- Speaker #0
Musique Bonjour et bienvenue sur le podcast Parcours de vie, le sud-ouest dans le coeur. Je m'appelle Véronique Dufour et je suis profondément attachée au sud-ouest et à ses habitants. Avec ce programme, j'ai souhaité partir à la rencontre de personnalités de notre territoire. Artisans, sportifs, chefs d'entreprise, artistes ou citoyens, ils sont inspirants, talentueux et remarquables. Leur dénominateur commun, être originaire du Sud-Ouest ou y avoir posé leur valise. Durant cette conversation, chaque personnalité pourra se présenter, détailler son parcours, expliquer son attachement au Sud-Ouest et surtout Donnez envie aux auditeurs de croire en leurs rêves. Il s'agit d'un podcast indépendant et autofinancé, alors n'hésitez pas à donner une note et à le partager autour de vous. Belle découverte ! Passer du monde de la banque à la terre des Landes, c'est le virage à 180 degrés qu'ont choisi Amandine et Charlotte. Ces deux entrepreneuses ont construit leur exploitation et y cultivent leurs propres plantes aromatiques bio. Elles ont créé leur entreprise Cosmos. De leur champ sortent des infusions savoureuses et des confitures artisanales qui séduisent autant les particuliers que les professionnels de l'hôtellerie-restauration et du bien-être. Inépuisable, créative et ancrée dans des convictions fortes, elles nous livrent tout dans cet épisode. La réalité du monde agricole, l'équilibre entre vie pro et vie perso et bien évidemment, leur coup de cœur pour le Sud-Ouest. Un échange passionnant, inspirant et plein d'énergie, alors montez le son, c'est parti ! Bonjour à toutes les deux.
- Speaker #1
Bonjour.
- Speaker #0
Merci de me recevoir ici à Brassens-Pouille, dans les Landes. Je suis hyper contente parce que je suis un peu chez moi ici aujourd'hui, dans les Landes, en Ausha. Il fait un soleil magnifique. C'est un bel endroit dans lequel vous m'accueillez aujourd'hui. Première question pour démarrer, est-ce que chacune à votre tour, vous pouvez vous présenter avec vos propres mots ?
- Speaker #2
Bonjour, moi c'est Amandine, je suis la co-gérante de Cosmos avec Charlotte. Voilà, donc je m'occupe plus de la partie exploitation agricole et on a développé donc une marque d'infusion et de confiture, voilà, axée plus bien-être, certifiée bio, dans une démarche plutôt éco-responsable.
- Speaker #0
Vaste projet, dont on va parler bien évidemment aujourd'hui.
- Speaker #1
Et moi c'est Charlotte, 38 ans, donc co-fondatrice de Cosmos avec Amandine. Donc c'est un projet qu'on a créé toutes les deux il y a quatre ans. Et on vient toutes les deux du milieu bancaire, donc rien à voir.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Voilà, ça a vraiment une reconversion professionnelle, mais qui a pris du temps, qui s'est fait sur la durée. Voilà, on a mis bien trois ans avant de s'installer ici dans les Landes, on vient de la région Rhône-Alpes. Et le temps qu'on arrive ici, voilà, on s'est formé à la partie culture et à la partie plantes, phytothérapie, aromathérapie. Et voilà, on a créé cette exploitation dans l'idée de créer, enfin avoir un projet qui faisait sens. on est d'un métier où c'était pas... Pas forcément le cas. Après, chacun, je le juge.
- Speaker #0
Vous avez le droit. Moi,
- Speaker #1
personnellement, entre la partie création d'infusion et culture et la partie banque, il n'y a pas de sujet. Mais voilà, c'est un régal. Mais en même temps, on part de zéro. Donc, on a créé l'exploitation de A à Z. On a créé un laboratoire pour transformer, un séchoir pour faire sécher nos plantes. Et on fait la commercialisation, on fait la production, la partie graphiste. On gère le site Internet, les réseaux sociaux. A deux,
- Speaker #2
tout à deux.
- Speaker #0
Et alors comment est née quand même dans votre esprit cette idée de travailler les plantes aromatiques et les confitures ? Il y avait déjà quelque chose ?
- Speaker #2
Pour la partie plantes aromatiques, c'est parti l'endométriose. Et pour la partie confitures, on est très gourmandes et on s'est dit que c'est une autre façon de faire connaître nos plantes parce qu'elles sont associées à nos aromatiques, c'est fraises verveines, fraises menthes, C'est des associations un peu originales pour... Ça peut se différencier en termes de goût.
- Speaker #1
Et donc oui, la partie plantes aromatiques, en fait, moi, j'en prenais à titre perso parce que j'ai de l'endométriose. Et voilà, le sol, il n'y a pas vraiment de remède, il n'y en a pas du tout, et il n'y a pas de traitement non plus. Donc j'essayais de m'apaiser un peu comme je pouvais avec des plantes et ça fonctionnait bien. Et voilà, donc ce projet, alors c'est un brique avec ce qu'Avandine, elle avait fait auparavant. Elle avait fait un BTS agricole, elle avait travaillé dans des vignobles. Donc voilà, c'était... C'était un peu reprendre les bases de chacune, ce qui faisait sens, ce qu'on aimait, ce qu'on utilisait aussi au quotidien. Et c'est comme ça que le projet est né. Mais ça n'a pas été une évidence. Je ne dirais pas que c'est une évidence, mais il s'est construit. Mais en fait, quand on l'a mis sur le papier, on s'est dit, oui, en fait, là, c'est une évidence.
- Speaker #2
Oui, on a traversé quand même, parce qu'au-delà de la partie formation, on a fait un bilan de compétences quand même pour être un peu sûr, entre guillemets. On n'est sûr de rien, mais savoir où on allait aussi. Et on s'est beaucoup testé avant. Donc, on avait rénové. Toute notre maison, pour être sûre qu'on puisse physiquement en tenir sur les travaux dans la durée. Parce qu'être agriculteur aussi, c'est physique. Il ne faut pas l'oublier. Et voilà, il y avait toute la partie rénovation aussi dans la maison. Oui,
- Speaker #0
parce que si on doit réexpliquer, en fait, pour les auditeurs, ici, à Brassimpouille, vous êtes tombée amoureuse du lieu en visitant.
- Speaker #2
Complètement.
- Speaker #0
Mais quand vous l'avez acheté, il était comment ? Si on peut expliquer pourquoi ? pour que les gens comprennent mieux.
- Speaker #2
C'était brut de décoffrage.
- Speaker #1
C'était une maison qui n'avait pas été rénovée, donc il y avait tout à faire, de A à Z. Clairement, on est reparti, on a laissé quatre murs. Donc il y avait la maison dans laquelle on devait créer un gîte, construire un labo et installer une exploitation. Rien que ça. Voilà. Et le plus rapidement possible, parce que nos revenus en dépendaient. Donc voilà, il a fallu qu'on s'active, mais du coup, on s'était entraînés avant. On s'est dit est-ce qu'on est capable de gérer les travaux Déjà physiquement, est-ce qu'on aime ça
- Speaker #0
C'est une aventure ça Rien qu'en soi, avant même de parler de la création de l'entreprise La rénovation en soi
- Speaker #1
C'est déjà quelque chose Donc on voulait être sûr de ne pas se lancer Et en plus on est parti à 800 km de nos proches Donc ici on est toutes les deux,
- Speaker #0
on n'a personne C'est un challenge déjà au départ
- Speaker #1
Donc il fallait être sûr que ce soit possible Et ça l'a été Parce qu'on est quasiment sur la fin des travaux dans la maison Et voilà, mais bon, dans la partie agricole, il faut pouvoir installer l'irrigation, il faut pouvoir manœuvrer des outils qui sont très lourds, etc. Donc il y a quand même savoir, il faut bien se connaître et voilà.
- Speaker #0
Et pas avoir peur de retrousser les manches. Non,
- Speaker #2
et puis il ne faut pas avoir peur tout court, même, on apprend au fur et à mesure. C'est vrai que... C'était aussi ça, l'idée aussi c'était aussi d'un peu féminiser ces métiers agricoles, parce qu'il y a très peu d'exploitation où il n'y a que des femmes. C'est vrai que les machines, je ne suis pas sûre qu'elles soient bien pensées pour nous.
- Speaker #1
On ne part pas du tout.
- Speaker #2
Je sais que moi il y a des choses que je peux faire que Charlotte ne peut pas faire. On a aussi notre santé, on n'a pas la même physique. Chacun ne part pas avec le même capital santé aussi. Donc voilà, c'était aussi montrer que c'est possible. de créer quelque chose de femme dans l'agriculture.
- Speaker #0
Donc les travaux ont duré combien de temps sur la maison et le gîte ?
- Speaker #2
Deux ans. On a été sur deux bonnes années très actives. Il nous reste encore un petit peu de travaux et puis l'aménagement des extérieurs. On a fait le minimum sur les extérieurs, mais voilà, tout ça à faire. Et puis...
- Speaker #0
Et en même temps, l'exploitation que vous étiez... Oui, en parallèle.
- Speaker #2
En parallèle,
- Speaker #0
on faisait tout en même temps. Donc si on doit raisonner en hectare, je ne sais pas si c'est le... Oui,
- Speaker #2
il y a un... Quasiment un hectare. Oui, quasiment. Pas loin d'un hectare.
- Speaker #0
Un hectare que vous avez planté en plante aromatique. Oui. Ok. Et donc ça, ça se fait sur combien de temps pour que les gens comprennent un peu les cycles aussi ?
- Speaker #2
Alors nous, on achète nos plants.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Il y en a certains, on a une petite serpe épinière où on fait les semis pour tous nos basiliques, c'est nous qui faisons. Ça se joue tout au mois de mars. Alors en février,
- Speaker #1
on prépare nos sols. Voilà,
- Speaker #2
donc sortie d'hiver, on prépare nos sols et ensuite, on dispatche nos livraisons de plans parce qu'on ne peut pas à deux faire tout en même temps.
- Speaker #1
Ça représente plusieurs milliers, presque 10 000 plans. Oui, c'est ça. Non, mais c'est bien de donner des chiffres. C'est pour ça qu'à deux, 10 000 plans, ils ne vont pas survivre plusieurs semaines, donc il faut qu'on les commande, on les étale. On échelonne.
- Speaker #2
Voilà l'arrivée de nos plans pour ne pas être submergés et gérer ça physiquement aussi.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Voilà, donc une fois qu'elle s'est plantée, après il y a la partie récolte dans l'été. Ça commence fin juin, mi-juin, jusqu'à fin octobre, suivant la météo, s'il n'y a pas trop de pluie.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #1
Voilà, donc on récolte le matin. Il ne faut pas que les plantes soient trop humides et il ne faut pas qu'elles aient eu le soleil non plus avant. Il y a des conditions particulières.
- Speaker #2
Il faut faire attention, parce que sinon le séchage n'est pas de bonne qualité.
- Speaker #1
Il ne faut pas qu'il n'y ait plus juste avant. Il ne faut pas qu'il y ait trop d'humidité,
- Speaker #0
parce que pour le séchage,
- Speaker #1
ce n'est pas optimisé. Exactement, ça abîme les plantes lors du séchage.
- Speaker #2
Donc nous on est certifié bio sur toute l'exploitation, donc ce qu'on fait c'est qu'on essaye de préparer vraiment bien nos sols avant plantation et qu'on ait très peu d'interventions à faire en cours de croissance du végétal.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Voilà donc on a l'irrigation, on a du goutte à goutte etc. Parce que le point noir en fait entre guillemets du bio c'est le désherbage.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #2
C'est très chronique et voilà c'est ce qui est le plus dur à maîtriser. et nous pour nos plantes, pour la qualité. On essaie de faire qu'au moment de la coupe, on ait très peu de tri à faire. D'accord. Voire quasiment pas maintenant.
- Speaker #0
Oui. Parce que vous avez optimisé en fait tout ça aussi. Tous ces points-là,
- Speaker #2
ils sont tous optimisés.
- Speaker #1
On a serré nos plants, on a mis des bâches express ou certaines. On a une machine mécanique pour désherber au pied des plants. Mais ça, on s'est rodé parce que les premières années, on a testé. On a testé beaucoup de choses. On a testé sans paillage, avec du paillage, avec des bâches, sans bâches. On a testé beaucoup de choses.
- Speaker #2
Et le but, c'était d'avoir quand même une... conduite d'exploitation qui puisse avoir de la production et du rendement et qu'on puisse à deux arriver à gérer ça.
- Speaker #0
La première année a été quand même difficile parce qu'on a testé beaucoup de variétés.
- Speaker #1
Donc on avait beaucoup de variétés mais finalement peu de poids parce qu'on a voulu en tester beaucoup mais l'idée c'était aussi de se dire laquelle pousse le mieux. Il fallait qu'on sache est-ce que celle-ci est cultivable ou pas, est-ce qu'on va avoir du rendement ou pas et alors il y en a qui poussent mais pas beaucoup donc finalement on se dit... Pas d'intérêt parce qu'on ne va pas récolter beaucoup. C'est du temps pour pas grand-chose.
- Speaker #2
Bien sûr. Oui, et puis il y a des régions qui le font mieux que nous. Oui, il faut s'adapter aussi. Je crois,
- Speaker #1
les gens de la lavande, du thym. Oui, ça, c'est le suivi. Ils vont bien aller dans la Drôme. Voilà, ils sont retenus sur ça. Et nous,
- Speaker #2
ici, ça n'a pas donné forcément des résultats hyper concluants. Donc,
- Speaker #0
de 30 variétés, vous avez resserré, c'est ça ? Oui, on a une quinzaine. Une quinzaine. Et qu'on peut citer parmi... Oui,
- Speaker #2
on a la verveine odorante. On fait plusieurs variétés de menthe. Donc, la menthe poivrée, la menthe verte. la menthe marocaine. On fait des basiliques qu'on inclut aussi dans nos infusions. Donc on a un basilic pourpre qui est sympa, basilic citron, basilic cadel.
- Speaker #1
On a la mélisse,
- Speaker #2
l'estragon qu'on fait aussi. Et après en petite quantité, on a fait de la fleur comme la camomille robaine, etc. Mais voilà, là on a la problématique de récolte puisque c'est récolté à la main et à deux, c'est vrai que c'est un peu compliqué. Le coût de production est beaucoup trop élevé. On en fait un peu. Voilà, on en fait. Peu pour les infusions et les spas, qui nous en demandent un petit peu, mais c'est pas en grosse quantité.
- Speaker #0
Tout à l'heure, vous avez parlé des récoltes, et donc on va pas se le cacher, c'est une partie qui n'est pas évidente, et vous en avez parlé, les conditions doivent être spécifiques. Ça, vous le faites manuellement ? Alors on a une récolteuse électrique. Ok. Voilà.
- Speaker #1
Donc ça c'est une récolteuse qu'on passe dans une bande. Voilà. Et ça vient couper. Ça coupe, ça remonte sur un tapis et ça tombe dans un sac. Donc ça on va dire que ça va. C'est rapide. C'est la partie entre guillemets facile. C'est génial. On adore. Après c'est plus compliqué parce qu'après on fait sécher dans un séchoir à clé, dans le noir, à ventiler. Mais ensuite nous on veut mettre que la feuille dans nos infusions. C'est ce que vous me disiez tout à l'heure. Voilà. C'est ce qui, pour nous, on ne met pas de tige. Donc on effeuille tout à la main. Donc là, c'est très long et ça explique aussi le coût de nos infusions parce que c'est sur ces petites, ce qui peut paraître anodin pour certains, c'est ce qui fait tout le coût de production, qui fait grimper le coût de production de nos plantes parce que c'est des heures et des heures.
- Speaker #0
Bien sûr. Donc ça, c'est les feuillages.
- Speaker #1
Les feuillages. Et après, on mixe, on fait nos mélanges et on met en sachet.
- Speaker #0
Donc là, vous avez fait un peu les apprentis sorcières, entre guillemets, à tester plein de choses différentes.
- Speaker #1
On a eu passé des journées à faire des tests de recettes, en fait, goûter. Et puis,
- Speaker #0
des fois, on s'en trouve cette variété-là, alors on rééquilibre. Et puis,
- Speaker #1
il faut aussi faire des choses qui ne sont pas de notre goût, parce que, par exemple, moi, je n'aime pas forcément ce qui est épicé, mais je sais qu'il y a des gens qui adorent. Toi, oui, mais il y a des clients potentiels qui adorent ça. Donc, il faut aussi arriver à créer quelque chose, même si ce n'est pas dans nos goûts, de se dire, ça pourrait plaire ou pas, avec la cannelle. On essaye de... d'ajouter des petites choses en plus pour donner du goût.
- Speaker #0
Et entre les recettes de départ et celles que vous proposez aujourd'hui, il y a eu des évolutions ? On a recréé des nouvelles recettes ? Oui,
- Speaker #1
les recettes de base, on les a gardées. Elles marchent super bien. On en a fait une, par exemple, tout citron, avec de la verveine citron, du thym citron et du basilic citron. C'est le carton. Et après, par contre, on en crée des nouvelles régulièrement, soit spécialement pour les fêtes. Pour Noël, par exemple, on a créé... Mais régulièrement, on en crée. Là, on va essayer de sortir en vrac nos sachets en boîte, enfin, ce qu'on a en boîte.
- Speaker #0
Oui, donc il y a toujours quand même cette recherche, cette envie de proposer des nouvelles choses. Et encore,
- Speaker #1
on aimerait encore proposer plus. Mais le temps nous limite, en fait. Parce que juste faire une recette, ça veut dire... Derrière, c'est toute une préparation, en fait. Il faut faire les étiquettes, il faut faire...
- Speaker #0
La partie réglementaire est aussi très lourde. C'est vrai, ça on n'en parle pas, c'est quelque chose qui est méconnu. Comment ça se passe justement la partie réglementaire sur votre activité ?
- Speaker #1
Nous on est déjà à la certification bio,
- Speaker #0
donc on est contrôlé sur toutes nos factures. Déjà là ! Et sur toutes nos ventes, c'est épluché.
- Speaker #2
Voilà, et tous nos achats aussi. Oui, bien sûr. Et après, il y a tout ce qui est suivi de l'eau. On a des numéros de l'eau pour chaque récolte. On a des numéros de l'eau par boîte. Voilà, en fonction...
- Speaker #1
Tout ce qui est les codes barres, sur les boîtes, on a des codes barres, donc à chaque fois, il faut inscrire, il y a tous les pics. Tout ça, c'est fait à la main. On n'a pas de machine. C'est tout à l'ordinateur, il faut rentrer chaque référence, dès qu'on en sort une, il faut tout faire valider, mettre sur le site. C'est moi qui gère le site internet, donc il faut mettre sur le site, après, il faut le lancer sur les réseaux.
- Speaker #2
La fiche de description, on ne se rend pas compte. Quand on a l'expérience, un client, on va sur le site, on clique, on n'y est pas, on achète, mais derrière...
- Speaker #1
Sur des grosses structures, il y a des personnes qui ne font que ça, donc pas de sujet. Mais sur des petites structures, quand on est à la fois dans les champs et qu'il faut aussi s'occuper de la partie administrative, c'est long.
- Speaker #0
C'est de l'artisanat. C'est de l'agriculture, de l'artisanat. Vous faites tout. Ce n'est pas trop se définir. C'est vrai que... Tu le disais tout à l'heure, vous êtes dans les champs, mais vous allez jusqu'au bout, jusqu'à la vente.
- Speaker #1
Et puis on va rencontrer nos futurs clients aussi. Donc il faut démarcher. Il faut aller voir les... Les hôtels, les restaurants, intégrer des réseaux d'entrepreneurs, rencontrer des gens pour se faire connaître, faire connaître notre marque, faire goûter. Donc ça, ça prend du temps aussi.
- Speaker #0
Tout à l'heure, on en parlait en début d'entretien. Donc vous êtes sur du bio. Ça, c'était votre parti de départ. Ah oui, c'est pas posé. Il n'y avait pas de débat et vous êtes surtout sur quelque chose de très qualitatif.
- Speaker #1
ça aussi c'était votre souhait parce que tu parlais de ne pas mettre de tiges je crois que la question c'est bizarre c'était inévident c'est comme ce que je t'expliquais tout à l'heure le sachet est en soie longue donc c'est de la fibre de canne à sucre l'emballage est en cellulose de bois ça en fait ça paraît on se dit elles sont allées loin dans le truc mais en fait on s'est pas posé la question de se dire on va mettre autre chose on a recherché toujours ce qui est le plus écologique et le plus euh... Et justement,
- Speaker #0
ce sourcing de ce qui peut paraître anodin, mais qui fait partie intégrante de votre produit, les sachets et les emballages, comment ça s'est passé ? Vous avez cherché des frémisseurs ? Ça, ça a été long. Alors, le Néo Soilon,
- Speaker #2
il n'y a qu'une entreprise qui le fait, c'est breveté, c'est japonais. D'accord.
- Speaker #0
Alors, il y a des entreprises maintenant un peu partout. Oui, qui font... Il y en a en Europe. Oui,
- Speaker #2
qui utilisent ce sachet. Il y a même des grandes marques de thé qui utilisent ce sachet. Oui, la plupart. Oui.
- Speaker #1
Et le cellulose de bois, non là c'était un peu plus simple, on a pu trouver un sous-traitant. Quoique en France il n'y en a pas tant que ça, donc même ça c'est vrai qu'au départ ça a été un peu... compliqué à trouver. Après, ils le proposaient, donc on ne s'est pas posé de questions. Mais le soie long, on a mis plusieurs mois avec des visios, etc. pour arriver à s'approvisionner.
- Speaker #0
Donc c'est vous qui vous occupez aussi de la mise ? Alors, oui.
- Speaker #2
Avec le tag comme ça, on ne peut pas le faire nous. On souhaitait pouvoir démarcher tout ce qui est hôtel, restaurant, spa. Donc nous, on proposait un sachet où il n'y avait rien. très neutre.
- Speaker #1
En soie longue, mais sans étiquette et sans sur-emballage.
- Speaker #2
Et en fait, on ne pouvait pas rentrer dans ce type d'établissement pour des questions aussi d'hygiène. On trouvait que les personnes qui tripotaient le sachet et après le mettaient dans la tasse, bon, ça ne faisait pas top. Donc cette partie-là, on l'a fait sous-traiter.
- Speaker #1
Mais à la base, on a une ensacheuse. pour faire nos sachets bruts.
- Speaker #2
Ok,
- Speaker #0
d'accord. Oui, donc vous êtes en...
- Speaker #1
On l'a eu fait pendant la première année, on faisait que nos sachets.
- Speaker #2
On cherche à le travailler peut-être en éco-recharge ou autre, on verra comment on peut se développer de ce côté-là, mais voilà, pour se faire connaître.
- Speaker #1
Ça a été aussi du coup de répondre à des clients qui souhaitaient en se disant... Il n'y a pas d'emballage, c'est quand même dommage. Même si on a envie de réduire les déchets, d'un autre côté, quand on est dans des lieux publics comme ça, c'est compliqué de dire...
- Speaker #0
C'est là où il y a des compromis.
- Speaker #2
C'est un peu du bon sens aussi.
- Speaker #0
Des adaptations à faire par rapport à la clientèle. Bien sûr. Exactement. Et donc là, devant moi, j'ai des très jolies boîtes dont vous me parliez tout à l'heure. Et ça aussi, c'est vous qui l'avez imaginé, qui l'avez conçu ?
- Speaker #2
Alors, oui, ça, on a travaillé avec une entreprise de packaging qui est en France,
- Speaker #1
à Saint-Etienne.
- Speaker #0
À Saint-Etienne.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et voilà.
- Speaker #1
C'est tout et biodégradable. Mais oui, c'est tout nous.
- Speaker #0
Tout est recyclable. Tout sort de notre tête. Parce que moi, je vois les détails. Si les gens veulent savoir plus, ils iront sur le compte Instagram. Ils iront tout ça aussi. Mais c'est très délicat.
- Speaker #1
On a essayé d'apporter quelque chose d'un peu plus moderne que ce qu'on peut trouver habituellement, dans le sens où on trouve souvent du papier craft. C'est logique, ça montre un peu le côté... naturel mais on peut avoir du naturel et avoir aussi un peu de la couleur et quelque chose de sympa. Souvent nos clients nous disent je l'achète pour offrir.
- Speaker #0
C'est ça.
- Speaker #1
Au lieu d'aller chez des gens et d'amener une bouteille de vin ou un bouquet de fleurs, il y en a qui viennent et nous disent j'amène un coffret d'infusion ou j'amène des boîtes.
- Speaker #0
Parce qu'on a envie de le laisser à part. C'était le but.
- Speaker #1
Qu'on le laisse dans la cuisine à part.
- Speaker #0
Tout à fait. Donc là il y a des conditionnements différents, donc des boîtes.
- Speaker #1
des boîtes de vin sachets d'infusettes et après il y a des coffrets donc là il y a une trentaine de sachets dans celui-ci et après il y a des sachets en vrac donc là c'est un mélange de plantes, on fait la plante brute ou on peut faire des recettes sur mesure après s'il y a des clients qui nous appellent et qui nous disent je voudrais telle recette ou tel mélange on fait beaucoup sur mesure on peut tout personnaliser vu qu'on fait aussi les étiquettes en fait pour les petits cadeaux,
- Speaker #2
les petites attentions, les anniversaires les baptêmes etc on nous demande est-ce que vous pouvez nous personnaliser
- Speaker #1
Et puis pour les pros, il y en a qui aiment bien avoir le nom sur l'étiquette avec le logo. Je le fais avec des partenariats qu'on a eu fait. On travaille en collaborat avec Laoli, c'est une association à Jetmo. Et du coup, on avait fait, ça avec Laure,
- Speaker #2
on avait fait des petits logos,
- Speaker #1
des petits mantras. Et voilà, on participe aussi avec Laoli, on offre une réduction aux adhérents. Et on revers 5% des bénéfices de l'année liés à leurs achats à l'association. C'est une chouette association.
- Speaker #0
C'est une belle association, tout à fait. On parlait des professionnels. Vous me parliez tout à l'heure, toutes les deux, des petits pochons que vous pouvez faire pour les instituts, c'est ça ?
- Speaker #1
Alors, c'est les plantes. C'est les plantes, oui, pardon. Nous, on fournit des plantes pour les spas et aides-spa. Il y en a qui fabriquent des pochons pour... lors de leur massage. Et en fait, on fournit des plantes. Alors, généralement, chacune a sa recette.
- Speaker #0
Qui lui est propre.
- Speaker #1
Bien propre, bien spécifique. Donc, chacune a sa recette. Et après, elles utilisent ces plantes-là pour masser. Ça se fait de plus en plus.
- Speaker #2
Et après, c'est pour d'autres choses aussi. Pour tout ce qui est des bains relaxants. On a beaucoup de demandes pour les bains. On fait les préparations. Les infusions capillaires, on fait aussi.
- Speaker #0
Oui, pour les rinçages. Dans les head spa,
- Speaker #1
il y en a beaucoup qui terminent avec un rinçage de plantes. Et du coup, on prépare les mélanges aussi. Pour les chutes des cheveux, la brillance.
- Speaker #0
C'est vrai qu'il y a plein de possibilités, de bienfaits possibles avec les plantes. Et on en connaît peut-être d'ailleurs pas encore. Même nous,
- Speaker #1
on se limite à des variétés. Mais il y en existe tellement, on pourrait l'encontrer. Et après,
- Speaker #2
il y en a certaines qui sont aussi interdites en France, qu'on ne peut pas utiliser. Oui,
- Speaker #1
c'est quand même encadré pour vendre des plantes. Oui, tout à fait. On ne fait pas ce qu'on veut avec les plantes médicinales.
- Speaker #0
Bien sûr.
- Speaker #1
Normalement, c'est les pharmaciens qui ont le droit de vendre toutes. Nous, on a le droit d'en vendre une partie, mais pas toutes.
- Speaker #0
Pas toutes.
- Speaker #1
Il faut se renseigner.
- Speaker #0
Et les confitures, comment c'est venu ? C'était complémentaire ?
- Speaker #2
On voulait autre chose que les infusions. C'est le côté gourmand. Parce que la plante aussi, on l'utilise beaucoup en cuisine. Et nous, on est très gourmandes. Donc on trouvait que ça matchait vachement bien avec la fraise. Et on aime beaucoup la fraise en confiture. C'est une des confitures préférées des Français. C'est vrai, c'est la fraise qui arrive en numéro 1. Donc voilà, on est partis.
- Speaker #1
Et du coup, on associe les fraises à nos plantes. Donc on fait cinq confitures différentes. On fait fraise teint, fraise teint citron, fraise menthe, fraise verveine, fraise basilique et fraise nature.
- Speaker #0
Oui, parce qu'il faut quand même du nature.
- Speaker #1
On a quand même des gens qui veulent du nature.
- Speaker #0
Et donc ça, c'est pareil, c'est vous qui faites tout ?
- Speaker #1
On fabrique dans notre labo, dans le laboratoire, dans des bâtiments cuivres.
- Speaker #0
Oui, traditionnellement.
- Speaker #1
Traditionnellement, oui.
- Speaker #0
Et les recettes, c'est pareil, c'est vous qui les avez élaborées ? Oui,
- Speaker #1
on a fait beaucoup de tests
- Speaker #2
On a essayé de comprendre la technicité d'une confiture C'est très complexe Il y a des réglementations aussi à respecter Donc ça on le vérifie à chaque fournée qu'on soit bien en termes de sucre au bon niveau On est à 57%
- Speaker #1
de fruits 43% de sucre Il y en a qui nous disent que c'est sucré Le problème de la confiture on doit respecter alors Quand on la fait pour soi, chez soi, il n'y a pas de problème. On ne peut mettre que 30% de sucre, il n'y a pas de problème. Mais quand on la vend, il faut respecter un taux de sucre minimum de 55%.
- Speaker #0
Pour la conservation ?
- Speaker #1
Voilà, exactement. Il faut apprendre, c'est soit on fait cuire plus longtemps, soit après, c'est propre à chacun. Il y a autant de recettes que je ne confiturais, je pense.
- Speaker #0
Oui, c'est ça. Et donc là, tout ça, vous le proposez en joli coffret aussi ? Oui,
- Speaker #1
on a des coffrets de deux pour les confitures. Après, on fait des coffrets généralement pour les fêtes. Alors soit Noël, on en a fait pour la fête des mères.
- Speaker #0
Oui, pareil, on personnalise les étiquettes.
- Speaker #1
On essaye de faire des choses assez sympas. Et puis après, quand il y a des demandes particulières, on le fait.
- Speaker #0
Et on n'a pas parlé du nom de la structure Cosmos avec un K.
- Speaker #2
Oui, c'est en plus... À la base, nous, l'exploitation agricole s'appelle Cosmos avec un C, comme la marguerite.
- Speaker #0
D'accord, parce que c'est une variété de fleurs.
- Speaker #2
et en fait quand il a fallu lancer la marque on s'est rendu compte qu'il y avait un écolabel qui avait été créé qui s'appelle Cosmos dans les cosmétiques et en fait ça allait nous porter préjudice sur le référencement de notre marque donc on a décidé de créer la marque en changeant une lettre on a mis un K et du coup visuellement on trouvait que ça matchait bien c'est
- Speaker #1
plus joli effectivement visuellement et le M qui représente nous deux Voilà.
- Speaker #0
tout a été travaillé, j'ai aucun doute là-dessus sur le moindre détail qui a été choisi et Cosmos finalement c'est cohérent avec tout ce que vous faites c'est assez inévident ça c'est vrai qu'on l'a trouvé assez facile c'est
- Speaker #1
facile à retenir aussi ça parle il n'y a pas de débat non plus il y a quelque chose d'un peu spirituel aussi je trouve ce qui nous ressemble quand même un peu dans notre manière d'être et de penser c'est le plus grand que tout
- Speaker #0
c'est ça, vous y mettez beaucoup de vous forcément au quotidien dans ce projet on en parlait tout à l'heure en off vous êtes testé sur des choses avant de vous lancer définitivement dans cette activité vous faites quand même un travail qui est pas évident avec des conditions aussi qui sont pas évidentes non 3 ans après la création vous vous sentez comment dans cette création d'entreprise, dans ce parcours, parce que vous avez dû essuyer quand même, j'imagine.
- Speaker #1
Beaucoup de refus, beaucoup d'obstacles. On a eu un incendie aussi entre-temps dans le labo, qui a pris feu un soir en pleine nuit. Bon, ça n'était pas dramatique, mais il a fallu attendre six mois avant de pouvoir... On va redémarrer. On va du tout refaire.
- Speaker #0
Oui, d'accord. Quand tu parlais de résilience tout à l'heure... Oui, non, là,
- Speaker #1
on l'a bien testé. Oui,
- Speaker #2
surtout que c'est arrivé... Voilà, les plantes du séchoir étaient plus bonnes. On a pu sauver la deuxième coupe de nos plantes. C'est là qu'on a lancé ces infusions.
- Speaker #1
Parce qu'on n'avait pas pu utiliser nos machines, il n'y a rien, le temps que ce soit tout nettoyé, tout... Donc six mois à l'arrêt, en fait. Oui. La première année ? En 2024. Oui, donc on venait de démarrer. En fait, en 2023, on a fait nos premières années plantation. On a récolté. Et en 2024, on a commencé à commercialiser. Et en septembre ?
- Speaker #2
Et en septembre, bam.
- Speaker #1
Donc, on a perdu des clients, beaucoup, parce que pendant six mois, on ne pouvait plus les fournir. Les gens pensaient qu'on allait fermer. Alors, il y en a beaucoup qui pensaient qu'on n'allait pas tenir. Mais si. Mais si. Mais si. C'était mal de vous connaître. Évidemment. Et du coup, il a fallu recommencer à redémarcher, retrouver des nouveaux clients.
- Speaker #2
Oui, repartir sur les bases. Repartir sur d'autres bases, quoi.
- Speaker #1
Mais ça a été long. C'est toujours long. On est toujours sur une phase de commercialisation assez intense.
- Speaker #2
Alors après, on essaie de trouver toujours le positif dans ces événements-là, parce Parce qu'en fait, ça faisait bien... deux ans, ça faisait deux ans, on avait la tête dans le guidon, on n'avait jamais relevé la tête. Vous n'étiez jamais arrêtée ? Non. Et là, c'était une pause forcée ? Exactement. et en fait on a pris du recul et c'est là on a lancé nos gammes de vrac on s'est dit on va repartir autrement parce que là tu vois ça ça marche pas ça a rééquilibré certaines choses complètement bien sûr même sur notre manière de cultiver on a fait plein de choses on a permis de poser nos chiffres là on a calculé réellement notre coût de production donc ça on peut plus le faire ça a été vraiment une période de travail cette période là on s'est dit ok on peut rien faire pour l'instant on a plus le labo Mais on va quand même travailler sur le fond. Ce qu'on n'avait pas eu le temps de faire. Voilà. Et après, c'est là où on a eu vraiment, après, en 2025, notre vraie production.
- Speaker #0
Qui est née, en fait. Voilà. On est reparti. On dit que ça,
- Speaker #2
ça ne marche pas sur cette variété. On a regardé un peu nos poids, nos rendements sur l'année. Et en 2025, ça a été une bonne année.
- Speaker #1
Une bonne année et de culture. Et on a recommencé à démarcher. Mais là, 2026, pour nous, c'est un peu l'impulsion. C'est l'année où il faut vraiment qu'on...
- Speaker #2
Il nous faut le stélan qui nous propulse un peu plus loin dans la visibilité. Tu parlais du cosmos tout à l'heure. Non, parce que c'est ce qu'on expliquait. En fait, on a deux entreprises en une. C'est-à-dire qu'on a la partie exploitation et la partie commerciale qu'on gère à deux.
- Speaker #1
Et on est deux. Non, mais il n'y a pas quelqu'un qui ramène un salaire à côté.
- Speaker #2
Bien sûr, tout à fait. Donc, si l'exploit ne marche pas, comment le commercial marche ? Si le commercial ne marche pas, on a du stock. Comment on fait ? Qu'est-ce qu'on fait de l'exploitation ?
- Speaker #0
C'est une pression quotidienne.
- Speaker #2
Tout le temps. Oui, c'est quand même une sacrée pression.
- Speaker #0
C'est pas simple ça non plus à gérer. Non mais ça nous fait prendre énormément de recul. Aujourd'hui on a beaucoup de recul sur les choses. Dès qu'il nous arrive quelque chose,
- Speaker #2
c'est pas grave ! En fait on se rend compte que on se dit dans notre tête est-ce que dans 6 mois on aura toujours ce problème ? Non, c'est pas un problème.
- Speaker #1
Oui il y a petit problème et gros problème.
- Speaker #2
Maintenant on arrive à doser. En fait c'est ça qui est le plus dur quand tu crées quelque chose, c'est d'arriver à prendre ce recul sur ce que tu dois prioriser C'est le plus compliqué, je pense.
- Speaker #0
Il n'y a pas de formation pour ça. Non, non.
- Speaker #2
C'est les années,
- Speaker #0
je pense,
- Speaker #1
qui t'apprennent ça.
- Speaker #2
Oui, et puis après, aussi, aujourd'hui, il y a des outils qu'on utilise. On utilise l'IA. Pour nous, c'est comme s'il y avait un salarié sur tout ce qui est rédaction de fiches produits, etc. Vous en servez ? Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Mais sur plein de choses. C'est un gain de temps.
- Speaker #1
Même quand j'envoye des mails. Je ne peux pas passer une journée à faire des mails. Ce n'est pas possible. Je n'ai pas le temps.
- Speaker #0
c'est ça qui est intéressant c'est parce que vous faites un métier très traditionnel vous travaillez avec le vivant, le naturel et à côté de ça vous intégrez on s'aide,
- Speaker #1
c'est une aide moi je le vois comme ça en tout cas c'est un assistant ça enlèvera jamais l'humain parce que dans les champs on a toujours besoin de gens mais aujourd'hui on n'a pas la possibilité de payer quelqu'un pour nous aider donc on fait avec ce qu'on peut et puis dans tous les cas après moi ça c'est mon avis mais on peut pas passer à côté notamment de l'IA je pense que ça va faire partie de notre vie et autant l'utiliser, l'intégrer quoi Ok. Voilà. Non, on n'est pas du tout que dans le rustique, etc. Non, non. Et puis même,
- Speaker #2
c'est aussi des outils de gestion. C'est vrai que... Tout à fait. Ça nous aide beaucoup. Quand moi, je recoupe des données sur une feuille, je demande qu'ils me... On demande des analyses, en fait. Voilà, qu'ils me recèrent tout ça, que je puisse, moi, analyser après les chiffres derrière.
- Speaker #0
Après, c'est votre expérience aussi passée qui vous permet aussi, j'imagine, d'être encore plus efficace avec tout ça.
- Speaker #2
Oui. C'est vrai qu'on était déjà dans un métier très administratif,
- Speaker #1
gestion de crise, j'ai envie de dire. Non mais c'est vrai, on gérait que ça. Oui,
- Speaker #0
très réglementé.
- Speaker #1
Donc on a quand même ce cadre. Moi, j'avais une formation juridique avant, donc on est quand même assez carré sur ça. Et en même temps, on a l'habitude de faire de l'administratif, la paperasse. Je sais qu'il y a des agris pour qui, quand on leur parle de paperasse, je peux comprendre.
- Speaker #0
Ça prend bien une journée par semaine. On ne se rend pas compte. Une journée par semaine.
- Speaker #1
Ouais et encore les journées sont longues Finistare Oui des grosses journées C'est une réalité ça aussi
- Speaker #0
Le fait de tout faire de A à Z Ouais Comme on est deux là-dedans
- Speaker #1
il n'y en a pas une qui se dit arrête si à 22h il y a une idée on va regarder tout de suite c'est bien mais c'est aussi un problème on arrive un peu plus à se limiter on s'impose d'aller
- Speaker #0
faire une balade il y a des choses on est obligé de s'imposer parce qu'en plus nous notre entreprise notre lieu d'habitation on ne coupe pas moi je regarde dehors je vois mes champs au revoir Des fois, c'est dur. On a envie de descendre, on est à paix. Par l'appel du champ. Mais non, c'est jour de repos, il ne faut pas y aller. Mais c'est ce que disent beaucoup de chefs d'entreprise ou d'artisans qui vivent sur leur lieu de travail. Donc, ça a des avantages. Mais en même temps, c'est vrai que des fois... C'est envahissant. Oui, c'est envahissant. Il faut trouver le juste milieu. Mais je ne sais pas si... Je pense que peut-être avec le temps. Mais je ne sais pas.
- Speaker #1
Je pense qu'il y a le tempérament qui joue au cours. Oui, bien sûr.
- Speaker #0
Bien sûr. Alors, on en a parlé un tout petit peu au début. Le podcast qui s'appelle Parcours de vie, le sud-ouest dans le cœur. Vous, ça va faire quelques années maintenant que vous êtes dans le sud-ouest. Donc, ça a été un choix du cœur. Vous êtes quand même déracinée.
- Speaker #1
Oui, complètement.
- Speaker #0
Est-ce que trois ans après, vous... Vous vous sentez un peu landaise ?
- Speaker #2
On s'est toujours sentie landaise je crois. C'est vrai ? Depuis le début on est allé landaise.
- Speaker #0
C'est vrai qu'on vient d'une ville de l'Isère, c'est Bourgoin-Jallieu, c'était très rural,
- Speaker #2
très rugby.
- Speaker #0
Ça vous n'êtes pas trop dépaysée ? Non,
- Speaker #2
on n'est pas dépaysée sur ça. Et puis c'est ce qu'on venait rechercher ici aussi. On aime beaucoup le côté sauvage des Landes.
- Speaker #1
C'est très traditionnel, il y a beaucoup de fêtes de village. Tout ça, ce qu'on avait chez nous il y a peut-être 15-20 ans, aujourd'hui on le retrouve. trouve ici. J'adore ça. Et après, localement, on est quand même... Moi, je fais partie du conseil municipal. Vous êtes impliquée aussi. C'est pas facile, parce que déjà, on sort pas beaucoup. Vous travaillez tout le temps. C'est pas simple de créer des liens. On arrive quand même à en créer. Donc, il faut s'impliquer dans des petites actions, des choses comme ça pour rencontrer. On fait partie de notre activité. C'est ce qui nous permet de rencontrer des gens. Mais oui, moi je me sens bien ici. Après,
- Speaker #2
moi je n'ai pas forcément besoin d'avoir beaucoup de monde autour de moi pour être bien. Moi, je suis bien chez moi. C'est mon cocon. C'est vrai qu'on aime beaucoup, moi j'aime beaucoup cette solitude. Alors avant, pas du tout. Dans ma vie d'avant, je sortais tout le temps. Tout le temps dehors.
- Speaker #1
L'une et l'autre.
- Speaker #2
C'était infernal. Et du coup, là... On a mûri. ou on a vieilli on a vieilli on a vieilli et là tu as retrouvé quand même le projet déjà un projet entrepreneurial ça vous isole un peu c'est isolant ça t'isole un peu c'est vrai parce que t'es à fond dans ton truc les gens comprennent pas forcément pourquoi tu sors pas tu as tu vois
- Speaker #0
Comment ça a été perçu d'ailleurs par vos proches et par votre entourage quand vous avez décidé de vous lancer dans ce projet ? Moi ça va super bien. Ouais les proches pas de soucis. Les amis et la famille. Mais c'est plus les anciennes personnes du... Ouais mais c'était pas nos amis proches. Ils ont pété un câble quoi, ils sont partis. Je pense qu'il y en a qui ont pas vu le projet. Mais nos proches proches, amis proches et famille proche, ils ont pas été surpris. Non pas du tout. Mais même du déménagement ? Non. C'est vrai ?
- Speaker #1
Non. Il y en a beaucoup qui me voyaient pas forcément rester où j'étais. Mais ça faisait un moment que j'en parlais, je pense, dans le fond, je savais que je resterais pas là où on était. On est nés là-bas, enfin moi je suis née là-bas, j'ai toujours vécu, j'ai toute ma famille, etc. Mais j'avais besoin de partir et de faire ma vie ailleurs. C'est un besoin, c'est dur à expliquer.
- Speaker #0
Bon après c'est une histoire de lieu et de rencontre aussi. Mais le sud-ouest,
- Speaker #1
j'adorais. On voulait se rapprocher de l'océan, on voulait être pas trop loin des montagnes, donc là c'est vrai que c'est un peu l'idéal.
- Speaker #0
Oui c'est parfait, pas trop loin. Bon alors c'est pas les Alpes, on est d'accord. Non mais c'est très joli les Pyrénées. On a la vue sur les montagnes, on la regarde chaque jour. Oui bah même si on est en Ausha, on voit les Pyrénées. Ah ouais, c'est de la maison, on a une belle vue sur les Pyrénées. Ah bah non, on a une très belle vue sur les Pyrénées.
- Speaker #1
pyrénées. C'est magnifique.
- Speaker #0
Donc ça vous rappelle un petit peu quand même...
- Speaker #1
C'est le clin d'œil.
- Speaker #0
J'imagine que vous avez la famille et les amis qui viennent aussi. On les voit même plus qu'avant.
- Speaker #1
J'ai jamais vu autant mes proches.
- Speaker #0
Vous en profitez différemment parce qu'en fait, quand ils viennent, ils restent quelques jours.
- Speaker #1
C'est ça que je dis souvent quand il y en a qui n'osent pas partir. Je dis, mais en fait, tu vas vivre d'autres moments. Passer un repas avec tes proches ou passer une semaine avec eux, même si tu les vois moins souvent, c'est pas le même lien. C'est plus privilégié, c'est plus qualitatif. Il y a plus d'incidence. plus de rapprochement parce qu'on est une semaine ensemble.
- Speaker #0
Vous les embauchez un peu ou pas ? Oui, tous. Ils savent pour quoi ils viennent. Ils savent quand ils viennent.
- Speaker #1
Ils choisissent bien. Il y en a, ils choisissent bien leur période.
- Speaker #0
Il faut bien choisir. Là, je vais me taper les récoltes. Là,
- Speaker #1
je vais me taper les feuillages. Ils choisissent les mois.
- Speaker #0
Vous avez un calendrier partagé.
- Speaker #1
Ils le savent tous.
- Speaker #0
Après, c'est votre réalité. C'est votre quotidien.
- Speaker #1
Ils jouent le jeu. On a beaucoup de chance. On est bien entourés. Vraiment.
- Speaker #0
Du coup, là, vous avez déjà d'autres projets en tête ? Ou c'est quoi les prochaines étapes ? C'est de faire connaître encore plus vos produits auprès des particuliers, des professionnels ?
- Speaker #1
On aimerait bien faire des salons.
- Speaker #2
On essaie de s'axer beaucoup sur le commercial parce que c'est vrai qu'on manque à être connus, de visibilité. Et le but aussi, c'est de sécuriser notre partie exploitation. Donc là,
- Speaker #1
on recherche des partenaires. C'est les auditeurs qui nous entendent. Là, on a démarché des labos. Plantés pour eux, en fait, parce qu'ils utilisent certaines propriétés des plantes. Donc là, par exemple, avec un groupe qui en a pour parler, c'est pour des compléments alimentaires. Il y en a, c'est pour les cosmétiques, tout ce qui est pharmaceutique. Voilà, donc pour le soin animal aussi, il y en a beaucoup.
- Speaker #0
Parce que vous avez une possibilité d'étendre l'exploitation. Oui,
- Speaker #2
et c'était l'objectif. Pendant trois années, on a travaillé sur nos itinéraires techniques pour justement être sur, entre guillemets, la culture n'est jamais sur aujourd'hui, mais d'avoir des volumes. Donc voilà, maintenant c'est rodé, donc on cherche à s'étendre.
- Speaker #0
À développer.
- Speaker #2
Oui.
- Speaker #0
Et donc c'est vrai, comme on le disait tout à l'heure, le potentiel est important. Oui,
- Speaker #1
à la fois sur la partie culture, travailler pour des entreprises, des labos, etc. qui veulent qu'on plante pour eux, qui ont besoin de telles variétés. Donc ça, c'est déjà une première. Faire des tests aussi, on aimerait bien pouvoir développer des tests pour des entreprises qui se disent, on hésite entre plusieurs variétés. Quel pousse le mieux ? Quelles sont les propriétés des plantes ? Et puis après, on a la partie... Notre marque, Cosmos, d'infusion et confiture, pour nous, on essaie de séparer un peu les deux et de sécuriser les deux.
- Speaker #2
Après, ce qui est dommage dans la plante aromatique et médicinale, il y a énormément de demandes. On importe beaucoup en France de plantes. Et pour autant, l'offre n'arrive pas à rencontrer cette demande. Et en fait, c'est notre problématique à ce jour. C'est qu'on est obligé de démarcher un à un. Chaque labo, par exemple.
- Speaker #1
Il n'y a rien qui regroupe. Il n'y a pas d'organisme. Il y en a. il y a Cosmetic Valley il y a Interbio mais personne ne fait le lien c'est à dire que si demain un gros labo devrait pouvoir les contacter en disant j'ai besoin de 500 kilos de mélisse est-ce que vous pouvez me mettre en lien avec un partenaire ça se fait pas encore et c'est bien dommage je
- Speaker #2
pense qu'il y aurait un besoin il y a quelque chose à faire on y réfléchit il y a quelque chose à faire je trouve que c'est dommage parce qu'il y a plein de petits producteurs isolés et en fait ils pourraient probablement répondre à ces demandes-là. Peut-être pas avec les volumes demandés, mais voilà.
- Speaker #1
Ça peut être un ensemble de producteurs, plutôt qu'un seul, qui est des hectares et des hectares. Oui, des chars de coopérative, en fait. Ça peut être un complément de revenus, sécuriser les revenus des agriculteurs aussi. Parce qu'il y en a beaucoup qui plantent, qui font comme nous, qui font sécher, qui vont aller sur les marchés, par exemple, qui vont vendre, mais ça peut être le jour où il n'y a pas de marché, où il y a un Covid, où voilà, on fait comment. Donc ça peut être une autre...
- Speaker #0
Ce qu'on n'a pas précisé, c'est que quand même, alors je ne me rends pas compte, mais sur le territoire, vous êtes nombreux à faire ce métier dans le sud-ouest, on va dire ?
- Speaker #2
Alors il y a des petits producteurs, on en connaît quelques-uns aux alentours. Après, il y a des filières qui sont créées plus vers la Rochelle. Il y a Biolopam, je pense à Biolopam, c'est des producteurs qui sont regroupés en une COP. Mais après, dans le sud-ouest, sud-ouest, vraiment là, il y a... Vous êtes peu nombreux. En fait, il y a pas mal de producteurs, surtout dans le 64. Oui.
- Speaker #1
Alors après, on n'est pas sur forcément les mêmes créneaux. Il y en a beaucoup qui cultivent, qui vont vendre par le biais des marchés, par exemple. Et ça, nous, ce n'est pas notre lieu de vente. Donc, c'est plus peut-être paysans. Ils sont peut-être moins mécanisés que nous. Voilà, c'est deux manières de faire qui sont différentes. Mais du coup, on n'est pas sur la même clientèle. On n'est pas sur les mêmes recherches de clients. Voilà, c'est différent.
- Speaker #0
Parce que vous, vos canaux de vente, on n'en a pas parlé, donc ça reste votre site internet.
- Speaker #1
Oui.
- Speaker #0
Et après, vous êtes référencée dans un certain nombre de boutiques et de... Oui, on travaille en fait avec... ... boutiques locales, le panier de Ausha, je pense, ou... Des hôtels, des restaurants. Des hôtels, des restaurants. Des spas, beaucoup,
- Speaker #1
dans toute la France. Oui, c'est principalement, c'est ce qu'on recherche en fait, les pros travaillent généralement... C'est ces pros-là, quoi. C'est les hôtels, les restaurants, les épiceries fines.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Voilà. Et les spas. Et après, le site internet, c'est surtout pour les clients particuliers.
- Speaker #0
D'accord. Et la répartition pro et particulier ?
- Speaker #2
On est beaucoup plus sur le pro.
- Speaker #0
Sur le pro ?
- Speaker #2
On doit être 75 à 25. Et nous, c'est ce qui nous intéresse le plus. On aime bien la relation qu'il y a avec le professionnel.
- Speaker #0
C'est différent.
- Speaker #2
En fait, tout ce qui est commande de site internet, ça demande beaucoup de temps. Réparer le colis, l'expédition, c'est de la logistique. Alors là aussi, on a une pré-mantale étiquette, on a un logiciel qui nous centralise les commandes, etc. Mais c'est vrai que dès qu'il commence à y avoir beaucoup de commandes, ça nous prend tout le temps. Il faut gérer derrière.
- Speaker #0
Notamment sur les périodes de fêtes, comme vous le disiez, où ça doit être des périodes un peu plus intenses. Oui,
- Speaker #1
parce qu'on fait aussi des marchés de Noël à cette période-là, donc c'est intense quand même.
- Speaker #0
Vous vous démultipliez en permanence, en fait.
- Speaker #1
Exactement. Avant, on faisait tout à deux. Maintenant, on se divise. On se divise,
- Speaker #2
oui. Oui, beaucoup. Et ce qu'on te disait, on priorise. Parce que...
- Speaker #0
Oui,
- Speaker #2
c'est la clé. Sinon, on ne peut pas... Si on commence à tout faire... Voilà. Puis,
- Speaker #1
il faut accepter l'imperfection aussi, je pense. Oui. Au début,
- Speaker #0
on voulait que tout soit parfait. Maintenant, on lâche.
- Speaker #2
On y va.
- Speaker #1
On lâche. Et on verra. Voilà. C'est un peu la philosophie. Voilà. On y va, on verra. On est dans un contrôle fric au départ, qui était... C'est sûr que tout le monde veut bien faire quand on lance sa marque, son entreprise, mais à un moment donné, il faut arriver à relâcher.
- Speaker #0
Et là, du coup, est-ce qu'on a parlé des projets sur lesquels vous allez ? Est-ce qu'il y a des envies après de choses ? Des envies, il y en a beaucoup !
- Speaker #2
Les rêves, il y en a plein ! On aimerait bien s'exporter, ça serait sympa. Ça, ça fait partie des choses. Et puis avoir une ferme entièrement autonome. ça, ça serait le...
- Speaker #0
Donc il y a quand même des beaux projets. Oui, oui, oui. Le but,
- Speaker #2
c'est que ce ne soit pas de dépendance énergétique ou en eau extérieure, pour qu'on puisse vraiment maîtriser ce coût de production jusqu'au bout. On le voit avec la crise du pétrole.
- Speaker #0
Vous le vivez au quotidien d'autant plus fort. C'est vrai que nous,
- Speaker #1
on a une sensibilité à l'environnement aujourd'hui, à tout ça. Maintenant, quand on travaille dehors avec les plantes, là, c'est fois mille, parce qu'on se rend compte de tout.
- Speaker #0
On fait réfléchir dès à présent aussi sur les évolutions et sur les plantes et les cultures dans les années à venir. Oui, même les aménagements des cultures.
- Speaker #1
Souvent on se dit, la prochaine fois on fera comme ça, si on a une autre parcelle on fera peut-être pas comme ça. Tout le temps, on revoit tout parce qu'en fait on se rend compte que maintenant, c'est bête à dire, mais les canicules là on se dit maintenant ça va être très souvent et elles vont être très longues. Donc c'est pas une canicule de 3 jours, en 3-4 jours ça survit. Mais sur 10 jours là, comme on vient de passer, on est en train de passer, ça va être plus compliqué.
- Speaker #0
Donc ça aussi, c'est une anticipation de votre part à avoir une réflexion. C'est une préparation. C'est ce qu'on te disait. Beaucoup de préparation en amont parce qu'on est en bio en plus. C'est ce qu'on te disait.
- Speaker #2
Du coup, derrière,
- Speaker #0
on n'est plus tranquille. Cette anticipation permanente,
- Speaker #2
c'est la clé aussi, je pense. De tout. Aujourd'hui, on aurait anticipé ces changements climatiques. Je pense qu'agriculture se porterait mieux.
- Speaker #1
Non, mais chaque année est différente aussi. Chaque année, la météo, on peut avoir une année pluvieuse, une année plus fraîche, une année très chaude. Donc, en fait, chaque année, on repart à zéro, en fait. Et on s'adapte tout le temps. Et on se dit, ah oui, mais ça, on n'y avait pas pensé. Et puis,
- Speaker #2
c'est des événements qui sont de plus en plus violents.
- Speaker #1
C'est surtout ça,
- Speaker #2
des tempêtes, de la grêle, des averses, des trompes d'eau. Donc, voilà,
- Speaker #1
il faut arriver à conjuguer avec ça.
- Speaker #0
Donc là, la partie autonomie, anticipation et le climat. Et tu parlais de l'export. Donc ça aussi,
- Speaker #1
ça m'aimerait beaucoup.
- Speaker #0
Ça, c'est notre petit rêve en fond de tête. Oui,
- Speaker #1
on aimerait bien exporter un peu parce qu'on sait qu'il y a de la demande. On sait que tout ce qui est produit français dans l'épicerie fine est très recherché dans certains pays. Donc, il faut trouver l'exportateur. Bien sûr. C'est très compliqué. On se dit, j'aimerais bien vendre en Finlande. Comment on fait ? C'est très long. Amandine a fait une formation en apiculture. On aimerait bien aussi développer du miel.
- Speaker #2
Ça va en adéquation avec les infusions. C'est un cercle vertueux. On voyait quand nos basiliques montaient en fleurs. Il y a des centaines. des tonnes d'abeilles,
- Speaker #0
de papillons c'est super beau à regarder c'est super joli ça reste cohérent avec le projet donc ça c'est quelque chose que vous voudriez mettre en place dans les années qui viennent l'année prochaine la formation est faite le matériel est on l'a donc ça fait des très beaux projets aussi qui vont vous occuper on prendra encore un peu de temps
- Speaker #1
de temps en plus. Mais on espère pouvoir peut-être prendre quand même quelqu'un. On va voir le bilan de cette année commerciale et si on peut, on aimerait vraiment avoir quelqu'un avec nous.
- Speaker #0
C'est l'idée aussi, c'est de créer aussi de la valeur. Bien sûr. Le territoire aussi, c'était ça.
- Speaker #1
On aimerait beaucoup. Je trouve que ça, pour moi, c'est quand même une forme de réussite. C'est de se dire qu'on peut arriver à faire travailler quelqu'un. Mais bon, là, il faut que ce soit un passionné. Là, vraiment, ça relève de la passion, quand même.
- Speaker #0
Oui, mais bon, avec tout ce que vous avez évoqué, tous les projets que vous avez...
- Speaker #1
Mais ce qui est bien, c'est que, nous, on a déjà travaillé avec des stagiaires, mais l'idée, c'est de leur faire faire un peu tout. Pas simplement la tâche ingrate qu'on ne veut pas faire. Et ça, c'est hyper important, s'il y a des salariés à l'avenir, c'est voilà.
- Speaker #2
Oui,
- Speaker #0
les impliquer dans tout le projet. Oui, complètement. Qu'ils soient dans la même démarche que nous. Oui, je pense que vous l'avez bien expliqué. C'est ce qui vous anime et qui doit être en adéquation avec votre projet. C'est une évidence.
- Speaker #1
Tout à fait.
- Speaker #2
Après, ce qui est dommage, c'est qu'on est dans la plante aromatique, mais les cidanes, on a très peu de soutien financier, que ce soit par la PAC ou autre. Donc, c'est tout de nos fonds.
- Speaker #0
C'est un autofinancement.
- Speaker #2
On a des subventions pour le matériel,
- Speaker #1
mais après, le reste... Le reste,
- Speaker #2
c'est nous qui avons apporté dans le projet. Et c'est ça, je trouve dommage, c'est qu'aujourd'hui, trouver des investissements dans l'agriculture, c'est compliqué. Donc voilà, si vous n'êtes pas dans la tech, vous trouvez rarement des gens qui seraient prêts à investir dans un projet.
- Speaker #1
Et ça,
- Speaker #2
c'est vrai que je trouve que ça manque. Parce que l'agriculture ne se développe pas assez vite au vu des changements et des événements qui arrivent.
- Speaker #0
C'est ce que tu disais tout à l'heure.
- Speaker #2
Et pour pouvoir réussir à... Passer à une autre agriculture, il y a besoin de moyens. C'est des aménagements, c'est ce que je te disais. Faire venir l'irrigation, récupérer des eaux.
- Speaker #0
Ça passe obligatoirement par ça. des investissements, et c'est pas des choses qui se font en six mois, c'est sur plusieurs années, comme vous l'avez mis en place. Donc ça c'est un peu le message aussi. Ouais, c'est le message. Petite revendication. Non mais c'est vrai,
- Speaker #2
je trouve qu'il y a quand même peu de personnes qui prennent réellement de risques à investir dans une agriculture, dans l'agriculture en général.
- Speaker #0
Est-ce que c'est français ça particulièrement ?
- Speaker #1
Je sais pas, je connais pas assez l'agriculture dans les autres pays.
- Speaker #2
mais c'est vrai que là on se rend compte quand même que beaucoup d'exploitations ferment parce qu'il y a beaucoup d'agriculteurs qui partent à la retraite mais ça va être un vrai sujet à un moment donné ça va être un vrai sujet dans les 10 à 15 années à venir je pense qu'un peu moins parce que là rien qu'au vu des chaleurs qu'il y a eu je sais pas trop ce que ça va donner en termes de récolte cette année pour ceux qui n'ont la plupart des parcelles ne sont pas irriguées il y a déjà des agri qui risquent de sauter ça risque d'être compliqué et puis c'est pas la première année compliquée c'est 3-4 années compliquées donc c'est ça aussi le problème et l'enjeu
- Speaker #1
Je pense qu'on pourrait faire des choses pour les agricoles.
- Speaker #0
Tout ça, vous le mesuriez un peu avant de vous lancer dans ce projet ? Oui, parce que voilà.
- Speaker #1
Alors on venait de la banque. Et donc dans la banque, on a des personnes qui s'occupent de l'agriculture. Donc on fait des prêts aux agriculteurs. Donc on sait que les agriculteurs, c'est complexe. On voit les exploitations fermées. On voit les financements qu'il faut vite faire pour sauver une exploitation. Donc on avait conscience quand même de ça. Mais après voilà, on a toujours l'espoir de se dire que les choses vont évoluer.
- Speaker #2
Après un agriculteur il n'est pas là pour payer la dette de la société en gros. Je veux dire un agriculteur aujourd'hui c'est que de la dette. Il faut bien s'en rendre compte. Et si les exploitations ferment c'est parce que ça devient trop dur, trop rude. Donc voilà, c'est pour ça que je dis des fois c'est vrai que d'avoir un peu plus de soutien à l'agriculture ça sera quand même... Voilà,
- Speaker #0
ça sera pas plus mal. C'est un vrai sujet.
- Speaker #1
C'est comme les Français qui n'achètent pas français, qui achètent espagnol, etc. Mais ça, ce n'est pas la faute du client. C'est la faute déjà d'importer ces produits-là chez nous, qui n'ont pas la même réglementation.
- Speaker #0
C'est tout un tout-et-à-revoir.
- Speaker #1
Tout-et-à-revoir, mais il faudrait repartir de la base. On tape sur les doigts des Français, mais pour moi, ce n'est pas ça le problème. Ce n'est pas eux le problème.
- Speaker #0
En tous les cas, avec tout ce que vous mettez en place au quotidien et avec votre projet, vous essayez d'apporter votre pierre à l'édifice et à notre niveau.
- Speaker #1
Sur la partie agricole, sur l'idée de féminiser aussi.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'hommes,
- Speaker #1
on est un peu...
- Speaker #2
On n'a plus les ovnis de l'agriculture.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas grave.
- Speaker #2
Et aussi pour casser un peu cette image aussi du bio, parce qu'au tout début qu'on s'est installé, on a une image du bio qui est très... Alors je sais pas, on s'imaginait qu'on était... Un côté marginal. Ouais, un côté un peu marginal.
- Speaker #0
Pourtant, depuis 40 ans, les choses ont quand même évolué.
- Speaker #2
Bah pas tant que ça.
- Speaker #1
Je pense que peut-être ça dépend des régions.
- Speaker #2
Ouais, mais voilà. Ici,
- Speaker #1
on pensait qu'on était pieds nus dans nos champs, quoi. On a dit non, on est mécanisés, tout va bien,
- Speaker #2
on a des bonnes chaussures.
- Speaker #0
Il y a eu de la pédagogie à faire un peu.
- Speaker #1
Bah faut l'expliquer quand même.
- Speaker #2
Faut expliquer ce qu'on fait, parce que très souvent, quand on dit plantes aromatiques médicinales... Enfin, les gens se disent, là où là, dans la matrice. Donc non, en fait, tous les jours, dans tout ce que vous consommez, il y a de la plante. Même que ce soit maintenant dans les isolants de matériaux, il y en a qui se font en chambre. Le végétal est de partout. Donc ça, pour en avoir conscience. Oui, voilà, ça ne rend pas compte. Non, ça ne rend pas compte parce que même, voilà, ce qu'on disait, la partie pharmaceutique. Elle est complémentaire.
- Speaker #0
Beaucoup de médicaments, l'aspirine, etc. C'est tout des bases de plantes. C'est vrai qu'on a tendance à l'oublier.
- Speaker #2
On l'oublie complètement. Tout ce qui est huile de massage, c'est tout à base de plantes.
- Speaker #0
C'est bien de remettre les plantes un peu, de leur refaire prendre une place.
- Speaker #1
De leur redonner leur juste place.
- Speaker #2
Même dans la gastronomie, elles sont très présentes.
- Speaker #1
Il y a beaucoup de cuisiniers qui les utilisent.
- Speaker #2
Oui, pour diminuer par exemple. le sel, les choses comme ça, donner un peu plus de goût aux plats.
- Speaker #0
Ça devient une exaltation de goût.
- Speaker #1
Ça peut être en bouillon, en glace, en décoration. C'est vrai que la plante, elle est utilisée en fleurs.
- Speaker #0
Il y a un sujet sur un livre de cuisine ou de recettes que vous pourriez mettre en place peut-être avec. Je vous donne plus de travail.
- Speaker #1
Il n'y a pas de souci pour ça. Les idées, les projets, on aime ça. C'est notre carburant quand même.
- Speaker #0
C'est ce qui vous anime.
- Speaker #1
On a besoin de ça. On n'est pas juste... On a créé l'exploitation, maintenant c'est bon ? Non. On a besoin de pouvoir plus, d'avoir des idées.
- Speaker #2
Je pense que là,
- Speaker #0
vous n'en manquez pas pour les années à venir ?
- Speaker #2
Non. Il nous faut juste des moyens. C'est les moyens qui manquent. C'est ça qui fait qu'on le fait rapidement, on ne le fait pas.
- Speaker #0
Est-ce que vous avez un petit message pour la fin de cet entretien que vous voudriez faire passer ? On a évoqué plein de sujets passionnants. Est-ce que ça ne serait pas doser un des messages forts ?
- Speaker #1
D'oser de ne pas avoir peur. Si, on a peur, mais on le fait quand même. C'est ça en fait. Mais oui, d'oser aller, de s'écouter et d'essayer de se rapprocher au plus de ce qu'on aime.
- Speaker #2
Soyez alignés avec vous-même et ça se passera bien.
- Speaker #1
Mais ce n'est pas évident.
- Speaker #2
Non.
- Speaker #1
Et ça prend du temps. Ça prend du temps.
- Speaker #2
Ne vous lancez pas comme ça. Testez-vous. Testez-vous beaucoup. Parce que l'agriculture, ce n'est pas simple.
- Speaker #0
Vous n'avez pas choisi la reconversion ? c'est ce que ma mère me dit tout le temps t'as vraiment pas choisi le truc le plus simple est-ce qu'il y en a une plus simple que les autres l'agriculture c'est quand même quelque chose j'avoue là il y a la contrainte physique et psychique et la météo il y a tellement d'événements qu'on ne maîtrise pas c'est ça en fait c'est le fait de ne pas avoir de prise sur les choses sur tout ce avec
- Speaker #2
quoi vous travaillez ce qu'on disait au début on prenait tout à coeur et après tu relâches parce que sinon t'en sors plus Bah non,
- Speaker #1
non. Il y a des choses qu'on ne peut pas contrôler. Ce qu'on peut contrôler, ok, mais le reste... C'est comme ça.
- Speaker #0
En tous les cas, c'est une belle leçon de vie.
- Speaker #1
On l'intègre petit à petit.
- Speaker #0
En espérant que l'aventure perdure encore plein d'années. C'est tout ce que je vous souhaite. Pour conclure, si les gens veulent découvrir toute votre gamme de produits, le site internet et le compte Instagram, Cosmos avec un K.
- Speaker #1
Cosmos-bio.com C'est le site. Et le Instagram, c'est Cosmos Bio Land, tout attaché.
- Speaker #0
Oui, parce que nous sommes dans les Landes. Brasse un fruit, on l'a fait. Donc, les gens n'hésitent pas à aller à la rencontre de ce que vous faites. Et puis, surtout, découvrir vos produits chers et vos produits qui sont ultra qualitatifs et très beaux. On le rappelle aussi. C'est gentil. Merci.
- Speaker #1
S'ils ont des questions, des mails, un mail, un téléphone, il y a tout qui est en ligne.
- Speaker #0
Vous êtes disponible. Oui, on répond. il n'y a pas de soucis merci encore à vous deux pour ce bel échange merci à toi bonne continuation merci d'avoir écouté cet épisode s'il vous a plu n'hésitez pas à mettre une note sur votre plateforme d'écoute et à le partager autour de vous vous pourrez également retrouver tous les précédents invités et moi je vous dis à très bientôt pour un nouveau parcours de vie