- Speaker #0
Moi je vois ça comme un mixologue du digital. C'est comme si tu faisais un cocktail, t'as des tas d'ingrédients devant toi. L'objectif c'est de réussir à mixer un petit peu tous ces éléments. L'innovation c'est pas sortir quelque chose de son chapeau que personne n'a vu, c'est d'utiliser quelque chose qui existe déjà et de l'améliorer.
- Speaker #1
Tu vois Alexandre Assiet disait ça, ça m'a fait beaucoup rire. Il a dit un truc très juste. Je ne bosse plus du tout avec des connards. C'est con à dire, mais en vrai si tu peux pas bosser avec quelqu'un avec qui t'auras envie de prendre un café, on va se faire chier quoi. Bonjour à tous, je suis Alexandre, le fondateur de The One Studio, un collectif de cool kids passionnés par la tech et le product. Bienvenue dans OneShot, notre premier podcast pour pouvoir parler de tech, d'actualité, rencontrer les personnes qui créent ce monde digital. On va parler aujourd'hui de plein de choses et on va entrer dans le quotidien d'un des géants de l'hôtellerie avec notamment un des membres de la team mobile du groupe Accor. J'ai le plaisir d'accueillir David Keichinger. David, je suis ravi de pouvoir te parler aujourd'hui et de t'intégrer sur cette première édition de OneShot. Comment vas-tu ?
- Speaker #0
Ça va très bien et puis enchanté aussi, Alexandre, de participer à ce podcast.
- Speaker #1
Merci beaucoup d'avoir répondu présent. C'est hyper important pour moi, ça va me permettre de poser plein de questions, d'entrer dans le quotidien d'une des applications les plus utilisées dans le monde. Accor, c'est un groupe hôtelier gérant, le numéro 1 pratiquement mondial, si on enlève les... Les US et la Chine, tu es dans la création d'une des applications qui entre dans le quotidien de plein de gens. Comment est-ce qu'on fait ça ? Par quoi on commence ? Qui est David Kéchinger ? Qui est l'homme qu'on a le plaisir de recevoir aujourd'hui ?
- Speaker #0
David Keichinger, donc Tribe Tech Lead, côté Accor sur la Tribe application mobile. Moi je suis chez Accor depuis 10 ans, 10 ans sur l'application mobile. Donc je dirais presque que c'est un peu un de mes bébés dans ma vie professionnelle. L'application mobile qu'on a fait grandir, qui aujourd'hui... par réussi à atteindre des objectifs plutôt sympathiques et ambitieux.
- Speaker #1
Quand on pense à une application mobile, forcément on pense à ce qu'il y a autour. L'application vient servir un but connexe à des hôtels. Comment ça se passe typiquement quand on veut construire une app pour un géant de l'immobilier ou si demain quelqu'un a envie de construire une app pour un hôtel en propre, comment ça fonctionne, quelles sont les idées qu'on doit avoir, qu'est-ce qu'on doit avoir en tête ? pour créer quelque chose qui fonctionne.
- Speaker #0
Si tu parles au niveau hôtelier indépendant ou au niveau hôtelier groupe, les premières choses à savoir, c'est effectivement quelle est la clientèle qu'on veut adresser, savoir un petit peu quels sont les besoins qu'on veut fournir, être conscient du marché aussi. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, le marché de l'hôtellerie, d'un point de vue applicatif, il est aussi drivé beaucoup par ce qu'on appelle les OTA, les Online Travel Agency, donc c'est tout ce qui est booking. tout ce qui est Expedia. Donc si tu devais commencer à créer ton application pour ton hôtel ou ton groupe d'hôtels, ce serait déjà de te dire qu'est-ce que je vais avoir de différenciant par rapport à un booking, un Expedia ? Qu'est-ce qui peut me démarquer ? Qu'est-ce qui ferait que les clients viendraient me voir ?
- Speaker #1
Ça fait 8 ans, tu nous as dit, que tu étais sur ce job-là ? 10 ans, pardon. Comment ça a évolué sur ces 10 dernières années pour toi ? Tu n'étais pas forcément à ce poste-là avant, j'imagine.
- Speaker #0
Du point de vue évolution professionnelle, effectivement, je suis arrivé chez Accor dans un contexte plutôt sympathique. Il y a dix ans de ça, Accor se lançait dans son premier plan d'accélération digitale. À ce moment-là de la vie d'Accor, il y avait déjà des frontes de distribution web et app. Mais il y avait effectivement un enjeu stratégique de booster un petit peu cette présence digitale d'Accor par rapport au reste du marché. et donc il y avait un besoin de renforcer un petit peu les équipes et puis de voir ce qu'on pouvait développer. Donc moi je suis arrivé dans ce contexte-là en tant que chef de projet tech sur une application qui avait déjà quelques années d'ancienneté mais qui était principalement une grosse coquille vide qui embarquait un site web. Et donc premier objectif c'était comment est-ce qu'on monte une équipe de développement mobile et comment est-ce qu'on crée une application native à hauteur des attentes de ce que les clients pourraient souhaiter avoir.
- Speaker #1
Application native. J'imagine sur deux OS différents. J'imagine, je le sais, sur deux OS différents.
- Speaker #0
À l'époque, même trois, parce qu'à l'époque, on desservait aussi les BlackBerry. Donc, c'est une solution qui est morte relativement vite. Et donc, on est resté focalisé, effectivement, à iOS Android. Et puis ensuite, on a un pendant d'application mobile, web, web mobile et desktop.
- Speaker #1
Tu as participé forcément à la création d'une équipe ? à la création peut-être de même plusieurs équipes qui ont dû évoluer avec le temps. Tu as grandi aussi en parallèle du projet, en parallèle des équipes, en parallèle des ambitions, d'Accor Comment on fait quand on est opérationnel dans un groupe comme Accor pour garder les pieds sur terre, réussir à créer une app qui va fonctionner, qui va servir beaucoup, beaucoup de gens, et j'imagine peut-être même des clients qui sont... extrêmement différents et pour conserver un niveau de qualité vachement élevé.
- Speaker #0
Il y a beaucoup de choses derrière cette question-là. Si on part du démarrage de ta question, est-ce qu'on crée des équipes ? Oui. Il faut faire naître ces équipes-là. C'est tout l'aspect stratégique des rôles qu'on a. C'est déjà d'identifier quels sont les besoins qu'on va avoir. Besoin sur le nombre de personnes, besoin sur les soft skills, sur les hard skills. Quelle typologie d'équipe on a envie de monter ? Typologie d'équipe qui va nous accompagner. pour créer justement un projet ambitieux. Donc ça prend du temps, on se cherche pas mal sur cette partie staffing, découverte un petit peu des profils, où est-ce qu'on a envie d'aller, de qui on a besoin d'être accompagné. Ensuite on a aussi tout l'aspect stratégie tech. Aujourd'hui qu'est-ce qu'on a besoin de mettre en place et quelle est notre vision sur du court, moyen, long terme ? Parce qu'on ne sait pas quelle sera l'application de demain. Et ça c'est un des gros enjeux qu'on peut avoir. On est driveé, je ne vais pas dire au jour le jour, mais chaque mois est un nouveau mois. On le voit très bien aujourd'hui avec l'avènement de l'IA, où chaque jour est un nouveau jour pour l'IA. Dans la tech au global, chaque mois c'est un nouveau mois avec des nouveaux enjeux, des nouvelles opportunités qui se créent. Et donc c'est comment est-ce qu'on se prépare à ça, dans la mesure du possible et effectivement de ce qui peut être prévu. Donc il y a cet enjeu de personnes, cet enjeu de stratégie tech, et ensuite il y a aussi tout un volet produit. business. Là par contre c'est pas mon rôle donc je laisserai ça à d'autres personnes compétentes.
- Speaker #1
Créer une équipe, la stratégie, la déployer au quotidien, ça veut dire que tu es garant d'un résultat, mais j'imagine que tu as aussi la possibilité de pouvoir ajouter ta patte perso, comment ça fonctionne typiquement pour pouvoir se dire tiens aujourd'hui sur cette application voilà ce que moi je pense efficace, voilà ce que je pense. Bon, Kébel, peut-être pour la suite de l'application et pour tous les clients qui vont utiliser cette application, ça se traduit comment au quotidien pour toi et pour tes équipes ?
- Speaker #0
Alors pour nous, ça se traduit, alors nous, côté équipe tech, ça se traduit déjà par un engagement vis-à-vis du produit qu'on développe. C'est-à-dire qu'on n'est pas là pour faire de la tech pour de la tech, on est là pour faire vivre un produit. Donc au final, ce qu'on attend de toute l'équipe tech, et c'est un petit peu la philosophie qu'on essaye d'impulser dans les équipes, c'est aujourd'hui, soyez ouverts aux produits sur lesquels vous travaillez. Soyez actifs dessus et puis surtout soyez participatifs. Participatif c'est à dire qu'on vient pour faire de la tech donc trouver les meilleures solutions techniques possibles pour justement faire évoluer ce produit là mais aussi venez avec votre ressenti d'utilisateur, de client potentiellement un petit esprit auto-entrepreneurial pour se dire effectivement moi je suis en capacité de vous proposer des choses qu'on n'avait pas identifié comment est ce que ça peut se mettre en oeuvre. D'un point de vue très opérationnel Pour passer un petit peu ces mots qui ne sont que des mots, c'est que sur une itération de développement, on va se laisser du temps pour tout ce qui est valeur business et produits, on va se laisser du temps pour tout ce qui est valeur tech, et donc c'est tout notre socle technique et où est-ce qu'on a envie d'aller. On va aussi s'accorder du temps sur de la réflexion et puis un petit peu de R&D, donc faire des phases de POC, Proof of Concept, donc tester des petites solutions. ou bien faire de la veille pour savoir qu'est-ce qui se passe chez les concurrents, qu'est-ce qui se passe sur le marché de la tech au global, qu'est-ce qui se passe sur le marché des applications mobiles, où est-ce qu'on peut avoir une carte à jouer.
- Speaker #1
Tu as toujours été dans le monde du mobile ?
- Speaker #0
Non, je ne viens pas du tout du monde du mobile. Par contre, j'ai toujours été dans la tech. J'ai commencé ma carrière il y a plus d'une vingtaine d'années en tant que développeur front. Donc moi, j'ai fait du développement front, j'ai fait du développement back, j'ai fait de la chefferie de projet. plutôt sur des produits clients lourds ou applications web. Et puis, un jour est arrivé le mobile dans ma vie. Et à partir de ce moment-là, par contre, ça a été un switch. Je me suis dit, il y a un souffle d'air frais qui arrive sur le marché de la tech avec les applications mobiles. J'ai envie de me lancer dedans. Il y a une opportunité qui s'est présentée sur la chefferie de projets mobiles. Je me suis engouffré dedans. Et puis, depuis, j'y suis resté.
- Speaker #1
Ça y est, c'est ton dernier amour, tu penses ?
- Speaker #0
Alors c'est pas mon dernier amour et c'est ce qui est super intéressant dans notre dans nos métiers du digital c'est qu'au final on a un champ des possibles qui est infini donc effectivement ça fait partie des choses qu'on apprend avec le temps faut pas rester figé sur un périmètre particulier sur une techno particulière hyper ouvert à tout ce qui se passe donc aujourd'hui bah c'est concrètement moi je sors un pas du mobile, je rentre un petit peu dans le web et donc aujourd'hui je gère une partie du mobile, une partie du web chez Accor.
- Speaker #1
Quand on se parle de gérer une partie mobile, gérer une partie du web et du rôle de Trail Tech Lead pour le commande immortel et par exemple pour ma maman qui pourrait m'écouter je pense que si je suis Trail Tech Lead de l'application d'Accor, elle va me dire quoi ? ça veut dire quoi concrètement être Trail Tech Lead d'une app ?
- Speaker #0
Je ne vais pas le faire sur quelque chose d'extrêmement concret. Je vais peut-être vulgariser, je vais peut-être utiliser une terminologie très différenciante. Moi je vois ça comme un mixologue du digital. Mixologue, c'est-à-dire que c'est comme si tu faisais un cocktail, tu as des tas d'ingrédients devant toi. Tes ingrédients, ça va être du budget, ça va être des équipes, ça va être une vision stratégique, ça va être une vision business, ça va être une vision produit, une vision tech. L'objectif, c'est de réussir à mixer un petit peu tous ces éléments, faire un bon coup de checker et sortir des applications qui vont desservir les besoins du groupe pour lequel tu travailles, donc en l'occurrence Accor. Nos besoins sur l'hôtellerie répondent pas forcément qu'aux besoins d'un client final, mais répondent aux besoins des hôteliers. Et du coup, c'est de faire une application qui peps et qui donne aux gens l'envie de l'utiliser.
- Speaker #1
Ça va dire forcément une dose de défi, parce que tu construis une maison en fait. Tu as des fondations, tu as l'architecture intérieure, l'architecture extérieure pour que tout fonctionne. Comment vous arrivez à faire en sorte que ça fonctionne ? Les défis principaux que vous rencontrez, ils vont être de quel type ? Est-ce qu'ils vont plutôt être de type tech ? Est-ce qu'ils vont plutôt être de type fonctionnel ? Est-ce qu'ils vont plutôt être de type business en se disant que vous êtes drivé par l'un ou l'autre ou par les trois ? Comment fondamentalement ça fonctionne pour se dire que ce qu'on fait, c'est bon ?
- Speaker #0
C'est extrêmement compliqué. Tu as une part de pragmatique. Tu as une part aussi d'inconnu, ça tu ne pourras jamais t'en passer parce que si tu vas être disruptif, il faut partir un petit peu dans l'inconnu. Sur les pans, tu as tout, tu as du challenge technique. Effectivement, c'est-à-dire que comment tu construis l'application de demain, comment tu prépares les bases, ça passe assez souvent par des grosses phases de réflexion et ces phases de réflexion nous amènent à nous dire aujourd'hui on est peut-être arrivé à une impasse, qu'est-ce qu'il faut faire ? Donc qu'est ce qu'il faut faire ? Ça peut être revoir complètement une stack technique, repartir de zéro et repartir sur un nouveau langage de développement, une nouvelle architecture. Ça peut être aller chercher de nouvelles briques pour pouvoir trouver des solutions, des pratiques qu'on ne savait pas aborder. Ça peut être aujourd'hui passer par de l'IA aussi, nous assister sur cette création là. Tant pendant forcément UXUI, on va avoir une application qui évolue. avec les utilisateurs, qui évoluent avec les usages, qui évoluent avec le temps, qui va donner justement une petite touche de peps et être différenciante des autres applications. Comment est-ce qu'on va répondre à leurs besoins via des mécaniques d'animation, des mécaniques de parcours client. Tu as toute une stratégie aussi sur la partie qualité. Comment est-ce qu'on fait pour que notre application, une fois qu'elle est diffusée worldwide, face à des millions d'utilisateurs partout dans le monde, Qu'on sache rapidement identifier les différents soucis qui peuvent s'opérer. Ça peut être des soucis réseau, donc on revient dans de la tech. Ça peut être des soucis d'usage. Donc là, on revient peut-être sur du design et sur du marketing. Comment ça se passe dans tel pays ? C'est quoi leurs usages de paiement ? C'est quoi leur usage e-commerce ? Et puis, tu as toute une stratégie business à l'échelle d'un groupe. Comment est-ce qu'on dessert les besoins d'un hôtelier ? Comment est-ce qu'on met en avant ? La qualité de ces hôtels, puisque chez Accor, on a différentes segmentations. On part d'une segmentation qui est économique jusqu'à monter sur de l'ultra luxe. Donc il faut aussi avoir une application qui peut éventuellement s'adapter à ces enjeux différenciants. Et ensuite, tu as un tout dernier volet, qui est le volet des données. C'est vrai. Les données, c'est-à-dire tout ce qu'on appelle la data privacy. Donc tout ce qui est respect des CNIL à travers le monde, puisqu'on connaît plutôt bien. L'ACNIL sur la France et sur l'Europe. On connaît beaucoup moins ces législations au niveau mondial. Et donc, du coup, c'est des enjeux complémentaires. Donc, il y a tout cet aspect données, les données personnelles, les données de carte bleue. Il y a tous les aspects aussi anti-fraude. On est une plateforme e-commerce. Donc, comment est-ce qu'on gère ce qui pourrait être considéré comme une fraude au niveau des affichages qu'on fait, au niveau des offres promotionnelles, etc. Et un tout dernier pan qui me vient un petit peu en esprit et qu'il ne faut surtout pas oublier, c'est nos utilisateurs et nos utilisateurs en situation de handicap. Il y a aussi tout un pan lié à ce qu'on appelle désormais l'accessibilité. Et donc, comment est-ce qu'on fait pour avoir une application qui permet d'être ouverte et utilisable par toutes les personnes, quelle que soit la typologie de handicap ?
- Speaker #1
Ok, hyper intéressant. Vous traitez une application depuis la France, pour le monde entier. Est-ce que ce n'est pas un frein de temps à autre pour des questions d'expérience ou pour de l'acquisition sur de nouveaux marchés ? Comment vous faites justement pour avoir les meilleurs retours et les meilleures améliorations, un peu sur le principe du Think Local, Act Global ?
- Speaker #0
Alors tu as raison. Je ne peux pas dire qu'aujourd'hui on est 100% agnostique de notre façon de penser française ou européenne. Ça se ressent assez souvent dans des réflexions qu'on a, dans des discussions qu'on a, dans les premiers échantillons qu'on fait. C'est extrêmement compliqué de se projeter sur des marchés qu'on ne connaît pas du tout. Donc on a plutôt tendance à partir sur peut-être deux, trois pans principaux. Un pan qui est tout ce qui est études du marché. regarder un petit peu quelles sont les applications équivalentes, comment est-ce qu'elles fonctionnent à l'étranger, quels sont les designs qu'ils ont, les façons d'opérer, un petit peu la magie du digital auprès de leurs clients. Tu as un pan qui est les relais qu'on a dans les différents pays du monde, et ça c'est un pan hyper important pour nous. Donc on a des personnes qui sont aussi là, côté business, côté marketing, côté produit, côté design, un petit peu côté tech. On peut dire que nos usages dans notre pays, c'est à peu près ça. Puis, tu as un dernier pan qui est l'aspect créativité. C'est-à-dire, est-ce qu'on doit avoir une vision multi-pays ou est-ce qu'on doit, par moment, faire du full spécifique ? Donc, ça rentre un petit peu dans toute la balance de ce qu'on crée.
- Speaker #1
Un hôtel, ça reste une expérience physique. L'application ou la résa sur le site web, ou en tout cas tous les outils digitaux qui ont été créés par le groupe Accor. pour venir appuyer un peu ce business, comment ils fonctionnent, et surtout, quelle est la part qu'ils ont dans la responsabilité du succès d'un groupe comme Accor ?
- Speaker #0
Question avec beaucoup de volets.
- Speaker #1
Oui, question avec plein de volets. J'adore faire des questions à tiroir. Je sais que c'est super chiant d'y répondre. C'est hyper compliqué. Mais par contre, ça te laisse la possibilité de prendre toute la question ou peut-être qu'une seule partie.
- Speaker #0
Écoute, j'essaierai de prendre le maximum de cette question-là. Il y a une chose qui est... Claire et sur lesquels, côté accord, on sait qu'on n'a pas envie d'aller. On ne veut pas du full automatisé, on ne veut pas du full expérientiel, digital, parce que l'hôtellerie, ça reste avant tout l'humain. Et c'est important que nos clients, quand ils arrivent à l'hôtel, ils soient bien accueillis, ils soient identifiés comme un client, qu'ils puissent avoir des gens qui sont là pour les accompagner, pour répondre à leurs questions. Par contre, effectivement, l'outil digital est un outil qu'on a envie d'utiliser pour simplifier certains parcours qui pourraient être plutôt chronophages pour les équipes in-hôtel et apporter au final une plus grande valeur à être digitalisé. Au lieu de perdre du temps à faire des petites tâches, on va automatiser ces tâches-là et du coup, le personnel in-hôtel pourra se focaliser sur son cœur de métier, c'est-à-dire accueillir le client et être à ses côtés. Si on devait concrétiser ça, et au niveau de l'application par exemple, Nous on essaye de transformer notre application en une sorte de compagnon de voyage. C'est-à-dire, qu'est-ce que cette application peut t'apporter pour résoudre des parcours à friction lorsque tu es à l'hôtel. A titre d'exemple, aujourd'hui on met en place une clé digitale. Et donc c'est-à-dire qu'au lieu de passer par forcément le desk pour avoir ta clé sur toi, avoir un problème avec ta clé qui est démagnétisée, retourner au desk, etc. La clé est mise au niveau du smartphone. Et donc, c'est ton smartphone qui te sert de clé digitale pour ouvrir ta porte de chambre.
- Speaker #1
Donc, tu ne peux plus perdre ta clé. Tu n'as plus ce problème de la clé perdue. Normalement,
- Speaker #0
tu ne peux plus la clé perdre.
- Speaker #1
Je vois très bien. C'est cool. Et tu as d'autres features comme ça qui vont venir impacter un peu l'expérience pour le client ?
- Speaker #0
On a pas mal de choses qui se mettent en place, plus ou moins simplement. Il faut voir aussi un groupe comme Accor, mais tous les groupes hôteliers à travers le monde, comme quelque chose de... Très très très hétérogène, il faut qu'on réussisse à trouver des solutions qui vont convenir à tout le monde, des services qui peuvent être mis en place un petit peu dans tous les hôtels, donc ça c'est une de nos grosses complexités aussi. Mais on arrive à trouver des petits points comme ça qui sont sympathiques. On peut faire de la location de VTC, donc depuis l'application, tu as besoin de passer de l'hôtel à l'aéroport, ou tu as juste besoin de prendre une voiture pour aller quelque part, l'application te permet justement de faire cette location de VTC et de le réserver.
- Speaker #1
Donc finalement, tu as la partie réservation d'hôtel, l'accompagnement sur ton parcours dans l'hôtel, mais tu peux aussi utiliser l'application All comme quelque chose de complètement dissocié d'une réserve d'hôtel ?
- Speaker #0
Alors l'application All va avoir aujourd'hui deux gros pendants. Un pendant qui est 100% la réservation d'hôtel, effectivement. Et donc tu vas driver ton client pour s'inspirer sur son choix de destination. jusqu'au moment où il aura trouvé il fera sa réservation et ensuite tu as tout cet aspect compagnon de voyage c'est à dire qu'est ce que l'application peut m'apporter en tant que client une fois que je suis à l'hôtel donc c'est comment j'interagis avec l'hôtel, par exemple via un chat avec l'hôtelier donc depuis mon smartphone Tu peux discuter directement avec le desk ou n'importe quelle personne de l'hôtel pour dire « j'ai un souci dans ma chambre, j'aurais besoin de ça comme information, je ne sais pas à quelle heure commence le petit déjeuner » . Cette interaction est simplifiée. Tu vas avoir aussi toutes ces interactions autour de l'environnement proche de l'hôtel, le service de VTC, des services événementiels, pour savoir ce qu'il y a comme événement à proximité de l'hôtel et qui pourrait être utile pendant ton séjour. et tout ça. et raccordé au programme Fidélité. C'est-à-dire que tu peux payer une partie des activités en dehors de l'hôtel avec tes points Fidélité Accord. Et donc, ça te fait une expérience un petit peu complète via ton application.
- Speaker #1
Il y a des features que vous avez essayé un jour de mettre en place qui, sur le papier, étaient des bangers absolus et qui, dans la réalité, sont avérés être des flops ou n'étaient juste pas du tout possibles techniquement parlant ?
- Speaker #0
Je pense à un truc qui était... possible techniquement parlant par contre ça a été effectivement un flop en termes d'usage et puis d'envie de déployer alors ça je reviens des années en arrière quand je suis arrivé chez Acorn on avait fait un petit POC en réalité augmentée et en gros on était en simulation on est au bar de l'hôtel on a des QR code on scanne le QR code et sur le téléphone apparaît le cocktail ou la boisson qui est associée. Et donc, tu peux voir ta boisson en 3D, faire tourner le verre, regarder si l'aspect visuel te plaît, si la couleur est sympathique, etc. Avoir un petit peu le détail de ce que contient ce cocktail-là. Sur le papier, on s'est dit que ça allait être une révolution absolue, ça va trop faire kiffer.
- Speaker #1
Et en fait,
- Speaker #0
dans les faits, non. Ensuite, je pense à un autre. et on n'était pas les seuls à se lancer sur ça. Je crois que Marriott avait aussi testé l'expérience. Et pour le coup, c'est un projet que moi je trouvais hyper, hyper sympa. C'était avec les cartes-bordes que Google faisait à l'époque, pouvoir visiter la ville ou l'hôtel depuis là où tu es. Donc soit dans ta chambre, tu arrives dans ta chambre, tu as ton carte-borde qui t'attend, tu mets ton téléphone dedans et puis tu peux visiter la ville et l'hôtel sans bouger de ta chambre ou bien depuis chez toi. Je me suis dit super cool expérience, comme ça t'arrives le soir, t'es crevé, tu te dis mais j'ai quand même envie de savoir qu'est-ce qu'on va faire demain, qu'est-ce qu'il y a à proximité de l'hôtel, tac je me reprends dans la ville sans bouger de mon lit. Pareil ça a été un flop, peut-être que c'était trop tôt à l'époque, parce qu'on remonte à il y a 8 ans, peut-être que c'était effectivement pas le moment de lancer une fonctionnalité comme ça, peut-être qu'elle n'était pas suffisamment immersive.
- Speaker #1
Ouais il y a plein de raisons qui font potentiellement qu'un projet fonctionne ou pas. Je me souviens toujours de la phrase, je ne sais plus qui dit ça, mais on a toujours tort d'avoir raison trop tôt. C'était peut-être votre cas. Tu as parlé d'immersif. Forcément, ça me fait penser à l'Apple Vision. Est-ce que vous avez commencé à créer des projets ? Est-ce que vous pensez l'intégrer de manière pérenne dans l'expérience digitale d'accord pour la suite ? À quoi ça ressemblera demain une immersion depuis son canapé ? Dans un groupe hôtelier comme Accor ?
- Speaker #0
Alors l'Apple Vision, il y a eu un projet qui a été mené par Accor sur cette plateforme-là. Il n'a pas été développé. Côté application mobile, c'est un side project d'une autre équipe chez Accor. C'était pour un hôtel en particulier qui faisait son ouverture et donc avoir un aspect immersif complémentaire et un petit peu historique. Ça a été plutôt un beau succès. Oui, trop cool. Savoir aujourd'hui comment est-ce qu'on pourrait étaler ça à plus grande échelle. Quelles seraient potentiellement les perspectives ? C'est un tout autre sujet. Aujourd'hui, effectivement, ça ne fait absolument pas partie de notre roadmap prioritaire pour le moment. Peut-être aussi parce qu'on est un petit peu, je ne vais pas dire méfiant, mais un petit peu frileux sur aujourd'hui investir beaucoup de temps, d'énergie dessus, sans trop savoir ce que ça pourrait apporter comme solution complémentaire.
- Speaker #1
Oui, je comprends. Et vous êtes aussi carrément tributaire de... est-ce que la personne en face a un Apple Vision ou pas ? In fine. Et on sait que ce n'est pas un device...
- Speaker #0
C'est pas un device facile. Ah facile à la porte de tous.
- Speaker #1
Ça coûte quelques petits sous effectivement. Donc je comprends que...
- Speaker #0
De la même façon, à la rigueur, tu souhaiterais l'équiper dans quelques hôtels et que le client le trouve dans sa chambre. Ça te fait rapidement, pour ces hôtels-là, une dépense énorme pour acheter 3, 4, 5, 6, 10, 20, 50 Apple Vision pour les mettre à disposition.
- Speaker #1
Oui, c'est clair. Il faut qu'on le rappelle effectivement pour les auditeurs, aujourd'hui Accor, si on revient sur le passé, Accor c'était 100% des ateliers en propre, aujourd'hui ce n'est plus le cas.
- Speaker #0
Aujourd'hui ce n'est plus le cas effectivement, on est passé depuis quelques années en mode asset light. On n'a plus les hôtels en propre et donc effectivement nous on est là pour offrir, en tout cas sur la partie digitale, du service complémentaire.
- Speaker #1
Pour bien expliquer ce que ça veut dire, ça veut dire que vous n'êtes plus propriétaire des hôtels, mais en revanche vous intégrez les marques ou les hôtels dans ce que représente le groupe Accor, c'est ça ? C'est ça. A ton échelle, sur l'app, l'innovation pour toi ça veut dire quoi et ça doit passer par quoi ?
- Speaker #0
Ça c'est une excellente question. C'est une excellente question parce qu'il y a l'innovation qu'on imagine un petit peu et dont on rêve, et puis il y a l'innovation à proprement parler. Je ne sais plus qui disait, l'innovation ce n'est pas sortir quelque chose de son chapeau et puis que personne n'a vu. L'innovation c'est d'utiliser quelque chose qui existe déjà et de l'améliorer. Et je pense qu'à notre niveau, on est plus orienté sur cette philosophie de se dire... être innovant chez Accor, c'est partir de l'existant et comment est-ce qu'on rend quelque chose d'existant plus simple. Plus simple à utiliser, plus simple à mettre en place, plus simple à comprendre et donc c'est plus sur cet aspect là je pense qu'on est aujourd'hui très orienté et plutôt bon.
- Speaker #1
Tu peux développer si tu veux.
- Speaker #0
Non. Non vas-y je vais développer. Comment développer ça ? Si aujourd'hui on parle de stratégie d'innovation qu'on aurait sur 2025, on va parler IA comme beaucoup d'acteurs. Alors ça c'est important de savoir, c'est que tu vas avoir deux grandes tendances auprès des sociétés autour de l'IA, société ou particulier, c'est je suis réfractaire à l'IA, j'en parle pas même si j'en fais un petit peu, mais en tout cas je reste discret dessus. ou bien j'assume que j'ai envie de passer à l'IA sans forcément tout orienter dessus, mais je ne veux pas rater ce virage de l'IA et je veux être participatif. À notre niveau, Tribe Application Mobile, au niveau de l'e-commerce et Accor, au niveau de Accor de façon un petit peu plus vaste, on a fait le choix de s'assumer sur l'IA et de se dire aujourd'hui c'est un virage qu'on prend. On veut être présent, alors il y a plein d'aspects. Est-ce qu'on parle d'IA pour le client ? dans les solutions digitales qu'on va faire ? Est-ce qu'on parle d'IA sur de l'assistance pour la partie tech, avec la génération de code, la génia, etc. Est-ce qu'on parle d'IA sur de l'assistance individuelle et opérationnelle sur quels sont les outillages qu'on pourrait mettre en place, les agents qu'on pourrait mettre en place pour nous simplifier les tâches de travail ? Nous, on a décidé d'adresser les trois volets.
- Speaker #1
On ne se parle pas de l'IA qui est le chatbot, on se parle vraiment d'IA plus poussée.
- Speaker #0
On se parle d'IA plus poussé, on se parle d'IA vraiment à tous les niveaux. C'est-à-dire que dans la roadmap tech 2025, on a comment est-ce qu'on va faire l'acculturation des équipes au global sur l'IA. Ça c'est un pendant extrêmement important, l'acculturation des équipes, c'est que tu auras énormément de personnes qui sont réfractaires à l'IA dans tes équipes, quelles que soient les équipes dans lesquelles tu vas travailler, que ce soit sur de la tech, que ce soit sur du produit, que ce soit sur de la QA, il y aura toujours des personnes très réfractaires à l'IA. L'objectif, ce n'est pas de changer complètement leur philosophie. L'objectif, c'est de les rassurer, c'est de les accompagner à comprendre pourquoi est-ce qu'on veut s'orienter sur cette stratégie-là. Qu'est-ce que ça leur apportera dans leur quotidien ? Et aussi, qu'est-ce qu'ils pourront en tirer, eux ? Comment ils vont pouvoir recentrer leur métier par rapport à cette techno ? Donc, on a ce volet tech. Le volet tech sur l'IA, c'est toute la partie tooling. Qu'est-ce qu'on peut faire de plus ? Est-ce qu'on peut automatiser ou est-ce qu'on peut se débarrasser, nous, l'esprit en ayant une automatisation qui se fait via l'IA ? Ça va être la génération de codes potentiellement. Comment est-ce qu'on peut simplifier nos tâches de travail et peut-être améliorer un petit peu notre rendement ou en tout cas simplifier des étapes qui sont chronophages dans notre quotidien ? On va avoir de l'IA côté produit aussi. Comment est-ce que la tâche d'un product owner peut être accompagnée par l'IA ? Alors, je te donne des exemples comme ça, mais rédiger une user story, est-ce que l'IA ne peut pas le faire plus rapidement que nous ? Quel est le gain de temps qu'on aurait à faire ça ? Et justement, sur quoi on peut recentrer notre activité en tant que product owner ? Donc, on teste un petit peu tout ça. Sur la partie QA, c'est qu'est-ce que l'IA peut nous apporter sur de la rédaction de tests automatisés. Donc ça, c'est un petit peu les grands pendants, on va dire, opérationnels qu'on va assumer et sur lesquels on a envie de se lancer. Donc notre innovation 2025 sur ces pendants opérationnels. Ensuite, il y a aussi ce que l'IA peut apporter à nos clients. Où est-ce qu'on peut greffer de l'IA ? Et ça, tu le vois dans les grandes tendances. Voyages SNCF le fait. On a beaucoup de groupes hôteliers qui commencent à se lancer aussi, avec des agents qui permettent d'écouter un petit peu les besoins des clients et puis d'y apporter des réponses.
- Speaker #1
Tu penses que ça aura quoi comme impact sur ton équipe ? Parce que du coup, tu vois une équipe qui va être... plus efficace, plus efficiente, qui va pouvoir peut-être prendre le temps de se pencher sur d'autres sujets que des sujets tech et arriver plutôt sur des questions fonctionnelles, business, ou est-ce que tu penses qu'au contraire, ça va permettre au groupe de réduire peut-être la taille des équipes ? À ton niveau, tu vois quoi comme conséquences positives ou négatives à cette mise en place-là ?
- Speaker #0
Cet aspect réflexion autour de « est-ce que ça va permettre ? » de réduire les effectifs. À date, moi, je n'y crois pas du tout.
- Speaker #1
Oui, parce que c'est une grande crainte que tous peuvent avoir.
- Speaker #0
Je pense qu'effectivement, c'est une des grosses craintes du moment. Je n'y crois pas. Je n'y crois pas parce que l'IA, ça reste quelque chose de très froid aujourd'hui et qu'on a besoin, justement, d'informations chaudes. On a besoin de sensibilité, on a besoin de personnes qui vont percevoir. des interactions qui ne peuvent pas aujourd'hui être interprétées côté IA.
- Speaker #1
L'émotionnel du produit, oui.
- Speaker #0
Mais à côté de ça, tu as aussi le fait que l'IA, il faut commencer par la dentée. L'IA, c'est loin d'être quelque chose de magique. On sait qu'il y a une partie des réponses qui peuvent, a priori, être hyper intéressantes et pertinentes. Mais derrière, il faut quand même savoir prendre un pas de recul et analyser ces réponses et se dire, est-ce que c'est vraiment ça que j'attendais ? Donc, cette facilité que semble apporter l'IA aujourd'hui... elle peut se concrétiser aussi par un besoin de vérifier tout ce qui a été généré. D'un point de vue code, c'est un petit peu les expérimentations qu'on fait, c'est que l'IA c'est cool, ça te simplifie certaines choses, par contre il faut garder un gros pas de vigilance sur un aspect très critique sur ce que l'IA t'a généré. Donc est-ce qu'il y a un risque à ce niveau-là, de personnes qui risquent de perdre leur emploi ou de besoin de moins de gens ? Je ne pense pas, pas dans les premières années à venir. Plus tard, c'est compliqué de prévoir,
- Speaker #1
de se positionner.
- Speaker #0
Par contre, ce qui est sûr, c'est que ça nous impose de faire aussi un pas de recul sur quels sont nos métiers. Et quels sont nos métiers, c'est se dire aujourd'hui, l'IA peut m'accompagner sur des tâches répétitives sur lesquelles j'ai zéro valeur ajoutée. Comprendre ça et savoir quelles sont les étapes sur lesquelles on n'a pas de valeur ajoutée et où est-ce que l'IA peut justement nous accompagner à bypasser ces étapes-là pour qu'on puisse se focaliser sur des choses sur lesquelles on a vraiment une valeur à apporter. C'est là tout l'enjeu en fait.
- Speaker #1
À titre perso, tu as déjà fait quelques expérimentations ?
- Speaker #0
À titre perso, j'ai fait quelques expérimentations effectivement. Je parle de ça parce que j'ai été assez longtemps un pseudo réfractaire à l'IA. Pour certaines personnes de mon entourage, je suis un geek par excellence. Mais dans la vraie vie, je ne me considère pas du tout comme ça. Il y a plein de choses sur la technologie qui m'intéressent de façon assez folle. Il y en a d'autres sur lesquelles, ce n'est pas que j'ai une inquiétude par rapport à mon travail, c'est que je me dis... Est-ce que ce n'est pas encore une tendance ? Et puis cette tendance va s'essouffler.
- Speaker #1
Oui, elle va mourir. Et dans les tendances, on parle peut-être même de technologies cross-plateform.
- Speaker #0
C'est ça. Par exemple. Et donc, il y a un petit moment de temps, je regardais ça d'un œil un petit peu distrait. J'ai une grande chance dans ma vie professionnelle d'être entouré de gens qui sont extrêmement ouverts à tout ce qui se passe et qui adorent partager ce qu'ils font. Et du coup, je me retrouve entouré de 2-3 personnes qui sont hyper intéressées par l'IA, qui font des tests en permanence et qui arrivent en 2-3 mots à me dire « mais en fait, on a fait des trucs assez incroyables, regarde ce qu'on a réussi à faire. On a réussi à résoudre telle problématique, on se posait des questions pour telle chose, on a des idées de business, etc. » Et au final, ça ouvre un petit peu les chakras et ça permet de se dire qu'effectivement, il y a beaucoup de choses qui peuvent être intéressantes à explorer avec. Donc du coup, j'en suis à faire mon petit calendrier de choses que je fais avec l'IA. Alors peut-être pas tous les soirs, mais on va dire qu'il n'y a plus une semaine de mon temps où je ne suis pas passé sur un outil IA pour soit me simplifier une tâche de travail pro, soit pour me simplifier une tâche sur des side projects de mon côté, ou bien pour juste explorer le potentiel.
- Speaker #1
Tu es passé de néophyte à initié, en tout cas.
- Speaker #0
Je suis passé de néophyte à initié, je ne suis pas passé encore au stade expert. Parce qu'on parle aussi beaucoup d'experts de l'IA aujourd'hui. Et qu'est-ce qu'un expert de l'IA ? Je ne sais pas si ça sera une ambition pour moi. Par contre, effectivement, être initié, être très ouvert à ce qui se passe. Je pense que c'est un pas, il faut absolument que tout le monde mette un pied dedans.
- Speaker #1
On pense quoi de la question écologique de l'IA ? Parce que j'ai du mal à me positionner sur le sujet. Moi, je pense que l'IA, aujourd'hui, à un instant T, va créer une dette écologique. Mais je pense qu'elle va nous permettre de gagner du temps par la suite, en s'améliorant, en s'optimisant, en faisant comme finalement les ordinateurs l'ont fait sur les dernières années. en étant très chronophage en énergie pour finalement l'être de moins en moins mais tu as forcément un passage obligé de plus pour moins est-ce que cette école là ou est-ce que tu penses que c'est une hérésie écologique complète même si on n'est pas d'experts sur le sujet et qu'on ne peut pas forcément l'avoir en tête on
- Speaker #0
n'est pas experts sur le sujet aujourd'hui je pense qu'il y a aussi peu d'études qui se mettent en place et ce sujet pour moi je le mets dans le même panier que le sujet de la voiture électrique où tu as un coup qui est immuable et qui est le coût de lancement. Le coût de lancement de l'IA, c'est effectivement toutes les fermes qui tournent en permanence, tous les serveurs, et donc une consommation d'énergie qui doit être incroyable. Je pense qu'on ne se rend même pas compte à quel point ça doit être phénoménal. Maintenant, comme tu l'as dit, si on se projette sur du futur, effectivement c'est un outil qui devrait nous permettre de faire des tas d'économies à une autre échelle. Est-ce que ça finira par compenser ou pas ? Malheureusement, aujourd'hui, je pense que ça, c'est quelque chose qui nous dépasse complètement.
- Speaker #1
Oui, très premièrement. Il y a un truc qui m'intéresse grandement derrière le digital, c'est les hommes qui en font partie. Et c'est aussi d'ailleurs pour ça qu'on a créé The One Studio, parce qu'on était persuadés qu'on doit remettre beaucoup plus d'humains dans le processus créatif d'un produit quel qu'il soit. Et j'ai eu le sentiment sur les dernières années que c'était un peu une... Une course à l'innovation en se disant que tu as un concurrent qui va faire ci, on va faire la même chose. Et tiens, il n'a pas pensé à ça, on va le rajouter. Sans forcément se dire est-ce que c'est utile ou pas. Et pour moi, une application, un produit, une entreprise dépend des hommes qui l'activent. Tu es arrivé dans ce monde-là par hasard, tu l'as choisi comment ? Est-ce que c'était une vocation ? Ou est-ce que juste tu t'es dit un jour... Et si j'allais dans le digital ? Parce qu'aujourd'hui on en parle beaucoup, beaucoup du digital et c'est devenu une norme. Mais quand tu as commencé ta carrière, ce n'était pas le cas et c'était un secteur à part.
- Speaker #0
C'est vrai. J'aime beaucoup cette question parce qu'en fait, elle me fait voir aussi à quel point le monde a évolué sur une échelle de temps humaine en fait. Moi, quand j'ai fait mes études, j'étais très, très loin de m'orienter vers le digital. moi j'avais un objectif quand j'étais plus jeune c'était de kiffer un petit peu ce qui arrivait les grandes tendances du moment c'était beaucoup l'électronique et c'était la domotique et je me suis dit que ça allait être super sympa je m'y testerais bien ça s'est pas fait pour tout un tas de raisons que nous ne spécifierons pas on n'en parlera pas du tout Mais du coup, c'est en me cherchant pendant mes études supérieures, j'ai fait un cursus universitaire. Pendant ce cursus universitaire, j'ai vu plein d'autres choses, dont l'informatique. Puis petit à petit, j'ai commencé à prendre cette tangente-là, de me dire que l'informatique, c'est plutôt cool. J'ai fait un Dug très généraliste avec de la mécanique, de l'électronique, de l'informatique. Je me suis orienté sur licence informatique, maîtrise informatique, et puis premier job. L'appareil un peu douche froide, c'est à dire que peut-être que c'était trop tôt à l'époque. Moi j'ai un master en exploration informatique des données, donc plutôt tout ce qui est data mining, ce qui potentiellement serait big data aujourd'hui etc. J'ai commencé en tant que développeur PHP sur une petite application pour le groupe Thales et ça a été, je trouve, une très belle expérience, première expérience parce que c'était à mi-chemin. entre du data mining et puis de la création d'applications. Alors à l'époque, c'était site web. Et puis ensuite, c'était vraie douche froide, c'est-à-dire que vraie coupure, c'est qu'une fois que je sors de cette première création professionnelle, je me retrouve dans un monde où il y a très peu de besoins autour de ça. Par contre, il y a beaucoup de besoins autour de SIRH, il y a beaucoup de besoins autour d'applications site web ou autre, mais plus orientés data. et l'exploration de ce qu'on peut faire avec de la donnée.
- Speaker #1
Donc c'est là que tu fais le premier switch ?
- Speaker #0
Et c'est là où je fais le premier switch, à me retrouver sur tout un tas de missions, à créer du site web, créer du back-office, etc. Sur des technos que je ne connais pas du tout, avec un mindset qui n'est pas du tout celui que j'avais pendant mes études. Et après, peut-être 4-5 ans... Je me trouve un peu essoufflé, je me dis en fait, le métier de l'informatique, c'est pas si fou que ça. J'ai beaucoup aimé tous les clients chez qui j'étais, parce que j'ai fait beaucoup de gros groupes, j'ai fait beaucoup de missions pour l'armée aussi. J'ai vraiment adoré tous les secteurs d'activité, mais professionnellement parlant, en tant qu'informaticien, très vite, je me suis épuisé.
- Speaker #1
Quête de sens ?
- Speaker #0
Quête de sens, quête de où est-ce que ça va m'amener, qu'est-ce que je réalise, ça sert à qui, voilà. Et puis il y a eu... Un switch avec une première opportunité qui s'est créée sur de la gestion de projet. Et là, gestion de projet qui s'est redirigée petit à petit sur gestion de projet d'application mobile. Et là, c'est ce que je t'ai dit précédemment. C'est app mobile, je ne sais pas, ça a eu une bouffée d'oxygène incroyable. Je me suis dit, punaise, en fait, cet environnement, il est incroyable. Il y a plein de choses à faire, c'est bien plus simple, c'est plus à la portée de tout le monde et tu as un résultat quasi immédiat. de quelque chose que tu peux utiliser dans ta main. Au quotidien, tu n'es pas obligé de lancer ton PC, d'attendre 20 minutes que ça démarre. Puisqu'à un moment, c'était un petit peu les temps de démarrage des machines.
- Speaker #1
Il n'y avait pas encore les M4.
- Speaker #0
Et c'est là où il y a eu ce basculement, pour moi, le petit déclic de me dire je suis sur un environnement qui me permet d'accéder à bien plus de choses. Je peux toucher des gens directement. de plus en plus se met en place de l'open data qui nous permet de créer des petites applications. C'est pareil, quelque part de l'innovation, c'est de se dire qu'il existe de la donnée qui est utilisable par tout le monde, mais jusqu'à présent, personne ne l'a fait ou ne l'a pas exploité d'une certaine façon. Là, on peut le faire, peut-être plus simplement, peut-être dans un usage plus régulier. Je pense que c'est surtout l'usage plus régulier qui m'a inspiré. Et à partir de là, je me suis lancé un petit peu, pas tête baissée, mais avec beaucoup plus d'engagement et beaucoup plus d'enthousiasme sur le métier. Après plus de 20 ans, le métier du digital, pour moi, c'est l'un des plus beaux métiers que je pouvais espérer. Donc la domotique, je me dis que j'en suis au final pas si loin que ça parce qu'on peut piloter énormément de choses et ça, c'est super cool. Mais en tout cas, c'est un métier qui est... tellement ouvert, qui évolue tellement, qu'en fait tu as l'impression d'avoir un boulevard infini devant toi et tu peux vraiment t'éclater. Mais métier extrêmement exigeant, alors une fois de plus je ne connais pas les différents métiers du monde, mais c'est souvent quelque chose que j'essaye de dire à des personnes qui sont en reconversion professionnelle, parce que j'en connais pas mal qui sont dans cette philosophie-là, ou à des jeunes qui se lancent dans le... dans les métiers du digital, c'est qu'aujourd'hui, c'est un métier où il faut aimer apprendre, il faut aimer chercher, il faut aimer faire de la veille pour profiter de ce métier et le vivre pleinement et puis surtout avec beaucoup de passion.
- Speaker #1
Donc c'est comme ça que tu arrives dans le digital. Aujourd'hui, l'erreur qui t'a le plus apprise, ce serait quoi ?
- Speaker #0
Je dois en citer qu'une ?
- Speaker #1
Non, tu peux en citer plein. Tu pourrais en citer plein. Xavier Niel disait que de toute façon, il n'est qu'une somme d'erreurs.
- Speaker #0
C'est vrai. Et pareil, ça fait partie de toutes les choses qui émergent au fur et à mesure qu'on grandit. Professionnellement parlant, c'est accepter ses erreurs et se dire que les erreurs nous ont été bénéfiques. La grosse erreur que j'ai faite et qui m'ont beaucoup appris, c'est être honnête et être transparent. Et moi, j'ai connu une situation où vis-à-vis d'un client, on ne pouvait pas se permettre de dire certaines choses. Donc, on a fait un gros nuage de fumée autour d'un projet. s'empêtrer dans ce nuage de fumée, et puis le jour où ils se dissipent, se dire qu'en fait, on aurait pu faire les choses différemment, on aurait pu créer un cadre de confiance, et on a décidé de ne pas le faire. Et on se rend dans une situation très conflictuelle, qu'on n'arrive plus à démêler. Très vite, c'est gênant. C'est gênant personnellement, c'est gênant professionnellement parlant. Et puis tu sais que ce client que tu perds à cause de cette relation de non-transparence, c'est un client avec qui tu ne pourras plus jamais travailler.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Et ça, c'est un fait. Donc moi, ça a été un de mes premiers apprentissages, c'est mieux vaut affronter la difficulté tout de suite plutôt que de laisser la situation un petit peu dans de l'inconnu, avec un gros nuage de fumée, et puis le jour où on est obligé de dissiper ce nuage de fumée, se retrouver dans une situation qui n'est plus du tout adressable. une perte de confiance et puis une perte d'envie de travailler ensemble.
- Speaker #1
Je crois que c'est une question de positionnement et d'envie de collaboration au quotidien. Et ça fait très écho aussi au... Au nom de ce podcast, OneShot, qui est pour nous le meilleur moyen, pensé de version OneShot, de rater des choses, parce que forcément tu ne te projettes pas sur la durée, tu te projettes sur un instantané, un éphémère, et moi je pense que ça ne fonctionne pas.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Je vois très bien le type de difficulté que tu as pu vivre sur cette expérience-là.
- Speaker #0
Et puis une autre, je pense qu'une autre erreur... que j'ai commis c'était pas avoir assez confiance en moi et ça pareil c'est quelque chose que tu apprends avec le recul et les années et de te dire que il y a des moments de ta carrière où tu sais qu'en fait tu allais à l'encontre de tes convictions ou bien tu te mettais des freins c'est la meilleure chose pour pas avancer en fait et au final une fois que tu le découvres que se mettre des freins c'est pas la bonne chose qu'il y a plein de façons de lever ces freins là ça aboutira ou pas sur ce que tu as envie, là où tu as envie d'aller. Mais en tout cas, tu auras fait le test. C'est aussi la meilleure façon d'évoluer.
- Speaker #1
Quand tu dis frein, c'est ta volonté à ne pas faire des choses parce que tu penses que ça ne te convenait pas ou est-ce que c'était plutôt une question de frein par rapport à de potentielles croyances limitantes que tu pouvais avoir ?
- Speaker #0
C'est plus la croyance limitante, effectivement. C'est-à-dire que j'aimerais faire ça, mais je n'en ai pas la capacité. Ou bien j'aimerais lancer telle fonctionnalité, mais elle ne marchera pas. Pourquoi je vais la lancer ? Cette partie croyance limitante à 100%.
- Speaker #1
Tu as forcément des compétences diverses de management, des compétences aussi techniques. Ce serait quoi le projet ? Si tu n'étais pas Chakor aujourd'hui, tu aimerais faire quoi ? Tu aimerais créer quoi en tant que doer ?
- Speaker #0
J'ai un pseudo-esprit auto-entrepreneurial. Pseudo-esprit parce que j'ai beaucoup d'idées qui fusent. Bonne ou mauvaise, aucune importance.
- Speaker #1
On ne saura jamais.
- Speaker #0
J'ai beaucoup d'idées qui fusent. Par contre, je n'arrive pas à me lancer en solo ou avec un petit accompagnement de personnes. Donc là, c'est pareil, ça fait partie un petit peu de moi-même. Donc me dire aujourd'hui, en tant que doueur, avec toutes les expertises que j'ai pu accumuler ces dernières années, dans quoi je voudrais me lancer, je ne sais pas encore. Ce qui est sûr, c'est dans quoi je ne me lancerais plus. Il y a peut-être encore quelques mois de ça, peut-être un an, deux ans, je me disais qu'il fallait se lancer dans des applications mobiles, qui feront ci, qui feront ça. Je pense qu'aujourd'hui, se lancer sur un secteur unique et très fermé est une mauvaise idée. Peut-être qu'il faut tout de suite voir plus vaste. Je veux dire que moi aujourd'hui, cet amour que j'ai pour les applications mobiles... petit à petit, je me dis qu'il faut que je lâche un peu de l'Est et que je vois plus large pour justement mieux anticiper les mouvements du monde.
- Speaker #1
Et ça voudrait dire quoi en termes de métier ? Ça voudrait dire un jour, pourquoi pas être CTO ou gérer des parties web ?
- Speaker #0
L'avenir nous le dira.
- Speaker #1
En dernier point qu'on pourrait avoir pour les personnes qui nous écoutent et que ce soit des pairs... ou des personnes qui veulent se lancer sur de la tech, que ce soit dans un grand groupe, que ce soit en individuel, par leurs propres compétences, tu conseilles quoi à un nouvel entrant aujourd'hui ? Ou à une personne qui est même peut-être déjà présente, mais qui se pose des questions sur son avenir dans le monde de la tech ?
- Speaker #0
Première chose, une fois de plus, rester ouvert. Rester ouvert à ce qui se passe, c'est le point le plus important. Et c'est vraiment, je pense, un des meilleurs conseils. Rester ouvert à ce qui se passe, c'est-à-dire qu'une fois de plus, je vais faire partie du sujet IA, qui est un très bon exemple. Aujourd'hui, se dire qu'il ne faut pas se lancer dans l'IA, mettre des freins et se fermer toutes les opportunités, c'est une mauvaise chose. Mieux vaut tenter, essayer les choses au risque de se tromper, mais au moins on a eu cette expérience-là et on a mené le projet, plutôt que de se dire, je reste dans ma coquille, je me ferme. à ce monde qui évolue en pensant que je serai protégé. Donc mieux vaut anticiper, anticiper énormément l'avenir parce qu'il y a énormément de choses à faire et ces choses ne seront pas celles qu'on vit aujourd'hui. Donc en tant que développeur, par exemple, si un nouvel arrivant ou quelqu'un qui est sur place depuis peu de temps se dit moi, je serai développeur de tel techno toute ma vie et c'est dans ça que je veux me spécialiser. Je pense que c'est tout de suite. à remettre en cause et se dire, voient plus largement
- Speaker #1
Est-ce qu'on peut dire que c'est un red flag même ?
- Speaker #0
Je sais pas, c'est un terme, un red flag que j'emploie très peu.
- Speaker #1
Parce que du coup, la tech, ça veut dire beaucoup aujourd'hui. Tu as énormément de nouveaux acteurs, des écoles qui créent beaucoup de bootcamps, donc de nouveaux entrants, des sortants, des gens qui changent de métier. Une possibilité aujourd'hui à faire de la tech sur des statuts différents, dans des grands groupes, dans des petites boîtes, des PME, des scale-up, des start-up. Bref, tu peux aller globalement où tu veux en tech. Et tu as ce grand débat qui revient de manière incessante, le CDI ou le freelance. On en pense quoi David Kéchanger ?
- Speaker #0
C'est dit au freelance, gros débat, effectivement, débat parfois houleux. Moi je ne suis absolument pas fermé, ni aux idées des uns, ni aux idées des autres. J'ai toujours été salarié pour le coup, alors je ne pourrais pas dire si le freelancing c'est bien mieux ou c'est le mal absolu. Par contre je connais bien le monde du CDI, donc je peux aussi voir les bons côtés comme les mauvais. J'ai connu le monde des ESN, la moitié de ma carrière en société de service. Donc je peux aussi dire qu'est-ce qui était bien, qu'est-ce qui n'était pas bien. Et j'ai connu le monde du CDI dans ce qu'on appelait à l'époque le client final, quand on était en société de service, c'est-à-dire que tu rejoins un groupe et puis tu passes une partie de ta carrière dans ce groupe-là. Tout ça, c'est qu'une question d'inspiration, je pense. Si les gens ont envie d'être indépendants et de mener leur bar comme bon leur semble, c'est très bien et je pense qu'il faut se lancer dans ça. Des personnes qui ont besoin d'un cadre peut-être différenciant. et ce cadre, il le trouve dans du CDI, en fait, c'est très bien. Et puis, lancez-vous dans ça. Il n'y a aucun souci avec ça. Je pense que ce qui fait le plus mal aujourd'hui, c'est cet aspect comparatif d'un bon métier, c'est celui-là. Et il faut être dans cette case-là pour avoir réussi sa vie avec des normes d'influenceurs ou des normes actuelles. On peut lancer le même débat sur Full Remote. ou remote partiel ou pas de remote du tout. Moi, je pense que tout le monde n'est pas fait pour faire du freelancing. Tout le monde n'est pas fait pour faire du full remote. Tout le monde n'est pas fait pour être en présentiel. Tout le monde n'est pas fait pour du CDI. Chacun doit trouver son inspiration. Par contre, dans le respect des autres, c'est plus ça, je pense, le point important. Le respect des autres, c'est effectivement quand tu es face à tes collègues, qu'ils soient en CDI, qu'ils soient en freelance, c'est qu'un statut en fait. Aujourd'hui vous faites le même job, vous avez la même volonté, vous avez les mêmes aspirations, c'est ça qui devrait driver plutôt les métiers. Les métiers et les rencontres. Moi je le vois assez souvent, c'est que je me retrouve face à des personnes, puisqu'on a dans les équipes pratiquement 70% de prestations de services, je me retrouve assez souvent d'entretien avec justement cette envie de montrer que potentiellement moi je suis freelance et voilà mon mode de fonctionnement et c'est celui-là et pas un autre. ou bien moi je suis en société de service et on m'impose de fonctionner comme ça et pas d'une autre façon. En fait, nous on est là pour travailler ensemble et c'est juste ça qui compte. Et si aujourd'hui le cadre qu'on te propose n'est pas le cadre que tu souhaites, c'est juste fait qu'on n'est pas fait pour bosser ensemble aujourd'hui. Moi je n'ai aucun souci avec ça et il ne faut pas que ça crée non plus du souci auprès des gens et ça ne doit pas créer des débats à l'infini.
- Speaker #1
Oui, effectivement, je pense que c'est une question de choix, de choix personnel aussi. que forcément tu as des personnes qui vont avoir plus de capacité personnelle à se lancer dans le vide, si on parle du principe du freelancing en se disant que c'est aussi une aventure entrepreneuriale, versus d'autres qui vont préférer être sur un régime de CDI pour la sécurité. Or l'un et l'autre peuvent dire sécurité et peuvent dire retombée financière aussi. C'est pour ça qu'on a créé TAS, parce qu'on pense que typiquement c'est une question de choix et qu'en vrai, un client... ou un consultant ou quelqu'un qui fait partie du monde de la tech de manière générale, vient satisfaire un envie et un enjeu de croissance, de développement personnel au travers de son métier. Et qu'in fine, tu ne devrais pas forcément avoir besoin de choisir entre l'un ou l'autre, mais plutôt de se dire, OK, quelles sont les structures qui me permettent de faire soit l'un, soit l'autre, quelles que soient les conditions, parce que c'est juste des statuts. Et après, ton métier, ton rôle reste le même.
- Speaker #0
Il y a peut-être quand même une différence fondamentale, en fait. et pareil, je le vois avec le recul et puis toutes les personnes qu'on peut rencontrer, c'est aujourd'hui pourquoi, par exemple, je me mets en tant qu'indépendant ou pourquoi je me mets en tant que CDI, qu'importe. Mais si je me mets dans le pourquoi, je me mets en tant qu'indépendant et donc en tant qu'auto-entrepreneur, quels sont les efforts que je vais mettre en place pour ce métier ? Quels sont les efforts que je vais mettre en place pour évoluer ? Quels sont les efforts que je vais mettre en place pour justement avoir le choix d'être un jour développeur ? le lendemain accepter une mission en tant qu'architecte, etc. Et de ce que je vois, c'est qu'il y a beaucoup de personnes qui se mettent en tant que freelance auto-entrepreneurs, mais qui n'ont pas en fait ce mindset de freelance et d'auto-entrepreneur, et qui y vont certainement pour des mauvaises raisons, ou driveées par des raisons qui ne sont pas les raisons qui les amèneront. la voie d'une réussite ou d'un épanouissement. Et ça je pense que c'est le plus haut risque aujourd'hui et c'est pour ça que tout à l'heure j'utilisais le terme influenceur, c'est que de ce que je vois, et pour en avoir parlé avec certaines personnes, il y en a beaucoup qui en reviennent de ce statut de freelance et qui se sont dit, en fait je me rends compte que c'était absolument pas pour moi. Moi j'ai besoin d'un cadre plus particulier, j'ai besoin qu'on m'accompagne pour être formé, qu'on m'accompagne pour évoluer dans la vie. Il y en a d'autres au contraire qui ont déjà cette maturité et qui savent se gérer et gérer leur carrière. Mais on n'a pas tous cette même facilité en fait à évoluer et à se faire évoluer. Et pour moi, le statut, l'aiguillage, c'est ici qu'il doit être. Je me sens autonome, je sais à peu près où j'ai envie d'aller, je sais les efforts que j'ai envie d'y fournir. Potentiellement, je suis peut-être plus fait pour être dans le freelancing et être auto-entrepreneur.
- Speaker #1
Pour l'un ou pour l'autre, je comprends.
- Speaker #0
Mais effectivement, aujourd'hui, je pense que... Il y a une dérive qui se fait et que cette dérive elle est à ce niveau là. Ce petit aiguillage de me dire est-ce que moi en tant que personne je me laisse influencer par une typologie de statut ou est-ce que j'assume à 100% ce statut là parce que je sais que c'est ce qui me convient et c'est dans ça que je vais m'épanouir et j'aurai matière à évoluer.
- Speaker #1
Il n'y a plus qu'à pour ces personnes ?
- Speaker #0
Il n'y a plus qu'à. Toi t'en penses quoi ? Parce que toi au final t'as fait les deux ? C'est un peu une des forces que tu as, c'est que tu as été en CDI et puis tu as été auto-entrepreneur ?
- Speaker #1
Ouais, au final j'ai effectivement fait les deux. J'ai commencé moi de mon côté par que du CDI, j'ai fait même à l'époque beaucoup d'alternances, j'ai voulu aller très très vite dans le monde de l'emploi, parce que moi j'ai un vrai problème entre théorie et pratique. C'est deux mots qui sont beaucoup trop distendus pour moi et j'ai besoin d'être dans le concret pour comprendre ce qui se passe vraiment, quelles sont les attentes des gens avec lesquels je travaille fondamentalement. Parce que tu as beaucoup le yaka faucon. Et en fait, le yaka faucon, dans les faits, ça n'a rien à voir avec ce qui se passe vraiment. Et donc, quand notre boîte a été rachetée, je me suis dit... Je crois que j'avais toujours un peu cette idée de créer un truc plus petit. Quand je m'en souviens, je me disais, un jour, je donnerai du travail aux gens. Je ne me demande pas pourquoi, je ne sais pas. Mais j'avais cette idée de, un jour, je donnerai du travail aux gens. Et je pense qu'aujourd'hui, c'est ce que j'arrive à faire. Et je pense que j'arrive à leur permettre d'intégrer... un job, une équipe, un environnement qui peut leur plaire, quelle que soit la modalité contractuelle qui va derrière. Ça ne m'intéresse pas tant. L'idée, c'est plutôt de se dire que dans un monde où tu as le choix de bosser avec n'importe qui, tu fais le choix de bosser avec des personnes très spécifiques, et pour plein de raisons. C'est, je pense, pour ça qu'aujourd'hui, TOS réussit à grandir et à prospérer à l'instant T, donc ça, c'est très, très cool. Et je ne regrette pas mon choix d'avoir, à minima, tenté. Je pense que j'aurais été très déçu de me réveiller dans 20 ans en me disant « Merde, je voulais le faire et je ne l'ai pas fait. » Je suis un peu drivé par le « Pourquoi pas ? » en me disant que tant que tu ne l'as pas initié, tant que tu ne l'as pas testé, tant que tu ne l'as pas éprouvé et que tu n'as pas en tout cas essayé de donner au moins 95% de l'effort nécessaire à sa réussite, tu ne peux pas dire que ça ne fonctionne pas. C'est un peu comme ça que je fonctionne au quotidien, déjà un peu avant, mais aussi avec Toast aujourd'hui. Et ouais, je pense que c'est une vraie question de perception de choix et de besoins individuels. Je me sens pas moins en sécurité maintenant. Et pour autant, c'est un job qui est prenant complet. Quand tu deviens chef d'entreprise, t'es au four et au moulin constamment. Les vacances sont réduites parce que forcément, t'es présent pour tes clients et c'est très cool. et tu te dis forcément que tu as des dépendances clients, consultants mais tu as aussi des responsabilités de fait entre tes clients et tes consultants là où parfois tu peux dire qu'on s'est dit tu as moins de pression, tu pourrais te dire en fait Je suis là pour satisfaire le projet de quelqu'un d'autre. Je n'ai pas forcément besoin de me donner à 100%. Et c'est OK. C'est comme ça que j'arrive à trouver mon équilibre entre vie pro et vie perso. En me disant que je suis responsable à 100% des outcomes qui vont arriver. Mais je suis aussi responsable de ma santé et de mon bien-être. En me disant que si un jour il faut que je cote, je cote. Et moi ça fonctionne pour moi. Ça ne fonctionne pas forcément pour d'autres. Je vois ma compagne qui aujourd'hui est en CDI et qui est directrice de la communication. Elle a un job qui est ultra prenant. Et ça lui va tout à fait aujourd'hui d'être dans une entité tierce, plutôt que d'avoir sa propre structure, etc. Avoir sa propre structure ne veut pas forcément dire épanouissement. Ça dépend vraiment de comment tu vois ta vie au quotidien, des projets que tu as, et de ce que tu penses être des critères de réussite. Moi, je pense que c'est beaucoup de liberté d'action. Il y a un truc que je pense que je n'aime pas forcément, c'est... c'est la hiérarchie en dépit de la bonne intelligence. Et donc à partir du moment où je vois un truc comme ça,
- Speaker #0
Je bloque. Et je me dis, les gars, c'est un peu con ce qu'on est en train de faire. Pourquoi on ne ferait pas différemment ? Et si j'en arrive à me dire ça, je me dis, c'est bon, je ne suis pas au bon endroit et il faut que je parte. Et tu vois, Alexandre Astier disait ça, ça m'a fait beaucoup rire quand j'ai vu son émission sur... Je ne sais plus comment ça s'appelle. L'émission avec Ken Kojonji, bref, je ne sais plus comment ça s'appelle. Hot Ones, oui, tout à fait. Et il a dit un truc très juste. Déjà, un, je ne bosse plus avec des connards. parce que c'est con à dire mais en vrai si tu peux pas bosser avec quelqu'un avec qui t'auras envie de prendre un café on va se faire chier quoi et je me suis rendu compte avec la naissance de mon fils que j'allais crever et donc il faut qu'aujourd'hui dans ma life je fasse des choses qui me plaisent que je bosse avec des gens qui soient des gens sympas qui se prennent pas la tête et qui ont envie de faire du bien autour d'eux et si c'est pas le cas je me lance pas dedans c'est pas la peine ça m'intéresse pas et je vais y perdre mon âme et c'est pas mon objectif et la deuxième phrase c'était que quand t'es pas bien à un endroit ça peut arriver mais si ça fait effectivement très très longtemps que t'es pas bien à un endroit faut y aller quoi et moi je me souviens avoir dit à ma compagne je vais démissionner parce que j'en ai parlé pendant je sais pas 6 mois et un matin je me suis arrivé je me suis dit ça fait pas 6 mois que je te dis que je vais démissionner et que je l'ai pas fait elle m'a dit ouais si si si elle m'a dit ça je me suis dit en fait faut que j'arrête de dire que je vais faire un truc et de pas le faire. Et c'est très dur d'entrer dans l'action et d'acter que ça y est, il faut le faire. C'est une logistique mentale qui est complexe parce qu'en fait, finalement, t'es bien. T'es dans ton quotidien, dans ta zone de confort et tu peux ne rien changer et ça va. Et à ce moment-là, je me suis dit non, non, en fait, je veux pas être la personne qui se dit qu'elle va faire un truc et qui va pas oser le faire. Que je réussisse à le faire, c'est une autre histoire et je pense que ça dépend de plein de facteurs. En revanche, que tu oses le faire et que tu oses te dire « putain, j'ai tenté » , ça, c'est autre chose. Et je pense que c'est ça qui définit peut-être un entrepreneur aujourd'hui, c'est est-ce que tu as osé ou pas le faire. Complètement. Et moi, je suis en phase pour dire que ce n'est pas fait pour tout le monde. On s'en parlait avec Elsa, notre chargée de com' côté TOS, et elle m'aide beaucoup sur tout ce qui est stratégie, contenu, etc. Et à un moment, je disais « Elsa, il y a ce qu'on fait, ce qu'on veut faire, ce qu'on dit qu'on fera et ce qu'on met au milieu. » On peut globalement décider d'être une société comme les autres, d'avoir des événements comme les autres, d'avoir un site comme les autres, bref, de faire exactement comme les autres, mais juste d'être nous. Et moi, je me dis, je ne veux pas faire ça, je veux faire un truc qui sorte un peu de l'ordinaire, pas forcément parce qu'on révolutionne 100% du marché et du secteur, mais parce qu'on va vraiment y aller avec une détermination et une envie de faire mieux, sincère. Et tu vois, là, ce podcast, pour moi, c'est cette expression-là, c'est que On aurait pu faire un podcast ou juste un mythe sur Google en se disant « Tiens, on se connecte en visio et on échange et le résultat pourrait être similaire. » Mais ce qu'on vit quand on le fait est fondamentalement 200% différent de ce truc-là. Et c'est pour ça que je veux réussir à laisser une trace de mon passage en me disant que j'ai donné 100% de ce que je pouvais faire, j'ai donné 100% de mon énergie et de mon envie à faire mieux, à me challenger, à aider autrui. et je pense que ça, ça sera ma plus grande réussite juste me dire que j'ai osé faire un truc qui me qui me donnait un peu de sens et de caractère Est-ce que tu penses que tu n'aurais pas réussi à faire ça dans un CDI ? Je pense que je n'aurais pas réussi à le faire parce qu'après tu as une question de mandat et quand je dis de mandat c'est quelles sont les frontières du bac à sable qu'on te donne pour exécuter. Bah écoute, merci beaucoup David Merci à toi Alex. Très cool d'avoir pu échanger et voir ta perception du monde de la tech, tes réussites, tes échecs. Je pense que ça va apporter beaucoup aux personnes qui peuvent se demander, déjà, un, qui est David qui a échangé ? Deux, qu'est-ce que fait Accor et qu'est-ce que ça veut dire de travailler sur un produit tel qu'une application de Reza Worldwide ? Et trois, garder l'esprit ouvert. Complètement. Merci David. Merci, bien.