- Speaker #0
Il existe des naissances dont on parle peu, des naissances qui ne font pas de bruit, où le corps guide, les regards soutiennent et le silence travaille. Alors bienvenue chez nous. Nous, c'est le podcast où on parle de naissances organiques et originelles. Un espace spécialement créé pour la réunion, pour écouter ce qui se vit quand on fait confiance au corps. Un espace pour redonner une voix à la physiologie. Je suis Alicia et je suis doula. J'accompagne les femmes et les couples avant. pendant et après l'arrivée de leur enfant, je le fais avec cette conviction simple que le corps sait. Il porte cette mémoire ancienne qui, lorsqu'elle est respectée, entourée, sécurisée, devient d'une puissance remarquable. Dans ce podcast, tu entendras des récits vrais, des histoires de souffle, de doute, de courage, des histoires où des couples ont trouvé leur place et les professionnels ont collaboré, des histoires où les mondes se rencontrent parce qu'ils sont justement réconciliés. Réconciliation entre savoir médical et intelligence du corps, réconciliation entre les générations, réconciliation des couples et de leur foyer, c'est ça la prochaine humanité. Naître autrement, ici sur notre île, c'est honorer la vie dans sa dimension la plus simple et la plus puissante, c'est permettre à chaque famille de sentir qu'elle peut choisir, comprendre, s'informer et s'engager avec confiance. Ici, à La Réunion. Je donne la voix aux mères qui ont senti leur corps agir avec justesse, aux pères qui ont trouvé leur place dans la présence et la sécurité, aux professionnels qui œuvrent dans l'alliance et le respect du vivant. Chaque épisode est un témoignage, une traversée qui racontait avec sincérité un espace où la naissance est un passage conscient, soutenu, honoré. Chaque bébé arrive avec une promesse et chaque famille qui se transforme participe à une humanité plus apaisée. Bienvenue chez nous ! Je suis vraiment, vraiment, vraiment trop heureuse de donner la parole au père. Et alors, parler d'un papa aujourd'hui, quand même incroyable. Merci, ravi de m'accueillir.
- Speaker #1
Avec plaisir.
- Speaker #0
Pour parler de tes trois enfants, certes, mais surtout d'une naissance en particulier, c'est-à-dire la dernière, vécue il y a peu de temps. On va développer ça ensemble. D'abord, est-ce que tu aurais envie de donner quelques mots pour présenter qui tu es ? Tu dis ce que tu veux, pour qu'on comprenne un peu mieux ton histoire.
- Speaker #1
Eh bien, je m'appelle Ravi, je suis infirmier de bloc opératoire, donc j'ai un long parcours de soignant, ce qui m'a emmené à choisir la maison de naissance pour l'accouchement de mes trois enfants.
- Speaker #0
Donc c'est vraiment toi qui a permis à ton épouse d'emprunter ce chemin de la physiologie ?
- Speaker #1
Alors, oui et non. Parce que moi, je savais ce que je voulais. C'était un projet que j'avais moi. Mais ce n'est pas moi qui accouche, donc du coup, il fallait que j'en parle à ma femme. Et c'est une collègue qui m'a amené vers ce chemin-là, qui a fait que ça a tout de suite...
- Speaker #0
Comme tout ouvert.
- Speaker #1
Tout ouvert, oui, exactement.
- Speaker #0
Tu t'es dit, en fait, c'est possible.
- Speaker #1
C'est possible. Voilà, ce que je voulais, en fait... où je n'avais pas mis de mots exacts comment il fallait faire, c'est arrivé par ce témoignage de ma collègue.
- Speaker #0
C'est important ce que tu dis là, parce que c'est aussi l'objectif de nous, cette communauté de nous, de faire circuler des récits pour que des gens qui n'ont pas l'idée de comment leur projet pourrait se réaliser puissent en entendre et se dire « mais c'est bien sûr,
- Speaker #1
je peux » . C'est exactement ça.
- Speaker #0
Donc, tu en parles à ton épouse, et puis vous rentrez finalement dans cette décision de faire naître vos enfants de manière physiologique.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Si tu devais juste donner trois mots pour exprimer ce que tu as vécu lors de ces enfantements, qu'est-ce que tu aurais envie de dire ?
- Speaker #1
C'est une très bonne question. Je n'ai pas de mots, en fait.
- Speaker #0
Tu as des sons, peut-être ?
- Speaker #1
Oui, peut-être des sons, des sensations. Mais voilà, c'est beaucoup d'émotions. C'est beaucoup d'émotions en fait. C'est tellement étriqué au corps aujourd'hui, je ne sais pas, je ne saurais pas les exprimer. Si je les exprime, je pense que je pleurerais. En fait, je ne ferais que pleurer.
- Speaker #0
C'est comme si... On peut garder l'arme, ça me va très bien comme mot. Cette idée finalement que les mots qu'on choisirait sont peut-être un peu trop étroits pour exprimer ce qu'on vit. Oui,
- Speaker #1
en fait, ce n'est pas assez... Ce n'est pas assez... Comment on peut dire ? Ça ne donne pas la définition exacte de ce que j'ai vécu, en fait. Si je donne un mot, ça ne sera pas suffisant.
- Speaker #0
Ok, donc on a compris que c'était « huge » , c'est très très grand.
- Speaker #1
« Huge » , exactement.
- Speaker #0
« Huge » et les larmes, d'accord. Je garde. Si tu avais peut-être une métaphore ou une image qui te reste en tête de ces enfantements, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
Les cascades de Niagara. Non, franchement, c'est vraiment le truc... Les chutes de Niagara. Les chutes, voilà, les chutes du Niagara ou la cascade Niagara, enfin tout ce que tu veux, tu sais, quand c'est vraiment en mode les grosses, les fortes pluies, mais enfin voilà, les chutes du Niagara, parce qu'en fait, t'as tout en fait qui se... qui... tu vois, tout qui se...
- Speaker #0
Qui se mélange un peu.
- Speaker #1
Tout qui se mélange en fait. T'as la joie, la fierté, la... T'as plus de mots, en fait. T'es vidé. T'es vidé. T'as toute cette énergie-là, en fait. Tu sais, ça brasse cette force qui arrive. Tu te sens fort, en fait. Tu te sens fort. Tu te sens fort. D'avoir fait ça à deux. Et en fait, c'est surtout de voir ta femme... qui a fait ce travail et était fière d'elle et elle est fière d'elle et elle est fière de nous et nous on est fiers, enfin moi je suis fier de nous et c'est extraordinaire en fait.
- Speaker #0
T'as choisi la bonne maman pour tes enfants.
- Speaker #1
Voilà c'est ça et là en fait oui c'est vrai qu'on se dit c'est la bonne.
- Speaker #0
J'adore.
- Speaker #1
C'est vraiment la bonne.
- Speaker #0
J'adore, j'adore cette façon que t'as de témoigner ça, c'est beau. Ok je garde les chutes du Niagara, ça me va bien ça, je trouve que ça marche avec Huge et les larmes en vrai, c'est assez cohérent.
- Speaker #1
Ouais ouais c'est ça.
- Speaker #0
Si tu avais une peur à exprimer que tu aurais peut-être traversée pendant ces moments-là, ces expériences inédites, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
La peur, c'est purement médical. La peur, c'est que ce projet ne finisse pas, ne s'accomplisse pas, et que l'on passe de l'autre côté de la barrière, on va dire, côté soignant, là concrètement, être dans le purement médical.
- Speaker #0
Tu avais peur des protocoles un peu ? Oui,
- Speaker #1
j'avais peur du protocole, j'avais peur de la césarienne, j'avais peur de tout ça.
- Speaker #0
Ok, je comprends.
- Speaker #1
Et ça, c'est mon côté soignant, qui fait qu'on a toujours ce regard négatif sur ce qu'on fait nous en tant que soignants.
- Speaker #0
Ok, je comprends. Si tu avais une force que tu as pu rencontrer pendant ces expériences d'enfantement avec ton épouse, ce serait laquelle ?
- Speaker #1
La force, c'est cette collaboration qu'on avait avec... Enfin, cette complicité qu'on avait avec ma femme. d'être en union sur tout le processus. Et ça, j'ai compris qu'en fait, des fois, il n'y avait pas forcément besoin de parler. Et ça se passait juste par un toucher, un massage, par des points de pression, par exemple, pour la soulager d'une certaine douleur, un regard, des caresses. Enfin, voilà, c'était tout ça.
- Speaker #0
Par de la présence, en fait.
- Speaker #1
La présence.
- Speaker #0
Ouais, c'est beau.
- Speaker #1
Que je n'aurais pas pu avoir si j'avais... Enfin, si on avait été dans un... dans une structure pour un accouchement qu'on voit à 90%. Un accouchement conventionnel, entre guillemets.
- Speaker #0
Je ne sais pas trop comment on pourrait le décrire, mais en tout cas différent de celui-ci. Ok, donc c'est beau aussi, cette présence-là dont tu parles, ça veut dire que du coup, tu as trouvé ta place ?
- Speaker #1
Bien sûr, et c'est ce que je voulais, en fait. C'est surtout être présent, et être présent pour la naissance de... de mes trois enfants.
- Speaker #0
Alors, pour définir la notion de présence, ce n'est pas être juste dans la même pièce.
- Speaker #1
Non, pas vraiment.
- Speaker #0
Être présent, c'est être acteur.
- Speaker #1
C'est acteur, voilà, exactement. Ce n'est pas juste être là et regarder, parce que ça, tout le monde peut le faire.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Tout le monde peut être dans la même pièce que sa femme qui accouche et qui enfante, il n'y a aucun problème. Mais être présent et accompagné, en fait, c'est plutôt l'accompagnement, l'accompagnement et être dans l'action à chaque étape. En fait, nous, en tant que futur papa, ça nous fait grandir et nous dire, en fait, dans la difficulté, on est là, en fait.
- Speaker #0
Bien sûr. Ça renforce quelque chose.
- Speaker #1
Ça renforce quelque chose et puis moi, ça renforce encore plus parce que j'ai épousé ma femme et c'était pour le meilleur et pour le pire. Et là, c'est pour le meilleur et pour le pire. C'est-à-dire qu'en fait, dans cette situation-là d'enfantement, il y a les deux qui sont là. Et c'est là qu'on voit... notre force en fait, qu'on peut être ensemble et qu'on peut être unis et avancer loin. Et si on a la même vision, bah...
- Speaker #0
C'est beau ce que tu dis, c'est trop trop beau.
- Speaker #1
C'est chouette.
- Speaker #0
Ah j'avoue. Alors j'aimerais justement que tu nous parles de cette présence que tu as eue auprès de ton épouse quand elle a enfanté de votre fille, la dernière de vos bébés. C'était il n'y a pas si longtemps je crois.
- Speaker #1
C'était il n'y a pas si longtemps, oui.
- Speaker #0
Et j'aimerais avoir un peu cette... Tu sais quand je donne la voix au père, l'idée c'est aussi d'inspirer ceux qui l'ont écoutée. Parce que les papas, souvent, se sentent un petit peu en dehors du game, alors qu'en fait, ils ont 100% de leur place disponible quand ils s'insèrent dedans. Ils ont toute leur place.
- Speaker #1
Ben oui. vraiment toute leur place.
- Speaker #0
Alors raconte-nous, qu'est-ce que tu as vécu ?
- Speaker #1
Je vais comparer avec les autres. En fait, c'est dans la suite des deux premiers, au final. Parce qu'après, on devient rodé. J'ai envie de dire que ça devient une habitude.
- Speaker #0
Bon, on va en faire sept, en fait.
- Speaker #1
C'est vrai, on va dire que ça devient une habitude. Mais c'est vrai qu'on est présent. Déjà, quand on apprend, à écouter les sons de sa femme.
- Speaker #0
Ah,
- Speaker #1
c'est beau ça ! Au tout début, on est là, on se dit, mais en fait, pour mon premier par exemple, là c'est chaud, là ça commence à monter en son, mais on a été préparé pour ça. Et en fait, plus ça va, et plus on apprend qui est notre épouse, notre femme, et comment elle... Et à quelle étape elle est, juste par le son, en fait.
- Speaker #0
J'adore ce que tu dis là, parce que c'est la vérité absolue.
- Speaker #1
Mais c'est vrai. Et en fait, là, pour ma fille Leïa, pour notre fille Leïa, je sentais hausser le ton de sa voix. En fait, au tout début, c'est tout doux. Et après, ça montait, ça montait. Et ça devenait un peu plus...
- Speaker #0
Animal, presque.
- Speaker #1
Animal, ouais. Un peu plus incontrôlé. en fait elle pouvait pas ne pas faire ne pas parler, ne pas émettre de son et là je me suis dit ah là ça va être presque le moment tu sais d'ailleurs que les sons aident à l'ouverture oui bien sûr et c'est là en fait que Lucie voulait rester en fait Lucie voulait rester encore un petit peu à la maison attendre et en fait dans ma tête c'était non parce que si elle reste un peu plus on va plus pouvoir partir et c'était un accouchement à domicile à ce moment là Merci. Ce qui ne m'aurait pas dérangé. En soi,
- Speaker #0
ça aurait pu se faire.
- Speaker #1
Mais du coup, là, ça m'a...
- Speaker #0
C'était le projet d'accoucher à Manao et en maison de naissance.
- Speaker #1
Oui, c'était le projet. Et puis, au vu des sons qu'elle émettait, en fait, concrètement, c'était l'heure pour nous d'y aller. Donc, j'appelle la sage-femme et je me dis, bon, allez, on y va. Je pense que c'est l'heure d'y aller. et c'est là qu'on est allé à Manao et en fait après ça s'est fait très très vite très très vite ça s'est fait en fait j'ai même pas eu le temps de réaliser on a même pas eu le temps de réaliser pour le premier si parce que ça a duré presque 20h pour Isaac ça a duré assez longtemps donc on a le temps de se préparer mais là j'avais pas le temps de me préparer en fait Léa c'est un Spoutnik Merci. Léa, ça a été la fusée. C'était la fusée. Je veux sortir.
- Speaker #0
Quand vous êtes arrivée sur place, votre équipe de sage-femme que vous connaissiez depuis longtemps, puisque c'est l'équipe qui vous a accompagnée, vous êtes entrée dans cette salle que vous connaissiez aussi. Qu'est-ce qu'elle a eu envie de faire pour pouvoir continuer à laisser vivre le processus qui était en cours dans son corps ?
- Speaker #1
En parlant de Lucie ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Lucie, en fait... Elle était déjà dans son petit monde.
- Speaker #0
Oui, dans sa bulle.
- Speaker #1
Ah oui, elle était dans sa bulle. Et en fait, j'ai juste laissé faire. Parce qu'en fait, elle avait juste besoin de ça. Et en fait, on voit si la personne a besoin d'être plus accompagnée ou si elle peut aller toute seule. Et là, en fait, elle était bien. Donc, je n'avais pas besoin d'intervenir plus, en fait. Ma seule présence était suffisante. Et quand il fallait aller dans le bain, c'est là que c'était le plus important, parce qu'il fallait masser, caresser, soutenir, encourager. Tout ça, c'était important, en fait. Qu'elle puisse l'entendre, que je sois présent.
- Speaker #0
Avoir le son de ta voix, peut-être. Oui,
- Speaker #1
je pense que c'est ça, en fait. Je pense que... Écouter son partenaire, c'est aussi s'apaiser. C'est se mettre encore plus dans sa bulle et se permettre de se relâcher pour pouvoir laisser passer bébé.
- Speaker #0
C'est précieux ce que tu dis là, parce qu'on sent bien que finalement, c'est un processus totalement involontaire, la naissance. Ça traverse le corps. Et le rôle du papa, du rôle du partenaire en tout cas, c'est de laisser faire ou en tout cas d'être en sécurité pour que cette bulle-là n'explose pas.
- Speaker #1
En fait, on doit être présent, mais pas être intrusif. Parce que, je donne l'exemple pour la naissance d'Isaac, où un moment où les douleurs commençaient à se réveiller, et en fait, je vais pour appuyer sur un point d'acupression, et Lucie me dit non, stop, je ne veux pas. Et ça, ça m'a... En fait, voilà, ça apprend à... Une forme d'humilité. Oui, et puis jauger à quel moment on y va ou à quel moment on se met en retrait. Et ça, c'est important, je trouve, d'avoir ce regard-là pour pouvoir savoir à quel moment on y va. Oui,
- Speaker #0
donc d'être capable, plutôt que d'analyser, d'être dans la perception.
- Speaker #1
dans l'intuition il faut ressentir à quel moment on peut y aller ou à quel moment on ne peut pas y aller et si on ressent que notre partenaire a besoin qu'on y aille on y va,
- Speaker #0
il ne faut pas hésiter et quand je parlais de cette sécurité c'est cette idée d'être celui qui observe et qui est gardien du territoire et que quand tu dis ne pas être intrusif, ça marche aussi pour les gens de l'extérieur oui,
- Speaker #1
exactement c'est... C'est ce qu'on devrait faire tout le temps.
- Speaker #0
C'est ton rôle, c'est le rôle du partenaire.
- Speaker #1
C'est le rôle de chacun, de ne pas être intrusif envers une autre personne. Et là, c'est encore plus mis en avant.
- Speaker #0
Quand elle est dans sa bulle, justement, et qu'elle vit l'intensité de ce rite initiatique qu'est la naissance, toi, tu as quel souvenir à ce moment-là, de ton côté, de ton prisme à toi ? Quand tu la regardes, quand tu écoutes ce qui se passe, quand tu vis le moment aussi, mais de ton côté.
- Speaker #1
Je vis le moment avec, en fait, à travers elle, à travers ses sensations, à travers... Quand elle n'est pas bien, en fait, je ne suis pas bien. Donc j'essaie de faire des choses qui, en fait, en faisant à moi du bien, en fait, en pensant lui faire du bien, en fait, je me fais du bien à moi, en fait. C'est ça le truc.
- Speaker #0
C'est de la co-régulation, en fait.
- Speaker #1
C'est de la co-régulation, exactement. C'est-à-dire qu'en fait, à la base, on n'est pas bien parce que notre partenaire n'est pas bien. Et donc, du coup, on va lui faire du bien pour nous faire du bien à nous. Donc, c'est fou de se dire ça. Mais jamais j'aurais pensé vivre un truc comme ça. Jamais. Jamais. Et ce que je voulais vraiment, comme la présence du papa, pendant tout le processus d'enfantement, c'est là que j'ai trouvé là. J'ai trouvé vraiment ce que je voulais. Et pour rien au monde, sauf vraiment... Gros problème santé. Gros problème médical, etc. En fait, je changerais. Et je me dis, si jamais un jour, on doit être amené à bouger d'ici, de la Réunion, et partir en métropole, par exemple...
- Speaker #0
Il y a plein de maisons de naissance maintenant.
- Speaker #1
Oui, mais en fait, je me dis, est-ce qu'on arrivera à un niveau, au même niveau où on est là, voire même plus ? Ou est-ce qu'on sera déçus ? Parce qu'en fait, à vrai dire, on se construit une famille, on se construit une vraie famille, une équipe qui devient notre famille. Notre sage-femme, c'est des amis maintenant.
- Speaker #0
Mais bien sûr.
- Speaker #1
Parce qu'en fait... Elles nous ont vu grandir, elles ont vu grandir nos enfants, et en fait, elles sont extraordinaires. Elles font un travail extraordinaire. Et ça, je pense qu'elles ne le savent pas assez, ou on ne leur dit pas assez. Et il faut qu'elles prennent conscience que ce qu'elles font, c'est extraordinaire. Et il devrait y avoir plus de maisons de naissance sur l'île. C'est vraiment dommage de ne pas avoir ça, en fait.
- Speaker #0
Oui, de se rendre compte qu'on peut collaborer, qu'on peut faire équipe. qu'on peut avoir à la fois une équipe de professionnels et à la fois des familles qui sont concernées par la naissance et ensemble fonctionner de manière optimale. On a ton grand qui nous a rejoint.
- Speaker #1
Salut Nono, tu dis bonjour ?
- Speaker #0
Oui, salut Noa. Vas-y, dis. Papa, il parle un petit peu avec moi, tu es d'accord ? Ouais, super, il me fait oui de la tête, tout va bien. Quel regard, du coup, tu portes aujourd'hui sur toi, ta femme, ton couple ? Après avoir vécu ces expériences-là de naissance physiologique, ça a forcément changé la donne, j'imagine ?
- Speaker #1
Sur moi ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Oui, parce qu'en fait, on sent vraiment papa. On les a vus sortir, en fait. Nos enfants, on les a vus sortir. Le regard que je porte sur ma femme, c'est noir. Il n'y a pas d'autre mot, en fait. Ma femme, je lui embrasserai les pieds jour et nuit. Parce qu'il y a eu la naissance de nos trois enfants. Et ce qu'elle a fait, c'est tellement extraordinaire que je lui embrasserai les pieds jour et nuit. Pour la remercier, je ne pourrais pas la remercier autant que ça.
- Speaker #0
Une gratitude immense pour ce qu'elle a fait, pour votre foyer.
- Speaker #1
Et notre couple, en fait, il est plus fort que jamais. On ne peut pas briser ça, en fait. Ce n'est pas brisable. Quand on a vécu un truc comme ça, on ne peut pas revenir en arrière, on ne peut pas briser ça. Dans les coupes, il y a toujours des tensions, des hauts, des bas, c'est normal. Mais ce lien fort-là, jamais.
- Speaker #0
C'est une colle.
- Speaker #1
C'est une colle. C'est même plus qu'une colle, en fait.
- Speaker #0
C'est du ciment. Oui,
- Speaker #1
oui.
- Speaker #0
C'est de la colle quantique.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. On ne peut même pas, on ne peut même pas. C'est même pas cassable.
- Speaker #0
J'aime bien, j'aime bien. Est-ce que tu te rappelles du premier regard avec Léa, votre fille ? Parce que tu savais que c'était une fille ou pas ?
- Speaker #1
Non. On n'a pas voulu savoir.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #1
En fait, pour Noa, on n'a pas voulu savoir. Pour Isaac, on a voulu... Moi j'ai pas voulu savoir mais Lucia voulait savoir pour préparer Noah et pour... Voyant que Noah en fait n'avait aucun... Il n'y avait rien en fait ça changeait rien sa vie en fait et ben on s'est dit pour le troisième bébé ça sera surprise Total, on veut pas savoir D'autant plus qu'on a eu un épisode avec Léa, on a failli la perdre en fait, à 14 semaines. Et ça a été très très dur, franchement ça a été un choc. Et clairement on s'est dit, ça y est, on perdait Léa. On n'avait pas encore le prénom, mais on perdait bébé.
- Speaker #0
Vous étiez mis dans la perspective que c'était possible de la perdre ?
- Speaker #1
Ah c'est à tout moment, parce qu'en fait à tout moment c'était possible de perdre bébé. Et donc là, en fait, on crée, il y a une sorte d'attachement qui se crée, mais aussi un éloignement. Parce qu'en fait, si on s'attache trop, on peut perdre bébé et du coup on peut souffrir. Donc il y a cette distance qui se crée, même si elle n'est pas grande, mais elle est là en fait. C'est sous-jacent et ça perturbe.
- Speaker #0
Donc quand elle est arrivée sur vous...
- Speaker #1
Quand elle est arrivée, en fait, là, c'était pleurs. Il n'y avait pas d'autre moyen d'exprimer ça, en fait. C'est les pleurs de joie, de soulagement, de fierté. Voilà, tout ça. qui sont là et oui quand on a vu Leïa pour la première fois en fait on s'y est pris à plusieurs fois parce que en fait on a laissé passer un petit peu cette émotion là de ça y est elle est là après après en fait Sacha me dit en fait c'est bon on peut voir si c'est un garçon ou une fille et là on regarde on lève le drap et on regarde c'est une fille et là Encore plus, la joie est revenue, donc des pleurs. Et en fait, on n'était tellement pas sûrs que du coup, on a resoulevé le drap et on a confirmé que c'était bien une fille. Et là, c'était extraordinaire. C'est fou. C'était extraordinaire. Et ouais, c'est des pleurs et la joie et hâte de dire à tout le monde que voilà, c'est une fille. Et pour te dire en fait, à quel point c'est une équipe et c'est une famille. C'est que même notre sage-femme, dès qu'elle a su que c'était une fille, elle a hurlé de joie. Elle a hurlé de joie. C'est-à-dire qu'en fait, c'était tellement...
- Speaker #0
Elle vivait avec vous le truc.
- Speaker #1
Elle a vécu avec nous le... L'accouchement, c'était tellement fort. À tel point que la personne, la sage-femme d'affreinte, la deuxième sage-femme en fait...
- Speaker #0
Elle a cru qu'il y avait un souci ?
- Speaker #1
Oui, et la femme de ménage qui était là aussi, qui faisait le ménage, elles ont cru qu'il y avait un problème. Et elles ne savaient pas si... Si l'enfant était né, s'il n'était pas encore né, s'il y avait un souci ou s'il n'y avait pas un souci, c'était trop dingue. C'était génial.
- Speaker #0
J'adore cet enthousiasme que tu as.
- Speaker #1
Il n'y a pas d'autre joie plus grande. Non, il n'y en a pas. La naissance de mes trois enfants, c'était extraordinaire.
- Speaker #0
Justement, si tu avais envie de donner un message, Isaac, je crois qu'il a très envie de nous rejoindre. On l'entend derrière en train de tacler la porte. si tu avais un message à transmettre aux parents qui écoutent, à ceux qui sont déjà parents et à ceux qui ont envie de le devenir qu'est-ce que tu aurais envie de leur dire ?
- Speaker #1
foncez, déjà faites des enfants parce que c'est extraordinaire et ça va cette expérience va vous apprendre beaucoup sur vous ça va vous faire grandir et
- Speaker #0
vous allez voir vous allez être complètement changé vous n'êtes plus le même après ça une femme warrior et un homme en place ça c'est bon et qu'est-ce que tu aimerais dire à tous ces bébés qui patientent encore dans l'invisible et qui n'attendent qu'une chose c'est que des parents les accueillent et ben foncez aussi j'ai l'impression qu'il y a beaucoup de bébés qui ont envie de naître comme tes enfants oui je pense en fait les enfants qui arrivent au monde
- Speaker #1
En fait, c'est un cadeau pour les parents. Mais le plus gros cadeau que les parents peuvent donner à leurs enfants, à leurs bébés, en fait, à naître ou qui naissent, c'est ça, en fait. C'est de leur donner ça comme façon de naître.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Parce que, physiologiquement parlant, c'est le meilleur qu'on puisse leur offrir, en fait.
- Speaker #0
C'est déjà un miracle en soi, hein ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
De pouvoir le vivre comme ça, alors que toute ta petite famille nous a rejoints. Isaac, Léa, Noah. Papa, il a dit des choses magnifiques à votre sujet. Mais oui, Loulou. Ça, c'est trop beau. Merci de faire partie de la communauté, nous. Merci d'avoir offert à vos enfants effectivement le message « Tu es capable » et d'avoir offert à votre famille cette possibilité de vivre la puissance par la naissance. Merci à toi d'avoir donné son récit.
- Speaker #1
Merci de l'invitation. le moment c'était un moment de partage et de partager ça c'était important pour nous donc voilà chouette merci à tous ceux qui nous écoutent ouais je pense qu'il y a des papas qui vont adorer ton témoignage en tout cas merci beaucoup merci d'avoir écouté cet épisode de nous merci
- Speaker #0
d'avoir ouvert cet espace en toi pour accueillir ce récit parce que chaque histoire partagée est une empreinte vivante Une trace de ce qui se traverse, de ce qui se révèle et de ce qui grandit au moment d'une naissance. Je donne la voix à ces récits pour qu'ils circulent, pour que la physiologie retrouve sa place dans nos foyers et dans nos conversations. Ce que je souhaite, c'est que ces paroles t'accompagnent, qu'elles nourrissent ta réflexion, ton couple, ta confiance, et qu'elles ouvrent un dialogue simple et vrai autour de la naissance, ici, à La Réunion. Ce que je choisis, c'est de tisser des ponts, entre les familles et les professionnels, entre l'expérience intime et le collectif, entre la mémoire du corps et les savoirs contemporains. Alors si cet épisode a résonné pour toi, eh bien partage-le, fais circuler ses voix, permets à d'autres familles réunionnaises d'entendre que d'autres chemins existent et que la confiance peut prendre racine. Si ton histoire demande à être racontée, alors écris-moi. Nous continuons de grandir à travers chaque récit. Parce que chaque naissance façonne le monde et chaque voix compte. A très bientôt pour un nouvel épisode de Nous.