- Sandrine
Musique Bonjour, Kia ora comme on dit en Nouvelle-Zélande et G'day en Australie. Bienvenue dans le 19e épisode du podcast Voyages au bout du monde avec Antipodes Travel. Je m'appelle Sandrine et j'habite en Océanie depuis plus de 20 ans. Et j'ai créé ce podcast pour vous aider à préparer votre voyage en Nouvelle-Zélande et en Australie. Dans chaque épisode, je vous fais découvrir une région, je vous emmène hors des sentiers battus et je partage avec mes invités l'actualité de ces deux destinations. Aujourd'hui, mes invités ont choisi de visiter la Nouvelle-Zélande sans louer de voiture. Manon partage son périple à vélo dans l'île du Nord, et Guy nous emmène dans les vignobles autour de Blenheim, puis sur le bateau postal dans les Marlborough Sounds au départ de Picton. Deux expériences bien différentes mais qui ont en commun un rythme plus lent pour vraiment s'imprégner du pays. Dans la rubrique conseils, je vous dis tout sur la traversée en ferry entre les deux îles. Comment se passe l'embarquement ? Que trouve-t-on à bord ? Quels conseils pour profiter au mieux de cette expérience ? Certainement un grand moment de votre voyage. Allez, prêt pour l'embarquement ? Rendez-vous porte 19. On laisse la voiture au parking et on part découvrir l'île du Nord à vélo. Bonjour Manon.
- Manon
Bonjour.
- Sandrine
Alors, pas de voiture pour toi, tu as décidé de visiter l'île du Nord à vélo. D'où est venue cette idée ?
- Manon
Alors à l'origine, mon idée c'était de traverser le pays à pied en fait. Mais c'était un peu long et il y avait différentes raisons qui m'ont amenée à finalement faire que la moitié à pied et l'autre moitié en vélo. Donc j'ai fait l'île du Sud à pied et après l'île du Nord en vélo.
- Sandrine
Mais tu habitais déjà en Nouvelle-Zélande ?
- Manon
Oui, j'habitais déjà en Nouvelle-Zélande. Je fais du vélo au quotidien depuis longtemps, je ne m'étais jamais imaginée faire un grand voyage comme ça, mais j'habitais à Wellington et un jour il y a un copain qui m'a dit « viens on va faire un tour » . Je l'ai bêtement suivi et on s'est retrouvé à faire 40-50 km dans l'après-midi et ça ne m'a pas paru difficile. Je me suis dit « ah ben en fait ça va, je peux faire plus, je peux faire ça plusieurs jours de suite » . Et ça c'était avant que je commence ma marche. C'est là que l'idée a commencé à me dire, si c'est trop long, si je n'ai pas assez de temps pour faire tout à pied, je pourrais faire le reste en vélo.
- Sandrine
Et donc le projet s'est concrétisé puisque tu es partie de... Alors tu n'es pas partie de Wellington.
- Manon
Non, je suis partie de Wellington à pied parce qu'il y avait une section sur l'île du Nord que je voulais faire à pied au nord de Wellington. Il y a une chaîne de montagnes qui s'appelle les Tarawera dont j'avais entendu beaucoup de bien, il parait que c'était très très beau. Je n'y étais jamais allée donc je me suis dit, je vais quand même faire ça à pied. Et en sortant des Tarawera, on arrive à une ville qui s'appelle Palmerston North et il se trouve que, coup de pouce du destin, le vélo qu'on m'a prêté pour faire ce voyage, il fallait que je le récupère à Palmerston North. Donc c'était un peu parfait.
- Sandrine
Donc l'aventure commence vraiment à vélo à Palmerston North.
- Manon
Voilà, c'est ça.
- Sandrine
Et tu peux nous résumer un petit peu le parcours que tu as fait pour qu'on visualise ? Alors je vous invite, chers auditeurs, à sortir votre carte ou à regarder sur Google Maps pour voir le trajet.
- Manon
Oui, donc globalement, ça passe par le milieu de l'île. Donc il n'y a pas de détour par les côtes. Enfin, ça traverse l'île tout droit au milieu, plus ou moins.
- Sandrine
Sur quel type de terrain c'était ?
- Manon
C'est un peu tout. Il y a de la route, il y a des chemins de terre, il y a ce qu'on appelle du non-sealed ici. Je ne sais pas comment on dirait en français. C'est pas goudronné, mais c'est pas non plus de la terre et de la caillasse. Et donc l'itinéraire que je suivais ça s'appelle "Tour Aotearoa". "Tour" qui vient du français, enfin qui vient de Tour de France en fait. Et ici les grands itinéraires à vélo ils appellent ça des tours. Même si ça ne fait pas un tour que ça traverse. Et "Aotearoa" du coup le nom de la Nouvelle-Zélande. Et bah depuis Palmerston North en montant vers le nord on va vers Whanganui. Là c'est un peu compliqué parce qu'il y a un bout de rivière.
- Sandrine
Ah oui, pas très pratique à vélo.
- Manon
Pas très pratique en vélo, donc il faut prendre le fameux jet boat, qui est très connu ici, pour remonter un petit peu la rivière, récupérer un chemin qui s'appelle Kaiwhakauka Track. Ça, c'était sans doute le plus difficile des chemins que j'ai faits. Et après, ça remonte, on passe à l'ouest du National Park de Tongariro, et ça continue de monter tout droit par le Timber Trail. Paeroa, ensuite on arrive du côté de Matamata.
- Sandrine
Matamata, bien sûr connu pour Hobbiton, pour les fans du Seigneur des Anneaux. Il y avait des Hobbits sur les vélos ?
- Manon
Je n'en ai pas vu ! C'est toute une phase depuis Matamata qui est très plate et un peu fatigante de rien. Paysage très monotone et pas du tout de relief non plus. Et après, on arrive à l'estuaire de Thames.
- Sandrine
Et de là part la péninsule de Coromandel, si vous voulez faire un crochet. Je ne pense pas que tu y sois allée.
- Manon
Je n'ai pas fait le crochet vers Coromandel, non. Je suis remontée directement vers Auckland. Et donc, traversée d'Auckland, qui n'est pas facile non plus au final. Je pensais que ce serait plus simple.
- Sandrine
Il y a une piste cyclable qui traverse ?
- Manon
Oui. Oui. Mais je ne sais pas, c'est le choc d'arriver à la grande ville. La ville est grande, donc j'ai l'impression que ça a duré super longtemps de passer au travers. Et après, à travers le Kaipara Harbour, j'ai repris un bateau. Et après, on arrive dans le Northland, qui est la région la plus au nord du pays. Et on remonte doucement jusqu'à la célèbre 90 Mile Beach qu'on fait à vélo. Le sable est suffisamment dur à marée basse pour la faire à vélo.
- Sandrine
D'accord, oui, parce qu'il faut savoir que c'est une route, une véritable route qui passe sur le sable, mais elle est considérée comme une route.
- Manon
Oui, oui, oui. Par contre,
- Sandrine
on ne peut pas y aller avec les véhicules de location. Je fais une petite parenthèse, vous ne serez pas couverts si vous y allez avec ces véhicules.
- Manon
Il y en a qui essayent et ça ne se finit pas bien.
- Sandrine
Mais par contre, à vélo, c'est possible.
- Manon
À vélo, c'est possible et c'est magique. Moi, ça a été une de mes étapes préférées de tout le périple. C'est un lieu qui est vraiment incroyable, je trouve.
- Sandrine
On arrive au bout, au phare de Cape Reinga.
- Manon
Et on arrive au phare, qui est le point le plus au nord de l'île et qui a vraiment une signification importante d'un point de vue culturel et traditionnel pour les Maoris. Et je trouve que de passer vraiment sur la 90 Mile Beach, - elle fait donc 80 et quelques, 88 kilomètres, de vraiment passer tout ce temps-là sur la plage, de la remonter entièrement en vélo, on a vraiment cette impression de bout du monde.
- Sandrine
Tu ne t'es pas arrêtée tout au nord, tu es redescendue au sud.
- Manon
Ben voilà, parce que du coup, je n'ai pas commencé depuis Wellington, donc je suis repartie à mon point de départ. Et ensuite, j'ai fait la dernière section.
- Sandrine
De Palmerston North à Wellington.
- Manon
Voilà.
- Sandrine
Très bien. Et bien, c'est une belle aventure. Ça a combien de temps, ça t'a pris en tout ?
- Manon
Ça m'a pris à peu près trois semaines. Ça peut être fait plus vite, je ne suis pas très rapide.
- Sandrine
Dans quel type d'hébergement tu dormais ?
- Manon
Alors j'avais ma tente avec moi, je ne l'ai pas utilisée énormément, je dormais pas mal dans des... Alors j'ai eu de la chance que je suis arrivée en fin de saison et les gens ont eu pitié de moi en fait. Donc quand je suis arrivée et que je disais je voudrais poser ma tente s'il vous plaît, ils me regardaient un peu en mode mais il fait froid la nuit maintenant, non ? Et ils me laissaient dormir dans le dortoir ou à l'intérieur sans me faire payer plus cher.
- Sandrine
Sympa.
- Manon
Donc c'était vraiment sympa.
- Sandrine
Parce que c'était à quel mois Manon ?
- Manon
C'était... on est arrivé au mois d'avril.
- Sandrine
Il commence à faire un peu plus frais en effet.
- Manon
Il commence à faire plus frais, il fait nuit tôt, donc c'était pas... j'ai apprécié. C'était sympa. Donc dans des petits bungalows, dans des dortoirs. J'ai dormi une fois dans l'estuaire de Thames, qui est un estuaire assez connu pour les oiseaux. Shorebird, ils disent en anglais. A Miranda ? Miranda, oui. Je sais pas comment on dirait en français. Des oiseaux de...
- Sandrine
Là, il faudrait demander à Yoann, mais il n'est pas là aujourd'hui.
- Manon
De rivage, shorebirds, rivage.
- Sandrine
Du bord de mer.
- Manon
Du bord de mer, de rivage marin, bon bref.
- Yoann, le Génie
Alors, on a besoin de moi ? Je peux vous aider peut-être ? Les shorebirds, ce sont souvent ce qu'on appelle les limicoles en français. Ce sont les bécasses, les barges, les courlis, les huîtriers, souvent des oiseaux avec des pattes assez longues.
- Manon
Et donc ce centre qui est là pour la promotion de l'estuaire, qui est un lieu écologique d'importance dans cette région-là, qui explique quelles sont les espèces d'oiseaux qui sont là, etc. et qui travaille à la conservation de l'estuaire. J'avais entendu dire qu'ils avaient aussi des dortoirs et qu'on pouvait peut-être dormir là et que ça aidait aussi à participer au financement de la conservation, tout ce que je me disais, c'est bien, je vais essayer de faire ça. Quand je suis arrivée là-bas, ils m'avaient dit, on n'a plus de place. Tant pis, je suis allée dormir au camping du coin, au Top 10. Puis le lendemain, j'ai repris le temps d'aller marcher un peu dans l'estuaire. Je trouvais que c'était un endroit qui était très très beau. J'ai eu besoin de ralentir un peu, parce qu'après avoir passé plusieurs mois à marcher, finalement le vélo m'a semblé très très rapide. Je suis arrivée là, d'un coup je me suis dit, oulala. Il faut que je me pose un peu et arriver dans cet estuaire où c'était vraiment calme, c'était vraiment beau, je me suis dit il faut que je reste là un peu plus. Et du coup le matin, après ma nuit au camping, je suis retournée au Shorebirds Center. Je leur ai dit est-ce que cette nuit vous avez encore de la place s'il vous plaît ? Je suis fatiguée, je veux rester par ici. Je les ai vus un peu hésiter et puis ils m'ont dit bon d'accord. Et en fait ils avaient un groupe d'ornithologues qui restaient là pour quelques jours, qui revenaient juste d'une mission, enfin c'est des gens du DOC, qui revenaient juste d'une mission sur une des îles offshore. Et en fait, ils n'étaient pas du tout complets la veille, mais c'est juste qu'ils avaient un dortoir chacun pour être tranquille. Et donc là, j'ai fait mes petits yeux de chien perdu en disant « Je suis fatiguée, j'ai besoin d'arrêter. »
- Sandrine
« Je suis un oiseau voyageur, accueillez-moi ! »
- Manon
Et ils m'ont laissé passer une nuit et c'était génial. Je me suis retrouvée au milieu d'ornithologues.
- Sandrine
Yoann aurait adoré ça.
- Manon
J'imagine, oui.
- Sandrine
Tu as dit « Enfin, on a fait de belles rencontres pendant ce voyage. » Est-ce que tu as d'autres personnes qui t'ont marquée ?
- Manon
Oui, alors on fait moins de rencontres en vélo qu'à pied finalement, parce que...
- Sandrine
Ça va un peu plus vite, oui.
- Manon
Ça va plus vite et il y a surtout plus de disparité de distance, c'est-à-dire que moi sur une journée je fais en moyenne 70-80 km, il y a des gens qui vont faire 150 bornes en une journée, donc finalement autant on marche à différents rythmes, mais en fait on ne peut pas faire tant que ça de plus en une journée, et du coup on va se retrouver aux huts à peu près aux mêmes étapes, tandis qu'en vélo on peut avoir des étapes... complètement différentes. J'ai rencontré moins de gens, et c'était aussi plus rapide. Mais à la fin de mon voyage, c'était une rencontre assez rigolote. J'étais à trois jours du Cap, du Cap Reinga, et je ne savais pas encore comment j'allais redescendre vers Auckland, parce qu'autant à pied, je faisais du stop, mais là, avec un vélo, je ne savais pas trop. Je me suis retrouvée à rencontrer un groupe de cyclistes où on s'est tous retrouvés arrêtés à la forêt de Waipoua, côté de de Tane Mahuta, parce qu'il y a eu une averse monstrueuse qui a fait que tout le monde s'est arrêté de pédaler. Et puis en plus, tout le monde s'était arrêté pour aller voir aussi Tane, le grand Kaori. Et il y avait ce groupe de gens qui avaient des vélos électriques, qui avaient une remorque. Et donc je me suis retrouvée à discuter avec eux. Je disais, mais c'est quoi votre remorque, là ? C'est quoi votre équipage, quoi ? Et donc la remorque c'était un truc où ça se dépliait avec des panneaux solaires et tout pour qu'ils puissent mettre les vélos, recharger les batteries au milieu de journée et le soir. Et ils étaient un petit groupe de 8 personnes plus âgées, entre 60 et 70 ans tous, et qui avaient fait le truc entier. Tour Aotearoa en entier depuis Bluff et qui arrivaient là au Cap.
- Sandrine
Ah ça me conviendrait bien ça.
- Manon
En vélo électrique et hyper bien organisé quoi, j'étais hyper impressionnée. Et donc je discute, je discute. Il me dit, oui, on a commencé à neuf, mais il y en a un qui s'est blessé au début du voyage, donc il a dû nous abandonner. Je fais, ah oui, c'est dommage. Puis je repars, puis je réfléchis, je me dis, attendez, j'y retourne. Je lui dis, vous arrivez quand déjà à Cap Reinga ? Dans trois jours. Je dis, moi aussi. Forcément, on est au même endroit. Et du coup, vous avez une personne de moins, donc il y a de la place dans votre remorque.
- Sandrine
Bien joué.
- Manon
Et dans votre minivan. Et il me dit, bah oui, oui. Pas de problème. Et donc, de fait, on s'est retrouvé à Cape Reinga et ils m'ont redescendue jusqu'à Auckland.
- Sandrine
Et t'as mis un moteur électrique sur ton vélo !
- Manon
C'était super drôle. C'était une chouette rencontre. Ils étaient nombreux, donc plein de gens rencontrés. Puis ils étaient tous... C'était nouveau pour eux, ils n'avaient jamais fait ça. Plus âgés aussi, donc se retrouver dans une aventure comme ça, quand on n'en a jamais fait avant, je trouvais que c'était vachement inspirant. Ouais, tous très sympas, hyper fiers. Les rencontrer à la fin aussi, c'était chouette, parce qu'ils étaient hyper fiers de ce qu'ils venaient d'accomplir. On était tous à la fin de notre voyage, on est allé au resto, ils m'ont payé du vin, ont sorti les cigares, c'était wow !
- Sandrine
C'est sûr, parce qu'on commence, ou on termine, plutôt à Bluff, tout au sud de l'île du Sud, généralement. ce tour de Nouvelle-Zélande.
- Manon
Oui, ce qui est étonnant, je trouve, parce que moi je trouve que ça fait beaucoup plus sens de finir au Cap. Pour la symbolique, je ne sais pas si, on pourrait expliquer rapidement, en gros, c'est le lieu dans la mythologie maori où les esprits se rendent pour passer dans l'autre monde et pour retourner à la terre d'origine, la terre des ancêtres qui s'appelle Hawaiki, qui est un peu une terre mythologique, on ne sait pas trop ce que c'est, mais ce serait de là que viennent tous les Polynésiens. Et donc Cape Reinga, c'est là qu'ils font le leap, comme ils disent ici, donc le saut pour repartir. Et du coup, c'est vraiment le bout, le bout du chemin. Et moi, c'est ça qui m'a vraiment saisie, cette impression de bout du monde et de temps un peu suspendu. Et du coup, finir là-bas, je trouve que ça fait vachement plus sens que de commencer.
- Sandrine
Donc toi, tu as eu aussi l'occasion de visiter à pied la Nouvelle-Zélande, donc si tu avais une... Une préférence à pied, à vélo, ou si c'est deux expériences quand même bien différentes ?
- Manon
C'est vraiment pas la même chose. Et je pense que ça... Moi, je pense que ce que j'ai fait, c'était assez pertinent, en tout cas pour mes envies à moi. C'est-à-dire que l'île du Sud, ça peut se faire à vélo, mais on voit beaucoup plus de choses à pied, parce que c'est plus sauvage, il y a plus de montagnes, on rentre dans des zones où il n'y a pas de route. Donc on découvre beaucoup plus la nature et l'endroit à pied, parce que tout n'est pas accessible en vélo. Tandis que l'île du Nord, il y a moins de zones de forêt, il y a moins de zones de montagne, il y a plus de petites routes, justement, plus de petits villages, de routes de campagne, etc. Et pour le coup, à pied, ça fait mal, parce que c'est à plat, c'est sur la route, c'est sur le goudron. Et en vélo, au contraire, ça se fait super bien et on a vu que sur les petites routes, il n'y a pas vraiment de zone, à part les Tarawera, où on ne peut pas aller en vélo. Du coup... Les deux sont supers et je trouve que ça dépend vraiment du terrain, de ce qu'on a envie d'explorer.
- Sandrine
En tout cas, si vous avez envie de passer du temps en Nouvelle-Zélande, privilégiez la marche ou le vélo pour découvrir le pays. Je crois qu'il n'y a pas photo sur ça.
- Manon
Oui, moi je trouve.
- Sandrine
Merci beaucoup Manon d'avoir partagé ton expérience sur ce tour à vélo.
- Manon
Avec plaisir.
- Sandrine
Quelle sera la prochaine destination ?
- Manon
Bonne question.
- Sandrine
Parce qu'on peut t'envoyer en Australie aussi si tu veux.
- Manon
Oui, en Australie il y a beaucoup de zones désertiques. J'aimerais bien en Europe un peu, la Turquie ou l'Espagne, mes deux prochaines idées.
- Sandrine
Bonne continuation dans tes pérégrinations cyclistes Manon.
- Manon
Merci.
- Sandrine
Mon deuxième invité, Guy, a réservé son séjour dans l'île du Sud avec notre agence. Il venait rendre visite à sa famille et il ne voulait pas conduire. On lui a préparé un voyage sur mesure avec plusieurs excursions organisées. Et à Picton, il a embarqué à bord du bateau postal qui livre le courrier dans les Marlborough Sounds. Une expérience unique et très originale. Eh bien bonjour Guy !
- Guy
Bonjour Sandrine !
- Sandrine
Merci d'être passé comme ça à notre bureau de Dunedin. Vous êtes en vacances ici dans la région ?
- Guy
Oui, alors malheureusement notre séjour prend fin bientôt, mais nous avons découvert la Nouvelle-Zélande durant deux mois.
- Sandrine
Je crois que vous aviez une raison de venir par ici.
- Guy
Oui, tout à fait. On peut la connaître. Nous avons notre fille qui vit ici depuis 7 ans maintenant. Et donc, on voulait voir dans quelles conditions ils vivaient pour s'imaginer, parce qu'ils viennent souvent en France, mais pour avoir un peu l'ambiance dans laquelle ils étaient, voir leur maison.
- Sandrine
Et c'était la première fois en Nouvelle-Zélande alors ?
- Guy
C'était la première fois.
- Sandrine
Et donc à Dunedin ?
- Guy
Et donc à Dunedin pour démarrer et puis pour terminer.
- Sandrine
Et puis vous vouliez un petit peu profiter de visiter le pays, donc c'est comme ça qu'on a été amené à organiser quelques jours, en tout cas dans le nord de l'île du Sud, dans la région de Picton.
- Guy
Tout à fait.
- Sandrine
Alors votre première impression déjà de Picton, donc ce petit village, petite ville on va dire, qui accueille les ferrys pour rejoindre l'île du Nord.
- Guy
Oui, Picton est très agréable à vivre, on a passé un excellent moment. C'est une zone qui est très peaceful comme ils disent, l'impression...
- Sandrine
Tranquille.
- Guy
tranquille, les gens sont allongés sur les pelouses.
- Sandrine
Il y a une grande esplanade au bord de l'eau.
- Guy
C'est très très beau. Et puis nous avons eu la chance de faire une marche avec une vue superbe sur le port qui se trouve au-dessus de l'hôtel.
- Sandrine
Parce qu'il faut dire que vous n'aviez pas de moyens de locomotion, on avait organisé que ce soit bus ou le train, et donc vous n'aviez pas de quoi vous déplacer, mais à pied ça se visite très bien.
- Guy
Ça se visite très bien, c'est pas très grand. Il n'y a aucun souci. Et puis, voyager par bus, ça permet aussi d'être avec les gens du coin ou les gens qui visitent. Donc, ce n'est pas négligeable non plus d'avoir des contacts avec les gens comme ça, en dehors de la famille.
- Sandrine
Bien sûr. Et l'anglais alors ?
- Guy
L'anglais va mieux. Surtout la compréhension. Apparemment, ils nous comprennent, donc ça va. Mais c'est surtout quand ça parle normalement un peu vite. Il est nécessaire des fois de demander aux gens, mais ils le font... De répéter un petit peu. De répéter un peu plus lentement. Donc, depuis Picton, vous nous aviez concocté deux excursions. La première consistait à prendre le bateau à Picton, pas très loin de l'hôtel, c'est très confortable. Et nous sommes allés donc, avec le bateau poste, délivrer le courrier dans les différentes...
- Sandrine
Dans les Marlborough Sounds.
- Guy
Dans les Marlborough Sounds.
- Sandrine
Ça, c'est une excursion assez originale, c'est avec Beachcomber. Et donc, un bateau qui va livrer le courrier dans tous les... On ne va même pas dire des villages, parce qu'il n'y a rien dans les fjords, mais dans les maisons, en fait.
- Guy
Dans les maisons. Donc, une personne attend, en général, sur l'appontage, avec son sac de courrier. Et puis, le pilote donne le sac qu'il a emmené du courrier et il récupère le courrier envoyé. Lors d'une livraison, il avait même emmené des gâteaux qu'il se permettait de donner aux chiens de la personne qui venait amener le courrier et récupérer le sac.
- Sandrine
D'accord, donc ce n'était pas seulement du courrier, c'était aussi les croquettes.
- Guy
Les croquettes. Voilà la petite anecdote. Non, c'était très sympa. On a fait le dernier tour l'après-midi.
- Sandrine
Combien d'arrêts à peu près vous avez fait ?
- Guy
Je dirais, on a fait cinq arrêts. Il y en a un qui... qui était sur le plan mais qui n'a pas été fait parce qu'il ne devait pas y avoir de courrier, je suppose. Et le dernier arrêt qu'on a fait, on a récupéré des gens parce quand on est parti, le bateau était à peu près à moitié plein. Bateau confortable ? Très confortable. Oui, parce que quand on est au milieu des, on va dire, du chenal, il y a quand même du vent, mais très confortable. Et donc nous sommes revenus et le bateau était plein parce qu'il y avait des gens qui étaient partis passer la journée. pour faire une marche.
- Sandrine
C'est sur le Queen Charlotte Track. C'est une randonnée qui est connue. C'est vrai qu'on peut prendre ce bateau aussi et se faire déposer à un endroit du Parc National, marcher et se faire récupérer à un autre endroit. C'est en effet le même bateau.
- Guy
C'est une autre possibilité. Et donc, on a récupéré les gens qui avaient marché toute la journée. Et le bateau, quand on est revenu, il était complètement plein.
- Sandrine
Et donc, vous avez dû voir des endroits où les touristes ne vont pas. Ah oui,
- Guy
Alors, on a l'impression qu'on arrive dans la nature, qu'il n'y a rien. Et puis finalement, on découvre des maisons, certainement des résidences secondaires pour beaucoup. Mais très belles maisons.
- Sandrine
Ce qu'on appelle les "bachs" en Nouvelle-Zélande.
- Guy
Ah oui, oui. Notamment, il y avait une dame un peu âgée qui ramenait une amie. Elle était avec son petit tracteur et puis sa caisse derrière. Très néo-zélandais, quoi. Oui, mais c'était très, très beau à voir. Ah oui, il n'a pas fait que livrer le courrier, le pilote. Il livrait aussi une scie circulaire. Un gros carton. Oui, c'est une belle excursion.
- Sandrine
Une belle excursion. Une incursion dans la vie des Néo-Zélandais, dans un décor extraordinaire.
- Guy
Dans un décor, je ne vous en parle pas.
- Sandrine
Ah si, si, dites à nos auditeurs, vous allez leur donner envie d'y aller !
- Guy
Oui, oui, parce qu'on est entre la nature, la mer, ces bras de mer qui rentrent dans les forêts. C'est vraiment beau à voir.
- Sandrine
Vous avez fait une autre excursion. Alors là, on change d'environnement puisqu'on va dans les vignobles cette fois.
- Guy
Ah oui.
- Sandrine
Donc c'était une excursion avec la compagnie The Original Marlborough Wine Tours. Qui fait des départs depuis Blenheim, mais aussi depuis Picton, ce qui était bien pratique pour vous, puisque vous n'aviez pas de véhicule.
- Guy
Tout à fait.
- Sandrine
Et donc, c'est une excursion à la journée pour faire plusieurs dégustations.
- Guy
Voilà. Donc, nous avons eu la chance, le chauffeur est venu nous chercher au pied de l'hôtel. Et puis, nous sommes partis, nous avons récupéré un Hong Kongais, avec lequel nous sommes allés jusqu'à Blenheim pour récupérer un couple d'Américains. Donc, c'était déjà ça. C'était nouveau pour nous, et puis bon, on était obligé de parler anglais. Mais on avait un guide super intéressant qui s'est bien mis au goût du jour à notre mauvais anglais. Il a parlé plus lentement. Plus lentement, il a fait l'effort de parler lentement, il s'est vraiment mis à notre portée. Et on a passé une très belle journée, puisque nous avons même mangé à midi, et très bien mangé, chez Forest, c'était un vigneron chez lequel on s'est arrêté. Et ils nous ont concocté un très très bon repas, on va dire un peu à la française.
- Sandrine
Ça devait être bon alors.
- Guy
C'était très bon.
- Sandrine
Et donc vous avez fait combien de visites de vignobles ?
- Guy
Alors nous avons fait cinq visites de vignobles dans la journée. Ce qui est très agréable, c'est qu'il y en a pour toutes les bourses, on va dire, parce qu'il y a tous les prix. Avec du très bon vin, surtout le pinot noir pour les rouges, et puis dans les blancs on a... On est même reparti avec du Gewürz, qui était fantastique, certainement dû au fait du terroir, pour donner un goût pareil au vin, qu'on a dégusté d'ailleurs en famille après.
- Sandrine
Vous avez rapporté quelques petites bouteilles.
- Guy
Quelques petites bouteilles, voilà. Et on a terminé, alors il s'excusait presque le guide de nous faire terminer par un tout petit vigneron, parce qu'il y en a, c'est vraiment des entreprises, on voit qu'ils traitent des grandes surfaces, avec beaucoup de monde. Et là, on a fini par un tout petit vigneron, un peu comme on a l'habitude de vivre en France quand on va visiter... des vignobles où on prend rendez-vous chez le vigneron. Et on s'est retrouvé presque comme en France. En plus, ils faisaient du très bon vin. Et ils préparaient les vendanges qui allaient commencer le lendemain. Oui,
- Sandrine
parce que là, cette interview a lieu en mars. Et donc, les vendanges vont bientôt commencer. On peut peut-être donner le nom de ce petit vignoble que vous avez particulièrement aimé ?
- Guy
Oui, c'était très sympathique. C'était en revenant de Blenheim, presque à Picton, sur la droite de la route. Et ce vignon s'appelle Johanneshof. Je ne sais pas comment on le prononce, mais je le prononcerai à l'allemand, mais bon.
- Sandrine
Je vous suis dans la prononciation. Mais justement, c'était aussi une question que j'avais, on comparait, j'imagine que vous avez des expériences en France de dégustation. Quel a été votre sentiment un peu de, quelle est un petit peu la différence avec les visites qu'on peut faire en France de vignobles ? Parce qu'évidemment, l'industrie ici du vin est beaucoup plus moderne.
- Guy
Tout à fait. Alors, c'est ce qu'ils appellent des vigneries. Wineries. C'est des entreprises immenses. Quand on voit les cuves, on s'aperçoit qu'ils ont des grandes surfaces, certainement pour remplir ces cuves. Et ce dernier petit vigneron ressemblait vraiment à un vigneron français puisqu'on a pu discuter directement des vignes puisque c'était une petite surface. Et... notre guide s'en est presque excusé au départ de nous dire, je tiens à vous emmener chez un petit vigneron. Mais bon, vous me direz après ce que vous en pensez. Et nous, on s'est tout à fait retrouvé.
- Sandrine
Et les Américains et l'autre personne aussi ?
- Guy
Alors les Américains, ils étaient partis entre temps parce que comme ils étaient sur Blenheim et puis que nous, on devait rentrer sur Picton, on s'est retrouvé juste avec Angus qui était hongkongais et avec qui on a passé un bon moment.
- Sandrine
Donc à recommander alors cette excursion.
- Guy
Tout à fait. Ah oui, tout à fait. Avec du très bon vin, nous avons goûté à tous les prix. Donc, c'est abordable pour chaque bourse.
- Sandrine
Très bien. Merci beaucoup pour ce témoignage.
- Guy
De rien. C'était avec plaisir.
- Sandrine
Quand je travaillais à l'Office du tourisme d'Auckland, à mon arrivée en Nouvelle-Zélande il y a bien longtemps, une Québécoise m'avait demandé s'il fallait payer pour prendre le pont entre les deux îles. J'ai eu un moment d'hésitation. Est-ce que j'avais vraiment bien compris ce qu'elle me demandait ? De quel pont elle parlait ? Ah non, non, ça devait être son accent, je ne sais pas.. Mais bien sûr, il n'y a pas de pont entre les deux îles. Entre Wellington et Picton, pour traverser le détroit de Cook, il y a environ 90 km à vol d'oiseau. Et la traversée se fait uniquement en avion ou en ferry. La plupart des voyageurs choisissent de traverser entre Wellington et Picton en ferry. Alors la traversée dure environ 3h30 et il y a deux compagnies seulement qui proposent ces traversées, Interislander et Bluebridge. Ce sont tous les deux des bateaux très confortables, qui font entre 130 et 200 mètres de long à peu près, l'équivalent de deux terrains de foot. Bon, on est en période de Coupe du monde, alors je fais des comparaisons qui doivent vous parler, chers auditeurs ! Alors sur ces bateaux, il y a plusieurs ponts, ils peuvent accueillir des centaines de passagers, et des dizaines de voitures, de camping-cars, de bus et de camions. Donc on est vraiment sur un grand navire, c'est pas juste une petite navette. Pour vous donner une idée de tarif pour cette traversée, Il faut compter entre 80 et 100 dollars néo-zélandais pour un adulte, environ 50 dollars pour un enfant. Une voiture, ça peut aller autour de 200, 250 dollars. Et un camping-car, entre 300 et 400 dollars, selon la taille, selon la période. En tout cas, ce qui est sûr, c'est qu'il vaut mieux s'y prendre tôt pour le tarif, mais aussi pour les disponibilités. Comment se passe l'embarquement ? C'est très facile. Tout d'abord, il faut vous y prendre à l'avance. Alors, si vous partez depuis Wellington... Il faut savoir que le terminal d'Interislander est un petit peu plus loin du centre-ville que celui de Bluebridge. Mais dans tous les cas, il faut s'y prendre à l'avance au plus tard une heure avant le départ. Vous verrez que sur vos documents de voyage, il est indiqué clairement le check-in time. Il faut bien respecter ça parce qu'il peut y avoir beaucoup de monde. Quand vous arrivez au terminal, vous allez être dirigé pour parquer votre voiture. Vous laissez tous vos bagages dans le véhicule. Vous pouvez prendre un petit sac avec tout ce dont vous aurez besoin pendant la traversée. En tout cas, je vous rassure, c'est très bien organisé. Une fois sur le bateau, Vous avez plusieurs salons, vous avez café, restaurant, boutique, il y a le wifi. Alors il n'est pas toujours performant, ça dépend un petit peu du moment de la traversée, mais vous avez accès au wifi gratuitement. Vous avez peur d'avoir le mal de mer ? Alors c'est vrai que ça peut arriver, il peut y avoir parfois des traversées un petit peu mouvementées, mais les bateaux sont quand même très confortables. Si vous avez la chance d'entendre un concert pendant votre traversée, ce n'est peut-être pas un hasard. Depuis plusieurs années, la compagnie Interislander invite des groupes néo-zélandais à voyager gratuitement en échange d'un concert à bord dans le cadre d'un programme qui s'appelle "Bands On Board". Et ça, c'est une belle façon de découvrir des artistes locaux tout en traversant le détroit de Cook. D'ailleurs, si vous aussi vous êtes musicien, vous pouvez tenter votre chance. Pour l'info vérité de cet épisode, je dois quand même vous dire qu'il arrive de temps en temps que les ferrys soient annulées. Souvent pour cause de mauvais temps ou pour un problème mécanique. Donc sachez que ça peut arriver. Et dans ce cas-là, c'est vrai que ça perturbe pas mal tout le trafic, que ce soit des visiteurs ou des marchandises. La compagnie Interislander a un ferry en moins en ce moment et elle attend un nouveau ferry mais uniquement en 2029. Donc en attendant, il y a moins de traversées et c'est pour ça que c'est vraiment important de réserver à l'avance. Même si vous voyagez en camping-car, il vaut mieux déjà définir une date de traversée selon votre programme, quitte à la changer après et ça, on peut le faire. Et quand une traversée est annulée, les passagers sont reportés sur un autre horaire et c'est là où il peut y avoir des complications si les ferrys sont déjà pleins. Mais je vous rassure, on trouvera des solutions. On va réserver sur l'autre compagnie de bateaux. On va modifier un peu votre itinéraire si besoin. On va vous faire prendre un avion si vraiment. En tout cas, vous n'êtes pas seul. Et c'est là l'intérêt de passer par une agence locale. On peut modifier tout ça. On est là pour vous 24h sur 24. Alors cette traversée, comme je vous le disais, c'est vraiment un grand moment de votre voyage. Quand on part de Wellington, on quitte cette grande ville, la capitale. On va passer par un détroit. On croit qu'on est arrivé, mais en fait, on va dans les sounds, donc dans les fjords. On aura une vue sur les collines qui sont couvertes de forêts. Il y a des petites criques, il y a des maisons isolées. On peut voir des dauphins. Et ensuite, on arrive dans le petit port de Picton. Bienvenue sur l'île de Jade, Te Waipounamu. Cet épisode se termine. Merci beaucoup d'avoir voyagé en ma compagnie. Vous retrouverez toutes les références de l'épisode dans les notes. Et si vous voulez profiter de mon expertise et celle de Maud, Charlène, Camille, Solène, Pierre, Yann et Yoann pour organiser votre séjour en Nouvelle-Zélande ou en Australie, rendez-vous sur notre site www.antipodes-travel.com. Ce podcast vous a plu ? Alors n'hésitez pas à vous abonner et à le partager autour de vous. Laissez-moi des étoiles ou un commentaire. En attendant, je vous dis à très bientôt pour un prochain épisode.