- Speaker #0
Bonjour et bienvenue sur Objectif Mental. Je suis Kevin Rich, cofondateur de Cairn, K-A-I-R-N, une application mobile qui démocratise l'accès au coaching mental d'élite. Chaque semaine, je partage des conseils pratiques, des interviews d'experts, ainsi que des témoignages inspirants d'entrepreneurs, de sportifs et d'artistes. Mon objectif est de vous aider à développer votre mental pour performer en toute sérénité, que ce soit dans votre vie professionnelle ou extra-professionnelle. Je vous souhaite une excellente écoute. Salut Grigori, comment vas-tu ?
- Speaker #1
Eh bien écoute, je vais très bien. Bonjour Kéline.
- Speaker #0
Bonjour. Écoute, merci de venir sur Objectif Mental. Tu es coach et préparateur mental, donc tu as la double casquette. Ça, ça m'intéresse énormément. Aujourd'hui, on va parler de performance durable, de gestion du stress, de différence culturelle aussi dans la préparation mentale, de football, de marathon, de course à pied, de résolution de janvier, puisque ça va être un épisode qui va sortir après Nouvel An, la première semaine. Donc voilà, il y a beaucoup de sujets qu'on va couvrir. Et avant de se lancer, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors moi, je m'appelle Grégory Bouliko, j'ai 53 ans. Je suis marié, j'ai trois enfants, je suis originaire de Lille et j'ai créé un cabinet qui s'appelle GB Consulting il y a maintenant 10 ans, en octobre 2015. Cabinet qui a comme particularité de faire de l'accompagnement, accompagnement dans le monde de l'entreprise avec des managers et des dirigeants. et dans le monde du sport avec des sportifs en individuel, en collectif, un peu tout type de sportifs, mais pas que, on est visible effectivement avec le sport, mais on accompagne des artistes, des metteurs en scène, des musiciens, des chanteuses lyriques et des entrepreneurs. Je crois qu'on aura l'occasion d'en reparler pendant cet échange.
- Speaker #0
Complètement, c'est super intéressant que tu commences par la diversité des profils que tu reçois. Tu as commencé quand même dans le sport ? Et tu as une demande croissante sur l'entreprise. Est-ce que tu peux nous raconter un peu les débuts quand même ? Déjà, comment tu t'es formé et ensuite tes débuts dans l'accompagnement ?
- Speaker #1
Oui, alors moi, j'ai toujours eu comme projet, donc je suis un ancien athlète de haut niveau en judo, et j'ai toujours eu comme projet d'avoir deux vies professionnelles, une vie en tant que salarié et une vie en tant qu'entrepreneur. Et donc, à l'aube de mes 44 ans, j'ai pris la décision de créer ce cabinet. C'est venu assez naturellement pour moi. Mon premier job était un job de manager. Mon dernier job en tant que salarié était toujours un job de manager. Alors le périmètre était un peu différent. Je travaillais avec 16 personnes au début et avec 700 à la fin. Mais l'accompagnement est venu naturellement et j'ai surtout voulu refaire coller le monde du sport avec mon quotidien. Pour une notion de plaisir, je pense qu'on évoquera le plaisir dans la performance durable. Et pour moi, c'était vraiment primordial d'avoir cette opportunité-là. Et donc, j'ai créé ce cabinet. Je me suis formé à l'école de coaching d'HEC, à Jouy-en-Josas. Je dirais plus pour la partie entreprise. Et puis, au fil du temps, j'ai commencé à avoir des demandes dans le monde du sport, des athlètes de l'INSEP. dans différents types de sports, évidemment des judokas au départ parce que je connaissais un petit peu. Et puis dans ce cadre-là, pour aller encore plus loin, c'est pas exactement la même posture, pour aller encore plus loin, je suis allé passer un diplôme universitaire, qui est le plus vieux diplôme universitaire qui existe, qui s'appelle Préparation mentale et aide à la performance, et qui a été créé il y a 20 ans, puisqu'en 2024, l'université de Clermont-Ferrand-Auvergne a fêté les 20 ans du diplôme. Je suis allé passer ce diplôme, ce qui me permet aujourd'hui, effectivement, comme tu le disais en introduction, d'avoir cette double casquette et en coaching d'un côté et puis en préparation mentale de l'autre.
- Speaker #0
Ok, donc tu connais Christian Target qui a écrit la Bible de la préparation mentale. Absolument. Que j'ai lu avant de me lancer dans ces podcasts. J'ai commencé par ça.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
En me disant comme ça, j'ai un peu une base quand même pour...
- Speaker #1
Très bon, je l'ai lu également.
- Speaker #0
C'est un super livre.
- Speaker #1
Oui, absolument.
- Speaker #0
Ok, donc tu te lances dans ce cabinet. Donc tu reçois d'abord des athlètes au niveau d'abord dans le judo.
- Speaker #1
Oui, les premières demandes, c'est plutôt des athlètes de haut niveau. D'ailleurs, en 2016, je démarre avec des athlètes de haut niveau, un peu en judo. Et puis, très vite, quelques ramifications dans le basket, où on est assez présent. On a des partenariats avec des agents également. Dans le foot, tu parlais du foot tout à l'heure. Et puis, dans un certain nombre de sports, olympiques ou non olympiques. Euh... Et le virage, il se fait à peu près au moment des Jeux Olympiques, où là, pour le coup, il y a eu une vraie lumière, vraiment une démarche médiatique sur l'accompagnement mental. Et où là, on a commencé à avoir... J'ai accompagné des avocates, j'ai accompagné deux gendarmes qui passaient le concours du GIGN, un pompier qui passe le concours de capitaine, etc. Un certain nombre de personnes qui ne sont pas forcément issues du monde du sport, mais qui ont envie de travailler sur le développement de ses capacités mentales. En général, ces profils-là, ils ne viennent pas trop chercher un préparateur mental, ils viennent chercher un coach mental. C'est vrai que ça m'a permis d'élargir un peu le champ des possibles dans les différentes personnes que j'accompagnais.
- Speaker #0
Tu as la double casquette préparateur mental coach, et justement, tu viens de dire que ce sont des personnes qui viennent chercher plutôt un coach mental. Est-ce que tu peux nous faire la différence entre les deux ? Puisque moi, c'est aussi sur ce podcast que je reçois les deux types de profils. Je veux bien que tu nous expliques un peu la différence.
- Speaker #1
Je vais essayer de le dire avec mes mots. En tout cas, pour moi, le coaching, c'est vraiment une approche qui est non directive. Plutôt, si on devait parler de posture avec une posture basse et centré sur un outil principal, c'est le questionnement. Le coach va plutôt utiliser cet outil-là. Avec comme objectif principal, c'est d'aider la personne qui se fait accompagner de trouver ses propres solutions. Voilà, pour le coaching, je pense que c'est plutôt ça. La préparation mentale, c'est un petit peu différent parce que là, pour le coup, c'est un petit peu plus directif. Il y a un peu plus d'apport théorique et je vais revenir dessus. Et puis, en termes de posture, c'est plutôt une posture qui va être haute avec d'abord un objectif d'identification de la demande. Mais j'ai envie de dire que ça, on l'a un peu dans les deux parties. Mais la préparation mentale, c'est d'aider l'athlète à développer ses habiletés mentales. notamment en apprenant un certain nombre de techniques qui vont l'aider à développer ses habiletés mentales.
- Speaker #0
Ok, c'est plus que tu vas pousser des outils pour des problématiques très concrètes, précises, sur par exemple un instant T, de stress, de... Oui,
- Speaker #1
c'est-à-dire que là, pour le coup, la boîte à outils, elle n'est pas que dans le questionnement, elle n'est pas exclusivement dans le questionnement, et on va pouvoir effectivement utiliser un certain nombre de techniques, techniques de respiration par exemple, travail sur le discours interne... sur la confiance en soi, etc. Pour pouvoir aider, on utilise quelques tests, par exemple, également, ce qu'on ne fait jamais en coaching. Et ces choses-là vont nous permettre, effectivement, d'accompagner. Donc, il y a une vraie différence et, en fait, l'idée et ma philosophie et mon ADN, en fait, c'est de jouer avec cette double casquette dans les accompagnements que je fais.
- Speaker #0
Tu navigues entre les deux, pour une même personne, tu peux naviguer entre les deux, tu ne vas pas choisir. En te disant avec cette personne, je vais plutôt avoir une posture basse, avec cette personne plutôt l'outil.
- Speaker #1
Dans la demande de l'entreprise, si je prends l'exemple de l'entreprise, en général, on vient plutôt me solliciter sur du coaching. Et auquel cas, je prends cette casquette de coach telle que je l'ai apprise à HEC. Maintenant, c'est vrai qu'on a beaucoup de demandes de particuliers et parfois face à certaines problématiques, c'est toujours intéressant d'avoir cette double casquette. et d'ailleurs beaucoup de gens, l'ADN du cabinet Même si, je disais, il y a plein d'autres profils qui viennent pour être accompagnés. L'ADN du cabinet, c'est le sport. Et bien souvent, quand je demande aux gens pourquoi, ce qui les a fait choisir dans leur démarche telle ou telle personne, bien souvent, l'histoire, c'est je suis dans le monde de l'entreprise, mais je suis sportif également. Et donc, ça résonne en moi. Et voilà, c'est vraiment la démarche aujourd'hui qui est la nôtre dans la communication aussi qu'on fait auprès d'eux. des personnes qu'on accompagne.
- Speaker #0
Ce qui est certain, c'est que tu confirmes ma vision qui est que les outils utilisés par les sportifs de haut niveau s'appliquent au monde de l'entreprise. Il y a un point commun entre tous les profils que tu accompagnes, que ce soit dans la musique, le spectacle, le sport, l'entreprise. Le droit, c'est la performance. Il y a quand même ce point commun entre tous et toutes. Et la question que j'ai envie de te poser là-dessus, c'est comment fait-on pour être durable, avoir une performance durable ? Parce que moi, je viens plutôt du monde des startups. Je me suis cramé. Donc j'ai fait cette erreur-là et j'ai envie de transmettre aussi, pas des outils, mais une manière de voir pour réussir à tenir en fait, puisqu'on est sur un marathon.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Alors c'est vraiment la philosophie en fait, qu'on soit dans le monde de l'entreprise, de l'entrepreneuriat ou dans le monde du sport. L'idée évidemment c'est de performer, mais c'est de performer durablement. Moi mes convictions depuis maintenant un peu plus de dix ans que je fais ce métier, c'est qu'il y a plusieurs composantes dans la performance. Si je prends l'exemple du sport, mais tu vas voir qu'on peut faire un parallèle avec le monde de l'entrepreneuriat ou le monde du management, il y a l'aspect technique des choses, il y a l'aspect physique des choses. Il y a l'environnement qui... C'est important de bien identifier dans quel environnement on est, de bien comprendre quels sont les enjeux de cet environnement. Il y a le sommeil, il y a la nutrition, il y a la récupération. Il y a évidemment le mental. Je pense que le mental est une des composantes, mais ce n'est pas la composante... On peut avoir le meilleur mental du monde si on n'a pas la technique, si on n'a pas... Et je pense que dans le monde des startups, c'est exactement la même chose. Et il y a, pour moi, le point central qui est le bien-être et le plaisir. Et en fait... dans la performance durable, on va essayer de s'appuyer notamment sur cette histoire de bien-être et de plaisir et de construire durablement finalement cette performance. L'idée étant de ne pas faire un exploit. Alors c'est génial, plein de gens réalisent parfois des exploits, mais tu donnais l'exemple du marathon, c'est vraiment ça dans le monde de l'entreprise. On ne cherche pas un manager sprinter, on va plutôt chercher un manager qui va être plutôt dans une démarche de marathonien et qui va du coup durablement pouvoir continuer. Pour moi, l'essence de la performance... C'est la prise de plaisir. Et ce que j'observe dans les accompagnements que je fais, avec des athlètes de très haut niveau, mais aussi avec des gens qui sont plutôt dans une démarche de loisir ou plutôt une démarche amateur, le plaisir n'est pas forcément constant en fonction des objectifs qu'on va se fixer. Et donc, c'est important de pouvoir alimenter tout au long de la démarche cette notion de plaisir pour pouvoir espérer être dans une démarche durable.
- Speaker #0
J'imagine que tu vois, il y a des athlètes que tu reçois,
- Speaker #1
des athlètes olympiques qui commencent leur sport à 3 ans et qui au fur et à mesure vont perdre sa notion de plaisir puisqu'ils vont rentrer dans des centres de formation, des structures d'élite.
- Speaker #0
Comment tu fais pour retrouver justement cette notion de plaisir dans quelque chose qui à la base était un jeu, qui devient un métier et qui au fur et à mesure les dégoûte en fait ? J'ai entendu beaucoup d'athlètes, il y en a de plus en plus qui en parlent, mais qui sont presque dégoûtés de leur sport parce qu'à la base c'est quand même un sport.
- Speaker #1
Oui, je pense que c'est Laure Manoudou qui disait dans son livre « Je n'aimais plus nager » . C'est-à-dire que la dernière année où elle nage, en fait, elle nage, mais elle prend zéro plaisir quand elle plonge tous les matins dans le bassin. C'est important de reconnecter avec l'essence même de la démarche. J'ai pour habitude de dire et de poser cette question. Qu'est-ce qui a fait un jour que tes parents sont allés te déposer dans un club de basket, dans un club de foot ou il y avait quoi derrière en fait ? Et puis, je pense que c'est aussi important d'essayer de neutraliser cette histoire d'enjeu, en fait, et de revenir sur des basiques pour que cette notion de plaisir soit présente. C'est un joueur de tennis, par exemple, qui aime gagner des matchs et attaquer, et qui, tétanisé par l'enjeu, va jouer fond de cours et va plus être capable, finalement, de prendre l'initiative.
- Speaker #0
Ça, c'est dû à quoi ? C'est la peur ?
- Speaker #1
L'enjeu, oui, la place de l'enjeu et surtout, indépendamment de l'enjeu, c'est surtout le mécanisme de fonctionnement par rapport à cet enjeu, en fait. C'est-à-dire, mentalement, comment l'enjeu vient impacter ma capacité à produire, en fait.
- Speaker #0
C'est intéressant parce que tu vois, ça me fait penser, alors il y a beaucoup de sujets derrière, mais l'enjeu, il y a beaucoup de personnes qui sont exceptionnelles à l'entraînement, qui sont relâchées et donc qui vont faire des choses brillantes. Et jour de match, jour d'examen, jour de plaidoirie, dès qu'il y a des moments cruciaux, ils vont s'effondrer. Comment tu fais pour réussir à les mettre dans les meilleures dispositions pour arriver à ce prime ?
- Speaker #1
Ce que tu viens de dire, je pense que c'est la phrase que j'entends le plus quand on a le premier appel. Je viens vous voir parce que je réalise des trucs de ouf à l'entraînement et j'ai énormément de mal à reproduire. Ça nécessite d'explorer parce qu'il peut y avoir plein de choses.
- Speaker #0
Qui adore le plus pour toi ?
- Speaker #1
Oui, il y a le regard des autres qui est présent. Il y a cette histoire d'enjeu. Il y a des gens qui ont, je connais un certain nombre de sportifs dans plein de disciplines, qui ont consacré une partie de leur vie dans ce sport. Et du coup, il y a une certaine pression de réussite. Cette pression de réussite, elle peut être à la fois personnelle, mais elle peut aussi être dans l'entourage, dans le club, dans les sponsors. Dans les parents, les copains, les copines. C'est quelque chose qui existe et qu'il ne faut pas nier dans certains sports. Et l'idée, quand on travaille là-dessus, c'est d'essayer d'identifier ce qui peut être difficile. 90% des gens qui viennent nous voir évoquent parfois des difficultés à gérer les émotions, qu'elles soient agréables ou désagréables. Au même titre qu'il y en a 9 sur 10 qui vont venir en nous parlant du stress. Donc l'idée, c'est d'être capable d'identifier de quoi il en retourne quand on est dans ce genre de situation. Et comment on peut faire ? On prend l'exemple du stress. Comment on peut faire pour non pas enlever le stress, mais s'assurer que c'est bien du stress qu'on est en train de ressentir ? Et comment on peut essayer de neutraliser l'impact négatif que pourrait avoir le stress dans la performance ? Oui,
- Speaker #0
parce qu'il permet aussi d'être vigilant. Il y a aussi des bons côtés s'il est bien canalisé. Absolument.
- Speaker #1
Et puis là, pour le coup, il y a la mise en place. Tu posais la question de savoir qu'est-ce que tu fais dans cette situation-là. Une fois qu'on a bien compris, l'idée après, c'est d'essayer de... d'échanger et de conconstruire avec la personne qui se fait accompagner pour mettre en place des routines qui vont lui permettre justement de réussir à canaliser l'impact. On ne va pas l'enlever, l'émotion c'est impossible, mais en revanche on peut la neutraliser dans l'impact qu'elle peut avoir sur la performance.
- Speaker #0
Tu aurais un exemple avec un athlète, sans le citer parce qu'il y a un secret là-dessus, mais justement de process de A à Z, il est venu avec cette problématique de stress, d'enjeu, et tu as réussi à le faire basculer et ensuite ça s'est libéré sur des compétitions ou des matchs.
- Speaker #1
Oui, j'ai un judoka en tête où effectivement il y avait une certaine difficulté quand il arrivait sur une échéance importante à canaliser. En fait, il faisait toute une montagne de cette compétition et ça déclenchait chez lui un certain nombre de choses qui inhibe sa capacité finalement à faire ce qu'il savait bien faire. Donc le travail qu'on a fait avec cet athlète là, d'abord c'est essayer de démystifier cette histoire dans le jeu. Alors c'est pas simple bien évidemment, mais d'abord en se centrant sur le présent, parce que l'instant présent c'est réellement... La performance elle se réalise dans le présent, elle se réalise pas dans le passé et pas dans le futur. Et c'est important de mettre le maximum d'énergie mentale dans le présent pour pouvoir être à disposition de la performance. Ça c'est la première chose. On a travaillé aussi sur le fait de ne pas se projeter dans un tableau, dans un tirage au sort. Et l'idée, c'est de prendre un combat, un match à la fois. Et pas se dire, si je suis Nadal, je prends Djoko en quart de finale. Oui, mais si tu rentres en 32e, ça va être quand même intéressant la première semaine à Roland-Garros, par exemple, de pouvoir passer tour après tour. Ce que je trouve très intéressant, d'ailleurs, dans le tennis, puisque toutes les semaines, il y a un top 10 mondial qui se fait taper par un top 100 ou par un top 200. et pour autant ils ont une grande capacité je donne souvent cet exemple c'est qu'ils sont obligés de switcher parce que s'ils se font taper un samedi le mercredi ou jeudi d'après ils jouent dans un autre tournoi et quelque part c'est une autre compétition c'est un recommencement je reprends souvent cet exemple du passé, futur et présent parce que l'histoire se passe bien dans le présent les tennismans s'ils n'arrivaient pas à se remettre dans le présent ils auraient énormément de difficultés à tenir une saison Donc ça, c'est les deux premiers points. Le troisième point qu'on a travaillé, c'est le discours interne également. C'est un outil qui est hyper puissant. Être capable de s'envoyer les bons messages au moment où il faut se les envoyer. Je suis prêt, je suis capable, je sais que j'ai le niveau, je suis venu pour gagner, c'est ma journée. J'en entends un certain nombre de phrases comme ça à longueur de semaine. et puis également un travail d'ancrage sur... une situation passée dans laquelle j'ai éprouvé des sensations qui étaient fortes et qui m'ont permis de performer. Ça, c'est toujours intéressant de pouvoir replonger l'athlète dans ce type de situation pour l'aider à se remettre dans une dynamique, j'ai envie de dire, positive et d'être prêt dans le présent à attaquer la compétition du moment.
- Speaker #0
Donc, tu prépares l'athlète. Imaginons qu'il est au top. Il arrive à cette compétition. Il donne le maximum, il y a deux issues, il gagne, tant mieux. Et ensuite, il y a le deuxième côté, il perd. Il a travaillé, pour les JO, il n'y a rien de pire, 4 ans. Pour une compétition, il y a l'échec derrière. Parce que toi, ton accompagnement continue derrière. Comment tu gères ça ? Je te dis ça parce qu'en startup, c'est le truc classique. Une startup, c'est de base, tu le rates en fait. C'est une anomalie de la réussir, tu vois. Donc, dans le sport, il y a aussi un peu ce côté-là, parce qu'il y a toujours un seul gagnant. Comment tu gères cet échec ? Tu aides l'athlète à gérer cet échec.
- Speaker #1
Alors, déjà, dans le processus et moi, dans les accompagnements que je fais, dans l'explication et tout au long de l'accompagnement, j'essaie de faire passer le message et de leur faire intégrer que l'échec fait partie du processus d'apprentissage. Parce que tout au long de la saison, d'une saison, c'est parce qu'à un moment donné, on va avoir la capacité à analyser notre échec qu'on va être capable, finalement... de décliner des axes d'amélioration, des axes de progrès, et de décliner ces axes de progrès. en plan d'action et en action concrète. Évidemment, on n'enlève jamais la déception. Je travaille d'ailleurs avec une petite méthode qui s'appelle la méthode des 24 heures. C'est-à-dire que typiquement, une analyse à chaud d'une défaite, je dis toujours, laissez de 24 heures pour digérer la situation et on en échange ensuite. Et d'ailleurs, c'est assez marrant parce que tous les week-ends, je reçois des messages Insta d'athlètes que j'accompagne et qui... ne me font pas le débrief de la compétition, me disent juste, tiens Greg, j'ai fait ça aujourd'hui, etc. Mais une journée ou deux jours après, à froid pour le coup, font une analyse beaucoup plus pertinente. Je ne le faisais pas au début. Et c'est vraiment quelque chose que j'ai mis en place dans les accompagnements parce qu'à chaud, ce n'est pas évident parce qu'il y a la déception. Les émotions, on le disait tout à l'heure, il y a des émotions agréables, désagréables. Dans les émotions désagréables, on a la frustration, on a la tristesse, on a la colère, etc. Et ces émotions, elles génèrent en nous un certain nombre. Il se passe quelque chose hormonalement parlant. Et du coup, dans notre raisonnement et dans notre capacité à pouvoir ensuite poser un diagnostic sur ce qui s'est passé, c'est difficile d'être objectif.
- Speaker #0
Quand on a préparé l'épisode par téléphone, ça me fait penser au football américain. Tu m'as parlé de ça, cette phase de sas, de décompression. Si tu peux nous en parler, c'est super intéressant ça.
- Speaker #1
Oui, le sas de décompression, c'est être capable émotionnellement, à un moment donné, de laisser retomber justement ses émotions. Et on sait que, je donne toujours l'exemple de la colère, quelqu'un qui se met en colère, il va générer une réaction au niveau de son corps qui va faire que pendant une minute de colère, on met une heure à dissiper l'impact que va générer l'hormone de la colère. et pour le coup... Du coup, c'est quelque chose qui peut, une fois qu'on a intégré ça, on va se laisser le temps de pouvoir se reposer calmement et puis d'essayer d'optimiser l'analyse. Parce que l'échec faisant partie du processus d'apprentissage, et encore une fois, les tennismans sont vraiment pour moi des bons exemples dans leur mode de fonctionnement. Parce que sur chaque gros tournoi, il y a des super joueurs qui vont perdre des matchs et qui pour autant seront au top. 4 jours, 5 jours, 2 semaines après. Et ça, c'est intéressant de l'intégrer. Et alors, tu me posais la question, comment tu fais ? Je le fais en amont, c'est-à-dire que j'essaie aussi d'intégrer dans les accompagnements le fait que la personne, elle ne va en fait pas jouer sa vie sur cette compète. Même si la compète, elle a une importance importante et l'enjeu est présent, pour autant, ça ne reste que du sport, comme dirait une lutteuse que j'accompagne depuis quelques années. Et du coup, c'est important d'avoir cette prise de recul. Parce qu'on parlait tout à l'heure de performance durable. La performance durable, c'est une performance qui est dans le temps. Tu parlais des startups. Bon nombre de créateurs de startups en ont créé une, deux, dix avant de réussir. Et je suis gentil. Et en entrepreneuriat, c'est exactement pareil. C'est parce qu'on est capable de rebondir et parce qu'on s'est planté à un moment donné que derrière, on va mettre en place un process qui va nous permettre ensuite de performer durablement.
- Speaker #0
Et tu vois, dans tes accompagnements, tu accompagnes quand même des personnes qui ont... Enfin, j'ai l'impression qu'il y a un peu ça en elle, ce truc de résilience, on en a parlé au téléphone, mais qui est galvaudé, mais c'est vrai, qui arrive toujours, même après un échec, à rebondir et à faire mieux, etc. Quand tu vas en entreprise, tu as travaillé chez Saint-Gobain, par exemple. Dans un groupe comme Saint-Gobain, il y a je ne sais pas combien de salariés, 50 000, peut-être plus. Plus, ouais. Plus, ouais, 100 000. Tout le monde n'a pas ça en lui, tu vois. quand tu es invité ou demandé par des entreprises Est-ce que c'est pour une population particulière ? Est-ce que c'est pour tout le monde ? Comment ça fonctionne ? Parce que j'ai aussi l'impression que tout le monde n'est pas coachable, tu vois.
- Speaker #1
La première des choses déjà, c'est que la personne a envie de se faire accompagner. Mais justement,
- Speaker #0
dans ces entreprises, ce n'est pas toujours le cas. Non, non, ce n'est pas toujours le cas.
- Speaker #1
Moi, quand on démarre un coaching, on fait une réunion tripartite avec la personne qui est le commanditaire, on va dire, du coaching, qui peut être le manager, le DRH par exemple, et la personne qui se fait accompagner. On pose un certain nombre de thèmes, de sujets, d'échanges sur la table dans cette réunion tripartite. Mais moi, la dernière question que je pose, et ça m'est arrivé de terminer le coaching sur ce premier rendez-vous, c'est OK, donc on est bien d'accord. Quelque part, la personne donne au coach un peu la légitimité, le commanditaire donne un peu la légitimité de pouvoir aborder tel type de sujet. Mais la dernière question que je pose systématiquement, c'est Kevin, on est bien d'accord. tu souhaites te faire accompagner, c'est OK pour toi. Il m'est arrivé, pas souvent, mais j'ai bien en tête les deux fois où ça m'est arrivé, où la personne a dit, moi, je ne souhaite pas me faire accompagner, c'est mon manager qui souhaite que je me fasse accompagner. Il n'y a pas d'accompagnement possible. On ne peut pas travailler sur soi-même si on n'en a pas envie. On n'a pas de télécommande qui nous permet de le faire. Ce serait une perte de temps et pour la personne accompagnée et pour le coach. Honnêtement, on a autre chose à faire qu'on se mette dans ce schéma-là. Ça peut nous arriver aussi dans le monde du sport. Quand c'est l'entraîneur qui dit qu'il faudrait qu'il voit un préparateur mental. Ou parfois, quand les parents sont aussi dans cette démarche. C'est des choses qui peuvent arriver. on ne peut pas accompagner quelqu'un qui ne souhaite pas se faire accompagner. Pour moi, c'est vraiment une base. Il faut que la personne soit actrice de son projet pour pouvoir travailler sur son développement personnel.
- Speaker #0
Ça me rassure que tu n'as dit que deux fois. Il n'y a que deux personnes qui n'ont pas voulu. Finalement, dans toutes les années, ce n'est pas énorme. Il y avait une question que je t'avais proposée aussi pendant nos échanges téléphoniques. C'était les générations. Quand tu parlais d'entreprise, ça m'a fait penser à ça. Est-ce que tu trouves, alors on dit beaucoup actuellement, est-ce que tu trouves que la nouvelle génération est feignante par rapport à la précédente, la tienne, je ne sais pas si on dirait même la mienne, la suivante ?
- Speaker #1
C'est un sujet que j'aborde souvent avec mes étudiants, je donne des cours à l'université de Lille, à l'IAE en management, et depuis 2013, et c'est un sujet que j'aborde assez souvent avec les étudiants, ce fameux sujet de l'intergénérationnel. et puis Il faut que je pèse mes mots parce qu'à la maison, j'ai une fille de 28 ans et deux fils qui ont 24 et 22. Donc, quand tu passeras la vidéo, s'ils écoutent, il ne faut pas que je dise trop de bêtises quand même. Non, plus sérieusement, je ne pense pas qu'il y ait ce côté fainéant. Et c'est vrai que quand tu m'as proposé cette question, en y réfléchissant, je ne pense pas. Je pense que juste les choses ont changé. Aujourd'hui, les nouvelles générations ont accès à beaucoup plus de choses qu'avant. Si je me focus pour le coup dans le monde du sport, à partir d'un certain niveau, tout le monde a un préparateur physique, tout le monde va à la salle, tout le monde a, ou en tout cas, l'opportunité d'aller dans une salle et de se faire accompagner. Tout le monde a un nutritionniste, notamment dans les sports que j'appelle à peser. La prépa mentale se développe également. et du coup ils sont De la même manière que sur la communication, ils sont à mon avis un peu plus à peur qu'avant. Mais ce n'est pas trop par fainéantisme, c'est juste parce qu'aujourd'hui, on leur donne l'opportunité de balayer un certain nombre de thèmes sur lesquels les générations précédentes n'avaient peut-être pas cette opportunité-là. Moi, je pense que ce qui est intéressant, c'est que les nouvelles générations, elles bousculent un peu les codes. Elles bousculent les codes parce que... Elles ont intégré en elles une question qu'on n'avait pas forcément avant, qui est pourquoi. C'est-à-dire que quand tu demandes à quelqu'un de faire quelque chose, et c'est pareil dans le management aujourd'hui, cette question du pourquoi qui est centrale, parce que c'est la réponse qui va donner du sens à la démarche. Et aujourd'hui, je pense qu'effectivement, c'est quelque chose qui est beaucoup plus présent dans les nouvelles générations. Mais pour autant, je pense qu'ils ont une vraie capacité à travailler sur différents thèmes. en même temps, ce qui n'était peut-être pas le cas précédemment parce que le monde a changé et parce qu'on n'est plus exactement... Ils n'ont plus les mêmes outils qu'on pouvait avoir avant.
- Speaker #0
On en parlait avec une docteure en psychologie Fanny Nussbaum du Pourquoi. Elle disait que la nouvelle génération, parfois, dit qu'elle veut trouver du sens dans ce qu'elle fait mais n'arrive pas à mettre des mots là-dessus. Donc j'imagine que toi aussi, ton travail, parfois, c'est de rendre ça plus concret. Oui, j'ai envie d'avoir un métier qui a du sens. Tout ne peut pas avoir du sens.
- Speaker #1
Oui, en coaching, c'est pareil. La verbalisation et le questionnement et le fait d'aider la personne à trouver elle-même sa propre réponse et ne pas être dans le conseil ou dans le mentoring, ce n'est pas du tout la démarche. C'est quelque chose qui est central dans le process. On n'est jamais aussi puissant quand on trouve les propres réponses à ses questions. Et effectivement, dire j'ai besoin de prendre du sens dans ma vie professionnelle ou j'ai besoin de donner du sens à mon métier, Ce qui est intéressant, c'est de questionner ce qu'il y a derrière, c'est-à-dire qu'est-ce que tu entends par sens et quelles sont les hypothèses qu'on peut faire par rapport à cette démarche de trouver du sens. Pourquoi aujourd'hui, c'est quelque chose qui revient assez souvent.
- Speaker #0
Et j'ai envie de dire que depuis le Covid, c'est quelque chose qui revient non pas que avec la nouvelle génération, mais aussi avec des quarantaineurs, par exemple, qui aujourd'hui disent ces moments de Covid, de confinement qui m'ont permis de me poser et de réfléchir sur la suite. Et je me pose des questions que je ne me posais pas forcément avant. Ce qui est plutôt, du coup, je pense, une bonne nouvelle pour la société, pour le coup.
- Speaker #1
Oui, complètement. Je pense aussi que justement, on a arrêté de faire le deux ronds et d'exécuter bêtement. Donc, ce qui est bien faux, c'est toujours une question d'équilibre, en fait, de réussir à trouver le bon dosage. Il y a une expression que tu m'avais donnée. Je ne sais plus si c'était sur ton Instagram ou même on en a parlé par téléphone. C'était l'expression de manager olympique. Tu aides les personnes à devenir des managers olympiques et j'adore cette expression. Qu'est-ce que ça signifie pour toi ?
- Speaker #0
L'idée, ça vient d'un constat que j'ai fait depuis... Si je prends le monde du sport et le monde de l'entreprise, depuis un peu plus de dix ans maintenant, c'est 350 accompagnements. Donc, on a vu du monde. Et c'est vrai que ce parallèle entre le sport et médiatiquement le sport olympique... Mais je sais que t'es... branché par le foot, donc on aura l'occasion de parler foot quand même. D'ailleurs, c'est olympique aussi. Mais ce sport olympique et finalement les actions de management, c'est vraiment dans les questionnements. Quand je fais une masterclass et que je viens parler de la performance durable, ce que j'ai fait, par exemple, il n'y a pas très longtemps à Lille pour des étudiants, les premières questions qui viennent, c'est mais à ton avis, quel type d'outil on peut utiliser ? Nous, dans notre étude, je ne l'ai pas dit tout à l'heure, mais on accompagne aussi beaucoup d'étudiants dans le...
- Speaker #1
Oui, médecine prépa, j'imagine. Oui, voilà, c'est ça,
- Speaker #0
exactement. Des étudiants en médecine et autres, d'ailleurs, mais en tout cas, des étudiants en prépa qui vont avoir des échéances importantes. Et partant du principe que, de toute façon, un examen, c'est une situation de stress, j'ai envie de dire qu'ils peuvent vivre exactement la même chose que des sportifs ou des entrepreneurs. Complètement. Notre démarche, elle est vraiment d'essayer, par des métaphores parfois, évidemment, mais d'expliquer aux managers qu'il y a un vrai sens à pouvoir utiliser des outils de confiance en soi, de neutraliser la peur du regard des autres, le travail sur la pertinence des objectifs. Les objectifs, on prend le temps de travailler sur des objectifs de résultats, sur des objectifs de performance et sur des objectifs de process et de tâches qui sont finalement les objectifs du quotidien. C'est ceux-là qui vont nous permettre d'atteindre une performance pour aller chercher les résultats. C'est des outils qu'on va à la fois utiliser dans le monde du sport et dans le monde de l'entreprise. Et c'est vrai que dans nos messages, on sent qu'il y a un réel intérêt de la part des dirigeants et des managers de venir découvrir ces outils qui existent pour les sportifs. Parce que le sportif, il fait rêver. Et je pense aussi parce que les Jeux Olympiques de 2024 nous ont aussi aidés, bien évidemment, dans cette démarche. Le sport a été mis en lumière par rapport à... au monde de l'entreprise, puisqu'il y a eu énormément de partenaires et énormément de communication autour de ça. Et cette idée de manager olympique, ça fait plusieurs années que ça trotte dans ma tête et j'ai envie de dire que c'est les prémices de l'écriture d'un bouquin sur le sujet. Devenir manager olympique, ça peut avoir du sens. Et le sens, c'est ce parallèle entre le monde de l'entreprise et effectivement le monde du sport.
- Speaker #1
Est-ce que tu penses que cette expression manager olympique qui moi me plaît, peut en même temps faire peur aussi aux équipes.
- Speaker #0
Je n'ai pas eu l'occasion de m'amuser à faire le teasing précisément sur ce sujet-là. J'ai le sentiment que les personnes qui nous sollicitent ont un minimum d'intérêt dans la démarche. Je sais qu'au tout début de GB Consulting, je t'avais... raconter l'histoire, j'avais pas mis forcément en avant le côté sportif. Et un jour, je me suis dit que l'ADN du cabinet, c'était quand même, à un moment donné, le sport. Et que c'était important pour moi de communiquer autour de ça. Et j'ai le sentiment aujourd'hui que quand on... Quand on est dirigeant, on a fait des petites masterclass avec des vingtaines de personnes comme on en a fait avec 200 personnes. Quand ils viennent nous chercher, il y a cette volonté de faire ce parallèle, en fait. Donc, J'ai envie de dire non, répondre non à la question aujourd'hui de manager olympique. Pas forcément en termes de... Je ne pense pas que ça bloque plus que ça. Mais voilà, une fois que je t'ai répondu ça, c'est pas impossible que pour certains, ça pourrait éventuellement poser problème. Mais en tout cas, je n'ai pas rencontré cette situation.
- Speaker #1
Tant mieux. J'ai un peu en ce moment ce regard négatif ou cynique. Je me dis qu'on perd un peu ce sens de performance et d'ambition. Durable, évidemment, mais parfois, j'ai un peu l'impression qu'on se laisse aussi un peu trop aller. Mais tu me rassures en tout cas que ce ne soit pas le cas. Tu m'as parlé plusieurs fois de foot. Il y a une question derrière qui est, en entreprise ou dans le sport, il y a cette notion de collectif. Dans le foot, encore plus. Surtout dans les centres de formation, dans lesquels tu as pu évoluer, dans les grands clubs de Ligue 1. Il y a la notion de collectif, parce qu'évidemment, on gagne des championnats et des matchs en équipe, mais chaque joueur en centre de formation, il doit finir professionnel. Et il y a très peu de place. Il y a, je ne sais pas combien de joueurs professionnels, il y a un centre de formation de trois à la fin. Peut-être par promo, je ne sais pas.
- Speaker #0
Oui, j'ai un exemple.
- Speaker #1
Peut-être un même parfois. Donc, c'est super dur de se dire, il y a dans un groupe 20 joueurs de foot et en fait, il y en a un final qui va être pro. Comment tu gères ça dans tes accompagnements ? Parce qu'en même temps, il faut que toi, tu aides tout le monde et chacun, lui, essaie de tirer son épingle du jeu dans un collectif.
- Speaker #0
Oui, alors sur le sujet du collectif, tu parlais de centres de formation. Oui, on a eu la saison 2023-2024, on a accompagné... Merci. un centre de formation d'un grand club français, très grand club, on va dire, qui était encore plus grand en 93, c'est comme ça qu'on peut le dire. Non, plus sérieusement, nous ce qu'on dit, et c'est vrai en entreprise, c'est que pour briller individuellement, Il faut d'abord briller en collectif. Et je donne toujours cet exemple-là sur des équipes de foot, par exemple, où si j'ai envie de regarder quel est le gardien de l'avant-dernier du classement, je ne crois pas forcément que si je suis recruteur, je vais aller regarder qui est le gardien de l'avant-dernier du classement des U19 nationaux en fin de saison. À l'inverse... d'aller voir qui est le buteur de la troisième équipe du championnat, c'est quelque chose qui peut avoir du sens. Donc c'est parce que d'abord l'équipe va réussir à briller collectivement que derrière, personnellement, je vais avoir l'opportunité de pouvoir, moi, essayer de briller, en tout cas de répondre à un certain nombre d'objectifs que j'ai pu me fixer. Ça, c'est ma conviction. C'est super intéressant.
- Speaker #1
La chose que tu viens de dire là, ça me pose plein de questions. Oui,
- Speaker #0
c'est d'abord parce que je brûle l'équipement et j'ai même envie de dire que c'est pareil dans le monde de l'entreprise. Parce que c'est parce que l'entreprise se porte bien que derrière, je vais aller regarder. Mais alors, attends, ils ont qui ? C'est quoi le codire ? Ils ont qui au marketing ? Ils ont qui en RH ? Etc. Et ça, c'est un message qui est important, que je fais passer systématiquement à la fois auprès d'étudiants quand on parle de management, mais aussi auprès de dirigeants. C'est parce qu'on va avoir une vraie cohésion et que l'équipe va briller. que derrière, individuellement, chacun pourra aller chercher sa place. Après, la vraie difficulté dans le monde du foot, c'est que c'est un monde où tout est un peu décalé, puisqu'il rentre en pôle espoir autour de 12 ans, quand c'est plutôt 14-15 dans d'autres sports, parce que derrière, il y a les centres de formation en intermédiaire. Et du coup, c'est vrai qu'on démarre très jeune et on démarre des accompagnements entre 10 et 12 ans. dans le foot alors que c'est beaucoup plus tard bien souvent dans d'autres sports c'est tôt en 10-12 ans quand je me revois à 10 ans et je vais te dire toutes les semaines on a des demandes pour des enfants en dessous de 10 ans et on ne prend pas mais toutes les semaines c'est
- Speaker #1
voilà peut-être des parents qui veulent foutre des enfants
- Speaker #0
Oui, je ne sais pas s'il y a une relation avec le fameux sujet de projet Mbappé, mais puisqu'on parle d'Mbappé et que c'est un des plus grands champions français quand même aujourd'hui, qu'on a la chance d'avoir en équipe de France. J'étais avec un client à Clairefontaine en début d'année, en septembre, et on faisait la visite et la personne qui faisait la visite, ça faisait 30 ans qu'elle bossait là. Et elle nous expliquait que dans la promo Mbappé, je ne sais plus s'ils étaient 23 ou 29, Il y a deux personnes qui ont réussi. Tu me posais la question de savoir s'il y en a un, deux ou trois. Deux personnes sont sorties. Il y a évidemment Kylian Mbappé. Et il y a un deuxième joueur qui a joué en Ligue 2. Et c'est tout.
- Speaker #1
On ne parle même pas de notre joueur qui était en Ligue 1. Et pourtant,
- Speaker #0
on se parle de Clairefontaine.
- Speaker #1
Le meilleur centre français.
- Speaker #0
Ce qui veut dire que c'est difficile aujourd'hui de performer. Mais c'est vrai en foot. Avec plus de 2 millions de licenciés, évidemment. Mais c'est vrai dans tous les sports. On a les championnats de France Elite de judo qui vont se passer ce week-end. En judo, il y a plus de 500 000 licenciés. Tu ne deviens pas champion de France par hasard. Il y a du monde au portillon. Et ça,
- Speaker #1
5 000 licenciés en judo ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Quand même.
- Speaker #0
Un peu plus même.
- Speaker #1
C'est dans le top 3 ou 4 ?
- Speaker #0
Ou top 5, je pense. Top 5, oui.
- Speaker #1
C'est beaucoup. Je ne pensais pas autant.
- Speaker #0
Je pense que c'est juste derrière le basket. Génial.
- Speaker #1
Donc voilà. Je réfléchissais à la saison 2023-2024. Tu les avais accompagnés pour le championnat, pour la Gambardella aussi, j'imagine, l'année 2019.
- Speaker #0
C'est l'équipe qui gagne. C'est l'équipe qui gagne la Gambardella. L'année 2019, cette année-là, gagne la Gambardella.
- Speaker #1
Ça doit être génial sur une saison de voir les hauts, les bas.
- Speaker #0
Oui, parce que ce qui est génial, c'est qu'une saison, c'est un peu comme un marathon. Il y a des moments où on va se sentir bien et des moments où on se sent moins bien. Et la capacité de réactivité, de résilience, de switch parfois, est déterminante. Sauf qu'une saison, c'est long. Et que la gestion d'un groupe, ce n'est pas pareil que de la gestion individuelle. Et j'ai envie de dire que dans le groupe, on va gérer le groupe. Et puis derrière, on va aussi gérer l'individuel. Et donc, on a beaucoup dans le monde du foot, par exemple, ou du basket, ou du hockey sur glace. On a beaucoup de démarches individuelles, d'athlètes qui viennent pour se faire accompagner. individuellement, alors qu'ils sont eux-mêmes, et parfois, ils ont des préparateurs mentaux dans leur structure. Je crois que dans un des derniers reportages, c'était Varane qui disait qu'il avait un préparateur mental dans le club à disposition, mais qu'il avait lui-même une démarche individuelle. Et dans le foot, c'est vrai que depuis deux, trois ans, je crois que c'est Aurélien Chouemény qui avait pris le premier la parole quand il était encore à l'époque à Monaco. commence à avoir effectivement beaucoup plus de demandes. Parce que c'est une partie aussi qui n'a pas beaucoup été explorée par beaucoup de gens. Et que c'est intéressant, je pense, de travailler sur cette partie-là. Pour ma part, ouais, c'est la bonne.
- Speaker #1
Légèrement, oui. Tu suis des athlètes français. J'ai vu que tu suivais aussi des athlètes américains et japonais. Oui. Quelles sont les différences culturelles que tu vois sur l'approche du mental entre les trois ?
- Speaker #0
cultures qui sont alors pour le coup les trois à l'opposé quoi alors je suis pas japonais mais on a on a des athlètes qui sont un peu partout on a un basketteur en espagne on a on a des joueurs sur monaco on a j'accompagne plusieurs belges des suisses j'ai accompagné les basketteurs au canada également le la différence Si on va démarrer par le Japon, parce qu'en tant que judoka, je trouve qu'il y a une certaine discipline pour les Japonais, une certaine capacité de répétition dans l'entraînement et capacité d'engagement qui, pour moi, est une vraie différence par rapport à d'autres nations pour les Japonais.
- Speaker #1
Le Japon, il y a cette notion, justement, tu parlais au tout début de plaisir. Est-ce qu'ils arrivent à associer cette discipline, cette répétition d'efforts et plaisir ?
- Speaker #0
Je reste intimement convaincu que le plaisir, pour que la performance soit présente, existe. Après, la manière dont ils vont laisser percevoir cette notion de plaisir, à mon avis, elle est plus différente. Mais c'est lié à la culture. On parlait de culture tout à l'heure. C'est clairement, on n'est pas, vous prenez un, tu prends un judoka qui gagne une compète en judo, pardon, un japonais qui gagne une compète. Et tu prends un Américain qui gagne un sprint, c'est sûr que si tu regardes la communication non-verbale des deux, on ne sera pas exactement sur la même chose. Ça, ça me paraît évident. En tout cas, c'est les premiers mots qui me viennent sur le Japon. Que dire sur les États-Unis ? Les États-Unis, actuellement, j'accompagne un golfeur, deux nageurs, une footeuse et une tenniswoman. qui sont en université aux Etats-Unis. Il y a ce monde universitaire, en fait, qui, du coup, très jeune, l'émet dans un mindset positif, mindset qui fait croire que c'est possible. Ça, c'est la première chose.
- Speaker #1
C'est déjà énorme.
- Speaker #0
Et c'est, je pense, effectivement, quelque chose d'hyper important. Qui l'émet dans une démarche de compétition, très jeune également. Et puis, ils ont à disposition des outils. pour développer la performance qui sont exceptionnelles et là pour le coup je ne citerai pas de nom mais j'ai eu une discussion avec un nageur qui comparait l'utilisation d'une grande piscine d'une grande ville française dans laquelle il partageait le bassin avec une équipe de water polo et une équipe de natation artistique artistique et où il disait alors que sur le campus, on a trois bassins à disposition, deux 25 et un 50. On est sur place et c'est vrai que les infrastructures, je pense que la vraie différence, c'est cette démarche universitaire pour moi. D'ailleurs, je ne l'ai pas dit, mais démarche universitaire qui existe aussi au Japon, notamment dans des sports comme le baseball et le judo.
- Speaker #1
Ça, on entend très peu qu'au Japon, les structures soient aussi développées. Je ne savais pas.
- Speaker #0
Oui, en judo, par exemple, il y a des grosses universités, universités d'athéries, etc., où effectivement, ils ont des équipes très intéressantes sur cette démarche sportive. En France, c'est différent.
- Speaker #1
Ce sont des plus grosses structures que l'INSEP, par exemple ?
- Speaker #0
Bien sûr. Alors, par sport. Donc, plus grande structure que l'INSEP, non, je ne pense pas. Mais en tout cas, sur certains sports, oui, où ils sont complètement développés. Après, les États-Unis, c'est sûr que là, on ne peut pas comparer.
- Speaker #1
Ils ont des stades de 30 000, 40 000 personnes. Oui,
- Speaker #0
c'est ça. J'ai lu un article sur l'université d'Arizona. Mais c'est pareil, j'ai un bout de culturel sur le Canada avec mon père et mes frères qui sont là-bas depuis plus de 25 ans. Dans les universités canadiennes, ils sont très proches finalement du fonctionnement américain. Sur la France, je dirais que s'il y a un mot qui me vient comme ça, c'est... Peut-être la technique. Les Français sont vraiment dans une approche qui est peut-être plus technique que d'autres. Je ne sais pas si c'est la raison pour laquelle on a des entraîneurs français qui entraînent des équipes nationales. En escrime, il y en a partout. En judo, il y en a aussi partout.
- Speaker #1
Dans le foot aussi, ça s'exporte très bien. Dans le foot,
- Speaker #0
ça s'exporte énormément. Donc c'est la technique et puis peut-être le côté un peu plus stratégique. qui me vient comme ça peut-être l'athlète français un peu plus dans l'analyse voilà c'est toujours difficile de comparer mais c'est les premiers mots qui me viennent effectivement sur la comparaison entre ces trois mais on a des athlètes qui s'exportent aux Etats-Unis pour avoir à disposition des outils qu'on a difficilement en France, quand je dis qu'on a difficilement en France, on en a Tu te citais l'INSEP, évidemment, l'INSEP est au top sur plein de sujets, mais les places sont chères pour y accéder. Et quand on voit le nombre de places universitaires en natation, par exemple, aux États-Unis, c'est sûr qu'il y a peut-être un peu plus de facilité.
- Speaker #1
Il y a beaucoup plus d'université. Il y a beaucoup plus d'université,
- Speaker #0
il y a beaucoup plus du coût de campus qui existe, etc.
- Speaker #1
Et donc, les résultats, c'est que sur les JO, ils sont toujours là à arriver avec je ne sais pas combien de médailles. C'est une armada qui arrive d'un coup.
- Speaker #0
Oui, même si je trouve...
- Speaker #1
La France le défend très bien, attention.
- Speaker #0
Oui, voilà, je peux le dire.
- Speaker #1
Avec les moyens.
- Speaker #0
C'est exactement ça. On ne parlera pas des moyens après les Jeux, parce que là, je pense que c'est un sujet qui est difficile aujourd'hui pour beaucoup de fédérations et du coup pour beaucoup d'athlètes. Et c'est dommageable, je trouve. C'est un peu la gueule de bois, oui. Oui, c'est la gueule de bois, clairement. Mais en tout cas, on a quand même vu des athlètes français dans plein de disciplines, capable d'aller chercher des titres et capable, indépendamment du résultat, de se mettre au niveau le jour J, poussé par un public présent. Et en disant ça, on a les sports où on ramène énormément de médailles sur lesquelles je ne reviendrai pas et que j'ai déjà citées. Mais comme exemple... le BMX, qui n'est pas forcément la meilleure nation sur le sujet. Et finalement, on est capable d'aller faire un top 3. Je trouve ça extraordinaire. Parfois, on se flagelle beaucoup en France. Il faut aussi accepter qu'on a des infrastructures qui sont ce qu'elles sont, mais qui donnent l'opportunité d'aller accompagner la performance des athlètes.
- Speaker #1
C'est vrai qu'on se flagelle beaucoup, mais quand tu prends un peu de hauteur, tu regardes les résultats. C'est quand même... C'est quand même impressionnant et dans le monde de l'entreprise aussi. Alors c'est vrai qu'en ce moment, moi je suis dans le monde des startups, donc c'est ce que je te disais, sur LinkedIn on critique beaucoup l'écosystème français et je suis parfois le premier à le faire. Et quand tu comprends un peu ton recul, tu vois quand même qu'il y a aussi des bonnes personnes et les ingénieurs français s'exportent très bien aux Etats-Unis. Donc ça fait un peu penser à ça avec les niveaux athlètes. Il y a le sujet des, je t'avais posé là sur Insta, le sujet des résolutions puisque l'épisode va sortir début janvier. Il y a cette manie, on va dire, de se fixer plein d'objectifs au début de l'année en se disant je vais arrêter l'alcool, je vais arrêter, je ne suis pas fumé pour ceux qui fument, je vais me remettre au sport, etc. Ça dure deux mois et après tout le monde abandonne. Pourquoi ? Alors, déjà pourquoi et comment ? On peut essayer d'avoir, tu vois, durablement dans l'année des objectifs tenables.
- Speaker #0
Alors, je pense que déjà, il y a beaucoup, effectivement, l'histoire des bonnes résolutions. La difficulté quand on a de bonnes résolutions, c'est qu'on passe bien souvent, c'est le constat que je fais, de tout à rien. Et moi, je pense qu'il y a un intermédiaire entre tout et rien. Et donc, dans la fixation d'objectifs, il y a toute une mécanique qui fait qu'à un moment donné, pour réussir mon objectif, il faut que j'arrive à garder de la motivation. Pour garder de la motivation. Il faut que je sois capable d'atteindre des objectifs intermédiaires qui vont du coup m'envoyer des signes positifs et qui vont me permettre de passer à l'état de l'après, etc. Donc bien souvent, l'exemple du début d'année, c'est on se fisse des objectifs, mais on passe du tout au tout. Et donc du coup, on a des objectifs qui sont hyper ambitieux. Je pense qu'on est aussi parfois un peu impatient. Et c'est vrai que la performance, on l'a dit, que ce soit dans le sport, dans l'entreprise, dans les études, elle peut prendre du temps. On ne devient pas performant du jour au lendemain. Alors, il y a des gens qui vont très vite être performants et donc être capables de tenir les objectifs et réaliser tout de suite leurs objectifs en premier jet. Mais il y en a d'autres pour qui il va falloir construire une démarche, des routines, un fonctionnement pour avancer. Et puis, peut-être aussi que quand on prend ce genre de décision, en général, on est peut-être... Un peu trop ambitieux. Et on sait que quand on est trop ambitieux, ça ne va pas nous aider pour garder une motivation durable, durablement. Et puis, qu'est-ce que je pourrais dire d'autre ? Pourquoi ? Peut-être aussi parce que les gens prennent des décisions ou se fixent des objectifs, mais ne modifient pas l'environnement, en fait. Et en fait, quand on part sur ce type de décision, quelle qu'elle soit, c'est important... quelqu'un qui dit je vais sortir du salariat pour rentrer dans le monde de l'entrepreneuriat par exemple, c'est important de modifier aussi un peu son environnement. C'est important de s'entourer de personnes qui vont être bienveillantes, s'entourer de personnes qui vont être plutôt dans une démarche de psychologie positive, s'entourer de personnes qui vont être capables d'alimenter positivement le quotidien parce que tout ne sera pas merveilleux du jour au lendemain, mais c'est important de garder une certaine ligne de conduite qui va nous permettre finalement d'avancer. au quotidien vers l'objectif qu'on s'est fixé. Et je pense que ça, c'est ce que moi j'appelle l'environnement, c'est très difficile de performer durablement quand on a un environnement qui n'est pas open, on va dire, dans la performance. Et les résolutions de début d'année, bien souvent, c'est ça, je pense. On ne change pas trop l'environnement, c'est un objectif hyper ambitieux, et puis on ne se donne pas le temps. Et du coup, très vite, on va sanctionner des non-résultats parce que comme l'objectif est trop ambitieux et on va avoir plutôt une démotivation que finalement une validation de certaines étapes qui vont nous permettre durablement de rester motivés et d'inscrire notre performance dans la durée.
- Speaker #1
Génial. Comme ça, le message est clair. Non, mais ça va donner des clés. Je vais essayer de suivre ça aussi. Tu as fait un marathon, Kegori. Il y a un boom du running ces derniers temps. Je pense qu'on peut parler un peu, pour finir l'épisode, de mental sur la partie marathon. Tu as une expérience qui est énorme. Déjà, je ne sais pas combien de personnes ont fait un marathon dans leur vie. Et alors, 21, encore moins. Quels sont les conseils ? Alors, les conseils, je n'aime pas trop ça. Mais comment pourrait-on préparer mentalement correctement un marathon ? Parce que là, il y en a plein qui vont en faire pour leur première fois cette année.
- Speaker #0
Alors oui, j'ai fait mon premier en 96. Donc, ça fait quelques années maintenant. alors En tout cas, moi, dans la préparation du marathon, le premier conseil que je donne, c'est que ce n'est pas une épreuve sur laquelle on part la fleur au fusil. Et parce qu'on est un peu sportif et qu'on sait courir une heure, on va pouvoir le courir. Pour une raison simple, c'est que l'idée quand même de tout ça, c'est de prendre du plaisir. Parce que si on veut, je pense que si j'ai fait 21 marathons, c'est parce qu'à chaque fois que je cours, je prends du plaisir. Alors oui, il y a des marathons où on prend un peu moins de plaisir que d'autres. Mais sincèrement, quand je suis sur une ligne de départ de marathon, déjà, je ne pense pas à l'arrivée. Le premier conseil que je passe à beaucoup de gens qui font du running, c'est de découper ce marathon. Si au premier kilomètre, vous pensez au 42e, vous pouvez. Mais je pense que ce n'est pas la bonne méthode. En tout cas, ce n'est pas la mienne. Ça peut être une méthode qui fonctionne avec certains, mais ce n'est pas la mienne. Je pense qu'il faut vraiment découper. Il faut penser au kilomètre d'après. Il faut être dans le présent. Je prône vraiment le fait que la performance se réalise dans le présent. Il faut être à l'écoute de ses sensations. Ça, c'est aussi hyper important. Parce que sur 3 heures, 4 heures, 5 heures pour certains d'épreuves, c'est important de savoir comment le corps va réagir. Et puis, c'est important de valider un certain nombre d'étapes dans le mode de préparation. Pour se dire que, OK, une heure, ça passe. OK, une heure et demie, ça passe. J'écoute parfois des podcasts sur est-ce qu'il faut faire une sortie longue de 35 kilomètres ou pas, etc. Ce n'est pas compliqué. Dans les grands spécialistes, il y en a qui disent qu'il ne faut pas le faire et il y en a qui disent qu'il faut le faire. Donc, ça dépend vraiment de la personnalité. Ça dépend vraiment de son mode de fonctionnement. Il faut se connaître. Exactement, il faut se connaître. De toute façon, la première démarche quand on travaille en préparation mentale ou en coaching ou en développement personnel, etc. C'est d'abord la connaissance de soi. Et donc, il faut prendre le temps de bien comprendre comment on fonctionne pour ensuite pouvoir valider. si ça m'empêche de dormir, si ça me... me met des doutes et si ça ne me donne pas de confiance le jour du marathon parce que j'ai jamais dépassé les 30 ou 32 km, j'ai envie de dire que sur la prochaine préparation, il faut trouver une sortie longue. Évidemment, pas la semaine d'avant, mais 4 semaines avant, 3 semaines avant ou 5 semaines avant et faire une sortie longue de 31, 32, 33. Ce que j'ai eu fait à une époque, quand j'étais dans mes premiers marathons, quand j'étais licencié à l'US Tourcoing, dans les plans d'entraînement, on avait des sorties entre 28 et 32, 33. Et j'avoue que mentalement, c'était quelque chose qui était plutôt intéressant. Parce qu'en fait, quand tu fais 33 à l'entraînement et que ça se passe bien, tu sais que derrière, il en reste neuf. Et que globalement, les jours de l'épreuve, c'est quelque chose qui devrait se faire sans trop de difficultés. Mais aujourd'hui, par exemple, moi, je ne fais plus beaucoup de sorties longues. C'est-à-dire que je fais 21, je fais semi, 25 kilomètres maximum avant un marathon, mais je ne vais pas au-delà. Après, peut-être qu'à 53 ans, je n'ai plus besoin d'aller me faire... Peut-être que c'est en ce qui fait que... Oui, voilà. Je n'ai plus besoin d'aller chercher cette validation, en fait, que je suis capable de le faire, en fait. Voilà.
- Speaker #1
Carrément. Tu disais qu'il ne fallait pas penser à la ligne d'arrivée. Alors, c'est marrant, parce que moi, j'ai fait Stockholm, là, en mai dernier. Et moi, j'ai fait de la visualisation pour la ligne d'arrivée. Donc, toi, tu déconseilles ça ?
- Speaker #0
Non. Alors, je...
- Speaker #1
J'étais dans l'instant présent sur toute la course, mais j'ai quand même visualisé l'arrivée.
- Speaker #0
Oui, je veux préciser, en fait, tout le travail de visualisation, il est intéressant. Ma première approche avec la préparation mentale, c'était dans les années 90. Et dans les années 90, c'était avec un sophrologue qui lui avait été formé également par rapport à un sophrologue qui s'appelait Raymond Abresol, qui est un sophrologue suisse et qui a accompagné je ne sais pas combien de médaillés olympiques. Suisse dans les Jeux Olympiques d'hiver et dans les Jeux Olympiques d'été. Et c'était finalement la première approche, puisque c'était des techniques qui permettaient d'essayer de se mettre dans les meilleures dispositions. Et on travaillait effectivement sur de la visualisation. Donc oui, visualiser la course, c'est quelque chose qu'on peut faire avant. Mais pendant la course, en étant dans le présent, c'est là où je veux en venir.
- Speaker #1
D'accord, compris. Moi,
- Speaker #0
je peux partager mon raisonnement et mon mode de fonctionnement. Mes cinq premiers kilomètres, c'est mon échauffement aujourd'hui.
- Speaker #1
Complètement.
- Speaker #0
Et entre le cinquième et le dixième, je vais essayer de trouver un rythme qui va me permettre de passer le semi. Et donc, je vais jouer avec mon chrono et regarder si je vais me mettre en 5 au kilo ou en 5.30 ou en 4.50. Je vais jouer effectivement avec le chrono pour arriver finalement au dixième. Et typiquement au dixième, ne pas me dire il en reste 32, mais me dire j'en ai déjà fait 10. Et là, on est dans une des techniques de la préparation mentale, c'est le discours interne et c'est hyper puissant. C'est-à-dire que si j'arrive à pointer le positif, moi, je suis un adepte de la psychologie positive. La psychologie positive, c'est une science qui est reconnue par l'OMS depuis la fin des années 90. C'est réellement quelque chose où, pour le coup, je parlais de mindset des Américains, où les Anglo-Saxons sont très forts et où on a encore un peu de difficultés parce que les Latins, et ce n'est pas forcément les Français, là, pour le coup, parce que les pays latins, sont plus à pointer le négatif qu'à d'abord valoriser le positif. Dans le marathon, pour moi, c'est vraiment ça. J'arrive au semi, j'ai déjà fait la moitié et je reste dans cette dynamique finalement jusqu'au bout. Et j'ai envie de dire qu'après le 32ème ou après le 30ème, de toute façon, c'est la bagarre tous les kilomètres parce que de toute façon, c'est dur. On sait qu'on va récupérer un petit peu d'énergie parce qu'il y aura du monde dans les derniers kilomètres à l'arrivée en fonction du... de l'endroit où on court le marathon.
- Speaker #1
Mais ok, ok, cette précision intéressante, c'est vrai que je ne visualisais pas l'arrivée, enfin le jour du marathon, c'était plus en amont, effectivement. On arrive à la fin de l'épisode. Pour conclure, je pose deux questions. La première, c'est de quoi rêves-tu pour la suite ?
- Speaker #0
Eh bien, mon rêve, j'ai l'habitude de dire que le rêve, c'est l'essence de l'âme. Donc, je suis un rêveur. Non, mon rêve, c'est de continuer à aider les gens à... à devenir les meilleures versions d'eux-mêmes. Je parlais de plaisir et c'est vrai que quand j'accompagne... Que ce soit dans le monde de l'entreprise ou dans le monde du sport, je n'ai pas la sensation de travailler. Et donc, prendre du plaisir au quotidien, c'est le rêve éveillé que j'ai depuis dix ans que j'ai créé ce cabinet. Et mon rêve, c'est de pouvoir partager justement ces différentes techniques, ces différents sujets pour essayer d'aider les gens à performer.
- Speaker #1
Génial. Et la dernière question, c'est est-ce qu'il y a une personne qui t'inspire particulièrement que tu connais ou pas ?
- Speaker #0
Oui, j'ai une personne qui m'a inspiré au moment où j'ai pris la décision d'être dans l'accompagnement. Inspiré dans sa capacité à repousser les limites, c'est Kylian Jornet. J'ai lu et relu « Courir ou mourir » . Et j'ai été inspiré, j'ai fait deux fois le marathon du Mont-Blanc, donc j'ai eu l'occasion de le rencontrer également. Et j'ai été inspiré par... par l'homme, par sa philosophie et par sa capacité encore dernièrement, où il a encore franchi je ne sais plus combien de sommets de plus de 3000 de 62 pardon voilà c'est ça je suis toujours très impressionné par sa capacité à trouver l'énergie et la motivation pour toujours repousser la performance le plus loin possible et ça je trouve ça génial.
- Speaker #1
Et avec du plaisir.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
Merci Gregory. Merci Kevin.
- Speaker #0
A bientôt. Au revoir.
- Speaker #1
Merci d'avoir écouté cet épisode jusqu'au bout. J'espère qu'il vous a plu et que vous avez appris des choses. Si c'est le cas, merci de mettre 5 étoiles sur Apple Podcast ou Spotify et surtout de partager cet épisode autour de vous. N'hésitez pas à me faire part de vos retours pour les prochains épisodes. Je vous dis à bientôt sur Objectif Mental.