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Rone, auteur et compositeur de musiques électroniques et de musique pour l’image cover
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Entretiens avec des auteurs, compositeurs, éditeurs Sacem

Rone, auteur et compositeur de musiques électroniques et de musique pour l’image

Rone, auteur et compositeur de musiques électroniques et de musique pour l’image

12min |24/11/2023
Play
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12min |24/11/2023
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Description

« Le métier de musicien me paraissait être totalement inatteignable ! »
Passionné de musique depuis son plus jeune âge, le futur DJ et compositeur de musique de film n’imaginait pas un jour vivre de ce métier. En plus de 15 ans de carrière, Rone - de son vrai nom Erwan Castex – s’est pourtant illustré comme l’un des chefs de file de la musique électronique française.
Repéré et accompagné par le label InFiné, il fait ses armes derrière les platines du Rex Club et se produit sur les scènes de l’Olympia et de la Philharmonie de Paris. Son ouverture d’esprit lui ouvre les portes de la composition pour le cinéma (Les Olympiades et La Nuit venue).
De rencontres en rencontres, de projets en projets, sur scène comme en studio, Rone nourrit une créativité débordante. Il partage à notre micro son quotidien de créateur et son point de vue sur son métier. 

 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Erwan Castex, je fais la musique sous le nom de Rone. Donc on peut dire que je suis compositeur de musique électronique principalement parce que j'utilise surtout l'ordinateur, des synthétiseurs, des machines. Aujourd'hui, je collabore beaucoup avec différents musiciens, différents instruments. Donc je dirais que ça s'est un petit peu élargi. Ce n'est plus tout à fait de la musique électronique, c'est de la musique tout court, je dirais. J'ai toujours baigné dans la musique. J'ai eu beaucoup de chance parce que mes parents en écoutaient beaucoup. Il y avait une grosse discothèque à la maison et j'aimais bien piocher dedans. Et aussi me réfugier sous un gros casque, écouter de la musique comme ça. Ça me plaisait beaucoup. C'était un vrai refuge, la musique, quand j'étais enfant. J'étais plutôt timide, introverti. Et je passais beaucoup de temps sous le casque à écouter de la musique. Et puis en fait j'en ai toujours un petit peu fait, mais pas vraiment de manière très académique, puisque je n'ai jamais vraiment pris de cours de musique, en dehors de l'école et du lycée, et on sait que, en tout cas à l'époque, ce n'était pas terrible de mon côté, niveau enseignement musical. Mais donc c'était plutôt de manière, une approche très instinctive, je m'amusais, parce qu'il y avait un piano, un vieux piano à la maison, qui n'était pas super bien accordé, mais j'en faisais tout le temps. Quand j'ai découvert les possibilités qu'offrait la musique, assistée par ordinateur, enfin les logiciels au départ, c'était Fruity Loops, puis Reason et puis Abelton, là je suis rentré dans un monde qui me semblait infini avec la possibilité d'être une espèce d'homme orchestre, de faire tout à la fois les rythmiques, les mélodies, le producteur, le mixeur, de faire tout de A à Z et j'ai passé des nuits blanches à faire du son sans aucune ambition, je dirais, à ce moment-là. Là, je parle de mon adolescence, je ne me disais pas que je serais musicien. Ça a pris du temps aussi, je trouve, pour construire quelque chose, pour me débarrasser, par exemple, un peu du syndrome de l'imposteur que j'ai pu avoir au début, justement parce que j'étais incapable de lire une partition et que je bricolais de la musique. J'ai souvent dit que j'étais un bricoleur plus qu'un musicien. C'est vraiment depuis très peu de temps que je dis que je suis compositeur ou musicien. Ce qui s'est passé pour moi, tout simplement, c'est qu'un label, le label In fine, avec qui je travaille encore aujourd'hui, a entendu mes morceaux. Il m'a proposé de sortir un disque, ce qui me semblait complètement fou, mais j'étais en même temps ravi. Mais voilà, dans ma tête, je me disais, j'ai eu beaucoup de chance. Ils n'ont pas dû se rendre compte que je n'étais pas un vrai musicien. Faisons ce disque et puis, à mon avis, ça ne durera pas. Et en fait, derrière le disque, il y a eu un premier concert, un deuxième, ça a bien marché, un troisième, puis un deuxième album. Et puis voilà, ça ne s'est jamais arrêté finalement. Et petit à petit, de projet en projet, j'ai l'impression d'avoir beaucoup appris, d'avoir pris un peu plus de confiance aussi, de confiance en moi. Ça s'est fait finalement sur une période assez longue. D'ailleurs, ce n'est pas fini, je suis encore en train d'apprendre aujourd'hui et d'expérimenter. Le métier de musicien, pour moi, me paraissait complètement inatteignable. Je me disais, ce n'est pas pour moi. Je crois que j'avais tellement de respect pour mes idoles. Je me souviens que j'écoutais à cette époque là, je parle de la fin du lycée, tout ça, j'écoutais énormément Miles Davis et tous des icônes inatteignables, intouchables. Et pour moi, c'était ça. Le musicien, c'était impensable de vivre de la musique, surtout encore une fois, sans avoir fait d'études. Enfin voilà, ça me paraissait... J'y pensais même pas. Et il a fallu qu'un label entende ma musique et me disent « waouh, c'est vachement bien, t'as d'autres choses à nous faire écouter » pour que je commence à faire écouter mon travail et ce que j'avais vachement de mal à faire par moi-même auparavant en fait. Là je dois dire que c'est les réseaux sociaux qui m'ont aidé parce que j'avais quand même posté un morceau à moi sur ma page MySpace à l'époque et c'est comme ça que c'est arrivé jusqu'aux oreilles d'un label. Mais sinon j'avais beaucoup de mal à faire des démarches, à faire écouter ma musique. De toute manière, voilà, c'est ça le principe de ce label, in fine, c'est vraiment l'accompagnement de de nouveaux artistes, de jeunes artistes. Et là, vous le voyez maintenant, ça va faire presque 15 ans qu'ils m'accompagnent maintenant. Et je leur suis resté fidèle. Il y a une fidélité qui s'est installée entre nous, comme ça. Mais au départ, ils sont venus me chercher. Je ne connaissais absolument rien au monde de la musique. Enfin, techniquement c'était vraiment rudimentaire, j'avais appris moi-même tout seul de mon côté, je bricolais des choses et puis je parle même pas du côté administratif, du côté professionnel quoi, là j'y connaissais absolument rien et j'ai appris petit à petit avec eux. Et donc petit à petit, je me suis entouré d'abord avec le label, mais aussi petit à petit avec des rencontres, des collaborations. Et j'ai réalisé que j'adorais ça, que ça emmenait ma musique ailleurs, que ça m'obligeait à me réinventer, que ça m'enrichissait. Et donc c'est vrai que j'ai commencé vraiment producteur de musique électronique. Mes premiers concerts, c'était au Rex Club, dans des soirées très électroniques. On me faisait jouer à deux heures du matin. J'aimais beaucoup ça, parce que déjà, moi j'habitais juste en face et j'y allais en tant que spectateur. Donc j'étais ravi de pouvoir jouer là-bas. Et il y a eu toute une période comme ça où j'étais vraiment dans un réseau, dans un circuit électronique on va dire, à jouer très tard dans des clubs, les gens qui dansent et tout ça. Et en fait c'est vrai que petit à petit, je me souviens encore de mon premier concert à l'Olympia, parce que j'en ai fait pas mal, mais le premier était important parce que c'était nouveau pour moi de jouer dans une salle de concert, c'est déjà un rapport différent au club. Et un peu plus tard à la Philharmonie de Paris, où là c'était vraiment différent pour le coup, parce qu'en plus c'était une carte blanche qu'on m'avait proposé où j'avais pu inviter des musiciens. Ça, c'est une expérience, je dois dire, qui m'a vraiment ouvert à la fois le crâne et les portes aussi. Ouvert le crâne parce que je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup ça, ne pas m'enfermer dans la musique électronique, mettre de l'air dans ma musique, mettre éventuellement des vrais instruments, des voix. Et puis, ouvert des portes parce que c'est un concert qui a très bien marché et qu'on m'en a proposé d'autres par la suite et puis effectivement peu de temps après ça m'a un peu ouvert les portes du cinéma et puis après des spectacles vivants enfin voilà, plus le spectre s'élargissait comme ça et plus j'avais l'impression d'apprendre et de comprendre, et ça continue, les rencontres sont super importantes je trouve dans ce métier pour ne pas tourner en rond et pour se réinventer. Je me souviens encore du moment où ça y est, j'ai pu devenir vraiment musicien à temps complet. Ça, c'était déjà une étape importante. Et aujourd'hui, très honnêtement, il y a une économie finalement pour un musicien comme moi qui est assez stable entre celle de la sortie d'un album et de la tournée qui suit. C'est ce que j'ai fait d'ailleurs pendant deux, trois albums. Il y avait une espèce de routine qui s'était installée où je sortais un album. Je faisais une tournée de un an ou deux derrière, et je sortais un nouvel album, et puis une nouvelle tournée. Et finalement, je m'y retrouvais comme ça, entre les cachets des concerts, les ventes de disques évidemment un peu moins, mais par contre les droits d'auteur, parce que parfois ma musique était utilisée sur des pubs, enfin voilà, il y avait des choses comme ça. Depuis toujours, j'avais envie de faire des musiques de films. Justement, peut-être avec mon passé d'étudiant au cinéma, tout ça, c'était un truc qui m'attirait beaucoup. Et là, maintenant, j'ai vraiment un pied dedans et c'est super, je m'étais fixé une espèce de règle en me disant je fais une musique de film par an et ça me semble pas mal ça me permet de faire d'autres choses aussi parce que j'ai envie de faire d'autres choses. Je me sens très chanceux parce que c'est vrai que je trouve que c'est une chance de pouvoir continuer à jouer dans un club à Berlin à 5h du matin et à la Philharmonie à 20h. Enfin ça, je trouve que c'est peut-être la chance que j'ai et que je veux absolument préserver et cultiver. Je pense que c'est un métier qui est en permanente mutation. Là, je pense qu'on est dans une période où tout s'accélère un petit peu, il y a plein de changements. Ne serait-ce qu'effectivement, avant et après la pandémie, je trouve. En tout cas, moi, c'est plus pour des problèmes de conscience personnelle. Mais c'est vrai que je sais que je ne suis pas le seul musicien à penser comme ça aujourd'hui. Mais ça a changé complètement la donne sur les tournées, par exemple. Pour moi, maintenant, il est hors de question de faire un aller-retour en jet pour faire un concert à l'autre bout du monde. Maintenant, il y a quand même une nécessité d'être raisonnable et de faire des tournées qui ont du sens, donc il y a toute une réflexion autour de ça qui fait que ça change quand même mine de rien. le métier un peu de musicien pour moi, je trouve que c'est plutôt une bonne chose. Ça nous oblige à ne pas rester, à nous reposer sur nos lauriers et à nous réinventer. C'est même assez excitant en fait, je peux dire. Parce que de toute manière, on aura toujours besoin de musique et de musiciens. C'est juste arriver à se réinventer, à comprendre la société actuelle, éventuellement même à l'anticiper un peu pour avoir un petit peu une garde avance. C'est super excitant. Je réfléchis, est-ce que c'est plutôt à la source ? Est-ce que ça serait de démocratiser encore l'accès à la musique, par exemple, pour les enfants ? Que tous les enfants puissent essayer de s'exprimer plus facilement en musique très tôt, parce que c'est une chose géniale et que finalement, ce n'est pas encore accessible pour tout le monde. On peut toujours se débrouiller pour avoir du matériel et essayer des choses et tout ça, mais voilà, il faudrait que ce soit encore plus facile. plus accessible, que ce soit encore plus démocratique et vraiment horizontal, que chacun ait la possibilité de faire de la musique très tôt, ça serait peut-être la chose la plus importante. Je dirais que ça se joue à cet endroit-là.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards Sacem. Entretien réalisé par Pascal Bertin.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Rone

    00:01

  • Le parcours musical d'Erwan Castex

    00:16

  • Les débuts avec la musique assistée par ordinateur

    00:59

  • Surmonter le syndrome de l'imposteur

    02:26

  • Les débuts de carrière et l'importance des rencontres

    03:43

  • Élargir son répertoire et ses expériences

    05:59

  • Musique de film et projets futurs

    08:33

  • Réflexions sur l'évolution du métier de musicien

    09:33

  • Conclusion et appel à l'accessibilité musicale

    11:15

Description

« Le métier de musicien me paraissait être totalement inatteignable ! »
Passionné de musique depuis son plus jeune âge, le futur DJ et compositeur de musique de film n’imaginait pas un jour vivre de ce métier. En plus de 15 ans de carrière, Rone - de son vrai nom Erwan Castex – s’est pourtant illustré comme l’un des chefs de file de la musique électronique française.
Repéré et accompagné par le label InFiné, il fait ses armes derrière les platines du Rex Club et se produit sur les scènes de l’Olympia et de la Philharmonie de Paris. Son ouverture d’esprit lui ouvre les portes de la composition pour le cinéma (Les Olympiades et La Nuit venue).
De rencontres en rencontres, de projets en projets, sur scène comme en studio, Rone nourrit une créativité débordante. Il partage à notre micro son quotidien de créateur et son point de vue sur son métier. 

 


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Transcription

  • Speaker #0

    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Erwan Castex, je fais la musique sous le nom de Rone. Donc on peut dire que je suis compositeur de musique électronique principalement parce que j'utilise surtout l'ordinateur, des synthétiseurs, des machines. Aujourd'hui, je collabore beaucoup avec différents musiciens, différents instruments. Donc je dirais que ça s'est un petit peu élargi. Ce n'est plus tout à fait de la musique électronique, c'est de la musique tout court, je dirais. J'ai toujours baigné dans la musique. J'ai eu beaucoup de chance parce que mes parents en écoutaient beaucoup. Il y avait une grosse discothèque à la maison et j'aimais bien piocher dedans. Et aussi me réfugier sous un gros casque, écouter de la musique comme ça. Ça me plaisait beaucoup. C'était un vrai refuge, la musique, quand j'étais enfant. J'étais plutôt timide, introverti. Et je passais beaucoup de temps sous le casque à écouter de la musique. Et puis en fait j'en ai toujours un petit peu fait, mais pas vraiment de manière très académique, puisque je n'ai jamais vraiment pris de cours de musique, en dehors de l'école et du lycée, et on sait que, en tout cas à l'époque, ce n'était pas terrible de mon côté, niveau enseignement musical. Mais donc c'était plutôt de manière, une approche très instinctive, je m'amusais, parce qu'il y avait un piano, un vieux piano à la maison, qui n'était pas super bien accordé, mais j'en faisais tout le temps. Quand j'ai découvert les possibilités qu'offrait la musique, assistée par ordinateur, enfin les logiciels au départ, c'était Fruity Loops, puis Reason et puis Abelton, là je suis rentré dans un monde qui me semblait infini avec la possibilité d'être une espèce d'homme orchestre, de faire tout à la fois les rythmiques, les mélodies, le producteur, le mixeur, de faire tout de A à Z et j'ai passé des nuits blanches à faire du son sans aucune ambition, je dirais, à ce moment-là. Là, je parle de mon adolescence, je ne me disais pas que je serais musicien. Ça a pris du temps aussi, je trouve, pour construire quelque chose, pour me débarrasser, par exemple, un peu du syndrome de l'imposteur que j'ai pu avoir au début, justement parce que j'étais incapable de lire une partition et que je bricolais de la musique. J'ai souvent dit que j'étais un bricoleur plus qu'un musicien. C'est vraiment depuis très peu de temps que je dis que je suis compositeur ou musicien. Ce qui s'est passé pour moi, tout simplement, c'est qu'un label, le label In fine, avec qui je travaille encore aujourd'hui, a entendu mes morceaux. Il m'a proposé de sortir un disque, ce qui me semblait complètement fou, mais j'étais en même temps ravi. Mais voilà, dans ma tête, je me disais, j'ai eu beaucoup de chance. Ils n'ont pas dû se rendre compte que je n'étais pas un vrai musicien. Faisons ce disque et puis, à mon avis, ça ne durera pas. Et en fait, derrière le disque, il y a eu un premier concert, un deuxième, ça a bien marché, un troisième, puis un deuxième album. Et puis voilà, ça ne s'est jamais arrêté finalement. Et petit à petit, de projet en projet, j'ai l'impression d'avoir beaucoup appris, d'avoir pris un peu plus de confiance aussi, de confiance en moi. Ça s'est fait finalement sur une période assez longue. D'ailleurs, ce n'est pas fini, je suis encore en train d'apprendre aujourd'hui et d'expérimenter. Le métier de musicien, pour moi, me paraissait complètement inatteignable. Je me disais, ce n'est pas pour moi. Je crois que j'avais tellement de respect pour mes idoles. Je me souviens que j'écoutais à cette époque là, je parle de la fin du lycée, tout ça, j'écoutais énormément Miles Davis et tous des icônes inatteignables, intouchables. Et pour moi, c'était ça. Le musicien, c'était impensable de vivre de la musique, surtout encore une fois, sans avoir fait d'études. Enfin voilà, ça me paraissait... J'y pensais même pas. Et il a fallu qu'un label entende ma musique et me disent « waouh, c'est vachement bien, t'as d'autres choses à nous faire écouter » pour que je commence à faire écouter mon travail et ce que j'avais vachement de mal à faire par moi-même auparavant en fait. Là je dois dire que c'est les réseaux sociaux qui m'ont aidé parce que j'avais quand même posté un morceau à moi sur ma page MySpace à l'époque et c'est comme ça que c'est arrivé jusqu'aux oreilles d'un label. Mais sinon j'avais beaucoup de mal à faire des démarches, à faire écouter ma musique. De toute manière, voilà, c'est ça le principe de ce label, in fine, c'est vraiment l'accompagnement de de nouveaux artistes, de jeunes artistes. Et là, vous le voyez maintenant, ça va faire presque 15 ans qu'ils m'accompagnent maintenant. Et je leur suis resté fidèle. Il y a une fidélité qui s'est installée entre nous, comme ça. Mais au départ, ils sont venus me chercher. Je ne connaissais absolument rien au monde de la musique. Enfin, techniquement c'était vraiment rudimentaire, j'avais appris moi-même tout seul de mon côté, je bricolais des choses et puis je parle même pas du côté administratif, du côté professionnel quoi, là j'y connaissais absolument rien et j'ai appris petit à petit avec eux. Et donc petit à petit, je me suis entouré d'abord avec le label, mais aussi petit à petit avec des rencontres, des collaborations. Et j'ai réalisé que j'adorais ça, que ça emmenait ma musique ailleurs, que ça m'obligeait à me réinventer, que ça m'enrichissait. Et donc c'est vrai que j'ai commencé vraiment producteur de musique électronique. Mes premiers concerts, c'était au Rex Club, dans des soirées très électroniques. On me faisait jouer à deux heures du matin. J'aimais beaucoup ça, parce que déjà, moi j'habitais juste en face et j'y allais en tant que spectateur. Donc j'étais ravi de pouvoir jouer là-bas. Et il y a eu toute une période comme ça où j'étais vraiment dans un réseau, dans un circuit électronique on va dire, à jouer très tard dans des clubs, les gens qui dansent et tout ça. Et en fait c'est vrai que petit à petit, je me souviens encore de mon premier concert à l'Olympia, parce que j'en ai fait pas mal, mais le premier était important parce que c'était nouveau pour moi de jouer dans une salle de concert, c'est déjà un rapport différent au club. Et un peu plus tard à la Philharmonie de Paris, où là c'était vraiment différent pour le coup, parce qu'en plus c'était une carte blanche qu'on m'avait proposé où j'avais pu inviter des musiciens. Ça, c'est une expérience, je dois dire, qui m'a vraiment ouvert à la fois le crâne et les portes aussi. Ouvert le crâne parce que je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup ça, ne pas m'enfermer dans la musique électronique, mettre de l'air dans ma musique, mettre éventuellement des vrais instruments, des voix. Et puis, ouvert des portes parce que c'est un concert qui a très bien marché et qu'on m'en a proposé d'autres par la suite et puis effectivement peu de temps après ça m'a un peu ouvert les portes du cinéma et puis après des spectacles vivants enfin voilà, plus le spectre s'élargissait comme ça et plus j'avais l'impression d'apprendre et de comprendre, et ça continue, les rencontres sont super importantes je trouve dans ce métier pour ne pas tourner en rond et pour se réinventer. Je me souviens encore du moment où ça y est, j'ai pu devenir vraiment musicien à temps complet. Ça, c'était déjà une étape importante. Et aujourd'hui, très honnêtement, il y a une économie finalement pour un musicien comme moi qui est assez stable entre celle de la sortie d'un album et de la tournée qui suit. C'est ce que j'ai fait d'ailleurs pendant deux, trois albums. Il y avait une espèce de routine qui s'était installée où je sortais un album. Je faisais une tournée de un an ou deux derrière, et je sortais un nouvel album, et puis une nouvelle tournée. Et finalement, je m'y retrouvais comme ça, entre les cachets des concerts, les ventes de disques évidemment un peu moins, mais par contre les droits d'auteur, parce que parfois ma musique était utilisée sur des pubs, enfin voilà, il y avait des choses comme ça. Depuis toujours, j'avais envie de faire des musiques de films. Justement, peut-être avec mon passé d'étudiant au cinéma, tout ça, c'était un truc qui m'attirait beaucoup. Et là, maintenant, j'ai vraiment un pied dedans et c'est super, je m'étais fixé une espèce de règle en me disant je fais une musique de film par an et ça me semble pas mal ça me permet de faire d'autres choses aussi parce que j'ai envie de faire d'autres choses. Je me sens très chanceux parce que c'est vrai que je trouve que c'est une chance de pouvoir continuer à jouer dans un club à Berlin à 5h du matin et à la Philharmonie à 20h. Enfin ça, je trouve que c'est peut-être la chance que j'ai et que je veux absolument préserver et cultiver. Je pense que c'est un métier qui est en permanente mutation. Là, je pense qu'on est dans une période où tout s'accélère un petit peu, il y a plein de changements. Ne serait-ce qu'effectivement, avant et après la pandémie, je trouve. En tout cas, moi, c'est plus pour des problèmes de conscience personnelle. Mais c'est vrai que je sais que je ne suis pas le seul musicien à penser comme ça aujourd'hui. Mais ça a changé complètement la donne sur les tournées, par exemple. Pour moi, maintenant, il est hors de question de faire un aller-retour en jet pour faire un concert à l'autre bout du monde. Maintenant, il y a quand même une nécessité d'être raisonnable et de faire des tournées qui ont du sens, donc il y a toute une réflexion autour de ça qui fait que ça change quand même mine de rien. le métier un peu de musicien pour moi, je trouve que c'est plutôt une bonne chose. Ça nous oblige à ne pas rester, à nous reposer sur nos lauriers et à nous réinventer. C'est même assez excitant en fait, je peux dire. Parce que de toute manière, on aura toujours besoin de musique et de musiciens. C'est juste arriver à se réinventer, à comprendre la société actuelle, éventuellement même à l'anticiper un peu pour avoir un petit peu une garde avance. C'est super excitant. Je réfléchis, est-ce que c'est plutôt à la source ? Est-ce que ça serait de démocratiser encore l'accès à la musique, par exemple, pour les enfants ? Que tous les enfants puissent essayer de s'exprimer plus facilement en musique très tôt, parce que c'est une chose géniale et que finalement, ce n'est pas encore accessible pour tout le monde. On peut toujours se débrouiller pour avoir du matériel et essayer des choses et tout ça, mais voilà, il faudrait que ce soit encore plus facile. plus accessible, que ce soit encore plus démocratique et vraiment horizontal, que chacun ait la possibilité de faire de la musique très tôt, ça serait peut-être la chose la plus importante. Je dirais que ça se joue à cet endroit-là.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards Sacem. Entretien réalisé par Pascal Bertin.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Rone

    00:01

  • Le parcours musical d'Erwan Castex

    00:16

  • Les débuts avec la musique assistée par ordinateur

    00:59

  • Surmonter le syndrome de l'imposteur

    02:26

  • Les débuts de carrière et l'importance des rencontres

    03:43

  • Élargir son répertoire et ses expériences

    05:59

  • Musique de film et projets futurs

    08:33

  • Réflexions sur l'évolution du métier de musicien

    09:33

  • Conclusion et appel à l'accessibilité musicale

    11:15

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« Le métier de musicien me paraissait être totalement inatteignable ! »
Passionné de musique depuis son plus jeune âge, le futur DJ et compositeur de musique de film n’imaginait pas un jour vivre de ce métier. En plus de 15 ans de carrière, Rone - de son vrai nom Erwan Castex – s’est pourtant illustré comme l’un des chefs de file de la musique électronique française.
Repéré et accompagné par le label InFiné, il fait ses armes derrière les platines du Rex Club et se produit sur les scènes de l’Olympia et de la Philharmonie de Paris. Son ouverture d’esprit lui ouvre les portes de la composition pour le cinéma (Les Olympiades et La Nuit venue).
De rencontres en rencontres, de projets en projets, sur scène comme en studio, Rone nourrit une créativité débordante. Il partage à notre micro son quotidien de créateur et son point de vue sur son métier. 

 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Erwan Castex, je fais la musique sous le nom de Rone. Donc on peut dire que je suis compositeur de musique électronique principalement parce que j'utilise surtout l'ordinateur, des synthétiseurs, des machines. Aujourd'hui, je collabore beaucoup avec différents musiciens, différents instruments. Donc je dirais que ça s'est un petit peu élargi. Ce n'est plus tout à fait de la musique électronique, c'est de la musique tout court, je dirais. J'ai toujours baigné dans la musique. J'ai eu beaucoup de chance parce que mes parents en écoutaient beaucoup. Il y avait une grosse discothèque à la maison et j'aimais bien piocher dedans. Et aussi me réfugier sous un gros casque, écouter de la musique comme ça. Ça me plaisait beaucoup. C'était un vrai refuge, la musique, quand j'étais enfant. J'étais plutôt timide, introverti. Et je passais beaucoup de temps sous le casque à écouter de la musique. Et puis en fait j'en ai toujours un petit peu fait, mais pas vraiment de manière très académique, puisque je n'ai jamais vraiment pris de cours de musique, en dehors de l'école et du lycée, et on sait que, en tout cas à l'époque, ce n'était pas terrible de mon côté, niveau enseignement musical. Mais donc c'était plutôt de manière, une approche très instinctive, je m'amusais, parce qu'il y avait un piano, un vieux piano à la maison, qui n'était pas super bien accordé, mais j'en faisais tout le temps. Quand j'ai découvert les possibilités qu'offrait la musique, assistée par ordinateur, enfin les logiciels au départ, c'était Fruity Loops, puis Reason et puis Abelton, là je suis rentré dans un monde qui me semblait infini avec la possibilité d'être une espèce d'homme orchestre, de faire tout à la fois les rythmiques, les mélodies, le producteur, le mixeur, de faire tout de A à Z et j'ai passé des nuits blanches à faire du son sans aucune ambition, je dirais, à ce moment-là. Là, je parle de mon adolescence, je ne me disais pas que je serais musicien. Ça a pris du temps aussi, je trouve, pour construire quelque chose, pour me débarrasser, par exemple, un peu du syndrome de l'imposteur que j'ai pu avoir au début, justement parce que j'étais incapable de lire une partition et que je bricolais de la musique. J'ai souvent dit que j'étais un bricoleur plus qu'un musicien. C'est vraiment depuis très peu de temps que je dis que je suis compositeur ou musicien. Ce qui s'est passé pour moi, tout simplement, c'est qu'un label, le label In fine, avec qui je travaille encore aujourd'hui, a entendu mes morceaux. Il m'a proposé de sortir un disque, ce qui me semblait complètement fou, mais j'étais en même temps ravi. Mais voilà, dans ma tête, je me disais, j'ai eu beaucoup de chance. Ils n'ont pas dû se rendre compte que je n'étais pas un vrai musicien. Faisons ce disque et puis, à mon avis, ça ne durera pas. Et en fait, derrière le disque, il y a eu un premier concert, un deuxième, ça a bien marché, un troisième, puis un deuxième album. Et puis voilà, ça ne s'est jamais arrêté finalement. Et petit à petit, de projet en projet, j'ai l'impression d'avoir beaucoup appris, d'avoir pris un peu plus de confiance aussi, de confiance en moi. Ça s'est fait finalement sur une période assez longue. D'ailleurs, ce n'est pas fini, je suis encore en train d'apprendre aujourd'hui et d'expérimenter. Le métier de musicien, pour moi, me paraissait complètement inatteignable. Je me disais, ce n'est pas pour moi. Je crois que j'avais tellement de respect pour mes idoles. Je me souviens que j'écoutais à cette époque là, je parle de la fin du lycée, tout ça, j'écoutais énormément Miles Davis et tous des icônes inatteignables, intouchables. Et pour moi, c'était ça. Le musicien, c'était impensable de vivre de la musique, surtout encore une fois, sans avoir fait d'études. Enfin voilà, ça me paraissait... J'y pensais même pas. Et il a fallu qu'un label entende ma musique et me disent « waouh, c'est vachement bien, t'as d'autres choses à nous faire écouter » pour que je commence à faire écouter mon travail et ce que j'avais vachement de mal à faire par moi-même auparavant en fait. Là je dois dire que c'est les réseaux sociaux qui m'ont aidé parce que j'avais quand même posté un morceau à moi sur ma page MySpace à l'époque et c'est comme ça que c'est arrivé jusqu'aux oreilles d'un label. Mais sinon j'avais beaucoup de mal à faire des démarches, à faire écouter ma musique. De toute manière, voilà, c'est ça le principe de ce label, in fine, c'est vraiment l'accompagnement de de nouveaux artistes, de jeunes artistes. Et là, vous le voyez maintenant, ça va faire presque 15 ans qu'ils m'accompagnent maintenant. Et je leur suis resté fidèle. Il y a une fidélité qui s'est installée entre nous, comme ça. Mais au départ, ils sont venus me chercher. Je ne connaissais absolument rien au monde de la musique. Enfin, techniquement c'était vraiment rudimentaire, j'avais appris moi-même tout seul de mon côté, je bricolais des choses et puis je parle même pas du côté administratif, du côté professionnel quoi, là j'y connaissais absolument rien et j'ai appris petit à petit avec eux. Et donc petit à petit, je me suis entouré d'abord avec le label, mais aussi petit à petit avec des rencontres, des collaborations. Et j'ai réalisé que j'adorais ça, que ça emmenait ma musique ailleurs, que ça m'obligeait à me réinventer, que ça m'enrichissait. Et donc c'est vrai que j'ai commencé vraiment producteur de musique électronique. Mes premiers concerts, c'était au Rex Club, dans des soirées très électroniques. On me faisait jouer à deux heures du matin. J'aimais beaucoup ça, parce que déjà, moi j'habitais juste en face et j'y allais en tant que spectateur. Donc j'étais ravi de pouvoir jouer là-bas. Et il y a eu toute une période comme ça où j'étais vraiment dans un réseau, dans un circuit électronique on va dire, à jouer très tard dans des clubs, les gens qui dansent et tout ça. Et en fait c'est vrai que petit à petit, je me souviens encore de mon premier concert à l'Olympia, parce que j'en ai fait pas mal, mais le premier était important parce que c'était nouveau pour moi de jouer dans une salle de concert, c'est déjà un rapport différent au club. Et un peu plus tard à la Philharmonie de Paris, où là c'était vraiment différent pour le coup, parce qu'en plus c'était une carte blanche qu'on m'avait proposé où j'avais pu inviter des musiciens. Ça, c'est une expérience, je dois dire, qui m'a vraiment ouvert à la fois le crâne et les portes aussi. Ouvert le crâne parce que je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup ça, ne pas m'enfermer dans la musique électronique, mettre de l'air dans ma musique, mettre éventuellement des vrais instruments, des voix. Et puis, ouvert des portes parce que c'est un concert qui a très bien marché et qu'on m'en a proposé d'autres par la suite et puis effectivement peu de temps après ça m'a un peu ouvert les portes du cinéma et puis après des spectacles vivants enfin voilà, plus le spectre s'élargissait comme ça et plus j'avais l'impression d'apprendre et de comprendre, et ça continue, les rencontres sont super importantes je trouve dans ce métier pour ne pas tourner en rond et pour se réinventer. Je me souviens encore du moment où ça y est, j'ai pu devenir vraiment musicien à temps complet. Ça, c'était déjà une étape importante. Et aujourd'hui, très honnêtement, il y a une économie finalement pour un musicien comme moi qui est assez stable entre celle de la sortie d'un album et de la tournée qui suit. C'est ce que j'ai fait d'ailleurs pendant deux, trois albums. Il y avait une espèce de routine qui s'était installée où je sortais un album. Je faisais une tournée de un an ou deux derrière, et je sortais un nouvel album, et puis une nouvelle tournée. Et finalement, je m'y retrouvais comme ça, entre les cachets des concerts, les ventes de disques évidemment un peu moins, mais par contre les droits d'auteur, parce que parfois ma musique était utilisée sur des pubs, enfin voilà, il y avait des choses comme ça. Depuis toujours, j'avais envie de faire des musiques de films. Justement, peut-être avec mon passé d'étudiant au cinéma, tout ça, c'était un truc qui m'attirait beaucoup. Et là, maintenant, j'ai vraiment un pied dedans et c'est super, je m'étais fixé une espèce de règle en me disant je fais une musique de film par an et ça me semble pas mal ça me permet de faire d'autres choses aussi parce que j'ai envie de faire d'autres choses. Je me sens très chanceux parce que c'est vrai que je trouve que c'est une chance de pouvoir continuer à jouer dans un club à Berlin à 5h du matin et à la Philharmonie à 20h. Enfin ça, je trouve que c'est peut-être la chance que j'ai et que je veux absolument préserver et cultiver. Je pense que c'est un métier qui est en permanente mutation. Là, je pense qu'on est dans une période où tout s'accélère un petit peu, il y a plein de changements. Ne serait-ce qu'effectivement, avant et après la pandémie, je trouve. En tout cas, moi, c'est plus pour des problèmes de conscience personnelle. Mais c'est vrai que je sais que je ne suis pas le seul musicien à penser comme ça aujourd'hui. Mais ça a changé complètement la donne sur les tournées, par exemple. Pour moi, maintenant, il est hors de question de faire un aller-retour en jet pour faire un concert à l'autre bout du monde. Maintenant, il y a quand même une nécessité d'être raisonnable et de faire des tournées qui ont du sens, donc il y a toute une réflexion autour de ça qui fait que ça change quand même mine de rien. le métier un peu de musicien pour moi, je trouve que c'est plutôt une bonne chose. Ça nous oblige à ne pas rester, à nous reposer sur nos lauriers et à nous réinventer. C'est même assez excitant en fait, je peux dire. Parce que de toute manière, on aura toujours besoin de musique et de musiciens. C'est juste arriver à se réinventer, à comprendre la société actuelle, éventuellement même à l'anticiper un peu pour avoir un petit peu une garde avance. C'est super excitant. Je réfléchis, est-ce que c'est plutôt à la source ? Est-ce que ça serait de démocratiser encore l'accès à la musique, par exemple, pour les enfants ? Que tous les enfants puissent essayer de s'exprimer plus facilement en musique très tôt, parce que c'est une chose géniale et que finalement, ce n'est pas encore accessible pour tout le monde. On peut toujours se débrouiller pour avoir du matériel et essayer des choses et tout ça, mais voilà, il faudrait que ce soit encore plus facile. plus accessible, que ce soit encore plus démocratique et vraiment horizontal, que chacun ait la possibilité de faire de la musique très tôt, ça serait peut-être la chose la plus importante. Je dirais que ça se joue à cet endroit-là.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards Sacem. Entretien réalisé par Pascal Bertin.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Rone

    00:01

  • Le parcours musical d'Erwan Castex

    00:16

  • Les débuts avec la musique assistée par ordinateur

    00:59

  • Surmonter le syndrome de l'imposteur

    02:26

  • Les débuts de carrière et l'importance des rencontres

    03:43

  • Élargir son répertoire et ses expériences

    05:59

  • Musique de film et projets futurs

    08:33

  • Réflexions sur l'évolution du métier de musicien

    09:33

  • Conclusion et appel à l'accessibilité musicale

    11:15

Description

« Le métier de musicien me paraissait être totalement inatteignable ! »
Passionné de musique depuis son plus jeune âge, le futur DJ et compositeur de musique de film n’imaginait pas un jour vivre de ce métier. En plus de 15 ans de carrière, Rone - de son vrai nom Erwan Castex – s’est pourtant illustré comme l’un des chefs de file de la musique électronique française.
Repéré et accompagné par le label InFiné, il fait ses armes derrière les platines du Rex Club et se produit sur les scènes de l’Olympia et de la Philharmonie de Paris. Son ouverture d’esprit lui ouvre les portes de la composition pour le cinéma (Les Olympiades et La Nuit venue).
De rencontres en rencontres, de projets en projets, sur scène comme en studio, Rone nourrit une créativité débordante. Il partage à notre micro son quotidien de créateur et son point de vue sur son métier. 

 


Hébergé par Ausha. Visitez ausha.co/politique-de-confidentialite pour plus d'informations.

Transcription

  • Speaker #0

    Regards Sacem, le podcast. Point de vue de créatrice et de créateur.

  • Speaker #1

    Je m'appelle Erwan Castex, je fais la musique sous le nom de Rone. Donc on peut dire que je suis compositeur de musique électronique principalement parce que j'utilise surtout l'ordinateur, des synthétiseurs, des machines. Aujourd'hui, je collabore beaucoup avec différents musiciens, différents instruments. Donc je dirais que ça s'est un petit peu élargi. Ce n'est plus tout à fait de la musique électronique, c'est de la musique tout court, je dirais. J'ai toujours baigné dans la musique. J'ai eu beaucoup de chance parce que mes parents en écoutaient beaucoup. Il y avait une grosse discothèque à la maison et j'aimais bien piocher dedans. Et aussi me réfugier sous un gros casque, écouter de la musique comme ça. Ça me plaisait beaucoup. C'était un vrai refuge, la musique, quand j'étais enfant. J'étais plutôt timide, introverti. Et je passais beaucoup de temps sous le casque à écouter de la musique. Et puis en fait j'en ai toujours un petit peu fait, mais pas vraiment de manière très académique, puisque je n'ai jamais vraiment pris de cours de musique, en dehors de l'école et du lycée, et on sait que, en tout cas à l'époque, ce n'était pas terrible de mon côté, niveau enseignement musical. Mais donc c'était plutôt de manière, une approche très instinctive, je m'amusais, parce qu'il y avait un piano, un vieux piano à la maison, qui n'était pas super bien accordé, mais j'en faisais tout le temps. Quand j'ai découvert les possibilités qu'offrait la musique, assistée par ordinateur, enfin les logiciels au départ, c'était Fruity Loops, puis Reason et puis Abelton, là je suis rentré dans un monde qui me semblait infini avec la possibilité d'être une espèce d'homme orchestre, de faire tout à la fois les rythmiques, les mélodies, le producteur, le mixeur, de faire tout de A à Z et j'ai passé des nuits blanches à faire du son sans aucune ambition, je dirais, à ce moment-là. Là, je parle de mon adolescence, je ne me disais pas que je serais musicien. Ça a pris du temps aussi, je trouve, pour construire quelque chose, pour me débarrasser, par exemple, un peu du syndrome de l'imposteur que j'ai pu avoir au début, justement parce que j'étais incapable de lire une partition et que je bricolais de la musique. J'ai souvent dit que j'étais un bricoleur plus qu'un musicien. C'est vraiment depuis très peu de temps que je dis que je suis compositeur ou musicien. Ce qui s'est passé pour moi, tout simplement, c'est qu'un label, le label In fine, avec qui je travaille encore aujourd'hui, a entendu mes morceaux. Il m'a proposé de sortir un disque, ce qui me semblait complètement fou, mais j'étais en même temps ravi. Mais voilà, dans ma tête, je me disais, j'ai eu beaucoup de chance. Ils n'ont pas dû se rendre compte que je n'étais pas un vrai musicien. Faisons ce disque et puis, à mon avis, ça ne durera pas. Et en fait, derrière le disque, il y a eu un premier concert, un deuxième, ça a bien marché, un troisième, puis un deuxième album. Et puis voilà, ça ne s'est jamais arrêté finalement. Et petit à petit, de projet en projet, j'ai l'impression d'avoir beaucoup appris, d'avoir pris un peu plus de confiance aussi, de confiance en moi. Ça s'est fait finalement sur une période assez longue. D'ailleurs, ce n'est pas fini, je suis encore en train d'apprendre aujourd'hui et d'expérimenter. Le métier de musicien, pour moi, me paraissait complètement inatteignable. Je me disais, ce n'est pas pour moi. Je crois que j'avais tellement de respect pour mes idoles. Je me souviens que j'écoutais à cette époque là, je parle de la fin du lycée, tout ça, j'écoutais énormément Miles Davis et tous des icônes inatteignables, intouchables. Et pour moi, c'était ça. Le musicien, c'était impensable de vivre de la musique, surtout encore une fois, sans avoir fait d'études. Enfin voilà, ça me paraissait... J'y pensais même pas. Et il a fallu qu'un label entende ma musique et me disent « waouh, c'est vachement bien, t'as d'autres choses à nous faire écouter » pour que je commence à faire écouter mon travail et ce que j'avais vachement de mal à faire par moi-même auparavant en fait. Là je dois dire que c'est les réseaux sociaux qui m'ont aidé parce que j'avais quand même posté un morceau à moi sur ma page MySpace à l'époque et c'est comme ça que c'est arrivé jusqu'aux oreilles d'un label. Mais sinon j'avais beaucoup de mal à faire des démarches, à faire écouter ma musique. De toute manière, voilà, c'est ça le principe de ce label, in fine, c'est vraiment l'accompagnement de de nouveaux artistes, de jeunes artistes. Et là, vous le voyez maintenant, ça va faire presque 15 ans qu'ils m'accompagnent maintenant. Et je leur suis resté fidèle. Il y a une fidélité qui s'est installée entre nous, comme ça. Mais au départ, ils sont venus me chercher. Je ne connaissais absolument rien au monde de la musique. Enfin, techniquement c'était vraiment rudimentaire, j'avais appris moi-même tout seul de mon côté, je bricolais des choses et puis je parle même pas du côté administratif, du côté professionnel quoi, là j'y connaissais absolument rien et j'ai appris petit à petit avec eux. Et donc petit à petit, je me suis entouré d'abord avec le label, mais aussi petit à petit avec des rencontres, des collaborations. Et j'ai réalisé que j'adorais ça, que ça emmenait ma musique ailleurs, que ça m'obligeait à me réinventer, que ça m'enrichissait. Et donc c'est vrai que j'ai commencé vraiment producteur de musique électronique. Mes premiers concerts, c'était au Rex Club, dans des soirées très électroniques. On me faisait jouer à deux heures du matin. J'aimais beaucoup ça, parce que déjà, moi j'habitais juste en face et j'y allais en tant que spectateur. Donc j'étais ravi de pouvoir jouer là-bas. Et il y a eu toute une période comme ça où j'étais vraiment dans un réseau, dans un circuit électronique on va dire, à jouer très tard dans des clubs, les gens qui dansent et tout ça. Et en fait c'est vrai que petit à petit, je me souviens encore de mon premier concert à l'Olympia, parce que j'en ai fait pas mal, mais le premier était important parce que c'était nouveau pour moi de jouer dans une salle de concert, c'est déjà un rapport différent au club. Et un peu plus tard à la Philharmonie de Paris, où là c'était vraiment différent pour le coup, parce qu'en plus c'était une carte blanche qu'on m'avait proposé où j'avais pu inviter des musiciens. Ça, c'est une expérience, je dois dire, qui m'a vraiment ouvert à la fois le crâne et les portes aussi. Ouvert le crâne parce que je me suis rendu compte que j'aimais beaucoup ça, ne pas m'enfermer dans la musique électronique, mettre de l'air dans ma musique, mettre éventuellement des vrais instruments, des voix. Et puis, ouvert des portes parce que c'est un concert qui a très bien marché et qu'on m'en a proposé d'autres par la suite et puis effectivement peu de temps après ça m'a un peu ouvert les portes du cinéma et puis après des spectacles vivants enfin voilà, plus le spectre s'élargissait comme ça et plus j'avais l'impression d'apprendre et de comprendre, et ça continue, les rencontres sont super importantes je trouve dans ce métier pour ne pas tourner en rond et pour se réinventer. Je me souviens encore du moment où ça y est, j'ai pu devenir vraiment musicien à temps complet. Ça, c'était déjà une étape importante. Et aujourd'hui, très honnêtement, il y a une économie finalement pour un musicien comme moi qui est assez stable entre celle de la sortie d'un album et de la tournée qui suit. C'est ce que j'ai fait d'ailleurs pendant deux, trois albums. Il y avait une espèce de routine qui s'était installée où je sortais un album. Je faisais une tournée de un an ou deux derrière, et je sortais un nouvel album, et puis une nouvelle tournée. Et finalement, je m'y retrouvais comme ça, entre les cachets des concerts, les ventes de disques évidemment un peu moins, mais par contre les droits d'auteur, parce que parfois ma musique était utilisée sur des pubs, enfin voilà, il y avait des choses comme ça. Depuis toujours, j'avais envie de faire des musiques de films. Justement, peut-être avec mon passé d'étudiant au cinéma, tout ça, c'était un truc qui m'attirait beaucoup. Et là, maintenant, j'ai vraiment un pied dedans et c'est super, je m'étais fixé une espèce de règle en me disant je fais une musique de film par an et ça me semble pas mal ça me permet de faire d'autres choses aussi parce que j'ai envie de faire d'autres choses. Je me sens très chanceux parce que c'est vrai que je trouve que c'est une chance de pouvoir continuer à jouer dans un club à Berlin à 5h du matin et à la Philharmonie à 20h. Enfin ça, je trouve que c'est peut-être la chance que j'ai et que je veux absolument préserver et cultiver. Je pense que c'est un métier qui est en permanente mutation. Là, je pense qu'on est dans une période où tout s'accélère un petit peu, il y a plein de changements. Ne serait-ce qu'effectivement, avant et après la pandémie, je trouve. En tout cas, moi, c'est plus pour des problèmes de conscience personnelle. Mais c'est vrai que je sais que je ne suis pas le seul musicien à penser comme ça aujourd'hui. Mais ça a changé complètement la donne sur les tournées, par exemple. Pour moi, maintenant, il est hors de question de faire un aller-retour en jet pour faire un concert à l'autre bout du monde. Maintenant, il y a quand même une nécessité d'être raisonnable et de faire des tournées qui ont du sens, donc il y a toute une réflexion autour de ça qui fait que ça change quand même mine de rien. le métier un peu de musicien pour moi, je trouve que c'est plutôt une bonne chose. Ça nous oblige à ne pas rester, à nous reposer sur nos lauriers et à nous réinventer. C'est même assez excitant en fait, je peux dire. Parce que de toute manière, on aura toujours besoin de musique et de musiciens. C'est juste arriver à se réinventer, à comprendre la société actuelle, éventuellement même à l'anticiper un peu pour avoir un petit peu une garde avance. C'est super excitant. Je réfléchis, est-ce que c'est plutôt à la source ? Est-ce que ça serait de démocratiser encore l'accès à la musique, par exemple, pour les enfants ? Que tous les enfants puissent essayer de s'exprimer plus facilement en musique très tôt, parce que c'est une chose géniale et que finalement, ce n'est pas encore accessible pour tout le monde. On peut toujours se débrouiller pour avoir du matériel et essayer des choses et tout ça, mais voilà, il faudrait que ce soit encore plus facile. plus accessible, que ce soit encore plus démocratique et vraiment horizontal, que chacun ait la possibilité de faire de la musique très tôt, ça serait peut-être la chose la plus importante. Je dirais que ça se joue à cet endroit-là.

  • Speaker #0

    Vous venez d'écouter le podcast du Regards Sacem. Entretien réalisé par Pascal Bertin.

Chapters

  • Introduction au podcast et présentation de Rone

    00:01

  • Le parcours musical d'Erwan Castex

    00:16

  • Les débuts avec la musique assistée par ordinateur

    00:59

  • Surmonter le syndrome de l'imposteur

    02:26

  • Les débuts de carrière et l'importance des rencontres

    03:43

  • Élargir son répertoire et ses expériences

    05:59

  • Musique de film et projets futurs

    08:33

  • Réflexions sur l'évolution du métier de musicien

    09:33

  • Conclusion et appel à l'accessibilité musicale

    11:15

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