Speaker #0Bonjour, bienvenue dans l'épisode 7 de Parlons Culture de Nora Lunas. Je vais essayer un format un peu différent, vous avez bien noté qu'il n'y avait pas trop de régularité pour l'instant dans la forme. Et là j'ai envie de vous parler d'une situation que j'ai vécue il y a quelques années. Je vais changer certains détails pour maintenir la confidentialité de tout ce que je vais vous dire. Nous sommes en 2018, j'ai un patient qui vient en consultation. Il a 28 ans, il consulte car la vague MeToo le conduit à se poser des questions sur une situation qu'il a vécue et il s'interroge sur ses comportements. Il me raconte que dans son pays d'origine, un pays du Maghreb, lorsqu'il avait 17 ans, il tournait autour des hôtels de luxe et repérait des jeunes filles qu'il aimerait approcher. Bien entendu, il ne pouvait pas le faire car l'accès à l'hôtel lui était interdit. Mais pas tout à fait. Car alors qu'il a repéré une jeune fille entre 17 et 19 ans, me dit-il, une Russe, pense-t-il devoir me préciser, le soir venu, il entre dans l'hôtel et contre un petit billet donné au réceptionniste, celui-ci lui donne la clé de la chambre de la jeune fille. La nuit tombée, il entre dans la chambre et il la viole. Bien sûr, il ne dit pas ça comme ça, il dit qu'il a un rapport sexuel avec elle. Je l'arrête et je lui dis que non, ce qu'il me décrit, c'est un viol. Il me dit que c'est bien pour cela qu'il veut en parler avec moi. Selon lui, si c'était un viol, elle se serait débattue, elle aurait bougé et il me dit qu'elle n'a même pas crié. Et, toujours selon lui, il aurait senti que son vagin était humide. Je lui explique que ce qui s'est passé, c'est que la jeune fille était en état de sidération, en état de choc, tétanisée. Et je lui demande s'il a déjà entendu parler de ça. Eh bien, figurez-vous que oui. Non seulement il en a entendu parler, mais il l'a vu. Il m'explique qu'il a reçu une balle dans son flanc droit, il me montre l'impact, et qu'il a vu un de ses amis totalement sidéré, sans réaction face à l'attaque, incapable de l'aider, ni de se sauver, alors qu'il y avait encore des tirs. Il poursuit que c'est peut-être une piste, la sidération. Mais là, il continue de se convaincre. qu'il ne s'agit pas de viol car le lendemain, elle retourne à la piscine, elle n'a pas porté plainte et elle le voit roder autour de l'hôtel. Mais elle ne réagit pas. Vous m'étonnez. Elle a dû être terrifiée. Elle a dû craindre que vous reveniez la nuit suivante et votre présence a dû être perçue comme une menace. Il écoute mais n'en demeure pas pour autant. Pourquoi n'est-elle pas allée à la police ? Je lui propose de chercher ensemble pour quelle raison il n'y est pas allé. Je le sens complètement incapable de penser autrement. Alors je lui suggère quelques pistes que je vous propose en vrac. Bon, même si ma première hypothèse, c'est de lui dire, c'est qu'elle a peur. Elle a peur de vous. Elle a peur parce qu'elle est dans un pays qui n'est pas le sien. Elle ne parle pas l'arabe. Peut-être elle ne parle pas l'anglais. Et ça lui semble impossible de se rendre au commissariat. N'oublions pas... Vous l'avez précisé, qu'elle est jeune, très jeune. Elle craint peut-être de ne pas être considérée comme une victime et redoute le traitement de sa plainte. Je lui dis que c'est peut-être aussi son premier voyage seule et qu'elle ne veut pas que ses parents, ses proches soient inquiétés, soit, mais considère que dorénavant, elle ne voyagera plus seule. Ou alors, elle est avec ses parents en vacances et elle a peur de leur dire, car ils vont s'inquiéter, elle croit qu'elle va gâcher leurs vacances. Je lui parle. absolument pas de l'éventuelle honte qu'elle peut avoir, car je ne voudrais pas alimenter davantage sa non-responsabilité de ses actes. Il semble sensible aux arguments. Mais me dit quand même, j'ai bien senti que son vagin était humide. Ah ben oui, un vagin, c'est pas sec. Il commence sérieusement à douter. De lui, je veux dire. Je sens que le travail a déjà bien commencé avec les révélations de Me Too, mais c'est encore... très très fragile. Je lui demande si c'est clair pour lui qu'il est entré dans une chambre d'une jeune fille qui ne le connaissait pas, qu'il l'a violée, qu'il est reparti et qu'ensuite il a rodé autour d'elle. Difficile de me dire le contraire. Il le reconnaît, même s'il croit nécessaire de préciser qu'il est quand même très beau et cherche à me faire dire que ça pourrait être flatteur. Il sous-entend que le tourisme sexuel bat son plein dans son pays et je l'invite à... pas flirter avec ces idées-là et lui demande plutôt de chercher de quelle manière il pourrait faire autrement maintenant qu'il reconnaît qu'il n'y a pas eu consentement. Il cale. Je le sens. Quand même, plein de bonne volonté. Entre parenthèses, je sais que certaines personnes vont détester ma posture. J'ai déjà raconté cette situation, et des personnes m'ont dit qu'ils me faisaient jouer un rôle de complice, ou que j'étais complice moi-même de ce viol en ne le signalant pas. Mais mon objectif est de faire en sorte que cette personne puisse changer son logiciel. Fin de la parenthèse. Donc, il cale. Alors, je lui pose des questions. Est-ce qu'elle vous a caressé le dos ? Est-ce qu'elle a cherché à vous embrasser ? il me dit que non. Est-ce qu'elle a exprimé des signes de plaisir ? Elle a bougé sensuellement ? Non, c'est un signe. Est-ce qu'elle a été entreprenante ? Vous a proposé d'autres pratiques ou positions ? Toujours non. Ok. Même question pour vos autres partenaires. Sont-elles toujours statiques ou sont-elles actives ? C'est-à-dire que vous êtes en partage, en échange, en connexion ? Là, il voit carrément où je veux en venir. Donc je lui dis, en fait, vous savez bien ce que vous avez fait. Il acquiesce. J'ai quand même eu très envie de lui poser la question si c'était courant de pouvoir entrer dans des chambres d'hôtel et il m'a avoué que oui. J'utilise volontairement le verbe avouer car entrer dans une chambre par effraction, c'est interdit. Cette situation illustre selon moi parfaitement le positionnement des victimes et des personnes qui agressent. J'ai souvent raconté cette histoire en y changeant des détails, je l'ai précisé précédemment. Mais pourquoi la raconter ici ? Parce que cette fois, j'ai envie de prendre le temps de parler du consentement. Bon, dans la situation que je vous ai évoquée, il n'y a aucun doute, il n'y a pas de consentement. Ce que je voudrais faire, c'est... Cette situation est clairement un viol, il n'y a pas de consentement, personne ne pourrait raconter le contraire. Et pourtant dans mon cabinet, il y a des situations qui ne ressemblent absolument pas à celles-ci. C'est arrivé que parfois des couples me parlent de situations où il n'y a clairement pas de consentement. Mais il y a des situations qui sont plus nuancées. Donc je voudrais parler du consentement et je sais que ce n'est pas facile, je trouve, d'en parler. Je ne parle pas du consentement, c'est presque un non-sujet, ça ne se discute pas. Et pourtant j'ai quand même envie d'en discuter. Alors pas pour le nier, pas pour dévaloriser l'apprentissage du consentement. Non, certainement pas. Mais pour dire qu'un consentement, ça se nuance. Pas dans cette situation-là, je le répète. Car rien ne marche dans cette situation qui pourrait nier l'absence de consentement. Qui pourrait sous-entendre autre chose. Personne. Non, ce que je vous propose, c'est une lecture... plus nuancée du consentement, pas de l'absence de consentement. Soyons clairs. Que l'on parle de santé sexuelle, de bientraitance sexuelle ou d'intégrité sexuelle, la question clé est le consentement, à savoir communiquer explicitement qu'on souhaite un contact sexuel à l'autre et s'assurer d'une réponse positive. Très largement inspiré du système des drapeaux de Sansoa, je voudrais distinguer différentes notions. Le consentement, le plein gré, l'égalité, l'adéquation par rapport au niveau de développement ou de fonctionnement et l'adéquation par rapport au contexte. Et un dernier point, l'impact. Je vais vous parler du premier critère, le consentement. Les deux questions à se poser, est-ce que je le veux vraiment et est-ce que toi aussi tu es d'accord ? Cela inclut les notions de demander un consentement, de donner un consentement, de retirer son consentement. de refuser son consentement. Alors, qu'est-ce que ça implique ? Ça implique de reconnaître ses propres limites et savoir quand une situation n'est plus agréable. Chez les petits, quand je faisais des interventions, je leur disais de bien utiliser le berk. Ça fait berk en moi ou ça fait hum. Donc, en fait, qu'est-ce que ça me fait ? Pouvoir reconnaître les limites de l'autre et leur poser des questions pour vérifier où elles se situent, les limites. Pouvoir reconnaître les signaux non-verbaux. qui indiquent une absence de consentement pour soi-même et les autres. Par exemple, la sidération, la passivité, des remerciements amicaux, l'absence de réponse au message, comme dans la situation que j'ai donnée. La personne dort, puis ne bouge plus ou ne bouge pas, ne crie pas. C'était quand même un signe flagrant. Connaître les formes de rapprochement socialement admis et vérifier où se situe la limite. Bon, clairement, entrer dans une chambre par effraction, ce n'est pas une forme de rapprochement. Pour faire plus simple, se poser quelques questions. Les personnes concernées peuvent-elles communiquer ? Se voient-elles et s'entendent-elles suffisamment ? Se comprennent-elles suffisamment ? La sécurité est-elle suffisante ? Émettent-elles des signaux qui peuvent indiquer un consentement ou un non-consentement ? Demandent-elles si c'est acceptable ? Donnent-elles à l'autre le temps de réagir ? Émettent-elles des signaux de gêne, de peur, de répulsion, de sidération ? Réagissent-elles avec colère ou agitation ? Le deuxième critère, le plein gré. Le plein gré, c'est quand aucune des partenaires ne force ou ne fait pression, quand chacun, chacune peut exprimer son refus sans conséquences négatives. Il n'y a pas de plein gré lorsqu'une personne se sent forcée de faire des choses à caractère sexuel ou elle les autorise alors qu'elle ne le veut pas ou encore lorsqu'une autre personne l'oblige, la convainc ou fait pression sur elle. L'absence de plein gré recouvre également des formes de contraintes et de pressions subtiles. comme des formes subtiles de pression et de contraintes qui ne sont pas toujours visibles. Des normes découlant de la culture jouent parfois un rôle, notamment concernant la distance physique, des attouchements, des paroles. Il arrive qu'une personne donne son consentement à des rapports sexuels non souhaités pour éviter quelque chose de plus grave. Comme ça, spontanément, je pense à obtenir des papiers, par exemple. Parmi les formes plus légères et plus subtiles de privation de plein gré, je dirais l'abus d'autorité, la manipulation, la tromperie. la ruse, les promesses. Ce qu'il faut retenir concernant le plein gré, c'est reconnaître l'exercice d'une pression ou d'un chantage, connaître des alternatives comportementales pour exprimer ses besoins, être capable de faire face à la pression, ou pouvoir reconnaître une influence ou une pression exercée par soi-même. Alors comment évaluer le plein gré ? Les personnes concernées sont-elles détendues, heureuses ? L'une des personnes concernées a-t-elle tendance à vouloir satisfaire les autres ? L'une des personnes concernées est-elle tentée par une récompense matérielle ou de l'argent ? Une pression ou une violence verbale est-elle exercée ? Y a-t-il manipulation, chantage, tromperie ? Le troisième critère, c'est l'égalité. Je ne dépends pas de l'autre, je n'exerce pas d'autorité sur l'autre. L'égalité sexuelle est garantie si aucune des personnes concernées n'abuse de sa force et n'impose ses propres souhaits à l'autre. L'égalité entre les personnes concernées ne préserve pas entièrement le risque d'abus de pouvoir. mais le réduit tout de même. Dans une interaction sexuelle, le plus sûr est que les deux parties soient sur un pied d'égalité afin que l'un ne domine pas l'autre. Ce qu'il faut retenir concernant l'égalité, c'est reconnaître les facteurs de pouvoir et les états de dépendance, savoir que le pouvoir et la responsabilité vont de pair, savoir qu'une relation d'autorité s'accompagne d'obligations, pouvant reconnaître des privilèges, y compris les siens, savoir comment faire en sorte que les personnes puissent raconter ce qui leur est arrivé sans subir de répercussions. Comment on peut observer un comportement d'égalité ? Se poser des questions de les différences de pouvoir sont-elles importantes ? Puisque globalement, il peut toujours y avoir à un moment donné dans la vie une différence par rapport au pouvoir. Mais sont-elles importantes, ces différences ? Y a-t-il abus de la position ou de la situation de faiblesse d'une des personnes concernées ? Quelle chose a-t-il été mise en place ? Pour créer cette inégalité, est-ce qu'il y a eu volontairement une mise en place de dépendance, de culpabilité, d'isolement, d'obligation ? Y a-t-il une égalité marquée en termes de force physique, de développement biologique, de maturité intellectuelle ou d'intelligence ? Y a-t-il une inégalité marquée en termes d'expérience sexuelle ? Y a-t-il une inégalité en termes de position, de statut, de... popularité ou de pouvoir. On connaît bien ça. L'actualité nous a bien montré que cette question de statut et de popularité et de pouvoir était beaucoup plus présente qu'on ne voulait l'imaginer. Y a-t-il un déséquilibre au niveau du nombre ? Quatrième critère, niveau de développement et de fonctionnement. Vous savez que j'interviens dans des établissements de personnes en situation de par exemple mentale ou moteur. Et donc, c'est très important cette notion de niveau de développement et de fonctionnement. Donc la personne est-elle en mesure de gérer la situation en cours ? La personne jouit-elle de facultés physiques ou intellectuelles suffisantes ? Ses compétences sont-elles suffisantes ? Ou a-t-il des raisons de s'inquiéter ? Par niveau de développement, il faut entendre une attitude équilibrée devant la vie qui s'acquiert avec l'expérience, la maturité ou l'âge. Ce niveau ne... ne constitue pas une donnée immuable, il est soumis à des changements et à des variations. Tout au long de l'âge adulte, une personne acquiert de la maturité sexuelle à plusieurs niveaux physiques, émotionnels, cognitifs, psychiques, relationnels ou socials. Pour être valable en droit, le consentement doit remplir une série de conditions. Il doit être spontané, informé, explicite, spécifique, révocable, mais aussi être formulé par une personne qui jouit de toutes ses capacités. La personne devrait donc raisonnablement savoir et faire ce qui est sain et acceptable pour elle-même et pour ses partenaires dans le cadre de son comportement sexuel. Mais comment savoir si la personne jouit de capacités suffisantes et peut être traitée en adulte à part entière ? La question implique que le comportement concerné est potentiellement préoccupant ou problématique en raison d'un manque de maîtrise de soi ou de degré de responsabilité de la personne. Il se peut que le niveau de développement Quelques aspects du développement ou du degré de maîtrise de soi posent problème à certains moments. Le problème peut être dû à un handicap ou un développement désharmonieux. Le niveau du fonctionnement de la personne sur le plan sexuel peut être désharmonieux sur un ou plusieurs aspects avec une maîtrise de soi peu fiable. Il peut découler d'une maladie ou d'une démence. Il se peut qu'un comportement sexuel transgressif s'inscrive dans un syndrome spécifique. ou qu'il y ait une rechute temporaire ou définitive au niveau du fonctionnement sexuel, si bien qu'une série de comportements ou d'expériences ne sont plus acceptables. Il peut être par exemple provoqué par un état temporaire ou permanent, des formes de psychose, de périodes maniaques ou dépressives, une période de choc, un deuil, du surmenage, un état amoureux qui exerce une influence passagère sur le niveau du fonctionnement général, y compris donc en matière de la sexualité. Ça peut être la consommation d'alcool ou d'autres substances qui peuvent également altérer l'état ou le fonctionnement d'une personne. Le problème peut être provoqué par un traumatisme survenu dans le passé ou le présent. Une incapacité de la personne peut aussi conditionner son aptitude à indiquer clairement ses souhaits et limites, le fait de mal parler la langue ou de mal maîtriser les usages et les habitudes. Il est donc important de se demander si un comportement sexuel particulier est acceptable pour une personne à ce moment précis de sa vie. Il n'est pas toujours facile de répondre à cette question. L'objectif est de pouvoir se concentrer de plus en plus sur le soutien spécifique dont les personnes ont besoin pour conserver ou améliorer leur comportement sexuel tant pour elles-mêmes que pour leur entourage. Voici les points auxquels il faudrait faire attention dans le cadre du développement. Une vie d'adulte ne suit pas un modèle standard. Il y a de nombreuses convergences dans le cours d'une vie sexuelle et règne aussi une grande diversité. Il n'y a pas de déroulement normatif, il règne au contraire une grande hétérogénéité. Dès le moment où une personne affiche un fonctionnement problématique, l'aspect sexuel passe souvent à l'arrière-plan alors qu'il y a très peu d'aide spécifique en la matière. La dimension sexuelle revêt une grande importance, elle est liée à notre identité, à nos relations, à notre bien-être. Lorsque les personnes rencontrent des problèmes qui touchent le niveau de développement, les décisions sont souvent prises sans les confliter. Les questions à se poser, elles sont simples. Les deux adultes jouissent-ils pleinement de leurs capacités et sont-elles capables, ces personnes, de prendre des décisions ? Comment tenter d'améliorer justement cette question de niveau de développement ? Accompagner pour avoir des compétences émotionnelles, sociales, des compétences interactionnelles, la régulation des émotions et du stress. Vous savez, moi je pratique la technique d'identification des peurs inconscientes à mon cabinet, mais aussi mosaïque. La maîtrise de soi et la capacité à résoudre les problèmes et les conflits. Donc les questions toujours à se poser c'est, la personne peut-elle gérer ce comportement ? A-t-elle de la capacité, les compétences, la maîtrise de soi qu'il faut pour cela ? Quel est le degré d'autonomie de la personne ? Une aide ou des informations adaptées sont-elles proposées ? Les attentes sont-elles réalistes ? La personne souffre-t-elle ? Puis-je comprendre ce comportement du point de vue du niveau du développement de la personne ? Un handicap cognitif, émotionnel, physique, social, influence-t-il ce que la personne peut gérer et lequel ? L'état, addiction, autres problèmes, suscitent-ils des inquiétudes ? Cinquième critère, adéquation au contexte. Le comportement est-il adapté au contexte ? Y a-t-il une intimité suffisante pour un comportement sexuel ? Risque-t-il de déranger quelqu'un ? La plupart des législations définissent les bonnes mœurs et considèrent que les infractions à ces règles sont punissables. Les règles qui fixent ce qu'il faut considérer comme une atteinte à la morale publique varient en fonction de l'époque et des lieux. L'espace public où d'autres personnes sont présentes est régi par des règles relatives aux bonnes mœurs. Elles s'appliquent le plus souvent au fait de se dénuder, particulièrement les parties génitales ou les seins pour les femmes, ou de faire preuve d'un comportement sexuel, explicite, gestes, paroles, mouvements, dessins. Dans certains contextes, il y a trop de règles et des restrictions, et dans d'autres contextes, il n'y a pas assez de règles et pas assez de restrictions. En tout cas, les gens ont droit à l'intégrité sexuelle. Mais le tabou sur la sexualité et le manque d'intimité dans certains contextes empêche la possibilité d'expériences sexuelles positives. Par exemple, les hôpitaux, les maisons de repos, les centres de soins résidentiels, les lieux de psychiatrie offrent peu d'espace structurel pour des comportements sexuels. En raison d'absence d'intimité, les comportements sexuels deviennent involontairement transgressifs. Voici les points auxquels faire attention dans le cadre de contexte. certains contexte ne prennent pas suffisamment en considération le fait d'une forme d'intimité nécessaire au comportement sexuel. Dans ce cas, tout comportement sexuel peut devenir problématique. Par exemple, une personne qui se masturbe dans un dortoir ou d'autres personnes sont présentes. Les avis divergent sur la définition d'un contexte adapté. Certains professionnels, par exemple, jugent que tout endroit autre qu'une chambre est inacceptable. D'autres considèrent que les personnes peuvent choisir un abri à vélo ou un bosquet. Les avis divergent tout autant concernant la définition d'un comportement acceptable pour certains contextes. On peut rester nu chez soi, mais si les rideaux sont ouverts et que le facteur sonne, qu'en est-il ? Dans un sauna, les règles sont spécifiques. Quels sont les facteurs aggravants de ces situations ? Le respect de l'intimité, la sienne comme celle des autres, est indispensable si l'on ne veut pas être confronté à un comportement sexuel transgressif. Ce qu'il faudrait savoir en ce qui concerne le contexte, connaître les contextes qui exigent de l'intimité en fonction du comportement sexuel, faire attention aux devoirs de discrétion et aux secrets professionnels, par exemple pour les établissements, savoir qu'il faut faire preuve de prudence et se protéger sur les réseaux sociaux, par exemple, ou pouvoir passer des accords efficaces concernant les règles liées au contexte. Pour cela, il faudrait s'assurer que les personnes connaissent les règles sociales. Est-ce qu'elles ont l'occasion d'apprendre les normes sociales ? Chez elle, dans la maison, dans un centre ? Est-ce qu'il y aurait surprotection ou sous-estimation de comportements sexuels transgressifs par exemple ? Les personnes ont-elles l'occasion de se retirer dans l'intimité ? L'expérience sexuelle est-elle inhibée ou encouragée ? Y a-t-il un soutien de la part de la famille pour avoir une vie sexuelle adéquate selon le contexte ? Le contexte permet-il d'expérimenter et l'intimité est-elle possible ? A présent, voyons le dernier critère, l'impact. Ce comportement me nuit-il ou est-il nuisible pour les autres personnes concernées, pour l'autre personne concernée ? L'événement peut n'avoir aucun impact négatif, ni pour la personne qui a amorcé le comportement, ni pour d'autres personnes concernées. C'est ce qu'on recherche. Nous connaissons relativement bien les facteurs susceptibles d'aggraver l'impact négatif pour une victime. L'intégrité, l'intensité ou le degré d'intimité. Est-ce qu'il s'agit d'un comportement verbal ou non-verbal, d'attouchement ? d'agressions sexuelles, d'images intimes. La fréquence, le comportement indésirable survient-il une fois ou plusieurs fois, de manière répétée ? La peur, si la victime a peur, l'impact est encore plus négatif. La portée, combien de personnes sont impliquées et informées dans la transgression ? Le soutien, essentiel, si les personnes concernées ne trouvent pas de soutien ou sont abandonnées à leur sort. Le secret, si la personne est forcée de garder le secret, L'impact négatif risque de s'aggraver. Les conséquences du comportement peuvent parfois être évaluées uniquement à long terme. Or, les personnes ont tendance à réfléchir à très court terme. Un préjudice psychologique ou social peut être causé par un rejet, une humiliation, de la réprobation, de la honte ou une accusation ou une exclusion. Le préjudice peut également être causé par le fait d'être forcé et de se sentir obligé. Empêcher une personne d'avoir des relations sexuelles quand il ou elle le souhaite est également préjudiciable. Ce qu'il faut retenir concernant l'impact, c'est pouvoir adopter le point de vue d'une autre personne concernée. Pouvoir admettre et accepter une différence dans le vécu sans minimiser. Savoir que les facteurs comme la répétition, l'intimité, la portée, la peur, l'absence de soutien et le secret aggravent l'impact d'un comportement sexuel trop agressif ou transgressif. Savoir que le suivi scrupuleux d'un incident est indispensable pour toutes les parties. Savoir qu'il faut intervenir de manière proactive pour prévenir un comportement sexuel transgressif. J'avais dit discuter, je dirais que c'est disserter. Si on admet que quand c'est non, c'est non, eh bien on pourrait peut-être aller voir plus loin, notamment sur les questions de la sexualité chez les jeunes, les personnes en situation de handicap, les personnes qui ont un trouble de la santé mentale, des seniors ou des personnes d'âge avancé en institution. Très récemment, j'ai lu qu'une personne ne veut plus utiliser la vidéo « La tasse de thé » qui associe « tasse de thé » et « sexualité » , qui parle du consentement, bien entendu. Cette personne et d'autres qui validaient son propos, trouvent cette vidéo limitante dans ses aspects. Je suis persuadée qu'il n'existe pas d'outil parfait pour parler du consentement, mais de la vie affective et sexuelle de manière générale. Moi, j'utilise surtout la vidéo La thèse de Cté en formation auprès des professionnels de l'accompagnement. Elle est intéressante, y compris pour discuter de ce qui peut manquer dans cette vidéo. Voilà, ce podcast, il est un peu long. Il est un peu technique, mais j'avais envie de le faire parce que je fais des podcasts parce que j'ai envie de le faire. Voilà, on se quitte avec le vocal de la vidéo La Tasse de Thé. A très bientôt et partagez si vous avez aimé, commentez si vous avez aimé ou pas aimé. Merci de votre écoute.