- Speaker #0
Imaginez un quai de gare, un train qui démarre et une nouvelle vie au bout du voyage. Paris, je te quitte le podcast, c'est l'histoire de celles et ceux qui ont osé franchir le pas. Des récits sans filtre, parfois plein de doutes, souvent plein de surprises et toujours porteurs d'inspiration. Et si c'était à votre tour d'embarquer ? Installez-vous, l'épisode commence ! Quitter la région parisienne pour reprendre un restaurant ou une boulangerie au cœur d'un village creusois C'est le choix qu'ont fait Malvina et Benoît. Elle a troqué la communication et l'événementiel pour le moulin de Piau à Chénier. Lui a découvert la Creuse au fil de ses séjours et de ses sorties à vélo avant d'y reprendre une boulangerie à Tain-le-Palestel. Deux parcours différents, une même envie d'entreprendre et de s'installer ici. Dans cet épisode, il nous raconte comment on reprend une activité en Creuse, les soutiens qu'ils ont trouvés sur leur chemin et surtout ce qu'il se passe une fois que l'on ouvre la porte au premier client. Bonjour Malvina, bonjour Benoît, bienvenue sur notre podcast. Pour commencer, est-ce que vous pourriez vous présenter et nous dire ce que vous faisiez avant d'arriver en Creuse ?
- Speaker #1
Oui, alors bonjour à tous, je m'appelle Malvina Dalton, j'ai 25 ans. Et avant de m'installer en Creuse, j'étais cadre en communication et marketing dans une entreprise du 440 français.
- Speaker #0
Ok, parfait, merci. Et vous Benoît ?
- Speaker #2
Oui, bonjour à tous. Benoît, donc moi, j'ai plus de 50 ans. J'ai déjà fait 20 ans en tant qu'ingénieur en informatique. Et en 2018, je me suis reconverti dans la boulangerie bio au Levin. Et là, j'étais toujours en région parisienne. Et là, depuis le début de cette année, j'ai décidé de reprendre une boulangerie en Creuse et de Mastaléon.
- Speaker #0
Parfait. Et comment vous avez découvert le département du coup ? Parce que vous êtes arrivé ici chacun... Il y a quelques temps, mais vous le connaissiez par la famille, les amis ou un peu par hasard ?
- Speaker #1
Alors, pour ma part, le choix de la Creuse n'était pas vraiment un hasard, si je puis dire. Je connaissais déjà ce département depuis, on va dire, une dizaine d'années. Mais j'avais quelques attaches, on avait une maison de campagne. Et du coup, j'ai eu l'occasion de venir régulièrement. Et du coup, au fil du temps, c'est vrai que j'ai développé un attachement pour ce territoire.
- Speaker #0
Je comprends tout à fait. Et pour vous, Benoît ?
- Speaker #2
Oui, alors moi, il y a eu deux choses, on va dire. La première chose, c'est qu'un peu comme tous les gens qui vivent en région parisienne, je souhaitais quitter la région parisienne. Donc, j'étais déjà allé sur le site Paris Je Te Quitte. Et le deuxième point, en fait, qui a fait un peu basculer les choses, c'est que je suis donc dans... Moi, généralement, l'été, je fais des vacances en vélo. Donc, je suis venu voir un ami dans un petit village où il y avait une boulangerie à repas. prendre. C'est un peu là que l'idée a germé. Du coup, je me suis dit, la Creuse, c'est sympa. Je suis revenu encore faire des vacances en vélo. Franchement, c'est super pour le vélo. On en a déjà parlé, effectivement. Il s'est avéré qu'une fois, j'ai traversé dans le palestel. J'avais déjà vu des boulangers. Quand j'ai vu que les deux boulangeries étaient fermées, je me suis dit, ça ne peut pas en rester comme ça. Il faut faire quelque chose. J'ai contacté la mairie qui m'a mis en contact avec les sédans.
- Speaker #0
Trop bien. Merci. Et comment, en fait, vous êtes passée, du coup, pour vous, Madvina, Benoît, vous venez de répondre un peu à la question, mais de « j'aime bien la Creuse, je m'y sens bien » à « je vais entreprendre ici » .
- Speaker #1
Alors, c'est vrai que je pense que l'année dernière, j'étais un peu à un moment de ma vie où je me suis posé énormément de questions. C'est vrai qu'au sein de mon ancienne entreprise, Je me suis posé plein de questions. Qu'est-ce qui m'anime vraiment ? Qu'est-ce qui va me rendre heureuse ? Est-ce que je souhaite faire ça au quotidien ? C'est vrai que j'étais énormément dans un bureau, devant un ordinateur. Après, j'avais toute une partie événementielle qui me permettait de sortir du cadre du bureau. Mais ce n'était pas quotidien. Même si j'avais une vie professionnelle qui était bien installée, qui débutait bien à Paris. C'est vrai que j'ai ressenti le besoin de faire autre chose, de vivre un peu autrement et de retrouver quelque chose qui me manquait, notamment le contact humain, les échanges par exemple directs, la spontanéité. Et c'est vrai que dans un bureau, honnêtement, j'avais l'impression de ne pas être moi-même. Et c'est pour ça que quand j'ai vu l'offre de recherche de gérant... Je ne sais pas, d'un coup, ça m'a fait poser plein de questions. Et quand je suis rentrée, j'étais en week-end en Creuse quand j'ai vu cette offre. Et quand je suis rentrée à Paris pendant des semaines, je n'arrêtais pas d'y penser. Et c'est comme ça qu'un jour, j'ai sauté le pas et j'ai candidaté.
- Speaker #0
Trop bien. Et du coup, ça fait combien de temps maintenant ?
- Speaker #1
Alors là, ça fait... J'ai monté l'entreprise en avril 2025. Et on a commencé le restaurant en juin 2025. Donc là, c'était la deuxième saison cette année.
- Speaker #0
Ok, félicitations.
- Speaker #1
Merci.
- Speaker #0
Et du coup, pour chacun d'entre vous, quel a été le moment où vous vous êtes dit « ça va le faire, ça y est, je me lance » , est-ce que vous avez eu un accompagnement particulier ou en fait ça s'est fait un peu naturellement, petit à petit, vous êtes avancée dans l'aventure ?
- Speaker #1
C'est vrai que c'est assez important de parler de l'accompagnement que j'ai pu avoir, notamment tout ce qui était, entre guillemets, le cadre familial. C'est vrai que j'ai une famille qui m'a soutenue, j'ai un compagnon aussi qui m'a soutenue parce qu'il est rentré dans mon projet et il a bien voulu déménager en Creuse alors que lui également avait un poste à Paris. Donc c'est vrai que ça c'était quelque chose d'assez important. Et sinon localement c'est vrai qu'on a quand même eu énormément de chances d'être tombé sur une mairie qui était compréhensive. ils nous ont donné notre chance, alors qu'on est deux jeunes parisiens qui s'installent en Creuse. Au départ, ils avaient quelques doutes, ce que je peux tout à fait comprendre. Ils avaient peur que ça soit juste une passe dans notre vie, qu'on ait marre de Paris, mais qu'après, on y retourne. Mais ils nous ont vachement aidés. Il y a la communauté de communes qui nous a également aidés aussi. Puis même les entreprises locales ont été vraiment compréhensives et tout le monde nous a vachement accompagnées. Et c'est ça que j'ai énormément apprécié, c'était vraiment le contact très facile.
- Speaker #0
Trop bien. Et pour vous, Benoît, du coup ?
- Speaker #2
Alors moi, quand même, par rapport à toi, Malvina, les choses se sont quand même faites en deux grandes étapes. Parce que moi, j'avais déjà fait le grand saut de changer de métier. Et déjà, là, j'avais conscience qu'il faut vraiment se faire accompagner. En France, on peut avoir plein d'accompagnements gratuits, il y a plein de structures. Donc, il ne faut vraiment pas hésiter à se faire accompagner. Il y a des gens, ils ont accompagné des milliers d'entreprises, donc ils savent très bien comment ça se passe, toutes les erreurs à faire. Donc ça, c'était la première partie, c'était vraiment la reconversion. Alors là, je n'ai pas eu forcément l'approbation de tout le monde, mais bon, c'est comme ça. Je m'en fiche. Et donc là, ça a joué aussi pour mon installation en Creuse, parce que quand je me suis présenté un peu aux autorités, J'étais déjà un boulanger. Voilà, je connaissais déjà le métier. Donc, pareil, je n'ai pas hésité à me faire accompagner. Donc, j'ai été accompagné par une initiative creuse, vraiment des gens très compétents. J'ai été accompagné par le maire, qui est aussi là le président de la communauté de communes. Et là, je dois dire que vraiment, par rapport à la région parisienne, on a un accès direct aux élus qui font… Oui, c'est sûr. Parce qu'on ne va pas se mentir, créer une entreprise, c'est un gros circuit administratif et financier. Vous avez plein de documents à signer. Vous appelez le maire, vous avez le document l'un de demi. Ça, c'est des choses complètement impensables en région parisienne. Voilà. Après, je me suis aussi rapidement mis en contact avec les fournisseurs du précédent. Les banques m'ont bien accompagné, même s'il y en a qui m'ont dit non, votre projet, on ne le sent pas. Tant pis, OK, c'est la vie. Voilà.
- Speaker #0
Ça, c'est un peu les aléas classiques de l'entrepreneuriat. Oui. Mais c'est sûr que d'avoir un accès direct aux élus, ça doit être un petit peu plus simple que si vous ne l'aviez pas.
- Speaker #2
Oui, parce qu'en fait, les élus, ils peuvent à la fois être des facilitateurs ou des gens où vous vous dites, bon, quand est-ce que j'ai le papier ? Parce que souvent, c'est juste des papiers avec des signatures. Mais bon, si l'élu met deux mois à signer, vous avez perdu deux mois dans votre projet.
- Speaker #0
C'est sûr. Et vous parliez d'initiatives creuses. Du coup, en quoi ils vont vous accompagner ?
- Speaker #2
En fait, ils m'ont accompagné pour monter tout le dossier. Donc, en fait, on l'a monté ensemble, le dossier financier. Donc, alors, c'est en... Ce n'est pas eux qui vous disent les chiffres à mettre dans le prévisionnel, mais vous dites, est-ce que là, vous avez pensé à ça pour l'étude de marché ? Ça pourrait peut-être être intéressant que vous fassiez un coin épicerie. Donc, effectivement, je me dis, ah oui, ça peut être intéressant. Donc, ça, je l'ai rajouté au projet. Il y a déjà d'autres concurrents, comment vous vous positionnez, etc. Vraiment, c'était des interactions. Ça permet un peu de challenger le projet et vraiment, à la fin, d'avoir un pitch ou une présentation claire, construite et solide.
- Speaker #0
OK, trop bien. Merci pour la précision, parce que c'est vrai que nous, on n'a déjà entendu pas l'initiative Creuse, mais c'est important de dire en fait qu'est-ce qu'ils peuvent faire pour aider un projet. Et du coup, vous parlez aussi de manière générale un peu plus les communes, communautés de communes. Donc eux, c'était plutôt un appui administratif ?
- Speaker #2
Là, oui, jusqu'ici, oui.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Enfin,
- Speaker #2
administratif, et ils ont aussi pris en partie, parce que derrière, il y a tout ce qui est financement. Donc en général, le financement, ça va se décomposer en un prêt bancaire qui est adossé aussi à un prêt d'honneur. La communauté de communes a aussi abondé au prêt d'honneur.
- Speaker #0
Ok, d'accord. Merci pour la précision. Et du coup, là, ma question, elle est un peu moins sur cette partie, on va dire plus de préparation, d'administration et de création. Mais est-ce que vous vous êtes senti attendu par les Creusois ? Est-ce que vous avez l'impression que, en fait, votre arrivée, la création de votre entreprise, elle a été vraiment importante localement ?
- Speaker #1
En tout cas, pour ma part, c'est vrai que je suis sur un site qui est quand même historique, le site du Moulin Pio à Chénier. Et c'est vrai qu'on a senti beaucoup de joie de certains des habitants et puis même de certaines personnes qui nous ont dit, dis donc, ça fait des années que le site n'avait pas été forcément repris de manière stable. Et du coup, ils étaient très contents que des jeunes s'installent, qu'on refait vivre ce site. C'est vrai qu'on fait plein d'animations. Tous les week-ends, on a des concerts. On a fait également deux braderies. On a fait des petites après-midi jeux de société. On a fait un atelier chant avec une chanteuse professionnelle de Châteauroux. Donc, on a essayé en tout cas. On a essayé de faire du mieux qu'on pouvait. avec les moyens qu'on a actuellement. Et je crois que ça fait énormément plaisir. En tout cas, c'est ce qu'on ressent, même en cette deuxième année. Certains ne savaient pas qu'on avait réouvert. Et c'est vrai que oui, je pense qu'on a été attendus, notamment par la commune de Chénier et les habitants de Chénier, mais également les habitants aux alentours. Je crois que ça leur fait du bien de revoir des commerces qui ouvrent et des gens qui s'investissent sur le territoire.
- Speaker #0
De voir que l'activité est toujours présente, en fait, c'est ça ?
- Speaker #1
Voilà, c'est ça.
- Speaker #0
Super. Et pour vous, Benoît ?
- Speaker #2
Alors, effectivement, moi aussi, j'ai trouvé que j'étais attendu. Évidemment, j'étais attendu par la mairie, parce que la mairie est là à cœur quand même à faire revivre ce qu'on appelle les centres-bourgs. On est quand même en zone rurale. J'étais aussi attendu par les habitants, parce que pour eux, dans la commune de Donne-Palestelle, il y a toujours deux boulangeries. Donc voilà, on attend la deuxième boulangerie. Le petit bémol, quand même, je vais juste finir là-dessus, j'ai aussi bénéficié d'un excellent accueil de la presse, que ce soit presse écrite, radio, télé, donc là, vraiment excellent, dès le démarrage. D'ailleurs, on m'a forcé presque à ouvrir pour ça.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Le petit bémol, quand même, et là, ça a été un peu difficile, c'est que les gens, ils avaient certaines attentes. Les clients s'attendaient à ce que ce soit comme la précédente boulangerie, sachant que la précédente boulangerie était gérée par un pâtissier. Moi, je ne suis pas pâtissier. Et en plus, si je caricature un peu, je suis parisien qui débarque avec ses gros sabots du bio. Donc bon, il a fallu ajuster de part et d'autre.
- Speaker #0
D'accord, je comprends.
- Speaker #2
Mais maintenant, honnêtement, ça se passe très bien.
- Speaker #0
Ok. Ils ont arrêté de penser à la pâtisserie, du coup ?
- Speaker #2
Non, non, non. Moi, je n'avais pas prévu de me lancer tout de suite dans la pâtisserie. Et finalement, je me retrouve aujourd'hui. Là, je démarre un CAP pâtissier en candidat libre.
- Speaker #0
En fait, les Creusois vous ont poussé à élargir votre proposition. Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Moi, j'aime bien les défis, en fait.
- Speaker #0
Ah bah, impeccable alors. Là, vous vous êtes tous les deux installés en Creuse. Je suppose que ça change pas mal par rapport à votre vie en Ile-de-France. Forcément, vous avez votre vie professionnelle qui vous prend pas mal de temps, mais du coup, côté perso, qu'est-ce que ça a pu changer dans votre quotidien d'habiter en Creuse, Malvina ?
- Speaker #1
Alors, beaucoup de choses. C'est vrai que je passais énormément de temps dans les transports en commun et également dans ma voiture. Pourtant, je n'habitais pas forcément très loin de mon lieu de travail. Là, c'est vrai que d'habiter en Creuse, ça a changé totalement déjà le côté transport. C'est vrai que forcément, on prend toujours la voiture, mais il n'y a pas de problème de bouchons, d'embouteillage. À la rigueur, on peut être coincé derrière un tracteur, mais ils sont tellement gentils que tout le monde nous laisse passer. Mais c'est vrai que ça facilite cet aspect-là. Il y a un autre aspect où aussi on se sent à l'aise. En fait, on a le sentiment d'être un peu chez soi. C'est vrai que les gens du territoire, ils sont quand même accueillants. Alors oui, certes, ils ont des demandes et des attentes, mais on a été vraiment très bien accueillis. Et il y a cette proximité qui est très simple. et qui fait vraiment du bien. Alors que quand on était à Paris, on habitait en immeuble, si vous voulez, on ne connaissait même pas nos voisins. Personne ne se parle, personne n'ose se dire bonjour. Alors que là-bas, on a un petit souci, il nous manque quelque chose, on va voir nos voisins et puis ils nous aident. Et c'est vraiment l'entraide qui est... En tout cas pour nous, on est tombé aussi sur de très belles personnes, mais qui nous apportent beaucoup et c'est vrai que ça fait vraiment plaisir. Et du coup, il y a vraiment... J'ai l'impression d'être à l'opposé de Paris, quoi.
- Speaker #0
Je comprends. Et pour vous, Benoît ?
- Speaker #2
Non, mais honnêtement, je confirme ce que tu dis, Malvina. Moi, c'est ce que je dis des fois ici. Le bouche-à-oreille, ça va beaucoup plus vite qu'Internet. Mais ouais, Franchement, les choses sont beaucoup plus simples. Question transport, moi, j'avoue qu'en région parisienne, je faisais beaucoup de choses en vélo. D'ailleurs, je livrais du pain en vélo. Là, ça me manque un petit peu, quand même. Oui. Parce que le bon... À Paris, j'ai un fournil où je ne fais que sur commande et tout en livraison. Donc, il y a la partie livraison. Ici, c'est un format boutique, donc il n'y a pas de livraison. C'est vrai que je passe quand même beaucoup de temps à travailler. Souvent, le week-end, je fais l'administratif et la comptabilité. Ça, c'est une partie qu'il faut que je surveille. Mais effectivement, les relations sont beaucoup plus simples et directes qu'à Paris, où on est dans un monde anonyme. Vous pouvez voir 10 000 personnes par jour et vous ne connaissez personne. Ici, tout le monde se connecte.
- Speaker #0
Oui. Et du coup, est-ce que vous avez l'impression d'avoir réussi à vous créer un réseau assez rapidement sur place ? Que ce soit amical ou pro, d'ailleurs.
- Speaker #1
Pour ma part, honnêtement, pas forcément encore. C'est vrai que l'année dernière, c'était un peu compliqué. En fait, j'avais toujours mon emploi à Paris parce que je ne pouvais pas me verser de salaire. Et en fait, je préférais payer mes salariés au restaurant. Et du coup, c'est vrai que je fais énormément d'allers-retours. Donc l'année dernière, c'était un peu compliqué. C'est vrai que j'avais zéro temps. Cette année, quand on est en haute saison dans un restaurant, on ne compte pas forcément ses heures. C'est sûr. Entre les courses le matin, et puis tout ce qu'il faut faire, le ménage le soir, etc. C'est vrai qu'on a des journées vraiment à rallonge. On ne dort vraiment pas beaucoup. Et pour l'instant, je n'ai pas... Merci. entre guillemets réussi à développer cet aspect-là. Mais je suis sûre qu'au fur et à mesure du temps, je vais rencontrer plus de monde, je vais pouvoir sortir un peu plus du restaurant de Chénier.
- Speaker #0
Je comprends.
- Speaker #2
Effectivement, pareil, je partage ton avis, Malvina. C'est vrai que le démarrage, ce n'est pas évident. Moi, à titre d'exemple, par exemple cet été, je vais répondre aux deux questions d'un coup. Cet été, j'ai noué un partenariat avec une autre boulangerie qui n'avait pas... Ils ne pouvaient pas produire de pain, donc je les ai fournis. C'est comme si je produisais pour deux boulangeries. Donc effectivement, en relation professionnelle, les gens m'ont identifié, etc. Sans que je fasse tellement de com', donc c'est vraiment pas mal. Par contre, oui, dormir deux heures par nuit, je commence à en sortir les écrits.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #2
Là, je me dis, c'est un petit peu la saison creuse. Je vais me poser, je vais peut-être dormir, un peu prendre soin de moi. Par rapport à toi, Malvina, je gère toujours mon activité à distance, mon fournil à Paris. C'est vrai que ça me fait ça aussi de plus à gérer.
- Speaker #0
Oui, donc la double activité fait que vous êtes quand même pas mal occupés, même tous les deux au final, pour pouvoir plus rencontrer de gens. Mais je pense que ça viendra avec le temps, quand vous aurez réussi à trouver un équilibre.
- Speaker #2
Oui, après je sais qu'il y a des clients qui m'ont invité chez eux, qui m'ont proposé des repas, donc c'était sympa.
- Speaker #0
Ah, sympa, très sympa. Est-ce qu'aujourd'hui, vous pensez que c'était le bon choix de venir reprendre une activité en Creuse ?
- Speaker #2
Moi, ce serait à refaire, je refais.
- Speaker #0
Vous êtes inconvaincu ? Je l'entends.
- Speaker #2
Je ne suis pas inconvaincu, je suis un inconscient apparemment de ce qu'on vit autour de moi. J'aime bien les défis, c'est l'aventure, on rencontre des gens, on avance ensemble. C'est marrant, c'est fun.
- Speaker #0
C'est sûr que c'est beaucoup de nouveautés pour vous, je suppose. Et pour vous, Malvina ?
- Speaker #1
Je pense aussi. C'est vrai que mon objectif, en venant ici en Creuse, ce n'était pas forcément que de réussir professionnellement parlant. C'était vraiment de changer de vie. C'était un tout, un package. Si c'était à refaire, je le referais aussi parce qu'on apprend énormément sur soi. C'est vrai que si on m'avait dit il y a 2-3 ans Merci. tu partirais de Paris, tu vas ouvrir un restaurant alors que je ne suis pas du tout de ce milieu. J'aurais dit mais jamais, ce n'est pas possible. Je n'aurais pas cru. Alors que là, finalement, je suis très contente de l'avoir fait. On a pas mal d'amis qui sont venus nous voir au cours de l'été. Et puis, ils se sont rendus compte, ils se sont dit, ah oui, vous bossez énormément, mais c'est quand même une fierté. Vous avez créé quelque chose, vous réunissez des gens, vous faites revivre. une commune, les habitants sont très contents d'avoir un nouveau lieu de vie. Et c'est vrai que c'est un beau challenge, mais je pense que oui, je le referai.
- Speaker #0
Parfait. Ça donne envie.
- Speaker #2
Tout pareil. J'ai reçu des amis et je leur ai dit, tu sais, tous les jours, j'ai des clients, ils viennent, ils me disent votre pas est super. Alors là, ils ont vu de leurs yeux. Même si c'était au-delà de mes espérances.
- Speaker #0
C'est quelque chose qui fait vraiment plaisir. Ça, c'est chouette. Est-ce que vous auriez un... conseils que vous pourriez donner à une personne potentiellement dans votre situation d'avant qui voudrait reprendre une activité et qui ne sait pas trop encore ?
- Speaker #1
Je pense que je leur dirais qu'il faut arrêter un peu de considérer systématiquement les territoires ruraux comme des territoires peut-être condamnés ou sans avenir. Ce n'est pas du tout le cas. Bien sûr, il y a des difficultés réelles, mais notamment... en service, en transport, parfois en emploi. Mais franchement, je trouve que les campagnes, elles ont vraiment un atout incroyable. Et il faut savoir sauter le pas, il ne faut pas avoir peur. Il faut prendre des risques. Et honnêtement, on n'a qu'une vie. Et après, je ne critique pas du tout ceux qui veulent rester, comme moi je l'étais, en bureau. Et peut-être qu'ils ont des enfants, donc c'est un peu une facilité, entre guillemets. Mais je pense que parfois, il faut prendre des risques et il faut se dire, allez, on change entre guillemets de vie et puis on s'installe à la campagne. Il y a tellement de choses à développer en Creuse. C'est un territoire magnifique. Mais oui, venez. En tout cas, venez découvrir la Creuse. Et puis même, il faut être entreprenant et puis il faut y aller.
- Speaker #0
C'est sûr.
- Speaker #2
Je crois qu'effectivement, il faut croire en soi. On est parfois dans un monde qui nous infantilise. Vous dire, mais non. vous n'êtes pas expert, vous ne savez pas, vous ferez mal. Non, non, il faut vous aider. On ne fera pas forcément bien du premier coup, mais ce n'est pas grave. Et se faire accompagner, vraiment. C'est ce que je dis, il faut vraiment se faire accompagner. Il y a des gens très bien, c'est gratuit, donc il ne faut pas hésiter.
- Speaker #0
Ça aide grandement au début.
- Speaker #2
Je suis d'accord, on n'a qu'une vie. Voilà, c'est clair.
- Speaker #0
Il faut tester. Merci à tous les deux, en tout cas. J'ai appris beaucoup de choses et ça donne vraiment envie. de venir en tout cas déguster un petit peu ce que vous faites en Creuse, peut-être la prochaine fois.
- Speaker #1
Avec grand plaisir.
- Speaker #2
Exactement. Les auditeurs sont les bienvenus.
- Speaker #0
Avec plaisir, merci. Merci d'avoir voyagé avec nous. Pour ne rien manquer des prochains épisodes, abonnez-vous au podcast et rejoignez-nous aussi sur les réseaux sociaux at Paris Je Te Quitte. Car toutes vos envies d'ailleurs méritent d'être partagées.