- Speaker #0
Ce centre LGBTQIA+, est nommé et logoté en référence au métro londonien. Concernant certains acronymes et noms de structures, un lexique est disponible en description de cet épisode. Notez également que cet épisode va faire mention de violences envers les personnes et les lieux queer. Salut c'est Sam, militant queer en association depuis plusieurs années déjà. mais surtout militant depuis toujours au fin fond de ma chair. Et aujourd'hui, avec Flora Giros, coprésidente de l'association, et Agnès Dubreuil, ancienne administratrice, on vous raconte la première partie de l'histoire du centre LGBTQIA+, de Strasbourg, La Station. Agnès, Flora, bonjour, merci d'être avec nous aujourd'hui. Est-ce que vous pouvez nous raconter une anecdote liée à la naissance de votre militantisme et votre histoire avec la station ?
- Speaker #1
La naissance de mon militantisme n'est pas née à la station. Il a un petit lien, mais un petit. J'ai 52 ans et mon militantisme est né en 2009. Il est né dans le cadre de la création de la station. J'ai rencontré deux lesbiennes de l'association David et Jonathan, qui est une association qui œuvre dans le cadre de... on peut dire de la religion, en tout cas du catholicisme, pour faire un peu évoluer les mentalités. Et à l'époque, elles avaient créé un groupe interassociatif pour travailler sur des interventions en milieu scolaire avec pour objectif justement d'ouvrir un petit peu ces jeunes dans les collèges et les lycées, en l'occurrence c'était que les lycées, à la question LGBT. Ça faisait suite... En fait, en Alsace, on a été créé le mois de l'autre à cette période-là. Et donc ça, c'était à peu près une année après la création du mois de l'autre. Le mois de l'autre, à l'institution, a été créé suite à des profanations de cimetières juives. La région a décidé de créer des interventions en milieu scolaire pour les lycéens, pour un petit peu essayer d'ouvrir à différentes questions. Et donc très rapidement, ces deux jeunes femmes... elles se sont intéressées à la question et se sont dit, tiens, on va tâcher d'ouvrir un petit peu à la question LGBT dans les lycées. Et moi, dans ce cadre-là, je les rencontre à une soirée de création de la station. C'était en 2009, c'était deux ans environ avant la création. Et elles mettaient en place une formation, parce qu'à l'époque, je trouvais ça très intéressant qu'on soit formé à... à intervenir puisque l'intervention était basée sur les témoignages. C'est-à-dire qu'il n'était pas question d'amener des théories ou des choses pas concrètes. Il fallait vraiment parler de nos vies. Avec en sous-titre un petit peu la question des... Moi, quand j'étais à l'école, j'aurais bien aimé avoir quelqu'un qui vienne me parler de homosexualité, en l'occurrence. Puisqu'il était question de parler de nos vécu-âmes. Voilà, et donc dans ce cadre-là, ça a énormément résonné. Moi, je suis née à Vendôme, dans le Loir-et-Cher, et pour situer, c'est environ 200 kilomètres au sud de Paris. Donc on pourrait se dire, c'est pas très, très loin de Paris, finalement. Par contre, en termes de militance et en termes d'ouverture d'esprit, on est très, très loin. Il faut dire, à Vendôme vient de se créer cette année la première association LGBT. Donc on est vraiment très... très loin de tout. Et mes représentations à moi, à l'époque, quand j'étais jeune de l'homosexualité, c'était la fille de l'épicière qui était un peu garçon manqué et qu'on appelait la lesbienne. Et ce garçon au lycée qui était un peu très extravagant et qu'on appelait le pédou. Et donc, moi, j'ai grandi hétérosexuel parce qu'en fait, il n'y avait pas d'options. Il n'y avait pas d'autres options. J'ai rencontré ma compagne en 2004, donc oui, 73-2004, il y avait 31 ans. Et voilà, et quand elles m'ont abordée et qu'elles m'ont dit, c'est vrai que nous, quand on était jeunes, on aurait bien aimé avoir ce genre d'intervention au lycée, ça nous aurait peut-être ouvert un parcours un petit peu différent au niveau de notre vécu. Ça a résonné très très fort chez moi et je me suis dit, carrément en fait, moi aussi. J'aurais adoré, quand j'étais jeune, qu'on vienne me parler d'homosexualité. Peut-être que j'aurais eu un parcours différent. Je ne regrette pas du tout mon parcours de vie, même hétéro. Il n'y a aucun souci là-dessus. Il m'a amené mon fille, qui a quand même été le grand bonheur de ma vie. Mais, qui est toujours meilleure. Mais par contre, peut-être que ça aurait facilité certaines autres choses. Et notamment, au tout début, quand j'ai rencontré ma compagne, je pense que ça aurait simplifié mon début de parcours avec elle. Voilà. Donc ça, c'est mon arrivée dans le militantisme par le biais des interventions en milieu scolaire, donc avant la création de la station. Et du coup, par rapport à la station, effectivement, en tant que militante de cette association, donc Bavide et Jonathan, j'ai participé parce que j'ai remplacé des personnes qui étaient impliquées dans la création de la station. J'ai participé à une ou deux réunions de la création. Et à l'époque, j'ai trouvé ça vraiment compliqué. Parce que le milieu LGBT, la communauté LGBT, on va dire que c'est une communauté, en vrai, c'est plusieurs communautés qui se juxtaposent et qui ne s'entendent pas toujours. Et donc, c'est premier et dernier, c'est vraiment compliqué. Et je me suis dit, oh là là, on va rester sur ce que je sais faire en l'occurrence des interventions au milieu scolaire. Je pense que ce sera bien plus simple. Ce n'est pas toujours simple ni évident. En tout cas, ce n'est pas une évidence de faire collaborer des personnes avec des agendas politiques et avec des luttes tant dans leur forme que dans leur objet. Et du coup, ça je trouve que, en tout cas, pour avoir présidé le centre LGBT de Strasbourg pendant quelques années, je trouve que c'est vraiment ça qui est le plus difficile dans le fait de faire vivre un centre. J'ai en tête une soirée. où on nous présentait un documentaire. Alors à l'époque, j'étais militante dans une association lesbienne féministe et on nous présentait un documentaire qui s'appelait « Homo laen » . Je ne sais pas si vous avez eu l'occasion de le voir, mais plutôt intéressant justement sur cette question du militantisme. Elle était présente de lesbiennes assez… dans certains âges, on va dire, avec un certain parcours. Et tout naturellement, à l'époque, on débattait beaucoup sur la question de la PMA et est arrivé sur le sujet la question de la GPA. Et là, on a vu ces deux militantes se transformer en une espèce d'arpille pour nous dire « Mais vous ne vous rendez pas compte à quel point la GPA, ça enferme les femmes, toutes ces femmes au Pakistan qu'on met dans des fermes et qu'on esclavagise pour que des gays aient droit à avoir des enfants, ce n'est pas possible. » Et ça a clos le sujet complètement tout de suite.
- Speaker #0
Oui, ça a dû créer un sacré malaise. En plus... La question de la GPA, oui, bien sûr, on sait qu'il faudrait, si ça se légalise, que ce soit encadré. C'est le but justement d'une légalisation de quelque chose, c'est plutôt d'encadrer les pratiques. Mais c'est vrai que c'est dommage, ça c'est quelque chose qui ressort dans toutes les interviews, même dans mon vécu de militant ou personnel, c'est qu'en effet, c'est là qu'on voit que c'est plusieurs communautés qu'on ne soit pas toujours d'accord, ça c'est une chose, mais où des fois il y a certains membres de la communauté qui vont faire vivre. des discriminations à d'autres membres, alors que c'est justement ce qu'on essaye de combattre. Flora, est-ce que tu veux nous dire ce qu'il en est pour toi ?
- Speaker #2
Pour commencer peut-être pour le côté anecdotique, un truc qui me fait souvent un peu rire avec la station, c'est que, comme dit, je l'ai vraiment découverte en 2022, donc pas quand j'avais déjà 22-23 ans. Alors qu'en fait, la station, vraiment, je passais tous les jours devant quand j'étais au lycée. J'étais vraiment au lycée, qui est littéralement en face du local. Et j'ai vraiment réussi à passer plusieurs années sans jamais me demander ce que c'était. C'était le guest, hein ?
- Speaker #0
C'était le guest,
- Speaker #2
hein ? Ouais, c'est ça. Je voyais vaguement, mais à l'époque, je pense que j'étais vachement dans le déni aussi. Pour le coup, c'est ça que j'ai eu beaucoup de chance d'avoir des appréhensions plus positives. J'avais un oncle qui était quand même out, même si... Ma famille m'a un peu fait le coup de « oui, non, c'est juste un coloc » , mais bon, on a quand même vite compris.
- Speaker #0
Ouais, on connaît les colocs, les bons amis du tonton ou de la tata.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça. Donc ouais, pour le côté homosexualité, pour le coup, j'avais quand même un peu plus d'impréhension positive, on va dire. J'étais assez proche de mon oncle, je le suis encore, mais... Par contre, ouais, j'ai assez tard vraiment entendu parler de transidentité, donc ça m'a un peu empêché de réaliser, finalement. Mais ouais, du coup, la station, en fait, j'ai aussi un peu commencé par un remplacement. J'allais de temps en temps à... à des groupes de paroles Haroace qui se déroulaient à la station. Et en fait, un jour, j'étais pas mal rapproché de la personne qui les organisait et cette personne s'est retrouvée à être absolument indisponible pour organiser un groupe. Et moi, j'avais vraiment très très peur que le groupe soit annulé. Et du coup, je lui demande vraiment de façon... Je ne m'y attendais pas moi-même, mais est-ce que tu veux que je le fasse, le groupe ? Et finalement, je me retrouve à animer un groupe. Alors, je n'avais jamais fait ça de ma vie. Et finalement, j'ai beaucoup apprécié. J'ai voulu m'investir plus pour la station. Manque de bol, la station a fermé juste à ce moment-là. On va peut-être pouvoir revenir un peu là-dessus par la suite. Au moment où, à peu près six mois plus tard, la station a rouvert, j'étais déjà vraiment assez investi. Et du coup, c'est à peu près un mois après la rouverture que j'ai été élu élu président de la SOA à l'époque. En fait, la coprésidence a vraiment été... été mis en place il y a deux mois, quand j'étais élu vraiment toute fin 2023, mi-décembre 2023, c'était encore une présidence simple. Bon, en vrai, c'était pas non plus ma première expérience en termes, pour le coup, de militantisme, parce que pour le coup, moi je suis militante depuis mes 16 ans, alors j'étais plus militante dans le milieu politique, mais c'était quand même un milieu que je connaissais très bien de base, mine de rien. Même si j'avais moins d'expérience du milieu LGBT, je travaillais avec depuis des années.
- Speaker #0
Pourquoi le nom La Station ?
- Speaker #1
Dans mon souvenir, c'était en lien avec le logo. Le logo qui a été inspiré du métro londénien. Et donc, naturellement, La Station s'est appelée La Station.
- Speaker #2
Oui, c'est ça. De ce qu'il me disait, c'était vraiment l'idée que c'est un lieu où les gens peuvent venir passer. C'est l'idée d'être un lieu central dans la communauté LGBT+, strasbourgeoise, où vraiment les gens peuvent... Oui, en fait, c'est une station où les gens passent. Les gens viennent, s'arrêtent, prennent un café, discutent, font des activités, puis repartent et reviennent régulièrement.
- Speaker #0
Comme une symbolique au niveau de la définition du mot à proprement parler et au niveau du logo, au niveau visuel. En 2007, il y avait deux femmes qui s'étaient fait agresser dans le tramway après s'être embrassées et que suite à ça, il y avait des associations qui ont réagi en créant notamment une brochure contre les LGBTphobies. Est-ce que vous savez quelles associations et quelles personnes ont été impliquées lors de cet événement ?
- Speaker #1
Alors moi, ce que j'ai retrouvé dans mes archives, je ne vais pas retrouver la brochure à proprement parler, mais les associations impliquées à l'origine, donc il y avait FestiGaze, qui est une association qui a été créée pour travailler la question de la visibilité LGBT au niveau de Strasbourg. Il y avait La Lune, qui était une des plus anciennes associations lesbiennes de France. Il y avait l'association Pélicanto, qui est une chorale LGBT et leurs amis. La PGL, l'association des parents gays et lesbiens. Il y avait une association qui s'appelait Égalité dans la diversité, qui je crois aujourd'hui correspond plus ou moins à l'amicale LGBT du Conseil de l'Europe. Il y avait l'association David et Jonathan, il y avait l'Autre Cercle. Alors David et Jonathan, je vous en ai parlé, l'Autre Cercle, c'est une association qui œuvrent dans le cadre du milieu du travail. Et puis, il y avait Alza Rando, qui est un groupe de personnes qui se retrouvent pour faire des randonnées. Donc, ça, c'est toutes les personnes qui étaient impliquées dans la station au tout départ. Donc, j'imagine que c'est les mêmes qui se sont retrouvées sur cet événement-là.
- Speaker #2
Camille, on m'avait mentionné Festibad, donc une association LGBT sportive en Greenstown. Fait du badminton ? Non. une somme qui existe encore aujourd'hui d'ailleurs, qui aurait été là depuis le début apparemment. Je sais qu'il me disait que STS, donc Support Transgears Strasbourg, qui d'ailleurs pareil est une des plus vieilles assos trans françaises, alors je ne sais pas si elle était déjà là au moment de cette agression, mais en tout cas, enfin elle existait déjà, c'est sûr, mais qui en tout cas aurait fréquenté le centre très tôt. en étant un peu à moitié dedans, à moitié dehors.
- Speaker #1
Oui, je crois qu'effectivement, elles ont participé à la création un peu dedans, un peu dehors. FestiGaze, c'est l'association qui aurait dû porter le centre LGBT au démarrage, mais qui, en 2009, je crois, des présidents est parti avec la caisse, si j'ai bien compris, un président, un trésorier, je ne sais plus, mais en tout cas, un des membres de l'administration est parti avec la caisse. Et quand la question s'est posée de savoir qui allait porter la station par la suite, toutes ces associations ont préféré créer une nouvelle association plutôt que de prendre le risque d'utiliser Festigais. Ça, c'est vraiment le tout démarrage. Et pour STS, je sais qu'elles ont participé à la création, en tout cas aux différentes réflexions, mais ce qui leur a toujours posé problème, c'était le financement de la station. parce que le centre est financé quasi exclusivement, maintenant ça a peut-être changé, je ne sais pas, je n'ai pas suivi, j'avoue, ces dernières années, mais quasi exclusivement de la subvention municipale. Et du coup, pour STS, ce n'était pas envisageable. Donc, elles ont toujours eu un pied dedans, un pied dehors, parce qu'elles n'ont jamais voulu être soumises un peu à ce financement exclusivement municipal. De mon expérience à moi, Ça ne nous a jamais empêchés. En tout cas, la station, à mon époque en tout cas, ne s'est jamais laissée enfermée dans cette subvention. Et je me rappelle très bien d'un épisode qu'il y a eu au niveau... Alors, je crois que c'est 2019, c'est la Maison des associations dont le président était forcément le maire de Strasbourg ou en tout cas un adjoint à la mairie. Et dans mon souvenir, un adjoint à la mairie. qui, au sein de cette association, le directeur avait harcelé sexuellement plusieurs salariés. Et donc, il y avait eu une grosse mobilisation des associations, dont la station, pour soutenir ces salariés. Et malgré le fait que la mairie était impliquée dans cette association. Donc, je pense qu'il y a toujours eu une certaine liberté. Et je ne me rappelle pas que la mairie soit jamais venue nous dire qu'il y avait des salariés. bon ben là, attention, ne prenez pas position. En tout cas, pas de longtemps. Et puis STS, c'est une association quand même, tu m'arrêtes Flora si je dis des bêtises, mais pour moi c'est quand même une association un peu radicale dans ses craintes de position. Les associations gay et lesbiennes qui ont créé le centre étaient quand même plutôt des associations un peu bourgeoises, un peu... intégrée dans la cité, et donc un peu bourgeoise forcément. Et du coup, il y avait aussi des accords à ce niveau-là, en fait. Et la station, pour STS, la station a toujours été un lieu un peu trop bourgeois. Et de fait, cette subvention municipale a été le point d'orgue. Mais on s'est posé la question à un moment, est-ce qu'on n'arrêterait pas ? de demander cette subvention à la mairie. Et d'ailleurs, ça a été un des sujets de clivage, juste après que je sois arrivée à la station. Moi, je suis arrivée à la station par le biais d'une association qui s'appelle la Nouvelle Lune. C'est à l'époque que la Lune, les deux coprésidentes de la Lune avaient décidé de dissoudre cette association historique, malgré le fait qu'il y avait des militants lesbiennes qui voulaient la reprendre, ça ne leur convenait pas. Et donc, envers et contre toutes, elles ont dissous l'association. Et on a été plusieurs à se dire, zut, quand même, une association comme celle-là, dissoute, c'est quand même dommage. Et donc, on a recréé une nouvelle lune. Et on est rentrés au CA de la station un an après, en disant, voilà, nous, on veut participer à la vie de cette station. Et à l'époque, la présidente qui avait été élue, qui était issue de notre cercle, qui est quand même une association un petit peu plus bourgeoise, on va dire, avait pour ambition de travailler à l'autonomisation de la station et notamment augmenter les tarifs du café associatif pour pouvoir faire en sorte qu'on puisse se passer de cette subvention municipale. Et là, par contre, il y a eu une grosse remontée, notamment des membres du CA, pour dire, en fait... Si on se passe de la subvention municipale, c'est bien. Mais par contre, si on augmente les tarifs, on va en quelque sorte gentrifier cette station et elle ne sera plus accessible à tout un tas de personnes qui n'auront pas les moyens de venir consommer, de venir consommer, ne serait-ce qu'en coca à la station. Parce que je crois qu'elles ont des agites de mettre 4 euros ou un fruit du champ.
- Speaker #0
Et donc,
- Speaker #1
on leur dit, non, en fait, ce n'est pas le but. Le but, c'est que la station puisse être accessible aussi à des gens qui n'ont pas de moyens, rester un lieu d'accueil un peu inconditionnel, et avec l'augmentation des tarifs, arriver des réflexions sur ces jeunes qui venaient traîner à la station. Et voilà, un petit côté méprisant pour des gens qui... qui venaient là comme un refuge et qui avaient besoin de se servir de la station comme d'un refuge. Et donc, à ce moment-là, ça a créé un gros binz au niveau de la station. Ça a vraiment été compliqué au sein du CA parce que, justement, s'opposaient ces deux visions-là aussi. C'est-à-dire que dans nos luttes LGBT, on a déjà tous ces courants, tous ces courants L, G, B et toutes ces luttes différentes, et T, bien sûr, et I. d'ailleurs, et on avait aussi ces courants plus bourgeois et ces courants moins forcément, qui s'opposent et ça a vraiment été une réflexion et au final, la réflexion a été de dire, non, on va garder le financement de la mairie parce que ça nous permet aussi d'accueillir tout le monde sans avoir à devenir un truc un peu hype et un peu...
- Speaker #0
Est-ce qu'elle existe toujours, cette association STS ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #2
Oui, totalement. D'ailleurs, là, cet après-midi même, elles organisent le Journée du Souvenir Trans sur le TDR, qui du coup, ici, est un peu décalé pour être le dimanche.
- Speaker #0
Est-ce que depuis ces événements, vous travaillez quand même ensemble, enfin, je veux dire, la station et STS ?
- Speaker #1
Je ne sais pas vous, Flora, maintenant, mais nous... On a toujours fait en sorte de garder des liens avec STS, et notamment quand on avait des personnes qui avaient besoin d'être orientées. Parce que la station, c'est quand même un lieu qui commence à être bien identifié. Et des fois, les gens nous disent, moi, je suis une personne trans et j'aimerais bien pouvoir leur contenter d'autres personnes. Donc, on leur indique forcément, on leur indiquait en tout cas, forcément les groupes qui étaient à la station, mais on leur indiquait aussi, évidemment. les associations autour. Et en 2020, quand il y a eu les municipales, on a travaillé avec STS aussi un questionnaire pour les municipales, pour les candidats, et on les a rencontrés ensemble. D'ailleurs, on a rencontré une seule candidate, en l'occurrence celle qui est maire aujourd'hui, et on l'a rencontrée ensemble pour l'alerter sur ces questions-là, qu'il n'y avait pas vraiment besoin de l'alerter puisqu'elle est un petit peu conservée.
- Speaker #2
C'est même bien avant, vu que STS a été fondée en 2002. Comme dit, c'est l'une des plus vieilles SO trans de France. En tout cas, sous la forme qu'on les connaît aujourd'hui, parce qu'il y avait d'autres associations, mais c'est la première, je crois, à utiliser le terme transgenre et à ne pas s'appeler association transsexuelle, comme ça pouvait être le cas par le passé. Donc vraiment, c'est une vieille association. Alors actuellement, oui, je dirais qu'on a des contacts, mais pas forcément des liens.
- Speaker #0
Du coup, pour revenir à la création, pour compléter sur la création de la station, en 2008, en mars 2008 plus précisément, il y avait eu la rédaction encore une fois d'une charte des droits des personnes LGBT, présentée à la plupart des candidats aux élections municipales et que tous l'avaient signée. Et que l'idée de la création de la station avait émergé à ce moment-là en tant que lieu, en tant que le fait d'avoir des locaux. Comment s'est déroulée cette initiative ? Est-ce qu'elle a été bien reçue justement par les politiques en question ?
- Speaker #1
Alors, si je peux répondre à cette question, je pense qu'elle est toujours bien reçue par les candidats. C'est après ce qu'ils en font, une fois qu'ils sont élus, que la question est différente. Mais en vrai, on a fait un peu la même chose en 2019 pour les élections de 2020. Et c'est forcément toujours bien reçu. À ce moment-là, toujours, ils sont toujours prêts à signer plein de choses. C'est après, dans la continuité, que c'est un petit peu différent. Je pense qu'à Strasbourg, on a quand même... En tout cas, depuis la création du centre, toujours eu un soutien de la municipalité, quelle qu'ait été la difficulté, y compris celle de 2022. Je suis perdue dans ces années-là. C'est les plus récentes, ça va trop vite. Mais oui, il y a toujours eu, malgré tout, un certain soutien. Alors, il faut leur laisser. Probablement l'intégration des anciens gays et lesbiens dans la vie de la cité, et notamment dans les institutions politiques, fait que, quel que soit le parti politique qui gère la ville, il y a toujours eu ce soutien à la station.
- Speaker #2
C'est vrai qu'effectivement, je vais un peu citer ce que j'ai pu obtenir en discutant avec des membres plus historiques de l'association. Il y avait ce côté que pour certaines personnes, ça avait été aussi vu comme la mairie qui pousse un peu, en tout cas la mairie de gauche qui a été élue, EPS, qui pousse un peu à la création du centre avec une certaine vision de... On vous donne ça, mais après, vous ne nous embêtez plus. Ce serait aussi une façon de ne pas trop s'engager sur le reste. Maintenant que vous avez un centre, vous avez des financements, vous faites le boulot de notre place aussi.
- Speaker #1
D'ailleurs, ça s'est vu à toutes les marches d'exhibit. La mairie est toujours en visite, toujours sur le stand de départ. Et les années où le pinblock, notamment, a vu... passer en tête du cortège pour ne pas être dans le cortège, ça a été un peu compliqué. La première année même, elles se sont virées par la sécurité. Et je crois qu'après, ça a été travaillé un petit peu différemment. Mais oui, c'est une question compliquée, cette question de la représentation politique. Et bon, on sait, moi, pour travailler maintenant, Maintenant, dans ce milieu-là, on sait que les élus ont besoin de briller. Ils ont besoin de montrer qu'ils font des choses et ils sont attendus sur ces questions-là, forcément. C'est un petit jeu politique de vous nous donner et on vous donne en contrepartie, à tort ou à raison. Ça permet quand même de financer le centre. Donc, quelque part, je me dis que ça permet l'accueil assez inconditionnel de tout le monde à la station.
- Speaker #2
J'avais plus l'impression que c'était un... Un problème sous l'ancienne mairie. Je pense qu'il y a beaucoup plus de facilité de discuter avec la nouvelle mairie, donc la mairie écologiste, que ça a pu être le cas par le passé aussi.
- Speaker #1
Alors, il faut dire quand même, du coup, pour compléter ce que tu viens de dire, Florent, je suis tout à fait d'accord avec toi, mais il faut dire quand même que la nouvelle municipalité, donc la maire adjointe déléguée à la solidarité et à l'égalité, C'est Florian Barrieras qui est l'ancienne responsable de SOS Homophobie de l'antenne locale. Donc forcément, la question des droits LGBT ou en tout cas des LGBT dans la cité se voit sur un plan complètement différent.
- Speaker #2
Bien entendu, c'est effectivement notre contact principal.
- Speaker #0
Le 22 septembre 2009, c'était la naissance du Centre LGBTI Strasbourg-Alsace. Et en octobre 2011... ouverture des locaux de la station aux 7 rues des écrivains à Strasbourg.
- Speaker #1
Alors l'adresse n'a pas changé, c'est la même depuis la création. Elle est située juste derrière la cathédrale, alors dans une petite ruelle quand même, mais autour il n'y a que des petites ruelles. Juste ce que tu disais Flora tout à l'heure, j'allais dire, elle est quand même relativement visible, mais en fait vu que tu passais devant tous les jours sans t'en rendre compte, je ne dis pas tant que ça. Je pense que, en tout cas pour moi, j'ai jamais trouvé que c'était... c'était compliqué de la trouver, la station.
- Speaker #2
Non, effectivement, c'est vrai que j'ai vu du coup que c'était quelque chose qui était un peu... En tout cas, dans l'hypothèse que j'ai pu en écouter, je crois, trois, il y a un peu toujours ce côté de haut centre, mais quand même dans une petite ruelle, c'est exactement ça. Du coup, pour les locaux, on a quand même des locaux assez grands, mine de rien. Donc, on a principalement trois grandes pièces et une petite. Donc on rentre vraiment sur l'accueil qui est l'endroit à la fois où on va avoir le bureau de la personne salariée, la documentation. Vraiment, il y a aussi déjà des endroits pour s'asseoir. Souvent des expositions aussi qui vont être principalement dans l'accueil. Donc vraiment l'idée, c'est que c'est l'endroit où les gens arrivent, ce qu'ils voient un peu en premier quand ils viennent. où ils vont pouvoir poser des questions, s'enseigner, etc. Et après, du coup, on a sur la droite un espace café où, Agnès l'a mentionné tout à l'heure, les gens peuvent venir acheter des boissons ou de la nourriture, se poser, discuter, faire de la société, etc. C'est vraiment un aspect plus informel. Et de l'autre côté, il y a la salle médiathèque, la salle de réunion, plus grande salle du local qui est du coup plus la partie
- Speaker #0
On va beaucoup stocker, que ce soit des livres, des revues, et où la plupart des réunions vont avoir lieu. Je pense que derrière, il y a aussi un petit bureau pour le staff. Donc, c'est quand même un grand espace. Je pense qu'il y a quand même beaucoup de centres LGBT qui ont des locaux plus petits.
- Speaker #1
Il y a plusieurs des centres LGBT, je confirme, Flora. Il y en a beaucoup qui nous ont dit, « Oh là là, vous avez de la chance, vous avez des grands locaux. » Je crois, de mémoire, ça fait 130 mètres carrés. Toute la partie accueil et toute la partie café, c'est tout vitré. C'était une ancienne agence immobilière, donc c'est très visible.
- Speaker #0
Techniquement, on peut couvrir toute l'Alsace. Il y a plusieurs autres villes en Alsace qui ont leurs propres associations, mais qui n'ont pas leurs propres locaux, qu'on connaît, avec lesquels on peut échanger. Actuellement, on n'a pas énormément de dérives. Ça arrive quand même de pouvoir les rencontrer, échanger. Évidemment, quand on a des personnes qui viennent de ces villes, on leur indique les associations locales dans leur ville. Pour ce qui est de l'Alsace, ça va surtout être, par exemple, quand on fait des interventions au milieu scolaire, on pourrait le mentionner quand on parlera un peu plus des actions qu'on fait, mais les interventions au milieu scolaire, on peut les faire dans toute l'Alsace. Souvent, on va avoir des interventions du côté plutôt du Haut-Rhin. de Colmar, de Celesta, etc. Je sais qu'il y a aussi d'autres associations qui font des interventions, mais en tout cas, on n'est pas trop pour tous les établissements notamment qui nous font des demandes.
- Speaker #1
Historiquement, le centre LGBTI s'appelle Strasbourg-Alsace parce que l'idée, c'était de rayonner dans toute l'Alsace. Malgré tout, Strasbourg-Milouz, ça fait quand même un bout. Donc, voilà, il y a des associations sur Ménouge, notamment. Colmar, un peu moins, mais il y en a quand même qui se montent. Donc, voilà. Mais oui, ça reste des partenaires. Ça a toujours été ça. Ça reste des partenariats.
- Speaker #0
Même à Guenaud, maintenant.
- Speaker #1
Ah oui, même à Agneau. Oui, c'est vrai. Même à Agneau. Oui, oui.
- Speaker #2
En 2022, un événement a ébranlé la station de fond en comble. Comment gère-t-on les violences au sein du conseil d'administration et entre les membres d'une association, et à plus forte raison au sein même de nos communautés, dans nos relations romantiques ou encore dans nos sexualités ? Petite précision également sur cette histoire, tous les éléments cités ne concernent que la gestion en interne de l'association et en aucun cas l'institution juridique, les suites données ou non à l'affaire dans l'institution juridique, ainsi que de potentielles conclusions de cette institution. Voici un sujet qui va être évoqué dans cette partie, les actions, le public, le bénévolat et le salariat de la station.
- Speaker #0
On a à peu près toujours eu des salariés. Au tout début, il me semble qu'il y a eu deux salariés de demi-temps. Et il me semble qu'assez vite, on est passé sur un seul salarié, ce qui est encore le cas aujourd'hui. Plus pour longtemps, parce qu'on est en train de lancer un processus d'embauche d'un deuxième salarié.
- Speaker #1
Au tout départ de l'association, il y avait demi-temps. Et puis, c'était compliqué l'articulation entre les demi-temps. Et donc, ils ont finalement décidé d'embaucher une seule personne. Mais malgré tout, travailler dans une association... Alors nous, à l'époque où la salariée a changé, on s'était beaucoup posé la question de la forme du salariat parce qu'être employeur, ça reste quelque chose d'un peu compliqué. Je me rappelle de nos avocates qui nous avaient dit « Mais en fait, vous les associations, c'est toujours compliqué le salariat parce que vous êtes trop gentils en fait. Vous voulez toujours tout bien faire pour vos salariés. » Et en vrai, quitte à un petit peu plier un peu les règles, et en fait, les rêves ne se plient pas. Donc forcément, il y a eu des conflits avec des salariés. Et du coup, effectivement, à chaque fois, on est condamné parce qu'on ne fait pas forcément les choses complètement dans les règles, parce que notre but à nous, c'est d'accueillir des gens. Donc nos salariés, on essaye de les accueillir du mieux possible. quitte à ce qu'il faille impôts et qu'il y ait les règles. Donc ça, c'est une question un peu compliquée, mais que toutes les associations se posent à un moment, sauf évidemment celles qui ont beaucoup, beaucoup de salariés. Mais quand on n'a qu'un seul salarié, on n'a pas les moyens d'avoir un service RH. Et quand on n'a pas un service de ressources humaines, il y a des choses qui ne sont pas tout à fait faites dans les règles, surtout que quand on est bénévole, à moins d'être dans le milieu des ressources humaines, on n'est pas compétent sur ces ressources humaines. Donc on fait au mieux.
- Speaker #0
Oui, je confirme pour ça. Moi, c'est vrai que je suis arrivé, je ne connaissais pas du tout le monde de l'entreprise. Je me suis retrouvé très rapidement. Parce que quand je suis arrivé, il y a eu la quasi-totalité de l'ancien conseil d'administration qui a démissionné. Du coup, je me suis retrouvé directement à la présidence sans avoir été administratrice par... par le passé, et du coup, à devenir employeuse alors que je n'avais aucune connaissance de comment ça fonctionne. Et vraiment, j'ai un peu le truc de tous les jours découvrir « Oh, il y a ça dans la convention collective ! » « Oh, il y a ça dans le droit du travail ! » Je ne savais pas du tout. Effectivement, c'est un vrai problème.
- Speaker #1
Bien s'occuper de ses salariés, c'est par exemple s'il est salarié, il fait un truc pas bien ou pas en lien avec... une entreprise, elle va le convoquer, lui mettre un avertissement, etc. Et trois avertissements, éventuellement le licencier. Et quand on est une association, on se dit, je ne vais pas le convoquer, je peux lui mettre un avertissement. Ce n'est pas très sympa, ce n'est pas cool. On n'a pas envie d'être dans ce genre de relation avec les salariés. Or, après, quand on a des conflits avec son salarié, en fait, ça ressort systématiquement. Ils n'ont pas été convoqués à des... à des entretiens préalables à sanction. Ils n'ont pas été... Enfin, voilà. Et du coup, on se retrouve dans des situations vraiment difficiles parce qu'on n'a pas ces codes-là, en fait. Et puis, quelque part, on n'a pas très envie de les avoir non plus. Comme dit, on est tous plus ou moins... Enfin, plus ou moins un salarié d'une entreprise. Et c'est vrai que recevoir une convocation à un entretien préalable à sanction, ce n'est jamais très agréable. Moyennant quoi, quand c'est fait dans les règles, bon, ben... À un moment ou à un autre, quand on a besoin de se séparer du salarié, on a fait les choses dans les règles. Donc, on n'est pas attaquable au niveau des prud'hommes. En petite association, si on ne fait pas les choses dans les règles, on se retrouve au prud'homme et on est forcément condamné parce qu'on n'a pas fait les choses, et notamment ces choses-là, dans les règles.
- Speaker #0
Pour l'aspect bénévolat, encore une fois, c'est un peu difficile parce qu'on ne garde pas de chiffres là-dessus. Moi, j'avoue que c'est un peu un de mes chevaux de bataille depuis... Depuis que je suis là, c'est d'essayer d'avoir un peu plus d'archivage, un peu plus de statistiques. C'est pas le cible de la réalisation du travail bénévole parce qu'en fait, les financeurs, parce qu'on a mentionné la mairie tout à l'heure, effectivement, ça reste le principal financeur. On a également la DILCRA, qui est le financeur de la plupart des centres également. On réfléchit à avoir d'autres sources de financement aussi. Et tout ça, c'est des gens qui vont nous demander des chiffres, qui vont nous demander combien de bénévoles, combien d'heures, etc. Et ça, vraiment, quand on prépare les assemblées générales, on s'arrache les feux parce qu'on ne sait pas qui est bénévole, on ne sait pas combien il y a de bénévoles. Parfois, on découvre qu'on fonctionne avec des pôles, donc on a des groupes de bénévoles qui ont une mission spécifique. Parfois, ça arrive de découvrir en tant qu'administrateur, qu'administratrice, qu'il y a un nouveau responsable de pôle et qu'on n'a pas été prévenu. On va dire qu'il y a ce côté associatif, ça dépend beaucoup des associations, dans peut-être les moyennes associations, d'avoir beaucoup de liberté, beaucoup de place aux initiatives personnelles, un côté un peu autogestion même parfois. Ce qui peut être assez positif parce que ça encourage les gens à faire les choses. Et souvent, c'est plus apprécié qu'un fonctionnement plus hiérarchique, administratif et tout, qui en général n'est pas très apprécié, surtout, je pense, dans nos milieux. Mais il y a aussi le côté négatif que quand on va trop là-dedans, parfois, on se retrouve debout devant le tableur Excel et être en mode, OK, combien ils ont de bénévoles dans cette équipe ? Et combien ils ont fait d'heures ? On a des chiffres globales. Parfois, c'est un peu difficile de savoir. À quel point on peut les comparer ? Parce que la façon dont une personne compte les bénévoles ne sera pas la même qu'une autre personne. Par exemple, si je compte toutes les personnes qui ont vraiment donné un peu de temps bénévole dans l'année, ou si je compte les bénévoles un peu plus réguliers et actifs, il n'y aura pas du tout le même chiffre. Donc, j'ai pu entendre qu'il y a des époques où il y aurait eu jusqu'à 150 bénévoles. Je pense que probablement, c'était plus en comptant toutes les personnes qui avaient donné du temps bénévole que les bénévoles actifs-actifs, ou alors vraiment, c'était un miracle. Moi, j'aimerais bien en 151. Aujourd'hui, je pense que c'est pas seulement actifs-actifs, on est plus sur 50-60, ce qui est déjà pas mal.
- Speaker #1
En fait, en début d'année 2022... Si je me rappelle bien, je suis revenue en 2022, donc non, 2023. Moi, j'étais déjà partie du UCA, puisque j'étais présidente jusqu'en 2021. Et puis, à l'époque, j'habitais Mayotte, donc c'était un peu compliqué de garder la présidence. Donc, j'ai laissé. Malgré tout, je suis restée au conseil d'administration encore un an, histoire de faire un peu la passation au pouvoir. Et puis, dès début 2023, il y a un appel à témoignages qui est sorti au niveau des associations strasbourgeoises sur des violences sexuelles, notamment qui auraient eu lieu à la station, enfin qui ont eu lieu à la station, pardon. Et dans l'histoire, alors, n'était pas impliquée une personne du CA, mais par contre, une des personnes du CA était plutôt proche d'une des personnes impliquées. Et dans ce contexte-là, du coup, les débuts de réaction des membres du CA, en tout cas des membres très impliqués du CA, parce que c'est comme pour tout, à des périodes différentes, il y a des gens qui ont été très, très impliqués, très présents. Et puis là, début d'année 2023, dans les membres très impliqués du CA, il n'y avait plus personne finalement. Les personnes étaient là quand il fallait être là aux réunions, etc. Mais malgré tout... peu impliqués dans la vie de la station. Et donc, au début, les réactions ont été faites par des personnes qui n'auraient jamais dû réagir. Enfin bref. Et donc, il a fallu, à un moment, on est venu chercher, moi et une autre ancienne administratrice, pour renforcer l'équipe du CA qui a découvert les faits et savoir un petit peu comment on allait le gérer. Et puis, essayer de faire en sorte que cette personne impliquée, et notamment la personne... Arsenault. La personne qui était au CA et qui était proche de la personne impliquée, elle quitte le CA pour qu'on puisse gérer les choses de manière sereine, en tout cas, le plus serein possible, parce que c'était un contexte vraiment compliqué au niveau strasbourgeois, en tout cas des associations strasbourgeoises, dont certaines sont carrément allées à la mairie pour leur demander d'arrêter de subventionner le centre. Donc, c'est allé très, très, très, très loin. Du coup, moi et une autre administratrice, on est re-rentrés au CA. On a réussi à faire en sorte que cette personne sorte du CA. Et puis, on a impliqué un groupe parisien qui s'appelle EGAE pour nous accompagner dans cette démarche, de faire en sorte que la personne impliquée puisse quitter les lieux et ne plus y revenir. Donc ça, ça a été compliqué parce que... C'était une personne qui était très impliquée dans la vie de la station à cette époque. Et du coup, lui demander de partir, pour elle, c'était lui enlever un peu sa raison d'être, plus ou moins. Alors, à quelle échelle ? À ce moment-là, on ne s'est pas trop posé la question. Parce qu'on s'est dit, nous, si on veut gérer et régler cette histoire d'agression sexuelle, il faut quand même qu'à un moment, on puisse le faire sereinement. Et donc, il faut que cette personne s'en aille. Et donc, on a fini par lui dire, écoute, si tu refuses de t'en aller, nous, on va te sortir manu militari, en fait. Soit tu démissionnes de toi-même du CA, soit nous, on te démissionne parce que ce n'est pas possible de gérer ça avec toi dans le CA. C'est compliqué parce que c'était une personne qui était très proche de la personne impliquée. Et je pense que quand on reçoit cette information qu'une personne dont on est proche... et adresseurs, du mal à imaginer que ce soit possible. Je pense qu'il y a ce premier réflexe-là de ne pas vouloir y croire et de vouloir malgré tout le ou la défendre coûte que coûte, sans se poser la question du dommage que ça peut faire. Donc, notre premier travail, ça a été de faire partir cette personne et puis le deuxième, de travailler avec Egaé, de faire en... de mettre en place une enquête interne. Alors déjà, une adresse pour recueillir les témoignages, parce qu'en fait, on n'avait pas de témoignages, nous on n'avait rien du tout, on avait juste l'association qui a lancé un appel à témoignages, et puis des choses... Il se trouve que la personne avait quand même mis un mot dans un sondage qui avait été réalisé en début d'année, mis un mot sur, pas ce qu'elle avait vécu, mais sur « il faudrait que telle personne arrête d'agresser sexuellement les gens » . Et du coup, je pense que comme beaucoup de lieux, à un moment se pose la question de… C'est une vérité, sans remettre en question la parole des victimes, mais ça veut dire quoi ? Ça veut dire que cette personne, elle a agressé, mais qu'est-ce qui s'est passé précisément ? Sur quelle base on va pouvoir écarter cette personne de l'avis de la station ? Ça pose tout un tas de questions. Alors, le juridique ne rentre pas tout de suite en question, mais en l'occurrence, il n'est pas loin derrière quand même. Donc, dès qu'on a pu se libérer de... De la personne du CA, on a fait appel à EGAE en leur disant qu'on a besoin d'aide, parce que du coup, qu'est-ce qu'on fait, comment on le fait, dans quelles circonstances ? Donc on a commencé par mettre en place une adresse mail en disant, écrivez-nous, donnez-nous des écrits sur lesquels on va pouvoir s'appuyer, que ce soit les personnes victimes, que ce soit des personnes proches des personnes victimes, si les personnes victimes n'ont pas envie de témoigner. Et ensuite, on a rencontré les victimes. avec un groupe restreint du CA, on a mené cette enquête qui a mené à la conclusion qu'il y a eu une personne victime d'agressions sexuelles et puis d'autres personnes victimes de cette personne, mais sur un plan plus harcèlement moral ou racisme. Il y a eu plein de choses qui se sont imbriquées et qui nous ont permis de statuer sur le fait que la personne impliquée ne pourrait plus mettre les pieds à la station. Malgré tout, au niveau du CA, ça a duré de mars à septembre. Donc ça a duré six mois et ça a été six mois intenses, intensifs. Il a fallu reprendre l'informatique, il a fallu reprendre tout un tas de choses au niveau de la station qui nous ont demandé énormément d'implication et qui nous ont laissé un peu exsangues. autant qu'on a eu des soutiens, et ça, ça a été formidable, et notamment la mairie de Strasbourg qui nous a jamais lâchés, malgré ce qui leur était de briser, mais beaucoup d'associations autour qui nous ont pointé du doigt, dont une même qui a dit à une autre association, si tu continues à être CA, nous, on ne fera pas la Dike March avec vous, par exemple. Et du coup, ils se sont dit, nous, on est impliqués dans le CA depuis toujours. On va y rester parce qu'on pense qu'il faut qu'on aide à régler la situation plutôt que de se désengager. Et donc voilà. Donc en septembre, quand on a pris cette décision de sortir cette personne de la station et de lui interdire les lieux, on a fait une AG après, en novembre, dans mes souvenirs. Et là, on a dit de toute façon, nous, la Toulséa, vu ce qu'on a vécu et vu comment on l'a vécu, on démissionne parce que... On veut que la station puisse repartir sur de bonnes bases, et notamment des bases où on n'est pas dedans, pour que ça puisse enlever un petit peu ce clivage et cette chose qui était finalement presque plus sur nos personnes que sur le fait que c'était le CA de la station. Donc du coup, on s'est dit, ok, nous, on va servir de fusible, et c'est très bien, on s'en va, et on va laisser cette nouvelle équipe. gérer la station par la suite. Et c'est donc dans ce contexte-là que Flora et d'autres sont arrivées. Évidemment, on n'est jamais très loin, puisque je suis là, donc ce n'est pas un souci. Mais malgré tout, elles se sont retrouvées toutes seules à devoir gérer effectivement la station, ce nouveau CA. Voilà, dans ce contexte-là de reprise après une fermeture. Oui, parce que pour le coup, on s'est dit, on ne peut pas faire une enquête interne si le lieu est toujours ouvert, parce qu'on ne sait pas qui, on ne sait pas quand. quoi précisément, donc on va fermer le lieu, et on a décidé vraiment à contre-cœur de fermer le lieu, mais ça nous paraissait être la meilleure des solutions, et donc voilà, l'équipe de Coucheron a ouvert le lieu des possibles.
- Speaker #0
C'est une affaire qui a vraiment bouleversé certains milieux à l'époque, notamment dans une des communautés de la communauté plus large LGBT. J'ai presque envie d'être un peu l'affaire Dreyfus de cette communauté queer. Tout le monde avait une position, il y avait vraiment un peu deux blocs distincts, et il y a eu beaucoup, beaucoup de relations, beaucoup d'amitié, beaucoup même de groupes qui se sont scindés, qui se sont cassés, qui... ont été irrémédiablement cassés par cette histoire. Ce qui fait que c'est encore aujourd'hui, c'est un contexte tendu. Et encore aujourd'hui, c'est compliqué de dire où on se positionne là-dessus.
- Speaker #1
Les agresseurs et les agresseuses ne sont pas toujours des personnes puissantes. Ça pose quand même la question de la désocialisation de personnes agresseuses et de ton lot qui va avec, forcément, et de discrimination qui va avec. Enfin, voilà. Si l'agresseur et l'agresseuse avaient été un mec blanc cisgenre bourgeois, c'est beaucoup moins de questions et il y a des choses qui ne se seraient gérées pas du tout de la même manière.
- Speaker #0
Oui, bien sûr. En fait, en réalité, la question des VSS dans les milieux associatifs, dans les milieux LGBT et tout, c'est une question qui est un peu permanente en réalité. Je pense que la question, c'est à quel point on est vigilants, vigentes, à quel point on essaye d'être proactifs aussi dans le fait de savoir s'il se passe des choses, d'écouter un peu toutes les rumeurs pour faire penser qu'il se passe quelque chose, etc. Mais en fait, quand on l'est, et je pense que là, on l'est beaucoup plus aussi suite à cette histoire, on se rend compte que vraiment, c'est un taf. Je pourrais même dire que c'est un taf à temps plein, en fait. Surtout, en fait, dans une asso qui gère quand même un grand public, la station. Actuellement, je crois qu'on a dû réatteindre de nouveau les 300 adhérents adhérents, alors que les adhésions s'arrêtent en début septembre. Donc, c'est assez colossal ce qu'on brasse en public. Donc, en fait, malheureusement, purement statistiquement, ce serait surprenant qu'il n'y ait aucun agresseur ou aucune agresseuse dans 300 personnes, en fait. Bien sûr. Et c'est triste, mais c'est un peu la réalité. C'est vrai qu'on se rend compte, depuis qu'on essaye de mettre en place des protocoles VSS, que c'est un travail colossal, parce que beaucoup d'assos sont aussi dans le déni là-dessus, et sont aussi en mode « Ah bah tant qu'on n'en parle pas dans l'espace public, c'est bon ! »
- Speaker #2
Ouais c'est ça, ça n'existe pas dans nos milieux, c'est bon, on est tous et toutes.
- Speaker #0
Totalement, et en réalité quand on creuse un peu, et quand on commence à former les gens, à expliquer aux gens ce que c'est qu'une agression et tout, on se rend compte qu'il y en a plein qui sont en mode « Ah mais en fait moi aussi ! » Et on tombe des nues, on tombe des nues de plus en plus, et on se met presque par devenir un peu cynique à la fin. Et malheureusement, ce que Nes a développé tout à l'heure, le fait qu'on ne va pas se mentir, dans une association LGBT, il y a ce côté où on se connaît quand même bien, et il y a ce côté aussi où on est une communauté qui n'est pas non plus immense. Clairement, dans un CA d'une dizaine de personnes, il y a des personnes qui vont sortir avec des bénévoles. il y a des personnes qui vont sortir et des responsables d'autres associations, ça va arriver. Ça va arriver et c'est un problème un jour avec ces bénévoles, ces autres associations, ça va être compliqué.
- Speaker #2
Et ouais, tout à fait, parce que là, du coup, en plus des conséquences des potentielles violences sexuelles ou conjugales ou des violences de manière générale, il y a aussi la gestion d'un potentiel partenariat, d'une relation entre un bénévole et un salarié. Les conséquences, elles sont autres à gérer.
- Speaker #1
À une période, on avait essayé de travailler en amont. Je crois que c'était suite à l'affaire avec la maison des associations. On s'était dit, mais nous, au niveau de la station, on n'a pas de protocole. Si jamais ça arrive, comment on réagit ? Et donc, on a commencé à mettre en place des ateliers. En se disant, on va créer des ateliers pour rédiger une charte ou pour rédiger un règlement intérieur du lieu. Enfin, voilà, travailler là-dessus. Et en fait, les premiers ateliers, mais vraiment les premiers ateliers, ça nous a mais scotché parce qu'on s'est retrouvés à la fois avec des militants anti-VSS acharnés et puis des gens qui nous disent « Ouais, bon, en fait, tu sais, quand t'es un jeune gay, c'est un peu le passage obligé, quoi. » comment ça, c'est un passage obligé tous les jeunes gays, ils ont vécu une situation où ils se retrouvaient coincés dans les chiottes ben non en fait, les gars il n'y a pas de raison c'est là où la normalisation des violences, on sent qu'elle est vachement ancrée c'est ça et avec des vieux gays qui vous disent ça va quoi non, ça va pas du tout et du coup voilà Ce premier atelier, on était avec une copine du CA et on s'est dit... Ben, ça ne va pas du tout. Mais lui, on va le sortir complètement de la topie, parce que c'est possible, on ne peut pas travailler. On ne peut pas travailler une Ausha, on a des gens qui nous disent que c'est grave.
- Speaker #2
Une main au panier, c'est comme tout. Une main au panier, en soi, si c'est avec consentement, c'est OK. Mais c'est toute l'éducation autour du consentement, encore une fois.
- Speaker #1
Et là, en plus, il y avait beaucoup de choses qui se passaient dans ce moment-là. Donc... On s'est dit, oh là là, non, on va réfléchir au mode dans lequel on veut travailler ça. Parce que là, ce n'est pas du tout safe. On mettait en lien des gens qui s'arrachaient les cheveux, mutuellement, je veux dire. Donc, on s'est dit, il faut qu'on réfléchisse différemment. Et puis, les choses passent et le temps passe et on n'y a pas réfléchi. Et on a un peu lâché l'affaire. Moi, après, je suis partie. Les choses évoluent et font en sorte que des fois, c'est compliqué. Et cette question-là, moi, je n'imaginais pas aussi difficile que ça, la question du consentement. Et quand j'ai des jeunes gays qui m'ont dit, tout le monde le sait, de toute façon, dans le milieu, c'est quasiment un passage obligé, je me suis dit, là, non, on est loin du compte. Ce n'est pas envisageable. Et donc, moi, après, j'avoue, après, je suis partie à Mayotte. pour des raisons professionnelles. Et du coup, j'étais plus sur le coup. Mais effectivement, la question, elle se pose très différemment dans les différentes communautés. Parce qu'effectivement, vous mettez une lesbienne qui est hyper active dans la lutte contre les VSS à côté d'un jeune gay qui dit « Oui, bon, voilà, on passe. »
- Speaker #0
C'est difficile de voir à quel point les gens ne sont pas au courant, ne connaissent pas la définition, ne connaissent pas. Et on se dit « Mais à quel point ? » À quel point l'école a raté son taf ?
- Speaker #2
Alors là, justement, on va parler un peu des actions. Je pense que c'est en lien avec les interventions scolaires tout à l'heure. C'est que les trois séances d'éducation à la sexualité, par an et par classe,
- Speaker #0
à mort de rire, ouais. Allez, on repasse,
- Speaker #2
parce qu'il y en a une dans toute la scolarité. C'est bien déjà.
- Speaker #0
Un miracle.
- Speaker #1
Oui, vraiment.
- Speaker #2
Et même, je dirais, c'est même pas une question de on n'a pas le personnel pour, c'est vraiment une question de on n'a pas envie, enfin les établissements, c'est là, on n'a pas envie, ni le temps, ni l'argent.
- Speaker #1
C'est vachement inégal, soit il y a des établissements, mais ça va venir en général d'un infirmier ou d'une infirmière scolaire qui va être vachement impliquée et qui du coup va impulser ça. Mais sinon, où il y a des établissements, s'il n'y a pas au moins une personne pour impulser ça, et encore... Faut après que la direction soit d'accord, tout ça, il ne peut rien se passer.
- Speaker #0
Je pense que c'est des problématiques que j'ai retrouvées dans toutes les communautés, aussi bien dans... C'est vrai que, comme le disait Agnès, c'est particulièrement terrible dans la communauté gay. C'est un peu le plus mauvais élève. Il ne faut pas non plus se dire qu'il n'y a rien dans les communautés lesbiennes, dans les communautés trans. Bien sûr. Les personnes avec les mains un peu baladeuses, même dans les soirées en homicidie lesbienne, ça existe aussi. J'ai aussi connu.
- Speaker #1
Oui, c'est clair.
- Speaker #2
Ce n'était pas du tout pour stigmatiser.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
On parle des violences conjugales, on ne parle pas que des hétéros, on en a aussi beaucoup dans la communauté, il n'y a aucun souci là-dessus. Pour parler de cette banalisation de ces violences, c'est quand même des jeunes biais, comme moi avec ceux qui les parlaient. Et du coup, c'était violent.
- Speaker #1
Franchement, en plus, ce serait super intéressant de discuter de pourquoi et tout, parce qu'il y a la question de la masculinité. Il y a la question du patriarcat, il y a la question de plein de choses dont nos communautés ne sont absolument pas épargnées, loin de là. Donc ça, il y aurait plein de réponses à donner, ou en tout cas de pistes de réflexion, plutôt que de réponses pures et dures. Mais ouais, ouais, c'est...
- Speaker #2
De médiatisation aussi. La communauté gay est quand même très médiatisée autour de la sexualité.
- Speaker #1
En plus, en ce moment, autour du cansex, tout ça.
- Speaker #2
Ouais, c'est ça. et très médiatisé autour d'une sexualité un peu, j'allais dire un peu brutale, mais peut-être pas à ce point-là, mais en tout cas un peu rough, un peu brut de décoffrage. Et du coup, effectivement, il y en a beaucoup qui ne se posent pas la question de consentement, parce que d'abord, quand on va dans un sauna pour avoir des relations sexuelles, le consentement est presque implicite. En tout cas, dans la représentation générale, tu vas dans un endroit où il y a des relations sexuelles, donc forcément, tu y vas et tu acceptes. que les relations sexuelles qui s'y trouvent. Alors qu'en vrai, c'est pas parce que tu vas dans un endroit que t'es obligé de subir une relation sexuelle à laquelle t'as pas envie. On avait organisé en partenariat avec une boîte de nuit qui était à l'esplanade, je sais pas si ça s'appelle toujours pareil, on avait organisé des soirées lesbiennes. Enfin, lesbiennes, c'était ouvert à tous, mais c'était quand même à la base les soirées de la Nouvelle Lune, donc lesbiennes. Et sur les premières fois, on avait organisé, en fait c'était une boîte qui est sur deux espaces. espace, un espace en bas et un espace à l'étage. Et on s'était dit, on va se faire une backroom là-haut. Enfin, tu vois, en fait, au bout d'un moment, la boîte, elle nous a dit, en fait, il n'y a personne qui monte Agnès. Donc, nous, on ferme l'espace parce qu'on veut effectivement que ce soit un espace backroom. Mais il n'y a personne qui monte là-haut parce que c'est juste pas dans la sexualité lesbienne. En tout cas, c'est compliqué à imaginer. Alors, peut-être qu'il aurait fallu. insister plus longtemps, plus médiatiser, etc. Mais déjà, les gays qui tenaient cette boîte, ils nous ont dit, Agnès, tu n'auras jamais de lesbiennes là-haut. Il ne faut pas rêver, elles ne font pas ça, les lesbiennes. Je leur ai dit, pourquoi elles ne feraient pas ça ? Il n'y a pas de raison, déjà, de base. Et puis, de fait, effectivement, personne n'osait monter.
- Speaker #1
Oui, je pense que ça aurait nécessité plus de temps. Parce qu'à l'inverse, j'ai un ami qui a travaillé en pool party cet été. Et là, il y avait... Alors, ce n'était pas vraiment sous format de backroom, je crois. C'était un peu plus libre que ça. Et il y avait des personnes gays, des personnes lesbiennes. Et il m'a dit, mais ça baisait de partout. C'est homme, femme, vraiment. Et là, ça a fonctionné comme ça. Voilà, peut-être que les gens aussi... Alors, les gens ne se connaissaient pas tous et toutes. Je pense que la pool party était plutôt identifiée comme ayant cet aspect-là aussi de sexe que d'habitude, on retrouve plutôt dans les saunas qui sont plutôt fermés. Donc là, ça a fonctionné. Je pense que ça nécessiterait plus de temps, que les personnes se sentent plus à l'aise aussi, de se dire « j'ai mon coin pour aller faire du sexe » . Alors il y a des personnes à qui ça ne convient pas du tout. Je pense que oui, dans la communauté gay, ça existe depuis plus longtemps. Donc forcément, il y a une habitude qui a été prise dans les différentes villes de France ou d'ailleurs.
- Speaker #2
Et puis là, c'était en 2017-2018, donc c'était quand même il y a quelques années. Je pense qu'on était aux tout prémices, en tout cas dans la communauté à Strasbourg. Et oui, ce n'était pas l'endroit. Mais c'est pareil, comme on leur a expliqué la boîte gay, on leur disait, nous, les lesbiennes, on sort plutôt à partir de 9h le soir. En fait, on aimerait bien avoir un truc, on est certaine à se dire, on aimerait bien venir danser dès 9h le soir. Et eux, ils nous disaient, nous, la boîte, elle commence vraiment à partir, à partir de minuit. Et donc, à un moment, ce qui se faisait, c'est que de 21h jusqu'à minuit, c'était lesbiens. Et après, ils ouvraient en mode DJ set, etc. Et pour d'autres publics. Quoi bien ? Mais on était clairement en décalage. En tout cas, clairement en décalage. C'était intéressant. C'était vraiment une expérience chouette. J'ai adoré mettre en place ces trucs-là, mais c'est vrai que c'est tout un conditionnement à revoir.
- Speaker #1
C'est ça.
- Speaker #0
On parlait de pourquoi tout à l'heure. Je pense que là-dessus, j'ai un peu une petite réponse de ce que j'ai pu discuter avec les gens. Je pense qu'il y a vraiment ce côté un peu... On parlait de rituel de passage un peu tout à l'heure, je pense que c'est vraiment ça, c'est le côté, on arrive dans une communauté, on connaît un peu rien, on ne sait pas trop comment ça fonctionne, ça ne fonctionne pas trop comme les relations hétéros, c'est différent. Il y a vraiment cette culture aussi, un peu tu dois être ouvert sexuellement, tu dois être un peu libéré, que je retrouve un peu dans la plupart des communautés queer en réalité. Et il y a même, je pense aussi, un peu un côté où il faut prouver un peu ta sexualité.
- Speaker #1
Et oui, vu qu'on parle de thématique sexuelle, forcément, il faut que ce soit lié à la sexualité et aux pratiques sexuelles.
- Speaker #0
C'est ça, voilà. Il y a beaucoup ce côté... Je sais que vraiment, chez les gays, il y en a beaucoup qui ont parlé de ce côté. Oui, il y a l'initiation par le mec plus âgé qui fait vraiment partie du processus, qui fait vraiment partie de la culture. Et effectivement, ce côté, on a un peu tous passé par là. Même si les personnes de chez qui c'était consenti, on peut quand même se poser la question de l'emprise entre un jeune de 18 ans et un mec de 50 ans.
- Speaker #1
Ouais, clairement. D'ailleurs, dans la ruralité, il y a un documentaire sur France TV, justement sur le chemsex, et au tout début de l'interview, du témoignage, donc avant la question des produits psychoactifs, tout ça, il y a un des jeunes gays interrogés qui dit « Moi, de toute façon, j'habitais pas... » pas dans une grande ville, le seul autre gay qu'il y avait, il avait ouais la quarantaine, cinquantaine et moi j'avais 17 piges quoi, que je me suis dit bah c'est comme ça et ça a commencé avec des pratiques déjà assez hardaisées avec le recul il avait connu que ça en fait oui je dis 18 pour être sympa mais ouais il y a vachement ce côté d'initiation et de bah
- Speaker #0
voilà cette personne elle sait un peu comment c'est de commencer dans cette culture, et je pense que c'est le principal facteur, en fait, qui va causer les agressions, c'est que il y a des personnes qui sont un peu isolées, qui découvrent une nouvelle culture qui est un peu merveilleuse pour elleux, où, par exemple, tout est cool, c'est plein de personnes qui les comprennent vraiment pour ce qu'elles sont, tout le monde est gentil, et en fait, se rendent pas compte qu'il y a des personnes qui apprécient beaucoup le côté un peu des débutants en lutte. un peu innocentes, et qui vont totalement se jeter dessus.
- Speaker #1
Oui, la vulnérabilité, du coup, ça ouvre des portes aussi derrière aux personnes, pas aux personnes vulnérables, mais aux personnes qui en profitent.
- Speaker #0
Et y compris aussi des personnes qui étaient vraiment en manque d'affection pendant des années. Moi, je vois beaucoup ça chez les femmes trans, des personnes qui ont été en gros manque d'affection pendant des années parce qu'elles étaient... très très seules, très isolées aussi parce que il y a une culture on va dire ne serait-ce que du contact physique très différent chez personnes assignées hommes et assignées femmes et donc c'est un peu le cliché mais les femmes trans qui se retrouvent au moment de leur transition à ne pas avoir fait de câlins qui que ce soit depuis 10 ans vraiment et qui se retrouvent découvre tout d'un coup la communauté, et tout est merveilleux. Et en fait, vraiment, c'est l'estime parfaite. Aussi, vraiment, la peur, concrètement, qu'on va vraiment nous dire très tôt, ben oui, les gens vont être horribles, les gens vont pas te respecter, machin et tout. Alors qu'il y a une personne qui arrive, qui dit, bien sûr, moi je te vois comme une femme, t'es très bien pour moi, mais oui, je suis toujours très séduisante et tout. C'est bon, il n'en faut pas plus pour que la personne baisse toutes ses barrières. Et oui,
- Speaker #1
la validation du début de 30 ans, tout ça, bien sûr.
- Speaker #0
Bien sûr. Ça, c'est très compliqué parce qu'en fait, c'est difficile de dire à une personne qui découvre ça, qui est vraiment en mode c'est merveilleux, mais fais attention quand même. Peut-être que c'est des personnes qui vont être très gentilles avec toi et en fait, elles veulent autre chose. Et les personnes, elles vont dire, mais je suis adulte, je sais, t'inquiète. Et non, on voit bien que non, elle ne gère pas.
- Speaker #1
Et oui, c'est ça, c'est que c'est qui tout double. Soit c'est vraiment en effet quelqu'un qui les a rencontrés et qui a flashé sur elle parce que c'est des personnes sympas, drôles. même si elles sont vulnérables. Bien sûr, il y a des personnes où, malheureusement, comme tu dis, ça arrive souvent, où c'est « oui, oui, je te valide tant que tu veux, mais t'inquiète, derrière, je vais demander et attendre des choses. » Oui,
- Speaker #0
ce n'est pas pour dire. Bien sûr, c'est des personnes qui sont en début de transition qui nous écoutent. Il y a des très belles histoires d'amour en début de transition. Oui, c'est clair, c'est là où on est en vol. Juste, si on a ça... Faites attention peut-être surtout aux personnes qui sont militantes depuis longtemps, dans le milieu, qui sont plus âgées et tout, qui me font bien vous voir, peut-être se poser la question de voilà, qu'est-ce que la personne veut aussi ? C'est juste se poser la question de quels sont les facteurs qui peuvent causer de l'emprise et est-ce que là, actuellement, je suis sous emprise ou pas ?
- Speaker #1
Concernant les actions à la station, comment ça se passe ?
- Speaker #0
Du coup, effectivement, on a... Pôle sensibilisation, pôle médiathèque, pôle café, pôle expo, pôle écoute, pôle juridique, pôle événement. Et dans les derniers un peu, qui sont encore un peu en développement actuellement, on a le pôle accueil, le pôle... Je crois que c'est le pôle lieu ou le pôle entretien. Entretien, c'est ça, entretien. Il y a le pôle santé qui a existé depuis un temps, qu'on essaie de relancer. C'est une question complexe. Mais oui, du coup, je pense que le plus actif, probablement de loin, ça va être le pôle juridique. Et ça, je pense que c'est quelque chose que beaucoup de centres LGBT font. C'est qu'il va y avoir beaucoup la question de l'aide à la demande d'asile. Et ça, en fait, la plupart de nos adhérents et adhérentes, c'est des personnes qui sont en demande d'asile. C'est un pôle qui existe depuis longtemps, mais je pense qu'il s'est quand même beaucoup développé cette dernière année. Parce que comme dit, on a eu un bond énorme en termes d'adhérents, adhérentes. La légalité s'est beaucoup développée. Et aussi, je pense que le gros changement qu'on a eu cette dernière année, c'est le fait d'essayer d'inclure vraiment les demandes de hausse d'asile plus dans l'association. Parce qu'avant, il y avait vachement ce fonctionnement où les personnes venaient, étaient dirigées vers l'équipe juridique. Alors, c'est deux équipes en fait, l'équipe écoute et l'équipe juridique qui travaillent main dans la main pour... écouter les personnes qui ont besoin de parler et à la fois les aider à faire leur dossier de demande d'asile. Donc, les personnes passent par là, et puis après, un peu revoir, en fait. Aujourd'hui, on fonctionne assez différemment. On essaie vraiment d'inclure ces personnes dans la vie de l'association en général, de leur permettre de profiter de services de l'association de tous les services et tout au long de la semaine, pas juste pendant les permanences spécifiques. Et là, vraiment, on a eu un... une vraie évolution là-dessus. On a beaucoup de bénévoles, même des responsables de pôle qui sont ou ont été en demande d'asile. On a une personne qui est maintenant vice-présidente qui était en sein de demandeur d'asile. On a une vraie évolution là-dessus et honnêtement, je pense que c'est absolument une nécessité de développer ça parce que c'est quand même les principaux usagers du centre. Maintenant, depuis quelques mois, c'est une bonne moitié de notre base bénévole aussi. Donc, c'était absolument nécessaire. Et j'espère qu'il y aura de plus en plus de personnes aussi qui oseront rejoindre le conseil d'administration. Parce que c'est vrai que ça peut être un peu intimidant, bien sûr. Mais ça, c'est une question qu'on se pose vraiment, d'essayer de se dire, OK, on a des personnes qui vraiment sont attachées à notre centre, après, vraiment envie de participer. de la vie associative, comment on fait pour essayer de les inclure au mieux ? Comment on fait pour essayer d'avoir une seule communauté et de ne pas avoir des communautés divisées dans leurs coins ? C'est encore une question qu'on se pose beaucoup aujourd'hui. Et aussi, la question derrière, c'est comment on fait pour avoir un centre qui n'est pas uniquement blanc ? Je pense qu'une constante, on va peut-être parler tout à l'heure de l'évolution des publics, il y a eu beaucoup d'évolutions du public tout au long de l'histoire de la station, mais je pense que l'une des constantes, c'est que ça a resté comme un public vraiment assez blanc. Et là, ce qu'on a pu voir aussi, c'est qu'avec cet élan d'investissement qui était vraiment aussi à l'initiative des demandes heureuses d'asile, c'est pas nous qui leur avons dit « Ah bah tiens, maintenant, essayez de vous investir plus » . C'était vraiment une volonté de leur part de se dire « On a envie de faire partie du centre aussi » . C'est vraiment une très bonne chose. On retrouve y compris des personnes racilées qui, pour le coup, ont vécu toute leur vie en France, qui nous disent maintenant que c'est un peu mieux au centre aussi. Et qui parfois le fréquentaient depuis des années, mais qui n'osaient pas trop s'investir aussi parce qu'il y a vraiment ce truc de « ouais, c'est le centre des Blancs » .
- Speaker #2
Par rapport à cette question-là, je me demande quand même s'il n'y a pas eu, dans le changement des différentes lois, on peut dire que c'est un peu plus difficile. ou quelque chose qui a aidé à cet état. Parce qu'en avoir discuté un jour avec des gens du code juridique, à l'époque où je m'interrogeais sur ces questions-là, elles me disaient, mais en fait, la plupart des gens qui font des demandes d'asile à Strasbourg, dans six mois, elles vont se retrouver à l'autre bout de la France, ou à un autre endroit en tout cas. Et du coup, il n'y avait pas forcément de fidélisation sur le lieu, enfin sur la ville en tout cas. Et du coup, c'était des gens de passage forcément, puisque après, ils étaient envoyés ailleurs. Donc, est-ce qu'il y a eu un changement à cet endroit-là sur les différentes politiques des personnes en situation de migration ? Peut-être qui fait que maintenant, ils peuvent rester à Strasbourg et en tout cas, ils peuvent s'investir dans le lieu où ils sont. Mais je crois qu'il y a eu quelque chose de cet ordre-là.
- Speaker #0
Juste aussi préciser que, voilà, j'essaie d'être trop dans le positif quand même des évolutions qu'on a eues. Ça veut... pas du tout dire qu'il n'y a plus de racisme. Et honnêtement, c'est encore une question qui se pose beaucoup. C'est une question qui est complexe, parce que souvent, ça n'a pas à juste être une personne qui fait des remarques racistes. Ça va être souvent une question un peu de conflit communautaire. Un exemple classique, vraiment, c'est les personnes qui vont nous dire, ben voilà, oui, non, bien sûr, il n'y a aucun problème, mais bon, c'est compliqué, on se fait souvent mégenrer. par les personnes en demande d'asile, vous comprenez. Et en même temps, forcément, on a de l'empathie avec la question, mais de savoir, est-ce que la personne n'a pas aussi un peu de racisme à prioriser derrière ? Est-ce qu'on ne peut pas aussi se dire qu'une personne qui a vécu un parcours extrêmement difficile, qui est dans un pays où, oui, probablement, être en identité, on n'en parlait pas beaucoup, est-ce que vraiment... La priorité, là, c'est de l'engueuler parce qu'il y a pas correctement les personnes. Ça va pas être direct, comme peut-être dans... Ça peut l'être, mais c'est rarement direct.
- Speaker #2
Il y a le pôle juridique, mais il y a aussi le pôle sensibilisation qui s'occupe d'aller faire des interventions au milieu scolaire. Alors, comme dit l'Alsace, ça a quand même une histoire particulière avec les interventions au milieu scolaire et les actions de sensibilisation. puisque c'est l'Alsace qui a initié le mois de l'autre et qu'avant ça se faisait sur le mois de mars et qu'ensuite ça s'est généralisé à toute l'année scolaire. Donc ça, c'est un gros sujet. Le pôle sensibilisation, il est né après la fermeture de l'antenne alsacienne de la société homophobie, même si je crois qu'elle a rouvert.
- Speaker #0
Oui, elle a rouvert.
- Speaker #2
Mais à un moment, pour en avoir fait partie, l'antenne... L'antenne alsacienne de SOS Homophobie avait travaillé sur différentes choses, et notamment sur un jeu des familles arc-en-ciel. Et s'est retrouvée en opposition avec le national de SOS Homophobie, qui prend beaucoup de place, forcément, toujours beaucoup de place. Et ils avaient voulu, à des fins, vendre ce jeu des familles à Renault, modifier le jeu qu'on avait créé. pour y inclure plus de familles hétéro, parce que c'était la demande de Renault, le marchand de voitures. Et donc, du coup, nous, l'antenne de Strasbourg, on a dit, ben non, en fait, nous, on l'a créé comme ça, ce jeu, et on le trouve très bien comme ça. Si Renault veut l'utiliser, très bien, ils l'utilisent. Mais par contre... Et suite à ça, il y avait... Enfin, voilà, il y avait eu plein de choses de pointées sur le fonctionnement national de SOS Homo. Il y avait évidemment peu d'écoute au niveau des antennes. Et donc l'antenne alsacienne avait décidé de supprimer l'antenne, ou en tout cas de la mettre en sommeil. Et malgré tout, tous ces gens qui faisaient des interventions en milieu scolaire pour SOS Homophobie, à Strasbourg en tout cas, ou en Alsace, se sont retrouvés à dire, c'est quand même dommage qu'on arrête les interventions en milieu scolaire, et donc pourquoi on ne ferait pas la même chose au niveau de la station ? Pourquoi on ne créerait pas un pôle ? Et que du coup, on y inclut... On travaille déjà à une formation commune, à ce qu'on a envie d'y mettre, parce que c'est pareil, le format intervention milieu scolaire de SOS, c'est un format spécifique. avec des attendus, avec des choses comme ça, qui correspondaient plus ou moins. Alors nous, à Strasbourg, on faisait un petit peu comme ça nous arranger, mais on y a rajouté beaucoup, beaucoup de choses. Et là-dessus, sans trop… Ce n'est pas histoire de dire qu'on n'a pas voulu écouter le National, mais disons qu'il y avait des choses avec lesquelles on n'était peut-être pas tout à fait en accord et que du coup, on adaptait un petit peu. Et donc, c'est dans ce contexte-là que le Pôle sensibilisation est né à la station. en se disant, après tout, ce sera notre particularité territoriale d'avoir un pôle sensibilisation qui fait des interventions en milieu scolaire. Donc, ça a mis un petit peu de temps à se mettre en place parce qu'il fallait le temps de s'organiser, il fallait le temps de trouver une organisation et un format d'intervention. Depuis, ça ne fonctionne plutôt pas trop mal, je crois bien, Flora.
- Speaker #0
Il y a toujours un manque de bénévoles, mais ça, c'est vraiment systématique. Mais du coup, on a le pôle café que j'ai mentionné tout à l'heure, qui s'occupe vraiment de cet espace associatif et convivial qui va du coup servir à boire et à manger, mais vraiment pas que. C'est vraiment aussi l'idée de créer un lieu convivial, d'organiser un peu des événements parfois pour animer le lieu, pour que les gens viennent, restent. C'est vraiment tout l'aspect convivial du lieu, vraiment. C'est bien sûr, et tous les appris au visionnement aussi. Donc voilà, le Pôle Café. On a le Pôle Médiathèque, qui a un peu ressuscité récemment, qui s'occupe de la médiathèque associative. Je pense qu'on a quand même une bonne bibliothèque à Strasbourg. On a un peu moins de 2000 ouvrages. C'est quand même pas mal. Donc voilà, de gérer cette médiathèque, de pouvoir faire emprunter des livres également, et différentes activités culturelles, soit des permanences, des groupes de lecture. Et on a beaucoup de projections de films aussi en ce moment, sur ce qu'on est en train de travailler. Il y a un peu le côté culturel en général. Sur le côté culturel, on a également un pôle expo qui organise des expositions tous les mois, avec des artistes locaux, d'autres associations, toutes sortes de personnes qui pourraient avoir intérêt à exposer à la station, et qui sont triées un peu pour quand même une part de personnes qui sont... sur nos valeurs et sur nos luttes. Pour le communication, on s'occupe de la communication externe, c'est un classique, je pense. Pour l'événement, qui fait un peu tout ce qui est événement autre, on a quand même une grosse variété d'événements, beaucoup à la fois de groupes en homicidité, à la fois d'événements plus pour tout le monde, soit événements culturels, événements de sociabilisation et événements de sensibilisation. informatifs eux aussi. Pour l'écoute, que j'ai mentionné tout à l'heure, mais qui ne s'occupe pas du tout que des demandes d'asile, qui s'occupe de toutes les personnes qui ont besoin de parler, qui ont besoin de pouvoir se confier un peu. Le pôle sensibilisation, bien sûr, qui a déjà été mentionné par Agnès. Avant, on appelait ça déco maintenant. Entretien,
- Speaker #1
t'as dit, c'est ça ?
- Speaker #0
Entretien, c'est ça. Exactement. Le pôle entretien s'occupe vraiment de gérer le lieu. C'est un peu tout ce qui ménage, notamment. Mais aussi décoration un peu. Et oui, aussi pour l'accueil qui sert à suppléer l'employé. Pour l'instant, c'est surtout en cas d'absence ou de congé. Et dans l'avenir, l'idée, c'est que ça puisse aussi être vraiment un support, y compris pour plusieurs personnes, parce qu'en fait, on se rend compte aussi avec le développement de nos missions que parfois, juste avoir une personne à l'accueil, ça ne suffit pas. Il y a des moments où l'employé me dit, mais en fait, il y a cinq personnes qui me parlent en même temps, ce n'est pas gérable. Une question qu'on a dû se poser, de quoi on peut parler, de quoi on peut parler, quand est-ce qu'on interrompt la personne. Parfois, il y a une personne qui, quand ça se confie, va parler de trucs très difficiles. Il y a potentiellement des personnes à côté qui sont assises, qui discutent, qui vont être mal à l'aise. Qu'est-ce qu'on fait ? Est-ce qu'on interrompt ? Est-ce qu'on transfère la discussion dans un espace plus clos ? Comme dit, c'est des actions qui peuvent être très diversifiées aussi, en fonction de ce que les bénévoles nous proposent. Nous, on a tout le temps de nouvelles propositions. Récemment, par exemple, on a des bénévoles qui nous ont proposé de faire un atelier hard du fil, que les personnes puissent venir faire de la couture ou du tricot entre personnes queers. On n'y aurait pas du tout pensé seul. Et puis, en fait, ça se passe bien. Il y a un public, beaucoup de gens qui sont intéressés. On a l'habitude d'avoir une activité plus calme aussi, peut-être, que beaucoup d'autres activités. On a vraiment toute une diversité. Beaucoup de personnes qui viennent nous proposer aussi des actions. Au centre, et aussi, on travaille avec des institutions. On parlait un peu de la mairie tout à l'heure. Parfois, la mairie nous demande aussi de faire des formations. les aider à travailler sur des formations. On fait même des demandes plus... En fait, la sensibilisation, c'est-à-dire qu'on n'a pas beaucoup d'interventions au milieu scolaire, on fait aussi des formations d'adultes, interventions de formation pour adultes, ou y compris des formations spécifiques pour des groupes qui nous demandent... Là, on a eu une demande de groupe de supporters de foot locaux qui aimeraient se former sur l'homophobie. C'est clairement suite aux... des débats en tout cas qui est actuellement sur ces questions on a été vraiment agréablement surpris d'avoir cette demande, on ne s'y attendait pas c'est plus une personne un peu plus au-dessus qui fait le lien entre les supporters et l'équipe qui était à l'origine de cette demande j'ai un peu découvert ça il y a différentes associations de supporters et en fait en formant les personnes qui gèrent ces associations ... il y a possibilité aussi d'avoir une répercussion qu'après, elles transmettent un peu à la base derrière. On a toutes sortes de personnes qui nous demandent des formations. Malheureusement, ça n'a pas pu être fait parce qu'on a eu la demande une ou deux semaines avant, mais on avait des scouts aussi qui nous demandaient de former. En fait, vraiment, on a des demandes de partout. La sensibilisation, je pense que c'est bien la moitié des demandes. Et j'aimerais vraiment pouvoir dire... qu'on gère derrière, mais en fait, il y a une telle demande par rapport à notre capacité bénévole et capacité d'organisation derrière, parce que nous, on dit toujours des bénévoles motivés, il y en a peut-être, mais des personnes qui vont faire le lien, envoyer l'email, dire, ok, c'est à telle heure, qui est disponible, toi t'as dit que t'étais disponible, t'es toujours disponible, tu te souviens bien que c'est demain, ça, personne n'a envie de le faire. Beaucoup de gens ont envie d'être bénévoles quand on pourrait être bénévoles. Si on te dit de faire un truc et tu le fais, quand on dit aux personnes « bah non, en fait, c'est toi qui vas dire aux gens de faire des trucs » , là, tout d'un coup, ils n'ont plus de foi en vie.
- Speaker #1
Cet épisode de Nos lieux et nos luttes n'est pas terminé. Vous pourrez donc écouter la partie 2 de l'histoire de la station dans deux semaines. Rendez-vous donc le samedi 1er mars pour la partie 2 de l'épisode 9 de Nos lieux et nos luttes.