- Speaker #0
Bienvenue dans Oser recommencer.
- Speaker #1
Reconversion, épanouissement,
- Speaker #0
audace, tout commence ici. Je suis Lorraine, psychologue du travail et fondatrice des Audacieuses Académies. J'aide les femmes à réinventer leur carrière en leur permettant de vivre alignées, épanouies et sans compromis dans tous les aspects de leur vie, dans ce podcast, seule ou avec des invités. Je vous invite à découvrir des parcours audacieux,
- Speaker #1
des conseils pratiques,
- Speaker #0
des outils. concrètes pour vous inspirer et transformer vos doutes en déclics. Une dose d'inspiration, un brin d'audace et si c'était votre tour.
- Speaker #1
Allez, on commence !
- Speaker #0
Hello, c'est le tout premier épisode d'Osez recommencer. Aujourd'hui, j'ai le plaisir de recevoir Laurine, une femme incroyablement inspirante par son courage et sa résilience. Se reconvertir professionnellement est déjà un défi en soi, mais quand s'ajoute une maladie chronique comme l'endométriose, cela peut sembler encore plus difficile. plus complexe. Pourtant, Laurine a relevé ce défi avec une force admirable. Pour rappel, l'endométriose touche environ une femme sur dix en France, soit près de 2,5 millions de femmes. Une maladie souvent invisible, mais qui peut avoir un impact profond sur la vie personnelle et professionnelle. Dans cet épisode, vous découvrirez comment il est possible de transformer ces contraintes en opportunités et de construire une carrière alignée avec ces aspirations profondes, même face à des obstacles de taille. J'avais à cœur de partager avec vous le parcours de Laurine, que j'ai eu l'honneur d'accompagner dans sa reconversion. Son histoire est une véritable leçon de résilience et d'audace, et j'espère qu'elle sera vous inspirée, autant qu'elle m'a impressionnée.
- Speaker #1
Eh Lulurine, bienvenue, merci d'avoir accepté ce témoignage. Peux-tu te présenter en trois mots, s'il te plaît ?
- Speaker #2
Oui, déjà, merci beaucoup. Donc en trois mots, je dirais bienveillance, empathie et un dernier pour la route. et bien rigolote.
- Speaker #1
Super, merci. Alors très brièvement, est-ce que tu peux nous expliquer ce que tu faisais avant et nous raconter ce qui t'a mené à envisager une reconversion professionnelle malgré les défis liés à ton endométriose ?
- Speaker #2
Donc pendant dix ans, j'ai travaillé en santé au travail. Le dernier poste que j'ai occupé, c'était assistante technique. Donc je travaillais sous délégation du médecin du travail. et soit j'allais faire des observations de poste, soit j'allais faire des mesures, des mesures, donc ça pouvait être sonores, lumineuses, les gestes et postures compréhendantes, ou je pouvais aider à la rédaction de la file d'entreprise. Donc voilà, c'était un métier assez complet parce que j'avais énormément de diversité au niveau des tâches. Mais malheureusement, le propre du métier est de se déplacer en entreprise et le déplacement commençait à avoir un véritable impact sur la maladie. Il faut savoir qu'à l'époque, j'avais des règles tous les 15 jours. Donc entre la fatigue chronique et la charge de travail, c'était assez compliqué à allier les deux. Notamment parce que j'étais un peu une tête de mule et à l'époque, je ne voulais pas vraiment m'arrêter. Donc voilà, j'allais des fois travailler. Vraiment, j'étais au bout de ma vie. Et du coup, c'était assez compliqué. Et en fait, ce qui a été l'élément déclencheur de ma prise de conscience, c'est que je me suis arrêtée pour une énième opération, pour nettoyer un petit peu les dégâts. J'ai voulu reprendre très rapidement, et en fait, ça faisait quelque temps que mon corps essayait de m'alarmer, de me dire de prendre des pauses, d'éventuellement aller me faire arrêter. Mon médecin, pareil, tentait de me faire réagir, mais je ne voulais pas, en fait, je ne voulais pas être un fardeau pour mes collègues, je ne voulais pas rajouter du travail. Ma conscience professionnelle m'obligeait de continuer. Et en fait, quand j'ai repris le travail suite à cette opération, mon corps m'a imposé une pause. Vraiment, je me suis retrouvée dans une gare, parce que je prenais les transports en commun pour aller au travail. Je me suis retrouvée dans une gare que je ne connaissais pas, sur un quai que je ne connaissais pas. Je ne sais pas comment je suis arrivée là. Mais c'est à ce moment-là que j'ai vraiment pris conscience que ça n'allie pas. Et là, effectivement, je suis allée voir mon médecin. Et elle m'a arrêtée. Et suite à ça, en fait, on m'a diagnostiqué une dépression post-traumatique, en fait, à cause du traumatisme vraiment de l'endométriose, de tout ce qu'elle m'imposait, de tout ce qu'elle m'infligeait, que ce soit physiquement ou psychologiquement, en fait. Mon cerveau a fait stop.
- Speaker #1
OK, donc un beau jour, tu t'es retrouvée sur un quai de gare et tu ne sais pas pourquoi tu étais là, comment tu en étais arrivée là. Finalement, c'est la fatigue et la surcharge qui t'a amenée à une action que tu n'avais pas du tout contrôlée, quoi.
- Speaker #2
Complètement. Je me suis retrouvée mais vraiment en larmes sur le quai à appeler une collègue. Je ne sais pas ce que je fais ici, je ne sais pas pourquoi je suis là, je sais pas comment je suis arrivée là. Panique, panique totale. Et en fait je pense que voilà je suis restée pendant des années dans le déni. J'étais convaincue que je devais mener un quotidien avec des contraintes similaires à quelqu'un qui ne souffrait pas de maladie chronique. Ça a tenu pendant des années et en fait mon oedométriose elle par contre s'est dégradée au fur et à mesure des années. Et à un moment donné mon cerveau en fait il a dit juste stop quoi.
- Speaker #1
Et quels étaient les petits signaux que ton corps t'envoyait, mais que tu n'as pas voulu écouter à ce moment-là ?
- Speaker #2
La fatigue, vraiment la fatigue. Il faut savoir que vraiment, quand on souffre de maladies chroniques, la fatigue, c'est un autre degré qu'une fatigue lambda d'une grosse journée de travail. Voilà, je veux dire, on rencontre tous des grosses journées de travail. On a environ tous 45 minutes, voire plus d'une heure de temps de transport. On a nos vies de famille. Enfin voilà, on ressent tous une fatigue. Sauf que la fatigue chronique, c'est quelque chose de différent. On a beau faire... 11 heures de sommeil, on se réveille tout autant fatiguée et là je sentais que vraiment ça tirait, je sentais que étant donné que j'avais mes règles tous les 15 jours, j'étais extrêmement anémiée donc ça rajoutait aussi je sentais que j'étais plus que j'avais du mal à trouver mes mots que j'avais beaucoup beaucoup de mal à me concentrer que tout ça c'était compliqué et je sentais que c'était pas comme d'habitude, que vraiment j'arrivais à... difficilement à mener ma journée à terme. Et c'est vraiment par des petits signaux, notamment par la fatigue chronique qui s'aggravait également, où vraiment j'ai commencé à me dire, il y a peut-être quelque chose sous l'eau, mais voilà, moi je voulais absolument pas, je voulais pas m'arrêter vraiment. Pour moi, m'arrêter, c'était inconcevable. Et en même temps, je m'étais terrorisée à l'idée que ma vie se résume juste à convulguer travail et maladie et tout ce que sous-entendait la maladie, c'est-à-dire les opérations, les rendez-vous médicaux, les traitements. Parce qu'il faut savoir que pour le moment, l'endométriose, il n'y a pas de traitement curatif. Donc voilà, j'étais dans le déni. Vraiment, j'étais en politique de l'autruche.
- Speaker #1
Et au moment où le médecin t'arrête, qu'est-ce qui t'amène à te dire en fait, je vais me reconvertir
- Speaker #2
Alors, je ne suis pas du tout dans cette démarche-là quand le médecin m'arrête. Quand le médecin m'arrête, c'est je vais reprendre C'est je vais reprendre dans trois semaines, un mois Pas du tout. Non, non, le déni est encore très, très présent à ce moment-là. Mais j'accepte de consulter une psychiatre. Là, je me rends compte que toute seule, je ne suis pas en capacité de gérer ça. Donc, j'accepte de voir une psychiatre. Et à ce moment-là, je commence à rencontrer des professionnels de santé qui se montrent bienveillants, à l'écoute. Parce qu'à l'époque, ce n'était pas du tout le cas. C'était vraiment dans le schéma classique de Madame, quand on a… Avoir mal pendant ces règles, c'est totalement normal. La seule solution qu'on vous propose c'est la pilule. Il faut savoir qu'en dix ans j'ai testé douze pilules, aucune n'a vraiment eu d'effet efficace pour moi. J'ai surtout eu droit aux effets secondaires que l'on a toutes plus ou moins connues, surtout que c'est des dosages particuliers, c'est pas des dosages contraceptifs, c'est vraiment des dosages pour arrêter les règles et dans mon cas ça n'a jamais été le cas. Donc là, j'ai senti que j'ai accepté de consulter une psychiatre parce que pour le coup, je n'ai jamais eu de problème avec le fait d'être accompagnée. Ce n'est pas une honte de se sentir un peu submergée et de ressentir l'aide et l'accompagnement de quelqu'un. Et c'est elle par contre qui a posé le diagnostic, qui m'a dit que je faisais une grosse dépression post-traumatique. Ce n'est pas le médecin traitant. Elle avait déjà des idées sur la question, mais elle voulait vraiment attendre le diagnostic de psychiatre. Et c'est à ce moment-là où je me suis dit... je pense qu'on va pas reprendre dans un mois. Voilà, j'ai commencé plus ou moins à travailler là-dessus. C'était en 2021, donc l'année 2021 a été un peu compliquée, jusqu'en octobre. J'ai été arrêtée en février, et jusqu'en octobre, ça a été compliqué, vraiment, jusqu'à ce moment-là, vraiment, c'était, il faut que je reprenne. Je sais que je vais reprendre. Je ne sais pas quand, mais il faut que je reprenne. Et progressivement, en fait, ça s'est fait quand même sur une longue période, mais ça s'est fait, j'ai commencé à me rendre compte que, en fait, je ne voulais plus de cette vie-là. J'étais plus en capacité de mener cette vie-là. mon corps n'était plus en capacité de subir le rythme que je lui avais imposé. Et en fait, petit à petit, j'ai commencé à prendre conscience que non, c'était plus possible. Même psychologiquement, je ne voulais plus revivre ça. Donc, je me suis dit, quitte à être en arrêt, autant mettre à profit les options qui se présentent à moi. Et je me suis dit, pourquoi pas faire un bilan de compétences, profiter de mon arrêt pour voir. Voilà, en plus, j'avais suffisamment sur mon compte CPF pour pouvoir le financer en intégralité. Donc, je me suis dit... on va faire ça, on va voir, voilà. L'avantage d'un bilan de compétences, c'est que ça n'engage en rien. On fait le bilan de compétences, mais ça n'oblige pas à mettre en place quelque chose par la suite. Donc je me suis dit, faisons ça. Et ça a été, pour moi, c'est le plus beau cadeau que j'ai été en mesure de m'offrir. Parce que vraiment, déjà, ça m'a appris à avoir confiance en moi, à me dire que j'avais des compétences, j'avais des capacités, que la maladie, elle ne me définissait pas. Elle fait partie de moi, mais elle ne me définit pas. Et du coup, c'est là que j'ai appris qu'il y avait possibilité d'exercer un métier davantage compatible avec ma santé. C'était surtout ça que je voulais, parce que me former, ce n'était pas une crainte en soi de me reconvertir. Ce qui était vraiment la crainte, c'était j'ai tenu comme ça pendant des années, mais je sais que quand je vais devoir reprendre une activité professionnelle, je ne serai plus capable de tenir le rythme que j'avais jusqu'alors. Et c'était ça qui me faisait peur. C'était ça que je voulais vraiment déterminer par le bilan. C'était... Quelles sont les options qui s'offrent à moi ? Comment je peux... C'était vraiment par rapport à l'environnement, en fait.
- Speaker #1
À ton environnement de travail, tu veux dire ?
- Speaker #2
Exactement, ouais.
- Speaker #1
OK, donc quand tu as fait ton choix de reconversion dans tes recherches, dans tes réflexions, tu as pris en compte la maladie et ses conséquences pour te dire, bon, ça, je peux le faire, ou ça, non, pas du tout, ou tu l'as mise complètement de côté. Comment est-ce que l'endométriose, elle a influencé ? Ton choix futur ?
- Speaker #2
Alors déjà, j'ai de la chance, c'est que je travaille en santé au travail. Donc déjà, j'ai quand même des notions d'aménagement de postes de travail, d'options qui sont possibles, qui sont proposées à des employeurs ou des salariés. Et on sortait de Covid. Donc j'avais exercé en télétravail et du coup, j'avais quand même vu que le fait de travailler chez moi, il y avait quand même des améliorations. C'est-à-dire que déjà, je n'avais pas le stress des pans de transport, le fait de rester debout, d'avoir des postures compréhendantes qui augmentaient mes douleurs. Donc déjà, je savais plus ou moins quand j'ai entamé le bilan de compétences que déjà, le télétravail serait envisagé. Alors à l'époque, je ne le pensais pas à temps complet, mais en tout cas à temps partiel. Voilà, donc je savais déjà que le télétravail serait quelque chose d'important. L'aménagement du poste de travail aussi. Donc par exemple, un poste assis debout, voilà, des petites options comme ça.
- Speaker #1
D'accord. Et au final, est-ce que tu peux nous parler rapidement du choix que tu as fait ? En termes de métier ?
- Speaker #2
Eh bien du coup, je suis en plein dedans. J'ai les examens début semaine prochaine. Mais du coup, moi, je me suis reconvertie dans l'accompagnement professionnel. Ce que je souhaite vraiment, c'est de devenir consultante en bilan de compétences. Vraiment, j'ai été inspirée par l'accompagnement que j'ai pu bénéficier.
- Speaker #1
Qu'on a eu ensemble d'ailleurs.
- Speaker #2
Qu'on a eu ensemble, tout à fait. Surtout que c'était déjà dans un coin de ma tête. Mais je me rappelle ne pas l'avoir formulé tout de suite. Parce que je me sentais... pas capable, je me sentais pas en capacité, je me sentais pas légitime. Je me rappelle qu'on a beaucoup travaillé, beaucoup travaillé sur ce point et en fait je me suis dit mais pourquoi pas et là je suis en plein dedans donc effectivement je suis là, je suis en pleine révision pour passer ma certification pour être consultante. Alors c'est dans les transitions professionnelles parce que c'est pas que dans le bilan de compétences, ce à quoi je me suis formée, il y a aussi de la VAE, enfin plusieurs options, mais moi ce que je désire vraiment c'est le bilan de compétences et par la suite je voudrais me spécialiser dans l'accompagnement des personnes en situation de handicap. compte beaucoup pour moi de contribuer à l'accompagnement, l'intégration, l'épanouissement des personnes en situation de handicap. Pour un environnement professionnel beaucoup plus inclusif, ça me tient vraiment à cœur. Et surtout je pense que c'est important aussi, quand on est en situation de handicap, d'être accompagné par quelqu'un qui a connu plus ou moins, pas le chemin exact, mais qui surtout peut prouver que c'est possible, que... On n'est pas condamné et on n'est pas voué à un seul métier. Et malheureusement, la vie fait que même sans souffrir de maladies chroniques, on évolue et on a le droit aussi de changer de métier. Ce n'était pas interdit.
- Speaker #1
Ce n'est pas interdit et encore plus. En cette période, à nos âges, il y a quand même plus grand nombre qui exerce le même métier toute sa vie. Et alors, par rapport à cet environnement de travail que tu avais identifié au regard de ton endométriose, là, ce futur job que tu vas exercer de consultante, tu l'envisages 100% en télétravail ou en hybride ? Comment tu vois les choses ?
- Speaker #2
Alors moi, vraiment, déjà, le bilan de compétences m'avait permis de déterminer si je voulais partir dans l'entrepreneuriat ou de rester dans le salariat. Pour moi, dans un premier temps, je préfère rester dans le salariat, déjà pour avoir cette liberté, sans en profiter, de l'arrêt maladie. Parce que, voilà, moi, j'ai encore... encore besoin de temps en temps d'avoir un arrêt maladie, ne serait-ce que pour les opérations. Et là, j'entame un nouveau protocole de soins qui sont des perfusions de kétamine que je suis amenée à faire à l'hôpital, trois fois par semaine tous les trois mois. Donc j'ai envie pour ma tranquillité d'esprit et pour ne pas avoir cette charge mentale, notamment le stress par rapport à tout ça, me dire voilà, je préfère rester dans le salariat, pas pour abuser de l'arrêt maladie, mais en tout cas pour me dire que c'est une option. et que voilà, j'ai pas choisi d'être malade, donc l'arrêt maladie est là aussi pour ça, pour me permettre de garder à l'esprit que la priorité c'est ma maladie, c'est surtout ça la priorité, mais que... Elle ne m'empêche pas d'exercer un métier dans lequel je peux me sentir utile, dans lequel je peux être épanouie. L'un n'empêche pas l'autre, c'est juste, voilà, c'est vraiment un rapport de compatibilité entre les deux. Et donc l'idée, voilà, c'est du télétravail en tant que salarié et surtout, voilà, de pouvoir aménager mon poste de travail, donc un bureau assis debout, un siège ergonomique, de pouvoir garder mes soins à côté, notamment de la kiné. C'est plutôt essayer de conjuguer tout ça pour retirer surtout un maximum de stress parce qu'il faut savoir que le stress, c'est... c'est un facteur extrêmement aggravant dans pas mal de maladies chroniques pour l'endométriose c'est vraiment un facteur aggravant et j'ai plus envie, j'ai vraiment envie de limiter maintenant mes facteurs aggravants notamment le stress, donc c'est plus ou moins le projet.
- Speaker #1
Et est-ce que là avec cette prise de hauteur que tu as effectuée sur ta vie pro t'as la sensation que la maladie a moins d'impact sur ton quotidien, le fait justement d'avoir diminué tes trajets donc ton stress et ta fatigue Est-ce que tu as la sensation qu'elle te fiche un peu plus la paix au quotidien, même si bien sûr elle est toujours présente ?
- Speaker #2
Alors l'impact, non. Par contre l'emprise, c'est vraiment différent. L'impact, non, parce que malheureusement j'ai vraiment une endométriose qui se dégrade d'année en année considérablement, notamment maintenant au niveau de la mobilité, j'ai des gros problèmes de mobilité. Donc il m'arrive assez fréquemment, comme actuellement, d'avoir une canne. Bon, ça rajoute un petit style au look, mais non, elle est impactante, elle se dégrade. Mais par contre, elle n'a pas du tout la même emprise qu'elle avait avant mon arrêt, avant ma prise de conscience. Voilà, maintenant j'apprends à vivre avec elle. Elle ne me définit plus, donc je ne suis plus enchantée, lorine, malade, je suis vendométriose. C'est plutôt, voilà, j'ai une colocataire un peu relou, qui ne paye pas son loyer, qui est là. Mais voilà, j'apprends à vivre avec. Je me dis, il y a des jours avec et il y a des jours sans et c'est ok. C'est ok des fois que ça n'aille pas. de ne pas forcément avoir envie d'en parler, ou justement avoir envie d'en parler. J'ai vraiment travaillé sur mon rapport avec l'emprise qu'elle a sur moi, et par contre là, je ressens vraiment la différence, notamment sur le fait de verbaliser quand ça ne va pas, parce qu'avant j'avais un peu tendance à souffrir dans mon coin, parce que je ne veux pas déranger, je ne veux pas être un boulet, je ne veux pas être un fardeau, ne serait-ce que pour l'entourage. Et maintenant, j'en parle beaucoup plus. Et le fait de le verbaliser, il y a quand même une différence, au niveau du rapport et au niveau effectivement de certaines fois où je souffre.
- Speaker #1
C'est très intéressant cette notion d'impact, enfin cette différence que tu fais entre l'impact de la maladie et l'emprise qu'elle a sur toi, au même titre que tu dis avant, en fait, ma maladie me définissait et aujourd'hui, elle ne me définit plus. C'est hyper intéressant ce changement de posture que tu as eu finalement. Et même si aujourd'hui, l'impact est toujours le même, elle ne t'emprisonne pas de la même façon, j'ai la sensation.
- Speaker #2
Oui, c'est tout à fait ça. En fait, j'ai juste appris à lâcher prise. et à avancer pas à pas. C'est quelque chose que tu m'as souvent conseillé pendant l'accompagnement, c'est d'avancer pas à pas. Et vraiment, c'est quelque chose que j'ai appliqué, pas que dans mon projet professionnel, j'ai aussi appliqué dans mon rapport avec ma maladie. Et en fait, j'ai juste appris à lâcher prise, à ne pas essayer de tout contrôler parce que c'était un peu mon problème. Et c'est un peu ce qui m'a amenée à tout ça, à la dépression, à mon arrêt longue maladie. C'est qu'avant, j'étais vraiment perfectionniste, j'avais une confiance professionnelle. Alors c'est très bien la confiance... professionnelle, mais c'est comme tout, il faut qu'il y ait un équilibre. Et là, je n'avais plus du tout un rapport sain par rapport à ça. J'étais vraiment Monica Geller dans Friends, vraiment la control freak, vraiment, c'était extrêmement nocif. Et en fait, suite à ce bilan de compétence, j'ai appris à avancer pas à pas, à ne pas voir la montagne en face de moi, mais juste d'abord le chemin. Et en fait, ça m'a permis de trouver des solutions alternatives lorsque les obstacles me semblent insurmontables. Et voilà, et quand je doute, je me rappelle que chaque petit pas, aussi minuscule que... soit-il, ça reste un succès et que voilà, on n'avance pas à pas, chaque jour suffit sa peine et que la plupart des scénarios catastrophes dignes de Spielberg que j'avais tendance à me faire, le fameux et si ? en fait, la plupart du temps, ça ne se réalise pas en fait.
- Speaker #1
Ça ne se réalise pas, mais je pense qu'il faut quand même faire attention à ces idées-là un petit peu dramatiques parce que il y a aussi la notion de pensée créatrice où finalement, on crée ce que l'on craint. Et dans un schéma pendant très longtemps, tu craignais plein de choses et tu t'es empêchée plein de choses. jusqu'au moment où tu t'es dit, bon là stop, je reprends ma situation en main. Et effectivement, tu vis aussi ton changement, ton évolution, c'était très chouette. Donc si je comprends bien, il y a quand même eu des moments où tu as douté de ta capacité à réussir cette transition et donc tu as surmonté tes moments de doute, toujours en te souvenant de cette méthodologie petit pas par petit pas.
- Speaker #2
Complètement. Oui oui et puis encore aujourd'hui, je veux dire c'est pas parce que là j'entame enfin cette reconversion qu'il n'y a pas des moments où je doute comme beaucoup de personnes. Je manque de confiance en moi donc voilà il y a des jours où vraiment je doute sur ma capacité à réussir et c'est ok, je l'accepte et je me dis demain sera un autre jour et en fait non je vois quand je vois vraiment quand je me pose et que je fais vraiment la rétrospective de toutes ces dernières années surtout de ce moment où je me revois vraiment sur ce fameux quai en panique, vraiment, j'ai pas de solution, qu'est-ce que tu fais là, comment ça va se passer ? Je vois vraiment l'évolution dans le positif, que ce soit mon rapport à la maladie, que ce soit du coup cette reconversion qui enfin se concrétise, et justement qui montre qu'un bilan de compétences, il n'y a pas besoin de mettre en marche la transition tout de suite à la fin du bilan de compétences. Moi pour le coup, le bilan je l'ai terminé début d'année 2022, voilà, on est en début d'année 2025. et c'est ok, j'ai pris le temps de travailler sur mon projet, j'ai pris le temps de sélectionner la bonne école qui proposait une formation compatible aussi avec ma santé parce que j'avais besoin d'avoir une formation qui puisse se réaliser 100% à distance, ce qui a été le cas. Il faut aussi apprendre à accepter juste les pauses et faire preuve de bienveillance envers soi-même et ça c'est quelque chose que j'avais tendance à conseiller aux autres mais que je n'appliquais pas pour moi et vraiment avec le recul, c'est cette grosse pause. m'a permis déjà de déculpabiliser et de réévaluer mes priorités. Et du coup, j'ai appris à être bienveillante avec moi-même. Ce n'est pas tous les jours le cas. On travaille toujours dessus. Et du coup, maintenant, avec le temps, je reconnais les efforts, le cheminement qui s'est déroulé. Et j'accepte que je fais du mieux que je peux en fonction de mes limites. Et c'est OK. Oui.
- Speaker #1
Et selon toi, qu'est-ce qui a été essentiel pour toi dans ce parcours de reconversion ? Que ce soit en termes d'outils, de soutien, d'accompagnement particulier. Quels ont été les ingrédients essentiels dans cette reconversion ?
- Speaker #2
Vraiment depuis le départ, l'élément déclencheur, c'était le bilan de compétences avec vraiment ce plan d'action qui me permettait vraiment de visualiser ce qui était possible. En fait, ce qui a découlé, c'est vraiment la reconnaissance administrative. Donc après, j'ai bénéficié de la reconnaissance de travailleurs handicapés de par la MDPH. J'ai obtenu une invalidité catégorie 2. de la sécurité sociale parmi cinq conseils, qui me permet déjà de me dire que je peux reprendre à temps partiel et bénéficier quand même d'une rente pour maintenir un salaire digne d'un temps complet. Donc déjà ça, il y a vraiment une charge mentale en moins et c'est important de le reconnaître. Le soutien personnel, vraiment l'entourage, les proches, la famille et certains amis, c'est vraiment un pilier. C'est une maladie qui isole énormément l'endométriose, la maladie chronique en général, mais voilà. Je vais vous parler pour l'endométriose, c'est une maladie qui isole beaucoup. Avant, j'avais tendance vraiment à m'isoler, à me mettre dans mon coin. Et en fait, je me suis rendue compte que ça ne... Finalement, ce n'était pas ce qui était le plus adapté pour moi. Et le fait de plus en parler, de le verbaliser, vraiment, ça m'a beaucoup aidée. Je dirais qu'il y a aussi tout ce qui est pause et prise de recul, comme on en a parlé un petit peu avant. Juste d'écouter son corps, c'est important. De réajuster ses priorités, de réfléchir à ses besoins réels, de faire preuve de bienveillance et d'indulgence. d'apprendre vraiment à le cultiver. Après, il y a tout ce qui est accompagnement professionnel. Donc voilà l'assistance sociale de la sécurité sociale qu'on peut consulter et qui aiguille très bien, notamment au niveau des démarches médicales, mais aussi financières, ce qui est possible en termes d'accompagnement. Je dirais aussi Cap Emploi, qui a été très important dans mon parcours aussi. J'ai eu une conseillère qui m'a très bien accompagnée pour mon projet professionnel. Voilà, toutes ces personnes sont arrivées plus ou moins au même moment dans ma vie. en plus de l'équipe médicale pluridisciplinaire et toutes ces personnes, de par leur bienveillance, leur écoute, leur capacité à me déculpabiliser, en fait, ça m'a énormément aidée.
- Speaker #1
Oui. Et en fait, tu t'es mise aussi, je pense, dans l'action. Tu es allée chercher plein d'infos et à partir du moment où on se met dans l'action, moi, je suis fermement convaincue qu'il y a des choses qui viennent naturellement à toi, des personnes bienveillantes qui t'ont remise dans une belle dynamique. Mais pour ça, il faut en effet passer ou rester dans l'action. Enfin, pour finir, dernière question, Laurine. Qu'est-ce que tu dirais à une femme qui, comme toi, envisage de se reconvertir, mais hésite à cause de sa maladie ou d'autres obstacles ? Quel serait ton meilleur conseil ?
- Speaker #2
Oui, le changement, ça fait peur. Mais la peur, elle ne doit pas nous empêcher d'avancer. C'est naturel, mais elle peut être surmontée. La maladie ne nous définit pas, elle fait partie de nous. mais elle ne détermine pas la personne que nous sommes. Il est tout à fait possible de trouver un métier épanouissant, compatible avec notre santé, nos aspirations, nos valeurs. Et qu'il ne faut pas se dire qu'on est condamné en fait. Non, qu'il ne faut pas hésiter à demander de l'aide, qu'il n'y a aucune honte en fait par rapport à la maladie. Que le fait d'avoir des postes, que ce n'est pas un échec, qu'il y a des opportunités et que c'est possible. J'en suis la preuve, c'est possible.
- Speaker #1
T'en es la preuve. Merci beaucoup, Laurine, pour ce partage fort inspirant et plein de résilience. Je te souhaite le meilleur et de réussir tes examens. Merci vraiment d'avoir accepté ce partage-là.
- Speaker #2
Merci à toi de m'avoir invitée.
- Speaker #1
Avec plaisir. Si vous voulez retrouver Laurine, vous pouvez la retrouver sur son réseau social Instagram que je vous partagerai en description. Si vous voulez lui poser toutes les questions qui vous interpellent, n'hésitez pas. Et puis, j'espère que ce premier témoignage vous aura inspiré, encouragé à passer à l'action. J'espère qu'il vous aura plu. Merci pour votre écoute jusqu'ici et à très vite dans un prochain épisode.