- Speaker #0
Le podcast, c'est une capsule, une ressource pédagogique qui va permettre aux apprenants d'écouter, de réécouter par exemple du matériel de cours et pour qu'ils puissent suivre ce cours ou ce contenu en différé et surtout qu'ils puissent le réviser, le reprendre à leur propre rythme pour combler d'éventuelles lacunes ou des besoins particuliers.
- Speaker #1
Après avoir entendu comment les étudiantes et étudiants de CY Tech vivaient la vulgarisation scientifique en immersion, puis découvert comment Clarissa Rodriguez avait conçu ce module d'apprentissage actif, une question reste en suspens. Le podcast est-il réellement un outil d'apprentissage efficace ? Pour y répondre, nous avons pris la direction du CNAM, le Conservatoire National des Arts et Métiers, ou Sophie Guichard, directrice nationale d'appui à la pédagogie et à l'innovation, Je vous explique le podcast pédagogique, ses vertus pour les apprenants et apprenants, et les questions qu'il soulève, de la propriété intellectuelle jusqu'à son empreinte environnementale. Salutations, je suis Aristide Boukaré vous écoutez Novagogy, le podcast des innovations pédagogiques de CY Alliance. Épisode 5, bonus, dire la diumaventure. Bonjour Sophie et Charles.
- Speaker #0
Bonjour.
- Speaker #1
Merci pour l'accueil et est-ce que tu pourrais te présenter ?
- Speaker #0
Oui, je suis Sophie Guichard, je suis directrice de la Direction nationale d'appui à la pédagogie et à l'innovation du CNAM, Grand établissement, le Conservatoire national des arts et métiers.
- Speaker #1
Est-ce que tu pourrais nous raconter un petit peu ton parcours s'il te plaît ?
- Speaker #0
Alors moi j'ai un parcours un petit peu atypique parce que j'ai une formation initiale dans le domaine de l'environnement avec un parcours universitaire assez classique. Une thèse, une expérience en tant qu'ATER, puis en tant que chercheur, et puis par le biais d'une opportunité, on va dire. J'ai eu, il y a très longtemps maintenant, l'occasion d'être recruté à l'époque dans un IUFM, l'Institut de formation universitaire des maîtres, au moment où ils créaient des postes qui allaient devenir, quelques années plus tard, des postes d'ingénieurs pédagogiques.
- Speaker #1
Et comment est-ce que toi, tu t'es intéressé à cette thématique sur les questions ? de ce qu'étaient les ingénieurs pédagogiques ?
- Speaker #0
C'était des métiers qui étaient émergents à l'époque. On reparle d'un autre monde. C'était l'arrivée de l'Internet, l'arrivée de tout ce qui était autour des vidéoprojecteurs, de la formation au numérique, des enseignants du supérieur. Ils recrutaient dans les IUFM à l'époque des personnels qui étaient déjà docteurs. pour accompagner les enseignants à l'utilisation des outils numériques. Donc on mettait en place des formations, on accompagnait sur les dispositifs et il y avait déjà l'apparition du podcast à ce moment-là. Et puis de fil en aiguille, ce métier est devenu le métier des ingénieurs pédagogiques puisqu'à partir de 2019, c'est devenu un emploi type de la branche d'activité professionnelle des ITRF. Et c'est en se basant sur les missions qui étaient à l'époque celles de ce que l'on appelait les jeunes docteurs agents de développement des nouvelles technologies.
- Speaker #1
Donc là tu viens de parler de podcast et ça sera le thème principal de notre discussion. Mais avant d'être un peu plus en profondeur sur ce point, sur ce médium, est-ce que tu peux m'expliquer ce que c'est un podcast et d'où ça vient ?
- Speaker #0
L'histoire du podcast, enfin moi je vais recentrer vraiment sur le podcast dans l'enseignement supérieur. Donc le podcast pédagogique, c'est... C'est lié à l'histoire de toutes les ressources audiovisuelles dans l'enseignement supérieur. Les ancêtres du podcast pédagogique moderne, tel que là ce que l'on enregistre aujourd'hui par exemple, c'était bien avant le début de l'histoire de ce que l'on peut appeler le podcast avec ce terme-là, parce que déjà si on fait un peu de recherche, on s'aperçoit que dès 1947, il y avait des cours donnés à la Sorbonne. et diffusé dans le cadre de ce qui s'appelait à l'époque les émissions radiophoniques de Radio Sorbonne. Le CNAM, le Conservatoire National des Arts et Métiers, quant à lui, dès 1963, diffusait des cours en direct, donc sur la deuxième chaîne de télévision française, au moment où il n'y avait que deux chaînes à la télé, et dont un cours d'informatique suivi à distance par près de 10 000 personnes.
- Speaker #1
Donc 10 000 personnes dans les années 60 qui s'intéressent en informatique, c'est énorme comme chiffre.
- Speaker #0
Et donc là c'était des cours qui étaient radiodiffusés, donc filmés dans les locaux ici du CNAM, dans les studios de captation, et qui étaient diffusés sur les chaînes hertziennes, donc ça date vraiment maintenant d'un bon moment. Et après il faudra attendre le début des années 2000 pour voir cette technologie vraiment apparaître et se diffuser, se développer, avec l'apparition donc... contexte numérique beaucoup plus favorable et des nouvelles modes et formes de diffusion en particulier l'arrivée des smartphones dont un célèbre smartphone d'une marque à la pomme dans les années 2007 puis tout un tas d'autres smartphones d'autres marques qui ont vraiment contribué à l'amélioration de l'accès et du coup de la diffusion de tous ces contenus audio. Et en parallèle de tout ça, donc c'est pour ça que je disais, c'est en lien avec mes missions d'il y a très longtemps, certaines universités ont commencé dans les années 2000 aussi à développer leur propre plateforme en ligne dédiée à la production et à la diffusion de contenus audio et vidéo pour permettre à leurs étudiants de s'inscrire et de suivre des cours en ligne et des ressources multimédia complémentaires. au cours en présentiel. C'était un petit peu avant ou en même temps que l'apparition de certaines plateformes pédagogiques que l'on connaît bien aujourd'hui. Et donc en la matière, c'est l'Université de Strasbourg qui a été la pionnière en lançant en 2009 sa première plateforme de podcast qui s'appelait à l'époque Audio-Vidéo-Cours, qui deviendra en 2012 Audio-Vidéo-Cast et qui sera ensuite, qui continuera à être développée. Et l'amélioration de ces plateformes au sein des divers établissements de l'enseignement sup' a été facilitée par des financements ministériels. A l'époque, on parlait de plans pluriannuels d'équipement, les plans MIP, qui étaient destinés à assurer le développement des services numériques au sens large. Et en particulier, il y avait un volet dédié au financement de création et d'accès de cours à distance par le podcast. Et ça, c'était dans les années 2012-2014. Et en 2014, l'Université de Lille a créé sa plateforme de podcast qui maintenant s'appelle Pod. Elle est toujours aujourd'hui fonctionnelle et très utilisée par une cinquantaine d'établissements de l'enseignement sup. Et par le biais d'un travail qui date d'il y a quelques années, maintenant proposé à l'ensemble des établissements aussi de l'éducation nationale.
- Speaker #1
Donc on voit que c'est vraiment l'évolution des outils qui a permis une amélioration des diffusions, c'est vraiment le matériel entre guillemets qui...
- Speaker #0
C'est à la fois l'évolution des outils et la transformation, la professionnalisation de tout ce qui est autour du podcast, du podcasting, ça s'est développé aussi avec la monétisation de ce média et du coup... Il y a eu beaucoup d'évolutions quant à la qualité et à la production des divers contenus. C'est même devenu un média très connu et voire professionnel pour certains. Et nous, au niveau de l'enseignement supérieur et de la recherche, le podcast a permis de rendre l'éducation et la recherche, la médiation scientifique plus accessible à un public plus large. Et de façon relativement simple, puisque maintenant, avec n'importe quel smartphone, on peut avoir des flux RSS d'abonnement à des podcasts, et c'est assez aisé, et ça n'a pas de coût particulier. Le podcast, c'est une capsule, une ressource pédagogique qui va permettre aux apprenants d'écouter, de réécouter, par exemple, du matériel de cours, et pour qu'ils puissent suivre ce cours ou ce contenu en différé. et surtout qu'ils puissent le réviser, le reprendre à leur propre rythme pour combler d'éventuelles lacunes ou des besoins particuliers. Ça peut être particulièrement intéressant dans le CNAM de cours qui sont complexes, dans le CNAM de cours donnés dans une langue qui est mal maîtrisée par les apprenants. Enfin, il y a tout un tas de cas de figure. Dans une matière dont le vocabulaire et ou la technicité, peut-être en biologie, ne nécessitent pas du vocabulaire habituel, donc on a besoin de le mémoriser, de l'écouter plusieurs fois. Et l'avantage aussi, c'est que ça peut se découper en séquences ou en séquences de cours qui vont composer des toutes petites séquences et on va pouvoir les écouter à notre rythme. Donc ça, c'est le principe même du podcast ou de la capsule multimédia. du coup Selon le ton, le rythme, la scénarisation, oui, ça va peut-être convenir à certains types de publics, mais là, je crois qu'après, c'est chacun qui a son style d'apprentissage. Donc, c'est très difficile de modéliser un style d'apprentissage.
- Speaker #1
Il n'y a pas une sorte de chose universelle. En fait, c'est chaque apprenant qui aura sa propre... le scénario pédagogique qui correspond le plus à sa personnalité. Après,
- Speaker #0
il y a une scénarisation idéale. Donc un podcast, ça dépend aussi quel est l'objectif de ce podcast. Est-ce que c'est une ressource d'apprentissage classique ? Est-ce que c'est une ressource complémentaire ? Est-ce que c'est pour fournir des résumés, des explications supplémentaires sur des concepts ou des sujets abordés en cours ? Est-ce que c'est des contenus pour mieux travailler en dehors du cours, pour en savoir plus par exemple ? Est-ce qu'il définit des concepts ? Est-ce qu'il approfondit des éléments de compréhension particuliers ? Après, ça va dépendre des divers types de podcasts. C'est pour ça qu'on peut avoir une typologie des divers types de podcasts.
- Speaker #1
Là, dans l'exemple de cette classe, il y a deux objectifs principaux. Le premier, c'est de pouvoir travailler sur ces contenus et d'apprendre soi-même. à reformuler et être capable de pouvoir exprimer, parce qu'on essaie d'apprendre aux étudiantes et aux étudiants que quand ils vont arriver dans le monde du travail, ils ne vont pas être entourés de personnes qui comprennent parfaitement. Et là, justement, c'est pour des thématiques en lien avec l'écologie, être capable de pouvoir parler à des gens qui ne sont pas biologistes. et du coup ça c'est quelque chose qui...
- Speaker #0
Donc c'est de la vulgarisation et le podcast est un exercice justement pédagogique pour les... pousser à produire, ils vont produire leur propre podcast pour faire de la vulgarisation de leur contenu, de leur cours.
- Speaker #1
C'est ça. Et aussi, un deuxième objectif, alors ça c'est plus des questions de forme, et là c'est la prof qui... Oui, alors, c'est un récit du montage, désolé. Clarissa n'est pas prof, elle est enseignante chercheuse. Je ne sais pas pourquoi j'ai dit prof comme ça, alors qu'elle est enseignante-chercheuse. Du coup, voilà. Et ce n'est pas pour montrer de l'irrespect envers les profs. C'est juste que ce n'était pas exactement la même chose. On reprend. C'est la prof qui parlait de sa volonté de ne pas cantonner son... Enfin, uniquement faire de la biologie et uniquement être cantonné à sa discipline, mais c'est d'être capable aussi de... D'avoir de la prise de parole, d'être formulé. Oui,
- Speaker #0
c'est un exercice. C'est un rendu comme n'importe quel autre rendu qui permet d'évaluer une compétence qui n'est pas seulement le contenu scientifique, mais qui peut être effectivement de la production orale ou des éléments comme ça, oui, tout à fait. Et ce genre de rendu, d'enregistrement, alors audio et ou vidéo, c'est des exercices qui sont de plus en plus... souhaité et proposé en termes d'évaluation par les enseignants.
- Speaker #1
Oui, parce qu'il y a une évaluation au final, et ça c'est aussi un questionnement sur comment est-ce qu'on évalue un podcast, est-ce qu'on évalue... Parce que tout le monde n'a pas les mêmes capacités orales, n'a pas les mêmes capacités de prise de parole, alors ça c'est un truc que j'ai été très surpris dans l'enregistrement des podcasts, sur certains chercheurs que j'ai vu parler devant 300 personnes sans aucune difficulté. Mais quand j'ai voulu parler avec ces personnes face à face, juste avec un micro, j'ai vu qu'elles commençaient à avoir les mains moites, à avoir des bégaiements. Et j'ai été totalement décontenancé de ça, de comprendre que finalement, en fonction de... De l'espace où on se trouve, la manière de s'exprimer n'est pas du tout la même.
- Speaker #0
L'enseignant de nature a l'habitude d'enseigner face à une classe, face à un amphithéâtre. C'est son lieu d'exercice particulier, c'est en ça qu'il performe de manière générale. Après, quand on a des collègues, des enseignants qui viennent enregistrer des vidéos ou des podcasts en studio... Ils se retrouvent face à un technicien, face à un ingénieur pédagogique, ils sont très mal à l'aise. Et le but de l'ingénieur pédagogique aussi, c'est de l'aider à être à l'aise face à la caméra ou face au micro. Et après, ce n'est pas un cours comme il le fait dans une salle de classe. Donc là, pour enregistrer un bon podcast, il faut avoir préparé un storyboard, il faut exactement avoir défini... le public, etc. Donc on peut passer par toutes ces étapes-là. Et donc ça se prépare. On n'arrive pas comme ça à l'improviste, on prend le micro et on parle.
- Speaker #1
Alors là, c'était une question plus sur la question de la simplification et, comme on parlait tout à l'heure, de la vulgarisation. Sur ça, j'ai eu des retours d'étudiantes et d'étudiants qui me disaient que l'une de leurs plus grandes craintes... C'était au moment de l'évaluation qu'on ne reconnaisse pas toutes les compétences qu'ils ont sur une thématique. En gros, s'ils ne s'y mettent pas toutes les infos qu'ils connaissent sur une thématique, on va penser qu'ils ne connaissent pas assez leurs leçons. Mais s'ils mettent tout ce qu'ils connaissent sur une thématique, ça ne sera pas assez bien en termes de vulgarisation parce qu'on doit apprendre des nouvelles notions à des personnes qui ne sont pas... Habituée à ces points. Est-ce que vous avez des conseils pour la vulgarisation en podcast au CNAM ?
- Speaker #0
Non, pas particulièrement. On ne fait pas forcément de podcast de vulgarisation. On a plusieurs séries de podcast, mais il faut bien définir quel est l'objectif du podcast. Nous, les podcasts produits par les étudiants, on en a dans certaines entités du CNAM, où effectivement, c'est les enseignantes qui demandent comme exercice de produire un podcast, mais ce n'est pas sur de la vulgarisation de contenu. C'est plutôt dans des cas pratiques, par exemple en marketing dans un centre du CNAM. Sinon, on a des séries de podcasts qui sont faites par nos collègues de l'Intechmer à Cherbourg qui sont des podcasts pour valoriser les métiers après des formations du CNAM par exemple, donc des carrières et des métiers dans le domaine de la mer. On a différents types de podcasts, mais en fait, il faut bien définir de quel type de podcast on parle. Est-ce que c'est des podcasts de cours, des podcasts d'accompagnement, de recherche, de conférences ? Des podcasts produits par les étudiants qui sont juste des exercices pour permettre de les évaluer ? En fait, il y a toutes ces idées-là qu'il faut quand même définir au début.
- Speaker #1
Alors là, dans la définition, les étudiantes et étudiants, vu qu'il y en a beaucoup qui ne veulent pas forcément que leur voix soit accessible sur Internet, et ça pose même la question au niveau des IA, si on met quelque chose sur Internet, qu'est-ce qui arrive de nos ojo ? Est-ce qu'ils sont récupérés ? Pour l'instant, ces audios sont uniquement pour les étudiants qui arriveront l'année d'après dans cette même formation et qui devront faire le même exercice. Mais là, je viens de penser à une autre question, c'est concernant les limites liées au podcast. Est-ce qu'un podcast nous appartient, même si on le diffuse sur Internet ? Et comment est-ce qu'on peut faire pour se... protéger de toute exploitation qui n'était pas prévue initialement de ce podcast ?
- Speaker #0
Avant même de parler de l'intelligence artificielle, quand on produit des podcasts, soit on les stocke, mais le plus souvent possible, on va les diffuser. Et il y a de toute façon avant tout... Pour tout contenu, il y a les droits de propriété intellectuelle attachés à ces podcasts, à ces ressources audio. Et à ce jour, la propriété intellectuelle ne protège pas l'auteur du risque de voir ses contenus diffusés sur des plateformes ouvertes. Alors les plateformes de toute nature, YouTube, Vimeo, Dailymotion, Spotify, Deezer, tout ce que vous voulez. et ça c'est sans tenir compte des intelligences artificielles qui vont pouvoir effectivement récupérer les contenus et puis après travailler aussi sur la voix et puis on sait très bien maintenant très facilement régénérer avec le même ton, la même intonation et le même accent des contenus donc ça c'est des vrais sujets c'est vrai que c'est des sujets sur lesquels il faut qu'on travaille parce que ça risque d'être un risque majeur dans les années qui arrivent parce qu'il y a deux points de vue parce qu'il y a
- Speaker #1
Quand même une volonté d'accessibilité des contenus pédagogiques, donc un maximum de personnes puissent pouvoir les écouter, pouvoir les prendre pour soi-même, mais il y a aussi cette volonté d'une utilisation qui serait pas normée, mais conforme à ce qui était pensé, et ça c'est pas forcément possible.
- Speaker #0
Ça veut dire qu'il faut le cadrer, ça veut dire qu'il faut avoir un cadre du bon usage des podcasts, comme il peut y avoir du bon usage des ressources multimédia. ou vidéo dans les établissements, et une politique, à la fois une politique de stockage, une politique d'archivage, une politique de diffusion, mais c'est vrai que souvent ça n'existe pas. Et puis ça devient tellement facile de créer des contenus que les gens ne se posent pas forcément cette question-là. On est peut-être un peu plus regardant quand on parle d'image, de droit à l'image, parce qu'il y a un peu plus de précédents ou un peu plus d'histoire autour de ces sujets-là, mais on fait moins attention quand on parle d'audio uniquement, et pas d'image ou vidéo.
- Speaker #1
Et sur la question du stockage en audio, et là on va s'approcher de la fin, stocker, c'est pas quelque chose qui est neutre ?
- Speaker #0
Alors il y a plusieurs aspects, déjà le stockage ça peut avoir une valeur patrimoniale, on peut stocker les podcasts, les archiver, les stocker comme traces d'apprentissage pour une période donnée, en particulier pendant le podcast, ça a été des éléments qui ont beaucoup... Un certain nombre d'établissements ont travaillé, entre autres l'université Jean Moulin Lyon 3 et l'INSA Lyon, avec un groupe de travail autour de l'archivage, l'archivage Moodle, mais en particulier sur l'archivage patrimonial des ressources. Donc ça, c'est un sujet. Et il y a aussi, si on parle, alors là, je suppose qu'on veut aller vers tout ce qui est environnement durable et ressources numériques responsables. On a l'impression, et c'est vrai, que les ressources audio ont un impact environnemental plus faible que les ressources vidéo, que c'est un média numérique plus propre, mais si on compte toutes les étapes de la production, la diffusion, le stockage du fichier, là, ici, aujourd'hui, les ordinateurs, les micros, l'enregistreur, et après, quand on va le déposer sur la plateforme, etc. C'est absolument pas neutre. Les serveurs de données génèrent de la chaleur, nécessitent des systèmes de refroidissement pour fonctionner. Tous les aspects autour de la fabrication, tous les aspects autour du streaming quand on va écouter ces ressources. Donc c'est absolument pas neutre. Et si on parle d'empreintes écologiques, ça c'est des sujets qui sont assez difficiles à chiffrer, dont il faudrait aussi se préoccuper.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Là ça me fait penser que... Alors moi je suis dans un... On a un collectif qui diffuse des films et en fait l'un des sujets, l'une des thématiques c'est le fait de pouvoir avoir des objets physiques, de reprendre des DVD, de réacheter des DVD parce qu'en gros sur des plateformes déjà on ne sait pas combien de temps on aura ce film. Est-ce que le serveur sera là pendant tout le temps et est-ce qu'il y a le droit alors que quand on achète un DVD il est disponible à tout le monde. le temps qu'on a des lecteurs DVD.
- Speaker #0
Et à part la machine, le lecteur et l'électricité, c'est vrai que c'est relativement autonome en coût de distribution, oui, c'est sûr.
- Speaker #1
Du coup, ça me fait poser la question de, est-ce que le podcast, il faudrait trouver des moyens de le rendre disponible ? Est-ce que ce serait quelque chose de pertinent de le penser sous un autre format, sous clé, sous chose ? Ça, c'est des réflexions qu'on a, parce que je pense au... L'un des points sur le podcast, c'est qu'il faut savoir installer un agrégateur de podcast sur son téléphone, être capable de pouvoir l'écouter, savoir ajouter un flux RSS dessus. Des fois, quand on n'écrit pas bien le nom, on peut tomber sur d'autres choses. Et du coup, peut-être avoir un autre format, c'est quelque chose qui peut... pour être possible. Après, ça demande une organisation. Oui, c'est plutôt de la distribution.
- Speaker #0
C'est effectivement. Mais si ça devient un support physique, quelle que soit sa nature, c'est plus du tout la même chose. Là, je pense que l'essor du podcast, c'est quand même relativement facile d'installer un agrégateur de flux. Beaucoup sont gratuits. Sur n'importe quel, maintenant, smartphone, parce que je pense que c'est l'outil qui est utilisé par la plupart des gens, c'est relativement facile. Et l'intérêt principal du podcast, c'est que tu peux l'écouter en mobilité, que tu peux l'écouter à ton rythme, que tu peux l'écouter dans les transports et que c'est facile d'accès, même avec... Tu n'as pas forcément besoin de Wi-Fi, même avec des connexions 3G, 4G, même dans des zones avec faibles bandes passantes, tu peux télécharger un épisode de podcast alors que télécharger une vidéo... Sans compter le fait que l'image n'est pas forcément indispensable, mais en particulier pour les ressources pédagogiques, télécharger une vidéo, c'est souvent plus difficile. Est-ce qu'il est toujours utile de voir la tête du prof qui fait son travail ? Son cours, ou est-ce que juste voir une photo et l'audio du contenu suffit, sans compter que quand on écoute un podcast, donc juste audio, et qu'on écoute bien souvent avec des écouteurs, on a une écoute beaucoup plus intime, on est plutôt dans une bulle, on a la voix de la personne vraiment plus proche, bon, il y a les écouteurs, et c'est pas du tout la même perception que quand on écoute une vidéo. Moi je trouve que c'est beaucoup plus intéressant un podcast, mais c'est pas le même type de ressources.
- Speaker #1
Toi tu consommes des podcasts comme tu disais au début ?
- Speaker #0
Moi j'ai une grande auditrice de podcasts, mais de toute nature, plutôt de culture générale, d'informations, d'actualités, de réflexions diverses et variées. Après des podcasts purement pédagogiques, il y en a quelques-uns, bien évidemment je suis la plupart de ce qui existe. Nous, au CNAM, on a un certain nombre de séries de podcasts qui démarrent, de podcasts de vulgarisation, de podcasts avec le musée. On a un musée des arts et métiers et plutôt de podcasts de témoignages autour des carrières et des formations du CNAM. Et au sein de notre direction, la Direction nationale d'appui à la pédagogie et à l'innovation, on lance une série de podcasts pour valoriser aussi le métier des ingénieurs pédagogiques et les missions des ingénieurs pédagogiques. Alors la particularité du CNAM, c'est qu'on est un grand établissement d'enseignement supérieur avec le siège qui est ici un établissement public localisé à Paris et on a 19 centres en région, territoire, métropole et territoire ultramarin qui sont des centres régionaux du CNAM. Et au titre de la Direction Nationale de l'Innovation Pédagogique, je coordonne évidemment l'équipe... d'ingénieurs qui est ici sur l'établissement public mais aussi tous nos collègues qui sont ingénieurs pédagogiques dans les centres en région et donc ça fait une grande équipe d'une cinquantaine de personnes réparties vraiment sur sur tout le territoire et on va retrouver les ressources pour nos enseignants sur un CY Tech s'appelle livinglab.cnam.fr Et dans ce site, on essaye d'inspirer et d'aider les enseignants dans leurs pratiques pédagogiques, parce qu'une autre particularité du CNAM, c'est qu'on fait essentiellement, pas exclusivement, mais essentiellement de la formation à distance. Et donc on a un site de ressources pour outiller, inspirer et diffuser les bonnes pratiques en termes d'innovation pédagogique. Et donc on va retrouver un certain nombre d'expérimentations autour du podcast pour et par les enseignants et pour parler avec les étudiants.
- Speaker #1
Merci. Et j'ai retrouvé le mot que je cherchais, c'était la soutenabilité du podcast. Quand je parlais de comment est-ce qu'on fait pour l'utiliser, il y a un temps, il peut être...
- Speaker #0
Il y a la soutenabilité, bon ben... Économique, bon là enregistrer un podcast ça n'a pas des coûts énormes, c'est des dispositifs très light, maintenant il suffit d'un petit micro pour enregistrer avec un smartphone, avoir des enregistrements de très bonne qualité, après il faut chiffrer tous les coûts liés à la post-production et surtout les coûts qui sont plus difficilement chiffrables, c'est autour de la diffusion et du stockage, donc ça c'est des coûts, et puis après il y a tous les aspects autour des coûts environnementaux.
- Speaker #1
Merci beaucoup. Merci,
- Speaker #0
à bientôt.
- Speaker #1
Voilà, c'est déjà la fin de cet épisode bonus. Et donc de notre diptyque bio. Diptyque avec trois épisodes. C'est un nouveau concept. Un immense merci à Sophie Guichard pour la richesse de cet échange. Merci aux équipes ISAE-Supméca et de CY Sergi Paré Université d'avoir permis à ce podcast de continuer. et à Alice Mokrzycki pour le travail de montage. Vous aurez aussi à remercier les étudiantes et étudiants de CY Tech ainsi que Clarissa Rodriguez de m'avoir si bien accueillie. Un dernier petit service, si cet épisode vous a plu, laissez une note et un avis sur votre application d'écoute. Ces quelques secondes aident d'autres auditorices à découvrir le podcast et nous permettent de continuer à faire vivre ce projet. Merci d'avoir écouté Novagogie. Le podcast des innovations pédagogiques de CY Alliance. Ciao les pédagos !