- Speaker #0
Bonjour, bienvenue sur notre podcast Parle-moi de ton mois d'or. Je suis Céline Chadela et ici je laisse la voix à celles et ceux qui témoignent de leur mois d'or et de leur postpartum. Nous échangeons sur ce mois si spécial d'après l'accouchement, sur votre organisation, vos feedbacks, vos surprises, vos coups durs et vos joies. Et pour cela, je serai accompagnée de Marie-Maë Poulain.
- Speaker #1
Bonjour, moi c'est Marie, je suis psychologue clinicienne et cofondatrice avec Céline du Mois d'Or. Alors le Mois d'Or, c'est un livre, c'est des formations, mais c'est aussi un engagement pour être au plus près des femmes et des couples en postpartum. Parce qu'un bébé qui va bien, c'est d'abord quoi Céline ? Une maman qui est soutenue ! Alors offrons-leur cet espace de paroles et d'écoute. C'est parti !
- Speaker #0
Bonjour à toutes et à tous, aujourd'hui nous sommes le 23 décembre, à quelques jours de Noël, et je suis à l'Institut de Gasquet, à Paris, en présence de Bernadette de Gasquet. Peut-être que vous la connaissez déjà pour certaines, si vous êtes professionnelle. Pour les futures mamans, moi je vous invite vraiment à découvrir Bernadette de Gasquet. Bernadette, vous êtes professeure de yoga, vous êtes médecin, vous êtes formatrice, vous êtes à l'origine d'une méthode. si je puis dire, sur la physiologie de la femme. Alors Bernadette Degasquet est également formatrice pour le mois d'or et pour nous ça a été extrêmement important avec Marie de l'inclure puisque son approche, sa réflexion, ses recherches ont vraiment nourri notre approche au niveau du mois d'or dans le sens d'encourager les femmes à se reposer mais aussi à prendre en main leur santé gynécologique. Et ça, on va en parler aujourd'hui, parce que si aujourd'hui on a beaucoup avancé sur la question du repos, pour moi, sur la santé gynécologique, il y a encore beaucoup, beaucoup à faire. Voilà, est-ce que Bernadette, vous souhaitez ajouter quelques mots pour vous présenter ?
- Speaker #2
Peut-être par rapport au sujet, parce qu'on peut trouver un peu des choses sur ma vie sur Internet, mais par rapport au sujet, le fait que je voyage beaucoup, je vais beaucoup dans des pays très, très différents. très méditerranéens comme Brésil ou au Japon par exemple, ou d'autres pays d'Asie, Québec. Donc je me suis intéressée depuis longtemps aux traditions autour de la naissance.
- Speaker #0
Tout à fait. Et justement, moi j'ai une question. Qu'est-ce qui vous a amené à vous intéresser à la physiologie féminine et maternelle ?
- Speaker #2
Peut-être deux choses essentielles. Mon enfance dans une ferme auprès des... des animaux, alors qu'on n'était pas paysans. Donc, on découvrait ce monde avec mes parents. Et ça, c'était ma petite enfance. Et j'ai donc eu la chance, par rapport aux enfants de la ville, de voir des naissances, de voir des maternités animales. Bon, c'est une première chose. Et puis, ensuite, c'est mon expérience de maman, qui, par hasard, sachant qu'il n'y a pas de hasard, bien sûr, m'a fait accoucher toute seule, deux fois, alors que j'étais dans une maternité tout à fait traditionnelle. Mais il y avait trop de boulot, ou la deuxième fois, c'était un siège, et la sage-femme est sortie chercher le médecin. Du coup, c'est comme ça que j'ai démarré à me poser des questions. Est-ce que ce qu'on fait faire au moment de l'accouchement, c'est juste ? Ou c'est moi qui suis anormale ? Ou bien pourquoi on est à l'opposé ? Et c'est de là que tout est parti.
- Speaker #0
D'accord. Et est-ce que le fait que tu aies, pendant ton enfance, assisté à des accouchements de bêtes, enfin en tout cas c'était des vaches, on en parlait juste un peu avant. Oui, des chèvres, des vaches. Est-ce que toi, le jour où tu t'es retrouvée dans cette maternité pour ton accouchement, est-ce que tout ce passif, cette expérience, ça t'a aidée ?
- Speaker #2
Alors... Pas consciemment, évidemment, parce qu'on s'identifie rarement à des bêtes, n'est-ce pas ? Mais par exemple, pour le premier accouchement, alors que c'était en 1973, donc c'était très classique, c'était un hôpital parisien, j'ai accouché sur le côté. Si je regarde les animaux, soit elles restent à quatre pattes, soit elles se mettent sur le côté. fait ce lien à la limite aujourd'hui, je ne l'ai jamais fait consciemment, mais j'ai suivi ce que mon corps me disait, tout simplement, et je n'ai pas poussé, parce que c'est mon utérus qui a poussé, ce n'est pas moi. Voilà, tout est parti de là, enfin sur le fait qu'il ne faut pas trop pousser.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #2
Je n'ai jamais vu effectivement un seul animal faire des efforts exclusifs. Alors on n'est pas fait pareil, c'est vrai, mais quand même. Mais quand même.
- Speaker #0
Oui, intéressant. Et justement aujourd'hui on va parler de la physiologie, la santé gynécologique, comme je vous le disais, qui est à mon sens pas encore assez bien comprise. 30 à 40% des femmes présentent des fuites urinaires dès la première semaine après la naissance, notamment à l'effort. Il y a quand même 20% des femmes qui présentent encore des troubles urinaires plusieurs mois ou années après la naissance. Pourquoi aujourd'hui en France, les femmes, pourquoi est-ce qu'on ignore encore beaucoup les conséquences sur notre corps de la grossesse, de l'accouchement et du postpartum immédiat ?
- Speaker #2
C'est vraiment un peu mon domaine, je vais avoir du mal à me restreindre. Bien sûr,
- Speaker #3
vaste.
- Speaker #2
Parce que c'est le sujet de ma thèse de médecine, l'incontinence urinaire due à l'accouchement. Mais il n'y a pas que l'accouchement, on va y revenir parce que c'est très important, il n'y a pas que l'accouchement. Mais c'est vrai que c'est un moment où il y a beaucoup, beaucoup de pression sur le périnée de pousser. Ma thèse est de 93. Elle a eu le prix de la Fondation de France sur l'incontinence. Je trouve qu'on a fait beaucoup de progrès sur le diagnostic, sur l'imagerie, parce qu'à l'époque il n'y avait pas l'IRM, tout ça, les échographies, plein de choses. Sur la douleur aussi, on a quand même progressé, mais on n'a pas beaucoup progressé sur ce genre de problème. Il y a toujours autant de problèmes, malgré la rééducation pérenniale. Je vais beaucoup à l'étranger. parce qu'à l'étranger, la France, c'est la rééducation. On nous envie ces séances de rééducation. Oui, d'accord, c'est très bien, mais la prévention, il n'y en a pas. Il n'y en a pas. Dans ma thèse, j'ai montré que la prévention de l'incontinence, à chaque fois, dans tous les facteurs que j'ai étudiés, c'était multifactoriel. Mais j'ai trouvé deux choses qui sont sorties. on est une, il y avait significativement moins d'incontinence ou pas d'incontinence quand la femme avait accouché sur réflexe expulsif. Et ce facteur est sorti sous deux formes, c'est-à-dire, j'aurais demandé si elles avaient eu une envie irrépressible de pousser, c'est-à-dire, ce n'est pas moi qui pousse, c'est ça qui pousse. C'est un réflexe, comme le vomissement, on ne vomit pas comme ça. On ne vomit pas, on n'éternue pas sur demande, mais on ne peut pas l'empêcher en revanche. C'est le même type de réflexe. Donc, si les femmes disaient oui, ça poussait, ça poussait, ce n'est pas moi qui poussais, c'est ce que moi j'avais vécu. Et deuxième facteur, quand la femme avait fait moins de dix efforts pour sortir son bébé. Ce qui veut dire qu'il était là. Donc, c'est le même. Ma thèse est de 1993, comme j'ai déjà dit. On est en 2025. Je suis quand même très branchée dans les congrès spéciaux sur l'incontinent, sur le périnée, etc. Je n'ai jamais retrouvé d'autres études sur comment on pousse, comment on prépare le périnée avec des tas de choses, parfois d'objets, comment on coupe, comment on recoupe, comment on rééduque. Comment on pousse ? Ce n'est jamais remis en cause. Or, pour moi, c'est là le problème. Et c'est pour ça que ce problème n'est pas. que dans l'accouchement. C'est aussi la concitation, c'est aussi le sport. Le sport de bipède.
- Speaker #0
Et pourquoi, à ton sens, en 30 ans, il n'y a pas eu de nouveauté à ce sujet, de recherche sur ce sujet ? Comment tu l'expliques ?
- Speaker #2
Alors, on parle beaucoup plus du périnée qu'à l'époque, mais plutôt en réparation, en rééducation. Mais toujours pas en prévention. Pourquoi ? Je pense parce que on n'a pas trop, trop, trop de solutions. Il vaut mieux pas en parler. C'est un peu comme une fatalité. Considérée comme une fatalité que les femmes ont des risques. Mais je pense qu'on n'a pas vraiment bien analysé la biomécanique. C'est le problème des poussées. Des poussées vers le bas. Et la gynécologue de l'INSEP, qui s'occupe des grandes sportives, a fait une étude par rapport à l'incontinence chez des grandes sportives qui n'avaient jamais accouché et qui demandaient de façon anonyme s'il y avait des fuites lors des efforts. Et c'est 60% de jeunes femmes hyper sportives, on ne peut pas dire qu'elles sont en surpoids celles-là, et tous les facteurs qu'on nous ressasse en permanence, c'est des femmes tout à fait en forme, qui n'ont pas accouché et qui ont des périnées extrêmement toniques.
- Speaker #0
Alors j'ai une question par rapport à ça justement, pourquoi est-ce qu'on croit souvent qu'il faut avoir un périnée tonique ? Est-ce qu'on ne s'égare pas un petit peu ?
- Speaker #2
On confond tonique avec rigide, avec rétracté, avec renforcé,
- Speaker #3
C'est ça.
- Speaker #2
Les muscles sont efficaces quand ils sont élastiques, ni durs, ni mous. Oui,
- Speaker #3
oui.
- Speaker #2
Donc, il y a les préparations à l'accouchement qui étirent, Comment ? Certains massages.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #2
Certains objets qui sont dits préparés à l'accouchement. C'est l'étirement, ce n'est pas de la détente. Et puis, il y a des rééducations qui renforcent, qui renforcent. Mais on renforce le muscle. Mais si on a fait descendre les organes, ils ne remontent pas. Et les ligaments, ça ne se travaille pas à part de la musculation.
- Speaker #0
Ce qui peut expliquer pourquoi on a parfois encore une sensation de faiblesse au niveau du périnée ou de légère fuite urinaire. Après des rééducations qui se sont soi-disant bien passées.
- Speaker #2
Oui, ma thèse, j'interrogeais des mamans qui attendaient un deuxième ou troisième enfant, multigeste, et je leur demandais, dont celle qui avait eu des fuites après le premier raccouchement, et celle où ça commençait au cours de la deuxième grossesse, elles avaient toutes fait de la rééducation. Mais pour autant, deuxième bébé, tiens, c'est pas comme avant.
- Speaker #0
et effectivement renforcer ne suffit pas il faut arrêter de pousser et arrêter de pousser pour le bipède c'est difficile alors quand tu dis pousser c'est pousser quelque part artificiellement à l'accouchement mais est-ce que c'est aussi au niveau du quotidien ?
- Speaker #2
justement c'est le quotidien pour moi qui est le plus grave parce que c'est tout le temps, il y a des choses qu'on ne peut pas éviter si vous êtes tousseuse chronique Maud. On sait très bien, la toux chronique, c'est une catastrophe pour le périnée.
- Speaker #0
Oui, moi je le ressens. Pourtant, je pense que j'ai un périnée.
- Speaker #2
Oui, parce qu'on a un bout serré en dessous. C'est un pouce à pouce. C'est comme les tousseurs en déhargnie. Bon, avec tousse, la déhargnie, elle sort. C'est un peu la même mécanique. Et puis, il y a la constipation. Et même sans être constipé, c'est une caractéristique. J'écris beaucoup sur la constipation. c'est mon deuxième livre historiquement, c'est très étonnant, mais les hommes ne poussent pas. Ils squattent les toilettes, mais ils ne poussent pas. Partout dans le monde entier, ça se vérifie.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Et les femmes poussent, même quand il n'y a pas de raison, même quand on n'est pas constipé.
- Speaker #0
Pourquoi ?
- Speaker #2
Je ne sais pas, c'est culturel. Évidemment, les toilettes hautes n'arrangent rien pour la femme. En particulier, parce qu'on ne pousse pas dans la bonne direction, c'est une espèce de réflexe déliminé. Donc ça, c'est un facteur très, très présent parce que ça commence très, très jeune, etc. Et puis, beaucoup de sport hyperpressif. Parce que dès qu'on fait n'importe quel mouvement, on lève le bras, on lève le pied, on tourne la tête, les abdos travaillent. Tout part des abdos. Donc, si on ne gère pas la pression qui est générée par les abdos, en dirigeant les forces vers le haut, dans la gravité, ça va plutôt vers le bas. Et donc, c'est toute la journée. Il y a un obstétricien, pas très gentil, mais réaliste, qui a dit, toute femme aura un jour un prolapsus, c'est-à-dire descendre d'organes. Il suffit d'attendre. Alors, s'il faut attendre 120 ans, ça va. Mais si on pousse, ça descend plus vite. Et puis, il y a des gens qui ont des facteurs de risque. Des délicaments plus lâches, des grossesses avec beaucoup d'enfants, rapprochés, etc. Il y a des facteurs de risque, mais c'est un peu comme les yeux et les oreilles. Avec le temps, ça ne va pas dans le bon sens. Donc, il faut se protéger quotidien. Parce que ce n'est pas une séance par semaine de kiné pendant quelques séances qui va compenser le quotidien.
- Speaker #0
Et donc, si tu avais trois conseils à donner, pour le quotidien déjà, quels seraient-ils ?
- Speaker #2
Alors, de garder toujours le plus possible l'autograndissement.
- Speaker #0
Oui, ça t'en parle beaucoup.
- Speaker #2
C'est-à-dire, éviter de rapprocher les épaules du bassin. Si on rapproche les épaules du bassin... Entre les deux, on augmente la pression. Et ça ne va pas vers le haut. Que ce soit parce qu'on est tassé, cambré, ou plié à droite, plié à gauche. Si on pousse vers le haut, on pousse tout vers le haut. C'est la tête, mais tout le reste. Donc c'est un problème de statique, de placement, de ne pas porter des poids à bout de bras. Mais plutôt, on ne sait pas les porter sur la tête chez nous. En tout cas, éviter ce qui va augmenter, pousser vers le bas. Éviter les sports qui font ça. Et ça, on peut quand même, les abdos crunch, etc. Je ne vois pas à quoi ça sert dans la vraie vie, ce renforcement-là. Ça ne correspond à rien pour porter des charges, pour se lever, pour bouger. On n'a pas besoin de raccourcir les grands droits. on est plus dans le gainage, s'auto-grandir c'est vraiment faire attention donc nos chaises, nos canapés alors aujourd'hui c'est très tendance moi ça fait 50 ans que je dis l'ennemi numéro un c'est la chaise j'écris beaucoup beaucoup là-dessus parce qu'on y passe trop de temps et elles sont toutes mauvaises, toutes pour tout le monde elles correspondent à personne Merci. comme un dossier en arrière, etc. Donc ça, on pourrait éviter quand même, on pourrait améliorer. Et puis, apprendre à intégrer le périnée dans le schéma corporel et dans la respiration. Parce que si je regarde un chien, un chat respirer, je vois que ses narines s'ouvrent pour faire entrer l'air, que le ventre se détend, mais il ne gonfle pas le ventre, il ne fait rien du tout. Et quand Il expire, le ventre rentre tout seul. Il ne serre pas le ventre. Parce que rentrer le ventre, ça pousse. Ça pousse vers le bas. Et le chien, le chat, au moment où il expire, l'anus rentre. Remonte. La respiration va du nez au périnée. Donc, se servir de la respiration, du grandissement, et se protéger, c'est-à-dire je pars du bas pour. Pousser vers le haut.
- Speaker #0
D'accord.
- Speaker #2
Lutter contre la gravité.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #2
Toute la vie.
- Speaker #0
Donc, ça peut être aussi, si on travaille beaucoup derrière un ordinateur, de remplacer notre chaise par un ballon.
- Speaker #2
Alors, c'est une des propositions. Elle a plusieurs intérêts. Le premier, il n'y a pas de dossier. Donc, on ne s'appuiera pas en arrière.
- Speaker #3
C'est vrai.
- Speaker #2
Ça n'empêchera pas forcément de s'avachir, mais on ne s'appuie pas en arrière. Deuxième chose, on ne croise plus les jambes. Parce que c'est instable. Et ça, c'est une erreur de beaucoup de femmes, croiser les jambes. Parce que comme ça, il y a un genou qui est plus haut que la hanche d'un côté. Donc, instinctivement, elle se facilite la vie au niveau du dos. Elle a moins d'efforts pour tenir son dos. Mais le problème, c'est que c'est toujours le même côté et qu'elle déséquilibre son bassin. Donc, le ballon... Il y a tout ça, mais on peut quand même s'avachir sur un ballon. Et en fait, ce n'est pas simple. La posture assise ailleurs que par terre, ce n'est pas simple. Il faut quand même, on a besoin d'accessoires. Il y a des choses sous les pieds, par exemple, pour remonter les genoux au-dessus des hanches. Mais il faut se pencher en avant. Si on part en arrière, on va s'avachir encore plus si on remonte les pieds. C'est très mécanique, mais c'est très simple à comprendre quand même.
- Speaker #0
Oui, c'est sûr.
- Speaker #2
Il faut juste prendre des chaises, les regarder. Et bon, il y a des objets qui ressemblent à des ballons, mais des ballons plats. Et c'est l'idéal sur une chaise parce que ça se transporte partout, ça ne prend pas de place. Et on peut changer la direction si on a une morphologie différente. Parce qu'on n'a pas tous les mêmes courbures.
- Speaker #0
C'est vrai. Oui, en fonction.
- Speaker #2
De la morphologie, de la génétique.
- Speaker #0
Je vais beaucoup au Japon,
- Speaker #2
ils sont tout plats, il n'y a pas de fesses, il n'y a pas de cambrures. La personne qui traduit n'a pas le mot cambrure, on ne le dit pas en japonais. L'africaine, elle n'est pas cambrée, mais elle a une seule courbure, c'est très creux. Nous, on a plusieurs courbures et il y en a qui sont montées dans l'autre sens en plus. J'aime beaucoup quand on me dit qu'il faut respecter les courbures naturelles. Oui, d'accord, mais qu'est-ce qui est naturel ?
- Speaker #0
Bien sûr. Alors, trois mots. à retenir l'auto-agrandissement. Et surtout, aussi, si vous êtes en postpartum, vraiment, on doit toujours avoir cette conscience de s'auto-agrandir, la conscience de son souffle et de son périnée. Et puis, peut-être remplacer quand on peut, son siège par un ballon, ou peut-être même être debout quand on travaille. Alors,
- Speaker #2
en postpartum, je reviens un tout petit peu. C'est un peu vrai tout le temps, mais particulièrement en postpartum. essayer de limiter la gravité.
- Speaker #0
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Pas vertical, pas trop quoi.
- Speaker #0
C'est ça. Explique-nous ce qui se passe pendant le postpartum.
- Speaker #2
C'est très, très brutal. C'est-à-dire que pendant neuf mois, on s'adapte un peu, on grossit progressivement. Le corps change totalement, mais c'est incroyable le nombre de changements dans le corps de la femme. Jusqu'aux chaussures, jusqu'aux pieds. Oui, c'est vrai. Jusqu'aux pieds. rien ne sera plus comme avant. Donc, oui, mais ça sera mieux. Voilà, c'est ça qu'il faut se dire. Donc, OK, la grossesse, c'est une grosse épreuve, mais c'est progressif. En deux heures de temps, juste après l'accouchement, on perd facilement 6-7 kilos, ce qui est très brutal. On se relève, les abdos sont trop grands. Ils ont dû faire la place au bébé, donc ils sont allongés, écartés pendant la grossesse. Donc, ils ne peuvent pas tenir. L'utérus est encore très lourd. Les ligaments sont très longs parce qu'ils ont grandi avec l'utérus. Les ligaments sont relâchés par les hormones. Donc, on a plus d'un kilo comme ça, suspendu dans le vide. Les abdos ne peuvent pas plaquer le ventre tout de suite contre le dos. Et donc, tout... tendance à descendre. En plus, on est beaucoup trop debout, parce que souvent le bébé réclame. Lui, il adore qu'on soit debout et qu'on marche. Mais on ne le porte pas forcément très bien. On le porte sur son ventre. On est en arrière. On a une statique terrible. On pousse sur le ventre, on pousse sur le périnée. Pendant ce temps-là, le périnée, même s'il était très fort avant, est affaibli par le passage, par l'étirement, par le fait qu'il y a des œdèmes souvent, etc. Donc, on ne peut pas demander au périnée de retenir puissamment. De toute façon, ce n'est pas son rôle non plus. Théoriquement, c'est quelque chose que les gens ne savent pas. ce qu'on appelle le périnée en langage populaire, parce que c'est plein de muscles périnées, mais quand on dit périnée, tout le monde se comprend, c'est le muscle de la retenue du pipistope. Théoriquement, il doit soutenir du vide. La vessie, elle doit être à l'étage abdominal, l'utérus aussi, et le rectum doit être vide. Et le vagin, c'est pas un lieu de stationnement. Donc, Le périnée puborectal devrait soutenir du vide. Ce qui ne nécessite pas une force extraordinaire. Si c'est vide. Et si on ne pousse pas, les choses à descendre.
- Speaker #3
D'accord.
- Speaker #2
Donc en fait, cette prévention dans les suites de couches, elle est vraiment liée à la gravité. Et là, c'est pour ça qu'il faudrait être le plus possible. Soit couché sur le dos, sur le côté, soit sur le ventre. quatre pattes, voire des postures un peu à l'envers. Et on voit certains animaux, comme il y a un film qui est très beau là-dessus, sur un grand singe qui, à son petit, elle se verticalise pour faire descendre le petit, pendant qu'elle se suspend en tout remonte, et après, elle se couche. contre un mur, elle met de la paille sous ses fesses et elle se met à l'envers. C'est juste l'inverse de ce qu'on fait. On se couche pour accoucher, on se lève après. Bon, l'idée quand même.
- Speaker #0
Tout le contraire.
- Speaker #2
Donc, c'est une période à risque et le fait d'avoir un périnée très fort et des abdos très forts ne protège de rien à ce moment-là. Ce n'est pas eux qui peuvent protéger.
- Speaker #0
Et même au contraire, ça peut aussi... Parfois,
- Speaker #2
elle périnée trop. fort, entre guillemets, il faut pousser plus fort pour...
- Speaker #0
Est-ce que ça augmente le risque de déchirure ?
- Speaker #2
Alors, soit de déchirure, soit d'épisiotomie pour éviter la déchirure, soit... Parce que si on pousse sur un... Si on étire brutalement un muscle, il se défend, donc il se contracte. C'est normal. Si mon périnée était étirée, il se contracte. Et donc, il ne devrait pas y avoir cette... poussée vers le bas qui pousse l'utérus avec le bébé.
- Speaker #3
Oui, c'est ça.
- Speaker #2
Donc c'est la suspension, etc. Et dans l'histoire de l'obstétrique, il y a toutes les positions, des tas de positions vraiment parfois un peu bizarres, tout sauf la nôtre.
- Speaker #3
Oui, c'est fou quand même.
- Speaker #2
Et quand on a des gens qui soutiennent en arrière, quand on a une femme assise, ce qui est rare. La personne qui est derrière la tire en arrière, les mains sous la poitrine, un peu comme quand on fait une manœuvre pour faire sortir du corps, à la manœuvre de Jelmich. C'est comme si on va chercher une espèce de vomissement, et non pas se plier en deux, tirer sur les bras et pousser sur la tête. C'est exactement l'inverse.
- Speaker #0
Non, mais c'est sûr. C'est vrai que c'est fou, cette posture pour accoucher qu'on nous oblige à prendre maintenant en maternité. À tout niveau, quelque part, elle est contre la nature.
- Speaker #3
Disons-le.
- Speaker #2
Mais c'est devenu par le conditionnement. C'est ça qui semble normal. Beaucoup se... Ils se disent, mais je ne peux pas faire autrement. Si, si, on peut faire autrement. Bien sûr.
- Speaker #0
Mais alors justement, j'ai une question moi, parce que tu vois, moi j'ai vécu les deux accouchements. J'ai vécu le premier accouchement très médicalisé, déclenché avec de la cytocine de synthèse, etc. Et suite à cet accouchement, je ne sentais plus rien à la fin, puisque j'ai reçu deux doses de péridurale, enfin vraiment la totale, j'étais complètement shootée. Et après, j'avais une incontinence urinaire. Deuxième accouchement, fait complètement différent, accouchement à la maison, j'ai accouché agenouillée, les genoux sur mon tapis de yoga, en traction sur ma housse de matelas et là j'ai plus aucun souci. Ce que j'avais encore comme incontinence urinaire suite à ma première grossesse que j'ai encore eu un an après, un an ou deux, là ce deuxième accouchement est arrivé trois ans après et depuis je n'ai plus aucun souci. Je me demandais, est-ce qu'entre les accouchements, il peut y avoir un processus de résilience, de réparation ?
- Speaker #2
Alors, je reprendrai plusieurs éléments de l'histoire, parce que c'est assez fréquent que le deuxième accouchement améliore. Parce que, quelque part, surtout quand on a fait de la rééducation entre les deux, on connaît, on sait. Du coup, la femme, pendant sa grossesse, va se protéger davantage. Elle va sentir quand ça pèse, elle va éviter. Et elle sait contracter le périnée. Et le plus souvent, elle va le faire tout de suite après le deuxième. Elle ne va pas attendre. Tandis qu'au premier, on ne sait pas. On attend la rééducation. On subit beaucoup plus. Puis le premier bébé...
- Speaker #0
C'est lui qui fait le passage, comme on dit. Et donc, il descend dans le bassin. C'est la première fois que le périnée doit supporter un étirement aussi important. Donc, il résiste. Très souvent, le deuxième bébé descend beaucoup plus vite. Le passage est fait. Le réflexe expulsif est beaucoup plus présent au deuxième, péridural ou pas. C'est un problème de réflexe qui ne se déclenche pas si le bébé n'arrive pas à descendre. et comme la position ne l'aide pas à descendre, etc. tout s'en mêle, donc souvent au deuxième, et c'est pour ça que les positions aussi sont plus facilement prises par les femmes spontanément au deuxième ça va vite, plus vite, et les sages-femmes, si on est à l'hôpital disent aussi, bah oui au deuxième ça marche, mais au premier c'est plus difficile et donc on va inciter à pousser parce que Merci. Parce que le bébé est dans le bassin, que c'est une période à risque, etc. Donc, il y a beaucoup de facteurs. Et donc, si les choses ne sont pas trop « abîmées » , souvent, après le deuxième, on est mieux. Parce qu'ensuite de couche, elle travaille tout de suite.
- Speaker #1
Elle sait.
- Speaker #0
Dès qu'elle sent une pression, elle contracte. Elle n'attend pas six semaines avant de commencer sa rééducation.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #0
Donc, c'est... pas, je ne sais pas non plus tout le monde, mais souvent c'est un peu c'est un côté un petit peu positif et d'une manière un peu générale, quand je fais travailler des femmes au tapis qui n'ont jamais accouché, le périnée, elles ne sont pas énormément de nuances. Après le premier accouchement, on est tous dans les nuances.
- Speaker #2
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Parce que ça y est, on connaît cette zone beaucoup mieux.
- Speaker #2
Et comment on pourrait faire justement pour sensibiliser les jeunes filles ou les jeunes femmes à leur périnée sans attendre la prénescence justement ?
- Speaker #0
C'est beaucoup de travailler, de mobiliser le périnée. Et pour mobiliser le périnée, encore une fois on dit le périnée c'est beaucoup de muscles, mais pour mobiliser des muscles, il faut mobiliser les insertions. Donc, si on a un bassin qui ne bouge pas, un coccyx qui ne bouge pas, et un diaphragme qui ne bouge pas, le périnée, lui, il ne va rien faire tout seul. Il dépend du diaphragme, il dépend des os du bassin. Et donc, c'est pour ça qu'il faut le travailler dans différentes positions, pour faire intervenir des muscles, que ce soit des muscles... qui aident le périnée synergique, qu'on pourra utiliser dès la naissance pour aider ce périnée, justement parce qu'il est un peu trop faible et que même s'il se serre, ça ne suffit pas. Et on pourra aussi utiliser des muscles antagonistes qui vont permettre de détendre le périnée. Parce que si on dit à quelqu'un de détendre quelque chose, les fesses, les culs, ça ne veut pas dire serré. oui, contracter oui, détendre pas sûr, donc pareil au niveau du périnée. Ça se travaille dans les postures avec des muscles synergiques, des muscles antagonistes, et le resituer dans cette globalité avec la respiration.
- Speaker #2
Ok, donc pratiquer du yoga.
- Speaker #0
La respiration, c'est énorme dans le yoga, alors que beaucoup de sports, c'est un peu approximatif la respiration. Le yoga a quand même beaucoup d'outils de ce côté-là. Et des outils qui permettent de travailler à l'horizontale, à l'envers. Ce qui n'existe pas dans beaucoup de sports.
- Speaker #2
C'est à la fois évident et intéressant. Parce que la plupart des sports, on les pratique à la verticale.
- Speaker #0
Avec forcément des abdos. Quels abdos, comment ils vont jouer.
- Speaker #1
Oui, c'est ça.
- Speaker #0
Et puis... Les animaux, ça m'a appris beaucoup de choses. Un animal ne fait jamais quelque chose de non physiologique.
- Speaker #1
Eh oui.
- Speaker #0
Sauf quand ils sont dressés par l'homme à faire des trucs qui n'ont aucun sens. Se mettre sur les pattes arrière, pour faire du cirque. Les chevaux, par exemple, le cheval ne devrait pas atterrir sur ses sabots avant. C'est seulement les chevaux de saut qui sont entraînés comme ça, qui sont obligés d'atterrir. Et ils se bousillent les pattes, c'est bien connu. Parce qu'un cheval qui court, il peut sauter une fois ou deux, mais c'est tout. Mais ce ne sont pas répétitions qui aboutissent sur les pattes avant.
- Speaker #2
D'accord. Oui, oui, c'est sûr. Mais de toute façon, le yoga est quand même inspiré des postures animales.
- Speaker #0
Il y a beaucoup d'imitations, des caractéristiques de chaque animal.
- Speaker #2
Donc c'est vrai que finalement, plus on se connecte aussi à notre part animale, notre part de nature, mammifère, et plus on a de chances de se préserver, quelque part.
- Speaker #0
On peut prendre comme guide le bébé aussi. Ils ne font que des choses physiologiques. Il y a une logique mécanique certaine chez le bébé.
- Speaker #2
Et alors, il y a beaucoup de femmes qui souffrent aussi de diastasis. Est-ce que tu pourrais nous expliquer ce que c'est, comment le reconnaître et comment s'en prémunir ?
- Speaker #0
Alors, diastasis ou diastase, c'est l'écartement des muscles grand droit de l'abdomen, c'est-à-dire là où il y a parfois des tablettes de chocolat, c'est ces muscles-là, mais chez les femmes, c'est très rare, les tablettes de chocolat. Donc ça, c'est l'écartement. de ces deux muscles, puisqu'il y en a un à droite et un à gauche. Et donc, au milieu, il y a un truc qui s'appelle la ligne blanche, qui est une aponeurose, c'est-à-dire une structure pas du tout élastique, rigide, c'est pas une osse, mais des muscles qui s'accrochent quelque part. Donc, ils s'accrochent à des os ou à une structure aponeurotique. Donc, les grands droits, c'est évident que pendant la grossesse, ils sont obligés de se modifier pour trouver la place pour un utérus. C'est énorme, c'est une verrue énorme. Un utérus dans lequel il y a déjà 33 cm de hauteur si c'est un bébé unique et plus si c'est un lapus de bébé et c'est une masse énorme tout devant. Donc il va pousser sur ses abdominaux et ses abdominaux ils ont deux deux réponses possibles. Soit ils acceptent de s'étirer, soit ils ne veulent pas s'étirer, ils se durcissent quand ça pousse dessus et ils s'écartent. Et cet écartement, c'est comme une boutonnière verticale. Quand la chemise est trop petite, la boutonnière s'ouvre. Et ça, évidemment, c'est physiologique dans la grossesse. qu'il y a un petit écartement, plus large en haut qu'en bas. Ce n'est pas tout à fait en bas. Tout à fait en bas, quand on voit une femme enceinte à partir du deuxième trimestre, tout en bas, c'est tout plat. Il n'y a rien qui s'écarte. C'est au-dessus que ça commence. Et souvent, les femmes ont les mains en dessous. Là, il n'y a pas de diastasis. C'est un seul morceau. Il y a beaucoup de choses. Si vous mesurez 1,50 m et que vous avez un petit buste et que vous avez des triplés, ça est dur à caser. C'est un peu caricatural. Mais la longueur du buste, la taille totale, ça joue. La morphologie, est-ce que j'ai des côtes très serrées ? Auquel cas, ça ne peut pas écarter les côtes. Si ça n'écarte pas les côtes, ça écarte les abdos, etc. Il y a plein de facteurs personnels. qui sont génétiques, mais il y a aussi des facteurs qu'on a créés.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Par exemple, justement, certaines personnes d'obésité, ou le fait de faire des abdos qui rapprochent des épaules du bassin. Donc, qu'est-ce qui se passe entre les deux ? La boutonnière, elle s'élargit. Ou bien des postures très cambrées, la boutonnière s'élargit. Parce qu'on rapproche le bassin des épaules dans le dos, cette fois-ci. Donc chaque fois, ça va écarter la boutonnière. Et après, c'est difficile à récupérer parce qu'il n'y a pas de muscle qui fait le tour.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Donc ça va être un peu difficile, ça s'est beaucoup écarté. Donc la nature a prévu de pouvoir caser cette masse et les grands droits vont s'allonger physiologiquement de 15 cm, c'est-à-dire à moitié de la hauteur utérine. entre le cinquième et le septième mois.
- Speaker #2
Ah oui.
- Speaker #0
Et il faut les aider à s'allonger.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
J'ai beaucoup travaillé sur le diastasis, il n'y a pas encore grand-chose, pas encore beaucoup d'études, mais ça fait des années que j'en parle et que j'amène ce sujet, en disant, il faut aider les abdos à s'allonger. En vue de la... pendant la grossesse en vue d'éviter le diastasis. En fait, toutes les études que je connais, et j'ai beaucoup d'étudiants aussi qui travaillent là-dessus en ce moment, il n'y a rien sur la prévention. Rien, jamais. Qu'est-ce qu'on va faire une fois que c'est là ? Opérer, machin. Prévention, non. La prévention, c'est la boutonnière. Si vous allongez, vous poussez vers le haut et vers le bas, la boutonnière se resserre. Et donc, la prévention pendant la grossesse, c'est d'allonger les grands droits et surtout pas de les raccourcir.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Mais ça ne veut pas dire cambrer. Ce n'est pas sortir le nombril et sortir le ventre. C'est donner de l'espace entre le nombril et les côtes. La place pour l'utérus, on ne peut la trouver que en haut. En bas, non. Et il ne peut pas passer, il est trop gros. Derrière, il y a la colonne. Devant, oui, mais vers le haut, pas vers le bas. D'accord. C'est simple, mais notre quotidien, on est plutôt avachi, plutôt fermé qu'en extension. Bien sûr. Donc beaucoup de postures d'extension qui ne sont pas. pas des cambrures, et ça dans le yoga, on en a beaucoup, et c'est un des sports, entre guillemets sports, c'est pas un sport, mais activités physiques, où il y a le plus d'extension. C'est vrai. Autant que des flexions.
- Speaker #2
Ah oui, d'accord.
- Speaker #0
Dans le sport en général, en arrière, comme ça, il n'y a pas grand-chose.
- Speaker #2
Ah oui, c'est sûr. Oui, on crée de l'espace avec le yoga, en fait.
- Speaker #0
Oui, mais en haut.
- Speaker #2
Dans l'eau.
- Speaker #0
Pas devant, pas en bas. On est plus à risque de diastasie si on est hyper musclé, un périnée béton, mais des grands doigts raccourcis.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Et on est plus à risque de problème de prolapsus si on est hyperlaxe et périnée, bon, normale, détendue, mais hyperlaxité. Et on ne résiste pas à la gravité, c'est-à-dire qu'on s'effondre.
- Speaker #2
Et donc, est-ce que tu considères que justement la descente d'organes n'est pas une fatalité ? qu'un gynécologue avait dit que c'était une question de temps mais que ça arrivait fatalement en dehors des femmes.
- Speaker #0
C'est quand même un gros risque quand même parce qu'il y a un organe de plus dans l'abdomen, l'utérus, et les ovaires avec. Chez l'homme, c'est déjà dehors. Donc ça ne sortira pas. Tout est dehors. Et il y a un vide vaginal. Et la gravité fait que Toi, tu as tendance à aller dans le vide. Dès qu'il y a un organe qui descend, il attire les autres. Et je ne sais pas remonter en contractant. Je sais remonter en aspirant par le diaphragme. Mais ce n'est pas quelque chose qu'on peut maintenir en permanence. On peut maintenir en permanence l'autograndissement. Mais pas la remontée, l'hypopression, des choses comme ça, qui effectivement remontent les organes, mais pas pour longtemps. où je ne peux pas me mettre sur la tête toute la journée. Ça, ça me fait remonter les organes. Mais voilà, c'est un peu ça. Donc, savoir que ce n'est pas une fatalité, mais c'est quand même une caractéristique de la femme par rapport à l'homme. On n'a pas les mêmes problèmes et les mêmes risques en médecine. On sait qu'il y a des maladies plus masculines, plus féminines, etc.
- Speaker #2
toi qui pratiques le yoga depuis des décennies, qui es extrêmement sensibilisée à tout ça, est-ce que tu en souffres ?
- Speaker #0
Alors, je n'ai pas directement souffert, mais comme j'ai vécu un accouchement du siège, et que j'ai une grossesse du siège, la deuxième, elle était assise sur la vessie toute la journée. Et c'était vraiment très différent comme sensation, vraiment. Si j'étais ennuée, là c'était entre le bébé qui appuie et les abdos qui appuient, c'était un peu compliqué. Et les hormones qui relâchent le sphincter. Donc, pas inquiétant parce que je savais qu'il y avait des raisons extérieures à la limite, qui comprimaient, etc. Mais franchement, pas du tout le même ressenti qu'au premier ou à la troisième, qui étaient des bébés tête en bas. la terre en bas, elle est Elle ne peut pas descendre, elle appuie beaucoup moins bas. Là, j'ai vraiment senti comment la gravité peut jouer sur le périnée. D'une manière normale.
- Speaker #1
D'accord, c'est sûr.
- Speaker #0
Parce que la vessie, c'est une poche pleine de liquide, avec un bouchon qui est en bas. Bon, s'il n'y a pas un très bon mouchon et qu'on appuie fort sur la... poche et qu'on secoue. Parce qu'on se sent encore... Si vous voulez vider une poche, il faut secouer. C'est sûr que le secteur, il va se fatiguer.
- Speaker #1
Bien sûr.
- Speaker #2
Et justement, tu peux nous en reparler, parce qu'il y a une époque où on parlait justement de la pratique du stop pipi qui était transmis et qui était soi-disant favorable. Mais en fait, on s'est rendu compte que ce n'était pas le cas.
- Speaker #0
Les débuts de la rééducation périnérale. on s'est rendu compte qu'on pouvait mobiliser le puborectal, qui est le muscle du pipistope, et que le geste d'essayer de retenir une envie, c'était le moyen de travailler activement, volontairement, le périnée. Une partie du périnée, le puborectal. Et donc, on s'est précipité un peu là-dessus, en disant, pour vous entraîner, chaque fois que vous allez faire pipi, vous essayez d'arrêter. Et là, c'est l'erreur. C'est-à-dire qu'il ne faut pas chercher absolument à arrêter, mais il faut voir si, en faisant un geste, il y a quelque chose qui change ou pas. C'est un test. Et après, on a complètement, complètement rejeté le pipi-stop en disant « surtout pas, surtout pas » . C'est un peu de bon sens si on va empêcher la vessie de se vider chaque fois qu'elle veut se vider. on va dérégler le système.
- Speaker #1
C'est sûr.
- Speaker #0
C'est un peu évident. Et donc, la vessie, quelque part, va se contracter sans prévenir. Et elle n'a pas des intentions, mais ça se joue comme ça. Donc, on a dit plus de pipistopes. Et moi, je ne suis pas d'accord. Je trouve que c'est un très bon test.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Test par rapport à moi-même, mon périnée. Il y a des jours où... Il fait moche, c'est tout mou, la pression atmosphérique, on est crevé, peut-être on sort de maladie, on sent qu'on est tout mou de partout, et du périnée. Je connais mon périnée et je me dis, aujourd'hui il ne marche pas, il ne marche pas comme hier. C'est par rapport à moi. Et parfois il fait, au contraire, tout est au vert, tout est au beau. Et je sens que j'ai vachement plus de tonus partout, y compris dans mon périnée. Après, il y a les hormones, si on est en période avant la ménopause, bien sûr qu'ils jouent, mais pas que. La pression atmosphérique, la fatigue, le stress, tout. Ce qui fait qu'on peut s'observer et dire, tiens, aujourd'hui, j'ai l'impression que ça va moins bien ou ça va mieux. Je teste. Je vais aux toilettes, je commence et je teste. Pas pour arrêter à tout prix, mais juste pour voir si ce que j'avais... Le ressenti, c'est juste. C'est comme un thermomètre.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Je crois que j'ai de la fièvre aujourd'hui. Je me sens bizarre. Je prends ma température. Je crois que c'est fini. Je prends ma température. Je n'ai pas passé ma vie avec le thermomètre. Ce n'est pas pour travailler, c'est pour tester. Et en fait, ça ne coûte rien.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
C'est à la portée de tout le monde. Et finalement, quand on regarde les rééducations du Périnée, c'est que du pipi-stop.
- Speaker #1
Oui, c'est vrai. C'est ça le geste.
- Speaker #0
Donc, encore une fois, juste un test, pas un exercice. Et pas vouloir arrêter complètement, mais voir si je mets un coup de frein, oui ça marche, ou pas du tout. Se connaître au jour le jour, ça fait partie de cette connaissance, y compris par rapport à la fertilité.
- Speaker #1
Ah oui ?
- Speaker #0
Et oui, savoir à quel moment c'est plus mou, c'est plus... Voilà, etc. Donc on suit le cycle, on suit beaucoup de choses à travers ça.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #2
tout à fait. Mais justement, ce périnée, c'est vrai qu'il est aussi tabou pour beaucoup de femmes. On se rend compte aujourd'hui que malheureusement, il y a un lien, il y a énormément de femmes qui ont subi des incestes, des attouchements, des abus, etc. Est-ce que tu peux nous en parler, justement, de ces traumas ?
- Speaker #0
J'ai eu une consultation de périnéologie à la maternité des Bleuets pendant dix ans. Et c'était une consultation relativement unique parce que juste périnéologie, c'est un choix. je ne suis pas urologue, je ne suis pas gynécologue, je ne suis pas gastroenterologue. Et des gens qui ont des problèmes de périnée, selon la nature du problème, le gastro, l'uro, et le plus souvent, les petites incontinences urinaires, on ne va voir personne parce que c'est normal, et puis qu'on ne sait pas qui voir, finalement. Et donc, cette consultation, j'avais des femmes qui avaient des problèmes de périnée. divers, parce que être constipée, ça peut être un problème de périnée. Ce n'est pas que l'incontinence, c'est aussi la vidange qui ne se fait pas bien, les vessies qui ne s'évident pas complètement, etc. Et donc, avec un peu d'expérience, je voyais quand même plutôt quelques jeunes femmes qui venaient d'accoucher, mais surtout des femmes qui avaient vraiment des problèmes de périnée depuis longtemps et qui avaient cherché des rééducations diverses. des examens, des trucs qui traînaient ça, quoi, en fait. Un gros dossier médical. Et il n'y a rien qui marche. Les Québécois nous ont beaucoup alertés là-dessus. On peut arriver jusqu'à une quinzaine d'opérations. On enlève des morceaux d'intestin, on enlève des tas de trucs, parce que la femme a mal, etc. Ça ne marche jamais parce qu'on n'est pas sur le problème. Le problème est ailleurs. Ce n'est pas un périnée trop hypotonique qui cause le plus de problèmes. Et ce n'est pas un renforcement qui va le régler. Et donc toutes ces femmes qui avaient quand même des problèmes un peu anciens de périnée, très souvent, même au téléphone. Je savais déjà que le problème était ailleurs.
- Speaker #2
D'accord.
- Speaker #0
Elles avaient raconté un peu tout ce qu'elles avaient fait, etc. Et rien ne marche. Et quand on a l'expérience, on peut se dire, tu ne cherches pas au bon endroit.
- Speaker #1
Ok.
- Speaker #0
Attention, c'est un diagnostic, il ne faut pas poser à la légère, évidemment. Mais il y a des signes qui sont assez parlants. Et donc parfois, il faut juste faire le lien qui n'a pas été fait parce que c'est une façon de se défendre, parce qu'on veut occulter, on ne veut pas voir, on ne veut pas savoir, ou que c'est plus facile d'être victime que d'affronter, etc. Maintenant, on en parle énormément. Quand j'ai écrit « L'enfance abusée » en 2003, on n'en parlait pas. On n'en parlait pas. Et il n'y avait pas Internet, donc il fallait passer à la caisse avec le livre. Ce n'était pas un gros succès de librairie. Mais le problème est énorme, en fait, parce qu'il y a statistiquement beaucoup, beaucoup, beaucoup de gens. Alors, attention, ce n'est pas forcément viol. Il n'y a pas forcément pénétration. Il n'y a pas forcément violence. Ça peut être que des ambiances, que des choses qui sont... Un petit peu un climat qui est ressenti selon l'âge, selon les circonstances. Vraiment, alors qu'il n'y a pas objectivement eu un couteau sous la gorge.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Si avec ça, il y en aurait moins quand même. Mais voilà, c'est très, très, très fréquent. Aujourd'hui, je ne sais pas ce que ça va devenir avec tous les films pornos qui traînent chez des très, très jeunes. toutes ces images assez violentes à propos de la sexualité. On peut se sentir violenté alors qu'on regarde un film. Ce n'est pas le sujet du truc.
- Speaker #2
Je crois qu'on a encore beaucoup à apprendre, en fait. On a l'impression, en termes de sexualité, notamment de sexualité féminine, parce qu'on croit qu'on sait, mais en fait, on ne sait rien. Je n'ai pas l'impression.
- Speaker #0
Parce que tout ça est tellement intérieur.
- Speaker #2
Mais oui.
- Speaker #0
et pas encore analysée. J'ai eu l'occasion de travailler avec une radiologue, Yvonne Maratos, qui était spécialisée dans les prolapsus, les centres d'organes. Elle faisait des IRM avant l'opération. C'est son boulot de radiologue. Et un jour, elle a une femme qui arrive et qui est très gênée parce qu'elle a des orgasmes intempestifs n'importe quand. ce n'est pas du tout lié à une excitation sexuelle ou sentimentale ou autre. Elle est très gênée et c'est une femme fontaine. Bon, qu'on soit une femme fontaine. Et elle explore, elle trouve dans un premier temps rien, les organes sont bien en place, etc. Et elle opacifie la zone avec produits, je ne sais pas parce que ce n'est pas mon domaine. Et là, elle voit, en fait... le fameux point G. Et elle avait un kyste du point G. Et du coup, elle s'est intéressée à ça, et comme elle faisait dans des IRM pour les prolapus, etc., à chaque fois elle injectait, et elle a trouvé, elle a bien montré que chez toutes les femmes, on a cette structure qui existe, c'est pas une vue de l'esprit, c'est organique, c'est un peu comme des groseilles, des bonnes formes qui sont là. Et cette forme-là, on ne la voit pas. On ne la voit pas. Chez les femmes, il y a plein de choses qu'on ne voit pas.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
C'est intérieur, etc. Et récemment, j'ai une étude super intéressante qui vient de sortir sur le côté de la possibilité d'utiliser la stimulation du clitoris par rapport à la douleur.
- Speaker #2
Ah oui,
- Speaker #0
Y compris Andoine Strigos.
- Speaker #2
Ah oui !
- Speaker #0
Ce n'est pas justement que sexuel. Il faut arrêter avec le côté purement sexuel. Il y a beaucoup d'autres choses.
- Speaker #2
C'est intéressant. Oui. Pour atténuer la douleur.
- Speaker #0
Ça se fait sécréter certainement en désendorphine et autre chose. Mais alors, justement, ce qui est compliqué, c'est que dès qu'on va parler de ça, étant donné que le clitoris ne sert qu'au plaisir, ça ne sert à rien ce truc-là. On peut l'enlever d'ailleurs. Elle ne va pas mourir, elle peut faire des enfants. Donc, tout va bien. mais comme ça ne sert qu'au plaisir c'est tout le temps suspect, c'est ramené au plaisir donc elle ne va pas se masturber quand même c'est pas la masturbation pas forcément, je veux dire, ça peut mais ça peut être justement dans un autre contexte tout à fait autre chose qu'on est en train de découvrir oui c'est intéressant très intéressant Oui,
- Speaker #2
c'est une voix.
- Speaker #0
Et il y a des... ça je cherche, mais j'avais... J'ai eu un mémoire d'un prof de yoga justement, qui avait eu des problèmes neurologiques graves, je ne sais plus exactement le tableau, mais qui donc avait au niveau urinaire, etc., une insensibilité. parce que c'est un drôle de haqueux de cheval ou je ne sais pas quoi, mais qui avait quand même des sensations sur la stimulation du clitoris. Donc, ce n'est pas innervé uniquement tout en bas, ça vient d'en haut. Mais tout ça, c'est complet. Je n'arrive pas à retrouver le gynéco qui s'est beaucoup intéressé à ça. Ah,
- Speaker #2
d'accord.
- Speaker #0
Pour justement, comment avoir des orgasmes chez des femmes qui qui ne sont de rien, qui sont paralysés. Oui,
- Speaker #2
oui. Il y a une étude, je l'ai eue récemment, en méditation, il est possible d'avoir un orgasme sans être stimulé, par exemple. Et puis ça arrive à certaines femmes aussi, d'avoir des orgasmes dans leur sommeil.
- Speaker #0
Pourquoi pas, les pollutions nocturnes chez les mecs, ça existe. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. Mais ça passe souvent par le rêve et justement par une activité onirique qui va stimuler, mais sans passer par le toucher.
- Speaker #0
C'est tout ce qu'il y a dans le tantra.
- Speaker #1
Oui, exact.
- Speaker #0
Le tantra, l'extase, ce n'est pas du tout pénétration.
- Speaker #1
c'est pas obligé d'avoir une relation sexuelle et moi je pense que sur la question de la sexualité en Occident on a vraiment beaucoup à apprendre et on est complètement formaté avec une sexualité très patriarcale très extérieure alors qu'en fait il y a plein de choses à voir, à explorer mais qui demandent aussi plus d'intériorité comme vous l'avez dit je pensais pas qu'on allait sur ce sujet
- Speaker #0
C'est parfait. Tout est lié. Oui,
- Speaker #1
c'est ça. C'est ce dont on se rend compte. C'est ça qui est passionnant aussi. Et le passepartum est une période où toutes ces choses-là ressortent beaucoup.
- Speaker #0
Beaucoup,
- Speaker #1
beaucoup.
- Speaker #0
Et toutes les traditions, ce que j'ai trouvé, c'est que tout l'avenir gynécologique se joue dans les 40 jours.
- Speaker #1
Eh oui.
- Speaker #0
Enfin, deux alors. Moins d'or ou 40 jours, enfin bref. En plus, si on va creuser un peu, ils vont vous dire, de toute façon, on n'a pas de calendrier, donc c'est juste la lune qui nous dit à peu près où on allait. Ce n'est pas aussi comptable que ça, mais c'est des délais hormonaux que les traditions ne connaissaient pas. Ils n'avaient pas cette notion d'hormones, mais ils ont toujours su que c'était une période où beaucoup de choses allaient se jouer. sur l'avenir gynécologique de cette femme, son capacité à avoir d'autres enfants, avoir des utérus qui ne descendent pas, qui ne se rétroversent pas, etc. Et ça, elle savait, elle faisait. Oui,
- Speaker #1
bien sûr. Alors toi qui voyages beaucoup justement en Asie par exemple, au Japon, en Chine, est-ce qu'il y a des descentes d'organes ?
- Speaker #0
Je pense que oui.
- Speaker #1
Au
- Speaker #0
Japon, je n'ai jamais eu l'autorisation d'examiner une japonaise. C'est très, très, très fermé.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Et d'ailleurs, ils examinent assez peu même. D'accord. Chinoises, j'ai pu. Elles ont des vagins très, très courts. Très, très courts.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Alors, peut-être pas toutes. C'est grand la Chine. Donc, toute la Chine. Mais il y a quand même des formes de vagins très différentes.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Des vagins grandes, etc. C'est assez intéressant. Mais il y a des incontinences. En tout cas, je suis sûre. Beaucoup, beaucoup au Japon.
- Speaker #1
Ah oui.
- Speaker #0
Dernier truc très fort que j'ai trouvé, c'est qu'il y a en ce moment l'exposition universelle à Osaka. Et dans ce cadre, il y a eu des spectacles et j'ai des représentants au Japon, dont un garçon qui est danseur et ergothérapeute. Et il a réussi à s'infiltrer dans un des spectacles et ce spectacle fait défiler, c'est un défilé de mode. Avec une mannequin qui est très, très jolie, qui se déhanche, etc. Après, on a un grand sportif du calibre presque de Teddy Riner en masse. On a une femme enceinte, une obèse, un jeune homme en fauteuil roulant. Et tout ce monde défile en couches. Couches ? Couches, avec des couches.
- Speaker #1
D'accord.
- Speaker #0
Oui. y compris la mannequin qui a des couches en dentelle super jolie et le message c'est l'incontinence elle est générale sur ces populations et il faut en parler elle ne doit pas être taboue on doit l'assumer une approche totalement différente de la nôtre et en plus il faut savoir que c'est eux l'inventeur des tissus absorbants. C'est le japon.
- Speaker #1
Donc,
- Speaker #0
des couches. Et mon formateur, mon correspondant, a réussi à s'infiltrer en disant « Il n'y a pas que les couches, il y a deux casquets ! » Pour envoyer un message aux autorités sanitaires, parce qu'ils ne connaissent pas du tout la préparation ou la rééducation au périnéal. Mais je pense qu'il y a un problème de tissus de collagène. Ils n'ont pas des tissus comme les Africains. C'est beaucoup moins dur. Je ne sais pas. Mais en tout cas, il y a de l'incontinence. Ils n'ont pas beaucoup d'enfants. Ils n'ont pas beaucoup d'enfants.
- Speaker #1
D'accord. Si vous aviez un conseil à donner, un seul conseil, durant le post-partum et les 40 jours, qu'est-ce que ce serait ?
- Speaker #0
Arrêtez de pousser.
- Speaker #1
D'accord. Et donc, que favoriser ?
- Speaker #0
Beaucoup de repos. Et aussi de l'étirement, du massage. Parce qu'avec le massage, on peut, par les fascias, on peut faire énormément de choses. Qu'est-ce qui peut un peu remonter ? C'est quand même plus les fascias que les muscles.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Il y a beaucoup, beaucoup de correspondances et beaucoup par la respiration aussi, évidemment.
- Speaker #1
Donc, se reposer, respirer, se faire masser.
- Speaker #0
Oui, chercher toujours les étirements et ne pas rajouter à ce moment-là, qui est très vulnérable, des efforts dans la gravité qu'on pourrait éviter. Il y a déjà tout ce qu'on ne peut pas éviter. N'allons pas, à ce moment-là, soulever des montagnes. Soulevant le bébé, ça suffit.
- Speaker #1
Pas rien que le bébé, déjà. Déjà,
- Speaker #0
c'est beaucoup. Au Vietnam, on leur amène le bébé, elles ne le portent pas.
- Speaker #1
C'est ça. Mais moi, je suis assez favorable à ça. Le bébé, c'est en peau à peau. Mais on ne se lève pas pour aller changer le bébé. C'est quelqu'un qui le fait pour nous. Et pour ça, vous avez les accompagnants de Passe-Natal du mois d'or.
- Speaker #0
Parce que chez nous, les suites de couche au niveau médical, c'est une suite simple. Quand il n'y a pas de pathologie, il n'y a rien.
- Speaker #1
Oui, c'est sûr. Il n'y a rien.
- Speaker #0
Et donc... L'idée pour les femmes de se faire masser, de se faire aider, c'est comme si elles étaient bonnes à rien.
- Speaker #1
Oui, on en parle beaucoup, on essaie de dégommer ces croyances. Parce que pour beaucoup, si on se fait soutenir, c'est qu'on a soit un problème avec son bébé, soit on est faible et défaillante. Alors qu'en fait, être soutenue pendant cette période, c'est juste normal.
- Speaker #0
Sur les réseaux, je ne vais pas trop, mais un peu quand même. Il y a quelqu'un que j'aime bien, qui a pas mal d'humour, qui s'appelle The French Chirurgien. Et une fois, il a sorti un truc, mais je trouvais ça génial. Il était enrhumé, il est ternu et il se mouchait. Et il dit, vous ne pouvez pas savoir comment on est mal. Seule une femme qui a accouché sans péridurale peut comprendre la douleur d'un homme enrhumé. Mais c'était tellement bien dit, je trouve. Et oui, le jour où les hommes auront des enfants, peut-être, enfin feront des enfants, parce que ça peut arriver, ça va peut-être changer.
- Speaker #1
Peut-être.
- Speaker #0
Ce temps après bébé, c'est fini quoi.
- Speaker #1
C'est ça, oui, il n'est pas encore pensé en fait. Mais bon, les choses changent et c'est aussi à nous en tant que femmes, aujourd'hui, on a quand même plus de pouvoir qu'avant, donc de nous emparer aussi de toutes ces questions-là. Parce que c'est vrai que moi, pour être honnête, Bernadette, je ne suis pas complètement d'accord. J'ai quand même l'impression qu'aujourd'hui, les progrès pour les femmes passent beaucoup par les hommes. C'est quand les hommes ont validé que c'est bon, on peut progresser, en fait. On va se faire mieux soutenir, etc. Mais c'est aussi à nous, je trouve, d'être actrices, en fait, de notre santé, etc. Enfin, de notre santé, pour faire changer les choses.
- Speaker #0
Parce que je crois qu'on n'a pas la conscience de cet enjeu, à ce moment-là. Parce qu'on est tellement près. prise par le bébé,
- Speaker #1
Oui, c'est sûr.
- Speaker #0
Il n'y a pas de temps, il n'y a pas de sang pour soi.
- Speaker #1
C'est vrai.
- Speaker #0
Et on n'a pas conscience de l'enjeu. Je veux dire, si on se fait opérer, quand on vous dit si vous mettez un pied par terre, vous gâchez tout, on ne mettra pas un pied par terre. Et on aura un repos ou pas en fonction de l'opération. Mais la grossesse, ce n'est pas une maladie. Non, d'accord. Ce n'est pas une maladie, mais... Ce n'est pas un temps normal non plus, un temps ordinaire.
- Speaker #1
Ah non, ce n'est pas un temps ordinaire. Non,
- Speaker #0
et il ne se reproduira pas 36 fois. Parfois, je dis, il y a celles qui veulent aller courir tout de suite. On peut maigrir toute la vie, on peut se muscler toute la vie, mais ça, on ne le revivra pas.
- Speaker #1
Je crois que c'est le mot de la fin. Reposez-vous un maximum. Merci beaucoup Bernadette.
- Speaker #0
Merci beaucoup pour votre écoute.
- Speaker #1
Pour aller plus loin, sachez que le mois d'or, ce sont des livres pour bien se préparer. Ce sont aussi des professionnels spécialisés pour bien s'entourer pendant les mois après l'accouchement. Et bien sûr, ce sont des formations sur le postpartum.
- Speaker #2
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