- Speaker #0
Kalidur gel namo nama
- Speaker #1
Bonjour ou bonsoir, je suis toujours et encore Nora Lounas, sexologue clinicienne, et je vous parle depuis Genève en Suisse pour le podcast Parlons Culture, Q-C-U-L-T-U-R. Il y a un mot qui revient souvent dans mon cabinet, un mot qui arrive avec un petit sourire gêné, ou avec curiosité, ou même parfois avec une excitation pas assez dissimulée, c'est les deux mots « massage tantrique » . Certains de mes patients m'en parlent comme d'une révélation. Ils ont pratiqué et c'était extraordinaire. D'autres comme d'un fantasme, ils aimeraient bien le faire, mais ils ne savent pas comment en parler à leur partenaire. Ou parfois comme une espèce de secret un peu flou. Est-ce que vous savez ce que c'est que le massage tantrique ? Est-ce que vous me conseillez ? À chaque fois, je me pose la question, est-ce qu'on parle vraiment de la même chose ? Parce que derrière ces deux mots, il y a des projections, des imaginaires, des malentendus aussi. Plutôt que de rester dans le flou, j'ai eu envie d'ouvrir la conversation, pas avec des suppositions, avec quelqu'un. qui visent cette pratique de l'intérieur. Aujourd'hui, je reçois Agira Lamrabet, que j'ai découvert sur Insta avec les jardins Agira. Donc je ne connais pas Agira. Bonjour Agira.
- Speaker #2
Bonjour Norah.
- Speaker #1
Hajira, elle a créé les jardins d'Hajira. Elle propose des massages tantriques à Lyon, en Suisse et bien au-delà des frontières, en Allemagne si j'ai bien compris. Avec elle, on va parler de toucher, de limites, d'énergie, de désir, de ce que ça veut dire vraiment rencontrer un corps et peut-être aussi... rencontrer son propre corps. Bienvenue dans l'épisode 13 de Parlons Culture, nuances croisées. Donc, à Girin, on ne se connaît pas, mais avant d'entrer dans le vif du sujet, est-ce que tu peux te présenter ?
- Speaker #2
Alors, bonjour Norah, tout d'abord. Je voulais d'abord te remercier de m'accueillir ici, chez toi à Genève, moi qui viens de Lyon, et je suis très contente de partager cet espace de pensée autour du corps, de l'intimité. Je suis ravie d'amener de la lumière aujourd'hui sur cette pratique du massage tantrique. Tu l'as bien dit, il y a beaucoup de projections dans cette pratique. J'espère apporter les réponses que tu recherches. Moi, c'est Agira. Je propose des massages tantriques depuis 17 ans, mais ça n'a pas toujours été mon activité. Avant ça, c'est vrai que tout cet univers du massage pendant toute mon enfance était quelque chose d'assez abstrait. pour moi c'était pas Ça n'a jamais été quelque chose où on pouvait en faire une profession, mais par contre c'était très présent dans la famille, je massais beaucoup mes frères. Et puis petit à petit dans mon parcours de vie, j'étais autrefois assistante trilingue dans une boîte américaine et j'ai rencontré une masseuse qui faisait de l'Ayurveda et elle m'a massée pour la première fois. J'ai réalisé tout ce que le toucher pouvait apporter dans la conscience du corps et ça a été une révélation pour moi. Et j'ai alors pris un biais. Je suis partie en Inde, j'ai été formée au massage ayurvédique. Ça a ouvert une soif énorme d'enseignement, d'apprentissage. Je suis partie en Thaïlande pour apprendre le massage thaï. Je suis revenue, j'ai fait plein de stages autour de la réflexologie plantaire, autour de la sexologie aussi, autour du Reiki, enfin tout ce qui touchait le corps, l'humain. J'avais l'impression que c'était une mine d'informations qu'on n'arrêtait jamais d'apprendre. Et puis un jour, à force de pratiquer des massages plus traditionnels dans un spa, j'ai rencontré un maître Tao où effectivement, il m'a dit qu'à force de trop vouloir apprendre, on finit par se cacher derrière la connaissance et ça renforce l'ego, qu'il était temps pour moi en tout cas de mettre en pratique et d'apprendre dans l'expérience. C'est là où j'ai effectivement rencontré le tantra à Milan dans un centre. Avec tout mon savoir de massage et la dimension d'initiation que j'ai eu la chance d'avoir là-bas, mais elle était très très courte, j'ai approfondi mon chemin initiatique, pas dans des stages de tantra, pas dans des stages de massage tantrique, ça ne m'a jamais intéressée. Par contre, j'ai été intérieurement guidée, je pense. J'ai été vraiment attirée par tout ce qui était yoga, tout ce qui était thérapie. j'ai rencontré beaucoup de thérapeutes que ce soit en psychanalyse, en thérapie douce, et tout ça m'a amenée tout doucement à affiner ma pratique du massage où j'ai réussi Mêlée dans un même espace, le yoga, notamment le yoga tantrique et le nata yoga, le yoga originel, plus toute ma dimension, on va dire, moi, personnelle, dans mon rapport au corps en tant que femme, en tant que femme issue d'une culture où le corps n'avait pas sa place et la féminité non plus. Et j'ai vu tout ce que la pratique du tantra a pu révéler en moi, a pu me faire féminer. Et puis, j'y ai apporté aussi toute... Toutes les connaissances que j'ai pu acquérir autour de ces formations courtes autour de la sexologie, l'idée était vraiment d'avoir une aperçue très globale, très holistique du corps pour pouvoir créer vraiment un cheminement qui permette à la personne occidentale de pouvoir, avec les besoins que nous avons nous ici en Occident, de pouvoir les faire cheminer dans ce qu'on appelle le cheminement tantrique. Donc oui, aujourd'hui, j'accompagne les hommes et les femmes, ainsi que les couples, dans cette démarche de renouer avec le corps et l'intime autour d'un cheminement tantrique que j'ai nommé le toucher de soi, qui est un ensemble de trois rituels. Et ces trois rituels ont vertu à réconcilier, à se rencontrer dans ce rapport au corps, à habiter pleinement ce corps et à vivre en tout cas une expérience émotionnelle transformatrice et profonde.
- Speaker #1
Avant d'entamer tout de suite une discussion sur ce qu'est le massage tantrique, j'ai plein de questions à te poser. Tu disais que tu massais tes frères, tu es donc l'aînée, tu étais la grande sœur qui massait les petits ?
- Speaker #2
Alors pas du tout, j'étais la quatrième, trois garçons sont nés, ensuite je suis arrivée, et ensuite trois garçons sont nés après, plus ma petite sœur, donc j'étais effectivement celle qu'on... chez qui on allait quand on avait besoin d'un massage. Mais tout se faisait très spontanément. Mais j'étais connue dans la famille pour être celle qui avait les doigts de fée, mais pas celle qui avait les mains pour faire du pain. Voilà. C'est comme ça.
- Speaker #1
Tu as dit que c'est dans ton milieu professionnel, si j'ai bien compris, que tu as été massée pour la première fois ?
- Speaker #2
Alors pas du tout, c'était une rencontre que j'avais faite, parce qu'à l'époque, en parallèle de mon activité professionnelle, je faisais beaucoup de danse. J'avais rencontré une danseuse qui s'appelait Jessica et qui elle faisait de l'ayurveda, des massages ayurvédiques. Elle m'avait dit tiens je vais te faire découvrir un massage ayurvédique. Elle m'a massé chez elle sur une grande table en bois et à la fin du massage je me dis mais je ne savais pas qu'on pouvait en faire un métier.
- Speaker #1
Tu avais quel âge ?
- Speaker #2
Je devais avoir 24 ans.
- Speaker #1
Donc tu as massé tes frères et puis j'imagine ta petite soeur aussi ?
- Speaker #2
Alors, pas ma petite sœur. On a huit ans d'écart et c'est vrai qu'on n'a pas été proches. Mais plutôt les grands frères.
- Speaker #1
Donc, tu as massé longtemps et un jour, tu as découvert le massage. Ça veut dire que toi, tu n'étais pas massée ?
- Speaker #2
Non, moi, je n'étais pas du tout massée. Oui, oui. Tout ce qui était expérience corporelle, non, j'avais aucune compréhension, connaissance de ce qu'on pouvait ressentir.
- Speaker #1
Donc, tu massais sans savoir l'effet que ça faisait ?
- Speaker #2
Du tout, c'est vrai. Mais je savais que j'avais des mains de fée. Donc ça m'allait.
- Speaker #1
Parfait. Tu as parlé tout à l'heure de mon introduction. Je disais que tu travaillais en France, mais aussi que tu massais des personnes en Suisse, en Allemagne et peut-être ailleurs. Et puis tu as aussi parlé de ta culture. J'ai deux questions. Est-ce que c'est différent de masser en France et en Allemagne ou en Suisse ? Est-ce que la relation est différente ? Et ma deuxième question, c'est de quoi tu parlais quand tu disais... C'est une culture, tu viens d'une culture où le corps n'est pas totalement adéquat pour qu'une femme puisse découvrir sa féminité.
- Speaker #2
C'est vrai que tout au long de mon parcours, j'ai réalisé, que ce soit dans ma vie intime ou dans ma vie professionnelle, à quel point la culture avait un rapport au corps complètement différent. Que ce soit dans la danse, ou dans la façon de danser, ou dans la façon de vivre, de s'autoriser le massage, ça varie énormément d'un continent à l'autre. Ici en Europe, j'ai remarqué que c'était un vrai sujet pour moi parce que quand je recevais des personnes dites françaises, il y avait beaucoup d'appréhension quant à la nudité. Et je voyais que dans mon discours, parce que forcément on adapte le discours par rapport à la personne qu'on a en face de nous, on ne peut pas expliquer les choses de la même façon, je sais que quand j'ai un public français, je dois quelque part justifier pourquoi on est censé travailler sur le corps et pourquoi travailler sur le corps nu. On passe plus de temps déjà à rassurer. Avant de rentrer dans l'expérience. Et j'ai remarqué que quand je recevais des personnes, effectivement, Lyon c'est quand même une grande ville, il y a beaucoup d'étrangers qui viennent par là. Et effectivement, quand je recevais des personnes allemandes, hollandaises et suisses, on allait très vite dans le vif du sujet. Le postulat de la nudité était posé, pas plus de questions là-dessus, et très vite on allait dans l'expérience qui est celle du tantra. Et après pas mal de recherches, j'ai compris effectivement que l'histoire n'est pas la même en France dans le rapport au corps et la religion, parce que bien sûr elle a une place importante dans toute notre construction et dans le rapport à la nudité, à l'intimité, à la place du corps, que dans les pays voisins. C'est comme si... Par exemple, en Allemagne, ils ont eu, au début du 19e siècle, ce courant, le FKK, où la nudité, en fait, la nudité n'est pas sexuelle. La nudité n'est pas être nu. Le corps nu n'est pas sexualisé. D'ailleurs, il y a tous ces Ausha, on peut être nu. Il y a beaucoup de pratiques collectives autour du corps. Alors qu'en France, pourtant un pays qui est très connu pour un érotisme, une littérature érotique très poussée, c'est resté au niveau de l'intellect, et ça a du mal à redescendre dans le corps. Alors quand ça redescend dans le corps, effectivement c'est une pratique assez poussée comme le libertinage, où il y a beaucoup de choses qui se font, mais dès qu'on parle d'intime, de nudité, on voit que les corps se crispent et qu'il faut vraiment se défendre.
- Speaker #1
Comme s'il manquait un intermédiaire, comme si on était soit totalement dans le libertinage et dans la sexualité pure, ou au contraire, on ne se couvre pas, on ne se dévoile pas, le curseur c'est un peu des extrêmes.
- Speaker #2
Exactement. Et c'est là où je trouve que la pratique du tantra est assez révolutionnaire parce qu'elle propose une expérience où on guide les personnes en disant maintenant on est plein de choses en même temps et on peut vivre l'intimité tout en étant émotionnel et tout en étant spirituel.
- Speaker #1
Et pour la question de la culture que tu évoquais tout à l'heure ?
- Speaker #2
Oui, alors c'est vrai que dans ma culture, en tout cas dans la façon dont elle m'a été inculquée en tant que femme et surtout comme je te l'ai dit, j'avais six frères. Donc une famille très très masculine et pas très ouverte même si on arrive en France. La famille restait très conventionnelle. Moi je dis que c'était le petit Maroc qui était au fin fond de la France. Et c'est vrai que tout ce qui touchait le corps, la nudité, et quand je parle de nudité on parle de le t-shirt ne devait pas, il devait vraiment descendre jusqu'au coude. Si je devais porter un t-shirt proche de l'épaule. C'était déjà très très mal vu, j'avais déjà un conflit. Donc tout ce qui râle, toute l'émotion aussi. L'émotion par exemple, très tôt, n'avait pas le droit de pleurer. On ne pleure que s'il y a quelque chose de grave. Mais l'émotion spontanée qu'une petite fille peut avoir à 6 ans, elle était, il y avait une vraie répression de la larme et du pleur. Donc je vois, je me suis construite effectivement dans un rejet du corps, de la féminité, et je me suis construite dans l'idée que les valeurs masculines étaient ce qu'il y avait de plus important parce que Au moins, on ne se sentait pas faible et on ne se sentait pas vulnérable ni montré du doigt. Et ça m'a pris beaucoup d'années avant de ramener la place au corps, à l'émotion. Et le tantra m'a beaucoup aidée dans cela.
- Speaker #1
Bien, merci de planter le décor. Ça donne d'autant plus envie de savoir, qu'est-ce que c'est que le massage tantrique ? Ah,
- Speaker #2
la grande question ! Effectivement, si je devais te définir le massage tantrique, je pense qu'il aurait mille et une nuances. Selon l'entendement de l'autre, la sensibilité de l'autre. Mais si on pouvait le résumer en quelques mots, effectivement, le massage tantrique est une pratique qui permet de réhabiter pleinement le corps, l'émotion, et surtout de rassembler, d'amener à la personne qui vit ce rituel, puisqu'un massage tantrique c'est un rituel, de vivre un sentiment de... plénitude et de ne plus se sentir séparé, c'est-à-dire il y a moi dans la sexualité, il y a moi dans l'émotion, il y a moi dans la spiritualité. Donc je dirais que le massage tantrique est une expérience qui permet de rassembler, de retrouver la plénitude et de se sentir pleinement dans son corps.
- Speaker #1
Comme une réunification du corps, des émotions, du sexuel, de l'intellect. Comme une espèce de réunification. Exactement. Parce que les personnes, elles seraient plutôt dissociées.
- Speaker #2
Exactement. Tout pousse à être dissociées. Je veux dire qu'on est éduqués à être projetés vers l'extérieur. Que ce soit dans le cursus scolaire, dans le cursus professionnel ou dans le cursus familial, tout est dirigé vers l'idée de construire, de bâtir. Mais on a très peu d'enseignement, même à l'école. Quoique je trouve que maintenant il faut des progrès sur ce qu'on peut ressentir à l'intérieur de nous, nos émotions, le rapport à l'intimité. Quand on parle de sexualité, c'est surtout dans ce qu'il faut ne pas faire, ce qu'il faut absolument faire, au niveau contraceptif, c'est toujours... transmis dans la peur d'eux, mais jamais dans ce qu'on peut vivre en tant que femme, en tant qu'homme, dans ce corps qui change, dans la relation à soi, dans la relation à l'autre, dans notre façon de vivre dans la société. Le sujet de l'intime est tellement chargé de tout notre environnement, on n'est pas guidé en cela. Et du coup, on se focalise sur ce qu'on sait, c'est-à-dire la construction extérieure, sauf que dans la rencontre amoureuse, la plupart du temps, on est confronté. à ce qui ne va pas à l'intérieur, parce qu'on se rend compte que l'émotion devient quelque chose de très difficile à accepter, à rencontrer.
- Speaker #1
Là, je t'écoute et je fais vraiment un parallèle avec mon métier qui est la sexologie, où on croit que la sexologie, on arrive au cabinet, on parle au thérapeute, c'est facile. Or, tu parles d'émotion, tu parles de dissociation, de réunification, ça nécessite d'être bien formé.
- Speaker #2
Ça nécessite d'avoir une connaissance profonde à plusieurs niveaux. Déjà, effectivement, être formé dans ce qui est le corps, dans comment fonctionne le corps physiquement parlant, parce qu'une émotion c'est aussi le système nerveux, c'est la façon dont le corps vit, est-ce qu'il est en bonne santé ou pas. Il y a aussi une connaissance à avoir sur la structure émotionnelle, comment l'émotion, comment je me sens à l'intérieur de moi, quelle est la relation que j'ai avec l'autre. Et puis, ça demande aussi une connaissance métaphysique de tout ce qui est du monde invisible et de savoir comment ce monde invisible, qui est le corps énergétique, interagissent avec le corps physique pour créer une émotion, une perception de soi, de l'autre. Donc oui, il y a une vraie connaissance, déjà avoir du corps dans son intégralité. Et puis, il y a aussi une expérience, je dirais que la connaissance, ça serait 20%, mais 80%, c'est que de l'expérience. Effectivement, quand j'ai commencé il y a 17 ans, même si je pensais faire du massage tantrique, pour être honnête, j'ai réalisé que je faisais un vrai massage tantrique. peut-être dix ans après, parce qu'il fallait une maturité de moi, ma perception du corps, de l'intime, de la relation. Et avant de guider l'autre vers une plénitude, il faut déjà l'avoir trouvé soi et avoir compris ce qui nous empêchait nous-mêmes de le vivre. Et je trouve qu'il faut un vrai cheminement pour arriver à ça.
- Speaker #1
Tu as été bien formée, on parlera tout à l'heure aussi, tu proposes des formations pour que des personnes puissent pratiquer, soit dans leur couple, donc là c'est plutôt des ateliers, soit des personnes qui veulent en faire leur métier. Mais quand même, j'ai envie de savoir, et c'est souvent la question que me posent mes patients en disant, mais vous savez ce que c'est que le massage tantrique ? Est-ce que vous pouvez m'expliquer ? Moi, je ne peux pas leur expliquer parce que je ne sais pas totalement ce que c'est, à part la littérature, ce que j'ai pu en lire. Est-ce que toi, tu peux expliquer concrètement comment c'est une consultation, peut-être individuelle, une consultation de couple, ou des ateliers ? En fait, je veux tous en voir.
- Speaker #2
Alors, de façon très concrète... effectivement il y a une mise à nu il y a une mise à nu physique mais surtout une mise à nu émotionnelle donc il y a d'abord un temps d'échange dans une séance, c'est pour ça que je parle de rituel plus que de massage tantrique c'est un rituel où il y a d'abord un temps d'échange on va venir d'abord déposer qui l'on est, ce que l'on est à un moment donné, à ce moment où on se rencontre donc il y a cette mise à nu émotionnelle et puis on va rentrer dans l'expérience vivante du corps, qui est la pratique du massage, où cette mise à nu physique, quand elle est autorisée, c'est-à-dire quand elle est acceptée, elle n'est pas obligatoire, mais la nudité est un outil extraordinaire quand on a envie d'aller se rencontrer pleinement soi. Donc dans cette mise à nu physique, on va avoir un toucher, un massage, qui va être beaucoup plus en conscience, comme si on guidait finalement un aveugle, comme si on prenait un aveugle par la main. et qu'on le guidait dans chaque pièce de son appartement, en lui disant, tiens, ça c'est la cuisine. Tu sens la cuisine ? Regarde, là il y a le mur. Tiens, là on va dans cette autre pièce. Et toutes les pièces sont importantes. Je veux dire, chez toi, les toilettes sont aussi importantes que la cuisine, que le salon. Toutes les pièces sont importantes. Et on doit être fait comme quand on guide un aveugle. Il y a eu beaucoup de lenteur, beaucoup de bienveillance, beaucoup d'écoute, et de l'amener dans cette conscience du corps. On a un toucher qui est lent, un toucher qui va explorer différents contrastes pour que la personne puisse ressentir ce que le corps a à lui offrir. Alors oui, il y a une dimension sensuelle, parce qu'on amène la notion de délice, mais pas comme un objectif à atteindre, mais beaucoup plus comme une façon de se rendre encore plus disponible. Tu vois, quand tu vas au restaurant et que tu as un restaurant gastronomique et que tu te poses, et que tu commences à te délecter, parce qu'il y a la notion de délice, c'est une expérience à la fin, oui, tu dis que tu ne vas pas te souvenir du mai à proprement parler, mais ce que tu vas te souvenir, c'est que ce moment de plaisir... a fait partager quelque chose avec toi, avec l'autre, et que ce délice a ouvert une porte où tu n'as pensé à rien d'autre qu'à l'instant présent. Cette notion de délice dans le tantra est très importante parce qu'on l'explore pleinement dans le corps, dans l'être entier, et on voit ce que cette rencontre avec le délice va créer d'un point de vue thérapeutique, d'un point de vue développement personnel, comment la personne va le vivre.
- Speaker #1
Ça doit nécessiter un petit peu de temps quand même pour que les personnes lâchent. Moi, j'aime bien utiliser l'expression « faire tomber les masques » , c'est-à-dire à un moment donné, oui, faire tomber les masques, c'est-à-dire de plus être l'être social, la fille de ses parents, la collègue, la citoyenne. Il faut un petit peu de temps. Il faut combien de temps ? C'est combien de temps une séance ?
- Speaker #2
Alors, en réalité, il y a le temps de la séance, mais pour être honnête, on ne fait qu'effleurer quelque part. Une seule séance ne suffit pas. C'est un cheminement. Et combien de temps, ça dépend des personnes. Mais c'est vrai que quand une personne vient chez moi, moi je bloque toujours trois heures. Parce que ce temps d'échange et de parole est encore plus important que le massage. Parce que tant que la personne n'a pas accepté de lâcher le masque, l'expérience du massage va être très difficile à vivre. Donc trois heures, c'est une bonne plage horaire parce qu'on a eu le temps de se rencontrer, de créer un contact émotionnel. Et puis il y a une phrase que je dis tout le temps aux gens, la chose la plus importante dans le tantra, c'est d'abord d'oublier notre moi-jeu. Et dans la salle de bain, au moment où on se douche, au fur et à mesure que vous enlevez vos vêtements, vous devez décider que vous voulez laisser votre identité dans la salle de bain. Quand on est nu, on veut être nu de tout et retrouver cette liberté qu'on avait autrefois, une liberté oubliée. Donc oui, la séance est en moyenne trois heures, mais en réalité... L'expérience devient intéressante au fur et à mesure du cheminement. C'est pour ça que j'ai un cheminement pour l'homme de cette séance, pour la femme de trois séances, parce que chaque rituel va ouvrir un espace dans la psyché, dans la conscience, dans le corps, là où la personne est capable d'ouvrir. Et puis dès qu'elle se sent prête, on va explorer un autre rituel qui va aller encore plus en profondeur et on chemine au rythme de ce que la personne est capable d'ouvrir. et de se laisser traverser.
- Speaker #1
Oui, j'imagine. En sexologie, on a à peu près un protocole qui s'appelle le sensate focus, qui est extraordinaire, qui est aussi l'apprentissage de... Tout part du toucher, les couples se touchent individuellement. Et effectivement, j'imagine quelqu'un qui arrive avec une carapace, tout est bouclé, tout est fermé. Il faut que ça soit progressif, c'est pas magique, c'est pas quelque chose qui va se défaire. Il vaut mieux ramollir la carapace, j'imagine, plutôt qu'aller forcer, parce que quelqu'un qui a l'habitude d'avoir une carapace, aller forcer, ça va accentuer la carapace. Qu'est-ce qui fait que pour un homme, il y a sept séances, et pour une femme, ça va être trois ?
- Speaker #2
Alors, on dit, dans la tradition tantrique, on dit que la femme est déjà kundalini, c'est-à-dire que la femme a déjà une aptitude innée de plonger très vite dans la plénitude. La seule chose qui bloque la femme, c'est... tout cet héritage qui ont été portés sur l'intimité et la sexualité durant tous ces siècles, et encore aujourd'hui, encore certaines femmes sont encore éduquées dans cette peur du féminin, elle doit juste se rappeler qui elle est vraiment. Parce que tout est déjà là chez la femme. C'est juste qu'elle a oublié, il y a beaucoup trop de projections dans ce rapport à l'intimité. Donc parfois, juste une séance, c'est un petit peu comme une clé qui est là pour ouvrir une porte magique. Et chez la femme, c'est très rapide. Chez l'homme, c'est tout autre chose. Chez l'homme, il doit apprendre à aller chercher les émotions, rencontrer les émotions, accepter que l'émotion se diffuse dans le corps, accepter de ne pas amener de finalité dans le désir. Toute son, on va dire, architecture corporelle est dédiée à courir après un résultat, à s'accomplir, à réussir. Et d'un coup, on lui dit, justement, dans ses expériences, dans le rapport à l'intime, il ne s'agit pas de chercher une performance, il s'agit... de ne rien chercher du tout, et juste de ressentir. Et ça, il faut beaucoup de temps pour l'homme.
- Speaker #1
Oui, nos métiers sont très très proches. À mes patients, hommes, je leur dis, il va falloir que vous soyez dans un contact désintéressé. Ne cherchez pas à obtenir une éjaculation, une érection, une performance, et allez explorer la totalité de votre corps, malheureusement, à cause, je pense que c'est grâce, mais à cause de... d'un organe génital qui fonctionne, qui est hypersensible. Je leur dis, vous n'exploitez que 10% de votre potentiel sensuel, sexuel. Allez explorer. 90% de votre potentialité sexuelle et sensuelle, et il y en a qui disent, mais pas du tout, vous me touchez les bras, le cou, les jambes, le visage, ça ne me fait rien, et pourquoi j'irais aller chercher quelque chose ailleurs, alors que j'ai quelque chose qui marche ? Je leur dis un truc pas très gentil, je les dis, tant que ça marche, tant que ça marche, mais si ça venait à ne plus marcher... vous vous retrouveriez sans rien. Alors, explorez dès à présent la totalité de votre corps. Est-ce que c'est quelque chose comme ça aussi ? Moi, je l'explique avec mes mots de sexologue, mais est-ce que toi, tu valides ce que je dis et d'une certaine manière, tu proposes ça aussi ?
- Speaker #2
Alors, c'est complètement ça. Sauf que moi, les personnes qui viennent chez moi, ils sont déjà dans le postulat qu'il y a quelque chose qui ne fonctionne plus. Alors, pas forcément au niveau de l'érection, mais parfois l'érection, ce n'est pas que... C'est physique, mais il y a aussi une érection intérieure. C'est-à-dire, pour moi, la libido est comme une érection, il y a quelque chose qui s'érige. Et dans ce langage avec leur partenaire, on peut avoir tout ce qu'il faut là où il faut, mais il y a quelque chose qui peut ne pas fonctionner, c'est la relation à l'autre. Et la relation à l'autre nécessite autre chose que l'organe. Et c'est là où ils se sentent démunis parce qu'ils ne savent plus quoi faire avec leurs émotions, avec la sensualité. Ils se rendent compte qu'ils ont quand même ressenti qu'il y a quelque chose qui manque. Donc les personnes qui viennent jusque moi savent que, même s'ils ne savent pas trouver les mots pour le dire, ils savent qu'il y a autre chose derrière juste la pulsion à s'ouvrir, qu'il y a tout un monde qui peut s'ouvrir et qu'ils ont très envie. Parce que la plupart ont quand même comme but à atteindre d'avoir une meilleure relation avec leur partenaire. Surtout que tu dois aussi savoir que chez la femme, le corps bouge souvent. Et souvent dans les couples... Et bien l'homme suit l'évolution de sa femme et l'un comme l'autre n'ont pas toutes les clés, toute la connaissance et ils se retrouvent parfois dans un silence qui est comme un mur qui s'érige entre les deux. Et de ramener cette nouvelle façon, enfin cette nouvelle, non, cette façon innée mais oubliée de vivre le corps permet d'apporter quand même une belle perspective d'évolution dans ce rapport à la sensualité. Mais là où tu as raison, effectivement, c'est... Quand même, certains se trompent parce qu'ils ne réalisent pas exactement ce que je propose. Donc je vois en exemple cet homme vraiment caricatural, mais il y en a quand même beaucoup, c'est le macho qui arrive, très sûr de lui, la grosse carapace, comme tu dis, et surtout une grosse assurance. Et il s'épose et dans le temps d'échange, je lui dis exactement ce qu'il n'y aura pas parce que c'est important de le noter. Il me dit oui, oui, c'est d'accord. Et puis quand on arrive à l'expérience, on sent que le regard ne se ferme pas, que le souffle se coupe. et qu'il est complètement bloqué, et qu'il ne sait pas quoi faire avec l'émotion. Lui, il était dans un fantasme sensuel, et il se rend compte qu'il rencontre l'émotion. Il ne sait plus quoi faire avec ça. Et à la fin, j'ai un homme avec un visage d'enfant, mais tu sais, l'enfant qui est perdu, et qui repart en se disant, mais qu'est-ce qui s'est passé ?
- Speaker #1
Qu'est-ce qui m'est arrivé ? Il y a des pleurs, j'imagine.
- Speaker #2
Ça arrive parfois. J'ai déjà eu, chez l'homme ou chez la femme, des pleurs, parfois des pleurs tout le long du massage où ça pleure, eux-mêmes ne savent pas pourquoi ça pleure je me souviens de cet homme qui avait offert un massage tantrique à sa femme parce que lui il avait l'habitude de venir donc lui il avait l'habitude de surfer avec les vagues et quand il a ramené sa maîtresse, elle a fondu en larmes il s'est senti complètement gêné et complètement perdu, comme s'il avait fait une bêtise lui qui pensait lui offrir une expérience extatique qui finalement... Et ce que les gens ne se rendent pas compte, c'est que quand on touche le corps, on touche l'intime, parfois on va toucher aussi des vieilles mémoires qui sont enfermées dans le corps. Et le tantra n'a pas que vertu à vous faire découvrir l'extase, elle a vertu à vous faire découvrir. Et en vous découvrant, il y a des choses qui lâchent, et parfois c'est en pleine intimité, que ce soit dans le massage ou même dans la sexualité. Moi j'ai aussi des retours d'expérience où je me disais, je ne comprends pas, tout se passait bien, et elle s'est mise à pleurer. Je dis mais oui, mais parce que la rencontre avec la sensation de l'encore ouvre des portes. Et c'est ça qui est intéressant.
- Speaker #1
Si je résume bien, ça dure environ trois heures. Il y a un entretien avant, j'imagine avant le rendez-vous au téléphone, pour ne pas avoir de surprise.
- Speaker #2
Alors pour être honnête, moi je ne décroche pas tant que les personnes n'ont pas lu mon site. Alors il y a beaucoup d'écriture, c'est vrai. J'ai aussi beaucoup d'articles de blog. Mais si les personnes n'ont pas d'abord lu, c'est-à-dire en lisant... en se préparant avant de m'appeler, avant de venir, c'est qu'il y a déjà quelque chose qui s'est ouvert. Une idée, elle parle de quelque chose qui me correspond.
- Speaker #0
Et c'est là où, quand ils me disent « oui, j'ai lu votre site » , c'est là où je décroche. Et effectivement, dans l'échange verbal, on pose le cadre et il y a cette rencontre autour des mots. Et puis ensuite, il y a la validation pour pouvoir vivre l'expérience.
- Speaker #1
Le cadre, c'est quoi le cadre ?
- Speaker #0
Alors le cadre, c'est qu'effectivement, il y a ce qu'on va vivre et ne pas vivre. Parce qu'il y a encore beaucoup de projections, si je peux parler de façon très transparente. sur le besoin de massage avec finition, parce que hélas, la pratique du tantra n'est pas toujours faite dans les règles de l'art, et beaucoup de mes confrères, confrères, apportent une approche qui est très limitée, parce qu'amener l'éjaculation devient quelque chose de très facile. C'est plus facile d'amener un homme à l'éjaculation plutôt que de lui dire « Non, non, il n'y a pas cette finalité, on va découvrir autre chose » , parce qu'il faut avoir le cran et l'audace de pouvoir tenir ça. C'est beaucoup plus facile pour elles de pouvoir amener la finition. Ce qui fait que moi, je dois déprogrammer tout ça en leur disant, est-ce qu'on est d'accord qu'il n'y aura pas ci, pas ça ? Pourquoi vous venez ? Donc, on se met le cadre, c'est d'établir les besoins qui sont très divers, mais d'établir les besoins, leur proposer comment moi, je vais apporter la séance et ce que ça peut leur apporter. Et s'ils sont d'accord, là, il y a l'expérience du massage.
- Speaker #1
Quand il n'y a pas de finition, mais ça peut arriver que l'homme éjacule.
- Speaker #0
Oui, tout à fait. Alors, l'éjaculation n'est pas tabou. L'expérience du tantra part du fait que l'homme, particulièrement l'homme, mais chez la femme c'est pareil. Là on parle d'éjaculation, mais il y a toujours l'idée d'un orgasme génital, que ce soit chez l'homme ou chez la femme, c'est absolument pas la finalité. L'idée c'est qu'effectivement, même s'il y a une dimension charnelle, l'expérience n'est absolument pas sexuelle. Parce que ce qu'on cherche à faire, c'est la recherche. de l'unité. Si on passe du temps à satisfaire l'aspect sexuel, la personne ne se rencontrera pas au niveau émotionnel et pas du tout au niveau plus profond, plus spirituel. Donc l'idée du tantra, c'est qu'effectivement c'est de transformer le désir. C'est une forme d'alchimie du désir. Donc non, l'éjaculation n'est pas taboue. On chemine vers l'idée que l'homme puisse distinguer le plaisir de l'éjaculation mais parfois fois un simple toucher, que ce soit chez l'homme ou chez la femme, comme on est dans une expérience où on s'abandonne totalement, le corps relâche. Il peut relâcher des pleurs, il peut relâcher des fous rires, il peut relâcher aussi un orgasme ou une éjaculation. Et à ce moment-là, je leur dis, effectivement, c'est comme un éternuement. On a éternué, le massage continue. Et ça permet de défocaliser sur la peur parce que beaucoup arrivent et disent « Et si j'ai une éjaculation ? » Je dis non, l'idée ce n'est pas de focaliser justement sur le résultat. Ce n'est pas de l'interdire, mais de ne pas focaliser dessus. Donc si ça arrive, le massage continue.
- Speaker #1
Tu parlais de certaines dérives. C'est moi qui dis dérive. Tu n'as pas utilisé le terme, mais quand il y a des praticiens, des praticiennes, des masseuses, comment on dit ?
- Speaker #0
Alors, effectivement, au début, je pense qu'on est au début masseur, et puis petit à petit, on devient initiatrice.
- Speaker #1
D'accord. Donc il y a des initiatrices, des initiateurs qui, par facilité, si je comprends bien, c'est tellement plus facile de faire une finition que d'amener la personne à être d'aller au-delà. Donc il y a des personnes, ça serait une dérive, ça serait un manque de formation, ça serait d'un autre métier.
- Speaker #0
Alors je dirais que ces personnes-là, justement, ne sont pas des initiateurs, sont d'abord des masseurs. Ils n'ont pas la notion de ce qu'est le tantra. Ils n'ont pas été formés, ils n'ont pas eu de recherche personnelle. Ou alors, le peu de formation qu'ils ont eu a été trop superficielle. Ou ils n'ont pas été appelés à aller vers autre chose qu'un simple massage sensuel. Simplement. Comme plein de pratiques différentes, il y a la façon dont tout est médiatisé. Et aujourd'hui, beaucoup comprennent que, bah tiens, le massage, il vaut mieux aller vers du massage tantrique que vers du massage érotique. Ça fait plus élégant, plus recherché. Et du coup, les personnes se disent, bah tiens, au lieu de mettre massage érotique dans ma longue liste de massages, je vais mettre massage tantrique. Ça fait plus classe, c'est plus recherché. Mais en réalité, il n'y a aucune connaissance du corps, il n'y a aucune... Et c'est là où il y a les dérives. La première dérive que j'ai vue, vraiment, c'était quand j'étais au Cap d'Ague et j'ai vu un club échangiste appelé Tantra. Je me dis non mais là ils n'ont rien compris, c'est pas possible. Alors effectivement, il y a une branche en particulier où il y a des expériences sexuelles qui peuvent être faites, mais c'est des expériences sexuelles qui font d'ailleurs ce qu'on appelle la sexualité sacrée, mais qui sont un rituel d'accomplissement qui sont pratiqués par des personnes hautement élevées dans la conscience. Simplement, on n'a retenu que l'idée de l'orgie. Et tu rentres dans ces lieux, il n'y a pas d'âme, il n'y a pas de conscience du corps, il y a ce qu'on trouve dans le monde du libertinage, c'est-à-dire je viens pour être vue dans ce que je fais. Il n'y a rien à voir autour du tantra. Donc oui, c'est des mots qui sont vraiment utilisés à tort et à travers, et il y a beaucoup de dérives sexuelles là-dedans. Comme il y a aussi beaucoup de dérives au niveau des sectes, parce qu'il y a aussi toutes les pratiques, toutes choses. Le problème, ce n'est jamais l'objet. C'est-à-dire souvent, on montre du doigt. Le sexe, on lui doit l'argent, on lui doit une pratique. En fait, ce qu'on sous-estime, c'est l'intention qu'on a quand on va vers telle ou telle chose. Et le tantra, effectivement, quand on maîtrise bien le sujet, comprend bien l'humain, on peut soit l'élever comme un psy. Le psy connaît bien l'humain et le patient. Il peut l'aider à aller mieux comme il peut le manipuler, parce qu'il connaît les portes d'entrée. Et ce n'est pas tellement la pratique qui pose problème. C'est l'intention des personnes quand ils sont dans cette pratique. Et souvent, soit c'est très pauvre en termes d'enseignement, en termes de chemin personnel, ou alors c'est très poussé, mais alors on va dans des expériences très perchées et là, on ne s'y retrouve plus non plus.
- Speaker #1
Là aussi, c'est de trouver un équilibre. C'est soit le trop, soit le pas assez. J'aime bien ce que tu as dit, parce que tout à l'heure, j'ai évoqué le fait que des patients me disent « Est-ce que vous pensez qu'on devrait explorer ? » Et j'ai jamais pensé à dire, est-ce que vous recherchez du massage érotique ? Je parlerais davantage quand il y a des hommes qui évoquent cette situation. Ou est-ce que c'est du massage tantrique qui permettrait vraiment de... Il y a le côté spirituel, l'élévation de soi, spirituel sans être perché, on va être d'accord. Alors que le massage érotique, on est plus vers quelque chose qui serait de l'ordre de la prostitution, ou il n'y a que ce mot qui me vient à l'esprit. Un rapport tarifé au final, même si c'est une masturbation, ce serait tarifé alors que là, ce qui est tarifé, ce n'est pas l'éjaculation, ce n'est pas la sexualité, c'est l'élévation, la connaissance de soi, l'introspection, la rencontre avec son corps par l'intermédiaire de quelqu'un d'autre. Parce que quand on se touche soi-même, ça ne fait pas le même effet quand quelqu'un d'autre me touche, d'autant plus si j'ai une personne inconnue. Tu disais qu'il y avait des personnes qui étaient peut-être mal formées ou qui étaient formées, mais qui avaient peut-être une volonté plus financière d'amener les personnes vers des massages qui seraient plus rapides, plus dans l'attente de certains clients. Qu'est-ce que ça t'inspire ? Est-ce qu'il me semble que tu formes aussi ?
- Speaker #0
C'est ça. En fait, en réalité, j'ai beaucoup de femmes qui sont dans les métiers, on va dire, un peu marginalisés, que ce soit Escorte, prostituée, masseuse, masseuse érotique, il y a chez beaucoup de femmes l'idée que leur atout féminin suffise pour avoir un maximum de clients. Effectivement, dès qu'on touche le côté sexuel, depuis la nuit des temps, il y a toujours eu beaucoup de demandes et il y en aura toujours. Par contre, dès qu'on touche l'émotion, quand la personne a compris qu'elle a une sexualité pleine, c'est quelqu'un qui aussi sait s'émouvoir, sait ressentir, sait se mettre en lien, bien d'un coup, ça touche beaucoup moins de personnes. Donc parfois elles savent que ce n'est pas un vrai massage tantrique, mais elles le font parce qu'avec ce qu'elles ont, c'est-à-dire leur corps, leur familialité, pour elles c'est suffisant. Là où elles touchent leurs limites, c'est qu'effectivement, aujourd'hui on est quand même dans une période où les hommes cheminent beaucoup, et on a une forme, je trouve, de montée en conscience. Beaucoup de personnes, moi je les vois arriver, qui me disent, oui j'ai déjà fait un massage tantrique, mais je pense que ce n'était pas un vrai massage tantrique. Je dis, mais comment vous pouvez le savoir ? Je le sens. Et moi, comme ça fait 17 ans que je pratique, je me suis rendu compte qu'au fur et à mesure des années, les hommes sont devenus très pointilleux, très en recherche d'autres choses. Il y a quelque chose, c'est comme si l'énergie du féminin commençait à dominer. D'ailleurs, on voit dans les réseaux que les gens partagent beaucoup les émotions. On sait que maintenant les hommes ont le droit d'exprimer des choses. et dans cette expression d'émotion eh bien, ils recherchent autre chose. Et cette fois, ces femmes trouvent leurs limites en me disant, c'est vrai que ça marchait jusqu'à maintenant, mais maintenant ça marche moins. Je dis, si tu veux aller plus loin, accompagner en tout cas ces personnes où tu vas ressentir qu'il y aura beaucoup plus de respect des gens envers toi-même et de participer à quelque chose, parce que de satisfaire quelqu'un dans ses fantasmes, ça va durer un instant, mais il n'y aura rien qui va bouger. Par contre, d'accompagner l'autre à mieux vivre son corps, les émotions, la relation à soi, à l'autre. Tu participes à quelque chose de quand même beaucoup plus grand. Mais il n'y a pas encore beaucoup d'appels à ce niveau-là.
- Speaker #1
Donc si j'ai bien compris, il y a des hommes qui au départ sont allés vers des masseuses, qui n'étaient pas des initiatrices, elles étaient masseuses, elles pensaient qu'elles étaient initiatrices ou pas. Il y a eu quelques massages. Et à un moment donné, cet homme se dit, mais en fait, ce n'est pas ça que je veux, je veux autre chose. Et à ce moment-là, il doit aller chercher une initiatrice plutôt qu'une masseuse. Et tu me décris des femmes, ma question c'est est-ce qu'il existe des hommes masseurs tantriques, mais tu as des élèves, des stagiaires, des apprenants qui vont te dire, là ce que je fais, juste masseuse, ça ne va pas, il faut que je devienne initiatrice, c'est ça ?
- Speaker #0
Je pense qu'il y a, dans le tantra on dit que tout le monde... n'est pas choisi pour être déchapti. Déchapti, c'est celle qui guide. Parce qu'effectivement, aller vers ce type de pratique, il faut avoir un amour pour l'humain qui est quand même important. C'est-à-dire, on accueille quand même les personnes dans notre espace, dans l'intime, on les guide. Il faut vraiment avoir un cœur ouvert et une vraie empathie. Et certaines personnes, et c'est pour ça que les cours ne sont jamais pleins, en tout cas, moi, je travaille avec des petits groupes, c'est que certaines personnes vont avoir cette conscience en disant Non, ça, ça ne me convient pas. Je veux aller plus loin. Je veux aider ces gens. Je veux les accompagner. Et c'est très beau. Il n'y en a pas énormément, mais je trouve qu'il y a quand même certaines personnes qui ont cette vocation. Un peu comme le médecin, tu sais. Il y a un jour, quelqu'un se lève et se dit, je veux être médecin ou je veux être militaire. Eh bien, comme dans toutes ces pratiques très fortes, tous ces métiers assez forts, il y a des personnes qui ont envie de prendre soin. et les guider vers un meilleur bien-être, une meilleure réalisation de soi.
- Speaker #1
Tu es nue aussi, toi, pendant le massage avec un homme ou une femme ? Ou des couples ? Enfin, un couple. Je veux comprendre que tu prends un couple à la fois. Oui, oui. Tu n'es pas Shiva avec plein de...
- Speaker #0
J'incarne Shiva, mais je n'ai pas encore plein de... Quoique déjà, de travailler avec le couple, ça demande beaucoup d'énergie. Parce qu'en fait, c'est comme si je massais un hermaphrodite. Tu sais, comme si l'homme et la femme ne faisaient qu'un. Et comme si en les recevant, je devais avoir une perception d'une personne entière. Donc ça demande beaucoup d'énergie, mais je n'ai pas encore quatre bras. Alors effectivement, moi j'aime masser nu. Pourquoi ? Non pas que je suis un nudiste, parce qu'il y a plein d'espaces où je n'aime pas être nu. Mais effectivement, dans cet espace... C'est assez étrange parce qu'il faut le vivre. Encore une fois, on est dans une société où la nudité est très sexualisée. Moi, je trouve que quand on est nu, on a une grande liberté. Parce que tu vois, dans le quotidien, on s'habille toujours en fonction d'eux. On porte des vêtements pour cacher ou pour se mettre en avant. Et d'un coup, on est nu et il n'y a plus rien d'autre que soi. On n'a pas d'autre échappatoire que d'aller rencontrer qui on est et ce que l'on est dans le rapport à l'intime. Donc oui. La plupart du temps, je masse nue, que ce soit avec les couples ou les personnes seules. Par contre, je valide la possibilité d'être nue ou pas. Si je sens dans l'échange que la nudité est un vrai obstacle, alors les premières fois, non, je ne suis pas nue. C'est très rare. Même si les personnes arrivent parfois en disant « je pense que je ne serai pas nue » , dans le temps d'échange, à la fin, ils me disent « finalement, je veux bien être nue » .
- Speaker #1
Ils se mettent à nu.
- Speaker #0
Oui.
- Speaker #1
Tu fais aussi des ateliers. où là il y a plusieurs couples et là ce sont les couples qui se massent entre eux exactement,
- Speaker #0
je les guide sur 4 jours où je vais alors c'est pas que du massage c'est la rencontre à l'autre et le toucher devient un langage amoureux comment on approche le corps de l'autre comment créer des émotions chez l'autre réveiller des sensations comment ressentir les choses à l'intérieur de moi parce que souvent dans la sexualité on est toujours dans l'idée de projeter quelque chose, à chercher la satisfaction extérieure, mais qu'est-ce que je ressens à l'intérieur de moi ? Donc pendant quatre jours, c'est comme si on rééduque le corps à vivre le langage d'amour à travers le toucher. Et dans ce toucher-là, on va toucher le corps, dans sa dimension chanel, mais surtout dans sa dimension émotionnelle et profonde.
- Speaker #1
En atelier, tu es nue aussi ?
- Speaker #0
Alors, quand j'enseigne, je ne suis pas nue. Parce que... Ce n'est pas la même expérience. Dans une expérience d'initiation de massage, de rituel, on plonge dans un rituel, on sort dans notre petit moi. Dans l'enseignement, on est beaucoup plus dans une verticalité et la nudité n'a pas de sens. Pour moi, en tout cas, quand j'enseigne, je ne plonge dans aucune expérience. Je suis là pour guider. Je n'ai pas ce besoin d'être nue.
- Speaker #1
Tu as plutôt des hommes, des femmes, des couples d'hommes, des couples de femmes ?
- Speaker #0
Alors, en séance individuelle, j'ai beaucoup plus d'hommes. J'ai énormément d'hommes, mais surtout des hommes qui ont une dimension du féminin très présente. C'est-à-dire que c'est des hommes qui ont des responsabilités, mais qui ont une belle sensibilité, qui ont envie d'approfondir et de pouvoir vivre en paix avec cette sensibilité. Les quelques femmes que je reçois, c'est des femmes qui ont déjà commencé une introspection. qui ont exploré pas mal de choses dans le rapport au corps et qui d'un coup se disent ok j'ai fait beaucoup de thérapie mais dans mon corps je sens que maintenant j'ai besoin de travailler sur le corps donc j'ai quelques femmes qui viennent et j'ai régulièrement des couples beaucoup de couples qui viennent et pour des raisons à chaque fois différentes mais l'idée c'est de vivre un rituel ensemble et de leur faire découvrir une autre façon de vivre le corps et j'en ai de plus en plus souvent et j'ai un vrai plaisir à recevoir les couples
- Speaker #1
Quel âge ont ces personnes ?
- Speaker #0
La plupart des couples que je reçois ont autour de 50 ans. J'ai quelques couples qui viennent entre 35 et 40 ans. Mais les couples qui viennent et qui continuent avec moi ont entre 50 et 60 ans. Comme s'ils avaient aujourd'hui la priorité, ils avaient priorisé l'idée d'enrichir l'intime. Et puis à 50 ans, je pense que tu dois l'observer aussi chez toi en sexologie, le corps, les hormones changent beaucoup. l'homme est moins confiant dans son rapport à la... Au résultat, la performance, la femme, son corps a beaucoup bougé et il arrive aussi à un événement important à la cinquantaine, c'est qu'il y a beaucoup d'enfants qui quittent le nid et ils ne savent plus comment retrouver l'intime sans avoir leur casquette de parent. Donc oui, j'ai beaucoup de couples qui ont autour de 50 ans, mais j'en ai quelques-uns qui viennent à 35 ans, mais plus par une envie d'une expérience nouvelle. Ce n'est pas les mêmes besoins, ce n'est pas les mêmes recherches.
- Speaker #1
Tu te protèges de tout ce que tu reçois, de ces émotions, tu leur permets de réguler, mais toi comment tu te régules ? Est-ce que tu nettoies ton espace après ? Il y a un aspect très spirituel dans ce que tu évoques, mais comment toi tu gères après tout ce que tu touches les personnes ? Il y a des choses qui passent.
- Speaker #0
Alors effectivement, souvent, c'est comme quand on va voir un spectacle de danse, on voit le danseur, mais on ne se rend pas compte de ce qu'il y a derrière les coulisses. C'est des pratiques. qui demande une forme de sacrifice quand même. Parce qu'effectivement, dans ces espaces, quand on prend soin de l'autre et de le guider à mieux vivre son intime, on est épuisé après. Parce que la demi-mesure n'est pas possible. Autant dans les massages traditionnels, tu appliques un protocole, tu peux en faire 5, 6 dans la journée, autant ces approches-là, tu plonges complètement dans l'univers de l'autre, dans une forte empathie, et de pouvoir guider l'émotion, et à la fin, tu es vraiment fatigué. Et ce que moi je fais pour vraiment me... me protéger, ou en tout cas pas tellement protéger, mais de ne pas me perdre dans ces pratiques. C'est une vraie hygiène de vie, une vraie discipline dans l'hygiène. Donc je pratique beaucoup de yoga, parce qu'il s'agit de beaucoup d'énergie. Et l'énergie, il faut savoir aussi l'ouvrir et la traverser, de la faire circuler à l'intérieur de nous. Et puis nous, en tant que masseuse, on est aussi des femmes, on vit des choses dans notre quotidien. Et quand la personne arrive, il faut être pleinement disponible. Donc ces préparations corporelles me permettent, moi, de dépasser mes propres blocages et de plonger dans ma, de nourrir ma force et de la distribuer ensuite. Mais effectivement, je ne reçois qu'un nombre limité de personnes. Je ne peux pas dépasser, j'ai en moyenne six personnes par semaine, mais pas plus. Voilà, pas plus parce que c'est quand même un investissement. Non, je vais plutôt, alors je n'ai pas tous ces enseins de sauge, de choses comme ça. J'ai plutôt, moi je crois beaucoup en la posture intérieure. J'ai une posture. qui aujourd'hui, grâce à mon parcours, est devenue beaucoup plus alignée, beaucoup plus forte. Et quand tu as une posture alignée, les expériences extérieures te touchent moins. Je te dis ça parce que dans mes débuts, quand je faisais un massage, le lendemain, je dormais toute la journée. Tellement ça m'avait pris, mais je n'étais pas encore construite d'un point de vue énergétique. Aujourd'hui, je suis très alignée, je sais mesurer, je sais quoi faire. Après, il me faut du temps de silence quand personne ne parle. Moi, il me faut une heure pour récupérer, sortir à l'extérieur, la connexion avec la nature. Je trouve qu'un tantrika a vraiment besoin d'aller se nourrir, et dans sa pratique corporelle, que ce soit yoga ou alimentation, ou alors vraiment si on peut aller chercher la mère nature, parce qu'il n'y a rien de plus ressourçant. Sinon, très facilement, on peut se laisser. Alors tu sais, ce n'est pas une fatigue physique, comme quand tu vas au sport et que tu es fatigué. Tu as l'impression d'être un zombie, quand tu as pris ton énergie vitale. Et si tu n'es pas consciente de ça... Ça peut créer, moi j'ai vu chez certains masseurs, des états dépressifs, d'avoir envie de rien, d'être complètement vidé. Et ça arrive parce qu'on travaille beaucoup l'énergie et je pense qu'on la travaille un peu trop. On ne devrait pas masser autant.
- Speaker #1
Tout à l'heure, je te posais la question s'il y avait des hommes qui massaient ou peut-être tu as eu des apprenants hommes.
- Speaker #0
Ah oui, j'ai eu quelques apprenants hommes qui ont vraiment vocation à parfaire les choses. Tu sais, l'homme, il a toujours l'idée de pratiquer quelque chose de vraiment... Il a toujours le but de réaliser quelque chose de parfait. Je n'en ai pas encore assez et je sais qu'il y a beaucoup de masseurs hommes des tantriques et j'ai aussi beaucoup de retours sur la réalité des pratiques et comme chez beaucoup de femmes. Il y a aussi beaucoup de dérives. J'ai en expérience cette femme qui avait testé un massage tantrique qui n'avait pas été initié. Pour lui, un massage tantrique, il doit y avoir un orgasme. Donc à la fin du massage, sans qu'elle n'ait rien demandé, ça a fini par un cunni.
- Speaker #1
C'est une agression sexuelle.
- Speaker #0
Elle me dit, je n'ai pas compris, il fallait qu'il m'emmène à un orgasme. Parce que pour ces hommes, d'amener la femme à un plaisir, c'est évident et c'est magique. Je dis non, peut-être qu'un homme, qu'une femme finisse par une fellation, il va être content. Non, nous, la femme, on a envie de décider qui peut aller dans notre intimité. Et puis, on aime avoir le choix. Et puis, encore une fois, le cadre, ça n'a pas été défini.
- Speaker #1
Je vais trop loin quand je dis que c'est une agression sexuelle ?
- Speaker #0
Pour moi, c'est une agression.
- Speaker #1
Oui,
- Speaker #0
moi aussi.
- Speaker #1
Elle n'a pas demandé et elle a été surprise, saisie peut-être. Et peut-être même, elle était totalement relâchée.
- Speaker #0
Oui, alors c'est étonnant parce qu'on peut parler d'agression pour la femme. Moi, je pense que ça l'est. pour l'homme, parce qu'il y a comme toutes ces femmes, moi j'ai quelques hommes qui me disent, tiens, j'ai une masseuse, elle m'a chopé les sexes, puis elle masturbait à fond. Et je me dis, mais pour lui, c'est peut-être une agression. Parce que c'est vrai qu'on penserait que l'homme aussi espère une éjaculation, mais en réalité, pas tous. Et ceux qui sont vraiment connectés émotionnels, ils ont envie d'autre chose aussi. Mais c'est plus flagrant chez la femme, comme si dans sa construction, effectivement, on aime choisir qui va explorer cette part de nous, et si on l'a décidé. Et pas que ce soit parce que c'est censé nous faire du bien. Ce qui nous fait du bien, c'est parce qu'on l'a décidé aussi.
- Speaker #1
Ça ressemble plus soit à un massage érotique, soit effectivement à une agression sexuelle. J'ai bien compris que le massage tantrique, si l'éjaculation ou l'orgasme arrivent, il arrive, j'adore, comme un éternuement. Oui,
- Speaker #0
j'adore cette idée.
- Speaker #1
C'est une très très belle image. Comme on tousse. C'est leur corps qui exulte, qui sort quelque chose, qu'il avait besoin de sortir. Ce n'était pas une recherche.
- Speaker #0
Alors tu sais, moi je trouve ça la magie des images. Ça permet de dédramatiser certaines choses. Parce que moi j'ai eu une femme une fois, tu sais, qui était très bloquée dans son rapport au corps. Même la nudité c'était compliqué. Je lui ai massé le visage. Ensuite quand je me suis positionnée entre ces gens, je n'ai pas eu besoin de faire grand chose. Je suis posée ma main. Elle a eu un orgasme. Et elle s'est excusée. Je lui ai dit, mais pourquoi vous vous excusez ? Parce que c'était... Le fait de dire j'ai éternué, ça parait moins dramatique.
- Speaker #1
On s'excuse aussi quand on éternue. Oui,
- Speaker #0
c'est vrai. J'ai arrêté de lui dire santé.
- Speaker #1
Oui, c'est une bonne idée.
- Speaker #0
À vos amours.
- Speaker #1
Très bonne idée. On te demande parfois qui sont tes maîtres. Tu as parlé de ce maître Tao qui tu avais massé les mains.
- Speaker #0
Alors c'est vrai que parfois je suis confrontée à une question. surtout les personnes, tu sais moi, les personnes où j'ai eu le plus de mal paradoxalement, c'est les gens qui pratiquent beaucoup de stages de tantra. Parce que quand ils viennent chez moi, ils ont besoin par téléphone d'être assurés sur les maîtres que j'ai eus. Et moi je leur dis que je n'ai pas eu de maître attitré. Parce qu'effectivement dans mon parcours, j'ai eu plein de maîtres différents qui n'avaient rien à voir avec le tantra, mais qui m'ont permis de mieux connaître le corps, les émotions. Donc non, je n'ai pas de maître, un seul maître, mais j'en ai des milliers. Et je dirais... que pour moi, mes plus grands maîtres, c'est les personnes que je masse. Tous les partages, les retours d'expérience qu'ils me font, que ce soit positif, pour moi, c'est jamais négatif, mais quand il y a de la colère qui ressort, parce que ça peut arriver, c'est toujours une façon de mieux comprendre. Mes plus grands maîtres, c'est tous les patients, les clients, les placents que j'ai eus. Tu sais, j'en ai eu, tu imagines bien dans ma pratique, que j'ai des personnes de tout horizon, avec des... caricature parfois, donc ça a été mes plus grands maîtres. Mais même pour te dire, tu sais, j'ai un garçon de 11 ans, je le vois depuis petit se construire dans son rapport au corps, sa façon d'être garçon, se mesurer aux autres, je ne lui dirais pas. Mais pour moi, c'est aussi un maître. Et j'ai des Ausha, je vois les Ausha. Tu sais, dans le tantra, on dit de militer souvent sur les Ausha, sur les félins, parce que tu vois, le félin, il ne bouge pas, il reste, il accepte les caresses, il s'ouvre. Il sait ce qu'il veut. Et d'un coup, tu le vois courir dans tous les sens. Et on dit, nous les humains, on court tout le temps. Et quand on doit accélérer, on est épuisé. Donc si tu veux, pour moi, dans le tantra, c'est ce qui est beau dans le tantra. Ce n'est pas quelque chose de percé. On prend tous les aspects du quotidien. Toutes les rencontres qu'on fait. Un amant, une rencontre amoureuse, une amitié, une rencontre improbable. Tout est une occasion de mieux comprendre l'humain. Donc j'ai eu beaucoup de maîtres.
- Speaker #1
Tu parlais de ton petit garçon. Quel âge il a ? Il a 11 ans. Lorsque j'ai... Je suis sexologue depuis 23 ans maintenant. Souvent on m'a posé la question, ah bon t'es sexologue ? Mes parents savent, comme mes parents étaient encore vivants, puis après je me suis mise en couple, je me suis mariée, on me dit « ah bon, mais ton mari, qu'est-ce qu'il en pense ? » Après j'ai eu des enfants, on m'a dit « ah oui, tes enfants, qu'est-ce qu'ils en pensent ? » C'est une question probablement qu'on te pose, sachant que, en ce qui concerne moi, mes enfants, petites, c'était un problème pour elles, parce que des gens, probablement les parents de leurs amis, disaient que j'avais des relations sexuelles avec des clients, je pense que... Ils donnaient l'impression à leurs enfants que j'étais une personne en situation de prostitution. Et mes adolescentes et jeunes adultes, puisque mes filles sont jeunes adultes, je pense qu'elles sont plutôt fières du métier que je fais. Toi, tes parents, ton compagnon ou ta compagne, ton fils, qu'est-ce que tu entends ? Est-ce que tu entends les mêmes phrases ? Alors, qu'est-ce que ton mari en pense ? Qu'est-ce que tes parents en pensent ? Qu'est-ce que tes frères en pensent ?
- Speaker #0
Alors figure-toi que moi je suis partie d'un point de départ où déjà j'étais une prostituée, depuis que je mets des tampons. Quand ma mère a trouvé un tampon dans mes affaires à 14 ans, c'est la première fois que j'ai entendu que j'étais prostituée et ça ne m'a jamais lâchée. Avant même que je fasse du massage tantrique, je vivais en colocation, j'étais une prostituée. On m'avait avec une robe de soirée, j'étais une prostituée. Ça c'est le milieu culturel. Mais à Lyon, quand j'ai commencé à faire les massages ayurvédiques, j'envoyais les gens qui voulaient de la sexualité à une escorte que je connaissais. Mais rien que le fait de lui envoyer, et bien à nouveau, il y en a qui n'avaient pas du tout la culture fermée dont tu peux imaginer, et bien j'étais finie par être une prostituée aussi. Je me dis, mince, ça ne me lâche pas. Et je me dis, mais en fait, quoi que tu fasses, on croirait que les choses ont évolué, que la société a évolué, mais aujourd'hui on condamne, dès que tu fais quelque chose qui n'est pas dans les normes. Tu es forcément une prostituée. Et nous, chez nous, les femmes, c'est très facile. Alors, pour ma famille, je t'avoue que pendant 12 ans, je me suis fait appeler Linda Kali pour pas qu'on me trouve. Mais l'ironie du sort, comme j'ai des belles sœurs qui m'adorent, elles ont tellement fouillé qu'elles ont trouvé mon site. Et ma mère l'a appris. Mon père était déjà décédé. Mon mère l'a appris. Je me souviens que c'est mon frère, c'est mon petit frère, elle me dit, maman, elle m'a posé une question, elle me dit, ah Gérald, fais des massages érotiques. Je me dis, mais rien que le mot érotique, tu sais, ça sort de sa bouche. Je dis, ça, c'est les belles sœurs qui ont dû fouiller. Finalement, on n'a pas eu de confrontation directe. Alors que moi, je me suis dit, elle va me... Elle n'a pas de confrontation, mais tu sais pourquoi ? Parce qu'elle s'était mitigée entre le mépris et l'admiration, parce que j'élève mon fils seul. On me dit, elle fait peut-être ça, mais il y a quelque chose qui fait que ça marche quand même. Après ça, pour renseigner, j'ai décidé d'arrêter de me faire... Appeler Linda Kelly, de toute façon, ma famille le sait. Et moi, j'étais déjà rejetée pour mille choses. Donc un peu plus, un peu moins, ça ne changeait pas grand-chose. Et heureusement, dans ma famille, j'en ai quand même quelques-uns qui, malgré tout, sont quand même en lien avec moi, même si on n'en parle pas ouvertement. Ensuite, il y a l'idée du fils. Moi, comme je l'élève seule depuis petit, et qu'il a... Tu sais, j'ai massé avec lui dans mon ventre jusqu'à mes huit mois de grossesse. Il a toujours eu un esprit très fin et il m'a toujours posé plein de questions. J'ai toujours répondu à ces questions. J'ai effectivement eu des réponses adaptées à un enfant, mais je n'ai jamais voulu le cacher. Même qu'un moment, il m'a dit, « Mais maman, pourquoi tu es nue dans tes massages ? » Je lui ai dit, « Maman, elle aime bien être nue comme quand tu plonges dans l'eau. Tu sais, quand tu vas dans l'eau et que tu te plonges, je me sens libre et des fois, maman a envie de se sentir libre. Mais par contre, tu ne le dis pas à tes copains parce que les copains, je ne suis pas sûre qu'ils vont accepter et ils vont vous dire des choses pas très sympas. » Il a toujours compris et il le voit et il l'observe et il sait. Et il sait que quand il va dans ma famille, maman elle fait des massages indiens, il ne dit pas massages tantriques. Ou il a compris parce que j'ai établi un dialogue très tôt. Je savais que si je mentais, arriver à l'adolescence, ça allait casser tout le mythe de l'illusion. Alors que dès le départ, je pense que je me suis affirmée en tant que femme libre et que je l'ai guidée dans l'idée, mon chéri, c'est jamais noir, on n'est même jamais blanc, il y a plein de façons de vivre les choses. Et maman fait une façon que tout le monde n'accepte pas encore. Et donc... même si tu le sais, c'est notre petit secret.
- Speaker #1
Quand ma mère a su que j'étais sexologue, pareil, je l'ai reçu très tôt, mais je ne sais pas si mon père le sait en fait, mais ma mère m'a dit, oh mais ça c'est un beau métier. Après elle m'a dit, avec ton père, on avait eu un petit problème, si on avait su, on serait allé voir quelqu'un comme toi. J'ai été extrêmement surprise, alors bien sûr, elle était très très âgée à ce moment-là, je pense que plus jeune, elle n'aurait certainement pas fait cette chose-là, plus jeunes. Mais plus âgée, oui, ça devenait possible de dire que c'était un beau métier en fait.
- Speaker #0
Alors là où c'est plus difficile, c'est avec un partenaire. Je n'ai pas encore trouvé de partenaire qui accepte pleinement. Alors, ils acceptent au début, parce qu'en fait, tu dégages cette image de liberté, d'affirmation auquel ils fantasment. Mais dès que tu as le sentiment amoureux qui se crée, la relation de possessivité, d'un coup, ton travail devient trop compliqué. Donc moi, je n'ai pas encore aujourd'hui, du haut de mes 44 ans, je n'ai pas rencontré de partenaire où c'était accepté de façon vraie. Parce qu'on le sait au début, bon, il fait semblant d'accepter parce qu'il a envie d'être avec moi.
- Speaker #1
C'est ça,
- Speaker #0
typique. Et puis, il se dit qu'il va en profiter un peu. Exactement. Sauf que, l'ironie du sport, c'est que je ne masse pas en dehors de mon travail. J'ai envie qu'on me masse, j'ai envie qu'on prenne soin de moi. Mais pour moi, l'expérience tantrique, forcément, tu ne fais pas du massage tantrique. C'est-à-dire que tu es une tantrica, le massage, ta profession exprime une facette d'une façon. Mais en fait, dans la relation avec ton partenaire, bien sûr qu'il y a une expérience tantrique. Parce que le tantra veut être nu de tout. Et donc, tu vois comment la rencontre amoureuse nous bouscule dans nos limites, dans nos évolutions. Et je trouve qu'on vit une expérience tantrique différemment. Alors, j'essaye d'amener d'autres choses dans la sexualité. Mais oui, il faut qu'une personne soit prête. Et ce n'est pas facile d'aimer une tantrique. Ce n'est vraiment pas facile.
- Speaker #1
Très souvent, quand je parle de mon métier, je dis que les cordonniers sont les plus mal chaussés. C'est vrai.
- Speaker #0
C'est vrai. C'est triste, mais c'est vrai. Alors, moi, je pense... Quand j'aurai 55-60 ans, peut-être que, puisque je trouve qu'à ces âges-là, les hommes ont évolué, les personnes ont un autre rapport au corps, et peut-être que ça ira mieux d'ici là.
- Speaker #1
Les sexologues, on propose des médiateurs. Il y a des exercices. Il y a des sexologues qui proposent des thérapies cognitives comportementales. Et donc, entre chaque rendez-vous, les personnes ont des exercices. Notamment, j'en ai parlé tout à l'heure du Sensate Focus, où elles utilisent des médiateurs pour le couple, quand ils viennent en couple. utilisent des médiateurs, c'est-à-dire du talc, du lait, de l'huile. Est-ce que ces personnes, ces hommes, ces femmes, entre chaque séance, elles ont des exercices à faire chez elles ? Est-ce qu'elles doivent utiliser des médiateurs ? Est-ce que toi, tu utilises des médiateurs et des outils ?
- Speaker #0
Alors, effectivement, quand les couples viennent et qu'ils adorent à ma pratique, ils repartent avec l'idée d'acheter un chauffe-huile, parce que l'huile chaude sur le corps, c'est extraordinaire. Ils achètent un drap chauffant, parce qu'effectivement, si l'espace est froid, L'expérience de l'intime est compliquée, d'un coup le drachophon amène tout de suite un relâchement du corps. Je les aiguille vers des huiles essentielles où je les invite à choisir ensemble des senteurs. Je les aiguille vers, parfois certains achètent des voiles de soie, d'autres des plumes. Donc ils repartent quand même avec des idées pour améliorer leur temple d'amour quelque part. Par contre, en individuel, parfois les exercices peuvent être très variés. Certaines personnes, je vais plutôt, ils vont plutôt... repartir avec l'idée de la lenteur. Parce que tu sais, la chose la plus difficile dans plein de pratiques, c'est la lenteur. Respirer lentement, la plupart des gens respirent très rapidement, donc ils prennent conscience qu'il faut respirer lentement, qu'il faut aussi caresser lentement. Donc c'est plus dans l'idée d'explorer la lenteur dans leur quotidien, mais sous différentes formes, pas qu'au niveau charnel. C'est comment on vit la lenteur et le silence à l'intérieur de soi. Est-ce qu'il y a des moments... Ou simplement vous vous posez et vous regardez le ciel, vous buvez vos thés et vous ne pensez à rien. Non, non, je n'ai pas le temps. Prenez ce temps parce que c'est deux minutes et vous verrez une fois que vous êtes assis sur votre tabouret, dans votre terrasse, respirez, relâchez et juste à ce moment-là, ne pensez à rien d'autre que ce que vous voyez et ce que vous buvez. Alors, ça ne paraît absolument pas sexuel, mais ça joue énormément parce qu'on éduque le corps à faire des arrêts sur l'image, des arrêts sur la sensation. Et je trouve que l'humain, aujourd'hui, dans notre société, notre société nous asphyxie dans notre rapport aux ressentis et aux émotions. Donc, dans le tantra, ce que je trouve magnifique, c'est prendre des petits rituels du quotidien, tels que ta douche, boire un thé, manger, mais fais-le à ce moment-là, dans la présence. Prends le temps de te délecter de ce que tu es en train de manger. Prends le temps juste de faire ça. et il y a quelque chose qui lâche. Donc c'est plus des petits exercices comme ça, et puis après, effectivement, j'adapte par rapport aux gens qui viennent chez moi. Et des fois, ça peut être des choses assez improbables. En fait, vraiment, nos métiers sont très très proches. En tout cas, Gérard, merci,
- Speaker #1
merci pour cette précision. Je suis sûre qu'on pourrait encore parler des heures. J'ai encore envie de te poser plein de questions, et je suis sûre que tu as plein de choses à te dire. Mais merci pour la lenteur aussi. On va s'arrêter pour pouvoir faire en sorte de... de digérer, d'apprécier tout ce qui a été dit pendant probablement une heure, une heure et demie peut-être. de ce podcast. Très récemment, j'ai été invitée pour un podcast qui s'appelle Les parcours inspirants. On m'a offert un petit jeu de cartes. Si tu es joueuse, je vais te proposer de choisir au hasard deux cartes et sur ces deux cartes, en choisir une seule où tu aurais envie de répondre. Tu pourrais nous lire La dernière fois que. Tu en choisis un, et puis si tu as quelque chose à dire sur...
- Speaker #0
Alors, la dernière fois que je me suis dit, je n'en peux plus. Moi, c'était fin l'année dernière. J'étais fatiguée. J'avais qu'une envie, c'était de partir voyager. Alors j'ai pris un billet pour le Maroc. Et je suis allée visiter un domaine où j'avais, où je fantasmais organiser un atelier là-bas. Et ça s'appelle le domaine, la Casbah d'Orika. dans les vallées de l'Urica, à côté de Marrakech. Et j'ai décidé ça en quelques minutes. J'avais pris mon billet. C'était juste avant Noël. J'ai fêté Noël là-bas.
- Speaker #1
Merci pour ce beau cadeau de vie. Et puis, j'ai aussi préparé un petit cadeau pour toi. J'ai vu que tu avais déplacé le petit sac tout à l'heure. Ah,
- Speaker #0
c'est ce sac.
- Speaker #1
C'est ce sac-là. Donc, à l'intérieur, il y a... tu verras, tu peux l'ouvrir j'adore les gâteaux ah oui ça c'est très utile c'est un éventail et en fait l'éventail c'est mon logo parce que je dis souvent que la sexualité c'est comme un éventail, s'il est fermé il ne va pas faire beaucoup de vent c'est un peu la sexualité d'un métaphore de la sexualité qui est un petit peu auto-centré sur les organes génitaux sur la pénétration et puis si on l'ouvre cet éventail on peut faire plein de choses, on peut y ajouter le massage tantrique, le massage érotique, l'auto-masturbation, être en couple, pas en couple, on est un qui éjacule, pas, c'est des médiateurs, c'est des lieux, c'est des sensations.
- Speaker #0
C'est mille et une nuances.
- Speaker #1
C'est mille et une nuances, c'est vrai, j'aurais pas dû appeler ça sans nuances, mais mille et une nuances. Et il y a des autocollants de mon podcast, que j'espère que tu vas pouvoir faire écouter.
- Speaker #0
Super.
- Speaker #1
J'ai créé aussi il y a quelques temps un petit livret sur les menstruations. En tout cas, moi, j'ai pris beaucoup de plaisir à t'écouter parce que tu parles merveilleusement bien du massage tantrique. J'en sais beaucoup plus. Je pourrais davantage expliquer à mes patients qui, je sens, sont très demandeurs de comprendre ce que c'est. Je pense que si quelqu'un auparavant explique bien ce que c'est, il y aura moins de surprises à imaginer comment ça peut...
- Speaker #0
peut être ? Est-ce que ça peut être ? Et moi, je te remercie pour ton ouverture d'esprit, parce que très peu de thérapeutes encore explorent ces voies parallèles. Je suis très contente que tu aies cette démarche de me contacter. Merci beaucoup.
- Speaker #1
C'est avec plaisir. Donc, merci pour ça. Et puis, merci aux personnes cultivées qui vont écouter ce podcast. Si vous n'êtes pas encore abonné, abonnez-vous, likez, partagez. C'est comme ça que vivent les podcasts. C'est aussi comme ça que vivent les thérapeutes. C'est du bouche à oreille, mais justement, pas rencontrer n'importe quoi. En tout cas, d'ici là, ouvrez, fermez, respirez votre éventail et votre esprit. Merci à vous et je vous dis à très bientôt. Je vous donne rendez-vous comme chaque 14 du mois pour un prochain épisode de Parlons Culture. Et comme d'habitude, on terminera en musique.