Speaker #0Bonjour et bienvenue sur le podcast de la Parentalité Intégrative, l'espace dédié au développement psychologique et émotionnel de votre enfant. Comment l'accompagner vers la meilleure version de lui-même en respectant vos propres besoins et l'équilibre de la famille ? Comment créer cet environnement dans lequel il pourra se sentir en sécurité et ainsi grandir heureux, bien avec lui-même et bien avec les autres ? Et comment vous aider, vous, parents, à guérir les blessures de votre passé et à transformer l'héritage familial quand tout cela semble entraver la parentalité que vous aspirez pourtant à construire ? Je m'appelle Nathalie Grillet,je suis thérapeute familiale et systémique et je mets mon expérience au service de votre parentalit. Bonjour et bienvenue sur le nouvel épisode de la parentalité intégrative.D'après le baromètre 2024 des violences éducatives ordinaires réalisées par l'IFOP pour la Fondation pour l'enfance,plus de 80% des parents interrogés déclarent avoir eu recours, au cours de la semaine écoulée, à au moins une forme de réaction émotionnelle intense, comme par exemple crier très fort sur leur enfant. Autrement dit, presque tous les parents, même les plus posés, connaissent ces moments où leurs émotions les dépassent. Dans ces instants, les mots sortent de façon explosive, non réfléchie, le ton de la voix monte et les gestes d'agacement nous échappent. Et tout de suite après, ce petit goût d'amertume que vous connaissez bien peut-être, j'aurais voulu réagir autrement. Tout votre être est désolé de l'incident. Si cela vous arrive, sachez donc que vous êtes loin d'être seul. Réguler ses émotions en toutes circonstances est un véritable défi, surtout quand on partage sa vie avec un petit être en pleine découverte du monde. Parce qu'un enfant, par sa sensibilité, sa spontanéité et ses débordements récurrents, vient souvent réveiller chez le parent des émotions profondes, bien enfouies et souvent très anciennes. Et quand la fatigue, le stress ou la charge mentale s'ajoutent à tout cela, il devient difficile de garder le cap en toutes circonstances. Ces moments ont bien sûr aussi un impact sur votre enfant. Quand il vous voit crier, perdre patience ou vous fermer émotionnellement, il ne comprend pas toujours ce qui se passe. Mais il le ressent dans tout son corps et à la longue, cela s'inscrit dans la mémoire de son corps. Son système nerveux s'active en miroir du vôtre, il se tend, il s'agite ou se replie sur lui-même. A l'inverse, quand il vous voit traverser une émotion sans exploser, en respirant profondément pour retrouver le calme, il apprend à faire de même. Et c'est ainsi qu'il construira peu à peu sa capacité à s'autoréguler. Alors pourquoi ces débordements se produisent-ils même quand on est un parent attentif, conscient et bienveillant ? Qu'est-ce qui se passe exactement dans votre cerveau, dans votre corps et dans la relation avec votre enfant quand tout à coup vous sentez cette tension monter en vous ? Et surtout, comment pouvez-vous apprendre à justement mieux réguler vos émotions pour retrouver plus de calme, plus de clarté et plus de présence dans ces moments-l? C'est ce que je vous propose d'explorer dans ce nouvel épisode.Pour mieux comprendre comment retrouver votre calme dans ces moments de tension, il est utile dans un premier temps de savoir ce qu'il se passe en vous, au niveau de votre corps et de votre cerveau. Vos réactions sont plutôt naturelles si l'on considère ce qui se passe dans une situation où votre enfant fait une crise. Elles sont le fruit de votre besoin d'équilibre et le reflet de votre sensibilité face à l'intensité émotionnelle de votre enfant. Voyons alors les trois déclencheurs principaux qui expliquent pourquoi, parfois, vos émotions débordent et prennent toute la place. Chacun de nous porte en son monde intérieur une histoire émotionnelle personnelle. Elle s'est formée à partir de vos expériences d'enfance, de ce que vous avez ressenti, vu ou entendu à cette époque. Parfois, ces souvenirs ne sont plus accessibles à votre mémoire consciente, la mémoire explicite. mais ils ont laissé une trace dans votre corps et dans votre cerveau. On parle alors de mémoire implicite. Alors, quand un événement du présent ressemble, d'une manière ou d'une autre, à une expérience qui vous a marqué dans votre passé, cette mémoire implicite se réveille. Notre cerveau réagit comme s'il revivait la même scène. Il envoie le même signal d'alerte qu'à l'époque, même si la situation aujourd'hui est bien différente. Ce n'est pas votre raison qui prend le dessus, mais cette mémoire émotionnelle plus ancienne, celle qui n'a peut-être jamais trouvé de véritable apaisement. Vous réagissez alors non seulement à ce que fait votre enfant, mais aussi à ce que cette situation vient réveiller en vous, cette ancienne sensation d'impuissance, de peur ou de colère qui autrefois n'avait pas pu être entendue. Votre corps part en roue libre et réagit avant même que vous ayez le temps de réfléchir. Ce qui refait surface à ce moment-là, c'est la trace d'une émotion ancienne, une émotion qui cherche encore à se réguler. Par exemple, si dans votre enfance vous n'aviez pas le droit d'exprimer votre colère ou votre tristesse, il se peut qu'aujourd'hui, quand votre enfant crie, pleure ou se met en colère, cela fasse remonter en vous une tension ancienne. Sans le vouloir, votre système émotionnel réagit comme si c'était à nouveau dangereux ou insupportable. La mémoire émotionnelle implicite, c'est une partie de votre passé qui continue à agir sans que vous en soyez conscient. Il arrive aussi que vous perdiez votre calme simplement parce que votre système nerveux est épuisé. Trop de bruit, trop de sollicitations, pas assez de sommeil, des tensions qui se sont accumulées, tout cela crée une surcharge dans votre système. D'un point de vue scientifique, on sait aujourd'hui que le stress, la fatigue ou la surcharge sensorielle perturbent le fonctionnement du cortex préfrontal, cette zone du cerveau qui aide à réfléchir, à freiner les impulsions et à garder le contrôle des émotions. Lorsqu'une situation génère du stress en vous, votre organisme libère instantanément du cortisol, une hormone qui prépare votre corps à réagir. Votre rythme cardiaque s'accélère, votre respiration se raccourcit, vos muscles se tendent, tout votre système se mobilise. Sous l'effet du cortisol, la communication entre le cortex préfrontal, la partie du cerveau qui aide à réfléchir, à planifier et donc à réguler les émotions, les structures émotionnelles comme l'amidale, devient moins fluide. Votre capacité à garder le recul ou à choisir votre réponse diminue. Les émotions vous envahissent et vos réactions sont instinctives et intenses. Votre corps agit avant même que votre esprit ait eu le temps d'intégrer ce qu'il se passe. C'est une réponse biologique naturelle face à une stimulation intense. Dans ces moments-là, la moindre opposition ou le moindre cri de votre enfant amplifie cette activation. Vous sentez alors la chaleur qui envahit votre poitrine, la crispation qui s'installe dans votre ventre ou dans vos épaules. Tout votre organisme entre en alerte, tout cela en recherche de l'équilibre perdu. Le troisième déclencheur, plus discret mais très fréquent, concerne les attentes que vous portez envers votre enfant et envers vous-même. Ces attentes peuvent prendre la forme de petites phrases intérieures comme « à son âge, il devrait quand même savoir se calmer » . Je devrais être capable de garder mon calme. Il ne devrait pas encore réagir comme cela, cet enfant est tellement capricieux. Elles paraissent anodines, mais elles favorisent un état de mal-être en vous, de la tension. Lorsque la réalité ne correspond pas à ce que vous pouvez imaginer, cette tension se transforme facilement en frustration, en déception, voire en sentiment d'échec. Les neurosciences nous montrent que ce sentiment d'échec active dans le cerveau les mêmes zones que la douleur physique. Autrement dit, il ne s'agit pas d'une simple impression désagréable. C'est une réaction de stress qui réduit, comme on vient de le voir, vos capacités de régulation émotionnelle. Il y a un conflit entre votre idéal et la réalité du moment. Apprendre à repérer les attentes que vous pouvez avoir envers votre enfant ou envers vous-même, à les reconnaître avec bienveillance pour arriver à les assouplir, est un bon chemin pour accéder à une meilleure régulation émotionnelle. Il y aurait bien d'autres déclencheurs bien entendu, mais dans le cadre de cet épisode, je ne peux tous les aborder. Mais ces trois-là expliquent déjà pourquoi, même avec toute votre bonne volonté, vous pouvez basculer sans le vouloir dans un état de stress qui vous empêche de rester serein et disponible. Alors que faire quand tout déborde ? Eh bien, le premier pas serait de revenir vers vous, en votre propre centre. Votre enfant crie, il pleure très fort. Quand il s'oppose à vous ou quand il vous répète qu'il ne veut pas arrêter de jouer, alors que vous venez de lui demander d'arrêter pour la énième fois, à un certain moment, tout peut basculer pour vous. La tension que vous ressentez dans votre corps augmente. Vous n'arrivez plus à réfléchir. Cette tension que vous ressentez prend toute la place. Plus rien n'existe que le stress que vous vivez. Votre fréquence cardiaque s'accélère, votre respiration se bloque, vos muscles se contractent. Vous ressentez de la colère, de l'agacement ou même de l'impuissance. Pour votre baromètre intérieur, l'alerte est déclenchée. Et face à une alerte, votre organisme tout entier va chercher à rétablir l'équilibre le plus vite possible. Ce réflexe est biologique. Votre système nerveux veut faire disparaître la sensation désagréable. Alors vous entrez en réaction immédiatement. Et vous vous énervez contre votre enfant. À partir de ce moment-là, en vérité, ce n'est plus contre votre enfant que vous luttez, mais contre cette sensation en vous qui, elle, est insupportable. Et cela même si vos paroles s'adressent directement à votre enfant. Vous voulez que cette tension s'arrête tout de suite. Et la manière la plus directe d'y parvenir, c'est de vouloir que l'enfant vous obéisse, qu'il cesse de crier, de pleurer, de s'opposer, pour que vous puissiez vous apaiser vous-même. C'est une tentative instinctive de régulation interne. Malheureusement, c'est inefficace, comme bien sûr vous le savez déjà. Votre attention se fixe sur le comportement de votre enfant alors que la véritable source de votre inconfort est en vous-même. Un enfant en crise, c'est courant. Ils n'ont pas la capacité de s'autoréguler. Ils apprennent à développer cette compétence avec le temps, justement à travers la co-régulation. Mais en tant que parent, vous vous emportez. D'ailleurs, la langue française le souligne bien. Vous n'êtes pas emporté par quelque chose d'extérieur à vous-même, mais c'est bien vous qui vous emportez. Eh bien, votre enfant, lui, ne peut plus se co-réguler avec vous quand vous vous emportez. C'est un cercle vicieux. Votre enfant n'a pas les compétences pour sortir de là par lui-même tout seul. Alors, soit il tombe dans le figement par peur, soit il reste activé dans les pleurs et les cris. Tant que votre système reste en ébullition, votre enfant le ressent. À travers votre ton de voix, vos gestes ou votre regard, il perçoit que vous n'êtes pas disponible émotionnellement pour lui. Et cela engendre un double stress en lui. Il ne peut pas continuer à jouer, mais surtout il prend peur de vous voir dans un état de dysrégulation. Son propre système d'alarme s'active encore plus. Et à ce moment-là, vous voilà tous les deux pris dans un cercle. Plus vous vous crispez, plus il s'agite. Et plus il s'agite, plus votre tension monte. Et si vous vous reconnaissez dans ce que je viens de décrire, c'est simplement que vous êtes humain. Chaque parent traverse ces moments où la tension monte et où l'émotion prend toute la place. Votre corps réagit comme celui de tout adulte confronté à la tempête émotionnelle d'un enfant. Les chercheurs en neurosciences et en psychologie du développement le montrent aujourd'hui très clairement. La manière dont vous traversez ces moments influence profondément la façon dont votre enfant apprendra, lui aussi, à gérer ses émotions. Voyons ensemble ce que la science nous apprend sur cette incroyable interaction entre vos émotions et celle de votre enfant. Votre enfant apprend d'abord à se réguler en vous observant. Il s'imprègne de vos manières de réagir, de la façon dont vous vous apaisez et de comment vous exprimez ce que vous ressentez. C'est le principe de la modélisation sociale. Vous êtes son premier modèle émotionnel. Une revue scientifique publiée en 2024 par Catherine Edler et Christine Valentino montre que la façon dont les parents régulent leurs propres émotions influence directement la manière dont leurs enfants apprennent à gérer les leurs. Les chercheurs ont observé que lorsque les parents parviennent à exprimer leurs émotions de façon calme, claire et bien verbalisée, leurs enfants développent plus facilement des compétences d'autorégulation. A l'inverse, lorsque les réactions parentales sont plus impulsives, marquées par la colère ou la perte de contrôle, les enfants ont tendance à adopter les mêmes modes de réponses émotionnelles. Autrement dit, la façon dont vous vivez t exprimez vos émotions influence profondément la manière dont votre enfant apprend à gérer les siennes. Au-delà de l'observation, il existe un phénomène physiologique fascinant, la co-régulation. Ce mécanisme subtil relie directement votre corps à celui de votre enfant. Concrètement, lorsque vous êtes calme, détendu et serein, votre rythme cardiaque, votre respiration et votre taux de cortisol envoient des signaux apaisants à votre enfant. Son corps se synchronise sur le vôtre, son rythme cardiaque ralentit, son niveau de stress baisse et son cerveau retrouve beaucoup plus facilement un état d'équilibre. Les recherches nous montrent que les enfants de parents capables de rester calmes en situations difficiles présentent une meilleure connectivité entre leur amygdale, le centre des émotions, et leur cortex préfrontal, impliqué dans la régulation, comme nous l'avons vu plus haut. Autrement dit, votre régulation émotionnelle entraîne littéralement celle de votre enfant. La façon dont vous régulez vos émotions crée un climat émotionnel particulier au sein de votre famille. Ce climat influence directement la sécurité affective ressentie par votre enfant. Quand il se sent accueilli, compris et contenu, il apprend à faire de même avec lui-même. C'est ainsi qu'il développe peu à peu une base interne de sécurité et d'autorégulation. A l'inverse, un climat émotionnel tendu, instable ou incohérent fragilise sa base et peut engendrer de l'anxiété, de l'agressivité ou du repli. Ces trois mécanismes, apprentissage social, co-régulation et sécurité affective, expliquent pourquoi votre manière de gérer vos émotions est déterminante pour le développement émotionnel de votre enfant. Comment pouvez-vous entraîner votre système à retrouver le calme ? C'est bien là toute la question. Il est possible que vous n'y parveniez pas tout de suite, même si vous prenez conscience de ce qu'il se passe et que vous choisissez de changer de direction, c'est-à-dire de ne plus réagir sous l'effet de la tension, mais de revenir vers le calme avant d'agir. Et c'est tout à fait normal. Mais avec de la conscience, de la curiosité et un peu d'entraînement surtout, votre système nerveux va apprendre peu à peu à retrouver plus facilement son équilibre. Ce qui va le plus vous aider, c'est de vous exercer dans des moments ordinaires, lorsque l'attention commence simplement à se faire sentir, et de préférence en dehors de la relation avec votre enfant. Des instants simples de la vie quotidienne où l'enjeu émotionnel est léger, une attente, un contre-temps, un petit agacement du quotidien. Imaginez par exemple que vous soyez sur la route pour aller travailler. Vous êtes déjà un peu en retard et la circulation se bloque soudain, en bouteillage. Vous êtes coincé et sans possibilité de faire demi-tour. Il n'y a rien à faire sinon attendre. Et c'est là que quelque chose se passe. Une tension monte, une agitation intérieure, une impatience. Peut-être des pensées du type « je vais encore arriver en retard » ou « c'est pas possible, pas ça, pas maintenant » . Avec un peu d'attention, vous pourriez remarquer que les signaux du stress se manifestent à nouveau dans votre corps. Votre respiration ralentit, vos mains se crispent sur le volant, votre poitrine se serre. C'est justement à ce moment-là que vous pourriez emprunter un nouveau chemin. Au lieu de laisser l'attention s'amplifier, choisir de revenir à vous. Vous ne pouvez pas changer la situation extérieure, mais vous pouvez remarquer comment votre corps réagit. Cette tension, elle ne vient pas de la route, elle vient du désir que vous avez que la situation soit autre qu'elle n'est. Et ce décalage crée une lutte intérieure. Alors peut-être qu'à cet instant, quelque chose en vous peut se souvenir. L'agacement ne changera rien, il n'y a rien à faire de plus, juste à reconnaître ce qui est là. Vos mains sont donc posées sur le volant. Vous pouvez sentir la zone de contact entre la paume de vos mains et le volant. Juste posez votre attention sur la sensation, la chaleur peut-être, la texture. Vous laissez descendre votre attention dans cette zone de votre corps. Ou bien vous pouvez sentir le poids de votre corps sur le siège, le contact de votre dos, de vos épaules, sur le dossier de votre siège. Quand la tension revient dans le corps, la tension commence à se réguler d'elle-même. Souvent, au bout de quelques instants, l'émotion perd déjà un peu de sa force. Et votre cœur bat plus calmement, votre respiration s'ouvre déjà un peu plus. Et dans ce léger apaisement, votre mental retrouve un peu de clarté. Attention, ne faites tout cela que si vous êtes vraiment à l'arrêt dans la voiture, bien entendu. Mais dans l'instant présent, vous écoutez cet épisode et vous pouvez expérimenter cela dès maintenant si vous le souhaitez. Pour cela, vous pouvez essayer de penser à un moment récent où vous avez ressenti une émotion forte, un inconfort dans votre corps, peut-être une contrariété, une peur, une colère. Revenez dans votre esprit brièvement à cette scène, juste assez pour ressentir à nouveau la sensation qui y est liée, même si elle n'est pas aussi intense. Observez où elle se manifeste dans votre corps, et quand vous y êtes, vous pouvez évaluer son intensité sur une échelle entre 0 et 10, puis vous laissez votre attention glisser vers un point d'appui, vos pieds sur le sol, vos mains posées sur un accoudoir, ou bien votre dos contre le dossier de votre chaise. Restez là un moment avec cette observation. Le but n'est pas de faire disparaître la sensation, mais de rester présent avec elle, sans la juger. Et quand vous revenez à vous, observez si quelque chose a changé. Réévaluez alors l'intensité de la sensation. Souvent, la sensation s'est déjà un peu apaisée. Cela n'est pas magique, c'est physiologique. Le fait d'ancrer l'attention dans le corps active les circuits de sécurité du système nerveux. La plupart des personnes sont étonnées de constater qu'en si peu de temps, parfois même pas 30 secondes, la sensation s'est apaisée. Et voilà, à partir de cet espace-là, vous retrouvez toutes vos compétences. Vous pouvez à nouveau réfléchir et agir au mieux dans la situation. Chaque fois que vous répétez cet exercice, vous entraînez votre cerveau à bâtir un chemin vers l'apaisement. Et quand vous vous retrouvez dans une de ces situations difficiles avec votre enfant, de plus en plus souvent, en repensant à vos expériences d'apaisement dans vos entraînements, votre cerveau vous aide à rester capable de contenir vos émotions, pas pour les supprimer, mais pour pouvoir être avec sans qu'elles ne vous envahissent au point de ne plus pouvoir agir autrement que dans la réaction automatique. En vous entraînant, vous verrez au début que des fois vous y arrivez, et avec le temps, vous y arriverez de plus en plus souvent. C'est ainsi que vous pourrez alors, dans ces moments de crise, proposer à votre enfant de la co-régulation, ce dont il a vraiment besoin pour s'apaiser dans l'instant, et ainsi apprendre avec vous à s'auto-réguler. Avoir des enfants, c'est un véritable chemin d'évolution personnel, surtout pour ceux qui décident de cultiver les ressources intérieures qu'ils n'ont pas reçues quand ils étaient eux-mêmes enfants. Des ressources pourtant indispensables pour accompagner au mieux leur propre enfant dans son développement. Il n'existe donc pas de recette miracle pour rester toujours calme. Aucune méthode ne vous apaisera instantanément. Mais il existe des pratiques qui, petit à petit, changent vraiment les choses. Vous pouvez déjà veiller à prendre soin de votre équilibre, dormir suffisamment, manger de manière régulière, préserver quelques moments de pause, de respiration, de silence peut-être, dans vos journées qui sont souvent bien remplies, je le sais. Tout cela contribue à élargir ce que les neurosciences appellent votre fenêtre de tolérance, cet espace intérieur dans lequel vous restez capable de penser, de ressentir, d'agir sans être submergé. Et puis il y a cette autre dimension plus intime, celle de l'apprentissage. Si personne ne vous a vraiment appris à vous réguler dans votre enfance, il est normal que ce soit parfois difficile aujourd'hui. Mais je vous le promets, avec de la conscience, de la répétition et un peu de patience, cela devient possible. L'exercice que je vous ai proposé aujourd'hui est une première porte d'entrée. Il fonctionne bien quand vous le pratiquez régulièrement. C'est la répétition qui transforme, parce que votre cerveau est plastique. Il est capable de créer de nouveaux chemins vers une meilleure capacité de régulation. Chaque fois que vous ramenez votre attention dans votre corps, chaque fois que vous respirez au lieu de réagir, vous entraînez votre système nerveux à revenir vers le calme. Et un jour vous le verrez, dans une situation où autrefois vous auriez crié, vous resterez calme, présent et disponible. Et à cet instant, vous saurez que vos efforts auront porté leurs fruits. Vous pourrez être fier de vous. Pour certaines personnes, notamment celles qui ont vécu des expériences plus douloureuses dans leur propre enfance, ces exercices peuvent être plus difficiles à pratiquer seules. Dans ces cas, L'accompagnement d'un professionnel formé à la régulation émotionnelle ou à la résolution des traumatismes peut être d'un grand soutien. Apprendre à se réguler, c'est un chemin qui demande du temps, mais c'est un chemin profondément transformateur, pour vous et pour votre enfant. Parce qu'à chaque fois que vous choisissez de revenir vers le calme, vous lui montrez qu'il existe une autre manière de traverser les émotions. Et c'est sans doute l'un des plus beaux cadeaux que vous puissiez lui faire. Pour approfondir les thèmes abordés dans les podcasts et répondre à vos questions sur les sujets, je vous propose de rejoindre les webinaires gratuits sur inscription sur le site de la Parentalité Intégrative. Merci d'avoir été là pour cet épisode. Merci pour votre engagement, votre présence, votre écoute. Et merci d'avoir rejoint la communauté de la Parentalité Intégrative le temps de ce podcast. Une communauté de parents en chemin, sensibles aux liens, à la croissance intérieure, au respect de l'enfant dans la richesse et la sensibilité de son être. Avant de nous quitter, je vous laisse avec ces quelques mots, comme une invitation à explorer un autre chemin. Le parent intégratif ne façonne pas l'enfant, il s'emploie à protéger le lien dans lequel sa lumière peut rayonner librement. A bientôt !