- Speaker #0
Bienvenue dans le podcast Oser l'aventure d'être soi Je m'appelle Tiffaine Gualda, passionnée par l'entrepreneuriat, le voyage, mais aussi par l'humain et son potentiel infini d'exploration et de transformation. J'ai commencé jeune, ma quête de sens et mon engagement dans des projets à impact positif m'a amenée dès mon adolescence à parcourir le monde. Aujourd'hui, je crée chaque jour la vie et le métier qui m'inspirent profondément et qui contribuent positivement au monde, et j'accompagne d'autres personnes à le faire. Je suis convaincue que la plus grande des aventures est celle qui nous invite à plonger au cœur de ce que nous sommes et de ce qui nous anime véritablement. À travers ce podcast, j'invite chacun à explorer avec moi ce qui le rend vivant, vibrant, et à dépasser ses peurs pour oser pleinement. la grande aventure d'être soi. Alors, on y va ? Embarquement immédiat pour un voyage transformateur au cœur de soi. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast en duo. Aujourd'hui, j'ai la joie d'accueillir Ilan Berdy pour une conversation inspirante où on va parler d'honorer le vivant en nous. et autour de nous. Bonjour Ilham, et merci d'avoir accepté mon invitation.
- Speaker #1
Bonjour Stéphane, ravie de venir sur ce podcast.
- Speaker #0
Merci, moi aussi je suis vraiment ravie de te recevoir. Je te partageais en introduction dans nos premiers échanges par mail que j'ai découvert ton travail à travers Marie Pfisterer et Patricia Bruno, que j'ai eu la chance de rencontrer l'année passée chez moi au Sénégal lors de leur expédition Guts, Female Expedition Through Africa. Et Marie, c'est la jeune femme qui a pris les photos pour ton site internet, il me semble. Et voilà, j'ai eu la chance de les rencontrer l'année passée. J'ai eu la joie d'accueillir Patricia sur le podcast pour parler de cette aventure où elles ont mis en lumière les femmes du continent d'Afrique du Nord et d'Afrique de l'Ouest qu'elles ont rencontrées. C'est l'épisode numéro 10. Et lorsque j'ai découvert ton travail à travers Marie, tu venais tout juste de publier ton deuxième livre qui s'intitule À nos saisons intérieures Et ça a tout de suite résonné pour moi parce que je trouve que le message que tu portes dans le monde, de prendre soin du vivant en dedans et en dehors, c'est la formule que toi tu emploies, ça fait vraiment écho en fait à ma vision de la vie, à ma vision de l'entrepreneuriat, qui est vraiment une vision de l'entrepreneuriat durable au service de notre écologie personnelle, où on apprend justement à traverser les cycles, à traverser les saisons, à se déployer de façon organique pour créer un impact durable dans le monde. Et je pense vraiment qu'on a besoin de personnes qui montrent l'exemple, qui ouvrent la voie de personnes comme toi, qui osent justement ce retour à la nature, ce retour à l'écriture, à la poésie, au temps long, à la cyclicité. Et je suis vraiment ultra enthousiaste de pouvoir aborder tous ces thèmes avec toi aujourd'hui. Donc merci encore d'être parmi nous. Est-ce que pour commencer, Ilham, tu veux bien te présenter avec tes mots pour les personnes qui ne te connaissent pas et qui te découvrent aujourd'hui à travers cet épisode ?
- Speaker #1
Oui, bien sûr. Alors merci aussi à toi. de m'avoir accueillie déjà. Je trouve que c'est une rencontre assez rigolote quand il y a deux points communs et je suis heureuse de les aborder ici. Alors, tu en as déjà dit beaucoup. Pour résumer, ajouter un petit peu plus de clarté, moi, j'habite dans les Pyrénées maintenant. Je ne suis pas du tout pyrénéenne. Ça a été un choix post-Covid, on va dire, avec toute la transformation qui a eu lieu à cette époque-là. Avant ça, j'avais beaucoup voyagé. J'ai habité dans plusieurs pays et notamment l'Afrique du Sud. J'y habite aussi. Et il y a eu cette envie de retour aux racines, de retour à une vie ici, plus près de ma famille. Et cet élan de vivre en nature, parce que c'est ça qui a toujours guidé mes choix. Peu importe où j'ai été dans le monde, j'avais comme un besoin viscéral de voir un brin d'herbe devant chez moi et surtout d'avoir cette capacité à vraiment pouvoir vivre en nature, à habiter. cette terre-là et tout ce qui va avec. Donc ça va aller de comment je m'alimente à mes sorties du quotidien, à ce que je vais pouvoir créer dans ma vie, autour de moi, pour les autres aussi. Donc voilà, j'avais vraiment eu ce besoin-là. Et en rentrant en France, j'ai pris la décision plutôt... J'ai eu ce besoin viscéral de prendre le temps, de ralentir, de me découvrir autrement que à travers ce que j'avais pu faire dans le milieu professionnel, scolaire, voilà. En prenant ce temps-là, tout de suite, j'ai réalisé qu'il y avait beaucoup de choses en moi que je n'avais pas vraiment laissé la place de sortir, d'exprimer. Et un grand besoin, effectivement, d'expression à travers l'écriture. C'est comme ça que l'écriture est née, que je me suis laissée un petit peu faire de manière très intuitive. Et puis petit à petit, j'ai vu un petit peu des sujets qui me tenaient vraiment à cœur. Donc d'abord, j'ai écrit ce premier livre, Éloge des chenilles, qui est sur ce regain d'énergie vitale, ce besoin de prendre le temps des métamorphoses. Donc l'Éloge des chenilles, c'est vraiment l'idée de prendre le temps, de changer, de s'accorder à ce temps-là, qui peut prendre, ça peut être très vite pour certains, d'autres plus lent, mais qu'on est constamment en métamorphose et qu'il y a des cycles effectivement qui sont importants d'accompagner, je pense. Et le second livre, où Marie a d'ailleurs fait les photos. Anne aux saisons intérieures, qui est sur un sujet qui pour moi a été primordial dans ma vie, qui est la reconnexion au cycle féminin. Comprendre à quel point la femme porte en elle une puissance de création, une puissance d'aider, d'accompagner, de transmettre des choses sous différentes formes. Finalement, une puissance de donner, si et seulement si, elle se connecte à elle-même, à son corps, à ses propres rythmes. Et souvent, ces choses-là, on ne les a pas apprises, parce que tout ce qui a été créé a été créé sur le modèle très linéaire de l'homme. Et aujourd'hui, de plus en plus de femmes tirent la sonnette d'alarme, de Oh, attention, prenons la responsabilité de nos corps, de ce qu'on met dedans, de comment on s'y connecte. Parce qu'il y a des choses très très simples qui finalement, aujourd'hui, sont encore très nouvelles dans les oreilles des gens, parce qu'on n'en a pas assez parlé. Pour moi, c'était important de parler de ça, et que prendre soin du vivant, prendre soin de la nature, Faire de l'écologie aujourd'hui, c'est aussi prendre soin du corps de l'humain, en fait. Voilà. Et pour moi, il y a vraiment un lien qui est constant là-dedans. Voilà.
- Speaker #0
Merci pour cette présentation, Inam. Ce que j'aime beaucoup, c'est qu'aujourd'hui, justement, forte de toutes ces compréhensions, tu t'es créé une activité qui est vraiment sur mesure et qui te permet de pouvoir honorer ce temps long, de pouvoir honorer cette cyclicité. Tu as créé une activité qui est multifacette ou à la fois tu crées. créer des cabanes étoilées, des habitats légers en pleine nature dans les Pyrénées, et en même temps, tu dédies une partie de ton temps à l'écriture, à la poésie. Quelles ont été les prises de conscience dans ta vie professionnelle qui t'ont amené justement à repenser ce mode de vie pour ne garder que l'essentiel ? Est-ce que c'est quelque chose qui a toujours été là pour toi ? Ou est-ce que c'est justement peut-être le fait d'entrer dans un monde du travail qui ne te correspondait pas, qui t'a fait... Avoir cette prise de conscience et rebasculer dans un mode de vie qui est aujourd'hui beaucoup plus respectueux du vivant et de ta nature à toi aussi.
- Speaker #1
Alors ça n'a pas été inécie, mais ça n'a pas été le cas pendant longtemps. Donc je dis souvent que pour moi, mes moments de scolarité, d'études, d'études longues, de grandes écoles, tout ça, ça a été des moments où j'étais assez éloignée de mon corps. Et finalement... Tout ce que j'avais cru apprendre à ce moment-là, j'ai dû complètement le déconstruire plus tard. Après, ça m'a apporté bien d'autres choses, notamment la possibilité de voyager. Et je pense que ces voyages-là m'ont ouvert à d'autres prismes, à d'autres manières de vivre. Quand on est à l'étranger, on comprend à quel point tout notre système n'est fondé que sur des croyances, des histoires qu'on se fait de telle ou telle manière de vivre. et par des rencontres qui m'ont permis aussi d'observer ce qui se passait en moi. Donc ça a été vraiment, je dirais pas que ça a été graduel, ça a été vraiment des moments où d'un seul coup il y avait comme des éclairs de lucidité. Et souvent ces moments-là ont été les moments les plus difficiles de ma vie. En fait ça a été... parce qu'il y a eu des deuils, des séparations, des moments difficiles où j'ai dû, par exemple, quitter l'Afrique du Sud, un petit peu forcée par la situation, des choses comme ça. Des moments où j'étais vraiment dans le creux de la vague, on va dire. Ça a été aussi les moments les plus transformateurs. Donc c'est pour ça qu'aujourd'hui, j'essaie vraiment de me relier aux saisons. Et quand je parle de saisons, c'est à la fois les saisons qui ponctuent l'année, les saisons du cycle, les saisons intérieures aussi, liées à notre âge. où on en est dans la vie. Mais vraiment, avoir ce recul-là sur les événements qu'on traverse pour se dire, en fait, non, là, ce qu'on traverse, c'est peut-être un cadeau qui va nous mener sur une voie qui est plus alignée, qui est plus soi-même, en fait. C'est peut-être là où il y a les clés. Donc, effectivement, moi, ça a été vraiment des moments comme ça. Et j'ai créé cette activité multiple, on va dire, où aujourd'hui, effectivement, j'écris. J'ai co-créé un lieu de reconnexion à la nature dans les Pyrénées. où on construit des cabanes, on accueille des retraites, on crée des événements toujours reliés aux vivants. Et cette activité, ce n'est pas seulement ça. C'est-à-dire qu'aujourd'hui, je m'ouvre un petit peu à ce qui vient. Je n'ai plus cette idée de devoir me présenter en tant qu'auteur, point barre, ou en tant que créatrice d'un écolieu, point. Je sais que tout ça, de toute façon, c'est des étiquettes qui sont aujourd'hui. Si tu m'interroges dans un an, il n'y aura peut-être plus ça, il y aura peut-être autre chose. Et surtout, je nourris chacune de mes activités par une autre. Je dis souvent, je jardine avec mon esprit et j'écris avec mon corps. C'est vraiment cette idée de l'un et l'autre se nourrissent ensemble mutuellement et je suis juste un vaisseau qui essaie de nourrir certaines choses sans me disperser non plus.
- Speaker #0
Merci pour ton partage, ça fait complètement sens avec ma vision de l'entrepreneuriat qui est vraiment d'entreprendre au service du vivant en soi et autour de soi. Et pour moi, entreprendre au service du vivant en soi, c'est vraiment aussi s'autoriser à écouter ses élans, se dire tiens là ça m'inspire d'aller jardiner, ça m'inspire, moi j'aime beaucoup surfer. Et en fait quand je suis en train de surfer, j'ai des idées qui me viennent, la créativité qui est là parce que tu es au contact des éléments, de la même manière que toi tu es au contact de la terre quand tu es en train de jardiner. Et tout ça, en fait, c'est ce qui vient nous nourrir, nous, profondément. Et donc, évidemment, ça nourrit aussi nos activités. Il y a cette richesse, en fait, qui se met en place. Tu parlais, il y a l'âme d'alignement. Il y a une question que j'ai envie de te poser parce que j'ai été très touchée en découvrant ton histoire. Il y a beaucoup d'effets miroirs, effectivement, dans nos parcours, entre les classes prépa, les études, etc. Le début de ta carrière en ONG, tu as travaillé dans l'entrepreneuriat social, moi aussi. Et la prise de conscience que tu as eue ? Un peu de cette grande dichotomie qui est que finalement, on se retrouve dans ces milieux-là beaucoup à prendre soin des autres, alors qu'on est nous-mêmes souvent en train de se sacrifier, soit parce qu'on sacrifie son énergie et qu'on est tellement engagé qu'on peut parfois aller jusqu'à l'épuisement et jusqu'au burn-out, soit parce que dans certains de ces milieux-là, qui sont des milieux plutôt d'associatives, d'engagement, de volontariat aussi parfois, on n'est pas rémunéré à notre juste valeur. Et donc, à un moment donné, finalement, ce sont des activités qui ne sont pas durables pour nous sur le long terme. Et je t'ai entendu parler justement de cette idée de désalignement et de la dichotomie que ça crée à l'intérieur de nous quand on n'incarne pas vraiment le message qu'on transmet. Comment ça s'est passé pour toi, cette prise de conscience qu'il y avait une différence entre ce que tu prônais et ce que tu incarnais toi ? Et pourquoi est-ce que, selon toi, c'est si important de pouvoir l'aider quelque part par l'exemple ? et d'être dans cet alignement et dans cette congruence dans nos vies.
- Speaker #1
Je ne pense pas qu'on peut être à 100% cohérent. Cette idée d'être totalement aligné entre ce qu'on dit et ce qu'on fait, je suis la première. Par l'expérience, j'ai compris que c'était difficile et que c'était ça être humain. C'était avoir des envies, peut-être avoir des messages à faire passer et puis parfois finalement faire des choses qui sont complètement à côté. Ça c'est OK. Par contre, effectivement, créer une vie où on est... En tout cas, il y a de plus en plus de creux entre ce qu'on essaye d'incarner, de prôner, de partager comme message et la vie qu'on mène. Plus l'écart se creuse, plus, en fait, il y a un fond de nous qui va être en déséquilibre complet. En Afrique du Sud, effectivement, j'avais créé cette ONG dans l'entrepreneuriat social, un incubateur. On avait un lieu, j'avais une équipe. C'était un projet qui était vraiment un projet de rêve. et qui pour moi faisait sens. J'avais tellement envie de le nourrir que je me suis donnée à plus de 100% en fait. Je me suis donnée beaucoup plus que ce que mon corps pouvait faire pour ça. Compris après que c'est une facette de moi déjà et que j'ai intérêt à faire attention quelque part à ne pas me donner davantage que ce que mon corps peut donner aujourd'hui. Et c'est aussi prendre conscience n'ont pas des limites de mon corps, parce que le corps a des ressources infinies, finalement. Donc, ce n'est pas tant les limites que son propre rythme à lui, et donc à moi-même, au fond. J'avais besoin de prendre des moments vraiment où je me ressourçais, apprendre ce que c'est pour moi de me ressourcer, parce que ce n'est pas forcément me mettre sur un canapé, regarder une série. Parfois, me ressourcer pour être dans ma petite grotte, dans mon bureau, pouvoir écrire, pouvoir mettre mes pensées sur un papier. C'est aussi être au contact de la nature. Je surfais aussi à l'époque. Le surf, pour moi, je me suis posé la question, pourquoi je vais faire ça ? Finalement, c'était pour être vraiment avec les éléments et avec rien d'autre. Il y avait ces besoins-là que je n'aurais pas assez. Et finalement, à un moment, je ne pouvais plus donner autant dans mon projet, à l'extérieur, que ce que mon cœur avait envie. Je pense que c'était cette... une dissonance entre ce que j'avais envie de donner, cet élan, et puis l'impossibilité à un moment de pouvoir le faire sans me trahir moi-même. Cette dissonance a fait que j'ai voulu prendre du recul pour justement revenir à un rythme plus lent, à une écoute de mes cycles, de mon rythme, des saisons aussi. Il y a des moments en été, maintenant je vois vraiment les différences en été, j'ai envie de tellement, tellement donner, offrir, partager, être ensemble. Alors que l'hiver, je suis beaucoup plus dans un retrait, dans une énergie beaucoup plus cocooning et aussi de nettoyage, une certaine forme de retour à l'intériorité. Tout ça, j'avais vraiment besoin de le ressentir et de le comprendre pour pouvoir revenir à un rythme de vie et à des projets sains où je ne m'épuise plus.
- Speaker #0
Merci pour ton partage. Tu as écrit justement en 2021 ton premier essai, Éloge de la Chimie, tu en parlais tout à l'heure, qui est une ode aux vivants, à la poésie, aux beaux, aux sacrés, aux temps longs aussi. Et la question que j'ai envie de te poser dans ce que tu es en train de partager, c'est en quoi est-ce que l'écriture et la poésie, notamment, ça t'a permis cette reconnexion à ton monde intérieur, à ton corps, à ton intériorité ? Et finalement, en quoi est-ce que l'écriture, ça t'a permis d'accompagner ta propre... propre métamorphose ?
- Speaker #1
Je pense que l'écriture a été vraiment l'outil, le lien entre ce qui se passait dans mon corps, au-delà de mon... Même si on peut penser que l'écriture, c'est très mental, pour moi, c'est très corporel. Ce que j'écris, ce que je mets dans mes livres, dans mes papiers, finalement, c'est prendre conscience de ce que mon inconscience, que mon corps est en train de traverser, les liens. qui sont en train de se faire aussi entre mon corps, ce qui se passe en dehors, toutes ces choses-là et que mon mental n'a pas vraiment compris. Donc, c'était vraiment me découvrir, découvrir ce qu'il y avait. C'est Agnès Verda qui dit If we open people up, we'd find landscape. Et j'adore cette image où je pense que tout le monde a ses outils. Chacun a les siens. Ça peut être l'art, ça peut être la cuisine. On a vraiment... Il y a mille manières d'exprimer ce qu'il y a à l'intérieur. Moi, c'était l'écriture. Je ne saurais pas dire pourquoi, je pense qu'on a tous ce petit outil préféré. Mais en tout cas, ça a vraiment été la manière de me découvrir, d'oser les métamorphoses que mon corps cherchait. Et justement, quand je voyais qu'il y avait des choses où ce qui me retenait, ce n'était pas ce que mon corps voulait, mais plutôt mon mental qui me créait des peurs, des idées plus ou moins rationnelles, alors que mon corps appelait à des folies passagères. Et par l'écriture, je découvre... Découvrir ce qui était vraiment l'appel du cœur, et ce que j'avais vraiment envie au fond. Pour moi, il y a un côté suivre ses tripes, comme dit Marie Fitterer, Follow your gut Et pour ça, l'écriture a été vraiment un guide, un messager. Et l'est toujours, d'ailleurs.
- Speaker #0
Et t'écris à la fois des essais et à la fois de la poésie.
- Speaker #1
Je suis multiple encore. Je me découvre, j'évolue. Au début, j'ai écrit un recueil de poésie parce que la poésie est venue à moi et que c'était tellement simple pour moi que je suis arrivée comme ça. Et puis, petit à petit, j'ai aussi compris que si j'écrivais des poèmes, c'est parce que mon mental, ou en tout cas ce que je me faisais de l'idée de l'écrivain, était si loin. Moi, je n'ai pas du tout fait d'études de littérature. Et l'idée d'écrire un livre entier avec plein de pages, ça me paraissait être une montagne. Et puis finalement, petit à petit, pas à pas... On avance et puis à un moment, on est en haut de la montagne et le livre est rempli. Et surtout, il a été rempli avec joie, avec vraiment une attention à chaque mot et l'impression que c'était vraiment pas si compliqué que ça. Voilà, donc j'évolue. Mon second livre a été à la fois de la poésie, des réflexions sur les cycles, sur le corps, un partage d'expériences. Et aujourd'hui, je suis sur un troisième livre qui n'a rien à voir puisque c'est plutôt de l'ordre du roman. Voilà, tout ça évolue vraiment.
- Speaker #0
C'est génial parce que finalement, tu es pleinement à l'écoute de ce qui est vivant en toi et de ce que tu as envie de venir explorer, toute cette richesse à l'intérieur. Comment est-ce que tu fais aujourd'hui pour prendre soin justement du vivant en toi et autour de toi ? Est-ce qu'il y a des pratiques en particulier ? Peut-être que l'écriture en est une, mais peut-être qu'il y en a d'autres. Est-ce que tu as des pratiques, des rituels qui pourraient inspirer les personnes qui nous écoutent ?
- Speaker #1
Ça peut inspirer après vraiment, je pense que chacun est créateur des siennes et que je pense que le plus important là-dedans, c'est d'oser être créatif. Et par créatif, c'est oser aller faire des choses qui peuvent paraître être à contre-courant ou différentes des autres. Je ne sais pas si c'est se lever tôt ou voilà, pour faire ses pratiques. Et c'est aussi reconnaître, reconnecter avec son enfant intérieur pour oser des trucs qui au début paraissent être futiles et qui finalement nourrissent. une autre partie de nous-mêmes. Pour moi, ce qui est important aujourd'hui, je le ressens comme ça, c'est effectivement de me créer des rituels, des moments où le temps s'arrête un petit peu et où je reviens à une forme d'essentiel. C'est aussi créer un cadre, c'est aussi créer ce qu'on peut appeler une routine, mais finalement, je pense que le mot routine peut devenir péjoratif, alors qu'il ne l'est pas du tout. Moi, j'adore aussi cette idée de routine. Quand... elle est faite avec envie et avec conscience et c'est là où elle devient un rituel pour moi. Donc moi par exemple vraiment quelque chose auquel je tiens énormément c'est mon rituel du matin où je me réveille un petit peu avant d'autres, pas avant tout le monde mais... Et je fais une pratique à la fois en mouvement, donc j'ai fait beaucoup de yoga, je remets ça en moi, mais avec davantage de souplesse, on va dire, ou de mouvements intuitifs. Et c'est un rituel où j'allie différentes choses qui sont des moments méditatifs, des moments aussi de gratitude, parce que pour moi, c'est vraiment essentiel de ramener ça dans nos vies, au quotidien. Et des moments aussi où je m'en remets à plus grand, j'appelle un peu à la médecine de la prière, qui... est différemment vue, est différemment assumée, on va dire, chez bon nombre d'entre nous, parce qu'elle a beaucoup de connotations et qu'on ne sait plus comment prier, on ne sait plus comment s'en remettre à plus grand. Après, c'est quelque chose qui est très intime, qui est vraiment de l'ordre de l'espace individuel que chacun a envie de nourrir. Pour moi, c'est aussi important de le partager aujourd'hui que ce n'est pas que dans les églises ou dans les mosquées qu'on peut prier et que finalement, une montagne, c'est aussi un temple. Moi, je parle des montagnes parce qu'ils sont là, mais on en a tous des temples autour de nous.
- Speaker #0
Merci, finalement, ça remet aussi vraiment du sacré dans la nature, dans le vivant qui est autour de nous. J'aime bien dans ce que tu dis, il y a cette notion de reconnecter avec son enfant intérieur et des choses qui peuvent paraître futiles. Moi, ça m'inspire beaucoup que tu écrives de la poésie, parce que la poésie, ça a longtemps fait partie de ma vie, notamment à l'époque où j'étais adolescente, où je noircissais des pages et des pages, j'ai des carnets entiers chez mes parents. Et puis en arrivant dans le début de ma vingtaine, je sais pas si c'est l'arrivée dans le monde de la prépa, de professionnel, j'ai complètement laissé tomber. C'est un peu comme s'il n'y avait plus cette envie d'écrire, mais vraiment cette envie de vivre, tu vois, profondément. Et peut-être aussi que j'avais associé quelque part la poésie à ce côté un peu, tu sais, artiste maudit, poète, torturé, etc. Alors qu'en fait, ça peut aussi être joyeux, être léger, être une ode aux vivants, aux sacrés, à la nature. Et on peut décider d'en faire autre chose. Et aussi, peut-être, dans cette vie, tu vois, on est toujours dans la course à la productivité, on parle de rentabiliser son temps. Finalement, la poésie, tu vois, c'est le temps long, en fait. C'est le retour à la lenteur, à la créativité, à ce qui est vraiment vivant en nous. Et du coup, je trouve ça vraiment intéressant, cette notion que tu amènes, de se reconnecter, en fait, aussi à cet enfant intérieur, peut-être aux choses qu'on aimait faire quand on était plus jeune, même si ça paraît futile, et même si on se dit, mais où est le... Tu vois, le sens dans nos vies d'adultes, c'est forcément, en fait, qu'il y a du sens à ça.
- Speaker #1
Oui, oui, je pense que c'est toujours bon, en tout cas, de se créer des espaces où on peut essayer, où on peut jouer avec les mots, avec les peintures, avec juste faire des dessins. Je me souviens qu'au moment du confinement, où j'étais vraiment à réveiller cet enfant intérieur, j'avais essayé plein de choses, de la poterie, essayer des choses. Je ne suis pas devenue céramiste. Mais toujours, quand on fait quelque chose de créatif, ça nourrit autre chose. Donc peut-être que la poésie, ça va être quelque chose qui va revenir. Tu ne vas peut-être pas écrire des poèmes, mais ça va nourrir tout ce que tu vas pouvoir écrire ailleurs. Et pour moi, il y a aussi cette importance à oser sortir des cadres qu'on va pouvoir se mettre inconsciemment de je suis poète ou j'écris ça ou je vais devenir comme ça Non, en fait, peut-être que tu vas écrire de la poésie qui va ponctuer, je ne sais pas, ton site web. ou une gravure que tu vas faire. Tout se nourrit l'un et l'autre. Et finalement, suivre ces élans de temps en temps, se créer des espaces où on peut jouer comme ça et on peut oser, ça titille aussi beaucoup de choses chez nous. Quelles sont ces peurs qui nous empêchent d'aller jusqu'à une certaine forme de création vertueuse ?
- Speaker #0
J'aime beaucoup cette idée de création vertueuse. Moi, la façon dont j'aime bien le formuler, tu sais, c'est à travers la notion d'écosystème et de se dire que dans nos activités, comment on peut s'inspirer aussi, tu vois, de l'intelligence, du vivant et de la nature dans nos vies, dans nos entreprises. Pour moi, c'est aussi à travers cette notion d'écosystème et de créer autour de soi, que ce soit des écosystèmes de personnes qui vont venir nous soutenir, nous porter dans nos activités, mais aussi des écosystèmes d'offres ou d'activités. Tu vois un peu exactement ce que tu es en train de dire. La semaine passée, j'ai conduit une retraite ici en Casamance, poursuivie par une immersion avec une cliente. Et je vois à quel point le fait de vivre ces moments-là, ça vient me nourrir, ça vient m'inspirer, ça vient stimuler ma créativité. Là, j'ai envie d'écrire un programme sur l'entrepreneuriat durable. Et en fait, il y avait tellement de clés dans ce que j'étais en train de vivre, parce que j'étais au contact de la nature, des éléments, de ce qui me fait vibrer. C'est vraiment finalement cette idée qu'une offre vient nourrir l'autre de la même manière. que tes livres permettent d'amener des personnes dans les cabanes et dans l'écolieu que tu as créé et que le fait de vivre dans cet écolieu, dans cette nature face aux montagnes, t'inspire dans ton écriture et dans ta poésie. Je trouve ça vraiment beau de tisser ces différents liens. Il y a un autre thème que j'ai envie d'aborder avec toi, Elam, c'est ce rapport au temps long. Tu le sais, moi, je vis entre le Sénégal et l'Afrique du Sud. Pour moi, c'est vraiment un retour profond à l'essentiel, au temps long. C'est ce qui a le plus marqué ces dernières années. Mon expérience au Sénégal, c'est vraiment ce bouleversement du rapport au temps. Et je trouve que s'autoriser, justement, à repenser nos modes de vie sur un... honoré le temps long, en fait, la cyclicité. Ça demande de venir déconstruire, tu lisais beaucoup de choses en lien avec le rapport au temps, à l'argent, au travail, à la réussite. Qu'est-ce que toi t'as déconstruit en lien avec ces grandes notions ? Qu'est-ce que ça t'a demandé d'aller vraiment transformer pour pouvoir t'autoriser à vivre selon le mode de vie que tu as aujourd'hui ?
- Speaker #1
J'ai complètement, complètement changé mon rapport au temps, entre quand je travaillais dans une entreprise, et... Bon là c'était une association mais c'était le même format finalement, on avait repris les codes de l'entreprise, on parlait de l'entrepreneuriat et je pense que très très important ce que tu fais d'aller changer le rapport qu'on a à l'entrepreneuriat et à cette idée de il faut travailler de 9h à 18h pour produire quelque chose de bon. C'est complètement passé cette idée pour moi. J'ai changé mon rapport au temps simplement déjà en prenant conscience de mes expériences passées et de moments où j'avais l'impression qu'une journée ou une semaine... mais avaient été vraiment décuplées au niveau du temps. J'avais pu faire énormément de choses sans me fatiguer, en étant vraiment dans un état d'esprit très fluide, les choses s'enchaînaient. C'était vraiment j'habitais le temps finalement. Et d'autres moments où j'avais l'impression que la vie passait et que janvier, juin, c'était serré en deux jours. Et je pense que c'est beaucoup toute ma transformation est partie beaucoup de ce ressenti-là. Je n'avais pas envie que ma vie me passe entre les doigts. J'avais pas envie que ça file et que je me réveille à 60 ans en me disant mais où ce temps est-il passé ? Donc je me suis dit bon bah quitte à apprivoiser le temps autrement, autant le faire complètement et voir ce qui en sort quoi finalement. Testons, créons un espace on va dire, je m'étais pas mis day 1 et day 10 mais voilà créons cet espace là. Et donc petit à petit je me suis prise au jeu et je me suis rendue compte, au début je m'étais dit bon bah... Dans trois mois, je reprends un boulot, je reviens dans la ligne. Puis bon, autour de trois mois, il y avait des élans qui étaient nés, il y avait des envies, des rêves. Je m'étais dit, bon, au bout de six mois, au bout d'un an. Et puis, de fil en aiguille, j'ai commencé effectivement à faire mes livres, à créer mes cabanes, à rencontrer des gens aussi qui vivaient différemment et avaient un autre rapport au temps. Et je pense que c'est aussi de m'entourer de gens qui avaient déjà fait un petit peu ce cheminement-là. Ça a vraiment nourri ma confiance en cet autre rapport au temps. Et je pense que finalement, ce n'est pas une question d'il faut tout faire lentement, il faut tout ralentir, attention. C'est plutôt qu'aujourd'hui, on a tellement créé des systèmes et des modes de vie où il faut aller, il faut faire vite pour répondre aux besoins sociétals du grand méchant capitaliste qu'on dit souvent. C'est surtout que ce rapport à la lenteur a été perdu. Et donc, on a oublié finalement comment faire les choses avec cette lenteur dont le corps, dont le vivant a besoin. On voit toujours qu'autour de nous, le jardin a besoin finalement. Qu'est-ce que même notre plante verte, si simplement on a une plante verte. Parfois, ce n'est pas de la roser tous les jours. C'est de lui laisser aussi le temps. Le temps d'avoir ses feuilles qui tombent, qui reviennent. Et nous aussi, on a besoin de ce temps. temps, on a besoin de cette lenteur. Et plus j'ai été dans ce nouveau rapport-là au temps, plus j'ai aussi vu les fruits que ce rapport-là a créé. Et c'est pas non seulement ce qu'on va sortir en tant que projet, c'est aussi simplement dans une forme de satisfaction intérieure à qu'est-ce que ça m'a apporté de cuisiner ce plat plus lentement, d'être dans une matinée plus lente, d'être dans une réelle attention au geste. Quelle a été la satisfaction ? Comment je me suis remplie de ça ? Et simplement porter attention à ça, ça dit tout sur tout le reste. Ça dit tout sur qu'est-ce que je veux faire, est-ce que j'ai envie d'écrire dix livres, est-ce que j'ai envie d'en écrire trois ?
- Speaker #0
Quel est le but d'un projet finalement ? Est-ce que c'est d'en additionner plein ? Et après, tout ce qui est rapport à l'argent, je pense que ce n'est pas un autre sujet, il est très lié. Mais je pense vraiment qu'on se reprogramme également en portant attention à comment l'argent arrive dans notre vie, comment on ose s'offrir un rythme différent et un rythme vraiment connecté à ce que notre corps a besoin. Je reviens toujours au corps, mais c'est vraiment le... pour moi la boussole, ce que notre corps a besoin aujourd'hui.
- Speaker #1
Merci pour ton partage. Pour moi, c'est très lié ce que tu dis à la notion de présence. C'est vraiment le mot que moi j'aime bien employer. Et donc c'est vraiment être à l'écoute de son corps, de ses moments de vie, revenir à la lenteur. De quoi est-ce que j'ai besoin aujourd'hui ? Qu'est-ce qui est présent ? Qu'est-ce qui est vivant en moi aujourd'hui ? Et parfois c'est ce besoin de lenteur. Et parfois ça va être de cuisiner en vraiment prenant le temps, de ressentir les aliments. C'est exactement ce que tu es en train de décrire. Et parfois, on est dans un rythme qui est beaucoup plus rapide, qui est beaucoup plus joyeux, et c'est OK. En fait, l'idée, ce n'est pas de passer d'un dogme de la productivité, de la rapidité, à un autre qui serait le dogme de la lenteur, mais c'est vraiment de s'autoriser, en fait, à être à l'écoute de ces élans de vie et de cette cyclicité, en fait, qui en nous, il y a des moments en accélère, des moments en ralentit, et c'est juste de cette manière-là.
- Speaker #0
Tout à fait. Et puis, il y a des personnalités différentes.
- Speaker #1
Il y a des personnalités différentes, il y a des groupes. chronobiologie différente. Il y a vraiment plein d'outils aussi sur lesquels on peut s'appuyer, non pas pour mettre des étiquettes, encore une fois, mais pour mieux se comprendre, mieux se connaître et mieux respecter son fonctionnement unique qui, effectivement, est propre à chacun. Milam, il y a beaucoup de personnes qui aspirent à créer des écolieux, des lieux comme celui que tu as créé, notamment depuis le Covid. Et il y a une question que j'ai envie de te poser parce que c'est quand même un grand problème. projet, quelque part, de faire sortir de terre ces cabanes, ce lieu, entre le moment où l'idée de ces cabanes étoilées a germé dans ta tête, dans ton cœur, et le moment où tu as pu réaliser ce projet. Quelles ont été les différentes étapes ? Est-ce que vous aviez déjà un terrain ? Est-ce que tu t'y connaissais, dans la construction d'habitats légers ? Quels ont été, tu vois, les différents défis que vous avez dû surmonter pour pouvoir créer ce lieu, que tu as créé, je crois, avec ton compagnon ?
- Speaker #0
Oui, je sais qu'il y a beaucoup de gens qui aspirent à ça, Comme il y a beaucoup de gens qui aspirent à être écrivain, c'est rigolo parce que moi j'ai envie de te dire, j'ai jamais aspiré ni à être écrivaine, ni à créer un écolieu. J'avais d'autres, peut-être, je dirais même pas des rêves, des sortes de conceptions dans ma tête de où je pouvais aller, mais qui finalement étaient complètement différentes de là où la vie me mène. Et ce que je fais aujourd'hui me va très très bien. Et en fait, c'est effectivement des rêves d'avoir écrit des livres, d'avoir créé cet écolieu, c'est des rêves. dont je n'avais même pas conscience tant il me paraissait être grand ou être en tout cas vraiment si près de moi que parfois il y a des choses très près qu'on ne voit pas. Alors j'ai co-créé ce lieu avec mon compagnon et avec deux autres personnes qui sont devenues des amis que j'ai rencontrées à travers le projet pour faire très rapide. Et simplement, les faits vont peut-être donner l'ordre d'idée de comment les choses se sont passées. J'étais avec mon compagnon. On habitait dans une autre ville. Lui avait un atelier parce qu'il a une activité très manuelle. Et un jour, l'idée a germé d'on a l'atelier, on a du bois, faisons une cabane, on pourra y dormir nous. Et moi, à ce moment-là, tout ce que je recherchais après avoir énormément travaillé, c'était un lieu où me ressourcer, où être pleinement en nature et pouvoir faire ce que j'avais envie. Mais vraiment un lieu, ma petite cabane au fond du jardin. Donc c'est parti comme ça. Et puis de fil en aiguille, c'était vraiment un jeu, il n'y avait aucune ambition derrière. La cabane s'est un peu créée sans plan, rien faire, vraiment sans aucun plan ni design d'architecte. Et on a commencé à comprendre que là, la petite cabane devenait un peu plus une grande cabane et que financièrement, il allait falloir peut-être un peu ajouter quelques suppléments à notre petite idée. Le plan financier a fait qu'on s'est dit, bon bah... Si on investit dans cette cabane, on va aussi essayer de la rentabiliser. On va essayer de la partager et de la louer. L'idée de la cabane est née comme ça. On a continué à vraiment s'amuser. Et là, on a découvert qu'on avait un potentiel pour faire des choses comme ça, qui était génial. Et surtout, on s'amusait vraiment à le faire. Et donc, on s'est dit, là, on a créé une super cabane. Où est-ce qu'on va la poser ? Parce que pour l'instant, on avait juste le jardin, qui était sympa, mais pas non plus grandiose. Et là, l'idée, moi, j'ai eu cet élan de déménager, d'aller dans un lieu qui soit pleinement en nature. Je visais d'abord le Pays Basque ou d'autres lieux comme ça qui m'appelaient parce que j'avais des connaissances, parce que je connaissais le milieu de la mer, le milieu du surf, tout ça m'était connu. Donc on se raccroche à ce qui est connu. Et puis au Pays Basque, j'ai rencontré ses amis, Linda et Sacha, qui, eux, vivaient au Pays Basque, étaient en train de créer ce projet dans les Pyrénées. On les a rejoints ici. Et là, en arrivant sur le lieu qui est actuellement l'écolieu, on est tombés amoureux, amoureux, mais comme jamais du lieu. Et au-delà du lieu, parce que des montagnes, il y en a plein. C'est une énergie qu'on... qu'on ne peut pas vraiment partager. Et d'ailleurs, on dit souvent aux gens, venez, faisons connaissance et venez ressentir l'atmosphère du lieu et aussi, quelque part, ce que notre groupe et tous les habitants qui viennent un petit peu, les voyageurs qui viennent sur le lieu et qui repartent, tout ce que cela crée, c'est davantage une atmosphère qui nous a enchantés et on s'est dit, bon, là, plus le choix, on déménage. On a déménagé, on a créé ce lieu et les choses se sont créées comme ça. Donc vraiment, il n'y a pas eu cette envie et ce rêve de bon, bah, grand A, je crée un écolieu, quelles sont les étapes à suivre ? C'est plutôt, j'étais dans une vie où j'avais certaines possibilités qui m'étaient offertes, que j'ai suivies, toujours avec l'idée du jeu, de l'esprit enfantin. Créer une cabane, c'est vraiment un truc d'enfant pour moi. J'avais effectivement un compagnon qui est très manuel et qui m'a énormément... enseigner le bricolage, je partais de zéro. Et surtout, moi, j'ai amené aussi ma pâte, tout ce que j'imaginais avec ce lieu, autant en déco qu'en énergie de ce que je voulais amener. Et aujourd'hui, finalement, ce que je voulais faire dans ma cabane, qui était me ressourcer, revenir à moi-même et reprendre de l'élan pour aller offrir ce que j'appelle mes trésors au monde, aujourd'hui, c'est ce que je partage avec les gens. Et quand les gens viennent dans la cabane, c'est vraiment ça qui se passe. Je le vois, je le ressens, on en parle. C'est quelque chose qui a été voulu pour moi-même et qui a été multiplié avec l'idée de partage. Les choses viennent. L'important pour moi, c'est d'être dans l'action, et de faire avec ce qui est là, surtout.
- Speaker #1
Et de s'autoriser aussi à accueillir les opportunités, parce que finalement, les opportunités sont là, les messages, l'univers nous envoient des rencontres, des lieux, des choses qui s'offrent à nous. Et ça demande d'oser, en fait, s'en saisir, d'oser faire un pas vers l'inconnu. C'est aussi ce que vous avez fait en décidant de venir vous installer dans les Pyrénées. Et peut-être ce que moi, j'entends aussi dans ton message, c'est de s'autoriser à y aller petit à petit. Tu vois, pour moi, ça me fait vraiment penser à la construction de projets à l'africaine. On commence par une première cabane. Et puis, en fait, petit à petit, on va construire et ça va devenir quelque chose de grandiose. Mais on s'est autorisé à commencer petit. Et c'est ce qui fait peut-être aussi qu'on arrive à tenir dans la durée. Parce que ça s'est construit de façon organique, encore une fois, avec le vivant, les opportunités, les rencontres autour de nous.
- Speaker #0
Complètement. Et parfois, on a l'impression d'aller petit à petit, alors qu'en fait, simplement notre impression est que par la force des choses, effectivement les rencontres, là où on va atterrir, là où comment notre projet va être reçu, les choses peuvent vite grandir aussi. Donc c'est faire petit, c'est aussi accueillir le grand. pas forcément le voir parce qu'il n'est pas forcément j'ai un peu compris que je voyais pas forcément grand chose à mon avenir tant il était riche de surprises mais en tout cas accueillir accueillir vraiment le grand oui merci là on arrive à la fin de cet épisode il y a une dernière question que j'ai envie de te poser le
- Speaker #1
podcast s'appelle oser l'aventure d'être soi et toi tu parles beaucoup de s'aventurer en dehors et en dedans selon toi qu'est-ce que ça demande pour oser pleinement l'aventure d'être soi
- Speaker #0
Pour moi, l'aventure, ça a quelque chose à voir avec la zone de confort. Et souvent, notre zone de confort, on l'imagine très petite. On s'imagine par exemple qu'au niveau de nos capacités, de nos savoir-faire, de nos talents, ça va être très limité à ce qu'on a toujours pu faire, au niveau peut-être de ce que la vie nous réserve, des lieux où on va habiter, des projets qui peuvent se créer. de ce qu'on peut aussi au niveau personnel, de ce à quoi on peut s'ouvrir. Pour moi, cette zone de confort, elle peut être vraiment, vraiment agrandie. Alors, l'aventure, pour moi, c'est quand on ose aller en dehors de notre zone de confort. Ça ne veut pas dire qu'on va y rester, parce que finalement, ça va être des sauts qui vont nous mener à agrandir notre zone de confort, à agrandir nos talents, nos savoir-faire, nos possibilités. Mais pour moi, c'est vraiment oser aller s'aventurer. à essayer d'autres choses, et parfois ça va être essayer dans la matière, dans le concret, parfois ça va être simplement essayer de changer. des perspectives, des schémas, des points de vue qu'il y a à l'intérieur. Je pense que beaucoup, beaucoup partent de là. Je ne pense pas que tout part de l'intérieur, parce que c'est un échange toujours entre nous et l'environnement. Mais vraiment, je pense qu'aujourd'hui, s'il y a énormément de choses qui se font autour du bien-être, du développement personnel et spirituel, c'est parce qu'il y a un appel sociétal à revenir à une forme d'attention à ce qui se passe à l'intérieur et à agrandir notre zone de confort. aller s'aventurer en dedans et aussi, par la force des choses, à s'aventurer en dedans. Voilà, je pense que c'est vraiment oser l'expérience et oser ces moments-là aussi de métamorphose.
- Speaker #1
Merci, Elam. Où est-ce qu'on peut te retrouver pour les personnes qui auraient envie de s'aventurer dans les cabanes que tu crées dans les Pyrénées, qui auraient envie de s'aventurer à travers l'écriture de tes livres ? Est-ce qu'il y a des actualités qui arrivent dans ton paysage entrepreneurial que tu aurais envie de mettre en avant ?
- Speaker #0
Oui, bien sûr. Alors moi, j'adore vraiment rencontrer les gens et être dans ce rapport vraiment de corps à corps, quelque chose où l'écran s'enlève et où on découvre vraiment l'énergie des gens. Et je pense qu'il y a beaucoup de choses qui peuvent s'insuffler dans ces rencontres-là. C'est pour ça que j'ai créé les cabanes. Vous pouvez me retrouver sur mon site web où toutes mes offres sont présentes. J'ai aussi développé cette année les résidences créatives qui sont des espaces de quatre jours où on se retrouve entre personnes qui ont des projets de création, quelles qu'elles soient, et qui ont envie soit de venir travailler dessus, avancer, ou surtout venir s'inspirer de la nature et des gens qui sont autour pour nourrir leurs idées, leurs projets, pouvoir se... se nourrir de ces échanges fructueux. Vous pouvez aussi me retrouver dans mes livres. Je pense que c'est là où beaucoup de ce que... Voilà, beaucoup de mon message et beaucoup de ce que je suis est. C'est vraiment dans les livres. Puis bien sûr, à travers les réseaux. Voilà, j'ai un petit compte Ilam on Earth, où vous pouvez me retrouver aussi.
- Speaker #1
Génial. Je mettrai tous les liens dans la description de tes livres et... de tous ces espaces. On peut te retrouver, te rencontrer et rencontrer ton message qui invite vraiment à retourner à soi, à la lenteur, à l'essentiel et au vivant en nous et autour de nous. Merci infiniment, Ilham, pour cet échange.
- Speaker #0
Merci, Tiffaine. Merci beaucoup. À bientôt en Afrique du Sud, peut-être.
- Speaker #1
À bientôt en Afrique du Sud ou dans les Pyrénées.
- Speaker #0
Ou dans les Pyrénées. Par ici.
- Speaker #1
Ciao. Merci pour votre présence. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le partager avec vos proches pour continuer à semer ensemble des graines d'inspiration. Vous pouvez également noter le podcast pour contribuer à le rendre plus visible et vous abonner pour être tenu au courant des prochains épisodes. Enfin, pour suivre mes aventures et connaître l'actualité de mes programmes et accompagnements, retrouvez-moi sur ma page Instagram, Tiffaine Gualda. A très vite !