- Speaker #0
Audace, c'est le premier podcast belge francophone dédié au wellness. Je suis Cluj-Nicô, mariée et maman de deux enfants rapprochés. Curieuse et passionnée par le bien-être depuis toujours, j'ai créé ce podcast pour amplifier des voix, partager des récits authentiques et transmettre des clés concrètes. Ici, tu écoutes des conversations sans filtre avec des experts, des entrepreneurs et des invités qui nous aident à être alignés,
- Speaker #1
outillés et bien informé. Pense à t'abonner et à partager l'épisode si tu veux soutenir le podcast.
- Speaker #0
Bienvenue Gauthier, bienvenue sur le podcast, bienvenue sur Audace, je suis hyper contente de t'avoir aujourd'hui à mon micro. Alors, en toute transparence, j'adore être transparente avec les éditeurs, c'est vrai que je ne savais pas trop comment attaquer ton profil, parce que, donc tu vas nous, je vais te laisser tout présenter, mais en deux mots, donc t'es hockeyeur professionnel.
- Speaker #1
Je t'ai.
- Speaker #0
Voilà. mais depuis j'en ai plein tu viens de prendre ta retraite, on va en parler mais c'est vrai que le côté technique du hockey moi j'ai, comme tu le sais fréquenté il y a bien des années un jour de hockey donc j'étais un peu dans le milieu que j'appréciais beaucoup je trouve que l'ambiance, la convivialité, l'entraide est très présente dans le milieu parce qu'après je suis passée dans le foot c'était un autre délire mais bref on va pas recommencer sur ce débat là Voilà. Mais bref, au niveau de la technique du hockey, évidemment, moi, je ne suis pas la personne idéale pour te questionner là-dessus. Donc, on ne va pas parler technique, mais vraiment plutôt on va creuser sur la vie d'un athlète de haut niveau dans un sport collectif. J'ai eu la chance de recevoir Camilo sur le podcast qui a des termes en athlétisme sport individuel. Je pense que c'est un peu différent. Je me tais maintenant, je te laisse parler. Donc, Gauthier, tu peux me dire en deux mots qui tu es. Le premier, pour les auditeurs qui ne te connaissent pas.
- Speaker #1
Je m'appelle Gauthier, j'ai 34 ans, comme tu disais, je viens de prendre ma retraite internationale comme joueur de hockey, qui était en fait à la base un hobby, une passion, et qui est devenu mon métier au fur et à mesure, parce que tout s'est professionnalisé, et donc les entraînements, tout aussi s'est intensifié, et donc j'ai dû faire un choix, à un moment, études, boulot ou hockey. Ça a été pour le hockey, jusqu'à peu. Et à côté de ça, je suis papa de deux enfants, Tommy et Luca, qui ont 6 et bientôt 2 ans. Donc ça aussi, ça a été tout un challenge de pouvoir être performant dans les deux, on va dire. Parce qu'il faut qu'il y ait une présence à la maison. Et on va mélanger une nouvelle vie, on va dire. Je dis un peu, c'est ma vie 2.0 qui commence, des nouveaux challenges qui s'ouvrent à moi. Et je vais devoir franchir quelques portes pour pouvoir essayer d'être performant dans cette nouvelle vie.
- Speaker #0
On va parler de cette nouvelle carrière. Avant ça, j'aime bien revenir un petit peu sur l'enfance. Je pense que c'est toujours marquant, particulièrement comme on est parents. On voit nos propres enfants, je crois qu'on projette aussi des choses là-dedans. Mais dis-moi Gauthier, est-ce qu'il y a un truc précis dans ton enfance qui explique qui tu es aujourd'hui ?
- Speaker #1
Ça va paraître con, mais je pense que j'ai quand même toujours été derrière cette petite baballe, on va dire. La petite baballe, que ça soit hockey, mais il y a aussi eu un peu le foot, il y a eu le basket. J'ai quand même très vite accroché à tout ce qui était sport. Et donc, le sport m'a toujours permis de faire des rencontres, de faire partie d'une équipe, parce que ça a souvent été aussi des sports collectifs. Je n'ai pas spécialement été inscrit, mais ce que tu vois à l'école, tu vas me dire, tu joues au foot, c'est toujours une équipe. C'est une équipe, ok, c'est une équipe. J'ai bien aimé le tennis, c'est vrai. Mais de nouveau rien que pour le fait d'aller s'entraîner avec des copains et de pouvoir se réunir et ça c'est quelque chose qui m'a toujours fort marqué, que j'ai toujours bien aimé au niveau du sport. Et en fait je me rends compte qu'aujourd'hui dans ma vie de tous les jours, j'aime bien faire des dîners, j'aime bien de nouveau aller au hockey voir les copains. Il y a l'aspect hockey technique qui forcément m'excite et que j'aime beaucoup. Mais il y a quand même toute cette relation humaine qui m'intéresse. Et je vois maintenant aussi dans mes nouveaux challenges, on va dire que ce soit... Enfin, on en parlera plus tard. J'essaye de former justement une équipe. Je ne suis pas un solitaire qui va dire je vais essayer de faire ça tout seul de mon côté. Je vais foncer et voir ce que ça donne après. J'ai l'impression que j'ai besoin d'avoir un peu cette sécurité autour de moi pour essayer d'atteindre mes objectifs.
- Speaker #0
C'est vrai que tu as toujours été team player.
- Speaker #1
Oui, je pense. Dans mon comportement aussi, je pense.
- Speaker #0
Tes parents, ils sont sportifs eux-mêmes ?
- Speaker #1
Ils l'ont été mais c'est pas que j'ai été éduqué vraiment dans ce sport de haut niveau comme d'autres enfants peuvent l'être auparavant. Donc ils ont fait du hockey, ma maman pas, ma maman était un peu dans l'athlétisme, pardon qu'est-ce que je raconte, dans l'équitation. Un peu d'équitation, mon papa dans le hockey. Je suis né au bord du terrain, à aller le voir jouer, à jouer avec les enfants. de ses coéquipiers et tout, mais ça n'a jamais été non plus du très haut niveau comme moi j'ai eu la chance de pouvoir atteindre. Et donc, ce n'est pas qu'il y avait tout ce... Tout ce lifestyle ou toute cette pression derrière.
- Speaker #0
Il y a des gens à te pousser. Est-ce qu'ils voyaient en toi la carrière que peut-être lui n'a pas eue ?
- Speaker #1
Ça c'est possible d'une certaine manière. Il a quand même joué en équipe première, donc ce n'était pas juste pour le fun. Ce n'était pas non plus le hockey de dans le temps. Il n'avait pas la même exigence et la même professionnalité ou le professionnalisme qu'il faut aujourd'hui. de... C'est sûr qu'il ne m'a jamais poussé, mais j'étais aussi très demandeur à toujours jouer. Donc du coup, je pense que lui, c'était sa passion. Il voyait qu'il avait réussi à transmettre cette passion chez moi. Et donc du coup, je pense que ça l'a aussi un peu donné envie à essayer de me donner des conseils, de m'amener justement au hockey, de me donner cette opportunité de pouvoir jouer tout le temps. Et ça, c'est quelque chose que je vois énormément aujourd'hui avec mon fils aussi.
- Speaker #0
J'imagine.
- Speaker #1
Tommy pourrait vivre avec un stick de hockey en main. Elle a dû placer plus d'heures au bord des terrains parce que sa maman, Gloria, jouait aussi. Enfin, jouait. Elle a dû arrêter. Mais donc, du coup, lui, il est vraiment littéralement né sur un terrain. Il n'est pas sa vie sur un terrain ou dans des clubs de hockey.
- Speaker #0
C'est des questions que vous vous posez, vous, en tant que parent, de ne pas trop pousser l'enfant ?
- Speaker #1
On ne le pousse pas. Justement, nous, je pense...
- Speaker #0
Vous le mettez en contact avec le sport et après, vous le laissez.
- Speaker #1
C'est ça. Mais après, il est...
- Speaker #0
Il est même une précision. enfant d'athlète de haut niveau ça oui,
- Speaker #1
ça on peut se rendre compte qu'il va y avoir une certaine pression c'est vrai que voilà, on dit tu vois quand même vite aussi auprès des autres enfants Tommy, Tommy, parce qu'il voit que c'était l'enfant de Gauthier Gloria par exemple sans se la péter c'est comme ça dans ce milieu c'est une réalité il faut que ça reste du hockey on va dire ça on peut dire ça comme ça euh... Mais justement, je pense que le fait d'avoir eu cette carrière, aussi bien elle que moi, on ne va pas vouloir pousser spécialement pour avoir la même, on va justement rester bien les pieds sur terre et voir qu'il y a quand même énormément d'étapes à franchir avant d'y arriver. Et je pense que c'est un peu le défaut aujourd'hui, c'est que nous, aussi bien elle que moi, on en rêvait probablement quand on était petit et on est arrivé, mais les générations avant nous n'avaient pas eu ces résultats. Donc on ne savait pas très bien ce que ça allait donner ou vers où ça allait mener. Tandis que le problème d'aujourd'hui chez les jeunes, c'est qu'ils nous ont vu réaliser tous nos rêves. Et donc, ils se disent, moi aussi, je veux ça parce qu'ils voient ça. C'est atténuable. Et donc, ils l'ont vu peut-être à la télé ou dans les journaux ou autre chose. Et ils nous voient aujourd'hui. Et donc, je pense que c'est là où c'est un peu la différence dans l'éducation. C'est qu'aujourd'hui, les parents poussent énormément leurs enfants.
- Speaker #0
Tu vois ça ?
- Speaker #1
Oui. On se rapproche du foot d'une certaine manière. Dingue. Oui.
- Speaker #0
Parce que c'est vrai que c'est à les 20 dernières années, le hockey a... totalement changé.
- Speaker #1
À fond.
- Speaker #0
Avec votre génération,
- Speaker #1
en fait. Oui, je dirais à partir de 2007-2008, là, ça a commencé, quand ils se sont qualifiés pour les Jeux de Pékin, là, ça a recommencé à faire un boom. Et depuis, rien qu'au niveau du nombre d'affiliés, je pense que dans le temps, ils étaient à 20 000. Aujourd'hui, on est à 60 000 en Belgique. Ce qui n'est pas grand-chose. Ça reste un petit sport, mais je pense qu'il se professionnalise énormément. grâce aux résultats forcément des dernières années. Et tu vois ça aussi dans les cours de récréation, ou même je trouve que c'est quelque chose, peut-être que tu feras attention si tu te promènes, mais à Redbus ou quoi, tu vois maintenant des gens se promener avec des sticks de hockey. Nous, dans le temps, jamais. Donc tu vois quand même que ça devient de plus en plus populaire, mais ça restera un sport que tu ne sais pas exercer à l'école.
- Speaker #0
Et oui, et qui est moins accessible que le foot. Non, tu vois, de la cotisation annuelle. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Oui, d'office. Ça, c'est sûr.
- Speaker #0
mais aujourd'hui c'est devenu beaucoup plus populaire ce qui fait aussi que les mentalités changent on va vite dans le vif du sujet mais avant ça est-ce que tu peux vulgariser le hockey sur gazon des gens qui ne connaissent pas le sport on va dire prenons le foot prenons
- Speaker #1
le foot sauf que nous il y a deux cercles et on ne peut pas marquer d'où on veut donc on doit rentrer dans un cercle et marquer on ne peut pas jouer avec l'épi on doit jouer avec un stick Merci. Et un stick, c'est l'équivalent, on va dire, à un club de golf, sauf que la surface avec laquelle on peut jouer est quand même beaucoup plus grande. Et ça se joue à 11 contre 11.
- Speaker #0
11 contre 11.
- Speaker #1
Ouais. Mais après, il y a plein de règles et tout. Oui, il y a plein de règles. Mais en gros, c'est ça.
- Speaker #0
Alors, dis-nous, je n'ai pas envie de rentrer dans le détail de toute ta carrière. Franchement, toutes tes infos sont accessibles en ligne. Donc, en gros, où tu as joué, pour qui et les compétitions qui ont compté pour toi ?
- Speaker #1
Donc, moi, j'ai fait trois clubs dans ma vie et je suis encore actif. Donc, on a dit, je suis retraité, mais je suis quand même encore actif en division d'honneur. Donc, ça, c'est comme l'AD en foot. Donc, ça, je joue encore. Combien de temps, on verra bien. Ça dépendra du corps.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #1
Mais voilà, le plus longtemps possible, j'espère. Et sinon, j'ai joué à l'orée toute ma jeunesse. Puis j'ai eu un passage au Waterloo Ducks qui était assez fructueux au terme de titres et de trucs en club. Donc ça, c'était très gai.
- Speaker #0
C'est un peu ton highlight de tout à l'heure ?
- Speaker #1
En termes de résultats, oui. Mais je continue quand même à grandir. Et là, maintenant, ici, ça fait trois saisons que je suis au Léopold Club, à Ucle. Donc ça, c'est pour toute la partie club. Et en équipe nationale, j'ai eu ma première sélection à 17 ans, en messieurs. Et puis après, j'ai fait de mes 17 à mes 33 ans et demi, on va dire, en équipe nationale. Où là, on a eu, on va dire, une grosse époque entre 2018 et 2021, où là, on a tout gagné. En plus,
- Speaker #0
c'était les périodes Covid, etc. Il y a eu Covid, etc. Oui,
- Speaker #1
oui. Donc ça, c'était quand même chaud. Parce que pendant toute cette période Covid, nous, avant que les Jeux soient reportés... même failli être annulé, on va dire. Nous, on s'entraînait, puis on a continué à pouvoir s'entraîner avec des petites bulles de 5-6 personnes, mais c'était très bizarre. Ça changeait justement tout ce move d'équipe qu'on avait l'habitude d'avoir, où on se rejoignait à 22-23 tous les matins pour s'entraîner. Là, c'était des petites bulles par 5-6, parce que les règles faisaient que c'était ça. Mais on avait la chance d'encore pouvoir s'entraîner et de le faire, parce qu'il y a plein de sports où c'était plus autorisé. Et après, il y a la nouvelle qui est tombée aussi en disant que les jeux sont reportés. Et là, ça a été un peu, je ne peux pas dire un soulagement, mais quand même. Parce qu'il y avait quand même cette pression de dire que ça va être annulé. Ça a été mis sur la table à un moment donné. Là, ça a été reporté, heureusement pour nous, parce qu'on était quand même quelques-uns à devenir assez vieux. Et Paris n'était pas spécialement une option directe pour la plupart d'entre nous. Qui au final, on a tous continué. On ne va pas dire comme des cons, mais on a tous continué là-dedans. mais donc voilà, j'ai eu la chance de faire partie de cette aventure belge on va dire
- Speaker #0
Quelle compétition j'ai autour le plus marquée ?
- Speaker #1
Je dirais vraiment ce 2018-2021, Coupe d'Europe Coupe du Monde Jeux qu'on a réussi à gagner et ça c'était vraiment le graal parce qu'il y avait je ne sais même pas s'il y a une équipe qui a réussi à le faire d'avoir fait justement le triplé d'affilée comme ça mais c'est juste que là on avait connu tellement de galères avant avec toutes ces générations il y a toujours des joueurs qui viennent et qui repartent forcément parce qu'il y en a qui arrêtent qui ont d'autres objectifs dans la vie qui ne sont pas sélectionnés ou quoi dans le noyau donc il y a un peu de changement mais on va dire quand même que 80%
- Speaker #0
du noyau restait le même donc c'est comme si j'avais vraiment vécu avec ces gars là pendant 15 ans genre coller une vacance pendant 15 ans parce que pendant cet esprit j'imagine comme dans le foot mais comme dans les sports de collectif mais c'est vrai que là il y a quand même une camaraderie qui est très présente chez vous à fond et qui Merci.
- Speaker #1
qu'on gardera aussi par après.
- Speaker #0
J'espère.
- Speaker #1
Oui, oui, c'est le but. Tu imagines qu'il doit y avoir... Il y a des liens, il y a des liens forts, oui, c'est ça.
- Speaker #0
Des liens forts, mais aussi des tempéraments très différents, tu vois. Toi, tu as une paix sociale, sociable. Tu imagines qu'il y a des gens qui sont un peu plus introvertis.
- Speaker #1
Si, non, il y a de tout. Maintenant, justement, le fait de se connaître aussi bien, tu vois que ça se cassait au fur et à mesure des années, qu'on savait très bien qui était plutôt du matin, qui était plutôt... Oui, tu vois. qu'il ne fallait pas trop faire chier le matin ou pas. Et donc, non, c'était très bien comme ça. On a vraiment créé des chouettes liens avec qui même on part parfois en vacances avec des copains. Maintenant, tout le monde commence à avoir des enfants aussi. Donc, tu vois tout le monde qui s'agrandit. Non, c'est très chouette. Franchement, ça…
- Speaker #0
Tu nous parlais d'entraînement le matin. Tu sais nous mettre dans une semaine type ? Je me lève avec toi, à côté de toi. Comment ça se passe ?
- Speaker #1
Ça dépend des périodes, c'est sûr.
- Speaker #0
Les périodes un peu chaudes. On va dire les périodes chaudes,
- Speaker #1
c'est ça, pendant l'année, simple ou préparation pour les Jeux. Nous, on s'entraînait toujours en verse. Donc, pour ceux de Bruxelles, c'était quand même toujours un beau déplacement. Mais en gros, le lundi, c'était de 10h à 15h. Je ne dis pas qu'on s'entraîne de 10h à 15h. Là-dedans, il peut y avoir de la musculation, il y a des entraînements techniques, il y a des entraînements collectifs. Il y a un peu de vidéo aussi. On mange aussi ensemble. Donc, on n'est pas... Pendant cinq heures, c'est juste pas possible pour le corps.
- Speaker #0
Vidéo, c'est analyse vidéo ?
- Speaker #1
Analyse vidéo de nos matchs, des adversaires, des projets qu'ils vont mettre en place tactique. Donc c'est vraiment purement de la théorie, on va dire. Le mardi, on avait double session. Donc ça, on s'entraînait de 10h à 12h30 et puis de 3h à 5h. Donc la période là-bas était un peu plus longue. Mais bon, voilà, de nouveau, on mangeait ensemble. ensemble, il y avait de temps en temps des meetings en plus, donc ça, t'avais quand même une grosse journée là-dessus. Mercredi matin, on avait une session, puis parfois on devait aller le soir en club, ça dépendait, parce qu'il y avait quand même des entraînements en club de demain, donc ça, ça dépend des périodes de nouveau, mais on va dire dans les toutes grosses, on ne devait pas y aller. C'était purement l'équipe nationale du lundi au jeudi, on laissait ça et on allait le vendredi en club. Et le jeudi, là, on enchaînait de nouveau avec un entraînement le matin et une muscu l'après-midi. On est déjà quand même à quatre jours full. Et puis le vendredi, on allait tous en club. Le samedi, on avait repos. Et le dimanche, on avait match en club où on s'affrontait. Et le lundi, on était repartis. Donc on était quand même à du six jours, six jours semaine à fond.
- Speaker #0
Après, c'était votre taf.
- Speaker #1
C'était notre taf. En tout cas, c'est devenu notre taf.
- Speaker #0
On peut parler un peu d'argent. Comment est-ce qu'on vit ça ? Parce que sur papier, ça fait évidemment très envie. On n'est pas à des salaires tels que le foot.
- Speaker #1
Non, pas du tout. Comment est-ce que je peux dire ? En gros, au fur et à mesure, tout a évolué. C'est venu avec les résultats.
- Speaker #0
Mais à 17 ans, quand tu te dis « Ok, je vais essayer de suivre mon... » Il n'y avait rien.
- Speaker #1
Il n'y avait quasi rien. C'est ça. Je ne sais pas très bien à ce moment-là. J'étais trop jeune pour comprendre tout le système de comment c'était payé. Mais bon, il y avait l'aide de l'ADEPSE et de Sport Vlaanderen. Des aides de ces deux entités. Puis, il y a du sponsoring, forcément.
- Speaker #0
Pour vous, direct ?
- Speaker #1
Ça, c'est venu au fur et à mesure des résultats. Donc, ça, c'est un peu chacun. Ça, c'est toujours aujourd'hui, c'est chacun sa popote.
- Speaker #0
Par rapport aux résultats ou par rapport au personal branding ?
- Speaker #1
Personal branding, tout ça. Donc, par rapport à tes réseaux, comment est-ce que tu veux les développer ? Oui, non. Est-ce que tu es plutôt du genre à aller chercher ? Est-ce que tu as un manager ? Ça, c'est vraiment ton propre problème. Et on avait, donc au tout début... On touchait une histoire de... Moi qui étais dans les plus jeunes, donc ça dépendait de ton nombre de sélections et de ton ancienneté. On touchait une histoire de 400 euros par mois. Et tu devais déjà commencer à rater l'école. Moi tous les mardis matins j'allais à l'entraînement. Mais ce n'était pas aussi intensif que ce qu'on avait maintenant en type d'entraînement. Tout ça a évolué. Et c'est nous aussi qui avons fait le choix à un moment donné, vers 2016. Hiver 2015-2016, avant les Jeux de Rio. Là, on était en stage et c'est là où je trouve que tout a basculé. Il y avait déjà eu des bons résultats avant, mais là, c'est venu d'un workshop en disant quel serait le programme idéal pour notre noyau pour arriver à atteindre nos objectifs. Nos objectifs, c'était podium au jeu, voire gagner et de terminer à chaque fois sur le podium à tous les tournois. Mais on se focalisait principalement sur les jeux.
- Speaker #0
Vous avez demandé votre avis ?
- Speaker #1
Oui. En disant, vous, en tant qu'équipe, qu'est-ce que vous êtes prêts à sacrifier ? Qu'est-ce que vous êtes prêts à mettre en place pour dire avec ça, on va atteindre nos objectifs ? Et c'est là où on a commencé à dire, le lundi, ça doit être ça, le mardi, ça doit être ça, le mardi, ça, le jeudi, ça. Et donc, on était prêts à faire un programme de... Au début, je pense qu'on avait même essayé de vendre 3 jours semaine, pour essayer de garder un peu cet équilibre avec le club aussi. Et c'est là où ça a varié en fonction des périodes où c'était 3 ou 4 jours semaine, parce que tu ne sais pas non plus tenir... 52 semaines comme ça. Et c'est là où il y a aussi tout cet investissement. On a dit, voilà, être sportif de haut niveau, c'est 356 jours sur l'année. Donc c'est toute l'année. Et on veut vraiment atteindre nos objectifs. Tandis qu'avant, c'était un peu, tu vois, il y en a qui travaillaient un peu, il y en a qui étudiaient beaucoup, il y en a qui avaient encore d'autres priorités à côté qui faisaient que tu ne pouvais pas en demander autant. En tout cas, tu n'allais pas arriver aux objectifs.
- Speaker #0
Oui, tu ne pouvais pas performer à ce point-là avec autant à côté. Et du coup, là, quand les choix sont imposés, il y a des gens qui ont quitté le noyau ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Ok, donc tout le monde a fait le choix de faire un peu de concession pour sa vie perso.
- Speaker #1
Je pense qu'on était déjà assez avancé dans notre manière de travailler. On avait déjà réalisé le potentiel qu'on avait et qu'il ne manquait pas grand-chose. Il manquait, enfin pas grand-chose. La dernière marche, comme on dit, est quand même toujours énorme. avant d'arriver sur le podium et puis après elles sont toutes aussi grandes pour arriver tout en haut on va dire. Mais tu voyais déjà que ça vivait un peu dans le groupe en disant ok, si on commence vraiment à se professionaliser, on va réussir à faire quelque chose et avec les jeunes qui vont débarquer après derrière nous, forcément ça va peut-être prendre des places aussi des plus anciens, mais tu vois quand même que tout ce professionnalisme s'est mis en place. Et donc du coup, on a aussi la FEDE. qui a commencé à pousser aussi auprès de Blozo, enfin à ce moment-là c'était encore Blozo, mais donc Sport Vlaanderen et l'Adeps, et donc les sponsors viennent avec les résultats, et donc tout s'enchaîne, et à la fin on arrivait avec un contrat d'employé, pour répondre à la question au début, on arrivait à un contrat d'employé avec plus ou moins 2000 euros brut.
- Speaker #0
Oui, c'est pas non plus le mire blanc.
- Speaker #1
C'est pas non plus le... non. Et à côté de ça on a chacun notre contrat en club, et ça de nouveau c'est chacun qui négocie.
- Speaker #0
Ok,
- Speaker #1
là vous êtes payé aussi en club ? Ouais, donc en fait t'as double salaire.
- Speaker #0
Ok. C'est viable.
- Speaker #1
Donc, moi qui suis tout juste retraité de l'équipe nationale, je dois travailler le lendemain où je l'ai retraité. Je ne peux pas dire on voit dans deux ans et on verra bien. Il faut travailler. Il faut autre chose.
- Speaker #0
On parle d'argent, on peut parler de pression. Est-ce qu'il y a des moments... où la pression est devenue trop forte pour toi ? Comment gères-tu la pression ?
- Speaker #1
Je n'ai jamais eu de pression de tournoi. Tu vois, jouer des finales ou des demi-finales, ça, ça m'a toujours boosté. Et ça m'a toujours... C'est ça qui me drive en fait. Et c'est pour ça que tu te dis, voilà, je m'entraîne tous les jours, enfin quasi tous les jours, pour arriver à ces moments-là. Mais par contre, j'ai souvent été confronté au stress de sélection, moi.
- Speaker #0
Ah oui ?
- Speaker #1
J'avais toujours, j'avais plus cette crainte... De ne pas être sélectionné dans le noyau et de dire je fais tout ça pour rien. Et de dire je me suis entraîné les 8 derniers mois et qu'au final je ne suis pas repris. Et donc ok tu vas me dire à ce moment là tu peux alors partir en vacances, tu peux faire d'autres choses. Mais tout ton but, tout ce que tu sacrifies pendant toute l'année, les sorties avec les copains, les dîners, les soirées et tout. C'est quand même pour arriver après à participer à ces tournois là. Et donc ça je me rends compte que... Avec un petit manque de confiance en moi à ce niveau-là de temps en temps, ça m'a plus mis en difficulté que d'autres.
- Speaker #0
Tu n'as jamais eu la peur de la réussite ? Tu sais quand c'est parfois, le goal est tellement proche qu'il y a moyen de l'atteindre, tu capotes tout toi-même, tu vois ?
- Speaker #1
Non, ça pas. Peut-être que vu que l'équipe est là, je voyais très bien que dans le comportement de certains, eux étaient encore plus driveés vers la réussite. et de comment il fallait faire et d'être persuadé qu'en allant comme ça, ça va le faire. Et peut-être qu'à ce moment-là, moi j'étais peut-être un peu plus un suiveur à ce niveau-là.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a des moments où tu as performé d'un point de vue national mais pas en club ? Ou vice-versa, tu performais en club mais pas dans l'équipe nationale ?
- Speaker #1
Oui, il y a deux fils. Mais ça c'est comme dans tout, dans une carrière, tu as deux fils, des hauts et des bas. Parfois, même mentalement, mon focus était plus... Quand tu arrives à l'approche par exemple des Jeux... En club, tu commences aussi à faire attention au niveau blessure. Inconsciemment, tu dis aussi, là, si je me blesse, ça commence à être dangereux. Et donc, il y a un peu ce focus émis, ou en tout cas la balance club-équipe nationale, c'est quand même toujours quelque chose où le joueur qui est dans les deux se trouve un peu entre deux chaises, parce qu'il a la pression du club, il a son coach en club, on va dire qu'il lui dit, tu dois être performant, surtout qu'on compte sur toi, tu fais partie des meilleurs. Et puis, tu as l'équipe nationale où on te dit... Tu dois être prêt au moment où tu oublies d'être prêt. C'est ça, voilà. Mais ça, c'est comme ça et ce sera comme ça tout le temps. Je vois les joueurs qui sont aujourd'hui en chronique nationale, ils doivent toujours jongler entre les deux. Les clubs qui sont les plus consignants, on va dire, et où la communication est la meilleure avec le joueur, c'est eux qui arrivent après à avoir leur joueur au moment où il faut, dans sa meilleure forme, dans les deux équipes. Mais je pense que ça, c'est quelque chose qui est applicable aussi dans la vie de tous les jours.
- Speaker #0
Toujours. Est-ce que vous avez des coachs de préparation mentale ? Oui. Vous avez eu ça ?
- Speaker #1
On a eu un peu de tout.
- Speaker #0
Nutrition et assistive, détective ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
C'était quoi une approche un peu holistique, multidisciplinaire chez vous ? Vous aviez quoi ? Kiné ? Oui. Vous avez, j'imagine, toujours ?
- Speaker #1
On a Kiné, Kiné souvent et Ostéo aussi.
- Speaker #0
Qui viennent avec vous en déplacement ?
- Speaker #1
Oui. Mais donc là, de nouveau, il faut expliquer, on n'est pas comme au foot où il y a trois masseurs, trois Kinés, deux Ostéo qui débarquent. C'est qu'on a une personne ou deux maintenant. Ils ont voté pour deux. qui fait justement kiné, ostéo. Mais bon, quand on part en stage comme ça, on est à 25, donc on est à 25 pour deux personnes. Donc c'est quand même, tu ne peux pas aller tous les jours sur la table. Après, je pense que c'est une question d'habitude aussi, parce que parfois tu vas aussi sur la table parce que tu aimes bien aller sur la table. Moi, j'avoue.
- Speaker #0
Tu aimes bien, toi ?
- Speaker #1
Oui, moi, j'adorais aller chez le kiné. Parfois, ils me voyaient arriver, ils disaient aussi, « Oh, go, c'est bon, là. » Mais non, moi, j'aimais bien me faire soigner. Et après, diététicien, c'était par période.
- Speaker #0
C'est quoi le type de régime alimentaire qui vous était recommandé ?
- Speaker #1
En fait, ils n'ont jamais été très drastiques, tu vois, là-dessus. On avait des tests de graisse. On pouvait faire un scan et tout. Tu avais des tests de graisse. De nouveau, ça dépend de la période, mais on va dire une fois par an.
- Speaker #0
Mais la masse graisseuse est différente pour chaque joueur, je veux dire pour le gardien comme pour un...
- Speaker #1
Oui mais bon c'était quand même C'était de nouveau C'est là où ils étaient malins C'est qu'ils ont dit On va pas dire le joueur doit être à 9% Tout le monde est différent Chaque personne est différente Il y en a qui ont plus de muscles Il y en a qui en ont moins Il y en a qui sont plus rapides Il y en a qui sont plus lents Tu vois tu as différents types de joueurs Et de personnes Et donc du coup c'était surtout par rapport à toi-même, ils regardaient l'évolution en fonction d'eux. Et donc, ils disaient, voilà, si toi, t'es un peu trop haut, ils savent que tu peux redescendre de 0,5, de 1%, de 1,5%, tu vois, mais tu dois surtout gagner en muscles, parce que c'est ça qui fait... Mais donc, ça n'a jamais été un critère de sélection. Enfin, je pense. Chez les femmes, je sais que ça a été beaucoup plus poussé. Maintenant, moins, parce que maintenant, on va dire qu'avec tout le professionnalisme qui s'est mis en place... c'est plus vraiment un sujet d'actualité mais je sais qu'il y a 10-15 ans c'était un peu plus tricky parce qu'ils ont vraiment commencé à pousser en ayant ça comme critère en disant voilà tu dois être fit tu dois être à ça pour pouvoir jouer même être payé je pense à un moment je m'avance peut-être un peu et toi t'as jamais eu de problème de prise ou perte de poids après les vacances ? Non, mais je n'ai jamais fait partie de ceux qui étaient à 8-9% nickel, voire moins. Moi, je tournais plutôt autour des 12-13. Ils savaient que j'avais d'autres qualités, on va dire, que je n'étais pas le plus fit à ce niveau-là. Mais voilà, j'ai eu des coups de pression, j'ai dû faire attention. Mais bon, c'est ça qui est frustrant, je trouve, avec ce scan. Parce que ça, c'est drôle, mais c'est genre... Tu fais attention, tu vois ton poids qui descend un peu, tu perds 1-2 kilos, tu dis ok ça va aller, tu arrives sur la balance là-bas, tu te dis allez c'est pas mal, j'ai perdu 2 points. Et en fait tu prends ton scan et tu as pris 0.4 de graisse. Ouais,
- Speaker #0
tu perds de la flotte. Ouais,
- Speaker #1
tu perds un peu de muscle mais pourtant on s'entraîne tous les jours. Et donc ça aussi c'est un peu dans le programme je dirais si jamais on veut vraiment encore passer au next level, c'est de dire est-ce que parfois il n'y a pas des joueurs que tu peux sortir du programme pendant 2-3 mois et dire Toi, tu te concentres vraiment uniquement là-dessus. Et dire, je ne sais pas, moi, ça peut être révalidation pour une blessure, ça peut être que de travailler sur la vitesse, ça peut... Or, ok, on va dire. Mais tu sais uniquement faire ça et avoir des gains si tu sors de tout le programme d'entraînement. Parce que tu ne sais pas rajouter ça en top-up par rapport à tout ce qu'il y a aujourd'hui comme session. Physiquement, ce n'est pas possible. Mais bon, ça, c'est déjà technique.
- Speaker #0
C'est pas intéressant. Récupération, sommeil, vigilance là-dessus ou pas ?
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Beaucoup ?
- Speaker #1
Sommeil, ils ont essayé plusieurs trucs parce que de nouveau vu que c'est pas professionnel, enfin c'était pas professionnel à 100%, ça le devient, mais les moyens non plus sont pas illimités. Il y a eu une période où on recevait nos petites feuilles et on devait remplir, on devait colorier le nombre d'heures qu'on avait dormi. Il n'y avait pas tout collecté, tout ça n'allait pas. Là ils ont commencé un moment avec la... La vague,
- Speaker #0
la OURA.
- Speaker #1
OURA, voilà. Mais c'était libre à chacun. Parce que de nouveau... La police. Non. De nouveau, j'ai dit que j'avais un nouveau nez à la maison. Ce que je n'aime pas là-dedans, et c'est purement personnel, c'est que j'ai aussi ce truc en disant que si jamais je vois via une nappe en disant que je suis fatigué, dans ma tête, je vais être fatigué. Tandis que quand tu t'entraînes comme ça tous les jours, c'est normal que tu vas être fatigué. Il y a une manière d'arriver à l'entraînement et de dire que je suis crevé, ça ne va pas aller. Ou alors, tu dis que tu dois de nouveau essayer de gagner. On disait toujours « Chase the 1% » . C'est bateau. ça paraît bateau mais au final si t'arrives avec cette mentalité là t'as beau être fatigué tu vas quand même faire un bon entraînement et tu vas quand même essayer de gagner peu importe où ou dans quoi mais tu vas essayer de progresser et t'améliorer donc t'es pas focus sur les datas toi t'es pas obsédé par ça non pas dans celle là en tout cas mais peut-être parce que ça dépend de nouveau de chaque personne il y avait des joueurs qui étaient vraiment à fond là-dedans et qui adoraient tout ça et qui regardaient aussi tous les datas tu vois GPS et tout, Polar Tout ça, on avait. Oui, tout ça, on a. Ça, c'est quand même très poussé chez nous parce que tous les entraînements étaient basés par rapport au nombre de mètres qu'il fallait courir. Et là, tu avais aussi cette différence. Si jamais tu n'avais pas assez couru, tu devais encore courir après. Donc ça, c'était quand même assez suivi. On va dire, si tu demandais au niveau professionnalisme, on va dire au niveau data court, là, on est poussé à... Oui, je pense à... Oui, tout ça, c'est poussé plus.
- Speaker #0
Est-ce qu'il y a du dopage dans ce milieu-là ?
- Speaker #1
Non.
- Speaker #0
Il n'y a pas de... Non, elle est vraiment... Non, dans le hockey ? Non, il n'y a pas de dopage. Ça, je peux le garantir à 100% qu'il n'y a pas de dopage. Pourquoi ? Parce qu'il n'y a pas... Je pense qu'il n'y a pas de l'argent derrière.
- Speaker #1
Ok, ouais. Mais même personnellement, tu vois, tu pourrais te doper un petit peu. Non,
- Speaker #0
non, non, il n'y a pas. Il y a beaucoup de... C'est vrai que ça va toujours flirter avec la limite. Je ne sais pas où est la limite, mais il y a beaucoup de suppléments alimentaires à prendre. Ça, c'est sûr. C'est vrai qu'on... On va prendre de la créatine, on va... Mais bon, aujourd'hui, la créatine, c'est devenu quelque chose de banal. Oui, c'est vrai. Monsieur et madame tout le monde peuvent... Il y a certains, même,
- Speaker #1
antidouleurs qui sont considérés comme dopage. Enfin, je ne sais pas exactement.
- Speaker #0
Parce que nous, on a quand même été suivis par Wearables. Enfin, c'est Adam, Adam Wearables, je pense, c'est ça ? Enfin, la société antidopage.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et donc, moi, j'ai déjà eu une année où ils sont venus 5 fois à 6h30 du mat à la maison où je devais faire pipi, quoi. où tu devais donner, tu devais dire tous les jours où est-ce que tu dormais, tu devais donner ton heure où tu pouvais te faire contrôler. Une fois j'avais oublié de changer, je me souviens, j'étais au Portugal, je rentrais de soirée, c'était mes vacances, donc il était 6h30 du mat, et mon père m'appelle en disant « il y a quelqu'un devant la porte » .
- Speaker #1
Super pipi !
- Speaker #0
Je lui dis « tu lui diras que je suis au Portugal » . Donc tu as le droit à deux absences. La troisième, tu es considéré comme dopé. Mais oui, au niveau protéines, suppléments, tout ça, ça aussi, on était bien chargés.
- Speaker #1
Le shift quand t'es devenu papa. D'abord, si t'es OK d'en parler, ton histoire d'amour avec, j'allais dire, ton épouse, avec ta compagne, vous n'êtes pas marié, pas encore marié. Est-ce que c'était évident que c'était quelqu'un, une fille, du monde du hockey ? C'était un critère pour toi pour qu'elle comprenne ?
- Speaker #0
Non, c'était pas un critère, mais... Quand je vois, on a tous des disputes ou des problèmes dans les couples, ça c'est sûr, mais je sais que chez nous à la maison, ça n'a jamais tourné à cause du hockey. Parce qu'elle comprend tout ce qu'il y a derrière,
- Speaker #1
parce qu'elle sait ce que ça implique, elle l'a vécu aussi. Ton stress.
- Speaker #0
Ouais, tout ça, ça aide je pense. Il n'y a jamais eu le... Tu vois comme ça pourrait arriver dans un couple en disant « Ouais, tu fais chier avec ton hockey. » Tu vois, ça il n'y a jamais eu. Je pense que le fait qu'elle ait eu... Ça n'a jamais été un critère, mais ça a quand même facilité notre relation.
- Speaker #1
Et les filles, dans le milieu ? Je sais qu'il y a plein de...
- Speaker #0
Comment les filles dans le milieu ? Ça veut dire quoi, ça,
- Speaker #1
les filles dans le milieu ? Comment tu vis un peu cette notoriété avec les filles ? Les DM ?
- Speaker #0
Non, DM, ça, moi... Je pense que ça dépend du mec. Tu n'es pas quelqu'un d'ouvert. J'ai toujours été casé. Non, je ne suis pas ouvert. Je n'ai pas... Je ne suis pas en train de liker toutes les photos sur Instagram. Je n'ai pas ce truc de DM, non.
- Speaker #1
Il n'y a jamais de jalousie dans votre couple par rapport à ça ?
- Speaker #0
Pas par rapport à ça, non. Il n'y a pas eu de... Non, ce n'est pas non plus qu'on a... En tout cas, moi,
- Speaker #1
je n'ai pas de djihad qui m'attend. Tu vois, c'est ce petit groupe de nanas qui aiment bien les hockeyeurs. Je pense,
- Speaker #0
mais entre-temps, j'ai 34 ans. Je pense que... Je peux voir ce que tu veux dire quand t'es plus jeune. Oui, ça je veux bien croire qu'à 22-23 ans, t'as les petites vedettes qui sont là et qu'il y a leur petite troupe de fans qui traînent autour. Ça oui, ça je veux bien entendre. Mais là maintenant, non.
- Speaker #1
Non, ok. Donc devenir papa, qu'est-ce que ça a changé pour toi en tant qu'athlète ? Est-ce que t'as vu le sport différemment ?
- Speaker #0
L'investissement peut-être différemment ?
- Speaker #1
Moindre dans le sport ?
- Speaker #0
Non, les deux justement. Genre ? Ça m'a quand même un peu calmé d'une certaine manière.
- Speaker #1
Dans le sport ou dans l'extra, les sorties ? Dans l'extra,
- Speaker #0
dans les sorties et tout, il y a un moment, ça vient tout seul. Et donc du coup, je pense déjà que tu prends quand même un petit coup en maturité, ce qui n'était pas du refus non plus pour moi à ce moment-là, j'avoue. Avec Brajad,
- Speaker #1
c'est pas mal.
- Speaker #0
Mais du coup, non, je pense que ça amène quand même beaucoup de structure et de planification. Et donc, tout ça est bénéfique pour le sport de haut niveau.
- Speaker #1
Elle, elle a dû arrêter, lever le pied ? Comment ça a changé les maternités dans le monde du hockey ?
- Speaker #0
Elle, pour Tommy, forcément, elle a arrêté quand elle est tombée enceinte. Mais elle avait déjà arrêté l'équipe nationale parce qu'elle est espagnole. Et quand elle est venue en Belgique, elle a continué encore un peu l'équipe nationale. Mais après, elle a arrêté après les Jeux de Rio. En 2017, elle était finie. Elle jouait en Belgique, mais elle jouait encore au niveau, mais plus d'équipe nationale. Et elle jouait en club. Elle jouait en club.
- Speaker #1
Et elle travaille.
- Speaker #0
Elle travaille. Maintenant, elle ne joue plus. Mais pour Tommy, pendant la grossesse, elle a arrêté. Et puis, elle a recommencé, mais d'abord en fun. Je crois qu'elle a d'abord dit, je vais jouer avec mes copines, c'est fini, le haut niveau, c'est bon comme ça. Et il y a eu Covid. Parce que Tommy est né en 2020, il y a eu Covid en 2020. Et je pense qu'elle a, je me trompe peut-être d'année, mais elle a encore fait une année, elle a rejoué au plus haut niveau en division d'honneur en 2022, l'année 2022-2023, je pense. Elle a relancé encore une année. Donc ça, c'est quand même un chapeau, parce qu'il faut remettre tout le corps en marche. Et bon, tu réenchaînes tous les entraînements. Tommy avait à ce moment-là un an et demi. Donc c'est un petit show. Et donc là, on est un peu à deux.
- Speaker #1
Quand tu pars à l'étranger pour des tournois et tout ça, tes grands entraînements, j'imagine que tu as des grands entraînements, tu as une culpabilité de ne pas être là pour les petits ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Tu ne te culpabilises pas ?
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Il te manque ?
- Speaker #0
Non. Non, mais pas dans ce sens-là. En fait, ça a toujours été... À la fin, j'ai eu dur les deux, trois dernières fois avec Tommy parce que Tommy commençait à pleurer avant que je parte. Au moment où on dit au revoir, il comprenait que j'étais parti pendant trois semaines, un petit mois. Et donc ça, ça m'a fait mal. Et ça fait partie aussi, je pense, des raisons inconsciemment qui m'ont fait un peu décrocher de l'équipe nationale. Où là, j'ai dit, c'est mon choix, je veux arrêter maintenant.
- Speaker #1
C'est toi qui as mis le stop.
- Speaker #0
Oui, et ça, je suis très content d'avoir fait ce choix. Et que j'ai pu prendre cette décision en disant... Pas être mis dehors,
- Speaker #1
mais que tu as pas hésité. Raconte-nous comment c'est passé, ce choix-là. On va y venir maintenant sur ta conversion. J'ai encore deux, trois questions. Et là, je te laisse partir.
- Speaker #0
Et donc, attends, tu me disais quoi par rapport à la pression ? Non, le fait de manquer les enfants. Non, mais oui, oui et non. En fait, ce qui était plus dur, c'est de dire je laisse le regard avec un ou avec deux enfants et de voir qu'elle doit s'occuper de tout de A à Z et de voir que pour elle, c'était une grosse charge. Donc,
- Speaker #1
elle ne me l'a jamais reproché,
- Speaker #0
mais je voyais très bien que c'était très dur et qu'elle a toujours été quand même très forte mentalement et physiquement pour pouvoir gérer ça. Mais je ne voulais pas non plus, et ça c'était un peu ma décision personnelle, d'avoir ce sentiment de les laisser à la maison, d'avoir ce sentiment de culpabilité quand je partais en tournoi, parce qu'au final c'était mon rêve aussi, et je savais qu'il allait s'arrêter à court terme. Résultat, deux ou trois ans plus tard, ça c'est fini. Ce n'est pas quelque chose à vivre, il y a un point final à un moment donné. Donc je me dis, tant encore essayer d'en profiter. Et c'était devenu mon boulot aussi.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Indirectement.
- Speaker #1
Bien sûr. Et donc, ce choix de passer à ta retraite, comment il s'est fait ? Tu tentais de venir, j'imagine que c'est un truc que tu... C'était après Paris. Ouais,
- Speaker #0
c'est ça. Donc, c'était après Paris. Et en fait, après Paris, Paris a été un échec. On perd en quart de finale. Mais bon, c'est le côté technique, on s'en fout.
- Speaker #1
Mentalement, ça a été ou pas ? C'était dur ?
- Speaker #0
Non, moi, Paris, en fait, ce qui a été très dur, c'est que Luca est né le 7 juin.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Le 24. Et ma femme part le 2 juillet, elle part en Espagne rejoindre sa famille avec les deux. Parce que moi j'avais toute la préparation et tout.
- Speaker #1
Donc là vous étiez séparés, donc toi tu t'entraînais ici et elle était en Espagne.
- Speaker #0
Moi je suis allé en Belgique et elle était en Espagne.
- Speaker #1
Ouais chaud.
- Speaker #0
Ouais, donc ça c'était déjà chaud. Et moi je les ai revus. Tommy est venu voir un match avec Glo le quart de finale justement, le 6 août. Donc ça faisait quand même déjà un mois que je ne les avais pas vus. Et après, moi, je les ai rejoints. On avait encore deux, trois obligations. Après, le 10 août, je crois, j'étais en vacances avec tout le monde. Donc ça a quand même été... Elle a quand même fait de nouveau cinq, six semaines toute seule, avec un nourrisson, avec Tommy qui avait quatre ans. Donc c'est aussi chargé. Donc à ce niveau-là, c'était à nouveau une grosse période pour elle. Mais de nouveau, elle ne me l'a jamais fait sentir et elle savait que c'était les jeux. C'était mon rêve de pouvoir participer. Voilà. Et donc c'est là le sentiment d'après, c'est que on échoue là-bas. Il y en a beaucoup qui arrêtent, de toute notre génération. Et donc là, je me dis, moi je faisais partie de ceux qui disent bon allez, encore, j'aime bien, c'est sympa, tu fais quand même le plus beau métier du monde, comme on dit, tu vas jouer avec les copains, enfin tu t'entraînes avec les copains tous les jours, t'es dehors. Donc je me dis, pourquoi pas. Et au final, il y a les premières semaines, on reprend, tu vois, fin septembre, octobre. Et là, je sens que c'est tout un nouveau groupe. On doit tout un peu recommencer à la base. Non, mais voilà, on recommence un nouveau cycle. Et donc là, je me dis, voilà, je ne vais pas être là à la fin du cycle pour les Jeux de Los Angeles. Je ne les voyais pas. Et donc, je me dis, qu'est-ce que ça va encore apporter de faire encore une Coupe d'Europe ou faire encore une Coupe du Monde ? Je n'y voyais plus et ça devenait... Oui, comme je dis, ça devenait quelque chose de lourd et que je n'avais plus cette même excitation à aller m'entraîner, à me lever tous les matins pour le faire. Et donc, je m'étais toujours dit, si jamais je n'ai plus ça, autant arrêter et commencer ma nouvelle vie.
- Speaker #1
Et parle-nous de ta nouvelle vie. Attends, alors comment tu te sens mentalement ? Toi, c'est plutôt un deuil ou tu es libéré ? Tu te sens comment ?
- Speaker #0
Non, libéré.
- Speaker #1
Libéré ?
- Speaker #0
Mais je pense de nouveau parce que j'ai pu prendre le choix. Si jamais j'avais été mis dehors, je pense que ça aurait été différent.
- Speaker #1
Il y en a beaucoup qui sont remerciés ?
- Speaker #0
Quand même, beaucoup, mais il y en a quand même eu tous les ans, tu en avais probablement un ou deux où on dit voilà, ça a plu. Et donc tu vois quand même que les réactions sont différentes. C'est juste quand tu arrêtes par toi-même, il y a toujours encore ce côté qui dit oui, pourquoi maintenant, pourquoi si, et chacun a ses bonnes raisons. Mais là, pour moi, c'était justement, je ne voulais plus tout sacrifier, parce que dans toutes ces périodes d'équipe nationale, j'ai quand même raté. Des gros mariages, des anniversaires, des vacances en famille. Il y a quand même beaucoup de choses où tu te dis que ça, tu n'y étais pas pour jouer au hockey. Et c'est quelque chose que tu ne récupéreras jamais.
- Speaker #1
Et maintenant, quoi pour toi ?
- Speaker #0
Maintenant, j'ai deux projets. Je continue à jouer le plus longtemps possible en club. en fonction du corps, en fonction de mon niveau aussi je pense qu'il faudra le dire à un moment donné c'est bon mais aujourd'hui ça va encore je lance une société de protège-dents sur mesure que je faisais déjà en parallèle les dernières années mais je le faisais vraiment en tant qu'indépendant complémentaire c'était une petite activité secondaire mais donc là maintenant l'idée c'est de vraiment le lancer on a créé la société,
- Speaker #1
on est trois dedans protège-dents Uniquement pour du hockey ou pour des sports confondus ? Non, on va faire...
- Speaker #0
Mais le problème, c'est que la particularité de notre protège-dents aujourd'hui n'est peut-être pas adaptée à tous les sports. Mais ce sera du sur-mesure à 100%. Tu vas prendre une empreinte 3D chez un dentiste. On fonctionne tout ça et on livre le protège-dents. Mais donc, toute la structure derrière, on est occupé avec le site internet, tout l'après-vente, tout le fil entre prendre son rendez-vous et justement avoir la livraison, travailler sur le produit, le packaging. de A à Z, donc on travaille là-dessus, ce qui est très chouette. Et après, là, je viens d'être... J'avais postulé pour être directeur sportif du club de hockey au Léo. Et donc ça, j'ai été pris en duo avec une copine. Et donc ça, c'est très chouette. Ça commence en juillet, mais on est déjà un peu... On est déjà occupés à faire la transition. Donc ça, c'est aussi un chouette objectif parce que ça reste dans le sport. en fait les deux en fait dans le sport ouais les trois même mais donc du coup je suis content on verra ce que ça donne mais mon objectif c'est ça que je te disais du coup la société on est deux trois la direction sportive on est deux et on crée une équipe derrière pour pouvoir justement faire tout ça et ok ça restera une équipe donc je pense que je suis plutôt un team player qu'un solitaire clairement
- Speaker #1
J'ai encore deux ou trois petites questions pour toi. On va arriver à la fin de l'interview. Avant ça, si vous avez aimé notre échange avec Gauthier, vous pouvez liker, mettre 5 étoiles, partager l'épisode à quelqu'un que ça intéressera. Et je vous en remercie. Question signature du podcast, elle est très rapide. Ce qui te ressource vraiment ? Qu'est-ce qui te ressource vraiment ? Quand tu sens qu'il y a un trop plein, tu dois vraiment faire un stop. Qu'est-ce que tu fais ?
- Speaker #0
Ça va être bateau, mais je veux dire vacances.
- Speaker #1
Ouais.
- Speaker #0
Soleil, vacances, déconnectés. Mais moi, c'était principalement par rapport au sport.
- Speaker #1
Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Donc du coup, c'était les périodes off. Et quand t'es en équipe nationale, sur l'année, t'as deux fois dix jours off sur l'année, on va dire.
- Speaker #1
Dix jours où tu fais pas de sport.
- Speaker #0
Non, ouais, attends.
- Speaker #1
Je sais pas.
- Speaker #0
Il nous dit pas de sport.
- Speaker #1
Allez, faites-le.
- Speaker #0
Quand on a douze jours, tu reçois déjà un programme individuel après sept, quoi.
- Speaker #1
Ah ouais, ok.
- Speaker #0
Donc on va dire sept à dix jours sans rien, et après t'as déjà un programme individuel à suivre. Mais je te dis, tu as maximum 3 fois 10 jours sur l'année repos. Tout le reste, tu es dans un train d'entraînement.
- Speaker #1
Tu te sens parfois un peu genre... Pas un burn-out mental ou physique. Un trop-plein, oui. Oui, un trop-plein.
- Speaker #0
Il y a eu des périodes, bien sûr, où tu te dis, on est malade. Et c'est quand même aussi beaucoup lié à la météo, je pense.
- Speaker #1
J'imagine. Vous faites de la salle ? Enfin, du hockey en salle ?
- Speaker #0
Non, ça existe, mais ça ne fait pas du tout partie du programme.
- Speaker #1
Ok. Ton plat incontournable ? Le plat que tu manges 4-3 semaines Franchement j'ai pas
- Speaker #0
Non j'ai pas de plat Fait que tu dis Vraiment Je te juge pas C'est très équilibré Entre nous deux C'est varié Et donc pâte T'as pris un plat genre Non Mais pâte j'aime bien un pâte Avec tout type de sauce Je suis pas du tout compliqué au niveau ou... Au niveau de la bouffe, j'aime bien la viande, un bon poisson. Ça par exemple, je fais moins. Je vais moins faire les poissons à la maison. Mais au resto, ça pourrait vraiment me tenter de prendre un poisson. J'aime bien les fruits de mer, mais je ne vais pas spécialement en faire toutes les semaines. Non, il n'y a pas de plat fétiche.
- Speaker #1
Quand on veut, on peut. T'en penses quoi ? Quand on veut, on peut.
- Speaker #0
Quand on veut, on peut.
- Speaker #1
Tout est possible, si tu te donnes les moyens.
- Speaker #0
Si tu te donnes les moyens. Après, ça dépend toujours de ce que tu as envie. Tout n'est pas accessible non plus.
- Speaker #1
Bien sûr, mais en tant qu'athlète pro, est-ce que tu penses que le travail suffit ? Tu peux être moyennement doué, mais travailler beaucoup et réussir. Tu penses ? Ou tu dois être vraiment depuis le départ avoir quelque chose ?
- Speaker #0
C'est ce que je veux dire. C'est compliqué à répondre et d'avoir vraiment la bonne réponse. Je pense que de toute manière, tu dois essayer de te donner les moyens pour réussir. Tu ne vas peut-être pas arriver à ton rêve, mais si tu as un objectif et que tu essaies d'y travailler au fur et à mesure, et que tu te donnes les moyens et les possibilités de réussir, tu ne vas peut-être pas arriver au 100%, mais tu vas quand même y arriver très proche.
- Speaker #1
T'as fait des études à côté de...
- Speaker #0
J'ai fait des études que j'ai arrêtées de nouveau.
- Speaker #1
T'as dû faire des choix quoi.
- Speaker #0
Ouais, bon, j'étais pas le plus grand student, j'avoue. J'ai arrêté en fin de deuxième à l'EFEC, mais c'était aussi de nouveau... Ma mère va dire que c'était une excuse. C'est qu'en rentrant des Jeux de Rio, j'avais tous mes examens directement après. Donc tu viens de finir finaliste au Jeux. J'ai étudié et en fait j'attendais encore une réponse d'un prof pour savoir quand est-ce que j'avais examen. Il me dit, un matin j'étais occupé à étudier, on m'appelle, on me dit, « Ah, M. Bocca, vous n'êtes pas là pour votre examen ? » Je lui dis, « Mais attendez, j'attends les réponses. » « Non, oui, non, vous devez être là. » J'ai dit, « Écoutez, c'est bon, vous pouvez me désinscrire, c'est terminé, j'arrête. » Donc c'est fini comme ça. Et donc c'est là aussi où tout le professionnalisme augmente, parce que maintenant il n'y a pas de facilité, mais en tout cas le contact entre l'athlète et les écoles est aussi meilleur qu'avant.
- Speaker #1
Ce qui est normal.
- Speaker #0
C'est le minimum. Mais là, nous, dans le temps, je rentrais d'Inde, par exemple, dimanche, j'avais deux examens de mardi, deux le mercredi, deux le jeudi. Les gars, je n'ai pas le temps d'étudier. Enfin, si, j'ai le temps d'étudier, mais je ne sais pas faire un blocus correct pour étudier et réussir les examens. Donc là, j'ai vraiment fait un choix. J'ai dit fini.
- Speaker #1
Est-ce que ta femme ou tes proches pourraient te reprocher ?
- Speaker #0
Oui, oui, oui.
- Speaker #1
Qu'est-ce qu'ils pourraient te reprocher ?
- Speaker #0
Peut-être un peu têtu, un peu sale caractère parfois.
- Speaker #1
Est-ce que tu retiens de ta carrière ?
- Speaker #0
Plusieurs choses, elle n'est pas finie déjà. Mais il y a quand même l'amitié, mais l'amitié avec la réussite. Tu vois vraiment ce lien, on a quand même touché quelque chose. que tout le monde ne pourrait pas. Tu vois, on disait, voilà, si tu as envie, mais tu as beau avoir envie, peut-être que les gens ne vont pas réussir. Mais je pense qu'on réalisera encore plus plus tard. Mais on a quand même touché quelque chose que peu de gens ne peuvent toucher.
- Speaker #1
Ce que tu dirais aux petits gautiers de 18 ans ?
- Speaker #0
D'être un peu plus vite, plus mature. Ça, oui. Et surtout de... De s'investir à fond dans ce que tu as envie de faire. Je pense que j'ai mis un peu de temps à vraiment comprendre que je voulais faire, que ça allait devenir mon métier, de vraiment tout mettre en place pour être directement le plus performant possible.
- Speaker #1
Tu te faisais aiguiller quand même par tes parents ? Si, mes parents un peu, oui.
- Speaker #0
J'ai eu un moment donné, j'ai quand même été voir aussi un petit coach de vie pendant un an. Après, c'est nouveau, on aime, on n'aime pas, on a un bon feeling ou pas. mais... Moi, ce que je retiens de ça, c'est surtout qu'il m'a aidé à structurer, à planifier, à nouveau mettre des priorités. Et je pense que c'est ce que j'avais besoin pour gagner un peu en maturité.
- Speaker #1
J'ai encore deux questions.
- Speaker #0
Ouais.
- Speaker #1
Qu'est-ce que tu pourrais conseiller à un jeune dans le hockey aujourd'hui ?
- Speaker #0
D'abord, de ne pas vouloir trop vite brûler les étapes.
- Speaker #1
Peut-être de profiter d'abord.
- Speaker #0
Oui, de prendre du plaisir avec ses copains et de laisser un peu le temps faire les choses et de ne pas tout de suite vouloir ou de tout de suite rêver de l'équipe nationale messieurs. Il y a quand même toutes des étapes avant d'y atteindre. Très chouette. Qui sont très chouettes, dans lesquelles tu dois profiter. Et aussi de s'entourer avec des chouettes personnes, que ça devienne tes copains, que ça devienne un peu une école de vie. Moi, je le vois vraiment comme ça. Le hockey, ça a vraiment été une école de vie. J'aurais des amis pour la vie, mais en même temps, on a passé tellement de chouettes moments, même en dehors du terrain ou à jouer même au foot à côté du terrain, parce que nos autres copains, cousins jouaient ou famille, tu vois. Donc je vois plus ça comme une éducation générale que juste dire je vais là-bas pour jouer au hockey. Et ça, j'essaie quand même déjà de transmettre à mon aîné.
- Speaker #1
Et ce que le grand public ne comprend pas sur ta vie d'athlète ou sur la vie d'athlète en général, est-ce qu'il y a... Un truc que les gens ne comprennent pas.
- Speaker #0
Je pense qu'ils comprennent tous. Avec les réseaux et tout, ils savent voir un peu à quoi ça tourne. Je pense que les gens ne réalisent pas le sacrifice que ça demande derrière. Prends même, tu vas dire, il y a un anniversaire, je ne sais pas, il y a lié parce que j'ai ma semaine, ou je dois rentrer plus tôt, parce que voilà, c'est une fois. Donc les gens te voient et se disent, oui, il a dû rentrer une fois tôt. Mais quand c'est comme ça tout le temps, et que c'est toujours toi qui dois faire le sacrifice, ça je pense que au niveau du... volume et de l'investissement en général, je pense que ça, les gens ne réalisent pas trop.
- Speaker #1
Merci beaucoup, Gauthier.
- Speaker #0
Merci à toi.
- Speaker #1
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