- Speaker #0
Il existe des naissances dont on parle peu, des naissances qui ne font pas de bruit, où le corps guide, les regards soutiennent et le silence travaille. Alors bienvenue chez nous. Nous, c'est le podcast où on parle de naissances organiques et originelles. Un espace spécialement créé pour la réunion, pour écouter ce qui se vit quand on fait confiance au corps. Un espace pour redonner une voix à la physiologie. Je suis Alicia et je suis doula. J'accompagne les femmes et les couples avant, pendant et après l'arrivée de leur enfant. Je le fais avec cette conviction simple que le corps sait. Il porte cette mémoire ancienne qui, lorsqu'elle est respectée, entourée, sécurisée, devient d'une puissance remarquable. Dans ce podcast, tu entendras des récits vrais. Des histoires de souffle, de doute, de courage. Des histoires où des couples ont trouvé leur place et les professionnels ont collaboré. Des histoires où les mondes se rencontrent parce qu'ils sont justement réconciliés. Réconciliation entre savoir médical et intelligence du corps, réconciliation entre les générations, réconciliation des couples et de leur foyer, c'est ça la prochaine humanité. Naître autrement, ici sur notre île, c'est honorer la vie dans sa dimension la plus simple et la plus puissante, c'est permettre à chaque famille de sentir qu'elle peut choisir, comprendre, s'informer et s'engager avec confiance. Ici, à La Réunion. Je donne la voix aux mères qui ont senti leur corps agir avec justesse, aux pères qui ont trouvé leur place dans la présence et la sécurité, aux professionnels qui œuvrent dans l'alliance et le respect du vivant. Chaque épisode est un témoignage, une traversée qui racontait avec sincérité un espace où la naissance est un passage conscient, soutenu, honoré. Chaque bébé arrive avec une promesse et chaque famille qui se transforme participe à une humanité plus apaisée. Bienvenue chez nous ! C'est vraiment chouette de te recevoir Gaëlle pour parler de ce que tu as vécu.
- Speaker #1
Merci à toi.
- Speaker #0
Et de te rencontrer dans ton histoire, dans ton récit, dans ton histoire de femme et de mère. Donc merci, merci d'offrir ce témoignage-là. D'autant que je crois que tu es une jeune maman. Oui. En même temps, il faudrait qu'on décrive ce que c'est que la jeunesse. C'est ça. En tout cas, tu as moins de 30 ans, on va dire ça comme ça. Donc je considère que tu es une jeune maman. Qui a fait le choix d'une essence physiologique ? On va en parler, mais d'abord j'aimerais juste qu'en quelques mots tu décrives ce que tu as envie de dire à ton sujet pour qu'on comprenne davantage ton parcours.
- Speaker #1
Effectivement j'ai 28 ans et je me décrirais à la fois comme quelqu'un de très cartésien et en même temps de très intéressé et ouvert par toutes les choses que je ne comprends pas. Je ne maîtrise pas, je chose de l'ordre plus de la spiritualité, de l'éveil à autre chose. Je vais faire un métier qui est très fondé sur les preuves scientifiques. Et en même temps, dans ma vie personnelle, je suis entourée de plein de gens qui sont ouverts à d'autres choses, qui ont des dons et des talents en tout genre. Il y a un peu cette dualité en moi, ce que je trouve hyper enrichissant.
- Speaker #0
justement j'aime bien cette idée de te présenter comme étant quelqu'un de cartésien et à la fois ouverte parce que finalement le vivant c'est exactement ça le vivant avec un grand v le vivant qui nous habite le vivant qui nous entoure c'est exactement ça c'est complètement cartésien et à la fois tellement difficile à comprendre dans l'ensemble de ces aspects c'est ça la magie en fait injustement la magie du vivant alors si tu devais décrire un petit peu justement ce que que tu as vécu dans ton enfantement. C'est ton premier bébé, d'ailleurs. Oui. Premier bébé, si t'avais trois mots à donner sur l'expérience, tu donnerais lesquels ?
- Speaker #1
Intensité,
- Speaker #0
sans aucun doute. C'est l'expérience sans doute la plus intense de ma vie. Dépassement,
- Speaker #1
je pense,
- Speaker #0
de tout.
- Speaker #1
De soi, de ce que je croyais savoir. J'en ai un troisième qui me vient, mais je voulais le garder pour l'image. C'est pas drôle. Je vais essayer d'en trouver un autre. Bon, non, voyage.
- Speaker #0
Voyage. Intensité, dépassement et voyage. Déjà, on a le programme, j'ai envie de dire, sur ton récit. Justement, cette image qui te vient quand tu penses à cette incroyable expérience inédite, puisque c'est la première que tu as vécue, elle sera inédite à chaque fois, pour être vrai. Alerte spoiler. Enfanter, c'est nouveau à chaque fois. Même quand on a 11 enfants, c'est toujours nouveau. Ce serait quoi l'image forte pour toi ? Qui décrirait cette expérience ?
- Speaker #1
J'ai eu une longue phase de mon accouchement où j'ai été dans une piscine, une baignoire pardon. Et en fait pendant cette phase qui a été très très très longue et très très très dure. et quand même très très pénible, il faut le dire. Mais dont j'ai eu que des flashs, en fait, j'avais un peu en arrière-pensée le sentiment que j'étais sur un fleuve et que sur les deux côtés du fleuve, il y avait le cœur des femmes, enfin vraiment il y avait des tas de femmes, et que je devais remonter le fleuve. jusqu'à un feu sacré. C'était en fait une image que j'avais travaillée avec ma psychologue durant la grossesse, sur d'autres choses, et qui m'est revenue le jour de l'accouchement. Et donc peut-être parce que j'étais vraiment dans l'eau et que j'avais vraiment des guirlandes lumineuses au mur que je fixais et que je voyais un peu flou. Et j'avais le sentiment qu'il fallait que j'atteigne le feu sacré pour mettre au monde mon enfant. Et qu'il fallait du coup que je remonte le fleuve. Et que les femmes m'encouragent en chantant une chanson qui tourne en boucle. Et que c'était vraiment ce voyage initiatique. À ce moment-là, j'avais vraiment littéralement l'impression que je stagnais et que je n'avançais pas du tout dans le fleuve. Mais qu'il fallait que j'atteigne ce fait sacré. Et c'était vraiment l'image qui revenait. Et vraiment comme un voyage initiatique en fait. le voyage et l'initiation et le baptême entre guillemets du feu c'est l'image qui m'est vraiment restée j'ai envie de te dire que c'est une belle image parce que enfanter c'est clairement la première initiation intense d'une vie de femme il
- Speaker #0
y en a plein toute sa vie mais enfanter c'est particulièrement intense et cette initiation elle te construit pour toute ta vie derrière donc c'est beau c'est le coeur des femmes autour qui te... qui te chante ton voyage et qui t'encourage finalement à traverser ce fleuve jusqu'au feu sacré, j'adore. Je garde l'image, je la trouve fantastique. Est-ce que tu as traversé une peur en particulier pendant cet enfantement qui te revient ? Ou est-ce que tu n'as pas eu peur du tout ? C'est possible aussi.
- Speaker #1
Si, je pense que j'ai eu. Je ne sais pas. Plus vraiment en fait. Je pense que j'ai eu pendant la phase de désespérance, peur de mourir, peur que ça ne s'arrête pas, peur sans doute de ne pas y arriver. Mais je garde souvenir que ça a été très long, que ça a été très dur, que ça a été très éprouvant. Mais je ne garde pas souvenir d'avoir vraiment eu peur. Comme s'il y avait un peu la voix de la conscience en moi qui restait en arrière fond et qui me disait en fait c'est ok, il n'y a pas de vrai danger. Peut-être parce que les personnes autour de moi, je percevais qu'il n'y avait pas de danger en fait, que c'était long, que ce n'était pas marrant entre guillemets, mais que c'était ok. Et aussi parce que c'était sans doute aussi un des trucs qui m'empêchait de lâcher prise, que je suis restée beaucoup dans le conscient. Ça va finir. Enfin, c'est...
- Speaker #0
Tout passe.
- Speaker #1
Obligé. Ça va finir parce que tu accouches, et un accouchement, c'est un début et ça a une fin. Un moment, le bébé va sortir. Ça sera fini. Ça va peut-être être long, mais ça sera fini. Et en fait, du coup, je pense que même si j'avais toutes ces émotions, etc., et que je pense que j'ai dû avoir peur, il y avait un côté de moi qui était rassuré. Donc j'ai pas à souvenir d'avoir vraiment eu une peur à un moment donné, encore aujourd'hui en tout cas, qui me soit restée.
- Speaker #0
C'est intéressant que tu précises que ça t'a... Peut-être, je dis bien peut-être parce que je n'étais pas à ta place, mais j'essaie de comprendre ce que tu as vécu. Peut-être que ça t'a maintenu dans un conscient qui reste à vouloir contrôler. Et c'est vraiment une expérience initiatique du laisser-être dans toute sa puissance. Et donc lâcher la tête, ce n'est pas toujours facile. Je comprends que tu puisses avoir cette peur-là. Je crois qu'on l'a toutes eues à un moment donné à traverser. Et c'est ça le plus dur finalement, c'est de traverser cette peur. Ce moment où on se dit, bon, tu sais quoi, il faut que je fasse confiance. Et ça va le faire. Est-ce que justement, tu as découvert une force particulière en toi à ce moment-là ? Pas sur le coup. Sur le fait d'avoir traversé ça,
- Speaker #1
je pense que je ne l'ai pas découvert sur le coup parce que justement, je suis quelqu'un qui est très dans le contrôle. Et quand j'ai eu à coucher, j'étais déçue. J'étais amère. Le mot précis, c'était amère. J'étais amère. Dans les heures qui ont suivi, j'étais vraiment amère. J'étais très chamboulée de cette amertume parce que je m'attendais à être béate de bonheur, de joie, émerveillée. Et en fait, j'avais le sentiment que je n'avais rien géré, que j'étais déçue de moi parce que je suis quelqu'un qui est très perfectionniste et qu'avoir le sentiment de ne pas avoir pu tout gérer justement de A à Z, c'était très compliqué pour moi. De ne pas avoir été « parfaite » dans mon accouchement, c'était quelque chose de très difficile et qui était en contradiction avec... ce que je suis en fait et que je travaille, mais bon, j'ai encore du chemin. Et donc, sur le coup, j'étais pas du tout, entre guillemets, fière de moi ou contente d'avoir accompli ça, ou en tout cas, je ne reconnaissais même pas la valeur de ce que j'avais pu accomplir et traverser. Aujourd'hui, je le reconnais et je me dis qu'effectivement, j'ai été très... Enfin voilà, que c'était une force que je ne me connaissais pas. Par contre, là où j'ai plus vite... découvert une force et où je me suis surprise ça a été dans effectivement mon endurance parce que l'accouchement a duré 16h mais derrière ça en sont suivis 16h dont une nuit et derrière ça en sont suivis quasiment 3 nuits sans plus de 15 minutes de sommeil d'affilée parce que notre petite fille a été hospitalisée et que ça a été des moments vraiment difficiles et pour le coup ou... J'ai encaissé vraiment sans broncher quoi. Et malgré le manque de sommeil, malgré les douleurs, malgré le fait de ne pas pouvoir être allongée parce que j'étais assise en néonatologie avec elle, j'ai encaissé. Mais vraiment, moi qui ai besoin de 10 heures de sommeil par nuit, je fonctionnais vraiment parfaitement. Et j'ai aussi été surprise au moment de la naissance, quand elle est née. et qu'elle n'était pas hypertonique, on va dire. Elle était un petit peu molle. Elle allait bien, mais elle était un peu molle. Et je m'étais toujours dit que ça m'inquièterait énormément. Et en fait, pas du tout. Je l'ai prise, je l'ai frictionnée, je lui ai parlé, comme si je savais faire. Et là, il y a une partie de moi qui m'observait et je me suis dit vraiment, là, la nature parle, en fait. Et là, pour le coup, il y avait un lâcher-prise complet. Et juste, je savais quoi faire, je savais quoi dire. J'avais pas d'inquiétude. Tout allait bien, quoi.
- Speaker #0
Ouais. Comme si le fait d'avoir traversé ta rivière vers ton feu sacré, t'avais offert la connaissance, finalement, de la mère que tu étais déjà avant de voir cet enfant arriver dans tes bras. Comme s'il n'y avait pas besoin de tous tes cours et toute ta connaissance, c'était déjà là, en fait. C'est un peu ça que tu me dis, non ?
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
C'est fou, quand même.
- Speaker #1
C'est... Ça me rappelle une vidéo que j'avais vue où une maman avait accouché seule. Et il y avait juste la caméra et elle dans la pièce. Et le bébé est vraiment dans un état... Moi, j'aurais paniqué. Et elle, elle savait quoi faire. Elle savait l'aspirer, lui parler, tout. Puis après, le bébé, ça y est, il était bien, quoi. Et je m'étais dit, oh, jamais, jamais moi comme ça. Et en fait, je me suis fait penser à elle, quoi. Je me suis dit, mais ouais, en fait, je sais que ma fille va bien. J'ai vraiment pas eu d'inquiétude, quoi.
- Speaker #0
Cette espèce d'hyper-confiance, hyper-conscience. Ypra-conscience même, j'ai envie de dire, qui fait que t'as la certitude que tout est OK.
- Speaker #1
Oui, et puis les gestes qu'il fallait, l'assurance, ça allait.
- Speaker #0
Si tu avais un message à offrir aux parents qui t'écoutent là et qui ont soit déjà vécu, soit qui vont bientôt vivre l'expérience de la naissance, qu'est-ce que t'aurais envie de leur dire ?
- Speaker #1
Pour ceux qui ne l'ont pas encore vécu, peut-être de se dire qu'effectivement, on peut être préparé, mais on n'est jamais prêt. Et en fait, c'est OK. de se faire confiance, de faire confiance aux gens qui nous accompagnent aussi, et à notre bébé. Donc voilà. Et après peut-être le message de ma sœur, que je n'ai pas pu comprendre avant, mais que j'ai compris après. Et elle m'a dit, il n'y a pas de notion de... Alors pour les perfectionnistes comme moi, il n'y a pas de notion de réussite dans un accouchement. Parce que que tu accouches... physiologiquement comme c'est ton projet ou par césarienne ou par déclenchement, peu importe en fait tu l'auras fait et ça même c'est grand et moi qui étais très dans mon projet physio à vouloir réussir je pouvais pas l'entendre mais après je l'ai entendu de me dire qu'en fait quand tu as mis au monde tu as donné vie, tu as traversé ça même si ça ne s'est pas passé comme tu espérais même si ça ne s'est pas passé de manière la plus physiologique possible Merci. tu l'as fait, tu as traversé ça avec ce que ça va t'apporter, avec ce que ça t'a fait grandir et tu as mis au monde et ça même c'est grand en fait, c'est beau.
- Speaker #0
Magnifique, c'est ça l'esprit de nous, c'est la réconciliation de tous les mondes et de comprendre qu'en effet déjà d'avoir l'intention de respecter le vivant dès le départ et ensuite de se laisser traverser par ce qui arrive, c'est déjà merveilleux et de toute façon chaque naissance a de la valeur, chaque naissance est une promesse. et c'est à nous justement de la respecter au plus proche de ce qu'elle a à nous offrir quand elle arrive. Si on revient justement sur ce fameux projet perfectionniste que tu avais dans ta tête pour faire naître ton bébé de manière physiologique, qu'est-ce qui t'a donné envie justement de traverser la maternité de cette manière et l'enfantement de la même manière ?
- Speaker #1
J'avais une amie qui a donné naissance à son petit garçon à la maison, ce qui me paraissait, vu les études que j'ai faites, absolument... fou et dangereux et risqué. Et pourtant c'est quelqu'un que je juge être très instruit et intelligent, donc je me suis dit que quelqu'un d'instruit et d'intelligent puisse penser si différemment de ce que j'ai appris. Peut-être qu'il faut que je me remette en question dans mes connaissances. Et donc en parlant avec elle, elle m'a présenté aussi le documentaire de Nina Nahr, Faut pas pousser, ça m'a fait réfléchir. Et donc après en me documentant, je me suis dit qu'effectivement... Notamment le fait de me dire qu'aux Pays-Bas, par exemple, il y a 15% de naissances qui sont à domicile et 85% sans péridurale, et que ce ne sont pas des femmes qui n'ont pas du tout accès à ça, ni qui ont un patrimoine génétique si différent du mien. Me dire qu'elles, elles sont capables de le faire, pourquoi pas moi en fait ? Donc voilà, ça a remis les choses en perspective et je trouvais pour le coup que le projet en maison de naissance était assez sécurisé. Et en même temps, laisser la place à la naissance dans toute sa physiologie et sa nature. Et du coup, ça me parlait bien.
- Speaker #0
C'est beau de le dire comme ça. J'aime bien ton analyse entre la réalité des statistiques, la réalité de ton corps et de ton histoire, la réalité de ton intention, de tes projets, de tes envies, de tes désirs. Tout ça pourrait se mélanger ensemble. Et quelque part, la recette idéale, c'est celle où on arrive à combiner le plus d'ingrédients qui nous parlent. Et il n'y a pas de recette magique. à calquer sur tout le monde, c'est à chacun de créer ce projet au regard de ce qu'il a envie de vivre et de ce qu'il est capable aussi de traverser. Merci pour cette réponse. Est-ce que tu as des souvenirs clairs de ce que tu as vécu ou bien c'est un peu flou ?
- Speaker #1
Il y a des moments, des souvenirs clairs, il y a des moments où c'est très flou. La plupart est très flou.
- Speaker #0
Tu as vraiment vécu un état modifié de conscience du coup alors ?
- Speaker #1
Je pense oui, clairement.
- Speaker #0
16h, dans un état un peu altéré ? Au niveau de ta conscience, et un corps qui pourtant agit dans ce qu'il sait faire, est-ce que tu aurais envie de décrire certains moments plus que d'autres ? Peut-être ceux qui te reviennent de manière précise ?
- Speaker #1
Effectivement, je pense que j'ai des souvenirs beaucoup sensoriels. Le début est très clair, puisque j'ai perdu les os initialement, et puis c'était comme dans les films américains. Grande Zo, ce n'était pas la petite fille sur un. Et voilà, qui a vraiment marqué le début, en fait. Parce que je me suis dit, il faut que je me mette vite en travail. Mais en fait, dans les dix minutes qui suivaient, j'étais en travail. Donc voilà, je n'ai pas eu le temps de me poser douze mille questions. Avec le sentiment au début qu'on maîtrise, de me dire, OK, je sais là ce dont j'ai besoin, je sais ce que je dois faire, me mettre dans ma bulle, me mettre ma playlist que j'avais préparée, me mettre bien au chaud, bien cocooning. Et... Et donc là, à ce moment-là, j'ai plus de souvenirs du temps qui passe. Je sais qu'il passe, mais j'ai le sentiment que tout va bien, en fait, à ce moment-là. J'avais des craintes avant de me dire est-ce que je sentirais bien le bébé bouger entre les contractions, tout ça. Je ne me suis pas posé la question une seule fois de tout le couchement. Tout allait bien à ce moment-là. Et puis après, ça s'intensifie. Donc 7 heures plus tard, donc il est 9 heures à ce moment-là, ça s'intensifie. et je sens que je... Je sens, en fait je pense que je vais petit à petit, bon c'est mon analyse à froid, mais je vais commencer à rentrer en conflit avec le lâcher prise bientôt, parce que je sens que je commence à perdre le contrôle. Et jusque là j'arrivais à bien faire les positions qu'on m'avait dites, que j'avais étudiées, à bien respirer, à bien voilà. Et ça suffisait, et là je sens que ça devient plus intense que ça, que j'arrive plus à me mouvoir exactement comme je veux, que j'arrive plus à être soulagée autant que je veux. Et ça, ça me fait peur, en fait. Et j'ai pas du tout, du tout envie d'accoucher dans une voiture. Pourtant, je suis pas loin de la maison de naissance, mais alors vraiment, c'est hors de question pour moi. Et du coup, je sens que quand je demande à Bastien, quand je dis à Bastien que je veux partir, je sens qu'il temporise un peu, parce que la sage-femme pense que c'est encore très tôt. Et je pense avec le recul qu'elle avait raison. qu'on était encore très tôt et qu'on aurait pu faire plus de choses à la maison. Mais je ne regrette pas de m'être écoutée, parce que je sentais que je n'avais plus les ressources toute seule et que j'avais besoin d'autre chose. Et la sage-femme m'avait dit que l'accouchement, c'est une histoire de cap. On a souvent l'impression qu'on ne franchira pas le suivant, et puis cap après cap, on y arrive. Et là, j'avais un cap à franchir. Et je n'avais pas les ressources, et peut-être que si Bastien m'avait proposé d'autres choses, j'aurais pu le passer à la maison. Mais en l'occurrence, je pense qu'à ce moment-là, lui non plus ne les avait pas. Et que donc, on a bien fait de partir.
- Speaker #0
Donc tu t'es écoutée clairement à ce moment-là ?
- Speaker #1
Oui, je me suis écoutée. Et... je regrette pas. de m'être écoutée, donc on est parti, on est arrivés à la maison de naissance, il était 9h et j'avais des contractions toutes les 4 minutes depuis à peu près 2h déjà qui étaient franchement douloureuses et donc là à la maison de naissance on a commencé les audios d'hypnose qui m'ont fait du bien même s'ils ne se passaient pas exactement comme je voulais ce qui m'avait le don de m'agacer prodigieusement le pauvre Bastien, je pense que j'ai dû lui en mettre plein la figure Même si je ne m'en souviens pas vraiment. Et ce moment-là, effectivement, je me souviens qu'il m'a paru un peu long, mais avec le recul, en fait, c'est passé assez vite. Et puis, j'ai vomi. J'avais vomi aussi à la maison. Et ça, je m'étais dit, je sais que quand on passe des capes, des fois, on vomit. Et du coup, peut-être que c'est en train de s'accélérer, qu'il faut que je parte. Et là, j'ai revomi à la maison de naissance. Et puis, juste après ça, du coup, il m'a proposé d'aller dans l'eau. Et en fait, je voulais pas y aller parce que j'avais le sentiment que l'eau, c'était un peu le dernier outil que j'avais. En fait, j'en avais encore d'autres que j'avais pas pensé à ce moment-là, mais c'est un peu ma dernière carte. Et que si je la jouais, après, j'aurais plus rien à quoi me raccrocher. Mais là encore, j'avais besoin de passer un cap, je pense, que j'ai passé en entrant dans l'eau. Une fois que j'ai été dans l'eau, ça m'a soulagé un temps. Et puis après... Et puis après, c'est devenu très difficile. Au bout de quelques minutes, j'ai compris que j'étais en phase de désespérance parce que j'avais tous les symptômes. Dire que j'allais mourir, que je n'allais pas y arriver, le sentiment d'être complètement dépassée. Et en même temps, j'avais encore des fois des pensées très claires, très cartésiennes. Et je me disais, mais ça ne va pas du tout, il faut que j'arrête de penser comme ça. Et là, j'ai le souvenir de la sage-femme qui me disait qu'il fallait que je me repose dans tes contractions, mais je n'y arrivais pas. La seule chose que j'arrivais à faire, c'était de me laisser couler complètement. Et je pense que ça a dû paniquer mon chéri, parce que comme je lui disais que je voulais mourir et que je me laissais couler, je pense qu'il a cru littéralement que j'allais vraiment me laisser mourir. Ce n'était pas le cas.
- Speaker #0
Laissez-moi me noyer ! Voilà,
- Speaker #1
c'est ça. Mais je n'allais pas me laisser me noyer. Et donc ça a été très long. Et là, le sentiment que ça n'avançait pas. J'avais des contractions quasiment toutes les deux minutes, même moins parfois. J'arrivais pas à reprendre mon souffle.
- Speaker #0
Est-ce qu'à ce moment, tu perçois que peut-être ton mental te fait défaut et qu'il est en train de ralentir le travail de ton corps ou pas vraiment ?
- Speaker #1
Je pense que j'ai dû le percevoir un peu inconsciemment, mais j'arrivais pas à le lâcher. Parce que j'ai pas souvenir de beaucoup de choses de ce moment-là. J'ai des souvenirs sensoriels et j'ai des souvenirs de pensées très claires. J'ai souvenir... Actuellement, je ne me souviens plus de la douleur, clairement, on oublie. Mais par contre, j'ai le souvenir de avoir pensé aux... J'avais étudié les prisons iraniennes pendant ma grossesse. Ah oui,
- Speaker #0
c'est étonnant comme sujet !
- Speaker #1
Et je pensais aux femmes qu'on torturait. Et j'avais ce genre de pensée, de me dire... Et puis après, je me disais, mais non, mais moi, ça va s'arrêter, moi, ça a du sens, ce que je fais. Moi, ça a du sens, c'est parce que j'accouche, donc c'est normal. Alors qu'elle, ça n'a pas de sens. et puis après je pensais aux patients qui ont des chimiothérapies je me disais mais eux ça va jamais finir alors que moi ça va finir et puis ça a pas de sens et j'ai souvenu on m'a dit mais pourquoi tu penses à ça mais arrête de penser mais je n'y arrivais pas et à côté de ça il y avait des moments où j'étais dans ce truc où je me sentais en transe où j'écoutais la chanson qui passait en boucle je voyais les lumières floues j'imaginais le coeur des femmes et que j'avançais même si j'avais l'impression de stagner et où là j'étais plus dans un truc cartésien, concret, d'analyse. Et j'étais très ambivalente, je pense, mais j'arrivais pas complètement à lâcher. Et puis je me disais que j'allais pas réussir à passer ce cap, en fait, à supporter, jusqu'à un moment donné où j'ai vu dans le regard d'une des deux sages-femmes qui m'accompagnaient Enfin, où j'ai trouvé la force qui me manquait dans son regard. Et en fait, à ce moment-là, je me suis raccrochée à son regard, mais à chaque contraction. Comme j'avais quand même des contractions très rapprochées, dès qu'elle disparaissait de mon champ de vision, je l'appelais au secours. Et puis je me disais, la pauvre quand même. Mais vraiment, c'était sa main et ses yeux. Et elle m'a d'ailleurs dit que c'était rare, les femmes qui, quand elles avaient des contractions d'une telle intensité, avaient les yeux ouverts. Qu'elles n'en avaient pas connu beaucoup. Et qu'elles se souvenaient de ces regards-là. Et c'est vrai que... regard, je pense que je m'en souviendrai toute ma vie. J'ai trouvé la force qui me manquait et je m'y suis raccrochée des heures durant.
- Speaker #0
C'est quand même bon d'avoir une équipe autour qui comprend ce qu'on est en train de vivre, qui ne juge pas ce qu'il est en train d'observer, et qui accompagne avec tout son amour, sa bienveillance et les bons outils pour justement passer les fameux capes dont tu parles. Est-ce que t'as mis au monde ta fille dans l'eau ou t'as mis au monde ta fille ailleurs ?
- Speaker #1
Ailleurs. Et je pense que tout est juste, d'ailleurs. Il faut savoir que moi je ne suis pas du tout une personne aquatique. Je m'étais d'ailleurs dit que la baignoire, le jour de l'accouchement, mouais bof, à la rigueur la douche et au final j'y ai passé 5h j'étais ouverte à cette possibilité mais moi je ne m'étais pas dit oui je veux accoucher dans l'eau c'était pas mon c'était pas ton élément de toute façon non je suis très terrienne moi j'y tenais pas et je pense qu'effectivement quand la sage-femme m'a conseillé de sortir parce qu'elle pensait qu'il fallait qu'on aide le travail à avancer et qu'on commençait à tourner en rond littéralement effectivement je suis sortie parce que j'avais décidé que je prenais j'avais totalement confiance dans l'équipe qui m'entourait et que tous les conseils qu'on pouvait me donner je les prenais alors ta petite fille arrive du coup quelques temps après que tu sois sortie de l'eau une
- Speaker #0
heure après oui à peu près là tu t'es sentie puissante à ce moment là ou tu t'es sentie vraiment épuisée ou les deux à la fois d'ailleurs peut-être je me suis sentie soulagée quand on m'a dit que je pouvais pousser Merci.
- Speaker #1
Et que c'est bon, j'ai déjà... J'étais... Enfin, elle m'a dit... J'ai les souvenirs de m'avoir dit, mais est-ce que tu vois quelque chose ? Mais c'était un moment où j'avais déjà demandé qu'est-ce qu'on m'examine deux fois. La première fois parce que j'en pouvais plus et que j'avais besoin d'une bonne nouvelle que je n'ai pas eue. Et la deuxième fois, où elle m'a dit, ça a vraiment bien avancé et où j'ai su, parce qu'elle ne donnait pas de chiffres, mais j'ai vu que, dans sa façon de me le dire, ça avait vraiment avancé. Et moi, je commençais à sentir le bébé engager vraiment et je sentais la tête entre... quand je touchais entre mes jambes. Et donc suite à ça, à un moment donné, je lui ai dit, mais est-ce que tu vois quelque chose ? Et elle m'a dit, bah oui, j'ai des signes qui montrent que tu es probablement à dilatation complète. Et en fait, vraiment, elle m'avait annoncé la délivrance, quoi. J'en pouvais vraiment plus. Et en fait, c'est comme si d'un coup, elle m'avait redonné du pouvoir, en fait, de me dire que là, je pouvais faire quelque chose, en fait. Pour que ça avance, c'est Merci. de nouveau du contrôle en fait mais jusqu'alors je pouvais que laisser faire et là d'un coup je pouvais faire et être vraiment active j'ai eu je pense plus de volonté que j'en avais jamais eu dans toute ma vie voilà et du coup en quelques poussées bébé était là et
- Speaker #0
là il n'y avait plus rien qui pouvait m'arrêter à ce moment là quand on te met ton bébé sur toi ce premier regard que tu vis pour la rencontre de ton enfant c'est comment dans le corps de Gaëlle
- Speaker #1
Euh... Eh bien, pour être tout à fait honnête, à ce moment-là, j'étais, pour le coup, après épuisée. Et je n'étais pas encore revenue, je pense, à ce moment-là. Et donc, ce premier regard, en fait, il n'a pas eu lieu à ce moment-là. Il a eu lieu plusieurs jours plus tard. Tu l'as offert au papa, du coup ? Oui, je pense que le papa, ce premier regard, ce premier pot à pot, ce n'est pas moi qui l'ai eu. Et d'un côté, ça m'a un peu tristée. mais en même temps je sais que j'ai préféré que ce soit pas moi qui le prenne parce que j'avais peur d'être tellement faible que de la faire tomber et je voulais pas prendre ce risque et en fait ce premier regard ce premier vrai découvert de son visage, tout ça, elle a eu lieu plus de 48 heures plus tard parce qu'entre temps, du coup, il y a eu un petit séjour en réanimation où le bébé a eu le masque, on était en peau à peau mais du coup on se regardait pas forcément et quand on est sorti de la néonate et qu'on est allé Et... Donc on a retrouvé une chambre où on était tous ensemble. Elle était dans son petit berceau, elle n'avait plus les lunettes, plus rien. Elle avait les yeux grands ouverts et là je l'ai regardée. Je me suis dit, oh, elle est tellement belle ! C'est moi qui ai créé, contribué à créer ce petit être. Il est sorti de moi et là, pour le coup, je me souviens de ce flot d'amour avec cette joie en même temps d'être enfin réunis tous les trois, de me dire qu'on allait sortir. que c'était plus qu'une question de quelques heures, que la traversée des enfers, je ne parle pas de l'accouchement, je parle d'après, il était derrière nous.
- Speaker #0
Quand je suis rentrée avec elle dans les bras dans cette chambre, je me suis dit que ça devait être un avant-goût du paradis. Alors même que j'étais encore quand une, j'étais kangourou. Et quand je l'ai regardée quelques minutes après dans son berceau, toute calme, ça a été à ce moment-là la rencontre. Vraiment.
- Speaker #1
C'est beau quand même de voir qu'on traverse la naissance comme vous l'avez tous les deux traversé, le papa et toi, et ce bébé. Il y a la difficulté, il y a l'épreuve, et il y a aussi derrière, comme tu le disais, le paradis sur Terre. C'est beau, comme tu l'as évoqué. C'est ça ton feu sacré, en fait.
- Speaker #0
Oui, vraiment, j'ai eu ce sentiment du voyage initiatique. Et puis ensuite, je pensais, en sortant de la naissance, je m'attendais à être heureuse, béate, et au final, pas du tout. Et en fait, je n'ai pas le temps de redescendre, d'intégrer. ce que j'ai vécu, de me dire ok ça a été difficile mais ça a été beau etc et en fait direct on m'embarque sur de la néonate et là quand on voit son enfant en souffrance on se dit enfin là d'un coup je me suis dit ok je raccourcis dix fois demain il n'y a pas de soucis j'étais là en train de faire là c'était difficile tout ça mais en fait pas du tout et c'est là où je me rends compte que oui on vit quelque chose d'intense dans le corps on part très loin dans l'esprit, dans l'âme mais comparé à voir ce petit être que je connais en fait depuis quelques heures d'un point de vue, on va dire, qui est là depuis quelques heures, mais que je vois avec une sonde, etc. Et ça, je me rends compte que je suis vraiment devenue maman à ce moment-là, et que c'est dans les entrailles. Que c'est une souffrance qui est tellement... Enfin, ça n'a rien à voir, en fait. Alors même que j'avais traversé un truc hyper éprouvant la veille, là, d'un coup, je me dis, ok, je le refais dix fois, il n'y a pas de souci, mais juste rendez-moi mon bébé et qu'elle aille bien.
- Speaker #1
Elle va bien, d'ailleurs. Elle n'a aucun problème de santé.
- Speaker #0
Non, elle va très très bien. mais du coup à ce moment là je me rends compte que je suis devenue maman mais je suis pas encore redescendue j'ai pas pu processer et c'est quand on arrive que tout ça est derrière nous 48h après et que je la découvre vraiment comme ça que là ouais il y a ce premier regard et ce truc de se dire ok j'ai traversé les enfers et maintenant je suis au paradis ça y est et ça peut commencer notre vie à trois si t'avais un message justement à offrir aujourd'hui aux mamans mais aussi aux parents tout court parce que les pères ont aussi la voix dans
- Speaker #1
cette expérience là Qu'ils aient traversé ou pas l'expérience de la naissance, qu'est-ce que t'aurais envie de leur dire ?
- Speaker #0
Qu'on grandit. Qu'on grandit et que, clairement, comme je disais, j'étais préparée mais j'étais pas prête. Les inquiétudes que j'avais, pour la plupart, ne se sont pas du tout réalisées. Et par contre, il y en a d'autres auxquelles je m'attendais pas, qui ont eu lieu et que j'ai dû traverser. qu'on se découvre dans l'épreuve une force indicible, clairement. Alors, des fois, on perd quelques plumes qu'il faut après aller recoller. Mais en fait, on grandit, on traverse et en fait, il faut faire aussi confiance à la vie. Comme disent les Anglais, « trust the process » . Et c'est pas facile surtout quand on est comme moi, qu'on a du mal à lâcher prise, qu'on est très dans le contrôle, qu'on aime bien tout maîtriser, tout comprendre, tout machin. Mais en fait, on ne peut pas. Et ça, c'est la grande aventure de la parentalité, de lâcher prise. C'est un petit sous-titre. Donc ça, je l'ai très vite compris, malheureusement. Parce que ça ne s'est pas du tout passé comme j'avais prévu, l'après. Ni le pendant, ni l'après l'accouchement. Et pour autant, je commence aussi avec le recul à me dire que j'avais des choses à en apprendre. Que ça faisait sans doute partie de mon chemin de vie. Que ça venait faire partie de la croissance que devait m'apporter ma fille. Et puis que, comme la nature est bien faite, on oublie et on a envie de recommencer.
- Speaker #1
J'adore ! Ah mon Dieu, j'adore ! Cette fin-là est magnifique ! Juste si tu avais un message à transmettre aux professionnels et aux toutes les équipes, finalement, médicales comme non médicales, qui accompagnent la parentalité, la maternité et la naissance, est-ce que tu aurais envie de leur transmettre un message au regard de ta propre expérience ?
- Speaker #0
Je pense qu'on a... beaucoup de chance de vivre au 21e siècle avec tous les progrès qu'ont pu faire la médecine, parce que je pense que la médecine sauve des vies. Mais je pense aussi qu'en Occident, on a pu oublier tout ce que on ne sait pas. C'est-à-dire qu'on devrait un peu revenir au principe « la seule chose que je sais, c'est que je ne sais rien » pour gagner en humilité. Et du coup, laisser la place au fait que peut-être il y a des choses qu'on ne comprend pas. qu'on ne peut pas expliquer de manière complètement cartésienne et qu'en en tenant compte en intégrant aussi dans tout ce qui va être evidence-based médecine et protection etc, et bien peut-être qu'on ira vers du mieux En respectant la physiologie, quand on est dans la physiologie, et quand des fois, il y a besoin d'un coup de pouce de la médecine, à ce moment-là, le prendre en faisant au mieux.
- Speaker #1
C'est tout ce que je souhaite à notre humanité. Merci beaucoup pour ton témoignage, Gaëlle.
- Speaker #0
Merci beaucoup à toi de nous avoir reçus. C'était chouette comme moment.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode de nous. Merci d'avoir ouvert cet espace en toi pour accueillir ce récit. Parce que chaque histoire partagée est une empreinte vivante, une trace de ce qui se traverse, de ce qui se révèle et de ce qui grandit au moment d'une naissance. Je donne la voix à ces récits pour qu'ils circulent, pour que la physiologie retrouve sa place dans nos foyers et dans nos conversations. Ce que je souhaite, c'est que ces paroles t'accompagnent, qu'elles nourrissent ta réflexion, ton couple, ta confiance, et qu'elles ouvrent un dialogue simple et vrai autour de la naissance, ici. à la Réunion. Ce que je choisis, c'est de tisser des ponts entre les familles et les professionnels, entre l'expérience intime et le collectif, entre la mémoire du corps et les savoirs contemporains. Alors si cet épisode a résonné pour toi, eh bien partage-le, fais circuler ses voix, permets à d'autres familles réunionnaises d'entendre que d'autres chemins existent et que la confiance peut prendre racine. Si ton histoire demande à être racontée, alors écris-moi. Nous continuons de grandir. À travers chaque récit, parce que chaque naissance façonne le monde et chaque voix compte. À très bientôt pour un nouvel épisode de Nous.