- Tiphaine Gualda
Bienvenue dans le podcast Oser l'aventure d'être soi. Je m'appelle Tiffen Gualda, passionnée par l'entrepreneuriat, le voyage, mais aussi par l'humain et son potentiel infini d'exploration et de transformation. J'ai commencé jeune, ma quête de sens et mon engagement dans des projets à impact positif m'a amenée dès mon adolescence à parcourir le monde. Aujourd'hui, je crée chaque jour la vie et le métier qui m'inspirent profondément et qui contribuent positivement au monde, et j'accompagne d'autres personnes à le faire. Je suis convaincue que la plus grande des aventures est celle qui nous invite à plonger au cœur de ce que nous sommes et de ce qui nous anime véritablement. À travers ce podcast, j'invite chacun à explorer avec moi ce qui le rend vivant, vibrant et à dépasser ses peurs pour oser pleinement la grande aventure d'être soi. Alors, on y va ? Embarquement immédiat pour un voyage transformateur au cœur de soi. Bonjour à toutes et à tous et bienvenue dans ce nouvel épisode de podcast en duo. Aujourd'hui, j'ai la joie et l'honneur d'accueillir Christian Junod, spécialiste de la relation à l'argent, pour une conversation inspirante où on va parler de réconcilier le sens et l'argent. En quoi est-ce que le fait de travailler sur notre relation à l'argent peut-il être un levier au service de nos projets et de l'impact que l'on a envie d'avoir dans le monde ? Bonjour Christian et merci d'avoir accepté mon invitation.
- Christian Junod
Bonjour Tiphaine, merci de cette invitation, je suis ravi d'être avec toi.
- Tiphaine Gualda
Alors Christian, j'ai découvert ton travail il y a trois ans à travers un programme en ligne auquel j'avais participé et dans lequel tu es intervenu pour parler d'argent et à l'époque j'étais en pleine création de mon activité entrepreneuriale. Et je dois dire que le fait de travailler ma relation à l'argent, ça a été un levier absolument majeur de la réussite et du déploiement de mon activité. Donc j'ai vraiment beaucoup de gratitude pour ta présence et pour ce message que tu as apporté. Depuis, j'ai eu l'occasion de lire ton livre Ce que l'argent dit de vous et de le recommander aussi à plusieurs des personnes que j'ai accompagnées. Et ça me tenait vraiment à cœur de te recevoir sur le podcast parce que je suis convaincue que le monde a besoin de plus en plus de personnes qui s'engagent au service de la société, au service de l'environnement. Et souvent, ce qui fait qu'on n'ose pas se lancer, qu'on n'ose pas se reconvertir, entreprendre, c'est la peur de la sécurité et notamment de la sécurité financière. On va en parler dans l'épisode. Donc je me réjouis qu'il y ait des personnes comme toi pour pouvoir nous aider à transformer notre relation à l'argent et pour pouvoir créer une vie qui soit à la fois plus abondante et plus impactante aussi. Est-ce que Christian, pour commencer, tu veux bien te présenter pour les personnes qui te découvrent à travers cet épisode et peut-être nous partager les grandes lignes de comment est-ce que toi tu en es venu à t'intéresser à ce thème de la relation à l'argent ?
- Christian Junod
Avec plaisir, Tiquen. Déjà, je suis suisse, j'habite en Suisse, je suis économiste de formation. J'ai travaillé 23 ans dans la plus grande banque suisse, 17 ans avec un conseiller en placement financier. Donc moi, j'ai affaire à ceux qui avaient plus d'argent que la moyenne. Et malgré qu'ils avaient bien plus d'argent que la moyenne, il y avait aussi beaucoup de peurs qui étaient là. On ne sera pas toujours contre, mais les millionnaires peuvent avoir de grosses peurs de manquer, par exemple. Et moi-même, j'avais, malgré d'excellents revenus, j'avais une grosse peur de manquer, mais je n'étais pas conscient du tout pendant longtemps. Et en 2009, suite à la fameuse crise et ce prime, j'ai été licencié. Et par contre, j'ai vécu ça comme une très bonne nouvelle, parce qu'entre-temps, j'avais eu la chance de connaître Peter Koenig, qui a fait des années de recherche sur la relation à l'argent. Peter est un Anglais qui vit à Zurich. Et puis, j'étais son organisateur depuis trois ans, d'atelier de deux jours, que je suivais tous avec passion. Et ça m'avait permis de faire un bout de chemin de pacification de ma relation à l'argent, ce qui fait que... Au moment où j'étais licencié, j'étais absolument tranquille et serein pour lancer mon propre projet professionnel. J'avais une croyance, peut-être un peu naïve, mais en tout cas une sorte de foi, de conviction que ça allait marcher. Et vraiment, je dis un peu naïf parce que le chemin était peut-être un peu plus compliqué que je l'avais imaginé. Mais en même temps, j'étais vraiment serein alors que deux ou trois ans avant, j'aurais été dans tous mes états à l'idée de me lancer dans un projet professionnel tellement la peur en lien avec le manque d'argent était présente chez moi. Et puis, ça fait début 2010, je me suis lancé, ça fait donc 14 ans, et je suis formé à plein d'autres approches, la communication violente, les approches systémiques, je suis coach certifié également, plus d'autres choses encore. Mais le thème de la relation à l'argent s'est imposé à moi comme étant ce qui m'a piqué, en quelque sorte, je dirais qui réconcilie un peu mon passé de banquier et mon métier actuel, même si avant je parlais de placement, maintenant je parle d'humain, et d'amour de soi, beaucoup à travers ce thème de la relation à l'argent. Et c'est vrai qu'aujourd'hui, si j'interviens dans toutes sortes de pays, dans tous les pays francophones, Pour tous les publics, je dirais que j'interviens un peu plus pour les entrepreneurs, les travailleurs autonomes, les indépendants ou ceux qui veulent le devenir, parce qu'il y a des défis d'argent qui sont plus importants, qui sont plus prégnants, qui sont plus présents, et qui demandent peut-être un peu plus d'accompagnement. Et pour terminer, effectivement, outre le fait que je fais autant du présentiel que de l'Internet, j'ai écrit cinq livres, dont Ce que l'argent dit de vous qui est mon best-seller sur la relation à l'argent.
- Tiphaine Gualda
Merci Christian pour cette présentation. Ce que j'ai envie de souligner dans ton propos, ce qui me frappe beaucoup, c'est que la plupart d'entre nous, on n'est même pas forcément conscient qu'on a une relation avec l'argent avant de commencer vraiment à s'intéresser à ce thème. Alors que pourtant, notre relation à l'argent, elle a une influence majeure dans notre quotidien, sur tous nos choix de consommation, mais au-delà de nos choix de consommation, sur tous nos choix de vie. Selon toi, en quoi est-ce que c'est vraiment essentiel d'aller explorer ce thème de la relation à l'argent ? Et en quoi est-ce que finalement... Parce que tu sais, l'argent, c'est un sujet tabou et encore plus pour les Français. Et toi, tu es en Suisse, c'est peut-être un peu différent. Mais en quoi est-ce que finalement, le fait de s'intéresser à l'argent, ça ne parle pas d'argent ? En quoi est-ce que finalement, ça parle de nous ? Et tu l'as dit dans ta présentation, ça parle aussi de l'amour de nous, de ce lien avec l'amour et la relation qu'on tisse finalement avec soi.
- Christian Junod
Oui, alors moi il y a plusieurs questions dans ta question, je vais essayer d'y aller dans ce que je me souviens. Mais la première chose, oui, la première chose c'est vrai qu'une très grosse majorité des personnes, je pense au moins 95% de la population, n'a pas conscience de notre relation à l'argent. Et comme tu l'as dit, notre relation à l'argent influence beaucoup plus notre vie que nous l'imaginons. Moi-même j'ai eu peur de manquer pendant des dizaines d'années sans être conscient du tout que j'avais peur de manquer, et que la peur était le moteur de beaucoup de mes actions. Le moteur de beaucoup de mes non-actions, j'ai envie de dire aussi. Et tu vois, ça faisait des années que j'avais envie d'une fois de lancer mon compte et tout, mais il y avait beaucoup trop de peur pour ça en fait. Mais si tu veux, on va trouver des raisons à l'extérieur, alors que le problème était intérieur. Je manquais de sécurité intérieure, je manquais de courage, et c'était chez moi, mais on va se raconter des excuses, je dis ah ben non, je ne peux pas, j'ai des enfants à charge, des pauvres enfants qu'on voit comme des charges, etc. Donc tu vois, on va trouver des raisons à l'extérieur. et je ne dis pas qu'on fait n'importe quoi comme à des enfants à la maison, c'est sûr, mais en même temps, le problème n'était pas les enfants. Parce que je me suis mis à mon compte, j'avais trois enfants aux études, ça ne me posait plus aucun problème, alors que c'était l'époque où, je dirais, les sorties financières pour eux étaient les plus importantes. Donc ce n'était pas ça la vraie question. Donc déjà, effectivement, comme il y a beaucoup d'influence dans nos choix de comportement, que ce soit pour des projets privés, pour des projets professionnels, qui dépendent de notre relation à l'argent, ça vaut la peine en tout cas de s'y pencher. Et en plus c'est un sujet qui crée beaucoup de tension dans les couples, c'est un sujet qui crée même de la tension dans les familles également, donc qui influence beaucoup plus notre vie qu'on ne l'imagine. Ça c'est la première chose. La deuxième chose, c'est un sujet tabou partout en francophonie où j'interviens, en francophonie européenne mais aussi au Québec, même si en France c'est comme je dis souvent tabou, c'est tabou, c'est encore pire en France qu'ailleurs. Le fait qu'on n'en parle pas, c'est comme si c'était un non-sujet, c'est pour ça que ce thème n'est pas si connu que ça. et en même temps, moins on parle de la chose, plus la chose prend de la place, tu vois. Si on libère la parole, c'est comme si ça permettait de... Ah ben ouais, c'est quand même pas si horrible que ça, ce truc-là, c'est pas si sorcier que là, ce thème-là, mais tout le monde garde pour soi ses peurs, ses comportements compulsifs, etc., ses envies, etc. Donc ça fait que les renforcer, ça fait que... ça empêche à ce qu'il y ait de l'énergie qui circule en quelque sorte. Et c'est pour ça que de libérer son rapport à l'argent, c'est vraiment de l'énergie que ça va libérer également, qui va être pouvoir l'utiliser d'une manière en tout cas plus constructive que de la maintenir, de la garder en soi. Ça, c'est le deuxième aspect. Et puis le troisième, effectivement, le lien... Alors moi, c'est pour ça que j'aime beaucoup ce thème-là. J'aime beaucoup ce thème de la relation à l'argent, parce que la relation à l'argent est qu'une porte d'entrée. pour aller voir dans le qui nous sommes, qui nous permettons d'être ou de ne pas être, comment nous permettons de nous déployer dans la vie ou pas, de nous montrer au monde ou pas. Donc ça parle beaucoup de nous en quelque sorte. Et ce que j'ai remarqué effectivement, c'est que le meilleur moyen, et peut-être même le seul moyen, d'avoir une relation à l'argent apaisée et sereine, c'est d'apprendre à mieux et plus s'aimer. Je n'ai pas trouvé d'autre voie que celle-ci-là. Je donnerai quelques explications tout à l'heure par rapport à ça. Mais si je dis ça, c'est parce que... Souvent, il y aurait une illusion qui serait de croire que parce que des gens gagnent beaucoup d'argent, ils ont une bonne relation à l'argent. Non, moi je vois, y compris des entrepreneurs qui viennent vers moi parfois, qui gagnent énormément d'argent et qui sont bourrés de peur malgré qu'ils gagnent beaucoup plus d'argent que moi, qu'ils ont beaucoup de succès, en tout cas on les voit sur les réseaux et tout, et pourtant ils sont bourrés de peur. Donc si tu veux, ça veut dire qu'ils ont une capacité à générer de l'argent qui est là, mais ça ne veut pas dire que parce qu'on a de l'argent qu'on n'a plus de peur. C'est un grand leurre à ce niveau-là. Je crois que la solution c'est l'argent, mais en fait la plupart du temps l'argent est la solution que des problèmes financiers, mais de rien d'autre. Mais si on cherche plus de liberté, plus de sécurité, plus de je ne sais pas quoi à travers l'argent, je peux déjà vous dire que c'est perdu d'avance, ça c'est mon quotidien. le pouvoir qu'on donne à l'argent que l'argent n'a pas. Ça c'est vraiment le grand piège. On donne un pouvoir à l'argent que l'argent n'a pas.
- Tiphaine Gualda
Merci pour ce partage. J'ai envie de rebondir sur la notion de sécurité intérieure parce que c'est quelque chose qui m'a beaucoup marquée dans mon approche et dans l'intervention que tu avais faite à l'époque, il y a trois ans, donc je me souviens beaucoup, beaucoup. Et ce qui me parle beaucoup dans cette notion de sécurité intérieure, c'est que souvent, justement, l'un des freins qu'on a quand on veut se lancer dans l'entrepreneuriat, quand on veut se reconvertir, se réinventer. C'est cette idée de se dire, mais est-ce que je vais gagner autant d'argent que dans le job salarié au GT ? Est-ce que je vais réussir à avoir des revenus réguliers ? Autrement dit, est-ce que je vais être en sécurité ? Et moi, ce que j'ai aimé dans ton partage, c'est lorsque tu parles de, tu sais, d'apprendre à être en sécurité finalement. avec et sans, je suis en sécurité avec et sans argent. Le fait de travailler sur la sécurité, mais aussi d'accueillir finalement l'insécurité dans notre vie. Et moi ça me parle beaucoup parce que je vis entre le Sénégal et la Frédéric Sud, donc ma vie est un peu, tu sais, mouvementée, instable, on pourrait croire en tout cas de l'extérieur. Et pour moi ça c'est possible parce que c'est aussi le fruit d'une grande stabilité intérieure, et ça n'a pas toujours été le cas, c'est vraiment un travail et un long cheminement. Mais ça m'a vraiment demandé d'apprendre à accueillir justement l'inconnu. L'incertitude, est-ce que tu peux nous parler un petit peu de cette notion de sécurité intérieure et comment est-ce que toi justement tu parviens à la travailler, tu sais, en réunissant justement ces deux polarités, à la fois avec et sans, et accueillir sécurité, insécurité ?
- Christian Junod
Oui, c'est vraiment important ce que tu partages, parce que c'était d'ailleurs au cœur de ma problématique. C'est-à-dire que, comme je disais tout à l'heure, on donne un pouvoir à l'argent que l'argent n'a pas. On peut beaucoup vous donner un pouvoir à l'argent de les rendre sécures. Donc on cherche une solution à travers l'argent pour nos peurs, les peurs qui sont réveillées par l'insécurité en nous. Et au fond, c'est ce que j'ai fait pendant une dizaine d'années, et j'économisais. Donc je ne me moquais pas d'argent. Ce qui est important, c'est de voir que je n'avais pas de problème d'argent, je n'ai jamais moqué d'argent, j'avais des problèmes avec l'argent. C'est une nuance qui est très importante, mais je n'avais pas de problème d'argent. Je n'ai jamais été dans le rouge à part pour faire de paiement, je n'ai jamais été là, mais j'avais un problème avec l'argent, qui fait que j'en voulais toujours plus, mais pour de mauvaises raisons en quelque sorte. Donc si on projette sa sécurité sous l'argent, si on pense que l'argent et sécurité sont associés, c'est parce qu'intérieurement on manque de sécurité intérieure, et quand je dis qu'on manque de sécurité intérieure, ça touche l'estime de soi. la confiance de sa capacité à faire face aux événements de la vie, qu'on ne connaît pas par définition, qu'on ne connaît pas à l'avance, et souvent même ça parle même d'un manque d'amour de soi. Donc, autrement dit, c'est comme si nos fondations intérieures ne sont pas très solides. Et j'aime bien l'image des fondations, parce que quand on construit une maison, on construit d'abord des fondations sur lesquelles après on va construire une maison, et plus la maison, qui pourrait être notre vie, va prendre une certaine grandeur et ampleur, plus les fondations et le terrain doivent être solides. Alors que justement... Si effectivement ce n'est pas solide, alors peut-être que ça tiendra le coup, mais comme je disais, avec beaucoup de peur, et que notre vie ne sera peut-être pas si agréable que ça, même si on a du bien-être matériel. Et quelque part, c'est comment ces fondations intérieures, que dans l'idéal on va construire dans le renom d'enfance, on se rend compte qu'on n'est pas grand nombre finalement, on a eu cette chance-là d'avoir ces fondations bien solides durant l'enfance, on va devoir faire quelque chose justement, parce que tant que ces fondations ne sont pas solides, on va fuir l'insécurité. On va fuir l'inconnu. On reste dans cette fameuse zone que j'appelle moi du connu, cette zone de référence, souvent on l'appelle, à mon avis, un tort zone de confort, parce que la plupart du temps, elle n'est pas si confortable que ça, mais elle est connue. Mais autrement dit, c'est comme si notre espace de jeu, il était un peu petit. et qu'on s'empêchait d'augmenter, d'agrandir l'espace de jeu, comme tu le fais toi, en étant sur un autre continent, en étant sur deux pays, etc. Pour beaucoup, ça paraît très insécure de l'extérieur de notre France, notre Suisse ou Belgique où on est. Ça paraît très insécure d'aller vivre là-bas en Afrique, des représentations qu'on se fait. Et au fond, si tu veux, ce qu'il y a, c'est que tant qu'on rejette l'idée de l'insécurité, on renforce l'insécurité. Ce que je n'accueille pas, je la renforce. Ce que je ne vais pas avoir, autrement dit, persiste. Et c'est pour ça que... Accueillir l'insécurité comme faisant partie d'un ingrédient de la vie, ça permet de s'ouvrir à de nouveaux possibles. À un moment donné, si tu veux, dès le moment où j'agrandis, appelle-moi ma zone de jeu, j'aime bien voir la vie comme un jeu, mais en tout cas, ma zone des possibles, je me sens peut-être ce mot-là, peut-être, ma zone de possibles, évitablement, il y aura de nouveaux. Et dans le nouveau, souvent, dans un premier temps, ça crée de l'insécurité. Mais simplement, est-ce que j'agis malgré l'insécurité ? ou est-ce que j'écoute mon insécurité, je ne fais rien, je retourne dans ma tanière, et puis je dis, ah bah tant pis, c'est pas pour moi, on va se raconter plein d'histoires, etc. Ce que j'ai fait très très très longtemps, donc je juge surtout personne qui serait là-dedans. Et j'ai envie de dire, c'est jamais terminé, parce que j'ai la chance d'avoir aujourd'hui un certain succès, j'adore ce que je fais, mais il y a de nouveaux défis, je me donne de nouveaux défis, pas comme un but, parce que ça me paraît juste, d'aller peut-être toucher d'autres personnes, d'aller faire des choses que je n'ai pas faites, et je retouche de l'insécurité, simplement au moment où je l'accueille. Elle ne prend pas longtemps de la place, donc je vais acquérir l'insécurité comme étant ok, je suis insécure et c'est ok vraiment d'aller toucher cette ennemi. Voilà, quand je vois que ça se manifeste, et comment je peux être sécure sans conditions. De là, tu disais, je peux être sécure avec et sans argent. Je peux être sécure avec et sans rien contrôler. Je peux être sécure avec et sans savoir ce qui va se passer dans ma vie. Et là, je vois effectivement que tout à coup, quand je fais travailler ça, aux différentes personnes, je me dis, oula, quand même, ça vient un peu... On sent des tensions à l'intérieur, puisque les phrases que j'utilise sont des phrases où on va garder les résonances corporelles, émotionnelles, on ne s'occupe pas du mental. On voit que le corps a des réactions qui montrent qu'il y a des mémoires qui sont là et qui viennent être réveillées ou révélées par ce genre de choses-là. Donc, à un moment donné, au moment où j'accueille une chose sans le contraire, l'insécurité et la sécurité sans condition, je viens d'augmenter ma zone de jeu, si tu veux, ma zone des possibles. Et je peux choisir à chaque instant à quel endroit je vais. Et des moments, je vais rester dans une zone de sécurité parce que j'ai envie de ça. Puis des moments, je vais aller dans des zones d'insécurité. Puis quand je l'accueille et que j'accepte, Je ne le vis plus comme tellement insécure. Souvent, c'est plus insécure avant avec les histoires qu'on se raconte qu'une fois qu'on y est.
- Tiphaine Gualda
J'aime beaucoup ce que tu partages parce qu'il y a cette notion que finalement, le manque, c'est avant tout une sensation physique corporelle qui va vraiment être logée dans le corps. Et justement, en faisant ce travail dont tu parles, d'apprendre à accueillir ces phrases avec et sans, de ressentir vraiment les sensations physiques qui sont associées, ça nous permet tout à coup de créer, tu sais, un peu comme une respiration. qui fait qu'on va être en mesure de sortir du mental qui s'affole et d'aller contacter de nouvelles ressources en nous. Je pense que ça nous permet aussi justement d'avoir plus de créativité, tu vois, plutôt que d'être réactif à ce qui se passe et à l'insécurité. Et je trouve que c'est vraiment un exercice qui est puissant. Donc, merci à toi de le partager.
- Christian Junod
Merci. Et j'invite vraiment chacun, peut-être en disant juste je suis insécure et c'est OK d'aller voir ce qui se passe, je suis super méga insécure et c'est OK de voir ce qui se passe dans le corps souvent beaucoup de bâillements qui sortent sont vraiment des tensions qui sont comme conquistées dans le corps et qui sortent et quelque chose qui se détend et puis je suis sécure avec et sans argent avec et sans rien contrôler, en mettant l'accent sur le sang parce que c'est compliqué et vraiment d'aller voir une chose sans contraire c'est comme une pièce de monnaie je peux pas dire je veux que le côté face et pas le côté pile tu vois on prend tout ou on prend rien et c'est vraiment d'aller voir les deux polarités
- Tiphaine Gualda
Exactement, et pour moi c'est le propre de l'aventure le podcast s'appelle Oser l'aventure d'être soi l'aventure ça signifie qu'il y a cette part aussi justement d'inconnue, d'incertitude et ça demande d'y plonger pour découvrir de nouvelles ressources
- Christian Junod
Oui, et ce que tu dis est tellement important parce qu'au fond cette notion de l'incertitude elle existe de toute façon, même si je vais rester bloitré chez moi, l'incertitude on voit qu'elle existe à l'extérieur la météo, une guerre, une crise sanitaire ou je ne sais quoi il y a dix mille raisons pour lesquelles je suis de toute façon impacté par l'extérieur, je ne maîtrise pas grand-chose.
- Tiphaine Gualda
Alors j'ai envie de revenir à nos chers amis entrepreneurs que tu accompagnes et que j'accompagne aussi parce qu'effectivement, cette notion de relation à l'argent, elle vient encore plus nous chercher quand on se lance dans des métiers indépendants. Et pour moi, il y a une croyance limitante qu'on retrouve souvent sur l'argent, c'est cette idée, tu sais, qu'il faut travailler dur pour réussir, qu'il faut mériter de gagner de l'argent. Et pour moi, c'est problématique, notamment pour les entrepreneurs qui se lancent dans des métiers, on pourrait dire des métiers passion, des métiers dans lesquels ils prennent du plaisir, parce qu'on peut ressentir de la culpabilité du fait d'être payé pour faire quelque chose qu'on aime bien, quelque chose qui est fluide pour nous, qui est facile, peut-être même qui est naturel, et encore plus de culpabilité si ça fait du bien aux autres. C'est mal d'être payé pour faire quelque chose de bien. Qu'est-ce que tu aurais envie de dire, toi, Christian, aux personnes qui peuvent ressentir ça ?
- Christian Junod
Oui, effectivement, je pense que c'est vraiment un vrai gros sujet. Juste avant, peut-être une toute petite parenthèse, effectivement, quand tu parles des entrepreneurs, c'est vrai que pour beaucoup, au moment où ils doivent générer l'argent par eux-mêmes, ça réveille des peurs qui étaient comme enfouies par le fait d'avoir un revenu qui tombait à la fin de chaque mois et que c'était comme si ça s'empêchait d'aller voir qu'il y avait comme des peurs qui étaient là, mais tout à coup, elles se révèlent ces peurs. On ne peut plus faire comme si elles n'existaient pas et c'est justement important de s'en occuper. Et ce que tu partages là, c'est la croyance la plus courante sur la question d'argent. C'est cette notion de il faut travailler dur, beaucoup, longtemps, voire souffrir pour gagner de l'argent Ça, c'est la croyance la plus répandue dès qu'il s'agit d'argent. Et on la comprend parce qu'il y a des siècles et des siècles derrière nous de pénibilité dans ce monde du travail. Et nous sommes ces premières générations à penser, à parler d'équilibre de vie, à vouloir autre chose. Tu as des mots qui n'existaient juste pas dans la tête de nos grands-parents, par exemple, ou arrière-grands-parents. Donc, il y a ce côté-là qui fait qu'on est un peu des précurseurs à vouloir, je dirais, réinventer peut-être ce monde du travail-là. J'ai même la peine d'utiliser le mot travail tellement déjà l'étymologie du mot travail, triballium instrument de torture de contorsion à trois pieds donc j'ajuste l'étymologie du mot. Dans le mot travail, il y a déjà la pénibilité, la souffrance qui est associée. Donc c'est pour ça qu'énergétiquement, déjà, ce mot-là est compliqué. Donc effectivement, souvent, je vois, moi j'ai beaucoup à faire des personnes sur des métiers de cœur, pas le métier de passion. et donc souvent qui sont des deuxièmes, des troisièmes métiers, c'est enfin le métier que j'ai choisi, plutôt que celui que j'ai choisi consciemment, plutôt que tous ceux que j'ai choisi inconsciemment ou par peur, et dans ces métiers-là, quand on est dans le flow, vraiment on est dans le flow, c'est facile et tout, on a l'impression qu'on ne fait pas d'efforts, ça ne me demande pas de faire d'efforts, d'être avec toi en ce moment, c'est facile, c'est ce que j'aime, et si tu veux, d'un coup, de gagner de l'argent sans faire d'efforts, ça va tellement à l'encontre. à l'encontre de toute l'éducation qu'on a reçue, tous les exemples qu'on a vus, qu'effectivement, il y a une forme de culpabilité. Donc, ce qui fait que je vois que soit les personnes, si tu veux, dans leur inconscient, elles vont se rendre la situation plus compliquée que ça pourrait, comme pour se déculpabiliser. Je prends un exemple, j'ai mon agenda à moitié rempli, il va falloir que je me batte pour trouver des clients. et puis ça va générer du stress, puis ça va montrer que c'est comme pas si cool que ça. Par exemple, ou d'autres vont avoir toutes sortes de problèmes avec leur système informatique, avec le propriétaire de leur local, avec un associé, il y a toutes sortes de problèmes inconsciemment qu'on va tirer comme pour nous rendre la vie dure, un peu plus dure qu'elle ne pourrait être, et comme pour se donner bonne conscience de gagner de l'argent. Et en plus, dans les métiers d'accompagnement, vu que j'ai beaucoup de personnes dans ces métiers-là, en plus, effectivement, de gagner de l'argent, sur, entre guillemets, parce que c'est pas du tout le cas, mais c'est perçu sur le dos des gens qui vont pas bien, ça peut rajouter une notion de culpabilité, tu vois. Moi, je fais quelque chose avec facilité que j'aime, il y a des gens qui vont pas bien, et je gagne de l'argent dans ces situations-là. c'est vrai que ça peut racheter une petite culpabilité, mais il n'y a pas de raison parce qu'au fond, en soutenant les gens à aller mieux, j'ai envie de dire que ça n'a pas de prix, ça n'a pas de valeur tellement c'est énorme. C'est bien au-delà de l'argent, de ce que nous pouvons amener, en tout cas dans ce cas présent. Donc, ça demande effectivement de s'autoriser à être déloyal à un fonctionnement, à être déloyal à des croyances peut-être. Parce que souvent, Ce fonctionnement, il est familial. Soit on a eu des exemples de gens qui ont travaillé dur avant nous, soit des gens qui ont exprimé vraiment une croyance qu'il faut travailler dur. Tu crois quoi ? L'argent ne tombe pas du ciel, ne pousse pas sur les arbres. Ce genre de phrases qui font l'escroire qu'il y a quelque chose de l'ordre de la souffrance. Donc comment on peut être déloyal à ce système-là, ou je dirais déloyal au comportement, au fonctionnement qui m'a été inculqué. et on parle bien de déloyauté au fonctionnement, aux croyances et pas aux êtres humains, c'est important pour pouvoir ouvrir une nouvelle voie, pouvoir s'autoriser à quelque chose de différent. Mais je peux te dire que c'est un gros morceau, moi-même j'ai beau être conscient, j'étais très imprégné par un père qui aimait ce qu'il faisait, mais qui travaillait six jours par semaine, et je suis moi dans le fonctionnement, c'est pas travailler dur, c'est pas dur ce que je fais, mais beaucoup. Le chemin que j'ai vu c'est de travailler beaucoup. Alors j'ai tendance à en faire beaucoup. et je peux me raconter une histoire qui est vraie aussi, j'adore ce que je fais, mais à un moment donné, il y a quand même des limites, je me dis, ça il y a quand même une histoire que tu te racontes, mais tu en fais sûrement encore un peu plus que ce que ça serait nécessaire. Donc je vois petit à petit, je sors de là, cette année avec mon épouse, j'ai dit, toi cette année on va se donner une semaine d'arrêt chaque mois, mais même pendant la semaine d'arrêt, je vois l'effort que ça nous demande de ne pas aller travailler pendant cette semaine-là, tu vois. Tu vois, c'est vrai qu'à quel point c'est des choses qui sont très fortement... Peintes. pas mis allemand, mais sociétalement également.
- Tiphaine Gualda
Merci de partager. Pour moi, il y a une chose qui est importante dans l'entrepreneuriat, c'est de créer des activités qui soient profondément à notre service, d'avoir un métier, une activité qui honore aussi notre temps et notre énergie. Et ça passe par le fait justement de pouvoir positionner des tarifs qui soient suffisamment justes, suffisamment abondants aussi pour nous, pour pouvoir nous permettre simplement d'avoir cette écologie personnelle et de pouvoir prendre soin de nous. Et ce que j'observe beaucoup, c'est à quel point c'est difficile quand on démarre d'oser positionner. ces tarifs, d'oser fixer un prix qui soit aussi un prix qui soit juste pour nous et de dépasser en fait cette peur-là. Qu'est-ce que tu dirais toi aux personnes qui ont peur justement de fixer des tarifs et notamment qui ont peur en fait de ce que les autres vont penser du tarif que je positionne ?
- Christian Junod
Alors tout à fait, juste un petit crochet, j'ai oublié de dire quelque chose avant. C'est ce que tu m'as dit m'a fait penser. Effectivement, le fait de faire quelque chose qu'on aime, très souvent les personnes vont mettre des prix plutôt bas. en disant j'ai déjà tellement de chance de faire un métier que j'aime, si en plus je gagnais beaucoup d'argent, ce serait presque indécent vis-à-vis de ceux qui souffrent, qui eux méritent de gagner de l'argent. Donc il y a ce côté-là, comme s'il fallait choisir sans qu'en souffrir, et gagner de l'argent c'est normal, c'est une compensation à la souffrance, mais avoir de la facilité et gagner peu d'argent parce qu'on fait ce qu'on aime, ça a déjà beaucoup de valeur. Donc évidemment l'idée c'est de mettre du et et faire ce qu'on aime et gagner beaucoup d'argent. Et mon mentor Peter Koenig avait cette phrase qui peut paraître provocatrice, mais qui ne l'était pas, qui disait on devrait être payé en fonction du plaisir qu'on a. Tout le monde a du plaisir, tout le monde devrait être payé. Ça serait le meilleur moyen de réveiller ceux qui n'ont pas de plaisir et de se dire, si je veux gagner plus, il faut que je trouve un métier plaisir. Mais c'est important parce que je crois profondément que plus on sera nombreux à faire ce qu'on aime, mieux notre société se portera. Pour moi, c'est une évidence. C'est une évidence à cet endroit-là. Donc, si on a envie d'encourager d'autres personnes à embarquer dans ce chemin que nous avons pris, toi et moi, et beaucoup d'autres, autorisons-nous à avoir une vie abondante. Quand je dis abondante, c'est au-delà de l'aspect matériel. Pour moi, c'est sur plein d'aspects. Mais simplement, d'avoir une vie, en tout cas, qui est pleine de sens et qui est joyeuse, parce que ça montre que c'est possible, ça donne envie de rejoindre ça. Parce que si tous ceux qui font ce qu'ils aiment... ils sont en train de survivre, ils ne peuvent jamais se payer de vacances parce qu'ils ne s'autorisent pas à gagner de l'argent, ils n'ont pas très envie de rejoindre ce camp-là. C'est pour ça que c'est important de s'autoriser à ça. Pour revenir à ta question, très souvent, effectivement, au moment de fixer des prix, on va se raconter plein d'histoires qui vont justifier qu'on peut mettre des prix bas. C'est toujours le je ne suis pas assez quelque chose Tu vois, je ne suis pas assez formé, je ne suis pas assez expérimenté. On va se comparer. Et après, les personnes qui vont courir d'une formation à l'autre, mais au fond, c'est un peu la même chose que moi, quand je cherchais ma sécurité, je cours après l'argent pour chercher ma sécurité, et eux, ils cherchent... à trouver leur légitimité à l'extérieur, tu vois, sur des certifications, des papiers, des machins, voilà, pour compléter son CV. Et c'est toujours le même problème. Si je n'arrive pas à me donner de la valeur pour qui je suis, je vais aller chercher ma valeur à l'extérieur. Je veux des feedbacks positifs pour me rassurer de la valeur, je veux chercher des papiers. pour faire croire que j'ai de la valeur, tu vois, et on va chercher la valeur extérieure, alors que mon problème, c'est de moins en moins, qu'est-ce qui fait que je n'arrive pas à me donner de la valeur pour qui je suis là, tout de suite, là, maintenant ? et j'ai vraiment moi fait beaucoup beaucoup de formations à partir d'un endroit de manque tu vois j'avais cherché à l'extérieur je l'ai vraiment fait beaucoup j'ai fait des centaines centaines de jours de formation et qu'aujourd'hui je fais toujours de temps en temps des formations mais à partir d'un autre endroit qui est vraiment je sais que ce que je propose a de la valeur je suis très content de la valeur que je propose et s'il y a des millimètres à gagner à faire plus je suis heureux de le faire et je suis curieux mais je ne fais plus de toutes les formations à partir du même lieu intérieur tu vois c'est vraiment important de pouvoir différencier cela Donc simplement le piège dans tout ça, c'est que souvent à partir de je ne suis pas assez quelque chose, je vais mettre des prix bas Les prix bas, c'est aussi une peur qui est une croyance que si je veux des clients, il faut que les prix soient bas, pour être accessible à plus de monde. Et ça ne marche pas. S'il suffisait d'avoir des prix bas pour avoir des agendas remplis, ça se saurait. Et ce n'est pas vrai. parce que tu vois, si je fais ça à partir de la peur, je fais ça en vibrant la peur, et la peur est une énergie basse, et l'énergie basse n'attire pas des bonnes choses dans ma vie, ça attire des choses d'énergie basse. Donc simplement, à un moment donné, c'est important de plutôt s'occuper de ces peurs, pour pouvoir mettre un prix qui paraît juste et correct, et si comme un certain nombre de personnes disent oui, j'aimerais être accessible au maximum de monde, qui est une très belle intention que je peux honorer. ok mais tu mets des prix qui paraissent normal et tu peux toujours discuter avec des personnes qui ont moins de moyens si c'est ça ton désir et c'est bien mais ne fais pas payer à tout le monde un prix bas pour être accessible à tout le monde parce que tu as souvent sur des personnes qui ont peur d'être injustes parce que je suis accessible seulement à des personnes et pas à d'autres mais au fond en faisant ça elles sont injustes envers elles-mêmes pour ne pas être injustes envers les autres donc elles sont déjà injustes donc ça c'est vraiment un piège dans lequel on tombe Donc pour terminer ta question...
- Tiphaine Gualda
Au fond, derrière tout ça, il y a la peur de part de clients, la peur que ça ne marche pas, mais surtout, comme tu l'as dit, qu'est-ce qu'on va dire de moi en fonction des prix ? Et si tu veux, le qu'est-ce qu'on va dire de moi, il est là seulement si moi, je ne suis pas à l'aise avec qui je suis et ce que je propose. Si je ne suis pas à l'aise avec la valeur que j'ai, suivant le prix que je mets, on va dire, oh là là, mais il se la pète, il se la pète avec son prix-là, tu vois. ou alors mais il est illégitime ou c'est quoi, c'est un vrai imposteur, ce sont les histoires que je me raconte. Et tant que je me raconte ces histoires, j'ai très peur que les autres voient ça de moi, parce que c'est ça que je vois chez moi. J'ai peur de passer pour voleur, j'ai peur de passer pour injuste, j'ai peur de passer pour profiteur, illégitime, imposteur, c'est cinq des grands thèmes. Et comme dans mon travail d'amour de soi, c'est de réconcilier toutes les parties de soi, parce que l'idée de faire un avec soi-même, l'idée de créer quelque chose d'unité en soi, L'unité, c'est de tout prendre, c'est de tout accueillir, ce n'est pas juste une partie pour rejeter le reste, ce n'est pas l'unité. Donc l'unité, j'ai à créer l'unité en moi, en accueillant la sécurité et l'insécurité, l'honnête et le malhonnête, le légitime et l'illégitime. Il y a des endroits où je suis très légitime pour parler de choses, comme la matin, et des endroits où je suis absolument illégitime pour parler de sujets que je ne connais pas. Je suis illégitime, ou un problème, comme je suis à la juste place pour parler de relations à l'argent et d'autres choses. Et je suis un imposteur pour parler d'art chinois, parce que je ne connais rien d'art chinois. Donc je peux être imposteur et à la juste place de ma vie à différents endroits. Je suis l'un et l'autre, je ne suis pas l'un ou l'autre. Au fur et à mesure que j'accueille ces parties de moi, les autres, s'ils voient des choses de moi, je sais que je suis ça, mais je suis tellement plus que ça. Donc je suis beaucoup plus tranquille. en ayant accueilli ces parties de moi, qu'on dise ça de moi, parce que je sais que c'est une partie de moi parmi tellement d'autres, mais tant que je rejette ces parties de moi, je n'aimerais surtout pas qu'on dise ça de moi, et c'est encore une fois la peur du regard de l'autre qui va driver, qui va mener mes comportements. J'étais un peu long, j'espère que c'est clair.
- Christian Junod
C'était passionnant, merci. Merci beaucoup et j'ai envie de rebondir sur la notion d'accessibilité dont tu parles, le fait que parfois on met des primats parce qu'on se dit comme ça je vais pouvoir être accessible au plus grand nombre et ça part depuis une bonne intention ou ça part depuis un autre espace qui est celui que tu viens de citer. C'est intéressant d'aller sonder justement de quel espace est-ce que ça part profondément. Moi aujourd'hui j'ai la croyance inverse qui est que plus on va s'autoriser à avoir des activités qui soient à notre service, qui soient abondantes, et plus aussi on va avoir le temps et l'espace pour pouvoir créer du contenu offert, gratuit, comme ce qu'on est en train de faire aujourd'hui tous les deux à travers ce podcast. Donc c'est aussi le fait de s'autoriser finalement à être dans l'abondance qui peut créer de la valeur partagée autour de nous. J'observe qu'il y a aussi, tu sais, une peur souvent qui est assez commune quand on regarde l'état du monde aujourd'hui. On a tendance à projeter sur les personnes qui sont riches, à blâmer les personnes qui sont riches. qui, disons-le, clairement, n'agissent pas toujours dans le sens du bien commun et de l'intérêt général. Et souvent, on se dit Oulala, moi, je ne veux surtout pas ressembler à ces gens-là, je ne veux surtout pas être associée à ces gens-là. Et finalement, en faisant ça, c'est dommage parce qu'on se prive de la possibilité de s'enrichir et d'avoir aussi un impact positif sur la société. Via l'argent, qui finalement est neutre et une énergie qu'on peut mettre au service de telle ou telle action en fonction de notre vision, en fonction de nos valeurs. En quoi est-ce que justement le fait d'apaiser sa relation à l'argent, qui est le travail que toi tu proposes Christian, et le fait d'assumer aussi peut-être vouloir gagner de l'argent, ça nous permet justement de créer plus d'impact positif, de créer ce que moi j'appelle de la valeur partagée.
- Tiphaine Gualda
Alors déjà une chose, il est important d'oser se reconnaître, c'est que je fais aussi mon activité pour gagner de l'argent. Tu vois, c'est comme si ce n'était pas bien de dire, ben non, dire qu'on fait quelque chose pour gagner de l'argent, c'est comme si c'était mal. Attends, mais si on ne veut pas gagner de l'argent, on fait tout gratuit dans ce cas-là. On se trouve directement des sponsors, ou alors je suis rentier, ou alors j'ai un ou une partenaire de vie qui gagne suffisamment d'argent, et je fais tout gratuit. Mais à un moment donné, oui, je fais aussi ça pour gagner de l'argent, parce que c'est aussi une manière pour que mon activité soit pérenne, mais le aussi, c'est important. Si on ne fait que pour gagner de l'argent et pour rien d'autre, c'est un peu triste, tout est. Mais par contre, c'est vrai que je fais aussi cette activité pour gagner de l'argent et évidemment, ma grande motivation, c'est la contribution. Donc si tu veux, c'est important de mettre l'un à l'autre et d'oser se reconnaître ça. Parce que c'est comme si c'était honteux de dire qu'on fait quelque chose pour gagner de l'argent. Ben non, ce n'est pas honteux parce qu'il semblerait tout de l'instant que ce soit un des meilleurs moyens de la pérennité dans un projet professionnel, c'est de générer quelques sous et puis pas de dégager des pertes. Et encore une fois, l'argent peut venir d'autres activités, il peut venir d'ailleurs aussi, ça dépend des situations. Donc c'est la première chose. La deuxième chose que tu partages effectivement, c'est que beaucoup de personnes vont, ce que j'appelle des plafonds de verre. On s'autorise, on se limite à un certain niveau de gain, de revenu, de succès, de visibilité, mais pas plus. Et derrière tout ça, il y a toujours une peur derrière. Si je gagnais plus, effectivement, ça peut être encore une fois avec le regard des autres, et si j'ai moi-même une perception négative des riches, C'est clair que je ne veux pas être perçu comme riche de l'extérieur. Donc, je vais avoir soit des freins sur ce que je gagne, mais si je gagne pas mal d'argent, je vais me cacher. Dernièrement, des amis me disaient, il y a des formateurs connus sur le monde du développement personnel, etc., qui vivent à Dubaï, mais ils n'osent pas le dire. Ils n'osent pas le dire qu'ils vivent à Dubaï, parce qu'ils ont peur de ce qu'on va dire d'eux. Donc, à un moment donné, ça montre qu'on n'est pas complètement libre. Ils ont le droit, évidemment, de ne pas le dire. Mais ça montre qu'à un moment donné, on a peur de ce qu'on va dire de nous, et on va se retenir. Donc, on n'est pas franchement libre. Je connais beaucoup d'argent, pas d'ailleurs, je peux le voir de différentes manières. Donc, à un moment donné, oui, c'est-à-dire que j'ai aussi à accueillir, rappelle-toi, tout à l'heure on parlait d'accueillir toutes les parts de soi, j'ai aussi à accueillir et le matérialiste et le spirituel, pour prendre deux polarités, et le bourgeois aussi, peut-être le riche et le pauvre, parce que je peux être pauvre dans des domaines de ma vie, culturellement parlant, être riche dans d'autres domaines de ma vie, financièrement ou autrement que financièrement d'ailleurs aussi. Mais donc tout ce que... j'aimerais pas qu'on dise de moi j'ai à l'accueillir pour une fois pour être plus complet, plus tranquille. Et évidemment, moi je vois que plus je me focalise sur ce qui me passionne, plus je peux gagner d'argent comme une conséquence. C'est-à-dire qu'à un moment donné, je suis pas en train de faire 10 000 calculs comment je vais gagner de l'argent, je suis en train de regarder comment je peux contribuer le mieux possible. Et si j'ai dégagé le canal du recevoir, parce que c'est bien ça un des gros problèmes de beaucoup de personnes, c'est que le canal du recevoir est un peu bouché, si j'ai dégagé le canal du recevoir, il y a de l'argent qui va venir à moi que je peux faire circuler à mon tour. Et c'est ça que, à un moment donné, comme tu le dis toi-même, on peut faire circuler de l'argent de manière très constructive. On peut faire circuler de l'argent pour permettre à ce que des super projets voient le jour, ou qu'on les encourage à travers notre argent à durer, à pérenniser, au détriment peut-être d'autres projets qui ne nous parlent pas, ou d'autres sociétés qu'on n'aime pas les valeurs, dans lesquelles on ne va pas les encourager en achetant leurs produits. On va peut-être acheter parfois des produits, des services, qui sont peut-être à un tarif plus élevé, mais simplement parce qu'ils ont des valeurs qui nous correspondent mieux. on peut le faire avec plus de facilité, ça n'a plus d'argent. Si on est limite financièrement qu'on doit tout calculer, c'est un peu plus compliqué, peut-être aussi.
- Christian Junod
Merci pour ta réponse. Il y a une dernière question que j'ai envie de te poser, Christian. Tu sais, tu disais tout à l'heure en introduction qu'on a délégué quelque part notre pouvoir à l'argent parce qu'on croit que l'argent va nous rendre plus libres, plus heureux, plus sereins, plus sécures, etc.
- Tiphaine Gualda
Il y a aussi des choses négatives pour certains. Certains pensent que l'argent va générer plus de conflits dans ma vie, plus d'injustice, je ne sais quoi. Ça peut être ça aussi.
- Christian Junod
Oui, complètement, tu as raison. Merci de le souligner. C'est vrai que moi, j'ai plutôt la vision positive. C'est peut-être mon biais de positivité, mais il y a aussi évidemment des histoires négatives qu'on peut se raconter. Et finalement, quand on fait ça, on est plutôt dans un état d'esprit de manque, pas forcément dans un état d'esprit d'abondance. Et pour moi, c'est l'un de mes plus grands enseignements, on va dire, du fait de vivre en Afrique, et notamment quand je suis au Sénégal, c'est que je me rends compte qu'il y a une certaine... pauvreté économique qui est là, mais il y a une telle abondance dans la façon de vivre, dans la joie de vivre, la façon de considérer le monde, tu vois, dans la vision que les gens ont et dans leur capacité aussi à vraiment savourer ce qui est là, tu sais, à avoir de la gratitude pour ce qui est là dans l'instant. Comment est-ce qu'on peut justement... cultiver cet état d'esprit d'abondance, mais de façon non liée directement à l'argent. Qu'est-ce que tu pourrais donner peut-être comme tips pour pouvoir cultiver ça dans notre quotidien, sans forcément que ça fasse le lien directement avec l'argent ?
- Tiphaine Gualda
Oui, tout à fait. Écoute, je pense que ce que tu as partagé pour moi est extrêmement parlant. Tu parles d'abondance. Dans des pays qui ont beaucoup moins de conformes matérielles que nous, dans une perception d'abondance, parce que pour moi l'abondance évidemment est largement plus qu'une question d'argent, je peux avoir abondance de qualité de relation, d'amour dans ma vie, etc. Donc moi j'ai la chance d'être dans une capacité d'émerveillement devant la beauté de la vie, la nature, des relations, des contacts avec les gens, je suis beaucoup là-dedans. Alors je peux te dire que j'étais tellement dans le manque des dizaines d'années encore une fois, alors que j'avais... des bons revenus, d'excellents revenus, j'avais un confort matériel et tout ça, mais je n'arrivais juste pas à le voir. Parce que très souvent, si tu veux, il y a la comparaison. J'habite un quartier de maison individuelle ici, mais c'est vrai que si d'un, on construit une piscine, tu te dis, oh là là, je n'ai pas une piscine, je n'ai pas réussi, machin, je suis en train de me rendre malheureux, quoi. Parce qu'on est en train de voir ce qui manque. Donc si tu veux, pour moi, cette perception d'aller voir le manque, ça vient évidemment de notre égo au départ. c'est comment je peux mettre l'ego au service de ma vie plutôt que le subir en quelque sorte. Et ça demande effectivement d'apprendre à le focaliser sur ce qui va déjà bien. Et pour moi, ce qui empêche d'être dans un esprit d'abondance, c'est ce que j'appelle la dictature de la normalité. On pense que c'est normal d'être en bonne santé, d'avoir deux bras, deux jambes, des yeux qui fonctionnent bien, etc. D'être en bonne santé. C'est normal d'avoir de l'eau courante, c'est normal d'avoir un logement, c'est normal d'avoir trois repas par jour, c'est normal d'avoir de l'électricité, le gaz, je ne sais quoi, voire d'avoir avec l'automobile un téléphone portable, un ordinateur, tout ça est normal. Non, ce n'est pas normal, il y a des milliards de personnes qui n'ont pas tout ça sur Terre. et nous l'oublions, tu vois. Donc si juste déjà on n'arrive pas à voir que, waouh, quelle chance, tu te rends compte, tu es là en Afrique du Sud, je suis en Europe, on arrive à parler ensemble, et voilà, offrir quelque chose à d'autres personnes, mais déjà c'est de l'abondance tout ça aussi. Donc si tu veux, si on arrive déjà à reconnaître à travers toutes les choses aussi simples de la vie que c'est déjà de l'abondance qui est là, d'avoir des belles relations avec mes enfants, c'est une abondance exceptionnelle pour moi. parce que si j'avais dix fois plus d'argent et j'étais en pétard avec mes enfants, je serais plus malheureux que je suis maintenant, tu vois. Et vraiment, pour moi, c'est vraiment une manière et de décider de choisir de voir les choses de la vie. Évidemment que je peux avoir ta clôture d'or, c'est-à-dire, oh là là, j'ai pas assez d'inscrits à mon atelier ici, oh, mon atelier est peut-être pas complet, mais j'ai déjà X personnes qui sont inscrits, et c'est merci, moi des merci, j'en dis des dizaines et dizaines et dizaines par jour, voilà, chaque fois, parce que... Je suis sorti de là, je vois que... Ma vie est faite de tellement d'abondance. On habite au pied des montagnes. Ici, ça fait 32 ans qu'on habite au même endroit. Et ce qui est fou avec mon épouse, on se fait la remarque sans affaire. On se dit, plus les années passent, plus on est émerveillé devant les montagnes, ils sont toujours les mêmes. Ça fait 32 ans qu'on voit les mêmes montagnes. Bien sûr que le temps est différent, les couleurs sont différentes, mais l'émerveillement ne fait que grandir. Alors je suis sûr qu'il y a plein de gens qui habitent au même endroit que moi qui ne voient pas ça du tout. C'est un état d'esprit avant d'être une réalité. Et c'est vraiment ça que nous avons à cultiver. et à cultiver de soi à soi pour commencer, de soi avec les autres et de soi avec la vie et tout ce que la vie nous offre déjà.
- Christian Junod
Merci Christian, j'adore cette idée que l'abondance est un état d'esprit avant d'être un état bancaire. Ça me parle beaucoup, je me souviens d'un coucher de soleil extraordinaire au Sénégal où j'étais en train de m'émerveiller. Il y avait une dame à côté de moi qui m'a posé la question, qui m'a dit Mademoiselle, vous venez d'arriver ? Je lui ai dit Non, non, c'est la quatrième année que j'habite ici, mais je m'émerveille toujours autant parce qu'en fait, c'est juste incroyable de voir. qui est là. Oui. Merci.
- Tiphaine Gualda
C'est magique, ça reste magique exactement.
- Christian Junod
Merci de le rappeler. Christian, où est-ce qu'on peut te retrouver pour les personnes qui auraient envie de pouvoir explorer le sujet de la relation à l'argent avec toi et éventuellement est-ce qu'il y a des actualités que tu aurais envie de pouvoir mettre en avant qui arrivent dans ton paysage entrepreneurial ?
- Tiphaine Gualda
d'accord, merci, on peut me retrouver déjà sur Youtube, j'ai toute une série de vidéos gratuites sur mon site internet, 3xwcjuno avec un D au bout, c'est Juno Conseil au singulier, mais juno avec un d au bout.com j'ai aussi beaucoup de podcasts, de vidéos, de toutes sortes d'interviews, gratuits également parce que j'ai aussi à coeur d'être accessible au maximum de monde j'ai aussi des différents livres que j'ai écrits et puis après sur mon site on trouvera également mes différentes formations, dans mon actualité Je dirais dans les mois à venir, je serai à Bordeaux pour une conférence en atelier. Je serai à Toulouse également pour un atelier. Je serai à Marseille au deuxième semestre également pour un atelier. Je fais un gros événement annuel également pour les indépendants entrepreneurs à Lyon le 5-6 octobre également. Un événement un peu plus important que je fais une fois par année. Donc voilà en gros les prochaines choses. Et en Ardèche, pour 5-6 jours en Ardèche aussi pour un atelier argent et amour de soie au début du mois de juillet aussi.
- Christian Junod
génial je mettrai tous les liens dans la description de l'épisode merci du fond du cœur pour ta présence Christian merci pour ton temps précieux c'était riche c'était abondant et je me réjouis de continuer à cheminer avec toi et à suivre ce que tu crées parce que c'est formidable et c'est très inspirant merci
- Tiphaine Gualda
Tiffaine merci pour ce que tu fais aussi pour ta contribution et plein de bonnes choses à vous et à tous ces doutes qui nous écoutaient au revoir
- Christian Junod
Merci pour votre présence. Si cet épisode vous a plu, je vous invite à le partager avec vos proches pour continuer à semer ensemble des graines d'inspiration. Vous pouvez également noter le podcast pour contribuer à le rendre plus visible et vous abonner pour être tenu au courant des prochains épisodes. Enfin, pour suivre mes aventures et connaître l'actualité de mes programmes et accompagnements, retrouvez-moi sur ma page Instagram, Tiffaine Gualda. À très vite !