Speaker #0Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans notre podcast entre savoir et être, où l'on explore les idées reçues, les concepts du développement personnel et ce qu'il signifie vraiment dans notre quotidien. Aujourd'hui, on s'attaque à une expression qu'on entend partout, sortir de sa zone de confort, mais au fond. Cette zone de confort, est-ce que c'est un vrai concept psychologique ou juste une jolie formule pour nous pousser à toujours en faire plus ? La zone de confort, mythe ou réalité ? On en parle tout de suite. Je suis Lauriane Karadzinov, formatrice, coach et fondatrice de One Change Coaching et Éducation. Alors, c'est quoi la zone de confort ? Avant tout, définissons ce dont on parle. La zone de confort, c'est cet espace mental, émotionnel et comportemental où nous opérons avec une sensation de sécurité, de familiarité et de contrôle. Quand on y est, on se sent bien, pas de prise de risque, pas de nouveautés trop stressantes, et puis surtout quelque chose de pas trop prévisible. Vous avez peut-être déjà entendu cette phrase attribuée à Neil Donald Walsh, « La vie commence là où commence votre zone de confort » . L'expression a surtout été popularisée dans les années 90 et 2000 avec l'essor du développement personnel. Mais en réalité, elle a une base scientifique. Dès 1908, deux psychologues, Yerkes et Dodson démontrent qu'un certain niveau de stress améliore les performances, mais trop de stress les dégrade. On appelle ça la courbe de Yerkes-Dodson. Qu'est-ce que le développement personnel ? Le développement personnel, c'est un ensemble de démarches, de pratiques, de réflexions visant à mieux se connaître, à mieux vivre avec soi-même et avec les autres, et à donner du sens à sa vie. C'est une démarche de conscience avant même d'être une injonction à changer. Il ne s'agit pas forcément de devenir quelqu'un d'autre, mais souvent de revenir à soi. On fait beaucoup d'amalgame sur le développement personnel. On dit toujours, mais moi, je n'ai pas envie de changer qui je suis. On a toujours l'impression que le développement personnel, c'est pour changer qui on est. Non, au contraire, c'est pour apprendre à s'accepter. Donc, c'est tout à fait différent. De comprendre ses émotions, de comprendre ses croyances, ses peurs, ses élans. Et puis, de choisir en conscience ce que l'on veut nourrir en soi. Comment est apparu le développement personnel ? Les origines sont très anciennes. Il y a différentes formes de développement personnel qui existent déjà depuis l'Antiquité. On prend un philosophe grec comme Socrate qui disait « connais-toi toi-même » . Déjà, ça posait les bases. Les sagesses orientales comme le bouddhisme, le taoïsme, l'hindouisme travaillent depuis des siècles sur la pleine conscience, l'ego et le détachement. Donc, ce n'est pas quelque chose de nouveau. C'est quelque chose qui s'est démocratisé avec le temps, mais ce n'est pas nouveau. Il y a le stoïcisme. Le stoïcisme, c'est une philosophie de vie qui enseigne à cultiver la paix intérieure en se concentrant uniquement sur ce qu'on peut contrôler, donc faire preuve de discernement sur nos pensées, nos actions, nos réactions, et en acceptant avec sérénité tout ce qui ne dépend pas de nous. Ça encourage également la maîtrise de soi, la clarté d'esprit, la vertu, pour vivre de manière alignée, libre, résiliente, même face à l'adversité, j'ai envie de dire surtout face à l'adversité. Mais nous en reparlerons plus précisément lors d'un podcast dédié aux outils du coach. Le tournant moderne du développement personnel tel qu'on le connaît aujourd'hui, émergent dans les années 50 à 70 avec la psychologie humaniste qui met l'accent sur le potentiel humain, l'authenticité, la croissance intérieure. Nous connaissons également la fameuse pyramide de Maslow qui est une théorie de la motivation humaine proposée par le psychologue Abraham Maslow en 1943 et elle décrit les cinq grands types de besoins humains classés par ordre d'importance. C'est également un outil fort utilisé par les coachs pour diagnostiquer les besoins, conscientisés ou non, non satisfaits, chez une personne. et de mieux l'orienter dans son accompagnement. Et puis ensuite, dans les années 80 et 90, ça va s'élargir au monde de l'entreprise, à la productivité, au coaching, et ça commence aussi à perdre parfois en profondeur en profit de slogans motivants. C'est quoi finalement le but du développement personnel ? Contrairement à ce qu'on croit souvent, le développement personnel n'est pas là pour nous dire qu'on n'est pas assez bien comme on est, comme je vous le disais, mais plutôt pour apprendre à se connaître vraiment, au-delà des rôles, des masques sociaux. C'est aussi d'accepter ses vulnérabilités, ses limites, ses besoins. C'est de se réconcilier avec ce qu'on est et ce qu'on veut devenir, sans culpabiliser évidemment si ça prend du temps. Et puis c'est retrouver le pouvoir d'agir, pas pour tout changer, mais plutôt pour choisir ce qu'on veut faire. Autrement dit, ce n'est pas un processus de transformation forcée, c'est plutôt un chemin vers la lucidité, l'apaisement, et même parfois une forme de liberté intérieure. Donc le piège aujourd'hui, c'est la vision toxique du développement personnel qui dit « tu dois être heureux tout le temps, Si tu échoues, c'est que tu ne penses pas assez positivement. Tu peux tout réussir si tu t'en donnes les moyens. C'est une vision très culpabilisante qui oublie une chose, c'est que l'humain est complexe et que le développement personnel est un chemin non linéaire et totalement intérieur. Il inclut donc les rechutes, les doutes et les temps de pause, évidemment. Parfois, le plus grand acte de développement personnel, c'est simplement de s'autoriser à ne pas aller bien et c'est de l'accueillir son jugement. Plutôt que de chercher à aller mieux à tout prix, prenez un moment au calme et posez-vous cette question. Est-ce que j'ai envie d'aller bien ? Ne cherchez pas à répondre immédiatement, mais laissez-la résonner en vous. Observez ce que vous ressentez, ce qui vous pèse, ce qui vous agite. Et demandez-vous qu'est-ce qui, dans ma situation actuelle, ne dépend que de moi. Cette simple réflexion peut vous aider à y voir plus clair. à faire preuve de discernement et surtout à relâcher les pressions inutiles, celles que vous ne pouvez peut-être pas régler, ou tout du moins pas ici et pas maintenant. Dans cette lucidité, nous allons donc commencer un vrai pas vers soi. Et en résumé, le développement personnel à l'origine n'a jamais été une injonction à changer pour être mieux, c'est une invitation à se retrouver, à se reconnecter, à s'autoriser à être pleinement soi dans ses forces et ses failles. Il ne s'agit pas de devenir parfait, il s'agit d'apprendre. à être vrai et à accepter tout notre être et nos pensées. Donc c'était une petite parenthèse sur le développement personnel pour mieux comprendre justement pourquoi nous allons parler de la zone de confort et qu'est-ce que ça fait dedans. Pourquoi on nous pousse à sortir de cette zone de confort finalement ? L'idée qui circule beaucoup aujourd'hui, c'est que rester dans sa zone de confort serait dangereux. On stagne, on s'ennuie, on se ferme au changement. Oui, il y a du vrai, ça c'est sûr. Quand on ne se met jamais au défi, on peut passer à côté d'eux. beaucoup d'opportunités, par exemple comme apprendre une nouvelle langue, changer de carrière, oser dire ce qu'on pense, développer un projet qui peut paraître fou pour d'autres mais totalement aligné avec nous-mêmes, tout cela va demander une forme de déséquilibre contrôlé. Pour l'anecdote, quand j'ai pris mon premier poste de formatrice, je devais sillonner toute la France, alors que je n'avais pas conduit depuis 5 ans, depuis l'obtention de mon permis de conduire. C'est un vrai saut dans ma vie, j'avais peur de conduire seule, sur de longues distances, de me garer, de me repérer dans des villes inconnues. Mais j'avais aussi une autre peur bien plus profonde. Quand j'ai commencé la formation, c'était aussi de parler en public, m'exprimer devant un groupe, capter l'attention, transmettre un message clair. Tout cela était pour moi insurmontable. Et pourtant, c'est en osant faire, en me lançant malgré la peur, que j'ai eu peu à peu repoussé toutes ces barrières. J'ai découvert que la réalité du terrain, l'action dans le moment présent, a bien plus de force que les scénarios qu'on se crée dans nos têtes. Mes peurs se sont dissipées à mesure que je les affrontais, une à une. Et aujourd'hui, non seulement je conduis partout en toute autonomie, mais j'adore aussi prendre la parole en public. C'est même devenu l'un de mes plus grands plaisirs dans mon métier et qui m'amène aujourd'hui à créer des podcasts. Ce que je croyais être dans mes limites, c'était simplement des murs imaginaires. Je les ai poussés et poussés, petit peu par petit peu. J'ai élargi ma zone de confort en poussant les murs. Et grâce à l'expérience et en embrassant l'inconnu, j'ai réussi en tous les cas à ouvrir cette zone. Et c'est en bougeant, en expérimentant, que j'ai trouvé le champ de tous les possibles. C'est vrai que ce n'était pas si simple de sortir de sa zone de confort. Mais attention, le discours du « sors de ta zone de confort, sinon tu vas rater ta vie » , ça c'est catastrophique, c'est même très toxique. Sortir de sa zone de confort en permanence, sans temps de repos ni retour à une zone de sécurité, peut mener à l'épuisement, à l'anxiété, voire même au burn-out. Donc attention, tout est une question de dosage. La réalité, c'est qu'on a besoin de cette zone de confort. Elle est notre base, notre socle de sécurité. Elle permet la récupération, la réflexion, l'intégration des expériences vécues. Donc la croissance ne vient pas contre la zone de confort, mais en s'en servant comme tremplin. Ça, c'est un psychologue clinicien qui l'a dit, c'est pas moi. Il existe trois zones qui entourent la zone de confort, représentant comme un noyau entouré de quatre couches. Donc nos zones de confort, au milieu, le noyau. Donc je me sens en sécurité, mais je n'évolue pas forcément. On y ressent un sentiment de contrôle et de sécurité, on y stagne. Donc il n'y a pas de nouveauté, il n'y a pas de prise de risque. On peut s'y sentir à l'aise, mais à long terme, on peut aussi s'ennuyer ou s'y sentir limité. Autour de ce noyau, une deuxième zone, la zone de peur. Donc, je doute, je suis tenté de reculer. Alors, dès qu'on sort de sa zone de confort et qu'on arrive dans cette première zone de peur, on entre dans l'inconnu. Donc, ça va nous créer une peur du jugement, peur du regard des autres, peur d'échouer, peur de se tromper. On peut se trouver toutes les excuses du monde pour ne pas avancer et ne pas changer. C'est normal, c'est une zone totalement inconfortable, mais nécessaire pour évoluer. Et quand on a traversé cette zone de peur, on arrive dans une troisième couche, qui est la zone d'apprentissage. Qu'est-ce qu'on se dit ? Je commence à m'adapter, à apprendre, à évoluer. On va acquérir de nouvelles compétences, on va apprendre à relever les défis et à résoudre les problèmes. On commence à reprendre confiance en soi, grâce à l'expérimentation de cette nouvelle situation, de cette démarche. Et cette zone va nous demander de l'effort, mais c'est là qu'on commence à grandir vraiment. Qu'après la peur, le saut dans le vide, l'apprentissage. Après l'apprentissage, il y a la quatrième zone qui est la zone de performance ou de croissance. Je m'épanouis, je me dépasse, je vis mes rêves. on entre dans une phase d'accomplissement. On se sent aligné, confiant et totalement capable puisqu'on a expérimenté et qu'on s'est aperçu que ça pouvait marcher. Donc la peur n'existe plus, on va trouver nos valeurs, on va s'ouvrir à de nouvelles opportunités, on va vivre ses rêves. Et c'est ici qu'on peut définir de nouveaux objectifs avec clarté. Ce qu'il faut retenir, c'est que la zone de confort, c'est un processus où on va passer par la peur, l'apprentissage puis la croissance. C'est un chemin qui est progressif, il est naturel. Donc les doutes et les blocages font entièrement partie Merci. du voyage. Le vrai changement, ça ne vient pas d'un grand saut, mais de petites sorties régulières de sa zone de confort avec des objectifs, même minimes. Il suffit totalement à avancer. Alors comment sortir de sa zone de confort sans s'épuiser ? La meilleure des approches pour élargir sa zone de confort, c'est évidemment de ne pas en sortir brutalement. Voici quelques petites stratégies. Déjà les petits pas. Faire une action un peu inconfortable chaque jour, par exemple parler dans une réunion alors qu'on parle jamais. essayer une nouvelle activité qu'on n'a jamais osée, ou quelque chose de nouveau, mais pas forcément quelque chose de simple, quelque chose qui va nous sortir un petit peu de ce qu'on sait déjà faire. Et justement, on a aussi tous ces bagages-là qui peuvent nous permettre d'avancer. Ensuite, la zone d'apprentissage, c'est savoir se situer entre le confort et le stress, ou même des fois la panique, là où on apprend sans se briser les ailes. Donc on y va tranquillement. Et on va écouter aussi les signaux, la fatigue, la frustration, l'excitation. Tout ça, il faut savoir le doser. Essayez cette semaine de faire une chose que vous avez envie d'essayer, mais que vous avez toujours repoussée. Pas besoin que ce soit énorme, mais juste une première étincelle et ça vous fera avancer avec un peu de lumière. Comment on va élargir notre zone de confort ? Par exemple, différentes actions simples dans votre communication. C'est poser une question en réunion, c'est donner son avis sans se justifier, c'est saluer quelqu'un qu'on croise souvent, à qui on n'a jamais parlé, c'est lancer une conversation avec un collègue à la machine à café, etc. Dans l'apprentissage, par exemple, c'est lire cinq pages d'un livre qu'on n'a jamais osé commencer, c'est regarder une vidéo inspirante sur un sujet qui nous fait peur ou parfois nous intimide, donc ça va nous faire travailler un sujet qu'on a peut-être mis de côté assez longtemps. C'est tester une application pour apprendre une langue ou améliorer une compétence. Dans notre quotidien, ça va être quoi ? Ça va être prendre un chemin différent pour aller au travail. Ça peut être d'aller dans un café tout seul ou au resto tout seul. Il y a un moment de gens qui n'aiment pas aller au restaurant tout seul, ils ont peur, ils ont peur d'être seuls. Alors que si ça se trouve, ils prendraient peut-être un bon livre ou un bon podcast ou une bonne vidéo. Et finalement, ils passeraient un moment agréable avec eux-mêmes. Essayer un plat qu'on n'a jamais mangé ou une activité qu'on n'a jamais testée. C'est aussi savoir dire non à une demande qui ne nous convient pas. C'est aussi sortir de sa zone de confort, savoir dire non quand on dit toujours oui ou qu'on a des oui automatiques à tout. Et que finalement, on se crée une charge énorme. Alors que des fois, dire non, c'est aussi sortir de sa zone de confort. Et effectivement, quand on dit non à quelque chose qui ne nous convient pas, c'est aussi se rendre compte que le monde ne s'écroule pas en face de nous. Chaque réaction face à nous appartient aux personnes qui sont face à nous, pas à nous. Donc, le non résonne de deux manières. Il y a les personnes qui ne savent pas dire non et les personnes qui ont peur d'une réponse négative face à eux. C'est un sujet que nous approfondirons bientôt, mais surtout, il ne faut pas tout prendre personnellement et imaginer que face à nous, un non sera la prémisse d'un froid. irréversible et durable dans une relation. On va sortir de notre zone de confort, notre prise de parole aussi. C'est s'entraîner à parler à voix haute chez soi, avec un pitch, un discours, une présentation, peut-être même chanter. C'est prendre la parole dans un petit groupe, s'en chercher à être parfait. C'est s'inscrire dans une activité comme le théâtre d'un pro ou un atelier d'expression orale. Ça aussi, c'est sortir de sa zone de confort. Quand on sait qu'on n'est pas bon en prise de parole, pour en sortir, on peut aussi utiliser des méthodes qui vont nous aider. Et dans la confiance en soi, c'est se féliciter aussi pour une petite victoire chaque jour. C'est noter une chose qu'on a osé faire, même si c'était inconfortable. Et c'est s'autoriser à dire je ne sais pas, sans se sentir nulle, évidemment. Si vous prenez un petit cahier et chaque jour vous notez un truc que vous avez fait de manière nouvelle, que vous n'avez jamais fait avant, au bout de plusieurs semaines, plusieurs mois, vous allez vous rendre compte de tout ce que vous avez été capable de faire. Et ça, ça va vous booster. Une petite astuce aussi, c'est le 1% par jour. L'objectif n'est pas de changer radicalement du jour au lendemain. mais de bouger vos limites à 1% par jour. Et à force de répétition, ce qui nous paraissait effrayant, va devenir bientôt très naturel. Alors, la zone de confort, est-ce que c'est un mythe ou une réalité ? Ce n'est pas un mythe, mais ce n'est pas non plus une prison ou une longue sieste sur un canapé. C'est un point de départ, un endroit où on se sent bien, où on peut choisir de sortir raisonnablement pour évoluer à son rythme. Grandir, ce n'est pas fuir sa zone de confort. c'est apprendre à en faire un point d'ancrage solide pour oser s'en éloigner un peu plus chaque jour. Je vous remercie de m'avoir accompagné pour cet épisode de Entre savoir et être avec OneChange Coaching. Lors de notre prochain épisode, nous parlerons d'un outil extraordinaire, la puissance du questionnement. Oui, c'est un outil incontournable pour tous les coachs, mais très sous-estimé en formation et pourtant, c'est certainement celui qui a le plus d'impact pour captiver son audience, générer des prises de conscience et surtout pour faire émerger des solutions, de la curiosité. et bien d'autres résultats hautement efficaces. Tout cela en total alignement avec la transmission des savoirs. Si vous avez aimé, abonnez-vous, partagez et surtout prenez soin de vous. Que vous soyez dans votre zone de confort ou juste à ses frontières. A très bientôt pour un nouvel épisode et d'ici là, restez curieux.