- Salomé
Hello à tous, ici Salomé, je suis ingénieure en bâtiment et je suis ravie de vous accueillir sur Officieux, le podcast qui vous livre les confidences de ceux qui fabriquent la ville d'aujourd'hui et de demain. Chaque mercredi, je vous propose d'aller à la rencontre d'archis, de constructeurs, d'investisseurs pour discuter ensemble des tendances qui font bouger le marché. Aujourd'hui, je vous emmène à la rencontre d'un entrepreneur qui a su transformer un garage automobile en un lieu de vie, de travail et de culture. Christophe Levyfve, fondateur de Garage. Sans tout vous dévoiler, Garage est un lieu hybride, le théâtre de moments entre amis, de moments de travail, de moments de communion aussi. Avec Christophe, on a parlé de la genèse de ce projet, des obstacles juridiques et réglementaires qu'il a fallu surmonter, mais aussi de la manière dont il a imaginé un business model innovant dans un secteur en pleine mutation. Au-delà de son parcours entrepreneurial, il partage la philosophie de ce lieu, celle d'un espace vivant, en mouvement, au service des usages et des gens. Une philosophie qui semble bien refléter la personnalité de Christophe. Je vous invite à écouter cet épisode jusqu'au bout, sa manière d'aborder la ville pourrait bien vous inspirer. N'hésitez pas à nous laisser vos commentaires et à lui envoyer un petit mot sur LinkedIn, je suis sûre qu'il sera ravi de vous lire. Je vous mets toutes les informations nécessaires dans les notes de l'épisode. En attendant, je vous souhaite une très bonne écoute ! Bonjour Christophe !
- Christophe
Bonjour Salomé.
- Salomé
Christophe, tout d'abord, je te remercie beaucoup d'avoir accepté mon invitation sur le podcast et je te remercie de me recevoir ici chez Garage. C'est la première fois que j'enregistre dans un container.
- Christophe
Écoute, bienvenue. J'espère que ce sera un bon voyage et que ce container sera une bonne symbolique qui t'emmènera et emmènera notre conversation dans des endroits intéressants.
- Salomé
Alors, tout d'abord, est-ce que tu peux commencer par te présenter, s'il te plaît, et me parler de ton parcours ?
- Christophe
En tout cas, merci de m'accueillir aussi dans ton podcast. Je m'appelle Christophe Levyfve, j'ai 52 ans, je suis un homme du Nord, né à Douai, et donc marié à Cécile depuis maintenant presque 30 ans. Et on a quatre enfants, deux filles et deux garçons, Léa, notre aînée, qui a 24 ans, Augustin qui va avoir 20 ans dans quelques jours, Joséphine qui a 17 ans, Germain qui a 15 ans. Ce que je viens de dire là, c'est ce qu'il y a de plus important dans mes vies, évidemment, mais c'est vraiment l'essentiel. Et puis sinon, d'un point de vue plus professionnel, si un mot me caractérise, c'est peut-être le mot d'entrepreneur, que je définis au travers de deux idées. La première, c'est d'avoir des idées, d'être créatif, de chercher des nouveaux chemins, d'essayer de transformer des... des pépins en pépites ou des problèmes en solution, et d'être acteur, d'être dans l'acte et pas dans le concept. Donc de faire que ces idées puissent d'une manière ou d'une autre devenir la réalité. Et donc Garage, c'est une bonne expression de cette définition de l'entrepreneur, puisque non seulement ça a été une idée forte, mais c'est devenu depuis maintenant plusieurs années une réalité très concrète. Donc c'est une belle illustration de ce que je mets derrière le mot entrepreneur.
- Salomé
Et ta vie avant Garage, parce que Garage c'est 2020, c'est ça ?
- Christophe
L'ouverture de Garage c'est 2020, on y reviendra peut-être, mais avec évidemment une phase 2020 dont tout le monde se souvient, qui n'a pas été très calme, on va dire. Mais ma vie avant ou ma vie pendant aussi d'ailleurs, parce que j'ai d'autres activités, mais en tout cas, depuis 30 ans, je suis engagé dans un certain nombre d'entreprises, et en particulier celle qui m'a occupé Le plus de temps jusqu'à aujourd'hui qui s'appelle Becoming, qui est une société de conseil et de communication dans laquelle je suis arrivé en stage pour la petite histoire il y a 30 ans tout juste, passé quelques mois, et un chef de pub, c'est une fonction commerciale dans une société de communication ayant décidé de quitter l'entreprise pour devenir moine. Je suis resté un peu plus que 6 mois de stage en 1995, ça fait préhistorique. Et puis j'ai repris cette entreprise à ceux qui l'avaient fondée il y a maintenant 13 ans.
- Salomé
D'accord. Donc toi, tu avais fait une école de communication ?
- Christophe
Non, j'ai fait Sciences Po et ensuite j'ai terminé mes études, ce qui ne s'appelait pas SKEMA à l'époque, mais l'ESCL, par un troisième cycle dans cette école. Et c'est dans le cadre de ce troisième cycle que je suis arrivé en stage et en bermuda, l'été dans cette entreprise.
- Salomé
D'accord. Alors, le sujet de l'épisode, c'est Garage. Est-ce que tu peux commencer par m'expliquer ce que c'est ? À Lille, c'est un peu une institution, mais pour quelqu'un qui n'y aurait jamais mis les pieds.
- Christophe
Garage, c'est un théâtre. C'est un théâtre, et donc c'est un lieu, comme tout théâtre. Sa particularité comme lieu, et c'est son point commun avec le théâtre, c'est qu'en fait, on change de décor dans ce lieu 365 jours par an, presque 24 heures sur 24 et 7 jours sur 7, pour que ce qui s'y passe, ce qu'on y vit, quelle que soit la raison pour laquelle on y est venu. Ce soit une formidable expérience et donc ça prend plein de formes. Là aussi, on y reviendra sans doute au fil de notre conversation, qui sont des formes de travail. Il y a des habitants à garage qui travaillent à certains moments de la semaine. Mais comme chacun le sait, un lieu qui ne serait consacré qu'au travail ne serait pas utile tout le temps. Donc, on a complété cette activité tertiaire, cette activité de lieu pour travailler, de plein d'autres activités qui fait que ce théâtre qui est garage est un lieu qui ne dort jamais. Une ville dans la ville quelque part et un endroit où on va pouvoir vivre un tas d'émotions, d'expériences. Je viens de croiser des personnes qui sortaient d'un cours de yoga, ce week-end sur ces mêmes mètres carrés, tu peux voir aujourd'hui des gens travailler, pendant tout le week-end on a vécu à l'heure du Japon et donc on a accueilli plusieurs milliers de clients et de visiteurs. Et donc on a offert aux habitants de la ville et même au-delà des habitants de la ville une sorte de machine à téléporter au Japon et donc d'y vivre une expérience très concrète dans toutes les dimensions culturelles, gastronomiques, sportives. Voilà, et le principe, c'est vraiment de transformer le lieu. C'est pour ça qu'on a créé cette entreprise, qu'on a eu l'idée de cette société, de transformer le lieu pour gâcher le moins de mètres carrés possible et finalement être le plus utile au plus grand nombre.
- Salomé
Est-ce que tu peux juste me redonner la surface du garage, s'il te plaît ?
- Christophe
Ce premier garage, il est sur une surface de 3500 mètres carrés, à peu près sur trois niveaux. Ce qui était important aussi pour nous, c'est que ce soit un lieu hyper centre. Donc là, on est, pour tous ceux qui nous écouteraient, qui connaîtraient un peu moins bien Lille, on est situé boulevard Carnot. Boulevard Carnot, c'est à cinq minutes de la grande place de Lille, c'est à cinq minutes des gares. Et puis des transports en commun, donc c'est un lieu très névralgique, très central. Et pour nous, c'était important. Je pense que même si Garage peut prendre à l'avenir et peut-être ailleurs d'autres formats, la notion de lieu central est importante parce qu'il y a une telle intensité de l'agenda et de l'offre qui est faite. C'est un lieu de destination, ce n'est pas un lieu où on rentre parce que tiens on passe devant naturellement. Donc il faut que la programmation soit à la hauteur des attentes du public, pour tout ce qui est activité grand public, événementiel grand public. Et donc, cet emplacement central, il est important. Et donc, c'est une surface totale de 3500 m² qui est développée sur trois niveaux. Un rez-de-chaussée d'à peu près 2000 m² qui est vraiment le cœur de garage et qui est la partie totalement ERP, nous permettant d'avoir une capacité d'exploitation en termes de largeur de programmation qui est importante. On a un R+1 qui fait à peu près 800 m², dans lequel il y a aussi une partie qui est de cette nature juridique, mais qui est avant tout et surtout dédiée aux habitants et aux entreprises qui travaillent à garage. Et puis on a un R-1 qui est assez proche en termes d'usage du rez-de-chaussée, qui fait à peu près 700 m². Dans lequel il peut se passer plein de choses, mais on a aussi quand même des zones un peu particulières, comme un atelier pour de la cuisine. Enfin voilà, donc c'est structuré au niveau de l'espace de cette manière-là.
- Salomé
Alors justement, d'où est venue cette idée ? Parce que ce n'est quand même pas anodin. Garage, avant, c'était une friche automobile, c'est ça ? Une ancienne concession automobile ?
- Christophe
Oui, pas une friche, mais une concession et un garage en fait.
- Salomé
Et d'où est venue cette idée de Garage ?
- Christophe
L'idée, elle date d'à peu près dix ans. Et donc ce lieu n'existait évidemment pas encore, en tout cas dans la configuration dans laquelle nous on l'exploite aujourd'hui. Mais le point de départ il est assez simple. Donc comme beaucoup de chefs d'entreprise, dans le cadre de mes autres activités, on avait développé une vision qui s'appelait Popcorn chez Becoming. Et cette vision, elle décrivait ce qu'on avait décidé de devenir et de développer entre 2010 et 2020 et euh en 2013 ou 2014, la question s'est posée du lieu de cette entreprise à Lille. Alors elle était déjà, ou elle commençait déjà à s'être développée à Paris et à Bruxelles, mais en tout cas le siège et les racines ont toujours été ici dans le Nord. Et donc s'est posée la question du lieu et j'ai envie de dire... La solution de facilité que je peux évidemment comprendre et qui est celle que décident ou choisissent beaucoup de chefs d'entreprise, c'est un moment de créer une SCI patrimoniale, d'acheter des bureaux et d'installer leur entreprise comme locataire de ces bureaux. Donc j'aurais pu choisir ce chemin. Peut-être qu'il aurait été plus simple, c'est sûr, et peut-être qu'il aurait été aussi à titre personnel et patrimonial plus riche. Mais en tout cas, ce n'est pas le choix qu'on a fait, ce n'est pas le choix que j'ai fait. Et le point de départ qui a amené à l'idée de Garage, c'est vraiment de constater, à l'époque on était dans des bureaux dans le Vieux-Lille, très premium, très sympa, très bien placés, avec un loyer à la hauteur d'un emplacement premium. Et je me suis dit, mais c'est fou ce que ces mètres carrés sont gâchés. Et là on est en 2013-2014, donc on n'a pas encore traversé les années Covid, le télétravail n'a pas pris la dimension qu'il avait pris aujourd'hui, donc on est, on va dire, dans l'ancien monde pré-Covid. Et dans cet ancien monde-là, déjà, l'immobilier tertiaire, c'est un énorme gâchis, puisque dans des entreprises qui sont des entreprises de service, évidemment c'est différent dans l'industrie quand vous avez des gens qui sont fixés à un endroit et qui accomplissent une tâche avec une machine par exemple, donc on ne peut pas déplacer les machines, mais en tout cas dans les people business, dans les métiers qui reposent sur les personnes, les métiers de service. Je me suis dit, et c'était donc notre cas, je me suis dit mais ces bureaux, finalement, quel est le temps vraiment passé par les collaborateurs à utiliser le lieu ? Et si on prend large, on est autour de 15%. Donc tous les mois, c'est comme si...
- Salomé
Ça c'est avant l'ère du télétravail.
- Christophe
Ouais, c'est plus fort encore aujourd'hui. 15% si on comprend l'intégralité de la vie du bâtiment, c'est-à-dire que si on l'intègre la journée complète évidemment, les 7 jours de la semaine, le jour et la nuit, et donc sur cette surface horaire et d'usage, plus que de propriété finalement et de fonction, finalement c'est un énorme gâchis. Donc c'est un peu comme si on... C'est un petit peu comme si l'entreprise achetait un paquet de gâteaux tous les mois, en consommait 15%, payait pleinement le paquet, ou le faisait payer à ses clients indirectement ensuite, en n'en consommant que 15%. Donc c'est ce point de départ qui est l'insight, qui est l'étincelle, qui a fait germer l'idée de garage et la volonté de se dire si on crée un lieu qui n'existe pas, Si on réussissait à l'intensifier en termes d'usage et si on réussissait en fait à être plus responsable vis-à-vis de l'immobilier et avoir un impact vis-à-vis des utilisateurs, vis-à-vis de l'économique, vis-à-vis de l'environnement, vis-à-vis du territoire qui soit plus bénéfique, qui soit meilleur, qui a un meilleur ratio et donc c'est le point de départ de Garage. Ensuite, on a créé cette société, on a travaillé, on a étudié pas mal de pays, de ce qui pouvait exister. On n'a à ce jour et à notre connaissance jamais rien vu ou rencontré qui soit comparable. Et puis après avoir fait ce travail de conception, on s'est lancé dans la recherche d'un premier site pour ouvrir ce premier site à Lille. Et c'est à ce moment-là... vers 2018, 17-18, qu'on a fait l'acquisition de ce site, qui était effectivement et qui a eu une première vie pendant 80 ans de garage, à la marque Peugeot, concession et atelier automobile. Et donc on a décidé de prendre la relève de ce lieu et de lui donner une nouvelle vie. Et pour la petite histoire, en fait, quand on a créé la société, on a décidé de l'appeler Garage, en référence un peu à la symbolique mythique des startups qui ont commencé dans un garage : Disney, Apple et d'autres, bien connues. Et le hasard fait que quand on a décidé, quand on a cherché, quand on a trouvé le premier site pour ouvrir le premier Garage ici à Lille, il se trouve que c'était un ancien garage, mais c'est juste la petite histoire. Et en fait, ce n'est pas parce que c'est un ancien garage que cette société s'appelle Garage.
- Salomé
Quand on a préparé cette interview, Tu m'as parlé de trois phases de développement de Garage, le récit, la réalisation et l'exploitation. Est-ce que tu peux expliquer un petit peu ces phases et surtout ce que tu as appris à chacune de ces étapes.
- Christophe
C'est vrai qu'on a parlé de ces trois étapes. La première, celle du récit, c'est celle de la conception. C'est celle où on imagine une idée et on essaye d'en faire un concept. Donc, d'essayer de l'illustrer, de l'expliquer, de la raconter, puis de la nourrir aussi pour qu'elle ait vraiment du contenu. Ça, c'est la phase peut-être du ou des visionnaires et du ou des incompris. Parce que Garage est inédit, Garage est une entreprise complètement singulière et donc on n'est pas dans la situation où on aurait fait un copier-coller, adapter, améliorer de quelque chose qui existe. Donc, quand vous vous lancez dans une aventure entrepreneuriale et vous créez quelque chose qui n'existe pas, c'est beaucoup d'efforts, de convictions et de pédagogie pour expliquer à toutes les parties prenantes qu'il faut embarquer dans un projet comme ça, ce qu'est ce projet, quel est son intérêt, comment ça va marcher, à quoi ça va ressembler. Et ça l'est d'autant plus au début que vous n'avez pas de matérialisation de l'entreprise, puisque pendant les premières années, ces années et cette première phase dont on parle de récits ou de conception, On ne se raccroche pas encore au premier lieu qui est ici aujourd'hui à Lille avec ce site. Donc on reste assez conceptuel et c'est vrai que c'est une phase où moi j'ai souvent croisé des regards dubitatifs, sans doute de gens qui parfois me prenaient même un peu pour un illuminé.
- Salomé
Ça ne doit pas être facile en plus quand on ne vient pas de l'immobilier. Quelqu'un qui vient de l'immobilier et qui imagine un concept comme ça très hybride, on peut se dire que c'est quelqu'un qui en a vu d'autres, qui a peut-être eu des exemples ailleurs ? Quand on ne vient pas de l'immobilier, ça peut être encore plus compliqué ?
- Christophe
Je ne sais pas si c'est plus compliqué. Moi, je pense qu'en tout cas, pour nous, c'est une chance parce que c'est aussi grâce à ça qu'on a pu... C'est cette citation de Mark Twain. Je ne l'ai plus exactement en tête, mais celle qui dit qu'il ne savait pas que c'était impossible, alors ils l'ont fait. Nous, on est un peu dans cette configuration-là puisqu'il y a plein de choses qu'on ne savait pas impossibles, quand on s'est lancé dans cette aventure. On les a rencontrés ensuite, c'est impossible. Il a fallu les sauter comme autant d'obstacles au fil des mois et des années, des étapes d'après, on va y venir. Mais en tout cas, pour nous, c'est une chance. Et donc, oui, ce n'est pas la phase la plus simple parce que c'est une phase où il faut convaincre. Et puis ensuite, on passe à la phase, la deuxième qui est la phase de réalisation. Donc ça c'est la phase où il a fallu transformer ce lieu, l'acquérir, le transformer, le concevoir, avoir des discussions avec tous les corps de métier, à commencer par l'architecte, qui bien qu'ayant beaucoup de talent, a aussi ses codes, ses routines, ses habitudes d'architecte, Thomas Coldefy. Et donc Thomas, on a beaucoup travaillé avec lui et ses équipes, et je pense qu'il nous a beaucoup aidé. Même si on l'a beaucoup bousculé et on a été très exigeant dans ce qu'on a attendu pour aller chercher des solutions qui n'étaient pas dans ses codes à lui, comme dans les codes des sociétés qui ont participé au chantier et qui l'ont transformé. Donc ça a quand même été une phase de plus de deux ans, de deux ans aussi parce que on est arrivé dans les années Covid et que donc on a pris 8-9 mois de retard dans notre chantier durant toute cette phase au début des années 2020. Mais en tout cas, on a réussi à aboutir à ce lieu et à le rendre le plus proche possible de ce qu'on avait imaginé qu'il soit et dans toutes les dimensions qu'il faut pour que le lieu puisse être exploité et que le garage puisse vivre. Donc, c'est des dimensions juridiques, c'est des dimensions de sécurité, c'est des dimensions vis-à-vis des personnes à mobilité réduite, c'est des dimensions technologiques dans la sécurisation du bâtiment, la façon d'y circuler, les accès. C'est aussi des solutions ingénieuses, comme par exemple pour trouver comment amener de l'électricité à un bureau quand les gens travaillent, qu'il n'y ait aucune prise et donc aucun obstacle au sol, quand les gens ne travaillent pas et que ces mêmes mètres carrés ou ces mêmes mètres carrés sont devenus des mètres carrés pour faire la fête, pour regarder les JO ou pour faire du shopping. Donc ça, ça a été le temps de la réalisation. Et puis depuis la fin des années, fin 2020, la fin de 2020, même si le Covid nous a amenés encore à ouvrir, fermer, en tout cas, on a ouvert fin 2020. Là, on a aussi eu des éléments contextuels avec la transformation du boulevard Carnot à Lille, juste devant chez nous, où pendant 18 mois, on n'avait pas de trottoir, pas de route. Donc quand vous êtes commerçant, ce qui est notre cas, ça ne vous aide pas. Mais en tout cas, on a traversé aussi cet obstacle-là et cette période. Et puis ensuite, on est vraiment en exploitation normale ou normative depuis cette année seulement, avec tous ces obstacles. Et Garage commence à être bien sur ses rails. Tu parlais tout à l'heure d'une institution, alors je trouve le terme un peu trop corporate, j'espère qu'on est plutôt un troublion qui rend service à la cité, qui a son rôle, et qui permet à des gens de vivre une expérience pour travailler qui est augmentée par rapport à des bureaux traditionnels et qui, sous l'angle des bureaux, permet aussi à des entreprises d'habiter à garage ou de faire habiter une partie de leurs équipes, ou d'y habiter de temps en temps, pendant deux ou trois jours, pour y travailler avec une vraie valeur ajoutée économique aussi, au sens de l'économie de l'immobilier. Donc ça, c'est la première façon de travailler ou le premier service que rend Garage et puis ensuite... C'est une dimension très événementielle finalement de ce théâtre qui se transforme et qui fait que tout au long de l'année, on fait vivre au rythme de garage des expériences à des gens qui vont venir pour du sport. Il y a plein d'applications concrètes. L'idée, c'est de créer des moments forts et des émotions et de rendre service et d'être utile.
- Salomé
Et avant de reparler de cette phase d'exploitation, j'imagine que les freins pour créer ce lieu en dehors du Covid, des abords directs du lieu, des travaux qu'il y a pu y avoir autour, il y a dû y avoir d'autres choses un peu costauds, des freins peut-être juridiques, des freins peut-être réglementaires. Comment est-ce que... Alors, quels ont été ces freins et comment est-ce que vous les avez surmontés ?
- Christophe
Il y a plein de réponses à cette question. Alors, si je devais peut-être résumer ou illustrer le propos au travers d'un exemple qui est très iconique de cette question, c'est, j'ai envie de dire, depuis la nuit des temps, l'immobilier est fondé sur une donnée qui est qu'un mètre carré à une destination.
- Salomé
C'est notamment ce à quoi je pensais quand je te posais la question.
- Christophe
Et donc, voilà, c'est comme ça. En tout cas, c'était comme ça, puisqu'on a démontré qu'on pouvait faire autrement. Mais ça reste quand même comme ça dans le reste du monde.
- Salomé
Ça ne doit pas être facile de remplir un contrat d'assurance ?
- Christophe
Alors, c'est l'exemple qui peut être très illustratif de ce point. C'est une commission de sécurité qui, quand elle vous visite pour vous donner l'autorisation d'exploiter le lieu, effectivement, elle a aussi ça comme cadre de lecture et donc à la question du capitaine des pompiers de « mais cette surface, quelle est sa destination ? » et quand la réponse est « ça dépend du jour de la semaine ou de l'heure de la journée » , je vous fais un petit peu caricatural et court, évidemment c'était un peu plus compliqué que ça, mais en tout cas, voilà, c'est pas prévu. Donc ça c'est un bon exemple d'un obstacle qu'on a dû franchir et qui a des impacts à tous les niveaux, puisque ça a des impacts juridiques, ça a des impacts vis-à-vis du bâtiment, ça a des impacts vis-à-vis de la terre, technique et de l'usage, ça a des impacts financiers, parce que par exemple, vu par un public financier, type partenaire bancaire, c'est le même code.
- Salomé
J'aimerais qu'on passe et qu'on parle du business model de Garage. Alors justement, quelles sont les sources de revenus ?
- Christophe
Il y a trois. Garage, c'est un trépied. Le modèle économique de Garage, il est fondé sur trois sources de revenus qui coexistent, qui cohabitent, qu'on essaye de chorégraphier les unes avec les autres pour que l'outil qui est cet endroit unique puisse être utilisé du mieux possible et permettre à chacune de ces activités de s'exprimer quand elles ont besoin de s'exprimer et au moment où elles ont leur public. Et c'est vraiment important de comprendre ça avec Garage par rapport à un tiers-lieu où... Nous, on n'a pas inventé le tiers-lieu. Garage n'a pas inventé le tiers-lieu, évidemment. Et qu'est-ce qui définit un tiers-lieu par rapport à ce qui existait avant le tiers-lieu ? C'est qu'on s'est dit un jour, tiens, finalement, si notre lieu, qui a une fonction unique de type je suis une gare, et si une partie de ces surfaces, on les attribuait à d'autres activités que celles du transport pur et simple des voyageurs, et c'est comme ça que nos gares se sont élargies presque parfois. à ressembler à un petit centre commercial. Mais si vous prenez l'exemple de Paris Nord, les restaurants qui sont dans la gare sont restaurants et uniquement restaurants du 1er janvier au 31 décembre et toute l'année. Et donc, un tiers lieu, c'est un lieu qui va diviser son espace et essayer d'offrir de manière réunie des activités complémentaires mais qui sont réparties sur un espace qui leur appartient. La différence de garage, c'est que c'est l'intégralité du lieu qui peut servir aux trois activités. Et donc ces trois activités c'est quoi ? C'est d'abord travailler. Et donc on a des entreprises qui sont des habitantes de garage et donc qui ont des collaborateurs qui travaillent ici sous un modèle économique de membership. Donc on n'est pas locataire d'un espace ou d'un nombre du bureau, on est titulaire de carte de membre et donc qui correspondent à l'usage qu'on fait du lieu, qui peut aller de l'usage plein, donc j'ai tous les accès toute l'année et tout le temps à un usage partiel. Ça c'est la première dimension et donc on a des habitants permanents, donc des entreprises qui ont décidé d'installer leur équipe ici et l'intégralité de leurs équipes. Et puis ensuite on a des habitants récurrents, qui sont souvent des grandes entreprises comme Decathlon, Boulanger ou des organisations comme Interreg par exemple, décident d'utiliser les bureaux de garage de manière récurrente tous les mois ou plusieurs fois par mois. Et à l'occasion d'un moment, d'un workshop ou un travail qui va revenir par exemple son collaborateur de Décathlon qui vient du monde entier, à 5 minutes des gares, de pouvoir leur offrir un lieu qui est leur pendant 48 heures et qui devient leur HQ, leur quartier général, dans lequel ils peuvent travailler dans les meilleures conditions sans avoir à circuler loin, hors de la ville, à proximité des gares et donc pour optimiser les temps passés dans les transports. Et puis en offrant des conditions de travail qui sont sympas, sous l'œil bienveillant et plein d'affection presque des équipes de garage pour ses habitants. Donc ça c'est la première source de revenus, c'est une source de revenus qui est celle d'entreprises qui utilisent Garage comme outil de travail. La deuxième source de revenus c'est ce qu'on appelle l'événementiel B2B, donc business to business, c'est l'événementiel qui va amener à un moment une entreprise, une marque à utiliser Garage soit à des fins d'une convention par exemple donc Tex Décor par exemple qui est un client de Garage et qui l'année dernière a organisé sa première convention ici pendant plusieurs jours et renouvelle sa confiance à Garage cette année on en est très heureux et très fiers et qui va donc pendant une semaine, habiter le lieu et réunir l'ensemble de ses collaborateurs dans ce lieu pour en faire son siège adapté au moment et une entreprise qui a l'intelligence aussi d'avoir compris qu'elle n'avait pas forcément besoin de ces outils ou de cette surface ou de ce dispositif toute l'année au siège en ayant un amphithéâtre ou en ayant ce genre de choses et donc va venir s'installer ici et le... théâtre qui est garage va changer son décor pour que tes textes décor se sentent comme à la maison. Et donc la semaine dernière, toute la semaine et pour la 4e ou 5e fois, on recevait les équipes d'Interreg. Donc là, il y avait plusieurs centaines de personnes qui ont travaillé ici pendant toutes les semaines venus de quasiment tous les pays d'Europe. C'est aussi notre façon de contribuer au rayonnement de cette ville, de ce territoire, que d'accueillir des organisations internationales pour leur événement ici. Ça, c'est la deuxième branche. J'ai pris deux exemples d'entreprises qui viennent pour travailler, même si c'est fun et festif aussi. Mais on pourrait aussi prendre d'autres exemples d'entreprises qui viennent créer... pendant quelques jours ou quelques semaines une expérience shopping à garage et donc ça reste de l'événementiel B2B puisque nous au final on a un client qui est une entreprise ou une marque même si ça impacte dans les exemples de shopping le grand public puisqu'il y a des clients qui viennent vivre l'expérience, découvrir un nouveau concept de magasin, découvrir des nouveaux produits mais en tout cas voilà ça c'est la deuxième ligne de revenus de garage et puis la troisième ligne de revenus de garage, c'est le grand public, ça prend plein de formes. Alors, soit c'est connecté, pour tirer le fil, avec l'exemple que je citais tout à l'heure, et donc, par exemple, Baby à tout prix, qui est une opération qui est organisée à garage pour la cinquième année consécutive, est tournée autour des enfants, de la famille, et donc, pendant trois jours, en fait, il y a un certain nombre de marques, d'indépendants, d'artisans qui se réunissent ici sur cette thématique. C'est 3000 visiteurs jour qui sont des clients et qui permettent à toutes ces marques et tous ces entrepreneurs indépendants ou individuels de développer leurs produits, leur notoriété, de se mettre en avant et puis de faire du commerce. Et puis nous, on a une ligne de revenu sur ce type d'opération qui est liée à tout ce qu'il y a autour pour améliorer l'expérience au niveau drink, au niveau food, au niveau soirée. Et puis après, il y a des opérations grand public qui vont aller, on a été, je pense, le meilleur endroit pour regarder les JO. Et donc, ça a été une expérience formidable que d'accueillir toutes ces nationalités. Finalement, dans une fan zone qui n'existait pas ailleurs qu'à Garage pour les questions de sécurité qu'on connaît, mais nous on avait jusqu'à 1000 personnes qui communiaient ensemble autour d'un essai de notre équipe de France de rugby ou autour d'un exploit de nos nageurs. Et tous ces moments-là, quand moi je les vis et quand je les regarde, je suis content qu'on ait créé cette entreprise parce que je vois des gens heureux et je me dis qu'on amène notre contribution à leur faire du bien et c'est très gratifiant.
- Salomé
Justement on voit fleurir énormément de tiers-lieux de lieux hybrides, est-ce que toi tu vois ça comme une concurrence ou est-ce que c'est pas encore une concurrence pour Garage est-ce que pour vous c'est une source d'émulation vous cherchez encore à vous différencier, à vous diversifier ?
- Christophe
Encore une fois, en tout cas, à notre connaissance, On ne connaît pas de lieux comparables. Effectivement, on voit, et depuis longtemps, alors les tiers-lieux, comme je le disais, ça fait maintenant presque des dizaines d'années qu'ils émergent et qu'ils existent. Ils ont leur rôle, leur vocation, leur mission, ils sont utiles. Notre modèle n'est pas celui-là, et j'ai envie de dire, pousse la réflexion un cran plus loin, à la fois dans l'intensification de l'usage, dans la chronotopie, la capacité à ce que le lieu se transforme en fonction de ce qui se passe, on en est fier et on en est en même temps acquis. C'est-à-dire que quand on est précurseur, novateur, quand ce qu'on fait n'existe pas autrement ou ailleurs, c'est intéressant et c'est chouette, sous l'angle de faire avancer le monde, très modestement, d'amener notre contribution à ça. Après la contrepartie, c'est la fragilité. C'est-à-dire que si ce modèle devient normatif, après c'est devenu dans la tête des gens et dans leurs habitudes la seule et unique façon de travailler. Par exemple, quand ce n'est pas le cas, il faut évangéliser une population pour qu'elle puisse comprendre comment ça marche. Et ce qui est important pour nous, ce n'est pas de faire comprendre à tout le monde tout garage parce que si j'y viens pour regarder la finale de la Champions League et boire des bières avec mes potes j'ai pas forcément besoin de savoir qu'au même endroit le lendemain matin ce sera complètement clean et qu'il y a des bureaux qui se sont mis à la place des tables et des chaises pour regarder le foot donc voilà parce que sinon on va devoir livrer une notice à chaque client. Donc c'est pas l'idée, mais c'est vrai que c'est une idée complexe parce qu'elle est née du multi-usage d'un même objet en fait. Donc après ce qui est important c'est d'essayer d'être compris par ses publics, c'est ce qu'on s'attache à faire. Et je pense que sur le grand public et sur les Lillois et même au-delà, parce que quand je parlais de Baby à tout prix, c'est de toute la France que les familles viennent pour cette opération avec une influenceuse qui a une grande réputation. Mais en tout cas, sous cet angle grand public et sous l'angle événementiel, on va dire corporate, entreprise, je pense qu'on a trouvé notre public et on a vraiment une croissance qui est significative et qui nous honore. Sur la partie bureau, c'est là aussi où, sur tous les maillons de la chaîne, et pas uniquement les utilisateurs et les clients, mais je pense au monde de l'immobilier en général, je pense qu'il y a encore beaucoup de travail à faire pour installer le modèle de manière successful.
- Salomé
Et en parlant d'installer le modèle, c'est quoi ton rêve pour Garage dans 5-10 ans ?
- Christophe
Alors on n'a jamais créé cette entreprise pour en faire un lieu unique et exploiter uniquement un lieu à Lille. On l'a toujours faite parce que pour nous ça avait un sens de créer cette entreprise et c'est tout ce que j'ai expliqué tout à l'heure sur un peu la genèse. Et cette réaction, cette rébellion au gâchis des mètres carrés, donc on l'a toujours faite et on l'a créée pour la dupliquer, donc si je me projette à 10 ans, Ma réponse concrète, elle consistera à dire que j'espère que d'autres villes en France et d'autres habitants, d'autres populations en France et pourquoi pas en Europe pourront profiter de Garage. Et que dans dix ans, on pourra avoir dupliqué le modèle significativement et faire que ce qui aujourd'hui fait plaisir et profite au Lillois puisse demain profiter à d'autres populations en France, d'autres territoires. D'ailleurs, pas que dans des grandes villes, même si les métropoles, c'est un terrain de jeu comme celui de Lille, qui est un terrain de jeu qu'on connaît bien maintenant et qu'on maîtrise. Mais demain, on imagine qu'on puisse aussi dupliquer Garage dans d'autres formats, un peu comme, si je peux prendre un parallèle, Carrefour peut le faire dans des formats qui sont supermarché, hypermarché, city, etc. peut-être qu'on n'ouvrira pas un garage à Montbéliard de 3500 m², mais pourquoi les habitants de Montbéliard, dont je ne connais pas le nom en tant qu'habitant, pourquoi ils ne pourraient pas aussi profiter d'un garage sur une surface peut-être plus réduite, mais avec une intensification de l'usage qui est le même et avec une programmation qui est tout aussi qualitative. Donc du point de vue concret, c'est peut-être la vision qu'on peut avoir et en tout cas c'est comme ça qu'on a imaginé développer cette entreprise. Et pour le faire, il faut qu'on ait terminé notre expérimentation ici et qu'on ait bien mis sur les rails ce premier site, ce qu'on est très proche de réussir. Et puis d'un point de vue plus philosophique, d'un point de vue plus peut-être émotionnel, si on a amené à la fois du plaisir à un maximum de gens, peut-être 100 000, 500 000 personnes par an, 1 million de personnes par an. , on aura fait quelque chose de bien et c'est l'extrapolation de ce que je disais tout à l'heure sur ce que je ressentais parfois en regardant les gens vivre garage à Lille. Et puis si le travail qu'on a fait, l'entreprise qu'on a créée a contribué à faire évoluer le monde de l'immobilier et à amener peut-être... d'autres façons de voir les choses, ou d'autres modèles économiques, ou d'autres relations aux mètres carrés, je pense qu'on sera fiers d'avoir apporté notre petite contribution à cette industrie.
- Salomé
C'est très clair, je te remercie beaucoup Christophe. Je te propose qu'on passe aux questions signatures du podcast. La première question, c'est y a-t-il une maxime, un mantra, une phrase qui t'accompagne au quotidien ou qui t'inspire ?
- Christophe
Je pense à... J'ai plusieurs réponses, mais... La première qui me vient, c'est... Je repense à un voyage que j'ai fait en Italie il y a très longtemps. J'étais ado, donc il y a plus de 35 ans. J'étais au lycée, c'était dans le cadre d'un voyage un peu gâteau, aumonerie des lycées, etc. Et on avait été amené à rencontrer une sœur à Assise, la ville d'Assise, qui était assez âgée, je ne sais pas quelle âge elle pouvait avoir, mais peut-être 80 ans. Et j'avais été marqué par une phrase qui m'accompagne assez souvent parmi celles qui m'inspirent et qui était « Viva la vida » , c'est « Vive la vie » . Et je pense que c'est une phrase qui parle d'elle-même. En tout cas, moi, elle me parle et je pense qu'elle explique aussi sans doute beaucoup de la personnalité qui est la mienne ou de ce que je peux faire et de mon caractère.
- Salomé
La deuxième question, quelle est la chose la plus inattendue que tu aies faite dans ta carrière ? Et si ce n'est pas quelque chose d'inattendu, un moment décisif ou un moment fort ?
- Christophe
Un moment décisif ou un moment fort, ça va être la naissance de mes enfants. Et les émotions que je garde encore très présentes en moi de ces instants-là, et à la fois de la rencontre avec mes enfants, mais aussi de voir Cécile, ma femme, leur donner la vie, les faire naître, je reste à la fois bouleversé et ému de ces moments-là. Et ça illustre l'essentiel de la réponse à cette question. Et puis après, d'un point de vue plus pro... Je crois que j'ai fait beaucoup de choses inattendues, et ce n'est pas forcément des grandes choses. Mais peut-être à tous ces moments où j'ai eu face à moi quelqu'un, une personne ou un groupe, où j'ai senti une forme d'incarnation de la gentillesse ou de la bonté. Et donc, parce que ce n'est pas courant, je trouve, ou en tout cas, ça ne se voit pas souvent. Et je trouve que ça peut être un moment de grâce que de ressentir ça quand on est dans un contexte professionnel et qu'on éprouve de l'amitié, de l'affection, peut-être une forme d'amour quelque part pour une relation professionnelle avec laquelle on est en train de faire quelque chose et qui est vraiment fondée sur cette notion de gentillesse ou de bonté.
- Salomé
Qui est-ce que tu aimerais entendre sur le podcast ?
- Christophe
Peut-être une classe de lycéens ou de collégiens, qui pourraient interviewer de manière un peu collégiale, pour avoir leur ressenti à la fois naïf et le regard qu'ils ont sur un lieu pour travailler demain ou les lieux en général et puis peut-être être à l'écoute des messages qui commencent à faire germer et qui sont des petites graines sur lesquelles on va pouvoir et ils vont, eux avant tout, plus que nous, construire le futur des lieux et des villes. Ça peut être intéressant d'avoir le regard de ces nouvelles générations.
- Salomé
Surprenant et très intéressant comme réponse. Merci beaucoup. Et enfin, la dernière question, où est-ce qu'on peut te suivre et te retrouver ?
- Christophe
Alors je suis assez discret parce que assez timide même si évidemment quand on a une vie professionnelle comme la mienne et puis qu'on est entrepreneur et ben voilà on doit quand même assumer une part de lumière mais je la cherche pas, donc pour me trouver il faut me chercher déjà et après je dirais tout simplement voilà sur linkedin mais je... Je ne déborde pas de prose et de postes, donc peut-être sur LinkedIn.
- Salomé
Ça marche, merci beaucoup. Je te remercie beaucoup pour cette conversation. C'était un très chouette moment.
- Christophe
Merci Salomé, c'était un bon moment pour moi aussi.
- Salomé
Allez, c'est la fin de cet épisode. Je tiens à remercier encore une fois Christophe pour son accueil et sa bienveillance. J'espère que cet échange vous aura donné envie de découvrir ce lieu singulier. Merci à vous de nous avoir écoutés jusqu'au bout. Si vous souhaitez me poser des questions, me partager vos retours ou me suggérer de nouveaux invités, je vous attends comme toujours sur LinkedIn. Enfin, mille merci à Aventim qui soutient le podcast et me permet de continuer à vous proposer ces conversations passionnantes autour de toutes les facettes de l'immobilier, celles qui façonnent nos espaces de vie, de travail et de rencontres. Si cet épisode vous a plu, n'hésitez pas à nous laisser des étoiles et des commentaires sur Spotify et Apple Podcast, ça m'aide beaucoup. On se retrouve dans 15 jours pour un nouvel épisode d'Officieux. Le podcast qui vous livre les confidences de celles et ceux qui fabriquent la vie d'aujourd'hui et de demain.