Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast de la Parentalité Intégrative, l'espace dédié au développement psychologique et émotionnel de votre enfant. Comment l'accompagner vers la meilleure version de lui-même en respectant vos propres besoins et l'équilibre de la famille ? Comment créer cet environnement dans lequel il pourra se sentir en sécurité et ainsi grandir heureux, bien avec lui-même et bien avec les autres ? Et comment vous aider, vous, parents, à guérir les blessures de votre passé et à transformer l'héritage familial quand tout cela semble entraver la parentalité que vous aspirez pourtant à construire ? Je m'appelle Nathalie Grillet, je suis thérapeute familiale et systémique et je mets mon expérience au service de votre parentalité. Quand vous pensez au développement de votre enfant, vous pensez à ses premiers pas, ses premiers mots, au progrès qu'il fait àl'école et à toutes ses compétences qui se construisent peu à peu. Et tout cela est important, bien sûr. Mais grandir, c'est bien plus que cela. C'est aussi pouvoir rester proche de soi-même. C'est avancer en se sentant digne d'amour, reconnu. C'est apprendre à se respecter, parce qu'on fait chaque jour l'expérience d'être respecté par l'autre. C'est dans cette liberté intérieure protégé par la sécurité affective que vous lui offrez, que votre enfant grandit vraiment bien. Le thème d'aujourd'hui est donc particulièrement important, car il touche à la construction psychologique profonde de votre enfant. Les approches parentales ont beaucoup évolué. On sait désormais que les modèles trop permissifs, comme ceux trop autoritaires, ne favorisent pas le bon développement de votre enfant. La parentalité positive a marqué une étape essentielle. Elle a mis l'accent sur la bienveillance, sur l'écoute, sur la reconnaissance des émotions. Et c'est un apport très précieux qui a permis à beaucoup de familles de sortir d'une logique punitive ou dure, ou du moins d'essayer le plus souvent possible. Les recherches en développement de l'enfant et en neurosciences nous invitent aujourd'hui à aller encore plus loin, au cœur même de l'expérience intérieure de l'enfant. Comment l'accompagner pour qu'il se sente libre d'être lui-même, sans mettre la relation en danger ? C'est ce que l'on appelle l'intégration en parentalité. La capacité d'exister, Merci. comme individu à part entière, tout en restant en lien avec l'autre, et en premier lieu avec vous, son parent. Chacun garde son individualité, chacun peut rester lui-même, même le parent, et la relation devient un lieu de sécurité et de reconnaissance. Concrètement, cela veut dire que votre enfant a besoin de sentir qu'il peut exprimer ses besoins, ses émotions, ses envies, sans craindre de perdre votre attention ou votre affection. qu'il n'a pas à se conformer, à cacher ce qu'il ressent ou à se transformer pour rester acceptable. C'est dans cette liberté intérieure, protégée par la sécurité affective que vous lui offrez, que votre enfant grandit vraiment bien. Pour que cela soit possible, il a besoin de se sentir en sécurité au sein de la relation qui vous unit. Ce qui compte pour votre enfant, c'est donc la qualité du lien, sentir qu'il est chaleureux et qu'il peut s'y sentir en sécurité. Dès la naissance, il dépend totalement de vous. Sa survie en dépend, c'est plus fort que tout. Alors, par tous les moyens, il va chercher à maintenir ce lien. Et pour le préserver, il est prêt à beaucoup, y compris à se détourner de lui-même. C'est le début de l'adaptation. Et ces adaptations, elles prennent des formes très différentes. Il y a l'enfant qui se coupe de ses ressentis, celui qui porte toute son attention sur l'autre au point de s'y perdre, celui qui se renferme en lui-même et construit un mur de béton tout en donnant l'impression qu'il est d'accord. Il y a aussi l'enfant qui se sent poussé dans une direction pour combler ce que ses parents n'ont pas accompli eux-mêmes, devenir un champion en sport, en musique ou réussir brillamment dans ses études. Quelle trace laisse cette stratégie dans la construction psychologique et émotionnelle de l'enfant ? C'est tout un travail que nous allons explorer ensemble dans les prochains épisodes. Et ce sera d'autant plus important que, comme parents, vous portez vous aussi vos propres adaptations, souvent inconscientes, qui influencent votre manière d'être avec votre enfant. Ces comportements, ces adaptations comme on les appelle, paraissent très différents, parfois même opposés, mais en réalité ils ont une racine commune, le besoin de préserver le lien. Tous expriment la même chose, j'ai besoin de toi et je fais comme je peux pour que notre lien perdure. C'est ce paradoxe que nous allons explorer dans cet épisode. Comment la sécurité affective permet à votre enfant de grandir au meilleur de lui-même en restant fidèle à sa nature profonde ? Et pourquoi, quand cette sécurité fait défaut, il s'adapte au point de s'éloigner de sa vérité intérieure ? Pour comprendre ce qui se joue, il faut voir comment votre enfant s'adapte pour maintenir le lien avec vous. Un enfant dépend totalement de ce lien. Il ne peut pas se dire « mon parent est fatigué aujourd'hui, mais il m'aime quand même, c'est pas grave » . Son cerveau n'est pas encore mature pour relativiser ainsi. Pour lui, chaque rupture, chaque absence de réponse, chaque tension peut être vécue comme un risque de perdre l'amour ou la présence dont il dépend. Alors, ils développent inconsciemment des stratégies, et cela dès sa naissance. Chez certains, cela passe par le silence. Ils se font petits, sages, toujours arrangeants. Leur objectif ? Ne surtout pas déranger pour rester accepté. D'autres cherchent à plaire à tout prix. Ils sentent ce que vous attendez et ils s'y conforment. Ils deviennent l'enfant parfait, celui qui réussit, celui qui donne satisfaction. D'autres encore apprennent à cacher leurs émotions. Ils se coupent de leur tristesse, de leur colère, parce qu'ils ont compris que les exprimer ne leur rapportait rien de bon, ou pire, pouvaient même déclencher du rejet. Et puis à l'inverse, certains enfants multiplient les appels. Ils réclament, ils pleurent, ils testent, ils explosent parfois. C'est leur manière de vérifier sans cesse que vous êtes bien là pour eux. Toutes ces réactions peuvent sembler très différentes, mais elles ont la même racine. Elles servent à préserver le lien, coûte que coûte. Concrètement, ça veut dire que pour ne pas risquer de perdre votre attention ou votre affection, votre enfant va choisir, et je le répète de façon tout à fait inconsciente, de s'éloigner de ce qu'il ressent vraiment. S'il pense que montrer sa colère vous fâche, il va la réprimer. S'il comprend que vos compliments arrivent quand il réussit, il va se suradapter pour vous satisfaire. S'il craint que vous ne soyez pas toujours disponible, il va redoubler d'appels, de cris ou de colères, pour s'assurer que vous ne l'oubliez pas. Ces stratégies sont des solutions de survie. Elles sont intelligentes à court terme, parce qu'elles permettent à votre enfant de garder le lien avec vous, même si ce n'est pas un lien dans lequel il peut être totalement lui-même. Mais à long terme, ces stratégies ont un prix. Plus elles se répètent, plus elles deviennent automatiques. L'enfant apprend alors à mettre de côté ses besoins et ses émotions, simplement pour préserver la connexion avec vous. Et peu à peu, il se construit en s'éloignant de sa vérité intérieure. Avec le temps, il finira même par se dire que c'est son caractère, que c'est comme ça. Et cela est une illusion, ce n'est pas sa nature profonde, c'est juste une adaptation. Ce qui protège un enfant dans l'enfance peut devenir avec le temps une manière rigide de fonctionner. Ce sont des schémas relationnels qui s'installent et qui pourront déjà apparaître dès l'adolescence. Or, l'adolescence est une période charnière. L'enfant est censé prendre de la distance, expérimenter, s'affirmer, se redéfinir. Certains le feront en s'opposant, en se rebellant. Mais d'autres, selon ce qu'ils ont appris plus tôt, suivront un autre chemin. Prenons l'exemple d'un adolescent qui, enfant, a appris à taire ses besoins pour préserver le lien. Au lieu de s'affirmer, il continuera à s'effacer. Il paraîtra facile à vivre, jamais en opposition. mais il aura du mal à dire ce qu'il ressent et à trouver sa place dans un groupe. Plus tard, devenu adulte, il risque de continuer à passer ses besoins sous silence. Cela fragilisera son intimité et ses relations amoureuses. Un autre exemple, celui d'une adolescente qui a grandi dans l'insécurité du lien. Petite, elle réclamait beaucoup, elle pleurait, multipliait les appels pour s'assurer que son parent était là. À l'adolescence, elle pourra devenir très dépendante du regard des autres, inquiète dans ses amitiés ou dans ses amours. Même quand elle sera entourée, elle se concentrera sur tout ce qui manquera. À l'âge adulte, ce schéma pourrait l'empêcher de profiter pleinement de ce qui lui sera donné. Un troisième exemple, celui d'un enfant qui a dû cacher ses émotions parce qu'elle n'était pas accueillie ou déclenchée du rejet. Adolescent, il pourra sembler indépendant, fort, détaché. Mais en réalité, il aura beaucoup de mal à se rapprocher des autres. Devenu adulte, il restera probablement distant, peu à l'aise avec l'intimité, comme si montrer sa vulnérabilité pouvait être dangereux. Ses exemples montrent tous la même chose. Ce qui protège un enfant dans son enfance devient un fardeau par la suite. Ses schémas freinent la liberté intérieure de l'enfant. Il l'amène à mettre ses besoins de côté, à cacher ses émotions, à se conformer. Et tout cela limite sa capacité à se développer pleinement. Mais ce qu'il faut garder en tête, c'est que rien n'est figé. Chaque jour, la relation avec vous peut lui offrir une nouvelle expérience. Quand il se sent reconnu, entendu, accueilli tel qu'il est, il apprend qu'il n'a pas besoin de s'éloigner de lui-même pour garder le lien avec vous. C'est ce sentiment de sécurité qui lui permet de grandir libre. Pour que votre enfant puisse grandir sans s'éloigner de lui-même, il y a trois conditions qui sont essentielles. La première, c'est la base de sa sécurité, votre disponibilité régulière, la constance de votre présence et surtout votre capacité à réparer les petites ruptures dans la relation. J'ai déjà consacré un épisode complet à ce sujet. Vous pourrez le réécouter si vous voulez approfondir. Le lien cœur à cœur. La deuxième condition, c'est la co-régulation. C'est ce que vous faites quand vous l'aidez à traverser une tempête émotionnelle en lui montrant qu'il peut ressentir et exprimer ses émotions sans danger, parce que vous êtes là pour l'accompagner. Là aussi, j'ai déjà publié un épisode spécifique, le miroir affectif. Et puis, il y a un troisième élément, tout aussi déterminant, ce qu'on appelle la fonction réflexive parentale. Qu'est-ce que cela veut dire ? C'est votre capacité à considérer que votre enfant n'est pas seulement ce qu'il montre. Derrière ses gestes, ses colères, ses silences, ses sourires, il y a toujours une vie intérieure, des émotions, des intentions, des pensées, parfois des inquiétudes qu'il n'arrive pas à dire autrement. Avec le miroir affectif dont nous avons déjà parlé, vous reflétez ce qu'il ressent. Je vois que tu es triste, que tu es en colère. La fonction réflexive, elle, va plus loin. Elle consiste à vous rappeler que son comportement est la pointe émergée d'un vécu intérieur plus profond. Prenons une scène du quotidien. Il est 19h, vous demandez à votre enfant d'aller se laver, et là, il explose. Vous pourriez penser « il exagère, il cherche à m'opposer une résistance » . Mais si vous exercez votre fonction réflexive, vous vous arrêtez un instant et vous vous demandez Merci. Qu'est-ce qui se passe en lui pour qu'il réagisse ainsi ? Est-ce la fatigue de sa journée ? Est-ce la frustration de quitter son jeu ? Est-ce une difficulté à gérer la transition ? Ce regard change tout, parce que vous ne réduisez pas votre enfant à son comportement visible. Vous l'aidez à se sentir reconnu comme une personne entière. Pour lui, c'est une expérience précieuse de se dire « Mon parent ne regarde pas seulement ce que je fais, il voit aussi ce que je vis à l'intérieur » . Mes émotions comptent, mes pensées comptent, mes besoins comptent. Imaginez la différence. Un enfant qui se met en colère et qu'on étiquette aussitôt comme capricieux finit par cacher sa colère pour ne plus risquer de perdre l'amour de son parent. Mais si au contraire vous reconnaissez ce qu'il traverse, par exemple tu es frustré parce que tu voulais continuer à jouer, il comprend qu'il peut rester lui-même, même en exprimant sa colère. Vous allez juste lui apprendre à reconnaître son émotion et à s'exprimer de façon entendable pour les autres. Et c'est exactement cela qui protège son individualité. Un enfant qui se sent pensé dans son intériorité apprend qu'il n'a pas besoin de se déguiser en enfant parfait ou de se rendre invisible pour être aimé. Il découvre qu'il peut montrer qui il est vraiment, avec ses émotions, ses limites, ses élans. La fonction réflexive parentale n'est donc pas une technique de plus, ce n'est pas un outil de communication. C'est une posture intérieure, se rappeler encore et encore que votre enfant agit toujours à partir de son monde intérieur. Et c'est cette reconnaissance, répétée jour après jour, qui lui permet de grandir en restant fidèle à lui-même. On pourrait croire que respecter l'individualité d'un enfant, c'est le laisser faire ce qu'il veut. Mais ce serait une erreur que de croire cela. La sécurité affective ne s'oppose pas du tout aux limites, au contraire. L'enfant a besoin de savoir où sont les repères. Les limites claires et constantes ne sont pas des barrières qui enferment, ce sont des balises qui le rassurent. Elles lui permettent de comprendre ce qui est possible, ce qui ne l'est pas, et surtout que c'est vous qui tenez le cap. La souplesse, elle, n'est pas dans la suppression des règles, elle est dans la manière de les poser. Dire « non, tu ne peux pas manger encore un bonbon » peut se faire sèchement, ou bien en accueillant l'émotion de l'enfant. Je comprends bien que tu en veuilles un autre, c'est difficile de s'arrêter quand on aime ça. Et en même temps, la règle, c'est un seul bonbon. Dans le premier cas, l'enfant entend une interdiction. C'est froid. Dans le second, il reçoit à la fois un cadre et la reconnaissance de ce qu'il ressent. Et c'est ça qui change tout. Parce que respect de l'individualité et cadre structurant vont de pair. Quand vous posez une règle en considérant le vécu intérieur de votre enfant, vous lui offrez deux expériences fondamentales. Celle de la sécurité, parce que le monde n'est pas sans limites, et celle de l'authenticité, parce que ses émotions sont entendues même si la règle ne change pas. Le fameux enfant roi naît quand l'adulte se retire, quand l'enfant doit gérer seul un espace sans repères clairs. Ce n'est pas la reconnaissance de son individualité qui en fait un tyran, c'est l'absence de cadre. Un enfant qui peut être lui-même, tout en étant contenu par des règles justes et constantes, c'est un enfant qui grandit en sécurité. En m'écoutant, une question vous traverse. D'accord, je comprends que je dois respecter la nature profonde de mon enfant. Mais si cette nature est colérique, impulsive, difficile à vivre au quotidien, est-ce que ça veut dire que je dois tout accepter ? C'est une question qui est légitime et beaucoup de parents se la posent. Alors prenons le temps de clarifier cela. Le tempérament, c'est le bagage de départ de votre enfant. Il est en partie hérité biologique. Certains enfants viennent au monde avec beaucoup d'intensité, d'autres avec un tempérament plus calme. certains réagissent très fort à la frustration, d'autres parviennent plus facilement à se réguler. Aspecter la nature profonde de votre enfant, ce n'est pas dire oui à tous ses comportements, ce n'est pas accepter qu'il tape, qu'il hurle ou qu'il vous insulte. Aspecter sa nature, c'est reconnaître son terrain de départ. Mon enfant vit ses émotions de manière intense, et mon rôle est de l'accompagner pour apprendre à les exprimer d'une manière que l'autre puisse entendre et comprendre. Une émotion signale toujours quelque chose. Elle naît d'une perception de la réalité et déclenche une réaction. Quand l'impulsivité et la colère prédominent, votre rôle est d'aider votre enfant à se poser pour examiner deux choses. Premièrement, sa perception est-elle juste ? Par exemple, il croit que son frère a pris son jouet pour l'embêter, alors que ce n'était pas volontaire. Et si sa perception est exacte, comment peut-il exprimer son besoin, réparer l'injustice ou faire valoir son ressenti d'une manière recevable ? On ne veut pas faire taire sa grande énergie. On lui montre un chemin pour transformer son émotion en une action prosociale, c'est-à-dire un comportement qui va dans le sens du lien. Demandez calmement, cherchez une solution, réparez si besoin. Les recherches en neurosciences confirment que les gènes ne décident pas de qui sera votre enfant. Ils influencent surtout la manière dont il réagit à ce qu'il vit, la façon dont il est sensible à son environnement. Un enfant colérique, accompagné dans un climat qui le fait se sentir en sécurité, peut transformer cette intensité en force du caractère, en détermination. Le même enfant, sans accompagnement, risque de développer des comportements agressifs ou d'évitement, c'est-à-dire qu'il apprendra à couper L'expression de ces émotions a se replier pour ne pas risquer la rupture de lien. Un autre exemple, votre enfant se met à crier parce que vous lui refusez un jouet. Vous avez deux options. La première, vous lui dites que vous avez un jouet. Tu es insupportable, tu n'as pas le droit de réagir comme ça. Dans ce cas, il apprend que sa colère est un défaut, qu'il doit la cacher pour rester aimé. La seconde serait, je vois que tu es très en colère parce que tu voulais vraiment se jouer. Puis vous posez la règle. Mais tu ne peux pas crier sur moi. Si tu es fâché, tu peux me le dire avec des mots. Dans ce deuxième scénario, votre enfant comprend qu'il ne peut pas obtenir ce qu'il voulait. Il doit traverser la frustration, mais en même temps, il conserve le lien avec vous, un lien sécure. Sa colère existe, elle est reconnue, et il n'est pas rejeté pour l'avoir exprimé. A l'inverse, si on cherche à bannir sa colère, il subit une double peine. Non seulement il n'a pas le joué, il reste frustré et seul face à son émotion. Mais en plus, il vit une rupture de lien avec son parent. Dans la répétition, il en tire une conclusion terrible. « Je suis un mauvais enfant » . Il se construit alors peu à peu une personnalité basée sur la honte. C'est ça, respecter la nature profonde. Reconnaître ce qui est là, accueillir l'émotion et aider votre enfant à l'apprivoiser. Parce qu'un tempérament intense accompagné peut devenir une ressource. et un tempérament sensible soutenu. peut devenir une force d'empathie par exemple. En résumé, ce n'est pas la nature de votre enfant qui pose problème, c'est l'absence d'accompagnement. Votre rôle n'est pas de gommer son tempérament, mais de l'aider à en faire quelque chose qui lui permette d'exister pleinement et d'entrer en relation avec les autres sans se perdre. Jusqu'ici, nous avons vu ce qui permet à un enfant de rester proche de lui-même. Mais parfois, cette sécurité manque. Et quand c'est le cas, l'enfant trouve des solutions, car il n'a pas le choix. Il doit donc s'adapter pour maintenir le lien, même si la qualité de ce lien n'est pas optimale et ne le sécurise pas. C'est ainsi qu'on voit apparaître différents profils. L'enfant trop sage, qui ne dérange jamais, qui apprend à s'effacer pour ne pas risquer de perdre l'affection de son parent. Ou l'enfant trop exigeant, qui réclame sans cesse, teste, sollicite, qui cherche en réalité à combler une insécurité intérieure. Il y a aussi l'enfant distant, qui paraît indépendant, qui se protège en mettant à distance ses émotions, parce qu'il a appris qu'elles n'étaient pas bienvenues. Et d'autres encore. Ces comportements ne sont pas des défauts de caractère, ce sont des stratégies d'adaptation. Elles ont permis à l'enfant de tenir debout malgré un lien fragile ou imprévisible. Mais à long terme, elle l'éloigne de lui-même et limite sa liberté intérieure. Alors qu'en est-il de la réparation ? Oui, elle est possible. Mais elle ne peut pas être expliquée en quelques minutes, car chaque histoire est singulière. Les chemins de réparation dépendent du vécu de l'enfant, mais aussi de celui du parent, son style d'attachement, son histoire personnelle, ses propres ressources. C'est pourquoi je ne peux pas vous donner une solution universelle dans ce podcast, qui serait prête à l'emploi. Ce que je peux vous dire ici, c'est qu'il n'est jamais trop tard. Les liens humains restent réparateurs à tout âge si on trouve le chemin de la sécurité et de la reconnaissance mutuelle. Et pour aller plus loin, j'ai choisi de proposer toutes les deux semaines, en alternance avec un podcast, un webinaire gratuit. C'est un espace où je prends le temps de répondre à vos questions, de vous aider à mettre en lien ce que vous entendez ici avec votre propre vécu de parent et de voir ensemble comment avancer pas à pas. Vous y êtes les bienvenus. Vous trouverez le lien d'inscription sur la page des podcasts de mon site web. C'est un espace gratuit, pensé pour vous parents, où vous pourrez vous sentir en sécurité et vous exprimer librement. Il n'y aura pas de replay afin de garder la magie de l'instant et la sécurité de la parole partagée. Vendir libre pour votre enfant, c'est pouvoir rester proche de lui-même. C'est ressentir tout au long de son développement qu'il est digne d'amour et qu'il a de la valeur aux yeux de ceux qui l'entourent. C'est apprendre à se respecter parce qu'il fait chaque jour l'expérience que vous, son parent, vous le respectez. Grandir libre, c'est avancer dans la vie en accord avec qui il est vraiment. Cela ne veut pas dire qu'il n'a rien à apprendre ni à transformer. Ses émotions, ses élans, ses réactions sont une matière vivante. Avec votre accompagnement, ils peuvent évoluer peu à peu vers des qualités et des compétences qui l'aideront à trouver sa place, à tisser des relations harmonieuses et à relever les défis de la vie. Grandir libre, pour lui, c'est surtout être heureux de vivre et heureux d'exister, parce qu'il se sent accueilli tel qu'il est. Et c'est dans cet accueil répété jour après jour que peut exister la liberté intérieure qui l'accompagnera toute sa vie. Merci d'avoir été là pour cet épisode, merci pour votre engagement, votre présence, votre écoute. Et merci d'avoir rejoint la communauté de la parentalité intégrative le temps de ce podcast. Une communauté de parents en chemin, sensibles au lien, à la croissance intérieure, au respect de l'enfant, dans la richesse et la sensibilité de son être. Avant de nous quitter, je vous laisse avec ces quelques mots, comme une invitation à explorer un autre chemin. Le parent intégratif ne façonne pas l'enfant, il s'emploie à protéger le lien dans lequel sa lumière peut rayonner librement. A bientôt !