- Speaker #0
outillée et bien informée. Pense à t'abonner et à partager l'épisode si tu veux soutenir le podcast.
- Speaker #1
Hello Chloé. Chloé. Je suis avec Chloé Debon aujourd'hui. Je suis hyper contente de t'avoir sur le podcast. Ça fait un moment qu'on parle de cet épisode. J'ai eu la chance de voir ton film On est à venir.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de points à aborder aujourd'hui. Avant ça, Chloé, j'aime bien laisser l'invité se présenter. Tu te présentes dans les termes que tu veux. Et j'aimerais te demander d'ajouter s'il te plaît. quelque chose qui pourrait expliquer qui tu es aujourd'hui, peut-être dans ton enfance, ou qui nous permettrait aux éditeurs et à moi de mieux comprendre qui tu es aujourd'hui.
- Speaker #1
Ok,
- Speaker #0
allez, bienvenue.
- Speaker #1
Oui, merci. Tout de suite, tu me jettes dans l'eau, bien froide. Alors bon, je m'appelle Chloé, j'ai 37 ans, je suis réalisatrice. Donc, comme tu l'as mentionné, j'ai réalisé un documentaire de 50 minutes. qui est sorti en mai 2024, qui parle des expériences minimisées, banalisées dans le suivi gynécologique et obstétrical, et qui aborde surtout le sujet du soin. Comment on requestionne nos pratiques de soins. À côté de ça, je suis maman, jeune maman d'un petit garçon d'un an et demi. Que te dire d'autre ? J'ai une association aussi. Je ne sais pas pourquoi le côté maman est venu avant le... Parce que ça prend pas mal de place aujourd'hui.
- Speaker #0
On va être tout petits, on en parlait en off. On va y venir aussi, mais vous allez faire un choix de gardiennage qui est différent de ce qu'on connaît. Il n'y a pas de crèche chez vous, c'est différent. Il y a quand même une structure, mais différente. On va y venir peut-être à la fin de l'épisode.
- Speaker #1
Donc restez à l'écoute si ça vous intéresse, de voir comment tu as repensé ça à l'aide de deux autres mamans.
- Speaker #0
Donc le côté maman est très présent pour toi. Je le comprends, moi aussi.
- Speaker #1
Maman de jeunes enfants, c'est très présent. C'est ce qu'il y a. occupe un peu mes activités à l'heure actuelle. C'est pour ça que je te parle de ça, mais c'est vrai que je me concentre beaucoup actuellement sur la tournée de mon film. Même s'il est sorti il y a plus de deux ans, en fait, je sens que c'est toujours un sujet qui est actuel. Ça fait. Donc voilà, ça occupe pas mal de mon temps. Et puis, mon côté maman, surtout avec ce système de gardiennage, comme tu l'as dit. Et puis, effectivement, à côté de ça, j'ai quand même mon assaut, qui s'est créé plus ou moins au même moment que la création de mon film. et sur laquelle j'ai passé moins de temps ces dernières années, mais qui, là, maintenant, reprend un petit peu des activités. Et on pourra peut-être en parler aussi. Oui, absolument. Voilà. Par contre, pour rebondir sur ta question de qu'est-ce que je pourrais te donner comme info pour qu'on puisse percevoir qui je suis réellement, je n'ai pas tellement d'idées. On peut parler de ton parcours. Tu as fait l'ILI Expanse, puis cinq ans d'assistante de production.
- Speaker #0
c'était quoi ton chemin ?
- Speaker #1
Alors moi effectivement j'ai pas fait des études qui me prédestinaient à la réalisation donc j'ai fait l'ISFST et puis comme tu l'as mentionné un bac, un master en relations publiques à l'IEX à l'issue de ça j'ai travaillé chez Kings of Comedy plutôt dans le milieu de l'humour, milieu spectacle vivant avec la casquette plutôt production et à l'issue de trois années là-bas je me suis retrouvée dans le milieu du cinéma donc travailler pour des tournages de films, de séries et toujours avec cette casquette de prod et production c'est plutôt la gestion de projet ? alors non, prod c'est plutôt gestion de budget recherche de fonds, gestion des budgets sur des tournages ce qui m'a été de grande utilité en fait dans je pense que c'était ce qui était le plus difficile dans mon film, autant l'écriture pas formé, donc j'avais pas de notion et en définitive, avec le recul aujourd'hui, parce que j'ai travaillé 5-6 ans sur ce projet, je pense que j'ai un conseil à donner, c'est ne vous arrêtez pas à vos compétences en termes de formation. Je pense que moi, ce qui a été le plus important, c'était d'avoir une histoire à raconter. Et c'est ça qui fait tenir sur la longueur et c'est ça qui fait qu'à un moment donné, tu continues contre vents et marées. Je pense que... J'aurais pu avoir un bagage dans la vidéo, dans le montage, dans la réalisation. Ça ne m'aurait pas forcément plus aidée. dans ce truc de lâche pas tu comprends ? donc parcours académique comme je l'ai dit et professionnel pas hyper éloigné du milieu comme tu l'as vu je suis arrivée après le spectacle vivant dans le cinéma et donc ce milieu là m'a quand même permis d'avoir facilement des contacts pour me créer ma propre équipe pour mon film et si tu nous remets un peu dans le timeline comme ça on a vraiment une vue donc tu as fait l'EX
- Speaker #0
Tu commences dans cet environnement de réa,
- Speaker #1
de spectacle. Déjà, qu'est-ce qui t'attire là-dedans ?
- Speaker #0
J'ai des parents qui sont artistes et tout ce que je déteste.
- Speaker #1
Ah oui, c'est vrai ? Justement, c'est la tâche tout le temps.
- Speaker #0
Il faut tout le temps chercher des financements. C'est un peu incertain. Je n'aime pas cette insécurité. Et toi, tu t'attires là-dedans ?
- Speaker #1
Alors, moi, ce qui m'attirait... Bon, déjà, j'ai eu une proposition. j'ai vu passer une annonce et je terminais mes études à l'IEX à ce moment-là je rentrais de Londres, j'avais été passé trois mois, j'avais travaillé pour un label de musique jazz là-bas et donc quand même l'artistique, le culturel m'attirait c'était un milieu qui m'appelait et donc j'ai cette proposition à mon retour de Londres, je me dis c'est très chouette comme première expérience, petite équipe boîte belge Donc, je me dis, allons-y. Avec mon bagage, je me sentais apte, en tout cas, à gérer tous ces aspects un peu plus productionnels. Et donc, par contre, c'est sûr qu'après quelques années, c'est ce qui m'épuise un peu. C'est de ne pas tellement bien gagner ma vie. Après, du coup, je vais vers le cinéma. On me propose des personnes que j'avais côtoyées dans ce milieu-là. C'est des milieux qui ne sont pas très éloignés. dans le milieu du spectacle vivant et du cinéma, je parle, un directeur de production que j'avais rencontré dans le cadre de mon boulot chez Kings of Comedy me contacte pour travailler sur le tournage d'une série policière pour France 3, qui s'appelle La Forêt. Et je dis oui. Je dis oui, allons-y. Je ne sais pas si je vais pouvoir gérer. En fait, j'adore quand je travaille là-bas. Alors certes, il n'y a pas cette... Cette sécurité parce que c'est trois mois de tournage pour retomber sur du chômage. Mais moi, c'est une vie qui me plaît parce que je sens que je ne peux pas rentrer dans le moule du 10h, 17h. Ce modèle-là, je l'ai connu chez Kings justement. Il y a des limites pour moi à ce modèle-là et donc je me sens un peu plus libre là-dedans. Donc, je m'épanouis assez bien. Mais à un moment donné, assez grande frustration de ne rester que dans cette petite cellule de la production. Moi, j'ai envie d'aller toucher à de l'aspect plus artistique, justement. Et donc, la réalisation, la mise en scène m'attire. Les plateaux m'attirent plus que les bureaux de prod, tu vois. J'ai envie d'aller... Oui, vraiment. Là, on est... Donc, le tout dernier film sur lequel je travaille, c'est Le Koursk, qui est un... Ça a été un des plus gros tournages de ces dernières années en Belgique, avec un gros casting. On a tourné avec Mathias Kouinard, Scaline Furst, Léa Seydoux. Donc ça, c'est 2017. Et donc je me lance là-dedans, je me lance dans la folle idée de faire mon propre film fin 2017. Je commence l'écriture à ce moment-là.
- Speaker #0
Le sujet, la thématique, pourquoi ? Tu n'es pas encore maman à l'époque ?
- Speaker #1
Non, je ne suis pas maman à ce moment-là. et d'ailleurs c'est même pas vraiment une préoccupation dans ma vie, d'ailleurs j'ai même beaucoup hésité à être maman à un moment ça aurait pu ne pas être une possibilité pour moi mais à ce moment là ce qui me préoccupe c'est la contraception moi même mon histoire fait que je prends la pilule pendant 10 ans donc je la prends à 15 comme plein de jeunes femmes je veux dire je ne requestionne pas c'est quelque chose qui est Merci. assez commun autour de moi. Donc voilà, dix ans plus tard, donc j'ai 25 ans, et je lis dans la presse cette histoire de Marion Lara qui est donc une femme qui a un AVC en lien avec sa pilule. Et là, en fait, tout d'un coup, je réalise que ce petit cachet que je prends tous les jours peut potentiellement avoir un impact sur ma santé, ce que je n'imaginais pas du tout. Et donc j'arrête, je me dis... En fait, je pourrais arrêter. Je suis en couple depuis quelques temps à ce moment-là. Je me dis qu'on pourrait rediscuter d'un autre moyen de contraception. Et en fait, en arrêtant la pilule, j'ai quand même pas mal de soucis de santé. Et en fait, je me heurte surtout dans le milieu médical à beaucoup d'infantilisation. Quand je parle de... J'aimerais me diriger vers une autre alternative non hormonale, la symptothermie. Par exemple, c'est des méthodes alternatives. Euh... le diaphragme, entre autres. Quand je parle et que j'amène ces sujets dans un cabinet, au sein de la consultation, je me fais un peu...
- Speaker #0
Shut down.
- Speaker #1
Oui, un peu même moquée. Ces méthodes ne sont pas fiables. Et puis, c'est difficile à gérer. Comme si je n'étais pas capable de moi être responsable. Et donc, en fait, j'ai un peu de colère. De la colère parce que, de base... Je prends un médicament depuis dix ans et je n'ai pas connaissance de l'impact que ça peut avoir sur ma santé. Et quand je veux me dévier de ça, on me dit que l'asymptotrémité est compliquée, pas fiable. Et en fait, je ressens pas mal de colère. Et aussi parce que quand je veux en discuter dans ma relation de couple, ce n'est même pas une question que ce soit plus moi qui l'assume. C'est la charge contraceptive, c'est toi. Tu peux choisir autre chose, mais il n'est pas question de contraception masculine. Et donc, je me dis, là, il y a un sujet. En tout cas, là, il y a un sujet. Et mon élan, c'est... Je suis portée quand même un peu par la rage de comprendre. Comprendre pourquoi on ne m'a pas dit ça, pourquoi la charge contraceptive n'est pas plus partagée. Et une forme de colère liée un peu au milieu médical quand même. Ça, c'est un peu le terreau de base.
- Speaker #0
Comment ça évolue ? Par où tu commences ?
- Speaker #1
Par où je commence ? Je commence par lire beaucoup. Avant...
- Speaker #0
Toute recherche de financement, tu te lances quand même dans une idée folle en te disant j'ai un peu de temps, j'ai beaucoup d'envie, je suis très enthousiaste, je sens qu'il y a un sujet. Pour moi, ça me paraît un peu fou. Tu sautes, tu te dis ok, j'y vais, je tente le truc, je m'informe. Par où on commence ?
- Speaker #1
Par où on commence ? Je fais un peu tout. En plus, moi, je fais un peu tout à l'envers parce que je suis de nature très enthousiaste, très optimiste. Et donc là, en fait, je rêve grand.
- Speaker #0
Tu rêves d'un succès de ton film ?
- Speaker #1
Non, je ne rêve pas d'un succès de mon film. Je rêve de pouvoir le réaliser. Je rêve grand, mais pas trop grand. Oui, je veux dire, je rêve. Déjà, je me lance quand même dans un gros défi, parce que plein de personnes m'en ont parlé récemment, en mode, et c'est vrai que moi, ça n'avait même pas été une option, c'est tu ne veux pas faire un court-métrage. Tu veux tout de suite faire un long-métrage. Et moi, pour moi, cette thématique demande un long format. Et donc, c'est vrai que je ne me pose pas la question. Et donc, je fais plein de choses en parallèle. Je lis énormément sur le sujet aussi parce que ça me passionne à ce moment-là, parce que moi, je veux comprendre, parce que comme je te dis, j'ai beaucoup de chamboulements hormonaux, donc ça concerne aussi ma santé. Je le fais à titre privé, puis je me dis, ça pourra être de la nourriture pour mon film. Et puis, en fait, en parallèle, je rencontre pas mal de techniciennes. Là, j'avais envie de constituer une équipe de femmes pour ce projet. Donc, je rencontre une chef-op, une ingé son. Et en fait, je sens beaucoup, beaucoup d'enthousiasme aussi de la part de ces techniciennes. Et je me dis, en fait, ça résonne aussi. Je ne suis pas folle. Voilà, je ne suis pas folle, il y a un truc. Ça vaut la peine, en tout cas, de s'y attarder, d'y mettre du temps, de l'énergie. Et puis, en fait, très, très rapidement, je vais rencontrer des professionnels de santé, des personnes, une journaliste qui écrit un bouquin à ce moment-là, Sabrina Debusca, qui écrit un bouquin qui s'appelle « J'arrête la pilule » . Et ce bouquin me chamboule énormément. Il me fait réaliser plein, plein de choses. Et en fait, je prends mes billets de train. Je vais la voir dans le sud de la France. Je suis hyper... En fait, je suis... Et puis, à côté de ça, je me forme. Je me dis, je vais faire des petites formations, rendance pour l'écriture de scénarios. Enfin, tu vois, je fais un peu tout en même temps. Je commence par plein de choses, tu vois. Et en fait, au plus ça avance, au plus je me dis, il va me falloir de la thune quand même. Parce que je ne vais pas pouvoir... effectivement, je m'étais dit, laisse-toi un an. Parce que, comme je t'expliquais, j'avais mon statut. Je travaillais sur des tournages et puis je retombais sur le chômage. Et à un moment donné, je me suis dit, si on me repropose des projets, je dois dire non. Pendant un an, je dois vraiment me laisser de l'espace pour créer. Parce que si je retravaille sur des films, des tournages, je ne vais pas avoir l'espace pour vraiment bien lancer ce truc. Et en fait, je me laisse un peu plus d'un an et puis arrive très vite le Covid. 2018, 2019 c'est ça tu vois 2019 je sens que l'élan est là, que l'enthousiasme est là, qu'il y a plein de choses je crée en 2019 mon ASBL en janvier 2019 je la crée dans un but entre nous assez aussi stratégique monétaire ou pas du tout ? ah oui tout à fait, pour le film On lui fait une structure. D'ailleurs, à ce moment-là, parce que l'asso a changé de nom entre-temps, ça s'appelle Femme Prod. L'idée, c'est d'avoir une structure de production. L'idée, c'est d'avoir une structure pour aller chercher des fonds pour mon film. Et femmes parce que je constitue une équipe de femmes, parce que c'est des thématiques de santé féminine qui m'intéressent. Et en fait, je n'y réfléchis même pas. Je me dis, on va l'appeler comme ça. De toute façon, ce sera une structure qui sera cachée. En fait, pas. Après, elle devient un peu plus publique parce que je lance une campagne de crowdfunding. Mais tu vois, l'idée effectivement de cette structure, c'est de pouvoir aller déposer des dossiers de demande de subvention. Et il me faut une structure pour ça.
- Speaker #0
Pas en personne physique.
- Speaker #1
Pas en personne physique.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
je ne le rappelle pas ça. Je le fais aussi pour pouvoir... Des subventions. Tu as besoin d'une structure. Pas toutes, mais la plupart. Et donc, je le fais pour ça. Et donc, c'est là que je ressors ma casquette de prod et que ça m'est utile. Mais c'est vrai que j'aurais préféré ne pas le faire. En tout cas, si un jour je me relance dans l'aventure d'un film, j'essaierai de déléguer tous ces aspects de production à quelqu'un d'autre. Oui, oui. Parce que c'est très prenant. Pourtant, je trouve que tu gères bien ce côté...
- Speaker #0
Je ne sais rien, évidemment. En tout cas, le film est arrivé à terme et il est diffusé encore aujourd'hui. Oui, oui. C'est qu'il y a quelque chose.
- Speaker #1
Dans cette première année, comment tu t'imposes une discipline ? C'est intéressant. Alors, je m'impose une discipline parce que j'ai le sentiment que c'est quand même quelque chose qui m'a toujours fort définie. Je te parlais de mon travail à Londres pour ce label de musique jazz. C'était rigolo, mais c'était moi qui allais réveiller le patron. C'était agro. Mais c'est ça. Et en fait, j'ai en moi cette capacité à me donner de la structure. J'avais une forme de rigueur. Après, ça m'a épuisée un temps de travailler chez moi seule. Oui, ça comprend. Parce que je travaillais seule de chez moi.
- Speaker #0
La solitude de l'entrepreneur, on n'en parle pas beaucoup, mais c'est très réel.
- Speaker #1
Oui, à fond. Ça m'a un peu pesée à un moment.
- Speaker #0
Je comprends. quand je t'écoutais, tu étais seule. Comment tu réagissais à l'entourage ? Est-ce qu'il y a des gens qui disent « Allez, reprends un taf ! »
- Speaker #1
J'ai de la chance d'avoir une maman qui est quand même très soutenante,
- Speaker #0
qui comprenait la mission.
- Speaker #1
Je ne sais pas si elle l'a compris dès le départ, mais en tout cas, elle sentait que moi, c'était ce qui me driveait à ce moment-là. C'est sûr que c'était assez abstrait, obscur, ce que je faisais. Oui, bon, donc, tu es dans de l'écriture, tu vas rencontrer des personnes, tu vas créer une structure associative. Voilà, ce n'est pas ce qui est le plus sécure. Tu parles de ça, en tout cas, au niveau... Mais moi, à ce moment-là, c'est ce qui m'épanouit. C'est ce que je veux faire et j'ai cet appel. Et en fait, je sens que c'est juste et aligné parce que c'est aussi ce que je vis dans ma vie privée. tu vois les problématiques que je rencontre à ce moment-là, tu vois, ça renforce mon besoin et mon envie d'aller là-dedans. Donc, je fais un peu fi et je ne sollicite pas tellement l'avis des gens sur ça.
- Speaker #0
Au bout d'un an, un peu plus d'un an, quel est le constat ? Covid arrive, la SVL est créée, tu commences à trouver des fonds. Oui, tout ça,
- Speaker #1
on vit. Oui, complètement. En fait, du coup, je suis quand même... assez fort porté par mon équipe technique qui valorise quand même assez bien cette démarche et tout ça. Donc, je suis quand même un peu portée par ça. Et puis après, je me dis, mais pour mon assaut, je pense que j'aurais aussi besoin de personnes compétentes et tout à fait de mains à mes côtés pour m'aider. Et donc, très vite, en fait, je fais des petites annonces sur mes réseaux et j'ai des personnes qui veulent venir m'aider bénévolement. Et donc, de fil en aiguille, on se dit, let's go, on va lancer une campagne de crowdfunding avec l'assaut. Et toutes ces personnes sont un soutien énorme. Et donc, Femme Prode devient réelle aux yeux des gens, du coup. Je réalise une campagne qui fonctionne très bien. On va presque toucher 12 000 euros. Et en fait, ça me fait une campagne de communication aussi pour le film.
- Speaker #0
Parce que les fonds que vous levez pour l'assaut...
- Speaker #1
C'est quoi ? Ce n'est pas pour la production du film ?
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
OK, c'est ça. Mais à travers l'assaut. Oui, il faut.
- Speaker #0
Pour, j'imagine, justifier.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Après, je pense que là, ça peut passer en personne. Oui, complètement. Mais là, en fait, ce qui est intéressant, c'est que je peux aussi amener qu'avec l'assaut, on traite aussi de sujets similaires. Mais via une autre forme, en fait, le film, on va parler de tout ce qui a trait à la santé. ou au parcours gynécologique obstétrical. Avec l'assaut, on a des ateliers. en présentiel physique où on parle des alternatives à la pilule, à la contraception hormonale on parle de la charge contraceptive on parle de tout ça en fait, on parle de l'endométriose on parle de... et donc finalement je me rends compte qu'il y a beaucoup beaucoup de choses aussi créées avec ces personnes qui m'aident dans le cadre de cet assaut qui viennent aussi nourrir finalement mon film et là ça commence à être Merci. Aux yeux des gens, tu me parlais de ça. Un petit peu plus... Oui, c'est ça. Parce que je travaille aussi avec des professionnels de santé qui donnent ces ateliers à mes côtés. Tu vois, ça commence un peu à se construire. Tu vois, il y a le film, d'une part. En plus, là, on soulève pas mal de fonds. Il y a une structure à côté. Et on a des activités. Parce qu'en fait, aussi, un point intéressant, c'est que le film... je ne peux rien montrer de ce que je fais. Tu vois, c'est confidentiel. Pendant cinq, six ans, tu dis que tu fais quelque chose et que tu travailles corps et âme. Mais en fait, les gens sont là. Oui, bien, mais là, on ne voit rien. On ne voit rien. Et donc, c'est d'autant plus déstabilisant pour toi dans le fait de t'affirmer réellement dans ce que tu fais. D'ailleurs, j'ai eu beaucoup de mal. Et un jour, je l'ai décidé. Je me suis dit, je vais mettre dans ma signature mails réalisatrice. Parce qu'en fait, c'est difficile de t'affirmer dans quelque chose que tu n'as pas encore créé, mais que tu fais depuis tellement d'années. Et donc, en fait, ça m'apaise un peu la structure et toutes les activités qu'on lance. Parce qu'on lance aussi un podcast. Enfin, voilà, on fait plein de choses avec l'assaut. Et ça me permet aussi de montrer aux gens que voilà, il y a des choses. Vous voyez, il y a des choses qui se passent réellement, concrètement. Et donc, je pense que ça aussi, c'est une chose qui me permet aussi de... Un peu plus de me sentir sereine, tu vois.
- Speaker #0
Et donner un petit peu une bulle de respiration. Oui,
- Speaker #1
oui. Un saut, quoi. Oui, oui.
- Speaker #0
Par rapport à l'assaut, quand tu as tous ces bénévoles qui te rejoignent dans la mission, comment tu délègues les projets ?
- Speaker #1
Comment je délègue les projets ?
- Speaker #0
Qui fait quoi ? Tu sais, tu as ce truc. Oui, je fais tout mieux que tout le monde. Je sais comment ça se fait. Comment tu délègues ? Facilement ?
- Speaker #1
Oui, assez facilement. Et puis surtout, ces personnes arrivent avec beaucoup d'entrain, avec beaucoup d'idées. Et en fait, je me laisse beaucoup, beaucoup porter par les idées de ces personnes. Et donc... C'est aussi comme ça que je décline du contenu via plein de médiums. On crée un podcast. En fait, comme je te dis, je vais très, très vite par rapport aux films. Et au départ, dans mon écriture, je me dis, c'est important d'avoir des paroles de professionnels de santé. Et puis, après quelques mois d'écriture, je me dis, en fait, il n'y en aura plus. Mais je me dis, ah, mais c'est rien, je vais recycler ça en podcast. Et donc, on lance un médium podcast. On lance un médium... web, article, oui, c'est ça, article de web, enfin, un web magazine, en fait, et puis, comme je te le disais, dans les ateliers, aussi, et donc, toutes ces initiatives, elles sont aussi fort, fort portées par ces bénévoles, et même, parfois, initiées, et donc, je me laisse vraiment imprégnée par ça, en fait, et ça me... porte et ça me fait du bien parce que je pense que j'ai besoin à ce moment-là aussi de déléguer. Et puis je trouve que le collectif, et je le répète souvent aussi par rapport au film, c'est vraiment, on a besoin des autres. Je n'ai pas fait ce processus seul. Les autres ont été tellement, que ce soit mon équipe technique, que ce soit les personnes qui témoignent, le collectif, il est... tellement important. Surtout aussi parce que je te dis, je me sens isolée aussi moi dans mon écriture et dans ma solitude d'être seule chez moi. J'ai besoin de ça aussi et je trouve qu'en fait on ne fait rien de grand seul.
- Speaker #0
Pour toucher un mot sur le film en lui-même, tu pourrais expliquer ECHO donc c'est écrit E-C-H-O entre parenthèses E-S à quelqu'un qui ne connaît pas, qui ne l'a pas encore vu. Comment tu pitches le film ?
- Speaker #1
C'est intéressant. Donc, effectivement, ECHOZ, le E entre parenthèses, parce que c'est la version anglaise. Si on veut le pitcher avec ce titre, c'est à quel point dans ton parcours en tant que femme, dans le milieu médical, même si tu n'as pas la même pathologie, là j'entends, tu n'as pas une endométriose ou tu n'as pas porté un stérilet ou pris la pilule ou tu n'as même pas encore enfanté. On peut malgré tout, toutes se connecter à travers des ressentis qu'on a pu avoir dans le cadre de la consultation, de mépris qu'on a pu avoir. qu'on a pu ressentir, de paroles, de gestes parfois, d'humiliation. Dans ce parcours gynécologique et obstétrical, peu importe d'où tu viens, je crois que tu peux toujours te connecter à une autre femme sur une forme de violence. Voilà, c'est très mal pitché.
- Speaker #0
C'est vrai que moi je ne savais pas du tout à quoi je m'attendais en regardant le film. J'ai été émue aussi. Ce lien entre femmes, on sent qu'il y a quelque chose qui nous regroupe.
- Speaker #1
Qui nous rassemble, qui nous réunit, qui nous connecte.
- Speaker #0
Il y avait un débat après le film et c'est vrai que ce débat était... animé, c'est chouette de voir tout le monde qui a dit, qui a vécu quelque chose, qui transmet une information. C'est super intéressant. Est-ce que le film a évolué entre l'écriture, ton premier jeu d'écriture, et la réalisation, ce que tu as vu sur l'écran à la phase finale ?
- Speaker #1
Oui, complètement. Et d'ailleurs, ça pourrait compléter le pitch. Je pense qu'au départ, je voulais surtout rendre visibles ces expériences qui sont souvent minimisées, banalisées. Donc, quand je fais référence à des mots ou des gestes, je fais référence à ça. c'était mon principal focus au départ c'était de rendre visible ce qu'on peut vivre dans ces parcours dont on parle peu parce que c'est très intime aussi parfois il peut y avoir un peu de honte de culpabilité mais une grande dimension que je n'avais pas fait intervenir au début et qui est très présente à la fin c'est le soin et donc ça en le pitchant je pense que c'est important de le dire c'est à quel point on peut requestionner nos pratiques de soins par le soin. Moi, c'est ce que j'ai voulu faire dans mon film, en tout cas. Prendre soin de nous toutes, en fait, après ces parcours, après ces vécus, après ces expériences. Comment on fait résilience, en fait ? Et voilà, ça nous a impactés à plus ou moins grande échelle. Voilà, tous et toutes. L'idée, c'est juste après de refaire collectif. et de s'apporter le soin qu'on n'avait pas reçu, alors même qu'on était dans le milieu du soin.
- Speaker #0
On se sent très fort à la fin. Cette scène de danse, d'ailleurs la danse, l'eau,
- Speaker #1
pourquoi ? Alors, le toucher. Le toucher, oui. En fait, le corps, pourquoi ? Impliquer le corps, parce que déjà, c'est des expériences qu'on a vécues dans nos chaires, qui ont pu... Je veux dire, certaines des personnes ont des cicatrices de ce qu'elles ont pu vivre dans ces parcours. parcours, tu vois. Donc, voilà, le corps, pour moi, de le mettre de côté, ce n'était pas une option. Il fallait l'impliquer, le laisser témoigner. Donc, oui, j'ai travaillé avec une danseuse, une chorégraphe pour que... Voilà, je pense que le corps a des réponses aussi. On est fort dans une société de la parole, du cérébral, du mental. Mais je pense que quand on laisse parler le corps, il y a aussi beaucoup de choses qui peuvent se libérer à ce niveau-là. Et donc, le corps, ça a été... Presque une de mes premières intuitions en faisant le film. Sinon, j'aurais probablement fait un podcast. Ça avait été juste du témoignage, tu vois. Mais là, le corps, il était important pour moi. L'eau, c'est intervenu parce que... En fait, c'est plein de choses qui se sont ajoutées au fur et à mesure de l'écriture et du temps. Et ça a été très intuitif, en fait. En fait, simplement, j'avais très, très envie de tourner dans cette piscine vide de Charleroi. Parce que ce décor me faisait penser à un corps abîmé. Et la piscine vide de Charleroi, Charleroi c'est la ville où je suis née, c'est la piscine dans laquelle j'ai appris à nager. Et donc je trouvais que symboliquement c'était très fort de pouvoir se faire, se mouvoir ces personnes dans ce lieu, qu'elles puissent, elles, aller prendre soin de ces parties un peu abîmées du lieu. Esthétiquement, il y avait des choses à faire dans ce cadre-là. Et puis je me suis dit en fait d'avoir un parallèle entre piscine vide... de piscine remplie, ça peut être très très beau. Et puis après, il y a toute la symbolique de l'eau, la matrice première, le ventre, le liquide amylose. Exactement. En fait, il n'y a rien qui a été... Quand on me pose des questions sur ça, je dis très souvent, c'est pas...
- Speaker #0
Au départ, je ne me suis pas dit, voilà, ça sera, il y aura la piscine vide de Charleroi, ce décor-là, il y aura la piscine. Tout est venu progressivement, au fur et à mesure des rencontres aussi. Et c'est en ça que je dis que le collectif est important, parce qu'en fait, c'est via des discussions, via des rencontres, que des choses m'ont vraiment, tu sais, m'ont sauté aux yeux en mode, ah mais oui, mais c'est ça en fait, c'est ce lieu-là, c'est ça que je dois faire. Et voilà, ça se met un peu de façon magique aussi. Là, j'ai fait une projection il y a deux jours où on parlait avec une psychologue justement de ce concept de résilience, de qu'est-ce qui fait réparation, guérison. Et elle me disait franchement, ton film, c'est presque un stage en tant que psy. tout ce que tu proposes comme outil à ces personnes, c'est ce que j'aurais pu moi proposer clairement et elle dit et toi tu y as été intuitivement sans même l'avoir conceptualiser, théoriser en amont. Et en fait, elle a dit un truc très beau et très juste, ça m'a beaucoup parlé. Elle a dit, en fait, on a tous et toutes notre petit guérisseur interne et en fait, on a tous les outils en soi pour pouvoir se guérir, s'auto-guérir. Il faut juste le laisser s'exprimer. Et elle dit, c'est comme si toi, en fait, t'avais sorti, comme si ce petit guérisseur interne avait pu que... Tu avais donné les clés, quoi, petit à petit. Et en soi, le film a été très thérapeutique. Pour moi, ça a été le moyen, pour moi, de comprendre, de me réconcilier aussi. Tu disais, ce n'est pas une attaque contre le corps médical. En fait, je pense que j'avais beaucoup de colère au début parce que j'ai vécu un autre événement que j'ai connecté plus tard, mais que j'avais vécu aussi dans la sphère médicale. Je pense que quand j'ai pu trouver des réponses en parlant avec des gens, en sortant de l'isolement, ça m'a apaisée et j'ai complètement pu aussi comprendre les violences systémiques que vivent ces médecins aussi, ces professionnels de santé. Voilà, et donc ça m'a complètement permis d'aborder le sujet de façon moins frontale.
- Speaker #1
Tu veux nous dire ce qui s'est passé dans votre événement ?
- Speaker #0
Oui, à fond. C'est un bon exercice pour moi de le faire et je le fais. Et je l'expliquais aussi lors de cette projection. En fait, je dois ça à toutes les personnes qui ont témoigné dans le film. Toutes ces personnes ont fait preuve de tellement de courage. Elles ont... Elles se sont mises à nu devant la caméra. C'est vraiment leur témoignage. Oui, c'est vraiment... C'est des personnes... qui parlent de leur vraie vie, de leur vraie expérience. Il n'y a pas de jeu d'actrice derrière, pas du tout. Quand je parle de cette histoire, je me dis que je le fais aussi pour elles parce qu'elles ont fait preuve de courage face à la caméra, ce que moi je n'ai pas fait. En gros, pour revenir sur la timeline, comme tu le disais, 2018, je me lance dans l'écriture. 2019, je poursuis à la campagne de crowdfunding. Ça prend bien forme. Et puis 2020, boum, Covid. On est tous et toutes en pause. J'ai plein de temps pour à nouveau me replonger dans l'écriture. Mais je suis très frustrée parce qu'à ce moment-là, il y avait un tournage qui était prévu. On annule. Et les personnes qui m'accompagnent à ce moment-là, la boîte de prod me dit « Va chercher plus profondément dans ton histoire encore. » C'est fort hors de toi.
- Speaker #1
Qu'est-ce qui t'explique,
- Speaker #0
tu sais, cette colère et cette rage et le fait que tu n'abandonnes pas parce que t'es passée par des... À ce moment-là, je me prends plein de portes parce que j'ai zéro subvention. C'est d'ailleurs pour ça que je lance la campagne. Et c'est vrai qu'à des moments, je pleure. Je me dis, je ne vais pas y arriver. Je ne vais pas avoir l'argent pour payer mon équipe et pour le faire, en fait. Et donc, je me dis, OK, je... Là, j'ai du temps, je vais plus profondément dans mon histoire et j'essaye de réfléchir à ce qui aurait pu me marquer d'autres. Et en fait, assez rapidement, je me dis mais oui, en fait, c'est un épisode que j'avais complètement occulté. Mais à 18 ans, quand j'arrive à Bruxelles, comme je le disais, moi, je suis Carolo de base. Une envie est de me faire une augmentation mammaire. Je suis hyper complexée. dans mon intimité, de ma petite poitrine, à ce moment-là, très insécurisé par rapport à ça. Et je me dis, quand j'arriverai à Bruxelles, je le ferai, je ne le dirai pas. Je ne le dirai pas à ma mère, je le ferai en cachette parce que j'ai honte liée à tout ce qui touche à la chirurgie esthétique, les stigmates autour de ça. Et donc, je me lance dans ce truc hyper mal, c'est-à-dire que je ne prends pas du tout bien mes informations. J'ai le nom d'un chirurgien qui a fait ça à ce moment-là, une copine ou une connaissance. Je ne vais que chez lui, je ne vais pas en voir d'autres, je ne pose pas. pas du tout de questions. Il me demande de faire un acompte. Je fais de l'acompte. Et on se revoit quelques semaines ou quelques mois plus tard, je ne sais plus. J'y vais seule. Vraiment, je fais ça en cachette. Et donc, quelques années plus tard, comme pour la pilule, je parlais du scandale sanitaire lié à la pilule. Scandale sanitaire des prothèses PIP. Et là, en fait, pareil, vraiment comme pour la pilule, je me dis, mais en fait, je ne m'étais jamais... poser la question du fait que ce corps étranger pouvait être nocif pour moi potentiellement. En fait, là, je me dis juste, il faut que je récupère mon dossier médical et que je sache ce que j'ai dans mon corps. Et donc, je contacte le chirurgien de l'époque, qui ne travaille plus dans la clinique où j'ai été opérée. Et en fait, il se renvoie la balle, le chirurgien n'a plus mon dossier. Il dit que c'est la clinique qui doit l'avoir et la clinique dit que c'est le chirurgien qui doit l'avoir. Donc, je me dis, ça pue, personne ne me rend mon dossier. Je dois probablement avoir des prothèses pipées. Donc, je prends la décision à ce moment-là de me faire réopérer et donc d'enlever ces prothèses. Et donc, à l'issue de cette opération, effectivement, on constate que c'était des prothèses pipées, mais qu'une était ouverte dans mon corps. Et donc, à ce moment-là, j'ai aussi énormément de colère parce que tu comprends, je veux récupérer mon dossier, on ne me le rend pas. Le chirurgien, en plus, à l'époque, me dit... Je lui pose la question parce que je vais le voir et je lui dis « est-ce que vous avez opéré avec ces prothèses ? » Il me dit que oui. Il me dit « si vous voulez, je peux vous réopérer, ne faire que payer le prix des prothèses de remplacement, pas ma main d'œuvre » . Je lui dis « mais en fait, tu ne toucheras plus mon corps, je ne te fais plus confiance. Comment tu as pu opérer avec des prothèses ? » À ce moment-là, je ne connais pas encore bien toute cette grosse affaire parce que c'était un gros procès en France. Mais bon. Et je ne saurais jamais si à ce moment-là, lui a opéré en s'achetant. Parce qu'il y avait des remontées. Il y avait beaucoup de ces prothèses qui s'ouvraient. Et donc, il y avait des remontées dans les cellules cancer et tout ça. Donc, il y avait vraiment, vraiment pas mal d'infos et des choses qui commençaient quand même à être plus connues. Bref, je ne saurais jamais. concernant ce chirurgien en tout cas spécifiquement. Mais j'ai eu une forte colère effectivement du fait de ne pas retrouver mon dossier, du fait d'avoir décidé moi-même de me faire réopérer. Et heureusement parce que j'avais cette prothèse qui était ouverte, et je ne connectais pas les événements entre eux parce que pour moi c'était très fort dissocié. Cet événement, j'étais responsable. J'avais décidé de me faire opérer, c'était de ma faute. Et du coup, je n'avais pas le droit de me sentir victime. Et dans le film, il y a une personne qui en parle très bien. C'est Joël qui parle d'une reconstruction mammaire après avoir eu un cancer du sein. Et elle parle de ça dans le film. Elle dit qu'il y a cette notion de bonne et mauvaise victime. Nous, on était les bonnes victimes. C'était la double peine pour nous. On avait été malades. Et en plus de ça, après, on avait eu des mauvaises prothèses. Donc, nous, on était à plaindre les autres. C'était dans le cas d'une chirurgie. C'était bien fait pour elle. Elle avait décidé. Et donc, ça me réconcilie avec ça. tu sais, en fait... Cette rage de comprendre, je me dis, OK, je voulais comprendre plein de trucs liés à la contraception et tout ça. Mais je voulais aussi comprendre ce qui s'était joué pour moi dans cette période de vie. Et en fait, la psy qui était là avec moi il y a deux jours pendant la projection, elle me disait, mais ta psyché avait éludé, avait mis de côté cet événement. Tu ne pouvais pas vraiment les connecter avant vraiment de te replonger dans de l'écriture. Et donc, l'écriture était un outil pour moi thérapeutique. Le film, en définitive, l'a été, tu vois.
- Speaker #1
Oui, tout à fait.
- Speaker #0
Ce petit guérisseur interne, il a été appelé vers des choses qui m'ont permis de comprendre et donc de m'apaiser et de passer de cet état de colère à de l'apaisement. À de l'apaisement, oui. C'est très fort.
- Speaker #1
On va arriver à la fin de notre interview, le temps a filé. Mais je mettrai évidemment toutes les infos du film ou de retrouver, etc. dans la barre description. Juste une dernière question que j'ai envie de te poser. On a très peu de temps. Comment t'as vécu, toi, ta maternité, ta parentalité ? la matrescence, après l'écriture de ce film déjà t'as accouché pendant à quel moment et comment t'as vécu ça ?
- Speaker #0
alors j'ai accouché quelques mois après la sortie de mon film donc j'ai accouché en novembre, le film sortait en mai comment je l'ai vécu ? Un tsunami, c'était super intense dans tous les sens du terme, dans le bonheur et l'amour incroyable que tu peux ressentir pour un petit être. Et puis à côté de ça, pour tout ce que ça vient chambouler dans ta vie, dans déjà le rythme qui n'est plus du tout pareil, tu as une dynamique à trois et non plus à deux. Et puis dans tout, voilà, moi j'ai été, j'ai allé. J'allais toujours, mais j'ai eu beaucoup de difficultés. Ça va te chercher dans des sentiments de culpabilité, de plein de choses. C'est une sacrée aventure que je regrette pour rien au monde de vivre. Et je suis très heureuse de la vivre aujourd'hui. Pas avant. Oui, parce que déjà le film m'a permis de me donner plein d'outils pour avoir l'accouchement. que je voulais avoir. J'ai eu un accouchement physiologique. J'ai accouché au cocon, juste avec une sage femme, mon amoureux. Pas de péridurage, j'ai accouché dans l'eau. C'est des choses... Je pense que je n'aurais pas été vers ces choix-là intuitivement il y a des années, si j'avais eu un enfant plus tôt. Je ne pense pas, en tout cas. Donc très heureuse de ça et très heureuse aussi de toutes les informations dont on bénéficie aujourd'hui. par rapport à la parentalité à toutes ces questions d'éducation plein de podcasts super passionnants sur le sujet de bouquins donc très heureuse de le vivre aujourd'hui avec tout ça en tout cas et finissons l'épisode avec justement ce choix de gardiennage différent un
- Speaker #1
mot mais vraiment
- Speaker #0
Donc en fait, simplement, je ne suis pas la maman que je pensais être. Ah bon ? Pas du tout.
- Speaker #1
Attends, comment ça ?
- Speaker #0
C'est-à-dire que quand j'étais enceinte avec mon amoureux, on s'était dit, let's go, il faut absolument qu'on ait une crèche. Et donc, on avait fait l'inscription en crèche de notre bébé à sept mois. On s'était dit, sept mois, c'est très bien et tout. Et en fait, à sept mois de mon bébé, je vais faire cette familiarisation à la crèche. En fait, je me sens incapable de laisser mon bébé. Et donc, je me dis, il faut que je trouve une alternative. Bon, je pleure dans ce bureau-là en disant, je sais à quel point les places en crèche sont chères, mais je ne peux pas. Et elles me comprennent tout à fait. Si vous avez cette possibilité de faire autre chose et de combiner avec votre travail autrement, let's go. Et en fait, avec deux mamans avec qui on se rejoint beaucoup, on est très alignés sur des valeurs éducationnelles et autres. On se dit, mais en fait, créons un petit modèle à nous. Avec une nounou, on se partage les frais. Et puis nous, en fait, on travaille en parallèle. Et donc, on s'est relayé dans nos chez-nous, à tour de rôle, avec cette nounou qui s'occupait de nos enfants dans une pièce, et puis nous, à côté. Et puis, du coup, ça nous permettait aussi de nous donner beaucoup de soutien entre mamans, d'être moins seule complètement. Et en fait, on poursuit ce modèle, il existe encore. Et là, après notre entretien, je retourne auprès des autres mamans et des bébés. Est-ce que je peux dire un petit mot sur la prochaine date de projection de mon film ? Il y a une prochaine date de projection de mon film le 12 avril au PLEC. C'est un superbe lieu au cœur de la forêt de Soigne. C'est une projection un peu différente. Il y aura un atelier en amont, un lunch, la projection et puis un débat. Comme d'habitude, une balade après en forêt. L'idée, ce sera parler de ça, du corps justement. À quel point le corps a des réponses. À quel point c'est important de l'impliquer pour pouvoir comprendre son histoire. Sa globalité. Voilà. Et sinon, d'autres dates à venir, le 12 mai, avec Ona Eker, pour parler de ces thématiques PMA et autres. Mais voilà, un gros focus sur la date du 12 avril.
- Speaker #1
Toutes les infos sont en barre de description et sur Internet. Merci beaucoup. Merci à toi. Merci beaucoup.
- Speaker #0
Merci d'avoir écouté cet épisode d'Audace. Si la conversation t'a plu,
- Speaker #1
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