- Léa Tirard-Hersant
Bonjour, ici Léa. Bienvenue dans le podcast du programme "Par cœur". Par cœur ? Oui, oui, Par cœur. C'est le nom de ce programme développé par mes étudiants et moi, Léa Tirard-Hersant, pour accompagner votre apprentissage du français. En quoi consiste cette méthode ? Par cœur inclut des leçons avec professeurs, des messages quotidiens de révision et des épisodes de podcasts riches en répétitions, anaphores et rimes. Inspiré par la méthode de l'Escalier et par les recommandations des plus grands experts en sciences cognitives. Dans le programme Par cœur, la leçon est centrale. Réservez votre prochaine leçon sur www.LEACAFE.com. Découvrez maintenant Au caniparc, chapitre 2. Objectif, apprendre le vocabulaire canin avec plus de 25 expressions liées à la vie avec un chien. Pour ce chapitre, j'ai l'honneur d'accueillir Étienne et Oslo, son bouvier bernois.
- Speaker #1
Bien le bonjour !
- Léa Tirard-Hersant
Bonjour Étienne. Ensuite Brice et Ursula, son berger marème.
- Speaker #2
Salut la compagnie !
- Léa Tirard-Hersant
Puis tout droit venu de Provence, avec son épagnole tibétain.
- Speaker #3
Moi c'est Claire, ravie de se retrouver.
- Léa Tirard-Hersant
Et finalement Malik et Cupidon, son pitbull.
- Speaker #2
Bonjour bonjour !
- Léa Tirard-Hersant
Le chapitre 2 d'Au caniparc commence ! Bonne écoute !
- Speaker #4
Hiver. Étienne et Oslo sont bouviers bernois. J'ouvre les yeux. C'est le matin. Les premières notes d'Il et Cinq Heures Paris s'éveillent résonnent dans la pénombre. Pourquoi est-ce que j'ai mis mon réveil si tôt ? À côté, ma femme remue sous la couverture. Je tends un bras vers la table de chevet et mes doigts trouvent le téléphone. Je tapote l'écran à l'aveugle et la chanson de Jacques Dutronc s'éteint. Oh, il est 5 heures, Paris s'éveille, ok. Mais moi, j'ai encore sommeil. Au pied du lit, notre chien Oslo ronfle comme l'adorable bébé qu'il est encore. Je ferme les yeux et je me rendors. Ah, ça fait du bien de dormir un peu plus. Je tâtonne sur ma gauche, le matelas est vide, ma femme est déjà debout. Quelle heure il est maintenant ? Mon téléphone affiche 7h10. Je me lève et j'enfile ma robe de chambre. Au bout du couloir, j'aperçois Oslo assis à côté de la porte. Quelqu'un est prêt pour sa promenade du matin ? Je me fais couler un expresso que je bois d'un trait. Je fais un bisou à ma femme qui est en train de lire ses emails et j'attrape un manteau. Est-ce que je prends un parapluie ? Je jette un œil par la fenêtre et j'aperçois la grisaille dehors. Les hivers à Paris, je vous jure. On se croirait en Bretagne. Le ciel est gris, les toits sont gris, les pigeons sont gris. Même les gens ont quelque chose de gris. Pas étonnant que ma barbe soit de plus en plus grisonnante. Et pourtant, j'adore Paris. Vous m'excuserez le jeu de mots, mais cette ville a quelque chose de grisant. « J'arrive, j'arrive ! » Oslo, c'est notre bouvier bernois. Il a tout juste un an, c'est un grand bébé. Il a un joyeux tempérament, mais encore beaucoup à apprendre. « Oui, mon grand, tu as hâte de sortir, hein ? » Oslo trépigne tandis que je me chausse. D'une main, je prends le parapluie, au cas où. Et de l'autre, j'entre-ouvre la porte. Je regrette aussitôt mon geste car Oslo en profite et file comme une flèche dans le couloir. C'est pas vrai. Oslo, on met son harnais. Je le rappelle au pied mais il n'obéit pas. Oslo, on n'attend pas pas. Je râle en descendant les escaliers derrière lui. Si la voisine le voit sans laisse, elle va faire des histoires. Oslo, reviens tout de suite ou bien...
- Speaker #5
Bonjour.
- Speaker #4
Oh ! Bonjour Madame Beignet, comment allez-vous ?
- Speaker #5
J'ai entendu du bruit dans le couloir.
- Speaker #4
Du bruit ? C'était sûrement mon chien.
- Speaker #5
Vous laissiez ce gros chien vaquer en liberté dans notre immeuble ?
- Speaker #4
Non, ce n'est pas ce que je veux dire. Nous partions pour la promenade et mon chien m'a simplement devancé.
- Speaker #5
Il vous a devancé ? De mon temps, le chien marchait toujours au pied de son maître.
- Speaker #4
Oui, bien sûr.
- Speaker #5
« Les maîtres n'ont plus aucune autorité de nos jours, je vous jure. »
- Speaker #4
« Oui, bien sûr, Madame Beignet. Excusez-moi, je dois filer. Oslo ! » Je descends la dernière volée de marche et retrouve Oslo qui m'attend au rez-de-chaussée. Après quelques gentilles remontrances, je lui mets son harnais et j'ouvre le portail. Une brise humide s'engouffre dans le hall. Oslo sautille joyeusement au dehors et nous prenons la direction de la boulangerie. Au fait, je m'appelle Étienne, j'ai 55 ans. Je vis avec mon épouse, Sandra, et Noah, notre petit dernier de 17 ans. Ces deux sœurs sont déjà parties de la maison pour faire leurs études. Bientôt, Noah partira lui aussi. Oslo, lui, ne nous quittera jamais. Parfois, je me dis que c'est beau, un chien, pour ça. Les enfants partent, mais le chien reste, fidèle jusqu'à... Ah, je veux pas penser à ça. Notre chien d'avant était un épagnole. Sa mort nous a fendu le cœur. Quand des invités viennent à la maison et voient l'urne sur la cheminée, ils demandent « Est-ce que c'est la grand-mère ? » Et on répond « Non » . C'est notre ange gardien. Je sens Oslo qui tire sur la laisse. C'est qu'on arrive rue du Temple, et il y a du monde. Oslo semble vouloir tout renifler. Tantôt il s'arrête, tantôt il tire. En le voyant comme ça, je songe à le réinscrire à des séances de dressage. Celle qu'on avait faite en novembre lui avait fait du bien. Il faut que je rappelle cet éducateur canin de Levallois-Péret. Une délicieuse odeur de brioche atteint mes narines. J'aperçois la boulangerie et une longue file de gens qui font la queue pour entrer. Il faut dire qu'ils font du très bon pain ici. Le succès est mérité. On se met en bout de file et on attend. Un enfant qui tient la main de son papa, juste devant, se retourne vers nous.
- Speaker #3
Bonjour !
- Speaker #4
Salut bonhomme !
- Speaker #3
Oh, il est trop beau ! Je peux le toucher ?
- Speaker #4
Si tu veux. Pour commencer, tu peux lui tendre la main. Comme ça.
- Speaker #3
Il me fait des léchouilles.
- Speaker #4
Oslo.
- Speaker #3
Arrête, ça me chatouille.
- Speaker #4
Oslo, doucement.
- Speaker #3
Il a quel âge ?
- Speaker #4
Il a tout juste un an.
- Speaker #3
Il est trop mignon. Papa, est-ce qu'on peut avoir un chien, nous aussi ? Bonjour, qu'est-ce qu'il vous faudra ?
- Speaker #2
C'est à votre tour.
- Speaker #4
Oh, pardon, la file a avancé vite. Une baguette, s'il vous plaît.
- Speaker #3
La cuisson ?
- Speaker #4
Bien cuite, s'il vous plaît. Voilà, celle-là.
- Speaker #3
Et avec ceci ?
- Speaker #4
Ah là là, j'avoue que les croissants me font de l'œil. Mettez-moi en trois.
- Speaker #3
Et avec ceci ?
- Speaker #4
Ce sera tout.
- Speaker #3
7,50 euros, s'il vous plaît. Le sans contact, c'est par ici.
- Speaker #4
Voilà.
- Speaker #3
Le ticket ?
- Speaker #4
Ça ira.
- Speaker #3
C'est parfait. Bonne journée.
- Speaker #4
Au revoir. Salut, bonhomme.
- Speaker #3
Au revoir, toutou. Bonjour, qu'est-ce qu'il vous faudra ?
- Speaker #4
Je sors de la boulangerie, baguette sous le bras, Oslo sur mes talons. On arrive bientôt au caniparc. Dans l'enclos, j'aperçois mon voisin Brice et Ursula, son berger marème. Bonjour Brice !
- Speaker #2
Salut Etienne !
- Speaker #4
Oslo et Ursula, le berger marème, se saluent en se reniflant l'arrière-train. Ils sautillent et commencent à jouer. Brice et moi, on parle de tout et de rien. On discute de la famille, du boulot, du nouveau cabinet vétérinaire du haut de la rue, de l'appartement à vendre au-dessus de chez nous. Même s'il est discret à ce sujet, je devine que Brice vit mal son célibat. Rencontrer quelqu'un lui ferait du bien. On entend le portillon du caniparc qui grince. Un troisième maître et son chien entrent dans le square.
- Speaker #1
Salut !
- Speaker #4
Ça va Malik ?
- Speaker #1
Ça va. Ça caille. C'est clair, on se les pèle.
- Speaker #4
C'est bien chauffé, l'espace de coworking ?
- Speaker #1
Bof, il y a des courants d'air.
- Speaker #4
Passoir thermique, attention, on va signaler ça à la municipalité.
- Speaker #1
Oh, tiens, qui voilà ?
- Speaker #4
Le portillon du caniparc grince à nouveau. Je vois le visage de Brice qui s'éclaire.
- Speaker #1
C'est elle !
- Speaker #4
Une femme entre dans le square en tenant son chien roux dans les bras. Comme elle se penche pour le poser par terre, son chignon se défait. Elle se relève et recoiffe ses cheveux d'un geste doux.
- Speaker #2
Bonjour, vous êtes de retour ?
- Speaker #3
De retour, en effet. Enfin, pardon, on se connaît ?
- Speaker #2
Oui, vous savez, on avait fait connaissance rue de Rivoli. Ça date un peu, c'était en novembre.
- Speaker #3
Rue de Rivoli, en novembre ?
- Speaker #2
Oui. Je passais par là quand un scooter était rentré dans votre Clio.
- Speaker #3
Ah, je me rappelle. C'est vous qui aviez pris une photo du chauffard à moto.
- Speaker #2
C'est quoi cette histoire ? C'était bien moi.
- Speaker #3
C'était vous ? Maintenant je resitue. Mon Dieu, comment ai-je pu oublier ?
- Speaker #2
Est-ce que l'assurance vous avait dédommagé ?
- Speaker #3
Oui, grâce à vous, j'ai reçu l'indemnisation de l'assurance du motard.
- Speaker #2
Ah, très bien.
- Speaker #3
Comment vous remercier ?
- Speaker #2
Pas besoin de me remercier. « J'ai pas suivi, là. » « Je te raconterai. Et donc, vous êtes de retour sur Paris ? »
- Speaker #3
« Honnêtement, je serais bien resté chez moi à Lille-sur-la-Sorgue. Il fait plus beau dans le sud. Qu'est-ce qu'il peut faire gris à Paris ? Ah, on se croirait en Bretagne. »
- Speaker #2
« Je ne vous le fais pas dire. »
- Speaker #4
Le téléphone de Brice sonne.
- Speaker #2
« Excusez-moi, je dois prendre un appel. »
- Speaker #4
Brice porte le téléphone à son oreille en s'éloignant de quelques pas. Pendant ce temps, la femme à la chemise colorée sort une friandise de son sac. Quand elle fait s'asseoir son chien, ce n'est pas un, mais quatre toutous qui s'attroupent autour d'elle.
- Speaker #1
Il y en a qui veulent en profiter.
- Speaker #4
Le chien de Malik est tout excité et se redresse sur ses pattes arrières. Son maître pose une main sur sa tête.
- Speaker #1
Hé, on calme ses ardeurs, Cupidon. Doucement.
- Speaker #3
« Cupidon ? Quel drôle de nom pour un pitbull ! »
- Speaker #1
« Le vôtre s'appelle bien un stéthoscope. »
- Speaker #3
« J'avoue. Enfin, ce n'est pas mon chien, c'est celui de ma sœur Juliette. »
- Speaker #1
« Juliette. Et vous, vous vous appelez ? »
- Speaker #4
Elle n'a pas le temps de répondre que Malik râle contre son chien.
- Speaker #1
« On ne saute pas sur les gens. »
- Speaker #3
« C'est pas grave. »
- Speaker #4
Je regarde ma montre. Oh là là, il est 8h30 passé. Il faut que j'y aille.
- Speaker #1
Tu pars déjà, Étienne ?
- Speaker #4
Yep. Et t'as pas du boulot aussi, toi, Malik ?
- Speaker #1
Ouais, j'ai un meeting dans un petit quart d'heure.
- Speaker #4
Bon, bah et... Je connais pas votre nom. On vous laisse avec Brice, alors.
- Speaker #5
Claire.
- Speaker #4
Claire ? Mes hommages ? En mimant une courbette, je ne peux pas m'empêcher de faire un clin d'œil à Brice, qui au même moment revient vers nous en glissant le téléphone dans sa poche.
- Speaker #1
« Vous partez, les mecs ? » « Ouais, je retourne bosser. À plus tard. »
- Speaker #4
« Saisis ta chance, Brice. » « Salut, je suis les pas de Malik. » Oslo trottine derrière Cupidon. Nous laissons Brice et Claire seules dans le caniparc. Au moment où je passe le portillon, j'entends encore Brice qui dit
- Speaker #2
« Excusez-moi, je n'ai pas entendu votre prénom. »
- Speaker #4
La femme répète d'une voix claire, je l'entends rire avec Brice, puis le bruit de la circulation de Paris couvre tout. Je rentre à la maison, Oslo sur mes talons. Soudain, les nuages se dissipent un peu. Un rayon de soleil illumine le caniparc. Bientôt le printemps.
- Léa Tirard-Hersant
Et voilà, au caniparc, chapitre 2, complété. On continue de pratiquer avec les textes à trous et bien sûr, en répétant et en discutant cet épisode avec son professeur. Bonne journée