Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast de Parentalité Intégrative. Je suis Nathalie Grillet, thérapeute familiale et systémique, et dans ce podcast, je vous parle du développement psychologique et émotionnel de votre enfant. Nous explorons ses besoins fondamentaux, ce qui se passe quand ils ne sont pas rencontrés, et comment la qualité de votre lien influence son développement. Bonjour et bienvenue dans ce nouvel épisode de Parentalité intégrative. Dans l'épisode précédent, nous avons exploré 5 des besoins fondamentaux de l'enfant. C'est quand vous, son parent, satisfaisez suffisamment souvent ces besoins fondamentaux que votre enfant se développe bien au niveau psycho-émotionnel. Il peut ressentir son corps comme étant un lieu sûr. Être reconnu dans ses besoins, développer son autonomie. Il apprend à faire confiance à l'autre et enfin il se sent aimé pour qui il est vraiment. Nous avons vu quelles capacités magnifiques se développent naturellement quand ses besoins sont suffisamment satisfaits. L'enfant développe l'ancrage dans son corps, cette sensation d'habiter pleinement son corps et de s'y sentir en sécurité. Il développe la connaissance de soi, la capacité de reconnaître ce qu'il ressent et ce dont il a besoin. Il développe l'affirmation, le pouvoir d'agir selon sa volonté et de s'exprimer. Il développe aussi la confiance, la capacité de s'appuyer sur les autres et de vivre l'interdépendance saine. Et enfin, il développe la capacité d'aimer et d'être aimé, d'ouvrir son cœur et recevoir l'amour. Ceci est le tableau du développement harmonieux, l'idéal de ce qui peut se construire quand tout se passe suffisamment bien. Aujourd'hui, je vous propose d'explorer comment se construit un enfant au niveau psycho-émotionnel quand ses besoins fondamentaux ne sont pas suffisamment satisfaits. Que se passe-t-il dans le corps et dans le psychisme d'un enfant quand il ne reçoit pas suffisamment de co-régulation de la part de son parent ? et ne peut donc pas apprendre à se sentir en sécurité dans son propre corps. Quand ses besoins restent trop souvent invisibles ou ignorés, quand son autonomie est réprimée, quand toutes ses expériences lui signalent qu'il ne peut pas faire confiance ni à l'autre ni à la vie, et quand l'amour semble être soumis à des conditions. Comment l'enfant fait-il face à ses manques ? Que met-il en place pour continuer à grandir au mieux possible et pour survivre psychiquement ? dans un environnement qui ne lui offre pas tout ce dont il a fondamentalement besoin. C'est le thème de cet épisode. Comment naissent ce que l'on appelle des structures d'adaptation ? Ces structures d'adaptation, ce sont des façons organisées de s'adapter à son environnement. C'est une question de survie pour l'enfant. Pourquoi ? Parce que l'enfant dépend entièrement de ses parents pour survivre. Maintenir le lien avec eux est vital. au sens le plus littéral du terme. Sans ce lien, il ne peut pas survivre. Alors, quand l'environnement familial ne lui permet pas de satisfaire ses besoins fondamentaux, l'enfant ne peut ni partir, ni changer ses parents. Sa seule option, c'est de s'adapter lui-même pour préserver à tout prix ce lien dont dépend sa survie. Ses structures se développent dans sa psyché pour lui permettre de continuer à fonctionner, de réduire son inconfort intérieur. de se protéger psychiquement de ce qui est trop douloureux et de tenter de compenser ce qui lui manque terriblement. Ces adaptations nécessaires à la survie de l'enfant s'organisent dans son système nerveux et dans son fonctionnement corporel. Elles prennent forme dans le corps et deviennent des façons automatiques de percevoir, de ressentir, de réagir et d'entrer en relation avec le monde. Le système nerveux de l'enfant est un système qui a besoin d'aide. Pour comprendre comment se forment les structures d'adaptation, il nous faut d'abord comprendre un des besoins fondamentaux du système nerveux de l'humain, le besoin de régulation. Le système nerveux fonctionne par cycle naturel. Tension et détente, activation et apaisement, charge et décharge. C'est un mouvement constant, un peu comme la respiration. Il y a l'inspiration. et l'expiration, et les deux sont nécessaires. Pensez à votre enfant qui joue. Il court, il saute, il crie de joie, il s'excite, il s'active de plus en plus. Son système nerveux se charge en énergie, son rythme cardiaque s'accélère, sa respiration devient plus rapide, son corps est en mouvement, c'est normal, c'est sain, c'est même nécessaire pour son développement. Mais cette montée d'énergie, cette activation du système nerveux, ne se produit pas seulement dans les moments de jeu et de joie. Elle se produit aussi, et surtout chez le tout petit, quand il ressent des sensations désagréables. Quand il a faim, quand il a froid, quand il est fatigué, quand quelque chose lui fait mal, quand il a peur. Son système nerveux s'active, se charge en tension, et l'enfant pleure, crie, pour signaler son inconfort. Dans les deux cas, que ce soit l'excitation joyeuse du jeu, ou l'activation inconfortable de la détresse, le système nerveux a ensuite besoin de revenir au calme, de se décharger, de retrouver un état de repos. Le rythme cardiaque doit ralentir, la respiration doit s'approfondir, le corps doit pouvoir se détendre. Ce cycle charge-décharge est fondamental pour le bien-être. Nous avons tous besoin de moments d'activation et de moments de repos. Les deux phases sont essentielles. Un bébé, comme un jeune enfant, ne peut pratiquement pas faire cela tout seul. À la naissance, il n'a pas encore la capacité de réguler son propre système nerveux. Il a besoin de vous, son parent, pour l'aider à revenir au calme. Il a besoin de co-régulation. Quand votre bébé pleure, quand il s'agite, peut-être parce qu'il se sent débordé par ce qu'il se passe en lui, vous le prenez dans vos bras, vous le bercez, vous lui parlez d'une voix apaisante. Vous l'aidez à revenir à un état d'apaisement, vous le co-régulez. C'est votre système nerveux calme qui régule le sien. C'est votre respiration lente, votre rythme cardiaque régulier, la chaleur de votre corps, le son apaisant de votre voix, c'est tout cela qui aide le système nerveux de votre bébé, de votre petit enfant à se réguler, à redescendre, à retrouver le calme. C'est donc ce qu'on appelle la co-régulation. Le préfixe « co » signifie « ensemble » . Vous réglez ensemble son système nerveux. Vous prêtez à votre enfant votre propre capacité de régulation, le temps qu'il développe la sienne. L'enfance, c'est cette longue période où l'enfant est censé apprendre l'autorégulation grâce à la co-régulation. Cette compétence d'autorégulation est essentielle dès que l'enfant va se retrouver en relation avec d'autres enfants à l'école. à la crèche, dans le monde social, et c'est de cette capacité d'autorégulation que vont pouvoir se développer bien d'autres compétences qui sont fondamentales. Les facultés cognitives, comme l'attention et la concentration, la capacité d'apprentissage, les compétences sociales, comme la gestion des conflits et l'empathie, et même le développement de l'estime de soi. Quand cela se passe bien, l'enfant vit des centaines, des milliers d'expériences comme celle-ci. Je suis débordé ? « Inconfortable, tendu, un adulte vient vers moi, il m'aide à revenir au calme, je me sens à nouveau bien. » Encore et encore, cette séquence se répète. Le bébé a faim et pleure. On le nourrit, il se calme. Le bébé a peur d'un bruit fort, on le rassure, il se détend. L'enfant est frustré et fait une crise, on reste près de lui avec bienveillance, il retrouve peu à peu son équilibre. de cette répétition. Le système nerveux de l'enfant apprend progressivement à passer d'un état d'inconfort à un état plus apaisé avec l'aide d'un adulte. Peu à peu, l'enfant fait l'expérience que le monde autour de lui est suffisamment sûr. que lorsqu'il va mal, un adulte peut l'aider, qu'il n'est pas seul avec son inconfort et qu'un retour au calme est possible. Son système nerveux apprend progressivement à se réguler. Il intègre, expérience après expérience, ce mouvement de régulation, montée de tension, puis retour au calme. Et avec le temps, il commence à pouvoir le faire de plus en plus par lui-même, tout en s'appuyant encore sur la relation. Mais que se passe-t-il quand cela ne fonctionne pas, quand l'aide nécessaire n'arrive pas, ou pas assez, ou pas de façon suffisamment fiable ? Alors l'enfant reste submergé. Mais que signifie être ou rester submergé ? Quand un enfant est submergé, cela veut dire que l'activation de son système nerveux ne parvient pas à redescendre suffisamment. La tension s'accumule alors dans son corps sans pouvoir se décharger. Le retour à un état de calme devient de plus en plus difficile. Quand cela se produit de façon répétée, le système nerveux de l'enfant va peu à peu s'organiser autour de ces états d'alerte ou de détresse. L'enfant restera souvent tendu, vigilant, parfois même il peut se figer dans cet état. Et alors la submersion devient chronique. Il existe plusieurs situations dans lesquelles un enfant peut se retrouver dans cet état. Essayons de les différencier. Premièrement, regardons ce qu'il se passe si l'enfant subit un traumatisme de choc. Le trauma de choc correspond à un événement soudain et intense qui dépasse les capacités d'adaptation du système nerveux de l'enfant. Cela peut correspondre à un accident, une hospitalisation brutale, avec des procédures médicales invasives, Une séparation soudaine avec ses parents ou une situation perçue comme étant extrêmement dangereuse par l'enfant. C'est soudain et c'est violent. Face à ce type d'événement, le système nerveux peut se figer ou bien rester durablement en état d'alerte. L'expérience n'a pas pu être intégrée. On pourrait dire qu'elle n'a pas pu être correctement digérée par l'organisme de l'enfant. Elle reste active dans le corps et continue d'influencer les réactions de l'enfant, parfois même longtemps après que l'événement lui-même soit terminé. Deuxièmement, on peut regarder le trauma que l'on appelle développemental, ou bien encore traumatisme complexe. Ici, nous ne sommes pas face à un événement unique. mais face à un contexte relationnel ou environnemental qui se répète dans le temps et qui ne permet pas à l'enfant de se construire dans une sensation de sécurité. Le trauma développemental apparaît lorsque sur la durée, l'enfant grandit dans un contexte qui ne soutient pas suffisamment ses besoins fondamentaux et l'expose à des expériences relationnelles. qui sont insécurisantes. Par exemple, un climat familial tendu, avec des conflits fréquents entre les adultes, même s'ils ne visent pas directement l'enfant. De la violence, qu'elle soit verbale ou physique, envers l'enfant ou envers d'autres membres de la famille. Troisièmement, au-delà des traumatismes de l'enfance, l'interruption répétée du processus naturel de décharge peut elle aussi avoir des effets importants sur le développement de l'enfant. Lorsqu'un enfant vit une expérience difficile ou bouleversante, son corps cherche naturellement à retrouver son équilibre, à se réguler. Il peut alors pleurer, trembler, exprimer de la peur, de la colère ou de la détresse. Ces réactions ne sont pas des caprices, ce sont des processus biologiques naturels de décharge de l'attention accumulée. Mais lorsque ces expressions sont régulièrement interrompues par des injonctions à se taire, à se calmer trop vite, A minimiser ce qui est vécu, le processus ne peut pas aller à son terme. La tension reste alors dans le corps, non résolue. Et lorsque l'enfant est en plus puni ou disqualifié pour avoir exprimé sa détresse, il apprend quelque chose de profondément perturbant. Ce qui se passe en lui est inacceptable, dangereux à montrer aux autres. Alors, progressivement, il n'exprime plus, il retient tout à l'intérieur. Et ce qui n'a pas pu être traversé, déchargé, régulé, reste actif dans son système nerveux, non intégré, toujours présent. Regardons maintenant comment l'enfant s'adapte. Voilà où nous en sommes. L'enfant se retrouve régulièrement submergé. Son système nerveux reste donc tendu en alerte. Il n'a pas encore la capacité de se réguler seul et l'aide dont il aurait besoin n'est pas disponible de façon suffisante ou fiable. Dans cette situation, l'enfant n'a que très peu de marge de manœuvre. Il ne peut pas partir, il ne peut pas changer ses parents ni son environnement. Il dépend entièrement d'eux pour sa survie. De plus, son cerveau n'est pas encore suffisamment mature pour comprendre ce qu'il se passe, pour prendre du recul ou relativiser son expérience. Il vit les situations telles qu'elles sont ressenties dans l'instant avec tout son corps. Alors son système fait ce qu'il peut. Il cherche une façon de réduire l'inconfort et de rendre la situation plus supportable. C'est une réponse adaptative, une tentative de protection. Pour faire face à ce qu'il vit, l'enfant met en place des façons de faire, des réponses internes, que l'on peut appeler des stratégies d'adaptation. Il expérimente. Ces stratégies ne sont pas choisies consciemment, l'enfant ne réfléchit pas à ce qu'il fait. Son système nerveux s'organise automatiquement pour faire face à ce qu'il vit. Les stratégies qu'il met en place dépendent de son âge, de son niveau de développement, Et des capacités qu'il a déjà acquises à ce moment-là. Chez le tout petit, tant que la conscience de la séparation avec la personne qui s'occupe de lui n'est pas encore installée, la possibilité principale est souvent de se couper des sensations, de se déconnecter, pour ne plus ressentir ce qui est trop intense. Quand l'enfant commence à se vivre comme un être séparé et à percevoir l'autre comme étant distinct de lui, d'autres stratégies deviennent possibles. Il peut alors se tourner vers l'autre, s'y ajuster. Faire attention à ce qui est attendu de lui afin de préserver le lien. Plus tard encore, lorsque l'enfant comprend que certaines de ses émotions, de ses élans ou de sa volonté ne sont pas acceptables dans son environnement, il peut apprendre à se contenir intérieurement. Il se montre alors calme, sage, accommodant, tout en gardant en lui de la colère ou de la frustration qui ne peuvent pas s'exprimer. Dans d'autres cas, l'enfant tend au contraire de reprendre du contrôle par l'opposition, la colère ou la force. Il n'y a pas de bonne ou de mauvaise stratégie. Ce sont des réponses inconscientes, intelligentes, adaptées à un environnement donné et aux ressources dont l'enfant disposait à ce moment-là. Parfois, l'une de ces stratégies permet effectivement de réduire l'inconfort. Elle apaise un peu la tension, elle rend la situation plus tolérable. Alors, naturellement, l'enfant la réutilise. Encore. Et encore, au fil du temps, cette manière de faire devient familière, puis elle devient automatique. Quand la stratégie s'organise à force d'être répétée, elle ne reste pas seulement psychologique, elle s'organise aussi dans le corps et dans le système nerveux. Elle peut s'accompagner de tensions musculaires qui deviennent habituelles. Elle influence la respiration, qui devient parfois plus courte, plus retenue, plus haute. Elle façonne la posture, la manière de se tenir, de se mouvoir. Elle oriente la façon dont l'activation circule dans le corps et dont l'enfant réagit face au stress ou à la relation. Peu à peu, cette organisation devient automatique. Elle s'installe en dehors de toute décision consciente. C'est une réponse corporelle apprise. L'ensemble de ces tensions et de ces ajustements corporels est parfois appelé « armure corporelle » . Il ne s'agit pas d'une armure rigide ou définitive, mais d'une organisation protectrice qui s'est mise en place pour faire face à ce qui était difficile, voire impossible à vivre autrement. Cette organisation a été utile, elle a permis à l'enfant de continuer à grandir, à s'adapter, à survivre psychiquement. Avec le temps, elle peut persister et continuer à influencer la manière dont la personne respire, se tient, ressent et entre en relation. Tant qu'elle n'est pas rencontrée et soutenue autrement, elle reste une façon privilégiée de faire face au monde. Regardons maintenant comment une structure se stabilise dans le temps. Avec le temps, la structure d'adaptation n'agit pas seulement dans le corps. Elle influence aussi la manière dont l'enfant perçoit son environnement. Pourquoi ? Parce que le système nerveux apprend à orienter l'attention là où il a appris que quelque chose d'essentiel se jouait, pour la sécurité ou pour le lien. Ce que l'enfant a dû surveiller pour tenir devient ce qu'il remarque en priorité. Un enfant qui a appris que sa sécurité dépend de la vigilance repère très vite ce qui pourrait poser problème. Son attention se porte spontanément sur les signes de danger, de tension ou d'imprévu. Un enfant qui a appris qu'il doit s'ajuster aux autres pour préserver le lien porte naturellement son attention sur les états émotionnels de son entourage. Il remarque les changements d'humeur, ce qui pourrait fragiliser la relation. Ce n'est pas une décision consciente, c'est une orientation automatique de l'attention façonnée par les expériences répétées. Et, à force de porter l'attention toujours au même endroit, l'enfant finit par faire l'expérience que le monde est effectivement comme cela. Ce qu'il remarque devient ce qui prend le plus de place dans son vécu. Ce qui est moins remarqué passe à l'arrière-plan. Peu à peu, cette manière de percevoir le monde devient familière, évidente, sans être jamais questionnée. Là où l'attention se pose, l'expérience se construit. Peu à peu, certaines expériences deviennent familières, attendues, prévisibles. D'autres deviennent plus difficiles à percevoir, parfois presque absentes du champ de l'expérience. L'enfant n'a pas une vision globale et objective de la réalité. Il vit dans un monde filtré par ce que son système nerveux a appris à surveiller. A force de se répéter, ses expériences construisent des attentes implicites sur le monde et sur la relation. Elles concernent par exemple ce à quoi l'enfant s'attend dans le lien avec les autres, ce qui lui semble possible ou impossible dans la relation, ce qui est perçu comme risqué ou au contraire soutenant. Ces attentes ne sont pas formulées comme des pensées conscientes. Elles fonctionnent comme des repères internes, implicites, qui orientent la perception et les réactions. Et ces attentes orientent à leur tour l'attention, ce qui renforce la structure déjà en place. Un même fonctionnement se répète encore et encore, sans décision consciente, simplement parce qu'il est devenu familier et qu'il a permis à un moment donné de tenir dans cet environnement. C'est pour cela que ces structures ne se transforment pas par la volonté ou par la réflexion seule. Elles impliquent le corps, la respiration, le tonus musculaire, le système nerveux. Elles influencent la perception avant même que la pensée n'intervienne. Elles organisent la relation de façon automatique. Il ne s'agit pas d'un manque de volonté. ni d'un défaut personnel. Il s'agit d'une organisation profonde, construite très tôt, pour faire face à ce qui était possible dans l'environnement de l'enfant à ce moment-là. Les structures d'adaptation correspondent à des organisations précoces du système nerveux, du corps et de la relation. Elles se mettent en place donc très tôt. Quand c'est nécessaire, elles émergent dès les premières années de la vie pour permettre à l'enfant de faire face à son environnement. L'enfant s'adapte encore et encore à ce qui est possible dans son environnement. Avec le temps, ces organisations peuvent donner l'impression d'un trait de caractère, d'une personnalité fixe, parce qu'elles sont stables, automatiques et présentes dans de nombreuses situations. Mais sur le plan scientifique, il s'agit de patterns adaptatifs appris. Des schémas qui se sont construits dans l'expérience et qui organisent ensuite la manière de percevoir le monde, de ressentir les émotions, de réagir aux situations et d'entrer en relation avec les autres. Chaque structure correspond à une façon particulière de faire face à l'insécurité, au manque, à l'imprévisibilité ou à la tension dans les relations. Il existe différentes structures d'adaptation. Chaque histoire d'enfant est singulière, unique. Pourtant, l'observation clinique menée depuis des décennies montre que ces adaptations s'organisent autour de quelques grandes formes, de quelques grandes familles, on pourrait dire. Certaines structures s'organisent autour de la dissociation, le fait de se déconnecter de son corps, de ses émotions, de l'instant présent. D'autres s'organisent autour de la vigilance constante, de l'hyperattention à tout ce qui pourrait. menacer la sécurité. D'autres encore autour de l'effacement de soi, du fait de se rendre le plus petit possible pour ne pas déranger. D'autres autour du contrôle, de la maîtrise, de la performance ou bien de la retenue émotionnelle. Chaque structure représente une manière spécifique de gérer l'activation du système nerveux et l'inconfort intérieur, de préserver le lien avec les figures d'attachement. de maintenir un sentiment minimal de sécurité dans un environnement qui ne procure pas à l'enfant ou pas suffisamment cette sécurité. Ces structures émergent dans des contextes différents et répondent à des environnements relationnels particuliers. Nous allons les explorer en détail dans les prochains épisodes. Ces organisations précoces persistent à nous influencer à l'âge adulte, la manière de percevoir ce qui se passe autour de soi, de réagir aux tensions, de gérer ses émotions, d'interpréter les intentions des autres et de se positionner dans les relations. Et ces structures prennent une place toute particulière lorsque l'adulte devient parent. Effectivement, devenir parent réactive très fortement ces structures. Cela mobilise intensément le lien, la dépendance, la responsabilité, l'impuissance face aux émotions de l'enfant, autant d'expériences qui font profondément écho à notre propre enfance. La structure d'adaptation d'un parent influence sa manière de répondre à son enfant, comment il réagit aux pleurs, aux colères, aux besoins exprimés de son enfant. Elle influence aussi sa relation de couple, l'ambiance familiale et donc plus largement l'environnement émotionnel dans lequel son propre enfant grandit. Nous arrivons au terme de cet épisode. Nous avons vu comment lorsque les besoins fondamentaux de l'enfant ne sont pas suffisamment rencontrés, Des stratégies d'adaptation se mettent en place. Comment ces stratégies se répètent, s'organisent dans le corps et dans le système nerveux, et structurent progressivement ? le fonctionnement psycho-émotionnel. Ces stratégies d'adaptation se construisent très tôt pour permettre à l'enfant de faire face à son environnement tout en préservant le lien avec son parent, dont il dépend pour survivre. Avec le temps, elle continue d'influencer le fonctionnement psycho-émotionnel et relationnel tout au long de la vie. Dans la suite de cette série de parentalités intégratives, nous allons explorer chacune des structures d'adaptation, une par une, tout au long de l'année. Pour chaque structure, nous verrons d'abord comment elle se construit chez l'enfant, dans quel contexte et en réponse à quels besoins non satisfaits. Nous observerons ensuite comment elle se manifeste à l'âge adulte, dans la vie quotidienne et dans les relations. Et nous prendrons aussi le temps de comprendre ce que chaque structure vient protéger, car chacune d'elles répond à quelque chose d'essentiel pour la personne qui l'a développée. Enfin, une attention particulière sera portée à la parentalité, à la manière dont ces structures influencent concrètement la relation à l'enfant, la relation de couple, et plus largement, l'équilibre familial. Merci d'avoir été là pour cet épisode. Merci pour votre engagement, votre présence et votre écoute. Merci d'avoir rejoint la communauté de la parentalité intégrative le temps de cet épisode. Une communauté de parents en chemin, sensibles au lien, à la croissance intérieure, au respect de l'enfant, dans la richesse et la sensibilité de son être. Avant de nous quitter, je vous laisse avec ces quelques mots, comme une invitation à explorer un autre chemin. Le parent intégratif ne façonne pas l'enfant, il s'emploie à protéger le lien dans lequel sa lumière peut rayonner librement. A bientôt !