- Speaker #0
Personne ne te dit vraiment ce que ça fait, ce que ça change dans ton corps, dans ta tête, ce que ça bouleverse et tout ce que ça révèle. La maternité, ce n'est pas juste un moment suspendu entre deux clichés de bébés endormis. C'est un avant, un après, des doutes, des rires, du chaos, des élans d'amour démesurés et une force nouvelle, qu'on découvre parfois sur le fil. Je suis honorée d'avoir été reçue par le centre périnatal du Brabant-Oualon. et de tendre mon micro à quatre professionnels de santé pour parler sans détour et sans tabou de ce que nous traversons en tant que femmes, en tant que mères, en tant qu'êtres humains. Parce que vous le savez, transmettre, c'est ce qui me guide. Donner la parole, faire circuler l'information, ouvrir des espaces d'écoute, c'est ma mission à travers Audace. Et dans ces épisodes, cette mission prend tout son sens. Vous entendrez au fil de ces discussions Des voix expertes, humaines, engagées, qui partagent des clés, des vérités, des repères et des éclairages, dans lesquels, peut-être, vous vous reconnaîtrez. Et si ces épisodes existent aujourd'hui, c'est aussi grâce au soutien de Doumou, une marque belge profondément engagée auprès des femmes, qui accompagne la maternité avec douceur, justesse et respect. Des produits pensés pour le quotidien, utiles, confortables, bienveillants. mais aussi une vraie volonté de soutenir les femmes et de leur donner ou redonner confiance en agissant au-delà du matériel. À travers leur blog Nobody Told Me, Dumu donne la parole à celles qui ont vécu cette aventure pour aider celles qui s'y préparent. Une safe place pour dire ce qu'on n'entend pas assez, ce qu'on garde souvent pour soi. Des récits sans filtre, des expériences vécues, qui résonnent, qui rassurent, qui inspirent. et qui glissent entre les lignes ce souffle dont on a parfois besoin, tu n'es pas seul et tu t'en sors très bien. Merci à Doumou de sponsoriser cet épisode et de contribuer à leur façon à faire circuler l'information et la parole. Aujourd'hui, j'ai le plaisir d'accueillir Marine Goys, psychologue spécialisée en périnatalité. Avec elle, on va parler du postpartum, émotions, bouleversements hormonaux, charges mentales, fatigue, solitude, etc. Mais aussi du couple, du lien avec son corps, de la quête de sens et de toutes ces questions qu'on se pose souvent en silence. Un épisode à écouter si vous êtes jeune maman, future maman ou simplement en soutien à une femme qui traverse cette période si particulière. Je suis Chloé Genico, bienvenue dans Audace. Le premier podcast belge francophone dédié au wellness. Des conversations sans filtre pour t'aider à te sentir aligné, outillé et bien informé. Ici, jetons le micro à des experts, des entrepreneurs et des invités au parcours fort qui partagent des récits vrais et des clés concrètes. Et si les sujets abordés dans Audace te parlent, abonne-toi pour être sûr de ne rien manquer et partage le podcast autour de toi afin de continuer à le faire grandir et rayonner. Bonne écoute ! Bonjour Marine ! Bonjour ! Merci de m'accorder un petit peu de temps aujourd'hui. Avec plaisir ! J'ai envie de parler avec toi de postpartum, d'émotions, de baby clash. Mais avant toute chose, est-ce que je peux te demander s'il te plaît de te présenter ? Oui,
- Speaker #1
je m'appelle Marine Gheus. Je suis psychologue spécialisée en thérapie brève et périnatalité. Je travaille au centre périnatal du Brabant-Ouallon en Belgique. Je suis maman de deux enfants de 4 et 15 mois et mariée.
- Speaker #0
Voilà. Quel est donc ton rôle au sein du centre périnatal ? Tu exerces en tant que psychologue ?
- Speaker #1
Ouais. En fait, en tant que psychologue, on est amené à avoir pas mal de profils. Après, moi, la mission... que je me mets dans le centre, c'est d'essayer de lancer un maximum les suivis dans le postpartum direct, donc vraiment dans le mois qui suit l'accouchement, parce que je remarque que c'est un moment où on n'a pas vraiment... la capacité ou l'envie de faire cette démarche. Mais par contre, c'est un moment où on en a vraiment très fort besoin. Donc ça, c'est un truc dont je discute pas mal avec des collègues pour éventuellement installer ça à domicile aussi, ce qui serait hyper précieux.
- Speaker #0
Parce que tu te rends compte que les gens ont du mal à venir jusqu'au centre ?
- Speaker #1
Il y a quand même une forme de pression. Je pense qu'on en parlera, mais il y a une forme de pression qu'on s'impose en tant que maman, parent. Il faut que j'y arrive, il faut que je tienne le coup. Et en fait, quand après une semaine, deux semaines de parentalité, on se dit « en fait, j'aurais besoin d'aide » , parfois c'est hyper culpabilisant. Et donc, je pense que ce n'est même pas le fait de venir au centre. Évidemment, il y a l'aspect « on doit tout déménager avec un bébé, ce n'est pas facile » . Mais il y a aussi tout le côté culpabilité de... En fait, je demande de l'aide alors que je devrais pouvoir gérer ça toute seule. Si je ne m'en sors pas maintenant, ça va être quoi plus tard ?
- Speaker #0
Pourquoi tu as choisi la psycho, toi ?
- Speaker #1
C'était soit ça, soit Instite. Et en fait, j'ai fait un stage en Instite et je me suis vite rendu compte que ce n'était pas ce qui me convenait. J'avais envie d'être dans l'aide aux autres et l'apprentissage. Mais sous quelque forme que ce soit, en fait, en psychologie, on apprend sur soi-même. donc c'est une... Bonne manière d'apprendre aussi. Et en fait, quand j'ai commencé mes études, j'avais envie de travailler. Après un an, j'étais là, je trépignais, je passais mes examens. J'avais vraiment envie d'y être. Et du coup, c'est ça qui a fait que dès que je suis sortie des études, j'ai cherché peut-être six mois s'il n'y avait pas un petit poste magique qui pouvait arriver. Et puis en fait, je me suis lancée en indépendante directement. parce que j'avais envie d'être sur le terrain, d'aider. En fait, je me suis très vite sentie capable d'aider. Et comme très vite, avec les études à l'UNIF, on a pas mal de matière, j'ai fait copier-coller. Je me suis dit, OK, je peux le faire toute seule. Et je ne regrette pas du tout.
- Speaker #0
Et c'est parce que tu es devenue mère que tu t'es tournée vers le post-partum, les couples et tout ça. Oui, c'est pour toi-même.
- Speaker #1
En fait, quand j'ai eu ma fille, je me suis sentie... Alors, je ne dirais pas que j'ai été dans une dépression postpartum ou un gros baby blues. Je ne me reconnais pas trop dans ces termes-là, mais par contre, je me suis sentie très vulnérable. Une vulnérabilité que je ne connaissais pas du tout avant ça. Et vachement seule. Et en fait, je me suis dit, mais mince, toutes les femmes qui accouchent doivent vivre ça. Certainement, il doit y en avoir des milliers et des milliers. Et en fait, je ne les vois pas. Je ne sais pas où elles sont. Et donc, je me suis vraiment dit, en fait, c'est qu'elles ne se manifestent pas. Et donc, il faut que j'aille les chercher. Il faut que j'aille au bon endroit. Et c'est à ce moment-là que j'ai rencontré Morgane, qui a créé le centre. Enfin, que j'ai rencontré, je la connaissais déjà. Mais je lui ai manifesté mon intérêt pour ce sujet-là. Et elle m'a dit, tu sais quoi, je pense à ouvrir un centre dans un an. Et donc, je me suis dit, OK, c'est bon, les planètes se sont alignées. Et en fait, c'est vraiment ma place. À chaque fois que j'accompagne une maman, je me sens trop bien de pouvoir être là, à ce moment-là de leur vie. Je trouve ça précieux.
- Speaker #0
Jump on dans le vide du sujet, le postpartum. Le mot postpartum, ça recouvre énormément de réalités très différentes. Comment toi, tu le décrirais en voyant toutes les femmes que tu accompagnes sur le terrain ?
- Speaker #1
Pour toi, c'est quoi le postpartum ? Pour moi... c'est quelque chose déjà de beaucoup plus long que ce qu'on a l'habitude d'entendre dans la théorie. Je trouve que dans l'esprit commun, le postpartum, c'est sur quelques semaines. Mais en fait, le postpartum, ça inclut tout ce qui suit un accouchement. Mais donc, ça peut être de la remise en place au niveau physique. Et ça, ça peut durer parfois même plus d'un an. Ne serait-ce que si on parle de retrouver son corps. Parfois, il y a des femmes qui n'arrivent jamais à le récupérer. Donc pour moi, ça fait encore partie du postpartum. Il y a tout ce qui est bouleversement émotionnel, hormonal, tout ce qu'on connaît très bien. Et puis il y a tout ce qui est charge mentale, tout ce qu'on apprend un peu sur le tas. S'occuper d'un bébé, ce n'est pas un truc inné, ce n'est pas un truc qui est facile ou qu'on peut facilement organiser. C'est plein d'incertitudes, plein de nouveautés et plein de choses vraiment qu'on apprend sur le tas. Et ça, je trouvais ça assez compliqué parce qu'on a beau lire tout ce qu'on veut, En fait, on va avoir un bébé qui ne sera pas celui du livre qu'on a lu. Et donc, on va devoir aller piocher dans tout ce qu'on connaît, tout ce qu'on a vu, tout ce qu'on a appris, tout ce qu'on a entendu. Et puis, notre instinct, évidemment. Et ce que je trouve particulièrement compliqué dans le postpartum, c'est qu'on nous a jamais demandé de faire autant de choses dans notre vie. Je pense, avant d'être maman, on n'a jamais découvert réellement ce qu'était le sens de charge mentale au sens propre. et au moment où le bébé arrive en fait on est... complètement submergée de mille et une choses. Et en plus de ça, c'est le moment de notre vie où on est le plus vulnérable émotionnellement et souvent le plus fatigué. Et donc, en fait, on va nous demander de gérer plus de choses avec moins de ressources. Et je trouve que c'est ça qui fait que, généralement, il y a cette inégalité qui nous rend super vulnérables. Donc, pour moi, le postpartum, c'est vraiment tout ce qui inclut l'après-accouchement, mais ça peut durer d'un jour à plusieurs années. Ça dépend vraiment des femmes.
- Speaker #0
Ça peut durer trop longtemps. trois ans. C'est Anna Roy qui dit ça. Oui,
- Speaker #1
parce qu'on considère que le corps se remet réellement vraiment au sens biologique du terme. C'est après trois ans qu'on revient à une norme par enfant, au niveau hormonal où il y a encore plein de changements hormonaux qui sont évidemment moins importants qu'au tout début. Mais il y a encore des changements hormonaux qui s'opèrent pendant plusieurs années après.
- Speaker #0
Parlons-en justement. Comment les changements hormonaux jouent sur le vécu Merci. émotionnel d'une jeune maman dans les premières semaines après l'accouchement. Cette chute d'hormones, tu vois, le baby blues comme on l'appelle.
- Speaker #1
En fait, la chute d'hormones, c'est pour entrer un peu dans les détails scientifiques, la chute d'hormones, c'est vraiment les heures juste après l'accouchement où il y a la progestérone et les oestrogènes, les hormones de grossesse qui vont descendre, mais en chute libre. Vraiment, ça va être hyper violent et c'est généralement comme tu dis, ça qui va créer la sensation de baby blues et donc une irritabilité extrême, une fatigue émotionnelle, parfois le sentiment d'être vide comme ça, de se sentir super seule. Il y a vraiment ce gros gros bouleversement hormonal, on parle souvent de ces quelques heures, quelques jours qui suivent l'accouchement. mais par contre il y a aussi tout ce qui est euh... L'hormone de la prolactine qui va mettre en place l'allaitement et qui va augmenter petit à petit. Il y a l'ocytocine aussi qui est là pour permettre l'attachement avec son bébé.
- Speaker #0
L'hormone de l'amour, du bonheur.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et en fait, c'est pour ça qu'on parle souvent de chute hormonale. Et moi, j'aime bien recadrer en disant qu'il y a un bouleversement hormonal qui s'opère. Ce n'est pas juste pendant deux, trois jours où tu as tes hormones qui chutent et puis il n'y a plus rien. Non, il y a vraiment un bouleversement hormonal. Il y a tout qui revient. Même pas encore à la normale, en fait. On est d'abord dans un gros changement où il y a tout qui essaye de trouver sa place. Et puis après, on va petit à petit rééquilibrer les choses. Mais ça, ça met énormément de temps. Et donc, c'est tout à fait normal que dans les jours, les semaines, les mois qui suivent un accouchement, on se sente débordé et un peu démuni émotionnellement.
- Speaker #0
À quel moment on peut... parler ou on peut évoquer la dépression du postpartum. C'est deux choses bien distinctes.
- Speaker #1
Après, moi, je prends toujours ça avec des pincettes parce que c'est avant tout une question de ressenti. Dans la théorie, on dit que le baby blues et la dépression postpartum se différencient au niveau de la durée, de l'intensité et de l'impact global sur le quotidien. Dans la durée, Baby Blues va être évidemment beaucoup plus court et donc on va aller jusqu'à six semaines, plus ou moins quelque chose comme ça. Dans la dépression postpartum, et ça arrive vraiment dans les jours qui suivent l'accouchement, la dépression postpartum, ça peut arriver jusqu'à un an après la naissance de l'enfant.
- Speaker #0
Elle peut apparaître un an plus tard.
- Speaker #1
Oui, c'est ça. Et ça, je trouve qu'on ne le sait pas.
- Speaker #0
Hop, dépression postpartum. Peut-être aussi à leur reprise du travail.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de mamans qui viennent me voir et qui me disent « je ne sais pas ce que je vis, mais là, mon bébé a 10 mois, donc ça ne peut pas être ça » . Et en fait, si, c'est carrément ça. C'est juste qu'on ne le connaît pas assez. Une image que j'utilise souvent pour savoir reconnaître un peu les deux, c'est Baby Blue. Je ne sais pas si tu as vu le film Vice Versa.
- Speaker #0
Non.
- Speaker #1
Donc on est dans la tête d'une petite fille, une ado, c'est un truc Disney, donc n'importe qui peut voir ça, ou Pixar, je sais plus. Mais bref, on voit à l'intérieur du cerveau avec toutes les émotions qu'ils vont appuyer sur une grande table des commandes comme ça avec plein de boutons. Le Baby Blues pour moi c'est, il y a quelqu'un qui appuie sur tous les boutons. Tu vois, il y a vraiment tout qui part en cacahuètes et tu sais plus où donner de la tête et t'as vraiment l'impression qu'il y a un truc qui vient de submerger, tu sais pas quoi faire. Mais du coup, je trouve qu'il y a un peu un côté irrationnel qui fait que tu arrives à te dire,
- Speaker #0
oui, ce n'est pas normal,
- Speaker #1
ce n'est pas possible que ma vie, ce soit ça maintenant. Et donc, je trouve qu'il y a un peu ce côté. extrême où tu sais que t'es dans le dur ça n'empêche que c'est super compliqué mais tu te doutes bien que ça va passer dans la dépression postpartum il y a un peu ce côté je sais pas combien de temps ça va durer moi je compare vraiment ça parce que moi je me retrouve fort là-dedans je compare vraiment ça, tu vois quand t'as un objectif sur le long terme vraiment t'apprends à courir pour un marathon pendant 2-3 ans ou t'as un projet au boulot et puis ton objectif est réalisé et puis tu te retrouves là un peu genre Merci.
- Speaker #0
À quoi je sors ?
- Speaker #1
Ok, du coup, je vais faire quoi ? Tu te sens vide parce que tu n'as plus de projet. Tu rentres chez toi, tu n'as plus vraiment d'idée de ce que tu vas faire. Tu te sens triste potentiellement parce que c'est passé et que c'était un chouette moment. Et donc, tu vois, moi, je vois vraiment ça comme cette redescente de... Il n'y a rien qui se passe, en fait. Je ne suis pas bien. Je sais que je ne suis pas bien, mais je ne sais pas pourquoi. Je n'arrive pas trop à identifier. Je ne trouve pas de sens à ce que je veux faire. Ça, c'est vraiment les deux images que j'utilise pour... dire à une maman, ok, dans quoi est-ce que tu te situes plus ? Et je trouve que c'est beaucoup plus intéressant de voir les choses comme ça qu'en disant, ok, t'es à combien de temps post-partum ? Ton bébé, il a quel âge ? Comment ça se passe, quoi ? Et donc, avant toute chose, je dis toujours aux mamans que c'est important de faire attention à leurs propres sensations parce qu'en fait, parfois, il y a des mamans qui vont être submergées après deux jours après leur accouchement en disant, en fait, là, j'ai besoin d'aide. Je ne sais pas si c'est Baby Blues, dépression, je m'en fous, je veux de l'aide maintenant. Et puis des femmes qui... vont être en dépression pendant des mois et qui, en fait, se diront, j'ai les ressources chez moi, je sais ce que je dois faire, je sais que ça va passer, je vais trouver les ressources en moi ou dans mon compagnon, dans mes amis. Et en fait, si elles ne ressentent pas le besoin, je ne vais pas les forcer. Et donc, je trouve parfois que quand on met le mot dépression sur quelque chose, on va se dire, ok, du coup, elle doit aller voir un psy ou elle doit d'office se faire aider. En fait, parfois pas. Et parfois, le baby blues qui est... quelque chose de base purement hormonale, on peut avoir besoin d'aide. Et peut-être que ce sera sur deux jours. Mais si tu en as besoin, je suis là. Oui,
- Speaker #0
pas banaliser aussi le baby-boos. Oui,
- Speaker #1
évidemment, c'est super compliqué.
- Speaker #0
La survigilance. Tu vois, au début, quand tu accouches, il y a certaines mamans qui sont vraiment survigilantes. C'est un des symptômes à être attentif, ou le manque de sommeil. Est-ce qu'il y a des symptômes qu'on pourrait peut-être un peu répertorier pour des mamans qui se disent est-ce que je serais... pas un peu dans une phase dépressive ou de baby blues ?
- Speaker #1
Le premier signal qui est le plus évident, c'est quand on a du mal à créer du lien avec son bébé. Dans une dépression postpartum, on va être presque dans une forme de rejet. Ce n'est pas forcément un rejet, je n'aime pas mon enfant, mais c'est plus, en fait, là, tu me demandes trop par rapport à ce que je peux te donner et c'est irritant. C'est vraiment comme si on avait une migraine et qu'il y avait une alarme qui tambourinait dans notre tête à un moment. Quelle que soit cette alarme, que ce soit notre bébé, le voisin, peu importe, on veut que ça s'arrête. Et donc ça, c'est vraiment le premier symptôme auquel on fait attention. Et puis après, il y a vraiment, comme tu disais, ce côté un peu morose, quête de sens. Je me sens un peu vraiment comme si on était sur off, en fait.
- Speaker #0
C'est l'ombre de moi-même.
- Speaker #1
Ouais, je suis en mode automatique et j'attends que ça passe. Et je ne sais pas comment je vais faire pour que ça passe, mais je sais que je ne suis pas bien. je ne suis pas heureuse et je n'arrive pas à trouver ce qui me fait du bien. Je pense que les gens savent à quoi ressemble une dépression. La dépression postpartum, c'est la même chose, sauf que ça va être lié à l'aspect parentalité de la chose.
- Speaker #0
Oui, tu dis, j'ai tout pour être heureuse, j'ai mon bébé qui va bien, j'ai ma famille, je reprends le boulot. Tu sens qu'il y a un truc qui dit, peut-être que c'est l'occasion de consulter, même si c'est préventif.
- Speaker #1
Et en plus... Je trouve que cette phrase, j'ai tout pour être heureux, elle est aussi culpabilisante en soi.
- Speaker #0
Parlons-en des pressions les plus fréquentes de la famille, du couple, de la CT ou de soi-même. Cette charge mentale, cette culpabilité.
- Speaker #1
C'est impressionnant. Je trouve que s'il doit y avoir un gros cap à passer à ce niveau-là dans la société, c'est par rapport à la pression. En fait, je ne saurais même pas dire. Je trouve qu'on s'inflige à soi-même, mais parce qu'aussi à l'extérieur, on nous en met une... Tu regardes les pubs pour l'allaitement, on a tous un Tati Yvonne qui va nous dire « Ah, t'allaites pas, c'est dommage » . On a tous ça et ça ne s'arrête pas. J'ai l'impression que de génération en génération, on n'apprend pas de ça. Nos mamans, grands-mamans, elles ont déjà été mamans, elles savent ce que c'est de recevoir de la pression à ce moment-là et pourtant ça reste. Et je trouve que ce qui a évolué, et c'est presque même plus... plus dangereux ou culpabilisant, et je mets ça entre gros guillemets, c'est qu'avant, on était plus dans des remarques frontales. « Oh, t'allais pas, mais dis, ça c'est vraiment pas bon pour ton bébé. » Mais du coup, on pouvait un peu réagir. « Fous-moi la paix, j'ai pas envie de savoir ce que tu penses. » Maintenant, on est plus dans des... Des remarques un peu insidieuses comme ça, tu vois, genre. T'as des décisions, mais moi, je ne sais pas si j'aurais fait comme ça. Tu vois, j'ai lu dans un livre. Bon, après, je me tais parce que tu vois, tu vois ça. On l'a toute eu, cette personne qui nous a dit un truc qu'on ne voulait pas savoir et puis qui dit mais voilà, c'est ta décision. Et ça, je trouve ça horrible parce qu'en fait, cette personne te laisse avec ça, qui est passé un peu sous le coup de la gentillesse. Donc, tu ne peux même pas l'envoyer bouler. Et en fait, t'es là. En fait, ça te fait culpabiliser parce que ça reste une remarque. Et ça, je trouve ça affligeant de voir à quel point c'est encore présent.
- Speaker #0
Oui, on dit aussi qu'il faut un village pour éduquer un enfant. D'ailleurs, au centre périnatal, c'est ce que vous offrez, pas un village familial, je vais dire, mais plutôt une multitude de spécialistes autour de la parentalité et aussi d'autres parents qui vivent les mêmes choses. des moments peu simultané. Et notamment aussi sur le blog Nobody Told Me de Doowoo, ils proposent aussi des articles pour amener de l'information et des témoignages. Je trouve ça assez important à avoir. En fait,
- Speaker #1
parce que ça fait de l'information.
- Speaker #0
Oui, l'information et on n'est pas seul en fait.
- Speaker #1
Au plus on sait, au mieux on peut gérer. Ça ne veut pas dire qu'on va gérer d'office, mais ça veut dire qu'on va se reconnaître dans un truc. On va se dire, OK, s'il y a un article qui est écrit là-dessus, c'est que je ne suis pas seule. On n'a pas écrit un article que pour moi. Et donc, rien que ça, je trouve ça super rassurant.
- Speaker #0
Je suis d'accord. On a parlé de ce bouleversement hormonal, mais aussi émotionnel. Est-ce qu'il faut s'y préparer ? À tout prix, ça va m'arriver. OK, je sais ce que c'est. C'est le baby... C'est le baby... Comment on dit ? Baby... Baby blues. après du baby clash c'est le baby blues ou justement est-ce qu'il faut apprendre à l'accueillir et dire voilà je m'y prépare ou je l'accueille ou les deux je pense que ça dépend un peu la personnalité de chacun oui déjà à
- Speaker #1
mon sens je pense que c'est important de s'informer parce que comme on disait juste avant au plus on s'informe au plus au moment où on le vit on se dit ok c'est normal Donc je sais, un, ce que je peux faire si j'ai lu des articles qui m'expliquaient ce que je pouvais faire. Mais au-delà de ça, si j'ai juste lu des informations sur le sujet, je sais me dire que je ne suis pas toute seule sur mon iceberg en mode, ok, je vis un truc inédit. Et donc l'information, pour moi, c'est une manière de se préparer. Et c'est une manière d'arriver à passer dans l'acceptation plus rapidement. Donc... Si une maman n'a pas envie de s'y préparer, je ne la forcerai pas. Mais je trouve que c'est intéressant de savoir, au moins, de délier un peu les langues à ce niveau-là pour se dire que c'est normal. Juste ça.
- Speaker #0
Baby clash, justement. Parlons-en. Pourquoi, selon toi, le postpartum est-il une période si sensible pour le couple ? Et qu'est-ce que le, entre guillemets, baby clash exactement ?
- Speaker #1
Exactement, il a plein de force. Mais le baby clash, c'est une forme d'éloignement que le couple peut ressentir après l'arrivée d'un bébé. Ça peut être éloignement physique, émotionnel, se sentir incompris de l'autre, avoir le sentiment que la communication ne se passe plus comme avant, qu'on ne trouve pas de moment pour soi. Et c'est assez évident que ce terme a un nom. Et que ça arrive souvent, parce qu'en fait, quand il y a un bébé qui arrive sur un équilibre qui était déjà présent, ça fait un peu tomber tout le plateau et il faut remettre les pièces au bon endroit pour que ça reprenne un équilibre. Après, oui, ça prend toujours différentes formes. Certains couples ne vont pas avoir les mêmes besoins non plus. Et donc, un couple qui, par exemple, n'a plus de relation sexuelle va se dire « on est hyper distant » , alors que d'autres vont se dire « non, non, moi, relation intime, c'est pas grave du tout » . Par contre, si on n'arrive plus à communiquer, c'est méga grave. Ça, ça va vraiment dépendre d'un couple à l'autre. Mais je parlerais vraiment de cette forme d'éloignement qu'un couple peut ressentir. À n'importe quel niveau, c'est vraiment se dire, OK, on était une équipe et on l'est plus.
- Speaker #0
Et ça peut se revenir plus tard dans la parentale. Oui, bien sûr. Surtout à l'arrivée du bébé.
- Speaker #1
Non, non, ça arrive souvent à l'arrivée d'un bébé parce que c'est à ce moment-là qu'on est tous plus vulnérables. Et c'est généralement à ce moment-là qu'on est le plus fatigué. J'espère en tout cas. Je n'y suis pas encore, mais j'espère. Mais par contre, ça peut arriver plus tard. Il y a tellement de phases dans l'enfance d'un bébé où ça peut partir en vrille et ça peut vraiment nous mettre les nerfs à rude épreuve. Mais je trouve qu'au début, c'est plus important et c'est plus fréquent parce qu'il y a cette fatigue en numéro un. Mais en plus de ça, parce qu'on apprend. C'est à ce moment-là qu'on apprend. Et puis, petit à petit, on va apprendre de nos erreurs et puis on va arriver à trouver une manière de fonctionner.
- Speaker #0
Mais ça peut arriver aussi quand la famille s'agrandit ? Le premier enfant, ça va. Deuxième, ça va. Troisième, ça déséquilibre tout.
- Speaker #1
En fait, oui, c'est à chaque fois que le déséquilibre est présent. Et en fait, un baby clash, on appelle ça un baby clash, mais quand il y a le papa ou la maman qui changent de boulot et qu'en une fois, elle fait des horaires à rallonge, on est dans une forme de clash. Boulot clash. Oui, c'est ça, quoi. C'est un clash aussi.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
C'est juste qu'en fait, c'est à chaque fois retrouver un nouvel équilibre. C'est juste que... Le boulot, a priori, c'est une pièce qui pèse un peu moins lourd et donc l'équilibre va se retrouver plus facilement. Un bébé, c'est une bonne pièce bien lourde qu'il faut arriver à placer sur son plateau.
- Speaker #0
Est-ce que tu as des tips, des exercices ou des recommandations pour les couples qui perdent la connexion et qui perdent leur communication ?
- Speaker #1
Pour moi, la communication, c'est le plus important. C'est vraiment ça qui va permettre de mettre le doigt sur les choses qui ne vont pas et de trouver des solutions. Pour travailler sur sa communication, il y a plein de choses à faire. Je pense que la première chose, c'est arriver à partir du principe. Et ça, je l'ai dit dans une de mes vidéos sur Insta. Oui,
- Speaker #0
elle est hyper active sur les réseaux sociaux. Je mettrai les coordonnées en description. Trop bien. Je fais des petites vidéos. Oui, super éducative. C'est vraiment chouette. Oui, voilà. C'est le but. Donc, tant mieux.
- Speaker #1
Et donc, je me perds. Oui, je disais que pour travailler sur la communication, la première chose, c'est arriver à... ne pas partir du principe que l'autre pense comme nous ou réagit comme nous. Parce que du coup, on va adopter des attitudes ou des solutions qui ne seront pas adaptées. En fait, si mon mari rentre du boulot et qu'il est un peu moins souriant que d'habitude, je vais me dire « Oh mince, qu'est-ce que j'ai fait ? Oh mince, j'ai peut-être pas envoyé de message au bon moment ou il s'attendait à un truc et je ne l'ai pas fait. » Et donc, je vais directement lui dire « Est-ce qu'on peut parler ? » parce que je ne sais pas ce que j'ai fait de mal. Il va être là en mode, en fait, juste j'ai passé une mauvaise journée et là, je n'ai juste pas envie qu'on me pose des questions sur ce que tu as fait de mal alors que ce n'est pas du tout le sujet. Et donc, là, c'est un exemple type de, il a une réaction et moi, je vais l'interpréter à travers mon propre prisme et du coup, je ne vais pas du tout adopter la bonne attitude. Et donc, ça, c'est la base, c'est arriver à se dire, OK, avant de tirer n'importe quelle conclusion, je pose la question. Qu'est-ce qu'il y a ? Je trouve que tu as l'air un peu moins gay aujourd'hui. Il y a quelque chose qui ne va pas ? Est-ce que je peux faire quelque chose ? Et donc, arriver à prendre les bonnes infos, et puis sur base de la bonne hypothèse, parce que la personne m'a répondu, je peux demander déjà quelles sont les bonnes solutions selon lui, et puis les mettre en place. Généralement, les gens qui... Il y a vraiment beaucoup de gens qui font ça, mais les gens qui mésinterprètent les choses, c'est des personnes qui sont de bonne volonté, parce qu'elles vont essayer de mettre des choses en place, mais ce ne sera pas les bonnes. Donc, autant mettre les bonnes directement en posant juste deux questions.
- Speaker #0
Et si ça va plus loin que ça, que l'un ou l'autre ne supporte plus ?
- Speaker #1
Dans certains cas, il y a séparation. Mais ici, je parle plus des situations extrêmes où il y a vraiment un problème.
- Speaker #0
Peut-être s'isoler ou se consacrer du temps au couple. Prendre le site. Je ne sais pas.
- Speaker #1
Il y a des choses bateau arriver à... format tout qui sont très utiles, évidemment, mais arriver à prendre du temps pour soi, se départir ensemble, c'est ça. Parfois, ce n'est pas évident, mais parfois, ce n'est plus la solution parce qu'en fait, ça a déjà été trop loin. En fait, dans la majorité des cas, je trouve que c'est important de se dire s'il n'y a pas une grosse difficulté ou vraiment un truc... qui semble insurmontable, enfant ou pas enfant. Moi, je trouve que c'est intéressant d'attendre de voir...
- Speaker #0
jusqu'au moment de l'enfant qui vient naître. Parce que généralement, c'est ce moment-là.
- Speaker #1
La première année, pas de prendre de grandes décisions. Au niveau du mariage, du couple. Oui, c'est ça. Du boulot. C'est ce que je dis. Oui,
- Speaker #0
oui.
- Speaker #1
C'est ce qu'on dit en chamboulant, qu'on a envie souvent de prendre une grande décision, mais ce n'est pas forcément le meilleur moment.
- Speaker #0
Non, ce n'est pas le meilleur moment. Après, ça ne veut pas dire que dans des situations extrêmes, il ne faut pas le faire. Mais c'est intéressant de... se poser cette question et se dire « Ok, en fait, notre petit, il a trois mois, il ne se supporte plus. » Mais en fait, c'est peut-être parce qu'on est fatigué, parce qu'on est irritable, parce qu'on ne se dit plus suffisamment qu'on s'aime, parce qu'en fait, on est en train de changer une couche, parce qu'on ne voit plus le positif, parce qu'on n'a plus de temps pour soi. Et du coup, parfois, c'est intéressant en couple, et ça peut vraiment être un exercice chouette à faire en couple, mais de se dire « Ok, on met par écrit quels sont nos besoins, quelles sont nos limites, de quoi on a besoin en venant de l'autre pour le moment. On met ça en commun. Et au moins, on parle le même langage. Parce que parfois, et en fait même très souvent, ce qui bloque, c'est qu'on ne parle plus le même langage. Parce que quand on va être fatigué, il y en a un qui va être hyper colérique et l'autre qui va être tout le temps triste. En fait, ça bloque à un moment. Et donc, ça va être « Arrête de chialer, ça me saoule. » Et puis l'autre, « Oui, mais tu fais que me gueuler dessus. » Ok, du coup, quels sont tes besoins ? Quelles sont tes limites ? Qu'est-ce que je peux mettre en place pour t'aider ? Pour m'aider moi-même aussi. dans 95% des cas, ça c'est se délier comme ça. Après, il faut que chacun ait envie de le faire et chacun ait envie que ça aille mieux.
- Speaker #1
C'est un choix. Chaque jour, on choisit d'être ensemble. On se dit qu'on marie régulièrement. On choisit. Je ne subis pas. Pourquoi beaucoup de femmes disent, enfin je ne sais pas si elles te le rapportent à toi, tu me diras, mais que leur propre rapport à leur mère, à leur propre mère, change après l'accouchement. Quand elles deviennent mères, La relation avec sa propre mère ou avec sa belle-mère éventuellement change. Tu remarques ça ?
- Speaker #0
Ce n'est pas le sujet que j'ai le plus souvent. Par contre, je le remarque. Je l'ai remarqué pour moi.
- Speaker #1
Moi aussi, je l'ai remarqué pour moi.
- Speaker #0
En fait, moi, j'ai vraiment l'impression que ce qui fait que ça change, déjà, c'est qu'on est femme à femme et donc on s'identifie plus facilement. Mais je crois que c'est le rapport aux parents de manière générale. Quand tu deviens toi-même parent, tu es dans une situation où tu te dis « Ok, je comprends enfin ce monde-là. » Et donc, les parents que j'ai toujours admirés, je vais les admirer encore plus parce que je vais me dire « Ah ouais, c'était dur comme ça, ils ont vraiment bien géré » . Et au contraire, les parents qui vont être dans de la violence infantile ou ce genre de choses, on va être là « Mais comment c'est possible ? Qu'est-ce que ça arrive ? » . Et donc, je pense que souvent, on s'identifie aux parents du même sexe que nous. Mais moi, dans mon expérience, quand je suis devenue maman de deux enfants, comme mes parents, parce que j'ai un petit frère, on a vraiment quasiment le même écart que mes enfants. J'ai vraiment vu mes parents comme, en fait, c'est des dieux, quoi. Vraiment, genre. Je me disais, vraiment, ils ont vécu ce que je suis en train de vivre maintenant, qui est hyper compliqué. Et ils l'ont fait toujours avec de la bienveillance, toujours avec de l'amour, de la patience, de la communication. Et du coup, oui, mon rapport à eux a changé de manière positive parce que, en fait, là, je vois ce qu'ils ont vécu. Et je me dis, waouh, vous êtes passés au-dessus de toutes ces difficultés. Pour nous, en fait. Pour moi et mon petit frère, quoi. Et pour leur couple et pour tout ce qu'il faut. Mais je pense que c'est ça qui change très fort. C'est le regard qu'on a sur les choses qu'on voyait déjà positivement. On va les voir beaucoup plus positivement. Et négativement, ça va être encore pire, quoi.
- Speaker #1
Le postpartum, c'est aussi une vraie déconnexion avec sa vie d'avant. Comment réapprivoiser son quotidien ?
- Speaker #0
C'est pas facile.
- Speaker #1
La reprise du boulot, parfois, tu te sens...
- Speaker #0
C'est pas facile. Non, non,
- Speaker #1
tout ça.
- Speaker #0
Moi, j'aime bien utiliser des termes plus comme réadaptation, parce qu'on parle souvent de déconnexion, de changement, de changement à 180 degrés. Et en fait, je trouve que ça fait super peur parce que tu dis « Ok, mais pourquoi je fais un enfant alors ? » Parce que généralement, les couples qui ont un enfant, c'est parce qu'ils aiment leur vie, parce qu'ils sont bien ensemble et donc ils n'ont peut-être pas envie de se déconnecter de leur vie. Et donc j'aime bien plus parler de réadaptation, d'amélioration, de petits changements mais positifs. Alors on ajoute quelque chose en plus. Comment s'adapter ? En fait, je pense que ce qui est super important, c'est de ne pas vouloir faire un copier-coller de ce qu'on avait avant parce que c'est impossible. On a des responsabilités en plus, on a du sommeil en moins, on a des émotions différentes. Je pense qu'il y a certains couples, certains parents qui se perdent un peu dans « Ouais, mais avant, on sortait trois fois par semaine. Pourquoi on le fait plus maintenant ? » ou « Oui, mais avant, je pouvais faire mon sport tranquille et maintenant, je peux plus. » Et le problème, c'est que ça engendre plein de frustration parce qu'on essaye de viser un truc qui n'est plus possible. Pareil pour le boulot. Avant, on avait très envie d'être au boulot de 7h à 21h parce qu'on n'avait que ça et on avait de l'énergie à mettre là-dedans. Là, on n'a peut-être plus envie. Dans ces cas-là, ce que je conseille, c'est vraiment de se dire qu'on avait des choses qu'on appréciait vraiment, mettons-les sur papier ensemble et voyons comment est-ce qu'on peut les mettre en place pour être le moins chamboulé possible à ce niveau-là. J'en vante, mais on adorait se faire deux repas avec nos amis par semaine. Ok, on peut les garder, mais on va juste essayer de peut-être les faire chez nous dans un premier temps pour que le bébé ne soit pas trop perturbé, ou on va les faire dans des endroits plus calmes, ou on va les finir plus tôt, ou les commencer plus tôt. Et par contre, peut-être que, oui, ma sortie paddle du dimanche, j'y tiens, mais pas plus que ça. Ok, du coup, je la remettrai en place dans quelques mois quand tout sera remis en place, quand on aura trouvé notre nouvel équilibre. et donc c'est J'aime bien me dire qu'on s'inspire de ce qu'on avait avant et de ce qu'on aimait avant, plutôt que de se dire qu'on essaie de retrouver absolument ce qu'on avait. Ce qu'on n'aura plus jamais, ce sera mieux. Ce sera beaucoup mieux.
- Speaker #1
Les femmes souvent se reconvertissent. Tu remarques ça ? Après l'arrivée d'un enfant, des enfants ?
- Speaker #0
Je pense que le nouveau, c'est en rapport aux priorités qui changent. Il y a beaucoup de femmes qui, avant de devenir maman, sont très working girls, ont envie de... de tout mettre. Normal, en fait, quand on a de l'énergie et qu'on a un chouette projet, souvent, c'est le boulot ou parfois, c'est un truc artistique, mais on met tout dedans. Là, on a une petite boule d'amour qui arrive. On a juste envie que ce soit, lui, le centre de notre monde. Et donc, on va juste devoir changer les perspectives. Et souvent, quand on est dans un travail où on nous demande beaucoup plus d'heures, où il y a notre collègue qui nous embête un peu parce que on n'a pas fini en temps et en heure, ou que Il va y avoir des disputes entre collègues. On est un peu là. Très peu pour moi. Je n'ai plus envie de ça dans ma vie. Là, il y a mon bébé qui a un rhume. C'est beaucoup plus important. Parce que c'est arrivé à l'heure à la crèche. C'est là que je m'attends. Et donc, les priorités changent. Et donc, tout ce qui était important avant ne l'est plus forcément. Et donc, là où avant, on pouvait se donner corps et âme pour un projet. Ici, le projet va peut-être nous sembler hyper futile. Parce que... Comme tu dis, à la crèche, il vient de faire sa familiarisation. Et en fait, je veux être là à 4h45. Je veux être là, même si c'est à 4h que je dois y être. Et donc, je pense que les reconversions, elles viennent surtout de ce manque de liberté qu'on peut avoir dans un boulot et qu'on veut trouver parce qu'on veut avoir de la liberté pour s'occuper de nos enfants.
- Speaker #1
Absolument. Beaucoup de femmes vivent des changements physiques importants après l'accouchement. Donc, on parle de prise de poids, bien sûr, cicatrices. si césarienne ou épisiotomie, etc. Les seins, la peau, tout change. Comment tu accompagnes-toi à ce rapport au corps ? Ça peut être très bouleversant pour certaines femmes, complexant.
- Speaker #0
C'est un sujet qui me touche beaucoup parce que c'est un des trucs qui a été le plus dur pour moi. Et donc, dans mes suivis, je m'autorise à faire des choses Je m'auto-aide aussi en permanence quand je crée des solutions, quand je réfléchis à des solutions pour des mamans qui vivent ça. Je suis moi-même dans ma thérapie. Elles ne le voient pas, mais j'avance dans ma thérapie aussi. Dans un premier temps, il y a déjà ce corps qu'il faut apprivoiser, mais dans un temps défini. Quand tu viens d'accoucher, ton corps, il est encore changé pendant un petit temps naturellement sans que tu fasses rien. généralement on dit que c'est 9 mois pour retrouver ton corps d'avant. Je trouve que c'est un petit peu optimiste parce qu'en fait, ton corps d'avant, tu pourrais ne jamais le récupérer pour plein de raisons. Mais voilà, comme ça, il y a une idée de, avant ça, ça ne sert à rien de mettre trop de trucs en place parce que mon corps va encore évoluer tout seul. Donc là, c'est plus une phase où je les accompagne pour qu'elles puissent se dire, ok, c'est provisoire, je me concentre sur plein d'autres choses qui vont bien dans ma vie, je me concentre sur mon bébé, sur la reprise du boulot, etc. Et puis, une fois que le corps arrive doucement à sa nouvelle forme, on va dire qu'on parle de plasticine, une fois qu'il arrive à sa nouvelle forme, à ce moment-là, c'est essayer de mettre en place des choses pour cibler le problème. Si c'est une perte de poids, aller voir une diététicienne, une coach sportive. Si c'est des vergetures, pourquoi pas faire un traitement, j'en sais rien. Il y a tout l'aspect action. Et puis après, une fois qu'on a fait le tour de tout ça et que ça ne marche pas. Il y a toute la phase d'acceptation qui est généralement la plus difficile. Je ne vais pas parler de tout ce qui est chirurgie esthétique ici parce que ça me semble évident que ça peut être une option, mais ça coûte l'air. On n'a pas toute envie de passer par des opérations lourdes, mais c'en est une si ça vous parle. mais du coup toute cette phase d'acceptation Moi, généralement, ce que je conseille, c'est déjà de se mettre des défis, mettre notre corps aux défis sportivement. Je vois beaucoup de mamans qui font ça, des photoshoots boudoirs, un peu sexy, on met son corps en valeur. Essayer de se dire, OK, mon corps est une machine que je peux encore utiliser. Ce n'est pas parce qu'il a changé que je ne peux plus rien en faire. Il peut me porter, ici j'ai fait les 20 kilomètres de Bruxelles, c'était... pour moi une consécration parce que je me suis dit ok mon corps peut encore faire ça oui il a des bourrelets que j'avais pas avant oui j'ai des vergetures, bah en fait on s'en fout j'ai couru les 20 km, ça revient quoi et donc il y a tout ce qui est objectif et puis après il y a je trouve qu'il y a tout le côté égoboost toi perso ou le matin tu te lèves tu te forces à te dire 3 choses que t'aimes bien chez toi physique, si c'est le physique qui bloque ou mental si tu sens que c'est mentalement, que tu te sens vulnérable. C'est vraiment forcer le cerveau à chaque fois à transformer le négatif en positif. Et à un moment, le cerveau va se dire « Ok, ça ne sert plus à rien que je lui dise qu'elle est moche, puisque tous les matins, elle me répète l'inverse. » Et donc, c'est vraiment quelque chose qui marche, mais c'est vraiment ces croyances positives. Au plus, on va les dire, au plus, on va les verbaliser. Au plus, à un moment, le cerveau va lâcher prise et se dire « Du coup, ça ne sert plus à rien que j'aille contre ça. » Et ça, ça marche. Je suis encore dans la phase où j'essaye tout, mais ça marche et ça aide. Il y a plein d'options. Autre que juste se dire qu'on est raté et que ça ne fonctionne pas plus jamais.
- Speaker #1
Non, déjà, on est des reines, on a mis au monde.
- Speaker #0
Exactement.
- Speaker #1
S'il te plaît. Pour finir, j'aimerais bien que tu nous cites, si tu peux, quelques ressources que tu recommanderais pour des femmes qui vivent des chamboulements liés à la grossesse et à l'accouchement. Est-ce qu'il y a des soutiens psy que tu recommanderais ou des groupes de parole ? autre, je sais pas, une application, j'en sais rien. Tu recommanderais ?
- Speaker #0
Je crois que c'est vraiment, toute personne va avoir besoin de choses différentes. Moi, je sais que dans ma situation, ce qui m'a beaucoup aidée, c'était mes proches, mon mari, ma famille, mes meilleurs amis. Ça, ça a vraiment été mes grosses ressources, mais il y a plein de personnes qui n'ont pas ces ressources-là chez elles, malheureusement. Dans ces cas-là, il y a tout ce qui est groupe de parole, ça va être Merci. Hyper intéressant pour rencontrer aussi des mamans qui vivent la même chose et donc potentiellement se créer des petites ressources avec qui on va pouvoir partager en dehors aussi.
- Speaker #1
Oui, on a dit le groupe de Paris Natal, il y a le blog de Tolmie.
- Speaker #0
Il y a plein de mamans qui créent du lien juste comme ça.
- Speaker #1
Pour se sentir moins seule. C'est vraiment la mission ici du blog de Tolmie, pour vraiment lier du lien et du contact, se sentir moins seule après de l'information.
- Speaker #0
Il y a évidemment le suivi d'un psychologue. Là, ça va plus être axé... On trouve le problème, on cherche une solution. C'est vraiment plus un travail sur soi. Et puis après, il y a tout ce qui est forum, lecture, les podcasts. C'est fort dans l'air du temps aussi. Et je trouve que ça fait beaucoup de bien parce que tu n'as rien à faire. Tu mets tes écouteurs, tu vas marcher avec la poussette et tu as l'impression qu'il y a quelqu'un qui te dit « T'inquiète, ça va aller, t'inquiète, ça va aller. » C'est super chouette. Et puis, en fait, il y a encore plein de manières de trouver de la ressource.
- Speaker #1
Est-ce que, pour finir, est-ce que tu aurais un message que tu aimerais transmettre à une jeune maman qui traverse une période un peu difficile en silence ou qui n'ose pas en parler ? Première chose, je dirais tout passe un jour.
- Speaker #0
C'est ma meilleure amie qui m'a dit ça un jour où j'étais au bout, vraiment au bout. J'ai ouvert ma porte, j'ai envoyé un message, je ne sais plus, mais j'étais vraiment là, très bordeur. Elle m'a dit, mais tu sais, tout passe un moment, ça va aller mieux. et à un moment, il ne sera pas si petit et il fera ses nuits. Et vraiment, ça m'a fait... J'ai eu l'impression qu'on m'enlevait un poids des épaules parce que jusqu'à présent,
- Speaker #1
j'étais vraiment la tête dans le guidon en mode,
- Speaker #0
mais c'est quand la fin ? C'est quoi le bout du tunnel ? Je veux dormir, je veux récupérer ma vie, je veux pouvoir manger sans personne qui me dérange. Et juste de me dire que tout passait, et tu peux le prendre dans le sens que tu veux parce qu'il y a tout passe, profite, et tout passe, t'inquiète, bientôt c'est fini. Ça, je trouve que c'est une phrase un peu magique. Donc déjà, je dirais ça. Et puis après, t'es pas seule. T'es pas seule. Et je pense que, de nouveau, c'est le but de ce podcast et de tout ce qu'on met en place ici. Je pense vraiment qu'il y a toujours une façon d'être entourée. Toujours. Et quand on se sent seule, parce qu'il y a des mamans plus seules que d'autres, des mamans solo, qui n'ont pas forcément de famille, je dirais qu'en fait, l'aide, on peut la trouver chez... le boulanger, chez une maman qu'on croise au parc,
- Speaker #1
sur un forum. Forcer à aller dehors.
- Speaker #0
C'est ça. Parfois, rien que ça, ça peut être magique. Et je pense aussi que si on arrive à mettre son énergie dans les bonnes choses et par exemple se dire, OK, en fait, mon bébé va peut-être commencer à manger des panades toutes faites parce que je ne suis plus capable de faire des légumes frais et aller au marché tous les jeudis. Ouais, peut-être que ce temps-là, je vais peut-être l'économiser ou cette énergie-là, je vais l'économiser pour contacter quelqu'un ou aller à un groupe de parole. Peut-être qu'au lieu des légumes bio, je vais pouvoir mettre cet argent dans une psychologue, j'en sais rien, mais je crois vraiment que... On a la sensation de ne pas avoir de ressources ou de ne pas en avoir suffisamment, mais qu'on n'a pas tout mis en place. Si on arrive à trier les choses, à se dire je ne mets pas mon énergie là-dedans, je la mets pour trouver de l'aide, je suis sûre qu'on peut trouver. Toujours.
- Speaker #1
Merci beaucoup Marine, c'était plaisant.
- Speaker #0
Tant mieux.
- Speaker #1
Merci pour votre écoute. Cet épisode a été rendu possible grâce au Centre Périnatal du Brabant-Ouallon et au soutien de Doumou, une marque belge engagée. auprès des femmes. Je vous invite à découvrir leur blog Nobody Told Me, une mine d'or de témoignages vrais et puissants sur la maternité et la parentalité. Je mets le lien direct en barre de description. Et si l'épisode vous a touché, pensez à le partager autour de vous et à laisser quelques étoiles sur votre plateforme d'écoute préférée.