- Speaker #0
Hello !
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #0
Nous sommes travailleuses des arts dans le domaine des arts visuels.
- Speaker #1
On vient de Lille.
- Speaker #0
Et de Bruxelles.
- Speaker #1
Vous savez ce que c'est quand vous prenez un café avec une personne et que tout à coup, vous vous rendez compte qu'il y a plein de sujets communs qui vous animent.
- Speaker #0
On commence alors une conversation fleuve.
- Speaker #1
On se partage des références.
- Speaker #0
On s'indigne.
- Speaker #1
On refait le monde.
- Speaker #0
On se pose plein de questions.
- Speaker #1
Et au cours de la discussion, se dessinent des fils à tirer, des bouts de réponses et de pistes à explorer.
- Speaker #0
Pour nous, ça s'est passé... Un peu comme ça. C'est quoi les conditions sociales et économiques, philosophiques, existentielles des artistes ?
- Speaker #1
Faire collectif.
- Speaker #0
Comment et surtout comment faire pour que ça dure ?
- Speaker #1
Et survivre dans l'art. On en parle ?
- Speaker #0
Quelles sont les possibilités ?
- Speaker #1
N'existerait-il... On était lancés sur un projet podcast,
- Speaker #0
avec l'envie de partager avec vous des vécus,
- Speaker #1
des réflexions théoriques, philosophiques,
- Speaker #0
mais aussi quelques outils pratico-pratiques de la vie d'artiste. Alors, on se dit quoi ?
- Speaker #2
Dans la première partie de cet épisode, nous nous sommes demandé ce que voulait dire être célèbre et plus particulièrement en art. Nous avons interrogé la différence entre être célèbre et être reconnu, ainsi que la mise en concurrence des artistes. Dans cette deuxième partie de Célèbre à tout prix, nous explorons ce qu'est la santé mentale, les impacts du besoin de reconnaissance et la prise en considération de ces enjeux dans le milieu du travail. Ce n'est donc pas un hasard si la santé mentale et la pratique du soin se retrouvent aujourd'hui sur le devant de la scène artistique contemporaine. Nous parlons de santé mentale, mais que cela signifie-t-il exactement ?
- Speaker #3
On pourrait dire que la santé mentale, dans le cadre du travail artistique, c'est un état de bien-être. qui permet à l'artiste de réaliser son potentiel créatif, de faire face aux défis et aux stress qui sont inhérents à sa profession et de travailler de manière productive et de contribuer à sa communauté. Ça veut dire que du coup, on va considérer que l'artiste autoriste est en capacité de créer et d'innover, avec aussi une capacité de résilience face à la critique et au rejet. On va être sur la gestion du stress et de l'incertitude. On va être sur l'équilibre vie pro et vie perso. Et puis on va être aussi sur la capacité à valoriser son propre travail.
- Speaker #2
L'Organisation mondiale de la santé définit la santé mentale comme un état de bien-être qui permet à chacun et chacune de réaliser son potentiel, de faire face aux difficultés normales de la vie, de travailler avec succès et de manière productive et d'être en mesure d'apporter une contribution à la communauté. La santé mentale est une composante essentielle du bien-être général, au même titre que la santé physique. En effet, le corps et l'esprit sont liés. Avoir un corps en bonne santé favorise l'équilibre psychique et se sentir bien dans sa tête est un facteur de protection contre certains troubles physiques. De plus, la santé est un état de complet bien-être mental, physique et social.
- Speaker #3
Il y a des artistes qui vont avoir besoin plutôt de travailler sur leur confiance en eux ou en elles. D'autres plutôt sur leur estime, l'estime de soi. D'autres plutôt sur l'organisation du travail. Parce qu'ils n'arrivent plus à faire le lien, la distinction entre la vie personnelle et la vie pro. D'autres qui sont débordés, simplement. Parce qu'il y a trop de sollicitations. Parce qu'il faut en même temps être sur les réseaux sociaux. En même temps être capable de gérer l'administratif. En même temps être capable d'accompagner sa vie personnelle. En même temps, de se libérer aussi un peu de temps pour prendre soin de soi, de faire du sport, parce qu'on me dit qu'il faut faire du sport, mais il faut aussi que je crée, et créer, c'est pas entre 8h et 14h, donc il n'y a pas de moment pour ça. Et comment arriver à répondre à toutes les sollicitations, sans oublier qui on est. donc des fois c'est d'abord l'approche plutôt physique parce que l'artiste... Souvent, quand il ou elle m'interpelle, ce n'est pas forcément au niveau émotionnel que ça bloque, c'est plutôt au niveau physique. C'est plutôt quand il y a un problème physique qu'on vient me chercher, d'abord, en première instance. Et finalement, on s'aperçoit très vite que le problème physique est plutôt lié à un problème mental. Donc, ce n'est pas un trouble mental, on n'est pas du tout là-dessus. On est plutôt sur une anxiété, une angoisse, du stress généralisé. une surcharge mentale qui se caractérise par des symptômes physiques des tendinites, des migraines des tensions musculaires des fois des dystonies de fonction qui sont des des mouvements incontrôlés de certaines parties du corps donc il y a ces petites choses là qui sont plutôt des choses physiques des problèmes physiques qui du coup vont empêcher ou inquiéter l'artiste Merci. parce que je commence à avoir des difficultés à sculpter, à peindre, à être en attente, à pouvoir même des fois appuyer sur le bouton de mon appareil photo. Je n'arrive plus à être devant mon ordinateur et à pouvoir faire de la 3D. Toutes ces choses-là, qui sont plutôt physiques, et finalement en creusant avec l'artiste, on s'aperçoit qu'il y a une surcharge mentale, une santé mentale abîmée et qu'il va falloir travailler là-dessus.
- Speaker #2
La prise en compte de la santé mentale est apparue assez récemment dans le monde du travail. Dans une conférence intitulée « Santé mentale et travail » organisée par le Collège de France en juin 2009, Philippe Davési, enseignant-chercheur en médecine et santé du travail à Lyon, faisait le constat que nous assistons depuis les années 1990-1990 à un processus d'intensification du travail. Les manifestations les plus visibles de ce phénomène sur les travailleurs et travailleuses se traduisent par l'explosion des troubles. musculo-squelettiques et l'augmentation de la souffrance psychique, exprimée selon des modalités individualisées. En juin dernier, le Réseau fédéral belge pour le bien-être mental au travail organisait la journée d'études intitulée « Un engagement commun pour un environnement de travail sain et résilient » . Pascal Chabot, philosophe et professeur à l'IEX de Bruxelles, y expliquait le malaise présent dans le monde du travail ainsi que la présence de troubles psychiques tels que le burn-out. par la divergence de dynamique entre deux formes de progrès. D'une part, le progrès techno-scientifique, qualifié d'utile, façonne, drive, conduit, pilote toujours plus vite notre société. D'autre part, le progrès humain, qualifié de subtil, définit un art d'être en lien avec l'autre, la nature, ses idées, ses valeurs.
- Speaker #3
Chez les artistes autoristes, il y a très souvent des formes d'épuisement professionnel, voire de burn-out. Franchement, ça arrive souvent. Ce n'est pas la majorité des situations que j'accompagne. Heureusement, les artistes autoristes qui m'appellent sont avant le burn-out. Donc ça, c'est bien. J'en ai quand même quelques-uns et quelques-unes. Parce que le burn-out, on sait qu'il intervient. Surtout parce qu'on s'est brûlé de l'intérieur. du coup pour... pour compenser cette instabilité, cette précarité économique, administrative, cette recherche de légitimité, ce besoin de reconnaissance, d'estime, de confiance, d'image de soi, plus toute la pression numérique qui existe aussi. Pour gérer un peu toute cette instabilité, l'artiste autoriste va chercher à en faire encore plus. Parce qu'il y a tellement de trucs, il y a tellement de choses à faire, qu'il faut les faire. et vu qu'en général on est plutôt en isolement professionnel et en isolement social quand on est artiste, autoriste mais pas que dans ces métiers là dans ces métiers ça existe et on a l'impression qu'on peut tout faire tout seul ou toute seule qu'on peut tout gérer parce que personne ne nous comprend et puis des fois c'est plus facile aussi on a l'impression que c'est plus facile de tout gérer soi-même parce qu'il faut gérer sa propre communication Mais qui mieux que soi-même sait comment gérer sa communication. Donc on le fait soi-même. Qui mieux que soi-même peut gérer plutôt le contact avec une structure ou avec un producteur, avec un financeur, avec un partenaire, avec une salle d'exposition. Qui mieux que nous-mêmes pouvons le faire. En fait, du coup, on le fait. Sauf que ça fait tellement de choses à faire, sans oublier qu'il y a la vie perso aussi à côté. Donc qui mieux que soi-même... Donc, pouvoir gérer sa vie perso, soi-même. Donc, en fait, on gère tout tout seul et toute seule. Et vu que tout ça, c'est instable, ça demande beaucoup, beaucoup de travail, de concentration, de pression, de gestion, d'accompagnement de nos émotions. Et du coup, on travaille sans compter, on gère sans compter. Il n'y a pas vraiment de différence entre la vie pro et la vie perso. Donc, voilà, on va travailler n'importe quand, n'importe quelle heure. On ne va pas compter 16 heures. parce que c'est normal, parce que la vie d'artiste, c'est ça. La créativité, c'est ça. Et puis de toute façon, je n'ai pas le choix. Donc au final, le « je n'ai pas le choix et je fais tout tout seul » , ça finit par du burn-out et de l'épuisement professionnel. Et c'est vraiment ce qu'il faut éviter, c'est d'arriver vraiment à prendre du recul, parler aux autres, et trouver... une ou deux personnes sur lesquelles on peut déléguer des choses. Il y a des choses sur lesquelles on peut demander à son conjoint, à sa conjointe de faire certaines choses. On peut demander à ses amis de nous aider. On peut demander à d'autres personnes de le faire. Ce n'est pas indispensable de tout faire soi-même. Mais ça, il faut être capable de se poser, de prendre du recul, de, comme on dit, take a deep breath and relax, de prendre une bonne respiration, de et de se relaxer un petit peu, de prendre du recul et de se dire ok, peut-être que ça je suis peut-être pas obligé de le faire tout seul ou toute seule peut-être que je peux demander à quelqu'un de m'aider et du coup ça, même si c'est un tout petit truc en moins, c'est du temps gagné sur d'autres choses, et donc ça plus ça plus ça de gagner, une minute par ci une minute par là, à la longue ça va finir par faire de longues minutes et de longues minutes qui peuvent être pour soi et ça peut être vraiment intéressant donc il y a souvent des situations des plus bons professionnels, quelques burn-out que j'accompagne. et ça il faut vraiment faire attention parce que quand ça arrive, en fait on ne le voit pas arriver souvent on a des alertes de la part d'amis autour de soi et on ne les écoute pas et quand on ne les écoute pas quand on finit par être vraiment en épuisement professionnel et en burn-out c'est difficile de remonter la pente et dans ces cas-là il faut accepter quand même de prendre la main quand il est tendu et des fois on ne le fait pas donc il faut vraiment accepter de prendre les mains tendues
- Speaker #2
En Belgique, la loi relative au bien-être des travailleurs et travailleuses lors de l'exécution de leur travail est adoptée le 4 août 1996-1996 et est appelée « loi bien-être » . En France, la question de la santé mentale au travail a commencé à être prise au sérieux dans les années 70-80, 70-80. En 1982 est créé le Comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail au sein des entreprises. Cela marque un vrai tournant. en intégrant la prévention des risques physiques et psychologiques. Aujourd'hui, ces missions sont intégrées au sein des missions du Comité social et économique des entreprises. En janvier 2002, la loi sur la modernisation sociale a imposé aux employeurs et employeuses la responsabilité de protéger aussi la santé mentale de ses salariés. Cette loi modifie le code du travail dans des domaines aussi divers que le travail précaire, le harcèlement moral et sexuel, la santé au travail, l'emploi des handicapés, la formation professionnelle, les prud'hommes. etc. En 2021, la Caisse d'assurance retraite et de la santé au travail de Centre-Ouest lance un site web pour détecter et prévenir le risque du burn-out. Sur ce site, vous pouvez vous auto-évaluer ou évaluer un proche et trouver de la documentation sur le burn-out et savoir vers qui vous orienter. En 2023, le Conseil de l'Union européenne invite les États membres à élaborer des plans d'action ou des stratégies dans le cadre d'une approche transsectorielle de la santé mentale. Les troubles psychiques représente la première cause d'arrêt de travail de longue durée en Belgique. Et en France, près d'un salarié sur cinq déclare souffrir de troubles psychiques liés au travail. Stress, burn-out, anxiété. Et les pouvoirs publics font de la santé mentale la grande cause nationale pour cette année 2025. Comme le souligne Alain Ehrenberg dans L'Individu incertain. L'artiste peut aujourd'hui être vu comme l'archétype de l'individu contemporain, celui ou celle qui doit être créatif ou créative, innovant ou innovante, performant ou performante, et surtout visible. Le prix à payer peut vite être élevé. Épuisement émotionnel et physique, sentiments de dépersonnalisation et perte d'accomplissement personnel, signes caractéristiques de l'épuisement professionnel. L'Académie nationale de médecine française identifie six grands facteurs de risque. les exigences du travail, les exigences émotionnelles, le manque d'autonomie et de marge de manœuvre, le manque de soutien social et de reconnaissance, les conflits de valeurs et l'insécurité de l'emploi. Ces risques sont nettement surreprésentés dans les métiers artistiques. Ce syndrome a été reconnu en premier lieu dans les métiers de la santé et du social. Des pratiques où l'investissement personnel est important, l'idéal élevé, où la relation à l'autre, l'interaction, l'empathie, font partie du travail même. Des caractéristiques qui ne sont pas sans rappeler celles du métier d'artiste.
- Speaker #3
Si on doit comparer un peu les différents secteurs d'activité dans lesquels moi je travaille, alors que ce soit artiste autoriste, mais j'ai travaillé aussi avec des circassiens et des circassiennes, avec des musiciens et des musiciennes, des chanteurs et chanteuses, différents secteurs d'activité artistique, bien évidemment. On est un peu tout le temps sur la même thématique. sur les mêmes questions de précarité, d'isolement, de sentiment, de se sentir seul, de précarité économique, administrative. On est sur la difficulté par rapport à l'instabilité du statut, quel qu'il soit. Et donc, je ne dirais pas qu'il y a forcément des particularités vraiment dans le secteur artistique et spécialement artistes autoristes. Par contre, il y a des particularités par rapport au secteur artistique, par rapport à d'autres secteurs d'activité un peu plus classiques, qu'on peut dire administratifs ou autres. On est quand même, à chaque fois, sur une difficulté sur l'appréhension du travail. C'est quoi mon travail ? Qu'est-ce que je fais ? Dans quel sens je donne à mon travail ? A quels besoins je réponds ? Quelles sont les valeurs qui me portent ? Pourquoi je suis là ? qu'est-ce qui est pour moi un travail bien fait, à quoi il va servir, à quoi je suis utile, est-ce qu'il est efficace, est-ce qu'il est intéressant ? Il y a toutes ces thématiques-là qui, de toute façon, traversent le secteur du travail quand on a envie de donner du sens à son travail. Donc, c'est un peu les mêmes particularités sur tous les secteurs, mais je dirais un peu plus exacerbés dans le milieu artistique parce qu'on donne encore plus de soi. dans ce qu'on va rendre en termes de créativité.
- Speaker #2
Pourtant, le sujet de la santé mentale et de l'épuisement professionnel chez les artistes est encore tabou. Les pratiques artistiques sont associées au plaisir, à la passion, voire au foin, et cette perception rend presque inconcevable d'y associer le mot « burn-out » . Alors, comment poser ses limites pour préserver sa santé mentale quand on est artiste ? On peut bien sûr mettre en place, à titre individuel, des stratégies pour préserver sa santé mentale. Mais il faut rappeler que le bien-être au travail n'est pas qu'une affaire personnelle. C'est aussi une responsabilité institutionnelle. En France comme en Belgique, les employeurs et employeuses ont l'obligation légale de prévenir les risques psychosociaux avec une approche globale, notamment en santé mentale. Cela est inscrit dans le Code du travail, comme nous avons pu le voir précédemment. Dans le milieu des arts visuels, les artistes ne sont pas des salariés et ont un statut d'indépendants.
- Speaker #3
On sait aujourd'hui que la santé mentale, des artistes autoristes, mais la santé mentale en général, va être impacté par la situation économique et la situation administrative, et d'autant plus si on est en précarité économique et administrative, et d'autant plus si on ajoute le fait qu'on est sur des statuts un peu compliqués, instables, précaires, de l'intermittence du spectacle, quand on a le statut d'intermittent du spectacle. Et on ne va pas se leurrer, la situation est compliquée pour les artistes. pour tout le monde en général, mais pour les artistes en particulier. En tout cas, c'est plus le domaine dans lequel je travaille, donc forcément je le vois. On sait que du coup, un statut qui va être précaire, qui va être instable, ça va amener des facteurs de risque qui vont être vraiment uniques sur la situation et qui vont développer une souffrance psychique qui va être un peu plus importante. On va avoir de l'incertitude sur les revenus, donc forcément ça va créer du stress. Donc ça, c'est évident. Ça va créer de l'anxiété qui va être tout de coup constante.
- Speaker #2
En France, les artistes sont rattachés au régime général de la sécurité sociale. C'est l'Urssaf Limousin qui gère leur cotisation sociale pour l'assurance maladie via la CPAM. La retraite de base est complémentaire ainsi que l'invalidité et le décès. Des aides voient le jour au début des années 80. Notamment la mise en place d'un dispositif de secours exceptionnel créé par le Fonds d'incitation à la création. Cette aide a ensuite été gérée par le Centre national d'air plastique jusqu'au 29 octobre 2024, date à laquelle son conseil d'administration approuve la suppression de cette aide au profit du programme Rebond, soutien au développement professionnel. Ce dispositif prévoit, à partir de janvier 2026, d'accorder une aide de 4 000 euros à 25 lauréats et lauréates pour un accompagnement professionnel personnalisé de 8 à 10 mois, en lien avec des structures partenaires. Les candidats et candidates doivent fournir une lettre de motivation et justifier de revenus inférieurs à 21 622 euros bruts. Et elles ne pourront bénéficier de l'aide qu'une seule fois, tous les deux ans. Au vu des nouvelles conditions d'attribution, Rebon connaît déjà des critiques. Dans l'article rédigé par Magali Le Sauvage et publié dans le Quotidien de l'Art en avril 2025, le syndicat d'artistes SnapCGT dénonce le fait que ce nouveau dispositif, perçu comme une énième bourse fondée sur la mise en concurrence des artistes, laisse 80% des demandeurs et demandeuses sans solution. Dans un contexte social, particulièrement préoccupants, notamment avec la contre-réforme du RSA, et qu'une part du budget soit allouée aux structures d'accompagnement, notamment privées, au détriment des artistes les plus en difficulté. D'autre part, ces syndicats et organismes professionnels ont mis en place des dispositifs de soutien psychologique pour les artistes autoristes. Par exemple, depuis 2023, la Sécurité sociale des artistes autoristes développe le dispositif Mon Soutien Psy. Il facilite l'accès à des consultations avec un psychologue tout en prenant en charge une partie des coûts. D'autres dispositifs d'écoute et d'accompagnement sont proposés sur le site internet de la Sécurité sociale des artistes autoristes. Nous insérons le lien vers ce site dans le commentaire du podcast. Certaines mutuelles proposent aussi des offres spécifiques pour les indépendants et indépendantes du secteur culturel. La Belgique a mis en place une attestation du travail des arts qui donne accès à une sécurité sociale complète. Pension, maladie... maternité, de bénéficier du contrat article 1bis qui permet d'être affilié comme salarié pour la sécurité sociale, même sans employeur régulier, ainsi que du droit au chômage spécifique appelé allocation du travail des arts. Ce système vise à mieux reconnaître le caractère irrégulier du travail artistique et à viter les trous dans la couverture sociale. Il existe aussi un régime primo-starter pour les jeunes artistes indépendantes avec des réductions de cotisations sociales pendant deux ans. A noter, cette attestation est valable 5 ans ou 3 ans pour les starters et elle est délivrée après évaluation du parcours artistique par une commission spécialisée. En d'autres termes, pour bénéficier de ce statut, il faut d'abord obtenir une reconnaissance officielle de son travail artistique. En 2025, on compte environ 8000 personnes reconnues comme travailleuses et travailleurs des arts en Belgique. Un chiffre qui montre bien que toutes celles et ceux qui créent n'ont pas automatiquement accès à cette protection sociale. Beaucoup restent donc en marge du système, sans filet de sécurité. Côté santé, tout résident et résidente belge doit être inscrit et inscrite à une mutuelle. Elle couvre les soins médicaux, hospitalisations, médicaments, etc. L'artiste y a donc droit comme tout citoyen et citoyenne. Dans les faits, c'est plus compliqué. Le cadre de l'emploi est souvent précaire et flou, puisque les artistes ne sont pas salariés. Les équipes des institutions que côtoient les artistes manquent de formation pour comprendre les troubles psychiques, les repérer, rompre l'isolement, ouvrir un espace de parole adapté et connaître les aides pertinentes. A cela s'ajoutent des souffrances invisibles, cachées par le déni, par la honte.
- Speaker #3
Le secteur des arts visuels, aujourd'hui, n'est pas du tout conscient de la réalité psychique et professionnelle des artistes autoristes. Mais alors, de ce que j'en vois, moi, de ce que je vis, et de ce qui me retournait de la part des artistes autoristes que j'accompagne, mais alors là, c'est la bérésina complète. On a l'impression vraiment qu'il n'y a pas que moi. Je ne sais pas, c'est un monde à part, c'est une bulle, et que le monde autour tourne, mais pas le milieu des artistes aux touristes. Et c'est la même chose dans les autres milieux artistiques. Vraiment, que ce soit dans la danse, que ce soit dans la musique, que ce soit dans le chant, que ce soit dans le cirque, on a l'impression que le milieu artistique est... totalement laissé à l'abandon sur l'évolution du monde. Et si on parle de santé mentale, la santé mentale dans le milieu des artistes autoristes est totalement laissée à l'abandon. C'est vraiment sous le tapis, mais encore, on a enterré le tapis dans la cave qui est même enterré au sixième sous-sol. On n'en parle pas. Quand on en parle, c'est une fois de temps en temps, parce qu'il y a effectivement... Il y a possiblement un ou une artiste qui vient en parler dans des émissions, sur des podcasts ou à l'antenne d'une radio. Ou auprès d'un influenceur ou d'une influenceuse. Mais c'est totalement oublié. Je ne sais pas pourquoi. Peut-être que mettre le doigt dans ce sujet, on va s'apercevoir que finalement ça concerne tout le monde.
- Speaker #2
Dans ces conditions, la santé mentale devient une responsabilité politique de santé publique.
- Speaker #0
Il devient nécessaire de penser des stratégies à grande échelle, pourquoi pas comme la rémunération, une charte de bonne pratique de santé mentale adaptée au secteur artistique. Pascal Chabot parle d'une modification des souffrances au travail depuis la mutation numérique qui engendre ce qu'il appelle le subconscient numérique. En effet, au siècle dernier, et notamment si on pense au film Les Temps Modernes de Charlie Chaplin, réalisé en 1936, la souffrance au travail impactait le corps et ses mécanismes. Au XXIe siècle, et au sein de notre civilisation numérique, cette souffrance s'est déplacée vers des problèmes psychiques, avec notamment un cerveau sollicité en... permanence. Une submersion d'un trop-plein d'informations difficiles, voire impossibles à gérer, et une séparation avec notre corps et avec la nature. Cependant, les outils numériques sont devenus incontournables pour les artistes. Les réseaux sociaux, les plateformes, les newsletters... Ils permettent de se rendre visible, de diffuser son travail, et de créer du lien avec un public. Mais cette visibilité a un coût. Entre la pression d'être constamment présent, comparaison permanente avec les autres, et l'impression de devoir se vendre. Plus de créer, ces outils peuvent peser lourd sur la santé mentale. Pour beaucoup d'artistes, le numérique est à la fois un espace de possibilités et une source d'épuisement.
- Speaker #1
Les outils numériques ont une énorme importance dans le monde aujourd'hui, et d'autant plus au niveau des artistes autoristes. Et ces outils numériques donnent une forte pression aux artistes autoristes. Et donc on a un vrai impact sur leur sentier mental. Il y a une pression constante donnée, mise en place auprès des artistes autoristes, parce qu'il faut être présent et présente sur les réseaux, il faut communiquer, il faut vendre ses œuvres, il faut se montrer, même si des fois ce n'est pas montrer ses œuvres, mais c'est se montrer. Et on n'a pas forcément envie de se montrer, il faut se vendre aussi. Alors se vendre c'est compliqué, se communiquer c'est se vendre. et ça tout le monde ne sait pas le faire et tout le monde n'a pas forcément envie de le faire les outils numériques aussi aujourd'hui c'est se comparer avec les autres c'est gérer aussi les commentaires négatifs et ça c'est pas non plus évident c'est une nécessité de se mettre en scène et quand on est aussi sur outils numériques on est aussi sur tout ce qui est intelligence artificielle donc comment on peut être sur Ne pas se faire dépasser par l'intelligence artificielle, comment on peut aussi continuer à effectuer son travail alors qu'il est plus facile pour une collectivité par exemple de faire appel à des intelligences artificielles pour créer une affiche de festival alors que... Moi j'ai trois photographes qui ont perdu leur contrat avec des collectivités parce qu'avant c'était leur photo qui était utilisée pour créer la communication des collectivités. Et aujourd'hui, ben non, ils utilisent l'intelligence artificielle parce que c'est gratuit. Donc voilà, et puis c'est rapide. Et puis ça coûte beaucoup moins cher que d'embaucher des photographes. Et donc comment arriver à se dire je suis encore légitime dans mon travail, je suis meilleur qu'une intelligence artificielle. j'apporte autre chose, mais qu'est-ce que j'apporte de plus ? Comment arriver à continuer à me vendre ? Comment arriver à montrer que mon travail est utile, plus utile qu'une intelligence artificielle, même s'il coûte plus cher ? Et donc tout ça, il y a cette pression-là derrière qui est encore plus prégnante, je trouve encore aujourd'hui avec la vitesse de l'intelligence artificielle, la pression des réseaux sociaux. Tout cela, tous ces outils numériques apportent du stress supplémentaire et une précarité supplémentaire dans l'avenir qui attend les artistes autoristes. Je n'ai pas forcément l'image très positive et très optimiste de l'avenir, même si on sait qu'on peut trouver des solutions pour rebondir. Mais il faut vraiment se poser la question. aujourd'hui de comment on utilise ces outils numériques. Il y a beaucoup d'articles aujourd'hui sur les métiers qui vont être remplacés par l'intelligence artificielle. Et il y a énormément d'articles aujourd'hui sur le fait que beaucoup de livres sont écrits par l'intelligence artificielle et qu'il y a même des auteurs et des autrices qui n'existent pas pour de vrai, qui crée des... des livres, et ces livres sont publiés par des artistes qui n'existent pas. Et comme des chanteurs et chanteuses qui ont des millions d'écoutes sur Spotify qui n'existent pas, en fait. Donc comment on fait face à ça ? Il n'y a pas de réponse encore aujourd'hui. Et il faut prendre conscience de ça. Mais prendre conscience de ça alors qu'on est déjà en surcharge mentale, c'est compliqué. Mais c'est un vrai sujet sur lequel il faut se pencher, et peut-être que ce serait bien d'y prendre... penser en espace collectif et d'y réfléchir ensemble pour avancer ensemble parce qu'individuellement, on n'y arrivera pas.
- Speaker #0
Alors au fond, qu'est-ce que ça veut dire être célèbre à tout prix ? On l'a vu, la célébrité n'est pas la même chose que la reconnaissance. La première repose sur la visibilité, parfois sur le hasard ou sur des mécanismes de comparaison qui peuvent fragiliser. La seconde touche à quelque chose de plus intime, se sentir vu, entendu, légitime. Et pour beaucoup d'artistes, c'est cette tension entre les deux qui façonne le quotidien. Créer, c'est aussi chercher sa place. Mais chercher sa place, ça peut épuiser. Ce qui ressort de nos échanges, c'est qu'il n'y a pas de recette miracle pour réussir. Pas de définition unique de ce qu'est réussir. Par contre, il y a des manières de prendre soin de soi. Poser ses limites, penser son rapport à la visibilité autrement.
- Speaker #1
Il existe plusieurs outils pour que les artistes, auteuristes, puissent davantage se connaître et déterminer leurs limites. afin de vraiment arriver à construire un cadre vraiment de prévention autour de la santé mentale. Déjà, le premier outil, c'est d'oser parler. Ça, c'est le premier outil. Alors, ce n'est pas facile. Mais soit il existe des espaces où on peut parler de son métier dans des structures. Déjà, des lieux de ressources, des lieux d'accueil qui sont autour de cette... de l'approche artistique, mais ça peut être aussi parler autour de soi, parler à ses amis, parler à sa famille, parler à son conjoint et sa conjointe. À partir du moment où on parle, on arrive à mieux se connaître, on arrive à avoir du regard extérieur et on arrive à connaître un peu plus ses limites. Donc, oser parler, mais vraiment parler de vos difficultés. Ça, c'est vraiment le premier outil qui est vraiment indispensable. et puis Il y a un outil que je conseille souvent, c'est d'aller marcher. En neurosciences, on sait que quand on marche, on pense. Il y a même un livre qui s'appelle « Je marche, donc je pense » . C'est toute l'importance et tout le fonctionnement du cerveau. C'est plus on marche, plus on pense. Et parce qu'on alimente le cerveau, parce qu'on fait travailler les muscles, parce qu'on alimente l'oxygène, parce qu'on respire aussi pendant qu'on marche. Et la respiration, c'est la base de l'amélioration de la santé mentale. Et donc, c'est vraiment un deuxième outil, c'est vraiment d'aller marcher. En marchant, on prend du recul. En marchant, on réfléchit. En marchant, on prend de la distance. À partir du moment où on commence à marcher, à prendre de la distance, on trouve des solutions. On est plus en résilience, on comprend un peu mieux les choses. N'hésitez pas à aller marcher, c'est con à dire, mais vraiment faire le tour du pâté de maison, aller dans son quartier, simplement prendre son vélo ou ses patins à roulettes ou sa voiture, ou les transports en commun, et d'aller dans un parc au bord de la mer, dans un jardin. Allez marcher. Autre outil, c'est de vous entourer. Plusieurs fois, dans l'accompagnement que j'ai auprès des artistes autrices, je me retrouve avec des personnes qui sont seules, isolées. Même si elles ont de la famille, des amis, des conjoints, des conjointes ou des enfants, elles se retrouvent souvent isolées. N'hésitez pas à vous entourer de vos amis, de votre famille. de faire d'autres choses que votre milieu habituel. Osez aller ailleurs, aller voir autre chose. Ne restez pas que dans votre milieu. Sortez de votre environnement, sortez, justement, testez vos limites. On le dit souvent aux enfants. Donc, allez, vas-y, ose. Mais non, mais ça, je n'aime pas les épinards. Je sais que je ne vais pas aimer, mais tu n'as même pas goûté. Donc, vas-y, goûte au moins. Et bien, vous, c'est pareil. Donc, allez goûter à d'autres choses. Allez tester d'autres choses. Parce qu'en plus, ça va alimenter votre créativité. Parce que c'est en découvrant d'autres choses que ça va alimenter vos idées, votre productivité, votre cerveau. Parce qu'en plus, en y allant, vous allez marcher. Donc, je reviens à l'un des outils. Donc, sortez de vos limites. Sortez de votre environnement qui, des fois, vous enferme. Il est rassurant. Notre environnement, il est plutôt rassurant. donc C'est bien d'être isolé, c'est bien d'être chez soi, c'est bien de ne pas éventuellement s'entourer, se confronter aux autres parce qu'on est mieux quand on est un peu tout seul ou toute seule. Mais être avec les autres, je vous assure, c'est vraiment beaucoup mieux. Donc, sortez de vos limites, allez voir un peu tout ce qui se passe et confrontez vos idées, confrontez vos regards et alimentez-vous de l'extérieur. Et c'est souvent l'un des outils qui permet vraiment d'aller mieux en termes de santé mentale.
- Speaker #0
Et puis, parce que la reconnaissance passe aussi par le travail, par ce qu'on produit, par la manière dont on vit, de son art, et surtout comment on finance tout ça, on se retrouvera dans le prochain épisode pour parler d'économie de l'art, de travail visible et invisible, de ce que veut dire, très concrètement, survivre de son art quand on est artiste. Pour terminer cet épisode et vous aider à alléger votre charge mentale, on vous propose dans le Trousseau de Clés une série de tips pour gérer sa communication sans se surcharger. Un Trousseau de Clés ? à consommer sans modération et en marchant.
- Speaker #2
Dans ce nouveau trousseau de clés, on ne va pas parler de la toile qu'on a l'habitude de tendre sur un châssis, mais de celle qu'on utilise, désormais, pour briller en ligne. À l'heure d'Internet, il est souvent attendu que les artistes prennent les commandes de leur image, et elles rédigent du contenu, gèrent leur compte, mesurent leur impact. Les outils numériques facilitent cette prise en charge. Cependant, ayons en tête que cela peut devenir... chronophage. Être présent sur Internet demande d'élaborer une stratégie cohérente avec ses valeurs, son temps et son énergie, de trouver un équilibre, de poser quelques bases solides et de se tourner vers des plateformes qui conviennent à chaque pratique. Si vous souhaitez laisser une empreinte digitale, nous vous proposons d'explorer trois outils qui permettent de se faire connaître et d'accéder à des sphères de relations plus ou moins grandes. Les réseaux sociaux s'adressent à vos contacts directs présents sur ces réseaux tout en étant visibles auprès d'autres personnes ou institutions qui prennent connaissance de votre présence par des algorithmes. Le site Internet s'adresse à un large public sans restrictions. La newsletter s'adresse à vos contacts directs. Aujourd'hui, les réseaux sociaux font partie intégrante de notre quotidien. Que ce soit pour s'exprimer ou pour s'informer, ils occupent une place centrale dans nos échanges avec le reste du monde. Ces plateformes permettent de donner une visibilité au travail. Instagram reste une référence en la matière, en particulier dans le domaine des arts visuels. Avec plus de 2 milliards d'utilisateurices, ce réseau où l'esthétique visuelle et la mise en scène du travail sont reines, offre une vitrine idéale pour les artistes. Ainsi, Instagram met à disposition de ses usagers et usagères une multitude de formats. Le carousel peut permettre de présenter une série d'œuvres ou l'évolution d'un projet. Les stories, pour partager les coulisses de votre atelier ou ceux d'un accrochage. Vous pouvez même... sélectionnez celles que vous voulez mettre à la une pour orienter votre communauté plus facilement à travers des thématiques diverses et variées. Les réels permettent de capter l'attention des viewers avec des vidéos courtes et dynamiques. S'exposer sur Instagram, c'est aussi jouer le jeu de son algorithme. Cela implique de la rigueur dans les publications, une attention à l'homogénéité de son feed de la réactivité lorsqu'on vous identifie dans un poste et une capacité d'adaptation aux nombreuses mises à jour et aux nouvelles tendances. Et si ce rythme ne vous convient pas ou que vous trouvez ce réseau social trop superficiel, pas de panique. D'autres alternatives répondront sûrement à vos attentes, vos valeurs et vos sensibilités. Il existe plusieurs autres plateformes, plus ou moins éthiques, plus ou moins professionnelles, plus ou moins publiques ou privées. Que vous choisissiez Instagram, Blue Sky, LinkedIn, YouTube, Behance, TikTok ou autre, nous vous conseillons quelques bonnes pratiques. Il n'est pas nécessaire d'être partout. L'idée n'est pas de multiplier les comptes, mais de choisir une ou deux plateformes où vous vous sentez à l'aise et qui correspondent vraiment à votre pratique artistique. Mieux vaut une présence simple mais régulière que des profils figés dans le temps. Aussi, pensez à adapter votre ton selon les réseaux sociaux que vous utilisez. et à soigner votre bio, car c'est souvent la première chose que l'on lit. Privilégiez des informations relatives à votre médium de prédilection, l'endroit où vous êtes basé et vos actualités les plus récentes. Un lien sur votre site internet sera également toujours le bienvenu. Dernier conseil, n'ayez pas peur de montrer certaines étapes de production de vos œuvres et pas uniquement le résultat final. Les réseaux sociaux sont des services fermés. De ce fait, il est possible que cela ne vous intéresse pas. Cependant, il est important d'avoir une présence sur un site Internet public. Ces sites peuvent être le site d'une association ou d'une ASBL qui vous accompagne, document d'artiste si vous êtes sélectionné, une galerie si vous êtes représenté. Mais avez-vous pensé à faire votre site Internet ? Le site, c'est comme une carte de visite dématérialisée et publique, celle que vous glissez dans vos dossiers et attachée à vos mails. Vous pouvez aussi le penser comme une archive personnelle. C'est souvent le premier endroit où on va chercher des informations fiables sur votre parcours et vos œuvres. Le nom de domaine représente les premiers mots pour entrer en contact avec votre site. Il est courant de choisir son nom et son prénom, Mais il est possible de raconter une histoire en choisissant d'autres mots. Aussi, vous pouvez vous intéresser à l'extension de votre nom de domaine. S'il est .com, .art, .be, .org, cela ne veut pas dire la même chose. Il est à choisir en fonction de ce que vous souhaitez dire, de l'image que vous souhaitez donner, du public ciblé, de l'optimisation pour les moteurs de recherche et d'où vous parlez et ce que vous défendez. Par exemple, .org. et l'abréviation du mot « organisation » . Et c'est couramment utilisé pour des activités à but non lucratif. Ou par exemple « .be » , qui signifie que vous parlez depuis la Belgique. Aujourd'hui, il y a plus de 800 « .quelque chose » qui existent. C'est énorme ! Les communs et les plus anciens sont les moins onéreux. Vous les connaissez sans doute. .com, .be, .fr, .net, etc. Par contre... choisir une extension originale a un coût. Par exemple, le .art fait partie des nouvelles possibilités. Il est moins répandu et donc plus cher. Et oui, le nom de domaine est un coût à prendre en compte car c'est une location annuelle. Il est aussi important de bien penser son site Internet. Il doit être simple et clair. Il doit être facile à utiliser pour les personnes qui le consulteront. Sa lecture doit rester fluide et lisible dans quelques rubriques de base, comme par exemple la page « À propos » où vous expliquez simplement qui vous êtes, votre parcours et votre démarche. Vous pouvez privilégier un style personnel en écrivant à la première personne ou distancé en partageant un texte rédigé par un ou une paire. La page « Productions » ou « Travaux » ou « Projets » organisée par série, année ou médium Accompagné de quelques phrases de contexte, nous vous recommandons d'insérer des visuels de bonne qualité et d'intégrer vos vidéos sur votre site internet. Pour héberger vos vidéos, nous vous conseillons de choisir un service sans publicité. Par exemple, YouTube est à éviter. Ça fait plus professionnel. Ensuite, la page Actualité ou Agenda. Même si vous pensez ne pas avoir d'actualité, vous pouvez présenter un projet en cours. puis une page avec votre portfolio et votre CV. Petit tips, pensez à un lien de téléchargement pour ces documents. Petit focus sur le CV, vos expériences sont arrangées du plus récent au moins récent et dans des catégories comme exposition monographique, exposition collective, résidence ou encore texte. L'idée étant de s'y retrouver plus facilement. Dans une page contact, Affichez des liens de réseaux sociaux ou un formulaire de contact pour ne pas exposer votre adresse e-mail. En bonus, si vous aimez écrire ou documenter vos recherches, vous pouvez toujours ajouter un blog ou un journal de bord qui viendra enrichir votre propos. Vous pouvez également ajouter une boutique. Il y a plusieurs manières de créer des sites Internet. Aujourd'hui, il existe des solutions qui ne nécessitent pas d'avoir des notions de code. Nous vous suggérons de vous orienter vers des outils de site dynamique dits CMS qui proposent des apparences préconstruites à compléter et à adapter selon vos goûts. Le plus connu et le plus utilisé de tous est WordPress.org. Il représente 40% des sites Internet mondiaux. En plus, il est gratuit. Mais il existe une multitude d'autres solutions. Certaines proposent des offres gratuites, comme Wix, ou d'autres sont totalement payantes comme WordPress.com, Cargo ou Squarespace. Elles sont plus ou moins intuitives et plus ou moins adaptées à un portfolio. Un site Internet doit être hébergé. Des services d'hébergement mutualisés existent qui vous permettent d'être autonome par rapport aux solutions choisies. Certains des services de sites Internet mentionnés plus haut incluent votre hébergement et votre nom de domaine dans leurs coûts. Un choix à faire entre facilité, flexibilité et coût. Avec l'hébergement, vous pouvez créer des adresses mail associées à un nom de domaine, ce qui fait toujours plus professionnel. A savoir, le flux RSS, ancêtre des réseaux sociaux, est toujours aussi pertinent aujourd'hui. C'est un protocole public, facilement intégrable à un site internet dynamique. Il permet à n'importe qui de suivre le flux de vos publications grâce à un lecteur. RSS. C'est une alternative puissante aux réseaux sociaux. Cependant, grosse différence, il n'y a pas d'interaction. Alors, réseaux sociaux, check. Sites internet, check. Et la newsletter, on en parle ? C'est peut-être l'outil qui a le plus d'impact. Contrairement aux réseaux sociaux, où les formats sont imposés et vos publications peuvent se perdre dans le flux d'informations, vous avez une plus grande marge de manœuvre. Contrairement aux sites Internet où n'importe qui peut s'informer sur votre travail de façon relativement distancée, avec la newsletter, vous établissez un lien direct et régulier avec votre réseau. Ce dernier est composé de personnes rencontrées pendant vos études, vos différentes expositions et résidences, vos amis ainsi que celles avec lesquels vous avez collaboré et avec qui vous souhaitez entretenir un contact. Afin d'organiser ce listing, nous vous recommandons d'établir une base de données en catégorisant les destinataires afin d'avoir un suivi sur le développement de votre réseau professionnel et de pouvoir l'enrichir. Dans une newsletter, vous pouvez partager l'avancement de vos projets, vos prochaines expositions, vos résidences, mais attention ! Rien ne sert d'inonder les boîtes mail de vos contacts. Restez simple dans le ton, parlez en votre nom, racontez ce que vous avez envie de partager sans entrer dans de grands détails. Deux ou trois sections suffisent, ajoutez des visuels soignés et des liens vers votre actualité. Pensez à aérer votre composition afin que ce soit agréable à la lecture. La bonne nouvelle, c'est qu'il existe plusieurs plateformes simples et gratuites pour... envoyer vos lettres d'informations, selon le style que vous désirez ou le temps que vous voulez y consacrer. Il est possible de facilement customiser son apparence avec des envois groupés sans bloquer sa messagerie. Il est également possible de voir au travers de l'outil de suivi qui ou non a ouvert votre newsletter. Cela va vous permettre d'entrer davantage en contact ou d'adapter vos fréquences et vos informations. Généralement, le nombre de contact ? dont les versions gratuites sont limitées à 500 contacts. Les services sont par exemple MailChimp, Brevo ou encore MailerLite. Il existe aussi Substack, une plateforme gratuite pour créer des articles et des podcasts et qui propose un nouveau modèle économique. Mais attention, avec les nouvelles règles RGPD, vous ne pouvez envoyer vos newsletters qu'aux personnes qui ont consenti. À tout moment ? Les personnes ont le droit de se désinscrire. Vous débutez ? Pas de souci. Vous n'êtes pas obligé d'utiliser une de ces plateformes. Si vous voulez faire simple, vous pouvez très bien créer un court PDF ou un mail groupé que vous envoyez vous-même à votre liste de contacts. Par contre, attention, ce mail doit s'adresser à un petit nombre de contacts, moins de 20 personnes, pour éviter de considérer votre boîte mail comme un spam et d'être rejeté. Cela permet de tester le format, de voir si vous aimez cet exercice de partage régulier sans vous embarquer tout de suite dans un système plus technique. Dans ce cas, pensez à soigner la mise en page, à insérer quelques images et à ajouter un lien vers votre site internet et vos réseaux sociaux. Aussi, pas de panique, on n'est pas toute seule ou tout seul. On peut se faire accompagner pour développer sa communication et se former. Comme tout travailleur heureuse, vous cotisez aux droits qui permettent de financer des formations. Nous en parlerons dans le prochain épisode et on se dit quoi ? Vous l'aurez compris, être célèbre sur la toile, ça ne veut pas dire tout montrer ni tout dire. Il s'agit plutôt de prendre la parole sur son travail et de créer des points d'ancrage pour celles et ceux qui s'y intéressent. Que vous soyez très à l'aise avec le numérique ou que vous préfériez la discrétion, Prenez le temps d'expérimenter, de tester un réseau, de créer un site, d'écrire des mails. Il y a autant de manières d'exister en ligne qu'il y a d'artistes.
- Speaker #0
Parce que la reconnaissance passe aussi par le travail, par ce qu'on produit, par la manière dont on vit, de son art et surtout comment on finance tout ça. On se retrouvera dans le prochain épisode pour parler d'économie de l'art, de travail visible et invisible et ce que veut dire très concrètement survivre de son art quand on est artiste.
- Speaker #3
Merci d'avoir écouté ce deuxième épisode de On se dit quoi, un podcast produit en collaboration par la Malterie Arts Visuels et le Bureau des Affaires de l'Ombre, avec le soutien de la Région Hauts-de-France et de la Fédération Wallonie-Bruxelles. Merci à Stéphane Cognam et Olivia Ernaïs d'avoir accepté de répondre à nos questions. Elisabeth Bérard, Cathy Ausha, Manon Laverdure, Camille Martel et Guillaumette Ridé ont écrit cet épisode. Vous y avez entendu les voix de David Ayoun, Camille Martel, Romy Berger et Guillaumette Ridé. La réalisation sonore est de Dan A, le montage et mixage de Victor Donati. Prenez soin de vous et on se dit quoi dans un nouvel épisode ?