pour aller vous attraper pour que vous écoutiez l'émission mais c'est je crois l'une des conclusions qu'on a tiré, nous, de ce dossier.
- Speaker #0
Il y a même eu un message audio, je crois, sur cet épisode.
- Speaker #4
Oui, on a Nathalie qui nous a fait l'amitié de laisser un long message audio. Je ne retiendrai que sa conclusion qui nous dit, grosso modo, les enseignants sont des cons comme les autres. Je mettrai le lien vers le message audio pour que vous puissiez vous faire une idée. C'est un petit peu plus compliqué que ça, bien sûr.
- Speaker #0
Et on a eu, j'en fis, pas mal de réactions sur LinkedIn pour le présent épisode.
- Speaker #3
Ben oui, une invitation qu'on tend régulièrement aux poditrices et poditeurs de nous donner un peu leur insight sur les émissions à venir. Et alors là, on a eu Zélia, Lorraine, Mathilde et Bruno qui nous ont envoyé des témoignages hyper intéressants et parfois même très très touchants. Et je crois, Régis, si je ne me trompe pas, que tu fais la part belle à ces témoignages dans ta chronique en milieu d'émission.
- Speaker #0
Voilà, mais quel beau teaser. Allez, enfilez vos baskets, on détale sur les routes de l'école avec Jean-Phi qui va se demander... La FAQ des poditeurs, tout comme les épisodes en entier de Nipédu, ils sont basés sur vos questions, vos questions qui vous taraudent, qui vous empêchent de dormir, comme dit l'adage. Donc n'hésitez pas à tout moment à vous taper sur votre moteur de recherche préféré, Répondeur Nipédu, vous trouvez un petit lien, un gros bouton orange, vous appuyez dessus, vous avez une minute pour nous poser la question qui vous taraude, qui vous empêche de dormir. On en fait une émission comme aujourd'hui, et pour cet épisode, on a... La question de Sophie.
- Speaker #6
Et salut Lénipédu, c'est Sophie. Alors, figurez-vous que je ne vous connais pas trop. Et en fait, c'est en parlant avec une de mes potes enseignantes. Elle m'a évoqué votre podcast et suggéré de vous partager ma réflexion. C'est peut-être un petit peu bête à mes yeux, à vrai dire. Mais elle m'a dit que je pourrais être surprise de ce que vous pourriez en faire. Alors, je tente le coup. En fait, c'est un truc auquel j'ai pensé un jour, dans ce petit moment de latence entre la porte de la voiture qui claque Merci. Et mon fils qui rentre dans l'enceinte du collège, le temps qu'il traverse la route en fait. Et du coup, je n'y prêtais pas trop attention d'habitude. Et en fait, un jour, j'ai commencé à voir ses copains qui attachaient leur vélo, les autres qui venaient de l'arrêt de tram, des parents dans leur voiture comme moi, ou encore des enfants qui arrivaient à pied, des fois seuls, des fois en bande. Et en fait, je me suis demandé si ça ne faisait pas des réalités bien différentes. Alors, je ne sais pas trop en quoi, franchement. Mais tous les jours, en bus, en trottinette, avec ses parents, pour aller venir à l'école en 10 minutes ou en une heure, ça ne doit pas faire les mêmes élèves en classe, non ? Alors voilà, je ne sais pas trop si vous avez de la matière pour en faire une émission, mais en tout cas, moi, je vous découvrirai bien volontiers pour voir ce que vous êtes capables de faire avec ça. Merci pour tout !
- Speaker #3
Bon, alors déjà, les garçons, on va dire merci à Sophie pour cette super question. puis d'ailleurs je crois d'autant plus super pour moi, et vous allez comprendre pourquoi, parce que justement... pour révéler plus explicitement ce que Régis a déjà laissé entendre en toute introduction d'émission. C'est vrai que moi, je dois bien avouer que j'ai commencé par ne pas trop voir ce qu'on allait pouvoir raconter pendant toute une émission sur cette question des chemins de l'école. Et puis pour d'emblée nous lancer dans des échanges, ma première question vers vous, les garçons, c'est que vous n'avez pas du tout été sur la même longueur d'onde que moi. Vous avez d'emblée été hyper inspiré par cet épisode. Et donc, je voulais savoir à quoi cette idée vous a fait... pensé, qui vous a dit on va en faire une émission entière. Alors, allez, Reg ?
- Speaker #0
Écoute, moi, plutôt à l'intuition, quand on a un message sur le répondeur de Nipédu, ou qu'on réfléchit à nos saisons, ou à nos titres d'épisodes, j'ai un peu une boussole simple, je me dis, sur ce sujet, est-ce que je cliquerais sur le titre de ce podcast ou cet article pour aller voir ? Là, je me dis... Je me suis dit tout de suite, clairement oui, d'autant plus que c'est un sujet qui a l'air de parler à tout le monde, parents, enfants, enseignants, formateurs, etc. Tout le monde a été sur un chemin vers l'école, donc un super sujet pour Nipédu, avec cette petite intuition effectivement que quand on croisait nos regards là-dessus, on a tous des chemins différents et peut-être que potentiellement ça ne fait pas les mêmes élèves. Voilà mes raisons principales en tout cas.
- Speaker #3
Fabien ?
- Speaker #4
Ouais, puis je trouve que pour un podcast qui décode l'école et ses transformations, là on va avoir un révélateur de transformation, voire une espèce de loupe grossissante potentiellement. Donc moi je me suis dit aussi très vite qu'il y avait un vrai terreau fertile pour échanger autour de ça. Et puis on a une grosse playlist aussi d'émissions qu'on pourrait intituler l'école quand c'est pas l'école, de tous ces interstices qui font aussi, on parlera peut-être un peu plus tard, on développera la question du... du tiers-lieu éducatif, mais je pense que ces chemins de l'école sont aussi des tiers-lieux éducatifs. C'est sans doute de ça dont tu vas nous amener à parler, Jean-Philippe.
- Speaker #3
Oui, alors parlons en effet, mais avant ça, je me permets de remonter sur ta réponse, Fabien, quand tu dis « loupe grossissante » , justement, tu vois, typiquement, pour toi, ça paraît naturel de dire que s'intéresser au chemin de l'école, c'est une loupe grossissante, mais qu'est-ce que tu entends par là, justement ?
- Speaker #4
En tout cas, sur les transformations, c'est-à-dire que ce chemin de l'école, c'est une croisée des chemins éducatifs. Tu vois, on va y mettre... des parents, on va y mettre de l'aménagement du territoire, on va y mettre de la pédagogie, on va y mettre des questions de bien-être de l'élève. Donc plutôt qu'une loupe grossissante, si je devais être plus précis, merci de m'inviter à l'être, Jean-Phi, je dirais une croisée des chemins.
- Speaker #3
Ok, ok. En tout cas, force est de constater que vous avez eu du nez dans le sens où... où assez rapidement, quand j'ai commencé à faire des recherches pour préparer l'émission, on tombe sur plein de trucs. Et quelque part, c'est ce que je disais encore tout à l'heure hors antenne, juste avant qu'on commence l'enregistrement, c'est que plus on avance dans la préparation de cette émission, plus je me sens bête de ne pas avoir vu que c'était un sujet hyper fertile. Alors il s'avère que, comme d'hab, je vais sur mes Google, je s'appelais quelques mots-clés. Et puis ce qui est intéressant, c'est que... un des premiers trucs qui sort quand on tape chemin, école, comme ça, c'est en fait un documentaire qui s'avère en plus qui nous a été recommandé par Nathalie, une poditrice qu'on citait dans la parole au poditeur, qui s'appelle Sur les chemins de l'école, réalisé par Pascal Plisson, qui date de 2012. Alors malheureusement, il n'a plus l'air trop dispo, je n'ai pas réussi à trouver de plateforme où il était disponible. Et j'ai vu qu'en fait, la même équipe, enfin en tout cas, scénariste, réalisateur, était aussi impliqué dans une série RT, qui s'appelle Chemin d'école, chemin de tous les dangers, qui est pour le coup, elle, accessible. Il y a aussi une BD, des livres, toujours autour de la même équipe. Et donc, en gros, là, c'est vraiment la question de les chemins de l'école en fonction des différents pays, des différentes réalités, d'un point de vue très mondial, j'allais dire. Alors, ça ne va pas vraiment être le thème de l'émission. Mais en tout cas, ce que j'en ai vu et ce que j'ai lu comme critique donne très envie de s'intéresser à tous ces contenus. Mais ce qui va nous intéresser, nous, en ce qui nous concerne, c'est, en l'occurrence, un... rapport que j'ai trouvé de l'ADEME. L'ADEME, c'est l'Agence de Transition Écologique. J'espère qu'on pourra m'expliquer un jour l'acronyme de ADEME pour Agence de Transition Écologique. Qui, en septembre 2025, donc assez récemment, a publié un rapport qui s'appelle « Les pratiques de mobilité des enfants de la maternelle au lycée en France » . Et, lorsqu'on lit ce rapport, je vous donne tout de suite un peu les conclusions, sans grand chiffre, mais je vous donne les conclusions. Il y a 5 enjeux à la question de mobilité des enfants, enfin des élèves plus particulièrement. Il y a un enjeu de développement de l'autonomie, il y a un enjeu de santé, il y a un enjeu écologique, il y a un enjeu d'inégalité territoriale et de genre, et il y a un enjeu quant à l'impact sur la mobilité des parents. Alors justement, pour l'instant, je laisse libre à chacun de nos poditeurs, chacune de nos poditrices, et à vous Régis et Fabien, de lire un peu comme vous voulez pour l'instant, d'interpréter un petit peu ces enjeux. Et donc, on en vient à ma deuxième question. Je vous ai demandé, les garçons, de singulariser trois de ces enjeux. Celui qui vous paraît le plus important, celui qui vous paraît le plus bullshit, et celui qui vous paraît le plus intriguant, intéressant, surprenant, bref, celui qui vous saisit un petit peu. Alors, lequel de vous deux commence par me dire son trio de réponses ?
- Speaker #0
Allez, je me lance. Écoute, moi je dirais... En tout cas, je mettrais en plus important les enjeux d'inégalité. Le côté bullshit, aïe, je mettrais l'enjeu écologique, je pourrais m'expliquer. Et le plus intriguant, l'enjeu de développement et d'autonomie des enfants.
- Speaker #3
Ok. Et toi Fabien ?
- Speaker #4
Le bullshit on a le même et après tu inverses le plus important et le plus intriguant mais pour moi ils sont liés. Le fait qu'ils soient importants et intriguants et je veux bien m'expliquer là-dessus Jean-Phi.
- Speaker #3
Vas-y mec !
- Speaker #4
Ouais parce que Régis dit le plus important je veux bien laisser Régis développer le plus important et rebondir sur ce qu'il va dire potentiellement.
- Speaker #0
Ouais j'ai mis plus important parce que J'ai l'impression en tout cas que c'est l'enjeu sur lequel les individus ont le moins de prise globalement. Et ils conditionnent justement un peu tous les autres, l'autonomie, la santé, l'écologie. Une forme d'importance chapeau sur tout ça. En tout cas, je le lis comme ça.
- Speaker #3
Alors, pas bien ?
- Speaker #4
En fait, c'est le cœur de mon travail, les enjeux d'inégalité à l'école. Donc ça me parle cette réponse. Le fait qu'on n'ait pas de prise, moi je le prendrais à l'envers en disant qu'on doit pouvoir avoir prise dans tous les secteurs et toutes les dimensions qui font l'école sur ces questions d'inégalité. Donc in fine, tout nous ramène à l'inégalité et ça me fait penser à un échange que j'ai eu pas plus tard qu'hier avec quelqu'un que nos poditeurs et poditrices connaissent peut-être. qui s'appelle Ségolène Paris, vous connaissez peut-être ses comptes sur les réseaux et son blog Le Boulot Pédago de Ségolène. Elle est enseignante de SVT en collège à Saint-Nazaire. Et en fait, en essayant pour des raisons purement opérationnelles de cloisonner la production de contenu pédagogique, nous on a imaginé qu'on puisse avoir une dimension EDD dont on a parlé dans une récente émission. Et en gros, Ségolène qui est prof de SVT, elle est férue de ces questions d'EDD, éducation au développement durable. Et quand je lui présentais les différentes thématiques sur lesquelles on veut agir, il y en a une qui est dédiée à la réussite de tous les élèves. Et en gros, elle est venue me chercher en me taquinant, en disant ça veut dire que si je fais de l'EDD, je ne peux pas travailler sur les questions d'inégalité et de réussite de tous les élèves. Donc, en fait, j'ai l'impression que je rejoins Régis en disant que c'est à la fois quand je disais intriguant, ça veut dire à la fois le plus complexe, le plus fondamental, donc le plus important. c'est de se dire que derrière toutes les questions qui font l'école... Moi, en tout cas, j'ai qu'une obsession et il n'y a qu'une chose que je regarde, c'est les enjeux d'inégalité. Tout ça pour te dire que sur le papier, je n'étais pas d'accord, mais que fondamentalement, je suis d'accord avec Régis sur le fait que c'est une question d'inégalité scolaire, ce trajet.
- Speaker #3
En sachant que moi, pour le coup, il y a un truc sur lequel je rebondirais quand même un petit peu, c'est la question de... Alors, je n'ai pas très bien compris, Fabien, si tu étais d'accord sur ce point ou pas, mais quand Régis dit que pour lui, c'est le point sur lequel les individus ont le moins prise... Là, je suis pas sûr d'être tout à fait d'accord. Enfin, en tout cas, je pense qu'il faudrait clairement distinguer la question de l'inégalité territoriale et de l'inégalité de genre. Parce que typiquement, sur l'inégalité de genre, on voit bien, et puis d'ailleurs, c'est ce que montre le rapport de l'ADEME. Tu vois, par exemple, 40% des parents ayant plusieurs enfants estiment que leurs filles sont plus en danger sur le trajet de l'école que les garçons, par exemple. Tu vois, ça, c'est le genre de truc. Alors, c'est... peut-être pas l'individu élève qui peut avoir prise sur ce genre de choses, mais c'est les individus parents qui, dans la manière dont ils accompagnent leurs enfants, et puis le discours qu'ils leur tiennent par rapport à la vigilance qu'il pourrait y avoir sur le trajet de l'école, tu vois, je pense que là, il y a des trucs sur lesquels les individus peuvent avoir prise. Et puis pareil, sur les aspects, certes, il y a le fait de vivre plutôt dans des milieux ruraux ou dans des milieux urbains. Forcément, ça impacte énormément ce chemin de l'école. Mais par contre, dans les milieux urbains, là aussi, il y a de plus en plus d'initiatives, d'ailleurs, dont le rapport se fait aussi le relais, les initiatives de type pédibus ou les rues scolaires ou ce genre de choses, qui sont typiquement des initiatives où, justement, on montre que les individus qui vivent la ville sont aussi moteurs vis-à-vis de leur municipalité pour... engranger ce genre de démarche. Et donc, c'est vrai que sur le côté les individus n'ont pas forcément prise sur ces enjeux d'inégalité, je pense quand même qu'il y a une marge de manœuvre.
- Speaker #4
Tu redis plus synthétiquement ce que je voulais dire aussi, c'est que je ne suis pas d'accord avec Régis sur le manque d'agentivité des acteurs du monde éducatif sur ces questions d'inégalité.
- Speaker #3
Alors du coup, les garçons, pour aller sur un autre enjeu, je ne peux quand même pas m'empêcher de vous poser la question de pourquoi vous êtes d'accord sur... Enfin, c'est quoi vos raisons de dire que l'enjeu écologique est bullshit par rapport à cette mobilité ? Alors lequel des deux se lance ?
- Speaker #0
Oui, écoute, moi c'est le côté parfois un petit peu injonction morale et culpabilisante de prenez les mobilités douces et allez-y à pied, etc. Et on en revient du coup au chapeau des enjeux d'inégalité, c'est pas tout le temps possible. Et puis on nous parle de réduction carbone, pas forcément d'éducation durable, c'est le côté injonctif des choses. Et tu le disais Jean-Phil, là pour le coup c'est pas pareil si on est en urbain ou en rural. Donc voilà, c'est plus le côté bullshit sur le côté injonctionnel ou politique des choses que sur l'aspect, le véritable levier écologique en tout cas des déplacements.
- Speaker #4
Oui, ce n'est pas parce que quelques élèves iront au collège à vélo plutôt qu'en voiture qu'il y aura un impact écologique. Je rejoins Régis sur la question de, c'est plutôt faire vivre cette éducation au développement durable et intégrer ce chemin-là dans une réflexion partagée encore une fois au sein d'une communauté éducative locale. là oui, mais de se dire Pas la vision, je ne prends pas la voiture, je prends la trottinette, donc je vais sauver la planète. Il ne faudrait pas le prendre sous cet angle-là.
- Speaker #3
Oui, et puis le rapport vous donne raison à plusieurs titres. Déjà parce que, comme j'ai dit dans sa synthèse, c'est assez vite affiché qu'il y a un enjeu écologique dans cette question de mobilité. Mais en fait, quand on regarde les différents résultats, finalement, il y a assez peu de résultats qui viennent soutenir cet enjeu. C'est-à-dire que cet enjeu, il a l'air affiché. Mais finalement, il y a assez peu de données qui viennent lui donner vraiment du fond. Et puis moi, j'avoue, j'ai été hyper surpris. Entre 4 et 9% des transports se font en transports en commun. Et j'ai trouvé ça dingue. Donc après, il n'y a pas que de la voiture. Il y a beaucoup de pieds. En fait, il y a beaucoup de marche. Et c'est vrai que sur la question de l'enjeu écologique, je pensais que les transports en commun seraient quelque chose qui aurait pris une plus grande part, justement pour soutenir ça, mais pas du tout.
- Speaker #4
Et tu inclus le ramassage scolaire organisé par l'AGO ?
- Speaker #3
Alors là tu me poses une colle, il faudrait aller vérifier, mais en tout cas très clairement... Tu vois, dans les transports en commun, ça a l'air d'inclure ça. C'est-à-dire qu'à côté de transports en commun, tu as la marche, le vélo, la voiture, la trottinette. Voilà, globalement. Donc oui, je pense que ça inclut le ramassage scolaire.
- Speaker #4
OK.
- Speaker #3
Alors donc, les garçons, si on regarde un petit peu les échanges vers lesquels nous a mené cette étude, on s'est quand même un tout petit peu éloigné de la question initiale de Sophie, mais certainement pour mieux y revenir. Donc cette question de départ, c'était finalement, est-ce que les trajets différents ne font pas des élèves différents dans la salle de classe ? Et donc du coup, moi la question que j'avais un peu envie de... La dernière question que j'avais envie de vous poser, justement, c'est de manière peut-être assez caricaturale, je vais vous demander un peu de 0 à 10, à votre avis, cette question du chemin de l'école, c'est quoi son niveau d'importance pour mettre les élèves dans les meilleures dispositions scolaires ? C'est-à-dire que si vous me dites que c'est 0, en gros c'est l'équivalent de la couleur des chaussettes des élèves. Et si vous me dites 10, vous me dites que c'est méga important pour bien disposer les élèves à être en classe. Alors
- Speaker #4
je vois que Fabien tu lèves la main ouais parce que quand j'ai lu cette question je me suis dit il est relou avec ses notes le Jean-Philippe mais si je vais me prêter au jeu comment est-ce que je vais faire et là ne me demandez pas pourquoi mais fulgurance les gars je me dis putain mais on a pas parlé de la convention citoyenne sur les droits de l'enfant qui a quelques semaines quelques mois maintenant et je me suis dit bien sûr comme tout le monde j'ai lu les résultats les plus médiatiquement saillants et les plus facilement compréhensibles lorsqu'ils sont communiqués par les médias mais je me suis dit allons voir les 21 Les 21 actions qui ont été préconisées, qui se répartissent entre 6 grandes familles, alors je vous les redonne, le bien-être, la restructuration des rythmes, la coordination des acteurs, la réduction du temps de transport, tiens tiens, les écrans et le numérique, le soutien à la parentalité. Et je me suis dit, donc on a quelque chose. En fait, mon hypothèse, c'est qu'on doit avoir quelque chose là-dessus. Et effectivement, la réduction du temps de transport, donc je reviens sur mon calcul, je mets 3 sur 10, c'est ça ma note. Pourquoi ? Parce qu'il y a 21 propositions, j'ai arrondi à 20. La 18e, c'est celle sur la question du transport et du chemin de l'école. Donc, j'ai dit, ça fait un 17 sur 20 que j'inverse. Ça fait 3 sur 10 en ordre de priorisation, en confondant l'ordinal et le cardinal. C'est incompréhensible ce que je viens de vous dire. En gros, ça veut dire que ça ne semble pas très, très important si on imagine qu'il y a un ordre de priorité dans les six familles. C'est la seule famille, la seule catégorie dans laquelle il y a une seule proposition. Je vous la redonne quand même. Mettre en place un plan de mobilité jeune qui garantisse partout sur les territoires que les temps de trajet entre le domicile et l'établissement scolaire n'excèdent jamais 45 minutes. Ce plan favorise des modes de transport adaptés aux horaires des enfants, actifs, écologiques et sécurisés. Ça veut tout et rien dire. Ça semble un peu irréalisable sur le temps de trajet de 45 minutes. Bon, c'est une convention, donc elle nous projette sur un certain nombre d'idées. Mais bon, je me suis dit, en gros, c'est pas un truc hyper important. et en même temps, ça a le... Ça a le mérite d'apparaître. Quant à l'impact que ça a sur les apprentissages, j'ai toujours la question en tête. Je préfère me garder ça pour tout à l'heure. Et là, évacuez la rédac. Régis ?
- Speaker #0
Je vais doublement rebondir. Premièrement, je vais te demander, Jean-Phi, si tu nous trouveras un jour une recherche qui parle de l'impact des chaussettes des élèves sur leur polarité. Parce que je me dis qu'en rebond, il doit y en avoir. Si tu as des chaussettes sales ou trouées, ça dit plein de choses et ça aura un impact. Il est fort.
- Speaker #4
Il est fort. Il est fort. Il est fort.
- Speaker #0
Il est quelque chose. Et... Je pensais avoir tordu complètement ta question pour y répondre, mais finalement, il y a un gros lien avec ce que vient de dire Fabien. Moi, j'ai mis la note de 7 sur 10 en tordant les choses, en me disant comment la mobilité impacte le choix d'orientation des élèves. Voilà, et c'est en lien direct avec ce qu'il disait Fabien. Alors, la mobilité, pas en tant que levier pédagogique direct, mais vraiment comme levier d'ambition, parfois d'autocensure. Le fait que la disponibilité de certains transports scolaires impacte ou non le choix de tel ou tel établissement. Pour exemple, il n'y a pas longtemps, j'ai échangé avec une prof d'école d'ailleurs, qui a fait un truc assez innovant, un forum des métiers avec ses élèves en primaire. Ça paraît déjà fou, mais en même temps, c'était l'idée, parmi les activités qu'elle a mises en place, de montrer à ses élèves de quartier, si j'ai bonne mémoire, en tout cas que se déplacer en bus, en métro, à la grande ville d'à côté, ce n'était pas si compliqué que ça. Et rien que de le faire vivre, ça donnait d'autres perspectives aux parents. Ils disaient, ah oui, ok, peut-être qu'aller dans tel établissement plus tard, On pourra y aller plutôt que d'aller dans le juste, de limiter ses choix à l'établissement du coin. Et on a déjà eu ça aussi, on intervient à Réseau Canopée en résidence, et ça nous est arrivé d'intervenir en milieu rural, donc dans des collèges, où on nous disait clairement que les ambitions scolaires des élèves étaient restreintes parce qu'ils avaient juste envie de rester dans le coin où ils habitent. Et donc, ils se limitaient même notamment en termes de métier après, parce qu'il n'y a pas des transports qui vont plus loin que ça, ça me suffit. Donc je tords un peu ta question, mais il y a un impact fort, je trouve, des transports là pour le coup, des routes de l'école.
- Speaker #3
Alors en fait, tu la tords d'autant moins que figure-toi que dans le rapport de l'ADEME, il y a un truc qui est mis en avant, c'est qu'à mesure qu'on avance dans la... L'établissement scolaire s'éloigne du domicile. Ça, c'est un truc moyen. C'est-à-dire que tu vois le lycée étant régional, le collège, etc. Donc bref. Et du coup, ce qui se passe, c'est hyper intéressant aussi, c'est qu'il montre que les parents ont tendance à surévaluer le temps de transport de ces établissements qui s'éloignent, en fait. Et donc, je pense que, typiquement, ce genre de données appuie tout à fait ce que tu es en train de dire, dans le sens de dire qu'il y a une représentation du temps de transport qui, en fait, finalement, peut avoir un impact tout à fait concret sur les choix qui sont faits par les parents, d'ailleurs, peut-être plus que par les élèves jusqu'à un certain âge, par rapport à ce qu'ils vont suivre comme scolarité. Donc, non, non, je pense que tu ne tords pas du tout la question, et je pense qu'on est tout à fait dans le cœur de cible. Ce qui irait pour moi plus sur un 7 sur 10 que sur un 3 sur 10, quand on... considère l'importance de ces chemins de l'école sur la scolarité.
- Speaker #4
Ça me fait penser à... Alors, j'imagine qu'il l'a tiré d'un bouquin, mais moi, je l'avais entendu en interview d'un propos de Jean Viard, le sociologue, qui disait qu'aujourd'hui, l'aristocratie, ce qui constituait, en tout cas, ce qui était un principal marqueur de différenciation sociale, c'était la mobilité. Et en regard, en négatif, c'était l'assignation. Parce que je mettrais ma main à couper, Sur le fait que cette augmentation de la distance entre le domicile et le lieu de scolarisation, Jean-Phi, il est potentiellement plus vrai chez des CSP+, que dans des environnements de type grands ensembles et quartiers. Là où la densité de population de grands ensembles fait que tu implantes au sein du quartier l'école, le collège et le lycée. Du coup, tu diminues fortement le côté assignation. là où des CSP+, qui notamment seraient en mesure... par des stratégies éclairées de contourner des cartes scolaires, augmenteraient l'éloignement. Et tu vois, dans des dynamiques vraiment exploratoires de la part de ces CSP+, ce qui fait que, un peu pour reprendre ce que disait Régis, les CSP+, je pense qu'ils vont faire vivre l'exploration très jeune aux enfants, notamment les transports en commun. Tu vois, typiquement, allez, je vais t'apprendre, on va prendre le train, on va prendre les mobilités. Tu vois, là où, dans des quartiers, dans des grands ensembles, encore une fois, il y a cette logique d'assignation. Ça me parle énormément ce que Régis a dit et ce sur quoi tu as rebondi.
- Speaker #3
Écoutez les garçons, un très grand merci à vous. Et puis on peut déjà dire aussi un très grand merci à Sophie qui disait que sa réflexion était peut-être toute bête. Et j'espère que déjà avec cette FAQ des poditeurs, on a réussi à montrer que cette question était loin d'être bête. En tout cas, moi, j'ai appris vraiment beaucoup de choses déjà en préparant ça. Donc la mobilité, c'est finalement un enjeu vraiment très fort en synthèse déjà. On peut déjà dire ça. Et en l'occurrence, je vous invite vraiment à aller regarder ce rapport de l'ADEME qui montre que c'est un enjeu fort à la fois pour le développement des individus, mais aussi pour le développement d'une pensée collective, notamment sur tous les enjeux d'urbanisation qu'on a très, très rapidement évoqués. Et puis aussi, on l'a... très rapidement évoqué, trop peu rapide, trop rapidement évoqué, pardon, la question de l'autonomie, du bien-être et de la formation à la citoyenneté pour les élèves. Donc, bref, des enjeux qu'on sent qui sont quand même bien, je trouve, à nouveau, on leur donne bien corps dans ce rapport de l'ADEME et je n'ai aucun doute sur le fait que la suite de cette émission va continuer à leur donner corps. Merci encore les garçons.
- Speaker #0
Allez, pour vous, poditrices, poditeurs, qu'est-ce que votre route, qu'est-ce que la route vers l'école a fait ou fait de vous, ou de vos enfants ? Dites-le nous sur le répondeur de Nipédu. Pendant que nous, on trottine en douceur vers la chronique de Nipédu.
- Speaker #2
La chronique de Nipédu.
- Speaker #0
Chacun sa route, chacun son chemin. Alors une fois n'est pas coutume les gars, cette chronique c'est l'occasion de tenter un nouveau format. Et cette fois-ci, j'ai quand même emmené le micro de Nipédu prendre un peu l'air et là un peu le soleil. Direction Marseille, pas très loin de la Cannebière et du Vieux-Port, dans un tiers-lieu éducatif qui s'appelle les Temps de l'Enfant. Alors des tiers-lieux, des labs dédiés à l'éducation. J'en ai visité franchement pas mal, mais celui-là... J'avoue qu'il est actif, incroyablement vivant. En tout cas, les trois jours où j'y étais, il se passait toujours quelque chose. D'ailleurs, si vous voulez en savoir plus sur ce tiers-lieu, allez écouter l'épisode d'Extra Class qu'on vous met dans les notes de l'émission. Et au-delà de ça, autour de cet actuel épisode de Nipédu, il s'est passé autre chose. On l'a dit en intro sur LinkedIn, Fabien, notre excellent community manager, il a lancé un appel autour de la thématique les chemins de l'école. Vous avez été quelques-uns à y répondre, surtout quelques-unes pour de vrai. Bref, à travers ces messages. Une première évidence, les chemins de l'école, c'est jamais juste un trajet pour certains. Ce chemin vers l'école, c'est un souvenir d'enfance. Et on a eu par exemple Zélia qui nous a dit, mon papa prenait systématiquement une pause dans son travail pour m'accompagner à l'école. Le chemin de l'école, c'est bien plus qu'un trajet, qu'un rituel quotidien, qui nous sommes l'anodin, c'est un souvenir gravé pour toujours. Puis il y a un petit cœur bleu. Voilà, comme un rituel, une présence. Elle nous dit aussi, je revois particulièrement mon année de CP, cet hiver où il y avait tant neigé, je marchais main dans la main avec lui. avec mes appresquis bleus et rouges que je refusais de mettre. J'adore, j'adore ce petit souvenir tout en couleurs, avec des minuscules détails qui en disent beaucoup. Et puis, j'ai tendu le micro à Carole, une atsem. Et elle, elle m'a dit...
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Carole Aziber et je suis atsem à l'école maternelle d'Elière. Moi, quand je vais travailler, je chante parce que j'écoute de la musique. Voilà, ça me met en joie d'aller voir les enfants.
- Speaker #0
Voilà, même adulte, le chemin reste un lieu où quelque chose se dépose, où il se passe des choses. Pour d'autres, le chemin n'est pas un souvenir, c'est une sorte de sas émotionnel, un moment pour se préparer ou pour se libérer, comme Dorothée.
- Speaker #1
Je m'appelle Dorothée, je suis à TSM à l'école Frévalon Nord. J'écoute Énergie et je danse dans ma voiture aussi. Je fais ça ? Oui, oui, je danse. C'est pour m'aérer l'esprit et me libérer de toutes les tensions qu'on supporte à l'école avec les enfants et des fois c'est compliqué.
- Speaker #0
Voilà, avant l'école, avant les enfants, avant la journée. On a aussi Isabelle qui m'a dit...
- Speaker #1
Alors, je m'appelle Isabelle Bello et je suis à Tsem. J'écoute de la musique. Me mettre en condition pour la journée qui m'attend. Une grosse journée de travail.
- Speaker #0
Ou Afida, par exemple. Moi,
- Speaker #2
c'est Afida Selam. Je suis à Tsem. Je prépare ma journée, mes activités avec la maîtresse, qu'est-ce que je prépare avec les enfants, comment aussi organiser avec les enfants qui sont en pleurs pour les sécuriser et rassurer.
- Speaker #0
Et puis parfois, un trajet, c'est rien d'autre que ce que nous dit Mathieu.
- Speaker #3
À me déplacer d'un endroit à un endroit B uniquement. Je suis Mathieu et je suis coordonnateur territorial dans le service de l'éducation. J'encadre du personnel municipal sur les écoles maternelles et élémentaires.
- Speaker #0
Voilà, même chemin et des fonctions différentes. Le chemin de l'école, c'est aussi la sécurité, l'organisation, parfois l'angoisse parentale. On a eu Lorraine qui nous dit, en primaire, certains parents se relayaient pour accompagner les enfants. Le fameux pédibus, c'est rassurant, notamment pour traverser les routes. Elle nous dit Bon, rassurant parce que collectif. Puis elle rajoute, aujourd'hui au collège et au lycée, le trajet se fait seul, à pied ou à vélo. La proximité aide et j'ai peu d'inquiétude quand l'emploi du temps est respecté. Voilà, on a aussi Bruno qui nous raconte ses angoisses. Quelle angoisse, parent, de les savoir seuls sur les chemins de l'école quand les voisins ne pouvaient pas les prendre en charge. Appel à 16h40 pour vérifier que tout le monde est bien rentré. Et ouf de soulagement. Tiens, et si on revient à Mathieu qu'on a entendu tout à l'heure. à quoi il pense pendant qu'il fait son trajet en trottinette ? électrique.
- Speaker #3
Je suis un temps de chiffre à la circulation et comment arriver en vie sur mon lieu de travail.
- Speaker #0
Tout simplement, c'est clair mais c'est dit. Le chemin de l'école c'est encore autre chose, c'est un territoire d'enfance et de liberté. On a Bruno qui se souvient, insouciance, rire, partie de foot improvisée entre deux manteaux et un ballon dégonflé, cartable mouillé les jours de pluie. Voilà un espace sans adultes ou en tout cas fantasmé comme ça par les enfants. On a aussi Mathilde qui nous dit, on s'attendait à la sortie de l'école, on filait au parc, on partageait nos goûters, on escaladait des arbres Une caresse au gros chat à l'angle de la rue Des cerises piquées chez une voisine Une maison hantée Et quelqu'un pour nous faire cavaler Et puis il y a Priscilla Qui exprime le chemin de l'école
- Speaker #1
Comme un premier terrain d'autonomie peut-être À pied avec leurs parents Et ils patientent devant l'école Et chahutent avec leurs camarades Je suis Priscilla, à Tsem Dans le quartier de Frévalon
- Speaker #0
Et puis un jour les rôles s'inversent Entre grandir, lâcher prise, changer de regard Comme nous le dit Nathalie sur LinkedIn J'ai effectué très tôt les trajets seuls. Je ne me suis jamais demandé comment je me sentais. La question arrive plus tard pour elle. Quand mes enfants ont voulu faire le trajet seul, c'est surtout moi qui ai dû travailler sur ma sécurité à moi. Eux se sentaient parfaitement à l'aise. Merci à eux de m'avoir permis de lâcher. C'est beau cette inversion entre parents et enfants sur le qui apprend à qui. Et du côté de Adila, elle nous parle de sa plus petite.
- Speaker #4
Je suis Adila, je suis à TSM dans les écoles maternelles du 15-16. Et la petite, elle est en internat, donc elle, elle se rend le dimanche et elle revient le vendredi en quart. Elle révise, c'est son année de bac.
- Speaker #0
On peut aussi travailler sur le chemin de l'école. Alors finalement, sur les chemins de l'école, on se souvient, on s'inquiète, on se prépare, on apprend à lâcher, lâcher prise. Bref, on n'apprend pas moins, on apprend d'autres choses, on apprend autrement. Alors, pour le dire clairement, chacun sa route, chacun son chemin. Hein les tentants ?
- Speaker #5
Passe le message à ton voisin. Un très grand merci Régis pour cette chronique, chronique qui nous emmène nulle part autre que dans la FAQ de notre cher Fabien.
- Speaker #4
FAQ de la rédacte.
- Speaker #6
Page à école, une nouvelle géographie de l'élève. Alors parce qu'on ne se refait pas les garçons, j'étais parti sur une rubrique hyper hygiéniste en mode activité physique mais j'entendais déjà Régis qui me disait c'est réducteur et c'est culpabilisant un peu comme pour l'écologie. Alors en consultant les différentes ressources études, il y en a beaucoup, je ne vais pas les nommer mais je les mets dans les notes de l'émission, j'ai réalisé que le spectre était en fait bien plus large. Cette dimension santé, elle peut être intégrée à une dimension citoyenne, on en a déjà parlé, dans laquelle le trajet domicile-école dessine une nouvelle géographie pédagogique de l'enfance. Alors pour explorer cette géographie avec vous les tontons, j'ai trois questions à vous poser. Et la première, elle est assez simple. J'habite à côté d'un groupe scolaire et le matin, puisque Régis a bien dit que je n'allais pas travailler, j'assiste le matin au ballet de ses automobiles, celle des parents qui... livre des élèves à l'école, un peu comme Amazon livrerait des colis, j'en ai parlé un petit peu plus avant. Alors, j'aimerais bien vous entendre en tant que parent enseignant spécialiste de la chose éducative. Est-ce que vous, vous constatez ou vous vivez la même chose, ce même phénomène d'amazonification de ce trajet domicile-école ? Comment vous, vous l'expliquez et c'est quoi pour vous ? Est-ce qu'il y a des avantages ? Est-ce qu'il n'y a que des inconvénients ? Je serais curieux de vous entendre l'un et l'autre sur ces questions, Régis, si tu veux bien commencer.
- Speaker #0
Ouais, ouais, allez, écoute, moi, la maison de mon enfance, d'ailleurs, dans laquelle vit encore mon père, elle est à 30 mètres de l'école de quartier, dans laquelle j'étais élève, d'ailleurs, quartier populaire, voire très populaire. Bon, on ne vit pas, même aujourd'hui, du tout le même phénomène. La plupart des mômes, ils viennent à pied, plus qu'ils viennent de la cité d'à côté, donc forcément. Et quand tu parles...
- Speaker #6
Ce qu'on disait tout à l'heure. Ouais,
- Speaker #0
exactement, complètement, complètement. Et sur le côté amazonification... Quel joli mot, il y a plusieurs points, on pense forcément à ces questions de carte scolaire, qui est encore une question d'égalité ou d'inégalité. Sur les horaires professionnels des parents, est-ce qu'ils ont la possibilité d'aller déposer leurs enfants en bagnole comme des colis ? Enfin maintenant on dirait même avec des drones en fait, déposer des colis, prêts. Et sur le côté inquiétude des parents, moi j'ai souvenir que petit j'allais à l'école et même au collège à pied, même quand c'était loin, et là il y a... Ça fait maintenant bien longtemps qu'il y a des discours médiatiques très anxiogènes sur c'est dangereux, attention. Il y a toutes sortes de gens avec des camionnettes. Il y a même des fake news parfois qui circulent. Ah, il y a une camionnette qui prend des enfants. La camionnette blanche. La camionnette blanche. Exactement, exactement. Et sur le côté peut-être avantage, inconvénient. Bah oui, si on amène soi-même ses mômes à l'école en voiture. Bon bah, ils sont en sécurité. Ils sont avec moi de la porte de la maison au portail de l'école. Mais peut-être qu'on perd en autonomie pour le coup. Moi, je faisais tellement de choses à pied. Étant enfant, je sais que même moi, quand j'ai eu des enfants en âge d'aller à l'école, je les laissais faire moins de choses que moi, moins de trajets que moi. J'en faisais dans ma jeunesse.
- Speaker #6
Entre imaginaire, fantasme et pragmatisme, Jean-Phi, toi, comment tu abordes cette question ?
- Speaker #5
Déjà, c'est marrant parce que ce que juste vient de dire Régis, à nouveau, c'est soutenu aussi par les résultats du rapport de l'ADEME, de dire que les parents aujourd'hui ont tendance à rendre leurs enfants autonomes plus tard qu'eux l'ont été. Et puis, donc moi déjà, pour vraiment commencer par répondre à ta question sur l'aspect expérience personnelle, moi, il s'avère que je dépose mes enfants avant l'ouverture du portail. C'est-à-dire à l'ouverture du portail. Parce que justement, mon trajet professionnel impose que je les dépose le plus tôt possible pour pouvoir aller prendre ce fameux bateau. Et en fait, c'est rigolo parce que du coup, ça empêche que je puisse voir cette amazonification parce qu'en fait, les parents que je vois, c'est des parents qui attendent que le portail ouvre pour partir. Donc en fait, ce n'est pas juste du dépôt. C'est on arrive à quelques minutes avant et donc on attend. Et donc en fait c'est marrant parce que c'est plutôt le moment où du coup tu vas voir deux choses. Soit les parents qui vivent quelque chose avec leur enfant, c'est-à-dire qu'ils sont en train de discuter. Soit au contraire le moment où les enfants se retrouvent déjà devant le portail et où les parents vont discuter entre eux en fait. Et donc quelque part ça crée un moment. En plus il s'avère que l'école de mes enfants c'est une place piétonne devant le portail. Donc en fait les gens ont le temps de se poser, de discuter. Alors moi c'est ce que je vois. parce que je les dépose, par contre, à une heure donnée. Mais par contre, si je venais à 8h20, certainement que je verrais quelque chose qui ressemble peut-être un peu plus à ce que tu décrivais, Fabien.
- Speaker #6
Toi, tu t'es risqué sur quelques chiffres, Jean-Phil, dans ta FAQ des poditeurs. On en a aussi, mais alors c'est un fait, je ne détaille pas les chiffres, mais on a effectivement un recul de l'âge moyen du premier déplacement vers le lieu de scolarisation. On parlait aussi au niveau générationnel de la... de la différence de ce qu'on peut vivre avec ce qu'ont vécu nos parents, nos grands-parents. Il faut savoir qu'en quatre générations, la distance que les élèves sont autorisés à parcourir seuls a complètement fondu. On est passé de plusieurs kilomètres il y a une cinquantaine d'années à quelques centaines de mètres aujourd'hui. Donc ça, c'est un fait. La seconde question sur laquelle je voulais vous amener, les garçons, c'était... Elle vient de toi, cette expression, Jean-Phil, donc je te donnerai peut-être la parole en premier. c'est le Warm up de l'élève. J'aimerais bien que vous fassiez l'un et l'autre l'avocat du transport actif et il va falloir vous faire un petit plaidoyer. Quels seraient d'après vous les trois principaux arguments ? Quels seraient vos trois principaux arguments pour impulser des politiques et des actions de promotion de cette mise en œuvre des transports ou des trajets actifs pour les élèves ? Alors, Jean-Philippe, tes trois leviers.
- Speaker #5
Il s'avère que Pour rendre à César ce qui est à César, je crois que les trois, les arguments que j'aurais, enfin ce qui va soutenir mon plaidoyer vient d'une conversation que j'ai eue avec un collègue non moins ami de travail, avec qui je suis allé boire un verre il y a quelques temps et en fait qui est hyper branché sur la question de la mobilité. Et notamment ce qu'il m'a raconté est sa démarche, qu'il partage d'ailleurs avec son épouse pour leurs enfants, m'a été hyper inspirant. Et notamment, alors je dis pas que tout vient de lui, mais en tout cas très clairement ça a nourri mon avis sur trois choses. La première, c'est l'autonomie. Moi, je crois que vraiment, c'est cet aspect-là, en tout cas, que j'aurais envie de développer avec mes enfants, c'est-à-dire de réfléchir avec eux sur leur mobilité vers l'école. Pour moi, c'est leur donner les ingrédients pour devenir plus autonome, ce que je considère crucial. Et puis, l'autre point, mais qui se développe en deux points, c'est la question de l'appropriation de leur espace. C'est-à-dire qu'en fait, je pense que vraiment, entre le domicile et l'école, si tu te sens en sécurité... Dans cet espace-là, c'est une bonne porte d'entrée pour te sentir aussi en sécurité dans ta ville ou dans ton environnement qui t'appartient. Et c'est aussi comme ça, je pense, que tu inities les réflexions sur ce que tu dois à cet environnement, l'attention que tu dois y porter, ce qui peut être beau, ce qui peut être confortable. Et puis là aussi, on en revient à ce qu'on disait tout à l'heure sur le caractère. Est-ce que les individus peuvent changer leur environnement ? Ben oui, en fait. si tu te l'approprie en réfléchissant à comment... ce à quoi tu aurais envie que ton environnement ressemble, je pense que c'est autant de levier pour être bien. Et alors, ce n'est peut-être pas comme ça qu'on apprend quelque chose. Déjà, peut-être que si, mais par rapport aux apprentissages de l'école, si tu te sens bien dans ton environnement, tu te sens en sécurité, je pense que c'est un état émotionnel hyper important après pour ton arrivée à l'école et ton arrivée en classe pour apprendre les contenus scolaires.
- Speaker #6
Je veux bien que Régis, tu rebondisses, ou en tout cas, peut-être tu abondes dans ce côté autonomie, tu y vois les mêmes choses que Jean-Phi ?
- Speaker #0
Oui, dans un premier temps, j'abonde. La question d'autonomie, de la confiance en soi, de la gestion du risque. Je mettrais même un chapeau compétence psychosociale. Le trajet, c'est apprendre à décider, à s'orienter, à interagir avec des inconnus, ce qui peut se faire ultra peur aux parents, mais ça fait partie des CPS. Et j'y mettrais aussi, on n'en a pas encore vraiment parlé, tu disais que c'était ta crainte Fabien d'aller vers quelque chose de trop hygiéniste, mais il y a quand même ce truc de santé physique, de réveiller le corps et tous les bénéfices que ça peut avoir. Moi je parlais de mon petit trajet de 20 minutes à pied avant d'arriver au boulot, je vois ce que ça change si je descendais du train et que j'étais directement dans mon bureau, ce ne serait pas du tout la même ouverture physique, et pour le coup cognitive aussi. Parce que ça taillère l'esprit, parce que je ne vais pas développer ça, ça paraît des évidences, mais je pense que c'est un... Parmi mes arguments, ça en ferait partie clairement, de réveiller le corps et l'esprit le temps de ce trajet d'école physiquement mené.
- Speaker #6
Merci Régis. Alors, bien sûr, sur l'autonomie, vous avez été déjà très complets tous les deux. Sur ces questions de santé physique et santé mentale, c'est assez important, puisque si l'ensemble des études que j'ai pu consulter est assez unanime sur les vertus de ce trajet actif et son impact sur la santé physique, On peut couvrir jusqu'à 48% des recommandations quotidiennes et ça peut représenter jusqu'à 45 minutes de déplacement actif pour un élève en moyenne. Ça favorise la santé cardiométabolique et osseuse, donc ça c'est plutôt tout bon. L'impact sur les apprentissages et cette espèce de préchauffage cérébral qu'on pourrait envisager, il y a quand même une petite nuance. Alors bien sûr, c'est très bon, c'est très bon puisque l'amélioration de la neurogénèse et de la plasticité synaptique. bien sûr amélioration de l'attention j'aime bien tout à l'heure quand on disait quand on entendait ce témoignage Régis dans ta chronique de quelqu'un qui disait j'y vais en trottinette donc je me mets en état d'alerte dès le matin et ça me faisait penser à ça on a pour aller toujours dans ce sens là on a une étude suisse qui nous parle d'un tiers lieu éducatif, j'ai employé tout à l'heure ce terme là où l'enfant sur ce trajet là il développe tout un tas, tu en parlais Régis de compétences psychosociales mais aussi de compétences exécutives. cognitive, spatiale, où il lit directement ses connaissances avec un environnement et une expérience sensible. Maintenant, sur l'impact bénéfique sur le plan cognitif, il y a des études qui nous disent de faire attention parce que ça dépend de la durée et de l'intensité de l'effort. On n'y avait pas pensé, mais si potentiellement, je repense à un voyage que j'avais fait au Cap-Vert et ce que moi, j'avais cru être une randonnée d'une journée ou d'une demi-journée, c'était le chemin de l'école d'enfants qu'on avait croisé. Là, l'impact sur le cognitif, il n'est pas tout à fait le même. La nuance, elle est à ce niveau-là, vous l'aurez compris, sans aller dans ses excès, globalement, oui, c'est plutôt bon pour cette santé mentale et santé physique. Il y a une toute dernière question, je pense qu'on l'a un peu effleurée, notamment, Jean-Pierre, avec tes retours, mais la question, elle est plutôt du côté, en privant les élèves de ce trajet-là, est-ce que la ville n'est pas devenue pour eux une sorte de manuel scolaire illisible et est-ce qu'on pourrait prétendre, nous, qu'en les privant de ce trajet-là, ... on les a rendus complètement analfabètes à leur environnement. Et là, Jean-Philippe, je voudrais bien te redonner la parole pour creuser cette question-là.
- Speaker #5
Oui, alors, en fait, c'est marrant parce que je te donne à la fois raison et à la fois pas raison, parce qu'en fait, je pense que c'est aussi la question de nous, adultes, de regarder le trajet de l'école à la hauteur de nos enfants ou de nos ados. C'est-à-dire que moi, typiquement, je pense que le trajet scolaire, il est plus dans le caractère effectif et pratique. C'est-à-dire que moi, je le pense comme ça. Alors, ça ne veut pas dire que quand mes enfants me posent des questions sur quelque chose qui vient dans le trajet scolaire, j'y réponds pas. Mais par contre, je pense qu'il est pensé comme ça. Alors que si je les accompagnais en voyant là un levier de développement de quelque chose, de la lecture de l'environnement, des enjeux de risque, des enjeux d'urbanisation, des enjeux de plein de choses. Je vois mes enfants font le trajet de temps en temps, deux fois par semaine avec une nounou. Et je sais qu'elles apprennent plein de choses sur la botanique. Parce que la nounou est très branchée fleurs. Donc en fait, sur toutes les fleurs qu'elles croissent sur le chemin de l'école, elles apprennent des choses comme ça. Et du coup, je pense que quelque part, ça va à la fois à l'encontre de ce que tu dis. C'est-à-dire que si mes enfants faisaient le trajet tout seuls ou toutes seules, en l'occurrence, peut-être qu'elles n'auraient pas ces opportunités d'apprendre des choses. mais en même temps Si moi, je faisais le trajet avec elle en me disant que j'ai envie qu'elle soit autonome, là, je serais beaucoup plus moteur dans leur fait de leur proposer une réflexion, une lecture de ce trajet de l'école. Donc bon, à nouveau, je pense que ça, c'est à la hauteur de l'âge de mes enfants qui n'ont que 7 ans, qui actuellement ne sont pas autonomes dans leur trajet parce qu'il y a quand même 20 minutes de marche entre mon domicile et l'école et que moi, à 7 ans, ça me paraît encore petit. Alors peut-être qu'à l'époque de mes parents, ça aurait été fait, j'en sais rien. Mais en tout cas, voilà. Mais donc pour moi, là, la problématique que je vis actuellement, c'est de dire je crois qu'il faut encore que j'accompagne mes enfants pour attirer leur attention sur quelque chose, pour qu'elles deviennent autonomes dans leur réflexion sur leur trajet de l'école.
- Speaker #6
Il est fort, notre Jean-Phi. Régis ?
- Speaker #0
Oui, carrément, je rebondis. Effectivement, dans le même ordre d'idées, pour des enfants un peu plus grands, il y a le côté, on l'a dit, d'autonomiser les élèves. Les enfants n'ont qu'une envie, c'est d'être autonomisés, de pouvoir faire des trucs tout seuls, là où les parents sont plus réticents. Mais sur les trajets, je reviens un peu plus grand, peut-être que le parent peut faire l'explication de texte pendant le trajet, ça ressemble à ce qu'il dit Jean-Phi, on va regarder les panneaux, les règles implicites de circulation, etc. avec ce petit biais qu'on est plus dans le passif que dans l'actif, l'enfant il est plutôt passager, et peut-être que pas si facile parce que trajet du quotidien, donc il y a quand même le côté à un moment pilote automatique, pour casser un peu cette routine, c'est compliqué, on fait tous les jours le même trajet de quelques minutes, ou même s'il est long, redonner de l'épaisseur éducative, j'adore l'exemple de ta nounou Jean-Phi, ce serait génial que tout le monde ait ça, et si on est prof on peut penser à des petites choses, je repense à par exemple Matanville, l'idée de On chausse ses lunettes de mathématicien et peut-être sur le trajet, tiens, on observe, est-ce qu'il y a des parallèles, des perpendiculaires, ce genre de trucs. J'adorerais trouver une liste de tout ce qu'on peut faire comme ça, de manière ludico-pédagogique, sur un petit trajet d'école.
- Speaker #5
Ce qui permet juste de dire merci Nathalie, parce que Nathalie, c'est une nounou d'enfer. C'est un vrai jeu de mots.
- Speaker #6
Et vous avez la ref. Et on remercie Christophe Gilguer et l'association Math en Vie qui a été mentionnée par Régis. Les garçons, je ne développerai pas plus. je vous propose d'aller directement à la synthèse de cette FAQ de la rédac. On pourrait se dire que l'enfant moderne est devenu le maillon d'une chaîne logistique qui est conditionnée par les contraintes parentales. Mais on peut se dire aussi qu'on a un moyen d'action, le « on » étant la communauté éducative, c'est celle de promouvoir les trajets actifs entre le domicile et l'école, ce qui serait une véritable stratégie de santé publique gagnant-gagnant. Elle réduirait les coûts sociaux et de l'inactivité, tout en préparant des élèves qui seraient plus attentifs, plus citoyens et plus autonomes. et puis elle permettrait d'enseigner l'écologie ou en tout cas de traiter l'éducation au développement durable peut-être et surtout l'EMC d'une manière différente je repense souvent à ton papa Régis qui a appris à nager sur un tabouret apprendre l'EMC et la citoyenneté dans les livres sans... Avoir ce genre d'expérience, c'est un peu fait comme Mimo, le papa de Régis qu'on embrasse et qui a appris à nager sur un tambourin. Merci les garçons pour cette chronique très complète, je l'espère en tout cas.
- Speaker #0
Et vous, dites-nous sur LinkedIn, là où on est très actifs, on fait notre community manager, les chemins de l'école pour vos enfants, ça se passe comment ? Est-ce que ça vous angoisse ? Est-ce qu'ils font les choses seuls ? En lien avec tout ce qu'on vient de se dire, n'hésitez pas, allez-y, il est là pour vous répondre. 7 jours sur 7, 24 heures sur 24. Allez, on monte dans le bus pour voir si cet épisode nous a inspirés à nous, du côté de la reco de la rédac.
- Speaker #4
La reco de la rédac.
- Speaker #0
Alors, Jean-Phi, est-ce que tu es inspiré par ces chemins de l'école, ces routes de l'école ?
- Speaker #5
Alors, pour le coup, sur la reco, j'ai été hyper inspiré parce que tu nous as invités à monter dans le bus. Alors, figure-toi qu'en plus, le film que je vais vous conseiller est un huis clos dans un bus. Et ce n'est pas Speed. Le film... Le film en question s'appelle The We and the I de Michel Gondry que j'avais vu quand il est sorti en 2012. Donc ça date pas d'hier et j'y ai repensé assez vite. Et il s'avère que le film se passe à New York et c'est le dernier jour avant les vacances. Et donc la sonnerie sonne, tous les élèves descendent et montent dans le bus. Et c'est le dernier trajet en bus avant de rentrer chez soi pour les vacances. Et donc en gros, on l'a revu avec ma femme en préparant l'émission. J'avais oublié à quel point le début est hyper agaçant parce que c'est vraiment des ados. Le début est hyper concentré sur les bêtises des ados, donc des trucs qui sont parfois presque même méchants à certains moments, voire violents même à vrai dire. Et puis petit à petit, en fait, ce huis clos, on commence à découvrir un peu le sous-texte des différents personnages, donc ces différents ados et vraiment on a tous les deux fini le film avec ma femme. Vraiment j'en avais un excellent souvenir et c'est vraiment un excellent film, pas très long. qui dit beaucoup de choses sur les trajets de l'école, sur tout ce qui s'y passe, sur l'adolescence, les enjeux de l'adolescence et les enjeux qu'il peut y avoir à l'adolescence sur ses trajets. Bref, un film un peu fait de briquet de broc, mais qui touche hyper juste et que nous, on a adoré. Donc, The We and the I, le nous et le jeu de Michel Gondry.
- Speaker #0
Un film de Gondry que je n'ai pas vu, ça me donne hyper envie de le voir. Alors moi, Marocco, j'avoue que j'étais à la bourre pour cet épisode et c'est en finalisant le conducteur, Pas plus tard qu'hier, en revoyant Taroko, je me suis dit, un bus, des enfants vers l'école, mais oui ! Donc moi j'ai choisi un film aussi, mais on va dire moins inconfortable, mais vachement touchant et bouleversant. Ça fait un bail que je ne l'ai pas vu, c'est De Beau Landemain, un film du Canadien Atom et Goyane qui date de 1997. C'est tiré d'un roman de Russell Banks et on y retrouve notamment cet acteur Ian Holmes, l'acteur anglais qui joue Ash, le fameux androïde d'Alien, mémorable, qui lui reste collé à la peau. Non, et là c'est l'histoire d'une petite communauté pour le coup qui est frappée par un drame. un bus scolaire qui quitte la route et toutes les conséquences de ça alors c'est un peu sous forme d'une fable qui modernise le joueur de flûte de Hamelin c'est explicitement d'ailleurs dans le film vous savez ce fameux conte des frères Grimm où ce joueur de flûte finit par attirer tous les enfants dans une grotte et les faire disparaître c'est ce qui se passe dans le film et qui se porte surtout sur ce qui vient après Que font les adultes de ça, leurs récits, etc. Les silences qui se passent dans les familles. Donc, ce n'est pas une reco feel good, quoique. Très émotive pour le coup. Film bouleversant. Je ne veux pas en dire plus parce qu'il se passe plein de choses dans ce film. Et même moi, en en reparlant là, ça me donne très, très envie de le revoir. Donc, je vous le recommande très chaudement.
- Speaker #6
Fabien Nreko ? Vous l'entendez, cette petite musique ? Iconique ! J'aurais pu vous parler pour ma reco de l'intégrale de Tom Sawyer, mais je vais plutôt laisser la parole à Nathalie qui nous a répondu. Alors, on a beaucoup parlé de Nathalie. Dis donc, elle est très présente dans cette émission. On va lui laisser dérouler cette reco que tu as commencé à teaser, Jean-Phil, dans ta FAQ du Poditeur.
- Speaker #1
A voir Fabien sur un post sur les réseaux sociaux, se déplacer entre chez lui et son école. lors de son ancienne école, au vu du grand âge de Fabien. Je pense à un film qui s'appelle « Sur le chemin de l'école » . Un film qui doit avoir une bonne dizaine d'années, oh oui. Où on voit quatre enfants, Zahira, Jackson, Samuel, et il m'en manque un, Carlos. Des enfants filmés aux quatre coins du monde, qui pour se rendre à leur école doivent traverser tantôt des steppes, sous la chaleur. tantôt des hachevales, tantôt traverser des cours d'eau. Alors au-delà du fait que ce film est tourné pour un peu nous tirer la larme à l'œil et nous faire dire que nous, en Occident... tellement comblée de tellement de choses, nos enfants n'auraient plus envie d'aller à l'école. Et que eux, par contre, aux quatre coins du monde, auraient envie. C'est un super film. Franchement, très très beau film. Je l'ai regardé de nombreuses fois avec mes petits élèves dans mon école, au Maroc notamment. Et tous et toutes ont voulu le regarder plein plein plein de fois parce qu'ils sont sensibles au parcours de ces enfants. qui étaient tellement loin du leur, même s'ils vivaient au Maroc, ils étaient quand même expats et bien nourris, bien fournis comme il fallait. Donc je ne peux que vous recommander ce film.
- Speaker #0
Bon, de la bonne reco pour cet épisode sur les routes de l'école et pas sur les chemins de l'école, mais les chemins de l'école et d'une reco. Merci, merci à Sophie pour sa question. loin d'être inintéressante la preuve elle nous a chauffé et puis on a trouvé plein plein de trucs merci à vous de tous qui nous écoutez si vous avez apprécié l'épisode déposez des étoiles des commentaires sur votre plateforme de streaming préférée recommandez Nipédu autour de vous à vos amis partagez-le avec vos connaissances allez nous dire des choses sur le répondeur de Nipédu mais surtout vous l'avez compris maintenant sur LinkedIn allez réagir ou interpeller notre chargé de com Fabien Ausha le mois prochain Il sera question de complètement autre chose. On va parler de foirage, de plantage, de loose, de couac, de galère, de bourde, de boulette. En éducation, quand rien ne va comme prévu, qu'est-ce qui se passe ? Partagez-nous aussi vos pires anecdotes sur le répondeur Denis Pédu pour nourrir cet épisode. Et en attendant,
- Speaker #6
on se dit à plus dans le bus, gardez la pêche et grâchez le loyau !
- Speaker #5
Je ne nous ai pas trouvé des plus rigolos dans nos interstices.
- Speaker #6
Chacun sa route, chacun son chemin, mais parfois un chemin semé d'embûches. Ça peut être un truc un peu dans une formule, un peu convenu comme ça, mais qui ouvre...
- Speaker #0
Passe le message à ton voisin, moi j'aurais dit un biais.
- Speaker #6
Ah ouais, j'adore. Merde, s'il te plaît, fais ça. Non mais je te jure.