Speaker #04 épisodes, 4 questions essentielles, et une seule ambition, vous apprendre à ne plus jamais lire une expertise psychologique de la même façon. Bienvenue dans cette mini-série de parenthèses au barreau. consacrée aux clés de l'expertise psychologique. Ensemble, nous allons décoder les méthodes, repérer les points de vigilance et comprendre ce qui distingue une expertise réellement solide d'un rapport simplement convaincant en apparence. Et c'est parti ! Dans cet épisode 1, nous allons parler d'une expertise psychologique qui ne se lit pas, mais qui s'analyse. Il y a quelques semaines, un avocat m'appelle. Il vient de recevoir une expertise psychologique de près de 80 pages. Il me dit, Barbara, honnêtement, je ne sais pas quoi regarder. Les conclusions me semblent défavorables, mais je ne sais pas si c'est la conclusion qui pose problème ou le raisonnement qui y conduit. Cette question, je l'entends presque toutes les semaines. Et c'est ce dont je vais parler dans cet épisode. Je suis Barbara Parra, psychologue, spécialisée en expertise psychologique. Dans ce podcast, je reçois des avocats pour parler de leur métier, des situations humaines qu'ils rencontrent dans leurs dossiers, et de ce qui se joue parfois de manière invisible dans les conflits qui arrivent devant la justice. Et ensemble, nous croisons les regards du droit et de la psychologie pour mieux comprendre les réalités humaines qui arrivent devant les tribunaux. Mais aujourd'hui, vous l'avez compris, l'épisode est un peu particulier. Je suis seule au micro. Pourquoi ? Parce que... Depuis plusieurs années, une question revient très régulièrement lorsque je travaille avec des avocats. J'ai reçu une expertise psychologique, mais comment savoir si elle est solide ? Ou encore, quels sont les points qui doivent attirer mon attention ? Comment savoir si les conclusions sont réellement démontrées ? Ce sont d'excellentes questions. Parce qu'une expertise psychologique, ce n'est pas un document médical. Ce n'est pas non plus un simple avis, c'est une démonstration scientifique. Et comme toute démonstration, elle doit posséder une méthodologie, des preuves, un raisonnement, des limites et parfois aussi des fragilités. Aujourd'hui, je ne vais évidemment pas vous apprendre à devenir psychologue. En revanche, je voudrais vous transmettre la grille de lecture que j'utilise lorsque je lis une expertise. Une grille qui permet très rapidement de distinguer ce qui est objectivé ou ce qui relève d'une hypothèse, les points méthodologiquement solides, mais aussi les zones de vigilance. Car une expertise ne se lit jamais uniquement par sa conclusion. Elle se lit comme on lit une démonstration. Et restez avec moi jusqu'à la fin de cet épisode. Dans la Minute Psy, nous parlerons d'un biais cognitif extrêmement puissant qui impacte les expertises. Le biais d'autorité. Pourquoi ? Avons-nous naturellement tendance à croire davantage une conclusion parce qu'elle est écrite par un expert ? Et pourquoi ce réflexe peut parfois nous faire passer à côté des véritables faiblesses d'un rapport ? C'est ce que nous verrons tout à l'heure. Mais commençons ! Avant même... De lire une expertise, il faut comprendre ce qu'est réellement une expertise psychologique et surtout ce qu'elle n'est pas. Parce que dans les dossiers judiciaires, on rencontre beaucoup de documents différents, des certificats, des attestations, de simples comptes rendus, parfois des bilans, des expertises ou des commentaires d'expertise. Or, ces documents n'ont absolument pas la même valeur. Une expertise n'est pas une impression, ce n'est pas un ressenti. Ce n'est pas non plus un document qui consiste à dire « je pense que » . Une expertise répond à une question précise en s'appuyant sur une méthode rigoureuse. Autrement dit, elle doit permettre au lecteur de comprendre comment l'expert est arrivé à ses conclusions. C'est exactement comme une démonstration mathématique. Si je vous donne uniquement le résultat, vous pouvez y croire ou ne pas y croire. En revanche, si je vous montre chaque étape du raisonnement, vous pouvez vérifier si ce raisonnement tient. Une bonne expertise fonctionne exactement de cette manière. Elle doit être transparente, reproductible, argumentée, nuancée. C'est cela que nous allons regarder ensemble. Et donc le premier élément, c'est la mission. Donc le premier réflexe que j'ai lorsque j'ouvre une expertise est extrêmement simple, je lis la mission. Cela paraît évident, et pourtant c'est probablement l'erreur la plus fréquente. Parce qu'on lit directement les conclusions, alors que tout commence par une question. À quelle question l'expert répond-il ? Par exemple, est-ce qu'il s'agit d'évaluer un préjudice psychologique ? ou d'analyser un harcèlement moral, ou d'explorer des capacités parentales, ou d'étudier un trouble de la personnalité, d'évaluer une aptitude professionnelle. Évidemment, ces questions n'appellent pas du tout les mêmes méthodes. Un expert qui répond à une question qui ne lui a jamais été posée sort de sa mission. Et inversement, une expertise peut être excellente tout en ne répondant pas à la question utile au dossier. Et cela change complètement sa valeur stratégique. Je conseille toujours aux avocats de prendre quelques secondes pour se demander qu'est-ce que cette expertise cherche exactement à démontrer ? Parce que toute la lecture va ensuite s'organiser autour de cette question. Le deuxième élément, ce sont les sources. Je regarde immédiatement les sources. Autrement dit, sur quoi l'expert fonde-t-il son raisonnement ? Les informations proviennent-elles ? uniquement du patient, de plusieurs entretiens, des proches, de documents médicaux, d'attestations, du dossier judiciaire, d'observations directes, de tests psychométriques. Pourquoi est-ce si important ? Parce qu'en expertise, toutes les informations n'ont pas le même statut. Prenons un exemple très simple. Si un patient dit « je suis victime de harcèlement depuis deux ans » , c'est une information importante, évidemment. Mais ce n'est pas encore un fait objectivé, c'est une déclaration. L'expert doit ensuite chercher des éléments convergents, des questionnaires validés et une chronologie cohérente. Autrement dit, une expertise ne consiste pas à recopier un récit. Elle consiste à confronter les informations entre elles. Plus les sources sont nombreuses et convergentes, plus la démonstration devient robuste. A l'inverse ! Lorsque toute l'analyse repose exclusivement sur les déclarations d'une personne et d'une seule personne, il faut naturellement rester prudent. Cela ne signifie pas que cette personne dit faux. Cela signifie simplement que le niveau d'objectivation est plus faible. Et c'est une nuance extrêmement importante. Le troisième élément, ce sont les faits objectivés. À mon sens, c'est probablement le point le plus important de toute une expertise. Il faut apprendre à distinguer ce qui est objectivé, ce qui est interprété. Par exemple, Madame présente un score élevé au questionnaire de dépression. Voilà un fait qui est objectivé. En revanche, Madame est profondément dépressive depuis plusieurs années à cause de son employeur. Ici, nous avons déjà plusieurs niveaux d'interprétation. la durée, la causalité et parfois même le diagnostic. Ou prenons un autre exemple. Monsieur rapporte avoir été humilié quotidiennement. Là encore, c'est une déclaration. L'expert devra ensuite montrer quels éléments corroborent ce récit, quels comportements ont été retrouvés et quels questionnaires confirment cette répétition. Autrement dit, une expertise solide distingue toujours très clairement les faits, les observations, les hypothèses et les conclusions. Lorsque tout est mélangé, la lecture devient beaucoup plus fragile. C'est souvent là que commencent les difficultés. C'est d'ailleurs un excellent exercice lorsque vous lisez un rapport. Prenez un surligneur. En jaune, soulignez les faits objectivés. En bleu. les déclarations de la personne, et en rose, les interprétations. Et vous serez parfois surpris de constater que certaines conclusions reposent davantage sur des interprétations que sur des éléments véritablement démontrés. Quatrième élément, c'est la chronologie. S'il y a une partie que je lis toujours avec une attention particulière, c'est bien la chronologie. Pourquoi ? Parce qu'en psychologie, comme en droit d'ailleurs, L'ordre des événements est essentiel. Une expertise ne cherche pas seulement à décrire un état psychologique. Elle cherche souvent à répondre à une question beaucoup plus difficile. Comment en est-on arrivé là ? Et pour répondre à cette question, il faut reconstruire une histoire. Quand les premiers symptômes sont-ils apparus ? Que s'est-il passé avant ? Qu'est-ce qui a changé ? Y avait-il des antécédents ? Des événements de vie importants ? Ou des facteurs de vulnérabilité ? Prenons un exemple en droit du travail. Une personne présente aujourd'hui un syndrome anxio-dépressif. Très bien. Mais ce trouble est-il apparu avant l'effet de harcèlement allégué ? Ou pendant ? Ou plusieurs mois après ? Ou après un autre événement personnel ? Et vous voyez immédiatement que la lecture du dossier change complètement. Une bonne expertise ne juxtapose pas des événements. Elle construit une chronologie logique. Elle permet ainsi au lecteur de comprendre les enchaînements. Et à l'inverse, lorsqu'une expertise mélange les périodes, ou passe rapidement sur certains événements, ou laisse des trous dans la chronologie, ça on le voit assez fréquemment, il devient beaucoup plus difficile d'apprécier le lien entre les faits et leurs conséquences. Et très souvent, c'est sur cette question de la temporalité que se jouent certains débats judiciaires. Un cinquième élément, bien sûr, c'est la causalité. C'est l'un des sujets les plus sensibles en expertise psychologique. Parce qu'il ne suffit pas de constater une souffrance. Encore faut-il comprendre d'où elle vient. Et là, une erreur est fréquente. C'est confondre corrélation et causalité. Prenons encore un exemple. Une personne présente un état de stress post-traumatique. Cela signifie-t-il ? Automatiquement que cet état est causé par les faits décrits dans la procédure ? Non. Il faut encore le démontrer. De la même manière, une personne peut présenter une dépression, un burn-out, de l'anxiété, un trouble de l'adaptation, sans pour autant que l'on puisse attribuer automatiquement ce ou ces troubles à un seul événement. En psychologie, plusieurs facteurs peuvent coexister. Des vulnérabilités personnelles, des antécédents, des événements familiaux, des difficultés professionnelles, des facteurs médicaux. Et le rôle de l'expert est d'analyser cette complexité. Une expertise solide explique pourquoi elle retient une hypothèse causale plutôt qu'une autre. Elle discute les alternatives. Elle montre son raisonnement. Et donc lorsqu'une expertise affirme avec certitude cet événement explique à lui seul l'ensemble des difficultés, sans véritable démonstration, cela doit immédiatement attirer votre attention. Un sixième élément, ce sont les hypothèses. J'aime beaucoup cette phrase. Un bon expert est celui qui accepte de dire ce qu'il ne sait pas. Cela peut paraître paradoxal, mais la rigueur scientifique consiste aussi à reconnaître les limites de son analyse. Une expertise sérieuse ne cherche pas à tout expliquer. Elle formule parfois plusieurs hypothèses. Par exemple, les éléments recueillis sont compatibles avec. Ou, cette hypothèse paraît actuellement la plus probable. Ou, au regard des données disponibles, etc. Ce vocabulaire est souvent interprété comme un manque d'assurance, mais c'est tout l'inverse. Il traduit une prudence méthodologique. A contrario, méfiez-vous des formulations qui donnent l'impression que tout est évident. La psychologie n'est pas une science de certitude absolue. Elle est une science d'observation, de probabilité et de raisonnement. Et c'est ce qui fait sa richesse. Septième élément, la psychométrie. Les tests psychologiques impressionnent souvent. Ils donnent des chiffres, des scores, des profils. Mais un test n'a jamais raison tout seul. Il n'est qu'un outil parmi d'autres. Lorsque je lis une expertise, je me pose plusieurs questions. Des tests ont-ils été utilisés ? Si oui, lesquels ? Et pourquoi cela ? Sont-ils validés scientifiquement ? Correspondent-ils réellement à la question posée ? Et surtout, comment sont-ils interprétés ? Car un même score peut avoir plusieurs significations selon le contexte clinique. Prenons l'exemple d'un questionnaire de dépression. Un score élevé indique Une symptomatologie importante. Il ne va pas permettre à lui seul d'établir une causalité. d'affirmer un harcèlement, de conclure à un préjudice. Les tests viennent soutenir le raisonnement. Ils ne remplacent jamais l'analyse clinique. Et lorsqu'une psychométrie ou lorsqu'aucune psychométrie n'est utilisée alors que la mission l'aurait justifiée, cette absence mérite également d'être interrogée. Huitième élément, les biais. Aucun expert n'est totalement neutre. Malheureusement, moi la première. Et nous avons tous des hypothèses, des intuitions, des expériences. La question n'est donc pas l'expert est-il biaisé ? La vraie question est comment limite-t-il ses propres biais ? Cherche-t-il les éléments qui contredisent son hypothèse ? Présente-t-il l'effet défavorable à son raisonnement ? Discute-t-il les hypothèses alternatives ? Ou bien... sélectionne-t-il uniquement les éléments qui confortent sa première impression ? C'est ce qu'on appelle le biais de confirmation. Et c'est l'un des biais que l'on retrouve le plus fréquemment dans les expertises. Une expertise solide n'a pas peur de montrer les limites de sa propre analyse. Au contraire, c'est souvent ce qui renforce sa crédibilité. Chez nous, juripsies, notre réflexe, c'est de distinguer toujours les faits des interprétations. Neuvième élément, la méthodologie. À ce stade de la lecture, je me pose toujours une question très simple. Est-ce que je comprends comment l'expert est arrivé à ses conclusions ? Autrement dit, le raisonnement est-il visible ? Parce qu'une expertise ne se résume pas à une série d'affirmations. Elle doit permettre au lecteur de suivre chaque étape du cheminement. Une méthodologie rigoureuse répond généralement à plusieurs questions. Combien d'entretiens ont été réalisés ? Dans quelles conditions ? Quelles pièces ont été analysées si tel est le cas ? Quels questionnaires ont été utilisés ? Comment les résultats ont-ils été interprétés ? Pourquoi certains outils ont-ils été privilégiés ? Une bonne expertise donne aux lecteurs les moyens de comprendre la logique de travail de l'expert. Et surtout, cette logique doit pouvoir être reproduite par un autre professionnel. En science, on parle de reproductibilité. Cela signifie que si un autre psychologue reprend les mêmes données, applique les mêmes méthodes et suit le même raisonnement, il doit pouvoir aboutir à des conclusions identiques ou au moins très proches. Évidemment, deux experts peuvent ne pas partager exactement la même analyse, mais ils doivent pouvoir discuter à partir d'une méthode explicite. Lorsque la méthodologie disparaît derrière des affirmations, le lecteur ne peut plus exercer son esprit critique. Il est simplement invité à croire l'expert. Et ce n'est pas l'objectif d'une expertise. Dixième élément, les conclusions. Nous arrivons enfin, et je dirais seulement maintenant, à la conclusion. Et paradoxalement, c'est souvent la partie que je lis en dernier. Pourquoi ? Parce qu'on commence par les conclusions, notre cerveau cherche naturellement ensuite à les confirmer. On devient beaucoup moins critique. A l'inverse, lorsque j'ai déjà lu la mission, les sources, la chronologie, les faits, la méthodologie, je peux alors me poser une question très simple. Les conclusions découlent-elles réellement de tout ce qui précède ? C'est-à-dire, le raisonnement est-il cohérent ? Chaque conclusion est-elle appuyée sur des éléments objectivés ? Ou bien certaines affirmations vont-elles plus loin que ce que permettent réellement les données recueillies ? Une expertise solide ne surprend jamais son lecteur. Lorsque vous arrivez à la conclusion, vous devez presque toujours vous dire « oui, c'est exactement ce à quoi je m'attendais au regard des éléments présentés » . A l'inverse, si les conclusions semblent beaucoup plus affirmatives que tout ce qui précède, c'est souvent le signe qu'il faut relire attentivement le raisonnement. Mon conseil, jury psy, ne vous demandez jamais si vous êtes d'accord avec la conclusion. Demandez-vous toujours comment l'expert est-il arrivé à cette conclusion. Je voudrais maintenant évoquer les formulations qui doivent attirer votre attention dans la rédaction d'un rapport d'expertise psychologique. Je ne dis pas que ces formulations sont mauvaises, je dis simplement qu'elles invitent à aller vérifier ce qui les soutient. Par exemple, il semble que... Très bien. Mais sur quels éléments repose cette impression ? Ou tout laisse penser que... Quels sont ces tout ? Ou il est évident que... En psychologie, très peu de choses sont véritablement évidentes. Ce serait beaucoup trop facile. Ou cette personnalité explique... Attention, une personnalité n'explique jamais... à elle seule un comportement ou une situation. Elle constitue un facteur parmi d'autres. Au vu de son profil psychologique, trois petits points. Quel profil ? Construit à partir de quels outils ? Selon quelles méthodes ? Une autre formulation m'interpelle souvent. Le patient présente un fonctionnement typique de trois petits points. Le mot typique peut être utile, mais il mérite toujours d'être étayé. par des observations précises et non par une simple impression clinique. A l'inverse, certaines formulations sont souvent le signe d'une grande rigueur scientifique. Par exemple, les éléments recueillis sont compatibles avec 3 petits points. Cette hypothèse apparaît actuellement la plus probable 3 petits points. Ou, au regard des données disponibles 3 petits points. Les résultats doivent être interprétés avec prudence 3 petits points. Pourquoi ? Parce qu'elle montre que l'expert distingue clairement ce qu'il sait, ce qu'il observe, et ce qui relève encore d'une hypothèse. Et c'est cette nuance qui fait toute la qualité de l'expertise. Une expertise n'est donc pas là pour produire des certitudes, elle est là pour éclairer une décision. Et plus elle expose honnêtement son raisonnement, plus elle devient utile au juge comme à l'avocat. Je le disais en préambule de cet épisode, nous allons parler du biais d'autorité. Pourquoi faisons-nous autant confiance à une expertise ? Le biais d'autorité, c'est notre tendance naturelle à accorder davantage de crédibilité à une affirmation lorsqu'elle provient d'une personne reconnue comme experte. Et c'est un mécanisme parfaitement normal. Notre cerveau fonctionne ainsi pour gagner du temps. Lorsque quelqu'un possède un diplôme ou une fonction, ou une expérience reconnue ou une expertise particulière, nous avons spontanément tendance à penser que ce qu'il affirme est probablement juste. Dans la plupart des situations, c'est utile, mais dans le domaine judiciaire, cela peut devenir un piège. Parce qu'une expertise psychologique n'a pas vocation à être crue, elle a vocation à être comprise. Ce n'est jamais le titre de l'expert qui fait la qualité d'une expertise. C'est la qualité de son raisonnement. C'est la solidité de sa méthode. C'est la cohérence entre les faits, les observations, les tests, les hypothèses, les conclusions. Le juge ne demande pas à un expert d'avoir raison, il lui demande de démontrer. Et c'est la même chose pour les avocats. Lorsqu'un rapport arrive dans un dossier, la première question ne devrait jamais être Est-ce que je suis d'accord avec la conclusion ? La première question devrait être comment cette conclusion a-t-elle été construite ? Parce qu'une conclusion spectaculaire reposant sur un raisonnement fragile reste bien sûr une conclusion fragile. A l'inverse, une conclusion prudente, nuancée, solidement démontrée aura souvent beaucoup plus de valeur devant une juridiction. Finalement, lire une expertise psychologique c'est accepter de ralentir. Ne pas se laisser impressionner par le vocabulaire. Ne pas se laisser convaincre uniquement par le prestige de l'auteur. Mais suivre, pas à pas, le cheminement intellectuel proposé par l'expert. C'est cette lecture critique qui fait toute la différence entre un dossier subi et un dossier véritablement maîtrisé. Merci d'avoir écouté cet épisode de Parenthèse au barreau. J'espère qu'à partir d'aujourd'hui, vous ne regarderez plus une expertise psychologique de la même manière. Retenez une idée simple, une expertise ne se résume jamais à sa conclusion. Elle se lit comme une démonstration. Vous verrez qu'en adoptant ma grille de lecture, vous identifierez très rapidement les points forts mais aussi les fragilités éventuelles d'un rapport. C'est cette démarche qui guide notre travail chez Juripsi. Et lorsque nous réalisons une expertise psychologique, notre objectif n'est pas d'écrire un rapport impressionnant. Notre objectif est de construire une démonstration rigoureuse. compréhensible et utile à la justice. Et lorsque nous intervenons dans le cadre d'un commentaire d'expertise, notre rôle n'est pas de critiquer un confrère, il consiste au contraire à analyser de façon méthodique et argumentée la qualité du raisonnement, la cohérence de la démarche et la solidité scientifique de l'expertise produite. Car une expertise psychologique n'est jamais une fin en soi, elle est un outil au service du dossier. Un outil qui doit permettre à l'avocat d'éclairer sa stratégie, D'objectiver certaines situations et d'apporter aux juges des éléments fiables pour comprendre une réalité humaine souvent complexe. Si cet épisode vous a été utile, je vous invite à le partager à vos confrères ou à toute personne amenée à travailler avec des expertises psychologiques. Pensez également à vous abonner ! à notre podcast, parenthèse au barreau, et à laisser une note ou un commentaire. C'est ce qui permet au podcast de continuer à faire dialoguer le droit et la psychologie. Vous retrouverez dans la description de cet épisode notre guide « Réussir une expertise psychologique » ainsi que nos ressources, formations et publications destinées aux professionnels du droit. Et je vous remercie de votre écoute et comme d'habitude, je vous donne rendez-vous très bientôt pour une nouvelle parenthèse au barreau.